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08/05/2008

les pesticides en France



"L'importance de l'exposition aux pesticides, notamment par voie alimentaire, est mise en évidence par deux études. La première, réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et publiée fin avril, montre que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR). La seconde, présentée mercredi 7 mai par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), conclut que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés"."...
..."Le pourcentage de non-conformité a très légèrement diminué par rapport à l'année précédente, passant de 6,7 % à 6 %, mais les données de l'année 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ces chiffres "montrent l'urgence de mettre en application la mesure de réduction de l'usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle"...
..."Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l'un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l'environnement intérieur.
"Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides."

07/05/2008

à propos du documentaire "LE MONDE SELON MONSANTO"

Pour ceux qui ont vu le documentaire (et les autres), le texte suivant est assez instructif ...
Il est accessible sur le site :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1689
(si vous avez des explications scientifiques à demander, n'hésitez pas; je m'efforcerai d'y répondre)

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Réponses de Marie-Monique Robin au texte des chercheurs de l’AFIS
18 mars 2008

Des internautes vigilants m’ont signalé un article mis en ligne sur le site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) qui « se donne pour but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des œuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques »… (http://www.pseudo-sciences.org/)

À dire vrai, cela ne m’a pas étonnée, car cette association est connue pour ses prises de position scientistes pures et dures et son soutien sans faille à l’establishment scientifique, dont elle estime que la parole et les travaux ne sauraient être questionnés par des citoyens aussi ignares qu’impies parce que non scientifiques. C’est précisément au nom de cette science « au-dessus de la mêlée » et qui n’a de compte à rendre à personne, qu’ont pu avoir lieu les grands scandales sanitaires des vingt dernières années : affaire du sang contaminé, crise de la vache folle, drame de l’hormone de croissance, ou désastre criminel de l’amiante.

Concernant ce dernier dossier, je voudrais rapporter une anecdote à laquelle je n’ai cessé de repenser au fur et à mesure que s’allongeait la liste des victimes de l’amiante : au milieu des années 1980, journaliste fraîche émoulue, j’ai travaillé régulièrement pour une agence de presse institutionnelle qui réalisait notamment le journal d’entreprise d’Everite, une filiale de Saint Gobain, spécialisée dans la production d’ardoises et de tôles en fibrociment. À plusieurs reprises, je me suis rendue dans ses usines, situées à Dammarie-les-Lys et à Descartes, où j’étais censée témoigner des mesures de sécurité mises en place par Saint Gobain pour protéger ses ouvriers des méfaits (mortels) de l’amiante. Je me souviens d‘une interview que j’avais réalisée d’un responsable scientifique du Comité permament amiante (CPA) qui m’avait doctement expliqué que si la concentration en fibres d’amiante par mètre cube d’air ne dépassait pas un certain seuil, alors l’exposition était sans risque. Il donnait pour preuve des études scientifiques « au-dessus de tout soupçon » que, bien sûr, je m’étais empressée de citer dans mon article… Comment imaginer les mensonges et manipulations qui allaient conduire à l’un des plus grands scandales sanitaires que la France ait jamais connus ?

On sait, aujourd’hui, que le CPA était sous la coupe de Saint Gobain qui a caché les effets hautement cancérigènes de l’amiante, connus depuis le début du XXème siècle. Pire : cette omerta criminelle a été couverte par des scientifiques recrutés par le CPA pour lui « fournir une caution scientifique incontestable », selon les termes d’un rapport rédigé par le sénat (http://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-17.html#toc32). Après l’interdiction définitive de l’usage de l’amiante, en 1996, des ouvriers malades de Dammarie-les-Lys et de Descartes ont porté plainte contre Saint Gobain, à l’instar de milliers de victimes un peu partout en France… De cette expérience j’ai gardé une méfiance viscérale par rapport à la parole officielle des scientifiques surtout quand elle est liée aux intérêts des industriels, et un attachement indéfectible au principe de précaution, n’en déplaise à nos amis de l’AFIS…

Revenons au site de l’AFIS, justement, qui vient donc de mettre en ligne un article intitulé sobrement « Le monde selon Monsanto. Un film de Marie-Monique Robin ». L’avant-propos est signé par Michel Naud, un « ingénieur et chef d’entreprise », président de l’AFIS, qui se présente comme un « rationaliste scientifique » et un « bright »… (http://brightsfrance.free.fr/michel.naud.htm.) Je note que pour lancer leur « mise en garde » contre ce que Michel Naud appelle les « contrevérités et les approximations relayées sans esprit critique » par mon enquête sur Monsanto, les auteurs de l’AFIS n’ont rien trouvé de mieux que d’avoir recours à la calomnie et à la désinformation. Parmi les quelque deux cents reportages et documentaires que j’ai réalisés pour la télévision (voir mon CV sur le site d’ARTE), ils en ont retenu deux qui leur semblaient devoir jeter le discrédit sur mon travail. Le premier, dont je suis très fière, concerne un documentaire que j’ai réalisé en 1994 pour M6 et Planète Câble sur le trafic d’organes en Amérique du Sud. Intitulé « Voleurs d’organes » (version longue) ou « Voleurs d’yeux » (version courte), il a été diffusé dans une trentaine de pays et m’a valu cinq prix internationaux, dont le prix Albert Londres, et une… campagne de diffamation, orchestrée par l’USIA – United State Information Agency- une agence gouvernementale américaine, spécialisée dans ce qu’elle appelle la « white propaganda » (« propagande blanche », à la différence de la « black propaganda » de la CIA, dont l’USIA est proche). Il m’est impossible de relater ici tous les dessous de cette incroyable affaire et je renvoie les curieux à mon livre « Voleurs d’organes. Enquête sur un trafic » que j’ai publié aux Editions Bayard (disponible sur Amazon.fr) Je me contenterai de résumer les informations importantes que Michel Naud semble ignorer. Après la projection de mon film à la Commission permanente des droits de l’homme de l’ONU, un certain Todd Leventhal de l’USIA a commencé à propager le fait que j’étais « membre du KGB » (en 1995 !), puis que j’avais payé les témoins de mon film. Au coeur de cette campagne de diffamation se trouvait le témoignage d’une mère colombienne qui affirmait qu’on avait volé les cornées à son fils Jaison que j’ai rencontré dans un institut pour enfants aveugles de Bogota. Face à ces accusations graves, le jury du prix Albert Londres décida de suspendre mon prix, pour vérifier le sérieux de mon enquête, ce qui fit la une des journaux. Après vérification, il me rendit le prix, le 20 mars 1996, en soulignant qu’il « n’avait décelé aucune intention frauduleuse chez la réalisatrice, même si son reportage n’apporte pas les preuves irréfutables de ce qu’elle avance dans le cas précis de l’enfant Jaison Cruz Vargas ». Le jury, qui me lavait du soupçon infâmant de bidonnage, ne pouvait, cependant, pas écrire autre chose : dans l’affaire du petit Jaison (qui ne représente que cinq minutes sur un documentaire de 57 minutes), j’ai toujours su qu’il n’y aurait jamais de preuves irréfutables du crime que dénonçait sa mère, tout simplement parce que cette femme démunie d’un bidonville n’avait pas eu les moyens d’intenter un procès au moment des faits (dix ans plus tôt) et que sa parole ne faisait pas le poids face au puissant lobby des mandarins. De fait, elle subit des pressions monstrueuses, d’abord pour se rétracter, puis pour accepter que son fils soit examiné par des médecins à Paris. Le voyage fut organisé, en août 1995, par la clinique du Pr. José Barraquer, haut lieu des greffes de cornées internationales à Bogota, et le gouvernement colombien, alors dénoncé par Amnesty International pour son inertie face aux nombreuses violations de droits de l’homme commises dans le pays. Le 18 septembre 1995, Me Pernet, l’avocat de l’ambassade de Colombie, rendait public le rapport du trio de médecins censé avoir examiné Jaison. Mais comme le révèle ledit rapport, il n’y eut jamais d’ « examen », mais la seule interprétation d’un dossier médical fourni par la clinique Barraquer… En fait, l’examen était impossible, car, comme le souligneront des médecins courageux qui ont publié un contre-rapport, il avait été posé des prothèses oculaires à Jaison, peu avant son voyage à Paris, ce qui avait nécessité de « nettoyer ses cavités oculaires » rendant impossible tout examen… En attendant, j’ai attaqué en diffamation Me Pernet ainsi que José Mackenzie, un journaliste colombien, qui m’avaient accusé de « bidonnage ». Pour leur défense, ils ont produit le fameux rapport, qui ne leur fut pas d’un grand secours, puiqu’ils ont été tous les deux condamnés pour diffamation. Au même moment, le Pr. Barraquer était débouté de l’action qu’il avait intentée contre moi et mon producteur, l’agence CAPA, pour « préjudice commercial » (sic), il a poursuivi jusqu’en cassation, mais en vain… J’ajoute qu’après cette affaire qui a bouleversé ma vie, je n’ai pas pu retourner en Colombie pendant dix ans, car, comme l’a expliqué un représentant du Quai d’Orsay à Hervé Chabalier, le patron de l’agence CAPA, des « contrats » avaient été placés sur ma tête, ce qui prouve que j’avais mis le doigt sur un sujet hautement dérangeant… Enfin, je tiens à souligner, que contrairement aux affirmations de Michel Naud, le vol d’organes n’est pas une « légende urbaine ». L’arrestation récente au Népal (7 février 2008) du médecin indien Amit Kumar, accusé de diriger depuis des années un réseau de trafic de reins, et poursuivi pour « transplantation illégale de reins, escroquerie et complot criminel », est une preuve qui s’ajoute aux multiples révélations qui ont suivi la diffusion de mon documentaire. Il est sûr, en revanche, que si ce trafic honteux a pu se développer en toute impunité, c’est notamment grâce au déni têtu d’un certain nombre de médecins qui ont découragé toutes les tentatives d’enquête sérieuse…

Le deuxième documentaire que cite Michel Naud, apparemment pour me discréditer, était intitulé « La science face au paranormal » et fut diffusé, effectivement, d’abord sur Canal +, puis sur ARTE, en 2004. Il s’intéressait aux expériences menées sur les phénomènes dits de « perception extra-sensorielle » par des scientifiques de l’Université de Edimbourg (Ecosse) et des États Unis, où les parapsychologues sont regroupés au sein d’une association qui fait partie de l’American Association for the Advancement of Science, l’AAAS, laquelle coiffe toutes les disciplines scientifiques américaines et édite le célèbre magazine Science. Je rappelle, au passage, que la France est l’un des rares pays occidentaux à ne pas mener d’étude dans ce domaine, ce qui ne rend pas moins légitime d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs… De mon enquête, j’ai conçu un beau livre, publié aux eidtions du Chêne, et ainsi présenté par le magazine Science et Vie : « Un fascinant périple qui invite à transcender la séparation opérée par la pensée occidentale entre esprit et matière »… De quoi faire monter au rideau, nos amis de l’AFIS…

Après l’introduction malhonnête de Michel Naud, le papier principal est signé par Marcel Kuntz, un « biologiste, directeur de recherche au CNRS ». En consultant le site de l’AFIS, je suis tombée sur l’une de ses contributions fort intéressantes, où il vole au secours de Monsanto, dans l’affaire du maïs MON 863 que j’ai déjà évoquée sur mon blog (rubrique « l’actualité des OGM »). http://www.pseudo-sciences.org/spip.php ?article734 J’invite le lecteur à comparer les deux versions de ce cas d’école, et je me contente de souligner les étranges oublis du scientifique : en effet, à aucun moment il ne signale qu’il a fallu une décision du tribunal de Munich, le 9 juin 2005, pour que les fameuses 1139 pages du dossier technique de Monsanto soient rendues publiques, la firme s’y opposant au nom du « secret commercial » ! De quoi avait-elle donc peur ? Et bien que l’on découvre que les anomalies observées sur les rats nourris avec son maïs transgénique étaient bien plus importantes que ce que révélait l’examen du résumé de données qu’elle avait fourni aux autorités européennes. D’ailleurs, deuxième « oubli », la Communauté européenne a finalement décidé d’enterrer subrepticement cet encombrant dossier…

J’en viens maintenant à la démonstration censée éclairer le lecteur sur les « arguments scientifiques maltraités » dans mon documentaire. Je note que loin de se baser sur les éléments présentés dans mon enquête, celle-ci distord le récit pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit : à savoir des généralités sur les biotechnologies. Pour les lecteurs, qui n’ont pas encore vu le film (rendez-vous mardi 11 mars sur ARTE !), je rappelle qu’il raconte le passé de chimiste de Monsanto à travers quatre produits très controversés : les PCB, l’agent orange, l’hormone de croissance laitière et le roundup, ainsi que l’histoire du premier OGM autorisé dans les champs : le soja dit « roundup ready ». Cet intérêt est d’autant plus légitime que 90 % des OGM aujourd’hui cultivés dans le monde appartiennent à Monsanto et que le soja roundup ready représente la plante transgénique la plus cultivée au monde. De plus, son autorisation de mise sur le marché en 1995 a ouvert la voie aux autres OGM cultivés.

- Concernant le L-Tryptophan : sur ce point, le verbiage scientifique utilisé par Marcel Kuntz occulte l’une des révélations clés de mon enquête, à savoir, que les auteurs de la directive sur les OGM, publiée le 29 mai 1992 par la Food and Drug Administration, mentent quand ils écrivent : « L’agence n’a jamais reçu d’information qui montre que les aliments dérivés des nouvelles méthodes diffèrent des autres aliments d’une manière significative ou uniforme, ni que, en tant que catégorie, les aliments dérivés des nouvelles techniques soient l’objet de préoccupations différentes ou plus grandes concernant leur sécurité que ceux développés par le croisement traditionnel »… Six mois plus tôt, en effet, James Maryanski, le coordinateur des biotechnologies au sein de la FDA, qui encadra la rédaction de la directive, écrivait dans un document aujourd’hui déclassifié : « Nous ne savons pas quelle est la cause de l’EMS mais nous ne pouvons pas exclure l’hypothèse qu’elle soit due à la manipulation de l’organisme ». Pour ceux qui n’ont pas vu mon film ni lu mon livre, je rappelle que l’EMS est une maladie inconnue (« syndrome éosinophilie-myalgie » « EMS » en anglais) qui frappa les consommateurs de la version transgénique du L-Tryptophan, un supplément alimentaire fabriqué par une entreprise japonaise, et causa des dizaines de morts et laissa des milliers de personnes handicapées (cf. chapitre 7 de mon livre). James Maryanski confirma les faits devant ma caméra, et contrairement à ce qu’affirme Marcel Kuntz, on ne sut jamais avec certitude quelle était l’origine de l’EMS, et encore moins en mai 1992…

- Concernant l’« argument numéro 1 » : les reproches faits par Marcel Kuntz – selon lequel j’aurais fait un « contre-sens complet » au sujet du « principe d’équivalence en substance » – sont d’une mauvaise foi absolue. Ce que démontre mon enquête, avec les témoins clés (James Maryanski de la FDA et Dan Glickman, ancien secrétaire d’État à l’Agriculture), les documents déclassifiés de la FDA, et les archives audiovisuelles (visite de George Bush, vice-président de Ronald Reagan dans les laboratoires de Monsanto, le 15 mai 1987) : 1)le « principe d’équivalence en substance » ne repose sur aucune donnée scientifique, mais sur une « décision politique » de la Maison-Blanche, destinée à favoriser, au plus vite, la mise sur le marché des OGM, en permettant que les produits issus des biotechnologies échappent aux tests sanitaires ou environnementaux ; 2)ce principe d’équivalence en substance était vivement critiqué par les propres scientifiques de la FDA qui pensaient, au contraire, que le processus de manipulation génétique pouvait entraîner des « risques spécifiques » et recommandaient donc que les OGM soient minutieusement testés avant leur mise sur le marché, mais ils n’ont pas été écoutés ; 3)effectivement, ce « principe a évolué depuis l’origine », puisque le Codex alimentarius de l’ONU recommande depuis… 2000 qu’il soit considéré comme une « étape ». Mais c’était quatre ans après la mise sur le marché du soja Roundup ready, qui recouvre aujourd’hui des millions d’hectares ! 4)les chercheurs européens ont brillé par leur silence quand ce principe a été introduit, sous la houlette de la FDA et de Monsanto, au début des années 1990, à l’OMS, la FAO et l’OCDE, alors qu’aucun OGM n’était encore cultivé (cf. chapitre 8 de mon livre).

- Concernant l’« argument N°2 » : quand M. Kuntz dénigre la qualité scientifique des travaux du « lanceur d’alerte » Arpad Pusztai, il réécrit cette affaire. J’y ai, en tout cas, consacré de nombreuses pages dans mon livre (chapitre 9). Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est le volte-face de l’Institut Rowett (deux témoins rapporteront les pressions exercées sur son directeur par « Tony Blair et Clinton » pour qu’il arrête l’étude sur les pommes de terre transgéniques ; encore une fois : de quoi a-t-on peur ?), la mise à l’écart brutale du chercheur, le démantèlement inexpliqué de l’équipe de recherche, la campagne de dénigrement aboslument inhabituelle de la Royal Society. Contrairement à ce qu’affirme M. Kuntz, vingt scientifiques internationaux ont soutenu les résultats d’Arpad Pusztai qui « montraient très clairement que les pommes de terre transgéniques avaient des effets significatifs sur la fonction immunitaire des rats ».

- Concernant l’« argument N°3 » : là encore, contestant les critiques que je rapporte à une étude de chercheurs de Monsanto publiée en 1996 et prétendant prouver l’innocuité d’un soja transgénique, M. Kuntz fait preuve d’une mauvaise foi absolue quand il affirme que cette étude « n’a été contestée par aucun spécialiste du domaine ».

Le fait qu’une étude soit publiée dans une « revue scientifique de référence » et « peer reviewed » n’est malheureusement pas la preuve qu’elle est sérieuse ! C’est ce que j’ai eu la tristesse de découvrir pendant mon enquête. Exemple : l’étude publiée dans Science en août 1990 par deux scientifiques de la FDA, qui voulaient justifier la mise sur le marché de l’hormone de croissance laitière de Monsanto. Une publication de dix pages, dont le principal relecteur était l’un des chercheurs payés par Monsanto pour mener des études sur les vaches ! Plus tard, on découvrira que des données capitales avaient été cachées par les auteurs ! (Cf : chapitre 5 de mon livre).

Et que dire de Richard Doll, un cancérologue éminent qui eut le courage de s’attaquer aux fabricants de tabac, en montrant les liens entre le tabagisme et le cancer du poumon.

En 1981, Sir Richard Doll avait publié un article très cité sur l’épidémiologie du cancer, dans lequel il affirmait que les causes environnementales jouent un rôle très limité dans la progression de la maladie … Seulement voilà : la légende a volé en éclats en 2006, lorsque The Guardian révéla que l’honorable Sir Doll avait travaillé secrètement pour Monsanto pendant vingt ans !

Parmi les archives qu’il avait déposées en 2002 dans la bibliothèque du Welcome Trust, figurait une lettre, datée du 29 avril 1986, avec l’en-tête de la firme de Saint-Louis.

Rédigée par William Gaffey, un scientifique de Monsanto, auteur d’ études manipulées sur la dioxine, (et dûment publiées dans des revues scientifiques de référence, "peer reviewed, etc) elle confirmait le renouvellement du contrat à raison de 1 500 dollars par jour... ( « Renowned cancer scientist was paid by chemical firm for 20 years », The Guardian, 8/12/2006 ; L. Hardell , MJ walker, B. Wahljalt, LS Friedman et ED Richter, « Secret ties to industry and conflicting interests in cancer research, American Journal of Industrial Medecine , 3/11/2006.)

S’agissant du Pr. Ian Pryme, dont M. Kuntz conteste les critiques, je livre ici l’extrait de mon interview, tel que je l’ai publié dans mon livre, ainsi que ma rencontre avec Manuela Malatesta, qui a eu la mauvaise idée de répéter, dans des conditions rigoureuses, l’étude conduite par Monsanto sur des rats, poulets, poissons et vaches laitières.

Je rappelle qu’en 2003, Ian Pryme et un collègue danois, le Pr. Rolf Lembcke (aujourd’hui dédédé) ont analysé les (rares) études toxicologiques conduites sur les aliments transgéniques.

EXTRAIT :

« Nous avons été très surpris de découvrir qu’il n’y avait que dix études recensées dans la littérature scientifique, m’explique Ian Pryme, c’est vraiment très peu au regard de l’enjeu.
- Comment l’expliquez-vous ?
- D’abord, il faut savoir qu’il est très difficile de se procurer des échantillons des matériaux transgéniques parce que les firmes en contrôlent l’accès. Elles exigent une description détaillée du projet de recherche, et elles sont très réticentes à fournir leurs OGM à des scientifiques indépendants pour qu’ils les testent. Quand on insiste, elles évoquent le « secret commercial ». Par ailleurs, il est très difficile d’obtenir des financements pour conduire des études sur les effets à long terme des aliments transgéniques. Avec des collègues provenant de six pays européens, nous avons demandé des fonds à l’Union européenne qui a refusé sous prétexte que les compagnies avaient déjà conduit elles-mêmes ce genre d’études…
- Que dire de l’étude conduite par Monsanto sur les rats, poulets, poissons et vaches laitières ?
- Elle est très importante parce qu’elle a servi de base au principe d’équivalence en substance et elle explique, en partie, l’absence d’études complémentaires. Mais je dois dire qu’elle est très décevante d’un point de vue scientifique. Si on m’avait demandé de la relire avant publication, je l’aurais rejetée, car les données fournies sont trop insuffisantes. Je dirais même que c’est de la mauvaise science…
- Avez-vous essayé de vous procurer les données brutes de l’étude ? – Oui, mais malheureusement, Monsanto a refusé de les communiquer au motif qu’elles étaient couvertes par le secret commercial… C’est la première fois que j’entendais un tel argument concernant les données d’une recherche… Normalement, dès qu’une étude est publiée, n’importe quel chercheur peut demander à consulter les données brutes, pour répéter l’expérience et contribuer au progrès scientifique. Le refus de Monsanto donne immanquablement l’impression que la firme a quelque chose à cacher : soit que les résultats ne sont pas suffisamment convaincants, soit qu’ils sont mauvais, soit que la méthodogie et le protocole utilisés ne sont pas suffisants pour résister à une analyse scientifique rigoureuse. Pour faire notre étude, nous avons donc dû nous contenter du résumé fourni par la firme aux agences de réglementation. Et il y a des choses très troublantes. Par exemple, à propos de l’étude sur les rats, les auteurs écrivent : ‘ À part leur couleur marron foncée, les foies paraissaient normaux lors de la nécropsie… cette couleur n’est pas considérée comme étant liée à la modification génétique ‘. Comment peuvent-ils prétendent cela, sans faire des sections des foies et les observer au microscope pour être sûrs que cette couleur marron foncée est normale ! Manifestement, ils se sont contentés d’une évaluation oculaire des organes, ce n’est pas une manière scientifique de conduire une étude post-mortem ! De même, les auteurs indiquent que ‘ les foies, les testicules et les reins ont été pesés ‘ et que ‘ plusieurs différences ont été observées’, mais qu’elles ne furent ‘pas considérées comme étant liées à la manipulation génétique’… Encore une fois, comment peuvent-ils affirmer cela ? Manifestement, ils n’ont pas analysé les intestins ni les estomacs, ce qui constitue une faute très grave dans une étude toxicologique. Ils disent aussi que quarante tissus ont été prélevés, mais on ne sait pas lesquels ! D’ailleurs, je ne connais que vingt-trois tissus répertoriés, comme la peau, les os, la rate, la thyroïde, quels sont les autres ? De plus, les rats utilisés pour l’expérience avaient huit semaines : ils étaient trop vieux ! D’habitude, pour une étude toxicologique, on utilise de jeunes cobayes, pour voir si la substance testée a un impact sur le développement de leur organisme qui est en pleine croissance. Le meilleur moyen de cacher des effets nocifs éventuels c’est d’utiliser des cobayes âgés, d’autant plus que, malgré les anomalies constatées, l’étude n’a duré que vingt-huit jours, ce qui n’est pas suffisant… Le dernier paragraphe du texte résume bien l’impression générale : ‘ Les études toxicologiques fournissent une certaine assurance qu’aucun changement majeur ne s’est produit avec le soja modifié génétiquement… ‘ Je ne veux pas une ‘ certaine assurance ‘, mais une assurance à 100 % ! En fait, quand on sait que cette étude a justifié l’introduction des OGM dans la chaîne alimentaire, on ne peut qu’ être inquiets… Mais que faire ? Regardez ce qui est arrivé récemment à ma collègue Manuela Malatesta… »

La peur de Monsanto

J’ai rencontré Manuela Malatesta, le 17 novembre 2006, à l’Université de Pavie en Italie. Elle était encore traumatisée par l’expérience qu’elle venait de vivre qui l’avait contrainte à quitter l’université d’Urbino où elle avait travaillé pendant plus de dix ans. « Tout ça à cause d’une étude sur les effets du soja transgénique1 », me dit-elle avec un soupir. En effet, la jeune chercheuse a fait ce que personne n’avait fait : répéter l’étude toxicologique conduite dix ans plus tôt par Monsanto. Avec son équipe, elle a nourri un groupe de rats avec une diète habituelle (groupe contrôle) et un autre groupe avec la même diète à laquelle avait été ajouté du soja Roundup ready (groupe expérimental). Pris dès le sevrage, les cobayes ont été suivis jusquà leur mort (en moyenne deux ans plus tard). « Nous avons étudié les organes des rats au microscope électronique, m’explique Manuela Malatesta, et nous avons constaté des différences statistiquement significatives notamment dans les noyaux des cellules du foie des rats nourris avec du soja transgénique. Tout semble indiquer que les foies avaient une activité physiologique plus élevée. Nous avons trouvé des modifications similaires dans les cellules du pancréas et des testicules.
- Comment expliquez-vous ces différences ?
- Malheureusement, nous aurions aimé poursuivre ces études préliminaires, mais nous n’avons pas pu, car les financements se sont arrêtés… Nous n’avons donc que des hypothèses : les différences peuvent être dues à la composition du soja ou aux résidus de roundup. Je précise que les différences que nous avons constatées ne sont pas des lésions, mais la question est de savoir quel rôle biologique elles peuvent avoir à long terme, et pour cela il faudrait développer une autre étude…
- Pourquoi ne le faites vous pas ?
- Ah ! murmure Manuela Malatesta, en cherchant ses mots. Actuellement, la recherche sur les OGM est un sujet tabou… On ne trouve pas d’argent pour cela. Nous avons tout fait pour trouver un complément de financement, mais on nous a répondu que, comme dans la littérature scientifique, il n’y avait pas de données qui prouvent que les OGM provoquent des problèmes, il était donc totalement inutile de travailler là-dessus. On ne veut pas trouver de réponses aux questions qui gênent… C’est le résultat de la peur diffuse qu’il y a de Monsanto et des OGM en général… D’ailleurs, quand j’ai parlé des résultats de l’étude à certains de mes collègues, ils m’ont vivement déconseillée de les publier, et ils avaient raison, car j’ai tout perdu… mon laboratoire, mon équipe, j’ai dû recommencer à zéro dans une autre université grâce à un collègue qui m’a soutenue…
- Est-ce que les OGM vous inquiètent ?
- Aujourd’hui, oui ! Pourtant au début j’étais persuadée qu’ils ne posaient pas de problème, mais maintenant les secrets, les pressions et la peur qui les entourent, me font douter »…

FIN DE L’EXTRAIT

S’agissant de l’étude (publiée en 1996 dans The Journal of Nutrition) conduite par Stephen Padgette, un chercheur de Monsanto, aujourd’hui vice-président de la firme, je m’y suis également intéressée de très près, pas dans mon film, mais dans mon livre (chapitre 8). Je rappelle qu’elle visait à montrer que la composition en « nutriments et antinutriments » du soja Roundup ready était « similaire » à celle du soja conventionnel. Voici ce que j’ai découvert :

EXTRAIT

C’est précisément pour en avoir le coeur net que Marc Lappé (aujourd’hui décédé) et sa collègue Britt Bailey ont décidé de répéter l’expérience menée par Stephen Padgette. « Pour notre étude, m’explique Britt Bailey, que j ‘ai rencontée à San Francisco en octobre 2006, nous avons planté des graines de soja Roundup ready, ainsi que des graines issues des lignées conventionnelles d’origine, la seule différence étant la présence du gène Roundup ready dans les graines de Monsanto. Je précise que nous avons réalisé les cultures dans des sols strictement identiques avec les mêmes conditions climatiques pour les deux groupes. Les pousses de soja transgénique ont été aspergées de Roundup, en respectant les recommandations de Monsanto. En fin de saison, nous avons récolté les grains issus des deux groupes et nous avons comparé leur composition organique.
- Quels furent les résultats ?
- Nos analyses ont montré des différences importantes entre le soja Roundup ready et le soja conventionnel, et notamment un niveau d’isoflavones, et donc de phytoestrogènes, de 12 % à 14 % moins élevé, ce qui prouve clairement que la composition du soja Roundup ready n’est pas équivalente au soja conventionnel. Nous avons envoyé nos données à la FDA, mais elle ne nous a jamais répondu…
- Comment a réagi Monsanto ?
- Nous avons proposé notre étude au Journal of Medicinal Food qui l’a donc soumise à des relecteurs. Elle a été acceptée et sa publication a été fixée au 1er juillet 1999. Curieusement, une semaine avant la publication, alors que selon l’usage l’article était encore sous embargo, l’Association américaine du soja, connue pour ses liens avec Monsanto, a publié un communiqué de presse affirmant que notre étude n’était pas rigoureuse. Nous n’avons jamais su d’où venait la fuite… » J’ai retrouvé le communiqué de l’association (dont je rencontrerai bientot le vice-président), sur le site britannique de… Monsanto, qui en présente une version française ! « L’ASA a foi dans les analyses de soja Roundup ready menées par les services de tutelle aux États-Unis et dans le monde et aux études scientifiques qui les étayent et qui montrent une équivalence entre le soja Roundup ready et le soja classique… », y est-t-il écrit dans une langue de bois qui égratigne un peu la langue de Voltaire3... « Comment expliquez-vous que Monsanto ait conclu que les deux sojas étaient équivalents ?, demandé-je.
- Je pense que la faille principale de leur étude, c’est qu’ils n’ont pas arrosé les grains avec du Roundup, ce qui invalide complètement l’étude car le soja Roundup ready est fait pour être arrosé d’herbicide !
- Comment le savez-vous ?
- Grâce à une étourderie du service juridique de Monsanto ! » Et Britt Bailey de me montrer une lettre adressée par Tom Carrato, l’un des avocats de Monsanto, à Vital Health Publishing, un éditeur qui était alors sur le point de publier un livre qu’elle avait écrit avec Marc Lappé sur les OGM. À dire vrai, ce courrier daté du 26 mars 1998, fait froid dans le dos tant il en dit long, encore une fois, sur les pratiques de la firme. Après avoir expliqué qu’il avait été informé de l’imminence de la publication dans un article du Winter Coast Magazine, le conseil écrit, avec une assurance déconcertante : « Les auteurs du livre prétendent que le Roundup est toxique. Que veulent-ils dire par ‘toxique ‘ ? Chacun sait que toute substance, qu’elle soit synthétique ou naturelle, est capable d’être toxique à une certaine dose. […] Quiconque a bu plusieurs tasses de café ou observé une personne boire de l’alcool sait que tout est affaire de dose et de seuil à ne pas dépasser. […] Ces erreurs doivent être corrigées avant la publication parce qu’elles […] dénigrent et diffament potentiellement le produit. » Un peu plus loin, Tom Carrato défend l’étude réalisée par Stephen Padgette et fait, en effet, un bel aveu : « Les tests menés sur du soja Roundup ready non pulvérisé ne montrent aucune différence dans les niveaux d’oestrogène. Les résultats ont été publiés dans un article relu par des pairs dans le Journal of Nutrition en janvier 1996. » « En tout cas, la lettre a été efficace, soupire Britt Bailey, car notre éditeur a renoncé à publier notre livre, et nous avons dû en chercher un autre5...
- Savez-vous si les résidus de Roundup que l’on trouve immanquablement sur le soja transgénique ont été évalués, d’un point de vue sanitaire ?, demandé-je.
- Jamais ! En écrivant notre livre, nous avons découvert qu’en 1987 le niveau de résidus de glyphosate autorisé sur les grains de soja était de six parts par milliard. Et puis bizarrement en 1995, un an avant la mise sur le marché du soja Roundup ready, le niveau permis par la FDA est passé à vingt ppm. J’ai parlé avec Phil Errico, le directeur du département glysophate à l’EPA, et il m’a dit : ‘ Monsanto nous a fourni des études qui montraient que 20 ppm ne posaient pas de risque pour la santé et le niveau autorisé a été changé’. Bienvenue aux États-Unis ! » Pour être honnête, l’Europe ne vaut guère mieux : d’après une information publiée par Pesticides News, en septembre 1999, en réponse à l’importation du soja transgénique américain, la communauté européenne a multiplié par deux cents le taux de résidu de glyphosate autorisé en le portant de 0,1 mg/kg à 20 mg/kg…

FIN DE L’EXTRAIT

- Concernant l’« argument numéro 4 », où M. Kuntz met en cause la pertinence de mon enquête sur les dégâts du conton transgénique Bt en Inde : j’ai déjà répondu à cet argument dans le message intitulé « Inde » (rubrique « l’actualité des OGM »). Je note que M. Kuntz cite, sans sourciller, les chiffres de l’ISAAA, un institut financé notamment par Monsanto, ainsi que le révélait récemment Le Monde…

- Concernant l’« argument numéro 5 », où M. Kuntz met en cause les travaux d’Ignacio Chapela sur la présence de maïs OGM au Mexique, je dois dire qu’on atteint là le summum de la mauvaise foi. Les travaux du Pr. Chapela n’ont pas « été contredits par d’autres », mais bel et bien confirmés, ainsi que je l’explique longuement dans mon livre (Cf chapitre 12). M. Kuntz ignore aussi superbement la campagne de diffamation lancée contre le chercheur de Berkeley sur Internet par de faux scientifiques créés de toutes pièces par Monsanto, ainsi que je l’ai déjà expliqué dans mon message « appel à la vigilance » (rubrique « les nouvelles de la toile »). Ce qui prouve, que la « firme n’a aucune envie de convaincre avec des arguments » et qu’« elle est prête à tout pour imposer ses produits partout dans le monde, y compris à détruire la réputation de tous ceux qui peuvent lui faire obstacle… », ainsi que me l’a expliqué Jonathan Matthew, qui a découvert les « méthodes très sales de Monsanto ». Par ailleurs, si le Pr. Chapela a été si vivement attaqué, c’est surtout pour la deuxième découverte que livrait son étude, ainsi qu’il me l’a expliqué, lorsque je l’ai rencontré à San Francisco.

EXTRAIT :

« Le deuxième point de notre étude était beaucoup plus sérieux pour Monsanto et consorts. En effet, en cherchant où étaient localisés les fragments d’ADN transgénique, nous avons constaté qu’ils s’étaient insérés à différents endroits du génome de la plante, de manière complètement aléatoire. Cela signife que, contrairement à ce qu’affirment les fabricants d’OGM, la technique de manipulation génétique n’est pas stable, puisqu’une fois que l’OGM se croise avec une autre plante, le transgène éclate et s’insère de manière incontrôlée. Les critiques les plus virulentes se sont surtout concentrées sur cette partie de l’étude, en dénonçant notre incompétence technique et notre manque d’expertise pour pouvoir évaluer ce genre de phénomène. » Le fait que les « transgènes soient instables a des « implications graves », commente Science, « étant donné que le comportement d’un gène dépend de sa place dans le génome, l’ADN déplacé pourrait créer des effets absolument imprévisibles ». « Cela sape la prémisse fondamentale selon laquelle la manipulation génétique est une science sûre et exacte », renchérit le journaliste du East Bay Express…

FIN DE L’EXTRAIT

Je note que la découverte du Pr. Chapela était confirmée, à peu près au même moment, par Marc de Loose, un chercheur belge, qui a découvert un « fragment d’ADN inconnu dans une variété de soja génétiquement modifié de Monsanto », preuve que la manipulation est tout sauf une « science exacte » (Le Monde, 19/8/2001).

Quant au « militant anti-OGM » mexicain qui s’exprime dans mon film, s’il l’est devenu c’est tout à fait par hasard : c’est parce qu’il a été contacté par des paysans indiens, inquiets de voir subitement des « maïs bizarres » dans leurs champs, qu’il a décidé de faire tester les « monstres » : ceux-ci ont révélé qu’ils contenaient un transgène, dû au croisement d’un maïs transgénique avec un maïs traditionnel…

En guise de conclusion :

Les arguments pseudo-scientifiques de M.Kuntz visent à noyer le lecteur pour semer le doute sur ma capacité à comprendre réellement le sujet que je traite. C’est ce que j’appelle de l’arrogance. Je n’ai certes pas de doctorat en biologie, mais un bac scientifique qui m’a amplement suffi pour assimiler la matière et surtout saisir les enjeux et poser les bonnes questions. Surtout, loin de commenter le film, M. Kuntz botte systématiquement en touche, en ignorant avec une malhonnêteté stupéfiante, ce que disent réellement les interlocteurs de mon film.

06/05/2008

Darwin et sa théorie de l'évolution comme au musée mais sur le Web



..."Seuls les chercheurs avaient jusqu'à présent accès aux collections de l'université britannique. Chacun peut désormais consulter plus de 43 000 pages de textes et 150 000 images retraçant la grande et les petites histoires d'une oeuvre fondatrice de la biologie moderne."...

17:20 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

04/05/2008

Pas de sentiments pour les commerçants

lu sur univers-nature (lien ci-contre)
28-04-2008

Un projet de site Ikéa interroge sur son engagement écologique

Le groupe Ikéa, référence en matière d’ameublement bon marché, affiche fièrement depuis quelques années ses préoccupations environnementales. Bien qu’aucune date butoir n’ait été fixée, il prévoit ainsi d’améliorer son efficacité énergétique de 25% par rapport à 2005. Comptant parmi les matériaux phares utilisés par la marque, le bois est garanti de source légale. D’après les dires du groupe, des experts en gestion forestière sont chargés de veiller à ce que les fournisseurs ne s’approvisionnent pas dans des forêts naturelles intactes.

Venant compléter cette politique « verte », les magasins Ikéa commercialisent des « paquets plats », permettant de réduire, selon eux, le nombre de trajets au cours de la phase de distribution. La société s’est engagée en parallèle à convertir toutes ses voitures de fonction en « carburants propres » d’ici 2010. Pour asseoir sa vocation écologique, Ikéa a mis en place des partenariats avec des organismes de défense de l’environnement, notamment avec le WWF (1) et l’ONF (Office national des forêts). L’enseigne collabore également au projet « Sow a Seed » destiné à réhabiliter 18 500 ha de forêt tropicale dans l’île de Bornéo, durement touchée par la déforestation.

Pourtant, malgré cet engagement affirmé, et réaffirmé, pour la protection de la planète, le groupe s’apprête à lancer la construction d’une plate-forme logistique dont les retombées environnementales seront dévastatrices pour la faune et le flore locales. Destiné à approvisionner les magasins du sud de l’Europe, le projet doit s’implanter dans la région de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), située à la frontière entre la Camargue et la plaine de la Crau, dernier vestige de steppe sauvage en France.

27 hectares de ces espaces naturels sauvages vont ainsi être sacrifiés. Une note salée que de nombreuses espèces végétales, majoritairement des orchidées sauvages, vont payer au prix fort. Les travaux d’aménagement, de nivellement et de drainage rendront le paysage inhospitalier pour cette flore, dépossédée de mares printanières vitales sous ces latitudes ensoleillées. La faune sera également touchée, à l’exemple des populations d’oiseaux privés de leur site de nidation.

Ce n’est pas la première fois que cette zone écologiquement sensible pâtit de lobbying industriels. Terrain de prédilection du Port Autonome de Marseille (PAM), Fos-sur-mer, malgré sa richesse naturelle, a été convertie en pôle industriel. En 2006, elle a accueilli 941 000 équivalents-conteneurs, dont 80% furent transportés par camions. Pour 2020, le PAM prévoit de recevoir près de 4 millions de conteneurs par an, dont 60% à moyen terme continueraient à être acheminés par voie routière. Des chiffres qui représentent un véritable désastre pour les milieux naturels environnants, d’autant moins acceptable face à l’attitude d’Ikéa, lequel prône sans vergogne une politique éco-responsable de transport.

Pour permettre la réalisation de ces sites, les études d’impacts sont fréquemment ″bâclées″. Dans le cas présent, Ikéa et le PAM ont fait l’impasse sur la conduite d’eau destinée à l’alimentation de l’entrepôt principal, dont il est peu probable qu’elle soit sans incidence pour l’écosystème visité. Des négligences pour le moins arrangeantes comme le souligne avec justesse l’organisation Naccica (Nature et Citoyenneté Crau Camargue) car « Pour chaque espèce passée sous silence, le PAM et les entreprises complices s’épargnent autant de demandes d’autorisation de destruction et de dépenses en mesures compensatoires ». Qu’il s’agisse d’une complicité voulue d’Ikéa ou d’une erreur de parcours, le carton rouge est de rigueur.

Cécile Cassier

1- Le WWF est un spécialiste de ce genre de partenariat. Le cimentier Lafarge a été un des premiers élus...

OGM : les députés qui se sont abstenus ou n'ont pas voté

Voici la liste des députés qui n'ont pas voté ou se sont abstenus lors du vote du 9 avril.
ENVOYEZ LEUR DES MAILS POUR LEUR DIRE QUE LA MAJORITÉ DES FRANÇAIS EST POUR LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION EN CE QUI CONCERNE LES OGM; CECI AVANT LE 13 MAI !
C'est très facile : allez sur le site de l'Assemblée Nationale, cliquez sur la liste alphabétique des députés, cliquez sur leur mail ou sur "Mél: Assemblée nationale", envoyez votre message en faisant un copié-collé (par exemple le résultat des derniers sondages sur la question).
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à voir sur le site de l’Assemblée Nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0098.asp

Analyse du scrutin n° 98 - Séance du : 09/04/2008
Scrutin public sur
l'ensemble du projet de loi, adopté par le Sénat après déclaration d'urgence, relatif aux organismes génétiquement modifiés.
Nombre de votants : 518
Nombre de suffrages exprimés : 477
Majorité absolue : 239
Pour l'adoption : 249
Contre : 228
L'Assemblée nationale a adopté

GROUPE : UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE (316)
Pour: 245

Abstention: 31
MM. Pierre-Christophe Baguet, François Calvet, Georges Colombier, Bernard Depierre, Vincent Descoeur, Eric Diard, Dominique Dord, Yannick Favennec, Jacques Grosperrin, Mme Arlette Grosskost, MM. Sébastien Huyghe, Paul Jeanneteau, Jacques Kossowski, Dominique Le Mèner, Lionnel Luca, Daniel Mach, Alain Marc, Jean-Pierre Marcon, Franck Marlin, Jean Marsaudon, Philippe-Armand Martin, Jean-Marie Morisset, Bernard Perrut, Etienne Pinte, Christophe Priou, Jacques Remiller, Martial Saddier, Francis Saint-Léger, Eric Straumann, Lionel Tardy et Mme Marie-Jo Zimmermann.

GROUPE : NOUVEAU CENTRE (22)
Pour: 4
MM. Jean Dionis du Séjour, Maurice Leroy, Rudy Salles et Marc Vampa.
Contre: 1
M. Pierre Lang.
Abstention: 10
MM. Charles de Courson, Philippe Folliot, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, Olivier Jardé, Yvan Lachaud, Claude Leteurtre, Jean-Luc Préel, François Rochebloine et François Sauvadet.
Non-votant: 1
M. Christian Blanc(Membre du gouvernement).

MISES AU POINT AU SUJET DU PRESENT SCRUTIN (N° 98)
(Sous réserve des dispositions de l'article 68, alinéa 4, du Règlement de l'Assemblée nationale)
M. Jean-Pierre Balligand, M. Jacques Desallangre, Mme Aurélie Filippetti, Mme Valérie Fourneyron, M. Paul Giacobbi, Mme Colette Langlade, M. Jean Launay, Mme Christiane Taubira, qui étaient présents au moment du scrutin ou qui avaient délégué leur droit de vote ont fait savoir qu'ils avaient voulu voter "contre"
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OGM : à rappeler aux députés avant le 13 mai

La majorité des Français, vos électeurs, sont pour le principe de précaution.
Ils seront attentifs à votre vote.

(voir : http://www.infogm.org/spip.php?article3422)
mars 2008

Selon les résultats d’un sondage réalisé par CSA en février 2008 à la demande de l’association Greenpeace, 71% des sondés souhaiteraient avoir la liberté de consommer sans OGM, notamment par le biais d’un étiquetage "sans OGM" [1]. Mais, précision de taille, ces sondés indiquent que cette étiquette devrait garantir 0% d’OGM, et non moins de 0,9% comme cela pourrait être proposé par le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Dans le même temps, selon un autre sondage réalisé par Ifop et commandé par le ministère de l’Écologie, 77% des sondés approuvent la décision gouvernementale de suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs Mon810 [2].


Notes

[1] http://blog.greenpeace.fr/news/nouv...

“...Pour 72% d’entre eux, il est important de pouvoir consommer des produits « sans OGM » et, pour 71% des personnes interrogées, le « sans OGM » doit être véritablement « sans OGM », et non un « sans OGM » contaminé jusqu’à 0,9%, comme le projet de loi le prévoit. Enfin, 60% des Français estiment que la France a plus intérêt à développer sa production sans OGM plutôt qu’à développer des cultures commerciales d’OGM, contre seulement 12% qui pensent le contraire.
« La volonté des citoyens est sans équivoque ! Une très grande majorité d’entre eux, quels que soient leur âge ou leurs préférences politiques, veut consommer des produits sans OGM. Or, le projet de loi, et à plus forte raison si les amendements de M.Bizet et de la Commission économique étaient adoptés, ne garantit pas du tout cette liberté et ce droit à produire et consommer sans OGM » déclare Arnaud Apoteker de Greenpeace France.”...

[2] http://www.leparisien.fr/home/info/...

“ La position des Français sur les OGM se durcit. Selon deux sondages, les deux tiers n'en veulent plus dans leur assiette. Et ils approuvent en masse la suspension du maïs Mon 810. Demain, le projet de loi OGM arrive en débat au Sénat.
ON LES SAVAIT réticents à la culture des OGM en plein champ. La hantise des Français va désormais plus loin puisqu'ils n'en veulent pas une trace dans leur assiette. Selon un sondage Ifop pour le ministère de l'Ecologie, 77 % approuvent la décision du gouvernement de suspendre la commercialisation du Mon 810, seul maïs OGM cultivé en France. Alors que le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés sera étudié à partir de demain au Sénat, un autre sondage CSA réalisé pour Greenpeace montre que 72 % des Français jugent « important » de pouvoir consommer des produits sans OGM. Ils sont même 71 % à exiger qu'un produit « sans OGM » ne contienne absolument aucun élément génétiquement modifié (alors que l'étiquetage n'est aujourd'hui obligatoire que si le produit contient plus de 0,9 % d'OGM). “...

03/05/2008

Non aux OGM : interpeller les députés

À NOTER : 7 DÉPUTÉS SOCIALISTES ET PRG NON PAS PARTICIPÉ AU PRÉCÉDENT VOTE et n'ont pas donné de délégation.
Christian Bataille, Jean Michel Boucheron, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Paul Chanteguet, Gilles Cocquempot, Michel Destot, Manuel Valls.
UN DÉPUTÉ GRD N'A PAS PARTICIPÉ AU VOTE.
7 DÉPUTÉS DU NOUVEAU CENTRE n'ont pas participé au vote sans donner de délégation (nous recherchons les noms; si vous les connaissez, contactez-nous)
3 DÉPUTÉS NON-INSCRITS n'ont pas participé au vote.
31 députés UMP se sont abstenus. 26 étaient absents et n'avaient pas donné de délégation.
-----------------
( voir cyber@cteurs : lien ci-contre )
Cyber @ction 260: PROJET DE LOI OGM (2è lecture)

Seconde lecture de la loi OGM l'Assemblée Nationale seconde quinzaine de mai

Nous vous invitons à interpeller les députés de votre région avant le vote du projet de loi en seconde lecture.

Un député mayennais UMP qui s'est abstenu à l'issue de la 1ere lecture à l'Assemblée nationale nous a fait savoir que la seconde lecture sur le projet de loi sur les OGM effectuée par les Sénateurs ne lui convenant pas (il n' y retrouve pas l'esprit du Grenelle de l'Environnement), qu'il votera probablement non lors de son passage en seconde lecture. La loi OGM n'a été votée en 1ère lecture à l'Assemblée nationale qu'avec seulement 21 voix de majorité. Donc lorsqu'elle reviendra en seconde lecture vers le 15 mai, il suffit qu'une poignée de députés UMP qui se sont abstenus à l'issue de la 1ère lecture, votent non et que les 15 députés PS qui n'ont pas pris part au vote, votent également non, cela pourrait donc suffire à faire basculer le scrutin pour que cette loi soit rejetée. Pour mettre le maximum de chances de notre côté pour que cette loi soit rejetée à l'Assemblée nationale, à nous de cibler les députés UMP qui se sont abstenus et les 15 députés PS qui n'ont pas pris part au vote pour les convaincre de voter non. A chacun d'agir selon les moyens appropriés.

Plusieurs d'entre vous se plaignant de ne pas bien maitriser les copier coller, j'ai créé une cyber @ction par région ou sous-région (pour les grosses régions).
Je sollicite votre indulgence s'il y a des erreurs difficilement évitables quand on lance 29 cyber @ctions en même temps.

Merci de me les signaler

N'hésitez pas à diffuser à tout votre carnet d'adresses et sur vos listes, blogs, forum etc... car chaque voix peut compter dans cette bataille.

Alain Uguen

COMMENT AGIR ?

Sur le site
Cette cyber @ction est signable en ligne au Président de l'AN et aux députés de votre Région.

Non aux OGM : mobilisation le 13 mai dans toute la France

Loi sur les OGM : SECONDE LECTURE LE 13 MAI

Mobilisation générale pour le droit de produire et de consommer sans OGM le 13 mai à Paris

Dernier passage du projet de loi à l’Assemblée Nationale, à partir de 12h et jusqu’en fin de soirée.
Programme de cette journée de mobilisation :
Un pique-nique avec WWF et l’Alliance pour la planète aux Tuileries à partir de 13 heures.
Une permanence place Edouard Hérriot, paris07, Assemblée Nationale de 12 heures à tard dans la nuit, jusqu’au vote de la loi. Ce sera un lieu de rendez-vous, d’accueil et de discussion.
Vers 15 heures, formation d’une chaine humaine autour de l’assemblée, toutes et tous vêtus en combinaison blanche, en vue de protéger la population d’une éventuelle contamination qui serait autorisée de fait par le vote du projet de loi par les députés.

Mobilisons-nous le 13 mai 2008 partir de 13 heures à Paris
Pour empêcher la contamination OGM de l'Assemblée Nationale !

Après le vote le 16 avril dernier par le Sénat de tous les articles de la loi dans les mêmes termes que l'Assemblée Nationale, il ne reste plus à discuter que l'article 1 de la loi avec l'amendement 252 et le nouvel amendement Bizet qui le vide de sa substance. Le débat sera rude et portera sur la définition du "Sans OGM". Le vote final de la loi peut encore basculer vers le non à l'impossible coexistence.

Mobilisons-nous dans les départements pour inciter les députés abstentionnistes de la 1ère lecture à voter non.

Mobilisons-nous devant l'Assemblée nationale pour montrer que les citoyennes et citoyens refusent la contamination des OGM dans les champs et dans les assiettes. "Sans OGM = 0%".

Une chaîne humaine est prévue autour du Parlement pour empêcher symboliquement la contamination OGM du Sénat de rentrer dans l'hémicycle.

Organisation pratique :

Dans chaque département, l'objectif est de mobiliser un car de 50 personnes avec l'ensemble des réseaux anti-OGM (la Confédération paysanne a lancé la mobilisation dans ses structures et proposent de participer au financement des bus).
Rendez-vous à 13 heures Place Edouard Herriot – derrière l'Assemblée Nationale-. D'autres mobilisations (pique-nique…) pourraient être proposées par d'autres réseaux (wwf). La jonction de ces initiatives est en cours.
La chaîne humaine est prévue à 14 heures en tenue blanche de décontamination. Il faut impérativement être à l'heure afin d’être assez nombreux pour entourer l'assemblée (entre 1 000 et 1 500 personnes nécessaires).
Pour celles et ceux qui peuvent, prévoir de rester la soirée et la nuit pour exercer notre vigilance pendant l'ensemble des débats à l'Assemblée (comme en 1ère lecture). Munissez-vous de quoi vous restaurer et dormir éventuellement.

Nous proposons qu'un pique-nique se tienne ce jour-là devant chaque préfecture de France et nous vous invitons à mettre vos informations sur les forum régionaux créés pour l'occasion.
http://www.cyberacteurs.org/forum/index.php?c=14

Vous pouvez aussi retrouver sur le site http://www.stopauxogm.fr tous les éléments pour vous informer sur les lieux de manifestation des préfectures de région et aussi pour amplifier la mobilisation.

Non aux OGM : mobilisation le 13 mai

« Sans OGM c'est zéro OGM » : Loi OGM - Manifestation mardi 13 mai à partir de 13h
La coordination des associations nationales et des collectifs régionaux appelle à un rassemblement massif le Mardi 13 mai à 15h00 à Paris pour encercler l'Assemblée Nationale par une chaîne humaine qui protégerait les députés de la contamination du vote du sénat.

Un picnic aurait lieu à 13h00 au Jardin des Tuileries. Nous serons nombreux, porte-parole de l'indignation générale pour :
Appeler les députés à refuser une loi de contamination,
Pour « le droit de produire et consommer sans ogm »,
Parce que « Sans OGM c'est zéro OGM »

02/05/2008

OGM : circulez, y'a rien à voir !

Projet loi OGM : pas de vote solennel pour la deuxième lecture

PARIS, 30 avr 2008 (AFP) - 17h47 heure de Paris - Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a confirmé mercredi que le projet de loi sur les OGM ne ferait pas l'objet d'un vote solennel à l'issue de la deuxième lecture prévue le 13 mai, comme le réclamait le groupe GDR (PCF-Verts).

Le refus d'un vote solennel, décidé mardi en conférence des présidents, a été réitéré mercredi par M. Accoyer dans une lettre au président du groupe GDR, Jean-Claude Sandrier (PCF).

"La conférence a statué hier (mardi), les positions étaient claires. Je ne vois pas la nécessité de soulever de nouveau cette question lors de la prochaine conférence et de procéder à un vote, dont le résultat est prévisible", écrit M. Accoyer.

Le président de l'Assemblée rappelle que "c'est pour mettre fin à des pratiques qui aboutissaient à banaliser cette procédure et à lui faire perdre sa signification politique" que la conférence des présidents a décidé que "le vote solennel ne serait possible au cours des navettes que sur les textes n'ayant pas donné lieu à cette procédure en première lecture".

Dans son courrier, M. Sandrier réclamait un réexamen de la demande du groupe GDR d'un vote solennel sur le projet OGM, arguant que, "s'agissant d'un projet de loi dont le sujet fait débat dans la société (...), la décision de refus actée en conférence des présidents prend un sens contre la démocratie"

Certains cosmétiques intensifient la déforestation

lu sur univers-nature.com :
23-04-2008

Certains cosmétiques intensifient la déforestation

Un récent rapport de Greenpeace dénonce l’utilisation excessive de l’huile de palme dans la fabrication de certains cosmétiques commercialisés par l’industriel Unilever. Parmi les produits concernés, on trouve la gamme Dove, l’une des marques les plus connues de la firme anglo-néerlandaise mais également les groupes Dirty is good (Persil, Omo, Surf Excel), Knorr, HeartBrand (Walls) et HealthylHeart (Flora, Becel).

Intitulé « Comment les fournisseurs en huile de palme d’Unilever brûlent la forêt de Bornéo », le dossier accuse l’industriel de fermer volontairement les yeux sur les agissements de ses fournisseurs en huile de palme : Sinar Mas, IOI, ADM-Kuok-Wilmar, Sime Darby, Musim Mas, Astra Agro et Asian Agri. Détenteur de 15 concessions à lui seul, Wilmar se place en tête de liste en terme d’espace occupé.
Sévissant majoritairement dans la région centrale du Kalimantan, zone extrêmement sensible écologiquement parlant, ces exploitants se livrent à une surexploitation des terres forestières, bien souvent illégale, afin de répondre à une demande en huile de palme en hausse constante.

Avec une consommation annuelle d’huile de palme représentant près de 3% de la production mondiale, Unilever concentre une part importante de ces besoins globaux. D’après les dires de l’association, bien qu’il ait adhéré à la « Table ronde pour une huile de palme durable » (RSPO) (1), il n’a engagé à l’heure actuelle aucune action concrète visant à responsabiliser la culture de l’huile végétale.

Les cosmétiques ne sont pas le seul secteur dans lequel la demande en huile de palme croît. Il joue même un rôle minoritaire dans la production mondiale face aux quantités nécessitées par l’arrivée des agrocarburants dans le domaine des transports. Un cumul catastrophique pour les forêts de Bornéo dont près de 75% de la surface totale ont disparu entre le milieu des années 1980 et 2006. D’après le PNUE, si cette évolution se poursuit, 98% des forêts anciennes d’Indonésie devraient disparaître d’ici 2022.

Mais, si l’on incrimine Unilever de se désintéresser de la menace écologique qu’il fait peser sur les écosystèmes forestiers, la logique voudrait que l’on s’interroge de même sur le bien-fondé de la décision de la Commission européenne, celle-ci persistant dans son désir d’introduire d’ici 2020 10% d’agrocarburants dans les transports.

Cécile Cassier

1- Le RSPO (Roundtable for Sustainable Palm Oil est une initiative lancée en 2004 par la société suisse Migros, spécialisée dans la grande distribution. Elle prône des critères d’exploitation responsable tels que l’agriculture biologique, le commerce équitable et la gestion forestière durable (FSC).