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09/06/2009

Le succès oblige les écologistes à rester unis

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/le-succes-oblige-les-ecologistes-a-rester-unis_1203810_1168667.html

 

Le succès oblige les écologistes à rester unis

LE MONDE | 08.06.09 | 14h58  •  Mis à jour le 09.06.09 | 07h24

 

Les Verts n'avaient jamais espéré un tel score, même dans leurs rêves les plus fous : quatorze élus grâce à leur alliance au sein d'Europe Ecologie contre six, quatre ans auparavant, sous leurs seules couleurs. Dimanche soir, l'euphorie était sans limites à La Bellevilloise (Paris 20e), où les militants s'étaient donné rendez-vous.

"Historique", "énorme", "spécial", les qualificatifs tournaient comme les têtes des Verts, très présents dans la salle. Oublié, le 1,57% de Dominique Voynet à la présidentielle de 2007. Bannies, les querelles de courants entre les "réalos" et la gauche des Verts. L'heure était au "rassemblement". "Restons surtout, surtout unis", a imploré Pascal Durand, directeur de la campagne et fin connaisseur des bisbilles des écolos.

L'enjeu est désormais double pour cette galaxie qui connaît son premier vrai succès électoral: maintenir l'unité écologiste entre Verts, amis de Nicolas Hulot, altermondialistes proches de José Bové, militants venus du monde associatif (à l'instar de Yannick Jadot, ancien de Greenpeace) et personnalités comme l'ex-magistrate Eva Joly. Et éviter un retour en arrière, avec un petit parti vert rongé par ses divisions.

Si les uns et les autres ont mené campagne ensemble, la méfiance n'a pas disparu. Notamment à l'égard des dirigeants Verts, soupçonnés de vouloir se placer au centre de cette galaxie.

Les Verts ont bien programmé une assemblée générale de bilan des européennes, le 14 juin. Mais ils ont prévu d'inviter tous les acteurs de la campagne. "Ce score va calmer tout le monde en interne comme en externe. Ce résultat nous engage tous à une grande modestie", a lancé, prévenante, la secrétaire nationale, Cécile Duflot.

Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot qui envisageait de lancer un appel à la création d'une nouvelle organisation écologiste large – comprendre avec ou sans les Verts –, tient désormais un discours plus conciliant : "On va taper l'incruste", s'amusait-il dimanche soir. "C'est avec la tête froide et le cœur chaud qu'on arrivera à poursuivre le rassemblement", a prévenu de son côté Daniel Cohn-Bendit.

Pas question de laisser s'échapper l'occasion tant espérée de prolonger le rassemblement amorcé. Pour tous, le succès a montré la crédibilité des réponses écologistes dans un contexte de crise économique, n'en déplaise à la gauche. Et le défi est dorénavant de montrer que les écologistes sont durables.

Les élections régionales sont déjà dans toutes les têtes. Fini le temps où les écologistes n'étaient qu'une force d'appoint pour le PS. Avec plus de 16% au niveau national – et même 20,86% en Ile-de-France –, ils comptent bien tenir la dragée haute à leurs alliés potentiels. Et faire jouer la concurrence en adoptant une ligne d'"autonomie" au premier tour. "Pas question de se relancer dans des discussions de marchands de tapis", a prévenu Jean-Vincent Placé, bras droit de Cécile Duflot. Pascal Durand renchérit : "Ce n'est plus aux écolos de se dire de gauche mais à la gauche d'intégrer l'écologie politiquedans son programme." Les socialistes sont prévenus : il faudra désormais faire les yeux doux pour toute alliance.

 

A condition que les Verts ne retournent pas à leurs vieux démons.

 

Laetitia Van Eeckhout et Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du 09.06.09

10:07 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

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