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31/10/2008

Maïs OGM : Pollué = Payeur

Le maïs OGM, cher payé s'il revient en France, selon une étude

PARIS (AFP) — Si la France devait de nouveau autoriser la culture du maïs génétiquement modifié, suspendue en février, les filières sans OGM en paierait le prix fort et risqueraient de disparaître, selon une étude universitaire sollicitée par l'organisation Greenpeace.
Selon les économistes du Centre de recherche et d'étude en gestion (CREG) de l'Université de Pau, "les cultures ayant des cahiers des charges stricts sur les OGM (avec une seuil de présence toléré inférieur à 0,1%) sont amenées à disparaître dans les zones de cultures de maïs GM et celles ayant un seuil de présence fortuite (accepté jusqu'à 0,9%) pourraient survivre, avec de nouvelles contraintes".
Le CREG souligne qu'il est "difficile d'obtenir un chiffre de synthèse" sur les différents surcoûts estimés, et évoque une fourchette relativement large de 5 à 37 euros par tonne de maïs non GM.
Mais il indique que, comme cela a déjà été observé pour d'autres cultures dans d'autres pays, "le marché du maïs devrait se diviser en deux", entre fillière OGM et non OGM qui couterait plus cher.
Quant à la production de maïs bio, qui exclut toute présence d'OGM, "la culture de maïs OGM dans une zone (la) rend impossible" et le "risque économique de déclassement de la production est également extrêmement fort", par exemple dans le cas de productions d'origine contrôlée ou certifiée.
L'étude cite le cas des filières de poulet "Label Rouge", qui fournissent une alimentation sans OGM à leurs volailles: elle estime que dans le cas où du maïs OGM serait de nouveau cultivé en France, le surcoût induit pour les producteurs recourant à du maïs non OGM pourrait atteindre 4 à 15 centimes par kilo de poulet.
L'organisation Greenpeace qui a financé cette étude appelle jeudi à maintenir la suspension de la culture du maïs MON810, le seul OGM qui était cultivé en France jusqu'à cette suspension.
"Cette étude prouve pour la première fois que certaines filières sont condamnées et que d'autres devront assumer un surcoût important: le régime du +pollué payeur+ est mis en oeuvre aux profits des industriels de l'agrochimie", note Arnaud Apoteker, spécialiste des OGM à Greenpeace.

Amiante : le commerce l'emporte

lu sur lemonde.fr :

L'amiante devrait échapper à l'inscription sur une liste internationale de produits dangereux
30.10.08 | 13h53 • Mis à jour le 30.10.08 | 16h31
MONTRÉAL (CANADA) CORRESPONDANCE

L'amiante chrysotile, la forme la plus toxique de cette fibre minérale, ne devrait pas être inscrit sur la liste des 39 produits chimiques dangereux de la Convention de Rotterdam, ce qui satisfait l'industrie canadienne, quatrième producteur mondial.
A moins d'un revirement à la réunion de Rome, qui se poursuit jusqu'au vendredi 31 octobre en présence des représentants de plus de 120 pays signataires du traité, il n'y aura pas de consensus sur la question : l'Inde, le Pakistan, le Vietnam et les Philippines se sont opposés, mardi 28 octobre, à l'ajout du chrysotile à la liste rouge, ce qui aurait rendu difficile le commerce de la fibre cancérigène, sans toutefois l'interdire comme dans l'Union européenne et la plupart des pays industrialisés.
Le gouvernement canadien avait refusé jusqu'à la dernière minute de faire connaître sa position officielle, répétant seulement, mercredi, qu'il prônait toujours une utilisation "responsable et sécuritaire" du chrysotile. Christian Paradis, député de la région québécoise de l'amiante et porte-parole d'Ottawa à Rome, s'attendait à un renvoi "à la prochaine réunion, en 2010". Un autre député canadien, le néo-démocrate Pat Martin, ancien mineur d'amiante, a déclaré que "le Canada n'a rien dit, laissant ses principaux clients faire le sale travail à sa place".

"MANIPULATIONS HONTEUSES"
Ce dossier a enflammé les esprits au Canada. L'Association médicale canadienne a vivement dénoncé l'attitude du gouvernement. Dans un éditorial intitulé "La mortalité liée à l'amiante, une exportation canadienne", elle soulignait que "le Canada est la seule démocratie occidentale à s'être constamment opposée aux efforts internationaux visant à réglementer le commerce mondial de l'amiante... en manipulant honteusement les connaissances scientifiques par des moyens politiques". Ottawa, ajoute-t-elle, "semble avoir calculé qu'il est préférable pour l'industrie de l'amiante d'agir dans l'ombre, comme les marchands d'armes, sans égard aux conséquences mortelles de son utilisation".

L'Institut Rideau, centre de recherche indépendant, a reproché à Ottawa et Québec de financer le lobby de l'amiante et de nier les dangers de cette fibre. Des scientifiques canadiens ont demandé au premier ministre Stephen Harper de "cesser de faire obstruction" à la Convention de Rotterdam, tandis que le quotidien The Gazette révélait l'existence d'un rapport non publié du ministère canadien de la santé sur les dangers de l'amiante.

Anne Pélouas

En Corse, l'"enfer blanc" de Canari bientôt sécurisé :
A l'abandon depuis plus de quarante ans, l'ancienne mine d'amiante de Canari (Haute-Corse) va être mise en sécurité grâce à des crédits européens et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les travaux, d'un montant de 7,4 millions d'euros, débuteront en 2009 pour s'achever en 2010. Le chantier nécessitera des moyens de protection des prestataires et des riverains, pour prévenir la dispersion des fibres. Surnommé "l'enfer blanc" par les mineurs, ce gisement - le plus grand de France - a été exploité par une filiale d'Eternit de 1949 à 1965. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 31.10.08

De la mélanine dans les aliments en Europe ?

NOTA BENE : La poudre d'œuf est utilisée couramment dans l'industrie alimentaire (biscuits, pâtes, pâtisseries, desserts, sauces ...)

lu sur lemonde.fr :

Enquête
Le soupçon s'étend sur les filières alimentaires chinoises
LE MONDE | 29.10.08 | 14h37 • Mis à jour le 29.10.08 | 14h37

L'affaire de la contamination de produits alimentaires d'origine chinoise par de la mélamine prend une nouvelle ampleur. Adoptant une démarche inhabituelle, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a, mardi 28 octobre, pressé les autorités gouvernementales chinoises de fournir la totalité des informations dont elles disposent sur l'ampleur de cette contamination. Cette décision fait suite à la récente découverte de ce toxique d'origine chimique dans des oeufs.

A Rome, au siège de la FAO, on ne cache pas une certaine irritation devant le silence des autorités chinoises et le fait que ce sont les médias qui, sur ce sujet, donnent la plupart des informations. "Il est essentiel que nous puissions disposer d'informations validées, souligne Kazuaki Miyagishima (direction de la nutrition et de la protection des consommateurs). Au vu des nouveaux éléments, nous soupçonnons que le recours à la mélamine soit une pratique répandue et que cette substance pourrait être présente dans de nombreux circuits alimentaires".
Le ministre chinois de l'agriculture a lancé une enquête pour déterminer si de la mélamine avait été ajoutée à la nourriture pour les animaux. "Nous ne connaissons pas les détails de cette enquête et nous voulons que les autorités nous communiquent immédiatement les résultats de leurs découvertes", a déclaré Zhang Zhongjun, un responsable de la FAO en Chine. Selon lui, on ne peut exclure l'hypothèse que des porcs, des bovins, des poulets ou des poissons soient contaminés par de la mélamine.
Sur ce thème, les inquiétudes des autorités sanitaires internationales vis-à-vis des produits alimentaires chinois n'est pas nouvelle. En juillet 2007, après la découverte aux Etats-Unis de mélamine d'origine chinoise dans des aliments pour animaux, on avait procédé au retrait de 60 millions de boîtes d'aliments pour chiens et chats. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors "invité instamment tous les pays à renforcer leur système de sécurité sanitaire des aliments et à se montrer beaucoup plus vigilants à l'égard des producteurs de denrées alimentaires et de ceux qui en font le commerce."
La présence de ce toxique vient, cette fois, d'être identifiée dans des oeufs chinois à Hongkong et dans de la poudre d'oeuf en provenance du même fabricant chinois. A Hongkong, les autorités sanitaires ont détecté une quantité de mélamine supérieure à deux fois le niveau autorisé dans une marque d'oeufs produits par Dalian Hanwei, le premier fabricant d'oeufs chinois, basé à Dalian, dans le nord-est de la Chine. Les quantités retrouvées ne seraient pas a priori nocives pour la santé. La mélamine aurait été ajoutée aux aliments pour volailles, pour en augmenter artificiellement la teneur en protéines. La suspicion sur les produits chinois est telle que Hongkong a ordonné de nouveaux tests sur la viande et les produits de pisciculture.
Mardi, le distributeur américain Wal-Mart a annoncé que les oeufs "Gegeda", l'une des marques de Dalian Hanwei réservée au marché domestique, avaient été retirés de ses rayons en Chine populaire. Surnommé le "roi de l'oeuf", M. Han Wei, le président de Dalian Hanwei, largement soutenu par la province du Liaoning, où se trouve son siège, présentait ses excuses aux consommateurs de Hongkong, tout en expliquant que sa société n'avait aucun besoin d'ajouter de la mélamine à ses oeufs pour en augmenter le niveau de protéines. Aucun rappel de produits n'a été annoncé par Dalian Hanwei en Chine.

50 000 ENFANTS CONTAMINÉS

Mi-octobre, le groupe japonais Mitsui, qui avait importé 20 tonnes de poudre d'oeuf en provenance de Dalian Hanovo, une filiale de Dalian Hanwei, a annoncé que tous les tests à la mélamine réalisés sur des échantillons étaient positifs. Le groupe japonais avait déclaré avoir été prévenu par Dalian Hanovo que de la mélamine avait été détectée dans son alimentation pour volailles.

Co-entreprise entre Dalian Hanwei et le Danois Sanovo, Dalian Hanovo produit plus de 5 000 tonnes de poudre d'oeuf par an, en grande partie POUR L'EXPORTATION VERS LES ÉTATS-UNIS,L'ASIE ET L'EUROPE.

Ces derniers mois, l'ajout de mélamine dans de la poudre de lait, pour faire croire à un apport supérieur en protéines, a contaminé plus de 50 000 enfants et tué quatre nourrissons. Le scandale suscité par cette affaire en Chine et ses répercussions dans le monde avaient poussé le gouvernement chinois à préparer un nouvel arsenal législatif sur la sécurité alimentaire. Les nouvelles mesures ne sont toutefois pas encore entrées en vigueur.
Le site China Media Project, un observatoire des médias chinois à la faculté de journalisme de l'université de Hongkong, note que la panique induite par la découverte de la contamination du lait avait conduit les médias chinois à mener des campagnes de promotion en faveur de la consommation... d'oeufs.
Accueillant les dirigeants européens lors du dernier Forum Asie-Europe, le premier ministre chinois Wen Jiabao avait, le 25 octobre, promis de "mettre en place des mécanismes de régulation puissants et efficaces pour tous les maillons et tous les procédés" de l'industrie alimentaire.

Jean-Yves Nau et Brice Pedroletti (à Shanghaï)
Article paru dans l'édition du 30.10.08

30/10/2008

Les plastiques souples pourraient contribuer à la baisse de la fertilité

lu sur http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/ :

Les plastiques souples pourraient contribuer à la baisse de la fertilité
Après avoir mis en contact, in vitro, des cellules humaines produisant des spermatozoïdes avec du DEHP (une substance contenue dans les plastiques souples) une équipe de l'Inserm a constaté leur destruction progressive en trois jours. Le DEHP est présent dans de nombreux objets de la vie quotidienne, notamment les films plastiques alimentaires, les tuyaux d'arrosage... Cette étude a été publiée dans la Revue Environnemental Health Perspectives.
Parents , 01/12/2008

28/10/2008

Gouverner c'est Voler ?

JE NE ME SOUVIENS PAS que De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterand, Chirac, aient fait tant de voyages en si peu de temps...
GOUVERNER la France est donc si peu contraignant ? N'importe qui peut être président, alors.
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lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/23/le-lourd-bilan-co2-de-nicolas-sarkozy_1110414_3244.html

Le lourd bilan CO2 de Nicolas Sarkozy
LEMONDE.FR | 23.10.08 | 15h57 • Mis à jour le 23.10.08 | 17h03

Le magazine spécialisé dans le développement durable Terra Economica a publié, mercredi 22 octobre, le "bilan CO2" de Nicolas Sarkozy. Il s'agit de mesurer la production de dioxyde de carbone générée par les déplacements officiels du président de la République.
Selon Terra Economica, Nicolas Sarkozy produirait un minimum de 7 061 tonnes équivalent CO2 par an, ce qui représenterait l'équivalent des émissions de gaz à effet de serre anuelles de 1 000 Français. Pour produire autant de CO2, le chef de l'Etat a effectué, selon des estimations – que le magazine juge lui-même "sous évaluées" – 301 236 kilomètres, soit une moyenne de plus de 900 km par jour.
Principal responsable : l'avion présidentiel. Terra Economica a "retenu l'hypothèse selon laquelle le président a utilisé toute l'année l'A319CJ. Cet appareil, pouvant transporter 58 passagers, émet en moyenne 20,56 kilos équivalent CO2 par kilomètre". Comme le rappelle le magazine, il y a un an, lors de la signature du projet de Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy avait lancé, en parlant de la France : "Comment devenir un exemple, si on n'est pas capable de s'appliquer à soi les règles qu'on voudrait voir retenues par les autres ?"
Les émissions présidentielles de CO2 ne devraient pas diminuer à l'avenir : l'Elysée est en train de renouveler sa flotte et Nicolas Sarkozy devrait prochainement avoir son Air Force One. Un avion long-courrier, plus lourd que celui qu'il utilise actuellement, qui pourrait produire 13 956 tonnes équivalent CO2, si le rythme des déplacements présidentiels se maintient.

Le Monde.fr

Mondialisation de la pollution

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/25/l-air-de-l-himalaya-est-aussi-pollue-que-celui-des-villes-d-europe_1111025_3244.html

L'air de l'Himalaya est aussi pollué que celui des villes d'Europe
LE MONDE | 25.10.08 | 14h31 • Mis à jour le 25.10.08 | 14h47

Le Toit du monde n'est plus cet îlot de pureté que l'on imagine encore souvent. Pour la première fois, une équipe de chercheurs franco-italienne a pu réaliser dans l'Himalaya des mesures à plus de 5 000 m d'altitude et constater la présence de particules de suie à des niveaux de concentration surprenants dans un espace aussi vierge.
Les relevés ont été effectués au Népal à partir de la station de surveillance atmosphérique Nepal Climate Observatory, la plus haute du monde (5 079 m). "Nous ne nous attendions pas à ces résultats : ils témoignent de niveaux de pollution comparables à ceux de villes européennes", reconnaît Paulo Laj, du laboratoire de météorologie physique de l'université de Clermont-Ferrand, qui a participé à l'étude menée avec l'université de Bologne et publiée récemment dans les "Comptes rendus de l'Académie des sciences américaine" (PNAS).
Les données atmosphériques dans cette partie du monde sont très rares. Une autre équipe - finlandaise - travaille au Népal, mais elle est jusqu'à présent restée sous la zone des 2 000 m. L'énorme logistique nécessaire à l'installation des stations d'observation est évidemment un frein.
L'étude met en évidence deux phénomènes inquiétants. Portée par les vents, la pollution des grandes métropoles d'Asie du Sud-Ouest peut parcourir des milliers de kilomètres et remonter jusqu'aux sommets élevés de l'Himalaya. Dans la zone de contact entre l'air propre issu des très hautes altitudes et les masses polluées venues des vallées, les chercheurs ont, de plus, recensé la formation de nouvelles particules de dimensions nanométriques qui amplifient la pollution. C'est, là aussi, la première fois qu'un tel phénomène est observé à cette altitude.
"Le dioxyde de carbone est considéré comme l'ennemi numéro un dans la lutte contre le changement climatique, mais le système climatique est complexe et les études montrent de plus en plus que les particules atmosphériques sont aussi des acteurs importants du réchauffement", relèvent les chercheurs.
Le danger est évidemment que cette situation accélère la fonte des glaciers himalayens. Le recul important des fronts glaciers au cours des dernières décennies est d'ores et déjà considéré comme l'une des manifestations les plus inquiétantes du réchauffement global. Avec ses 33 000 km2 de surfaces gelées, l'Himalaya est souvent désigné par les climatologues comme le "troisième pôle" après l'Arctique et l'Antarctique, même s'il n'a jusqu'à présent pas fait l'objet de la même attention.
Le Groupe international d'experts sur le changement du climat (GIEC) estime que de nombreux glaciers himalayens pourraient avoir disparu d'ici à 2035, avec des conséquences considérables pour l'ensemble de l'Asie centrale, où vit 40 % de la population mondiale.
Cela pour plusieurs raisons. La liquéfaction des masses de glace crée, en aval, des lacs - près de 500 ont été dénombrés - potentiellement dangereux pour les populations vivant sur les premiers contreforts et dans les vallées. Des débordements brutaux se sont déjà produits. Mais surtout le régime hydrologique des plus grands fleuves comme l'Indus, le Gange, l'Amou-Daria ou le Yangzi dépend étroitement du fonctionnement de cette "calotte" himalayenne.
"Dans un premier temps, l'eau libérée viendra gonfler leur débit puis, dans un second temps, l'inverse se produira, l'eau viendra à manquer et l'apport vital des glaciers, surtout pendant la saison sèche, fera défaut", explique Christian Vincent, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (CNRS) de Grenoble.
Près de 1,3 milliard de personnes pourraient être confrontées à des risques accrus de pénurie d'eau, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
Si le Gange devenait saisonnier - ce que n'excluent pas les scientifiques -, plus de 400 millions de personnes vivant dans la plus grande zone d'agriculture irriguée de l'Inde seraient affectés. Et le PNUE ne comptabilise pas, ici, la population qui, au total, à l'échelle du pays, serait touchée par la baisse des rendements agricoles.
Quand cela se produira-t-il ? "Il est difficile de le dire. L'Himalaya est l'un des massifs montagneux les moins bien observés au monde", indique Christian Vincent. La plupart des informations disponibles sont fournies par des photos aériennes qui permettent seulement de mesurer le recul des fronts glaciers, un indicateur très insuffisant pour comprendre le fonctionnement de ces monstres froids. Le massif alpin, avec ses 2 500 km de glaciers, compte deux fois plus de postes d'observation que l'Himalaya tout entier.
Les bouleversements en cours sont lourds de menaces pour la stabilité de cette partie du monde. Les écologistes en sont convaincus. Wouter J. Veening, de l'Institut néerlandais pour la sécurité environnementale, juge urgent d'établir un réseau d'alerte.
"La vie de plus de 1 milliard de personnes est concernée ; nous devons identifier les zones les plus fragiles et évaluer les risques de conflits", affirme-t-il. Le degré de pollution découvert au sommet de l'Himalaya lui donne un argument supplémentaire.

Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du 26.10.08

L'esclavage en Afrique aujourd'hui

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/10/28/une-cour-regionale-africaine-condamne-le-niger-pour-esclavage_1111928_3212.html

Une cour régionale africaine condamne le Niger pour esclavage
LE MONDE | 28.10.08 | 14h30 • Mis à jour le 28.10.08 | 14h30

Le destin maudit d'Hadijatou Mani, une jeune Nigérienne de 24 ans, semblait tracé. Fille d'esclave du centre du Niger, elle l'était devenue elle-même dès l'âge de 12 ans, vendue 500 dollars à un maître qui ne l'exploitait pas seulement pour les travaux domestiques et agricoles mais également comme wahiya, une esclave sexuelle. Lundi 27 octobre, Hadijatou Mani est entrée dans l'histoire de son pays en le faisant condamner par la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) : première condamnation pour le Niger sur un tel sujet, premier cas de la sorte jugé par cette instance régionale. L'Etat nigérien est coupable de n'avoir pas protégé la jeune femme à laquelle il doit verser 10 millions de francs CFA (15 000 euros) de dommages et intérêts. Hadijatou Mani en réclamait cinq fois plus.

Avant de recourir aux instances judiciaires régionales - grâce au soutien des organisations non gouvernementales britannique Antislavery International, nigérienne Timidria et le Centre international pour la protection judiciare des droits de l'homme (Interights) -, la jeune femme s'était tournée vers la justice de son pays. Son courage mal récompensé ne lui avait alors valu qu'une peine d'emprisonnement de six mois. Pour "bigamie", avaient tranché les juges nigériens. La cour avait en effet donné raison à une loi coutumière voulant qu'elle devienne l'épouse légale de son maître après son affranchissement en 2005.

La jeune femme, elle, avait préféré épouser un autre homme plutôt que ce El-Hadj Souleymane Naroua, son ancien maître et ami de celui qui, des années auparavant, réduisit en esclavage la mère d'Hadijatou Mani. La procédure judiciaire pour crime d'esclavage intentée contre El-Hadj Souleymane Naroua a été suspendue dans l'attente de la décision de la Cedeao. Elle pourrait donc reprendre.

La victoire judiciaire, lundi à Niamey, de la jeune nigérienne pourrait dépasser son cas personnel. "Cela a valeur d'exemple pour toutes les personnes subissant le même sort, espère Romana Cacchioli, d'Antislavery International. Elle démontre qu'une femme issue de la classe la plus défavorisée peut faire reconnaître ses droits. C'est aussi un message adressé, notamment, aux pays de la région". "Nous prenons acte de cette condamnation. Nous sommes légalistes et respecterons la décision", a promis l'avocat du gouvernement nigérien, Mossi Boubacar.

Les ONG attendent également que Niamey lutte plus radicalement et plus concrètement (campagne de sensibilisation, formation des personnes judiciaires, éducation...) contre "cette pratique ancrée dans la culture des habitants", explique Romana Cacchioli. Selon Antislavery, le Niger, signataire des conventions internationales interdisant et pénalisant l'esclavage, compterait environ 43 000 esclaves (sur 12 millions d'habitants). En Mauritanie, ce phénomène toucherait 18 % de la population. Le Mali n'est pas épargné. Dans le monde, il y aurait plus 12 millions d'esclaves, selon la même source.

Christophe Châtelot

Repères
-La Cedeao. Créée en 1975, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest compte quinze membres : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo.

-La cour de justice de la Cedeao. Créée en 1991, accessible aux personnes, elle est notamment compétente en matière de violation des droits fondamentaux tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU. Ses décisions sont exécutoires et sans appel.

Article paru dans l'édition du 29.10.08

27/10/2008

Les réserves d'eau souterraine dans le monde

lu sur univers-nature.com :

23-10-2008

Quand l’eau du sous-sol défie les frontières

A la frontière entre au moins deux pays, les réserves d’eau souterraine transfrontalières sont plus ou moins délaissées du fait de la difficulté que représente leur gestion à plusieurs Etats. Afin de les mettre en valeur et de les protéger d’une surexploitation future, le Programme Hydrologique International (PHI) de l’Unesco, lancé en 2000, vient de publier la première carte mondiale référençant les multiples aquifères transfrontaliers à l’échelle du monde.

Si l’on en croit cet inventaire, la planète accueille à l’heure actuelle quelque 273 aquifères transfrontaliers, dont 68 répartis sur le continent américain, 38 en Afrique, 65 en Europe orientale, 90 en Europe occidentale et 12 en Asie. Représentant un volume 100 fois supérieur à l’eau douce de surface, ces aquifères participent aujourd’hui largement à la consommation en eau douce. Ils ont ainsi peu à peu été mis à contribution à partir de la deuxième moitié du XXe siècle pour faire face à une demande croissante en eau. A l’heure actuelle, plus de 70 % de l’eau utilisée en Union européenne est issue de ces bassins souterrains. Dans certaines régions arides et semi-arides, notamment en Arabie Saoudite et à Malte, ces derniers représentent même l’unique source d’eau potable.
L’usage fait de ces ressources en eau est multiple. Si l’on s’en réfère aux moyennes mondiales, 65 % de l’eau prélevée sur les aquifères va à l’irrigation, 25 % à l’alimentation en eau potable et 10 % à l’industrie.

Répartition des réserves d'eau souterraine transfrontalières
Mais si ces réserves d’eau souterraines ouvrent de belles perspectives, toutes ne sont pas inépuisables. C’est le cas des aquifères d’Afrique du Nord et de la péninsule arabique qui, constitués il y a plus de 10 000 ans à la faveur d’un climat plus humide, ne bénéficient plus aujourd’hui de précipitations régulières et ne sont donc pas rechargés. Cela ne signifie pas que les aquifères dits « renouvelables » soient hors de danger. Dans certaines régions, les réserves d’eau souterraines sont confrontées soit à des phénomènes de pollution, soit à une surexploitation. En attestent les petites îles et zones côtières méditerranéennes où l’exploitation de l’eau se pratique bien souvent à un rythme supérieur à sa capacité de renouvellement.

Dans un contexte mondial de crise de l’eau, nul doute que les aquifères souvent délaissés, à l’image des grands bassins souterrains africains encore largement sous-exploités, sauront trouver un regain d’intérêt. Aussi, pour préserver ce potentiel, l’Unesco souhaite aider les pays frontaliers à mettre en place des « mécanismes de gestion concertée ». Dans cette optique, la Commission du droit international des Nations Unies présentera le 27 octobre, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies, un projet de Convention sur les aquifères transfrontaliers destinée à fixer un cadre juridique relatif à leur exploitation. Une initiative capitale au regard de l’augmentation constante de nos besoins en eau, résultant notamment de la croissance démographique mondiale et de l’évolution des comportements alimentaires (1).

Cécile Cassier

1- Les céréales nobles sont de plus en plus demandées, notamment le blé et le riz gourmands en eau. La viande est loin d’être neutre en matière de consommation d’eau puisque un kilo de bœuf nécessite entre 2000 et 20 000 litres d’eau en fonction du climat local.
Voir le dossier « L’eau, l’homme et l’alimentation » dans le n°22 d’Echo Nature.

19/10/2008

Comparé aux plans contre la crise, éradiquer la malnutrition ne coûterait presque rien

Comparé aux plans contre la crise, éradiquer la malnutrition ne coûterait presque rien
LEMONDE.FR | 16.10.08 | 19h37

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/16/compare-aux-plans-contre-la-crise-eradiquer-la-malnutrition-ne-couterait-presque-rien_1107875_3244.html

La Journée mondiale de l'alimentation est l'occasion pour les ONG et les institutions internationales de rappeler les montants nécessaires pour éradiquer la faim dans le monde. Mot d'ordre cette année : mettre fin à la malnutrition ne coûterait quasiment rien comparé aux sommes investies par les pays riches face à la crise financière.

22,2 MILLIARDS D'EUROS POUR ÉRADIQUER LA FAIM

La FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et pour l'agriculture, compte 925 millions de malnutris à travers la planète, soit 75 millions de plus qu'avant la crise alimentaire du printemps dernier. Elle demande 30 milliards de dollars (22,2 milliards d'euros) par an pour mettre fin durablement au problème de la malnutrition. Cet argent doit servir pour les deux tiers à améliorer la productivité de l'agriculture dans les pays touchés. Il faut notamment améliorer les infrastructures pour assurer un meilleur accès au marché pour les producteurs isolés et assurer la préservation des ressources naturelles avec des technologies adéquates. Le tiers restant devrait être consacré à l'aide alimentaire directe. Lors de la conférence de juin sur la crise alimentaire mondiale, les chef d'états présents s'étaient engagés à donner 12,3 milliards de dollars. Seul un milliard a été versé pour l'instant.

3 MILLIARDS D'EUROS POUR SOIGNER 19 MILLIONS D'ENFANTS

Pour Action contre la faim, entre 1,5 et 3 milliards d'euros par an permettraient de traiter toutes les personnes touchées par la malnutrition aigüe sévère, dernier stade avant la mort. Les victimes sont avant tout des enfants de moins de cinq ans, 19 millions seraient concernés à travers le monde. Cet argent servirait à financer l'organisation des soins et l'achat des produits thérapeutiques. C'est le "plumpy nut", une sorte de beurre de cacahuète hypernourissant, qui est majoritairement utilisé. Pour l'instant, il est surtout produit en France, mais l'objectif est de le fabriquer au plus près des zones en besoin, ce qui réduira encore les coûts. Action contre la faim dépense en moyenne 38 euros pour sauver un enfant dans les pays où l'association est présente, mais les coûts logistiques varient énormément selon les pays.

OUVRIR LES MARCHÉS AUX PRODUITS DES PAYS PAUVRES

L'ONG Oxfam publie, jeudi, un rapport détaillé sur le prix des produits alimentaires. Le document préconise dix solutions à faible coût. Selon ce rapport, la hausse des cours cette année, en plus d'augmenter les difficultés pour les consommateurs les plus pauvres, n'aurait pas profité aux petits producteurs, mais seulement aux grands groupes de l'agroalimentaire. Oxfam souhaite surtout un changement des réglementations du marché des produits agricoles. Les pays riches devraient ouvrir leurs marchés aux produits issus des pays pauvres, tout en autorisant ceux-ci à protéger leur agriculture de la concurrence. L'ONG regrette que l'aide à l'agriculture soit devenue le parent pauvre de l'aide au développement depuis les années 80, passant de 18 % à 4 % de l'ensemble des aides publiques. Elle réclame le déblocage de 25 à 40 milliards d'euros.

Jean-Baptiste Chastand

17/10/2008

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés

à lire sur mediapart.fr :

Une très légère taxe poids lourds est votée par les députés
Par Jade Lindgaard

Vieille revendication des écologistes, les parlementaires ont adopté le principe d'une taxe sur les poids lourds. Pour, dans la foulée, organiser les compensations et les exceptions! Résultat: personne n'est content, ni les écologistes, ni les transporteurs... C'est une nouvelle illustration des contradictions du projet de loi Grenelle-1.

15/10/2008

instruction instructive (suite 2)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/10/14/espionnage-presume-de-besancenot-le-pdg-de-taser-france-interpelle_1106524_823448.html

Espionnage présumé de Besancenot : le PDG de Taser France interpellé
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 14.10.08 | 11h47 • Mis à jour le 14.10.08 | 17h20

Dix personnes ont été placées en garde à vue, mardi 14 octobre, dans le cadre de l'enquête sur la surveillance illicite dont a été victime le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Parmi les personnes interpellées figurent un policier et un détective privé, mais surtout le PDG de Taser France, Antoine Di Zazzo. Olivier Besancenot a vivement réagi à l'annonce de ces gardes à vue. "J'ai une réaction d'indignation face à une opération de barbouzes et de flics véreux, d'autant plus inquiétante qu'on a un gouvernement qui n'a de cesse de propager le système des fichiers", a-t-il dit. "M. di Zazzo rappelle que SMP Technologies n'a jamais eu le moindre intérêt à commanditer un rapport concernant M. Besancenot ou quelqu'un d'autre", a pour sa part défendu Me Hennequin, son avocate.

L'ex-candidat à l'élection présidentielle avait porté plainte en mai pour "atteinte à l'intimité de la vie privée, violation de secret professionnel et recel de violation de secret professionnel" notamment, après la publication d'une enquête de L'Express faisant état de l'espionnage par une "officine" de la vie privée de M. Besancenot. Selon l'hebdomadaire, la vie du porte-parole de la LCR "a été épiée, disséquée, mise en fiches" entre octobre 2007 et janvier 2008.

DES DONNÉES DÉTAILLÉES

Un "rapport de surveillance" rédigé par l'officine mise en cause allait jusqu'à mentionner "l'emplacement exact de l'appartement, dont la fiche cadastrale est annexée", du dirigeant trotskiste. Il mentionnait également un document recensant les détails des comptes bancaires d'Olivier Besancenot et de sa compagne, ainsi que des informations sur son véhicule qui pouvaient avoir été obtenues "grâce au fichier administratif des cartes grises", selon L'Express.
En mai, lorsque l'Express avait révélé les faits, le journal évoquait déjà la piste d'un contentieux avec la firme SMP Technologies, distributeur pour la France du pistolet à impulsion électrique Taser : lors de la campagne pour la présidentielle en 2007, le porte-parole de la LCR avait estimé que cette arme était responsable de 150 décès aux Etats-Unis. Les dirigeants de Taser, qui assurent qu'elle se révèle inoffensive pour la vie humaine, ont intenté une procédure en diffamation contre M. Besancenot.

Six des personnes interpellées l'ont été par les policiers de l'Inspection générale de la police nationale et les autres par ceux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne chargés de l'enquête.

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Instruction instructive (suite)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/10/15/affaire-besancenot-le-patron-de-taser-france-mis-en-cause_1107097_3224.html

Affaire Besancenot : le patron de Taser France mis en cause
LE MONDE | 15.10.08 | 15h27 • Mis à jour le 15.10.08 | 16h14

Le distributeur français de Taser, fournisseur officiel de pistolets à impulsion électrique du ministère de l'intérieur, a-t-il dérapé ? C'est à cette question que les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) et de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) se sont attelés en interpellant, mardi 14 octobre, onze personnes. Sept ont vu leur garde à vue prolongée mercredi, dont Antoine di Zazzo, le patron de Taser France. D'autres personnes devaient être convoquées et placées en garde à vue, comme ce retraité qui aurait joué un rôle d'intermédiaire.

La police a agi dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte au mois de mai par le parquet de Paris après la plainte déposée par Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, pour "atteinte à la vie privée, atteinte aux droits des personnes pouvant résulter des fichiers et traitements informatiques et violation du secret professionnel". L'hebdomadaire l'Express venait de révéler que M. Besancenot et sa compagne avaient été espionnés pendant des semaines, et leurs comptes bancaires disséqués. Le rapport d'une officine privée, réalisé pour le compte d'un mystérieux commanditaire s'intéressait au véhicule du couple et allait jusqu'à mentionner l'école maternelle de leur fils. Les regards s'étaient tournés vers Taser France qui avait intenté un procès pour diffamation contre le porte-parole de la LCR. L'audience devait avoir lieu le 20 octobre. Antoine di Zazzo a toujours vigoureusement nié être impliqué dans cette affaire.

"CHOSES BIDONNÉES"

Joint sur son portable mardi par la BRDP, alors qu'il ne se trouvait pas à son domicile, il s'est directement rendu au siège de sa société, SMP Technologies, distributeur français du Taser, que la police avait commencé à perquisitionner. Le détective privé Gérard Dussaucy, 62 ans, ancien commissaire de la police judiciaire puis des renseignements généraux, ainsi qu'une collaboratrice, et un agent des douanes, Roland Minard, 58 ans, ont également été interpellés et placés en garde à vue. Sept policiers, de Paris, des Yvelines et de Gironde, soupçonnés d'avoir communiqué des renseignements puisés dans les fichiers, étaient de leur côté entendus dans les locaux de l'IGPN. L'un d'entre eux a été très rapidement mis hors de cause et trois remis en liberté. Restaient en garde à vue mercredi, un policier de la sécurité publique de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un autre issu de la sous-direction des affaires économiques et financières et un troisième de Bordeaux.

Le site Internet de L'Express révèle, mercredi 15 octobre, qu'une copie du rapport de surveillance visant Olivier Besancenot et sa famille a été trouvée par les policiers au siège de la société SMP Technologies-Taser France lors de la perquisition.

Les enquêteurs qui s'étonnent de trouver "des choses bidonnées" dans le rapport sur M. Besancenot ont d'ores et déjà établi que M. Dussaucy s'est bien intéressé à sa vie privée. Ils ont trouvé la trace de plusieurs "liens" entre M. di Zazzo, sa société et le privé. A commencer par le versement bancaire d'une somme inférieure à 4 000 euros. Les deux hommes, et la collaboratrice de M. Dussaucy, se sont déjà rencontrés. De son côté la direction générale des douanes, qui a refusé de confirmer l'identité de l'agent interpellé, indique qu'elle a engagé une procédure disciplinaire et que son habilitation pour consulter le fichier Ficoba, - qui recense tous les comptes d'une personne -, lui a été retirée.

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 16.10.08

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14/10/2008

Instruction instructive

lu sur le monde.fr :

Dix personnes en garde à vue dans l'affaire Besancenot
14.10.08 | 17h34

Par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - Dix personnes, dont cinq policiers et le patron de la société commercialisant en France le pistolet Taser, ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur une surveillance illicite d'Olivier Besancenot, apprend-on de source proche de l'enquête.

Antoine Di Zazzo, dirigeant de SMP Technologies, société qui commercialise le pistolet à impulsions électriques Taser, s'oppose publiquement depuis 2007 au porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) sur les dangers supposés de cette arme équipant certains services de police.

Olivier Besancenot a vivement réagi à l'annonce de ces gardes à vue. "J'ai une réaction d'indignation face à une opération de barbouzes et de flics véreux, d'autant plus inquiétante qu'on a un gouvernement qui n'a de cesse de propager le système des fichiers", a-t-il dit.

"On se rend compte avec ce qui vient de m'arriver que n'importe quel barbouze peut avoir accès à des données extrêmement privées, avec la mise en place de surveillances, de filatures", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

Antoine Di Zazzo est soupçonné d'avoir commandité une enquête sur le dirigeant d'extrême gauche auprès des autres suspects, notamment les cinq policiers, un détective privé et un ex-policier devenu cadre bancaire à LCL (ex-Crédit lyonnais).

Ces personnes auraient consulté de manière illégale le fichier de police des cartes grises et un fichier bancaire, le Ficoba (Fichier national des comptes bancaires et assimilés), qui recense tous les comptes bancaires en France.

Un lien financier - le paiement d'une prestation - a été établi par la police entre le détective privé et SMP Technologies, selon plusieurs médias.

Olivier Besancenot, qui a obtenu près de 1,5 million de voix à la présidentielle de 2007 (4,08%), est une des personnalités de gauche les plus populaires dans les sondages d'opinion. Il prépare la création d'un nouveau parti "anticapitaliste", le NPA, qui visera à rassembler plus largement la gauche radicale.

PROCÈS TASER-BESANCENOT LUNDI

La police judiciaire et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices") interrogent les suspects dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 7 mai par le parquet de Paris après une plainte déposée par l'ex-candidat aux élections présidentielles de 2002 et 2007.

Le parquet visait dans son enquête l'"atteinte à l'intimité de la vie privée" ainsi que l'introduction frauduleuse dans des fichiers de police.

L'affaire est partie d'une enquête de L'Express, qui disait avoir découvert l'enquête privée menée sur la vie d'Olivier Besancenot de la part d'une officine de renseignement privée, d'octobre 2007 à janvier 2008.

L'Express citait un rapport de cette officine, qui mettait au jour le fait que la compagne d'Olivier Besancenot avait été photographiée au pied de son immeuble, en compagnie de l'enfant du couple.

L'Express avait publié une note confidentielle, datée du 25 octobre 2007, qui résumait les premières investigations sur le couple, jusqu'à l'emplacement de son appartement. Une autre donnait les détails de leurs comptes bancaires.

L'hebdomadaire croyait savoir que la surveillance avait été ordonnée par SMP Technologies. Olivier Besancenot a mis en cause le Taser, assurant pendant la campagne présidentielle de 2007 que cette arme avait fait des morts aux Etats-Unis et au Canada.

La société le poursuit en diffamation sur ces affirmations et nie catégoriquement tout lien avec la mise sous surveillance. Le procès se tiendra lundi prochain à Paris. Olivier Besancenot a déclaré mardi qu'il dirait son fait "dans les yeux" à Antoine Di Zazzo à cette audience.

En mai, lors de l'ouverture de l'enquête, ce dernier avait déclaré à Reuters : "On est tombé des nues. On n'a jamais demandé à suivre M. Besancenot. Dans quel but ? Sa vie privée ne nous regarde pas, on a autre chose à faire."

Édité par Gilles Trequesser

13/10/2008

L'air qu'on respire aujourd'hui

lu sur Le Figaro :

http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/10/11/01006-20081011ARTFIG00174--l-air-du-cancer-.php

L'air du cancer
PAR MARTINE BETTI-CUSSO
10/10/2008 | Mise à jour : 14:06 |
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Entre 1980 et 2005, le nombre de cancers a augmenté en France de plus de 90 %. Partant de ce constat, les experts de l'Inserm ont analysé plus de 1 800 études et mis en relation des facteurs environnementaux avec l'apparition de neuf cancers. Parmi les facteurs cancérogènes « avérés ou débattus » figurent l'amiante (facteur avéré du cancer du poumon et de la plèvre), les radiations ionisantes (facteurs avérés des cancers du poumon, de la leucémie, de la thyroïde, du sein et des tumeurs cérébrales), le radon (facteur avéré du cancer du poumon), mais aussi les pesticides (facteurs débattus des cancers du poumon, du sein, de l'ovaire, du testicule, de la prostate, de la thyroïde, des leucémies et des tumeurs cérébrales)ou encore le tabagisme passif (facteur débattu des leucémies et des tumeurs cérébrales). Même si ce rapport est jugé timoré par des associations, c'est un pas de plus dans la reconnaissance des liens entre cancers et environnement. Il appelle, à tout le moins, au principe de précaution. Reste à accélérer les recherches pour connaître les effets des expositions à faible dose et celles des expositions croisées.

12/10/2008

À LIRE : mondialisation et économie

À lire sur univers-nature.com :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3398

08-10-2008

Les coulisses de l’assiette

Les articles les plus lus
Echo Nature
Le magazine d'information environnementale

A l’heure actuelle, on estime que le secteur de l’agroalimentaire est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Reflet de ce que contient notre assiette, celui-ci est intrinsèquement lié aux habitudes de consommation véhiculées par les pays industrialisés et fondées sur des modes de production intensifs hautement néfastes à l’environnement. Pour répondre à cette forte demande, les pays du Sud sont mis à contribution, contraints de céder une grande partie de leurs ressources. Aussi n’est-ce pas une surprise si, comme le rappelle Nicolas Hulot, sur les 923 millions de personnes souffrant de la faim, les trois quarts sont des paysans.
Photo ci-contre - D'origine brésilienne, 80% du jus d'orange arrive en Europe avec un bilan énergétique désastreux.
Contraire à l’éthique, cette production débridée est également lourde de conséquences pour l’environnement. Exemple frappant du monopole et de la pression exercés par les pays industrialisés, l’huile de palme est un ingrédient majeur, entrant la composition de près d’un produit alimentaire sur dix vendus en Europe (biscuits, chocolat, bonbon, crème glacée, sauce, margarine…). Or, si l’on croit la fondation Hulot, sa culture serait la cause de 90 % de la déforestation sévissant en Malaisie. Un chiffre pas si surprenant puisque 17 m2 de palmiers à huile sont nécessaires pour satisfaire les besoins annuels d’un seul Français. Une atteinte grave pour ces forêts tropicales naturelles, véritables réservoirs de la biodiversité.

La problématique de la surexploitation des ressources ne concerne pas que la terre ferme, bien au contraire. Les écosystèmes marins sont eux aussi gravement affectés avec 70 % des stocks de poissons menacés. A l’origine de cette raréfaction des richesses halieutiques, une augmentation de la consommation individuelle des pays riches due notamment à l’engouement pour de nouvelles pratiques culinaires (sushis…). Ce contexte déjà peu favorable est encore aggravé par la surpêche ainsi que les prises accidentelles et la dégradation des milieux marins perturbés par les changements climatiques (disparition des récifs coralliens…).

Les conséquences sur l’environnement de notre mode de consommation ne se limitent pas à la question de l’approvisionnement en matières premières. Une fois celles-ci prélevées, encore faut-il les transformer en un produit fini, lequel implique un emballage et un conditionnement spécifiques. La clientèle étant souvent très éloignée du lieu de production, de l’énergie supplémentaire sera nécessaire pour l’acheminer de son lieu de création à son point de vente et le conserver une fois arrivé à destination. Destination somme toute provisoire, le dit produit étant amené à être transporté à nouveau pour aboutir dans un réfrigérateur familial ou sur une plaque de cuisson… On l’aura compris, ce type de consommation, et le système productif qu’il implique, génère une dépense énergétique massive. Or, celle-ci pourrait être évitée si les produits consommés étaient cultivés localement. Ainsi, un fruit importé hors saison par avion consomme 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement. Dès lors, un kilo de pommes provenant d’Afrique du Sud correspond à 5 litres de gasoil, soit 20 fois plus qu’un kilo de pommes cultivées localement. Autre exemple parlant, les 80 % du jus d’orange à base de concentré, bus en Europe, proviennent du Brésil. Si l’on tient compte des diverses opérations générées par leur transformation et leur transport, boire un verre de jus d’orange à base de concentré revient à avaler plus de pétrole que d’orange.

Si une alimentation locale est bénéfique à l’environnement, il faut de même savoir faire varier les plaisirs. Manger varié est certes bon pour la santé mais cela a aussi une incidence notable sur la nature. Pour répondre aux normes dictées par l’industrie agroalimentaire, des variétés de fruits et de légumes ont fait l’objet de standardisation. Outre une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques, cette production uniforme conduit à un appauvrissement de la biodiversité. De fait, bien que l’on recense quelque 6 000 races d’animaux d’élevage de bétail et de volailles, seules 3 races bovines assument à elles seules 98 % de la production mondiale bovine. On observe des phénomènes similaires du côté des cultures. Ainsi, alors qu’il existerait près de 7 000 variétés de tomates à travers le monde (1), nous n’en ingérons pas plus de 5 distinctes.

S’intégrant toujours dans cette politique du haut rendement, les techniques agricoles majoritairement employées étendent cet appauvrissement général à la qualité des sols. Premier consommateur européen et troisième à l’échelle mondiale, la France est particulièrement friande de produits phytosanitaires. Mais, outre qu’elles dérogent à leur fonction première en favorisant l’émergence d’insectes ravageurs libérés de leurs prédateurs, ces substances chimiques non biodégradables s’accumulent dans les milieux naturels et intoxiquent les espèces végétales et animales environnantes. La chaîne alimentaire étant ce qu’elle est, l’animal n’est pas le seul à pâtir du recours à ces composés chimiques. Selon l’INRA, en 2006 on estimait qu’un Français pouvait ingérer jusqu’à 1,5 kg de pesticides par an.

Constatant que notre mode de consommation actuel a eu pour effet d’éloigner le consommateur des techniques de production en veillant à lui offrir la plus large gamme de produits sur un plateau d’argent, la fondation Nicolas Hulot a décidé de s’investir dans une opération massive de sensibilisation et d’information sur l’impact environnemental de nos choix alimentaires. Intitulée « Des fraises au printemps », celle-ci repose principalement sur le prochain lancement à la mi-octobre d’un site Internet sur lequel seront référencés les réseaux de magasins et de marchés bio. En parallèle, d’autres outils informatifs seront mis à disposition des consommateurs à l’image d’un mini-guide « Repères pour faire ses courses » ou encore un éventail de fiches pratiques (quel poisson consommer…). L’objectif est de faire la lumière sur des réalités que l’on a plus ou moins caché au consommateur en l’entretenant dans le mythe du tout disponible, de tout temps et à toute saison.

Cécile Cassier

1- Univers-nature vous en propose un petit échantillon de leur diversité en photo (lien sur le site d'univers-nature)

10/10/2008

Loin de la crise, notre univers

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/08/le-charme-asymetrique-des-particules_1104495_3244.html

Compte rendu
Le charme asymétrique des particules
LE MONDE | 08.10.08 | 14h51 • Mis à jour le 08.10.08 | 14h52

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?", se demandait Leibnitz. Cette interrogation métaphysique, traduite en langage de physicien, peut se formuler ainsi : "Pourquoi vivons-nous dans un monde fait de matière plutôt que d'antimatière ?" C'est pour avoir contribué à éclairer cette question que l'Américain d'origine japonaise Yoichiro Nambu d'une part, les Japonais Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa d'autre part, ont été couronnés, mardi 7 octobre, par le prix Nobel 2008 de physique. Tous trois se sont penchés sur les mystères de la "symétrie brisée", au coeur du fonctionnement le plus intime de l'Univers.

Récompensant des découvertes annoncées au début des années 1960, pour le premier lauréat, et 1970, pour les deux autres, cette distinction peut sembler bien tardive. Elle prend pourtant toute son actualité, à la veille de l'inauguration du Large Hadron Collider (LHC) de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) de Genève. Les travaux des trois récipiendaires ont en effet participé à l'élaboration du "modèle standard" sur lequel repose toute la physique moderne et que le nouvel accélérateur de particules va servir à éprouver.

Nous sommes ici dans le royaume de la physique la plus théorique, à l'échelle des particules élémentaires constitutives de la matière. Des particules que l'on peut grossièrement assimiler à des points, et qui ne sont pourtant pas symétriques. Pas davantage que ne l'est le monde perceptible à nos sens où, par exemple, si nous regardons notre main gauche dans un miroir, nous découvrons une main droite. Un phénomène que les chercheurs appellent "brisure de symétrie".

Dans le monde particulaire, les scientifiques distinguent trois types de symétrie. La symétrie de miroir - ou parité -, qui fait que l'image d'une particule réelle dans un miroir est aussi une particule réelle. La symétrie - ou conjugaison - de charge, qui associe deux particules identiques de charges électriques opposées, comme l'électron et le positon. Enfin, la symétrie - ou renversement - de temps, selon laquelle un processus physique observé en remontant le temps vers le passé est identique à un autre processus observé normalement. Les physiciens le savent aujourd'hui, la nature est asymétrique. Pasteur l'avait déjà énoncé, qui déclarait, au vu de la différenciation de deux molécules miroir sous l'effet de la fermentation : "L'asymétrie, c'est la vie."

C'est si vrai que dans un monde parfaitement symétrique... nous n'existerions pas. Remontons aux tout premiers instants de l'Univers, quelques fractions de seconde après le Big Bang, voilà 13,7 milliards d'années. S'il s'était formé exactement autant de matière que d'antimatière, ces particules et antiparticules auraient dû s'annihiler dans une gerbe d'énergie, et il y aurait aujourd'hui rien plutôt que quelque chose. Pas de galaxies, d'étoiles, de planètes, de vie.

Or, en 1964, deux Américains, James Cronin et Val Fitch (prix Nobel 1980), ont mis en évidence, en faisant se désintégrer des particules issues d'un accélérateur, une "violation" des lois de la symétrie. Matière et antimatière ne se comportent pas tout à fait de la même manière. Les théoriciens pensent à présent qu'un infinitésimal surplus de la première - une particule supplémentaire sur 10 milliards - aurait suffi, au sein de la soupe primordiale du cosmos, à assurer la victoire de la matière sur l'antimatière.

Avec les particules connues jusqu'au début des années 1970, il était impossible d'intégrer la brisure de symétrie au "modèle standard". Les physiciens pensaient en effet alors que les particules les plus élémentaires, les quarks, dont sont composés les protons et les neutrons des noyaux des atomes, ne pouvaient être que de trois types : "up", "down" et "strange". En 1972, Makoto Kobayashi et Toshihide Maskawa, alors jeunes chercheurs à l'université de Kyoto, ont proposé un modèle explicatif supposant trois quarks supplémentaires : "charm", "bottom" et "top". Si l'existence du premier a été confirmée dès 1974, et celle du deuxième en 1977, il a fallu attendre 1994 pour que celle du troisième soit prouvée. "A l'époque, la proposition de Kobayashi et de Maskawa était hardie. Ce qu'ils ont fait est assez fort", commente Etienne Augé, directeur scientifique adjoint de l'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules. En 2001, des expériences menées aux Etats-Unis et au Japon ont définitivement validé les prédictions faites par les deux chercheurs trente ans plus tôt, qui reconfiguraient le "modèle standard" sous une forme plus solide qu'avant.

Yoichiro Nambu, lui, a été le premier à avancer l'idée de "brisure spontanée de symétrie", empruntée à la physique du magnétisme et de la supraconductivité, pour décrire les interactions à courte portée entre particules. Une piste qui mènera peut-être à la découverte, dans le LHC, du boson de Higgs. Avec à la clé un nouveau Nobel...

Pierre Le Hir
Article paru dans l'édition du 09.10.08

19:01 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : physique

09/10/2008

Les avantages fiscaux accordés aux plus riches contribuables

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/08/le-debat-sur-le-rsa-se-deporte-sur-les-avantages-fiscaux-accordes-aux-plus-riches-contribuables_1104459_0.html

Compte rendu
Le débat sur le RSA se déporte sur les avantages fiscaux accordés aux plus riches contribuables
LE MONDE | 08.10.08 | 14h21 • Mis à jour le 08.10.08 | 14h21

Les députés devaient voter, mercredi 8 octobre, le projet de loi généralisant le revenu de solidarité active (RSA), dont l'examen s'est achevé dans la nuit de mardi à mercredi. Bien que le principe du RSA soit approuvé par l'ensemble des groupes représentés au Parlement, le texte ne devrait être adopté qu'avec les voix de l'UMP et du Nouveau Centre, tandis que l'opposition s'abstiendra.

Ces quatre jours de discussion étalés sur trois semaines - en plein coeur d'une crise financière majeure - auront en effet été accaparés par le débat sur le financement. Le choix de le faire reposer sur une taxe de 1,1 % incluse dans le bouclier fiscal - plafonnant à 50 % des revenus l'ensemble des impôts directs - a été dénoncé par la gauche comme "immoral". Refusant que les hauts revenus bénéficiant du bouclier soient à l'abri de toute augmentation de contributions de solidarité, l'opposition a cherché, en vain, à faire reculer le gouvernement sur ce point.

LA MAJORITÉ SERRE LES RANGS

Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée nationale, a fourni à ses collègues une dernière arme. Il leur a transmis des informations actualisées concernant les bénéficiaires du bouclier fiscal mis en place dans la loi de finances pour 2007, plafonné alors à 60 % des revenus. Le tableau fait ressortir des situations étonnantes. L'impact global du dispositif était connu : 246 millions d'euros restitués sur l'année 2007 à 15 066 contribuables, soit un montant moyen de 16 380 euros. Sur ce total, les deux tiers (155 millions d'euros) ont été restitués à 671 foyers disposant d'un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros, soit une restitution moyenne de 232 000 euros.

Le tableau fourni par le ministère des finances permet également de mesurer l'impact des niches fiscales. Ainsi, plus de 10 000 contribuables possédant un patrimoine supérieur à 750 000 euros ont un revenu fiscal inférieur à 3 763 euros, s'acquittant ainsi d'un impôt sur le revenu moyen de... 1 euro. Parmi ceux-là, 13 contribuables possédant un patrimoine supérieur à 15,5 millions d'euros payent en moyenne 47 euros d'impôt sur le revenu.

Aussi le président de la commission des finances s'interroge-t-il sur l'articulation entre le projet de mise en oeuvre d'un plafonnement global des niches fiscales et le bouclier fiscal. "Il est à craindre que le plafonnement n'ait aucun impact sur la situation fiscale des bénéficiaires du bouclier, estime M. Migaud. Le principe du bouclier fait qu'ils sont assurés d'être exonérés de cette imposition théorique supplémentaire."

Faux, a répondu Eric Woerth, le ministre du budget, "le bouclier fiscal est une mesure de justice fiscale". Archifaux, s'est indigné le Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch : "Vous verrez que l'effet plafonnement des niches sera plus important que l'effet bouclier fiscal. C'est pour cela que c'est une mesure de justice." M. Hirsch a également voulu démentir que Noël Forgeard, l'ancien PDG d'EADS parti en 2006 avec un "parachute doré" de 8 millions d'euros, échapperait à la taxe pour le RSA, comme l'avait avancé, la veille, le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault. "J'ai appelé M. Forgeard. il est imposé à hauteur de 46 % et paiera donc pour le RSA", s'est félicité le Haut Commissaire, pas peu fier de son coup.

En dépit de ces assurances, le malaise dans la majorité n'a pas été dissipé. Certes, crise oblige, elle a été sommée de serrer les rangs. Les amendements déposés par des députés de l'UMP visant à trouver d'autres modes de financement ont été retirés les uns après les autres. Seul Daniel Garrigue (UMP, Dordogne) s'est refusé de retirer le sien, proposant d'exclure la taxe RSA du bouclier. "Opposer le principe du bouclier fiscal au principe de solidarité n'est pas acceptable", s'est-il exclamé, bravant seul ou presque l'interdit, les cosignataires de l'amendement, sous le contrôle des "commissaires" du groupe et du gouvernement, préférant s'absenter au moment du vote ou lever la main à l'unisson du groupe contre l'amendement. Le débat est clos. La crise continue.

Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 09.10.08

08/10/2008

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/03/cancers-les-liens-avec-la-pollution-mieux-cernes_1102545_0.html

Cancers : les liens avec la pollution mieux cernés
LE MONDE | 03.10.08 | 09h36 • Mis à jour le 03.10.08 | 09h40

Quelle est la contribution des facteurs environnementaux à l'augmentation constatée de l'incidence de certains cancers ? Nouvelle pièce à ce dossier controversé, une expertise collective, réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche en médecine (Inserm) à la demande de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset), a été rendue publique jeudi 2 octobre.

Cette revue très complète de la littérature scientifique mondiale recense les cancers liés aux principaux agents cancérogènes, avérés ou suspectés, présents dans l'environnement. Entre 1980 et 2005, compte tenu des évolutions démographiques, l'incidence des cancers s'est accrue de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes. Ont-ils augmenté du fait d'un dépistage plus répandu ? "L'évolution de la démographie et des pratiques médicales n'explique pas à elle seule l'augmentation constatée", répond l'expertise.

Un récent rapport de l'Académie de médecine insistait sur le rôle des comportements individuels. Mais il s'en tenait aux cancérogènes avérés, au risque de sous-évaluer la responsabilité de l'environnement. Les experts réunis par l'Inserm ont pris en compte les facteurs de risque environnementaux des cancers "dont l'exposition est subie et non générée par des comportements individuels", ce qui leur a fait, par exemple, inclure le tabagisme passif et exclure le tabagisme actif.

Même s'ils se sont heurtés "dans bon nombre de cas" à l'absence ou à l'insuffisance de "données permettant de quantifier les expositions et de préciser les co-expositions", ils citent plusieurs études montrant une association entre les particules atmosphériques provenant du trafic automobile, du chauffage et des activités industrielles, et le cancer du poumon.

Des travaux estiment qu'"environ 1 300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes européennes si les niveaux de PM2,5 [particules fines] étaient ramenés respectivement à 20 et à 15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm3)".

A Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg, 10 % des cancers du poumon sont attribuables à l'exposition aux PM2,5. Or l'Europe s'est dotée d'une norme sur les PM2,5 visant 25µg/mm3 en 2010, qui ne sera contraignante qu'en 2015…

Les radiations ionisantes (rayons X et gamma) peuvent provoquer de nombreux types de cancer : poumon, thyroïde, sein, cerveau, plèvre, leucémies… Les examens radiologiques répétés augmentent le risque de cancer du sein et, peut-être, celui d'autres cancers, précise l'expertise. Le nombre de ces examens s'accroît de 5 à 8 % par an en France.

La France est l'un des plus gros utilisateurs mondiaux de pesticides. Les experts reconnaissent qu'avec près d'un millier de molécules mises sur le marché en France, "les risques liés à la totalité de ces molécules ne peuvent être évalués de façon satisfaisante". Mais l'exposition aux insecticides domestiques dans l'enfance ou via la mère au cours d'une grossesse "a été régulièrement associée aux leucémies et, à un moindre degré, aux tumeurs cérébrales".

"Nous allons travailler à partir de l'expertise de l'Inserm afin de produire un avis, et des recommandations répondront aux besoins de connaissance des décideurs et d'information du public", affirme Henri Poinsignon, directeur général par intérim de l'Afsset.

Paul Benkimoun

06/10/2008

L'héritage nucléaire

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/01/1-000-milliards-de-dollars-pour-traiter-l-heritage-nucleaire_1101656_3244.html

ENVIRONNEMENT
1 000 milliards de dollars pour traiter l'héritage nucléaire
LE MONDE | 01.10.08 | 13h52 • Mis à jour le 01.10.08 | 13h52
AVIGNON ENVOYÉ SPÉCIAL

Mille milliards de dollars. Telle est la somme faramineuse nécessaire pour démanteler les centaines d'installations radioactives en fin de vie que soixante ans d'activité nucléaire ont disséminée sur la planète. "En 2004, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a estimé qu'il faudrait mille milliards de dollars pour décontaminer tous ces sites, dit Michele Laraia, chargé du dossier à l'Agence. Depuis, le chiffre a augmenté, avec l'inflation."

Ce montant concerne pour moitié les installations liées au nucléaire militaire. Reste environ 500 milliards qu'il faudra trouver pour nettoyer les laboratoires de recherche et les quelque 440 réacteurs producteurs d'électricité qui fermeront d'ici à environ trente ans. "Si le problème est envisagé dès le démarrage de l'installation, et que de l'argent est régulièrement mis de côté, ce n'est pas une grosse difficulté, poursuit M. Laraia. Mais si rien n'est prêt au moment de l'arrêt, le coût sera très élevé."

Cet impératif est intégré par la communauté nucléaire, réunie jusqu'au 2 octobre à Avignon, pour un colloque consacré au démantèlement qui a lieu, tous les cinq ans, sous les auspices de la Société française d'énergie nucléaire (SFEN). "Pour maintenir l'option nucléaire ouverte, il faut montrer qu'on sait démanteler", résume Serge Klaeyle, d'EDF.

A Avignon, les spécialistes ont constaté la normalisation de leur activité. "On est sorti de la phase d'apprentissage, observe Catherine Lecomte, directrice de l'assainissement au Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Les premières installations qu'on a démantelées ont été les plus délicates, mais nous sommes maintenant parvenus à une phase industrielle." Claudio Pescatore, de l'Agence de l'énergie nucléaire de l'OCDE confirme : "Le démantèlement est devenu une activité industrielle, représentant un chiffre d'affaires, en augmentation régulière, de 5 à 6 milliards de dollars par an."

Mais si les techniques commencent à être bien maîtrisées, que les procédures et les méthodes sont bien établies, l'expérience est encore limitée, notamment sur les réacteurs de production d'électricité. Seuls une dizaine dans le monde ont été totalement démantelés - c'est-à-dire que les sites ont été rendus à un autre usage sans la moindre trace de radioactivité artificielle. Si bien que le coût réel de cette déconstruction n'est pas établi avec certitude. Les estimations varient de 500 à 800 millions de dollars par réacteur. "On n'est jamais assez prudents, remarque Georges Leka, de Areva TA. Les estimations initiales sont toujours revues à la hausse, jamais à la baisse. Car les exigences sont constamment renforcées."

Les évaluations sont difficiles parce que les règles comptables ne sont pas harmonisées, que les situations varient beaucoup d'un site à l'autre, que les stratégies sont différentes : certains choisissent d'engager le démantèlement dès l'arrêt de l'installation, comme en France ou aux Etats-Unis, d'autres de repousser le problème à vingt-cinq ans, comme l'Espagne ou le Royaume-Uni avec ses réacteurs Magnox.

La question du système de financement est dès lors cruciale. "Il faut s'assurer qu'il y aura des fonds quand le moment sera venu", résume Claudio Pescatore. Plusieurs formules sont possibles : en France, les opérateurs doivent constituer des fonds pour les opérations prévisibles (le CEA a provisionné 7 milliards d'euros, EDF 7,8 milliards, Areva 10 milliards). La Suisse et la Suède privilégient un fonds géré par une autorité indépendante. Au Royaume-Uni, c'est de facto le gouvernement qui abonde une grande partie des dépenses annuelles. Mais ces réserves constitueront toujours une tentation, et d'autant plus que la situation économique se tendra : "Aux Etats-Unis, raconte le consultant Tom LaGuardia, les compagnies ont versé 22 milliards de dollars dans le fonds de gestion des déchets géré par le gouvernement. Mais le fonds ne contient plus que 6 milliards, le reste a disparu !"

Parallèlement au problème économique, le démantèlement est aussi gêné par le fait que très rares sont les pays où existent des sites prêts à accueillir les rebuts radioactifs issus de la déconstruction. En France, faute de site existant pour les déchets à vie longue ou moyenne, EDF et le CEA en sont réduits à créer des sites temporaires (Iceda et Cedra).

Une solution consiste à allonger la durée de vie des réacteurs, jusqu'à soixante ans, comme aux Etats-Unis. Le problème ne sera plus à la charge de nos enfants, mais de nos petits-enfants...

Hervé Kempf

A Brennilis, un chantier en souffrance ouvert en 1985 :

Brennilis, dans le Finistère, a vu fonctionner de 1967 à 1985 un réacteur à eau lourde de 70 mégawatts. Le démantèlement a commencé en 1985. Malgré quelques incidents, comme une remontée de nappe phréatique en 2000 et un incendie en 2001, et une opposition locale, le travail a bien avancé. Mais le Conseil d'Etat a annulé en juin 2007 le décret d'autorisation du démantèlement final. Le chantier est donc à l'arrêt. "Peut-être n'a-t-on pas fait assez de communication il y a trois ou quatre ans", dit EDF.

Article paru dans l'édition du 02.10.08

la pollution automobile

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/10/02/l-union-europeenne-peine-a-trouver-un-compromis-sur-la-pollution-automobile_1102237_3244.html

L'Union européenne peine à trouver un compromis sur la pollution automobile
LE MONDE | 02.10.08 | 15h01 • Mis à jour le 02.10.08 | 15h01
BRUXELLES BUREAU EUROPÉEN

La bataille pour des voitures moins polluantes tourne à la foire d'empoigne en Europe. Les représentants des Vingt-Sept Etats membres essaient cette semaine à Bruxelles de trouver un compromis pour réduire à 120 grammes par kilomètre les émissions de CO2 d'ici à 2012. La recherche d'un équilibre entre la défense de l'environnement et les intérêts des constructeurs automobiles s'avère cependant très délicate pour la présidence française de l'Union.

En dépit d'un accord de principe entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en juin dernier, Paris doit composer avec la très forte mobilisation du gouvernement allemand. La grande coalition au pouvoir à Berlin défend bec et ongles les intérêts de constructeurs comme Mercedes, Porsche, ou BMW, encore très éloignés des objectifs mis sur la table par la Commission européenne. Mais les conciliabules franco-allemands sur le sujet agacent les autres pays, qui espèrent, eux aussi, faire valoir leur point de vue. Certains pays de transit, comme la Belgique et le Luxembourg, qui ne disposent pas de fabricants nationaux, misent beaucoup sur la réduction des pollutions automobiles afin de tenir leurs engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les voitures, qui rejettent en moyenne près de 160 grammes de CO2 par kilomètre, sont à ce jour responsables de 14 % des émissions polluantes européennes.

VERS UN SURSIS DE TROIS ANS ?

Pour tenter d'arracher un accord d'ici à novembre, la France suggère, dans un document diffusé cette semaine à Bruxelles, d'assouplir les projets de la Commission : seuls 60 % de la flotte seraient dans l'obligation de tenir l'ambition européenne en 2012, et 100 % en 2015. Paris propose aussi une montée en puissance graduelle des sanctions financières qui doivent frapper les fabricants incapables de tenir leurs objectifs. Des ouvertures que Greenpeace a aussitôt dénoncées : "Pour protéger les profits d'une poignée d'industriels, la France est en train de pousser l'Europe à brader la lutte contre le dérèglement du climat", a expliqué l'ONG.

Pour ne rien arranger, les eurodéputés de la commission environnement ont rejeté, à la surprise générale, le 25 septembre, les amendements qui cherchaient, eux aussi, à ménager les intérêts des industriels. Le rapporteur sur ce projet, le socialiste italien Guido Sacconi, espérait pourtant être soutenu par les deux plus importants groupes parlementaires, de droite comme de gauche.

Le clivage entre défenseurs de l'environnement et partisans de l'industrie a fait exploser les rangs conservateurs et socialistes. Pour le plus grand bonheur des élus écologistes. "Ce vote pourrait retarder l'examen du texte au Parlement", a regretté M. Sacconi. Plus grave pour les diplomates français, la division des deux formations-clés du Parlement risque de compliquer les négociations, déjà très difficiles, engagées sur le paquet climat-énergie.

Philippe Ricard
Article paru dans l'édition du 03.10.08

04/10/2008

Cancers et environnement

lu sur le site de l'INSERM :

http://www.inserm.fr/fr/presse/communiques/ec_cancer_environnement_21008.html

Paris, le 2 octobre 2008
Dossier de presse
Cancers et environnement
Une expertise collective de l’Inserm

En 2005, le nombre de nouveaux cas de cancers en France a été estimé à près de 320 000 pour les deux sexes confondus, 180 000 chez les hommes et 140 000 chez les femmes. On constate une augmentation de l’incidence des cancers depuis une vingtaine d’années. Si l’on tient compte des changements démographiques (augmentation et vieillissement de la population française), l’augmentation du taux d’incidence depuis 1980 est estimée à +35 % chez l’homme et +43 % chez la femme1. Il n’est pas possible actuellement de chiffrer avec précision la part due à l’évolution des pratiques de soins dans cette augmentation.
Les modifications de l’environnement pourraient être partiellement responsables de l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers. Cette hypothèse doit faire l’objet d’un effort de recherche constant, portant à la fois sur la mesure de l’exposition des populations à des cancérogènes avérés ou probables, et sur l’existence et la nature du lien causal. L’Afsset a chargé l’Inserm d’établir un bilan des connaissances sur les liens entre l’environnement et neuf cancers qui ont été sélectionnés lors d’une expertise précédente2 en raison de l’augmentation de leur incidence au cours des 25 dernières années : les cancers du poumon, les mésothéliomes, les hémopathies malignes, les tumeurs cérébrales, les cancers du sein, de l’ovaire, du testicule, de la prostate et de la thyroïde. Pour réaliser cette nouvelle expertise, l’Inserm a réuni deux groupes de chercheurs ayant des compétences dans les domaines de l’épidémiologie, de la toxicologie, de la clinique, de la médecine du travail et de la quantification des risques. Ces experts ont analysé les données de la littérature internationale sur les neuf cancers et considéré comme facteurs environnementaux les agents physiques, chimiques ou biologiques présents dans l’atmosphère, l’eau, les sols ou l’alimentation dont l’exposition est subie et non générée par des comportements individuels. Ainsi, le tabagisme passif est abordé dans cette expertise alors que le tabagisme actif ne l’est pas. L'investigation prend en compte les facteurs de l’environnement général et ceux présents dans l’environnement professionnel.
L’impact d’un facteur environnemental sur le risque de cancer dépend à la fois de son lien avec ce cancer et de la prévalence d’exposition à ce facteur dans la population. Ainsi, un facteur environnemental conférant une augmentation même faible ou modérée du risque de cancer aura un
impact élevé si ce facteur est très répandu dans la population générale. À l’inverse, un facteur cancérogène même puissant aura un impact faible si très peu de personnes y sont exposées. L’évaluation de l’impact des facteurs environnementaux reste limitée dans bon nombre de cas, en raison d’une absence ou d’une insuffisance de données permettant de quantifier les expositions sur l’ensemble de la vie des populations exposées et de préciser les co-expositions. L’évaluation des effets des expositions chroniques à de faibles doses doit encore progresser. C’est une problématique importante en termes de santé publique car cela concerne une large part de la population.

... lire la suite sur le site de l'INSERM. Le dossier complet peut être téléchargé en format pdf.



02/10/2008

Ne pas oublier : Le massacre de Mexico en 1968

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/10/02/le-massacre-de-mexico-en-1968-symbole-de-l-impunite_1102255_3222.html

Le massacre de Mexico en 1968, symbole de l'impunité
LE MONDE | 02.10.08 | 15h18 • Mis à jour le 02.10.08 | 17h11
MEXICO (CORRESPONDANTE)

Demander pardon au peuple mexicain" pour le massacre de Tlatelolco ? L'ancien président Luis Echeverria - ministre de l'intérieur lorsque l'armée a étouffé dans le sang le mouvement étudiant, le 2 octobre 1968 - ne voit aucune raison de le faire. Seul survivant de l'équipe au pouvoir à l'époque, il s'en lave les mains, dans un livre d'entretiens qui vient de paraître à Mexico.

Quarante ans après, la tuerie perpétrée par les militaires, dont aucun responsable n'a jamais été traduit en justice, reste une blessure ouverte dans la mémoire du Mexique. L'édition et les médias évoquent la rébellion étudiante, née dans la foulée du Mai 68 français, qui s'est brisée contre le régime autoritaire issu de la révolution mexicaine de 1910.

Dans le Centre culturel de Tlatelolco, sur la place des Trois-Cultures, qui fut le théâtre de la tragédie, l'artiste Rafael Lozano-Hemmer a imaginé un dispositif sonore et lumineux, animé par la voix des participants, car "le silence provoque l'obscurité". L'exposition retrace l'explosion colorée de la pop culture et le bref été de la contestation, sur fond de guerre du Vietnam et d'écrasement du "printemps de Prague", avant le massacre puis les milliers d'arrestations.

Le 2 octobre 1968, dix jours avant l'ouverture des Jeux olympiques de Mexico, les autorités ont voulu en finir avec un mouvement où elles voyaient une subversion orchestrée depuis Moscou et La Havane. A 18 heures, les soldats postés sur les immeubles entourant la place ont tiré sur 8 000 étudiants désarmés, tandis que les dirigeants du Conseil national de grève étaient conduits au "Camp militaire n°1". Le nombre de victimes est controversé : de 44, le bilan officiel, à 300, selon les médias étrangers - voire les rapports de la CIA, l'Agence de renseignements américaine, qui avait encouragé la paranoïa anticommuniste du président Gustavo Diaz Ordaz.

Blessée à Tlatelolco, la journaliste italienne Oriana Fallaci ameute l'opinion internationale, tandis que la presse mexicaine se conforme à la version d'un "affrontement" entre manifestants et soldats. Il faut attendre la publication, en 1971, de l'enquête menée par l'écrivain Elena Poniatowska, La Nuit de Tlatelolco, pour qu'un autre récit se fraye un chemin dans la conscience collective : réédité une soixantaine de fois, ce texte a accompagné la difficile conquête de la démocratie mexicaine, marquée par les "disparitions forcées" des années 1970, l'élection présidentielle truquée de 1988, et enfin la victoire du candidat de la droite libérale, Vicente Fox, en 2000.

ARCHIVES ESCAMOTÉES

L'une des promesses électorales du président Fox était d'affronter sans tabou le passé. Mais il a vite dû pactiser avec le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre), au pouvoir pendant soixante et onze ans. Celui-ci a négocié son appui à certaines réformes en échange de l'impunité, comme l'a dit l'ancien ministre des relations extérieures Jorge Castañeda. Une "juridiction spéciale pour les mouvements sociaux et politiques du passé", nommée en 2001, sera dissoute en catimini fin 2006, la veille de l'intronisation du président Felipe Calderon. Ses archives ont été escamotées. Le seul résultat visible de son travail a été la mise en résidence surveillée de Luis Echeverria, depuis 2005, sans jugement.

Joëlle Stolz
Article paru dans l'édition du 03.10.08