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29/11/2008

Éradiquer la grande pauvreté et la malnutrition en Afrique subsaharienne

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/10/une-experience-concluante-pour-80-villages-africains_1116861_3244.html

Une expérience concluante pour 80 villages africains
LE MONDE | 10.11.08 | 15h22 • Mis à jour le 11.11.08 | 13h45

A-t-on trouvé la formule magique pour éradiquer la grande pauvreté et la malnutrition en Afrique subsaharienne ? Sans aller jusque-là, l'étude d'un think tank britannique, l'Overseas Development Institute (ODI), conclut qu'une expérience pilote menée depuis juin 2006 dans une dizaine de pays du continent noir donne des résultats "impressionnants", mais qu'il sera difficile de l'élargir à l'échelle du continent.

Le projet villages du millénaire (PVM) est né d'un constat : les huit engagements pris au Sommet du millénaire des Nations unies de septembre 2000 (réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour d'ici à 2015 ; faire baisser des deux tiers la mortalité infantile ; généraliser l'éducation primaire...) ne seront pas atteints en Afrique subsaharienne. Les objectifs ne sont pas hors de portée, mais les moyens manquent, plaide depuis longtemps l'économiste Jeffrey Sachs, directeur de l'Institut de la terre à l'université Columbia de New York. D'où l'idée d'investir massivement sur un nombre limité de villages, pour prouver que le sous-développement n'est pas une fatalité.
Lancé en juin 2006, le PVM concerne aujourd'hui un demi-million de personnes vivant dans 80 communautés villageoises réparties dans dix pays africains - du Mali à l'Ethiopie, du Nigeria au Malawi. "Ce qui est important, c'est d'investir massivement dans des villages intégrés en privilégiant l'agriculture et l'alimentation, la santé et l'éducation (...), et en laissant de côté, au moins dans un premier temps, les relations entre ville et campagne et les réformes institutionnelles", résume Kent Buse, coauteur de l'étude qui fait un premier bilan du PVM.
Le projet de M. Sachs, piloté sur place par les agences de l'ONU, privilégie les technologies modernes éprouvées, a recours à du personnel qualifié et ne lésine pas sur les moyens financiers : l'investissement annuel est de l'ordre de 120 dollars (93 euros) par habitant. Il court sur cinq ans.
L'étude menée par ODI porte sur les villages de quatre pays africains. "Partout, on a des résultats impressionnants au bout de deux ans à peine. La fourniture de semences subventionnées et d'engrais a dopé les rendements agricoles, la distribution gratuite de moustiquaires a fait chuter de moitié le taux de paludisme", écrit M. Buse.

Généraliser l'expérience s'annonce difficile, nuance le think tank britannique, notamment du fait du manque de main-d'oeuvre locale qualifiée. Où trouver les infirmiers, les instituteurs, les agents agricoles qui iront porter la bonne parole dans quelque 110 000 villages de l'Afrique rurale ?
Le manque de personnel médical est particulièrement criant. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'il en faudrait 4,2 millions supplémentaires en Afrique et en Asie.

Jean-Pierre Tuquoi
Article paru dans l'édition du 11.11.08

14:24 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique

28/11/2008

Manger du poulet ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/28/du-soja-bio-a-la-melamine-importe-de-chine-en-france_1124336_0.html

Du soja bio à la mélamine importé de Chine en France
LEMONDE.FR | 28.11.08 | 11h22 • Mis à jour le 28.11.08 | 11h33

Près de 300 tonnes de soja contaminé à la mélamine ont été importées de Chine en France au mois d'octobre, a-t-on appris, vendredi 28 novembre, auprès de la coopérative agricole Terrena, qui a découvert la contamination. Selon Christophe Couroussé, directeur de la communication de Terrena, ces "293 tonnes de tourteaux de soja" ont été importées de Chine "fin octobre" par BNA, une filiale du groupe située en Vendée.
Le taux de contamination peut atteindre 75 mg/kg selon les lots, trente fois supérieur au seuil maximal acceptable, fixé à 2,5 mg/kg par les autorités sanitaires. La mélamine est une substance très toxique destinée en principe à la fabrication de plastiques. Sa présence dans des produits laitiers a entraîné la mort de plusieurs bébés en Chine et l'hospitalisation de milliers d'autres.
Selon France Bleu Loire-Océan, cette farine de soja contaminée a été incorporée dans de la nourriture destinée à des volailles commercialisées sous le label "bio". Une partie de cette préparation a pu être récupérée à temps chez les 127 volaillers qui avaient été livrés. Mais les animaux en ont tout de même consommé une quantité importante, environ un millier de tonnes.

"PAS DE TRACE DE MÉLAMINE DANS LES VOLAILLES"

Les consommateurs n'auraient toutefois pas d'inquiétude à se faire. Selon Ouest France, la viande des volailles qui ont picoré l'aliment contaminé a été analysée. Le quotidien cite les conclusions de Christophe Couroussé : "Pas de trace dans les volailles bio. La mélamine ne passe pas dans la viande, nous a expliqué un expert toxicologue. Elle est excrétée dans les urines dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ingestion", précise M. Couroussé. "Aucune procédure de retrait n'a été ordonnée dans les grandes surfaces, le risque pour la santé humaine étant considéré comme nul par l'Agence de sécurité sanitaire des aliments", assure encore Ouest France.
La coopération d'Ancenis, où était stocké le soja, envisage toutefois de porter plainte contre son fournisseur chinois. "Il s'agit d'une fraude caractérisée, visant à enrichir artificiellement le taux de protéine du tourteau pour en tirer un prix plus élevé", indique Christophe Couroussé.
Le soja utilisé pour nourrir les volailles est habituellement importé d'Amérique du Sud, explique France-Info, qui rappelle que "la France ne produit qu'un petit quart des 18 000 tonnes de soja qu'elle consomme chaque année". Mais les récoltes de cette année ont été mauvaises, notamment au Brésil, et les éleveurs français ont dû se tourner vers un nouveau partenaire : la Chine.

Le Monde.fr, avec AP
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MORALITÉ : REVENIR AUX CIRCUITS COURTS. MANGER CE QU'ON PRODUIT.

27/11/2008

Soutien aux inculpés du 11 Novembre accusés d' "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste"

Soutien aux inculpés du 11 Novembre sur le site :

http://www.soutien11novembre.org/

Ce site est le site des comités de soutien aux 9 inculpés du 11 novembre, de Tarnac, Rouen et Paris.

Nous condamnons des incriminations sans fondement et démesurées.
Nous condamnons l'utilisation du dispositif antiterroriste qui permet cette disproportion et ces injustices.
Nous exigeons la libération immédiate des cinq personnes maintenues en détention et le retrait pour toutes et tous des chefs d'inculpation “visée terroriste” et “association de malfaiteurs”.

Vous pouvez déjà trouver sur ces pages quelques moyens de nous soutenir (création de comités locaux, aide morale et financière...). Nous allons nous employer dans les plus brefs délais à la création d'espaces donnant accès à : des revues de presse, des textes d'analyse ; aux annonces et récits d'actions et d'événements de soutien, à certaines des nombreuses lettres que nous recevons etc.
Un espace concernant les lois anti-terroristes et leurs utilisations doit également voir le jour.
Des pages spécifiques seront ouvertes pour les comités locaux qui en feront la demande, comme c'est déjà le cas pour celui de Tarnac.
Solidarité totale avec les inculpés

(pétition en ligne sur le site)
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lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/27/non-a-l-ordre-nouveau_1123915_3232.html

Point de vue
Non à l'ordre nouveau
LE MONDE | 27.11.08 | 13h55 • Mis à jour le 27.11.08 | 15h26

Une opération récente, largement médiatisée, a permis d'arrêter et d'inculper neuf personnes, en mettant en oeuvre la législation antiterroriste. Cette opération a déjà changé de nature : une fois établie l'inconsistance de l'accusation de sabotage des caténaires, l'affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la République, "le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'Etat, et de parvenir par la violence - je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise - à troubler l'ordre politique, économique et social".
La cible de cette opération est bien plus large que le groupe des personnes inculpées, contre lesquelles il n'existe aucune preuve matérielle, ni même rien de précis qui puisse leur être reproché. L'inculpation pour "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste" est plus que vague : qu'est-ce au juste qu'une association, et comment faut-il entendre ce "en vue de" sinon comme une criminalisation de l'intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la définition en vigueur est si large qu'il peut s'appliquer à pratiquement n'importe quoi - et que posséder tel ou tel texte, aller à telle ou telle manifestation suffit à tomber sous le coup de cette législation d'exception.
Les personnes inculpées n'ont pas été choisies au hasard, mais parce qu'elles mènent une existence politique. Ils et elles ont participé à des manifestations - dernièrement, celle de Vichy, où s'est tenu le peu honorable sommet européen sur l'immigration. Ils réfléchissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain.
On a parlé de clandestinité : ils ont ouvert une épicerie, tout le monde les connaît dans la région, où un comité de soutien s'est organisé dès leur arrestation. Ce qu'ils cherchaient, ce n'est ni l'anonymat ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la métropole.
Finalement, l'absence de preuve elle-même devient une preuve : le refus des inculpés de se dénoncer les uns les autres durant la garde à vue est présenté comme un nouvel indice de leur fond terroriste.

LIBÉRATION IMMÉDIATE

En réalité, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu'à quel point allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importe quand d'inculper n'importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d'expression ? Les lois d'exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c'est à nous de la donner, et d'abord en demandant l'arrêt des poursuites et la libération immédiate de celles et ceux qui ont été inculpés pour l'exemple.

17:00 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

Accepteriez vous qu'on prélève votre ADN pour être fiché ?

Le faucheur anti-prélèvement génétique fixé sur son sort fin décembre

jeudi 27.11.2008, 05:04 - La Voix du Nord

Le faucheur de cultures OGM hestrudien Guy Wanderpepen a comparu hier devant le tribunal d'Avesnes-sur-Helpe hier pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN. De nombreux militants anti-OGM ont assisté au procès. Le jugement sera rendu fin décembre.

PAR RUFUS DE RIDDER
rderidder@lavoixdunord.fr

« Vous êtes Guy Wanderpepen ? vous êtes bien né le 17 décembre 1933 à Hestrud ?.... » C'est devant une salle d'audience pleine à craquer que le faucheur d'OGM de l'Avesnois répond aux questions que lui pose la présidente Emmanuelle Triol. La juge citera l'unique condamnation figurant sur son casier : « pour dégradation de biens d'autrui ». Plus précisément, pour avoir arraché des plants de maïs génétiquement modifiés. Hier, l'homme n'a pas été jugé pour fauchage mais pour avoir refusé de subir un prélèvement de salive afin d'obtenir son empreinte génétique. « Ces prélèvements ont été mis en place pour lutter contre des criminels »... « Nous ne sommes pas des délinquants, mais des résistants », estime le prévenu. Pour le procureur M. Beffy « les faits ne sont pas uniquement reconnus, mais revendiqués. M. Wanderpepen en est fier affirme qu'il recommencerait ! » Puis le procureur ose une comparaison : selon lui les faucheurs seraient « un peu comme ceux qui, de l'autre côté de l'échiquier politique, manifestent contre l'avortement ceux qui ne respectent pas la loi républicaine mais uniquement la loi divine. » Il a requis une amende de 500 E, non sans préciser qu'il aurait « pu proposer une dispense de peine si le prévenu avait dit qu'il ne recommencerait pas. » Me Riglaire a commencé sa plaidoirie en affirmant que « la magistrature elle-même nous montre qu'il est parfois nécessaire de désobéir. » Il décrit son client septuagénaire comme « un grand-père idéal ». « Guy a totalement raison de faucher des OGM et de refuser les prélèvements d'ADN », résume-t-il d'emblée. Et de préciser que les plants que son client a arrachés « sont aujourd'hui interdits de marché » que la France, en les cultivant, « s'exposait à de lourdes sanctions » au niveau européen. Mais l'avocat a surtout insisté sur l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi selon laquelle le fauchage de plants n'est plus considérée comme une dégradation des biens d'autrui. Et que de ce fait, les faucheurs ne sont plus soumis à l'obligation d'un prélèvement d'ADN.

Le tribunal rendra son jugement le 23 décembre. •

11:29 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

La France prête à reconnaître les victimes d'essais nucléaires

Pour les personnes concernées :

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/26/la-france-prete-a-reconnaitre-les-victimes-d-essais-nucleaires_1123172_0.html

La France prête à reconnaître les victimes d'essais nucléaires
LEMONDE.FR avec AFP | 26.11.08 | 09h32 • Mis à jour le 26.11.08 | 09h45

Le ministre de la défense, Hervé Morin, qui déposera en janvier un projet de loi d'indemnisation des victimes d'essais nucléaires, donne des précisions sur les conditions d'accès au fonds qui sera créé à cette occasion, dans un entretien au Parisien publié mercredi 26 novembre. "Si ce projet est voté à l'Assemblée au premier trimestre 2009, nous accorderons des indemnisations pour les personnels civils et militaires exposés lors des essais nucléaires. Nous avons arrêté une liste de maladies liées aux effets de la radioactivité", déclare-t-il.

"Nous voulons poser le principe d'un droit à l'indemnisation des victimes, mais seulement pour celles qui ont été exposées lors des essais", explique-t-il. En outre, "nous allons introduire dans le décret d'application un seuil à partir duquel les demandes d'indemnisation seront prises en compte", déclare-t-il.

Enfin, "le ministère de la défense ne fera plus appel des décisions de justice qui lui étaient défavorables lorsqu'une personne obtenait des indemnisations devant le tribunal des pensions", annonce-t-il. Depuis de longues années, des vétérans des essais nucléaires conduits par la France de 1960 à 1996, en Algérie et dans le Pacifique, demandent la création d'un fonds d'indemnisation sur le modèle de celui créé pour les victimes de l'amiante.


24/11/2008

Des résidus de pesticides interdits détectés dans du raisin de table

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/24/des-residus-de-pesticides-interdits-detectes-dans-du-raisin-de-table_1122574_3244.html

Des résidus de pesticides interdits détectés dans du raisin de table
LEMONDE.FR avec AFP | 24.11.08 | 17h10 • Mis à jour le 24.11.08 | 17h18

Une enquête, effectuée par plusieurs associations écologistes européennes et publiée lundi 24 novembre, révèle la présence de pesticides dans la quasi-totalité des raisins de table prélevés en Italie, en France, aux Pays-Bas, en Hongrie et en Allemagne. Sur un total de 124 échantillons de raisin de table testés dans des supermarchés européens, 123 ont fait apparaître des résidus de pesticides, indique dans un communiqué le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures en France (MDRGF), qui a participé à l'enquête (1).

Les ONG (Legambiente en Italie, le MDRGF en France, Milieudefensie aux Pays-Bas, Levego Munckasoport en Hongrie et Greenpeace en Allemagne) avaient confié l'analyse des échantillons à un laboratoire allemand spécialisé. Pour la France, les 25 échantillons testés se sont tous révélés contaminés. "On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d'être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal", souligne le communiqué de la MDRGF.

Parmi les raisins étudiés, provenant de seize enseignes de grandes distribution, 20 % étaient contaminés par dix substances chimiques différentes ou plus, et 4,8 % dépassaient les limites maximales autorisées par la nouvelle législation européenne. Quatre d'entre eux – un français et trois italiens importés – dépassaient les nouvelles limites maximales en résidus européennes. Plus grave, trois échantillons de raisin italien contenaient des pesticides interdits : le bromopropylate et l'endosulfan. Le bromopropylate est un pesticide utilisé en viticulture, sur des arbres fruitiers et en cultures légumières. Son l'utilisation n'est pas autorisée en France dans la composition de préparations mises sur le marché. L'endosulfan est un polluant organique persistant, qui provoque des dommages à long terme pour l'environnement. "La dernière autorisation tolérée dans l'Union européenne pour l'endosulfan date du 31 décembre 2007", a précisé le président du MDRGF, François Veillerette. "De là à penser que des agriculteurs ont écoulé leurs stocks..."

(1) voir :

http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html

(les résultats détaillés peuvent être téléchargés enformat pdf)

De la structure sociale au néolithique

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/18/la-plus-vieille-famille-jamais-identifiee-victime-de-violences-a-l-age-de-pierre_1119917_3244.html

La plus vieille famille jamais identifiée, victime de violences à l'âge de pierre
LEMONDE.FR avec AFP | 18.11.08 | 12h59 • Mis à jour le 19.11.08 | 10h21

Une femme, un homme et leurs deux enfants : les restes de la plus vieille famille "nucléaire" jamais découverte ont été identifiés récemment par des archéologues européens. Selon leurs travaux publiés dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 17 novembre, les archéologues sont allés de surprise en surprise, depuis la découverte, en 2005, de quatre sépultures à Eulau, en Saxe-Anhalt (centre de l'Allemagne).
Les restes de treize personnes au total ont été découverts dans les tombes. Tous avaient été enterrés simultanément, environ 4 600 ans avant l'ère chrétienne. Le plus intriguant pour les scientifiques a été la manière dont les corps étaient disposés, qui semblaient être le reflet des relations des défunts. Plusieurs paires de personnes étaient ensevelies se faisant face avec souvent leurs bras et mains entrelacés, alors même que les rites de l'époque montrent que les cadavres étaient systématiquement ensevelis face vers le sud. L'exception aurait été faite justement pour consacrer les liens particuliers qui unissaient les morts.
De fait, pour quatre d'entre eux, les tests ADN ont confirmé l'hypothèse de liens familiaux. Une analyse ADN a permis aux scientifiques de déterminer qu'il s'agissait bien de la mère, du père et de leurs deux fils âgés de 8 à 9 ans et de 4 à 5 ans respectivement. "A notre connaissance, il s'agit de la plus ancienne preuve génétique moléculaire d'une cellule familiale", explique l'archéologue Wolfgang Haak, de l'université d'Adélaïde (Australie), principal auteur de cette étude, tout en soulignant que cela "ne prouve pas que la cellule familiale de base soit un modèle universel ou la plus ancienne institution des communautés humaines".

MARIAGES EXOGAMES

Toutes les sépultures contenaient des restes d'enfants et d'adultes dans la trentaine ou plus. Fait intéressant : il n'y avait pas d'adolescents, ni de jeunes adultes. Un grand nombre de corps – des ossements, des mâchoires, des dents... – montraient des traces de blessures indiquant que les victimes avaient été violemment agressées. L'absence de jeunes hommes semble indiquer qu'ils étaient hors du campement lorsque celui-ci a été attaqué. Et c'est sans doute ces mêmes jeunes qui ont ensuite enterré leurs femmes, leurs enfants, et les autres membres de leur famille d'une façon si particulière. Des découvertes "émouvantes", pour le Dr Haak, cité par la BBC : "Nous ne savions pas si, dans cet environnement préhistorique extrêmement violent, il y avait de la place pour des relations d'amour."
Les chercheurs ont reconstitué cette tragédie de l'âge de pierre en recourant à des techniques avancées d'analyse génétique. Ils ont également utilisé l'isotopique du strontium, un élément chimique proche du calcium naturellement présent dans les roches et les sols. Absorbé avec la nourriture, le strontium est incorporé dans les dents lorsque celles-ci poussent, et son analyse permet de déterminer la région d'origine d'un individu. Les chercheurs ont pu ainsi faire la lumière sur l'organisation sociale au néolithique. Alistair Pike, archéologue de l'université de Bristol (Grande-Bretagne) et codirecteur de ce projet, précise, à la lumière de ces analyses, que "les femmes avaient passé leur enfance dans des régions différentes de celles où les hommes et les enfants avaient grandi". Ce qui, explique-t-il, montre l'existence de mariages hors des communautés d'origine et aussi le fait que les femmes suivaient leur conjoint, des traditions qui devaient être importantes pour éviter des alliances consanguines et forger des relations avec d'autres groupes.

10:37 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : néolithique, social

Le saviez-vous ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/23/fauteuils-allergenes-les-victimes-decues-d-une-rencontre-avec-conforama_1122077_3224.html

Fauteuils allergènes : les victimes déçues d'une rencontre avec Conforama
LEMONDE.FR avec AFP | 23.11.08 | 13h55

Les victimes des fauteuils Conforama ayant entraîné des réactions allergiques se sont déclarées déçues, samedi soir 22 novembre, après une rencontre avec la direction du groupe d'ameublement à Villeneuve d'Ascq, près de Lille, et ont une nouvelle fois brandi la menace de plaintes au pénal.
"Nous sommes déçus. Les représentants de la direction de Conforama ont expliqué leur point de vue mais les victimes ne les ont pas crus", a indiqué à l'AFP Claudette Lemoine, responsable du collectif Rouannez-Anna, basé dans le Nord mais qui regroupe des victimes dans toute la France.

A la mi-septembre, Conforama (groupe PPR) a reconnu avoir vendu depuis 2005 des fauteuils et canapés de relaxation susceptibles d'entraîner des réactions allergiques. Parmi ces sièges, fabriqués en Chine, il y avait des lots ayant contenu, à priori, des sachets anti-moisissure à l'origine des allergies.

Soixante-six malades souffrant de pathologies diverses - brûlures, eczéma, affections respiratoires, perte de cheveux, douleurs musculaires - ont participé samedi à la première assemblée générale du collectif. Claudette Lemoine fait état de 128 victimes connues au total, pour 47 000 fauteuils ou canapés "allergisants" vendus.
Un membre de la direction nationale de Conforama, Olivier Rigaudy, ainsi qu'un représentant local de la marque, ont rencontré les victimes. S'agissant de l'origine des pathologies, "ils sont restés dans le vague", a assuré la responsable du collectif, tandis que les propositions financières du groupe ne satisfont pas les victimes. Conforama proposerait entre 300 et 2 000 euros par dossier, une somme jugée "dérisoire" par le collectif qui met en avant "les frais médicaux, le préjudice moral et financier, la douleur de la famille, les cicatrices qui resteront à vie".

L'avocat du collectif, Patrick Tillie, va transmettre au cas par cas les dossiers et les demandes d'indemnisation à Conforama. "En fonction des réponses, il y aura ou non dépôt de plaintes", a prévenu Mme Lemoine.

Selon le collectif, les fauteuils ont entraîné la mort d'au moins une personne, âgée de 80 ans et décédée le 7 septembre ; son médecin pense que la mort a été causée par les brûlures provoquées par son fauteuil allergène.

Les lots des fauteuils incriminés ont été retirés de la vente fin juin, à la suite de l'alerte d'un dermatologue, dont un des patients souffrait d'eczéma après avoir acheté un fauteuil de relaxation chez Conforama.

La bibliothèque numérique européenne

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/20/l-union-europeenne-lance-sa-bibliotheque-numerique_1120978_0.html

La bibliothèque numérique européenne victime de son succès
LE MONDE | 20.11.08 | 15h40 • Mis à jour le 21.11.08 | 16h29

La France est le premier contributeur (52 %) du projet de bibliothèque numérique européenne, Europeana, lancé jeudi 20 novembre à Bruxelles par José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Viviane Reding, commissaire en charge de la société de l'information, avec les ministres de la culture de l'Union européenne. Le projet constitue le point d'orgue culturel de la présidence française de l'Union européenne. Mais, victime de son succès, le site (*) a dû fermer juste après son ouverture. Une version plus robuste est désormais annoncée pour mi-décembre.
Europeana a pour ambition de devenir un portail en ligne multilingue qui permettra de rassembler sur un seul site tous les trésors culturels numérisés des bibliothèques, musées et centres d'archives des vingt-sept pays membres. D'où la comparaison avec la mythique bibliothèque d'Alexandrie, qui avait réuni tous les savoirs de l'Antiquité, avant de brûler.
La bibliothèque Europeana, dont le prototype avait été lancé en mars 2007 par les Français, en association avec les Portugais et les Hongrois, avant d'être adopté par les Vingt-Sept, est conçue comme une réponse au projet de numérisation pharaonique lancé par le moteur de recherche américain Google. Le géant américain annonce avoir déjà numérisé 7 millions de livres à travers son programme Google Book Search.
Deux millions d'objets culturels numérisés (des livres, mais aussi des peintures, des photos, des films, de la musique....) seront consultables gratuitement sur Internet.

DES PARTENARIATS PRIVÉS OU PUBLICS

En France, la Bibliothèque nationale de France (BNF), présidée par Bruno Racine, s'est associée à l'Institut national des archives (INA), à la Cité de la musique, à l'Institut de recherche et coordination acoustique-musique (Ircam) et au portail culture.fr. L'équipe d'Europeana s'est installée dans les locaux de la bibliothèque royale des Pays-Bas.
Les données numérisées seront accessibles dans les 21 langues de l'UE. Pour le moment, ce contenu ne représente que 1 % du fonds de toutes les bibliothèques européennes. "L'objectif est d'atteindre, voire de dépasser 10 millions d'objets culturels d'ici à 2010", a annoncé la commissaire européenne, lundi 17 novembre, lors du Forum d'Avignon (Le Monde du 20 novembre).
La Commission ne finance pas la numérisation des données, mais elle a revanche prévu une enveloppe de 120 millions d'euros sur 2009 et 2010 pour en améliorer les techniques et de 40 millions pour aider au multilinguisme et investir dans les programmes de traduction automatique.
C'est aux Etats de nouer des partenariats privés ou publics pour mettre en oeuvre la numérisation. Avec les 8 millions d'euros attribués par le Centre national du livre, la France a montré l'exemple. L'avenir dira si la crise économique ne va pas réduire les ambitions du projet européen.

Alain Beuve-Méry
Article paru dans l'édition du 21.11.08

(*) http://www.europeana.eu/portal/

23/11/2008

25 nov. 2008 Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant

25 nov. 2008
Colloque européen Environnement chimique, reproduction et développement de l'enfant : sous la direction scientifique de l'Afsset et de l'IReSP

Dans l'ensemble des pays industrialisés on observe une augmentation des affections qui altèrent la fertilité masculine. Sur le banc des produits fortement suspectés se trouvent des substances chimiques qui agissent comme des perturbateurs endocriniens.

Des anomalies du système reproducteur sont observées dans de nombreuses espèces : imposex chez les mollusques gastéropodes, féminisation des populations de poissons dans les rivières et les estuaires, et dans les zones les plus sévèrement polluées, l’incidence de l'intersexualité atteint 100%.

Dans l'espèce humaine, on a observé une diminution de la production spermatique de 50% au cours des 50 dernières années, et dans la même période un doublement de l'incidence du cancer du testicule et de certaines malformations génitales.

Pour faire le point des connaissances sur les implications des chercheurs et des décideurs, sur les perspectives et les possibilités d’actions devant ces enjeux humains et environnementaux, l'Afsset et l'IReSP organisent cette journée placée sous la présidence française de l'UE. Des scientifiques venus spécialement du monde entier se retrouveront pour présenter les derniers résultats de leurs programmes de recherche.

VOIR LES INFORMATIONS SUR :

http://www.afsse.fr/index.php?pageid=1631&parentid=631&ongletlstid=3524#content

18/11/2008

Un maïs OGM, autorisé à l’alimentation, serait néfaste pour la fécondité (suite)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/18/les-souris-nourries-au-mais-mon-810-nk-603-se-reproduisent-moins-bien-que-les-autres_1119984_3244.html

Compte rendu
Les souris nourries au maïs MON 810-NK 603 se reproduisent moins bien que les autres
LE MONDE | 18.11.08 | 15h24 • Mis à jour le 18.11.08 | 15h24

Une étude toxicologique, rendue publique mercredi 12 novembre, pose de nouvelles questions sur les effets biologiques de certains organismes génétiquement modifiés (OGM). Menés par des chercheurs du département de médecine vétérinaire de l'université de Vienne (Autriche), ces travaux suggèrent que des souris nourries avec un maïs de deuxième génération - pourvu de deux constructions génétiques distinctes (MON 810-NK 603) - ont un succès reproductif inférieur à celles nourries avec la même variété de maïs non génétiquement modifiée. L'étude compte au nombre des très rares travaux toxicologiques sur les OGM financés par les deniers publics et non commandités par l'industrie.
Deux protocoles expérimentaux ont été utilisés. Le premier a consisté à suivre, sur quatre générations, des groupes d'animaux exposés aux maïs conventionnels et génétiquement modifiés. "Du point de vue des capacités reproductives, ce protocole n'a pas révélé de différences statistiquement significatives entre les groupes", explique Jürgen Zentek, principal auteur de ces travaux. Les rongeurs exposés à l'OGM et leurs descendants sur quatre générations (eux-mêmes à leur tour exposés à l'OGM) ont donc eu, grosso modo, la même capacité à se reproduire que les autres animaux.

Fin de l'histoire ? Non : dans une deuxième expérience, une même génération d'animaux a donné naissance à quatre portées consécutives. "De manière inattendue", selon M. Zentek, ce protocole a montré que les troisième et quatrième portées issues des rongeurs nourris au maïs modifié étaient significativement plus petites que celles issues des bêtes nourries au maïs conventionnel. Ce groupe de 24 paires d'individus a en effet généré 1 035 naissances, tandis que le groupe nourri à l'OGM (de même taille) n'en a généré que 844.

MONSANTO SE REBIFFE

Pourquoi les deux protocoles donnent-ils des résultats si différents ? "Dans le second, l'organisme des femelles a été très sollicité et soumis à un stress plus grand puisqu'elles ont dû mettre bas et nourrir plusieurs portées consécutives", explique M. Zentek. L'exposition au maïs transgénique en question pourrait donc n'avoir un effet sur la reproduction qu'en situation de stress.
D'autres investigations approfondies ont été réalisées sur l'analyse de sang, la mesure du poids des organes, etc. Les cellules intestinales des animaux nourris ou non à l'OGM ont été observées par microscopie électronique. "Il en ressort des différences qu'il est difficile d'interpréter", commente Gérard Pascal, ancien directeur scientifique de la nutrition humaine et de la sécurité alimentaire à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais ces "différences" ne sont pas pathologiques.
Très prudents dans leurs conclusions, les auteurs appellent à une poursuite des travaux pour confirmer ces résultats inédits. D'autant que ceux-ci n'ont pas encore été dûment évalués.
A une réserve près (sur le choix de la variété du maïs témoin), Gérard Pascal, peu suspect d'activisme pro ou anti-OGM, salue un "beau travail" et dit "adhérer globalement aux conclusions des auteurs". Celles-ci sont rejetées en bloc par Monsanto. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) vient, quant à elle, de s'autosaisir pour évaluer l'étude.
"Des études commandées par Monsanto existent sur les événements MON 810 et NK 603, mais les résultats bruts de ces études sont maintenus confidentiels, dit pour sa part Gilles-Eric Séralini (université de Caen, Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique). Il est impératif de rendre publiques ces données qui existent déjà."
Greenpeace et Les Amis de la Terre demandent, de leur côté, le retrait immédiat des OGM en cause.

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 19.11.08

Google, comment çà marche ?

Article long mais à lire en entier, car instructif !
Attention, car Big Brother n'est pas loin ...

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/11/14/peut-on-tout-confier-a-google_1118856_1004868.html

En dix ans d'existence, Google a tellement grandi qu'il a fini par se rendre incontournable. Notre courrier, notre mémoire, bientôt notre dossier médical… chaque jour, les serveurs de l'entreprise accumulent de nouveaux détails sur notre intimité. Mais comment le géant Google gère-t-il nos données personnelles ?
Peut-on tout confier à Google ?

LE MONDE 2 | 14.11.08 | 18h03 • Mis à jour le 14.11.08 | 18h07

Depuis plusieurs semaines, il soupçonnait si fortement sa femme d'infidélité qu'il ne parvenait plus à obtenir la moindre érection. Il s'était mis en quête d'un conseiller matrimonial, tout en cherchant le meilleur moyen de confondre son épouse. Sonoriser la voiture ? Installer des caméras de surveillance pour bébés dans l'appartement ? Pister l'activité de son téléphone portable ? Le jour où il avait découvert qu'elle le trompait bel et bien, et que l'amant était une amante, il avait sombré dans l'alcool. Au fond de sa déprime, il imaginait mettre un contrat sur les deux femmes. Ce résident de Floride avait cherché un contact auprès d'une mafia au Portugal, son pays d'origine. Désespéré, il avait fini par s'enquérir d'une aide au suicide, avant de se raviser, et de décider de quitter le continent américain.

Comment connaissons-nous autant de détails privés de cette triste histoire vraie ? Quelle autre trahison, en plus de celle de son épouse infidèle, a valu à cet homme de voir ainsi publiquement exposée son intimité ? Celle de son analyste ? D'un membre de sa famille ? D'un proche confident ? Non : de son moteur de recherche. Car ce qui fait le canevas de ce drame domestique n'est rien d'autre, ni rien de plus, que la suite de mots-clés qu'il a recherchés, jour après jour et pendant trois mois, sur le Web.

En août 2006, AOL a divulgué accidentellement un fichier contenant les logs de 658 000 utilisateurs, collectés entre les mois de mars et de mai de la même année. Les logs, c'est-à-dire l'historique des mots-clés recherchés sur Google depuis le portail d'AOL, accolés à la date et à l'heure de leur recherche. Chaque internaute n'est certes identifié que par un numéro – celui de l'époux trahi est 14162375 – mais bien vite, des journalistes et des blogueurs se sont amusés à rechercher, parfois avec succès, des identités réelles derrière les suites de chiffres… Aux Etats-Unis, l'affaire a frappé les esprits. Car ce n'est pas seulement "une base de données d'intentions humaines", selon l'expression du journaliste américain John Battelle (La Révolution Google, éd. Eyrolles, 282 p., 19,90 €), que révèlent ces logs : c'est aussi et surtout un immense catalogue d'angoisses, de pulsions, de terribles secrets, de noirs fantasmes ou de perversions cachées… L'utilisateur 11574916 cherche "cocaïne dans l'urine". Le numéro 1515830 se demande "comment dire à votre famille que vous êtes victime d'inceste". Un autre, le numéro 59920, veut savoir "à quoi ressemble un cou après avoir été étranglé" et quelle "corde utiliser pour cravater quelqu'un"…

Simplicité et harmonie

Autant le dire : Google est parfaitement innocent. La société de Mountain View (Californie), qui ne jouait d'autre rôle que celui de prestataire de service pour le portail d'AOL, n'a jamais eu la moindre intention de dévoiler ces logs. Elle fait même plutôt figure, dans cette affaire, de victime collatérale. Car la faute d'AOL a focalisé une énorme attention sur les moteurs de recherche et, bien sûr, sur le premier d'entre eux. Mais que représentent les quelque 20 millions de logs rendus publics par le fournisseur d'accès américain, face aux milliers de milliards stockés en permanence dans les serveurs de Google, cette entreprise à laquelle nous confions chaque jour davantage de nos goûts, de notre mémoire, de notre intimité ?

Ces histoires de logs, Peter Fleisher en est un peu fatigué. Agacé, presque. Chez Google, le responsable mondial de la protection des données a choisi de travailler à Paris. Tout un symbole : la France est le premier pays à s'être doté, en 1978, d'une loi sur l'informatique et les libertés. Cet Américain avenant au français irréprochable reçoit dans les locaux de la filiale française du géant américain, au deuxième étage d'un immeuble haussmannien, face à l'Opéra-Garnier. Design simple et épuré, le blanc domine, tout juste teinté, par-ci par-là, des quatre couleurs d'un logo que plus grand-monde n'ignore sur la planète. Des bureaux à l'exacte image de la page d'accueil historique de Google : simplicité et harmonie.

"Nous sommes les meilleurs élèves de la classe", tranche Peter Fleisher. De toute évidence, sur la gestion de ces fameux logs, il a raison. Même si d'aucuns jugent cela insuffisant. En avril 2008, le groupe Article 29 (ou G29), qui rassemble toutes les autorités européennes de protection des données personnelles, a publié une analyse juridique des activités de recherche sur Internet. Le G29 recommande en conclusion que les logs générés par les recherches en ligne ne soient pas conservés plus de six mois. "Nos durées de conservation étaient de dix-huit mois et nous venons de les réduire à neuf mois, rétorque M. Fleisher. Et c'est une durée de conservation bien inférieure à celles pratiquées par nos concurrents", principalement Yahoo ! et Microsoft.

Même si le G29 reconnaît cet effort, des points de friction demeurent. "Dans la réponse qui nous a été fournie et qui a été rendue publique, Google récuse le fait que ses traitements de données personnelles [ses fichiers, en somme] soient soumis à la législation européenne, explique ainsi Gwendal Le Grand, expert à la direction des affaires juridiques de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Il considère que le responsable du traitement des informations est Google Inc. – basé au Etats-Unis – et que le rôle des filiales nationales se limite à la vente de publicité." C'est pourtant bien la publicité qui est au centre de tous les soupçons. "Google ne récupère pas de données personnelles pour profiler des utilisateurs et leur proposer de la publicité en fonction de leurs caractéristiques, assure Peter Fleisher. C'est une légende urbaine. Nous ne pratiquons que la publicité contextuelle." (lire l'encadré ci-contre).

Savoir ce que sait Google : la question est d'autant plus cruciale que la société n'est plus seulement, depuis longtemps, un moteur de recherche. Google est devenu tout autre chose – chose qui reste d'ailleurs à définir. L'entreprise délivre et stocke du courrier électronique (Gmail), propose des services de cartographie (Google Earth) et de calcul d'itinéraires (Google Maps), ausculte et décortique le trafic des sites Internet (Google Analytics), compile la presse (Google News), gère des agendas en ligne (Google Calendar), édite des blogs (Blogger), indexe la littérature savante (Google Scholar), stocke des albums photo (Picasa) et des vidéos (YouTube), scanne et conserve des livres (Google Book Search), gère des carnets de santé électroniques (Google Health)… Google chasse aussi depuis peu sur les terres de Microsoft en proposant un traitement de texte et un tableur en ligne (Google Documents) qui permet de s'affranchir de la sacro-sainte et fort coûteuse suite logicielle Microsoft Office. Google sait tout, Google s'occupe de tout. Depuis quelques semaines, il est même embarqué sur un smartphone (G1) concurrent de l'iPhone d'Apple et fait pièce à Internet Explorer et Firefox avec son nouveau navigateur (Chrome)… Autre versant de son succès : Eric Schmidt, son PDG, est désormais un des principaux conseillers du nouveau président Barack Obama.

Liste non exhaustive. Au siège de Google France, on rappelle volontiers que nombre de sociétés – banques, assurances, opérateurs de télécommunications – disposent elles aussi de données touchant à l'intimité de leurs clients. Certes. Mais jamais autant de données privées n'ont été assemblées sur une seule et même plate-forme, sur un système informatique intégré.

Où sont localisées ces informations ? Où sont stockés ces logs, mais aussi toutes ces précieuses bribes de vie quotidienne, ces requêtes, ces correspondances, ces documents ? Où repose cette "base de données d'intentions" ? "Il est difficile de répondre à cette question, dit Peter Fleisher. Je comprendrais que les utilisateurs trouvent confortable de se dire : Tiens, mes données sont à tel endroit . Mais la vérité est que celles-ci ne sont pas stockées sur un serveur situé sur un site particulier : elles le sont sur un réseau d'un grand nombre de serveurs situés sur un grand nombre de sites, eux-mêmes dispersés dans plusieurs pays. Tout est d'ailleurs stocké en deux endroits au minimum pour qu'en cas de coupure d'électricité sur un site, on ne perde pas de données…"

Ce que décrit Peter Fleisher a un nom : le cloud computing, cette "informatique nébuleuse" dans laquelle toutes les données des utilisateurs (courriers, documents, albums photo, vidéos, etc.) ne sont pas nécessairement inscrites sur le disque dur de leur ordinateur mais sont stockées en ligne, sur des réseaux de gros serveurs. La tendance naturelle étant d'externaliser aussi les logiciels, pour ramener l'ordinateur personnel à une boîte presque vide, simple terminal d'accès à une sorte de cerveau global, ainsi que l'explique Nicholas Carr dans son dernier ouvrage (The Big Switch, éd. Norton). Comme on branche son grille-pain au réseau électrique sans se soucier de savoir comment l'électricité est produite, on connecterait un ordinateur ou un smartphone au Google cloud pour accéder à ses données et à ses logiciels sans se soucier de savoir où et comment ils sont conservés.

Où ? Comment ? On touche là au grand secret de Google. Son infrastructure informatique est un réseau de plusieurs dizaines de centres de données, chacun alignant de milliers de serveurs. Le tout forme à la fois la mémoire et l'intelligence de cette machine universelle qu'est devenue Google au fil du temps, la plus puissante plate-forme informatique de stockage et de calcul distribué jamais conçue. Dire de Google qu'il est le Web ne relève pas d'un abus de langage ou même d'une description imagée de la réalité : ses ordinateurs parcourent inlassablement le Web pour le copier en intégralité. En même temps qu'elle aspire l'ensemble de la Toile pour pouvoir la passer à la moulinette de ses algorithmes, la "machine Google" répond en une fraction de seconde à des milliards de requêtes journalières, chacune ciblant quelques mots éparpillés dans une dizaine de milliards de pages…

Capacité de résistance

Interroger Google sur l'infrastructure matérielle qui permet cette performance expose à une fin de non-recevoir. De combien de serveurs la société dispose-t-elle ? Dispersés dans combien de centres de données ? Ces chiffres sont parmi les mieux gardés de l'industrie informatique. Une bonne source, qui tire ses estimations de discussions avec des ingénieurs de la firme de Mountain View, avance le nombre de 900 000 serveurs répartis dans 20 à 50 centres de données – dont au moins trois en Europe : en Irlande, en Belgique, aux Pays-Bas (The Economist du 23 octobre avance le chiffre de 2 millions de serveurs). Les localisations de certains de ces centres sont publiques. Les visites, elles, sont formellement proscrites. Pour raisons de sécurité, bien sûr. Mais aussi, confie Peter Fleisher, parce que "voir la manière dont est constitué l'intérieur d'un centre de données fournirait déjà des informations à la concurrence".

Faire confiance à une société qui tient secret les lieux dans lesquels elle entend garder toute l'information du monde ? "Du point de vue de la confidentialité des données, la localisation d'un centre de données n'est pas très importante", répond Peter Fleisher. Ce qui compte c'est, en effet, la curiosité des gouvernements, des forces de l'ordre et des services de renseignements. Et surtout la capacité de Google à y résister. Car, potentiellement, toutes les données stockées en ligne peuvent être, un jour où l'autre, opposées à leur "propriétaire". Ce n'est pas qu'une question de principe. Shi Tao, un journaliste chinois condamné en avril 2005 et qui purge une peine de dix ans d'emprisonnement, en sait quelque chose. Titulaire d'un compte de courrier électronique sur Yahoo !, il avait vu sa correspondance privée divulguée auprès de ses accusateurs par la société américaine. Google, dont l'ambition est d'indexer et de conserver toute l'information du monde – domaines public et privé confondus –, pourrait-il se permettre le risque d'un pareil écart ? A l'évidence non. "Je suis fier que les blogueurs birmans aient décidé de publier leurs photos des événements récents [les manifestations des moines bouddhistes] sur la plate-forme d'édition de Google [Blogger], martèle Peter Fleisher. Ils savaient qu'ils ne risquaient rien."

Pour autant, indique l'expert et consultant américain Stephen Arnold, l'un des meilleurs connaisseurs de Google, la société de Mountain View "reçoit beaucoup de requêtes des forces de l'ordre américaines et étrangères". "Mais la majorité d'entre elles est simplement ignorée, ajoute Stephen Arnold. Il n'y a pas de système mis en place par Google pour répondre à ce genre de demandes." D'un point de vue pratique et juridique, dit en substance M. Arnold, l'espionnage est donc compliqué. Mais il l'est aussi d'un point de vue technique, puisque "le système n'a pas été pensé ni conçu pour répondre à ce genre de demandes".

Peu de cas sont connus. Mais, par exemple, les forces de l'ordre brésiliennes ont récemment tenté de se renseigner, via une demande à la firme californienne, sur les clients d'un réseau de vente en ligne d'objets nazis – et Google Inc. leur a opposé une fin de non-recevoir, la propagande nazie n'étant pas, au pays du free speech, considérée comme illicite. Il demeure, en somme, beaucoup plus compliqué à un service de police de récupérer quoi que ce soit de la forteresse Google que de faire placer un quidam sur écoutes ou, plus simplement, de requérir de son fournisseur d'accès à Internet (FAI) la liste des sites sur lesquels il s'est connecté – puisque la législation française impose à tous les FAI la conservation de ces informations.

Même quand il ne s'agit pas de requêtes émanant de services de police, Google se montre souvent très sourcilleux. A la suite d'un litige pour violation présumée massive du droit d'auteur, la société Viacom a récemment requis de Google qu'il fournisse les logs de consultation de certaines vidéos mises en ligne par sa filiale YouTube. Ce qui fut fait, mais après "anonymation" de ces logs… Ces précautions ne procèdent pas seulement d'un souci moral. Mais aussi de la crainte de perdre un leadership qui, comme on le rappelle chez Google France, "repose entièrement sur la confiance des utilisateurs". Et ce d'autant plus que Google ambitionne depuis peu de fournir ses services de gestion de l'information aux entreprises qui, de plus en plus sensibilisées aux questions d'intelligence économique, n'ont aucune envie de voir leurs petits et grands secrets sur la place publique.

De futures crispations sécuritaires pourraient changer cette donne. Mais, pour l'heure, Google prend un soin particulier à préserver les données des utilisateurs de toute curiosité indue. Fin de l'histoire ? Pas tout à fait. Car si préserver les données des curieux est encore possible, éviter leur perte par accident pourrait se révéler, dans l'avenir, un peu plus délicat. "Google n'est pas infaillible", prévient Stephen Arnold, qui rappelle que voilà seulement quelques semaines, un "plantage" en règle a rendu le service Gmail indisponible pour de nombreux utilisateurs, pendant près de trente heures. Gérer un système de près de 900 000 machines interconnectées soumises à des dizaines de millions de requêtes quasi simultanées n'est pas chose aisée.

D'autant que le Google cloud n'est pas un dispositif statique. Il se reconfigure en permanence, épouse les pulsations d'Internet. En fonction de l'alternance entre le jour et la nuit, par exemple, c'est-à-dire en s'adaptant à l'activité régionale des internautes, les données valsent et sont transférées d'un bout à l'autre de la planète. Pour alléger la charge ici, l'alourdir là où cela ne portera pas à conséquence… Le vrai " péché " d'indiscrétion de Google se situe d'ailleurs là. "Google se moque de la nature des données personnelles proprement dites, explique Stephen Arnold. Ce qui est tracé, ce sont les méta-données générées par les activités des internautes." Ce qui intéresse Google, ajoute-t-il, "c'est, par exemple, de savoir si les taux de consultation des horaires d'avion sont plus élevés à proximité des aéroports pour pouvoir ainsi s'adapter".

Autre raison de se montrer indiscret : Google doit s'assurer, en permanence, que les clics sur ses liens publicitaires sont de "véritables" clics. C'est-à-dire qu'ils ne relèvent pas de clics machinalement exécutés pour produire artificiellement un revenu indu… Cette chasse à la "fraude au clic" impose une surveillance permanente de la Toile, irriguée par la publicité "made in Google". Et cette surveillance est d'autant plus cruciale que le moindre doute sur la réalité de ces clics publicitaires ruinerait la confiance que les annonceurs placent en Google. Et par conséquent ruinerait assez vite Google lui-même.

Car, à la fragilité technique – qui grandira à mesure que l'infrastructure informatique de l'entreprise grossira – s'y ajoute une autre : celle du modèle économique. "Aujourd'hui, nous avons tendance à croire que Google est immortel. Mais il faut garder en tête que son modèle économique ne repose que sur la publicité ciblée, relève Bernard Benhamou, délégué interministériel aux usages de l'Internet. Or, la crise qui vient va lourdement peser sur les budgets publicitaires. Et au contraire de Microsoft, qui profite directement de la vente d'ordinateurs pourvus d'un système d'exploitation, Google ne dispose d'aucune rente de situation."

Pour l'heure, pas de risque. D'abord, Google ne dépend pas des gros budgets publicitaires mais plutôt de l'addition de ceux de millions de petits commerces en ligne et de sites qui diffusent des annonces pour augmenter leur trafic. Ensuite, la "prime au leader" du marché publicitaire en ligne implique que ses concurrents soient d'abord plus durement touchés. Au troisième trimestre 2008, Google a ainsi gagné 2 % de parts de marché sur ses concurrents, selon l'agence Efficient Frontier. "Les prochains mois diront si son modèle économique protège l'entreprise d'une crise d'ampleur", estime M. Benhamou, pour qui il est hasardeux de trop se reposer sur Google, "en particulier pour ce qui touche au patrimoine culturel". Principalement aux livres numérisés et stockés sur les serveurs de l'entreprise californienne.

Pour la bonne conservation et la garantie d'un accès rapide aux données stockées, la santé économique de l'entreprise est cruciale. Car Google est moins souple que ne le laisse supposer sa partie visible sur le Web. L'entreprise doit gérer et assurer la maintenance d'un outil industriel aux dimensions pharaoniques. Chaque centre de données est un entrepôt, souvent gigantesque, qu'il faut installer non loin d'une source d'énergie – un barrage ou une centrale nucléaire – et qu'il faut également refroidir… Ces questions sont si prégnantes et si problématiques que la société a déposé, récemment, un brevet sur un système lui permettant d'installer des centres de données offshore, utilisant l'eau de la mer pour le refroidissement et la houle pour l'alimentation énergétique ! A mesure que l'entreprise se développe, à mesure qu'elle grandit et que son cloud grossit et se complexifie, ses charges fixes augmentent et sa profitabilité devient plus impérieuse…

Croissance ad libitum

Or la règle du jeu, en économie de marché, est le développement perpétuel. La croissance ad libitum. Google l'a mieux compris que quiconque. Son essor est une histoire en trois actes. Acte I : l'entreprise indexe et organise l'espace public directement accessible à ses algorithmes, c'est-à-dire principalement le Web. Acte II : la société entreprend d'indexer et de conserver des éléments de la sphère privée, c'est-à-dire courrier, documents divers, etc. Acte III : Google construit l'information qui n'existe pas pour l'indexer et la rendre searchable – ou "recherchable". Google s'offre un satellite pour améliorer Google Earth. Google parcourt et photographie toutes les rues des grandes villes du monde pour proposer Google Street View. Google investit dans une société qui offre un service d'analyse du génome (lire l'encadré ci-contre)…

Google fabrique, pour l'indexer, l'information qui n'existe pas encore. Des grands espaces de la géographie terrestre aux réarrangements infinitésimaux des nucléotides de notre patrimoine génétique, le spectre des données conservées et compilées par Google semble devoir s'étendre indéfiniment. Une "bulle" dont on pourrait craindre qu'elle n'éclate un jour : la chose est à la mode.

Stéphane Foucart

Publicité, mode d'emploi

Google vit de la publicité, qui représente 99 % de ses immenses revenus – 16,593 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2007. Pour générer de tels gains, l'indiscrétion est-elle le mal nécessaire de la réclame en ligne telle que l'entreprise américaine la pratique ? Selon Peter Fleisher, responsable de la protection des données personnelles chez Google, l'entreprise ne constitue pas des profils des utilisateurs pour leur proposer des annonces ciblées. La publicité est seulement, dit M. Fleisher, "contextuelle". Qu'est-ce que cela signifie ? Chez Google, la publicité revêt de plusieurs aspects. Il peut s'agir d'annonces générées par l'entrée d'un ou plusieurs mots-clés dans le moteur de recherche de la société. Une recherche sur tel ou tel type d'automobiles produira des liens publicitaires aboutissant, par exemple, à des sites Web de vente de ces véhicules… La publication d'annonces (Google Ads) sur un site Web obéit à un autre modus operandi. Lorsqu'un annonceur décide de faire appel à Google, la société procède à une analyse de l'ensemble des pages dont les espaces publicitaires lui ont été confiés. Ses algorithmes repèrent les pages les plus propices pour accueillir tel ou tel lien publicitaire. Google sait automatiquement que l'annonce d'un fabricant d'automobiles est plus à sa place sur le blog d'un passionné d'automobile que sur le site d'une fondation luttant contre le changement climatique… A chaque fois qu'un internaute clique sur l'un de ces liens publicitaires, l'annonceur règle une petite somme (en général quelques centimes d'euros) à Google. Qui en reverse une part au propriétaire du site-support de la publicité.
Autre manière d'écouler la pub : l'analyse du courrier acheminé et affiché via Gmail, la messagerie en ligne de Google. A chaque fois qu'un courriel est lu sur cette interface, la société en analyse automatiquement le contenu et y accole des liens publicitaires adéquats. Ainsi, si vous recevez sur votre compte de courrier Gmail un message d'un proche vous demandant quelle montre vous préférez pour votre anniversaire, il y a de fortes chances pour que des liens publicitaires d'horlogers-bijoutiers apparaissent sur le côté de l'écran.


Dix ans d'expansion

1998 Larry Page et Sergey Brin, 25 ans, fondent Google dans un garage de Memlo Park (Californie). A l'origine de la société, un moteur de recherche d'un nouveau genre conçu pendant leurs études à l'université de Stanford.
1999 En février, Google.com gère 500 000 requêtes par jour. En août, 3 millions.
2000 Le moteur de recherche est désormais disponible en onze langues, dont le français. Google Adword, programme de liens publicitaires, compte 350 clients à son lancement.
2001 Image Search donne accès à 250 millions d'images.
2002 Google News, une revue de presse automatisée, est lancée. La version francophone du service sera attaquée en justice par la presse belge et par l'AFP pour violation de copyright.
2003 Google annonce un projet de numérisation et d'indexation de livres : Google Print, futur Google Book Search. Inquiétudes aux Etats-Unis et en Europe sur les questions de droit d'auteur, tollé à la BNF, qui met en place un projet européen concurrent.
2004 Le siège mondial s'installe au "Googleplex", à Mountain View (Californie). Entrée en Bourse le 18 août ; l'action, à 85 $, atteindra 700 $ fin octobre 2007. Google lance la messagerie en ligne Gmail.
2005 Google Earth diffuse des images satellites de la terre entière.
2006 Google rachète le site de vidéos en ligne YouTube.
2007 Google obtient l'autorisation de l'autorité américaine de la concurrence pour le rachat de la régie de publicité en ligne DoubleClick.
2008 Google capte 40 % des dépenses de communication sur Internet. Le 2 septembre, lancement de Chrome, un navigateur Internet. Le 22 octobre, lancement aux Etats-Unis de G1, le smartphone de Google.

L'analyse d'ADN par alliance

Google, bientôt banque de données génétiques ? Ce n'est pas impossible. La société de Sergey Brin et Larry Page a récemment investi dans une start-up, 23andme.com, fondée par l'épouse de Sergey Brin, qui propose à ses clients de passer au crible leur ADN pour une somme relativement modique (moins de 400 dollars). Via son site Web, la société donne ensuite accès aux prédispositions à certaines maladies, fournit des informations sur l'ancestralité en fonction des caractéristiques de certains chromosomes ou de l'ADN mitochondrial… Sergey Brin a même donné un coup de pouce médiatique à l'entreprise de son épouse en ouvrant un blog dont le premier (et unique) billet, publié le 18 septembre, raconte comment il s'est rendu compte, grâce à 23andme.com, qu'il était porteur d'une mutation génétique le prédisposant à la maladie de Parkinson.

17/11/2008

La pollution atmosphérique (suite)

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/15/en-asie-les-nuages-de-pollution-aggravent-le-rechauffement_1119062_3244.html

En Asie, les nuages de pollution aggravent le réchauffement
LE MONDE | 15.11.08 | 14h58 • Mis à jour le 15.11.08 | 14h58

Les nuages bruns qui se forment au-dessus des grandes villes asiatiques à partir des fumées des usines, de la pollution automobile et de toutes les formes de combustion liées à des énergies fossiles ou de bois aggravent les effets du changement climatique. Le phénomène vient d'être confirmé par une étude du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), publiée jeudi 13 novembre.
Ces couches de particules polluantes d'une épaisseur supérieure à trois kilomètres s'étirent de façon plus ou moins continue de la péninsule arabique à la Chine et à l'ouest de l'océan Pacifique. Portées par les vents, elles peuvent parcourir la moitié de la Terre en moins d'une semaine. Leur trace a été récemment repérée à 5 000 mètres d'altitude sur les sommets de l'Himalaya, donnant aux chercheurs une explication supplémentaire à la fonte accélérée des glaciers.
"L'un des mandats du PNUE est d'alerter sur des bases scientifiques des défis environnementaux à relever. J'espère qu'après cette publication les nuages bruns atmosphériques vont être intégrés à l'agenda de la communauté internationale", a déclaré Achim Steiner, le directeur exécutif de l'institution. "Nous avions identifié pour la première fois le lien entre ces nuages et le changement climatique en 2002. Nos travaux avaient alors suscité beaucoup de scepticisme. Ils sont aujourd'hui confirmés avec une grande clarté", souligne le professeur Veerabhadran Ramanathan, qui a coordonné l'étude.
Le phénomène est aussi présent en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique du Sud et au-dessus de l'Amazonie. Mais il apparaît particulièrement inquiétant en Asie, compte tenu de la densité démographique et du développement rapide des économies. Sur les treize mégalopoles soumises à ce smog pendant plusieurs mois de l'année, dix sont asiatiques.

VILLES PRIVÉES DE LUMIÈRE

Ces nuages bruns, composés de particules de carbone et de suies, agissent de façon complexe en formant une barrière qui absorbe les rayons solaires. Ils contribuent ainsi au réchauffement en altitude. Ils privent dans le même temps de lumière les villes qui en sont victimes. Ces passagers anonymes, longtemps négligés par les climatologues, sont, selon le rapport, responsables d'une baisse de la luminosité pouvant aller de 10 % à 25 % à Karachi, Shanghaï, Pékin et New Delhi.
Les scientifiques suggèrent également que ces formations, dans lesquelles viennent se stocker de nombreux gaz, affectent le régime des pluies en retenant l'eau plus longtemps. Elles pourraient ainsi ne pas être étrangères à la réduction des précipitations pendant les périodes de mousson en Inde et dans le sud-est asiatique.
Sans trancher faute de données, le rapport met en avant les conséquences néfastes que cette situation pourrait avoir sur la production agricole, dont les rendements sont étroitement liés à la capacité de photosynthèse des plantes.
Il est revanche avéré que ces poches de pollution agissent sur la qualité de l'air et sur la santé des citadins. Les nuages bruns transportent des aérosols toxiques et des nanoparticules à l'origine d'importantes maladies respiratoires. Le rapport estime que cette pollution, faute d'être combattue, pourrait provoquer 340 000 morts supplémentaires par an en Inde et en Chine.

Laurence Caramel
Article paru dans l'édition du 16.11.08

16/11/2008

Un maïs OGM, autorisé à l’alimentation, serait néfaste pour la fécondité

lu sur univers-nature.com :

13-11-2008

Un maïs OGM, autorisé à l’alimentation, serait néfaste pour la fécondité

Hier, l’Autriche a rendu publique une étude s’intéressant aux effets sanitaires à long terme d’un maïs OGM autorisé pour l’alimentation humaine et animale en Europe, depuis 2007.
A l’initiative des ministères autrichiens de la santé et de l’environnement, l’université de Vienne a comparé l’impact d’une alimentation composée à 33 % d’un maïs OGM (1) et de rations équivalentes qui en sont exemptes, sur plusieurs générations de souris. En l’espace de 20 semaines, les chercheurs ont constaté que le groupe de souris alimenté avec un bol alimentaire comportant des OGM présentait une diminution significative du nombre de portées et de jeunes, notamment à partir des 3e et 4e générations. En outre, le poids des souriceaux serait apparu sensiblement plus faible que la normale dès la 3e génération.

Pour Greenpeace et les Amis de la Terre, la publication de cette étude indépendante pose une fois de plus la question du crédit à apporter aux avis rendus par l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA), laquelle se base sur les études à court terme fournies par les semenciers. En conséquence, face aux problèmes relevés par l'Autriche, Greenpeace demande le retrait en urgence des produits suspects et souhaite que le processus de réévaluation des OGM initié par la présidence Française de l’UE aillent à son terme. De leur côté, les Amis de la Terre se prononcent pour un gel des autorisations prononcées par l'EFSA et leur réexamen de façon impartiale.

Pascal Farcy

1- La variété OGM utilisée est issue d’un croisement breveté des maïs MON 810 et NK 603 de la multinationale Monsanto.

15/11/2008

A Paris, l'hôpital public dénonce un "étranglement financier délibéré"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/15/a-paris-l-hopital-public-denonce-un-etranglement-financier-delibere_1119081_3224.html

A Paris, l'hôpital public dénonce un "étranglement financier délibéré"
LE MONDE | 15.11.08 | 14h48 • Mis à jour le 15.11.08 | 14h49

C'est une première dans l'histoire de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : l'ensemble des présidents des comités consultatifs médicaux (CCM) des 40 hôpitaux de l'AP-HP ont adressé une lettre ouverte à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, pour dénoncer "l'étranglement financier délibéré" de leurs établissements. Représentant les 15 000 médecins de l'AP-HP, ces élus s'alarment des "restrictions budgétaires sans objectifs médicaux" qui aboutissent "à une paupérisation de nos hôpitaux et un découragement de l'ensemble des personnels qui y travaillent". La ministre de la santé les a rencontrés, vendredi 14 novembre, ainsi que l'ensemble du personnel de direction de l'AP-HP.
L'initiative des présidents des CCM est d'autant plus notable qu'elle provient de médecins ayant tous accepté le principe de la gestion médico-économique qui s'impose désormais à l'hôpital : ils sont pour la plupart à la tête des nouveaux pôles (réunion de services pour mutualiser les moyens) et mettent en oeuvre la tarification à l'activité (T2A, qui conditionne le financement des hôpitaux au nombre d'actes cliniques effectués). Mais l'enthousiasme des débuts a fait place au désenchantement. "On se sent mal, explique Laurent Brochard, président du CCM du CHU Henri Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). On ne voudrait pas être victimes d'un marché de dupes, en ne gérant que la pénurie."
Bénéficiant d'un budget de 6 milliards d'euros, l'AP-HP est sous tension budgétaire permanente : d'ici à 2012, 300 millions d'euros devront être économisés au titre des "efforts de convergence" (réduction des coûts structurels). Dans les services, cette contrainte est vécue comme une logique de rationnement. "D'année en année, on nous oppose des plans de redressement de plus en plus drastiques, explique le Pr Denis Devictor, président de la collégiale des présidents de CCM. On nous rogne du personnel médical et paramédical en permanence. On ne peut plus travailler, les files d'attente de malades s'allongent."
Au ministère de la santé, on récuse l'idée d'un "étranglement financier des hôpitaux". En 2009, leur dotation budgétaire augmentera de 2,3 milliards d'euros pour la France entière. La spécificité de l'AP-HP, qui accueille un nombre croissant de personnes précaires et âgées, sera prise en compte par la réforme "Hôpital, patients, santé, territoire", fait valoir l'entourage de Mme Bachelot. La T2A sera majorée en fonction d'un critère de précarité et de la sévérité des pathologies prises en charge.

Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 16.11.08

18:03 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, société

12/11/2008

Politique : l'Afrique mauvaise élève. Ou : la fin justifie les moyens

Ou bonne élève : tout dépend de quel côté on se place ...

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/11/11/les-deputes-senegalais-ont-destitue-le-president-de-l-assemblee_1117235_3212.html

Les députés sénégalais ont destitué le président de l'Assemblée
LE MONDE | 11.11.08 | 15h32 • Mis à jour le 11.11.08 | 15h32

CHANGER la Constitution pour se débarrasser d'un ancien premier ministre ambitieux. Abdoulaye Wade, président du Sénégal, pays censé symboliser l'exemplarité démocratique africaine, n'a pas hésité à employer les grands moyens pour évincer Macky Sall, chef du gouvernement entre 2004 et 2007. Car M. Sall, président de l'Assemblée nationale jusqu'à dimanche, est désormais considéré par le pouvoir comme un rebelle.
Les députés sénégalais ont en effet adopté, dimanche 9 novembre, une résolution " mettant fin" à ses fonctions par 111 voix contre 22. Massivement, l'Assemblée, où le Parti démocratique sénégalais (PDS) du président Wade dispose d'une majorité écrasante depuis les élections législatives de 2007 boycottées par l'opposition, a satisfait la volonté du chef de l'Etat de limoger le président qu'elle s'était donné.
Un mois plus tôt, le 13 octobre, le Parlement avait déjà voté sans barguigner une loi d'inspiration présidentielle modifiant la Constitution réduisant de cinq à un an la durée du mandat du président de l'Assemblée et du Sénat. Le 21 octobre, le président Wade avait promulgué le texte qui " s'applique au mandat en cours". Le feuilleton de la disgrâce de Macky Sall, qui agite les milieux politiques sénégalais et la presse depuis un an, venait de trouver son épilogue.

Il avait débuté lorsque le nouveau président de l'Assemblée avait avalisé la décision de la commission des finances d'auditionner Karim Wade, fils du président de la République. Les députés souhaitaient questionner M. Wade junior sur sa gestion financière de l'Agence chargée des grands chantiers de Dakar liés à l'organisation de la Conférence islamique de mars 2008, dont il est président.

L'initiative avait suscité la colère du chef de l'Etat, et n'avait pas connu de suite. Le différend entre M. Wade père et Macky Sall avait rapidement pris une tournure personnelle. En septembre, l'invitation de M. Sall par le Sénat français avait été considérée comme un casus belli. Dimanche, les députés sénégalais ont justifié sa mise à l'écart par "ses activités personnelles" à l'étranger et la crise de confiance avec l'exécutif.
L'affaire se réduirait à une simple lutte d'influence au sommet de l'Etat si elle ne reflétait pas l'âpreté de la querelle pour la succession du président Wade, 82 ans. Longtemps alliés, l'ancien premier ministre, âgé de 46 ans, et le fils du président, 40 ans, affichent désormais leurs ambitions. Le chef de l'Etat sénégalais, qui se défend de toute dérive monarchique, semble pourtant tout faire pour écarter les rivaux de son fils. Avant M. Sall, il avait limogé en 2004 une autre étoile montante de la vie politique, son ancien premier ministre Idrissa Seck, qui s'est présenté contre lui à l'élection présidentielle de 2007.
Juste après son éviction du perchoir de l'Assemblée, Macky Sall est entré lui aussi dans l'opposition. Il a démissionné du PDS et de ses mandats de député et de maire, dénonçant "une procédure antidémocratique qui n'honore pas le Sénégal".

Ph. B.
Article paru dans l'édition du 12.11.08

Un relaxant musculaire efficace contre l'alcoolisme ?

Pour ceux qui seraient concernés : lu sur lemonde.fr

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2008/11/11/un-relaxant-musculaire-efficace-contre-l-alcoolisme_1117289_3238.html

Un relaxant musculaire efficace contre l'alcoolisme ?
LE MONDE | 11.11.08 | 16h10 • Mis à jour le 11.11.08 | 20h41

Publié début octobre, l'ouvrage du docteur Olivier Ameisen, Le Dernier Verre, bouscule le monde de la prise en charge de l'alcoolisme. "Nous sommes dans le pétrin à cause de ce livre", reconnaît le docteur Philippe Michaud, alcoologue. "Nous sommes assaillis de coups de fil et de courriers de patients réclamant le même traitement." En 288 pages, le docteur Ameisen raconte comment il a guéri de son alcoolo-dépendance grâce à un relaxant musculaire, le baclofène, un vieux médicament "génériqué" depuis 1997, indiqué dans le traitement des contractures douloureuses accompagnant la sclérose en plaques et certaines paralysies.
Parce qu'il est écrit par un médecin, parce qu'il aborde une maladie qui dévaste la vie de millions de personnes et pour laquelle les traitements actuels essuient de nombreux échecs, ce livre, largement médiatisé ces dernières semaines, suscite beaucoup d'espoir parmi les alcooliques et leur entourage. Problème : le baclofène n'a pas d'autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l'indication du sevrage alcoolique. Le sujet divise la communauté médicale. Certains médecins se sont mis à en prescrire, d'autres s'y refusent. L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s'est autosaisie du dossier.
Son histoire. Olivier Ameisen dit être "guéri" depuis le 14 février 2004, date à laquelle il a débuté son traitement de baclofène. "Je n'ai plus aucune envie d'alcool", résume-t-il. Il s'est administré jusqu'à 180 mg par jour (des doses très supérieures aux posologies habituelles de ce médicament) et prend aujourd'hui entre 30 mg et 50 mg par jour. Cardiologue réputé, le docteur Ameisen prenait des cuites à répétition. Il noyait dans l'alcool sa très forte anxiété. Psychothérapie, acupuncture, hypnose, thérapie cognitive et comportementale, traitements médicamenteux censés réduire l'envie de boire, cures de désintoxication, réunions chez les Alcooliques anonymes, il a tout essayé. En vain.
En 2001, une amie lui transmet un article du New York Times à propos d'une chercheuse américaine qui raconte l'effet étonnant du baclofène pour soulager les spasmes musculaires et l'état de manque chez un patient cocaïnomane. Le cardiologue se met à lire toute la littérature scientifique sur ce médicament et, après avoir interrogé des neurologues sur ses effets secondaires (somnolence pouvant aller jusqu'au coma en cas de surdosage), il se traite seul en augmentant les doses jusqu'à être soulagé.
Ses soutiens. Le docteur Renaud de Beaurepaire n'y va pas par quatre chemins : "Ameisen a fait une extraordinaire découverte, le monde entier va le remercier." Comme quelques autres de ses confrères, ce chef de service en psychiatrie à l'hôpital Paul-Guiraud de Villejuif (Val-de-Marne), s'est mis à utiliser le baclofène. "J'ai prescrit le traitement à deux alcooliques au bout du rouleau : franchement c'est assez miraculeux, témoigne-t-il. Des médecins généralistes m'ont sollicité parce que des patients leur demandaient ce médicament, je leur ai dit qu'ils pouvaient en donner."
En Suisse, Pascal Garche, responsable de l'unité alcoologique aux Hôpitaux universitaires de Genève, a suivi le devenir de douze patients traités par baclofène à hautes doses. Résultat : deux ne l'ont pas supporté et ont arrêté au bout d'une semaine, trois sont en échec de traitement et sept sont sortis d'affaire. "Les patients m'ont dit : "cela calme mon anxiété" ; "cela me détend" ; "ça diminue mon envie d'alcool". Je n'avais jamais eu ce type de commentaires auparavant." Pour le docteur Garche, "on ne peut pas s'asseoir sur cette affaire. Neurobiologiquement, cela a du sens ; les expériences menées sur des animaux sont encourageantes et les premières impressions cliniques sont probantes. Ce livre est un pavé dans la mare."
Ses opposants. Personne ne remet en cause l'honnêteté du témoignage. Mais la Société française d'alcoologie pointe des études insuffisantes et des niveaux de preuve assez faibles. "Le traitement de l'alcoolo-dépendance ne peut pas être seulement médicamenteux. C'est une maladie multifactorielle avec de fortes composantes psychologiques et sociales", insiste le docteur Philippe Michaud. "Je ne dis pas que c'est nul, je dis que ce n'est pas prouvé et je regrette que ce livre dénie la possibilité d'aller mieux sans médicament", résume-t-il.
Avec ce livre, les alcoologues se sentent décrédibilisés. "L'ouvrage gomme tout un pan de la prise en charge, quelle soit psychothérapique ou comportementaliste", déplore le docteur Sylvain Balester-Mouret du service d'alcoologie de l'hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine). "Ce n'est pas parce qu'une maladie est complexe que son traitement est forcément complexe", rétorque le docteur Ameisen.
Et maintenant ? A la suite de la médiatisation du livre, l'Afssaps s'est autosaisie du dossier et s'est penchée sur la littérature scientifique. "Pour l'heure les résultats dont nous disposons sont insuffisants pour se positionner de manière claire", explique Anne Castot, responsable du département surveillance des risques à l'Afssaps. "Nous ne sommes pas fermés au sujet mais il faut un temps de réflexion et d'évaluation", précise-t-elle. "Pour l'heure il faut que les médecins attendent que le processus ait abouti avant de prescrire du baclofène", prévient l'agence qui s'inquiète du comportement "free lance" de certains praticiens.
Opposants et défenseurs du docteur Ameisen sont au moins d'accord sur une chose : il faut mener des essais cliniques en bonne et due forme. La molécule étant tombée dans le domaine public, Novartis Pharma, le laboratoire qui l'avait commercialisée lors de son lancement, n'est pas intéressé pour mener une étude sur cette nouvelle indication. "On peut envisager des financements de promoteurs institutionnels ou encore une subvention du conseil scientifique de l'agence", explique Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l'Afssaps. "Le baclofène en alcoologie va se répandre comme une traînée de poudre, prédit le docteur de Beaurepaire. La pression va venir de la base, des patients et des généralistes."

"Le Dernier Verre", d'Olivier Ameisen,
(Editions Denoël, 2008, 288 p., 19 €).

Sandrine Blanchard
Article paru dans l'édition du 12.11.08

10:40 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alcoolisme

11/11/2008

FRANCE : un État policier ?

Les informations suivantes ont été confirmées aux informations sur France Musique il y a une heure.

Ministère de l'Éducation Nationale Secrétariat général
Délégation à la communication
110, rue de Grenelle – 75357 PARIS 07 SP
Cahier des clauses particulières
CCP n° 2008 / 57 du 15 octobre 2008

Appel d’offres ouvert passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics
Objet : Veille de l’opinion
(extraits)

ARTICLE 1 - OBJET DES MARCHES ET MODE DE PASSATION
Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement
supérieur et de la recherche.
Ils sont passés en application des dispositions des articles 57 à 59 du code des marchés publics, relatives
à l’appel d’offres ouvert.

ARTICLE 5 - DESCRIPTION DES PRESTATIONS
5.1 Présentation
5.1.1 Objectif
Le dispositif de veille en question vise, en particulier sur Internet, à :
Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)
Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
Suivre les informations signifiantes dans le temps
Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires, audience, etc.)
Rapprocher ces informations et les interpréter
Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
Alerter et préconiser en conséquence
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion »
potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.

5.1.2 Sources surveillées

La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, articipatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
Les sources d’informations formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillées et traitées.
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.

5.1.3 Finalités
L’analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet, l’analyse permettra un suivi précis de l’évolution de l’opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal.

Dérèglement du climat : avenir sombre

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/11/un-expert-du-climat-appelle-a-un-sursaut-de-l-homme_1117219_3244.html

Un expert du climat appelle à "un sursaut de l'homme"
LE MONDE | 11.11.08 | 15h36 • Mis à jour le 11.11.08 | 16h09

Né en 1932 à Besançon, père de la glaciologie moderne, Claude Lorius doit recevoir, mercredi 12 novembre, à Tokyo, le prix Blue Planet, l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.

- Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?

Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...
Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.

- Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?

Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.

- Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.

Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...
C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.

- Une nouvelle ère ?

L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.
Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !

- Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?

Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.

- N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?

Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.

Propos recueillis par Laurent Carpentier

- Vers un traité international pour la protection de l'Arctique

La présidence française de l'Union européenne a lancé un appel, lundi 10 novembre, à Monaco, pour un renforcement de la coopération scientifique internationale dans l'Arctique, un premier pas vers une protection de cette région. "Il faut qu'il y ait un système de recherche unifié", a indiqué Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, lors d'une conférence internationale organisée conjointement avec la principauté monégasque.
L'Arctique fait l'objet de nombreux programmes mais "ces recherches ne sont pas coordonnées", a souligné le ministre. "Il n'est pas imaginable qu'il y ait des données scientifiques connues et non partagées, a-t-il estimé. Nous allons mettre les moyens nécessaires pour qu'il y ait ce réseau mondial d'informations."
Les scientifiques espèrent que ce soutien politique pourra donner un nouvel élan à la recherche au-delà de l'Année polaire internationale, qui s'achève en mars. Contrairement à l'Antarctique, l'Arctique n'est pas protégée par un traité international. Le Parlement européen s'est prononcé en octobre pour l'adoption d'un tel texte. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 12.11.08

09/11/2008

Aux Etats-Unis, la colère enfle contre les banquiers "égoïstes" et "cupides"

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/05/aux-etats-unis-la-colere-enfle-contre-les-banquiers-egoistes-et-cupides_1115168_1101386.html

Aux Etats-Unis, la colère enfle contre les banquiers "égoïstes" et "cupides"
LE MONDE | 05.11.08 | 13h41 • Mis à jour le 05.11.08 | 13h41

Wall Street n'a plus la cote. Sur YouTube, le "rap des banquiers cupides" (greedy bankers rap) fait un tabac et sur CNN. com, le journaliste Anderson Cooper a dressé la liste des " 10 most wanted", les dix responsables de la crise financière les plus recherchés.
Le Wall Street Journal a publié, le 3 novembre, un article scandalisé expliquant que les 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) d'aides fédérales du plan Paulson allaient aider les banques à distribuer 40 milliards de dollars d'arriérés de salaire, de bonus et primes de retraite aux grands patrons de la finance au titre de l'exercice 2007. Après avoir reçu 10 milliards d'aide fédérale, Goldman Sachs va ainsi redistribuer 11,8 milliards à ses dirigeants.
L'idée que les responsables du désastre financier continuent de s'enrichir alors que chômage et récession menacent, alimente la colère populaire qui trouve un fort écho dans le contexte électoral américain. "La concentration des patrimoines est devenue aux Etats-Unis un sujet brûlant", explique Camille Landais, chercheur à Berkeley. "La promesse de M. Obama d'augmenter les prélèvements sur les plus hauts revenus pour financer les aides aux bas revenus est au coeur de la présidentielle", ajoute-t-il. Même le républicain John McCain a répété à longueur d'interviews que "la cupidité de certains à Wall Street méritait d'être punie".
Deux images de milliardaires s'affrontent aujourd'hui aux Etats-Unis. La "mauvaise" est celle de la finance égoïste et cupide de Wall Street. La "bonne" est symbolisée par Warren Buffett, le "sage" d'Omaha (Nebraska), dont la fortune colossale, supérieure à 60 milliards de dollars, a été construite sur la durée, à coups d'investissements judicieux dans des entreprises purement américaines (Coca-Cola, ConocoPhilips, Johnson & Johnson...). Celui-ci, qui expliquait, le 16 octobre, au New York Times qu'il recherchait aujourd'hui les pépites sous cotées de Wall Street, incarne la vitalité du capitalisme traditionnel.
La récession accroît le clivage entre les deux types de fortune. Les financiers jouissent toujours de leurs stock-options, tandis que les fortunes industrielles se réduisent. Aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde. Lakshmi Mittal, quatrième fortune mondiale au classement Forbes 2007 - il contrôle 43,04 % du groupe sidérurgique Mittal - a vu la valeur de son groupe divisée par deux. Selon Bloomberg, les 25 premiers milliardaires russes ont vu leur fortune se réduire de 62 % entre le 19 mai et le 6 octobre. En Chine, les milliardaires ont perdu 57 % de leur fortune, selon Forbes, en raison de la dépression des cours, de la dévalorisation de l'immobilier et de la chute des monnaies. En Europe, le plus riche des chefs de gouvernement, l'Italien Silvio Berlusconi (9,4 milliards d'euros au classement Forbes 2008) a vu quant à lui sa fortune se dévaluer de 38 % cette année.

VERS UN RÉAJUSTEMENT FISCAL

Idem en France. Les traditionnelles grandes fortunes étalonnées par Challenges - Bernard Arnault, PDG de LVMH et deuxième fortune de France (18,3 milliards d'euros), la famille Bettencourt (30 % du capital de l'Oréal), François Pinault (40 % de Pinault Printemps Redoute, 10 milliards d'euros environ) ont vu la valeur de leur patrimoine s'éroder de 20 % à 30 % en cette fin d'année 2008.
Les milliardaires pourraient payer deux fois : après avoir acquitté leur dîme au krach, ils courent un sérieux risque de prélèvement fiscal. Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, rappelle qu'après la crise de 1929, "en réaction contre les élites qui s'étaient enrichies en conduisant le pays à la crise, le taux de l'impôt fédéral sur le revenu applicable aux revenus les plus élevés était passé de 25 % à 63 % en 1932, avant d'atteindre 79 % en 1936". Cette hausse des impôts initiée aux Etats-Unis avait ensuite gagné l'Europe. Aux Etats Unis, pendant un "demi-siècle, le taux supérieur de l'impôt sur le revenu n'est jamais descendu en dessous de 70 %", explique M. Piketty.
Un retour de balancier fiscal aux Etats-Unis provoquerait une demande identique au sein de l'opinion publique européenne.
Le retour de l'impôt sur les hauts revenus consacrerait le retour de l'Etat dans l'arène économique.

Yves Mamou
Article paru dans l'édition du 06.11.08

17:52 Publié dans Finance | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance

Bouygues condamné à supprimer une antenne-relais

lu sur univers-nature.com :
01-10-2008

Par précaution, Bouygues condamné à supprimer une antenne-relais

Les communications entre les téléphones portables sont assurées via des ondes électromagnétiques relayées par un dense maillage d'antennes-relais. Si de plus en plus d'études mettent en avant des possibilités de problèmes de santé liés à l'utilisation d'un téléphone portable, notamment pour les plus jeunes, aujourd'hui aucune étude ne relève de problèmes médicaux en liaison avec la proximité d’une antenne, sans pour autant nier toute absence de risque potentiel.
Or, comme on vient seulement de l'apprendre, c'est justement en arguant de ce dernier point que le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) vient de condamner Bouygues Telecom à démonter une antenne-relais située sur un pylône à Tassin-La-demi-Lune, dans le département du Rhône. Répondant par ce jugement, le 18 septembre dernier, à la plainte de 3 couples pour 'trouble anormal de voisinage', le tribunal n'a pas pris position sur les éventuelles nuisances des antennes en relevant toutefois que, face à un 'risque potentiel sur la santé des riverains', il y avait lieu d'appliquer le 'principe de précaution'.
En conséquence, Bouygues Telecom, doit sous 4 mois après le significatif du jugement et sous astreinte de 100 € par jour de retard, démanteler les antennes-relais installées en 2006 à proximité des plaignants. En outre, il devra également verser à chaque couple 3 000 € au titre de dommages et intérêts pour 'leur exposition au risque sanitaire'.
Si ce jugement devait faire jurisprudence, il pourrait remettre en cause une majorité d'implantations réalisées à proximité des habitations et compromettre à terme la téléphonie mobile telle que nous la connaissons. Une situation peu probable au regard des intérêts en jeu et du vraisemblable pourvoi en appel de Bouygues Telecom. Or, au regard d'une affaire similaire dont l'appel vient juste d'être prononcé, un tel recours pourrait être favorable au groupe. Trois jours avant ce verdict, la cour d'appel d'Aix-en-Provence a ainsi annulé un jugement rendu en mars 2006, qui obligeait déjà l'opérateur à démonter des installations trop proches des habitations, estimant que le risque sanitaire n'était pas établi...
Pour l’opérateur de téléphonie mobile, ce nouveau dossier intervient alors qu'il doit faire face à une plainte au pénal, une première en la matière. Il y a en effet moins de deux semaines, un couple de Chevreuse, dans les Yvelines, a déposé plainte pour 'administration de substance nuisible', estimant que la proximité d'une des antennes-relais de Bouygues Telecom était la cause des problèmes de santé de leurs 2 filles. Néanmoins, pour démontrer, selon lui, l'innocuité de ses installations, l'opérateur a mis en avant des analyses présentant un champ électromagnétique ambiant, à proximité de l'antenne-relais incriminée, 180 fois inférieur aux valeurs limites définies par les organismes scientifiques.
Si ici encore, il est peu probable que les plaignants aient gain de cause, la multiplication des plaintes qui progressent au fur et à mesure qu'on en découvre un peu plus sur les risques sanitaires liés à la téléphonie mobile, promet des batailles juridiques comme on en a encore fort peu connu.

Pascal Farcy

Vivre auprès d’une ligne haute tension augmenterait les risques d’Alzheimer

lu sur univers-nature.com :
07-11-2008

Vivre auprès d’une ligne haute tension augmenterait les risques d’Alzheimer

Une étude réalisée par l’Institut de médecine sociale et préventive de l’université de Berne, basée en Suisse, vient d’apporter des éléments nouveaux établissant une possible corrélation entre l’exposition proche à des lignes à haute tension et l’apparition de la maladie d’Alzheimer (1). Pour mener à bien leur enquête, les chercheurs universitaires ont analysé l’ensemble des décès dus à cette maladie neurodégénérative enregistrés en Suisse entre 2000 et 2005. Au total, ce sont 9 200 cas qui ont été soumis à examen. Pour chacun, il a été déterminé si la personne atteinte vivait à proximité d’une ligne à haute tension avec des tensions comprises entre 220 et 380 kV. Si la réponse s’avérait positive, étaient alors prises en compte la durée de l’exposition et la distance séparant le point incriminé de l’habitation.
Dans 20 cas, il est apparu que les personnes décédées des suites d’Alzheimer avaient vécu pendant plus de 15 ans à moins de 50 mètres d’une ligne à haute tension. Les personnes réunissant ces deux conditions présenteraient donc un risque deux fois plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer que le reste de la population. En revanche, le risque ne se trouve pas accru lorsque les personnes sont installées à plus de 50 mètres des lignes émettant des champs magnétiques.
Relativisant les conclusions apportées à leurs analyses, les chercheurs déclarent néanmoins qu’il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de confirmer avec certitude la responsabilité présumée des champs magnétiques générés par les lignes haute tension dans l’apparition de la maladie. L’une des hypothèses avancées consiste à dire que ces champs perturbent le contact entre les cellules nerveuses et d’autres cellules.
Mais les doutes se font de plus en plus insistants au sein de la communauté scientifique. De fait, si ce projet se veut précurseur dans la recherche d’un lien de cause à effet entre les points de ligne haute tension et des maladies comparables à celle d’Alzheimer, des soupçons avaient déjà été formulés par le passé, notamment chez des électriciens et des membres du personnel des trains exposés à des champs magnétiques élevés.
Preuve de cette suspicion nouvelle portée à ce type d’installations électriques, le recours de plus en plus répandu au principe de précaution dans le cadre d’affaires juridiques traitant des enjeux sanitaires liés à l’exposition prolongée à ces champs magnétiques (*). Plus que jamais d’actualité alors que l’Europe se lance dans une campagne de lutte contre l’Alzheimer et les maladies qui lui sont apparentées, ces éléments nouveaux ouvrent une nouvelle voie d’investigations pour ce mal dont les mécanismes de dégénérescence sont encore méconnus.

Cécile Cassier

1- La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative dont le principal symptôme est la perte progressive de la mémoire et des fonctions cognitives. Elle peut s’accompagner de troubles du comportement. Si des médicaments permettent de freiner l’évolution de la maladie, il n’existe pas réellement à l’heure actuelle de traitement curatif.

(*) voir l'article sur les antennes-relais de téléphones portables, ci-dessus

Retour sur les prions

lu sur univers-nature.com :

08-11-2008

Des agneaux infectés par la vache folle via du lait contaminé

S’il a marqué les esprits, le dossier dévolu à la maladie dite de la "vache folle", de son appellation scientifique « encéphalopathie spongiforme bovine » (ESB), ne semble pas prêt de se clore. Après avoir généré la mise en place d’un important dispositif de surveillance, cette maladie neurodégénérative continue d’interpeller les scientifiques soucieux d’améliorer leurs connaissances sur les modes de transmission de cette infection, afin de mieux cerner les risques réels pour la santé humaine.
Intégrant la catégorie des « encéphalopathies spongiformes transmissibles » (EST) qui s’attaquent au système nerveux central, l’ESB peut prendre des appellations autres selon l’animal qu’elle affecte. Ainsi, si l’on parle de vache folle pour désigner l’EST qui frappe les bovins, on parlera plutôt de « tremblante » dans le cas de moutons ou de chèvres.
Bien que l’on soit en mesure de détecter la présence de ces maladies mortelles grâce à l’observation de protéines anormales chez les individus infectés, on dispose de beaucoup moins d’informations quant à la manière dont elles se contractent. En 2006, des groupes d’experts, notamment en Angleterre, avaient soutenu l’hypothèse selon laquelle les bovins atteints de la vache folle auraient pu être contaminés via une nourriture réalisée à partir de produits renfermant des protéines de ruminants (bovins, ovins, caprins…). Mais si jusqu’alors aucune preuve sérieuse n’avait pu être avancée, une récente étude communiquée par l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) vient de changer la donne. En effet, les travaux d’un scientifique britannique, publiés en avril dernier, ont démontré que l’agent de la tremblante classique avait été transmis à des agneaux nourris avec du lait de brebis infectées. Une étude française, actuellement en cours de publication, est venue confirmer les résultats observés.
Au regard de ces nouvelles données et bien qu’elle ait déjà émis certaines recommandations, notamment quant à la gestion des carcasses des troupeaux touchés, l’AFSSA invite à n’utiliser jusqu’à nouvel ordre que le lait et le colostrum (1) produits au sein du troupeau. Elle prévoit également de suspendre la commercialisation du lait et du colostrum pour l’alimentation des ruminants en général.
Concernant les risques pour la santé humaine, l’agence recommande l’interdiction de la commercialisation des produits laitiers destinés à l’alimentation humaine et issus de troupeaux ovins ou caprins suspects d’infection jusqu’à ce que tout risque ait été écarté. La vigilance est d’autant plus de mise que les brebis laitières peuvent incuber la tremblante classique et porter les agents responsables de cette EST sans qu’elles ne présentent le moindre symptôme et semblent saines en apparence.
Rejoignant les conclusions rendues par l’AFSSA et émettant des réserves similaires, l’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) rappelle néanmoins que le risque d’exposition à l’homme doit être relativisé, la tremblante classique étant une maladie animale et n’ayant pas prouvé jusqu’à aujourd’hui qu’elle soit transmissible à l’homme. Elle appelle à la poursuite des études déjà menées afin d’évaluer le risque d’exposition via le lait, tout particulièrement en ce qui concerne l’ESB. Une précaution judicieuse alors qu’à l’heure actuelle l’agent de la vache folle (ou ESB) est le seul agent EST identifié comme pouvant être transmis à l’homme depuis l’animal infecté.

Cécile Cassier

1- Le terme de colostrum renvoie au lait sécrété par les mammifères femelles en fin de gestation ainsi qu’au cours des premiers jours suivant la mise bas.

Pollution et réchauffement

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/pollution-et-rechauffement-des-defis-a-relever-de-pair_1116436_3244.html

ENVIRONNEMENT
Pollution et réchauffement, des défis à relever de pair
LE MONDE | 08.11.08 | 14h16 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h16
STRASBOURG ENVOYÉE SPÉCIALE

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique aura-t-elle, en améliorant la qualité de l'air, des effets bénéfiques pour la santé ? Oui, mais seulement si les deux politiques - lutte contre le réchauffement climatique et contre la pollution atmosphérique - sont pensées et menées conjointement. Dans le cas contraire, elles peuvent avoir des effets contradictoires, parfois au détriment de la santé des populations. Tel est en substance le message des experts réunis au Parlement européen de Strasbourg, jeudi 6 et vendredi 7 novembre, pour un colloque consacré à l'intégration de ces problématiques.
"Les deux questions ont jusqu'à présent été étudiées séparément, à des époques différentes, par des communautés scientifiques différentes, dans des cadres institutionnels différents", constate Jean-Marie Rambaud, vice-président de l'Association pour la prévention de la pollution atmosphérique (APPA), organisatrice de la réunion. "Nous avons besoin d'une approche globale, il n'y a qu'une seule atmosphère", a plaidé Roy Harrison, spécialiste de la santé environnementale à l'université de Birmingham (Grande-Bretagne).
Les deux types de pollution sont en effet étroitement liés. Elles proviennent à peu près des mêmes sources, à savoir la combustion de carburants fossiles, la production industrielle et la production agricole. De plus, les deux phénomènes interagissent. L'ozone, qui est un polluant nocif pour la santé, contribue à l'effet de serre, et les particules ont un impact sur le climat. Réciproquement, l'augmentation des températures accélère les réactions chimiques dans l'atmosphère et aggrave la pollution. Ces interactions sont encore trop peu étudiées, selon les participants.
Les avantages attendus d'une meilleure intégration des politiques sont de plusieurs ordres. Le bénéfice pourrait être économique et politique. L'objectif de réduire de 20 % les émissions de CO2 d'ici à 2020 en Europe contribuera à minorer les particules de 12 %, les oxydes d'azote de 15 %, et le dioxyde de soufre de 40 %, a expliqué Markus Amann au nom de l'International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA). Le bénéfice économique lié aux maladies ainsi évitées pourrait atteindre 20 milliards d'euros par an. "Ce gain substantiel n'est jamais pris en compte dans les analyses des coûts et des bénéfices des politiques de lutte contre le changement climatique", regrette le chercheur. La mise en avant de ces bénéfices sur la santé pourrait aider à légitimer la lutte contre le changement climatique, surtout dans les pays en développement, où la pollution atmosphérique est perçue comme un enjeu majeur, à l'instar de la Chine.
Une élaboration conjointe permettrait surtout d'éviter les contradictions. Le chauffage au bois, par exemple, est une source d'énergie renouvelable promue dans le cadre de la lutte contre les émissions de CO2, mais aussi un gros émetteur de particules. "Nous avons vu arriver une nouvelle source de pollution dans nos villes, a relaté Ed Dearly, de l'association britannique Environnemental Protection UK. Si le chauffage au bois remplace des centrales à charbon en milieu rural, où la pollution atmosphérique est limitée, c'est positif. S'il remplace du chauffage au gaz naturel, moins polluant, dans les villes, c'est négatif."
Autre exemple : l'encouragement donné en France, par le bonus-malus, aux véhicules diesel, moins consommateurs de carburant donc moins émetteurs de CO2, mais eux aussi émetteurs de particules. Or l'installation de filtres à particules n'est pas obligatoire en Europe. Et la présence du filtre augmente la consommation du véhicule, annulant une partie de l'effet recherché.

VISION D'ENSEMBLE

Une vision d'ensemble inciterait à privilégier les mesures efficaces sur tous les tableaux : économies d'énergie, efficacité énergétique, développement des énergies solaires et éoliennes, choix du rail et des transports en commun au détriment de la route, etc. Elle permettrait, en outre, d'anticiper les effets d'interactions inattendues. Les émissions de particules, par exemple, semblent avoir retardé les effets du réchauffement climatique en réfléchissant le rayonnement solaire. Leur diminution dans l'atmosphère risque donc d'accélérer le phénomène. "Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter de lutter contre la pollution atmosphérique, relève M. Amann, mais qu'il faut faire encore plus, et plus vite, contre les émissions de gaz à effet de serre."

Gaëlle Dupont

DEUX TYPES DE POLLUANTS :

-PRINCIPAUX POLLUANTS ATMOSPHÉRIQUES :
les particules (PM), les oxydes d'azote (NOx), les composés organiques volatils (COV), le monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2), et l'ozone (O3). Ils sont responsables de maladies respiratoires et cardio-vasculaires et, pour certains, de cancers. Les émissions de particules sont responsables, à elles seules, de 350 000 décès anticipés chaque année en Europe.

-PRINCIPAUX GAZ À EFFET DE SERRE :
le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O),l'ozone (O3) et certains gaz fluorés.


Article paru dans l'édition du 09.11.08

08/11/2008

"Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne."

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/08/la-sante-environnementale-en-mal-d-harmonisation_1116438_3244.html

UNION EUROPÉENNE BIOSURVEILLANCE
La santé environnementale en mal d'harmonisation
LE MONDE | 08.11.08 | 14h23 • Mis à jour le 08.11.08 | 14h24

Il faut harmoniser la surveillance de la santé environnementale à l'échelle européenne. C'est le constat effectué lors d'un colloque sur la "biosurveillance" humaine en Europe, organisé les 4 et 5 novembre à Paris par l'Institut de veille sanitaire (InVS). Cette réunion, initiée dans le cadre de la présidence française de l'Union, s'inscrit dans un plan européen pour 2004-2010 visant à mettre en place "un système d'information intégré sur l'environnement et la santé". Une étude pilote devrait être lancée fin 2009 pour tester la faisabilité d'une approche commune.
Le Plan d'action européen en faveur de l'environnement et de la santé définit la biosurveillance comme "la surveillance de l'homme en utilisant des indicateurs biologiques dénommés "biomarqueurs", révélateurs d'expositions environnementales, de maladies (...), et l'étude des liens éventuels existant entre eux".
Les biomarqueurs d'exposition comprennent des métaux (mercure, cadmium, plomb ou leurs résidus) dont la quantité témoigne de l'importance du contact avec ces polluants. Les altérations de l'ADN provoquées par un agent génotoxique font partie des biomarqueurs d'effet.
Les pays européens affrontent des problèmes communs : PCB (polychlorobyphéniles) contaminant les rivières, phtalates présents dans les jouets, champs électromagnétiques, tabagisme passif... Mais leurs réponses manquent de coordination et les procédures diffèrent, rendant les comparaisons difficiles. Les valeurs de référence pour déterminer les doses tolérables et prendre des mesures concrètes sont en nombre insuffisant. En Europe, certains pays, tels que l'Allemagne, la Suède ou la Belgique (au niveau de la Flandre), ont ainsi pris de l'avance sur la France dans la mise en place de mesures de surveillance.
Marike Kolossa-Gehring (Agence fédérale de l'environnement, Allemagne) a présenté les résultats inquiétants d'une étude environnementale dont la première phase a commencé en 1985, et qui porte sur près de 2 000 enfants : "Des produits chimiques persistants entraînant une toxicité chronique sont décelables chez tous les enfants vivant en Allemagne." Le niveau d'exposition est d'autant plus élevé que le niveau socio-économique de la famille de l'enfant est bas. Mais il pourrait être réduit par des modifications des comportements et de la réglementation.
Représentant la direction générale de l'environnement de la Commission européenne, Birgit Van Tongelen a rappelé les différentes initiatives impulsées par Bruxelles, dont la mise sur pied, en 2005, d'un réseau d'experts européens en biosurveillance, Esbio. Pourtant, dans une résolution adoptée le 4 septembre, le Parlement européen regrettait "profondément le fait que la Commission n'ait pas fourni des financements suffisants en 2008 pour la biosurveillance humaine". C'est dire à quel point l'attente est grande dans ce domaine.

Paul Benkimoun

En France, un comité de la biosurveillance va être créé en 2009

En France, la biosurveillance humaine fait partie des missions de l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui conduit, depuis 2006, une Etude nationale nutrition santé (ENNS). Dans ce cadre, des informations sur l'exposition environnementale aux métaux lourds et aux pesticides sont recueillies. Cela permet une "biosurveillance intégrée", a indiqué le directeur général de la santé, Didier Houssin, lors du colloque sur la biosurveillance humaine en Europe.
Directrice adjointe à la direction générale de la santé, Sophie Delaporte a annoncé la "mise en place en 2009 d'un comité stratégique du développement de la biosurveillance au niveau national, constitué des ministères et des agences impliqués dans le domaine". Les organisations non gouvernementales devraient être associées à cette instance, chargée en particulier de "définir les priorités nationales en matière de biosurveillance, en cohérence avec les priorités européennes".

Article paru dans l'édition du 09.11.08

07/11/2008

Agriculture et Biodiversité

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/xavier-le-roux-les-pays-du-nord-vont-devoir-reconcilier-agriculture-et-biodiversite_1115619_3244.html

Xavier Le Roux, écologue, directeur de recherche à l'INRA
"Les pays du Nord vont devoir réconcilier agriculture et biodiversité"
LE MONDE | 06.11.08 | 14h52 • Mis à jour le 06.11.08 | 14h52

- Directeur de la Fondation française pour la recherche sur la biodiversité, vous revenez de la conférence internationale "Biodiversité et agriculture" (Montpellier, 4 et 5 novembre). Quel en était l'enjeu ?

Pour gérer durablement les écosystèmes, les pays du Nord vont devoir profondément modifier leurs pratiques en matière de cultures et réconcilier agriculture et biodiversité. Pourront-ils, peu à peu, introduire une meilleure utilisation de la biodiversité ? Ou leur faudra-t-il opérer une rupture plus radicale par rapport aux fondements actuels de l'agriculture intensive ? Telle est la question principale.

- L'expertise collective "Agriculture et biodiversité", que vous avez pilotée cette année sous l'égide de l'INRA, apporte-t-elle un début de réponse ?

Qu'il s'agisse des impacts de l'agriculture sur la biodiversité, des services que celle-ci peut rendre dans les processus de la production agricole, ou encore des outils nécessaires à la mise en oeuvre des mutations à venir, cette expertise dresse avant tout un bilan des connaissances actuelles sur les liens qui unissent ces deux champs du vivant.
Parmi les facteurs clés responsables de la réduction de la biodiversité, elle souligne notamment le rôle crucial joué par l'homogénéisation des paysages. La disparition des espaces semi-naturels, des haies, des mares, a eu un impact aussi négatif que l'emploi intensif d'intrants chimiques ! Pour améliorer la situation, il sera impératif, entre autres mesures, d'accroître la complexité des paysages.

- Des synergies sont-elles possibles avec les pays du Sud ?

Globalement, et malgré le développement des plantations intensives, l'activité agricole menée sous les tropiques respecte mieux la biodiversité que celle de notre hémisphère : elle fait moins appel aux pesticides et continue de pratiquer le mélange d'espèces cultivées. Nous avons donc tout intérêt à nous pencher sur le travail des agronomes dans cette région du monde.
Par ailleurs, il faut se souvenir que derrière un système de production choisi par le Nord - tel l'emploi, pour nourrir le bétail, de tourteaux de soja - peut se cacher un effet négatif pour la biodiversité dans le Sud. Comme bien d'autres activités, l'agriculture est aujourd'hui mondialisée. Pour la conjuguer au mieux avec la gestion de la biodiversité, il faut lui accorder une vision planétaire.

Propos recueillis par Catherine Vincent
Article paru dans l'édition du 07.11.08

Directive REACH : Les entreprises françaises sont en retard

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/06/les-entreprises-francaises-sont-en-retard-dans-le-preenregistrement-de-leurs-produits-chimiques_1115620_3244.html

Les entreprises françaises sont en retard dans le préenregistrement de leurs produits chimiques
LE MONDE | 06.11.08 | 14h54 • Mis à jour le 06.11.08 | 14h54

Le 1er décembre marque la première étape importante pour les entreprises qui doivent se conformer au règlement européen Reach (Enregistrement, évaluation et autorisation de substances chimiques). L'objectif est d'enregistrer, d'ici à 2018, les quelque 30 000 substances fabriquées ou importées dans l'Union européenne, et d'évaluer les risques liés à leur utilisation. Début décembre, toutes les entreprises de l'UE devront avoir rempli une première obligation : préenregistrer les substances qu'elles fabriquent ou utilisent auprès de l'Agence européenne des produits chimiques, basée à Helsinki. Or beaucoup d'entreprises françaises sont en retard, au point que les autorités s'en inquiètent.
Sur quelque 5 000 entreprises concernées, 1 552 avaient effectué cette démarche fin octobre. La France est en décalage par rapport à d'autres pays de l'Union. Quelque 3 200 entreprises ont déclaré leurs produits en Allemagne, et 2 300 en Grande-Bretagne. Au total, 15 000 entreprises sont concernées dans l'UE.
"Certains attendent la dernière limite", explique-t-on au ministère de l'écologie. Le Bureau d'évaluation des risques des produits et agents chimiques (BERPC), qui fonctionne depuis le 1er juin 2007, ne connaît une véritable affluence que depuis deux mois. Surtout, beaucoup ignorent qu'ils doivent se conformer à la réglementation. "Nous avons beaucoup d'appels d'entreprises, surtout de PME, qui ne savent pas si elles sont concernées, explique Philippe Huré, directeur du BERPC. Nous craignons de nous apercevoir que des pans entiers de l'industrie n'ont pas fait la démarche."

CONSÉQUENCES LOURDES

Les fabricants de produits chimiques, très tôt informés de l'évolution de la réglementation, ne sont pas dans ce cas de figure. En revanche, les utilisateurs de produits sont peu informés. Une multitude de secteurs sont concernés : importateurs de peintures, fabricants de pièces mécaniques, de jouets, de savonnettes, de bougies parfumées ou de teintures pour les cheveux...
Tous doivent vérifier auprès de leurs fournisseurs que les substances qu'ils utilisent ont bien été déclarées. "Obtenir ces informations peut être difficile pour les entreprises qui importent des produits fabriqués hors de l'UE, surtout pour les mélanges de substances", explique Catherine Lequime, spécialiste du règlement Reach à l'Union des industries chimiques (UIC). Les conséquences pourraient être lourdes : le 2 décembre, les substances qui n'auront pas été enregistrées ne pourront plus être fabriquées ni commercialisées.
Le préenregistrement n'est que le début d'un long processus. En décembre 2010, toutes les substances produites ou importées dans des quantités supérieures à 1 000 tonnes devront avoir été enregistrées, ainsi que les substances considérées comme les plus dangereuses : les cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). Pour chacune d'entre elles, les entreprises devront prouver qu'elles sont employées en toute sécurité pour les consommateurs et l'environnement.
L'Agence européenne des produits chimiques a publié, le 29 octobre, une première liste de 15 substances "considérées comme très préoccupantes". Les industriels devront informer les consommateurs de leur présence dans les produits à partir du 1er décembre 2011. "C'est un premier pas bienvenu, mais c'est une goutte d'eau dans l'océan au regard des centaines de substances dangereuses, connues et présentes dans des produits utilisés chaque jour en Europe", a commenté l'organisation écologiste Greenpeace.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 07.11.08

05/11/2008

La finance est elle une activité sérieuse ?

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/11/04/internet-mensonges-et-krachs-boursiers_1114532_1101386.html

Enquête
Internet, mensonges et krachs boursiers
LE MONDE | 04.11.08 | 13h43

Le 29 novembre 2007 à 13 heures pile, une trentaine de professionnels de Wall Street reçoivent sur leur messagerie instantanée un texte anonyme : le groupe financier Blackstone, qui est en train d'acheter la société informatique ADS, aurait décidé de ne plus payer 81 dollars par action comme prévu, mais seulement 70. Affolée, la direction d'ADS se réunit en urgence.
Pour les détenteurs d'actions ADS, c'est une mauvaise nouvelle. Les traders transmettent l'information par e-mails à leurs confrères et à divers sites Internet spécialisés - blogs, newsletters financières, webmagazines -, qui la publient et avertissent leurs abonnés. Elle est alors détectée par les moteurs de recherche et plusieurs sites d'information. En quelques minutes, les rédactions des grands médias sont au courant et appellent un peu partout.
Aussitôt, des millions d'actions ADS sont mises en vente, leur cours chute brutalement. En une demi-heure, la capitalisation boursière de la société perd 1 milliard de dollars, et la Bourse de New York doit en suspendre la cotation. Dans l'après-midi, ADS publie un communiqué démentant formellement l'information. La cotation reprend, les traders rachètent, le cours remonte rapidement.
Pour la plupart des actionnaires, cet incident n'a pas eu de conséquence. En revanche, les traders qui ont vendu les actions à 77 dollars et les ont rachetées le jour même à 63 dollars ont fait d'importants bénéfices. Cette tactique de spéculation à la baisse, dite de "short-selling", est très courante. Le trader emprunte des actions à un investisseur, les vend aussitôt, puis attend que le cours baisse, les rachète et les rend à leur propriétaire, après avoir empoché la différence. Parfois, le trader vend des actions qu'il n'a pas encore empruntées et tente de les trouver après avoir réalisé sa transaction, en jouant sur les délais légaux : c'est le "naked short-selling", la vente à nu.
Bien sûr, si le cours de l'action monte, le trader perd de l'argent. Pour accroître leurs chances de gains, certains sont tentés de se servir d'Internet pour lancer une rumeur négative concernant la société visée. Or, si le short-selling est légal, la diffusion de fausses rumeurs est considérée comme une manipulation illicite du marché.
Fin 2007, la crise financière couve déjà, de nombreuses sociétés voient leur cours chuter inexplicablement. Elles accusent les hedge funds pratiquant le short-selling à grande échelle de les tuer à petit feu, uniquement pour réaliser des gains à court terme.
Soumise à une pression croissante, la SEC, agence fédérale de surveillance des marchés boursiers, décide de s'intéresser au problème. Pour faire un exemple, elle lance une investigation sur l'origine de la rumeur Blackstone-ADS. En avril 2008, après une longue enquête, elle annonce que l'auteur du message originel s'appelle Paul Berliner, un New-Yorkais de 32 ans qui travaillait à l'époque pour la maison de courtage Schottenfeld. M. Berliner avait vendu 10 000 actions ADS dix minutes après avoir envoyé son message, et avait commencé à les racheter un quart d'heure plus tard, gagnant 25 509 dollars. Il est frappé d'une interdiction professionnelle et doit payer une amende de 156 000 dollars.
C'est la première fois qu'un professionnel est puni pour avoir lancé une rumeur sur Internet. Le président de la SEC, Christopher Cox, promet que ce ne sera pas la dernière : "Nous allons enquêter vigoureusement et inculper tous ceux qui manipulent les marchés en utilisant cette potion de sorcière faite de rumeurs destructrices et de spéculation."
Pourtant, l'affaire Berliner n'a pas l'effet dissuasif escompté. Avec l'aggravation de la crise au printemps 2008, le short-selling devient la principale source de revenus de certains traders, et les rumeurs malveillantes se multiplient. En juillet, la SEC interdit temporairement le short-selling "à nu", et lance des enquêtes sur une cinquantaine de hedge funds. L'humeur générale est résumée par James Dimon, président de la banque JPMorgan Chase, qui déclare, dans une interview télévisée : "Si quelqu'un lance une rumeur, ou la colporte, il doit aller en prison. C'est pire qu'un délit d'initiés, c'est une destruction délibérée et malfaisante de valeur, et de la vie des gens." De son côté, M. Cox rappelle que sur Internet l'anonymat est souvent illusoire : "La technologie permettant de répandre des rumeurs instantanément dans le monde entier aide aussi les forces de l'ordre à retrouver la trace des coupables."
A partir de septembre, les investisseurs angoissés sont prêts à croire n'importe quoi. Certaines rumeurs dévastatrices semblent avoir été créées par les logiciels-robots gérant les sites d'information. Le dimanche 7 septembre à l'aube, un internaute se connecte sur le site Internet du Sun-Sentinel, quotidien de Floride, pour chercher dans les archives un article datant de 2002, sur la mise en faillite de la compagnie aérienne United Airlines - depuis, United s'est complètement sortie d'affaire.
Une fois l'article extrait des archives, le système de mise à jour automatique du site l'affiche sur la page d'accueil. Il est remarqué par quelques internautes, et se retrouve classé "Article le plus lu". Il est alors détecté par le robot de Google News, qui le signale à ses innombrables sites clients. Or, dans le processus, la date de parution a été perdue, et les lecteurs pensent qu'il s'agit d'un article récent. Le lundi matin, il est repéré par une société d'investissement, qui le publie sur sa newsletter et en envoie un résumé au service d'informations Bloomberg, lu par l'ensemble de la communauté financière.
En quelques minutes, l'action United perd les trois quarts de sa valeur, la Bourse de New York doit interrompre sa cotation. United publie aussitôt un démenti, l'action remonte, mais, entre-temps, de nombreux traders ont su tirer parti de la situation.
Le 18 septembre, suite à la faillite de Lehman Brothers, la SEC interdit provisoirement le short-selling sur les actions des institutions financières. Mais le problème a changé d'échelle. Des petits spéculateurs, parfois même des internautes ne possédant pas d'actions, lancent à leur tour des fausses rumeurs sur Internet. Une nouvelle forme de fraude est née : l'"outsider trading", le "délit de non-initié".
Le 3 octobre au matin, le site i-Report publie une dépêche intitulée : "Steve Jobs (patron d'Apple) transporté aux urgences à la suite d'une grave crise cardiaque." L'auteur, qui signe "Johntw", affirme tenir l'information d'un employé d'Apple. i-Report est un site participatif, dit de "journalisme citoyen", qui se vante d'être "non édité et non filtré". Il suffit de s'inscrire comme "i-reporter" pour publier des vidéos, des photos ou des textes sur n'importe quel sujet. Comme "Johntw", la majorité de ses 13 000 contributeurs s'inscrivent sous un pseudonyme qui garantit leur anonymat. Or i-Report appartient au groupe CNN, dont le logo est présent sur le site, ce qui entretient la confusion dans l'esprit des internautes. Les vidéos les plus intéressantes et les plus spectaculaires sont sélectionnées par la rédaction de CNN, qui vérifie la validité de leur contenu, puis les diffuse sur son antenne.
Steve Jobs, qui joue un rôle essentiel dans la vie de sa société, a été opéré d'un cancer du pancréas en 2004, et, lors de ses derniers discours en public, il a semblé très affaibli. Or Apple refuse systématiquement de communiquer sur la santé de son patron. Les lecteurs arrivant ce matin-là sur i-Report cliquent sur cet article en priorité. Puis ils le signalent aux sites agrégateurs comme Digg.com, qui le répercutent dans le monde entier. D'autres internautes le mentionnent sur le service de mini-messages instantanés Twitter, très utilisé par la communauté financière.
Quinze minutes après son apparition sur i-Report, l'information est publiée par le webmagazine high-tech Silicon Alley Insider. Il précise que l'information n'est pas vérifiée, mais l'impact est immédiat : l'action Apple chute, puis remonte aussitôt, car les responsables de la société parviennent, en trois quarts d'heure, à faire circuler un démenti.
John Polise, directeur assistant de la section répression de la SEC, ne cache pas son inquiétude devant la puissance inédite des sites comme i-Report : "Il y a seulement trois ans, un internaute anonyme ne pouvait pas publier une information, vraie ou fausse, en s'abritant derrière la marque CNN."
Désormais, les spéculateurs, amateurs et professionnels, viennent se défouler sur Internet. Sur le site Dealbreakers.com, un forum intitulé "Aventures dans les rumeurs absurdement infondées et hautement suspectes" a vu le jour. Le 7 octobre, un contributeur anonyme affirme que la banque Mitsubishi UFJ, qui a annoncé son intention d'investir dans la banque Morgan Stanley, est sur le point de changer d'avis. Pendant des jours, le débat fait rage : "Morgan Stanley va tomber encore plus fort que Lehman Brothers ! Vendez les actions de cette salope tout de suite !" L'action Morgan Stanley chute de 58 % en une semaine. Finalement, Mitsubishi entre dans Morgan Stanley, mais, compte tenu de la dépréciation de la banque, elle obtient des conditions plus favorables que celles prévues initialement.
Le 24 octobre, la SEC annonce qu'elle a identifié "Johntw", l'auteur de la rumeur sur Steve Jobs : il s'agit d'un garçon de 18 ans, qui, apparemment, ne joue pas en Bourse. La veille, M. Polise avait déclaré que la SEC se réservait le droit de poursuivre des auteurs de fausses rumeurs, même si elle n'en tirait pas profit personnellement. Mais, entre-temps, la SEC a levé son interdiction sur toutes les formes de short-selling.

Yves Eudes
Article paru dans l'édition du 05.11.08

04/11/2008

Une étude met en garde contre les coûts liés aux cultures OGM

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/11/03/une-etude-met-en-garde-contre-les-couts-lies-aux-cultures-ogm_1113969_3244.html

Une étude met en garde contre les coûts liés aux cultures OGM
LE MONDE | 03.11.08 | 15h18

Une étude universitaire financée par Greenpeace, publiée le 29 octobre, conclut qu'en cas de généralisation des cultures OGM en France, certaines filières seraient condamnées à disparaître et d'autres seraient contraintes d'assumer un surcoût, lié à la séparation entre les filières conventionnelles et OGM, qui sera répercuté sur le consommateur. Ce travail a été réalisé par le Centre d'études et de recherche en gestion (CERG) de l'université de Pau et des pays de l'Adour, entre janvier et juin 2008, à partir de la littérature scientifique existante et d'entretiens avec des agriculteurs et acteurs de la filière.

Le cas de figure étudié pourrait devenir d'actualité si la clause de sauvegarde européenne sur le maïs MON 810, le seul dont la culture est autorisée en Europe, venait à être levée. Par ailleurs, avec la loi du 22 mai sur les OGM, la France s'est dotée d'un cadre organisant la coexistence entre les filières, au cas où des variétés transgéniques seraient autorisées à l'avenir.
La loi instaure le droit de produire et de consommer "avec ou sans OGM", et définit les règles de coexistence entre les filières, que la dissémination des OGM dans l'environnement rend complexe, voire "impossible" selon les écologistes et une partie du monde agricole.

FILIÈRES MENACÉES

Car comme le rappelle l'étude, tout dépend de ce que l'on entend par "sans OGM". Les agriculteurs biologiques, qui souhaitent que cette mention corresponde à une présence inférieure à 0,1 %, seraient en difficulté si la culture des OGM se développait. En prenant l'exemple de la production de maïs biologique, les auteurs rappellent que les mesures de protection nécessaires pour respecter un tel seuil sont "difficilement réalisables", et le respect du 0,1 % inatteignable techniquement.
La filière serait "amenée à disparaître", selon l'étude. Le choix du seuil de 0,9 %, prévu par la réglementation actuelle, leur permettrait de survivre. Mais les agriculteurs "bio" souhaitent majoritairement conserver le 0,1 %.
Le CERG tente également d'évaluer l'impact potentiel des OGM sur les filières conventionnelles, où la présence de traces d'OGM est tolérée à hauteur de 0,9 %. Dans ces conditions, la coexistence apparaît possible, mais garantir une quasi-étanchéité entre les filières serait une tâche complexe et coûteuse.
De multiples mesures devraient être mises en oeuvre pour prévenir les "contaminations" : tests des lots de semences, nettoyage du matériel ou utilisation de matériels séparés selon les cultures, distances d'isolement entre les champs, floraison décalée, tests des récoltes...
Les coûts sont "dépendants de très nombreux facteurs", écrivent les auteurs, comme la taille des champs considérés, le nombre de champs OGM dans la région, la structure du parcellaire ou les conditions climatiques. Les différentes études menées sur le sujet aboutissent, pour le maïs conventionnel, à une fourchette de 5 à 37 euros supplémentaires par tonne. Les entretiens menés ont convaincu les auteurs de l'enquête que les deux filières ne pourront coexister que si "les coûts inhérents aux efforts des agriculteurs peuvent in fine être reportés sur les consommateurs, par l'intermédiaire d'un étiquetage".
La conclusion est la même dans le cas du poulet nourri sans OGM. Selon l'enquête, le surcoût pour les producteurs pourrait varier de 4 à 15 centimes supplémentaires par kilo. "Actuellement, les producteurs souffrent économiquement lorsque les surcoûts dépassent (le seuil de 3 centimes) ; si leurs montants devaient encore augmenter et qu'ils ne pouvaient pas les reporter sur le consommateur, ils abandonneraient très certainement leur production avec alimentation non OGM", affirment les auteurs.
Selon eux, l'étiquetage des produits animaux "sans OGM", qui n'est pas prévu par la réglementation, est le seul moyen de garantir la pérennité de ces filières. Toutefois, ces poulets seraient plus chers et les écarts de prix entre les poulets de qualité et standard augmenteraient encore.

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 04.11.08

L'excès de fer dans les cellules nerveuses impliqué dans la maladie de Parkinson

lu sur le site de lINSERM :

L'excès de fer dans les cellules nerveuses impliqué dans la maladie de Parkinson
28 octobre 2008

Limiter l'excès de fer dans les neurones dopaminergiques (1) pourrait protéger contre la maladie de Parkinson. Cette conclusion est issue des travaux conduits par Etienne Hirsch, directeur de recherche au CNRS et son équipe de chercheurs de l'unité mixte 67 "Neurologie et Thérapeutique Expérimentale" Inserm-UPMC/Université Pierre et Marie Curie et parus dans la revue PNAS. Ils ont montré que les rongeurs malades sur-expriment le transporteur DMT1 chargé d'importer le fer dans les cellules nerveuses. Cela provoque l'accumulation de fer et la mort des neurones. Les chercheurs ont donc inhibé l'activité de ce transporteur pour en évaluer les conséquences sur la maladie. Les souris mutées sont deux fois moins atteintes par la maladie que les autres.
La maladie de Parkinson représente la seconde affection neurodégénérative après la maladie d'Alzheimer en France. Elle est provoquée par la dégénérescence des cellules nerveuses dopaminergiques d'une zone précise du cerveau : la substance noire. Les personnes malades développent ainsi des tremblements, des raideurs et voient leurs mouvements se ralentir.
Les causes de la maladie sont encore mal connues. Cependant, l'observation de cerveaux de personnes décédées, atteintes de la maladie, montrent que les neurones qui dégénèrent renferment une concentration très importante de fer par rapport à la normale. Le fer est indispensable au bon fonctionnement de l'organisme mais son excès altère les composants cellulaires. « L'accumulation de fer entraîne un stress oxydatif qui détruit notamment les lipides et les protéines et entraîne la mort cellulaire. Nous avons donc suspecté que l'excès de fer pouvait être impliqué dans la dégénérescence des neurones chez les patients malades », précise Etienne Hirsch, directeur de l'unité Inserm-Université Pierre et Marie Curie.
Pour clarifier cela, les chercheurs ont essayé de comprendre comment le fer s'accumulait à ce point dans les cellules malades. Ils ont rapidement orienté leurs recherches vers le transporteur DMT1 chargé d'importer le fer dans les cellules nerveuses. La première étape de leurs travaux a consisté à induire chimiquement la maladie de Parkinson chez des souris afin d'observer les conséquences éventuelles sur l'expression de ces transporteurs. Ils ont constaté que leur nombre doublait chez les souris malades, un à deux jours seulement après l'injection. En parallèle, les concentrations en fer augmentaient très fortement dans les cellules nerveuses, entraînant un stress oxydatif prévisible, puis la mort neuronale au bout de cinq jours.
Cette étape franchie, les chercheurs ont voulu observer l'effet provoqué par l'inhibition de ce transporteur chez les rongeurs. Pour cela, ils ont travaillé sur des souris chez qui l'activité des transporteurs DMT1 était très altérée et ont soumis les rongeurs à une toxine provoquant la maladie de Parkinson. Ces rongeurs ont beaucoup mieux résisté à la maladie que les souris témoins. Ils étaient deux fois moins touchés, comme si l'altération du transporteur les avait protégés contre l'effet de la toxine. « Ces résultats sont très concluants. Nous avons montré qu'en inhibant l'activité du transporteur DMT1, nous protégions les rongeurs contre la maladie », conclut Etienne Hirsch.

Note :
(1) Les neurones dopaminergiques synthétisent la dopamine, un neurotransmetteur du cerveau. Les chercheurs ont pu établir une relation entre le déficit en dopamine et des troubles nerveux comme la maladie de Parkinson.
(1) Les neurones dopaminergiques synthétisent la dopamine, un neurotransmetteur du cerveau. Les chercheurs ont pu établir une relation entre le déficit en dopamine et des troubles nerveux comme la maladie de Parkinson.

Pour en savoir plus

Source :

Divalent metal transporter 1 (DMT1) contributes to neurodegeneration in animal models of Parkinson's disease
Julio Salazara (b,c), Natalia Menac, Stephane Hunota (b), Annick Prigenta (b), Daniel Alvarez-Fischera (b), Miguel Arredondoc, Charles Duyckaertsa (b), Veronique Sazdovitcha (b), Lin Zhaod, Laura M. Garrickd, Marco T. Nun˜ ezc, Michael D. Garrickd, Rita Raisman-Vozaria (b), and Etienne C. Hirscha (b).
(a) Neurologie et Thérapeutique Expérimentale, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, Unité Mixte de Recherche S679, 47 Boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France ;
(b) Unité Mixte de Recherche S679, Université Pierre et Marie Curie-Université Paris 6, Boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France ;
(c) Millennium Institute for Cell Dynamics and Biotechnology and Department of Biology, Faculty of Sciences, Universidad de Chile, Las Encinas 3370, Santiago, Chile ;
(d) Department of Biochemistry, University at Buffalo, State University of New York, 140 Farber Hall, 3435 Main Street, Buffalo, NY 14214
PNAS, October 27th