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29/09/2008

Ce n'est pas plus cher, mais il y en a moins...

lu sur "60 millions de consommateurs" :
http://www.60millions-mag.com/

Alimentation - 23 septembre 2008
Ce n'est pas plus cher, mais il y en a moins...

Un pot de fromage blanc qui rétrécit, un biscuit chocolaté qui s'amincit... Certains fabricants de produits alimentaires sont passés maîtres dans l'art de camoufler les hausses de prix. 60 a mené l'enquête, dans son numéro d'octobre.

Comment augmenter le prix au kilo, sans que cela se voie sur l'étiquette ? C'est simple, il n'y a qu'à modifier le poids du produit ! Pris en tenaille entre les hausses des matières premières et la baisse du pouvoir d'achat, les fabricants de produits alimentaires semblent avoir rivalisé d'imagination pour nous masquer l'inflation.
Dans son numéro d'octobre, 60 présente un florilège de ces petites mesquineries du grand commerce. La plupart nous ont été rapportées par des lecteurs vigilants, qui ont eu la présence d'esprit de comparer les étiquettes.
Le Prince maigrit, le Jockey aussi

C'est ainsi que le Prince de LU se retrouve désormais bien à l'étroit dans son emballage. Hier, le paquet pesait 330 g ; aujourd'hui, il n'en pèse plus que 300. Pour le même prix, évidemment. De la même manière, régime Jockey pour le célèbre fromage blanc de Danone, dont le pot de 1 kilo ne pèse plus que 850 g.
Plus subtil, le pot de Danette pèse toujours 125 g. Sauf si vous l'achetez par pack de 16. Bizarrement, il ne pèse alors plus que 115 g...
Accordons aussi une palme à la société Amora et à son designer qui a changé la présentation du flacon de vinaigrette à l'ancienne. L'ancien modèle paraissait maigrichon ; il contenait pourtant 500 ml. Le nouveau semble bien plus rebondi, alors qu'il ne contient plus que 450 ml. Après un tel tour de force, la marque s'est même permis d'augmenter le prix : de 1,41 € à 1,95 €, dans le même magasin visité par un de nos lecteurs.
Il ne vous reste plus qu'à faire comme lui : la prochaine fois que vous irez au supermarché, ne vous contentez pas de regarder le prix, mais aussi le prix au litre ou au kilo !

17:53 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

les OGM et le lait

lu sur univers-nature.com

26-09-2008

Du lait garanti 100 % sans OGM

Une importante compagnie laitière européenne, connue sous le nom de Campina, vient de s’engager à produire en Allemagne un lait sans OGM. Principale marque de la société, le lait « Landliebe » apparaîtra dorénavant sur les rayons des supermarchés allemands muni de l’étiquetage « sans OGM ». Cette mention garantira aux consommateurs un produit issu de vaches laitières nourries uniquement de matières fourragères sans OGM et d’importation strictement européenne. Selon toute vraisemblance, l’initiative est destinée à s’étendre à d’autres produits laitiers commercialisés par Campina, à l’image de certains yaourts et desserts.
Selon Greenpeace, la décision du groupe laitier ferait suite à l’envoi de milliers de courriers de consommateurs suscité par une campagne d’information organisée précédemment par l’association dans les grandes surfaces germaniques.

Greenpeace a d’ailleurs profité de l’occasion pour appeler l’industrie laitière française à suivre le même exemple, l’accusant de continuer à se fournir en matières fourragères OGM (soja, maïs), à l’instar de la majorité des industriels de la filière du lait qui persistent à importer leur fourrage depuis l’Amérique du Sud. Cette dénonciation visait tout particulièrement les compagnies laitières françaises Lactalis et Candia, familières des consommateurs de l’Hexagone.

Cécile Cassier

27/09/2008

un dispositif capturant l'eau de la brume

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/09/25/une-entreprise-espagnole-commercialise-un-dispositif-capturant-l-eau-de-la-brume_1099402_3244.html

Une entreprise espagnole commercialise un dispositif capturant l'eau de la brume
LE MONDE | 25.09.08 | 14h13 • Mis à jour le 25.09.08 | 14h13

C'est une idée simple qui pourrait, selon ses promoteurs, garantir l'accès à l'eau de nombreuses communautés rurales vivant dans des régions arides. Quand la pluie ne tombe pas en quantité suffisante, les hommes peuvent capturer les gouttelettes des nuages en utilisant des dispositifs au nom poétique de capteurs de brume. L'outil est élémentaire : des filets mobiles en maille de plastique ou d'acier sont fixés sur des piquets en acier inox, hauts de deux à trois mètres. Ils doivent être placés face aux vents, qui transportent nuages et brumes.


Cliquez ici !
Les gouttelettes en suspension dans l'air, qui forment le brouillard, sont interceptées par les filets, où elles s'agrègent et finissent par former un filet d'eau qui peut être transporté ou stocké. Le rendement moyen est de 20 litres d'eau par jour et par mètre carré de filet. Une PME installée aux Canaries, Natural Aqua, commercialise le procédé.

La technique dont ces capteurs se sont inspirés est ancestrale. "L'existence d'arbre-fontaines a été mentionnée pour la première fois au XVe siècle, lors de la conquête des Canaries par les conquistadors de Castille, explique Alain Gioda, historien du climat basé au Pérou, membre de l'unité Hydrosciences de l'Institut de recherche et de développement (IRD), qui a étudié cette technique et contribué à la diffuser. Ils ont constaté que les indigènes utilisaient des arbres plantés devant des parois rocheuses pour récolter de l'eau." La méthode a perduré. De nombreuses espèces peuvent être utilisées, c'est la bonne localisation de l'arbre qui assure le rendement en eau.

REFORESTATION

Les premiers filets en plastique inspirés de cette technique sont apparus dans les années 1960, mais ils se dégradaient facilement. Les mailles mises au point par Natural Aqua ont une durée de vie de cinq ans, et les piquets d'acier inox de dix ans sur le terrain. Selon Alain Gioda, les avantages des capteurs de brume sont nombreux : ils permettent d'alimenter en eau de bonne qualité des villages isolés, sans construire de coûteuses infrastructures.

Ils peuvent également servir à la reforestation des zones désertifiées. "Un filet placé derrière chaque arbre apporte un bonus en eau important", explique le chercheur. Le coût est limité (quelques centaines d'euros pour un appareil simple). Le capteur, qui ne demande pas beaucoup d'entretien, est silencieux et ne consomme aucune énergie. "Le danger numéro un, c'est le vandalisme", poursuit Alain Gioda. Des vents très violents pourraient également détruire le dispositif.

Les zones propices à l'installation de capteurs sont les côtes occidentales des continents et les îles brumeuses mais peu arrosées. La PME Aqua Natural commercialise la technique dans les pays développés. Une fondation baptisée Agua sin Fronteras, qui vient d'être créée, permettra de diffuser les capteurs dans les pays en développement, en fournissant gratuitement les plans aux communautés intéressées.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 26.09.08

inflation masquée des produits alimentaires

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/23/enquete-sur-l-inflation-masquee-des-produits-alimentaires_1098742_3234.html

"60 Millions de consommateurs" révèle une inflation masquée des produits alimentaires
LEMONDE.FR avec AFP | 23.09.08 | 15h56 • Mis à jour le 23.09.08 | 19h08

Dans son numéro d'octobre à paraître jeudi 25 septembre, le magazine 60 Millions de consommateurs (*) révèle que certains fabricants de produits alimentaires ont recours à une série d'astuces pour cacher au client la hausse des prix de certains articles, ce que le mensuel appelle "inflation masquée".

"Comment augmenter le prix au kilo, sans que cela se voie sur l'étiquette ? C'est simple, il n'y a qu'à modifier le poids du produit !", explique le magazine de l'Institut national de la consommation, qui cite plusieurs exemples : le paquet de biscuits Prince de LU ne pèse plus que 300 grammes, contre 330 avant l'été ; le pot de fromage blanc Jockey de Danone, qui est passé de 1 kg à 850 g ; les petits pots délestés de 10 g, tout comme les Danette, lorsqu'elles sont vendues en paquet de seize.

"Au début de l'année, tout le monde a cogité pour anticiper les hausses des matières premières [comme le blé et le lait]", raconte un chef de produit de l'industrie agroalimentaire, cité dans l'enquête. "Sur certains produits, décision a été prise de changer de grammage plutôt que d'augmenter le tarif unitaire", explique-t-il.

INGRÉDIENTS MOINS ONÉREUX

Parfois, le stratagème se double d'un changement d'emballage : Amora a ainsi changé la bouteille d'une vinaigrette, ainsi que sa contenance (50 ml de moins). Le mensuel cite aussi le sucre en poudre désormais vendu dans des sachets en plastique de 750 g. Autre méthode, la modification de la recette : les ingrédients onéreux sont remplacés par d'autres moins chers, une pratique qui semble être "surtout l'apanage des premiers prix ou du hard discount", selon 60 Millions de consommateurs.

Il faut "être un consommateur sacrément avisé" pour remarquer ces évolutions, souligne le journal, lui-même alerté par des lecteurs qui avaient comparé les étiquettes. Les statistiques officielles ayant du mal à détecter de telles pratiques, le magazine va lancer jeudi son propre observatoire.

Ces méthodes ont "toujours existé", a déclaré mardi matin le secrétaire d'Etat à la consommation, Luc Chatel, lors d'une conférence de presse de présentation du baromètre semestriel sur les réclamations des consommateurs. "C'est parce que ça a toujours existé que les pouvoirs publics se sont saisis de cette question (...) et que nous exigeons de faire figurer sur les emballages le prix au kilo ou le prix au litre", a-t-il poursuivi.

(*) voir: http://www.60millions-mag.com/actualites/actualites_du_mois/ce_n_est_pas_plus_cher_mais_il_y_en_a_moins

08:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

26/09/2008

L'UE restreint les importations de produits alimentaires chinois

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/09/26/l-ue-restreint-les-importations-de-produits-alimentaires-chinois_1099940_3216.html

L'UE restreint les importations de produits alimentaires chinois
LE MONDE | 26.09.08 | 15h23 • Mis à jour le 26.09.08 | 15h23

La Commission européenne a décidé, jeudi 25 septembre, de restreindre les importations de produits alimentaires chinois contenant du lait en poudre frelaté.

Une porte-parole, Nina Papadoulaki, a indiqué que les autorités de l'Union européenne feraient tester la totalité des produits chinois comportant plus de 15 % de lait en poudre et interdiraient tout produit destiné spécialement aux enfants et aux jeunes. La Commission a en outre souligné qu'aucun produit frelaté n'avait été repéré sur les marchés européens jusqu'à présent.


La décision de la Commission européenne est intervenue après la diffusion d'un avis de l'Agence européenne de sécurité alimentaire, dont les experts ont dit craindre que les enfants, grands consommateurs de biscuits et sucreries, absorbent des quantités trop importantes de mélamine (produit chimique qui peut être utilisé pour tromper certains contrôles de qualité en augmentant le nombre de protéines).

En 2007, les pays européens ont importé environ 19 500 tonnes de pâtisseries, gâteaux ou biscuits fabriqués en Chine, ainsi que 1 250 tonnes de chocolat ou autres produits contenant du cacao.

La France avait décidé pour sa part, mercredi, de retirer du marché à titre préventif les produits contenant des dérivés de lait d'origine chinoise. Il peut s'agir de biscuits, de barres chocolatées ou de bonbons, qui sont autorisés à l'importation, contrairement aux produits laitiers eux-mêmes, soumis à un embargo.

Les ministères de l'économie et de l'agriculture, qui ont annoncé cette décision dans un communiqué commun, ont en outre indiqué que les contrôles entrepris depuis la fin de la semaine dernière dans les points de vente, notamment asiatiques, et aux postes frontières n'ont donné lieu à aucune saisie de produits laitiers chinois illégalement importés.

Plusieurs autres pays ont continué de prendre des mesures pour restreindre les importations en provenance de Chine.

L'Inde, avec ses 1,1 milliard d'habitants, a de son côté annoncé, jeudi, l'interdiction des produits laitiers chinois pour une durée de trois mois. Le Vietnam et le Népal ont arrêté les ventes de produits laitiers chinois. La Corée du Sud et Singapour ont pris également des mesures.

Soucieux de rassurer la communauté internationale, le ministère chinois des affaires étrangères a réaffirmé, jeudi, que Pékin était disposé à accroître sa coopération avec les organismes d'hygiène alimentaire dans le monde entier. - (Reuters.)

Article paru dans l'édition du 27.09.08

21/09/2008

Face à l'aggravation des inondations, repenser l'affectation des terres et des sols

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/15/face-a-l-aggravation-des-inondations-repenser-l-affectation-des-terres-et-des-sols_1095304_3244.html

Face à l'aggravation des inondations, repenser l'affectation des terres et des sols
LE MONDE | 15.09.08 | 14h55 • Mis à jour le 15.09.08 | 18h38

Depuis plusieurs semaines, des inondations dévastent de nombreuses régions du monde. En Inde, le bilan officiel fait état de près de cent cinquante morts et de millions de sinistrés. En Afrique de l'Ouest, une quarantaine de personnes sont mortes et 130 000 auraient été affectées. En Haïti, les inondations et coulées de boue consécutives au passage des tempêtes tropicales Fay, Hanna, Gustav et Ike ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes et en ont touché près d'un million d'autres. La Grande-Bretagne et le Vietnam ont également été frappés, mais dans des proportions moins importantes.

Au-delà des pertes humaines, les conséquences sont multiples : destruction d'habitations, d'infrastructures, de récoltes, diffusion de maladies hydriques comme le choléra, déplacements de populations... "De nombreuses personnes perdent leurs moyens de subsistance. Elles sont contraintes de quitter leur lieu de vie et de vendre tous leurs biens ou d'emprunter de l'argent, simplement pour se nourrir, explique Colin Green, du Centre de recherche sur les inondations, basé à l'université du Middlesex, en Grande-Bretagne. Elles peuvent mettre des années à se remettre, voire ne pas se remettre du tout." D'autant plus que les personnes touchées, qui résident dans des zones vulnérables où le prix du logement est bas, sont également les plus pauvres.

Les inondations sont chaque année plus nombreuses, et cette évolution devrait se poursuivre. En 1990, le Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres (CRED) en avait dénombré une soixantaine, contre plus de 200 en 2007. Pour cette dernière année, elles ont provoqué 8 500 morts, affecté 177 millions de personnes et ont causé des pertes évaluées à 17 milliards d'euros.

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance, en premier lieu le changement climatique. "Le cycle de l'eau est la partie la plus sensible du système climatique, explique Andras Szöllösi-Nagy, chef du programme hydrologique de l'Unesco. Sous l'effet du réchauffement des températures, il pourrait être en train d'accélérer."

Les conséquences de ce phénomène sur la distribution des précipitations sont discutées au sein de la communauté scientifique, mais un consensus se dégage sur la probabilité de subir plus fréquemment des pluies intenses, et donc des inondations. Parler de crue décennale ou centennale n'a plus de sens, proclament les hydrologues.

D'autres évolutions augmentent les risques. Le bétonnage des sols lié à l'urbanisation et la déforestation accentuent le ruissellement des eaux. Les pratiques agricoles intensives peuvent entraîner une imperméabilisation des sols. "La capacité du milieu naturel à stocker l'eau a diminué", résume Jakob Granit, de l'Institut international de l'eau de Stockholm. Et sous l'effet de la croissance démographique, les zones inondables sont de plus en plus peuplées, ce qui augmente l'impact des catastrophes.

"La protection contre les inondations doit être renforcée", affirme M. Szöllösi-Nagy. Comment faire face ? "Il faut mieux contrôler l'affectation des terres : planifier l'extension des villes et la localisation des industries en fonction des risques", répond Avinash Tyagi, directeur du climat et de l'eau à l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Les infrastructures peuvent également être adaptées : habitations et routes peuvent être surélevées, par exemple.

La création de réservoirs souterrains et de barrages est également souhaitable. "Il y a eu un grand mouvement d'opposition aux barrages, poursuit M. Tyagi. C'est dommage. Ils ne constituent qu'une partie de la solution, mais ne doivent pas être écartés." Leur bénéfice est double : ils permettent de contrôler les crues et de stocker l'eau qui fera défaut pendant les périodes sèches. "L'Europe exploite son potentiel de stockage des eaux à hauteur de 70 à 80 %. En Afrique, ce chiffre n'atteint que 5 ou 10 %", remarque M. Granit.

Le reboisement de sols nus, la végétalisation des toits, la généralisation de revêtements perméables dans les villes permettraient en outre de limiter le ruissellement. Enfin, la planification des procédures à suivre en cas d'inondation est essentielle. "Les gens doivent être prévenus le plus vite possible et savoir à l'avance ce qu'ils doivent faire, affirme Avinash Tyagi. Cuba a mis en place une procédure efficace, contrairement à Haïti, ce qui explique l'écart dans les pertes subies."

Le principal obstacle à la prévention est le manque d'argent. "Tout dépend du niveau de développement, remarque Salif Diop, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Pour se préparer, il faut des moyens et de l'espace."

L'intérêt pour le sujet fait trop souvent défaut. "Il y a un manque de volonté politique, confirme M. Tyagi. Les gouvernements ont des priorités plus immédiates à gérer. Et les populations vulnérables, pauvres et peu éduquées, n'ont pas un poids politique suffisant pour se faire entendre."

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 16.09.08

À lire

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/15/marie-peze-au-chevet-du-travail_1095340_3224.html

Portrait
Marie Pezé : au chevet du travail
LE MONDE | 15.09.08 | 14h41 • Mis à jour le 15.09.08 | 14h41

Son bureau est bourré de dynamite. "J'ai de quoi faire sauter toutes les entreprises françaises", prévient-elle. Boutade, évidemment, mais il y a bel et bien de la matière explosive derrière les portes de son armoire métallique. Des dizaines de dossiers sur des femmes et des hommes essorés par le boulot : secrétaires harcelées, ouvrières soumises à des cadences infernales, cadres rongés par des pulsions suicidaires... Déballés sur la place publique, ces récits feraient voler en éclats la réputation de nombreux groupes.

Mais Marie Pezé ne cherche pas à jouer aux poseurs de bombe. Elle écoute les victimes de l'horreur économique et les aide à se remettre debout. Au centre d'accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre, elle dirige une consultation, "souffrance et travail", qu'elle a ouverte en 1997. C'était une première en France, à l'époque.

Chaque année, Marie Pezé reçoit environ 900 personnes. De ces rencontres, la psychanalyste et docteur en psychologie a tiré un livre terrible, Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (Village mondial, 214 p., 17 euros). Son titre est le même que celui du documentaire de Marc-Antoine Roudil et Sophie Bruneau, sorti en salle en 2006. Le film présente plusieurs entretiens entre salariés et cliniciens enregistrés dans des consultations spécialisées - dont celle du CASH de Nanterre.

Dès les premières lignes, Marie Pezé met en garde le lecteur : "Vous n'en sortirez pas indemne." Elle a raison. Page après page, elle décrit une "orgie de violence sociale". Il y a Carole, secrétaire sous les ordres d'un chef obsessionnel, qui exige que les timbres soient collés à quatre millimètres du bord de l'enveloppe. Ou Eliane, délogée de son poste d'assistante après un congé-maternité, qui se "débat" pour retrouver sa place. Malgré tous ses efforts, la DRH refuse de lui accorder la moindre promotion. Sous le choc, Eliane fait un malaise à la sortie de son entreprise ; le SAMU ne parviendra pas à la réanimer...

Difficile à croire. Et difficile de s'en remettre. D'ailleurs, Marie Pezé ne s'en est pas remise. Face à toutes ces situations d'urgence, son corps a réagi : perte de l'usage du bras droit, effacement du goût et de l'odorat... Une longue dégringolade "dans le trou noir de la décompensation". Pour retrouver la sensibilité de ses doigts, elle a pétri de la terre. De cet exercice sont, peu à peu, sorties des représentations de corps torturés par la douleur. Ceux qui la connaissent bien parlent avec admiration des "visages" qu'elle a façonnés.

Aujourd'hui, Marie Pezé va beaucoup mieux. Mais elle a toujours au fond de sa poche un petit boîtier transparent rempli de comprimés oblongs. Une prise "toutes les trois heures", soupire-t-elle, avant de faire passer la pilule avec un verre d'eau.

Au départ, rien n'indiquait que cette femme au beau visage, éclairé par deux yeux bleu myosotis, s'intéresserait, un jour, aux éclopés du "productivisme". Sa carrière a démarré fin 1973 au CASH de Nanterre, dans le service d'un chirurgien de la main. Pendant des années, elle a accompagné des personnes victimes de lésions. Puis des patients d'un nouveau type ont débarqué à partir des années 1990 : des caissières, des employées de crèche qui se plaignaient de douleurs aux bras, à la nuque, etc. "Je ne comprenais pas ce qui se passait, il me manquait des concepts", raconte-t-elle. Elle se plonge dans les livres de Christophe Dejours, qui occupe alors la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). "Ce fut une illumination."

Marie Pezé réalise que l'organisation du travail peut être "pathogène". Au-delà de quelques hiérarques retors sévissant ici et là, le fond du problème, selon elle, se situe dans "l'idéologie managériale" qui se propage dans le monde de l'entreprise. Les salariés sont de plus en plus seuls et assujettis à des objectifs qu'ils ne peuvent pas atteindre, souligne-t-elle.

Progressivement, la consultation qu'elle assurait au CASH de Nanterre se réoriente vers les pathologies du travail. "J'ai pris la tangente", résume-t-elle. Un peu comme sa grand-mère, bergère dans un village troglodyte du Piémont italien, qui décida d'émigrer vers la France, à l'âge de 20 ans, avec quatre enfants sous le bras. La famille s'installe dans la région de Cannes. De condition modeste, le père et la mère de Marie Pezé furent longtemps employés comme domestiques dans une riche propriété.

Leur fille cadette est montée à Paris pour poursuivre ses études. En 1980, elle soutient sa thèse de doctorat, sur l'Approche psychosomatique des lésions en chirurgie de la main. Un savoir aussi pointu pourrait servir à épater la galerie, tenir à distance. Marie Pezé témoigne, au contraire, d'une qualité d'écoute qui frappe ses interlocuteurs - amis, relations de travail ou patients. "Elle est posée, calme, toujours disponible, patiente", énumère une ancienne salariée de l'industrie chimique, suivie à Nanterre pendant près de deux ans.

Dans sa pratique quotidienne, Marie Pezé a tricoté un réseau avec toutes sortes de partenaires : inspecteur du travail, médecin traitant, caisse primaire d'assurance-maladie... Ce "travail de lien" évite à des salariés en souffrance d'être ballottés d'un service à un autre. Pour enrichir sa réflexion sur la prise en charge des patients, elle s'implique dans un petit groupe informel qui réunit divers spécialistes : avocat, médecin du travail, etc. Aujourd'hui, une vingtaine de consultations existent en France, calquées, peu ou prou, sur le modèle de la structure fondée à Nanterre. Marie Pezé a ouvert une voie.

"Ce qu'elle fait est très original mais son discours sur l'organisation du travail est un peu taillé à la serpe. Elle se situe dans une dénonciation qui n'aide pas les acteurs à modifier leurs pratiques", juge Damien Cru, professeur associé d'ergonomie à l'Institut des sciences et techniques de l'ingénieur d'Angers (Istia).

La psychanalyste n'hésite pas à prendre position sur certaines politiques publiques. Rendu en mars, le rapport de Patrick Légeron, psychiatre, et de Philippe Nasse, vice-président du Conseil de la concurrence, préconise la construction d'un "indicateur global" sur le stress professionnel. Une idée reprise par le gouvernement. "Le chiffrage, la quantification vont lisser encore la compréhension de la situation", craint-elle.

Mais l'important n'est sans doute pas là pour les patients de Marie Pezé. Bon nombre d'entre eux préfèrent exprimer leur reconnaissance. "Elle m'a rendu à ma féminité, assure Fatima Elayoubi. Elle a réparé mon âme." Proche de la soixantaine, une femme, qui ne souhaite pas dévoiler son identité, confie : "Je lui dois la vie."

Bertrand Bissuel

Parcours

1951
Naissance à Cannes (Alpes-Maritimes).
1973
Commence à travailler à l'hôpital de Nanterre.
1980
Soutenance de sa thèse.
1997
Ouverture de la consultation "souffrance et travail".
2007
Nommée expert près la cour d'appel de Versailles.
2008
Sortie d' "Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés".

Article paru dans l'édition du 16.09.08

18:50 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0)

Le déclin des pollinisateurs aurait un impact double pour l'homme

lu sur :
http://www.univers-nature.com

20-09-2008

Le déclin des pollinisateurs aurait un impact double pour l'homme

La production de plus des trois quarts des cultures, soit une grande majorité de la production des fruits, des légumes, des oléagineuses et protéagineuses, des fruits à coques, des épices et autres stimulants (café, thé, etc.), bénéficie de l’activité pollinisatrice des animaux. Cette activité est d’autant plus importante qu’elle est à l’origine de 35 % de la production mondiale de nourriture. Economiquement, l’enjeu est évidemment à la mesure de cette proportion, et vient d’être évalué à 153 milliards d’euros pour l’année 2005.

Selon l’étude des chercheurs de l’INRA et du CNRS qui sont parvenus à ce résultat, ces 153 milliards représentent 9,5 % de la valeur de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. Dans ce contexte, le risque lié au déclin des insectes pollinisateurs apparaît double : alimentaire et économique. Trois catégories de cultures sont principalement concernées : les fruits, les légumes, avec une valeur estimée à 50 milliards d’euros chacun, suivis par les oléagineux avec 39 milliards. L’impact sur les stimulants (café, cacao…), les fruits à coque et les épices serait de moindre ampleur. Néanmoins, la valeur moyenne des cultures dépendantes des pollinisateurs apparaît très supérieure (760 € par tonne) à celle des cultures non dépendantes comme les céréales ou la canne à sucre (150 € la tonne).

Loin de conduire à la disparition catastrophique de l’agriculture mondiale, la disparition des pollinisateurs, en particulier celle des abeilles domestiques et sauvages qui constituent les principaux insectes pollinisateurs des cultures, entrainerait une chute des rendements et, par voie de conséquence, une forte augmentation du prix des denrées concernées. Un tel événement modifierait donc profondément les équilibres alimentaires mondiaux, que l’on connaît actuellement.

Il est à noter que cette étude ne prend pas en compte l’intégralité du bénéfice de la pollinisation par les insectes. En effet, ces chiffres ne concernent que les cultures directement impliquées dans l’alimentation humaine. Pour établir la véritable valeur de la pollinisation il conviendrait par exemple de prendre également en compte l’impact sur la production des cultures fourragères et légumières nécessaires à l’alimentation du bétail. De même, l’impact sur la flore sauvage n’a pas été évalué, malgré tous les services indirects qu’il apporte à l’agriculture.
Pascal Farcy

19/09/2008

POUR LES MONTPELLIÉRAINS

POUR LES MONTPELLIÉRAINS :
du nouveau sur la place François Jaumes.
Voir la note sur le blog "collectifuneplacepourtous" (lien ci-contre)

17/09/2008

Dérives du commerce mondial : partie visible de l'iceberg ? (2)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/09/17/en-chine-le-scandale-du-lait-frelate-prend-de-l-ampleur_1096179_3216.html

NOTA BENE : le journaliste écrit "mélanine" mais il s'agit de "mélaMine", autrement dit de FORMICA. Voir wikipedia et ci-dessous (*)

En Chine, le scandale du lait frelaté prend de l'ampleur
LE MONDE | 17.09.08 | 15h03
PÉKIN CORRESPONDANT

Le scandale du lait pour enfant, contaminé par de la mélanine, prend de l'ampleur en Chine. Trois enfants sont morts, et 6 244 autres sont malades à des degrés divers, dont cent cinquante-huit "avec de graves défaillances rénales", selon un bilan officiel annoncé mercredi 17 septembre.

Les autorités chinoises ont révélé que de la mélanine, un composé chimique servant à la fabrication du plastique, avait été utilisée pour élever artificiellement la teneur du lait en protéines lors des tests. De la mélanine a été retrouvée non seulement dans les produits de la marque Sanlu, mais également dans 69 autres marques de lait maternisé distribuées par 22 fabricants chinois - soit 20 % de l'offre disponible.

Les formules de lait en poudre pour bébés de Sanlu, qui avaient reçu en janvier la plus haute récompense scientifique chinoise, présentent une quantité extrêmement élevée de mélanine : 2 563 mg par kilogramme de poudre, quatre fois plus que la deuxième marque incriminée, Shanghaï Panda. A Hongkong, les autorités ont même décelé de la mélanine dans une barre de yoghourt glacé Yili, sponsor des Jeux olympiques.

Le scandale provoque une vague d'indignation en Chine, malgré les consignes reçues par la presse et les portails Internet de contrôler le contenu des articles et des blogs qui traitent de ce sujet.

Les premières interrogations sur la qualité des produits Sanlu sont apparues au cours du premier semestre 2008. Fonterra, le géant agroalimentaire néozélandais qui détient 43 % de Sanlu, a révélé avoir été prévenu du problème de la contamination à la mélanine le 2 août.

Il aurait enjoint ses partenaires chinois, ainsi que les autorités municipales de Shijiazhuang (capitale du Hebei et siège de Sanlu), à procéder immédiatement à un rappel des produits. A l'approche des Jeux olympiques, seuls les produits en stock ont été retirés.

Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 18.09.08

(*):extrait de WIKIPEDIA :

Mélamine dans l'alimentation

Depuis le début des années 1990 au moins, et principalement en Chine, de la mélamine a couramment été ajoutée aux aliments animaux (bétail, voire animaux de compagnie) afin de les vendre plus cher grâce à une importante augmentation de leur teneur en protéines apparente à coût réduit.

En mars 2007, un scandale agro-alimentaire a fait connaître ce fait en Amérique du Nord, avec le rappel d'une centaine de marques de nourriture animale contenant du gluten de blé contaminé par de la mélamine, adjuvant illégal aux États-Unis. Un mois plus tard, le gouvernement chinois a déclaré bannir cette pratique. La mélamine pourrait dans certaines conditions bloquer les fonctions rénales, selon des chercheurs de l'Université de Guelph (Ontario), ce qui expliquerait certaines morts de chiens et chats ayant consommé ces aliments, de la mélamine ayant été détectée dans l'urine ou les reins de chats décédés, ainsi que de l'acide cyanurique (sous-produit métabolique de la mélamine), ces deux composés réagissant en formant des cristaux pouvant bloquer la fonction rénale, selon des chercheurs de l'Université de Guelph [3]. Menu Foods a le 16 mars 2007 rappelé 60 millions de boîtes de nourriture pour chiens et chats produites aux États-Unis avec des aliments importés, vendues sous 95 marques différentes aux États-Unis, Canada et Mexique ; après qu'au moins 14 animaux soient morts anormalement, de défaillances rénales dans la plupart des cas. Plus de 8 000 plaintes ont été déposées à la FDA les semaines suivantes, pour certaines, en nom collectif, aux États-Unis et au Canada.

En mai puis en juillet et enfin en septembre 2008, quatre bébés chinois sont morts et des milliers sont tombés malades après avoir absorbé du lait maternisé frelaté auquel avait été ajouté de la mélamine, afin de le faire apparaître plus riche en protéines. Les autorités chinoises ont reconnu que deux des compagnies laitières incriminées dans le scandale exportaient leurs produits (vers le Burundi, Gabon, Bangladesh, Birmanie et Yemen).

Dérives du commerce mondial : partie visible de l'iceberg ? (1)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2007/07/19/made-in-china-et-xenophobie-par-corine-lesnes_937305_3232.html

Chronique
Made in China et xénophobie, par Corine Lesnes
LE MONDE | 19.07.07 | 14h06 • Mis à jour le 15.09.08 | 11h56

Après en avoir été les champions, les Américains commencent à s'interroger sur les bienfaits de la mondialisation. Au coeur des doutes : leur assiette, qui fait actuellement l'objet de toutes les suspicions.

L'affaire a commencé en mars quand plusieurs milliers de chiens et chats sont morts après avoir consommé des produits contaminés à la mélamine. Le public a appris que la plupart des marques vendaient en fait des produits fabriqués dans la même usine canadienne Menu Foods. Celle-ci achetait le gluten de blé à une compagnie de Las Vegas, ChemNutra. Laquelle l'achetait à une entité de la province du Jiangsu, qui ajoutait de la mélamine pour augmenter la teneur en protéine.


Jusque-là, les Américains avaient surtout profité des textiles à bas prix. Ils se sont aperçus que la mondialisation ne s'arrête pas aux tee-shirts. La moitié de l'ail américain vient de Chine. 40 % du jus de pomme, 19 % du miel et 80 % de la vitamine C. " Nous sommes devenus les consommateurs de matières que nous ne comprenons pas, venant d'usines que nous n'avons jamais vues, dans des villes dont nous n'avons jamais entendu parler, pleines de gens dont nous ne parlons pas la langue et dont nous ne pouvons pas prononcer le nom", se lamente le Washington Post.

Après l'affaire des chiens et des chats, les consommateurs ont été mis en garde contre un dentifrice à l'antigel. On a découvert que l'abaissement des tarifs douaniers, il y a dix ans, avait poussé l'industrie agroalimentaire à parcourir la planète à la recherche des ingrédients les moins chers. Même les suppléments diététiques étaient "made in China", les trois mots devenus "les plus inquiétants de la langue anglaise", selon le Washington Post. "La Chine ne peut pas être tentée de faire de l'argent facile en menaçant la sécurité de ses partenaires mondiaux, s'est indigné le Seattle Times.

George Bush s'est emparé du sujet en signant, mercredi 18 juillet, un décret créant un groupe de travail interministériel pour évaluer le système de contrôle et de protection des importations de produits alimentaires et de biens de consommation. "Les Américains s'attendent à ce que leur gouvernement travaille d'arrache-pied pour s'assurer que les produits de consommation soient sûrs", a déclaré le président américain.

Dans un pays en proie à la "protectionnite" aiguë, certains conservateurs agitent la peur d'un acte délibéré. "La Chine essaie-t-elle d'empoisonner les Américains et leurs animaux ?", a demandé Worldnetdaily.com, un bulletin d'informations en ligne. Une compagnie de l'Utah vient de lancer des produits "China-Free" ("Sans Chine"). Pour Jeff Yang, du San Francisco Chronicle, ces réactions confinent au racisme. La "xénophobie culinaire" n'étant selon lui qu'un "aspect d'une peur plus large".

Corine Lesnes (à Washington)
Article paru dans l'édition du 20.07.07

14/09/2008

La Commission Européenne et les OGM

lu sur http://www.univers-nature.com/

11-09-2008

OGM : autorisation d’un soja transgénique en Europe

La Commission européenne vient d’autoriser pour les 10 années à venir l’importation et l’utilisation pour l’alimentation humaine et animale d’un soja génétiquement modifié de Bayer. Dénommé A2704-12, ce soja n’est pas une nouveauté puisque sa demande d’importation en Europe remonte à 1998. Néanmoins, faute d’un accord entre les 27 ministres de l’agriculture, lors du conseil agriculture et pêche du 15 juillet dernier, la Commission européenne, toujours aussi volontaire en la matière (1) vient de l’autoriser en s’appuyant sur l’avis favorable qu’avait rendu, en août 2007, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA).

Ce soja OGM est résistant à l’herbicide Liberty (contenant du Glufosinate) vendu par Bayer. Même si sa culture en Europe demeure interdite, sa commercialisation ouvre un peu plus l’UE aux OGM, plus particulièrement le secteur de l’élevage et de l’alimentation du bétail. Rappelons d’ailleurs que, si l’étiquetage des denrées contenant des OGM est obligatoire, les produits alimentaires issus d’animaux ayant consommé des OGM en sont dispensés.

Cette nouvelle autorisation porte le nombre d’OGM autorisés, à l’importation à des fins alimentaires en Europe, à 16 (maïs, soja, betterave, colza).
Pascal Farcy

1- Depuis 2004 et la levée du moratoire européen sur les OGM, lorsqu’il lui appartient de trancher, la Commission européenne n’a jamais rendu d’avis négatif.

les dangers du portable

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/06/15/des-scientifiques-lancent-une-nouvelle-alerte-sur-les-dangers-du-portable_1058444_651865.html

Des scientifiques lancent une nouvelle alerte sur les dangers du portable
LEMONDE.FR avec AFP | 15.06.08 | 12h33 • Mis à jour le 08.09.08 | 13h15

Vingt scientiques internationaux lancent un appel dans le Journal du Dimanche contre les dangers que représentent le téléphone portable, notamment pour les enfants de moins de douze ans. Cet appel, coordonné par David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie à l'université de Pittsburgh, énumére dix recommandations principales (dont le détail est disponible sur le site guérir.fr).

Selon les signataires, il ne faut pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence, il faut maintenir le téléphone à plus d'un mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette, et éviter le plus possible de porter un téléphone mobile sur soi, même en veille.

L'appel recommande aussi de communiquer plutôt par SMS, car cela limite la durée d'exposition et la proximité avec l'appareil.

Selon le JDD, "les scientifiques s'accordent sur deux choses : il n'y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable, mais un risque existe qu'il favorise l'apparition de cancers en cas d'exposition à long terme".

"Nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants", explique l'un des signataires de l'appel, Thierry Bouillet, cancérologue et directeur de l'Institut de radiothérapie de l'hôpital Avicenne à Bobigny.

Parmi les principaux autres signataires figurent le Dr Bernard Asselain, chef du service de biostatistiques du cancer à l'Institut Curie, le Pr Franco Berrino, directeur du département de médecine préventive et prédictive de l'Institut national du cancer de Milan, Jacques Marilleau, ingénieur, ancien physicien au Commissariat à l'énergie atomique et au CNRS à Orsay, ou encore Joël de Rosnay, docteur ès sciences.

09:38 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0)

L'Eglise de scientologie renvoyée en correctionnelle

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/08/l-eglise-de-scientologie-renvoyee-devant-le-tribunal-correctionnel-de-paris_1092629_3224.html

L'Eglise de scientologie renvoyée en correctionnelle
LEMONDE.FR avec AFP | 08.09.08 | 11h47 • Mis à jour le 08.09.08 | 12h25

L'Eglise de scientologie est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour "escroquerie en bande organisée". Le juge Jean-Christophe Hullin a signé, lundi 8 septembre, une ordonnance renvoyant devant la justice l'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie (ASES - Celebrity Centre), principale structure de l'association en France, et sa librairie, la SARL SEL, pour "escroquerie en bande organisée". La condamnation de l'Eglise de scientologie pour ce chef pourrait aboutir à la dissolution des deux structures mises en cause, selon une source proche du dossier.

"UNE GRANDE VICTOIRE"

Sept scientologues, dont Alain Rosenberg, directeur général du Celebrity Centre, sont également poursuivis, dont certains pour "exercice illégal de la pharmacie". Le magistrat est allé à l'encontre des réquisitions du parquet, qui avait requis le 4 septembre 2006 un non-lieu pour l'ensemble des mis en cause, estimant qu'il ne résultait pas de l'information judiciaire des charges suffisantes. "C'est une grande victoire, le magistrat a eu le courage de balayer l'attitude complaisante du parquet à l'égard de la scientologie", s'est félicité Me Olivier Morice, avocat de plaignantes. "L'attitude du parquet ne peut que nous interpeller sur l'éventuelle prise en considération de motivations politiques dans le traitement judiciaire parisien des dossiers relatifs à la scientologie", a-t-il ajouté.

L'affaire avait commencé en décembre 1998 par la plainte avec constitution de partie civile d'une femme estimant avoir été escroquée par l'Eglise de scientologie. Abordée quelques mois plus tôt à Paris, au métro Opéra, par des scientologues pour un test de personnalité gratuit, elle avait au final dépensé plus de 200 000 francs (environ 30 000 euros) pour des cours, l'achat de livres, de médicaments, ainsi que d'un "électromètre", appareil électrique ayant pour objet de mesurer les variations de l'état mental de la personne par les modifications importantes de la résistance électrique. Une autre plaignante et l'ordre des pharmaciens se sont par la suite constitués partie civile dans ce dossier.

09:21 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (1)

12/09/2008

le "parapluie bulgare", vous vous souvenez ?

lu sur lemonde.fr :

"Parapluie bulgare": Kostov ravi de la poursuite de l'enquête en Bulgarie
11.09.08 | 14h07

Le journaliste dissident bulgare Vladimir Kostov qui a survécu en 1978 à une attaque à Paris par une arme mystérieuse surnommée "le parapluie bulgare", la même qui avait tué l'écrivain Gueorgui Markov à Londres, s'est félicité jeudi de la décision des autorités bulgares de poursuivre l'enquête.

"Cette décision est très positive. Une clôture (de l'enquête) pour cause de prescription, malgré les arguments juridiques, aurait été nuisible du point de vue des intérêts européens de la Bulgarie", a-t-il déclaré, interrogé au téléphone par l'AFP.

Le directeur du service national des investigations, Boïko Naïdenov a annoncé mercredi la poursuite encore pendant 22 ans de l'enquête sur le meurtre présumé de Markov, commencée en 1990 après la chute du communisme, car elle est notamment liée à une tentative de meurtre la même année à Paris sur Vladimir Kostov, avec une arme similaire.

"Il était grand temps que l'enquête (bulgare) remarque le lien entre les deux cas", a ajouté M. Kostov, âgé de 76 ans.

Le 7 septembre 1978 Markov, travaillant pour la BBC et radio Free Europe, avait été piqué à la cuisse à Londres, alors qu'il attendait l'autobus, par un passant ayant laissé tomber son parapluie. Pris d'une forte fièvre le soir-même Markov était mort quatre jours plus tard sans avoir été interrogé par la police. Lors de l'autopsie, une capsule de la taille d'une tête d'épingle, pouvant contenir un poison fort, avait été découverte dans sa jambe.

Vladimir Kostov, journaliste et agent du service de renseignement bulgare à cette époque, avait demandé l'asile politique à Paris en 1977. En août 1978, en circulant dans le métro à Paris il avait ressenti une piqure et avait été pris de fièvre sans autre conséquences. Ayant appris ensuite les circonstances de la mort de Markov, il a signalé son cas à la police et une capsule du même type a été trouvée dans son dos.

"Les experts britanniques m'ont dit que le fait de ne pas m'être fait soigner m'a sauvé la vie. Si un médecin qui ne se doutait pas des circonstances avait sorti la capsule, il aurait laissé s'écouler le poison" a-t-il dit.

M. Kostov a précisé n'avoir pas demandé d'enquête en France mais qu'il avait fait des dépositions auprès de Scotland Yard et du Service des investigations bulgare.

Une ONG israélienne accuse des colons d'annexions sauvage

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/09/11/une-ong-israelienne-accuse-des-colons-d-annexions-sauvages_1094325_3218.html

Une ONG israélienne accuse des colons d'annexions sauvage
LEMONDE.FR avec Reuters | 11.09.08 | 20h12 • Mis à jour le 11.09.08 | 20h54

Le groupe israélien de défense des droits de l'homme B'Tselem affirme, dans un rapport publié jeudi 11 septembre, que des colons juifs ont confisqué en Cisjordanie un territoire jusqu'à deux fois et demie plus grand que celui qui leur était alloué, en installant des clôtures ou en ayant recours à la violence pour chasser les Palestiniens. B'Tselem explique qu'elle ne peut donner de chiffres précis du nombre d'hectares confisqués dans la mesure où, dans la majeure partie des cas, les contrevenants ne sont pas sanctionnés et qu'aucun document n'est disponible à ce sujet.

Interrogée sur ce rapport, l'armée israélienne a déclaré avoir établi des zones de sécurité autour des colonies juives de Cisjordanie afin de prévenir des attentats, ajoutant que toute construction dans ces zones était donc illégale. Le rapport cite l'exemple d'un groupe de 12 habitations installées à l'est de la barrière de sécurité érigée en Cisjordanie. A cet endroit, B'Tselem évoque une annexion de 455 hectares de terre, motivée par un plan spécial de sécurité qui a permis de doubler la surface allouée aux colons. Le rapport précise que la moitié de cette surface était auparavant la propriété privée de Palestiniens.

HEURTS À TALMON

"La fermeture des terres autour des colonies porte surtout préjudice aux agriculteurs palestiniens, qui doivent surmonter des obstacles bureaucratiques quasi infranchissables pour atteindre leurs terrains. Par conséquent, beaucoup sont contraints d'arrêter leurs cultures", écrit B'Tselem. L'organisation ajoute que, dans de nombreux cas, les autorités israéliennes ferment les yeux sur la pose de clôtures non autorisées et ne punissent pas les colons fautifs. Quelque 70 000 colons vivent à l'est de la barrière de sécurité. Cette semaine, le vice-premier ministre israélien, Haïm Ramon, a présenté un projet d'indemnisation à destination des colons qui accepteraient de quitter volontairement leurs habitations de Cisjordanie.

Mercredi soir, des heurts violents avaient opposé une quarantaine de colons israéliens à des soldats près de l'implantation de Talmon, située dans la région de Ramallah, en Cisjordanie. Selon un porte-parole de l'armée,"une quarantaine de civils ont tenté de pénétrer de force dans une position de l'armée et de perturber l'approvisionnement en eau". Selon la radio publique, les colons entendaient protester contre la saisie par l'armée de matériel de construction destiné à un chantier dans une colonie sauvage située dans le secteur.

10/09/2008

Se souvenir des déchets nucléaires

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/06/se-souvenir-des-dechets-nucleaires_1092265_3244.html

Patrick Charton, adjoint au directeur sûreté, qualité et environnement à l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra)
Se souvenir des déchets nucléaires
LE MONDE | 06.09.08 | 14h10 • Mis à jour le 06.09.08 | 14h10

L'humanité produit chaque année des centaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs, issus des centrales nucléaires, de l'industrie militaire ou de la recherche. Que deviennent-ils, et combien de temps resteront-ils dangereux ?

Les déchets sont stockés dans divers sites en fonction de leur durée de vie et de leur dangerosité. Les déchets de faible et de moyenne activité resteront radioactifs de quelques dizaines à quelques centaines d'années. En France, ils sont stockés dans des centres de surface, dans l'Aube et dans la Manche. Les déchets hautement radioactifs et à vie longue continueront d'émettre des radionucléides pendant des centaines de milliers d'années, voire un million d'années. Ils sont pour l'instant entreposés près des sites de production, en attendant la création d'un site de stockage à 500 mètres sous terre, dans la Meuse.

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), où vous êtes responsable du développement durable, cherche les moyens de transmettre aux générations futures des informations sur la localisation et le contenu des sites. Pour quoi faire, si ces derniers sont parfaitement sûrs ?

Les centres de stockage, qu'ils soient en surface, semi-enterrés ou situés dans des couches géologiques profondes, ont été conçus pour être sûrs. Mais si, ayant perdu la mémoire de leur existence, vous faites intrusion sans savoir où vous mettez les pieds, en effectuant un forage, par exemple, vous risquez de prendre des doses de radioactivité. Le fait de les mettre en sous-sol limite ce risque. Mais la transmission de la mémoire fait aussi partie des mesures de sûreté.

Vous travaillez sur des échelles de temps extrêmement longues. Comment vous projetez-vous dans le futur ?

C'est extrêmement difficile. Serons-nous plus ou moins intelligents, disposerons-nous de technologies totalement novatrices ? On n'en sait rien. De plus, certains événements accélèrent le temps, comme les révolutions et les guerres. Il y a trois siècles, à la cour du roi Louis XIV, pensez-vous que l'on pouvait imaginer la France d'aujourd'hui ? Au lieu de chercher à imaginer l'avenir, j'ai préféré me tourner vers le passé, afin d'étudier comment les choses sont parvenues jusqu'à nous.

Quels enseignements en avez-vous tirés ?

Les spécialistes des manuscrits médiévaux m'ont expliqué que le document technique que nous projetions de réaliser, baptisé "Mémoire de synthèse à l'attention des générations futures", avait toutes les chances de finir rapidement à la poubelle. Quand les gens trient des documents, ils gardent en priorité ceux qui contiennent des images, ce qui explique que les manuscrits illustrés aient été davantage conservés. Toutes les pages de notre document ont donc été illustrées. Ce document sera téléchargeable sur notre site Internet. Les décideurs, les associations, les riverains, à qui il sera destiné, pourront le stocker sur leur ordinateur ou l'imprimer.

Quels autres vecteurs faudra-t-il employer pour assurer cette transmission ?

Il faudra d'abord entretenir la mémoire dans les têtes. L'Andra devra maintenir sa communication sur l'existence des sites de stockage, même s'ils ne sont plus surveillés. Les commissions locales d'information (CLI), organismes indépendants devant lesquels l'Andra vient s'expliquer, permettront également de préserver la mémoire. Cela peut fonctionner sur un ou deux siècles.

Et au-delà ?

Des archives détaillées sont conservées sur les sites de stockage et aux Archives nationales. Le papier moderne contenant des composés chimiques chlorés qui attaquent l'encre, nous avons recours au papier "permanent", qui n'en contient pas, en espérant qu'il durera de six cents à mille ans. Nous inscrirons également des servitudes au cadastre pour éviter que les sites soient réutilisés.

Imagine-t-on de laisser des signes sur les lieux de stockage ?

Les Américains envisagent d'installer, au-dessus des sites, des objets servant à marquer le terrain. Des "information rooms", taillées dans le marbre, seront érigées sur des monticules de 30 mètres de haut. Ces salles contiendront des inscriptions en anglais et dans d'autres langues, ainsi que des symboles de dangerosité. Celui de la radioactivité bien sûr, mais aussi des visages exprimant la douleur. Ils pensent qu'elles auront une pérennité de l'ordre de 25 000 à 50 000 ans.

Les Japonais, eux, se fondent sur une coutume ancestrale, qui veut que certains temples soient détruits tous les vingt-cinq ans et reconstruits à l'identique. Ils ont prévu de construire un temple contenant des plaques microgravées faites de matériaux très résistants, comme le tungstène ou le titane, où les sites de stockage seront décrits.

La France ne s'oriente pas dans cette voie ?

Cela pose en tout cas plusieurs types de problèmes. On peut trouver des supports qui résisteront très longtemps, comme le granite, mais la pierre finira par s'éroder. Des matériaux plus nobles pourraient être utilisés, tels des disques en saphir massif et en titane qui pourraient résister 2 millions d'années. Mais sans gardiennage, ils risquent d'être vandalisés. Il y a aussi l'obstacle de nos langues actuelles, qui peut-être seront mortes demain... Le principal problème, c'est la transmission du sens : il faut que les générations futures comprennent ce que nous avons voulu dire.

N'existe-t-il pas des symboles susceptibles de traverser le temps ?

Les mégalithes de Carnac, qui remontent à 6 700 ans, nous sont mystérieux. Pourquoi ces alignements, pourquoi à cet endroit ? Même chose avec les fresques de la grotte de Lascaux, exécutées il y a 18 000 ans. Etait-ce un exercice esthétique, ou ces hommes ont-ils essayé de nous transmettre un message ? Une tête de mort, un visage qui pleure évoqueront-ils un danger ? Rien ne dit que, dans des dizaines de milliers d'années, les symboles que nous laissons ne passeront pas pour un exercice esthétique. Il faut arriver à coupler le signe matériel et le sens, et personne n'a de réponse unique sur les moyens d'y parvenir sur des durées aussi longues.

De nos ancêtres, nous avons reçu des objets d'art, des réalisations architecturales... Cela ne pose-t-il pas un problème moral de transmettre à nos descendants des déchets dangereux ?

La mission de l'Andra, c'est de gérer les déchets. Ils existent. Même si, demain, on arrêtait le parc électronucléaire, il faudra en faire quelque chose. Aurait-il fallu ne pas les produire ? C'est un débat éthique qui dépasse la question du nucléaire. Si vous ne produisez pas votre électricité avec l'énergie nucléaire, vous utilisez du pétrole ou du charbon, qui émettent du CO2. Il faut mettre en parallèle notre mode de vie, qui génère toutes sortes de pollutions, et ce que nous voulons léguer à nos enfants. Notre mission est de faire en sorte que les générations futures puissent faire leurs choix en toute connaissance des nôtres.

Propos recueillis par Gaëlle Dupont

RADIOACTIVITÉS

Les déchets de haute activité (ha) et de moyenne activité et à vie longue (ma-vl) représentent l'essentiel de la radioactivité, mais moins de 9 % du volume total des déchets.

Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (fma-vc), pour l'essentiel des objets contaminés pendant leur emploi en centrale, représentent 0,055 % de la radioactivité et 76,8 % du volume total. Leur nocivité dure trois cents ans.

Les déchets de faible activité à vie longue (fa-vl) proviennent de terres contaminées et du démantèlement de la première génération de centrales nucléaires. Ils représentent 0,013 % de la radioactivité et 4,6 % du volume de déchets.

Article paru dans l'édition du 07.09.08

Nouvel incident à la centrale nucléaire du Tricastin

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/09/nouvel-incident-a-la-centrale-nucleaire-du-tricastin_1092996_3224.html

Nouvel incident à la centrale nucléaire du Tricastin
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 09.09.08 | 09h11 • Mis à jour le 09.09.08 | 09h25

Un incident a eu lieu, lundi 8 septembre à 10 h 30, pendant un arrêt de tranche à la centrale nucléaire exploitée par EDF dans le Tricastin, située sur le territoire de la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), a indiqué un porte-parole de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "Ce matin, lors des opérations de déchargement du combustible prévues dans le cadre de l'arrêt de l'unité de production n° 2, une position anormale de deux assemblages combustible a été détectée, empêchant la poursuite de la manœuvre", a pour sa part indiqué EDF, dans un communiqué.

L'ASN a expliqué dans un communiqué que le cœur du réacteur nucléaire est composé de cent cinquante-sept assemblages combustibles comportant chacun deux cent soixante-quatre crayons qui contiennent le combustible nucléaire. "Les réacteurs doivent être arrêtés périodiquement et déchargés pour procéder au renouvellement du combustible. Lors de cette opération, le couvercle de la cuve du réacteur et les structures internes supérieures de maintien sont retirés pour accéder aux assemblages combustibles et pouvoir les remplacer", a détaillé l'ASN.

NIVEAU 1

Dans la centrale du Tricastin, lors de cette opération, "deux assemblages combustibles sont restés accrochés aux structures internes supérieures au cours des opérations d'enlèvement", obligeant l'exploitant à interrompre ces opérations "conformément aux règles d'exploitation du réacteur". Les deux assemblages restés coincés sont actuellement "sous eau dans la cuve", a ajouté l'ASN.

"Le bâtiment réacteur a été évacué et fermé de façon préventive. Les équipes nécessaires à la résolution de l'incident technique sont mobilisées", a souligné de son côté EDF, qui n'a pas précisé la durée de cette intervention, et qui assure que "cet événement n'a aucune incidence sur l'environnement et la sûreté des installations", proposant au gendarme du nucléaire de le classer au niveau 1 sur l'échelle INES (International Nuclear Event Scale) qui va de 0 à 7. "Un incident de même nature s'était produit à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine en 1999", a pour sa part indiqué l'ASN, qui n'a pas encore pris sa décision.

Le partage de l'eau

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/08/le-partage-de-l-eau-une-diplomatie-qui-reste-a-inventer_1092689_3244.html

Compte rendu
Le partage de l'eau, une diplomatie qui reste à inventer
LE MONDE | 08.09.08 | 16h19 • Mis à jour le 08.09.08 | 20h39

Quand on leur demande de citer un exemple de fleuve, ou de nappe d'eau transfrontalière, géré de manière concertée et harmonieuse entre plusieurs pays, les experts réunis au 13e Congrès mondial de l'eau, qui s'est déroulé du 1er au 4 septembre à Montpellier, marquent un temps d'arrêt. "Il n'y en a pas", finissent-ils par constater.

En fait, il en existe un, découvert lors de la session spéciale du congrès consacrée aux eaux transfrontalières. Depuis 1978, la France et la Suisse gèrent ensemble, sur la base d'un système de quotas, une nappe souterraine qui alimente, entre autres, Genève. C'est "une vieille copropriété qui fonctionne", a résumé un représentant des collectivités françaises impliquées. Les deux pays sont riches, amis, et l'eau abonde dans la région, ce qui explique ce succès. "C'est sans doute un cas unique au monde", a commenté Didier Pennequin, chef du service eau au Bureau des recherches géologiques et minières. Les cas du Rhin et du Danube sont également parfois cités.

Mais le plus souvent, l'hostilité, ou l'absence totale de relations entre Etats partageant des ressources en eau, domine, chacun agissant à son gré sans se soucier des conséquences pour son voisin. Quelque 260 bassins fluviaux sont partagés par deux pays ou plus dans le monde, ainsi que des centaines d'aquifères souterrains. Or, à mesure que les pressions s'accumulent sur la ressource - pollution, augmentation des besoins liés à la croissance démographique, développement de l'hydroélectricité et de l'irrigation, changement climatique -, les tensions augmentent.

"La plupart du temps, les relations entre Etats sont asymétriques, a expliqué Tony Allan, professeur au King's College de Londres. Certains riverains sont faibles, d'autres sont forts." Ce sont les Etats "hydrohégémoniques". Le cas le plus célèbre est celui d'Israël, qui capte l'eau du Jourdain au détriment de la Palestine. L'érection de barrages, qui diminuent le régime des fleuves à l'aval, peut également créer des conflits. Le Vietnam se plaint ainsi des ouvrages érigés par la Chine sur le Mékong, ce qui ne l'empêche pas d'en construire également, cette fois aux dépens du Cambodge.

L'exploitation des nappes souterraines pose des problèmes spécifiques. "Ce sont des ressources invisibles, qui peuvent être atteintes par des milliers d'exploitants, explique l'hydrogéologue Jean Margat. Or les pompages effectués d'un côté de la frontière ont une influence sur le niveau de la nappe de l'autre côté." Ainsi, la surexploitation de nappes d'eau par la Turquie à la frontière turco-syrienne a abouti au tarissement de sources en Syrie.

Par ailleurs, les activités polluantes exercées dans un pays peuvent affecter la qualité de ressources partagées. Le lac Peipsi, situé entre la Russie et l'Estonie, est gravement pollué par l'exploitation de schistes bitumineux - destinée à produire du pétrole -, côté russe. Malgré tous les efforts tentés dans le cadre d'un programme européen, le dialogue entre les deux Etats est au point mort, sauf au niveau des scientifiques et des ingénieurs, plus enclins, semble-t-il, que les administrations à partager leurs informations.

Les chercheurs et experts plaident pourtant en faveur d'accords entre Etats. "Il faut fixer des règles de partage, pour empêcher les rapports de force de prévaloir", affirme M. Margat. Mais, selon M. Allan, "une attention négligeable a été accordée jusqu'à présent à l'établissement de règles de gestion des eaux transfrontalières". Une convention des Nations unies sur les fleuves partagés, qui pose les bases d'une gestion "équitable" entre Etats, a été adoptée en 1997, mais elle n'est pas appliquée.

Il est difficile en effet, pour les Etats concernés, de renoncer à une parcelle de leur souveraineté. "Les Etats hégémoniques ont intérêt au statu quo, ils ne veulent pas s'encombrer de contraintes", explique M. Allan. Certains ont cependant franchi le pas. C'est le cas pour le Mékong ou le Nil, qui font l'objet d'accords entre riverains. Mais, même dans le cadre d'un accord, l'équité ne prévaut pas forcément. Pour le Nil, deux Etats, l'Egypte et le Soudan, se partagent l'essentiel des ressources.

Si elle peut constituer un facteur de tension, la question de l'eau n'a pas, à elle seule, déclenché d'affrontements armés jusqu'à présent. "C'est le contexte politique général dans une région du monde qui détermine la politique de l'eau", affirme Marc Zeitoun, de la London School of Economics and Political Science.

Selon certains experts cependant, la signature d'accords sur les eaux transfrontalières pourrait permettre, par une coopération concrète, d'améliorer de mauvaises relations entre voisins.

Gaëlle Dupont
RÉFÉRENCES

la convention des nations unies sur les cours d'eau transfrontaliers enjoint les états à gérer les fleuves partagés de façon "équitable et raisonnable", et à protéger la qualité de l'eau. les etats "ne doivent pas causer de dommages" à leurs voisins.

106 :

nombre d'Etats ayant voté la convention, qui n'est toujours pas appliquée. 16 pays l'ont ratifiée, sur 33 ratifications nécessaires. Les eaux souterraines ne font l'objet d'aucune convention.

Article paru dans l'édition du 09.09.08

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04/09/2008

La commission Européenne et les lobbies

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/09/03/bruxelles-la-ligne-de-cv-qui-vaut-de-l-or_1090921_3214.html

Enquête
Bruxelles : la ligne de CV qui vaut de l'or
LE MONDE | 03.09.08 | 13h58 • Mis à jour le 03.09.08 | 13h58
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

Bruxelles, capitale européenne, se transformerait-elle en capitale du pantouflage ? En 2000, l'Allemand Martin Bangemann, commissaire européen chargé des télécommunications, avait fait scandale en décidant de rejoindre un des fleurons du secteur, l'espagnol Telefonica. Depuis, les membres de l'exécutif européen sont tenus de respecter un "code de conduite" : un comité d'éthique doit être saisi s'ils exercent une activité professionnelle en relation avec leur ancien portefeuille pendant l'année qui suit la fin de leur mandat.

Peu contraignantes, les nouvelles règles n'ont pas empêché Mario Monti, l'ancien commissaire chargé de la concurrence, de devenir conseiller de la banque américaine Goldman Sachs, ou le Belge Karel Van Miert de devenir administrateur de Vivendi, de l'électricien allemand RWE et du néerlandais Philips.

L'exemple venant d'en haut, de nombreux fonctionnaires imitent désormais ces commissaires et quittent, discrètement, l'exécutif européen pour rejoindre des cabinets d'avocats, des multinationales, ou pour créer leur propre société de conseil. Ces derniers mois, le Français Michel Petite, directeur général des services juridiques, a été recruté par un important cabinet d'avocats, Clifford Chance, comme conseiller auprès du bureau de Paris. L'ancien juriste en chef de José Manuel Barroso s'est surtout engagé à ne pas plaider contre la Commission devant la Cour de justice européenne.

Avant M. Petite, l'ancien directeur général "marché intérieur", Alexander Schaub, avait accepté de conseiller les avocats britanniques de Freshfields. Guy Legras, l'ancien patron de la politique agricole commune (PAC), collabore de longue date avec le cabinet français Gide Loyrette Nouel. "Les anciens des institutions connaissent les gens et les procédures, leur expérience vaut de l'or", résume un chasseur de têtes.

Un passage dans le saint des saints du pouvoir bruxellois, parfois même comme contractuel en début de carrière, est une expérience convoitée. Dans une capitale devenue un des hauts lieux du lobbying, les candidats n'ont que l'embarras du choix. A Bruxelles, on estime que près de 15 000 personnes travaillent dans l'ombre des institutions - la Commission, le Parlement et le Conseil -, afin de peser sur leurs moindres décisions.

Le pantouflage ne touche pas que la Commission. Voici un an, l'ancien représentant permanent allemand auprès de l'Union européenne, Wilhelm Schönfelder, a pris sa retraite et s'est mis au service du groupe industriel Siemens, dont il est devenu le lobbyiste en chef à Bruxelles. Peu de temps auparavant, l'ambassadeur britannique à Bruxelles, John Grant, avait quitté le Foreign Office pour prendre la présidence européenne du géant minier BHP Billiton, à Londres. Une recrue de choix pour le groupe australien, qui plaide actuellement auprès des gardiens de la concurrence la cause de son projet de fusion avec Rio Tinto.

Le leader mondial des logiciels Microsoft, en conflit avec la Commission depuis bientôt dix ans, vient lui aussi de s'offrir les services d'un ancien diplomate bruxellois : le Maltais John Vassallo, qui travaillait déjà depuis quelques années pour l'américain General Electric.

Parfois, ce sont les eurodéputés, ou leurs assistants, qui choisissent de monnayer leur carnet d'adresses. Après quatre ans de mandat, le Néerlandais Michiel Van Hulten a rejoint à l'été 2007 la direction de Burson-Marsteller à Bruxelles : ce cabinet de conseil en affaires publiques d'origine américaine emploie plus d'une cinquantaine de personnes au coeur du quartier européen. L'un des conseillers de cette agence n'est autre que Jim Currie, ancien directeur général de la Commission chargé de l'environnement.

Le pantouflage reste un sujet sensible, voire tabou, dans le landerneau bruxellois. Ses partisans considèrent que cette pratique, courante aux Etats-Unis et dans certaines capitales européennes, dont Paris, peut améliorer le fonctionnement de la machine communautaire.

"Le pantouflage illustre la montée en puissance des institutions, de plus en plus actives dans un grand nombre de domaines", estime John Wyles, un ancien journaliste du quotidien britannique Financial Times reconverti dans le lobbying au sein du cabinet G Plus, lui-même créé par quatre anciens de la Commission. "Le processus de décision bruxellois ne peut que bénéficier d'un rapprochement entre les institutions et le monde des entreprises", estime M. Wyles.

Les multiples passerelles entre le public et le privé ne sont pourtant pas du goût de tout le monde. Rolf Linkohr l'a constaté à ses dépens. En 2005, cet ex-eurodéputé allemand a dû cesser de conseiller le commissaire chargé de l'énergie, Andris Piebalgs. Les ONG, Greenpeace en tête, dénonçaient l'influence d'un homme qui, après vingt-cinq ans de mandat, venait de créer sa propre agence de conseil. "L'extension du phénomène risque de nuire à la crédibilité des institutions", craint l'eurodéputé écologiste Claude Turmes. "Ce qui gêne, c'est que ce sont les groupes de pression les plus riches qui peuvent s'offrir les services d'anciens fonctionnaires", dénonce ce spécialiste de l'énergie.

La Commission cherche à minimiser le phénomène et tente de sensibiliser les fonctionnaires sur le départ, en particulier dans les directions générales, comme la concurrence, les plus courtisées. Le niveau élevé des salaires - de 4 000 à 5 000 euros net mensuels pour un administrateur débutant, jusqu'à 16 000 euros pour un directeur général - permettrait, selon Bruxelles, de fidéliser le personnel. "Les départs concernent avant tout les retraités, ou préretraités", note ainsi Bernhard Jansen, de la direction des ressources humaines de la Commission.

Le pantouflage resterait sous contrôle mais prend de l'ampleur. Entre 1997 et 2007, les demandes d'autorisation d'activité professionnelle des "pensionnés" sont passées de 2 à 87. Par ailleurs, sur 300 demandes de congé pour convenance personnelle déposées entre 2004 et 2006 par des agents plus jeunes, un tiers concernait des passages au secteur privé.

Depuis l'affaire Bangemann, le service du personnel peut interdire des reconversions. Mais c'est rarissime. La Commission préfère imposer une période pendant laquelle - un an tout au plus - son ex-collaborateur renonce à contacter ses anciens collègues. Il est de surcroît souvent mis en demeure de ne pas s'occuper des dossiers qu'il a eu à traiter au cours des trois dernières années.

Cela suffit-il ? "Non", lance Erik Wesselius, un des animateurs d'Alter EU, un collectif d'ONG qui demande davantage d'éthique : "Les règles devraient être renforcées car les passerelles entre public et privé sont trop nombreuses." "L'arsenal est suffisant, il faut l'appliquer avec rigueur", répond un expert de la Commission, qui reconnaît que certains fonctionnaires peuvent encore quitter la maison sans crier gare.

Le récent code de conduite conçu à l'usage des "représentants d'intérêts" par la Commission n'aborde pas explicitement le pantouflage. Mais il demande aux professionnels de l'influence de "respecter, s'ils emploient d'anciens membres du personnel de l'UE, l'obligation qui incombe à ces derniers de souscrire aux règles et aux exigences en matière de confidentialité". Une mise en garde trop prudente pour inverser la tendance.

Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 04.09.08

03/09/2008

Citoyens européens, oui, mais pour quelle EUROPE ?

... L'article du Monde (ci-dessous) ne le dit pas. Et pour cause : la question n'est pas posée. Aucun politique n'osera faire un sondage sur ce sujet.


http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/09/03/deux-francais-sur-cinq-se-sentent-vraiment-citoyens-europeens_1090942_3214.html

Compte rendu
Deux Français sur cinq se sentent vraiment citoyens européens
LE MONDE | 03.09.08 | 14h06 • Mis à jour le 03.09.08 | 14h06

La présidence française de l'Union européenne a mis l'Europe des citoyens à son agenda, mais les Français se considèrent-ils comme citoyens européens ? Un sondage, réalisé les 22 et 23 juillet par TNS Sofres pour le collectif d'associations Civisme et démocratie (Cidem), révèle que deux Français sur cinq se sentent vraiment Européens, même s'ils manquent de connaissance de base sur le fonctionnement de l'Union européenne. Et pour plus de la moitié des sondés (54 %), ils se sentiraient encore plus Européens s'ils pouvaient voter pour un président de l'Union européenne, ce qui, même après la ratification du traité de Lisbonne, n'est pas envisagé.

Cette étude sur "Les Français et la citoyenneté européenne", réalisée auprès de 1 000 personnes âgées de plus de 18 ans, doit être rendue publique jeudi 4 septembre à l'occasion des Journées civiques européennes. Celles-ci se tiennent à La Rochelle jusqu'au 6 septembre, dans le cadre du programme "Paroles d'Européens" - cinq rendez-vous fixés entre les Français et les leaders européens pour débattre de la construction européenne.

L'attachement à l'Europe est aujourd'hui de même ampleur qu'à la veille de l'instauration de la citoyenneté par le traité de Maastricht en 1992 : 37 % des Français se considéraient alors souvent ou très souvent comme citoyens européens, contre 38 % aujourd'hui.

Seule l'année 1999 a été marquée, sur fond d'élection européennes tendues, par un éloignement sensible des Français à l'égard de l'Europe. Mais c'était le résultat d'une campagne électorale dominée par la liste souverainiste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, aux accents très anti-Bruxelles. Les élections européennes du 13 juin 1999 avaient d'ailleurs été marquées par un taux d'abstention important de 53 %.

L'EURO, UN SYMBOLE FORT

Depuis, le sentiment de citoyenneté européenne s'est redressé sans discontinuer, porté notamment par l'adoption de l'euro, mais aussi par le référendum sur le traité constitutionnel, qui, en 2005, a plongé les Français dans une longue réflexion sur l'Europe et l'Union européenne. Son résultat, négatif, n'a pas porté atteinte au sentiment de citoyenneté européenne

C'est l'euro qui, pour 54 % des personnes interrogées, symbolise le mieux l'Europe, loin devant le Parlement européen (12 %), et la Commission de Bruxelles (9 %). Les autres valeurs fédératrices sont pour 39 % des personnes interrogées le marché économique commun et pour 35 % la démocratie.

Plus surprenant, ce neuvième baromètre de la citoyenneté révèle que les Français ont une connaissance très parcellaire du fonctionnement de l'Union européenne. Ainsi, 36 % d'entre eux pensent qu'ils n'ont pas le droit de voter aux élections européennes, alors que les Français élisent les députés européens depuis 1979. Quelque 48 % des sondés croient également ne pas pouvoir participer aux scrutins municipaux du pays dans lequel ils résident. Les élections européennes qui n'ont jamais beaucoup mobilisé restent "très mal identifiées" en France, rappelle Carine Marcé, directrice associée à la Sofres.

Anne Rodier
Article paru dans l'édition du 04.09.08

Europe : la Commission Européenne bras armé des lobbies (le PROFIT, toujours plus de PROFIT !)

Mais quelle Europe veulent les citoyens Européens ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/09/01/pesticides-les-nouvelles-normes-de-l-ue-entrent-en-vigueur-malgre-les-critiques_1089952_3214.html

Pesticides : des ONG portent plainte contre les nouvelles normes de l'UE
LEMONDE.FR avec AFP | 01.09.08 | 12h11 • Mis à jour le 01.09.08 | 12h28

Les nouvelles normes européennes en matière de pesticides dans les aliments, violemment critiquées par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) qui les jugent dangereuses pour la santé, entrent en vigueur lundi 1er septembre. Ces nouveaux seuils, qui harmonisent les normes européennes en matière de résidus chimiques dans les aliments, doivent remplacer les limites fixées actuellement au niveau national. Mais, selon les ONG, ce règlement a pour effet de repousser de façon "spectaculaire" les limites existantes.

L'accusation est grave : selon Hans Muilerman, porte-parole de l'ONG néerlandaise Natuur en Milieu, pour chacun des 349 pesticides présents dans les produits alimentaires vendus dans l'UE, "la Commission a identifié le pays ayant la plus 'mauvaise' limite de sécurité et adopté ce niveau pour les normes européennes". En conséquence, "plusieurs centaines de limites maximales en résidus deviennent désormais dangereuses pour les consommateurs", et ce "au regard même des normes d'analyse et des méthodes d'analyses fixées par l'UE", conclut une analyse conjointe de Greenpeace et de l'ONG environnementale autrichienne Global 2000.

Dans certains pays étudiés, comme l'Allemagne ou l'Autriche, le changement serait très préoccupant. En Autriche par exemple, 65 % des pesticides utilisés verront leur taux maximal augmenter, pour certains jusqu'à 1 000 fois, alors que seuls 4 % verront leur taux baisser, note Global 2000. La consommation de pommes, poires, raisins, tomates et poivrons pourrait en particulier désormais poser des risques pour la santé des enfants. Deux ONG, Natuur en Milieu et le réseau PAN Europe, ont lancé en août une action en justice devant la Cour européenne de justice.

La Commission européenne a répondu à ces critiques et défendu ses nouvelles normes. "Dans plusieurs cas, l'UE a établi des limites maximales en résidus alors que les Etats membres n'en avaient pas, rendant notre alimentation plus sûre", a fait valoir vendredi Nathalie Charbonneau, porte-parole de la Commission européenne. "Nous ne sommes pas d'accord avec les critiques des ONG, parce que d'abord nous ne parlons pas des mêmes choses. Nous avons fait une analyse qui est beaucoup plus large que la leur", déclare-t-elle. La Commission estime que les ONG se sont appuyées sur des données "imprécises", mais assure qu'elle examinera néanmoins "toute étude qui lui sera soumise".

Après les J.O.

lu sur lemonde.fr, il y a un certain temps ...

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/02/25/l-ideal-olympique-est-entre-de-mauvaises-mains-par-graham-watson_1015406_3232.html

Point de vue
L'idéal olympique est entre de mauvaises mains, par Graham Watson
LE MONDE | 25.02.08 | 14h35 • Mis à jour le 27.08.08 | 14h21

En confiant à la Chine l'organisation des Jeux olympiques de 2008 (8-24 août), l'espoir était grand, renforcé par les promesses des officiels du Parti communiste, que cet événement conduirait le pays vers plus d'ouverture, de liberté et de respect des droits de l'homme. Du reste, il s'agissait quasiment d'une obligation morale, puisque la Charte olympique indique explicitement que les villes hôtes, en l'occurrence Pékin, doivent être des exemples vivants des "principes éthiques fondamentaux" des Jeux. Force est de constater que, six mois avant le début des Jeux, ces principes sont bafoués. Les prisons s'ouvrent devant les dissidents, la liberté se ferme pour les médias.

Un peu tard, secoué par le refus de Steven Spielberg de rester le consultant artistique pour la cérémonie d'ouverture - dénonçant ainsi le soutien chinois au régime soudanais massacreur du Darfour -, le Comité international olympique (CIO) prend la mesure de son erreur. Erreur répétée d'ailleurs, car l'échec de la confiance mal placée en Chine va se réitérer en 2014 avec les Jeux d'hiver que l'on a cru bon de confier à la Russie. Qui peut croire que Sotchi, la station balnéaire de luxe des serviteurs zélés du Kremlin, pourra mieux répondre que Pékin aux exigences de la Charte olympique ? Les mêmes causes dictatoriales produiront les mêmes effets répressifs.

Car tout montre que la Russie devient un régime autoritaire, non seulement en ridiculisant la démocratie à travers des élections truquées, mais aussi en renouant avec des pratiques politiques de censure des médias, d'intimidation des contestataires, d'emprisonnement, et même parfois de meurtre, des opposants. L'arrogance russe devient telle que même une enceinte aussi diplomatique que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est obligée d'en tirer les conséquences et de boycotter la présidentielle du 2 mars.

Lorsque le CIO et son président, Jacques Rogge, ont accepté la candidature russe en 2007, c'était, disaient-ils, pour des raisons pratiques et logistiques : Sotchi était l'endroit idéal en termes d'infrastructures d'entraînement et de compétition, et les bénéfices de cet événement rejailliraient sur la région entière de la mer Noire. Cet argument du pragmatisme est fallacieux. Les JO constituent en effet le plus grand symbole de reconnaissance internationale dont un pays puisse se targuer, et son Comité d'organisation ne peut ignorer cette dimension politique. En récompensant Moscou, le CIO, il est vrai avec la bénédiction de la communauté internationale, a de fait légitimé les dérives autocratiques de Vladimir Poutine.

MÊME LONDRES 2012...

Après Pékin et avant Sotchi, c'est Londres qui sera l'hôte des JO de 2012. Comme Britannique, je devrais m'en réjouir, et comme libéral-démocrate davantage encore qu'une démocratie libérale soit ainsi distinguée. Mais il n'en est rien. La démocratie libérale britannique n'est plus ce qu'elle était. Suivant docilement la doctrine sécuritaire des néoconservateurs américains, les gouvernements travaillistes de Blair et de Brown, avec la bénédiction hypocrite des Tories, ont multiplié les lois liberticides, menaçant notre habeas corpus sur l'autel de la prétendue lutte antiterroriste. Ce n'est pas par hasard que Londres a refusé de s'associer à la Charte des droits fondamentaux...

Pékin n'est donc pas simplement un mauvais moment à passer. C'est une première étape vers un relâchement général des moeurs olympiques. Si les Jeux veulent conserver une certaine crédibilité, basée sur ses valeurs et ses principes fondateurs, il est temps pour leurs promoteurs de se poser les vraies questions. A l'avenir, toute ville hôte ne devra être retenue que sur la base de normes élevées en matière de respect des droits fondamentaux et des libertés. L'idéal olympique, avant toute autre considération, devra être le critère ultime. Les JO doivent redevenir un modèle pour le monde et non plus servir à masquer ses bas-fonds.

Graham Watson, président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe


Article paru dans l'édition du 26.02.08