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29/06/2009

Le tropisme pro-OGM des experts européens de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/29/genetiquement-pro-ogm_1213019_3244.html#ens_id=1213093

 

Enquête

Génétiquement pro-OGM

LE MONDE | 29.06.09 | 15h50  •  Mis à jour le 29.06.09 | 17h04

PARME (ITALIE), ENVOYÉ SPÉCIAL

 

Parme, sa cathédrale, son baptistère, ses fresques du Correggio, son parmigiano reggiano et son prosciutto. Les guides touristiques ajoutent désormais : son Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). L'agence chargée, au niveau communautaire, d'évaluer les risques liés à la chaîne alimentaire. En particulier aux organismes génétiquement modifiés (OGM). C'est sur ses avis que s'appuient les décisions de la Commission de Bruxelles, du Parlement européen et des Etats membres de l'Union européenne. D'où son rôle crucial.

Loin des marbres patinés des palais des Farnèse, l'institution s'est installée dans un moderne bâtiment de verre. Façon, peut-être, d'afficher sa "transparence", l'une de ses vertus cardinales, annonce sa directrice, la Française Catherine Geslain-Lanéelle, avec l'"excellence scientifique", l'"indépendance" et la "réactivité". L'affirmation fait s'étrangler les écologistes. "Autant demander à un renard de surveiller un poulailler !" s'écrit Greenpeace.

Les ministres de l'environnement des pays européens ne sont pas loin de penser la même chose. Au point que onze d'entre eux - Autriche, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie -, affichant leur défiance à l'égard des instances communautaires, viennent de réclamer la possibilité d'interdire, de leur propre initiative, la culture de séquences génétiquement modifiées sur leur territoire. Sans souscrire à cette demande de nationalisation des autorisations de culture, la secrétaire d'Etat française à l'écologie, Chantal Jouanno, plaide elle aussi pour "que les procédures d'expertise soient revues".

Quand l'EFSA voit le jour, en janvier 2002, l'Europe sort des crises de la vache folle et du poulet à la dioxine belge. La confiance des consommateurs est ébranlée. La filière agroalimentaire discréditée. L'Union européenne décide de se doter d'une expertise scientifique incontestable. Et de séparer l'évaluation des risques de la décision politique.

Maladies animales, additifs alimentaires, OGM, pesticides, risques biologiques... L'agence ne chôme pas. Chaque année, sa charge de travail double : en 2009, elle rendra un millier d'avis scientifiques. Trop, trop vite ? Avec 400 permanents et un financement communautaire de 73 millions d'euros, elle a atteint "la taille critique" et "la maturité" qui garantissent aux citoyens européens "un système d'évaluation des risques extrêmement robuste", assure Mme Geslain-Lanéelle. Dix panels de scientifiques externes ont été mis en place pour couvrir les différentes disciplines, soit un réseau de 200 experts, réunis 10 à 12 fois par an. S'y ajoutent un millier de spécialistes consultés ponctuellement, dont la directrice souhaite tripler ou quadrupler le nombre.

Sur certains dossiers, l'EFSA a fait la preuve de l'indépendance qu'elle revendique. Par exemple en concluant, en 2007, que le colorant alimentaire Rouge 2G (E128), utilisé depuis trente ans dans les saucisses et les hamburgers, pouvait avoir des effets cancérigènes. Son bilan en matière d'OGM laisse en revanche perplexe.

Depuis sa création, l'autorité a reçu des industries agroalimentaires 119 demandes d'autorisation ou de renouvellement d'organismes génétiquement modifiés. Plus de la moitié (69) sont encore à l'étude, tandis que 8 ont été finalement retirées. Elle a donc rendu 42 avis... tous positifs. Qui plus est, adoptés à l'unanimité - le vote se faisant à main levée - des membres du panel OGM présents.

Pour les écologistes, la cause est entendue. En choeur, Greenpeace, les Amis de la Terre et le réseau d'associations France Nature environnement dénoncent "l'incapacité scandaleuse" de l'EFSA, à leurs yeux jouet du lobby industriel. Mieux vaut, fulminent-ils, qu'elle mette la clé sous la porte, en attendant sa "réforme complète".

L'autorité européenne se défend. Tous les avis, fait-elle valoir, ont été émis "après beaucoup de discussions". S'ils sont fondés sur les dossiers fournis par les industriels - l'EFSA n'a pas de moyens de recherche propres -, "ils prennent aussi en compte l'ensemble des articles scientifiques disponibles". Ainsi d'une étude, publiée en novembre 2008 par des chercheurs autrichiens, qui suggérait une altération de la fertilité de souris nourries au maïs transgénique MON 810-NK 603. Le panel OGM s'est saisi de ce travail et a conclu qu'il posait "des problèmes de méthodologie" qui l'invalidaient. Ce qu'a aussi estimé, voilà quelques semaines, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). L'EFSA admet toutefois qu'elle "devrait peut-être, lorsque l'industriel ne fournit pas les informations supplémentaires demandées dans un délai fixé, rendre un avis négatif".

D'où vient, alors, le tropisme pro-OGM des experts européens ? Tous les ans, chacun d'entre eux remplit une déclaration détaillée, attestant qu'il n'existe pas de conflit d'intérêts - financier ou intellectuel - entre sa mission et ses activités professionnelles (recherches payées par des firmes du secteur, travaux de consultant, détention d'actions ou de brevets...). Avant chaque réunion, il signe en outre une déclaration d'intérêts spécifique pour les sujets à l'ordre du jour. Pour avoir tu ses accointances avec un groupe industriel, un expert d'un autre panel, spécialiste de nutrition, a dû, début 2009, démissionner.

Les Amis de la Terre ont contesté la neutralité de plusieurs membres du panel OGM, pour leurs liens, directs ou indirects, avec des entreprises de biotechnologies. A commencer par son président, le Néerlandais Harry Kuiper, coordonnateur, de 2000 à 2003, d'un programme de recherche européen auquel participaient Monsanto, Bayer CropScience et Syngenta. "Il s'agissait d'un programme communautaire public, répond la directrice de l'EFSA. Du reste, s'il fallait disqualifier définitivement tous ceux qui ont travaillé avec l'industrie, on ne trouverait personne. Un bon expert n'ayant jamais collaboré avec le privé, c'est même suspect."

Si les garants de la sécurité alimentaire sont invariablement favorables aux OGM, c'est plutôt qu'ils portent des lunettes sélectives, pense l'écophysiologiste Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS. C'est lui qui a été chargé, en 2008, de rédiger un rapport scientifique répondant aux critiques de Monsanto contre la clause de sauvegarde activée par la France - en vertu du principe de précaution - pour suspendre la culture du maïs transgénique MON 810.

En octobre 2008, il a été auditionné, avec trois autres chercheurs français - un botaniste, Pierre-Henri Gouyon, un agronome, Denis Bourguet, et un statisticien, Marc Lavielle -, par les experts de l'EFSA. "Nous avons eu le sentiment que leur opinion était faite d'avance, rapporte-t-il. Ils n'étaient que six ou sept présents (le panel OGM compte 21 membres) et le début de la réunion a été très tendu. Nous avons dû menacer de partir pour obtenir la discussion ouverte que souhaitait la Commission de Bruxelles." Le procès-verbal - qui ne leur a pas été soumis - conclut : "Il n'existe pas de preuve de la possible toxicité du maïs MON 810. Les deux parties étaient d'accord sur ce point." Pour la délégation française, il aurait fallu ajouter : "Il n'existe pas de preuve de l'absence de toxicité à long terme du maïs MON 810. Les deux parties étaient également d'accord sur ce point."

Pierre-Henri Gouyon décrypte : "Nous avons affaire à des spécialistes de la biologie moléculaire, qui connaissent bien les problèmes de contamination aiguë, beaucoup moins les effets à long terme sur la santé et l'environnement. Tester des OGM sur des rats pendant 90 jours, même à fortes doses, c'est très insuffisant. Certaines pathologies ont une latence beaucoup plus longue."

Le ministère français de l'écologie fait une analyse similaire. "L'EFSA a été créée pour répondre à des questions sanitaires. Sur les OGM, on lui demande de répondre aussi à des questions environnementales. Est-elle bien armée pour le faire ?" s'interroge-t-on au cabinet de Jean-Louis Borloo.

Et d'expliciter : "Ses experts représentent-ils un spectre de disciplines suffisamment large ? Sont-ils à même de traiter des OGM non pas comme des produits isolés, mais comme des cultures intégrées à un écosystème vivant ? Se préoccupent-ils de la coexistence entre les filières OGM, conventionnelle et bio ? Enfin, les données fournies par les semenciers, qui ne donnent pas aux chercheurs l'accès aux séquences génétiques, assurent-elles une information scientifique équilibrée ?"

A toutes ces questions, la réponse est négative. Fin 2008, les ministres européens de l'environnement ont appelé à "améliorer" le système d'expertise communautaire sur les OGM. En insistant sur "une évaluation détaillée des effets à long terme sur l'environnement". L'une des premières tâches confiées par le ministre d'Etat français, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, Jean-Louis Borloo, au Haut Conseil des biotechnologies mis en place voilà quelques semaines, est de faire des "propositions" de réforme à l'Europe dans ce sens. La maison de verre de Parme doit se préparer à une mutation génétique.

 

Pierre Le Hir

Article paru dans l'édition du 30.06.09

27/06/2009

Les contaminations par le chlordécone

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/24/l-inquietant-parcours-du-chlordecone-perdu_1210725_3244.html#ens_id=1207698

 

L'inquiétant parcours du "chlordécone perdu"

LE MONDE | 24.06.09 | 15h27  •  Mis à jour le 24.06.09 | 15h27

 

Les Antilles ne sont pas les seuls territoires contaminés par le chlordécone, un polluant extrêmement persistant, soupçonné d'être cancérigène, employé comme pesticide dans les plantations de bananiers en Guadeloupe et en Martinique entre 1981 et 1993. Au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), la sénatrice Catherine Procaccia (UMP, Val-de-Marne) et le député Jean-Yves Le Déaut (PS, Meurthe-et-Moselle) présentent mercredi 24 juin un rapport dans lequel ils retracent, pour la première fois, le parcours du "chlordécone perdue".

Selon les informations des rapporteurs, quelque 1 600 tonnes ont été produites aux Etats-Unis entre 1958 et 1976. La fabrication a ensuite été interdite, les ouvriers et les riverains des sites de production présentant des atteintes neurologiques graves. Environ 200 autres tonnes de chlordécone ont ensuite été produites au Brésil. Or, 300 tonnes seulement ont été utilisées aux Antilles. Le reste a été exporté dans d'autres régions du monde, en particulier dans l'ancienne Allemagne de l'Est (RDA), en Pologne, peut-être en Ukraine. Le pesticide a également été utilisé au Cameroun et en Côte d'Ivoire.

"On pourrait potentiellement se trouver en présence d'un problème sanitaire et environnemental de dimension mondiale, qui devrait envoyer à une coopération internationale", écrivent les auteurs. Le chlordécone n'étant plus produite ni utilisée aujourd'hui, ses résidus ne sont plus recherchés. Une enquête sur les zones d'épandage dans le monde est pourtant impérative, selon les rapporteurs.

 

CANCER DE LA PROSTATE

Les effets sanitaires d'une exposition à de faibles doses de produit - par l'alimentation et l'eau potable - ont été dénoncés par le cancérologue Dominique Belpomme, dans un rapport publié en septembre 2007. Il mettait en lien la pollution et l'augmentation des cancers de la prostate aux Antilles. Les auteurs contestent ces résultats, qualifiant de "peu solides" les méthodes de M. Belpomme. Cependant, ils n'écartent pas le risque sanitaire. "L'occurrence du cancer de la prostate est très marquée ethniquement (...), mais cette prévalence chez certaines populations n'exclut pas que l'exposition aux pesticides puisse être un facteur aggravant", écrivent-ils, renvoyant à plusieurs études épidémiologiques dont les résultats seront connus prochainement.

La chlordécone pose un problème particulier du fait de sa persistance dans l'environnement. La molécule, très stable, peut rester présente dans les sols entre un et sept siècles, et continuer à transiter vers les produits cultivés. Les sédiments servent aussi de vecteur de contamination des eaux de rivière, puis des milieux marins. Le polluant s'accumule dans les graisses et se concentre dans la chaîne alimentaire, "en particulier les milieux aquatiques".

Or, les auteurs relèvent que la contamination potentielle des poissons et des crustacés a été oubliée dans le plan élaboré en 2008 pour limiter l'exposition de la population antillaise - un plan jugé efficace, en revanche, concernant les fruits et les légumes. Les rapporteurs jugent "urgent" de localiser la pollution des milieux marins et de multiplier les analyses sur les produits de la mer, très consommés aux Antilles.

Ils soulignent aussi l'absence de connaissance sur la contamination des eaux fluviales et souterraines. La cartographie des terres polluées (plus d'un quart des zones agricoles des deux îles) avance en outre trop lentement. Les auteurs recommandent de rechercher des méthodes d'analyse "plus fiables, plus rapides et moins coûteuses".

 

Gaëlle Dupont

Article paru dans l'édition du 25.06.09

26/06/2009

Comment la vie est-elle apparu sur Terre ?

lu sur :

http://www.nytimes.com/2009/06/16/science/16orig.html?_r=1&sq=origin%20life&st=cse&scp=3&pagewanted=print

 

June 16, 2009

New Glimpses of Life’s Puzzling Origins

By NICHOLAS WADE

Some 3.9 billion years ago, a shift in the orbit of the Sun’s outer planets sent a surge of large comets and asteroids careening into the inner solar system. Their violent impacts gouged out the large craters still visible on the Moon’s face, heated Earth’s surface into molten rock and boiled off its oceans into an incandescent mist.

Yet rocks that formed on Earth 3.8 billion years ago, almost as soon as the bombardment had stopped, contain possible evidence of biological processes. If life can arise from inorganic matter so quickly and easily, why is it not abundant in the solar system and beyond? If biology is an inherent property of matter, why have chemists so far been unable to reconstruct life, or anything close to it, in the laboratory?

The origins of life on Earth bristle with puzzle and paradox. Which came first, the proteins of living cells or the genetic information that makes them? How could the metabolism of living things get started without an enclosing membrane to keep all the necessary chemicals together? But if life started inside a cell membrane, how did the necessary nutrients get in?

The questions may seem moot, since life did start somehow. But for the small group of researchers who insist on learning exactly how it started, frustration has abounded. Many once-promising leads have led only to years of wasted effort. Scientists as eminent as Francis Crick, the chief theorist of molecular biology, have quietly suggested that life may have formed elsewhere before seeding the planet, so hard does it seem to find a plausible explanation for its emergence on Earth.

In the last few years, however, four surprising advances have renewed confidence that a terrestrial explanation for life’s origins will eventually emerge.

One is a series of discoveries about the cell-like structures that could have formed naturally from fatty chemicals likely to have been present on the primitive Earth. This lead emerged from a long argument between three colleagues as to whether a genetic system or a cell membrane came first in the development of life. They eventually agreed that genetics and membranes had to have evolved together.

The three researchers, Jack W. Szostak, David P. Bartel and P. Luigi Luisi, published a somewhat adventurous manifesto in Nature in 2001, declaring that the way to make a synthetic cell was to get a protocell and a genetic molecule to grow and divide in parallel, with the molecules being encapsulated in the cell. If the molecules gave the cell a survival advantage over other cells, the outcome would be “a sustainable, autonomously replicating system, capable of Darwinian evolution,” they wrote.

“It would be truly alive,” they added.

One of the authors, Dr. Szostak, of the Massachusetts General Hospital, has since managed to achieve a surprising amount of this program.

Simple fatty acids, of the sort likely to have been around on the primitive Earth, will spontaneously form double-layered spheres, much like the double-layered membrane of today’s living cells. These protocells will incorporate new fatty acids fed into the water, and eventually divide.

Living cells are generally impermeable and have elaborate mechanisms for admitting only the nutrients they need. But Dr. Szostak and his colleagues have shown that small molecules can easily enter the protocells. If they combine into larger molecules, however, they cannot get out, just the arrangement a primitive cell would need. If a protocell is made to encapsulate a short piece of DNA and is then fed with nucleotides, the building blocks of DNA, the nucleotides will spontaneously enter the cell and link into another DNA molecule.

At a symposium on evolution at the Cold Spring Harbor Laboratory on Long Island last month, Dr. Szostak said he was “optimistic about getting a chemical replication system going” inside a protocell. He then hopes to integrate a replicating nucleic acid system with dividing protocells.

Dr. Szostak’s experiments have come close to creating a spontaneously dividing cell from chemicals assumed to have existed on the primitive Earth. But some of his ingredients, like the nucleotide building blocks of nucleic acids, are quite complex. Prebiotic chemists, who study the prelife chemistry of the primitive Earth, have long been close to despair over how nucleotides could ever have arisen spontaneously.

Nucleotides consist of a sugar molecule, like ribose or deoxyribose, joined to a base at one end and a phosphate group at the other. Prebiotic chemists discovered with delight that bases like adenine will easily form from simple chemicals like hydrogen cyanide. But years of disappointment followed when the adenine proved incapable of linking naturally to the ribose.

Last month, John Sutherland, a chemist at the University of Manchester in England, reported in Nature his discovery of a quite unexpected route for synthesizing nucleotides from prebiotic chemicals. Instead of making the base and sugar separately from chemicals likely to have existed on the primitive Earth, Dr. Sutherland showed how under the right conditions the base and sugar could be built up as a single unit, and so did not need to be linked.

“I think the Sutherland paper has been the biggest advance in the last five years in terms of prebiotic chemistry,” said Gerald F. Joyce, an expert on the origins of life at the Scripps Research Institute in La Jolla, Calif.

Once a self-replicating system develops from chemicals, this is the beginning of genetic history, since each molecule carries the imprint of its ancestor. Dr. Crick, who was interested in the chemistry that preceded replication, once observed, “After this point, the rest is just history.”

Dr. Joyce has been studying the possible beginning of history by developing RNA molecules with the capacity for replication. RNA, a close cousin of DNA, almost certainly preceded it as the genetic molecule of living cells. Besides carrying information, RNA can also act as an enzyme to promote chemical reactions. Dr. Joyce reported in Science earlier this year that he had developed two RNA molecules that can promote each other’s synthesis from the four kinds of RNA nucleotides.

“We finally have a molecule that’s immortal,” he said, meaning one whose information can be passed on indefinitely. The system is not alive, he says, but performs central functions of life like replication and adapting to new conditions.

“Gerry Joyce is getting ever closer to showing you can have self-replication of RNA species,” Dr. Sutherland said. “So only a pessimist wouldn’t allow him success in a few years.”

Another striking advance has come from new studies of the handedness of molecules. Some chemicals, like the amino acids of which proteins are made, exist in two mirror-image forms, much like the left and right hand. In most naturally occurring conditions they are found in roughly equal mixtures of the two forms. But in a living cell all amino acids are left-handed, and all sugars and nucleotides are right-handed.

Prebiotic chemists have long been at a loss to explain how the first living systems could have extracted just one kind of the handed chemicals from the mixtures on the early Earth. Left-handed nucleotides are a poison because they prevent right-handed nucleotides linking up in a chain to form nucleic acids like RNA or DNA. Dr. Joyce refers to the problem as “original syn,” referring to the chemist’s terms syn and anti for the structures in the handed forms.

The chemists have now been granted an unexpected absolution from their original syn problem. Researchers like Donna Blackmond of Imperial College London have discovered that a mixture of left-handed and right-handed molecules can be converted to just one form by cycles of freezing and melting.

With these four recent advances — Dr. Szostak’s protocells, self-replicating RNA, the natural synthesis of nucleotides, and an explanation for handedness — those who study the origin of life have much to be pleased about, despite the distance yet to go. “At some point some of these threads will start joining together,” Dr. Sutherland said. “I think all of us are far more optimistic now than we were five or 10 years ago.”

One measure of the difficulties ahead, however, is that so far there is little agreement on the kind of environment in which life originated. Some chemists, like Günther Wächtershäuser, argue that life began in volcanic conditions, like those of the deep sea vents. These have the gases and metallic catalysts in which, he argues, the first metabolic processes were likely to have arisen.

But many biologists believe that in the oceans, the necessary constituents of life would always be too diluted. They favor a warm freshwater pond for the origin of life, as did Darwin, where cycles of wetting and evaporation around the edges could produce useful concentrations and chemical processes.

No one knows for sure when life began. The oldest generally accepted evidence for living cells are fossil bacteria 1.9 billion years old from the Gunflint Formation of Ontario. But rocks from two sites in Greenland, containing an unusual mix of carbon isotopes that could be evidence of biological processes, are 3.830 billion years old.

How could life have gotten off to such a quick start, given that the surface of the Earth was probably sterilized by the Late Heavy Bombardment, the rain of gigantic comets and asteroids that pelted the Earth and Moon around 3.9 billion years ago? Stephen Mojzsis, a geologist at the University of Colorado who analyzed one of the Greenland sites, argued in Nature last month that the Late Heavy Bombardment would not have killed everything, as is generally believed. In his view, life could have started much earlier and survived the bombardment in deep sea environments.

Recent evidence from very ancient rocks known as zircons suggests that stable oceans and continental crust had emerged as long as 4.404 billion years ago, a mere 150 million years after the Earth’s formation. So life might have had half a billion years to get started before the cataclysmic bombardment.

But geologists dispute whether the Greenland rocks really offer signs of biological processes, and geochemists have often revised their estimates of the composition of the primitive atmosphere. Leslie Orgel, a pioneer of prebiotic chemistry, used to say, “Just wait a few years, and conditions on the primitive Earth will change again,” said Dr. Joyce, a former student of his.

Chemists and biologists are thus pretty much on their own in figuring out how life started. For lack of fossil evidence, they have no guide as to when, where or how the first forms of life emerged. So they will figure life out only by reinventing it in the laboratory.

19:14 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : sciences

Di-Antalvic va être progressivement retiré du marché en Europe, avec plusieurs années de retard par rapport à d'autres pays européens

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Pourquoi tant  de retard dans la décision de l'AFSSAPS ?

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
Di-Antalvic va être progressivement retiré du marché en Europe
L’Afssaps vient de recommander aux professionnels de santé de ne plus prescrire de médicaments contre la douleur contenant du dextropropoxyphène (DXP), un opiacé léger.
Constatant que le surdosage de ce type de médicaments, qu’il soit accidentel ou volontaire (suicides), pouvait être létal, l'agence européenne du médicament (Emea) a estimé que le bénéfice thérapeutique était insuffisant au regard du risque de décès.
A défaut d’avoir pu "identifier de mesure adéquate pour minimiser le risque", les membres de l’Agence européenne du médicament préconisent un retrait progressif des produits contenant du DXP en Europe.
Sont notamment concernés les antalgiques associant DXP et paracétamol : Di-Antalvic.. Certains pays européens, comme la Suède ou la Grande-Bretagne, ont déjà procédé à ce retrait en 2005.

En France, l’Afssaps annonce un retrait de la vente "dans un délai de l’ordre d’un an".
Les Échos, 26/06/2009 - Le Figaro, 26/06/2009 - Libération, 26/06/2009
voir : http://www.liberation.fr/societe/0101576240-le-di-antalvic-bientot-retire-des-pharmacies

25/06/2009

Obésité en Ile-de-France : des inégalités selon les quartiers

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Obésité en Ile-de-France : des inégalités selon les quartiers

L'enquête Record, réalisée par l'Inserm et le centre IPC, montre que le taux de personnes obèses, dans les quartiers franciliens, augmente au fur et à mesure que baisse le niveau socioéconomique. Selon Basile Chaix, chercheur à l'Inserm, "à niveau d'instruction et de revenu égal, on a plus de chances d'être obèse dans un quartier défavorisé". Pour expliquer ce phénomène, les responsables de l'enquête évoquent "l'environnement alimentaire", "les opportunités pour un mode de vie actif", et les "facteurs sociaux influant sur les comportements et les normes". Basile Chaix estime que "l'intérêt de cette étude sera d'informer les politiques publiques qui voudront lancer des campagnes de prévention".

Metro , 24/06/2009

voir :

http://www.metrofrance.com/info-locale/obesite-inegaux-selon-les-quartiers/pifw!GvvFWGEChQfq5dJ2ZJWOkw/

 

08:10 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : santé, société

Une découverte sur les réservoirs cellulaires du VIH

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/

 

Une découverte sur les réservoirs cellulaires du VIH

Une étude dirigée par Rafick-Pierre Sékaly, professeur à l'université de Montréal et directeur de l'unité Inserm 743, a permis d'identifier deux types de cellules T CD4 mémoire qui constituent les réservoirs cellulaires du VIH. Ces derniers sont responsables de la persistance de la virémie. Rafick-Pierre Sékaly estime que ces résultats "plaident en faveur d'une stratégie semblable à celle utilisée contre la leucémie : une chimiothérapie ciblée en association à un traitement immunitaire". Le Quotidien du Médecin précise que cette stratégie permettrait d'éliminer définitivement le VIH chez les sujets infectés en détruisant "à la fois les virus circulants et ceux "cachés" dans les cellules du système immunitaire".

Reprise information presse du 22 juin 2009 "Les réservoirs du VIH mieux identifiés : vers de nouvelles stratégies thérapeutiques"

Quotidien du Médecin [Le] , 23/06/2009

08:07 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, santé

23/06/2009

Antennes-relais et Wi-Fi : "la conférence parisienne" préconise la prudence

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/18/antennes-relais-et-wi-fi-la-conference-parisienne-preconise-la-prudence_1208554_3244.html#ens_id=1208555

 

Antennes-relais et Wi-Fi : "la conférence parisienne" préconise la prudence

LEMONDE.FR avec AFP | 18.06.09 | 16h29  •  Mis à jour le 18.06.09 | 17h03

 

Les citoyens de la "conférence parisienne ondes, santé, société", mise en place en juin 2008, ont recommandé, jeudi 18 juin, la prudence à la mairie de Paris, avec notamment l'abaissement du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques et l'arrêt de l'installation d'antennes-relais à proximité des établissements scolaires.

Dans leur avis, comprenant dix recommandations non contraignantes, treize citoyens parisiens (sur un panel de vingt au départ) spécialement formés et missionnés sur cette question, ont préconisé de "modérer la surenchère des équipements numériques". Ils mettent notamment en avant "la complexité du sujet et l'incertitude des données scientifiques".

"Le risque zéro n'existe pas. Nous recommandons cependant d'optimiser le réseau (technologie et implantation) pour atteindre un seuil de 0,6 volt/mètre", indiquent-ils, soulignant que "d'autres villes s'engagent dans ce sens". Actuellement, le seuil d'exposition à Paris est fixé à 2 volts/mètre par la charte parisienne de téléphonie mobile négociée entre la ville et les opérateurs.

La conférence souhaite également "la non-implantation des antennes-relais à proximité des établissements scolaires et le non-usage des portables au sein d'établissements scolaires par les enfants". Enfin, elle recommande, lorsque cela est possible, de ménager "des lieux publics sans ondes" et de "privilégier dans les bâtiments publics (administration, bibliothèques, écoles, hôpitaux) l'utilisation filaire par rapport au wifi".

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L'association Robin des Toits s'est réjouie, dans un communiqué, que "la conférence citoyenne demande au maire [de Paris] de désactiver le wi-fi dans tous les espaces publics (mairies, bibliothèques, parcs et jardins)". Créée en mai 2004, elle a pour but d'assister et de fédérer les personnes et les collectifs qui luttent pour la sécurité sanitaire des populations exposées aux nouvelles technologies de télécommunications sans fil.

Nucléaire : L'atome ne produit pas de CO2, mais il génère des déchets

lu sur :

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/23/chauds-dechets_1210257_3232.html#ens_id=1210355

voir aussi :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2009/06/23/que-faire-des-250-000-tonnes-de-dechets-nucleaires.html

 

Edito du Monde

Chauds déchets

LE MONDE | 23.06.09 | 14h39

 

La relance annoncée du nucléaire, paré de nouvelles vertus par la lutte contre le changement climatique, ne doit pas faire oublier son talon d'Achille. L'atome ne produit pas de CO2, mais il génère des déchets. Pas en très grande quantité : en France, 2 kilos par an et par habitant, contre 360 kilos d'ordures ménagères et 2,5 tonnes de rebuts industriels. Mais ces résidus-là sont un boulet. Certains sont extrêmement radioactifs. D'autres restent nocifs sur des échelles de temps - des centaines de milliers ou des millions d'années - que l'humanité ne maîtrise pas.

Qu'en faire ? Par le passé, l'océan a servi de déversoir aux puissances nucléaires, qui y ont immergé des dizaines de milliers de fûts radioactifs. Ce temps est heureusement révolu. Des apprentis sorciers ont suggéré de les larguer dans l'espace. L'idée a fait long feu. La solution aujourd'hui envisagée est de les enfouir dans des couches profondes d'argile, de granit, de sel ou de tufs. En espérant que la nature et la géologie pallieront les faiblesses de la technologie de l'homme.

La Suède, qui s'apprête à présider l'Union européenne, vient de prendre une longueur d'avance, en étant la première à choisir un site de stockage souterrain. Dans tous les autres pays, confrontés aux inquiétudes de leurs populations et aux aléas des alternances politiques, les décisions sont remises à plus tard.

Il ne faut pas forcément le regretter, s'il s'agit de donner du temps au temps. De faire preuve d'humilité et de reconnaître, à rebours du discours des technocrates, que les solutions ne sont pas encore mûres. Et de pousser des alternatives énergétiques. Aux Etats-Unis, l'arrêt du projet de stockage de Yucca Mountain - prêt à ouvrir - est, plus qu'une simple promesse de campagne de Barack Obama, un signe de la volonté de la nouvelle administration américaine de privilégier les énergies renouvelables.

La France, comme l'Amérique, le Canada ou le Japon, a mis au coeur de sa doctrine le principe de réversibilité. Il ne s'agit pas seulement d'être capable de récupérer des colis radioactifs. Il s'agit, surtout, de laisser ouvert le processus décisionnel. Et de redonner la main, sur un dossier longtemps confisqué par les "experts", aux institutions politiques. En faisant du Parlement la pierre angulaire de la gestion des déchets nucléaires, la loi française donne aux générations futures la garantie que rien ne sera décidé d'inéluctable. La démarche est vertueuse. A condition qu'elle ne soit pas un aveu d'impuissance devant un casse-tête insoluble.

 

Article paru dans l'édition du 24.06.09

La consommation d'animaux clonés

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/07/24/les-experts-europeens-restent-reserves-sur-la-consommation-d-animaux-clones_1076715_3244.html#ens_id=1210085

 

Compte rendu

Les experts européens restent réservés sur la consommation d'animaux clonés

LE MONDE | 24.07.08 | 14h34  •  Mis à jour le 22.06.09 | 20h58

 

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devait rendre public, jeudi 24 juillet, l'avis de son comité scientifique sur l'éventuelle consommation par l'homme des produits alimentaires issus de bovins ou de porcs créés à partir de la technique du clonage

Tout en reconnaissant qu'il n'existe aujourd'hui aucune donnée scientifique permettant d'affirmer que des différences existent entre ces animaux et ceux issus d'une reproduction sexuée, les experts font preuve d'une prudence aussi grande qu'inhabituelle.

A la différence de leurs homologues de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, qui avait donné son feu vert, en janvier, à la commercialisation de ces produits, les experts européens se sont penchés sur les questions de santé et de bien-être animal. Ils regrettent, en préalable, le faible nombre de travaux menés sur ce thème et le faible effectif des animaux étudiés. Cette situation fait que la réflexion scientifique est, selon eux, conduite dans un contexte de relative incertitude.

Les experts de l'EFSA observent que la technique de la création de bovins et de porcs par clonage est, chez les femelles porteuses, associée à une série d'anomalies durant la gestation et la mise bas. D'autre part, une proportion non négligeable de porcelets (durant les premières semaines) et de veaux (durant les premiers mois) est atteinte de différentes affections, notamment respiratoires. C'est pourquoi les experts expriment "de sérieuses réserves".

Celles-ci ne concernent toutefois pas la sécurité alimentaire au sens strict, puisque rien ne permet de distinguer les viandes et les laits aujourd'hui commercialisés de ceux provenant d'animaux clonés ou de la descendance de ceux-ci, elle-même issue de reproduction sexuée.

C'est précisément sur cette base que la FDA avait, au terme d'une analyse scientifique, donné son feu vert à la consommation de ces aliments, rompant ainsi avec un moratoire instauré en 2001. La FDA partageait les conclusions d'un rapport de l'Académie américaine des sciences qui, dès 2002, ne relevait pas de différence substantielle entre les deux catégories de produits.

Les experts de l'EFSA rejoignent ceux de la FDA pour dire que, faute de données scientifiques suffisantes, ils ne sont pas en mesure d'analyser la situation concernant les ovins ou les caprins créés par clonage.

L'avis de l'EFSA se démarque quelque peu de l'analyse faite en 2005 par l'Agence française sur la sécurité sanitaire des aliments (Afssa), qui estimait, à l'époque, que "les données acquises, notamment sur le lait et la viande, suggèrent que les animaux descendants des clones, qui sont les seuls susceptibles d'être proposés aux consommateurs, peuvent être traités comme leurs équivalents issus des méthodes de reproduction classiques". Pour les experts de l'Afssa, la fréquence anormalement élevée de certaines affections observées chez les clones imposait des examens "plus approfondis", conduits sur les animaux clonés et leurs descendants "pendant plusieurs générations".

Pour sa part, le Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies avait, le 16 janvier, émis un avis critique sur la commercialisation d'aliments issus directement ou non de la technique du clonage. Il évoquait notamment, à l'instar des scientifiques de l'EFSA, "les souffrances et les problèmes de santé" des animaux. Il précisait ne pas avoir trouvé d'arguments convaincants justifiant une telle pratique, faisait des recommandations sur la traçabilité et se demandait si de tels produits devaient être importés dans l'Union européenne.

On estime aujourd'hui à environ 4 000 le nombre des bovins créés par clonage dans le monde et à 500 celui des porcins, une majorité de ces animaux ayant vu le jour aux Etats-Unis, où leur descendance commence à être consommée.

 

Jean-Yves Nau

La pollution atmosphérique a des effets délétères sur la croissance des foetus

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

La pollution atmosphérique a des effets délétères sur la croissance des foetus

Une étude réalisée par l'Inserm et l'université de Grenoble-I montre que l'exposition des femmes enceintes à la pollution atmosphérique (notamment au benzène, qui est un marqueur de cette pollution) a pour conséquence un poids plus faible et un périmètre crânien réduit du foetus. Les chercheurs estiment que les polluants pourraient perturber les fonctions endothéliales ou cardio-vasculaires de la mère, ce qui nuirait aux échanges avec le foetus. Ce phénomène pourrait accroître les troubles de la santé dans l'enfance, voire à l'âge adulte.

Reprise information presse du 18 juin 2009 "Quel est l'impact de l'exposition des femmes enceintes aux polluants atmosphériques sur la croissance fotale ?"

Monde [Le] , 20/06/2009

21/06/2009

Yldune Lévy dénonce les incohérences ubuesques du contrôle judiciaire

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/0101575282-yldune-levy-denonce-les-incoherences-ubuesques-du-controle-judiciaire

 

Société   20/06/2009 à 16h37

Yldune Lévy dénonce «d'impénétrables mesures de contrôle judiciaire»

 

Mise en examen dans l'affaire de Tarnac, Yldune Lévy s'exprime dans un texte publié par le journal Le Monde.

Dans un point de vue au «Monde», Yldune Lévy, mise en examen dans l'affaire de Tarnac pour le sabotage présumé de lignes TGV, et remise en liberté en janvier dernier, s'exprime sur son expérience. La jeune femme de 25 ans, compagne de Julien Coupat (qui avait accordé une interview au quotidien du soir il y a quelques semaines), évoque notamment le juge Thierry Fragnoli: «Celui-là dispose d'un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d'une quelconque tour d'un palais de justice», écrit-elle. Et de poursuivre:. «L'homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d'impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d'absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire».

Yldune Lévy, qui devait se marier cette semaine avec Julien Coupat afin de contourner le contrôle judiciaire qui les empêchait de se voir, affirme également que «le but de cette procédure n'est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu'il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle».

Les Irlandais et le traité de Lisbonne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/06/20/les-irlandais-sont-prets-a-revoter-sur-le-traite-de-lisbonne_1209325_3214.html#ens_id=1208066

 

Les Irlandais sont prêts à revoter sur le traité de Lisbonne

LE MONDE | 20.06.09 | 13h33  •  Mis à jour le 20.06.09 | 15h54

Bruxelles Envoyée spéciale

 

Pauvre traité de Lisbonne ! Jusque dans la dernière ligne droite, sa ratification restera incertaine et chaotique. Face aux nombreux obstacles qui s'opposent encore à l'entrée en vigueur de ce traité destiné à rendre l'Europe plus efficace et qui doit être ratifié par les vingt-sept Etats membres, le Conseil européen a choisi de parer au plus pressé : vendredi 19 juin, à Bruxelles, il a accordé aux Irlandais le "protocole" qu'ils exigeaient avant d'organiser un deuxième référendum sur le traité. "Nous avons maintenant une base solide pour obtenir un oui", s'est félicité le premier ministre irlandais, Brian Cowen. Il a annoncé le référendum pour le début du mois d'octobre.

Les Irlandais avaient déjà dit non au traité de Lisbonne lors d'un premier référendum, en juin 2008. M. Cowen s'était engagé à les faire revoter, à condition de leur offrir des garanties sur les sujets qui avaient alimenté leurs inquiétudes : maintien de la neutralité militaire, refus d'une harmonisation fiscale supplémentaire - l'Irlande a dû sa croissance économique au faible impôt sur les sociétés, un véritable attrait pour les multinationales -, refus de voir imposer par l'Europe l'autorisation de l'avortement.

Rien dans le traité de Lisbonne ne venait remettre en cause ces "vaches sacrées" irlandaises, habilement exploitées par les partisans du non. Le geste demandé par Brian Cowen aux autres Européens est plus politique que juridique : il ne s'agit pas de modifier le traité de Lisbonne, puisqu'il ne contredit pas les garanties demandées, mais de prouver aux électeurs irlandais que leur vote n'a pas été méprisé et que l'Union européenne est prête à les écouter.

Vendredi, le Conseil a donné à ces garanties, déjà formulées en décembre 2008, une forme juridique : il s'est engagé par écrit à les annexer sous la forme d'un "protocole" au prochain traité européen, lequel sera vraisemblablement le traité d'adhésion de la Croatie ou de l'Islande. Pas question, en effet, d'annexer ce protocole au traité de Lisbonne : ce serait fournir des armes aux adversaires du traité, qui pourraient exiger de reprendre à zéro le processus de ratification.

Le président tchèque, Vaclav Klaus, connu pour son europhobie et qui refuse toujours, comme son homologue polonais, Lech Kaczynski, de signer le traité, a tout de même saisi la perche. Dans une lettre à son premier ministre, Jan Fischer, il assure que les garanties à l'Irlande ont valeur de traité international et doivent être soumises à un vote du Parlement tchèque. Son analyse est unanimement contestée au Conseil, y compris par M. Fischer, mais elle a de quoi donner l'occasion aux eurosceptiques de repartir au combat. Notamment à David Cameron, leader de l'opposition conservatrice britannique et probable futur premier ministre : il brandit la menace d'un référendum qui remettrait en cause la ratification du traité par le Royaume-Uni.

Les Vingt-Sept s'y préparent. Gordon Brown, premier ministre britannique, en position instable, a tenté de s'opposer à cette forme contraignante du "protocole", qui risque de rouvrir le débat risqué de la ratification. Mais entre le risque de voir les Irlandais dire non une seconde fois et celui de s'affronter aux manoeuvres juridiques des eurosceptiques, les vingt-sept dirigeants de l'UE ont choisi de circonscrire l'incendie le plus urgent, le vote des Irlandais.

Sans lui, pas de traité de Lisbonne. Donc pas de Parlement renforcé, pas de prises de décision facilitées par l'abandon du droit de veto et le passage à la majorité qualifiée dans un plus grand nombre de domaines, pas de président stable du Conseil européen, pas de fusion des services diplomatiques de la Commission et du Conseil gérés par un futur ministre des affaires étrangères... Même si les Irlandais votent oui, les Européens auront d'autres incendies à éteindre : du côté de la République tchèque, de la Pologne et du Royaume-Uni.

 

Marion Van Renterghem

Article paru dans l'édition du 21.06.09

08:47 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie, europe

18/06/2009

Le gouvernement péruvien recule devant les Indiens

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/06/16/le-gouvernement-peruvien-recule-devant-les-indiens_1207453_3222.html#ens_id=1204156

 

Le gouvernement péruvien recule devant les Indiens

LE MONDE | 16.06.09 | 16h15

Lima, correspondance

 

Dix jours après les affrontements entre les forces de l'ordre et des indigènes ayant provoqué la mort d'au moins 34 personnes à Bagua (nord), le gouvernement péruvien a cédé devant les Indiens qui manifestent depuis deux mois en Amazonie.

Lundi 15 juin, le premier ministre, Yehude Simon, s'est engagé, lors d'une rencontre avec les apus (chefs indiens), à ce que l'exécutif envoie mercredi, au Congrès, un projet de loi supprimant deux décrets adoptés en 2008, que les indigènes jugent anticonstitutionnels et nuisibles à leurs droits.

Le 10 juin, le Congrès avait suspendu ces textes relatifs à l'exploitation des terres forestières, mais cela n'avait pas suffi à calmer l'émoi suscité par les événements de Bagua, qui ont plongé le Pérou dans une crise profonde, la plus grave depuis l'arrivée au pouvoir du président, Alan Garcia, en 2006.

Afin de reprendre le dialogue, M. Simon et trois ministres se sont rendus dans la région de Junin (centre) pour rencontrer les apus des communautés indiennes. L'accord signé à cette occasion stipule que le gouvernement proposera la suppression des décrets. De leur côté, les manifestants doivent rouvrir partiellement une route très importante du centre du pays. L'état d'urgence sera levé à Bagua quand les Indiens auront entièrement débloqué l'axe routier.

"L'exécutif a cédé tout ce qu'il pouvait pour rétablir la paix", a déclaré le ministre de l'environnement, Antonio Brack. Un groupe de travail pour le développement des peuples indigènes d'Amazonie, incluant des apus de différentes régions, devait s'installer mardi, à Lima, afin d'aborder la révision d'autres décrets contestés.

Dimanche, le président Garcia avait laissé entrevoir, pour la première fois depuis le début du conflit amazonien, un recul de la part du gouvernement, jusque-là intraitable. "Il ne faut pas forcer les choses. Si nous ne sommes pas prêts et si certains ont peur, il faut aller plus lentement et prendre d'autres décisions", avait-il affirmé, en assurant que le gouvernement serait prêt "à céder pour acheter la paix".

 

LEVÉE DU COUVRE-FEU

 

De son côté, l'Association interethnique pour le développement de l'Amazonie péruvienne (Aidesep), à l'origine du mouvement indigène, attend de voir les actions concrètes du gouvernement. "Les peuples sont fatigués des promesses que le premier ministre leur a faites, et qui n'ont jamais été tenues", affirme Daysi Zapata, la vice-présidente de l'Aidesep. Elle dénonce une réaction "tardive, sous la pression des Péruviens et de la communauté internationale", et réclame la levée du couvre-feu à Bagua, ainsi que la fin de la "persécution" contre quatre dirigeants de l'association accusés de "rébellion" pour reprendre le dialogue.

Le conflit amazonien a créé de nouvelles tensions entre le Pérou et la Bolivie voisine. Lima a rappelé son ambassadeur à La Paz pour consultations, lundi, après que le président bolivien, Evo Morales, a qualifié "ce qui s'est passé au Pérou" de "génocide" à l'égard des indigènes.

 

Chrystelle Barbier

Article paru dans l'édition du 17.06.09

09:41 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

17/06/2009

Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français

Information presse de l'INSERM

Paris, le 16 juin 2009

Exposition aux pesticides et maladie de Parkinson : le lien confirmé chez les agriculteurs français

Une équipe de chercheurs de l’unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l’UPMC montre que l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. Ce risque augmente avec le nombre

d’années d’exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré. Ces résultats, qui posent également la question du rôle d’une contamination résiduelle de la population générale par ces pesticides,  sont publiés en ligne dans Annals of Neurology.

 

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. On admet que, dans la plupart des cas, elle trouve son origine dans une combinaison de facteurs de risque génétiques et environnementaux.

 

Parmi les facteurs d’environnement suspectés, des études épidémiologiques ont montré une association entre la survenue de la maladie de Parkinson et une exposition professionnelle aux pesticides. Toutefois, aucune famille de pesticides n’a pu être spécifiquement mise en cause et le rôle du niveau d’exposition n’a pas été étudié (relation dose-effet).

 

En collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) a étudié un groupe de 224 patients atteints de maladie de Parkinson, qu’ils ont comparé à un groupe de 557 personnes non malades, toutes affiliées à la MSA, de même âge et sexe et habitant dans le même département.

 

L’exposition aux pesticides durant toute la vie professionnelle des participants a été reconstituée de manière très détaillée à l’occasion d’entretiens avec des médecins du travail de la MSA permettant de recueillir un grand nombre d’informations telles que la surface des exploitations, le type de cultures et les pesticides utilisés, le nombre d’années et la fréquence annuelle d’exposition, ou encore la méthode d’épandage.

 

Les résultats montrent que les patients atteints de maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent des pesticides et durant un plus grand nombre d’années que les témoins ; les chercheurs ont alors estimé que les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n’en utilisaient pas.

 

Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après l’utilisation. Les chercheurs précisent toutefois qu’on ne peut pas, à partir de ces résultats, exclure l’implication d’autres types de pesticides moins fréquemment utilisés.

 

Les auteurs soulignent alors l’importance de l’éducation des utilisateurs professionnels de pesticides à un meilleur usage et la mise en place de mesures de protection des travailleurs agricoles.

 

Enfin, au-delà du rôle de l’exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent la question des conséquences d’une exposition à plus faibles doses. Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question.

 

Pour en savoir plus

“Professional exposure to pesticides and Parkinson’s disease”

Alexis Elbaz1,2,3 , Jacqueline Clavel 4,5, Paul J. Rathouz 6, Frédéric Moisan1,2, Jean-Philippe Galanaud1,2, Bernard Delemotte 7, Annick Alpérovitch1,2, Christophe Tzourio1,2.

1- Inserm Unité 708, F-75005, Paris, France (AE, JPG, FM, AA, CTZ)

2- UPMC Université Pierre et Marie Curie, F-75005, Paris, France (AE, JPG, FM, AA, CTZ)

3- Département santé-travail, Institut de Veille Sanitaire, F-94415, Saint-Maurice, France (AE)

4- Inserm Unité 54, F-94807, Villejuif, France (JC)

5- Université Paris 11, F- 94807, Villejuif, France (JC)

6- Department of Health Studies, University of Chicago, Chicago, IL (PJR)

 

7- Mutualité Sociale Agricole, Bagnolet, France (BD)

Annals of Neurology

http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/fulltext/122322358/PDFSTART

Sous presse

Contact chercheur

Alexis Elbaz,

Unité Inserm 708 Neuroépidémiologie

Hôpital de la Salpêtrière

47 Bvd de l'Hôpital

75651 Paris Cedex 13

France

Tel : 01 42 16 25 66

alexis.elbaz@upmc.fr

 

Contact presse

Anne Mignot

Tel. 01 44 23 60 73

anne.mignot@inserm.fr

 

14:02 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pesticides, chimie, santé

Bisphénol A : Jouanno veut rouvrir le dossier, les écologistes approuvent

lu sur :

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j5aHxS0yJWStf0J-zonxA7Q5t_0w

 

Bisphénol A : Jouanno veut rouvrir le dossier, les écologistes approuvent

 

PARIS (AFP) — La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno a demandé à l'Afssa de reprendre l'expertise sur les effets du Bisphénol A (BPA), une décision que salue mardi le Réseau environnement santé (RES).

La ministre a indiqué lundi à l'Assemblée nationale qu'elle souhaitait voir l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments "rendre un nouvel avis intégrant bien les dernières études" sur le BPA, une matière plastique que l'on trouve notamment dans les biberons.

"Nous devons être extrêmement vigilants sur les effets de cette substance sur les nourrissons", a-t-elle déclaré en réponse à une question du député Gérard Bapt (PS, Haute-Garonne), président du groupe Santé environnementale.

Au G8 Environnement, le Japon et les États-Unis ont présenté des études qui rejoignent celles effectuées au Canada et en Norvège sur l'impact du BPA sur les enfants, a-t-elle ajouté.

M. Bapt s'est réjoui de l'annonce de Mme Jouanno, de même que le RES, qui a souligné que "les données scientifiques s'accumulent et qu'on dispose aujourd'hui de plusieurs centaines d'études qui, à près de 90%, concluent à un effet".

L'Afssa a conclu dans un avis rendu le 24 octobre à l'"innocuité" des biberons contenant du BPA. Mais "le récent congrès de la société américaine d'endocrinologie vient de prendre position pour dire que l'exposition au BPA comme à d'autres perturbateurs endocriniens devait être évitée", souligne le RES.

En outre, quatre états américains ont pris ou vont prendre une décision d'interdiction dans les plastiques alimentaires, ajoute-t-il. La Food and drug administration (FDA), l'agence de sécurité alimentaire américaine, devrait elle aussi réexaminer le dossier, selon M. Bapt.

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'est prévalue à plusieurs reprises de l'avis de l'Afssa et d'autres agences européennes. Elle a rappelé aussi qu'elle avait créé il y a quelques mois un groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens "pour confirmer l'avis de ces agences" et qu'elle avait confié une étude à l'Inserm "pour prendre les mesures appropriées".

13:52 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chimie, santé

16/06/2009

Alzheimer, maladie infectieuse ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/06/12/alzheimer-maladie-infectieuse_1206190_3244.html

 

Compte rendu

Alzheimer, maladie infectieuse ?

LE MONDE | 12.06.09 | 14h56  •  Mis à jour le 12.06.09 | 14h56

 

La maladie d'Alzheimer pourrait-elle se transmettre comme une pathologie infectieuse ? C'est la nouvelle hypothèse que soulèvent des travaux expérimentaux chez la souris menés par une équipe européenne et publiés, dimanche 7 juin, sur le site de la revue Nature Cell Biology. L'injection de tissu cérébral contenant la forme anormale d'une protéine humaine, typique de la maladie d'Alzheimer, dans le cerveau de souris saines entraîne la prolifération de lésions caractéristiques. Un phénomène qui rappelle le cas du prion pathologique, responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Principale cause de démence chez les sujets âgés, la maladie d'Alzheimer résulte d'une dégénérescence des neurones cérébraux, qui provoque la perte progressive et définitive des fonctions mentales, à commencer par la mémoire. Le cerveau atteint est caractérisé par la présence de deux types de lésions. L'une est le développement, entre les neurones, de plaques constituées de peptides bêta-amyloïdes ; l'autre est la formation, à l'intérieur des neurones, d'un écheveau de filaments entremêlés résultant de l'agrégation de protéines dites "tau".

"Dans la maladie d'Alzheimer, il y a la composante "poison", la substance amyloïde, et la mort neuronale, liée aux protéines tau anormales, explique Luc Buée, directeur de recherches au CNRS et directeur de l'unité Inserm U837 au CHRU de Lille. En s'accumulant dans les neurones, la protéine tau anormale entraîne la mort de ces cellules nerveuses, mais pas immédiatement. Pendant des années, elles fonctionnent plus ou moins bien.

Dans la maladie d'Alzheimer, "l'accumulation de protéines tau pathologiques commence autour d'une zone essentielle à la mémoire à court terme (moins d'une semaine), l'hippocampe. Puis, contrairement au simple vieillissement où le phénomène reste localisé, les protéines pathologiques se propagent, envahissent le lobe temporal du cerveau où s'intègrent les diverses informations qui aboutissent à un message compréhensible, puis les autres lobes et le reste du cortex cérébral. C'est toujours le même cheminement", décrit Luc Buée.

L'équipe européenne dirigée par Markus Tolnay (université de Bâle, Suisse) est partie du constat que lorsqu'un neurone atteint meurt, la protéine tau pathologique passe dans l'espace extracellulaire et les neurones voisins captent la protéine pathologique. "Cette protéine porte une signature particulière qui transmet la conformation anormale aux protéines tau normales. Cette réaction en chaîne propagerait ainsi la pathologie", indique Luc Buée.

Afin de tester cette hypothèse, Markus Tolnay et ses collègues ont utilisé deux types de souris transgéniques, ayant la capacité d'exprimer la protéine tau humaine. Mais, pour l'une, il s'agit d'une forme anormale, plus courte, alors qu'elle est normale dans le cas de la seconde. Les souris exprimant la forme anormale développent une neurodégénérescence et des filaments de protéine tau hyperphosphorylée, tandis que celles chez lesquelles la protéine tau est normale ne présentent pas ces anomalies.

L'injection de tissu cérébral contenant la protéine anormale dans le cerveau des souris exprimant la protéine normale entraîne la formation locale de filaments, typiques de la maladie d'Alzheimer, et la dissémination de cette anomalie dans les régions avoisinantes du cerveau. C'est ainsi qu'avait pu être démontrée la responsabilité d'une forme pathologique du prion dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob, chez l'homme, ou dans la maladie de la vache folle, l'encéphalopathie bovine spongiforme. La révélation qu'une particule protéique, dépourvue de matériel génétique, pouvait constituer un agent infectieux avait bousculé le dogme qui limitait aux bactéries, aux virus et aux parasites la possibilité de remplir ce rôle.

Pour Luc Buée, cette "hypothèse séduisante" pourrait aussi signifier que "la composante liée à la protéine tau occupe une part plus importante qu'on le croyait dans la maladie d'Alzheimer et que la protéine tau anormale a des effets plus graves lorsqu'elle sort du neurone. Cela implique aussi que le suivi de la protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien (dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière) pourrait aider au diagnostic de la maladie. Les espèces toxiques de la protéine pourraient également constituer des cibles thérapeutiques pour une immunothérapie", estime le spécialiste lillois.

L'équipe dirigée par M. Tolnay ouvre une piste nouvelle pour élucider l'origine de la maladie d'Alzheimer. Différentes hypothèses ont été formulées. Elles impliquent des facteurs environnementaux, incluant une exposition à des métaux lourds comme le mercure, et des facteurs génétiques de prédisposition : plusieurs gènes ont été identifiés mais il s'agit de formes familiales rares de la maladie.

 

Paul Benkimoun

Article paru dans l'édition du 13.06.09

09/06/2009

L'effet boomerang de l'antisarkozysme

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/l-effet-boomerang-de-l-antisarkozysme_1203799_1168667.html

 

L'effet boomerang de l'antisarkozysme

LE MONDE | 08.06.09 | 13h48  •  Mis à jour le 08.06.09 | 13h50

 

Un séisme. Le mot n'est pas trop fort pour décrire les bouleversements qui se sont produits, dimanche 7 juin, sur la scène politique française. Réputé pour sa brutalité, le scrutin européen, qui se déroule à la proportionnelle à un tour, a fait deux grandes victimes : le PS, qui tombe à 16,48 % des suffrages exprimés, et le MoDem, qui n'en obtient que 8,45 %.

Mais, une fois n'est pas coutume, il a aussi consacré deux vainqueurs, l'UMP, qui arrive en tête avec 27,87 %, et Europe Ecologie, qui fait pratiquement jeu égal avec le PS à 16,28 %. Deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, ces résultats appellent une série de questions qui vont structurer toute la suite du quinquennat.

Quelle est la réalité de l'antisarkozysme ? Hormis celles de l'UMP, les listes qui concouraient avaient comme point commun l'opposition au chef de l'Etat. Or, le parti présidentiel arrive largement en tête, ce qui ne s'était pas produit depuis 1979. Dispersés, mal structurés, les opposants au président de la République ne parviennent pas à peser, alors même que le scrutin comportait une dimension de vote sanction.

Autre fait troublant: les deux partis qui avaient démarré la campagne sur une opposition frontale au chef de l'Etat boivent le bouillon: le PS accuse un retard de plus de onze points sur l'UMP, et le MoDem, qui voulait être la surprise de ce scrutin, est en recul de 3,4 % par rapport à son score de 1994. L'un et l'autre ont commis l'erreur de se tromper d'élection, de négliger la dimension européenne du scrutin, d'oublier d'être une force de propositions. Ils se sont noyés dans leur antisarkozysme, offrant, par contrecoup, au président de la République l'opportunité d'accélérer les réformes sans renoncer à l'ouverture.

Le Parti socialiste est-il en bout de course ? Depuis 2002, le principal parti d'opposition ne parvient pas à se reconstruire. Le ministre de la relance Patrick Devedjian n'a pas manqué de le souligner en comparant le score enregistré dimanche par le PS à celui de Lionel Jospin le 16 avril 2002.

Absence de leadership, de projet, d'alliés, les maux dont souffre ce parti sont pointés du doigt par tous ces dirigeants sans qu'aucun ne parvienne à prendre le dessus. En s'approchant du très mauvais score de Michel Rocard en 1994 (14,49%) alors qu'elle s'était fixé un objectif de 20 % à 22 %, Martine Aubry l'Européenne, la fille de Jacques Delors, enregistre une défaite personnelle. Hormis l'outre-mer, toutes les régions sont en repli, Nord compris.

Mal remis des séquelles du congrès de Reims, le PS n'a pas seulement fait une très mauvaise campagne. Il a été aussi affaibli par la dissidence de Jean-Luc Mélenchon qui, allié au PC dans le Front de gauche, est parvenu à attirer 6,05 % des voix, et à devancer le NPA d'Olivier Besancenot (4,88 %).

Comme à chaque lendemain de défaite, les responsables socialistes – Martine Aubry en tête – promettent de s'attaquer à la rénovation, mais le chantier est compliqué par l'apparition d'un nouveau handicap: le score piteux du PS ne lui permet pas de prétendre être la force autour de laquelle se réorganise l'opposition, il doit compter avec un revenant: Daniel Cohn-Bendit.

L'écologie est-elle en train de s'imposer comme l'utopie du XXIe siècle ? Menacés de disparition lors de l'élection présidentielle de 2007, les Verts connaissent une spectaculaire renaissance à la faveur de "l'ouverture" menée par Daniel Cohn-Bendit.

Rassemblant sous sa bannière les Verts, les amis de Nicolas Hulot, les associatifs, ainsi que des personnalités comme José Bové ou Eva Joly, le député européen a mené une campagne 100 % écologique et 100 % européenne, au moment où l'idée de croissance verte est en vogue dans l'Union.

Il a eu du nez : l'homme à la mode, c'est lui, qui approchera les 70 ans à la fin de son mandat. Pour que ce ne soit pas qu'un feu de paille – un risque dans ce genre d'élection –, il reste à structurer un courant écologique, alors que l'ancien leader de mai 1968, qui a la nationalité allemande, veut continuer à vivre entre Francfort et Bruxelles.

Les frontières traditionnelles ont-elles vécu ? La question se pose dans chaque camp, obligé de remettre à plat la question des alliances. A droite, l'UMP règne, mais sur un désert. Grace à des thèmes comme la sécurité, elle est parvenue à contenir l'électorat frontiste à 6,34 % et souverainiste à 6,57 %, mais il lui manque des alliés pour espérer remporter le scrutin régional de 2010, qui se joue à deux tours.

A gauche, le PS se retrouve écartelé entre les partisans de l'alliance avec la gauche radicale et ceux qui lorgnent vers un MoDem très mal en point. Des deux côtés, le succès des listes Europe Ecologie incite à un recyclage accéléré de la thématique verte. Le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a été le premier à tenter le raccourci entre l'UMP et Europe Ecologie, en estimant que les Français avaient soutenu les listes qui ont parlé "d'avenir, d'Europe et de planète".

De fait, il ne faut pas négliger dans cette élection la dimension européenne. Les listes qui s'en sont le mieux sorties sont celles qui ont su marier une vision européenne avec les enjeux français. De quoi nuancer les interprétations du niveau record de l'abstention (59,36 %).

 

Françoise Fressoz

Article paru dans l'édition du 09.06.09

10:21 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

Les Verts et Cohn-Bendit

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/la-revanche-de-dany-l-europeen_1203797_1168667.html

 

La revanche de "Dany" l’Européen

LE MONDE | 08.06.09 | 13h52

 

Vous n'imaginez pas le pouvoir de Dany!" Parodiant le slogan de la campagne des listes Europe Ecologie – "Vous n'imaginez pas le pouvoir de l'écologie" – les jeunes Verts ont résumé dimanche en quelques mots l'effet Cohn-Bendit sur l'écologie française. Dix ans après sa première campagne européenne en France, au terme de laquelle il s'était fait tacler sèchement par Dominique Voynet d'un "on l'envoie à Bruxelles pour cinq ans et après… merci Dany!", le député allemand voit enfin ses mérites reconnus.

Le succès singulier de l'écologie à plusieurs voix, c'est lui. Le mariage entre un José Bové, un proche de Nicolas Hulot, un ancien dirigeant de Greenpeace, et l'ex-magistrate Eva Joly, c'est encore lui. Et la percée comme troisième force politique, à un souffle du PS, c'est toujours lui. "Dany le Rouge", transformé en Européen "libéral-libertaire", est devenu en quelques mois l'homme providentiel chez les Verts et dans tout le courant écologiste. Il entend bien le rester.

Il a mis tant d'énergie, de patience souvent, pour y parvenir, malgré quelques maladresses. Il enrageait de voir la galaxie écologiste française si mal en point. Eclatée entre sa composante politique, les Verts, et une myriade d'associations, de cercles environnementalistes et de personnalités aux ego démesurés. Divisée entre sa composante réaliste et sa mouvance plus gauchiste. Et surtout amoindrie par les échecs électoraux successifs : à la présidentielle, où Dominique Voynet avait obtenu un petit 1,57%, aux législatives, qui avaient vu les députés Verts élus grâce aux largesses du PS et aux municipales, où la victoire de Dominique Voynet à Montreuil a masqué un piètre score national.

Depuis quarante ans, cet ovni de la scène politique n'a jamais tiré un trait sur le pays qui l'avait jugé indésirable en 1968. La France le fascine et il a tenté à maintes reprises d'y jouer le rôle de l'outsider. En 1999, il amène la liste des Verts à frôler les 10% des voix aux élections européennes, faisant la preuve de ses talents de bateleur et séduisant les militants. Mais il est décidément trop étranger à la culture du parti, qui se méfie de ses "coups" et de sa propension à dire "je". Et puis Dominique Voynet le soupçonne de vouloir faire une OPA sur les Verts.

"Je ne suis pas un homme de parti", jure-t-il pourtant régulièrement. La preuve? Il n'a jamais réussi à construire un courant dans ce parti qui en compte pourtant tellement. Il préfère faire des incursions, se réclamant d'une "troisième gauche" jusqu'alors invisible en France, agaçant ses "camarades" avec ses accents "libéral-libertaires" trop ouvertement assumés, affichant son admiration pour Ségolène Royal, elle aussi rebelle à son parti. Et assumant, dés 2000, son attirance pour un François Bayrou qu'il considère alors comme "le plus intelligent des députés européen".

En 2004, Daniel Cohn-Bendit est élu une nouvelle fois au Parlement européen, en Allemagne cette fois-ci. Rien n'indique qu'il replongerait un jour dans les méandres de l'écologie française. Mais lorsque, en mai 2007, les Verts sortent laminés de l'élection présidentielle, il ne lui faut pas deux mois pour qu'il fasse savoir qu'il a "une disponibilité qui reste à inventer".

Sans donner de suites immédiates, trop échaudé par les bisbilles internes aux Verts, il attend son heure. Elle vient un an plus tard, lorsque les amis de Noël Mamère l'appellent au secours pour qu'il mène une liste de "rassemblement des écologistes de Nicolas Hulot à José Bové". En août 2008, il est accueilli en héros aux Journées d'été des Verts. L'eurodéputé allemand, qui s'en va en repérant que ses amis n'ont plus le monopole de l'écologie, leur promet même "des larmes et des pleurs". Mais le casting est trop beau : "DCB" flanqué d'Eva Joly, de l'ex-Greenpeace Yannick Jadot, du turbulent noniste José Bové, et de Jean-Paul Besset, le bras droit de Nicolas Hulot… Pourtant, en ce mois de janvier 2009, alors qu'ils présentent leurs listes panachées, les écolos se sentent bien seuls à parler d'Europe. Ils multiplient les petites réunions, tapent à la porte des médias, alertent sur l'"urgence écologiste", même – et surtout disent-ils – en pleine crise économique. Ils sentent que le discours, en période de mobilisations sociales, a du mal à passer. Alerté, "Dany" ne cède pas. Les sondages le donnent à 7%, lui martèle qu'il vise "10% et plus". Pas question, expliquent ses proches, de coller au discours syndical, ni d'embrayer sur une ligne "anti-Sarko": il veut expliquer encore que la réponse à la crise n'est pas nationale mais européenne et que la campagne ne doit pas être "un remake de 2007". Il assume une campagne faite pour séduire un électorat de centre gauche.

Et puis, sa petite musique prend. Ses colistiers en jouent, chacun dans son style. Le concert plaît non seulement aux militants mais aussi à un électorat de plus en plus déboussolé par une gauche éclatée. Cohn-Bendit et ses amis sont alors les seuls à parler des dégâts climatiques et de leurs conséquences. Les têtes de listes agissent comme autant de locomotives. Telle Eva Joly et son discours bien rodé sur les paradis fiscaux. Ou un Yannick Jadot, tête de liste dans l'Ouest, qui pourfend EDF et sa culture du secret. Mais ils savent que sans "Dany", ils ne seraient pas sur la photo. "Je suis fier d'être avec lui", répète à tous ses meetings un José Bové assagi. "C'est notre chef de cordée", glisse l'ex-magistrate, sa nouvelle complice. "Il sait, comme Platini ou Zidane, marquer des buts mais aussi faire des passes décisives", ajoute M. Jadot.

Puis survient l'incident télévisé avec François Bayrou. Daniel Cohn-Bendit s'emporte, l'échange dérape et le président du MoDem l'accuse d'"ignominies", faisant directement allusion à des écrits de l'ex-leader de Mai-68 sur la sexualité des enfants, datant de 1975, qui avaient provoqué une violente polémique en 2001. Le lendemain, le député européen calme le jeu, en promettant d'en discuter avec son adversaire. Les électeurs le suivent: l'incident pourrait bien lui avoir donné un coup de pouce supplémentaire.

Dimanche, les écolos sont devenus la troisième force politique française. Crâneur, "Dany" assure qu'il avait fait quatre paris : faire plus de 10%, faire mieux que les Verts allemands, finir devant le MoDem, être devant le PS en Ile-de-France. "Je les ai tous gagnés", clame-t-il. "J'en ai fait même un cinquième, devant un tout petit groupe d'amis voici quelques jours: avoir une chance de passer devant le PS au niveau national." Il n'y est pas parvenu, mais de si peu… Ses traits sont tirés, le visage creusé de rides et le cheveu toujours aussi en bataille. Mais à 64ans, l'agitateur, qui se pensait mal-aimé, a gagné. Voici un an, il confiait au Monde qu'il rêvait d'assister à son propre enterrement : "Etre là pour écouter ce que les gens disent, voir ceux qui pleurent." Dimanche, l'heure du deuil politique a sonné pour d'autres. Lui est bien vivant.

 

Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du 09.06.09

10:16 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société

Le succès oblige les écologistes à rester unis

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/le-succes-oblige-les-ecologistes-a-rester-unis_1203810_1168667.html

 

Le succès oblige les écologistes à rester unis

LE MONDE | 08.06.09 | 14h58  •  Mis à jour le 09.06.09 | 07h24

 

Les Verts n'avaient jamais espéré un tel score, même dans leurs rêves les plus fous : quatorze élus grâce à leur alliance au sein d'Europe Ecologie contre six, quatre ans auparavant, sous leurs seules couleurs. Dimanche soir, l'euphorie était sans limites à La Bellevilloise (Paris 20e), où les militants s'étaient donné rendez-vous.

"Historique", "énorme", "spécial", les qualificatifs tournaient comme les têtes des Verts, très présents dans la salle. Oublié, le 1,57% de Dominique Voynet à la présidentielle de 2007. Bannies, les querelles de courants entre les "réalos" et la gauche des Verts. L'heure était au "rassemblement". "Restons surtout, surtout unis", a imploré Pascal Durand, directeur de la campagne et fin connaisseur des bisbilles des écolos.

L'enjeu est désormais double pour cette galaxie qui connaît son premier vrai succès électoral: maintenir l'unité écologiste entre Verts, amis de Nicolas Hulot, altermondialistes proches de José Bové, militants venus du monde associatif (à l'instar de Yannick Jadot, ancien de Greenpeace) et personnalités comme l'ex-magistrate Eva Joly. Et éviter un retour en arrière, avec un petit parti vert rongé par ses divisions.

Si les uns et les autres ont mené campagne ensemble, la méfiance n'a pas disparu. Notamment à l'égard des dirigeants Verts, soupçonnés de vouloir se placer au centre de cette galaxie.

Les Verts ont bien programmé une assemblée générale de bilan des européennes, le 14 juin. Mais ils ont prévu d'inviter tous les acteurs de la campagne. "Ce score va calmer tout le monde en interne comme en externe. Ce résultat nous engage tous à une grande modestie", a lancé, prévenante, la secrétaire nationale, Cécile Duflot.

Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot qui envisageait de lancer un appel à la création d'une nouvelle organisation écologiste large – comprendre avec ou sans les Verts –, tient désormais un discours plus conciliant : "On va taper l'incruste", s'amusait-il dimanche soir. "C'est avec la tête froide et le cœur chaud qu'on arrivera à poursuivre le rassemblement", a prévenu de son côté Daniel Cohn-Bendit.

Pas question de laisser s'échapper l'occasion tant espérée de prolonger le rassemblement amorcé. Pour tous, le succès a montré la crédibilité des réponses écologistes dans un contexte de crise économique, n'en déplaise à la gauche. Et le défi est dorénavant de montrer que les écologistes sont durables.

Les élections régionales sont déjà dans toutes les têtes. Fini le temps où les écologistes n'étaient qu'une force d'appoint pour le PS. Avec plus de 16% au niveau national – et même 20,86% en Ile-de-France –, ils comptent bien tenir la dragée haute à leurs alliés potentiels. Et faire jouer la concurrence en adoptant une ligne d'"autonomie" au premier tour. "Pas question de se relancer dans des discussions de marchands de tapis", a prévenu Jean-Vincent Placé, bras droit de Cécile Duflot. Pascal Durand renchérit : "Ce n'est plus aux écolos de se dire de gauche mais à la gauche d'intégrer l'écologie politiquedans son programme." Les socialistes sont prévenus : il faudra désormais faire les yeux doux pour toute alliance.

 

A condition que les Verts ne retournent pas à leurs vieux démons.

 

Laetitia Van Eeckhout et Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du 09.06.09

10:07 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

Appel aux montpelliérains !

lu sur :

http://collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2009/06/05/sauvons-les-arbres-appel-a-la-mobilisation-le-mardi-9-juin.html

"Sauvons les arbres" : appel à la mobilisation le mardi 9 juin à 18h à la Maison de la Démocratie

"Sauvons les arbres"
appel à la mobilisation le mardi 9 juin à 18h à la Maison de la Démocratie 16 rue de la République

La mairie a soudainement décidé d'une réunion publique sur un projet définitif, celui de Mare Nostrum (qui est malheureusement toujours le même, avec une rue sous les arbres entraînant leur disparition et la perte de la cabine téléphonique).


Elle nous a averti avant-hier mardi que cette réunion aura lieu mardi prochain, le 9 juin à 18h à la Maison de la Démocratie, 16 rue de la République.


Il est primordial que chacun d'entre nous assiste à cette concertation, car la mairie, voulant appliquer la Démocratie Participative à la place Jaumes, nous demande de présenter notre projet.


Il nous faut donc un soutien et une mobilisation massive si nous voulons faire entendre nos propositions.
L'avenir de la place est en jeu, la vie des arbres également.

Faites passer l'information, venez nombreux, même si vous ne pouvez être présents dès 18h le 9 juin !!!

Europe et écologie : la nouvelle assemblée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/les-ecologistes-progressent-dans-la-nouvelle-assemblee_1203906_1168667.html

 

Les écologistes progressent dans la nouvelle Assemblée

LE MONDE | 08.06.09 | 15h12

 

Les Verts avaient 43 sièges dans le Parlement européen sortant. Avec probablement 51 sièges dans la nouvelle Assemblée, ils progressent clairement, mais constituent toujours la quatrième force politique de l'Assemblée de Strasbourg - derrière les conservateurs, les socialistes et les libéraux-démocrates. Seul mouvement politique réellement homogène sur le plan européen, les Verts n'atteignent pas leur rêve de franchir le seuil de 60 députés.

La France, deuxième plus gros pourvoyeur d'élus au Parlement, avec 72 députés, est pour beaucoup dans cette progression, puisque l'alliance écologique menée par Daniel Cohn-Bendit apportera quatorze sièges aux Verts.

Mais les écologistes restent dans leurs bastions. Peu présents dans les pays récemment entrés dans l'Union, où l'écologie n'est pas encore un thème électoral majeur, on les retrouve surtout en Europe du Nord, exception faite de la Grèce. Là, alors que les écologistes étaient quasi inexistants (0,67 % en 2004), ils percent à 3,3 % des voix, sans toutefois transformer l'élan prévu par les sondages pendant la campagne électorale.

En Allemagne, fief traditionnel des écologistes, les Verts maintiennent leur position, avec 12,1 %, soit une très légère progression par rapport à 2004, où ils avaient obtenu 11,9 %. En Suède, le parti écologiste progresse, avec 10,9 % des voix contre 6 % en 2004, au détriment du parti de la gauche, qui recule de moitié, autour de 6 % contre 12,8 % lors de la précédente élection.

Au Luxembourg, on note aussi une légère progression des Verts, à 12,2 % contre 11,6 % en 2004. Au Portugal, les Verts avaient fait alliance avec les communistes et obtiennent 10,65 %. Cette alliance contribue à la victoire très nette de la gauche non socialiste, qui totalise ainsi, avec les 10,7 % de la coalition d'extrême gauche, plus de 21 % des voix.

En Autriche, en revanche, le parti écologiste est en recul, à 9,5 % contre 12,9 % en 2004. C'est d'ailleurs le sixième scrutin d'affilée qui voit les Verts autrichiens s'effriter et perdre cette fois un quart de leur électorat.

 

Raphaëlle Bacqué

Article paru dans l'édition du 09.06.09

09:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

Le Front de gauche devance le NPA

lu sur :

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/08/le-front-de-gauche-devance-le-npa_1203926_1168667.html

 

Compte rendu

Le Front de gauche devance le NPA

LE MONDE | 08.06.09 | 15h36  •  Mis à jour le 08.06.09 | 15h36

 

Dans la compétition qui opposait le Front de gauche au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), les amis de Marie-George Buffet et de Jean-Luc Mélenchon ont emporté la partie. Avec 6,05 % des voix et quatre élus, l'alliance du PCF, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire (transfuges du NPA) a réussi son pari. Alors qu'il était largement en tête des enquêtes d'opinion pour la cinquième place en début de campagne, le NPA s'est fait dépasser et obtient au final 4,88 %, mais pas d'élus.

"Nos listes ont été les seules qui ont donné à voir un espoir qui se lève. On a commencé cette démarche d'union sur la base d'un projet politique audacieux, il faut la poursuivre", a lancé la secrétaire nationale du PCF sur une péniche amarrée au port de la Gare à Paris. Entourée des militants qui scandaient "Tous ensemble, tous ensemble, Front de gauche", la numéro un communiste a expliqué que, si la coalition avait eu ce résultat encourageant, c'était grâce au "rassemblement". Jean-Luc Mélenchon n'était pas en reste. Si, à ses yeux, "la gauche n'a pas de quoi pavoiser", car "le PS est dans le trou", le Front de gauche est "un point d'appui, une méthode pour rassembler et marier identité et unité".

Cette campagne mêlant culture communiste, socialiste et trotskiste, mais qui a su attirer des syndicalistes, des adhérents du Mouvement républicain et citoyen, ou des collectifs antilibéraux, a réussi une petite dynamique militante. Les listes du Front de gauche ont bénéficié aussi d'un électorat plus captif, plus vieux et donc plus prompt à se mobiliser.

Le PCF sauve ainsi la face avec l'élection de Patrick Le Hyaric en Ile-de-France, de Jacky Hénin dans le Nord. S'y ajoute celle d'une militante associative, Marie-Christine Vergiat dans le Sud-Est et d'un élu du Parti communiste réunionnais, Elie Hoareau. Et Marie-George Buffet peut partiellement effacer son score désastreux de 1,93 % à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon réussit son pari en emportant un siège dans le Sud-Ouest, sur les terres traditionnellement socialistes. "Si on veut avoir d'autres résultats, c'est toujours ensemble qu'on y arrivera", a conclu Mme Buffet, dimanche 7 juin. C'est désormais l'enjeu pour cette gauche antilibérale : parvenir à maintenir l'attelage, et même l'élargir "à quatre, cinq ou beaucoup plus", comme le dit la numéro un communiste.

 

AMBIANCE MODESTE AU NPA

L'ambiance était plus modeste au NPA. Devant une quinzaine de militants, c'est Omar Slaouti, tête de liste d'Ile-de-France, qui a donné l'analyse du résultat de son parti : "Ce fut notre premier test électoral. Et avec près de 5 %, c'est plutôt un bon résultat." "C'est un bon début", a déclaré, de son côté, M. Besancenot, précisant qu'"il faudra faire avec la gauche anticapitaliste dans ce pays". Le ton était donné : l'objectif a presque été atteint

Expliquant que leurs listes ont pâti plus que d'autres d'une abstention particulièrement forte dans les milieux populaires, les amis d'Olivier Besancenot tentent de donner le change. "Avec près de 5 %, notre progression par rapport à 2004 est notable", analyse François Sabado, un vieux dirigeant de la LCR. "Ce n'est pas une percée ni un résultat fracassant, mais dans les conditions d'un scrutin difficile pour nous, c'est assez satisfaisant", admet Pierre-François Grond, membre de l'exécutif.

Le parti de M. Besancenot se maintient au niveau du score de son leader à la présidentielle. Le résultat est modeste et la bagarre avec le Front de gauche perdue. Mais en doublant le score obtenu en 2004, alors dans le cadre d'une alliance avec Lutte ouvrière, le NPA s'installe. Il a distancé les amis de Nathalie Arthaud et Arlette Laguiller. Et presque doublé le score de l'extrême gauche à lui tout seul. Reste à garder l'élan militant qui s'était agrégé au sortir de la campagne présidentielle autour d'un axe : le NPA serait la seule "vraie gauche". Ce test les a détrompés.

 

Sylvia Zappi

 

Pas d'élus pour Lutte ouvrière

Avec 1,2 % des voix, Lutte ouvrière (LO) s'est fait une fois de plus distancer par les amis d'Olivier Besancenot. La désignation de Nathalie Arthaud comme nouvelle porte-parole, à la place d'Arlette Laguiller, n'a pas suffi à renouveler l'image un peu désuète et très orthodoxe de LO.

"Nos scores sont modestes, mais témoignent de la permanence d'un courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte ouvrière", a reconnu Mme Arthaud dans un communiqué. Et d'ajouter : "Et si le poids de cet électorat est faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales."

Après avoir fait campagne sur le peu d'intérêt des travailleurs pour ce scrutin, LO estime que les élections européennes constituent "un épiphénomène dans une période où les classes populaires subissent des attaques".

Article paru dans l'édition du 09.06.09

09:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique

05/06/2009

Raisins de table : contamination par un ou plusieurs pesticides.

lu sur :  http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3781

 

En octobre dernier, cinq associations environnementales européennes achetaient du raisin de table dans 16 chaînes de supermarchés situées en Allemagne, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas et Allemagne. L'objectif de l'opération était d'évaluer la teneur en pesticides de ces raisins, de la même manière que cela l'avait déjà été pour le vin (1) précédemment. La publication des résultats de cette étude, fin novembre, a été sans appel… 99,2 % des échantillons présentant une contamination par un ou plusieurs pesticides (*).

Un tel résultat n'a évidemment pas plu aux producteurs, puisque la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (2) a assigné en justice le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures), association référence pour l'opération en France. En conséquence, pour ce qui est considéré comme un "dénigrement du raisin de table", le MDRGF se voit réclamer la somme de 500 000 €, la publication du jugement dans 10 médias nationaux et la suppression sur son site Internet.

Pour l'association, il s'agit d'une "attaque scandaleuse visant simplement à nous faire taire car notre travail dérange tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles". Avec cette assignation, comme le souligne le MDRGF, c'est en fait la liberté d'information qui est mise en cause, et la décision du tribunal sera à ce titre doublement intéressante à connaître.

Notons que de la même manière, la chaîne de télévision TF1 aurait également été assignée en justice pour avoir dénigré le raisin de table dans le cadre de l'émission "Attention à la marche", le 22 novembre dernier. Dans cette dernière, un candidat s'est en effet vu poser la question : "quel est le pourcentage de raisin contaminé par les pesticides vendus en grande distribution ?"…

Pascal Farcy

1- Voir l'article "Vin : jusqu'à 5800 fois plus de pesticides que dans l'eau".

( http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3076 )

2- La FNPRT est affiliée à la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3477