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07/03/2017

Malbouffe et planète

lu sur :

Le soja et les fast-foods contribuent massivement à la déforestation ...

lirelactu.fr/source/le-monde/1c0c8e8f-7557-4150-ab34-56b90538e358

 

Entre le fast-food du coin et la destruction accélérée des forêts d'Amérique du Sud, il existe un rapport que le consommateur n'a pas forcément en tête. Les militants de l'ONG Mighty Earth ont décidé de lui ouvrir les yeux sur la chaîne qui relie la monoculture dévastatrice du soja au hamburger ou au poulet pané.
Après avoir visité une trentaine de sites au Brésil et en Bolivie, avec la fondation Rainforest de Norvège, cette organisation américaine vient de lancer une campagne d'opinion qui cible la chaîne Burger King et ses 15 000 restaurants, qui vendent 11  millions de hamburgers par jour dans une centaine de pays. L'enseigne se retrouve sur le gril pour son manque d'exigence vis-à-vis de ses fournisseurs, parmi lesquels on compte des géants de l'agrobusiness.
Ces derniers sont en effet d'énormes consommateurs de soja, la première source de protéines dans l'alimentation animale. Ces vingt dernières années, les récoltes de cette légumineuse – en majorité génétiquement modifiée – ont été multipliées par deux pour dépasser les 300  millions de tonnes, dix fois plus que dans les années 1960.
Si aux Etats-Unis, premier producteur mondial, le soja gagne même sur des terres précédemment vouées au maïs,il est devenu en Amérique latine, avec l'élevage de bétail, la cause déterminante de destruction de la forêt amazonienne. La monoculture galopante y a mis à nu 4  millions d'hectares entre 2001 et 2010, dont 2,6  millions au Brésil, le principal exportateur de soja. Ces ravages ont déclenché la forte opposition de plusieurs ONG décidées à sauver la forêt et ses populations autochtones.Un moratoire en 2006
Greenpeace en particulier a mené campagne pendant quinze ans, prenant pour cible McDonald's en tant que responsable indirect. En  2006, un moratoire est finalement décrété sous l'auspice d'ONG et d'industriels – McDonald's le signe rapidement –, puis par le gouvernement brésilien. Cet accord exclut des circuits commerciaux les cultivateurs qui auraient planté sur des parcelles nouvellement conquises sur la forêt.
Un succès : selon Greenpeace, le soja, qui comptait pour 30  % dans la déforestation de l'Amazonie brésilienne en  2006, ne représentait plus que 1,25  % en  2016. Mais son expansion n'en est pas freinée pour autant. Elle s'opère désormais davantage sur des terres déjà défrichées et dans les régions voisines. Le moratoire, en effet, ne couvre que le cœur de l'Amazonie. La savane arborée du Cerrado brésilien, du Chaco argentin, des basses terres de Bolivie, de la forêt atlantique du Paraguay, connaissent à leur tour une métamorphose accélérée de leurs territoires.
Quatre enquêteurs de Mighty Earth et de Rainforest se sont rendus dans le Cerrado et en Bolivie. " Grâce à des drones, nous avons suivi des tracteurs alors qu'ils éventraient d'anciennes savanes et vu les cultivateurs de soja recourir méthodiquement aux incendies pour défricher les terrains ", rapportent-ils. En Bolivie, ils ont rencontré les Ayoreo, qui vivaient autrefois à l'abri de la canopée et se retrouvent désormais isolés au milieu de gigantesques parcelles de soja. " Le chef du village - nous - a décrit la terreur ressentie par sa communauté lorsque les avions volent au-dessus de leurs têtes pour répandre des pesticides ", racontent-ils.
Après avoir analysé images satellite et données agricoles, les enquêteurs constatent qu'ils sont en présence des mêmes acteurs de l'agroalimentaire qu'en Amazonie, en particulier des deux multinationales Cargill (150 000 collaborateurs dans 150 pays, dont 2 300 en France, et 107  milliards de dollars de revenus en  2016) et Bunge (32 000 personnes dans 40 pays). En Amérique du Sud, ils fournissent semences, engrais et matériels aux exploitants, achètent leurs récoltes de soja, les stockent, les transportent par cargos entiers et les vendent à l'export. Au bout de la chaîne, les fast-foods sont parmi les plus gros clients.
Entre 2011 et 2015, près de 568 000  hectares de forêt ont disparu dans les 29 communes du Cerrado où Bunge avait des silos, indique le rapport de Mighty Earth ; dans 24 communes où Cargill exploitait ses propres centres de stockage, 130 000  hectares étaient défrichés." Il ne reste rien "
L'ONU estime pour sa part les pertes annuelles en Bolivie à 289 000  hectares par an en moyenne de 2010 à 2015. Mais une autre étude du Centre de documentation et d'information, une ONG bolivienne, évoque 350 000  hectares à partir de 2011.
" Dans le Mato Grosso - centre du Brésil - , il ne reste rien des paysages de forêt tropicale, témoigne Arnaud Gauffier, du WWF. C'est le Paraguay qui nous inquiète leplus : il n'y a aucune prise de conscience des autorités. " En réaction à cette campagne née aux Etats-Unis, Cargill France a répondu par écrit qu'elle avait " pris l'engagement de mettre fin à la déforestation dans ses filières agricoles d'ici à 2030, avec un objectif de réduction de moitié d'ici à 2020. Pour ce faire, le groupe travaille en concertation avec plusieurs organisations qui partagent cette priorité. "
Cependant, le trader n'étant guère connu des consommateurs, c'est son client Burger King – propriété du fonds d'investissement brésilien 3G Capital – que les ONG ont mis sur la sellette. " 500 000 personnes ont signé notre pétition en deux jours contre le roi de la déforestation ", assure Etelle Higonnet, de Mighty Earth – la version française a obtenu 240 000 signatures. " Le 29  avril, nous allons organiser des marches contre lui. Burger King est tellement loin derrière ses concurrents ! Nous attendons toujours qu'il tienne les promesses exprimées il y a sept ans. "
Cette contre-publicité tombe mal pour la filiale française de fast-food. Elle a en effet acquis les restaurants Quick en décembre  2015 et annoncé vouloir les convertir progressivement en Burger King. Par ailleurs, la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères donneuses d'ordre qui vient d'être adoptée, le 21  février, impose aux grandes entreprises de  veiller aux activités de leurs fournisseurs.


Martine Valo

26/01/2017

Altération du système nerveux aux USA ???

Le maïs modifie-t-il le comportement de l'américain moyen aux États-Unis ? (addiction aux armes et à la violence ?)

(je rigole ... quoique ... on ne sais jamais ! )

lu sur :

Quand le maïs pousse le grand hamster d'Alsace à l'infanticide

www.lemonde.fr/.../quand-le-mais-pousse-le-grand-hamster-d-alsace-a-l-infanticide_506...
Il y a 1 jour - Des femelles de cet emblématique mammifère, soumises à un régime essentiellement maïsicole, ont mangé 95 % de leur progéniture, lors ...
Un comportement infanticide dû à une altération du système nerveux central. Selon les scientifiques, elle s'explique par une carence en vitamine B3
19 janv. 2017 - Certains décès de grand hamster seraient dus… au maïs. >> A lire ... Ces derniers ayant pour résultat un taux élevé d'infanticides. Un taux qui ...

A force de manger du maïs, le grand hamster d'Alsace dévore ses ...

www.lexpress.fr/.../a-force-de-manger-du-mais-le-grand-hamster-d-alsace-devore-ses-...
Il y a 19 heures - A force de manger du maïs, le grand hamster d'Alsace dévore ses petits ... Un comportement infanticide dû à une altération du système ...

Le maïs pousse le grand hamster à l'infanticide - LireLactu

lirelactu.fr/source/le-monde/62be7c23-1bee-437c-9635-f0f4c79ec84d

Il y a 4 heures - Chez le grand hamster, le maïs est source de drames familiaux. La surconsommation de la céréale pousse en effet ces paisibles rongeurs à ...

Quand le maïs pousse le grand hamster d'Alsace à l'infanticide
Le Monde · Il y a 1 jour

16/10/2016

Un golf associé à un projet immobilier près d’Alès

Le saviez-vous ?


Pour ou contre le golf immobilier près d’Alès ?

Un golf, un hôtel de luxe et des lotissements neufs : ce projet, prévu sur une petite commune de l'agglomération d'Alès, promet emplois et touristes. Les opposants y voient un projet immobilier détruisant des terres agricoles et gaspilant l'eau. Les habitants décideront en votant, dimanche 16 octobre.
 
 
extrait du reportage :

Saint-Hilaire-de-Brethmas (Gard), reportage

Entre les champs fraîchement moissonnés de l’été, les lotissements de maisons individuelles se dispersent. Par-ci par-là, aussi, un vieux mas de pierre. En toile de fond, au-delà des collines, les montagnes du massif des Cévennes dessinent un large panorama surmonté de ciel bleu. On comprend pourquoi Saint-Hilaire-de-Brethmas, petite ville du Gard en périphérie d’Alès, accueille toujours plus d’urbains ravis d’avoir maison et jardin à la campagne tout en n’étant qu’à dix minutes en voiture de la grande ville. Et c’est dans ce paysage que devrait prendre place l’« écosite des Hauts-de-Saint-Hilaire ». ...

...« L’agglomération achète des terrains à deux euros le mètre carré et les revend au prix du terrain constructible [de 30 à 100 euros selon les sources], elle dépossède les gens de leur propriété pour faire de la spéculation et financer le golf, ce n’est pas honnête ! » Les opposants pointent aussi les personnes à l’origine du projet : Jacques Bueno travaillait donc dans le BTP, et avec l’ex-maire de Saint-Hilaire Gérard Roux ils sont mis en examen, soupçonnés (*) de ne pas avoir respecté les procédures d’appel d’offres pour certains travaux. ...

 

(*) cliquez sur le lien pour avoir l'article du Midi Libre

25/09/2015

Sauvegarde de la zone humide du TESTET : manifestation samedi 26 septembre

communiqué :

> Objet : Agenda : demain 26/9 à Val Tolosa, etc

>

Agenda : demain 26/9 à Val Tolosa, etc

> > Urgent : manifestation demain à l’ouest de Toulouse

> > + autres dates importantes

> > Bonjour à toutes et à tous,

> > Merci à toutes celles et ceux qui sont venues à la conférence de Marc Dufumier, plus de 200 personnes et une bonne participation au débat ensuite (notamment avec des agriculteurs bios, en conversion et en conventionnel). Une vidéo va être montée avec plusieurs interventions de Marc Dufumier et sera mise en ligne mais cela va prendre du temps. Vous pouvez déjà trouver des conférences en ligne si vous avez raté celle-ci (ces derniers bouquins sont visibles ici). Grâce à notre travail auprès des médias, Marc Dufumier a été par France 3 MP en direct dans le journal 19/20 de mardi dernier. Ce journal est désormais en ligne (choisir 22/9) ici (voir les titres + à partir de 6.14 mn). Son message démontrant que la bio est la solution ici et dans le monde commence à être diffusé auprès d’un large public et interpelle de plus en plus d’agriculteurs conventionnels.

> > 26/9 - 11h à Plaisance-du-Touch

> > Val Tolosa, le projet de centre commercial XXL, GPII à Plaisance-du-Touch (Ouest toulousain, commune où habitait Rémi Fraisse !), fait l’objet d’un passage en force depuis le 7 septembre. Heureusement, le Collectif citoyen « Non aux Portes de Gascogne » est mobilisé quotidiennement sur le terrain pour empêcher l'avancée des travaux. Demain samedi 26 septembre à 11h, ce Collectif appelle à la mobilisation pour une Manif-Visite du Plateau de la Ménude / Chantier, soyons nombreux à aller les soutenir, résistons à ce nouveau passage en force !

> > 30/9 - 19h à Cahors

> > Conférence-débat sur Sivens à la Bourse du travail

> > 2/10 – 20h à Castres

> > Conférence-débat organisée par la Confédération Paysanne du Tarn (détails ici). Le sujet est la souveraineté alimentaire et viendront en discussion le type d'agriculture (industrielle vs paysanne) et le type de distribution (circuits longs vs circuits courts)

> > 3/10 – 10h à soirée dans une ferme à côté de Castres

> > Fête de la Confédération Paysanne du Tarn : visite de la ferme, films, débats (dont un sur l’eau animé par le Collectif Testet), musiques, plein de bonnes choses à manger et à boire… (détails ici)

> > 24 et 25/10 : réservez votre WE, des actions sont en cours de préparation pour rendre hommage à Rémi Fraisse et rappeler nos revendications.

> > N’oubliez pas de vous informer aussi sur l’agenda du Collectif Tant qu'il y aura des bouilles qui est complémentaire au nôtre.

> > Les différents articles sur Sivens sont aussi mis à jour sur notre page « Relais médias en 2015 ». Nous avons ajouté les articles de l’été, notamment le point sur l’enquête sur la mort de Rémi Fraisse par Médiapart le 21 juillet : « Sivens, Rémi Fraisse : la justice freine toujours ». Il y a aussi les déclarations récentes de Valls et Carcenac sur Sivens.

> > Tous ces événements ont besoin de votre soutien, soyons nombreux et déterminés !

> > Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet
http://www.collectif-testet.org

17/09/2015

Europe de la concurrence libre et non faussée : par ici le bon lait !

lu sur le Canard de cette semaine

... achetez le Canard Enchaîné !

C'est pas cher : 1,20€ par semaine, et c'est plus instructif que d'autres journaux beaucoup plus chers !

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23/02/2015

Salon de l'agriculture : la carte de France des fermes géantes

à lire sur BASTAMAG (lien ci-contre)

20/02/2015 AGROBUSINESS

Les dessous de votre assiette : la carte de France des fermes géantes

www.bastamag.net/Les-dessous-de-votre-assiette-la-carte-de-France-des- fermes-geantes

Alors que le Salon de l’agriculture s’ouvre le 21 février, la Confédération paysanne vient de publier une carte de l’industrialisation de l’agriculture. Vous connaissiez la célèbre « ferme-usine des Mille vaches » en Picardie ? Découvrez un élevage de 250 000 poules pondeuses dans la Somme et de 125 000 poulets dans le Vaucluse, un centre d’engraissement de 2000 taurillons dans l’Aube, une maternité industrielle de 900 truies pour 23 000 porcelets par an dans les Côtes d’Armor, ou bien encore les 3 000 brebis laitières dans les Pyrénées Atlantiques...

voir la carte sur le site de BASTAMAG

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01/02/2015

Dernières nouvelles de la zone à protéger du Testet

communiqué  :

> Message du 01/02/15 12:22
> De : "Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du TESTET" <robot@asso-web.com>
> A : attachtscantons@orange.fr
> Copie à : 
> Objet : URGENT report activités à Sivens
> 
>

URGENT report activités à Sivens

 

Bonjour,
 

Des probarrages et/ou antizadistes bloquent, depuis 8h, les accès à la ZAD et à la zone humide du Testet. Plus de détails sur la situation et l'attitude à avoir sur https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 
Des gendarmes sont présents pour les empêcher d'accéder à la ZAD mais ils empêchent ainsi tout le monde également de rentrer.
 
Toutes les activités prévues sur place sont repoussées à une date ultérieure. Apifera et le Collectif Testet ne céderont pas devant les milices qui empêchent l'accès à la zone humide du Testet et sont prêtes à la sacrifier pour leur intérêt personnel.
 
A bientôt,


Le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet
http://www.collectif-testet.org

 

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Bonjour,

Un rapide message pour vous informer :

Des activités organisées dimanche 1er février 2015 sur la zone humide du Testet dans le cadre de la journée mondiale des zones humides.

Des nouvelles de la ZAD (passage d’un huissier, invitation du Préfet à les rencontrer, appel à réoccupation potentielle…) sur leur site web. Et leur page Agenda.

> Du débat TV entre Marie-Laure Cambus (FNE Midi-Pyrénées) et Pascale Puybasset (Elue de Lisle sur Tarn) demain samedi 31 janvier à 11h30 sur France 3 Midi-Pyrénées (émission La voix est libre). Possible de le voir ensuite sur le web de l’émission.

Ce soir, vendredi 30 janvier 2015 à 20h30, à Gaillac : Assemblée citoyenne "Quelles agricultures dans nos assiettes ?" organisée par le CLAC: Comité Local d'actions Citoyennes de Gaillac

3 février à 22H25 sur Arte : documentaire de Sandrine Feydel et Denis Delestrac. « Clair, complet, accessible à tous, « La nature, nouvel eldorado de la finance » nous fait découvrir les marchés économiques et financiers montés par les banques et les multinationales, sous l’égide de l’ONU, de l’Europe et des plus grandes ONG. Sous couvert de protéger la nature, ces mécanismes de marché provoquent déjà des dégâts irréversibles et conduisent à la privatisation totale de la planète et de ses ressources ».

Bon WE !

20/12/2014

Tour de France des Zones à Défendre

Vu sur Libération :

Sivens, le quotidien toujours explosif entre pro et anti-barrage

Libération -

Sur le même sujet, sur MEDIAPART :

Le barrage de Sivens,  l'Europe et  l'Etat  têtu
PAR JADE LINDGAARD

Le feuilleton de la subvention européenne accordée, ou non, au barrage de Sivens, tel que reconstitué par Mediapart, est exemplaire de l’égarement auto-entretenu de la puissance publique sur ce dossier, devenu dramatique depuis la mort de Rémi Fraisse. En attendant, le processus de concertation lancé par Ségolène Royal début novembre est dans l’impasse.

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16/12/2014

Démographie galopante et agriculture inadaptée ...

lu sur :

Tikaljoyau maya victime de son expansion - LeTemps.ch

ARCHÉOLOGIE Mardi 16 décembre 2014
Denis Delbecq

La déforestation des alentours de la cité de Tikal au profit de la culture intensive du maïs a amplifié les sécheresses et a poussé les habitants à abandonner les lieux à partir du IXe siècle. (National Geographic/Getty Images)

La déforestation des alentours de la cité de Tikal au profit de la culture intensive du maïs a amplifié les sécheresses et a poussé les habitants à abandonner les lieux à partir du IXe siècle. (National Geographic/Getty Images)

Une étude retrace les événements ayant conduit à la chute d’un des plus grands centres urbains de la civilisation maya . Démographie galopante et agriculture inadaptée auraient amplifié un changement climatique en Amérique centrale, conduisant la cité à sa perte

Pendant des siècles, probablement près de mille ans, Tikal était une cité florissante de la civilisation maya. Mais en quelques décennies, à la fin du IXe siècle, la ville s’est vidée de ses habitants. Il n’en reste que ruines, au cœur de la presqu’île du Yucatan, dans le Guatemala d’aujourd’hui. «Tikal jouait un rôle clé dans l’économie maya, raconte David Lentz, biologiste à l’Université de Cincinnati (Ohio, Etats-Unis), le principal auteur d’une étude publiée aujourd’hui dans la revue PNAS. C’était un carrefour pour le transport des marchandises, qui reliait les côtes Est et Ouest de la presqu’île du Yucatan. On a ainsi retrouvé du charbon de bois de pin, une preuve que les Mayas en faisaient commerce puisqu’il n’y a pas de pins dans la région de Tikal.» A son apogée, au début du IXe siècle, Tikal comptait environ 45 000 habitants.

Pour comprendre comment une telle ville a pu se développer puis disparaître, le groupe de David Lentz a mené deux longues campagnes de plusieurs mois sur le terrain. Les scientifiques ont fouillé, creusé, analysé les sols et les vestiges, collecté des sédiments au fond des lacs, étudié la végétation par satellite et cartographié le sol et le sous-sol. Un travail de titan, mêlant l’expertise d’une quinzaine de chercheurs en géographie, biologie, géologie, agronomie, physique, anthropologie, informatique, etc. «Cela ne ressemble en rien à l’image décrite dansIndiana Jones d’un explorateur solitaire qui fouille la jungle à la recherche d’une cité perdue», sourit David Lentz. Son armada scientifique a permis de vérifier que les Mayas avaient développé à Tikal une agriculture très sophistiquée, dont l’étendue a fini par peser sur l’environnement.

A Tikal, le climat connaît, tous les six mois, une alternance entre saison sèche et humide, qui se retrouve quand on étudie les sols anciens. C’est dans ces sols aussi, dans les parties les plus basses du site, qu’apparaissent des vestiges de l’agriculture maya: des signes indiscutables d’une irrigation qui a démarré vers l’an 485. «Les Mayas avaient compris qu’en stockant l’eau d’une saison à l’autre, ils pourraient irriguer et produire deux récoltes annuelles au lieu d’une», explique David Lentz.

Des vestiges de quatre immenses réservoirs sont encore présents sur le site. Et un faisceau de preuves laisse penser qu’ils étaient utilisés pour l’irrigation, et non pour la consommation. «Nous avons analysé les sédiments déposés au fond d’un réservoir; ils montrent que les Mayas s’en servaient aussi comme dépotoirs. Autrement dit, ils ne buvaient pas cette eau. De plus, on constate que le point le plus bas des réservoirs est plus haut que le point le plus haut des terrains qui étaient cultivés autour.» Il suffisait donc de laisser l’eau s’écouler, de temps à autre, pour inonder les cultures.

A Tikal, les Mayas cultivaient principalement du maïs, selon le groupe de David Lentz, qui a conduit une analyse minutieuse des anciens sols cultivés pour en extraire de la matière organique, vestige des plantes qui poussaient dans le passé. Il existe trois familles de plantes, classées suivant la manière dont elles utilisent la photosynthèse pour capter le CO2 dans l’air et en extraire le carbone. Chacune est caractérisée par une «signature» distincte, une composition du carbone bien précise dans ses racines, tiges et feuilles. «Quand on étudie le carbone dans le sol des anciens champs de Tikal, à une profondeur qui correspond à l’époque maya classique, on voit un net changement dans la composition du carbone, qui montre l’apparition soudaine de la famille «C4», dans laquelle on retrouve les plantes herbacées, dont le maïs.» A cette époque, donc, le maïs a commencé d’être semé. «Il pourrait aussi s’agir d’herbes qui se seraient installées spontanément sur un terrain défriché et abandonné, explique David Lentz. Mais si c’était le cas, on retrouverait probablement des plantes «C4» sur le site aujourd’hui, or il n’y en a pas. Nous avons donc la quasi-certitude que ces champs étaient plantés de maïs.»

La précieuse plante était cultivée sur des terrains gagnés sur la forêt tropicale. D’après les calculs du groupe de David Lentz, la ville de Tikal étendait son emprise sur un territoire d’environ 1100 km 2 , aux trois quarts recouvert de forêt, le reste étant formé de zones tour à tour sèches ou humides au fil des saisons. «Le développement démographique a provoqué une forte pression sur les forêts alentour, explique David Lentz. On estime que la population a rasé de 60 à 70% de la végétation pour développer l’agriculture et construire.» Une estimation qui repose sur des données concrètes. «En prélevant des carottes de sédiments au fond des lacs, nous avons pu étudier les pollens qui se déposent au fil des années, justifie David Lentz. Dans ces sédiments, on voit que la quantité de pollen d’arbres a fortement diminué, ce qui nous a permis d’évaluer l’ampleur de la déforestation

Aux VIIe et VIIIe siècles, les pluies abondantes ont permis d’accompagner la démographie galopante et l’agriculture de Tikal. Mais entre 820 et 870, la région a connu un climat beaucoup plus sec, empêchant le remplissage des réservoirs d’irrigation. Une aridité qui a probablement été amplifiée par la déforestation. «Dans une forêt pluviale, raser les arbres revient à supprimer une gigantesque éponge de 40 mètres d’épaisseur. Faute de disposer d’eau en quantité suffisante pour subvenir à ses besoins, la population a fini par partir.» Une destinée qu’ont subie de nombreuses cités mayas au cours des siècles qui ont suivi, obligeant la population à se disperser autour d’emplacements plus accueillants, et mettant un terme à la civilisation maya. Alors que les négociations climatiques internationales sous l’égide de l’ONU ont une nouvelle fois accouché d’une souris ce week-end à Lima (Pérou), les travaux du groupe de David Lentz viennent à point nommé rappeler à quel point une société non durable est vouée à disparaître.

20/11/2014

Sivens, l'État, l'agrobusiness et la politique ...

quelques informations trouvées sur MEDIAPART :

Sivens : nouvelle plainte déposée contre le projet de barrage

Alors que plus aucun engin de chantier n’a pénétré le site du projet de barrage de Sivens depuis la mort de Rémi Fraisse, une nouvelle plainte doit être déposée vendredi 21 novembre pour infraction au code de l’environnement et au code forestier. 

01/10/2014

Aimez-vous les tomates ?

à voir :

ariegenews.com - Les chroniques d'Olivier de Robert: des tomates ...

www.ariegenews.com/news-1464-67205.html
 

19/09/2014

Semences : après presque 10 ans de procédure, la Cour d’Appel de Nancy donne enfin raison à Kokopelli !

communiqué :

Nouvelles spéciales du 18 septembre 2014

Procès Kokopelli c. Graines Baumaux :
Après presque 10 ans de procédure, la Cour d’Appel de Nancy donne enfin raison à Kokopelli !

Dans l’affaire nous opposant, depuis près de 10 ans, à la société Graines Baumaux, le délibéré de la Cour d’Appel de Nancy a été prononcé le 9 septembre dernier et l’arrêt, dans son entier, vient de nous être communiqué.

A notre grande satisfaction, la Cour rejette l’essentiel des demandes de la société Graines Baumaux, et en particulier celle fondée sur une prétendue faute de concurrence déloyale liée à l’absence d’enregistrement des variétés distribuées par Kokopelli.

Le jugement de 1e instance, qui condamnait Kokopelli, est donc infirmé !!!

La Cour considère en effet que la société Graines Baumaux, qui reprochait à l’association de proposer à la vente une gamme plus élargie de variétés anciennes que la sienne, « ne se trouve aucunement empêchée de proposer à la vente les mêmes produits que l’association KOKOPELLI et donc d’offrir la même gamme élargie de semences à sa clientèle de jardiniers amateurs à la seule condition d’inscrire les variétés qu’elle entend commercialiser sur liste officielle de « variétés dont la récolte est principalement destinée à l’autoconsommation » sur laquelle l’inscription est libre et d’un coût modique par rapport à l’enjeu commercial, soit un montant de 125 euros par variété comme elle l’indique elle-même. Il lui est également loisible d’étoffer son catalogue en commercialisant davantage de variétés de graines sélectionnées parmi les 14 500 variétés que compte selon elle le catalogue officiel européen ».

C’est l’argument que nous lui avions suggéré. La société Graines Baumaux, qui prétendait que l’enregistrement au Catalogue était simple et peu coûteux, et que la biodiversité se trouvait déjà fort bien protégée et représentée par celui-ci, se trouve ainsi prise au piège de ses propres affirmations.

Toutefois, cela ne signifie pas que l’activité de Kokopelli se trouve officiellement avalisée par la Cour d’Appel. Bien au contraire. En effet, l’argument selon lequel la vente de semences à des jardiniers amateurs ne faisant pas une exploitation commerciale de celles-ci ne serait pas soumise aux exigences d’enregistrement au Catalogue, a été rejeté par la Cour.

Cet argument peu ambitieux – car ne faisant aucune place à l’agriculture professionnelle dans la lutte pour la sauvegarde de la biodiversité – avait été avancé, en dernier recours, après la décision défavorable prise par la Cour de Justice de l’Union Européenne en juillet 2012. Bien qu’il soit abondamment utilisé par de nombreuses associations de préservation des semences en Europe, il n’avait jamais été soumis à l’examen d’une juridiction.

C’est maintenant chose faite, mais la décision de la Cour d’Appel de Nancy, sur ce point, est très décevante. En effet, la Cour considère, à l’issue d’une leçon de grammaire particulièrement byzantine, que « la formulation de l’article 2 de la directive permet de retenir que sont soumises à ses prescriptions la vente ou l’offre de vente de semences ainsi que les autres formes de cession réalisées dans le cadre d’une exploitation commerciale, ce qui exclut les cessions de semences à des tiers dans un but autre, comme de réaliser des expérimentations et permet d’écarter du champ d’application du texte les échanges de graines entre particuliers amateurs de jardinage qui ne font pas commerce de leurs semences potagères. »

La Cour n’exclut donc du champ d’application de la législation que les échanges de semences entre jardiniers amateurs. Tout transfert de semences, à titre onéreux ou gratuit, réalisé non pas « en vue d’une exploitation commerciale », comme le dit le texte, mais « dans le cadre d’une exploitation commerciale », comme le dit la Cour, tombe sous le coup de la loi et son obligation d’enregistrement des variétés.

Cette interprétation, pour le moins aventureuse, aura vraisemblablement des répercussions dans toute l’Europe et nous espérons qu’elle sera corrigée par le législateur européen lorsqu’il devra voter sur le projet de réforme de la législation actuelle.

En tout état de cause, dans le litige particulier nous opposant à la société Graines Baumaux, la décision de la Cour d’Appel de Nancy signifie donc que s’il est vrai que Kokopelli commet des actes illicites par la vente de variétés non inscrites au Catalogue officiel, ces agissements ne sont pas générateurs de responsabilité vis-à-vis de la société Graines Baumaux et « n’ont pas pour effet de fausser le jeu de la concurrence ». Ces considérations nous mettent hors de danger vis-à-vis de Graines Baumaux et de l’industrie semencière, et c’est évidemment l’essentiel.

Quant aux accusations réciproques de dénigrement, la Cour renvoie les parties l'une contre l'autre et chacune est condamnée à payer 5 000 € de dommages-intérêts à l’autre. Si, par ce volet de sa décision, la Cour semble vouloir ménager la chèvre et le choux, il ne faut toutefois pas oublier que c'est bien la société Graines Baumaux qui poursuit Kokopelli depuis presque 10 ans et qu'elle souhaitait voir ordonnée la cessation pure et simple de nos activités. On peut donc dire que son initiative a simplement échoué... A l’évidence, l’association Kokopelli sort gagnante de ce long combat.

Si enfin l’on se souvient que la Cour de Justice de l’Union Européenne, statuant contre l’avis de son Avocat Général, avait désavoué Kokopelli et considéré que la législation européenne sur le commerce des semences, permettant supposément une augmentation de la productivité agricole, n’était pas critiquable, il faut saluer un exploit dans notre défense et une victoire inespérée de Kokopelli, qui maintient le cap de la biodiversité, contre vents et marées…!

Contacts :

Ananda Guillet, Directeur :
semences@kokopelli-semences.fr

Notre avocate, Blanche Magarinos-Rey :
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L'équipe de Kokopelli.

 

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08/09/2014

France : Multiplication des contestations locales

lu sur : Le Monde

Tensions dans le Tarn, où le barrage de Sivens attise la guerre de l'eau

LE MONDE | 08.09.2014 à 11h31 • Mis à jour le 08.09.2014 à 18h01 |Par Martine Valo

Lisle-sur-Tarn (Tarn), envoyée spéciale

Lundi 8 septembre au matin, aux abords de la forêt de Sivens, dans le Tarn, les forces de l'ordre ont chargé une fois de plus le cortège de voitures et de tracteurs des opposants au barrage qui va provoquer la destruction de 13 hectares de zones humides entre Lisle-sur-Tarn et Gaillac. Deux barrages sur la route départementale ont tenu un bon moment suscitant des embouteillages, tandis que dans les bois, à proximité immédiate du chantier, cinq personnes s'étaient enterrées pour empêcher la progression des engins des bûcherons. Il y a eu des blessés et des interpellations.

La veille, dimanche 7 septembre, les propos de Ségolène Royal avaient fait naître l'espoir d'un moratoire qui frapperait ce futur lac artificiel. Celui-ci, d'une emprise totale de 48 hectares, doit retenir 1,5 million de mètres cube d'eau pour assurer l'alimentation l'été de quelques agriculteurs en aval. « L'eau est un bien précieux », a insisté dimanche la ministre de l'écologie, rappelant en substance que son ministère ne donne pas pour instruction de permettre à quelques grandes exploitations de s'approprier la ressource grâce à des investissements publics.

Voilà des mois que durent les échauffourées dans le Tarn, que des militants s'accrochent au sommet des arbres pendant des jours entiers, sans compter d'éphémères barricades de terre pour freiner le chantier, les manifestations et plusieurs grèves de la faim : le projet de Sivens symbolise le réservoir de trop dans une vaste région, le bassin Adour-Garonne, où l'eau est devenue un enjeu essentiel. 

AMBIANCE FESTIVE ET SOUTIENS

A l'heure du pique-nique, dimanche, l'ambiance pouvait sembler festive dans les clairières de Sivens où se sont côtoyés un bon millier d'amoureux de la nature sauvage dans cette partie de la vallée du Tescou, quelques éleveurs du coin (sympathisants de la Confédération paysanne ou non), des élus Europe Ecologie-Les Verts (avec le député européen José Bové en vedette), tandis qu'était annoncé le soutien de personnalités médiatiques tel le chanteur Manu Chao.

Comme un moment de répit dans un combat au long cours de plus en plus tendu. Car les « zadistes » – l'irréductible bataillon de la « zone à défendre », un terme devenu générique depuis Notre-Dame-des-Landes – sont la bête noire du conseil général du Tarn, maître d'ouvrage du lac artificiel.

Depuis l'arrivée des premiers bûcherons le 1er septembre, puis des engins qui recrachent les pins sous forme de bouillie de bois, les abords du chantier sont placés sous haute sécurité. Environ 150 à 200 gendarmes mobiles lourdement équipés y ont pris position, ils sont souvent plus nombreux que les opposants. Un hélicoptère contrôle le nombre de « zadistes » éparpillés dans les bois, où vrombissent les tronçonneuses.

RADICALISATION 

Sur place, ces derniers se plaignent d'être harcelés ; une jeune fille montre sa cuisse toute bleue d'avoir reçu un tir tendu de Flash-Ball. Des élus écologistes ont même été bousculés par les gendarmes, qui disent de leur côté être la cible de cocktails Molotov.

Dans leur ferme toute proche, un couple d'exploitants s'inquiète de cette radicalisation et s'interroge. « Sivens, c'est un projet de plus de trente ans, témoigne l'agriculteur. Il était fondé alors, mais vous ne croyez pas que de Gaillac à Montauban, on a tous attendu la bouche ouverte que le barrage nous arrive ! Moi, j'ai fait mon propre lac en 1975, j'ai trois puits aussi. Les autres ont fait pareil ! »

Le bassin-versant du Tescou compte déjà 185 retenues collinaires : de quoi stocker 5 millions de mètres cubes en déviant un tiers du cours d'eau. Pourquoi alors investir 8,4 millions d'euros, avec un coût de fonctionnement estimé à 360 000 euros par an, dans un ouvrage supplémentaire au profit de 81 exploitants agricoles selon les chambres d'agriculture locales, 19 selon les opposants ?

UNE MAJORITÉ D'AVIS DÉFAVORABLES

« Sivens répond à 70 % aux besoins de l'agriculture, mais il servira aussi à soutenir l'étiage du Tescou, assure le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac (PS). Même si aucun agriculteur ne pompait dedans, je le ferais quand même pour améliorer la qualité de l'eau », assure-t-il. L'élu admet que l'enquête publique a recueilli une majorité d'avis défavorables ( le surlignage est de moi ). Mais il faut bien agir : le département est déficitaire de 39 millions de mètres cubes par an.

La bataille se livre aussi sur le terrain juridique. France Nature Environnement, Nature Midi-Pyrénées et d'autres associations ont attaqué les arrêtés préfectoraux permettant de lancer les travaux dans un secteur classé zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique et de noyer une zone humide majeure.

Ben Lefetey, porte-parole du collectif, s'est engagé contre le barrage, moins en faveur des 94 espèces protégées de mammifères, oiseaux, reptiles et insectes qui vont perdre leur habitat, que pour dénoncer un modèle agricole « qui sent le roussi »« Entre ceux qui irriguent leur maïs, c'est déjà la guerre : ils pompent dans la rivière et ne touchent au contenu de leurs réserves qu'in extremis, peu importe le voisin en aval. Personne n'a le courage de les mettre autour d'une table pour les obliger à partager. »

Le militant montre une étude rédigée pour le département voisin du Tarn-et-Garonne. Elle indique que, plusieurs fois, le Tescou s'est complètement asséché en à peine une dizaine de jours. « L'influence des pompages d'irrigation est ici manifeste », écrivent les rapporteurs.

Martine Valo

journaliste Planète

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Multiplication des contestations locales

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30/06/2014

Ferme-usine des 1000 vaches :les procès en cours

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16/06/2014

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Ça chauffe toujours contre le projet de ferme-usine dans la Somme!
PAR LA DAME DU BOIS-JOLI

Novissen et la confédération paysanne et tous leurs soutiens, et ils sont nombreux, ne désarment pas et continuent de lutter, courageusement, contre ce crétinissime et aberrant projet de ferme-usine près d’Abbeville, je veux parler de la ferme aux mille-vaches dont tout le monde en France a entendu parler car ce ne sons pas les actions, largement médiatisées, qui ont manqué !

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21/05/2014

Uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems

communiqué d' ETC group :

Urgent request to address and halt the spread of genetically organisms into the environment!

Several examples of the uncontrolled spread of genetically engineered plants into wild populations and ecosystems have been documented: cotton in Mexico, oilseed rape in North America, Japan, Switzerland and Australia and grasses in the USA. There are also cases of repeated transgene presence in landraces or local varieties of crop plants such as maize in Mexico and rice in China. This increasing trend towards uncontrolled spread of transgenes into wild populations and ecosystems raises a high level of concern for the release of new organisms such as genetically engineered trees, fish and insects and the challenges posed by emerging applications of synthetic biology.

Genetic engineering and synthetic biology represent a radical break from widely recognized natural restrictions on genome regulation and interspecies genetic exchange. Maintaining the ability of organisms to develop under their evolved dispositions and naturally established restrictions and to participate in further evolutionary processes is a crucial aspect of the protection of biodiversity. In the same way that we seek to protect organisms and ecosystems from persistent chemical substances, we should also protect them from the uncontrolled spread of synthetic and genetically engineered organisms. In the short or long term, these organisms have a capacity to self-replicate, evolve and interact with other organisms in unpredictable ways and thereby represent a threat to ecological systems and their resilience.

There is a risk that we will not be able to recover the original biodiversity, as the dynamics of wild and cultivated native varieties will be altered. We cannot rely solely on gene banks, as they are able to preserve only a very small percentage of the genetic diversity present within centres of origin and of genetic diversity.

From a regulatory point of view, spatio-temporal control of genetically engineered organisms is necessary. It is a fundamental precondition for any risk assessment because no reliable predictions can be made concerning the consequences of artificially transformed organisms once they are released or escape into wider environments and become part of open-ended evolutionary processes.

Article 17 of the Cartagena Protocol on Biosafety requires Parties to prevent or minimize the risks of unintentional transboundary movements of genetically engineered organisms. The current trend of an increasing spread of these organisms outside of the managed settings for which they were approved threatens to enhance the potential for unintentional transboundary movements. Finally, the precautionary principle can only be implemented if genetically engineered organisms can be retrieved from the environment in case of emergency. This becomes impossible once transgenes move and accumulate in wild and landrace varieties.

While all genetically engineered organisms can pose risks to the environment and health, we particularly call for the prohibition of experimental releases, imports and commercialization of genetically engineered organisms if:

a) they can persist and invade the environment if they escape their containment.
b) they can not be withdrawn from the environment if this is required.
c) it is already known that they can persist or have invasive behavior after release into the environment.
d) their release may lead to transgene flow into populations of local varieties at centres of origin and of genetic diversity and the accumulation of transgenes in the genomes of native varieties.

More information:
http://www.stop-the-spread-of-transgenes.org/

02/05/2014

AGRICULTURE Comment des dessous de table freinent l’installation de nouveaux paysans

à lire et voir sur BASTAMAG :

www.bastamag.net 

AGRICULTURE

Comment des dessous de table freinent l’installation de nouveaux paysans

02/05/2014 DAMIEN BRUNONMANON RESCAN,SÉBASTIEN VASSANT

On l’appelle l’arrière-fumure, le chapeau, le droit de reprise ou le pas-de-porte. C’est un dessous de table demandé par l’agriculteur sortant, en plus du prix officiel, au nouveau paysan qui souhaite (...)

29/04/2014

Europe et libre échange : la réglementation qui tue les libertés fondamentales

lu sur :

www.bastamag.net

ELECTIONS EUROPÉENNES

Europe : la liberté de cultiver entravée par les futurs traités de libre-échange

29/04/2014 SOPHIE CHAPELLE

Des centaines de tonnes de semences détruites au prétexte qu’elles n’ont pas été brevetées par des multinationales. C’est ce qui arrive aux paysans colombiens, et c’est bien ce qui pourrait se produire aussi en France et en Europe à cause du traité de libre-échange discuté entre l’Union européenne et le Canada. Cet accord commercial « brade les droits des agriculteurs au profit de l’industrie semencière », alertent de nombreuses organisations de la société civile. Alors que ce traité doit être ratifié par le Parlement européen, les candidats se positionneront-ils d’ici les élections ? Décryptage.

Les traités de libre-échange constituent-ils une menace pour la liberté de ressemer ses semences ? C’est l’alerte lancée par plusieurs organisations associatives et syndicales après avoir analysé une version confidentielle du projet d’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (AECG), datée du 20 décembre 2013 [1]« Nous avons notamment eu connaissance du chapitre sur la propriété intellectuelle, raconte Birgit Muller du Réseau semences paysannes. A sa lecture, « il apparaît clairement que ce traité de libre échange, comme les précédents, brade les droits des agriculteurs au profit de l’industrie semencière ».

L’article 18.3 du traité mentionne ainsi qu’un agriculteur en possession de semences d’une variété contenant un caractère breveté pourrait voir ses « biens saisis » et ses « comptes bancaires gelés » ! « S’il n’est pas en mesure de fournir des preuves formelles de la provenance des semences utilisées, l’agriculteur peut être soupçonné de "recel de contrefaçon" », explique Birgit Muller. L’article 16.2 précise également que cette saisie peut se faire sur simple présomption de contrefaçon. En clair, un paysan qui continuerait de faire ce qu’il a toujours fait, garder une partie de sa récolte pour ensemencer ses champs, se verrait donc menacer d’amendes et de poursuites judiciaires.

Extrait du chapitre sur la propriété intellectuelle de l’AECG :

Des réglementations européennes et nationales contournées

Si l’accord entre l’Union européenne et le Canada est ratifié en l’état, « il annulerait les avancées que nous avons obtenues en France dans le cadre de la loi sur les contrefaçons », souligne Roxanne Mitralias de la Confédération paysanne. Pour rappel, ce projet de loi discuté au Sénat en novembre 2013 a suscité de vives réactions en France (nos articles sur ce sujet). C’est à la suite de menaces de grèves de la faim par des paysans, que les députés ont finalement adopté en février 2014 un amendement stipulant qu’un agriculteur qui multiplie et ressème des graines récoltées à partir de variétés sélectionnées par l’industrie semencière ne peut pas être poursuivi pour contrefaçon.

Selon Birgit Muller, le projet d’accord commercial contient des dispositions qui ont également été refusées par le Parlement européen en juillet 2012 dans le cadre de l’ACTA, l’Accord commercial anti-contrefaçon. Ce dernier visait à renforcer l’application des droits de propriété intellectuelle et la collaboration des États dans la lutte contre les contrefaçons, en les mettant directement au service des entreprises. La mobilisation citoyenne contre cet accord, au-travers de nombreuses manifestations et d’une pétition ayant recueilli 2,8 millions de signatures, a finalement conduit aurejet massif de l’ACTA par les eurodéputés (478 contre, 39 pour, 165 abstentions). La ratification de l’accord commercial entre l’UE et le Canada permettrait donc de contourner la réglementation européenne et française.

Monsanto et Syngenta s’imposent en Colombie

Ce type d’accord commercial bilatéral favorise les prérogatives des entreprises et s’impose au droit national. Les paysans colombiens l’ont découvert à leurs dépens : en 2011, 1167 tonnes de semences, principalement de riz, mais aussi de pommes de terre, de maïs, de blé, de plantes fourragères et de haricots rouges, sont retirées de la circulation. L’année suivante, l’Institut agroalimentaire colombien (ICA) confisque ou détruit près de 2800 tonnes de semences. Motif : l’accord signé avec les États-Unis contient une clause qui oblige les paysans à cultiver des « semences certifiées », c’est-à-dire produites par les sélectionneurs industriels comme Monsanto ou Syngenta.

Pour se mettre en conformité avec cet accord, l’ICA publie un texte en 2010 – la résolution 9.70 – qui rend illégale la vente de semences issues de la sélection paysanne, au motif que leurs qualités sanitaires ne sont pas garanties. La mobilisation de dizaines de milliers de Colombiens dans les rues de Bogotá à l’été 2013 conduit le gouvernement à annoncer le 6 septembre la suspension de la résolution pendant deux ans. Toutefois, « l’ICA continue à aller de ferme en ferme pour demander si les semences utilisées sont certifiées » témoigne Victoria Solano, auteure du documentaire « 9.70 ». La pression étatique sur l’autonomie des petits agriculteurs se poursuit.

Droits des peuples à une alimentation locale

« Les accords de libre-échange ont des effets importants sur la vie sociale et économique de pays qui devraient vraiment être discutés avec les citoyens », estime Birgit Muller. Outre les enjeux autour des semences se pose aussi la question du droit des municipalités à se fournir auprès d’un producteur local. « Ce droit aussi va être limité par l’accord économique entre l’Union européenne et le Canada, illustre t-elle. Au-dessus d’une certaine somme, les municipalités devront ouvrir leurs marchés publics à tous les fournisseurs européens. L’université de Toronto par exemple a un partenariat avec les producteurs locaux et biologiques. Mais si l’accord est adopté, elle devra se fournir auprès de producteurs européens si leurs produits sont moins chers. »

La position du prochain Parlement Européen sur ces accords de libre-échange sera donc décisive pour l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. Dans un appel publié le 29 avril, 23 organisations, dont des producteurs bio, des syndicalistes des douanes, des organisations de commerce équitable [2], alertent sur les conséquences de ce traité qui sera ratifié par les futurs eurodéputés. Ce texte « comprend un important volet sur les droits de propriété intellectuelle et impacte par conséquent le droit des paysans à utiliser leurs propres semences », écrivent les organisations signataires. « Ce modèle d’accord est reproduit de traité en traité, tant qu’aucun frein n’y est mis. Vous avez le pouvoir de le stopper. » Les signataires demandent aux candidats d’annoncer, avant le premier tour des élections européennes le 25 mai, le rejet de l’accord entre l’Union européenne et le Canada. Les critiques des candidats seront-elles aussi vives que celles exprimées contre TAFTA, le projet d’accord commercial entre l’UE et les États-Unis [3] ?

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo : CC Lifesupercharger

Pour aller plus loin, le documentaire « 9.70 » (en espagnol) de Victoria Solano :

 

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sur l'Europe "de la concurrence ...", voir aussi la note :

20/05/2013

Sortir de "l'Europe à 27" ?

Sortir de "l'Europe à 27" pour échapper à l'impérialisme mercantile du néolibéralisme ? 

Une option à étudier attentivement : 

Qui gouverne la France et l'Europe 27 Avril 2012 ... - YouTube

► 255:28

www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE

17/04/2014

Le réseau de coopératives agricoles Longo Maï

lu sur Le Temps (Suisse):

VIE ALTERNATIVE Jeudi 17 avril 2014
 

L’insoumission comme mode de vie

SOCIÉTÉ 
L’insoumission comme mode de vie 

Depuis 1987, au Montois, dans le Jura, vit une petite communauté autogérée, anarchiste et anticapitaliste. Elle fait partie du réseau de coopératives agricoles Longo Maï, qui célèbre ses 40 ans. Reportage

Ce n’est peut-être pas le bout du monde, le Montois, mais ça y ressemble. Une ferme isolée, à 700 mètres d’Undervelier, village jurassien de 300 habitants, au pied des gorges du Pichoux. Un écrin de verdure et de tranquillité, où la rudesse du climat se vérifie pourtant chaque hiver: deux mois sans soleil, de décembre à février, à cause d’une montagne qui fait de l’ombre, et un arc de froid qui fait que «le – 10 de la nuit subsiste toute la journée», dit Raymond Gétaz, qui vit là depuis vingt-sept ans.

LeTemps.ch | L’insoumission comme mode de vie.pdf

31/03/2014

Évolution du climat : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici ...

lu sur :

Climat: le Giec alerte sur l'insécurité alimentaire et les risques de conflit

 Le Point

AFP- Publié le 31/03/2014 à 07:4

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà "tous les continents et les océans", vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).

"La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", note ce rapport intitulé "Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité".

Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12.000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d'investir dans cette direction.

A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

- Croissance économique ralentie -

 

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud: la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres.

"Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique", notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents".

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu "au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans".

 

- Toute la planète concernée -

 

Les risques concernent aujourd'hui toutes les régions du monde.

En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir "à court terme" est toujours plus pressante, dit le Giec.

Le Giec présente une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.).

Mais pour Chris Field, coauteur du rapport, "à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites".

20/02/2014

Un rapport à « caractère partisan » de l’Inra contre l’agriculture biologique

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

130 chercheurs mobilisés contre un rapport sur l’agriculture biologique

Près de 130 chercheurs (notamment de l’Institut national de la recherche agronomique, de l’Inserm, du Centre national de la recherche scientifique et d’AgroParistech) exigent le retrait d’un rapport de l’Inra sur l’agriculture biologique qui, selon eux, « manque de rigueur scientifique et minimise ses bienfaits sanitaires et environnementaux », rapporte une dépêche AFP.

Cette étude, publiée en septembre 2013, dirigée par Hervé Guyomard (directeur scientifique agriculture à l’Inra) et réalisée par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), porte sur « L’analyse des performances de l’agriculture biologique ». 

L’AFP cite les propos d’un signataire de la lettre envoyée en décembre dernier au président de l’Inra qui évoque le « caractère partisan » du rapport : « il y a peu de données sur l’agriculture biologique et à chaque fois qu’il y a une incertitude, il tranche systématiquement en sa défaveur ». Les signataires pointent également du doigt les « conclusions très tranchées sur l’absence d’avantage sanitaire de l’agriculture biologique » de l’étude et l’absence de mention de la question des pesticides.

AFP, 18/02

04/10/2013

Agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

communiqué :

Face à l’industrialisation de l’agriculture, une seule solution : l’agriculture paysanne !

 
Chacun doit savoir qu’agriculture industrielle et agriculture paysanne sont difficilement compatibles. La première cannibalise la seconde depuis des dizaines d’années et rend son existence au quotidien de plus en plus difficile. Les conséquences sont bien connues: destruction et précarisation de l’emploi paysan, détérioration de l’environnement et de la biodiversité, dégradation de notre alimentation et mort silencieuse des campagnes.

Pas de panique, les solutions et les alternatives fleurissent au fur et à mesure de la prise de conscience des paysans et des consommateurs, qui, par civisme et par refus de cette logique destructrice, changent leur manière de produire, de transformer, de distribuer et de consommer. Chacun à son échelle et selon ses moyens.Rejoignez ce formidable défi que représente la transition agro-écologique !
 

Pour cela, nous vous invitons à aller à la rencontre des acteurs de cette révolution: les paysans et les consommateurs qui ont décidé de changer les choses. Partout en France, des fêtes paysannes, des marchés de producteurs, des conférences et des ciné-débats sont organisés. Vous y trouverez toujours de bons produits paysans à déguster !

Pendant un an, les paysans de la Confédération paysanne vous invitent à les rejoindre pour changer les politiques agricoles.

03/07/2013

Les variétés paysannes en voie de disparition en raison du lobbying des semenciers

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/30/les-varietes-paysannes-de-ble-en-voie-de-disparition_3436092_3244.html

Les variétés paysannes de blé en voie de disparition

Le Monde.fr | 30.06.2013 à 21h06 • Mis à jour le 02.07.2013 à 14h40 |Par Angela Bolis

"Qu'est-ce que ça veut dire, une variété, quand on réfléchit au mot ?", interroge Jean-François Berthellot, les pieds enfoncés dans la terre collante de ses champs de blé. Dans sa ferme du Roc, dans le Lot-et-Garonne, l'agriculteur, membre du réseau Semences paysannes, en manie une conception quelque peu tombée en désuétude, mais qui a le mérite de donner un sens à l'adjectif "varié" qui s'y cache.

Il en est ainsi de sa Japhabelle, dont il est particulièrement fier. Une variété paysanne – qu'il nomme aussi "population" – haute, robuste, qui mêle des épis plus ou moins barbus, plus ou moins épais, et dont le vert tendre tire, selon les plants, sur le blond, le roux ou le noir bleuté. Elle associe en fait vingt familles de blés différents.

Entre sa banque de graines et ses champs, Jean-François Berthellot a amassé quelque 200 variétés de blé – en plus de ses autres cultures de légumineuses et de céréales. Une collection qu'il tient à conserver de manière vivante aussi, dans une mosaïque de petites parcelles cultivées, pour que les plantes puissentcontinuer à évoluer et s'adapter à leur environnement. Il y pousse des blés d'Andalousie ou des montagnes de Turquie, de l'amidonnier, ancêtre du blé dur, et même, dans un coin, un nouveau graminé en phase de domestication. 

Lire aussi le reportage sur la réserve mondiale de semences de Spitzberg (Norvège) : "Graines en stock"

Partant de quelques graines – collectées au gré des échanges avec d'autres agriculteurs ou dans les banques de semences d'Europe et d'ailleurs –, le paysan les sème, puis sélectionne les meilleurs plants, les multiplie d'année en année, et observe, pendant cinq ou six ans : leur croissance, leur résistance aux maladies, aux parasites, au climat, leur capacité à ne pas ployer sous les pluies d'orage, leur brillance et les nuances colorées de leurs épis mûrs, qui le renseignent sur la qualité de leur gluten.

UNE VARIÉTÉ VARIÉE, MAIS NON RECONNUE

La diversité génétique de ces variétés leur permet de mieux résister aux maladies – qui contamineront moins facilement l'ensemble de la parcelle, sans ajout de pesticides –, et de s'adapter mieux aux variations des sols et des climats.

Mais la différence, avec une monoculture ou une variété homogène, se fait aussiressentir dans le produit fini du blé. Le pain par exemple. Le paysan peut enattester : il est aussi meunier et boulanger et a, de fait, la main sur toute la chaîne de production, "du grain au pain". Ce qui lui permet de tester directement les résultats de sa récolte, selon ses propres critères de sélection : "une palette gustative plus colorée, des produits moins uniformisés, de meilleures qualités nutritionnelles, et un gluten plus digestif – avec toutes ces allergies et ces intolérances au gluten causées par la sélection ultrapoussée des blés nains utilisés en agriculture intensive", explique-t-il. 

Juridiquement toutefois, la Japhabelle, comme chacune des 90 "variétés-populations" que Jean-François Berthellot a créées, n'est pas reconnue comme une variété. Ce type d'obtention paysanne, devenue rarissime en France, n'entre en fait dans aucune règlementation sur le commerce des semences, dans aucun catalogue officiel.

ÉROSION DE LA BIODIVERSITÉ CULTIVÉE

"Pour moi, il y a un raté historique, estime l'agriculteur. Pendant des milliers d'années, les cultivateurs ont fait de la création variétale. Et au début du XXesiècle, ces savoirs et ces méthodes ont été accaparés par l'industrie semencière, qui n'ont pas les mêmes critères de sélection que nous : la productivité, la conservation dans les circuits longs de la grande distribution... Aujourd'hui encore, on fait tout pour déposséder le paysan de ce travail d'obtention de variétés."   

La filière semencière française est aujourd'hui la troisième plus importante au monde, et, selon l'interprofession (le GNIS), 72 sélectionneurs créent chaque année "plus de 600 nouvelles variétés qui viennent renouveler les 6 000 variétés de toutes les espèces proposées aux agriculteurs dans le catalogue français". En parallèle toutefois, la FAO (branche de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) estime que trois quarts de la biodiversité cultivée s'est perdue au XXe siècle.

Dans le cas du blé tendre, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité note une "homogénéisation génétique très importante sur le territoire français""surtout due à la baisse de la diversité génétique à l'intérieur des variétés cultivées" : les "variétés de pays", plus locales et hétérogènes, ont peu à peu été remplacées par des "lignées pures modernes", qui deviennent, à partir de 1964, "le seul type de variétés cultivées et autorisées à la commercialisation".

C'est à cette époque que les plantes ne correspondant pas aux critères qui définissent désormais toute nouvelle variété sont exclues du catalogue officiel – catalogue déterminant l'autorisation de leur commercialisation. Toute variété légalese définit alors par : sa distinction (différente des variétés existantes), son homogénéité (plantes identiques les unes aux autres), et sa stabilité (elles conservent les mêmes caractéristiques d'une génération à l'autre). L'objectif étant de protéger les obtenteurs de ces variétés grâce à un titre de propriété intellectuelle, et de garantir au consommateur des variétés pures et bien identifiées.

UNE RÉFORME EUROPÉENNE AMBIGUË

Si ces règles commerciales ne s'appliquent pas à quelques variétés dites "de niche", dont la vente est limitée aux amateurs et en quantité, elles excluent en tout cas les variétés paysannes comme la Japhabelle. "Sur le terrain, on ne cultive pas un truc conceptuel, qui correspond aux critères de l'industrie, on cultive une variété qui évolue, qui est composée d'individus différents...", explique Jean-François Berthellot.

Toutefois, une vaste réforme européenne du marché des semences en cours paraît entrouvrir une porte, en créant un nouveau catalogue destiné aux variétés hétérogènes. En pratique cependant, des contraintes règlementaires – comme l'obligation de définir les parents qui ont engendré une nouvelle variété – leur barreraient la route, selon le réseau Semences paysannes. En revanche, il ouvrirait la voie aux variétés OGM, qui ne sont pas assez stables génétiquement pour entrer dans le catalogue officiel. 

Lire le décryptage : (voir plus bas : (*))

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"

Ce vaste paquet législatif européen prévoit aussi un contrôle accru des agriculteurs qui travaillent avec leurs propres graines : d'une part en imposant des "auto-contrôles" sur ces semences qui, "pour les petites exploitations comme nous, vont être insurmontables financièrement", et d'autre part en enregistrant sur un fichier tous ces agriculteurs-semenciers. "Un fichage inadmissible", selon le paysan.

Angela Bolis

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Mobilisation contre le contrôle de maraîchers sur un marché en Ariège  

Début juin, des paysans se sont rassemblés devant le siège régional de la DGCCRF (répression des fraudes) à Toulouse, munis de pancartes "légumes clandestins", pour manifester leur inquiétude et lancer une action de désobéissance civique, à la suite du contrôle de petits maraîchers dans l'Ariège. Ceux-ci vendaient, sur le marché de Lavelanet, des plants de légumes (tomates, poivrons, courgettes, aubergines...) – une"activité saisonnière annexe" jusqu'ici tolérée, expliquent la Confédération paysanne et le réseau Semences paysannes. Les agents, salariés par le GNIS (interprofession des semenciers) pour le compte de la DGCCRF, leur ont signifié l'obligation de détenir une carte du GNIS et l'interdiction de vendre des plants de variétés non-inscrites au catalogue officiel, sous peine d'une amende de 450 euros.

 

Lors de cette journée de mobilisation, la répression des fraudes a expliqué à une délégation d'agriculteurs qu'un "plan annuel de contrôles" avait en effet été décidé au siège central de la répression des fraudes, dans un but "pédagogique", rapportent les associations paysannes. Considérant "qu'il s'agit là d'un abus s'inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de (...) toutes les activités qui échappent au contrôle des multinationales de la semence", elles ont notamment exprimé leur refus d'adhérer de manière obligatoire au GNIS – qui"s'oppose à [nos] droits élémentaires de reproduire, d'échanger et de vendre les semences et les plants issus de [nos] propres récoltes" –, et revendiqué le droit de vendre et cultiver "toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue"Des élus EELV ont aussi réagi à ce contrôle, dénonçant "une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle".

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(*)

 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/17/des-etats-unis-a-l-europe-a-qui-appartiennent-les-plantes-cultivees_3235181_3244.html

 

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"


Le Monde.fr | 17.05.2013 à 16h41 • Mis à jour le 20.05.2013 à 17h10 |Par Angela Bolis

 

Lundi 13 mai, Monsanto remportait son procès contre Vernon Hugh Bowman, un agriculteur américain de 75 ans. L'homme avait acheté, en plus de ses semences de soja transgénique à Monsanto, d'autres graines en mélange à un producteur local, pour effectuer une récolte complémentaire à moindre coût. Cette récolte, il en a gardé une partie pour la resemer l'année suivante. Or, dans un Etat où 95 % du soja cultivé est transgénique, la plupart de ces graines détenaient le caractère du Roundup Ready, breveté par Monsanto, qui permet à la plante de résister à l'herbicide Roundup vendu par la même firme. Pour les avoir semées sans payerMonsanto, le fermier a été condamné à verser à la firme 85 000 dollars.

Lire (en édition abonnés) :  OGM : Monsanto gagne face aux petits agriculteurs

OGM _ Monsanto gagne face aux petits agriculteurs.pdf

Si l'affaire est devenue emblématique des conflits entre firmes et agriculteurs sur la question des brevets, elle est loin d'être exceptionnelle : Monsanto est passé maître dans l'art de contrôler, via sa "police des graines", les champs des cultivateurs américains, et il n'en est pas à sa première bataille judiciaire (lirel'encadré ci-dessous). Fin 2012, le groupe avait déjà empoché 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts dans le cadre de procèspour violation de brevets. Mais cette fois, c'est la firme elle-même qui a voulu l'ériger en symbole de la protection de sa propriété intellectuelle – avec un site Web spécifique à l'appui, et le soutien d'acteurs de poids comme l'Alliance de producteurs de logiciels (AppleMicrosoft...), des universités, ou encore le département de la justice américain.

Lire : La guérilla judiciaire des géants des semences contre les fermiers américains

  • AUX ÉTATS-UNIS, LE BREVET

Dans cette affaire de Monsanto contre M. Bowman, la Cour a justifié sa décision en expliquant qu'il est interdit de copier un produit breveté (soit, en l'occurrence, resemer les graines récoltées), sans quoi "un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente", ce qui "résulterait en une baisse de l'incitation à l'innovation". Cette position de la justice américaine est fidèle au principe du brevetage des plantes, adopté aux Etats-Unis dès 1930. Ces brevets ne s'appliquent pas seulement aux OGM, mais ont connu un boom avec le développement des biotechnologies – dans un pays où 93 % du soja cultivé, 88 % du coton et 86 % du maïs sont génétiquement modifiés (en 2010), d'après le Center for food safety (PDF).   

Le brevet, "directement inspiré du droit industriel, ne prend pas en compte la spécificité du vivant"explique l'interprofession française des semenciers, le GNIS. Il interdit à quiconque d'utiliser la variété protégée à titre expérimental ou pour la recherche, mais aussi, et surtout, pour faire des semences de ferme : traditionnellement, les agriculteurs sélectionnent et resèment ainsi leurs propres graines issues de leur récolte, ce qui leur permet de réduire leurs coûts et degagner en autonomie, mais aussi de favoriser l'adaptation des plantes aux conditions locales. Le système du brevet les oblige donc à racheter chaque année leurs graines aux semenciers – au premier rang desquels Monsanto, dont la technologie Roundup Ready est par exemple présente dans 94 % des variétés de soja OGM et 70 % du maïs OGM.

Lire aussi : Le 'Monsanto act' met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis

  • EN EUROPE, LE CERTIFICAT D'OBTENTION VÉGÉTALE...

En Europe, les variétés végétales ne sont pas brevetables. C'est le Certificat d'obtention végétale (COV) qui, depuis 1961, tient lieu de droit de propriété intellectuelle en agriculture. A l'inverse du brevet, ce dernier permet d'utiliser la variété à des fins de recherche et d'expérimentation, mais aussi en semences de ferme, à condition que l'agriculteur paie une redevance au propriétaire du COV. Cette dernière règle a été introduite en France par la loi de novembre 2011, qui a mis fin à un flou juridique en autorisant les semences de ferme – taxées –, pour 21 variétés de cultures agricoles (céréales, fourrages, pomme de terre...) uniquement.

Lire : Pour les agriculteurs, ressemer sa propre récolte sera interdit ou taxé

Pour obtenir un COV, la variété doit être homologuée selon certains critères : la distinction, à savoir son originalité par rapport aux variétés existantes, l'homogénéité entre ses différents individus, et la stabilité de ses caractéristiques après reproduction. En dehors de ces critères standardisés, point d'inscription au catalogue officiel ni, jusqu'à présent, d'autorisation de commercialisation. Au final, ces variétés protégées par COV correspondent à 99 % des plantes cultivées en France, selon Delphine Guey, du GNIS.

  • ... MAIS DE PLUS EN PLUS DE BREVETS SUR LES GÈNES

Aux côtés du COV existe aussi, en Europe, le brevet sur les végétaux. Non pas pour la variété entière, mais uniquement pour un de ses gènes – qu'il soit obtenu par sélection et croisement classiques, ou par introduction, par transgenèse, dans les cellules de la plante. Du coup, c'est ce caractère génétique que le propriétaire du brevet détient exclusivement – même s'il se retrouve, par propagation, dans les plantes du champ voisin.

En France, on ne trouve pas encore de végétaux brevetés dans le commerce. Mais les brevets accordés sur les fruits et légumes se multiplient en Europe. Récemment, le groupe d'agrochimie Syngenta a par exemple reçu un brevet sur son melon baptisé EP1587933, issu d'un croisement avec un melon indien, pour le caractère doux et amer de son goût. Du coup, la firme revendique la propriété sur tous les melons qui détiennent cette teneur, précisément mesurée, en acidité et en sucre, explique l'ONG "No patent on seeds". Grâce à ces brevets, "Monsanto et Syngenta détiennent ensemble déjà plus de 50 % des semences de variétés de tomates, poivrons et choux-fleurs enregistrées dans l'UE"alarme ainsi l'ONG Swissaid (PDF), qui s'inquiète de la concentration accrue de ce marché agroalimentaire. 

Autre inquiétude des agriculteurs : le brevet est beaucoup plus facilement détectable que le COV. Dans le premier cas, il suffit d'un test pour identifier le gène protégé. Dans le second, puisque les plantes resemées par l'agriculteur ne sont pas des clones et varient toujours de la récolte précédente, difficile pour le détenteur du COV de prouver qu'il s'agit de sa variété. Le brevet renforce donc le contrôle sur les semences de ferme, estime Guy Kastler, du réseau Semences paysannes.

  • RÉFORME DES SEMENCES : UNE OUVERTURE ACCRUE AUX BREVETS ?

L'Union européenne prépare actuellement une réforme majeure du marché des semences – qui doit entrer en vigueur à l'horizon 2016 après approbation, par le Parlement et le Conseil européen, des propositions de la Commission. Elle ambitionne de protéger la diversité et la productivité agricole en Europe, et defaciliter la commercialisation des variétés industrielles. Mais derrière ce but affiché, elle "place toutes les semences sous le contrôle direct des titres de propriété de l'industrie, certificats d'obtention végétale et brevets"dénonce le réseau Semences paysannes, faisant écho à l'opinion d'écologistes et défenseurs du droit des paysans.

Lire (en édition abonnés) :  Bruxelles renforce la mainmise des grands groupes sur la commercialisation des semences agricoles

Parmi les nombreuses implications de ce paquet législatif, certaines concernent donc la propriété sur les semences. Il en est ainsi du catalogue officiel, qui recense les quelque 30 000 variétés autorisées en Europe, et qui sera désormais géré par l'Office communautaire qui délivre les titres de propriété sur les variétés, financé par les entreprises-mêmes qui détiennent les COV. Autre mesure : les agriculteurs qui produisent des semences – dont des semences de ferme – seront enregistrés sur un fichier, qui pourra faciliter les contrôles s'ils utilisent des semences échangées entre eux (ce qui est interdit), ou sous protection d'un COV.    

Surtout, cette réforme ouvre au marché européen les semences hétérogènes, jusqu'ici interdites car elles ne correspondent pas aux critères d'homogénéité nécessaires à leur inscription au catalogue. Cette nouveauté doit, certes, bénéficier aux nouvelles sélections biologiques ou paysannes qui échappent à ces critères standardisés. Mais elle facilite, par la même occasion, l'accès au marché de variétés brevetées – dont certaines, les dernières générations d'OGM surtout, ne sont pas assez stables ou homogènes pour satisfaire à ces critères d'homologation, selon Guy Kastler. Pour l'agriculteur anti-OGM, "on sait que si on a gagné cette bataille, c'est parce que les biotechnologies voulaient la même chose".

Angela Bolis

Comment Monsanto surveille les fermiers américains

 

"Les agriculteurs les appellent 'la police des graines' et utilisent des mots comme la 'gestapo' ou la 'mafia' pour décrire leurs tactiques"relate un article de Vanity Fair. Le reportage montre comment des inspecteurs de Monsanto viennent observer dans leurs champs les agriculteurs susceptibles de violer les brevets sur leurs variétés OGM, enregistrent des vidéos, prennent discrètement des échantillons de leur culture pour les faire analyser, ou encore encouragent les fermiers à dénoncer leurs collègues via un numéro en libre appel.

 

Sans compter les intimidations : le magazine rapporte notamment le témoignage de Gary Rinehart, qui a reçu la visite, par erreur, d'un de ces inspecteurs dans sa boutique du Missouri. Celui-ci lui a assuré qu'il avait la preuve qu'il avait planté des graines de soja OGM sans contrat avec la firme, avant de lui asséner : "Monsanto est grand. On t'aura. Tu paieras." Quand Vanity Fair a contacté Monsanto sur ces pratiques, la firme a seulement expliqué qu'elle "dépensait plus de 2 millions de dollars par jour dans des recherches pour identifier, tester, développer et mettre sur le marché de nouvelles semences innovantes et des technologies qui bénéficient aux agriculteurs".

 

Fin 2012, Monsanto avait empoché plus de 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts de la part de fermiers américains, après avoir intenté pas moins de 142 procès pour violation des brevets contre 410 agriculteurs et 56 petites entreprises agricoles. Mi-février, un rapport du Center for food safety intitulé "Les géants des semences contre les fermiers américains" expliquait que l'entreprise emploie 75 personnes et un budget de 10 millions de dollars pour ces poursuites judiciaires. Ce contrôle tenace inquiète aussi les agriculteurs qui n'ont pas acheté de semences Monsanto, mais dont les champs, entourés de cultures OGM, sont susceptibles de se faire contaminer.

 

L'Europe responsable de plus du tiers de le déforestation mondiale en raison des importations de viande

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/03/l-europe-importe-massivement-des-produits-lies-a-la-deforestation_3440966_3244.html

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L'Europe importe massivement des produits liés à la déforestation

LE MONDE | 03.07.2013 à 10h46 • Mis à jour le 03.07.2013 à 12h15 |Par Laurence Caramel

L'Europe est responsable de plus du tiers – 36 % exactement – de la déforestation liée au commerce international. Loin devant les Etats-Unis, le Japon et la Chine. L'étude commandée par la Commission européenne à un consortium d'instituts de recherche et publiée mardi 2 juillet, après deux ans de travail, éclaire avec une précision sans précédent le rôle joué par la consommation des Européens – et leurs habitudes alimentaires en particulier – dans la destruction des grands massifs forestiers tropicaux.

L'Union européenne (UE) s'est fixé pour objectif de réduire de moitié la déforestation dont elle est la cause d'ici à 2020 et de la ramener à zéro d'ici à 2030. Cette ambition affichée depuis 2008 a été réaffirmée le 19 juin, dans le cadre de la discussion sur le prochain programme d'action sur l'environnement. Ce que n'ont pas manqué de rappeler les ONG environnementales : l'Europe doit maintenant "donner des indications concrètes sur la façon dont nous pouvons à la fois réduire notre impact sur ces forêts menacées et contribuer à réduire la consommation de produits liés à la déforestation", a déclaré Anke Schulmeister, du WWF Europe.

"Il est dommage de constater qu'une grande partie des approvisionnements agricoles de l'UE est issue de l'exploitation de terres nouvellement défrichées,déplore-t-elle. Si nous prenons en compte ces impacts indirects, notre contribution réelle au changement climatique et à la perte de biodiversité est alors bien plus élevée que ce que nous pouvions imaginer."

ENTRE 1990 ET 2008, 127 MILLIONS D'HECTARES PERDUS

Entre 1990 et 2008, les forêts – essentiellement dans les pays tropicaux – ont perdu 127 millions d'hectares de superficie, dont 29 millions peuvent être attribués, selon le rapport, à des conversions de terre destinées à satisfaire la demande de pays tiers. L'UE a contribué à ce bilan à hauteur de 8,4 millions d'hectares, l'Asie de l'Est (y compris la Chine) pour 4,5 millions et l'Amérique du Nord à hauteur de 1,9 million.

Dans le même temps, la superficie de la forêt européenne est restée quasiment stable, ce qui signifie que l'UE a continué à faire supporter l'essentiel de l'impact environnemental de sa consommation à d'autres : "La stratégie d'approvisionnement de l'UE apparaît très clairement", constatent les auteurs du rapport. L'UE satisfait l'appétit de viande des consommateurs européens en important de plus en plus d'Amérique du Sud – le Brésil étant de très loin au premier rang – de la viande de bœuf directement, ce qui se traduit par une extension des zones de pâturages, des tourteaux de soja pour alimenter son propre bétail... Au total, l'augmentation de la consommation de viande explique 60 % de la "déforestation importée" par l'UE, selon l'indicateur utilisé par l'étude.

UNE JOURNÉE SANS VIANDE POURRAIT FAIRE UNE DIFFÉRENCE

Le développement des agrocarburants n'est pas en reste. "En quelques années, l'UE est passée d'un statut de petit exportateur d'huiles végétales à celui de gros importateur", poursuit le rapport, en s'interrogeant sur l'impact des objectifs ambitieux qu'elle s'est fixés en matière d'énergie renouvelable dans les transports. La part de la déforestation liée au commerce du bois apparaît moindre – 240 000 hectares : un résultat probablement sous-estimé, concèdent les auteurs, qui se sont appuyés sur les chiffres officiels, lesquels ne prennent pas en compte les coupes illégales de bois.

"Si rien n'est fait, l'empreinte forestière de l'UE va continuer de s'aggraver",s'inquiète Sébastien Risso, chargé des forêts au bureau européen de Greenpeace. C'est en effet ce que montre l'étude : continuer à assurer aux Européens la même quantité de viande demandera de dégager plus de 3 millions d'hectares de nouvelles surfaces. D'autres scénarios sont possibles : adopter un régime bulgare – le moins carné – ou le régime autrichien qui, à l'inverse, comporte le plus de protéines animales. Entre les deux, adopter une journée sans viande pourrait déjà commencer à faire une différence, suggère l'étude, dont la Commission européenne a pris soin de préciser qu'elle n'engage que ses auteurs.

22/06/2013

L'article du Canard

Enchaîné que j'ai choisi cette semaine :

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14/04/2013

Algues vertes : l'Etat condamné

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/02/algues-vertes-l-etat-condamne-en-appel-a-payer-plus-de-120-000-euros-a-4-communes_3152356_3244.html

Algues vertes : l'Etat condamné en appel à payer...

Le Monde.fr avec AFP | 02.04.2013 à 19h52 

La cour administrative d'appel de Nantes a condamné l'Etat à verser 122 932 euros à quatre communes des Côtes-d'Armor pour les indemniser du coût du ramassage et du transport des algues vertes en 2010. En première instance, le 23 janvier 2012, le tribunal administratif de Rennes avait donné raison à la préfecture des Côtes-d'Armor et rejeté la demande des quatre communes, qui avaient fait appel.

Mais la cour administrative d'appel de Nantes a décidé dans son arrêt rendu le 22 mars dernier d'annuler cette décision, expliquant que "les carences de l'Etat dans la mise en œuvre de la réglementation européenne et nationale destinée à protéger les eaux de toute pollution d'origine agricole sont établies" et que les mesures mises en place depuis 2003 ne sont pas "susceptibles d'atténuer cette responsabilité".

L'Etat a été condamné à verser 9 930 euros à la commune de Trédurer, 15 742 euros à Trédrez-Locquemeau, 72 074 euros à Plestin-les-Grèves et 25 186 euros à Saint-Michel-en-Grève. Fin 2009 l'Etat avait déjà été condamné par la cour administrative d'appel de Nantes à verser à des associations de défense de l'environnement des indemnités allant jusqu'à 15 000 euros pour sa mauvaise gestion de la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Lire en édition abonnés : La Bretagne échoue à endiguer les marées vertes

Biodiversité

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19/03/2013

Abandon de l'huile de palme par le fonds souverain de Norvège

lu sur :

http://www.boursorama.com/actualites/le-fonds-souverain-norvegien-abandonne-les-producteurs-d-huile-de-palme-4a59793af04fdbbab92c64a23b47b1f6

Le fonds souverain norvégien abandonne les producteurs d'huile de palme

Commodesk le 12/3/2013 à 9:45

Le Fonds souverain norvégien, chargé de gérer les revenus pétroliers du pays dans une optique durable, a vendu ses participations dans 23 entreprises productrices d'huile de palme en 2012, indique son rapport publié le 8 mars.

Les sociétés désinvesties, notamment en Indonésie, ne produisent pas dans la perspective de respect de l’environnement du Fonds, ont expliqué ses gestionnaires. Parmi elles figureraient nombre d'entreprises qui auraient participé à la déforestation à Bornéo, comme Wilmar ou Golden Agri-Resources.

La décision a été applaudie par la fondation Rainforest, qui demande depuis des années que la Norvège ne soutienne plus les producteurs d'huile de palme, destructeurs des forêts tropicales.

Toutefois, le fonds d’investissement a quadruplé ses parts dans la société malaisienne Sime Darby, critiquée pour ses conflits avec les populations locales. Le fonds ne désespèrerait pas de faire évoluer la politique de cette société. D’après Rainforest, il reste 12 sociétés délinquantes vis-à-vis de l’environnement dans le portefeuille du Fonds.

La décision reste symbolique, sachant que le fonds norvégien n’a pas investi plus de 0,56% de ses ressources (546 milliards d’euros) dans les pays en développement. Toutefois, elle pourrait avoir un effet d’entraînement sur d’autres fonds prenant en considération des critères d’éthiques.
 

Copyright 2013 © Commodesk.com

28/02/2013

Pollution et engrais chimiques

les surlignages sont de moi

Rappelons que la France est le plus gros utilisateurs d'engrais chimiques en Europe, le  cinquième dans le monde (voir ci-dessous *)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/20/la-planete-souffre-d-une-crise-des-engrais_1834972_3244.html

Pollution

La planète souffre d'une crise des engrais

Le Monde.fr | 20.02.2013 à 07h41 • Mis à jour le 20.02.2013 à 10h20

Par Audrey Garric

L'azote et le phosphore, les deux engrais les plus utilisés dans le monde, sont à la fois trop consommés par endroits – engendrant des catastrophes environnementales – et mal répartis dans d'autres – faisant cruellement défaut dans les régions les plus pauvres. Ce sont les conclusions du Programme pour l'environnement des Nations unies (PNUE) dans son dernier rapport Our Nutrient World, publié lundi 18 février. 

L'application d'azote, de phosphore et d'autres éléments nutritifs utilisés pour favoriser la croissance des plantes et des animaux a eu des avantages énormes pour produire de l'énergie et surtout nourrir la population mondiale : le PNUE estime ainsi que ces engrais aident la moitié des 7 milliards d'êtres humains à manger et vont contribuer à assurer la sécurité alimentaire au cours du XXIe siècle.

UTILISATION EXCESSIVE D'ENGRAIS

Mais dans le même temps, l'utilisation excessive ou abusive d'engrais a entraîné une large pollution de l'air et de l'eau, menaçant la santé humaine, provoquant la prolifération d'algues toxiques, tuant les poissons, dégradant les écosystèmes fragiles et contribuant au changement climatique en émettant du protoxyde d'azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre possédant un potentiel de réchauffement 300 fois plus important que le dioxyde de carbone (CO2).

Depuis les années 1960, l'usage des engrais azotés a ainsi été multiplié par 9, tandis que ceux au phosphore ont triplé. D'ici à 2050, le recours aux engrais devraient encore augmenter de 40 à 50 %.

Ce recours aux nutriments s'avère toutefois inégalitaire : alors que les pays développés en usent et en abusent, certaines régions du monde, notamment en Afrique et en Amérique latine, pâtissent d'un accès insuffisant qui entrave leur production alimentaire et contribue à la dégradation des sols.

Surtout, l'utilisation de ces éléments nutritifs est des plus inefficaces à travers la planète. En moyenne, 80 % de l'azote et entre 25 et 75 % du phosphore consommés terminent dans l'environnement, rappelle le PNUE. Autant d'énergie gâchée – celle nécessaire à leur production – que de milieux pollués.

"Le débat actuel se concentre sur le CO2, mais ce n'est qu'un aspect de changements plus globaux et complexes qui se produisent dans les cycles biochimiques mondiaux. Il est de plus en plus évident que l'altération des cycles de l'azote et du phosphore représente pour la planète un défi majeur qui n'a pas encore reçu assez d'attention", écrit l'équipe d'une cinquantaine de scientifiques issus de 14 pays.

170 MILLIARDS DE DOLLARS ÉCONOMISÉS PAR AN

Résultat : le coût global des dommages causés par la pollution de l'azote à l'environnement, la santé et la biodiversité est estimé à entre 200 et 2 000 milliards de dollars par an. Une utilisation 20 % plus efficace des engrais azotés permettrait de réduire la consommation annuelle de 20 millions de tonnes et d'économiser 170 milliards de dollars par an d'ici la fin de la décennie, estiment les scientifiques.

Au-delà des gains financiers, plus de nourriture et d'énergie pourraient être produits tout en réduisant la pollution. "Notre analyse montre qu'en améliorant la gestion de la circulation des éléments nutritifs, nous pouvons protéger l'environnement, le climat et la santé humaine, tout en répondant aux préoccupations de sécurité alimentaire et de l'énergie", assure Mark Sutton, auteur principal du rapport et professeur au Centre du Royaume-Uni pour l'écologie et l'hydrologie.

Comment y parvenir ? Le PNUE recommande, sans grande surprise, un meilleur usage des nutriments dans la production agricole et animale, des économies d'énergie dans les transports, la limitation du gaspillage dans l'industrie et le traitement des eaux usées ou encore un meilleur recyclage des engrais.

Mais surtout, les scientifiques appellent à une baisse dans la consommation de protéines animales. Et le rapport d'assurer : "Alors que la consommation de viande et de produits laitiers augmente rapidement, notamment avec l'Asie et l'Amérique latine qui rattrapent les niveaux européens et nord-américains, nos choix alimentaires ont un énorme potentiel pour influencer les futurs niveaux de la pollution mondiale aux engrais."

Audrey Garric

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(*) voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Engrais#Consommation_mondiale

 source : http://faostat.fao.org/site/575/DesktopDefault.aspx?PageI... [archive]

Consommation des engrais

Pays / Millions de tonnes de nutriments

Chine 96,6 États-Unis 29,2 Inde 22,6 Brésil 11,3 Canada 4,7 France 3,8

15/01/2013

Les rivières françaises de plus en plus polluées

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/14/le-nitrate-contamine-de-plus-en-plus-de-rivieres-francaises_1816525_3244.html

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Les nitrates contaminent de plus en plus de rivières françaises

LE MONDE | 14.01.2013 à 11h43 • Mis à jour le 14.01.2013 à 11h43 Par Martine Valo

La dégradation de la qualité des cours d'eau et des nappes souterraines progresse en France. Plus de la moitié de l'Hexagone est désormais concernée par la pollution diffuse d'origine agricole, autrement dit les nitrates.

Fin décembre 2012, après d'âpres négociations, les six grands bassins versants de l'Hexagone ont adopté la nouvelle carte de leurs zones classées "vulnérables" – celles qui enregistrent des teneurs en nitrate d'au moins 50 milligrammes par litre (mg/l). La liste englobe 18 860 communes, soit 860 de plus qu'en 2012 : 1 300 rejoignent les zones vulnérables et 440 les quittent. A lui seul, le bassin Loire-Bretagne, qui couvre dix régions, compte 434 communes supplémentaires. Mais l'Ouest n'est plus un cas particulier : presque toutes les régions sont concernées.

Dans le bassin Adour-Garonne en particulier, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, a exprimé son mécontentement, notamment dans le Tarn et les Pyrénées-Atlantiques, où l'organisation a annoncé, début janvier, son intention de faire appel de ce redécoupage.

Aiguillonnée par la perspective des élections dans les chambres d'agriculture fin janvier, la FNSEA a lancé une pétition contre l'extension des zones vulnérables et les contraintes réglementaires qui vont avec. Récemment, elle a fait manifester ses troupes à Metz, Orléans et Toulouse sous la bannière du "bon sens paysan contre l'écologie technocratique" ; quelques tonnes de lisier ont été déversées à Strasbourg et Rouen.

La France s'est engagée depuis plusieurs années à réviser rapidement sa géographie des nitrates auprès de la Commission européenne, qui lui reproche de minimiser le problème. L'affaire traîne depuis la directive européenne nitrates du 12 décembre 1991. Paris répond systématiquement avec un temps de retard : le contentieux s'est depuis alourdi des marées d'algues vertes, dues à l'excès de nitrates.

Les zones vulnérables s'étendent donc à présent aux communes du littoral. En février 2012, lassée par la frilosité de la France, Bruxelles a fini par la traduire devant la Cour de justice de l'Union européenne. Faute de résultats, la condamnation, au moins de principe, est attendue courant 2013. En l'absence de signes tangibles de bonne volonté, elle pourrait se solder par des amendes de plusieurs millions d'euros.

RECETTES CONNUES POUR FAIRE BAISSER LA POLLUTION

Les ministères de l'agriculture et de l'écologie ont hérité d'un dossier à haut risque. Les nouveaux programmes d'action contre les nitrates – ce sont les cinquièmes – sont en préparation depuis plus d'un an. Les recettes sont connues (moins d'épandage d'azote, des bandes d'herbe entre champs et cours d'eau, rotation obligatoire des cultures, couverture des sols avec des plantes "piégeuses" de nitrates), mais ces mesures agacent certains chefs de file de l'agriculture.

"La réflexion avance par exemple sur l'augmentation des capacités de stockage de lisier, ce qui permet de ne pas épandre à certains moments de l'année, de faire attention aux sols gelés ou en pente, constate Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne. Cette fois, ce n'est pas la Bretagne qu'on entend protester, mais les autres régions qui se sentent mises en cause à leur tour."

Si l'Etat impose des pratiques restrictives, il maintient néanmoins quelques gages en direction des tenants de l'agriculture dominante. Ainsi la fin des zones d'excédent structurel (ZES), que le précédent gouvernement avait inscrite dans les cinquièmes programmes d'action, est toujours à l'ordre du jour. Les ZES ont pourtant permis de faire baisser les taux de nitrate dans les rivières de Bretagne en restreignant l'épandage dans des cantons saturés de lisier. Au ministère de l'écologie, on annonce des consultations ultérieures prévues au printemps.

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Pollution

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sur le même sujet :

Application de la directive « nitrates » : la France recherchera l’équilibre entre exigences européennes, objectifs écologiques et intérêt des agriculteurs

Paris

16/01/2013

Ministère de l’Écologie, 
du Développement durable 
et de l’Énergie

Ministère de l’Agriculture, 
de l’Agroalimentaire et de la Forêt

A la suite du classement de 823 communes supplémentaires en zones vulnérables, Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, rappellent que la France est tenue de se conformer aux exigences communautaires dans le cadre de la directive « nitrate », les sanctions financières encourues seraient très lourdes pour le budget national en cas de manquement.

La France a été assignée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour mauvaise application de la directive 91/676CEE dite directive « nitrates » dans le cadre de deux contentieux. L’un des contentieux porte sur l’insuffisance de délimitation des zones vulnérables dans lesquelles les eaux sont polluées ou susceptibles de l’être par les nitrates d’origine agricole ; l’autre contentieux porte sur l’insuffisance des programmes d’actions applicables dans ces zones.

Au-delà de ces enjeux contentieux, l’efficacité des actions de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates est un enjeu fort de protection de l’environnement, et contribue à l’atteinte des objectifs de bonne qualité fixés dans les schémas directeurs et d’aménagement et de gestion des eaux.

Les Ministres rappellent que si 1 440 communes ont été ajoutées à la liste des quelques 18 400 déjà concernées, 617 communes ont été déclassées au vu de l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines, traduisant les efforts réalisés par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions azotées.

L’année 2013 sera consacrée à compléter le programme d’actions national et à élaborer les programmes d’actions régionaux applicables en zones vulnérables. Une nouvelle phase de concertation avec les professionnels sera engagée dès la fin du mois.

Les Ministres sont attentifs à répondre aux exigences imposées par l’application de la directive « nitrates » dans le respect des principes agronomiques qui ont toujours régi la mise en œuvre de cette directive en France.

Les élevages à l’herbe présentent des spécificités et des bénéfices environnementaux reconnus. Les Ministres cherchent à concilier leur rentabilité économique et leur performance environnementale, en limitant les investissements superflus (par exemple, stockage au champ des fumiers compacts pailleux).

Enfin, et parce qu’il est nécessaire de Produire autrement, Stéphane LE FOLL a indiqué qu’un plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote serait présenté au printemps, en lien avec le plan national biogaz inscrit dans la feuille de route de la transition écologique et avec le débat national sur la transition énergétique organisé par Delphine BATHO. Ce plan vise à développer la production de biogaz dans les régions d’élevage ce qui permettra de valoriser une diminution de la concentration d’azote dans les milieux aquatiques par la valorisation des effluents d’élevage et en remplacement de l’azote minéral (chimique) jusqu’alors utilisé.

Contacts presse : 
Service presse de Delphine BATHO 01 40 81 78 31 
Service presse de Stéphane LE FOLL 01 49 55 59 74

08/01/2013

Agrocarburants: les politiques à courte vue sont toujours les moins bonnes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/08/la-production-d-agrocarburants-menace-la-qualite-de-l-air-en-europe_1813735_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130108-[titres]

La production d'agrocarburants menace la qualité de l'air en Europe
 
La culture de saules, peupliers ou eucalyptus afin de produire du bioéthanol pourrait causer 1 400 décès prématurés par an en Europe d'ici à 2020 et une baisse des rendements de blé et de maïs.

Le Monde.fr | 08.01.2013 à 07h41 • Mis à jour le 08.01.2013 à 08h40Par Audrey Garric

C'est une nouvelle tache sur la réputation déjà ternie des agrocarburants. Maintes fois accusés d'aggraver l'insécurité alimentaire et la volatilité des prix, d'accélérer la déforestation tropicale et même d'augmenter les gaz à effet de serre, les carburants d'origine végétale sont maintenant incriminés pour la pollution de l'air et les problèmes de santé humaine qu'ils entraîneraient.

L'Union européenne, en cherchant à atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans le secteur des transports d'ici à 2020 afin de lutter contre le changement climatique, pourrait dans le même temps aggraver la pollution à l'ozone et causerprès de 1 400 décès prématurés par an sur la période, assure une étude parue dans la revue scientifique Nature Climate Change, dimanche 6 janvier.

TAILLIS À COURTE ROTATION

Les chercheurs de l'université britannique de Lancaster se sont intéressés à la production d'énergie et d'agrocarburants à partir de la biomasse ligneuse (les arbres), censée limiter l'utilisation polluante de pétrole et de charbon.

Ils ont pris pour hypothèse que les 72 millions d'hectares de cultures et de prairies traditionnelles actuellement disponibles en Europe pour la production de bioénergie seront transformés d'ici à 2020 en taillis à courte rotation de saule, de peuplier ou d'eucalyptus afin de produire des quantités élevées de bioéthanol. Ces systèmes de culture, qui se caractérisent par de fortes densités d'arbres (1 500 à 3 000 plants par hectare), des rotations de cinq à dix ans et des rendements de production de matière sèche élevés, ont aussi la particularité d'émettre plus d'isoprène que les plantes traditionnelles en poussant.

PROBLÈMES PULMONAIRES

Or, cette molécule est un composé organique volatil qui produit, lorsqu'il est combiné avec d'autres polluants atmosphériques (comme l'oxyde d'azote), de l'ozone, un des polluants de l'air parmi les plus dangereux pour la santé.

Cette pollution, qui peut causer des problèmes pulmonaires, ainsi qu'affecter les reins, le cerveau et les yeux, est responsable de la mort d'environ 22 000 personnes par an en Europe. La hausse des émissions d'isoprène induite par les changements de cultures conduirait, selon l'étude, à un ajout de 1 365 morts par an à ce bilan (+ 6 %), soit un coût de 5,4 milliards d'euros pour la société.

BAISSE DES RENDEMENTS AGRICOLES

Autre conséquence : les rendements agricoles en seraient affectés, dans la mesure où l'ozone provoque des nécroses des plantes, en diminuant leur taux de chlorophylle et les échanges gazeux. L'étude chiffre ainsi à 7,1 millions de tonnes de blé (3,5 % des cultures actuelles) et 800 000 tonnes de maïs (1 %) qui seraient perdues chaque année, soit une perte économique de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

"La culture de biocarburants est vue comme quelque chose de positif car elle réduit la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, explique Nick Hewitt, l'un des auteurs de l'étude. Leur production à grande échelle en Europe a toutefois des effets faibles, mais significatifs, sur la mortalité humaine et les rendements des cultures. Notre étude met en évidence la nécessité de ne pas seulement prendre en compte le bilan carbone dans la décision de cultiver des biocarburants afin de limiter les gaz à effet de serre."

ÉLOIGNER LES CULTURES DES ZONES PEUPLÉES

Les scientifiques suggèrent d'implanter les cultures d'agrocarburants loin des centres de population ou des zones d'intense production agricole afin de limiterl'impact de l'ozone. La génétique pourrait par ailleurs être utilisée pour réduire les émissions d'isoprène.

L'étude de l'université de Lancaster n'a toutefois pas comparé les dommages potentiels causés par les agrocarburants à l'impact sur la santé humaine de la production de charbon, de pétrole ou de gaz naturel. "Nous ne sommes pas en mesure de faire cette comparaison", a reconnu Nick Hewitt. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, la pollution de l'air dans l'ensemble, surtout provoquée par les combustibles fossiles, cause environ 500 000 décès prématurés en Europe chaque année.

Audrey Garric