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24/05/2013

UBS et la fraude fiscale en France

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e892449e-c3e0-11e2-9d9b-e1235b6f0489/Laffaire_UBS_France_se_poursuit_avec_la_mise_en_garde_%C3%A0_vue_de_deux_nouveaux_cadres

banque Vendredi24 mai 2013

L’affaire UBS France se poursuit avec la mise en garde à vue de deux nouveaux cadres

L’enquête pour démarchage illégal et blanchiment de fraude fiscale avance à nouveau à grands pas. Un nouveau document accable l’établissement

Le juge Guillaume Daïeff enquête depuis plus d’une année sur des soupçons d’évasion fiscale, organisée par la banque entre la France et la Suisse, notamment à travers un mécanisme dit des «carnets du lait», mis en place entre 2002 et 2007 au moins. Ce système de comptabilité fantôme aurait permis de masquer les opérations d’ouverture de comptes non déclarés en Suisse, et les activités des chargés d’affaires suisses sur territoire hexagonal. La quête, notamment lors d’événements mondains, sportifs ou musicaux, de riches clients incités à ouvrir des comptes à Genève, Lausanne, Bâle ou Zurich, n’est en effet pas autorisée.

L’instruction a été ouverte le 12 avril 2012 par le parquet de Paris, pour «démarchage bancaire ou financier par personne non habilitée», ainsi que «blanchiment de fraude fiscale et de fonds obtenus à l’aide d’un démarchage illicite, commis en bande organisée». Au cours de l’information judiciaire, trois personnes – notamment un ancien dirigeant du bureau de Lille et un ancien directeur général de la filiale française – ont été mises en examen, en particulier pour «complicité de démarchage illicite». A la suite de quoi, des perquisitions ont été menées dans les locaux d’UBS à Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Paris.

Dans cette affaire, UBS a toujours repoussé les reproches qui lui sont faits; la banque ne commente pas les enquêtes en cours et assure qu’elle «collabore pleinement» avec la justice française.

Durant l’hiver, l’affaire Cahuzac semble avoir parasité le dossier. Alors que plusieurs sources anticipaient une mise en examen d’UBS France en tant que personne morale, fin novembre 2012, celle-ci n’avait pas été prononcée. Mais ces dernières semaines, alors que la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale est élevée au rang de priorité numéro un par le gouvernement français, le tempo semble à nouveau s’accélérer. A nouveau pressentie par plusieurs acteurs proches du dossier, la mise en examen d’UBS France devrait constituer une étape finale de l’instruction. Elle pourrait être prononcée prochainement, estiment plusieurs sources.

Un élément supplémentaire s’est ajouté mercredi à l’affaire. Sur le site du journal La Croix , Antoine Peillon, l’auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France, a dévoilé un nouveau document à charge contre UBS France, datant de février 2004: un compte rendu de l’entretien préalable de licenciement du directeur du service juridique et de la conformité d’alors. Ce texte manuscrit d’une douzaine de pages a été rédigé par Stéphanie Gibaud, une salariée élue représentante du personnel qui, de par cette fonction, assistait le directeur au cours de l’entretien. Ce document prouverait que la banque était au courant des pratiques de démarchage «dès 2003 au moins»: il y est précisé que «certains chargés d’affaires d’UBS France, à cette époque, bénéficiaient «d’un statut privilégié», l’un d’entre eux étant, par exemple «rattaché fonctionnellement au président du conseil de surveillance», le Suisse Dieter Kiefer». Le journaliste cite également cette phrase de l’ancien directeur licencié: «Dans le même temps, nous avons une nouvelle preuve du démarchage actif de prospects français, en France, par des équipes de chargés d’affaires d’UBS Suisse: démarchage illicite, plus vente de produits financiers non autorisés à la commercialisation en France. Là aussi, les responsables d’UBS France se rendent complices d’opérations de fraude fiscale.»

Interrogée par Le Temps, Stéphanie Gibaud confirme qu’elle était présente, dans un grand «état de stress», à cette séance d’une durée de deux heures, et qu’elle a bien rédigé ce compte-rendu, cosigné notamment par la DRH et le président d’UBS France de l’époque. Celui-ci a ensuite démissionné, en désaccord avec les pratiques de la banque. Il reconnaît, d’ailleurs, le démarchage pratiqué par les chargés d’affaires suisses en France et admet qu’au début des années 2000, «tout le monde savait» ce qu’il en était.

Enfin, la nouvelle Commission d’enquête du Sénat, qui vient de démarrer ses travaux, devrait aussi se pencher sur UBS France. En se concentrant sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion fiscale, elle veut comprendre les «mécanismes à l’œuvre dans la fraude et l’optimisation», selon son rapporteur Eric Bocquet. Dans ce contexte, le sénateur, seul ou avec la commission, devrait entendre d’anciens salariés de la banque. Il pourrait aussi se rendre dans les bureaux des autorités de surveillance, notamment l’Autorité de contrôle prudentielle, alertée de longue date par d’anciens collaborateurs d’UBS.

22/05/2013

Le marché du tabac en France (suite)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/tabac-les-anti-denoncent-la-desinformation-vehiculee-par-l-industrie-22-05-2013-1671007_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130522

Tabac : les anti dénoncent la "désinformation" véhiculée par l'industrie

Selon l'association anti-tabac, la baisse des ventes de cigarettes en France est due à "la chute du pouvoir d'achat" des fumeurs et non au "trafic".

Le Point.fr - Publié le 22/05/2013 à 12:28

L'association anti-tabac Alliance contre le tabac a dénoncé mercredi la "désinformation" de l'industrie du tabac et des buralistes qui protestent contre les hausses programmées des prix des cigarettes. Les buralistes manifestent à partir de ce mercredi contre les hausses des tarifs des cigarettes et réclament un moratoire sur le prix du tabac, alors que deux hausses de tarifs sont prévues d'ici à la fin de l'année.

Pour la première fois depuis les années 2003-2004, le marché français des cigarettes a enregistré une baisse de 2,50 % en valeur au premier trimestre 2013 (- 8,6 % en volume) par rapport à la même période de 2012. "Contrairement à la désinformation véhiculée par l'industrie du tabac et la Confédération, cette baisse de volume n'est pas liée à l'augmentation des achats transfrontaliers, ni même du trafic", mais "à la chute du pouvoir d'achat" des fumeurs et au boum de la cigarette électronique, affirme l'Alliance contre le tabac dans un communiqué.

Pour le président de cette association, Yves Bur, l'État doit "cesser de privilégier la bonne santé du tiroir-caisse des buralistes et les profits des industriels du tabac aux dépens d'une véritable politique de santé publique" alors que le tabac entraîne "73 000 décès par an". La directrice de l'Alliance contre le tabac, Clémence Cagnat-Lardeau, explique pour sa part qu'elle craint que la hausse d'environ 30 centimes par paquet, prévue début juillet, ne soit pas répercutée sur le prix de vente final car les industriels du tabac pourraient décider de rogner sur leur propre marge pour "neutraliser" cette hausse.

voir aussi la note du 12/5/13 sur ce blog :

Le marché du tabac en France

21/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO (suite)

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

19/05/2013

Pourquoi les mots "sexe" et "race" sont-ils politiquement incorrects ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/17/oui-les-races-existent_3296359_3232.html

Sexes et races, deux réalités

LE MONDE | 17.05.2013 à 18h30 • Mis à jour le 18.05.2013 à 19h13

Par Nancy Huston et Michel Raymond

Sciences humaines et sciences naturelles ne font pas bon ménage. Quand les biologistes s'aventurent dans les domaines de l'anthropologie et de la psychologie, ils extrapolent souvent abusivement des causes matérielles aux conséquences sociales. L'homme fait certes partie de la nature, mais les lois biologiques expliquent-elles tous les comportements ? L'hérédité est certes un facteur puissant, mais comment nier que l'histoire des sociétés comme celle des individus a un impact sur notre identité ? Les analyses sociobiologiques des arts et des cultures, à force de se croire capables de tout expliquer à leur aune, laissent souvent sceptique.

Du côté des sciences humaines et sociales, c'est moins la boulimie que l'anorexie qui fait des ravages : penseurs et philosophes contemporains semblent avoir adopté pour devise la célèbre formule "Commençons par écarter tous les faits". D'où vient cette cécité volontaire, obstinée, parfois loufoque, vis-à-vis des sciences naturelles ? En grande partie, bien sûr, de la catastrophe qu'a représentée, au XXe siècle, l'interprétation finaliste de la découverte darwinienne, qui a débouché sur l'idéologie nazie et sur sa traduction dans le réel.

Hitler croyait au déterminisme biologique, Hitler était un salaud, donc le déterminisme biologique n'existe pas : le caractère spécieux du raisonnement saute aux yeux. On aurait pu aussi bien tirer la conclusion inverse à partir des pratiques adoptées en Russie communiste au cours des mêmes années, où l'on envoyait les généticiens dans les camps et idolâtrait l'agronome Trofim Lyssenko (1898-1976), d'après qui l'hérédité était inexistante et la nature des plantes pouvait être modifiée à volonté par les conditions environnementales et les hommes. Malgré ces excès, l'idée que l'intervention volontariste peut être utile n'a pas été pourfendue autant que celle de la pertinence du biologique.

UNE DIFFÉRENCE BIOLOGIQUE

Certains domaines sont tout simplement désossés de toute influence biologique ; la thèse qui en résulte n'est pas bien différente d'une mythologie moderne. Ainsi de l'idée selon laquelle toutes les différences non physiologiques entre hommes et femmes seraient construites ("la théorie du genre", introduite depuis peu dans les manuels scolaires français). Dans le monde vivant, mâles et femelles diffèrent toujours biologiquement, y compris pour une partie de leurs comportements, car chaque sexe a une façon spécifique de se reproduire, ainsi chez les gorilles, chimpanzés et bonobos, dont nous sommes les plus proches cousins.

Quelle force mystérieuse aurait effacé ces différences dans notre espèce à nous ? Les faits, quand on cherche à les connaître, nous montrent que déjà à la naissance – donc avant toute influence sociale – filles et garçons n'ont pas les mêmes comportements. Et comment ne pas reconnaître que le pic d'hormones de la puberté, que partagent les adolescents humains avec les adolescents chimpanzés, a une origine biologique et un effet marqué sur les comportements ? A cela s'ajoute bien évidemment une forte intervention sociale, qui aura le plus souvent tendance à exacerber les différences biologiques.

Autre exemple : celui des différences entre groupes humains. Il existe une multitude de races de chiens, neuf sous-espèces de girafes, quatre de chimpanzés, quelques variétés de mésanges bleues, une liste impressionnante de sous-espèces de ratons laveurs. Quel que soit le mot employé, il s'agit là de différences génétiques. Et chez Homo sapiens ? La fiction actuellement à la mode nous assène que les différences génétiques entre groupes humains sont proches de zéro, que la notion de race est scientifiquement infondée.

"AUSSITÔT TAXÉ D'ESSENTIALISME"

Idée aussi généreuse dans ses intentions politiques que farfelue sur le plan des faits. La diversité de l'espèce humaine est grande : une partie de notre héritage génétique est largement partagée, mais une autre est caractéristique de groupes géographiques. D'ailleurs, il suffit de séquencer le génome d'un inconnu pour savoir d'où proviennent ses ancêtres. Comment nommer ces différences ? Le mot "race" fait peur – il va du reste prochainement disparaître de la Constitution française, on se demande s'il sera suivi par "sexe" –, mais peu importe le terme, il s'agit de ne pas enseigner des inanités.

Ces mythes modernes ont en commun avec les religions de reposer sur la dénégation tranquille de faits physiques et biologiques avérés et irréfutables. Ils ont aussi en commun avec les religions de nous flatter et nous rassurer sur notre statut "unique", "choisi", "élu" parmi les espèces terriennes : loin de faire partie du règne animal et de la nature, nous assurent-ils, les humains jouiraient d'un statut à part. Les races et les sexes, c'est bon pour les plantes et les animaux. Nous, on est supérieurs ! On décide de notre propre sort !

Cet orgueil inné de l'humain est particulièrement coriace en France, où il se combine avec la certitude nationale de disposer d'une intelligence exceptionnelle. Ainsi les faits biologiques ont-ils tendance, ici, à être instantanément traduits en concepts philosophiques.

Si vous affirmez l'existence chez les humains de deux sexes, plutôt que d'un seul ou de toute une kyrielle, vous êtes aussitôt taxé d'"essentialisme". Pourtant, dire que seules les femmes ont un utérus, ou que les hommes ont en moyenne un niveau de testostérone plus élevé qu'elles, ce n'est ni spéculer quant à l'"essence" de l'un ou l'autre sexe, ni promouvoir une idéologie sexiste, ni décréter l'infériorité des femmes par rapport aux hommes, ni recommander que les femmes soient tenues à l'écart de l'armée et les hommes des crèches, c'est énoncer des faits ! Des faits qui, en l'occurrence, ont eu un impact décisif sur l'histoire de l'humanité – son organisation sociale (patriarcat), familiale (mariage, primogéniture), politique (guerre). Nier la différence des sexes, c'est s'interdire toute possibilité de comprendre, donc d'avancer.

L'IDENTITÉ, RÉSULTAT DE NOS INTERACTIONS

De même, affirmer que Homo sapiens, à partir d'une même souche africaine voici soixante-dix mille à cent mille années, a évolué de façon relativement autonome dans différentes parties du globe et s'est peu à peu diversifié en sous-espèces, ou variétés, ou – pardon ! – races différentes, ce n'est pas une opinion, encore moins un décret politique, c'est une simple réalité. Elle n'implique aucun jugement de valeur ; la génétique moderne se contente de décrire.

Le racisme hitlérien, scientifiquement aberrant, s'enracinait – comme toutes les autres formes de racisme – dans des convictions autrement anciennes et tribales.

Notre identité biologique est elle-même le résultat, non seulement de l'hérédité, mais aussi de l'interaction avec le milieu dans lequel nous vivons. Depuis des millénaires, les populations humaines se sont adaptées au terrain, au climat et aux conditions de vie extrêmement variables d'une partie du globe à l'autre. Aujourd'hui, les différentes populations humaines n'ont ni la même pilosité, ni la même couleur de la peau, ni les mêmes maladies et systèmes de défense contre celles-ci.

Les médecins savent qu'il existe une variation dans la réponse aux médicaments – les psychotropes par exemple – selon le groupe auquel appartient le malade. Les Inuits sont adaptés au froid, tout comme les sherpas de l'Himalaya sont adaptés à la vie en altitude. Même si des traits culturels interviennent également, ces adaptations sont génétiques.

DÉPASSER UNE CÉCITÉ RÉCIPROQUE

L'évolution ne s'arrête jamais. Ces différents groupes humains donneront-ils à l'avenir de véritables espèces ne pouvant plus se croiser ? C'est une possibilité, assez banale dans l'histoire des mammifères et plusieurs fois observée dans notre lignée évolutive récente. A l'inverse, si les reproductions entre les groupes actuels deviennent très fréquentes, cela pourrait homogénéiser l'ensemble. On en est bien loin, même aux Etats-Unis. A l'heure actuelle, donc, les groupes humains génétiquement différenciés existent.

Soulignons au passage que la différence des sexes est d'une autre nature que celle-là, car les sexes ne se métissent pas : en croisant un mâle et une femelle, on n'obtient ni un hermaphrodite ni une transsexuelle mais, dans la quasi-totalité des cas, un mâle ou une femelle. La connaissance du vivant n'a pas à se soumettre au choix politique entre droite conservatrice, qui exagère toujours le poids du donné, et gauche révolutionnaire, qui croit tout transformable. Il est temps de passer outre ces réponses simplistes à des questions infiniment difficiles, car si nous continuons à ignorer et à maltraiter le monde, nous risquons de compromettre nos chances de survie. L'antagonisme entre nature et culture est intenable. L'être humain est un animal pas comme les autres : pas facile d'accepter vraiment les deux parties de cette phrase en même temps !

Comme l'on ne disposera jamais d'un discours unique, capable de rendre compte de sa complexité, au lieu de se cantonner dans le sectarisme et le dogmatisme qui conduisent à la cécité réciproque, nous avons tout intérêt à partager nos différents savoirs. Ceux d'entre nous qui gagnent leur vie par la pensée devraient donner l'exemple en matière de modestie et de curiosité.

Nancy Huston et Michel Raymond

Auteurs

 

Née à Calgary au Canada, Nancy Huston vit à Paris depuis 1973. Romancière et essayiste, son dernier ouvrage paru est "Reflets dans un œil d'homme" (Actes Sud). En août paraîtra son nouveau roman, "Danse noire", chez le même éditeur.


Directeur de recherches au CNRS, Michel Raymond est spécialiste de biologie évolutionniste à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier. Dernier livre paru : "Pourquoi je n'ai pas inventé la roue" (Odile Jacob, 2012). Il est aussi connu pour ses travaux sur la génétique de l'adaptation.

17/05/2013

Europe : interdiction de pesticides tueurs d'abeilles, une décision en trompe l'œil

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/abeilles-trois-pesticides-interdits-mais-une-persistance-dans-l-environnement_3168902_3244.html

Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens

Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013 à 16h04

Par Audrey Garric

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.). La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Lire : Abeilles : trois pesticides interdits dans l'Union européenne

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne. Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

Lire : Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton. Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures. Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014. Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004. Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."

Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.

"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes. Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP. 

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric

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Abeilles

Édition abonnés Contenu exclusif

16/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

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MONSANTO obtient l'interdiction des semences produites par les fermiers

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/14/ogm-monsanto-gagne-face-aux-petits-agriculteurs_3200586_3244.html

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OGM : Monsanto gagne face aux petits agriculteurs

LE MONDE | 14.05.2013 à 15h29

Par Gilles van Kote

L'affaire est emblématique de la lutte de certains petits agriculteurs contre les géants de l'agrochimie : la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison, lundi 13 mai, au géant américain de l'agrochimie Monsanto, dans le litige qui l'opposait à Vernon Hugh Bowman, cultivateur de soja de l'Indiana âgé de 75 ans. Celui-ci avait été condamné en première instance, en 2009, à payer 84 456 dollars (65 000 euros) à la firme pour avoir replanté des graines de soja transgénique, sans s'acquitter de la redevance due au propriétaire du brevet sur cette variété dite Roundup Ready, résistante à l'herbicide Roundup.

 

Chaque année, de 1999 à 2007, date du dépôt de la plainte de Monsanto, Vernon Bowman s'était procuré des semences de soja génétiquement modifié chez un revendeur agréé, tout en s'engageant à ne pas replanter les graines issues de sa récolte, comme l'exigent les producteurs de semences transgéniques. Mais parallèlement, l'agriculteur achetait à bas prix un mélange de graines de soja revendues par des producteurs locaux, qu'il semait dans le but de faire une récolte complémentaire, alors qu'elles n'étaient pas destinées à être cultivées. Or, dans un Etat où 95 % du soja cultivé est transgénique, la plupart de ces graines présentaient la résistance au Roundup développé par Monsanto.

HAUSSE DES SEMENCES DE 325 % ENTRE 1995 ET 2011 POUR LE SOJA

Le fermier de l'Indiana s'est justifié par la volonté de faire des économies, les résultats de sa seconde récolte étant très aléatoires. Ces économies auraient atteint, selon lui, 30 000 dollars au total, le coût des semences transgéniques ayant beaucoup augmenté ces dernières années : la hausse a été de 325 % entre 1995 et 2011 pour le soja, selon le Center for Food Safety, une ONG.

L'avocat de l'agriculteur, Mark Walters, a plaidé la notion d'"épuisement" du brevet, estimant que le propriétaire de celui-ci ne pouvait garder le contrôle de l'utilisation du produit breveté, une fois celui-ci vendu. La Cour suprême ne l'a pas suivi, affirmant que la loi sur la propriété intellectuelle "ne permet pas à un agriculteur de reproduire des graines brevetées en les plantant et en les récoltant sans détenir une permission du propriétaire du brevet".

"Si le simple fait de copier était autorisé, alors un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente, poursuit l'arrêt. Le monopole du brevet ne serait valable non pas vingt ans, mais pour une seule transaction. Cela résulterait en une baisse de l'incitation à l'innovation."

 Monsanto avait voulu faire de ce dossier le symbole des menaces pesant sur la propriété intellectuelle au sens large, s'attirant le soutien d'universités américaines, de groupements professionnels comme l'Alliance des producteurs de logiciels (AppleMicrosoft, etc.), et du département de la justice.

146 CULTIVATEURS AMÉRICAINS POURSUIVIS DEPUIS 1997 

"La décision de la Cour garantit que les principes de la loi sur les brevets continueront de s'appliquer aux percées technologiques du XXIe siècle, nécessaires pour répondre à la demande grandissante de notre planète et de sa population", a déclaré le vice-président de Monsanto, David Snively. La Cour suprême a toutefois précisé que la portée de sa décision se limitait au secteur agroalimentaire. Mark Walters estime, lui, que l'arrêt de la Cour "fait de 95 % des producteurs américains de soja des contrevenants".

Monsanto affirme avoir poursuivi, depuis 1997, 146 cultivateurs américains ayant réutilisé des graines issues de soja transgénique et avoir obtenu gain de cause dans les onze dossiers sur lesquels la justice s'est prononcée.

Débat sur les OGM et AGM

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Pêche industrielle ou artisanale : le gaspillage de la ressource en poissons

Le saviez-vous ? Une partie des poissons pêchés sont rejetés en mer. Ceci pour respecter des quotas sur les espèces protégées .

Mais si les poissons sont morts dans les filets, où est le respect des quotas ?

L'Europe ne stoppe rien du tout !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/15/l-europe-stoppe-le-gaspillage-de-la-ressource-en-poissons_3232480_3244.html

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L'Europe stoppe le gaspillage de la ressource en poissons

LE MONDE | 15.05.2013 à 13h06 • Mis à jour le 15.05.2013 à 13h43

Par Martine Valo

C'est un compromis à l'arraché, mais qui préserve la réforme de la politique commune de la pêche. Mercredi 15 mai au matin, au terme de deux journées d'un conseil des ministres européens de la pêche sous haute tension, un accord a été trouvé sur la question des rejets de poissons en mer.

Le ministre français, Frédéric Cuvillier, a beau parler de "dramaturgie habituelle", les pressions étaient cette fois très fortes. Le ministre irlandais de l'agriculture, de la marine et de l'alimentation, Simon Coveney, qui espère conclure ce dossier avant la fin de sa présidence fin juin, avait exhorté les Vingt-Sept à rapprocher leurs positions de celles du Parlement européen, sous peine de "catastrophe" pour la future politique commune de la pêche. La crise n'a pas eu lieu et la réforme, qui est censée s'appliquer à partir de 2014, a franchi une étape décisive.

La question des rejets en mer est l'un des principaux points d'achoppement entre les instances européennes. Lorsqu'ils pêchent une espèce dont ils ont déjà épuisé le quota ou sans valeur commerciale – des prises trop petites ou "accessoires" –, les marins passent par-dessus bord ces poissons, souvent agonisants. Les rejets concerneraient près d'un quart des captures totales, selon la Commissaire européenne chargée de la mer, Maria Damanaki, qui se bat sans relâche pour faire cesser cette pratique qu'elle juge choquante. Les députés européens, aiguillonnés par les ONG de défense des océans, l'ont rejointe dans son combat, en votant en faveur d'une interdiction des rejets.

Les ministres ont eux aussi approuvé, il y a plusieurs mois, le principe de la fin de ce gaspillage de la ressource, contraire au concept de "pêche durable", sous réserve d'un assouplissement. Finalement, ils se sont accordés sur un taux de rejet de 7 % dès 2014, puis de 5 % à terme, au lieu des 7 % souhaités initialement. La Suède est la seule à ne pas avoir approuvé le texte, pas assez radical à son goût. M. Cuvillier salue, pour sa part, "un compromis plus qu'acceptable".

Il ne reste plus qu'à mettre le principe voté en application, ce qui n'est pas une mince affaire. L'objectif est d'obliger tous les navires à rapporter à terre l'intégralité de leur pêche. Cette débarque permettra de mieux connaître l'état des populations de poissons, se réjouit la Commission, et contraindra les pêcheurs à concevoir des engins plus sélectifs.

DÉTROIT DE SKAGERRAK

Mais pour les pêcheurs, en particulier ceux dont l'activité concerne plusieurs espèces, les contraintes sont importantes. Leurs organisations professionnelles, notamment Euronor, ont protesté. Leurs bateaux ne sont pas équipés pour transporter un supplément de cargaison invendable, plaident-ils, et ils n'imaginent pas débarquer les espèces qui ont une probabilité de survie élevée si elles sont rejetées à temps, ni celles qui risquent d'affecter leur cargaison en se détériorant trop rapidement...

Le détroit de Skagerrak, entre la mer du Nord et la Baltique, pourrait servir de zone expérimentale avant une généralisation dans l'Union. Cette zone de pêche est fréquentée par des navires danois, suédois, allemands, belges, néerlandais et norvégiens. Or, ces deniers se présentent comme très avancés sur la limitation des rejets par rapport à leurs voisins européens. Pourquoi ne pas s'aligner sur eux ? Le 16 avril, le Parlement européen a adopté un texte qui interdit de remettre à la mer le moindre poisson de 35 espèces. Pour contrôler que les pêcheurs s'y conforment, les Etats membres devront introduire un système de surveillance électronique à distance. Tous les bateaux de plus de 12 m de long "devront être équipés de caméras de télévision en circuit fermé, de GPS et d'émetteurs".

La députée française socialiste Isabelle Thomas s'en est émue, dénonçant "un climat de suspicion à l'encontre des pêcheurs". "Filmer en continu des hommes pose des problèmes sur le plan éthique, notamment sur le lieu de travail. A quand les caméras de surveillance sur les tracteurs ?", interroge-t-elle.

Pour l'heure, il n'y a pas eu de levée de boucliers chez les pêcheurs, qui n'en sont sans doute plus à quelques contraintes supplémentaires près. La cohabitation dans la zone de Skagerrak risque cependant de susciter des frictions avec les Norvégiens qui, eux, ne sont pas tenus de se doter de caméras.

Lire aussi : Des quotas de pêche 2013 plutôt préservés

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Pêche et surpêche

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12/05/2013

Le marché du tabac en France

Un marché de dupes qui coûte aux contribuables 26 milliards d'euros (*) par an !

Sachant qu'il y a environ 26 millions de foyers fiscaux imposés (**), cela représente 1000 euros par foyer fiscal et par an, payés par le contribuable pour enrichir les multinationales du tabac.

lu sur:

http://www.lepoint.fr/societe/rentrees-fiscales-le-prix-de-la-mortalite-du-tabac-10-05-2013-1665381_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130512

La Sécu paie le prix fort du tabac

Le cancer a un coût très élevé pour la société, et cela, même si l'intégralité des sommes perçues par les douanes va combler le trou de la Sécu. “Ce coût du cancer s’étale dans le long terme”, explique volontiers le docteur Gilles Lecoq, à la tête de la Mildt. “L’ordre de grandeur n’est pas le même que celui des rentrées fiscales”, assène-t-il.

L’Assurance maladie, dont les dernières estimations datent de 2011, chiffre les dépenses du cancer à plus de 30 milliards d’euros. La Cour des comptes évoque la quarantaine de milliards. Au-delà des vies perdues, c’est plus de deux fois les rentrées fiscales annuelles que génèrent les produits du tabac. Plus d’un fumeur sur deux contracte un cancer au cours de sa vie.

(Le marché du tabac en France représente près de 14 milliards d'euros pour les 2,705 millions de paquets vendus en 2011)

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(*) 40-14=26

(**) http://ww.installagri.net/resultat_donnees_chiffres.php?id=864&ln=a5b&region=0&page=OBSERVATOIRE_N&affichage=resultat&change=&noframe=&tdb=1

11/05/2013

Contre les projets inutiles de nos "élus", une résistance "citoyenne"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/un-squat-contre-un-projet-de-zone-commerciale-pres-de-rouen_3175328_3244.html

LE MONDE | 10.05.2013 à 18h40 • Mis à jour le 11.05.2013 à 13h57

Par Rémi Barroux

Rassembler et disséminer : telles sont les deux stratégies des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes, défendu par le gouvernement. Samedi 11 mai, les militants doivent tenter de fédérer les soutiens en organisant une chaîne humaine autour de la "zone d'aménagement différé" (ZAD), rebaptisée "zone à défendre". Des milliers de personnes – le 17 novembre 2012, 40 000 personnes avaient arpenté le bocage nantais – devaient se donner la main pour encercler les 1 640 hectares du terrain où doit être construit l'aéroport du Grand Ouest.

Mais, alors que le projet de Notre-Dame-des-Landes est de fait gelé pour une durée indéterminée, les "zadistes" ont une autre stratégie : "semer des ZAD" partout, autrement dit occuper les zones où doivent se construire des projets qualifiés d'"inutiles", comme la ligne ferroviaire Lyon-Turin, un projet d'incinérateur dans le Morvan, le stade de football de l'Olympique lyonnais à Décines-Charpieu, la zone commerciale dans le triangle de Gonesse, en région parisienne...

Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : projet confirmé mais retardé

A Mont-Saint-Aignan, au nord de Rouen, la cible est une filiale du groupe Auchan, Immochan, qui a acheté des terres agricoles. Dans cette nouvelle ZAD, pas de cabanes dans les bois ou de barricades dans la boue : à la ferme des Bouillons, le squat est trois étoiles. Cinq, six ou sept jeunes, selon les circonstances, vivent là en permanence. L'enjeu porte sur 4 hectares de terres agricoles. Avec un mot d'ordre facile : "Des champs ! Pas d'Auchan !"

FERME HISTORIQUE

La société Immochan, qui gère "des espaces de commerce et de vie" dans le monde entier, a racheté le terrain en janvier 2012. Cinq ans plus tôt, les terres agricoles de cette grande ferme ont été classées en "zone à urbaniser" par la municipalité. Une aubaine pour le groupe Auchan, qui ne dispose d'aucun hypermarché à Rouen.

En juillet 2012, un permis de démolition de la jolie maison à colombages est délivré. L'alerte est donnée par une conseillère municipale écologiste de Mont-Saint-Aignan, dont le maire actuel est membre du Parti socialiste. Un petit groupe décide, le 6 décembre, d'occuper la dernière ferme historique du plateau.

Depuis, la vie s'est organisée. Soirées culturelles, réunions militantes, sans compter les soins à apporter aux poules, coqs, brebis et agneaux. Quand deux huissiers sont venus délivrer aux occupants, le 17 avril, un commandement de justice de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures, la riposte a été immédiate. L'Association de protection de la ferme des Bouillons sait pouvoir compter sur plus de 200 personnes dans une "chaîne d'urgence" mobilisable sur simple coup de fil.

Samedi 20 avril, avec l'aide de la Confédération paysanne, les zadistes normands ont labouré une parcelle et semé des pommes de terre. Le projet agricole existe. "Nous voulons empêcher toute destruction, et que la mairie requalifie les terres en zone naturelle et agricole", explique Sacha Vue, 24 ans, un ingénieur agronome qui a lancé le mouvement.

PROJET COLLECTIF

Olympe Crocq, 25 ans, étudiante en allemand, vit aussi ici, comme Barthélemy Guéret, 27 ans, intermittent du spectacle. Cédric Bineau, 31 ans, étudie quant à lui le maraîchage à Yvetot. Avec son collectif, les Appoyas, il cherche un lieu pour développer un projet collectif – maraîchage, boulangerie, forge et activités pédagogiques.

Tous se disent politisés, mais aucun parti ne trouve grâce à leurs yeux. Sacha dénonce le double langage des élus socialistes : "D'un côté, ils votent de grandes résolutions pour préserver les terrains agricoles et, de l'autre, ils ne préemptent pas les terres qui sont vendues."

Adeptes de la guitare, du jonglage, des "soirées conte" ou des mini-concerts qui se tiennent dans l'un des nombreux bâtiments, ces militants misent d'abord sur les habitants de Mont-Saint-Aignan et de l'agglomération rouennaise.

Le groupe est jeune et cultive l'ouverture. Tous se réfèrent à Notre-Dame-des-Landes, où ils se sont souvent rendus. Olympe y a "découvert le militantisme" : "Il s'est passé quelque chose là-bas", dit la jeune fille. Mais ils ne se reconnaissent pas dans l'aspect guerrier parfois véhiculé dans le bocage nantais. Sacha y a campé durant un mois : "Des zones à défendre, il y en a partout, mais ici on ne voulait pas de barricades ou porter des cagoules", dit-il.

Le 11 mai, ils seront à Notre-Dame-des-Landes. Combien de temps vont-ils rester à la ferme des Bouillons ? "On ne défend pas ce projet pour nous", avance Olympe. "On reste ici jusqu'à ce que l'on gagne ou que l'on se fasse jeter", assène Cédric. C'est cela, l'esprit ZAD.

Lire aussi : A Avignon, la possibilité d'une ZAD

Rémi Barroux

Pollution, reproduction et développement des mammifères

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/10/mise-au-ban-de-l-un-des-ignifugeants-les-plus-utilises-au-monde_3174974_3244.html

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Mise au ban de l'un des ignifugeants les plus utilisés au monde

LE MONDE | 10.05.2013 à 12h25 • Mis à jour le 10.05.2013 à 15h57

Par Agathe Duparc

Genève, correspondance. C'est désormais acté : l'un des retardateurs de flamme les plus utilisés au monde, l'hexabromocyclododécane (HBCD), sera la 23substance inscrite sur la liste des polluants organiques persistants (POP) que la convention de Stockholm s'est fixée pour objectif d'éliminer ou de restreindre.

Lors de la sixième réunion de la conférence des parties, qui se tenait à Genève du 28 avril au 10 mai, les 152 Etats signataires de la convention de Stokhholm ont suivi les recommandations du comité d'études des polluants organiques persistants, qui préconisait d'interdire la commercialisation du HBCD "pour protéger la santé humaine et l'environnement".

Depuis les années 1980, ce retardateur de flamme est surtout présent dans l'industrie du bâtiment, en tant qu'additif dans des mousses de polystyrène servant à fabriquer des panneaux isolants. Il est aussi utilisé comme ignifugeant dans de nombreux revêtements (rideaux d'hôpitaux, toiles à matelas, draperies, rembourrage des sièges de voiture ou d'avion, etc.). On le trouve aussi dans les boîtiers de pièces électriques et électroniques, dans les fils et les câbles.

UNE SUBSTANCE QUI S'ACCUMULE DANS LES TISSUS VIVANTS

En octobre 2012, les experts du comité d'études des POP, se basant sur de nombreuses études et répondant à une demande de la Norvège déposée en 2008, avaient conclu que le HBCD possédait toutes les caractéristiques d'un polluant organique persistant : une substance chimique qui s'accumule dans les tissus vivants, difficilement dégradable et dont l'impact est nuisible pour la santé humaine et animale, ainsi que pour l'environnement.

Il a été démontré que le HBCD, très toxique pour les organismes aquatiques, a des effets négatifs sur la reproduction et le développement des mammifères. Chez l'homme, le risque le plus important concerne les enfants en bas âge ou à naître, en raison de la nocivité avérée du HBCD pour le système neuroendocrinien. Il agirait aussi comme un perturbateur des hormones thyroïdiennes.

Comment ce produit est-il ingéré et inhalé ? En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail expliquait, dans un avis rendu en septembre 2012, que "les sources d'émission potentielles sont les usines de synthèse ou d'incorporation du composé mais également les procédés d'usage ou de destruction de ces matériaux ; ces sources peuvent être diffuses ou localisées".

CONCENTRATIONS ÉLEVÉES DANS LES POUSSIÈRES DOMESTIQUES

L'alimentation constitue le "vecteur majoritaire de contamination pour la population générale". Parmi les aliments susceptibles d'être contaminés : le poisson, la charcuterie, les crustacés et la viande. Des concentrations élevées de HBCD ont aussi été retrouvées dans les poussières domestiques.

Selon le comité d'étude des POP, 11 580 tonnes ont été utilisées au sein de l'Union européenne (UE) en 2006, sur quelque 21 500 tonnes écoulées sur le marché mondial. En tête des pays producteurs viennent les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié la convention de Stockholm, puis l'Europe (dont la France) et l'Asie (Japon). "Les chiffres dont nous disposons manquent de précision, car cela dépend de ce que nous transmettent les Etats", explique Melisa Lim, membre du secrétariat de la convention de Stockholm. La Chine n'a, par exemple, communiqué aucune information sur les quantités d'HBCD qu'elle produit ou importe.

Le HBCD sera inscrit à l'annexe A de la convention qui rassemble les POP dont l'utilisation et la production doivent être éliminées. Le temps de trouver des produits de substitution, des dérogations de cinq ans pourront être accordées aux Etats qui en feront la demande. Renouvelables une fois, elles ne concerneront que le polystyrène expansé ou extrudé. L'UE prévoit d'interdire le HBCD à partir de 2015 dans le cadre du règlement Reach.

Pollution

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10/05/2013

Folie, folies, globalisation anglosaxonne ...

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ff32f62c-b8c2-11e2-89b6-638e06aa0196

Psychiatrie vendredi10 mai 2013
 

Tour du monde de la folie

Les troubles mentaux varient d’une culture à l’autre. Avec une bible mondiale de la psychiatrie rédigée aux Etats-Unis, ne risque-t-on pas d’américaniser la folie?

Chez les Wolofs, au Sénégal, il n’y a pas de démence sénile. Juste des réincarnations qui arrivent un peu trop tôt et font qu’un nouveau-né se retrouve dans le corps d’un vieillard. Au Congo, en lingala, l’anxiété se traduit par une étrange sensation de vibration, «comme une branche qu’un oiseau vient de quitter». Quant aux Coréens, ils ne parlent plus de schizophrénie mais de problèmes d’accordage du cerveau, semblables à ceux qu’on peut avoir avec un vieux piano récalcitrant.

Les troubles mentaux, ou du moins les mots pour en parler, varient d’une culture à l’autre. Pourtant, les psychiatres du monde entier utilisent – notamment dans la recherche et l’enseignement – un ouvrage rédigé par des experts américains: le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), dont la cinquième édition sort la semaine prochaine (LT du 06.05.2013 ). Au risque d’américaniser la folie? Le point avec Norman Sartorius, ancien responsable de la division Santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé et consultant externe pour le DSM-V.

Le Temps: Le «DSM-V» définit les contours de la santé mentale. Est-ce que cette frontière bouge beaucoup d’une culture à l’autre?

Norman Sartorius: Les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie, la dépression majeure ou la démence, existent partout. Pour la schizophrénie, on a une incidence – soit le nombre de nouveaux cas par année – qui est la même à peu près n’importe où dans le monde. La prévalence – le nombre total de cas à un moment donné – varie, elle, parce que les chances de survie ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Il y a eu quelques doutes sur la démence. Certains experts disent qu’elle est plus rare en Afrique, mais on manque de preuves solides pour étayer cette thèse. Quant à la dépression, du temps des colonies, on croyait que cette maladie n’affectait que les Blancs d’Europe. Mais, avec la décolonisation, on s’est rendu compte que ça n’était simplement pas considéré comme un motif de consultation valable pour les populations locales.
En général, je dirais que les maladies graves en psychiatrie ont une similarité remarquable d’une culture à l’autre, c’est pour des troubles plus légers qu’il y a des variations.

– Par exemple?

– L’arachnophobie, notamment, est beaucoup plus répandue en Angleterre qu’elle ne l’est en Inde. Il y a aussi le koro, ce syndrome où la personne a l’impression que son pénis ou ses seins vont se rétracter. Souvent, elle y accroche des objets pour empêcher qu’ils ne puissent rentrer dans le corps. On observe surtout ce trouble à Singapour ou en Malaisie. Mais il y a aussi de rares cas ailleurs. Je suis convaincu que toutes les maladies existent partout, c’est la fréquence qui varie d’une culture à l’autre.

– Il y a aussi des différences dans ce qui est considéré comme pathologique ou non.

– Effectivement. Jusque dans les années 70, l’homosexualité était inscrite au DSM et il y a encore plusieurs pays, dans le monde arabe notamment, où on estime qu’il s’agit d’une maladie. Il y avait aussi dans la classification officielle indonésienne un diagnostic pour les clochards, qu’il fallait mettre en hôpital psychiatrique pour les soigner.

– N’y a-t-il pas des gens qui passent pour fous ici et pas ailleurs?

– La démence sénile, par exemple, n’est pas considérée comme une maladie chez les Wolofs, au Sénégal. Ils pensent qu’à la fin de leur vie les hommes renaissent. De temps à autre, un individu renaît trop tôt, et un nouveau-né se retrouve dans le corps d’une personne âgée: il est incontinent, ne veut pas écouter, ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne sait pas parler… Mais il est beaucoup plus simple de mobiliser les gens pour aider un enfant qu’un vieux atteint d’une maladie mentale. Sa survie est plus importante. Il y a aussi dans beaucoup de populations d’Afrique ou d’ailleurs l’idée que la maladie mentale est une histoire de mauvais œil, de magie noire. Là encore, les gens se mobilisent plus facilement contre une agression qui vient de l’extérieur, de quelque tribu voisine, que pour un cerveau malade, face auquel ils se sentent peut-être plus désarmés. On observe des systèmes similaires dans différentes cultures: ils justifient le fait d’aider les personnes souffrant de troubles mentaux qui autrement seraient considérées comme des poids pour la communauté.

– Vous dites que les grandes catégories de maladies mentales se retrouvent partout, mais n’a-t-on pas pensé un moment que la dépression était moins fréquente en Extrême-Orient?

– Effectivement, une grande étude de l’OMS a montré qu’il y avait moins de gens qui consultaient pour dépression en Chine et au Japon. Surtout si on compare à l’Amérique latine, où il y en a beaucoup. Mais c’est compréhensible: le mot dépression, dans le sens où nous l’entendons, n’existe par exemple pas en chinois. Si on adapte les mots et la manière de poser des questions, d’aborder l’entretien avec un malade, la différence disparaît.

– Donc les troubles sont les mêmes, mais la façon d’en parler varie?

– Absolument. Par exemple, chez nous, le mot anxiété vient d’une racine très ancienne, ang, qui veut dire très étroit. On se sent comprimé, dans un état où on ne peut pas bouger. Ce concept d’étroitesse n’est pas présent chez les Iraniens, qui se réfèrent plutôt à un problème lié à leur cœur. Quant aux Africains qui parlent lingala, ils vont vous décrire quelque chose qui vibre en eux, comme une branche qu’un oiseau vient de quitter. Le phénomène psychologique est le même en Europe, en Iran ou au Congo, c’est la façon de le décrire qui change.

– Le nom que l’on donne à une maladie joue-t-il un rôle important?

– Oui. Les mots que l’on utilise pour un diagnostic sont souvent très stigmatisants. Prenez la schizophrénie, qui a été nommée pour la première fois en Suisse au début du XXe. A l’époque, c’était la mode d’utiliser le latin ou le grec pour donner des noms aux maladies. Ce qui fait qu’il n’y a aujourd’hui plus que les Grecs qui comprennent ce que ces noms signifient. Tous les autres les utilisent sans savoir. Mais au Japon, en Chine ou en Corée, ils doivent être traduits dans la langue locale. Schizo veut dire cassé, fendu, et phrène esprit, cerveau. C’est très difficile de dire à un malade qui demande son diagnostic: vous avez le cerveau cassé, ça n’est pas tellement acceptable. Au Japon, il n’y avait donc qu’une proportion minime de médecins qui communiquaient leur diagnostic aux patients. Les autres s’en sortaient en disant qu’il s’agissait d’une maladie compliquée. Mais un mouvement issu des associations de malades, de leurs proches et de médecins a fait changer le nom de la maladie. Le nouveau terme veut dire quelque chose comme «désordre de la coordination de la pensée», c’est beaucoup plus acceptable parce que ça correspond à ce que les malades ressentent.

– Est-ce que ça a débloqué la situation?

– La communication du diagnostic au patient est passée de 6 à 75% des cas. En s’inspirant de cette idée, les médecins coréens tentent d’aller plus loin. Depuis peu, ils essaient d’introduire pour la schizophrénie un nouveau nom qui signifie «problèmes d’accordage de la pensée», comme pour un piano désaccordé. Là aussi, les patients reconnaissent qu’ils n’arrivent plus à accorder leurs pensées comme avant et acceptent mieux le diagnostic. C’est très important parce que cela sert de base pour avoir un échange entre le malade et le médecin qui permet de se mettre d’accord sur un traitement.

– C’est crucial?

– Lorsque le malade comprend
ce qui se passe, il peut participer au processus de traitement. Sinon, cela revient à lui donner des ordres, qu’il ne va pas bien suivre. Ce contrat entre le
patient et le médecin est aujourd’hui devenu la base du traitement de n’importe quelle maladie.

– Si les mots utilisés pour poser un diagnostic sont si importants, n’est-il pas problématique que des psychiatres du monde entier se basent sur un manuel rédigé aux Etats-Unis?

– C’est le risque général de la globalisation. Vous avez une langue très forte qui s’utilise partout et pour tout. Cela dit, son influence se fait surtout sentir dans le domaine de la recherche. Et, pour surmonter le fait que chaque patient est différent, dans le DSM chaque diagnostic est accompagné d’une description qu’on appelle opérationnelle, une liste de symptômes. Si le malade en réunit un certain nombre, on peut dire
que son trouble correspond au diagnostic. Cela a été introduit dans le DSM-III en 1980.
C’était révolutionnaire, parce que pour la première fois on essayait de donner un aspect quantifiable et comparable à l’état des patients.

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b9fce74c-b5a3-11e2-abed-bb9758babf60/Etes-vous_devenu_fou

psychiatrie lundi6 mai 2013

Etes-vous devenu fou?


Le nouveau manuel de diagnostic psychiatrique américain sort la semaine prochaine. Il redéfinit les frontières de la santé mentale. La norme est en train de passer du côté du pathologique. Enquête sur les apports et les dangers de cette bible de la médecine mentale

C’est le moment de s’interroger sur sa santé mentale. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique américain des troubles mentaux (DSM), la bible mondiale de la psychiatrie, sera publiée la semaine prochaine, au terme d’une révision houleuse. C’est le genre de choses qui arrive lorsqu’on déplace les frontières de la folie. Ses nombreux détracteurs reprochent surtout au DSM-5 de médicaliser des émotions normales, comme le deuil ou les colères infantiles (lire ci-dessous ). Mais qui peut dire dorénavant où se situe la norme?

A l’origine, le DSM ne devait être qu’une nomenclature, rappelle Pierre Bovet, médecin-chef au Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (LT du 19.02.2010 ). C’était d’ailleurs le cas des deux premières éditions. Le DSM-III, publié en 1980, a introduit des critères pour le diagnostic. La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que cette révision était nécessaire, pour endiguer une dérive liée à des critères trop lâches. «Le problème, c’est que le DSM est très vite devenu une sorte de manuel de la psychiatrie, poursuit Pierre Bovet. Comme si les troubles tels qu’ils y sont décrits, sous la forme d’une liste de critères diagnostiques, étaient l’image clinique de la maladie.» Pour lui, cette approche a provoqué un appauvrissement dramatique de la psychopathologie, soit la tentative de comprendre la personne qui souffre et son fonctionnement.

Le DSM est élaboré par l’Association américaine de psychiatrie (APA). Mais son influence s’étend bien au-delà des Etats-Unis. Les principales revues scientifiques étant anglo-saxonnes, les chercheurs du monde entier doivent se référer au manuel dans leurs publications. Il est aussi utilisé un peu partout dans la pratique. Il existe bien une alternative, la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, mais son chapitre sur la santé mentale est à peu près calqué sur le DSM.

Allen Frances, professeur émérite de psychiatrie à la Duke University de Durham, en Caroline du Nord, est un des critiques les plus actifs du DSM-5. De passage en Suisse l’automne dernier (LT du 20.11.2012 ), il prévoyait une pandémie de diagnostics psychiatriques avec la parution du nouveau manuel. Il est assez bien placé pour en parler puisqu’il a participé aux précédentes révisions: «Avec le DSM-IV, en 1994, nous avons créé – ou du moins contribué à créer – plusieurs épidémies.» Aux Etats-Unis, les cas de troubles bipolaires auraient doublé, ceux d’autisme auraient été multipliés par vingt. Pour le psychiatre, un des principaux défauts de l’édition à paraître du manuel est de médicaliser les «soucis de la vie de tous les jours». Selon des études citées par Allen Frances, 50% des Américains et 43% des Européens remplissent déjà au moins une fois au cours de leur vie les critères correspondant à un diagnostic psychiatrique. Le risque est que le DSM-5 fasse basculer une majorité de la population de l’autre côté de la nouvelle frontière de la santé mentale, tracée par les experts de l’APA.

«Peut-être que si de nombreuses personnes reçoivent un diagnostic psychiatrique, la stigmatisation de ces troubles diminuera, fait valoir Pierre Bovet. Je pense que 100% des individus affrontent une fois au cours de leur vie un diagnostic somatique qui va au-delà de la grippe, sans être pour autant pointés du doigt. Du côté de la psychiatrie, être déprimé est aujourd’hui beaucoup mieux accepté qu’il y a une trentaine d’années, parce que tout le monde a une fois traversé une phase de dépression ou connaît quelqu’un qui en a traversé une.» Pour Wulf Rössler, professeur émérite de psychiatrie sociale à Zurich, il est peut-être temps de reconnaître que les problèmes mentaux font partie de la vie et de la nature humaine.

«Peut-être que ça aidera certains à être plus libres par rapport à leur psychisme, relève Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Mais j’ai l’impression que cela dévalorise en même temps le diagnostic de ceux qui souffrent vraiment.» Il estime pour sa part que si plus de 50% de la population correspond à un diagnostic, c’est que l’on psychiatrise des problèmes qui n’ont pas lieu de l’être. Ou alors il faut se poser certaines questions: «Est-ce le fonctionnement de notre société qui est inadéquat? Doit-on revoir notre mode de vie pour viser des existences moins pathogènes et plus épanouissantes?»

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09/05/2013

En France, 105 tonnes de saumon à consommer avec modération

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/du-saumon-aux-dioxines-importe-en-france-08-05-2013-1664808_23.php

 Du saumon aux dioxines importé en France

Le Point.fr - Publié le 08/05/2013 à 17:30 

L'Union européenne a interdit l'exportation du saumon de la Baltique suédois, l'estimant dangereux pour la santé. 

L'entreprise française plaide sa bonne foi. 

Mis en cause mercredi par un documentaire de la télévision publique suédoise SVT, un importateur français, Pêcheries nordiques, a confirmé avoir fait entrer en France du saumon suédois pêché en mer Baltique, interdit à cause de niveaux de dioxines supérieurs aux limites autorisées. Interrogée par l'AFP, l'entreprise, implantée à Echinghen (Pas-de-Calais) près du port de Boulogne-sur-Mer, a confirmé avoir importé 103 tonnes en 2011 et 2012, puis avoir arrêté. Le directeur général de cette société de six personnes, François Agussol, a plaidé sa bonne foi. "Personne n'est venu nous dire que c'était illégal", a-t-il souligné. Des analyses n'ont pas permis de détecter de problème, a-t-il ajouté.

 
 

Depuis 2002, la Suède n'est plus autorisée à exporter de poisson pêché dans la Baltique, l'Union européenne l'estimant dangereux pour la santé. Stockholm a négocié une exception pour que sa consommation reste autorisée sur son territoire. Elle l'est aussi dans deux autres pays riverains de la Baltique, la Finlande et la Lettonie. Les Suédois, au courant de la pollution de cette mer, savent qu'il faut consommer de ce saumon avec modération. Leur gouvernement recommande aux enfants et femmes enceintes de ne pas manger de ce saumon plus de trois fois par an.

Dans les rayons de la grande distribution

Le 16 avril, les autorités de sécurité alimentaire suédoises avaient annoncé dans un communiqué qu'une entreprise de Karlskrona, un port du sud de la Suède, avait exporté illégalement 105 tonnes de saumon de la Baltique vers la France. Elles n'avaient précisé ni la période ni les entreprises concernées. Pêcheries nordiques revend du poisson frais scandinave à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration. Dans le documentaire de SVT, M. Agussol dit que le saumon suédois s'est retrouvé dans les rayons d'enseignes comme Carrefour. SVT cite Intermarché comme autre acheteur.

D'après des témoins interrogés par la chaîne, ce saumon suédois s'est retrouvé illégalement dans d'autres pays de l'UE en moindre quantité, comme le Danemark, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne. Le saumon de la Baltique est renommé pour son goût. Le négociant en caviar parisien Petrossian en vend à 18 euros les 120 grammes, soit 150 euros le kilo. Il vient toutefois de Pologne, pays qui a le droit d'exporter.

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mon commentaire : le saumon de Pologne est aussi du saumon pêché dans a Baltique !

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08/05/2013

La moralisation politique ? Quelle moralisation politique ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/07/contresens-gouvernemental-sur-la-moralisation-politique_3173019_3232.html

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Contresens gouvernemental sur la moralisation politique

LE MONDE | 07.05.2013 à 19h11

Par Séverine Tessier (porte-parole de l'association Anticor) et Jérôme Karsenti (avocat de l'association)

La résonance de l'affaire Cahuzac, qui a conduit le gouvernement à soumettre en urgence au conseil des ministres du 24 avril trois projets de loi dits "de moralisation de la vie publique", ne peut s'expliquer que par l'écoeurement des citoyens confrontés à la succession d'affaires politico-judiciaires qui a émaillé les trente dernières années de la Ve République. L'affaire des tableaux de Claude Guéant, qui suinte la fraude fiscale et alimente des soupçons de financement occulte de la campagne électorale, vient ajouter au malaise ambiant.

Cependant, la réponse apportée par le gouvernement à la fois opère un contresens sur le diagnostic et se montre hors sujet quant aux solutions proposées.

Le scandale Cahuzac est né du symbole cumulé d'un ministre du budget, pris la main dans le sac de la fraude fiscale, alors qu'il était le fer de lance de la politique de rigueur et de la chasse à la fraude lancée par le président de la République. L'émotion suscitée a fait penser au gouvernement d'une part qu'il convenait de réagir dans l'immédiateté et d'autre part et surtout que le coeur du problème était l'opacité des revenus des hommes politiques.

Cela semblait si simple, la fraude de M. Cahuzac comme son mensonge public étaient des signes de dissimulation ; contraindre les élus à la transparence serait le remède à cette maladie honteuse. Cette analyse sommaire évite de réfléchir aux causes exactes du malaise démocratique de cette affaire. Le constat primaire qui se répand comme un parfum nauséabond est que la représentation politique est une classe de privilégiés qui sert ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général. En d'autres mots, c'est la porosité de plus en plus palpable entre les élus et le monde de l'entreprise et de la finance qui met en péril l'équilibre de nos institutions. Il ne s'agit donc pas de moraliser la vie publique, mais de la démocratiser pour en faire une société moderne et libre dans laquelle le contrôle citoyen pourra prendre sa place.

Comment concilier une activité privée quelle qu'elle soit et le service de l'intérêt général ? Comment accepter que des amendements législatifs soient apportés clés en main par des groupes privés à des élus ? Comment ne pas réagir à la pratique très courue des partenariats public-privé (PPP), dans lesquels par exemple des élus municipaux, directeurs de banque par ailleurs, ne sont pas inquiétés alors même que la banque qu'ils dirigent est la banque prêteuse de la société créée pour porter le projet ?

Il n'est pas nécessaire de mettre un coup de peinture à la Commission pour la transparence financière de la vie politique (CTFVP) pour en faire une haute autorité de contrôle et tenter ainsi d'illusionner le maître d'oeuvre ignorant ; une réforme d'ampleur institutionnelle s'impose.

Il aurait d'abord fallu prendre le temps et ne pas légiférer dans la précipitation, comme cela se faisait lors du précédent quinquennat. Pourquoi ne pas avoir profité des quatre projets de loi tendant à réformer la Constitution pour solenniser en congrès une réforme qui aurait pu rassembler tout l'échiquier parlementaire ? Qu'il suffise de dire que l'essentiel du travail intellectuel a été fourni dans le cadre de différents rapports élaborés par la commission Sauvé (2011), la commission des lois du Sénat présidée par Jean-Jacques Hyest (2011), la commission Jospin (2012), mais également par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ainsi que différentes associations et personnalités.

Une réforme d'ampleur aurait pu d'abord viser à mener une lutte effective contre les conflits d'intérêts. La déclaration d'intérêt ne mettra pas fin au conflit d'intérêts, elle en limitera l'effet ou imposera à l'élu l'usage de subterfuges plus élaborés pour éviter la suspicion. De même que l'interdiction des fonctions de "conseil" avec un mandat de parlementaire est trop restrictive. Seule une interdiction totale du cumul d'une profession privée et d'un mandat électif serait suffisante pour limiter les influences d'intérêts privés sur le mandat public. Cette interdiction pourrait même être sanctionnée pénalement si elle n'était pas respectée.

A cette proposition, il est toujours opposé le risque de professionnalisation des élus et de leur déconnexion du "monde réel". Or, la professionnalisation est un fait actuel que les activités privées des élus n'ont pas empêché. Songeons à ces Balkany, Guérini, Tiberi, Chirac, etc., tels des phénix toujours mieux élus dès lors qu'ils ont été condamnés ou mis en examen. Ainsi, il est indispensable de poser le principe d'une interdiction du cumul des mandats ainsi que de leur renouvellement dans le temps. Le risque de professionnalisation disparaîtrait. Le refus de certains élus, qui ont porté la campagne de François Hollande, de faire voter une loi sur le cumul des mandats participe aussi du discrédit de la classe politique qui apparaît comme accrochée à ses hochets comme les moules à leur rocher. Une telle réforme imposerait de se pencher sur l'élaboration d'un véritable statut de l'élu et l'instauration d'une sorte de "congé électif".

Cette réforme aurait ensuite dû instaurer une autorité indépendante pour contrôler les marchés publics et protéger les lanceurs d'alerte au moyen de l'anonymat. Cette autorité pourrait reprendre également les missions conférées par la loi nouvelle, mais également celle de la Commission de déontologie, qui ne joue qu'un rôle consultatif, alors que les problématiques de pantouflage sont une réalité non négligeable.

Les marchés publics sont une source constante de détournements de fonds publics, d'augmentation des coûts, d'avantages injustifiés. Il est temps de repenser avec plus de rigueur le cadre de la dépense publique, les organes de contrôle de légalité ne jouant plus leur rôle (notamment le préfet ou le contrôleur financier). Le contrôle de la dépense publique échappe de plus en plus aux élus par le biais des partenariats public-privé, qui opèrent un transfert de souveraineté des collectivités territoriales au profit de grands groupes privés (Bouygues, Vinci, etc.). De plus, les lanceurs d'alerte sont aujourd'hui abandonnés par la loi. Ils ont l'obligation de dénoncer des faits illégaux qu'ils constatent, mais aucune protection ne leur est réservée. Il convient de leur donner une légitimité et un statut protecteur. Interdire le lobbying paraît en outre nécessaire.

Il faudrait instaurer un parquet indépendant qui ne disposerait plus de l'opportunité des poursuites en ce qui concerne les infractions à la probité publique. Il serait désormais tenu légalement de donner une suite pénale à toute infraction de cette nature.Chaque infraction devant générer une réponse pénale lorsqu'elle concerne un élu, un membre du gouvernement ou des cabinets, un responsable d'une entreprise publique.

Enfin, les faits relatifs aux infractions portant atteinte à la probité publique doivent être imprescriptibles. De même, tout élu ayant été condamné pour des faits portant atteinte à la probité doit être déclaré inéligible à vie.

Le saupoudrage législatif à venir constitue certes un progrès. Celui-ci réside dans les moyens d'investigation et de contrôle conférés à la haute autorité et dans le droit donné aux associations de lutte contre la corruption de se constituer partie civile dans les procès. Mais il est à craindre que la défiance à l'égard de la représentation politique, qui ne s'attaque pas au trafic d'influence et limite par un agrément aux critères indéfinis la constitution de partie civile des associations, ne soit pas enrayée par une si petite ambition. Nous lançons un appel solennel pour que le gouvernement engage rapidement la réforme d'ampleur tant attendue par les Français de démocratisation de la vie publique.

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mon commentaire :

à propos de moralisation de la politique , pour sortir d'une représentation politique qui est une classe de privilégiés qui servant ses intérêts corporatistes et privés au lieu de servir l'intérêt général, voir :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ?

Recherche médicale : les firmes pharmaceutiques peuvent-elles tout se permettre ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/08/en-belgique-le-cas-d-un-enfant-atteint-d-une-maladie-rare-suscite-la-polemique_3173409_3214.html

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En Belgique, le cas d'un enfant atteint d'une maladie rare suscite la polémique

LE MONDE | 08.05.2013 à 10h49 • Mis à jour le 08.05.2013 à 14h29

Par Jean-Pierre Stroobants

Bruxelles, correspondant. Un petit garçon de 7 ans, Viktor Ameys, pourra continuer à vivre grâce à un médicament très coûteux susceptible de soigner la maladie rare dont il souffre. Depuis plusieurs jours, le cas de l'enfant avait suscité beaucoup d'attention en Belgique parce qu'il posait la question éthique des limites éventuelles du remboursement par la Sécurité sociale – son traitement coûte 18 000 euros par mois – et des choix à opérer par le monde politique en période de rigueur. Au fil du temps, l'affaire a aussi illustré l'attitude de certaines firmes pharmaceutiques : celle qui fabrique le médicament de Viktor n'a pas hésité à médiatiser le cas du jeune garçon afin d'exercer une pression maximale sur la ministre de la santé.

Viktor, ainsi qu'une vingtaine d'autres Belges, est atteint du syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa), une maladie auto-immune rare qui affecte surtout des enfants jeunes. Elle entraîne notamment des problèmes sanguins et une grave insuffisance rénale, mais peut finir par toucher d'autres organes. Le traitement possible du SHUa consiste en des injections intraveineuses de plasma, une greffe (rein et foie), mais surtout un traitement jugé révolutionnaire, l'eculizumab, un anticorps mis au point sous le nom de Soliris par la firme américaine Alexion Pharmaceuticals. 

Dans un premier temps, une commission officielle de remboursement, qui regroupe divers acteurs de la santé, a émis des réserves face à l'idée de dépenser un montant annuel pouvant atteindre 500 000 euros par patient. Il y a quelques semaines, les experts de la Sécurité sociale belge ont donc invité Alexion à baisser ses tarifs, d'autant que le laboratoire n'avait pas fourni d'indications claires quant au coût réel de la fabrication du Soliris.

L'entreprise américaine – qui a réalisé un bénéfice net de 194 millions d'euros en 2012 – a d'abord refusé, tablant sans doute sur l'émotion suscitée par les récits des parents de Viktor et d'autres petits malades, catastrophés à l'idée de ne pouvoir assumer le coût du traitement de leurs enfants. Jeudi 2 mai, dans un communiqué, la firme accusait la ministre de la santé, Laurette Onkelinx, de retarder une décision alors que la vie de patients était "mise en jeu". Les parents de Viktor se disaient, quant à eux, "dégoûtés".

Ils ne savaient pas encore que l'importante société bruxelloise de lobbying G + Europe, qui les avait aidés à médiatiser le cas de leur enfant, travaillait, en réalité, pour le compte d'Alexion, comme l'ont révélé plusieurs médias. Une information implicitement confirmée par un responsable de G + Europe qui déclarait, samedi 4 mai, au quotidien De Standaard : "En définitive, les patients et l'entreprise pharmaceutique ont le même but : que la ministre signe un accord avec Alexion."

"LA MÉTHODE N'EST PAS CORRECTE"

"La méthode n'est pas correcte", a estimé le père de Viktor. L'association Pharma.be, qui regroupe les industriels belges du médicament, critique la méthode utilisée ainsi que son manque de transparence. Elle menace, dès lors, d'exclure Alexion de ses rangs.

La ministre de la santé a annoncé, mardi 7 mai, qu'elle avait finalement conclu un accord avec le fabricant américain. Le Soliris sera remboursé pour les malades du SHUa et d'une autre maladie rare, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, une forme grave d'anémie. Les modalités de l'accord conclu entre Mme Onkelinx et Alexion devraient rester secrètes.

Le dossier est toutefois jugé exemplaire pour d'autres raisons. "En laissant la quasi-totalité de la recherche médicale au secteur privé, les gouvernements se sont mis en situation de devoir accepter de payer le prix demandé ou de paraître refuser un soin", déplore par exemple, dans le journal Le Soir, Michel Roland, professeur de médecine générale à l'Université libre de Bruxelles.

L'Europe ne peut intervenir dans les questions d'agrément ou de remboursement des médicaments, qui relèvent des compétences nationales, mais elle tente de remédier à certaines carences en développant les programmes d'aide à la recherche. Les maladies rares ont ainsi fait l'objet d'une centaine de projets financés à hauteur de 500 millions d'euros au cours des six dernières années. En février, 26 nouveaux projets de recherche ont été financés à hauteur de 144 millions. Des programmes plus généraux de recherche médicale, en partenariat avec l'industrie, disposent d'un budget de 2 milliards.

Problème : entre 6 000 et 8 000 maladies dites rares sont recensées, dont une bonne part ne pourra faire l'objet d'un traitement. Environ 30 millions d'Européens souffriraient de l'une de ces pathologies.

07/05/2013

La toxicité des nanomatériaux confirmée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/07/la-toxicite-des-nanomateriaux-confirmee-par-une-etude-americaine_3172367_3244.html

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La toxicité des nanomatériaux confirmée par une étude américaine

LE MONDE | 07.05.2013 à 13h50 • Mis à jour le 07.05.2013 à 13h50

Par Paul Benkimoun

Ils sont omniprésents dans notre vie courante. Peu de domaines, de la cosmétique à l'habillement en passant par l'automobile, l'électroménager, le bâtiment ou l'alimentation, échappent à l'essor des nanomatériaux. Leurs caractéristiques physiques et chimiques leur confèrent des avantages, mais aussi une toxicité particulière. Problème : celle-ci est mal connue, les tests chez l'animal donnant des résultats extrêmement variables d'un laboratoire à l'autre.

D'où l'intérêt de l'étude publiée lundi 6 mai, dans la revue Environmental Health Perspectives, par des chercheurs américains qui proposent une méthode pour harmoniser cette évaluation. Leurs travaux confirment que certains nanomatériaux parmi les plus répandus provoquent, chez la souris et chez le rat, des inflammations des voies respiratoires.

Définis comme ayant au moins une de leurs dimensions comprise entre 1 et 100 nanomètres (n, milliardième de mètre), les nanomatériaux ont souvent été utilisés sans qu'on puisse établir leur traçabilité. Un recensement effectué en 2009 par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait mis en évidence "246 produits de grande consommation disponibles sur le marché français et contenant des nanomatériaux manufacturés". Il y en aurait aujourd'hui, dans le monde, plus de 2 000.

"CES NANOTUBES SONT UN PROMOTEUR DU CANCER"

L'Anses, qui a préconisé dans plusieurs avis le "principe de précaution", poursuit un programme de surveillance spécifique des nanomatériaux et de leurs risques potentiels pour la population et, plus encore, pour les salariés et les riverains des installations industrielles fabriquant ces nanoproduits.

Même si les connaissances scientifiques restent lacunaires, un certain nombre de faits concernant la toxicité des nanomatériaux manufacturés sont établis. Des études avaient déjà suggéré que les nanotubes de carbone multiparois, mille fois plus fins qu'un cheveu et présents dans de très nombreux produits, pouvaient provoquer des mutations de l'ADN ou favoriser la transformation cancéreuse des cellules ayant subi de telles mutations.

Le 11 mars, le National Institute for Occupational Safety and Health (Niosh), l'autorité de santé au travail des Etats-Unis, a publié sur son blog de nouvelles données "démontrant pour la première fois sur un modèle expérimental que ces nanotubes sont un promoteur du cancer".

Une autre substance nanoparticulaire, le dioxyde de titane, que l'on trouve notamment dans des crèmes solaires, a été classée en 2006, par le Centre international de recherche sur le cancer, dans la catégorie "cancérogène possible pour l'homme", sur la base de données expérimentales chez le rat.

Mais l'évaluation de la toxicité est rendue difficile par l'insuffisance des méthodes de caractérisation des nanoproduits, par l'évolution qui peut se produire au cours de leur cycle de vie, ainsi que par la grande disparité des résultats obtenus par les laboratoires d'analyse. Une hétérogénéité souvent invoquée pour contester leur toxicité et retarder la mise en oeuvre de mesures de précaution.

VASTE ÉTUDE SUR DES SOURIS ET DES RATS 

C'est sur ce dernier point que le Niosh a voulu avancer, en mettant sur pied une vaste étude sur des souris et des rats, impliquant les chercheurs de treize universités américaines. Dans un premier temps, l'autorité de santé leur a demandé d'analyser trois formes nanométriques de dioxyde de titane et trois formes de nanotubes de carbone.

"Les responsables de l'étude se sont aperçus qu'il existait d'énormes différences entre les laboratoires, décrit Dominique Lison, professeur de toxicologie à l'Université catholique de Louvain (Belgique). Ils ont alors identifié les sources de variabilité et mis au point un protocole d'analyse harmonisé qu'ont utilisé, dans un second temps, les laboratoires universitaires."

Cette fois, les chercheurs ont abouti à des résultats similaires et cohérents sur le type de réaction provoqué dans les voies respiratoires des rongeurs. Ils ont décelé les mêmes phénomènes inflammatoires (une augmentation des globules blancs "neutrophiles"), avec la même ampleur.

"Cette étude démontre que, si on le veut, on peut avancer dans l'évaluation de la nanotoxicité", commente Dominique Lison. Les auteurs soulignent également, comme l'a fait en France l'Anses, le déséquilibre de la recherche, entre les travaux sur le développement et les applications des nanomatériaux et ceux sur leurs effets potentiels.

Compte tenu du risque respiratoire, le Niosh a recommandé, le 24 avril, de limiter les concentrations des nanotubes et nanofibres de carbone à 1 µg/m3 d'air. C'est la plus petite valeur mesurable de manière fiable.

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voir aussi : http://ehp.niehs.nih.gov/1306866/

Nano GO Consortium—A Team Science Approach to Assess Engineered Nanomaterials: Reliable Assays and Methods

Semences agricoles : Bruxelles aux ordres des industriels

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/07/bruxelles-renforce-la-mainmise-des-grands-groupes-sur-la-commercialisation-des-semences-agricoles_3172368_3244.html

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Bruxelles renforce la mainmise des grands groupes sur la commercialisation des semences agricoles

LE MONDE | 07.05.2013 à 11h11 • Mis à jour le 07.05.2013 à 14h24

Par Laurence Girard et Martine Valo

C'est au nom de la sécurité alimentaire et de la protection des produits cultivés dans l'Union que la Commission européenne a proposé, lundi 6 mai, un ensemble de mesures de "modernisation" de la filière.

 

Son ambition affichée est de sauvegarder à la fois la productivité et la diversité des filières végétales en Europe. Ces dernières sont sous la menace de nouvelles agressions d'insectes ravageurs et de maladies, aggravées par la mondialisation et le changement climatique. La Commission rappelle que les échanges dans ce secteur représentent 205 milliards d'euros par an.

Le texte, qui fixe les nouvelles règles du jeu du marché des semences, vise à simplifier la commercialisation de variétés industrielles. Les grands semenciers sont a priori satisfaits. "Il semble que les enjeux de la production agricole, de sa performance et de sa compétitivité aient été pris en compte. C'est une très bonne nouvelle", réagit Eric Devron, directeur de l'Union française des semenciers. "Il est important qu'il y ait une harmonisation car il y avait des barrières à la circulation des semences entre les Etats membres", ajoute-t-il, dans l'attente des décrets d'application.

"HOLD-UP SUR LES SEMENCES"

Les promoteurs des variétés paysannes, des sélections biologiques et des graines anciennes, en revanche, n'y trouvent pas leur compte. Pas plus que les défenseurs du droit pour les paysans à cultiver et à échanger leurs propres graines. Certes, la Commission a a pris soin de préserver quelques espaces de liberté à la marge – pour les jardiniers amateurs en particulier –, mais sans toutefois soutenir l'agriculture biologique.

Avec cette "modernisation", les semences de variétés de niche bénéficieraient toutefois de règles d'enregistrement allégées au catalogue officiel. Certaines pourraient même être dispensées des lourdes démarches nécessaires pour y être inscrites lorsqu'elles sont commercialisées par des entreprises de moins de dix salariés.

"Au prétexte de simplification, cette proposition place toutes les semences sous le contrôle direct de l'industrie et de ses brevets", dénonce le Réseau Semences Paysannes. Dans un communiqué publié mardi 7 mai, il qualifie le texte de "hold-up sur les semences, soigneusement caché sous des centaines de pages de jargon réglementaire".

Car, explique le réseau, l'office communautaire qui délivre les titres de propriété intellectuelle sur les variétés sera directement chargé du catalogue qui conditionne l'accès au marché des semences. En outre, un suivi électronique des échanges de semences en Europe, géré par l'administration au nom de la sécurité sanitaire, pourrait servir à poursuivre les agriculteurs qui utilisent des graines protégées ou leurs propres variétés de ferme.

PERTE DE RÉSISTANCE AUX DIVERSES AGRESSIONS DE RAVAGEURS

Les propositions présentées par le Commissaire européen à la santé et à la consommation, Tony Borg, s'inscrivent dans un "paquet législatif" qui pourrait entrer en vigueur en 2016. Le texte doit d'abord être approuvé par le Conseil des ministres et le Parlement européens, où il est attendu de pied ferme par les Verts.

Tandis que Bruxelles met en avant la valeur des exportations de semences européennes – soit 60 % des échanges mondiaux de ce secteur –, les écologistes rappellent, eux, que des milliers de variétés de céréales, de légumes et de fruits ont été perdus ces dernières décennies.

Le système de certification mis en place dans les années 1960 a causé une réduction de la biodiversité, qui se traduit par une perte de résistance aux diverses agressions de ravageurs et autres pathogènes, donc par un recours accru aux pesticides.

"Le commissaire Borg n'a pas tenu compte des réserves de ses homologues de l'environnement et de l'agriculture, note Sandrine Bélier, députée Europe Ecologie-Les Verts. Son objectif reste la promotion d'une agriculture intensive, l'enjeu de la perte de biodiversité n'apparaît nulle part. On réduit les règles, on lisse, on harmonise, mais quelle place pour les variétés paysannes, différentes ?"

Lire aussi : Les paysans, otages des semenciers industriels

Les paysans, otages des semenciers industriels.pdf

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Agriculture

Édition abonnés Contenu exclusif

06/05/2013

L'évaluation des OGM en Europe sous la coupe des lobbies pro-OGM ?

à lire sur :

Inf'OGM - GRACE : un programme d'évaluation sanitaire des OGM sous influence ?

Le 1er juin 2012 démarrait, dans le plus grand secret, le programme « d’évaluation des risques liés aux OGM et communication des preuves », GRACE (Gmo Risk Assessment and Communication of Evidence). Ce programme est pourtant d’une importance notoire : il pourrait amener à définir l’évaluation sanitaire des OGM à conduire à partir de 2016. Le règlement consacré à cette évaluation, fraîchement adopté le 25 février 2013, fait d’ailleurs directement référence à ce programme et aux conclusions attendues fin 2015. Comprendre ses objectifs, son organisation et ses moyens de travail est donc fondamental pour comprendre ce que pourrait être l’évaluation des OGM dans les années à venir, une évaluation qui se passerait des analyses de toxicologie.

Inf'OGM - GRACE _ un programme d’évaluation sanitaire des OGM sous influence .pdf

 

 

05/05/2013

Suicide d'un militant anti-OGM

Aucun média n'en parle.

http://blogs.mediapart.fr/blog/laure/030513/en-souvenir-de-pierre-azelvandre-lerudit-du-mouvement-anti-ogm

En souvenir de Pierre Azelvandre, l'érudit du mouvement anti-OGM

 
Si il n'avait pas été relayé par les militants écologistes de la région, ce décès serait passé inaperçu. Pierre Azelvandre, 49 ans, s'est donné la mort lundi 22 avril, sur une aire d'autoroute haut-rhinoise, le long de la RN 89. Ancien chercheur, titulaire d'un doctorat en biologie moléculaire, il avait consacré ces dernières décennies à lutter contre le déni démocratique que représentaient pour lui les cultures OGM. Il était sorti de son anonymat d'érudit solitaire à l'automne 2009, lors d'une action polémique où il avait coupé 70 plants de vignes OGM, un essai mené par l'Institut national de la recherche agricole (Inra) en plein milieu du vignoble.
Un faucheur d'OGM lors du procès à Colmar contre l'Inra - Septembre 2011© Laure Siegel
Quelques semaines après, il fut condamné en appel par le tribunal de Colmar à un mois de prison avec sursis, 50 000 euros de dommages et intérêts, 2 000 euros d'amende et 2 500 euros de frais de justice. Son geste avait provoqué une prise de conscience au sein de la communauté viticole de la région, mais aussi un vif débat parmi les tenants de la recherche libre qui revendiquaient de pouvoir travailler en-dehors de toute idéologie. Il n'avait pas été soutenu d'emblée par les politiques estampillés Verts de la région, engagés pour certains dans le groupe de travail de l'Inra.
Sa détermination avait pris sa source dans son parcours professionnel : après une thèse au CNRS, il avait travaillé pour une firme qui commercialisait des OGM. Il démissionna le jour où il entendit son directeur de recherche falsifier des faits scientifiques lors d'une conférence devant un parterre de professionnels.
Après avoir été formateur d'éducation populaire sur la réalité des organismes génétiquement modifiés, Pierre Azelvandre avait concentré son énergie à Sausheim dans les années 1990 où il milita « pour que les mairies puissent informer les citoyens des parcelles où sont cultivés les OGM » selon le communiqué hommage de la Confédération paysanne d'Alsace.
Il entama alors le tour de tous les essais en Alsace, saisit la commission d'accès aux documents admnistratifs, puis le tribunal administratif, le Conseil d'Etat et alla jusqu'à la CEDH où il obtint un arrêt en 2007 qui rend obligatoire cette publication.
Né d'une mère tchèque et d'un père originaire du Haut-Doubs, il débarqua à Colmar à l'adolescence. Joseph Finantz l'a côtoyé à cette époque au cours de musique : « J'étais clarinettiste et lui faisait de la trompette à ce moment-là. » Devenu apiculteur, Joseph le recroisa des années plus tard lorsqu'il commença à s'interroger aux enjeux des OGM. Cet ami proche retrace sa pensée : « Il n'était pas partisan de l'arrachage, il a même vivement critiqué José Bové à ce propos. C'était quelqu'un de fondamentalement idéaliste, respectueux des lois. Mais il avait épuisé toutes les voies législatives et il voyait que même son action ne changeait rien, que les essais continuaient sans consultation de la population. Alors il a décidé de couper les plants, mais toujours en scientifique, en emportant les bois coupés contaminés. Il est allé lui-même apporter la nouvelle aux médias et se dénoncer aux gendarmes. »
Un an après, une soixantaine de militants anti-OGM de toute la France poursuivirent son action, arrachant tous les plants de l'Inra un matin d'août, enterrant définitivement toute expérience dans le vignoble. Le procès en appel est toujours en cours. Jean-Pierre Frick, viticulteur, a été un des deux Alsaciens à participer à cette action collective d'ampleur : « L'initiative de Pierre Azelvandre a attiré l'attention sur les aspects troubles de cet essai et nous a poussé à poursuivre ce qu'il avait entamé seul. On lui a proposé de l'aider à rembourser l'énorme somme à laquelle il a été condamné, mais il a toujours refusé, voulait assumer seul ».
Mais l'homme au mode de vie d'ermite n'avait pas de quoi rembourser et n'a d'ailleurs jamais eu l'intention de le faire. Sans adresse mail ni téléphone, il subsistait presque sans argent, se déplaçait toujours à vélo et se passionnait pour l'observation des animaux. L'an dernier, expulsé de son logement après une hausse de loyer, il avait distribué toutes ses affaires autour de lui pour en laisser le moins possible aux huissiers. Habitué à passer ses journées à la bibliothèque municipale et à cultiver son jardin, il avait été poussé par la justice à s'inscrire à Pôle emploi, toucher le RSA et trouver du travail. Un système qu'il avait fui depuis plusieurs années, dont il ne supportait pas les contraintes, les incohérences et les injustices. Et qui lui pesait de plus en plus.
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Plus que l'écologie, c'est le manque de transparence qui le mettait hors de lui, raison pour laquelle il a largement soutenu la lutte anti-nucléaire en Alsace et les militants de Fessenheim qui ont entamé un jeûne de protestation, ininterrompu depuis avril 2011 sur le mode du relais. « Même si le côté spirituel de la chose lui échappait, il nous a aidé depuis le début dans notre démarche de conscientisation »explique Jean-Pierre Frick, également engagé dans la lutte contre le nucléaire, qui recoupe les mêmes problématiques : une énergie à long terme, opaque, dont on ne voit ni ne sent les dangers potentiels.« Même s'il appréciait la biodynamie et la géothermie, il restait dubitatif sur leurs apports tant qu'ils ne sortaient pas du champ de l'idéologie vers la vérité scientifique ».
Il ne faisait partie d'aucune association, étranger au fonctionnement collectif, aux luttes de pouvoir et pressions sur les subventions inhérentes à tout mouvement officiel. Mais il fréquentait beaucoup les membres de la Confédération paysanne. Anne Wanner est l'animatrice régionale de ce syndicat agricole : « C'était un personnage hors norme, avec une mémoire, une maîtrise de l'écriture et des connaissances en biologie, histoire et droit incroyables. C'était un dictionnaire vivant, qui savait absolument tout ce qui s'était passé dans le vignoble. Il était difficile à cerner, difficile à aider, car agissait toujours seul et était très réfractaire à la vie de groupe mais c'était un homme d'une droiture incroyable. On avait parfois du mal à comprendre comment on peut s'isoler à ce point mais on admirait tous son intégrité, son jusqu'au boutisme. Il faisait et disait ce que les autres n'osaient pas. Il connaissait tous les rouages de la recherche en France. On n'avait jamais eu quelqu'un comme ça avec nous ».
Manifestation tri-nationale aux abords de la centrale de Fessenheim - Novembre 2011© Laure Siegel
Elle évoque ces dernières semaines : « Il se rendait compte qu'il était dans une impasse, ne voyait pas ce qu'il pouvait encore apporter. Mais en même temps, il était en train de chercher du bois pour le prochain hiver et de refaire son jardin potager... Personne ne s'y attendait. »
Laurent Dreyfus, rédacteur en chef de la revue Biodynamis, a longtemps côtoyé cet électron libre à la Maison de la culture biodynamique à Colmar, qui était son QG pour éplucher des dossiers : « C'est quelqu'un qui remuait et rendait la citoyenneté vivante. Il avait une fixation névrotique sur les OGM mais sa démarche de pédagogie a été fondamentale. Même s'il était un peu rigide, même parfois chiant, il s'est ouvert progressivement aux autres. Il a organisé plusieurs soirées à la MJC pour nous expliquer techniquement ce qu'étaient les OGM. Il a passé sa vie à s'informer pour les autres. Il va nous manquer ». Un parcours de « scientifique autistique » selon Laurent Dreyfus, qui fait le parallèle avec celui de Henry David Thoreau, précurseur américain de la désobéissance civile au 19e siècle (lire son histoire ici)
Dans son communiqué, la Confédération paysanne évoque« ceux qui ont mis toute leur énergie dans la défense de la vie, aux dépens de leur propre vie, parmi lesquels Vital Michalon contre l’énergie nucléaire à Malville, ou Jean-Luc Tournaire contre la vaccination obligatoire contre la fièvre catarrhale ovine . »

Vous pouvez également lire le témoignage hommage de Gabrielle Teissier, qui a côtoyé Pierre Azelvandre au sein de l'association Espoir. Aujourd'hui tous les essais sont au point mort et « il n'y a toujours pas de vigne transgénique dans le vignoble français » selon cette autre contribution sur Mediapart.
Laure Siegel
Pour aller plus loin, vous pouvez lire ce reportage sur le procès des 62 faucheurs volontaires en septembre 2011 à Colmar. 

04/05/2013

La qualité de l'air à Londres et ailleurs : à suivre devant la Cour de justice de l'Union européenne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/04/londres-rappele-a-l-ordre-pour-sa-pietre-qualite-de-l-air_3171010_3244.html

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Londres rappelé à l'ordre pour sa piètre qualité de l'air

LE MONDE | 04.05.2013 à 10h56 • Mis à jour le 04.05.2013 à 10h56

Par Eric Albert

C'est une première, en matière de droit environnemental. Mercredi 1er mai, la Cour suprême britannique a jugé que le gouvernement ne respectait pas ses obligations légales en termes de qualité de l'air. "Ce jugement historique marque un tournant dans la lutte pour un air propre", affirme James Thornton, directeur de ClientEarth, l'association qui a porté l'affaire devant les tribunaux.

Le dossier est maintenant renvoyé devant la Cour de justice de l'Union européenne (UE), qui va devoir trancher sur d'éventuelles sanctions : sa décision pourrait faire jurisprudence pour l'ensemble de l'UE, y compris la France.

Il aura fallu trois années de lutte judiciaire pour en arriver là. L'affaire porte sur le respect par le gouvernement britannique de la directive européenne sur la qualité de l'air, adoptée en 2008. Celle-ci imposait aux Etats membres de respecter, à partir de 2010, des normes environnementales selon chaque type de pollution : particules fines, ozone, dioxyde d'azote... A défaut, un délai supplémentaire de cinq ans pouvait être accordé, à condition que les gouvernements présentent un plan d'action.

NON-RESPECT DES NORMES CONCERNANT LE DIOXYDE D'AZOTE

En 2010, 40 des 43 zones urbaines britanniques ne respectaient pas les normes concernant le dioxyde d'azote, un polluant issu essentiellement des véhicules diesel. Le gouvernement britannique a donc publié un plan pour y remédier, mais, dans seize cas, il ne prévoyait pas de mise aux normes avant 2020. Londres se laissait même jusqu'à 2025 – soit dix années de retard – pour se mettre en conformité avec la directive, reconnaissant implicitement qu'il ne la respecterait pas.

ClientEarth, association environnementale spécialisée dans l'utilisation de la loi comme moyen de pression, a décidé de porter le dossier devant les tribunaux. Elle a perdu en première instance, puis en appel. Mais ces deux décisions ont donc été cassées par la Cour suprême.

Néanmoins, elle ne prend pas de sanction, renvoyant cette responsabilité à la Cour de justice de l'Union européenne. "Il est maintenant crucial que celle-ci puisse entendre notre cas le plus vite possible", estime Alan Andrews, avocat de ClientEarth. Il espère qu'une procédure d'urgence pourra lui être accordée, ce qui permettrait, dans le meilleur des cas, un jugement d'ici à la fin de l'année.

29 000 DÉCÈS PRÉMATURÉS CHAQUE ANNÉE

M. Andrews rappelle que l'air britannique n'est pas particulièrement plus pollué que dans le reste de l'Europe. Avec cette affaire, son objectif est de faire jurisprudence : "La qualité de l'air est un problème dans toute l'UE, y compris à Paris. Un jugement avec des sanctions créerait un précédent."

La mauvaise qualité de l'air provoque chaque année, au Royaume-Uni, 29 000 décès prématurés, dus essentiellement à des affections respiratoires ou cardiaques. C'est plus que l'obésité et l'alcool réunis. Les autorités britanniques répliquent que la qualité de l'air a été "améliorée significativement" depuis plusieurs décennies. Pas assez, selon ClientEarth, qui souhaite une action plus rapide et plus efficace.

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Pollution

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03/05/2013

"CE", "TÜV", le leurre des certifications européennes

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/05/02/20464-homologation-tracabilite-grand-bazar-protheses?position=1&keyword=bazar

Homologation, traçabilité: le grand bazar des prothèses

Mots clés : Ceraver, santé
Par figaro iconAnne Jouan - le 02/05/2013
 
La réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, et les moyens pour vérifier la qualité des produits restent rares. 

Des prothèses de hanche non conformes fabriquées par le numéro deux français de la prothèse orthopédique, Ceraver, ont été posées à 650 patients, révélait Le Parisiende jeudi. L'Agence du médicament, qui a tenu à préciser que ces prothèses ne présentaient pas de risque sanitaire, a confirmé qu'entre 2009 et 2012 une soixantaine d'hôpitaux avaient implanté ces dispositifs médicaux. L'Agence conseille néanmoins aux patients bénéficiant de ces prothèses de consulter leur médecin pour un bilan clinique et radiologique. Sur son site Internet, elle publie la liste des lots concernés. Enfin, près d'un millier de ces prothèses non conformes a été mis sous séquestre.

Cette affaire de prothèses de hanche intervient alors qu'est actuellement jugé à Marseille le premier procès des implants mammaires frelatés de PIP. Il faut dire que la réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, puisqu'il n'existe pas d'autorisation de mise sur le marché, à la différence de ce qui se fait pour les médicaments. Seul le fabricant est responsable de ce qu'il met en vente et la certification des prothèses est réalisée par l'un des 70 organismes de contrôle accrédités par les agences gouvernementales réparties dans toute l'Europe. Seul le «marquage CE» est nécessaire pour pouvoir commercialiser des dispositifs médicaux. Mais ce marquage ne signifie pas que le produit a été fabriqué en Europe: la prothèse peut parfaitement avoir un label CE et venir d'Inde ou de Chine. Pour l'obtenir, le fabricant ne doit pas présenter son produit à l'organisme, mais seulement un dossier, exactement comme ce fut le cas avec les prothèses PIP. Le certificateur allemand TÜV n'a jamais eu entre les mains les prothèses, uniquement les dossiers.

Outre ces problèmes d'homologation et de traçabilité, les prothèses font également l'objet de trafics. Mais les médecins préfèrent parler «off». Certaines, considérées comme innovantes, sont beaucoup plus chères que d'autres. Il n'est pas rare de voir des médecins facturer au patient la prothèse innovante alors qu'ils lui implantent en réalité un modèle beaucoup plus courant et donc beaucoup moins cher. C'est comme si on facturait une Ferrari alors qu'en réalité on vend une 4L. «Sauf que là, personne n'ira vérifier», ironise un médecin. Le prix peut être multiplié par dix.

Autre pratique: proposer au patient une prothèse dernier cri, donc chère, alors qu'une autre plus classique aurait parfaitement été adaptée à son âge et son état de santé. «On ne choisira pas le même implant pour une personne de 95 ans que pour un trentenaire sportif, résume un chirurgien. Et le corps médical fait semblant de croire que ce n'est pas de l'escroquerie.» Sauf que, du coup, c'est l'Assurance-maladie, et donc la collectivité, qui prend en charge le surcoût. À charge pour le praticien de bien justifier dans le dossier médical la nécessité d'avoir recours à cet implant.

Des défaillances passées sous silence

Tout comme les déclarations d'effets indésirables des médicaments, les médecins «sous-déclarent» largement les problèmes rencontrés avec les prothèses. «Nous évoluons dans un milieu hypercompétitif, confie un chirurgien cardiaque. Toute nouvelle technique nous confronte à des problèmes, mais les médecins évitent d'en parler. Car si vous commencez à évoquer vos soucis, tout le monde saura que vous en avez et c'est l'équipe d'en face qui récupérera vos patients. Même chose avec l'industrie qui fabrique les dispositifs médicaux. Si on leur dit que l'on rencontre des soucis avec tel de leur produit, ils nous répondent que c'est bizarre, parce que nos concurrents dans tel autre hôpital n'ont jamais eu de problèmes alors qu'ils utilisent ces prothèses depuis bien plus longtemps que nous…»

Et ce chirurgien d'ajouter: quand une personne âgée porte une prothèse cardiaque qui se détériore vite et qu'elle décède, les médecins ne vont pas forcément dire que la prothèse était abîmée. Ils vont juste dire que le malade est décédé. Alors que stipuler la vitesse de dégradation de l'implant pourrait rendre service à des patients plus jeunes qui pourraient être amenés à en porter.

Enfin, la responsabilité juridique des chirurgiens qui implantent des dispositifs médicaux est importante. Du coup, lorsqu'une prothèse a un problème, le fabricant se retourne contre le médecin en disant qu'elle a mal été posée. Comme il est impossible de démontrer que le travail a été bien fait, les chirurgiens hésitent souvent avant de déclarer des accidents survenus avec la pose de prothèses… En résumé, conclut le chirurgien: «Les médecins n'aiment pas parler des problèmes. Sauf quand ils ne peuvent plus faire autrement.»

LIRE AUSSI: 

Des prothèses frauduleuses posées sur 650 patients 

Prothèses: «Aucun incident n'a été signalé à ce jour» 

Des prothèses retirées du marché 

02/05/2013

Les français champions des pesticides

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/le-taux-de-pesticides-dans-le-corps-humain-est-plus-eleve-chez-les-francais_3168725_3244.html?xtmc=invs&xtcr=1

Le taux de pesticides dans le corps humain est plus élevé chez les Français

LE MONDE | 30.04.2013 à 11h11 • Mis à jour le 01.05.2013 à 12h15

Par Paul Benkimoun

Les Français présentent un niveau d'imprégnation par les pesticides parmi les plus élevés, par rapport à ceux relevés dans des pays comparables. C'est ce qui ressort des résultats de la première étude du genre, publiée lundi 29 avril, et réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Cette enquête constitue le volet environnemental de l'étude nationale nutrition santé. Menée en 2006 et 2007, elle a porté sur un échantillon d'environ 3 100 personnes âgées de 18 à 74 ans, représentatif de la population résidant en France métropolitaine. Elle comporte deux volets. Le premier porte sur l'exposition aux pyralènes (PCB-BL ou polychlorobiphényles non dioxine-like), substances utilisées comme lubrifiants ou isolants, et aux pesticides. Le second concerne les métaux lourds.

Parmi les pesticides, les investigateurs distinguent l'exposition liée à des produits pour la plupart désormais interdits appartenant à la famille de organochlorés, et l'exposition aux organophosphorés (toujours utilisés) et aux pyréthrinoïdes.

Si "les mesures d'interdiction et de restriction d'usage semblent avoir montré leur efficacité pour les pesticides organochlorés", souligne l'InVS, ces produits ont un caractère persistant. Les niveaux retrouvés dans les urines en France sont intermédiaires entre ceux des Etats-Unis ou de l'Allemagne et ceux des autres pays européens. Mais, pour l'un des organochlorés, le 2,5-DCP (paradichlorobenzène, utilisé comme antimite ou désinfectant) le niveau moyen est dix fois plus élevé qu'en Allemagne. Une "particularité française", qui mérite d'être explorée, selon l'InVS.

CONTRASTE AVEC LES NIVEAUX D'IMPRÉGNATION

Développés comme alternative aux pesticides organochlorés (tels le DDT), les organophosphorés ont été retrouvés à un niveau supérieur à celui constaté dans la population américaine, et similaire à celui présenté par les Allemands.

Dans le cas des pesticides les plus récents, ceux de la famille des pyréthrinoïdes, le contraste avec les niveaux d'imprégnation de la population américaine est encore plus marqué. Les taux français apparaissent trois fois plus élevés que ceux constatés outre-Atlantique et demeurent supérieurs à ceux relevés en Allemagne. Les produits de dégradation des pesticides pyréthrinoïdes "ont été retrouvés dans plus de 80 % des échantillons", à l'exception de deux des produits de cette famille.

Quant aux pyralènes, les niveaux de concentration sanguins sont "un peu supérieurs à ceux rapportés dans la population allemande il y a dix ans" (et qui ont vraisemblablement diminué depuis, précise l'InVS). Surtout, ils sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux de la population américaine ou néo-zélandaise.

RETARDS CHRONIQUES

Pour ce qui est des métaux lourds, l'étude dresse un inventaire plutôt rassurant. Les taux sanguins de plomb ont baissé d'environ 60 % par rapport à ceux observés en 1995. Cette diminution résulte des efforts qui ont porté sur l'élimination du plomb dans les peintures et l'essence.

Les concentrations urinaires de cadmium – un toxique qui a tendance à s'accumuler – sont comparables à celles relevées précédemment en France, en Europe et aux Etats-Unis. Le seuil correspondant à une augmentation du risque d'atteinte rénale est dépassé dans 1,5 cas sur mille.

Les concentrations de mercure dans les cheveux, qui servent d'indicateur, restent à des niveaux "relativement faibles". Mais 19 % des adultes dépassent le seuil de 1 µg/g de cheveux adopté par les Etats-Unis. Quant à l'arsenic inorganique, la forme la plus toxique de ce métal, les taux retrouvés sont "relativement bas."

C'est donc un premier état des lieux que livre l'InVS, mais il reste que la "biosurveillance" en France présente des retards chroniques par rapport à celle de nos voisins.

Paul Benkimoun

26/04/2013

Pas la crise pour tout le monde

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-deux-visages-de-la-france-apres-la-crise-financiere-25-04-2013-1659883_28.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130426

Niveau de vie : ce n'est pas la crise pour tout le monde

Par

Le dernier bilan de l'Insee sur le niveau de vie des Français montre un pays à deux vitesses, entre des riches plus riches et des pauvres plus pauvres.

L'année 2008 a-t-elle provoqué une cassure entre les Français ? À l'heure où le pouvoir d'achat subit une baisse historique, l'édition 2013 par l'Insee de la publication Les revenus et le patrimoine des ménages revient sur les années qui ont suivi la crise financière devenue alors crise économique. Qu'y apprend-on ? Qu'en moyenne, sur la période 2008-2010, la moitié des ménages français ont vu leurs revenus continuer à croître, tandis que ceux de l'autre moitié ont baissé.

 
 

Quand on regarde la courbe (voir ci-dessous), le découplage est frappant. D'un côté, du premier au cinquième décile, soit 50 % des ménages, la chute est rude tant en 2009 qu'en 2010. Pour cette partie de la population, le pouvoir d'achat a commencé à décroître il y a cinq ans déjà. Les transferts sociaux ont certes amorti la chute : en 2009, la baisse du revenu des 10 % des ménages les moins aisés aurait été de 4,6 % (au lieu de 1,2 %) sans redistribution. Mais les dispositifs exceptionnels (nombreuses primes en 2009, notamment) n'ont pas été reconduits et la hausse du smic est restée faible. En haut de l'échelle sociale, le niveau de vie de l'autre moitié des Français a lui augmenté, et ce, malgré la mauvaise conjoncture.

Les super riches s'en sortent le mieux

On peut affiner ce constat en y ajoutant une autre ligne de partage, qui sépare cette fois les Français en deux catégories de tailles très différentes. Les contribuables qui tirent (très) bien leur épingle du jeu sont les super riches. Entre 2009 et 2010, les seuls ménages qui ont vu leurs revenus augmenter sont les 5 % les plus aisés, alors que la grande majorité des Français a dû se serrer la ceinture. Si l'on regarde seulement les 1 % les plus riches, ils ont regagné en un an le niveau de vie perdu à cause de la crise. L'étude note que la très grande majorité de la population (99,99 %) a des revenus annuels inférieurs à 735 500 euros par an. La fameuse "taxe à 75 %" des revenus supérieurs à un million d'euros, voulue par le candidat Hollande, retoquée par le Conseil constitutionnel et en attente d'une nouvelle mouture, ne concernerait qu'une infime minorité de foyers qui, face à la crise, s'en sortent beaucoup mieux que la moyenne.

En toute logique, les inégalités se creusent. "Tous les indicateurs en matière d'inégalités s'accroissent sur la période. Leur hausse paraît modérée, mais elle est en fait très inhabituelle", commente Jérôme Accardo, chef du département des conditions de vie des ménages à l'Insee. Le taux de pauvreté dépasse les 14 % en 2010 (964 euros pour une personne seule). Il faut remonter à 1997 pour retrouver un tel chiffre. Plus inquiétant encore, la même année, on constate une montée en flèche du nombre d'enfants pauvres : ils étaient 280 000 de plus qu'en 2009 à passer sous le seuil de pauvreté (2,66 millions au total). Alors, quand on interroge les statisticiens de l'institut national sur l'évolution des chiffres plus récents, ceux de 2011, 2012 et 2013, ils préfèrent botter en touche : "Ces indicateurs de distribution des revenus sont très longs à obtenir." Mais au vu des piètres performances économiques du pays, passées et à venir, difficile de penser que ces tendances ne vont pas se prolonger, voire s'accentuer.

REGARDEZ. Évolution du niveau de vie moyen des Français répartis par déciles en 2008, 2009 et 2010

 

 
Evolution des déciles de niveau de vie des 
Français entre 2008 et 2010

Lecture : en 2009, les 10 % des ménages les moins aisés ont vu leur niveau de vie baisser de 1,13 % par rapport à 2008. Entre 2008 et 2010, ce niveau de vie a baissé de 1,15 % par an en moyenne.

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Saborder le français pour laisser le champ libre à la sous-culture et à la conception anglo-saxonne d'une société néo-libérale ???

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html

"Refusons le sabordage du français",

par Claude Hagège - Le Monde

LE MONDE | 25.04.2013 à 11h59 • Mis à jour le 25.04.2013 à 17h11

Par Claude Hagège (professeur au Collège de France)

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veutimposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer etgalvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assuranceprétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Lire le débat Université, pourquoi une nouvelle réforme ?, avec les contributions de Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'enseignement supérieur ; des prfosseurs d'économie ; Jean-Louis Fournel, professeur à l'université Paris-VIII et ancien président du collectif Sauvons l'université ! ; Claude Hagège, professeur au Collège de France ; Gilbert Béréziat, président honoraire de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Claude Hagège (professeur au Collège de France)

24/04/2013

Le débat public sur le projet français de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets radioactifs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/24/des-millenaires-de-dechets-radioactifs-quatre-mois-de-debat-public-en-france_3165322_3244.html

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Des millénaires de déchets radioactifs, quatre mois de débat public

LE MONDE | 24.04.2013 à 11h46 • Mis à jour le 24.04.2013 à 16h00

Par Pierre Le Hir

"Donner une photographie de l'opinion dans toute sa diversité." C'est l'objectif que se fixe Claude Bernet, président de la commission du débat public sur le projet français de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets radioactifs. Prévue par la loi, cette consultation se déroulera du 15 mai au 15 octobre, avec une interruption en août. Soit quatre mois d'expression des citoyens sur une installation destinée à perdurer... pendant des millénaires.

Telle est la durée de vie des radioéléments que l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) veut enfouir à 500 m sous terre, dans une couche d'argilite, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Quelque 15 km2 de galeries seront nécessaires pour abriter les 80 000 m3 de résidus les plus radiotoxiques, produits pendant toute l'exploitation du parc nucléaire français actuel.

Quatorze réunions publiques sont prévues, pour la plupart dans la Meuse et la Haute-Marne, ou à proximité de centrales nucléaires et de sites d'entreposage de déchets radioactifs. Le site Internet www.debatpublic-cigeo.org recueillera aussi questions et commentaires.

Claude Bernet promet "indépendance" – en particulier vis-à-vis du maître d'ouvrage, l'Andra – et "neutralité", la commission n'ayant pas vocation à seprononcer sur le projet. Mais, avant même son ouverture, de fortes interrogations pèsent sur le déroulement du débat.

D'abord parce que les sujets traités sont peu accessibles aux non-initiés, qu'il s'agisse de l'inventaire des déchets, de leur conditionnement, ou de la "réversibilité" du site, c'est-à-dire de la possibilité d'en retirer les colis. Ensuite et surtout, parce beaucoup d'associations ont choisi le boycottage pur et simple.

L'ENTREPOSAGE, UNE ALTERNATIVE TOMBÉE DANS LES OUBLIETTES

Une quarantaine d'entre elles, dont les antennes régionales de la puissante fédération France Nature Environnement (FNE), ont demandé, en vain, le report du débat après celui en cours sur la transition énergétique. Elles jugent"prématuré" de discuter du sort de déchets nucléaires dont la nature et le volume dépendront, pour partie, du cap énergétique que se fixera le pays.

En outre, elles estiment que l'exercice n'a d'autre but que de "faire passer la pilule"de l'enfouissement des déchets radioactifs, celui-ci étant la seule solution retenue par la France. Leur défiance est renforcée par le précédent de 2005. A l'issue d'un premier débat public sur "les options générales en matière de gestion des déchets radioactifs", la commission avait pris acte de "la possibilité d'une nouvelle stratégie", qui ouvrait la voie à un entreposage à long terme de ces résidus. Une alternative à l'enfouissement tombée depuis dans les oubliettes.

"Ceux qui disent que tout est joué ont tort, se défend Claude Bernet, nous en sommes au tout début de la procédure d'autorisation du Cigéo." Il n'en craint pas moins qu'au boycottage s'ajoute la perturbation des réunions par des militants antinucléaires, comme cela avait été le cas pour la consultation sur les nanotechnologies qui, fin 2009-début 2010, avait tourné au fiasco. "Ne pasparticiper ne veut pas dire ne pas agir, préviennent les associations. Nous serons là pour donner une information différente de l'information officielle, biaisée."

A l'issue du débat – quelque tournure qu'il prenne –, la commission aura deux mois pour en dresser une synthèse qui sera rendue publique. Puis l'Andra disposera de trois mois pour faire connaître les suites qu'elle donnera au projet Cigéo. Celui-ci devra encore franchir plusieurs étapes – notamment, en 2015, une demande d'autorisation soumise à enquête publique –, avant le début des travaux, prévu en 2019, pour une mise en service en 2025.

Pillage des mers par les bateaux de pêche chinois

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c674db52-ac2e-11e2-a5e3-37f440f5d881

Océans mis sous pression par la pêche chinoise

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée

Ressources Mercredi24 avril 2013 

Océans mis sous pression par la pêche chinoise 

Par Martine Valo 

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée .

Le pillage des mers par les bateaux de pêche chinois a pris des proportions gigantesques, selon une étude internationale coordonnée par le célèbre biologiste Daniel Pauly, de l’Université de Colombie-Britannique, qui chiffre pour la première fois la mainmise chinoise sur une ressource halieutique en rapide déclin.

Cette recherche, publiée d’abord dans la revue spécialisée Fish and Fisheries puis reprise dans la revue scientifique Nature début avril, conclut que les navires de pêche chinois ont siphonné, loin de leurs côtes, entre 3,4 et 6,1 millions de tonnes de poissons par an entre 2000 et 2011. Dans le même temps, Pékin ne déclarait que 368 000 tonnes de poissons en moyenne auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Douze fois moins que la réalité estimée par les spécialistes des ressources halieutiques! La valeur du poisson débarqué de l’étranger par la Chine s’élèverait à 10,9 milliards de francs par an.

Non seulement la Chine sous-estime considérablement le produit de sa pêche à l’extérieur, mais elle surestime à l’inverse ce secteur dans ses eaux territoriales. Faute de statistiques réalistes accessibles au public, l’équipe de Daniel Pauly a dû réaliser des estimations à partir du nombre de bateaux – surtout des grands chalutiers, mais aussi des senneurs, entre autres – présents dans différentes zones économiques exclusives autour du monde, en corrélant ces données à leurs prises annuelles attendues.

Plutôt que de s’en tenir à la nature des pavillons – trop souvent de complaisance –, elle s’est appuyée sur la nationalité des marins et de leurs officiers, car il est rare qu’un équipage de la République populaire de Chine travaille pour un armateur d’un autre pays. Au large de l’Afrique, il est courant que des navires armés par des propriétaires chinois fassent travailler des pêcheurs locaux, mais ces derniers sont alors souvent rémunérés avec quelques caisses de poissons, qui seront revendues près des côtes africaines, mais pas en Asie.

Car ce que dénoncent les gouvernements africains et ce qu’observent les ONG sur le terrain se confirme et se précise avec ce recensement. Tous dénoncent les chalutiers géants qui campent dans les eaux poissonneuses du continent noir, en approvisionnant souvent directement des bateaux-usines-frigos en mer. L’Afrique constitue la première cible de la flotte chinoise: cette dernière y prélève 3,1 millions de tonnes de poissons par an en moyenne, selon les chercheurs, soit 64% de ses prises à l’étranger. Les côtes de l’ouest du continent – sans doute les plus pillées du monde, pas seulement par des bateaux asiatiques – sont leur cible principale.

L’Asie, suivie de loin par l’Océanie, l’Amérique du Sud et centrale, ainsi que l’Antarctique constituent les autres terrains de chasse de la flotte de pêche chinoise.

Les données publiées par les chercheurs correspondent à de la pêche non répertoriée, ce qui ne signifie pas qu’elle soit entièrement illégale. Une partie peut être réalisée avec l’accord des autorités du pays concerné, mais il n’est pas possible de distinguer les deux types de pratiques.

Dans leur publication, les experts d’instituts de recherche canadiens, espagnols, français et australiens mettent en rapport le déclin de la ressource halieutique dans les océans, dont témoigne la stagnation du tonnage global de la pêche mondiale, et la pratique qui consiste à envoyer les bateaux pêcher très loin de leurs ports d’attache, dans des zones épargnées par la surpêche jusqu’à il y a peu.

Européens et Américains ont été les premiers à y avoir recours dans les années 1980, suivis par les Russes, le Japon et la Corée du Sud une décennie plus tard. Tous s’assuraient un accès aux eaux étrangères moyennant l’achat de licences de pêche auprès des gouvernements locaux – plus ou moins légalement il est vrai. Les Chinois, qui se lancent à leur tour à l’autre bout des mers pour répondre à la demande de leur marché intérieur, ne semblent pas toujours s’embarrasser de tels préalables.   

21/04/2013

Le théorème de Pythagore

Oh joies de la découverte de la géométrie pythagoricienne pour les enfants qui ont la chance d'avoir encore des enseignants !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/mathematiques-l-eblouissement-pythagoricien_3162101_1650684.html

Mathématiques : l'éblouissement pythagoricien

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h21 • Mis à jour le 18.04.2013 à 18h25

Etienne Ghys

Le théorème de Pythagore est sans conteste le théorème le plus connu des Français : tous les enfants l'apprennent un jour ou l'autre. Bien sûr, les années passant, il n'est pas rare que l'on finisse par en oublier complètement la signification, et il n'en reste plus alors qu'une sorte de rengaine qu'on chantonne sans la comprendre, comme dans le quatrain de Franc-Nohain : "Le carré de l'hypoténuse / est égal si je ne m'abuse / à la somme des carrés / construits sur les autres côtés."

Beaucoup de mathématiciens ont pourtant un rapport affectif avec Pythagore. Il représente peut-être le premier énoncé mathématique qui ne saute pas aux yeux et qu'on a du mal à croire tant il est surprenant. Lorsque le professeur démontre le théorème devant le jeune élève incrédule, c'est (parfois) un éblouissement. Ce qui était incroyable devient lumineux, évident, indiscutable ! L'énoncé et sa démonstration ne font plus qu'un. Combien de vocations de scientifiques sont-elles nées lors de ce genre de moments magiques ?

Tout cela est si clair qu'on en devient persuadé que tout le monde doit le comprendre sans difficulté. Dans son roman De la Terre à la Lune, Jules Verne imagine que des hommes représentent le théorème de Pythagore dans de vastes plaines, avec un triangle rectangle si grand qu'on peut l'observer depuis la Lune. "Tout être intelligent, disait le géomètre, doit comprendre la destination scientifique de cette figure. Les Sélénites, s'ils existent, répondront par une figure semblable, et la communication une fois établie, il sera facile de créer un alphabet qui permettra de s'entretenir avec les habitants de la Lune."

Le théorème serait donc une espèce de test d'intelligence ? Une intelligence universelle ? Il va de soi que Jules Verne a tort et que l'intelligence ne peut pas se réduire à la compréhension du théorème de Pythagore ! Dans un article récent, le footballeur Anelka déclarait que "les anti-footeux pensent que lire des kilomètres de bouquins et posséder une culture générale est synonyme d'intelligence. (...) Les Fourberies de Scapin, le théorème de Pythagore ou Cinquante nuances de Grey, ça me sert à rien dans la vie !"

Les collégiens de la fin du XIXe siècle appelaient ce théorème le pons asinorum, le "pont aux ânes". Peut-être à cause de la figure du triangle rectangle qui fait penser à l'un de ces ponts au-dessus d'un torrent de montagne où il faut commencer par monter avant de redescendre de l'autre côté. Un âne, ne voyant pas l'autre rive, refuse d'avancer. Sans l'aide du muletier, il ne traversera pas. Sans l'aide du professeur qui montre la démonstration, l'élève ne traversera pas le torrent... Rien à voir avec l'intelligence ! Après tout, l'âne a bien raison de ne pas se lancer à l'aveugle sur un pont dont il ne voit pas l'issue.

Je me souviens de mon professeur de mathématiques, en 3e, qui avait remarqué cet éblouissement et m'amenait chaque jour une nouvelle démonstration - il en existe tant - juste pour mon plaisir. Merci à M. Picavet ! Merci à tous les enseignants.

L'enseignement de la géométrie élémentaire est aujourd'hui en péril. Il ne faut pas nécessairement se lamenter sur l'allégement des programmes de mathématiques. Il y a tant d'autres choses que les enfants d'aujourd'hui doivent apprendre qu'il est bien normal que les mathématiques laissent un peu la place à des enseignements qui n'existaient pas jadis. Il est par contre regrettable qu'on présente les mathématiques comme un ensemble de recettes toutes faites, bien mystérieuses, en abandonnant la plupart du temps leurs démonstrations. Comme les mathématiques sont sèches et ennuyeuses si on en retire tout le sel ! Comment s'étonner ensuite qu'une bonne partie de nos concitoyens ne traversent pas le pont ?

Les légendes ne manquent pas autour de la découverte du théorème de Pythagore. Plutarque (au premier siècle après J.-C.) rapporte le vers suivant d'Apollodore : "Pythagore inventant la célèbre figure offrit une victime et rendit grâce aux dieux."

Porphyre, au IIIe siècle, précise cependant la nature du sacrifice en question : "Les auteurs les plus dignes de foi disent que Pythagore offrit un boeuf de pâte de froment après avoir découvert que le carré de l'hypoténuse est égal à ceux des deux autres côtés." En résumé, comme l'écrit Fourrey, cette fameuse hécatombe se réduit à un boeuf... de pain d'épices !

Le théorème de Pythagore n'est pas seulement un déclencheur de vocations... Il a traversé l'histoire des mathématiques en subissant un grand nombre de mutations successives. Pythagore, même s'il n'en est probablement pas l'inventeur, ne reconnaîtrait plus son théorème dans les textes contemporains. Il y a bien longtemps que le théorème a quitté son lieu de naissance, qui est le plan de la feuille de papier, et les mathématiciens l'utilisent quotidiennement dans des "espaces de Hilbert" dont la dimension est... infinie ! Il est devenu l'ami de tous les jours, dont on oublie souvent que c'est un ami d'enfance.

Etienne Ghys

La secte des nombres

 

Il est le seul mathématicien dont le nom résonne familièrement aux oreilles de tous. Depuis des générations, les enfants sur les bancs de l'école récitent son fameux théorème. Mais qui était ce Pythagore dont l'aura a traversé les siècles, nimbée d'un entrelacs de mystères ? Mathématicien, il fut, certes, mais pas seulement. Ce grand voyageur s'installa à Crotone, dans les Pouilles. Philosophe et mystique, il vécut entouré d'une communauté de disciples soumis à un ascétisme rigoureux et qui faisaient voeu de se consacrer à l'étude des nombres. Une "secte", dirait-on aujourd'hui, qui intrigua ses contemporains et continua, bien après lui, à charmer les esprits curieux. Depuis sa mort dont les récits légendaires ont tissé mille versions, l'influence de Pythagore et de son célèbre théorème n'a cessé de s'étendre. Sur les mathématiques évidemment, où ses découvertes ont ouvert des voies inexplorées. Sur la philosophie où, de Platon à Descartes, tous ont puisé aux sources de sa pensée. Sur les arts et les techniques, où son théorème se glisse dans les applications les plus communes et les plus sophistiquées. Deux mille six cents ans après son invention, le théorème de Pythagore n'a rien perdu de sa modernité.

No4, 164 p., 9,99 €, en kiosques.

20/04/2013

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/20/des-villes-s-attaquent-au-gachis-des-eaux-usees_3163393_3244.html

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LE MONDE | 20.04.2013 à 10h56

Des villes s'attaquent au gâchis des eaux usées

Par Sophie Landrin et Martine Valo

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique, sans traitement chimique, et économiser ainsi 40 % de la consommation. C'est un système de gestion de l'eau inédit que veut mettre en place une entreprise de Rennes (Ille-et-Vilaine), Hydrocity, dans le futur écoquartier ViaSilva.

Cette écocité de 570 hectares, au nord de l'agglomération rennaise, devrait être achevée à l'horizon 2040 et accueillir 40 000 nouveaux habitants, dans 20 000 logements. La société propose de récupérer l'eau recueillie sur les toitures des futurs bâtiments, les eaux de pluie, l'eau de ruissellement et les "eaux grises" – issues des lavabos, douches et lave-linge – pour les réinjecter dans le circuit des toilettes, du lavage du linge et de l'arrosage.

En France, traditionnellement, les habitations sont alimentées par de l'eau potable et, une fois usées, ces eaux grises ou noires – celles qui proviennent des toilettes – partent dans les égouts, sans distinction, ce qui rend difficile leur réutilisation. Les concepteurs du nouveau dispositif veulent rompre avec cette logique en séparant les flux : seules les eaux noires continueront à rejoindre les égouts.

 ROSEAUX ET IMPURETÉS

"Nous proposons une boucle courte où ce qui n'est pas potable sera collecté, traité écologiquement et renvoyé sur un réseau spécifique dédié aux besoins non alimentaires et non corporels, explique Jean-François de Beaurepaire, président d'Hydrocity. On économise la ressource et on diminue les rejets. Pour les utilisateurs, l'intérêt est aussi financier, car les toilettes et le lavage du linge représentent 40 % de la consommation d'eau domestique."

L'eau des toitures, exempte de contamination, sera directement stockée en citerne puis redistribuée dans les bâtiments. Les eaux grises et celles de ruissellement récupérées passeront dans un bassin de décantation. Là, des plantes, majoritairement des roseaux, viendront se nourrir des impuretés. L'eau ainsi purifiée sera "hygiénisée" par des rayons ultraviolets. "Nous assurons une qualité équivalente à celle des pluies sur les toitures", explique M. de Beaurepaire. En outre, les calories des eaux grises, qui affichent une température moyenne de 34 C, seront exploitées pour le chauffage de l'eau domestique. Le surcoût de 20 % devrait être amorti en sept ans par les économies hydriques et énergétiques.

Le projet rennais tranche avec le retard pris par la France en matière de réutilisation des eaux usées. Après les industriels, des particuliers, notamment en montagne, se sont dotés de dispositifs de recyclage. Mais les exemples de récupération sont encore peu nombreux et essentiellement tournés vers l'irrigation agricole – à l'exclusion des cultures maraîchères –, l'arrosage des golfs et des espaces verts, notamment dans les îles de Ré, de Noirmoutier, d'Oléron ou de Porquerolles. A Clermont-Ferrand, les eaux usées de la ville servent à irriguer 700 hectares de terres agricoles en Limagne noire.

La réglementation française n'envisage pas pour l'instant la possibilité de réutiliser les eaux usées dans les jardins, même si cette pratique se développe. Il en va différemment à l'étranger. La municipalité de San Francisco, en Californie, édite ainsi des guides illustrés d'installations de ce type. Quant à l'Espagne, elle a voté un plan d'arrosage des golfs uniquement à partir des eaux usées. En Italie, Milan s'est dotée de la plus grande usine de recyclage pour irriguer 22 000 hectares de culture maraîchère. Les pays qui connaissent des situations de stress hydriques sont évidemment les plus avancés. Ainsi, en Israël, 70 % des eaux récupérées par les égouts partent, après traitement, irriguer les terres.

CITOYENS RÉCOMPENSÉS

Dans le monde, la moitié des eaux collectées font l'objet d'un traitement, mais seulement 2 % du volume traité sont réutilisés. Certaines villes pionnières ont fait le choix de rendre potable cette ressource. C'est le cas de Windhoek, la capitale de la Namibie, où 35 % de la consommation proviennent des eaux usées.

Singapour est souvent citée en exemple, notamment par le rapport du Programme des Nations unies sur l'environnement (PNUE), consacré aux villes durables et rendu public mercredi 17 avril. A l'étroit sur son territoire, avec plus de 7 000 habitants au kilomètre carré, la cité-Etat dispose de hauts revenus, mais de faibles ressources. Elle mise donc sur le développement durable tous azimuts. Ses quelques sources et son usine de dessalement (136 000 m3 par jour) ne lui suffisent pas, et elle doit s'approvisionner auprès de la Malaisie, dont elle espère devenir indépendante avant 2061.

Depuis quarante ans, elle a beaucoup investi dans la recherche et la technologie et a installé un réseau de récupération qui draine les eaux usées vers des unités de traitement. Une fois rendue potable, cette eau est diluée dans les réseaux domestiques. Ce qui devrait permettre de répondre à 30 % des besoins des 5 millions d'habitants d'ici à 2030.

Mais l'autonomie de Singapour passe d'abord par un sérieux programme d'économie de la précieuse ressource. Chaque année, la ville décerne un prix à ceux de ses citoyens qui ont le mieux contribué à la cause de l'eau.

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

Maïs OGM : toxique et valeur nutritive moindre que le maïs normal

lu sur :

http://www.enviro2b.com/2013/04/18/une-nouvelle-etude-ame...

Une nouvelle étude américaine juge le maïs OGM toxique

Une nouvelle étude menée sur des plants de maïs OGM, et dont les conclusions ont été reprises par le site russe d'information, Rt.com, révèle que le maïs OGM contiendraient des éléments chimiques toxiques, potentiellement dangereux pour la santé.

Une nouvelle étude menée par la société américaine Profit Pro, pourrait relancer le débat autour du maïs génétiquement modifié. Dans un rapport, "2012 Corn Comparison", dont les conclusions ont été reprises sur le site russe Rt.com, les auteurs ont en effet constaté que ce type de maïs contiendraient des éléments, absents de la plante au naturel, et potentiellement toxiques pour l'homme.
C'est Zen Honeycutt, fondatrice de l'association "Moms Across America March to Label GMOs" qui a dévoilé initialement sur son site les conclusions de ce rapport. Elle l'aurait obtenu par un mandataire de De Dell Seed Company, une ferme basée en Ontario et présentée comme étant la seule société de semences de maïs non-OGM au Canada. Aux vues de ce rapport, cette fervente militante estime alors que "les allégations selon lesquelles il n'y a pas de différence entre le maïs OGM et non OGM de maïs sont fausses".

Trop d'éléments toxiques
Parmi les éléments toxiques recensés, on trouve des chlorures, du formaldéhyde ou encore du glyphosate. S'agissant de ce glyphosate, un désherbant créé par Monsanto (Roundup), les analyses menées ont révélé un taux de 13 parties par million. Or, Zen Honeycutt explique sur son site que les autorités américaines exigent que le niveau de glyphosate dans l'eau potable américain dépasse pas 0,7 ppm et ajoute que des dommages aux organes chez certains animaux a été liée à l'exposition au glyphosate supérieure à 0,1 ppm. Elle rappelle que des études ont démontré les dommages provoqué par ce produit. "Le glyphosate retire les nutriments vitaux des organismes vivants et le maïs OGM en est recouvert", ajoute-t-elle.
Par ailleurs, les analyses ont démontré que les nutriments contenus naturellement dans le maïs disparaissent progressivement des plants génétiquement modifiés. Ainsi, les plants "naturels" contiendraient 437 fois plus de calcium, 56 fois plus de magnésium, et 7 fois plus de manganèse.