Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/04/2007

machine à voter - ordinateur de vote - base légale

Légalité des machines à voter, conformité des ordinateurs de votes, électeurs concernés lors des présidentielles : trois notes à lire sur le blog :
http://uneplacepourtous.midiblogs.com
(lien ci-contre : "Une place pour Tous !")

28/04/2007

le débat Royal-Bayrou


Mondialisation - transports - coût


22/04/2007

cuisine électorale

En ce jour d'élection, voici une recette utile qui peut-être réalisée n'importe quel jour.
__________________________________________________________________________

Mots clefs:
riz - cuisson - eau - vapeur - recette

Résumé:
Une méthode est décrite, permettant de cuire le riz “à la vapeur”de façon simple et reproductible.

Introduction:
Ayant constaté que la préparation du riz était souvent mal maîtrisée par les personnes que je connais, les résultats gustatifs après cuisson étant souvent variables et aléatoires, il m’a semblé utile de mettre à disposition de tout un chacun une recette de cuisson du riz “à la vapeur” (à la chinoise) facile à réaliser.

Matériel et méthode:
Le matériel utilisé est le suivant:
- une casserole
- un couvercle adapté à la casserole
- un répartiteur de chaleur
- une table de cuisson
- un bol
- une balance
Les ingrédients sont:
- du riz
- de l’eau
En premier lieu, il est important de préciser que le couvercle doit être bien adapté à la casserole, c’est à dire qu’une fois posé il se doit d’être EN CONTACT avec le bord de la casserole sur tout son pourtour. Un couvercle mal adapté ou gondolé ne permettra pas d’avoir de bons résultats, car pour cuire “à la vapeur”, il ne faut pas que la vapeur s’échappe. En tout cas, pas trop.
Pour la quantification de la méthode, voici les dimensions des ustensiles et quantités des ingrédients utilisés. Il sera facile à chacun d’adapter la recette à son cas particulier.
La casserole utilisée a la forme d’un cylindre fermé à une extrémité (le fond), d’un diamètre intérieur de 15,6 cm cm et d’une hauteur intérieure de 8 cm. Sa contenance est de 1374 ml. Le répartiteur de chaleur est du type “double plaque métallique ondulée perforée”, de forme ronde et plate (diamètre 21cm, épaisseur 1 cm). Le bol est un bol à riz chinois, en porcelaine, de forme approximativement hémisphérique (diamètre intérieur 11,3 cm, hauteur intérieure 4,5 cm, contenance 278 ml). Il sert de mesure pour le riz. La table de cuisson est une table de cuisson à gaz, à plusieurs feux de taille variable.
Le riz utisé dans l’expérience est du riz long grain parfumé de Thaïlande, de la marque “Oiseaux célestes”. L’année de récolte est 2006. L’eau utilisée est l’eau du robinet.
Dans un premier temps, deux bols remplis à ras bord de grains de riz sont versés dans la casserole. Ce qui correspond à 522 g de riz sec (556 ml en volume. Rapport poids/volume du riz sec: 0,94). Le riz forme alors une couche d’environ 3 cm d’épaisseur dans la casserole, qui a une profondeur totale de 8 cm, rappelons-le. Il reste donc 5 cm entre la surface du riz et le bord supérieur de la casserole. Ce point est IMPORTANT à souligner pour des raisons qui seront abordées dans la discussion (voir plus loin).
Le riz est ensuite lavé PLUSIEURS FOIS à grande eau (eau du robinet). Ceci se fait de la façon suivante: remplir la casserole d’eau et remuer le riz avec les doigts, puis vider l’eau blanchie par la poussière de riz avec précaution (pour ne pas rejeter le riz en même temps que l’eau !). Il est important de remuer le riz avec les doigts lors des premiers lavages, ceci pour éliminer les poussières de riz.
Répéter l’opération trois ou quatre fois, au moins. L’eau rejetée sera de moins en moins opalescente. À la fin, remplir la casserole d’eau plusieurs fois (trois ou quatre fois, au moins) en déplaçant la casserole sous le jet pour bien remuer le riz, et rejeter l’eau qui sera de plus en plus limpide. L’importance du lavage sera discutée plus loin.
Lors du dernier remplissage en eau, veiller à ne mettre QUE LA QUANTITÉ d’eau NÉCESSAIRE à une cuisson optimale.
C’est l’un des points importants à respecter pour avoir une qualité gustative satisfaisante en fin de cuisson.
Dans le cas présent, la quantité d’eau ajoutée est de 525 ml (525 g; ce qui correspond très sensiblement à la MÊME QUANTITÉ d’eau que de riz, en poids), et l’épaisseur de la couche d’eau au-dessus de la surface du riz est d’environ 15 à 17 mm (il restera donc un espace d’environ 3 à 4 cm entre la surface de l’eau et le couvercle).
Mettre le couvercle sur la casserole et mettre le tout sur un brûleur adapté à la taille de la casserole. À partir de ce moment, NE PLUS SOULEVER LE COUVERCLE jusqu’à la fin de la cuisson.
Démarrer la cuisson à feu FORT jusqu’au DÉBUT DE L’ÉBULLITION. Surveiller le début de l’ébullition à l’ouïe, ou en touchant le manche de la casserole, pour entendre ou ressentir le bouillonnement (NE PAS soulever le couvercle pour voir si les bulles apparaissent !).
Dans les conditions de l’expérience l’ébullition est atteinte en 5 minutes.
Pendants que le riz est mis à chauffer à feu fort (pour que l’eau atteigne son point d’ébullition et se transforme en vapeur d’eau), mettre le diffuseur de chaleur sur le feu le plus petit de la table de cuisson et allumer ce feu À SA POSITION LA PLUS FAIBLE.
Laisser préchauffer le diffuseur pendant l’attente de démarrage de l’ébullition. Dès que l’ébullition est atteinte, changer la casserole de place et la mettre sur le diffuseur placé sur le feu le plus faible. Ceci DOIT se faire avant que l’ébullition soit telle que l’eau déborde (une perte d’eau est préjudiciable au résultat final).
Laisser la cuisson se faire sur le feu le plus doux pendant au moins quinze à vingt minutes (au moins 20 minutes de cuisson au total). Dans le cas présent, la cuisson a été arrêtée à 25 minutes.
La casserole, qui avait été pesée avant la cuisson (1745 g) , a été repesée après cuisson (1715 g). Le volume final occupé par le riz cuit était proche de la capacité totale de la casserole, soit environ 1300 ml, ce qui donne un coefficient d’expansion de 2,34 .

Discussion:
Comme il a été indiqué au départ, la méthode décrite est celle de la cuisson “à la vapeur”, ou méthode chinoise. Cette méthode, utilisée couramment en asie du sud-est, ne doit pas être confondue avec d’autres méthodes européennes (cuisson à l’italienne ou à l’espagnole).
La méthode chinoise est la plus ancienne, historiquement parlant (probablement plusieurs millénaires; réf.1). Sa caractéristique principale est qu’elle utilise au mieux l’eau nécessaire à la cuisson du riz. Ainsi, dans l’expérience réalisée, il est remarquable de constater que seulement trente grammes d’eau ont été perdus en cours de cuisson. En effet, la différence de poids avant et après cuisson, correspondant à la quantité de vapeur d’eau échappée dans l’athmosphère, était de 30 g, soit 30 ml d’eau. Ceci pour 525 ml d’eau au départ, soit un rendement de 94,29 % pour la quantité d’eau absorbée par le riz.
Cette méthode est aussi celle qui nécessite le moins de surveillance et d’ajustement en cours de cuisson. Une fois les quantités d’ingrédients (riz, eau) et la durée de mise en ébullition déterminés pour le récipient et le moyen de chauffage utilisés, la surveillance de la cuisson est pour ainsi dire nulle (nul besoin de soulever le couvercle de la casserole pour goûter, rajouter de l’eau, prolonger la cuisson, etc). C’est pour cette raison qu’il a été possible de fabriquer des autocuiseurs électriques pour la cuissont du riz. Une enceinte close, un minuteur, un thermostat et une résistance chauffante étant les seuls éléments mécaniques nécessaires.
Soulignons que l’enceinte doit être close mais non hermétique, car la cuisson du riz doit se faire aux alentours de 100°C, température d’ébullition de l’eau à pression atmosphérique normale. Utiliser une enceinte hermétique (cocotte-minute, par exemple) où la vapeur d’eau serait sous pression augmenterait la température de cuisson, ce qui ne convient pas.
Soulignons aussi qu’il faut éviter toute perte d’eau une fois que la cuisson a commencé. C’est la raison pour laquelle le couvercle doit être bien adapté à la casserole, ce qui limite la perte de vapeur. C‘est aussi pour cette raison qu’un débordement d’eau doit être évité lors de la mise en ébullition initiale. En cas d’utilisation d’une table de cuisson électrique à plaques, il faut changer de plaque dès que l’ébullition est atteinte, car l’inertie thermique des plaques est trop grande pour éviter un débordement, et il faut mettre à préchauffer la plaque la plus petite avant le changement.
L’utilisation d’un répartiteur de chaleur après l’étape de démarrage de l’ébullition n’est pas indispensable. Elle évite simplement la formation trop rapide d’une croûte de riz dans le fond de la casserole. Mais il faut veiller à utiliser un feu aussi doux que possible après la mise en ébullition initiale, ceci pour éviter de calciner le fond de la casserole. En fait, une fois l’ébullition commencée, il suffit de très peu d’apport d’énergie calorique pour maintenir la température de 100°C dans la casserole. Cette caractéristique permet d’affirmer que le riz est un aliment de choix dans le domaine des économies d’énergies et lorsque les conditions de préparation sont rustiques. Par exemple, on peut envisager de préparer le riz selon la méthode de la marmite norvégienne (réf.2), l’apport calorique étant limité à la seule étape de mise en ébullition (expérience non réalisée). Remarquons que toute plaque métallique de dimension adéquate et épaisseur suffisante peut faire office de répartiteur de chaleur (une plaque en fonte cannelée pour la cuisson des beefsteaks, par exemple).
La durée totale de cuisson ne doit pas être inférieure à 20 minutes. Cette durée de cuisson n’est pas critique. Le temps maximum de cuisson est de 45 minutes à une heure, voire plus. Si le temps de cuisson est supérieur à 20-25 minutes, il se forme une croûte au fond de la casserole, d’autant plus épaisse que la cuisson sera longue.

Rappelons les points importants pour la réussite d’une cuisson optimale:
- une enceinte close.
Donc un couvercle bien adapté. En cas de couvercle non hermétique, il est possible de pallier au manque d’étanchéité en utilisant une feuille d’aluminium rabattue sur les bords de la casserole. Le couvercle (ou une assiette) étant posé par dessus pour éviter que la feuiille d’aluminium ne se soulève lors du départ de l’ébullition.
- un récipient aux dimensions adaptées à la quantité de riz à cuire.
Selon les mesures faites et indiquées plus haut, le volume final du riz cuit est environ 2,3 à 2,4 fois celui du riz sec. Il faut donc qu’il y ait suffisamment d’espace dans la casserole. L’utilisation d’une casserole ayant un volume total légèrement supérieur au volume final du riz cuit était volontaire. Ceci pour que la couche de riz dans la casserole soit d’une épaisseur optimale.
En effet, l’expérience montre que si la casserole avait été beaucoup plus grande, la couche de riz aurait été trop fine relativement à sa surface et la qualité gustative finale du riz aurait beaucoup varié en fonction de sa distance par rapport au fond de la casserole. Ceci pour une raison qui pourrait être expérimentalement mesurée mais que l’intuition permet de saisir: les grains de riz proches du fond sont à une température plus élevée que ceux proches de la surface. Le gradient de température, c’est à dire la variation de la température interne du grain de riz en fonction de son altitude (sa distance au fond), sera d’autant plus élevé que l’épaisseur de la couche de riz sera faible. Ainsi, lorsque la couche de riz est trop fine, le riz proche du fond sera trop cuit et le riz proche de la surface pas assez . Il est donc déconseillé d’utiliser une casserole trop grande.
L’utilisation d’une casserole trop petite est également fortement déconseillé. Ce qui se produirait alors serait un début de cuisson normal, jusqu’au moment où le riz atteindrait un volume tel que le couvercle serait soulevé. À partir de ce moment, il est clair que nous ne serions plus dans la situation d’une enceinte close. Une partie plus ou moins importante de l’eau serait perdue. La conséquence serait un riz cuit avec insuffisamment d’eau, donc dur et immangeable (cette appréciation pouvant varier en fonction du moment où le couvercle serait soulevé par rapport au temps total de cuisson et en fonction du degré d’abnégation du consommateur) .
Nous avons commencé la description du protocole à suivre en insistant sur le lavage du riz avant cuisson. Outre l’élimination des poussières et saletés diverses, cette étape, bien que non indispensable pour avoir en final un aliment physiologiquement assimilable, permet d’obtenir un riz moins collant. En effet, en ce qui concerne les riz décortiqués, l’élimination mécanique de la cuticule et le polissage des grains engendre la création d’une poudre d’amidon. Or l’amidon cuit a une consistance collante. Son élimination permet donc d’avoir un riz cuit dont les grains se détachent les uns des autres (quand ils sont mouillés par une sauce; mais quand même adhérents les uns aux autres sans sauce d’accompagnement. La situation décrite dans certaines publicités pour des riz précuits, où les grains tombent en pluie dans l’assiette, est fallacieuse et donne une fausse idée de ce que doit être le résultat final). Signalons à ce propos que la consistance finale du riz cuit dépend de l’espèce utilisée (un riz à grains longs sera moins collant qu’un riz à grains ronds. Parmi les riz à grains longs, un riz basmati sera toujours plus ferme et moins collant qu’un riz de Thaïlande, lui même moins collant qu’un riz de Camargue). Pour l’anecdote, signalons que le riz cuit dans un excès d’eau et écrasé sert de colle dans la fabrication traditionnelle des lanternes chinoises, en papier de riz (ou papier de soie). Enfin, il faut savoir que la saveur du riz, variable d’une espèce à l’autre, est très subtile. De ce fait, il ne faut ajouter à l’eau de cuisson ni sel, ni autre condiment, sous peine de perdre cette saveur originelle, contrairement à ce qui est souvent spécifié dans les recettes européennes.
En conclusion, on peut dire que la cuisson du riz à la vapeur peut être réalisée avec succès et sans grande difficulté à condition de respecter certaines règles simples:
- utiliser un récipient bien clos pour la cuisson
- mettre la quantité d’eau adéquate
- ne jamais soulever le couvercle du récipient avant la fin de la cuisson.

Pour finir, afin de faciliter la première mise en œuvre des novices en la matière, voici quelques indications chiffrées pour les ustensiles et quantités d’ingrédients à utiliser lors d’un premier essai.
Les calculs ont été faits en prenant un coefficient d’expansion du riz de 2,3 et en utilisant la même quantité de riz et d’eau, en poids. On fait l’hypothèse que les diamètres des casseroles disponibles varient par incréments de 2 cm et que leur rapport diamètre/hauteur est voisin de 2, ce qui est généralement le cas pour les casseroles du commerce. Les indications sont données en fonction du nombre de bouches à nourrir (ou convives), en comptant 170 g de riz sec par personne, ce qui correspond à une portion de 448,5 cm3, soit un bol et demi de riz cuit.
Il m’a paru plus utile de donner les quantités optimales de riz en fonction de la taille de la casserole utilisée.

- casserole de 14 cm :
Riz : 309 g. Eau : 309 ml. Nombre de portions : 1,72 (1 à 2 personnes)
- casserole de 16 cm :
Riz : 484 g. Eau : 484 ml. Nombre de portions : 2,69 (2 à 3 personnes)
- casserole de 18 cm :
Riz : 715 g. Eau : 715 ml. Nombre de portions : 3,97 (4 personnes)
- casserole de 20 cm :
Riz : 1010 g. Eau : 1010 ml. Nombre de portions : 5,60 (5 à 6 personnes)

J’ose espérer que toutes ces indications permettrons de lever les inhibitions des néophytes.

Références:
- 1: Lizhi Gao, Eugene M. McCarthy, Eric W. Ganko, and John F. McDonald. Evolutionary history of Oryza sativa LTR retrotransposons: a preliminary survey of the rice genome sequences. BMC Genomics. 2004 ; 5: 18.
- 2: http://www.amisdelaterre.be/article.php3?id_article=17&var_
recherche=marmite

Remerciements:
Je suis redevable à I.Suen (CNRS;Collège de France) d’avoir attiré mon attention sur les aspects thermodynamiques de la cuisson de riz à la vapeur.

19/04/2007

indemnité chômage des députés français

Vu en surfant sur le net:

Canard Enchaîné du mercredi 7 février :

"Le gros lot des battus. Jean-Louis Debré a vraiment bon coeur. Juste avant de quitter, fin février, la présidence de l’Assemblée pour celle du Conseil constitutionnel, il a décidé de soigner les députés battus devenus chômeurs en juin prochain. Ceux de 2002 - une trentaine avaient continué de bénéficier durant un semestre de leur indemnité de député (5 800 €). Juste le temps de retrouver du boulot.
Grand seigneur avec l’argent de l’Assemblée, le député de l’Eure a décidé de faire passer le nombre de semestre de un à dix !
Soit cinq ans.
Autrement dit, un député battu en juin prochain et qui se retrouverait inscrit à l’ANPE verrait son traitement prolongé durant toute la prochaine législature !
Mais que les battus ne se réjouissent pas trop vite : ils percevront leur solde de manière dégressive. Exemple : en juin 2012, un député touchera 20% de son traitement soit un peu plus de 1 000 euros.
C’est toujours mieux que le RMI, merci Jean-Louis"...

16/04/2007

réchauffement climatique

Les merveilles du monde souffrent du réchauffement climatique
Source : WWF, le 16/04/2007 à 07h23
Cette actualité fait partie d'un dossier "on en parle", le rendez-vous de Futura-Sciences dédié au décryptage des temps forts de l'actualité.
Le réchauffement de la planète:
Publié avant le rapport du Groupe de travail II du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le document du WWF souligne également le travail entrepris par le WWF dans chacune des dix régions afin de mettre en place des programmes de protection face aux dérèglements climatiques.

Le dossier en question peut être lu sur les site de Futura-Science (lien ci-contre).

13/04/2007

à propos du film sur les Lip

Article paru dans le Monde daté 8/9 avril. (voir aussi les albums LIP1 et LIP2 ci-contre)
___________________________________

Jean-Luc Douin

EDITORIAL & ANALYSES

ANALYSE

Le renouveau du cinéma militant

Le documentaire de Christian Rouaud consacré aux travailleurs de Lip, Les Lip, l'imagination au pouvoir, est historique. Ayant pour cadre et sujet le combat des ouvriers d'une usine horlogère installée dans le Doubs et sorti en salles le 21 mars, ce film fait resurgir l'histoire d'une lutte qui marqua les esprits au milieu des années 1970. Mais, au-delà, il rompt l'impressionnant silence que s'était imposé, depuis, le cinéma politique français, et fait d'une vieille épopée une fresque dont les enjeux correspondent aux préoccupations actuelles.

Remontons le temps. Le cinéma français connut, après 1968, une embellie sans pareille en matière de cinéma militant. On assista à des remises en cause de la société, d'abord par le choix des sujets. C'est ainsi qu'on vit Med Hondo et Ali Ghalem dénoncer la situation des étrangers en France ( Les Bicots-Nègres nos voisins, L'Autre France), Sidney Sokhona parler des difficultés des travailleurs immigrés pour avoir des papiers ( Nationalité : immigré), Jean Schmidt s'interroger sur la marginalité des zonards ( Les Anges déchus de la planète Saint-Michel), Charles Belmont et Marielle Issartel plaider pour le droit à l'avortement ( Histoires d'A).

LE GLAS D'UN ACTIVISME CINÉMATOGRAPHIQUE

Mais il y eut aussi une remise en cause de la hiérarchie à l'intérieur même des équipes de tournage, ce qui amena la création de collectifs : SLON, Iskra et Groupe Medvedkine autour de Chris Marker ; le groupe Dziga Vertov avec Jean-Luc Godard ; le collectif MK2 avec Marin Karmitz, qui tourna Coup pour coup avec de vraies ouvrières d'Elbeuf et de Roubaix, payant tout le monde, techniciens et interprètes, au même salaire.

Ainsi, avant que le cinéma « commercial », qui, sous le général de Gaulle, avait fait du patron un personnage de comédie bon enfant - à l'image de Louis de Funès -, n'ose montrer à son tour, quelques années plus tard, un nouveau visage du chef d'entreprise (de L'Argent des autres, de Christian de Chalonge, à Une étrange affaire, de Pierre Granier-Deferre), des films mettaient en lumière tous les fronts sur lesquels il était nécessaire de faire évoluer les institutions et les mentalités : enfants, immigrés, femmes, malades psychiatriques, prisonniers...

Tourné par des élèves de la célèbre école de cinéma Idhec, La Reprise du travail aux usines Wonder dépeint par exemple le divorce entre des appareils syndicaux qui, en juin 1968, se félicitent de la reprise des négociations et la « base », qui considère la fin de la grève comme une défaite.

En 1969, sort un film du Groupe Medvedkine, A bientôt j'espère, sur une grève de l'usine de textiles artificiels Rhodiaceta à Besançon. La lutte continue dans les salles de projection, où les ouvriers émettent des critiques sur la manière dont on a filmé leur combat. Le groupe produit alors une suite, Classe de lutte, où les militants de la CGT contrôlent eux-mêmes le discours.

Le Groupe Ciné Lutte, lui, signe un peu plus tard Bonne chance la France, qui raconte l'histoire de la grève de l'imprimerie Darboy, à Montreuil : malgré l'opposition des syndicats, les ouvriers occupèrent l'usine après le licenciement de quatre-vingts d'entre eux et remirent les machines en marche pour leur propre compte. Le mot « autogestion » était alors à l'ordre du jour. Mais ce film, contemporain de l'affaire Lip, sonnait le glas d'un activisme cinématographique, en même temps que celui des luttes symboliques.

Avec l'arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d'Estaing, en 1974, s'ouvrit une période de deuil. Mai 1968 et ses idéologies disparurent des écrans, sans écho romanesque, condamnés au refoulé. Ne surnagea, en 1982, que le film de Romain Goupil, Mourir à trente ans, film de deuil lui aussi, puisqu'il évoquait la figure de Michel Recanati, militant des Comités d'action lycéens (CAL), qui s'était suicidé en 1978.

Entre-temps, François Mitterrand était arrivé au pouvoir. Le déficit de films politiques peut alors s'expliquer par la réticence des cinéastes susceptibles de porter la contestation sur les écrans (par nature, plutôt des gens « de gauche ») à signer des films qui attaqueraient leur propre camp, leur parti. Lip, c'était fini, comme le Larzac. Et Jean-Luc Godard avait porté le combat ici « et » ailleurs, c'est-à-dire en Tchécoslovaquie, en Italie, en Palestine.

« UNE DÉMOCRATIE INTENSE »

On a vu depuis les films de Robert Guédiguian (Marius et Jeannette), de Dominique Cabrera ( Nadia et les hippopotames, évoquant la grève des cheminots en 1995 et les discussions entre politiques et instances syndicales), ou Ressources humaines, de Laurent Cantet, réalisé au moment de l'application des 35 heures. Dans ce film, patron, employés et déléguée syndicale sont interprétés par un vrai patron, de vrais employés, une vraie déléguée syndicale. On y voit un fils ayant fait des études par honte d'appartenir au monde ouvrier de son père, pour changer de statut social et passer de l'autre côté de la barrière, mais la façon dont est abordée la lutte des classes y est nuancée sur la fin de solidarité générationnelle.

A ces quelques rares exceptions près, la figure de l'ouvrier français s'évanouit. Jean Gabin, Julien Carette, Raymond Bussières sont sans héritiers emblématiques. A l'exemple de Nicolas Klotz, le cinéma français s'est plutôt polarisé sur la société pluriethnique. Or nous y revoilà. Le pouvoir appartient à ceux qui parlent sur l'écran : dans Les Lip, l'imagination au pouvoir, ce sont les ouvriers qui donnent leur point de vue. Qui défendent leur emploi, réinventent tolérance, responsabilité et fraternité, ripolinent l'utopie, condamnent l'affairisme instauré sous Valéry Giscard d'Estaing, réinventent « une démocratie intense », pour reprendre les mots d'Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT de l'époque.

En pleine campagne présidentielle, ce film sur Lip coïncide avec l'urgence d'un renouveau, au niveau des idées comme de la mise en oeuvre d'un modèle démocratique plus participatif. Il nous replonge aux origines de la crise de l'emploi. Le débat que le conflit des Lip souleva en 1973 se révèle prophétique.

Trente ans plus tard, les ouvriers de Lip gardent encore secret le lieu où ils « planquèrent les montres, leur «trésor de guerre» ». Pourquoi tant de mystère ? « Ça peut resservir ! »

19:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (8)

reforestation - écosystème - CO2 - eau - environnement - nappe phréatique

Lu dans Futura Sciences (voir le lien ci-contre):

La reforestation n'est pas toujours garante d'une bonne gestion de l'écosystème, du moins lorsque celle-ci est pratiquée sans étude préalable. Elle pourrait même aboutir à l'effet inverse de celui recherché.

Deux chercheurs, Esteban Jobbagy, de l'université de San Luis (Argentine) et Robert Jackson, de l'université Duke (Etats-Unis) ont étudié durant plusieurs années un site argentin, où une culture d'eucalyptus a été plantée à côté d'un écosystème traditionnel où la pampa n'est recouverte que d'herbes sauvages. Dans les deux milieux, des puits ont été forés afin de recueillir des échantillons de sol et d'eau à analyser. Une simulation informatique a permis de recréer les échanges hydrologiques entre la surface et les nappes phréatiques, sur base des données recueillies entre 2002 et jusqu'à présent.

Les résultats démontrent que les arbres absorbent jusqu'à la moitié des précipitations annuelles au sein même de la nappe phréatique, provoquant non seulement un appauvrissement hydrologique, mais surtout une augmentation de la salinité du sol, dont la concentration en sel peut atteindre un niveau vingt fois supérieur à celui de la pampa voisine. Il est à noter que cette constatation corrobore une étude parue dans Science en décembre 2005, qui au départ de plusieurs centaines d'observations effectuées sur des plantations d'arbres dans le monde entier, concluait à une réduction de 52 % de la quantité de ruissellement.

Ainsi donc, si dans certaines zones arides comme le Sahel la reforestation peut avoir des conséquences positives par la rétention d'eau qu'elle entraîne, les grandes cultures forestières peuvent avoir l'effet inverse et provoquer assèchement et même appauvrissement du sol par excès de concentration saline.

L'explication du phénomène est logique. Les racines des arbres s'enfoncent beaucoup plus profondément dans le sol que celles des herbes, et plongent tout droit dans la nappe phréatique. Leur besoin en eau est aussi bien plus important, et à cela il faut encore ajouter l'écran naturel formé par la canopée qui empêche environ 20 % de l'eau des précipitations d'atteindre le sol, laquelle s'évapore sous les premiers rayons du soleil.

Robert Jackson souhaite que toute plantation d'importance soit précédée d'une étude environnementale afin de déterminer si le bilan en sera positif ou négatif, d'autant plus que leur développement est de plus en plus stimulé par la perspective de produire du biocarburant à partir des arbres et d'inclure ce processus dans le respect des accords de Kyoto.

Un des arguments avancés en faveur de la reforestation est aussi la réduction du taux de carbone, piégé par les arbres. Mais le chercheur tempère cet avis en signalant que 44 millions d'hectares de forêt supplémentaire aux Etats-Unis ne réduiraient ce taux que de 10 %, et qu'il serait bien plus judicieux d'améliorer le rendement énergétique du parc automobile.

10/04/2007

Pour ceux qui ont vu le film sur LIP


Jean Raguénès, ouvrier de Dieu
LE MONDE | 04.04.07

© Le Monde.fr

09/04/2007

ZZ Top: Sharp dressed man

11:52 Publié dans musique | Lien permanent | Commentaires (0)

ZZ Top: Rough Boy

11:40 Publié dans musique | Lien permanent | Commentaires (0)

OGM - Abeilles - Agriculture

Vu sur le site : Univers-Nature (lien ci-contre)
06-04-2007

Plainte d'un apiculteur contre un cultivateur d'OGM

Hier, dans le Lot et Garonne, un apiculteur a demandé à la justice d'interdire à un agriculteur de semer du maïs OGM, considérant que le pollen récolté par ses abeilles serait pollué (1) et, à ce titre, dévaluerait sa production.
Soutenu par le syndicat national de l'apiculture, l'association Bio d'Aquitaine et la fédération nationale des associations de l'agriculture biologique, Maurice Coudoin considère également que ses abeilles, qu'il déplace au cours de la saison pour produire différentes sortes de miel et de pollen (acacia, colza...), pourraient devenir "abeilles non grata" ailleurs. En outre, pour son avocat, Me François Roux, étant donné que l'agriculteur qui envisage de semer des OGM "... n'est pas en mesure d'éviter qu'il y ait dissémination dans la nature", il y a "abus de propriété et trouble du voisinage".
Face à cela, l'avocate de Claude Ménara le semeur d'OGM, Me Maï Le Prat, estime que "la preuve du dommage n'est pas établie" d'autant que le maïs ne reste en fleurs qu'une dizaine de jours. D'autre part, contrairement à ce que l'intéressé avait déclaré il y a quelques mois, il n'y aurait plus 200 ha de maïs transgénique semés, mais 48 ha.
Le jugement de ce procès, qui est une première en France, sera rendu le 24 mai, soit bien après la date de semis des maïs. Si le verdict devait être en faveur de l'apiculteur, verra t-on alors le premier fauchage d'une parcelle d'OGM officiel ?!!

Pascal Farcy

(1)- L’analyse d’une centaine d’épis prélevés sur des parcelles de maïs conventionnel, semées à 15, 95 et 305 m d’OGM, ainsi que des échantillons de pollen provenant de plusieurs ruches "références", a mis en avant la présence certifiée d’OGM, quelle que soit la distance. Cette expérimentation a été menée sous contrôle d’huissier, dans le Lot-et-Garonne à l’été 2006.

08/04/2007

Dérive



Où allons-nous ? La laïcité est-elle toujours de mise ?

03/04/2007

Poisson d'avril génial !



Les politiciens professionnels sont-ils de la même espèce que nous ? Leur cerveau fonctionne-t'il de la même façon ?

01/04/2007

Le bœuf aux hormones

La consommation de bœuf aux hormones est nuisible à la fertilité humaine. Voir l'information figurant dans l'album "bœuf aux hormones".
Et aussi les albums:
"pesticides et spermatozoïdes"
"hormones et spermatozoïdes"
qui sont des résumés en anglais d'articles parus dans la presse scientifique.

22:00 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

Tout est lié...