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29/09/2009

La France doit mieux contrôler les traces de radioactivité dans les dépôts industriels de cendres de charbon

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lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/29/la-france-doit-mieux-controler-les-traces-de-radioactivite-dans-les-depots-industriels-de-cendres-de-charbon_1246663_3244.html#ens_id=1246770
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La France doit mieux contrôler les traces de radioactivité dans les dépôts industriels de cendres de charbon
LE MONDE | 29.09.09 | 15h51  •  Mis à jour le 29.09.09 | 15h51
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a France se chauffe de moins en moins au charbon. Sous les coups de boutoir du nucléaire et du gaz, il ne représente plus qu'environ 4 % de la production d'électricité. Mais l'héritage des centrales thermiques à base de houille est encore bien présent. Plus d'une douzaine de millions de tonnes de cendres issues de la combustion du charbon sont stockées un peu partout en France. Et ces résidus contiennent parfois des métaux lourds ou des éléments radioactifs. Ce qui n'empêche pas leur valorisation par le secteur de la construction.

Entre terrils, silos et bassins de stockage, les stocks de cendres de charbon font souvent partie du paysage. La majeure partie dépend des centrales thermiques d'EDF et de la SNET, filiale du groupe allemand d'énergie E.ON. Malgré leur volume, ces sites n'attirent pourtant pas souvent l'attention. "Les dépôts de cendres sont oubliés", lance Jacky Bonnemains, de l'association de défense de l'environnement Robin des bois, qui a mené, pour l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), une étude sur ces dépôts.

Aux Etats-unis, la question fait en revanche du bruit depuis le début de l'été. En juillet, des élus et des associations ont demandé à connaître la liste des dépôts à risque. Après un premier refus, l'Environment Protection Agency (EPA) a cédé et, depuis la mi-septembre, livre des éléments sur ces dépôts, dont certains sont gérés dans des conditions de sécurité "faibles", selon l'EPA.

Si les conditions de stockage paraissent plus maîtrisées en France qu'aux Etats-Unis, le suivi des dépôts est encore insuffisant selon Robin des bois. "Il est dangereux de considérer de manière définitive les cendres comme des déchets inertes", note l'auteur du rapport, qui souligne que, selon le pays d'origine du charbon importé, elles pourraient contenir non seulement des métaux lourds, mais aussi des éléments radioactifs tels le thorium ou l'uranium. Or, bien qu'en principe interdits d'accès au public, ces sites sont parfois visités par des adeptes du moto-cross ou des chasseurs. Et surtout, les grandes quantités de cendres pourraient avoir un effet polluant sur les eaux proches du site ou, en s'envolant, sur l'air respiré alentour.

Du point de vue de la réglementation, les dépôts de cendres sont considérés comme des installations connexes des centrales thermiques, devant faire l'objet d'une déclaration. Leur gestion est confiée à l'opérateur de la centrale thermique - en service ou non.

"Les caractéristiques chimiques des cendres sont relativement connues", estime Stéphane Noël, responsable de la mission "sûreté nucléaire et radioprotection" à la direction générale de la prévention des risques du ministère de l'écologie, "mais le suivi radiologique, notamment de la qualité des eaux environnantes au plan radiologique, est le chaînon manquant". Joël Brogat, délégué technique et patrimoine au sein de la division d'EDF en charge des installations thermiques, affirme pour sa part que "les métaux lourds et les éléments radioactifs ne se trouvent que dans des quantités très très faibles" dans les cendres gérées par EDF. Il pointe le fait que les cendres des sites dépendant d'EDF sont soit conservées dans des silos, ou gardées sous forme humide, ce qui limiterait le risque d'envol.

"Création d'une structure"

Le ministre de l'écologie a adressé aux préfets une circulaire le 18 juin 2009 leur demandant de mettre en place des mesures de surveillance autour des sites de déchets radioactifs, s'appliquant aussi aux dépôts de cendres contenant des éléments à "radioactivité naturelle renforcée". Après un premier état des lieux, des décisions de renforcement du suivi pourraient être prises.

La France continue de produire plusieurs centaines de milliers de tonnes de cendres par an, résidus du travail des 9 centrales qui tournent au charbon en France, 5 pour EDF et 4 pour la SNET. Malgré cela, la valorisation de ces résidus réduit peu à peu les stocks. Les cendres sont utilisées pour leurs propriétés mécaniques dans le ciment ou le béton, ou comme matériau de remblais sur des infrastructures routières ou des grands ouvrages comme le chantier du TGV Est. D'où le nécessaire renforcement du suivi de la composition de ces cendres. Face à tous ces risques, M. Bonnemains estime qu'un meilleur contrôle des cendres de charbon devrait passer par "la création d'une structure extérieure aux producteurs pour assurer un suivi longitudinal et contradictoire". Pour que l'héritage du charbon thermique ne soit pas trop lourd à supporter.


Sur le Web : l'étude de Robin des bois pour l'ASN, www.asn.fr.

 

Bertrand d'Armagnac
Article paru dans l'édition du 30.09.09

27/09/2009

Les océans et le CO2

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3919

 


25-09-2009

La hausse de la concentration de CO2 compromet la vie dans les océans

Les 30 % de CO2 émis par l'homme, qui sont captés par les océans, ne sont pas sans influence sur leur composition chimique. En effet, on sait depuis plusieurs années que les 25 millions de tonnes de gaz carbonique, qui se combinent chaque jour avec l’eau de mer, sont à l'origine d'un phénomène d'acidification des eaux océaniques qui rend plus difficile la fabrication de calcaire par les organismes marins tels que les coraux, les algues, le phytoplancton ou même les moules.

Toutefois, cette acidification ne se produit pas d'une manière homogène dans la colonne des eaux océaniques. Le phénomène est plus important dans les profondeurs, là où se trouvent les plus fortes concentrations de CO2. Pour cette raison, des chercheurs du laboratoire d'océanographie de Villefranche (CNRS / UPMC) se sont intéressés à l'impact d'une diminution du pH de l'eau sur des organismes calcificateurs qui y vivent.
C'est dans ce cadre qu'ils ont constaté que les ptéropodes (escargots marins nageurs, photo ci-contre) voient leur coquille calcaire se constituer 30 % moins vite lorsqu'ils sont maintenus dans une eau de mer ayant les caractéristiques attendues en 2100 (1). De même, les coraux profonds pourraient voir une chute de leur croissance encore plus forte (- 50%), comme pour celle mise en évidence pour le corail Lophelia pertusa.

Pour les chercheurs, la perturbation à venir, du développement de ces organismes des profondeurs, aura une influence directe sur l'ensemble de la chaîne alimentaire qui repose sur les ptéropodes et sur les espèces qui profitent de l'écosystème induit par la présence des coraux.

Pascal Farcy

1- Au rythme des émissions actuelles de CO2, on estime que le pH diminuera de 0,4 unité d’ici 2100, ce qui représente un triplement de l’acidité moyenne des océans, une première dans les 20 millions d’années passées. Ce phénomène ne pourra être contrôlé qu’en limitant les concentrations futures de CO2 dans l’atmosphère.

08/09/2009

La pollution de la réserve naturelle des Coussouls de Crau

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/08/possible-aggravation-de-la-pollution-de-la-reserve-naturelle-des-coussouls-de-crau_1237446_3244.html
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Possible aggravation de la pollution de la réserve naturelle des Coussouls de Crau
LE MONDE | 08.09.09 | 14h42  •  Mis à jour le 08.09.09 | 14h42
Marseille Correspondant


n mois après la rupture, le 7 août, d'un pipeline au coeur de la réserve naturelle des Coussouls de Crau (Bouches-du-Rhône), les conséquences déjà désastreuses de la destruction d'un écosystème unique en Europe pourraient se doubler d'une pollution de la nappe phréatique. La Société du pipeline sud-européen (SPSE), gestionnaire de l'oléoduc, a en effet décelé, jeudi 3 septembre, des "traces d'hydrocarbures à proximité du point de rupture". En application d'un arrêté préfectoral imposant les conditions de dépollution des cinq hectares de steppe souillés, quatre piézomètres - instruments servant à mesurer la compressibilité des liquides - surveillent la qualité de la nappe phréatique, l'une des plus étendues de France. Elle alimente en eau potable 250 000 habitants des Bouches-du-Rhône.

 

Des analyses sont en cours pour comparer les caractéristiques de l'hydrocarbure répandu dans la réserve naturelle à celles des traces relevées dans l'eau. Des prélèvements dans les puits de bergerie et les points d'eau de cette zone aride sont effectués deux fois par semaine. "Il n'existe pas de risque immédiat de pollution de la nappe phréatique", considère François Trabucco, directeur technique adjoint de la SPSE. Il souligne que la vitesse du courant à cet endroit de la nappe est d'un mètre par jour. Le point de captage d'eau potable le plus proche se situe à Port-Saint-Louis-du-Rhône, à 5 kilomètres, soit "4 000 à 5 000 jours", calcule le gestionnaire de l'oléoduc. Un délai qui lui permettrait de mettre en place le dispositif de dépollution de l'eau qu'il a présenté, durant la semaine du 1er septembre, aux responsables de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement et au Syndicat mixte de gestion de la nappe phréatique de la Crau (SYMCrau). Le risque d'une pollution de l'eau est pourtant pris au sérieux. Un test a été conduit à Port-Saint-Louis-du-Rhône, consistant à basculer le réseau d'alimentation de la commune sur celui du Grand Port maritime de Marseille.

"Travaux titanesques"

Cette nouvelle menace intervient alors que le gestionnaire de la réserve naturelle et un collectif d'associations s'alarment "des travaux titanesques" entrepris pour dépolluer. La création de cheminements routiers, l'implantation d'une "base de vie" pourraient faire que pour un hectare dépollué, trois hectares soient touchés. Des pelleteuses raclent le sol sur une profondeur de 40 centimètres, et un ballet incessant de camions bâchés évacue les terres contaminées. Les cailloux sont nettoyés, éventuellement pour être replacés. La SPSE estime que 1 600 rotations de camions seront nécessaires pour mener à bien les opérations d'excavation de 36 000 tonnes de terre. Cent camions traversent donc quotidiennement le site classé Natura 2000. Aux Coussouls, lieu de pâturage ovin depuis six mille ans, comme en témoignent des vestiges datant du néolithique et des restes de bergeries romaines, "la végétation exceptionnelle est détruite à jamais", déplore Thierry Dutoit, professeur à l'université d'Avignon.

La SPSE a par ailleurs procédé au remplacement du pipeline endommagé, enterré là en 1971, et a renforcé seize autres tronçons. L'état des 4 900 kilomètres de canalisation transportant des matières dangereuses enfouies dans le sol de Provence-Alpes-Côte d'Azur inquiète le préfet de région, Michel Sappin. A l'issue d'une réunion, vendredi 4 septembre, avec les représentants de 80 communes des Bouches-du-Rhône concernées et vingt-trois exploitants d'oléoducs, le représentant de l'Etat a annoncé le recensement, d'ici à fin septembre, "des canalisations sur lesquelles nous avons des préoccupations". Comme une mise en garde aux exploitants, le préfet a indiqué qu'"on est entrés dans une nouvelle ère. Ce qui était admissible il y a vingt ans ne l'est plus aujourd'hui".

 

Luc Leroux
Article paru dans l'édition du 09.09.09

07/09/2009

Comment on extrait le charbon aux USA

lu sur :
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/09/07/etats-unis-la-montagne-decapitee_1236934_3222.html#ens_id=1237012
Reportage
La montagne décapitée
LE MONDE | 07.09.09 | 14h19  •  Mis à jour le 07.09.09 | 14h19
Kayford, Caudill Homeplace, Van (Virginie-Occidentale, Etats-Unis) Envoyé spécial

u milieu de la propriété de Lucille Miller coule la Mudd River. Du porche de la maison de famille, Lucille et sa soeur, venue lui rendre visite depuis la Floride, ont vue sur une prairie verdoyante et des montagnes couvertes de forêts. Un condensé apparemment idyllique des Appalaches. Elles ont grandi là, à Caudill Homeplace, en Virginie-Occidentale. Une enfance heureuse mais modeste : la famille vivait sur les 34 dollars (24 euros) d'indemnités mensuelles du père, un mineur rendu aveugle par un accident de travail.

 

Lucille et son mari ont fait leur vie ailleurs. Mais à l'heure de la retraite, ils ont repris le chemin de Caudill Homeplace. C'est peu après que le cauchemar a commencé : "On était en 2002 quand la compagnie minière est arrivée. Ils ont proposé à tous les gens du coin de racheter leurs maisons. Presque tous ont vendu. Ils ont offert 25 000 dollars par acre (4 000 euros par m2) à un de mes cousins, qui a fini par leur vendre sa part de notre propriété. Je n'aurais cédé la mienne pour rien au monde. Ils nous ont dit : "Nous l'aurons." Nous avons dû aller au tribunal, puis jusqu'à la Cour suprême de l'Etat, pour conserver un bien qui nous appartenait déjà. Cela nous a coûté 85 000 dollars (60 000 euros)."

Aujourd'hui, la maison de Lucille Miller est régulièrement secouée par l'écho d'explosions, généralement suivies de nuées de poussière jaunâtre. Le ruisseau charrie des substances suspectes, provenant d'un bassin de sédimentation installé par l'entreprise minière, Arch Coal, au-dessus de la propriété, là où Lucille, enfant, allait cueillir des raisins sauvages. L'engoulevent bois-pourri, un oiseau très populaire dans la région, s'est tu. La poste, l'école, l'église et l'épicerie du village voisin ont disparu, réduites en cendres.

Et là-haut, la montagne ne ressemble plus à rien. Ou plutôt si : "On se croirait sur Mars, vous ne trouvez pas ?", interroge Vivian Stockman, une des responsables de l'Ohio Valley Environmental Coalition (Ohvec), une association locale en première ligne dans la lutte contre le "mountaintop removal" (MTR). Une technique d'extraction du charbon dont le nom dit tout : "Déplacement du sommet". Ce procédé est presque exclusivement utilisé aux Etats-Unis - essentiellement en Virginie-Occidentale, en Virginie, dans le Kentucky et le Tennessee - depuis le milieu des années 1990. Il est particulièrement adapté aux régions montagneuses dotées de veines de charbon fines et proches de la surface... comme les Appalaches.

On ne saurait faire plus direct : la forêt est rasée, la couche supérieure du sol déblayée, la montagne détruite à coups d'explosifs, les gravats et rochers sont évacués par des excavatrices géantes. "C'est le rêve de tout exploitant de charbon : une grande carrière où l'on utilise de simples techniques de travaux publics, commente Didier Bonijoly, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), en France. Les déblais sont repoussés dans les vallées, et il existe très peu de contraintes environnementales."

Le coût de revient du charbon extrait selon cette méthode est imbattable. Dans un pays où plus de la moitié de l'électricité est produite par des centrales à charbon, c'est une bénédiction. Selon les associations écologistes, près de 500 sommets auraient déjà été exploités et au moins partiellement détruits dans toutes les Appalaches. L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) estime que, en 2013, 6,8 % de la surface de forêts existant en 1992 dans les régions concernées aura été détruite par mountaintop removal.

Il suffit de grimper quelques centaines de mètres après la maison de Larry Gibson, en ignorant les panneaux No trespassing ("Passage interdit"), pour se rendre compte de l'étendue des dégâts. Ce retraité de General Motors pensait couler des jours paisibles à Kayford Mountain, un hameau isolé au bout d'une route de montagne. Aujourd'hui, sa maison, qu'il refuse de quitter, fait figure de radeau échoué au milieu d'un océan de rocs et de boue.

Sur ce qui reste des montagnes environnantes, des engins aux roues gigantesques sillonnent en tous sens un paysage de désolation, d'où les humains semblent absents. Trois coups de corne, et une explosion secoue le sol. Un pan de montagne vient de partir en poussière. Le ballet des excavatrices carnassières peut reprendre.

"Pendant la période d'exploitation, c'est affreux", concède Randy C. Huffman, directeur du Département de protection de l'environnement de Virginie-Occidentale, accusé par les écologistes locaux d'être de mèche avec les industriels. "Mais si vous retournez sur place dix ans plus tard, une fois la végétation revenue, le point de vue est très différent : ce n'est plus si terrible."

Les compagnies minières doivent inclure dans leur demande de permis d'exploiter un projet de remise en état du site. Souvent, une fois l'exploitation achevée, une formation montagneuse est reconstituée en utilisant les déblais de l'exploitation, recouverte d'une couche de terre puis plantée d'herbacées à croissance rapide. Selon l'Association américaine de l'industrie minière, la faune sauvage affectionnerait particulièrement ces prairies. Mais la forêt, elle, s'est bel et bien volatilisée.

Les partisans du mountaintop removal avancent volontiers un argument massue : les Appalaches - et la Virginie-Occidentale en particulier - seraient handicapées par un cruel manque de terrains plats pouvant accueillir des activités économiques. Les entreprises minières ont donc la possibilité de ne pas restaurer la montagne, à condition de prévoir un projet précis de substitution : parcs industriels ou de loisirs, centres commerciaux, logements, routes, équipements sportifs, écoles...

L'attitude de la population locale vis-à-vis du mountaintop removal est complexe. L'histoire de la Virginie-Occidentale est étroitement liée à celle de l'exploitation (souterraine) du charbon, qui n'a pourtant pas fait sa fortune : elle est le troisième Etat le plus pauvre des Etats-Unis. Ici, en 1921, eut lieu la bataille de Blair Mountain, la plus grande révolte armée de l'histoire syndicale américaine, qui fit plusieurs dizaines de morts, aussi bien chez les mineurs que parmi les milices mises sur pied par les compagnies. D'interminables trains quittent encore quotidiennement l'Etat pour alimenter les centrales à charbon des grandes villes de l'est du pays.

La polémique sur le mountaintop removal provoque de vives tensions au sein même des communautés villageoises, entre ceux qui estiment que le patrimoine naturel doit être protégé, d'autant qu'il pourrait permettre un développement futur du tourisme, et les défenseurs du charbon. Le 23 juin, une trentaine de personnes ont ainsi été arrêtées lors d'un face-à-face tendu entre opposants au "MTR" et familles de mineurs. "Je défends mon travail, je dois faire vivre ma famille", expliquait alors Fred Griggs, employé par Massey Energy, l'une des compagnies les plus décriées par les anti-MTR.

Si les salaires sont plutôt confortables, le mountaintop removal est l'une des techniques d'extraction les moins gourmandes en main-d'oeuvre : 14 000 emplois directs dans toutes les Appalaches, plus 45 000 indirects. En Virginie-Occidentale, le géant de la distribution Wal-Mart a depuis longtemps détrôné l'industrie du charbon comme premier employeur.

Depuis quelques mois, la polémique est devenue un sujet de dimension nationale : le climatologue James Hansen et l'actrice Daryl Hannah, venus spécialement pour l'occasion, faisaient partie des personnes interpellées à l'issue de la manifestation du 23 juin. Deux jours plus tard, une sous-commission du Sénat a organisé une audition consacrée au MTR : plusieurs experts y ont détaillé les dégâts environnementaux provoqués par le procédé, notamment en ce qui concerne la qualité de l'eau.

Selon l'EPA, 200 km de cours d'eau disparaissent chaque année, ensevelis par les déblais miniers, ce qui augmente les risques d'inondations. Cela n'a pas empêché l'administration Bush, en décembre 2008, de lever l'interdiction faite aux compagnies minières de déposer les déblais à proximité des rivières. Fin août, deux associations ont demandé à la Cour suprême fédérale de se pencher sur le sujet.

L'administration Obama semble bien décidée à bouger, même si elle avance trop lentement au goût des défenseurs de l'environnement. L'EPA, le Département de l'intérieur et le Corps des ingénieurs de l'armée américaine, très critiqué pour la facilité avec laquelle il a délivré pendant des années des autorisations de déversement des déblais dans les vallées, ont annoncé, en juin, le renforcement des critères de délivrance des permis d'exploitation et l'amorce d'un changement de stratégie. L'industrie du charbon a aussitôt manifesté son inquiétude, d'autant que cette annonce était accompagnée du constat que le MTR "place sous pression l'environnement et a des conséquences sur la santé et le bien-être des communautés environnantes".

Jim Foster est bien placé pour en parler. Mineur de fond pendant trente-huit ans, cet habitant de Van, au coeur du bassin minier, est un adversaire farouche du mountaintop removal. A 81 ans, assis dans un fauteuil recouvert du drapeau américain, il évoque le paradis perdu de son enfance. Et tend le doigt en direction du levant : "Autrefois, il y avait deux sommets et on voyait le soleil se lever entre les deux, c'était magnifique. Aujourd'hui, il se lève trente à quarante minutes plus tôt. L'une des montagnes n'existe plus."


Gilles van Kote
Article paru dans l'édition du 08.09.09

06/09/2009

Le braconnage du Bruant ortolan a encore de beaux jours devant lui

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3890

02/09/2009

Bien que doté du statut d’espèce protégée en France par arrêté ministériel du 5 mars 1999, le Bruant ortolan n’en reste pas moins une victime privilégiée des actes de braconnage. En janvier 2008, la gendarmerie de la ville landaise de Mont-de-Marsan saisissait ainsi 119 bruants ortolans, 924 pinsons et linottes, représentant une valeur totale de 20 000 €. D’après la LPO (1), chaque année, entre 30 000 et 50 000 oiseaux sont capturés de la mi-août à la fin septembre dans les Landes, à l’aide de cages pièges installées illégalement sur lesquelles l’administration ferme volontairement les yeux. Dénonçant depuis quatre ans cette tolérance tacite à l’égard des braconniers, les équipes de la LPO se sont rendues une fois de plus sur le terrain le 31 août dernier, et ont libéré plusieurs dizaines d’oiseaux, neutralisant au passage plus de 200 pièges. 
Mais ces actions ponctuelles ne s’attaquent pas à la véritable source du problème et restent vaines. A en croire l’association, malgré les promesses formulées par le ministère de l’écologie de remédier à la situation, seuls huit procès-verbaux ont été dressés l’année passée. Un constat qui ne peut que masquer une hypocrisie sous-jacente alors que le nombre de braconniers dépasserait les 1 200. 

Dans un tel contexte, la perspective d’un
rapprochement entre l’UMP et les partisans de CPNT (Chasse, Pêche, Nature et Tradition), dans l’optique des élections régionales de 2010, suscite de vives inquiétudes auprès des associations de protection des animaux. Ces dernières dénoncent, dès lors, un simulacre de table ronde dédiée à la chasse, les discussions n’ayant plus de mise s’il y a déjà entente au préalable. 

Cécile Cassier

1- Ligue de Protection des Oiseaux

16:41 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chasse

Mangez moins de viande ...

... et plus de légumes !

(produits LOCALEMENT)

 

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3885

Ce sont de bien morbides révélations que vient de mettre au grand jour l’association de protection animale L214. S’attendant à essuyer un refus suite à une demande de visite de l’abattoir Charal basé à Metz, un enquêteur du groupe associatif a postulé à une offre d’emploi sur le site d’abattage au titre d’ouvrier abattoir. Une démarche aisée au regard de l’absence de qualification ou d’expérience professionnelle requise. Ainsi, pendant trois semaines, du 8 au 26 septembre 2008, l’enquêteur rendu sur place a pu observer les pratiques en œuvre dans cet abattoir. 

Illustration ci-contre - Un bovin assistant à l'agonie de ses congénères.

Or, le spectacle s’est révélé pour le moins cruel, même pour un lieu dédié à l’abattage. L’abattage rituel comme l’abattage standard donnent lieu à des souffrances prolongées chez les bovins avant leur mort définitive. Au cours de l’abattage standard, les animaux sont effectivement étourdis avant d’être mis à mort ainsi que l’exige la loi. Toutefois, selon l’association, en raison du retard accumulé par le saigneur, ils ne sont pas immédiatement égorgés et reprennent conscience avant leur égorgement. 
Parallèlement, la vitesse de la chaîne d’abattage restant inchangée au cours de l’abattage rituel, sans étourdissement préalable (1), cette cadence ne permet pas de maintenir l’animal dans le tonneau de contention jusqu’à la fin de la saignée. Au regard de quoi, là encore, l’agonie de l’animal se prolonge une fois suspendu à la chaîne d’abattage. Le tonneau de contention étant orienté vers les animaux suspendus, les bovins ne perdent pas une 'miette' du sort que subissent leurs congénères. 

Outre leur ignominie, ces agissements contreviennent à la réglementation en vigueur. L214 souligne, ainsi, la violation de l’article R214-74 du Code Rural, lequel spécifie que : « L’immobilisation doit être maintenue pendant la saignée ». Parmi les autres articles bafoués, figure également l’article R214-65 du Code Rural précisant que : « Toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort ».

Mais le scandale ne s’arrête pas là. Les Services vétérinaires sont présents en permanence dans l’abattoir de Metz et n’ont pourtant pas signalé ces infractions pratiquées quotidiennement. Ce constat ne fait que confirmer les défaillances récurrentes des services vétérinaires français, pointées du doigt par l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne. Pour preuve, relayant un article paru dans la dépêche vétérinaire de mars 2009, L214 cite le président du Syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) : « Cela fait dix ans que le syndicat tire la sonnette d’alarme au sujet du déficit des contrôles officiels en dénonçant la fragilisation croissante de nos effectifs et la catastrophe potentielle qui menace ». D’autant que, comme l’a constaté l’enquêteur de L214, les pratiques déviantes de l’abattoir de Metz sont abandonnées au profit de plus vertueuses lors de visites importantes. Ce fut ainsi le cas à l’annonce d’un audit de la société McKey, fabricant de steaks hachés surgelés et fournisseur des restaurants Mc Donald’s. 

La mauvaise foi n’ayant pas de limite, dans son courrier de refus apposé à une éventuelle visite de l’abattoir par l’association, Charal n’a pas hésité à déclarer : « Au-delà de la réglementation en vigueur et du contrôle par les autorités qui certifient chaque année la conformité de l’ensemble de nos abattoirs, notre groupe a fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique « Qualité », qui va au-delà des exigences actuelles et préfigure les évolutions réglementaires ». Tout dépend de ce que l’on entend par « protection animale ». 

L’association L214, qui dénonce la tromperie de l’entreprise envers les consommateurs, a porté plainte contre Charal pour cruauté envers les animaux. 

Cécile Cassier

1- Se reporter au n°23 d’Echo Nature, avec l'article « Le scandale français de l’abattage sans étourdissement » (p. 15 – 17).

09:29 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société

La privatisation de l'eau au Maroc

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/09/04/a-ben-smim-au-maroc-les-habitants-ne-veulent-pas-partager-leur-eau_1235802_3244.html#ens_id=1235913
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Reportage
A Ben Smim, au Maroc,les habitants ne veulent pas partager "leur eau"
LE MONDE | 04.09.09 | 16h54  •  Mis à jour le 04.09.09 | 16h54
Ben Smim (Maroc) Envoyée spéciale


n trésor est caché à Ben Smim, bourg agricole situé dans les monts verdoyants de la "petite Suisse du Maroc", à 70 km de Fès. L'endroit est pourtant pauvre : des maisons modestes bordent les ruelles en terre battue ; alentour, les conduites d'irrigation des champs tombent en ruines. Mais les habitants possèdent un bien particulièrement convoité dans ce pays menacé par la recrudescence des sécheresses liée au réchauffement climatique : une source. Une eau cristalline coule à flots à cinq kilomètres de Ben Smim. Mais les villageois, pour la plupart éleveurs ou maraîchers, seront bientôt contraints de partager "leur eau" avec des millions de consommateurs marocains. Une usine d'embouteillage de la société Euro-Africaine des eaux (EAE), propriété de l'homme d'affaires français Nicolas Antaki, est en train de sortir de terre. Elle devrait être inaugurée d'ici à la fin de l'année. L'objectif est de produire cent millions de litres par an pour le marché marocain.
Manifestations, blocages du chantier..., les villageois s'opposent au projet depuis plusieurs années. Six personnes ont été condamnées à trois mois de prison avec sursis après des affrontements violents entre habitants et forces de l'ordre lors du démarrage du chantier, en septembre 2007. Leïla est fière d'avoir été au premier rang des manifestations."Je n'aime pas cette usine, elle nous a été imposée par la force", lance-t-elle. "L'existence de ce village est liée à la source, que se passera-t-il si l'eau vient à manquer ?, interroge un autre habitant. Les gens veulent des règles."

Le bouillant doyen du village, Ali Tahiri, 72 ans, fait partie des contestataires les plus virulents. "Nous n'avons déjà pas assez d'eau, nos parcelles ne sont irriguées qu'une année sur deux, s'époumone-t-il. Qu'arrivera-t-il si le débit de la source baisse ?" L'agriculteur brandit des photocopies de "dahir" (décrets royaux) dont le plus ancien remonte au XIVe siècle. "Les dahirs le disent, la source est à nous, personne ne doit y toucher", poursuit-il. Les agriculteurs ne versent d'ailleurs pas un dirham de redevance pour son utilisation.

Les opposants sont soutenus par des militants altermondialistes, qui voient dans l'affaire un symbole de la "marchandisation des biens publics" et ont fait connaître Ben Smim à l'étranger. "L'eau est la seule chose qui permet à cette population de vivre, affirme Medhi Lahlou, professeur d'économie et président de l'Association pour le contrat mondial de l'eau (ACME) au Maroc. Rien ne garantit que le cahier des charges sera respecté et que l'entreprise ne déterminera pas la part des uns et des autres."

Face à la contestation, qui a fait prendre trois ans de retard au projet, M. Antaki veut rassurer, rappelant quelques éléments du dossier : la population ne dispose de droits que sur 40 % du débit de la source, et l'eau mise en bouteille sera puisée dans les 60 % restants, qui appartiennent à l'Etat. "Ici, les gens ne comprennent pas cela, ils pensent que tout est à eux", observe l'entrepreneur. En outre, le débit concédé est de trois litres par seconde, sur un débit moyen de 80 litres. En année pluvieuse, il attend 140 litres, et n'est jamais descendu sous les 20 litres depuis quarante ans.

Le Maroc sera cependant de plus en plus confronté à des pénuries d'eau. "On ne peut pas savoir ce que la source produira à l'avenir, concède M. Antaki. Mais nous sommes dans une région où la pluviométrie est très élevée. Même en période de sécheresse, la source coule." Selon lui, le véritable problème en matière d'eau vient de l'agriculture. Le manque d'entretien du système d'irrigation du village entraîne des pertes très importantes. Le chef d'entreprise explique, enfin, qu'il a sillonné le pays pendant trois ans avant de choisir Ben Smim, et qu'il a obtenu toutes les autorisations nécessaires de l'Etat et des autorités locales.

Dans le village, l'opposition n'est d'ailleurs pas unanime. "Si l'usine peut apporter quelque chose, pourquoi pas ?, glisse Fadila. Nous voulons que nos maris aient du travail."Une centaine de curriculum vitae ont été reçus par l'EAE pour le poste de gardien. M. Antaki table sur la création d'une centaine d'emplois au total et s'est engagé à recruter localement. Les taxes versées à la commune rurale (qui regroupe plusieurs localités dont Ben Smim), proportionnelles aux ventes, pourraient atteindre cinq à dix millions de dirhams par an (880 000 euros), selon lui.

"J'étais contre le projet au départ, dit Moulay Guenoun, ancien conseiller communal. Mais un protocole d'accord a été signé et l'entreprise a répondu à nos revendications. L'usine est une nouvelle ressource pour la commune." M. Guenoun a confiance dans l'abondance des pluies à venir. "J'espère surtout que la société respectera ses engagements en ce qui concerne l'emploi", conclut-il.

 

Gaëlle Dupont
Article paru dans l'édition du 05.09.09

09:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eau, environnement

Les biberons aux bisphénol A (suite)

lu sur : http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/
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À propos des biberons aux bisphénol A

Bien Être et Santé indique que le professeur Patrick Fénichel, chef du service d'endocrinologie-diabétologie-médecine de la reproduction du CHU de Nice, et chercheur à l'Inserm, avait vivement critiqué un rapport de l'Afssa concluant que le bisphénol A ne présentait pas de risque pour les bébés. Le professeur Fénichel estimait que l'Afssa s'était appuyé sur des études dépassées. Le magazine rappelle que la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a demandé à l'Afssa "de reprendre son expertise".
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Bien Être & Santé , 01/09/2009
 

07:46 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé

03/09/2009

Inquiétants taux de méthane au-dessus de l’Alaska

lu sur : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3883

28/8/2009


Des inquiétants taux de méthane au-dessus de l’Alaska

Les services américains du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) viennent d’annoncer avoir détecté des concentrations de gaz à effet de serre (GES) anormalement élevées au-dessus de l’Alaska. 
D’après Colm Sweeney, de la NOAA Earth System Research Laboratory, la toundra, située au sud de la chaîne de montagne de Brooks (Alaska), est partiellement en fonte alors que celle située au nord est toujours totalement gelée. Selon la NOAA, des milliards de tonnes de carbone sont enfouis dans la toundra glacée de l’Arctique. Sous les effets du réchauffement climatique global, le carbone jusqu’à lors piégé pourrait engendrer de très importantes émissions de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2). 
Avec l’aide d’un avion des garde-côtes de l’île de Kodiak, la NOAA va mener, au mois de novembre, une mission d’étude afin de répertorier et de mesurer les sources naturelles de méthane et de dioxyde de carbone de cette région. 
En novembre dernier, la
dernière publication des concentrations de GES (*), de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), avait fait état d’une forte remontée des concentrations de méthane pour l’année 2007. Depuis quelques années, les concentrations de méthanes étaient stables et cette soudaine remontée peut être le signe d’une augmentation du nombre des zones humides et notamment du début du dégel des terres des régions boréales. 
Avec cette mission dans l’Alaska, la NOAA apportera peut-être un élément de réponse à ce qui pourrait être le début d’un emballement du climat. D’autant que les chiffres provisoires de l’année 2008, confirment l’augmentation des concentrations atmosphériques de méthane.

(*) voir : http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3480

Michel Sage

 

(


02/09/2009

Réchauffement climatique : le relarguage du méthane stocké dans le fond des mers

lu sur : http://www.agu.org/pubs/crossref/2009/2009GL039191.shtml

Résumé :

More than 250 plumes of gas bubbles have been discovered emanating from the seabed of the West Spitsbergen continental margin, in a depth range of 150–400 m, at and above the present upper limit of the gas hydrate stability zone (GHSZ). Some of the plumes extend upward to within 50 m of the sea surface. The gas is predominantly methane. Warming of the northward-flowing West Spitsbergen current by 1°C over the last thirty years is likely to have increased the release of methane from the seabed by reducing the extent of the GHSZ, causing the liberation of methane from decomposing hydrate. If this process becomes widespread along Arctic continental margins, tens of Teragrams of methane per year could be released into the ocean.

L'article complet peut être téléchargé sur :

http://eprints.soton.ac.uk/64607/

01/09/2009

Les changements de tarifs d'EDF (2)

lu sur :
http://www.liberation.fr/economie/0101587140-edf-tarifs-abonnements-et-petits-mensonges
Économie 26/08/2009 à 16h12

EDF: tarifs, abonnements et petits mensonges

Pratiques douteuses dans ses conseils à la clientèle, ajustement des prix contestés, l'entreprise est au coeur de diverses polémiques, quelques jours après la hausse annuelle de ses tarifs.

14 août 2009, veille de la hausse des tarifs EDF. Les conseillers clientèle, salariés de l'entreprise chargés de répondre aux clients par téléphone, reçoivent une note, de la part de leur hiérarchie. Le document, révélé par France Info, vient compléter les consignes déjà à disposition des conseillers.

Mais voilà: un passage pose problème, «un mensonge pur et simple» selon un conseiller anonyme, qui porte directement préjudice au client qui souhaite modifier son abonnement. Explications.

Pas rentable au-delà de 6 mois

Qui dit hausse des tarifs, dit tentatives des clients de modifier leur abonnement, pour réduire leur facture. Le fonctionnement d'EDF, avec son système d'heures creuses et d'heures pleines, permet cela. Un client peut modifier son abonnement et faire en sorte de consommer une plus grande part de son électricité dans des créneaux horaires aux tarifs plus favorables. Utiliser la machine à laver la nuit, par exemple.

Si un client est gagnant dans cette modification d'abonnement, il pourrait malgré tout ne pas en profiter, à cause de cette fameuse note. Il faut savoir que la modification d'un abonnement nécessite le déplacement d'un technicien, facturé 50 euros au client. Si les gains réalisés par le changement de l'abonnement couvrent ces 50 euros en plus de 6 mois, le conseiller doit déconseiller la modification. En d'autres termes, même si le client est gagnant à long terme, il se verra dire que la modification n'est pas rentable. D'où le «mensonge» fustigé plus haut par le conseiller anonyme.

Modification en urgence

«C'est un manque de transparence qui nous choque», explique Caroline Keller, chargée de mission énergie et logement de l'association UFC Que choisir. «L'information donnée au client n'est pas complète». En l'état, cette consigne induit que des clients conservent «des options tarifaires qui ne sont pas les meilleures» pour eux. Alors, maladresse ou malveillance? Rien de tout cela. «Une erreur d'interprétation» du conseiller, s'essaie EDF. «Nous nous efforçons de proposer les meilleurs tarifs à nos abonnés», martèle la chargée de communication. Effectivement, la note, «assez synthétique, n'expliquait pas tout». Rédigé en urgence aujourd'hui, un complément a été apporté, pour remédier à cette «erreur d'interprétation». Plus de doute possible: il est précisé au conseiller clientèle qu'il doit «rechercher la satisfaction du client en lui donnant les conseils pour la meilleure solution». Et détailler toutes les possibilités, sans omission.

Non seulement la manoeuvre, douteuse, portait préjudice au client, mais elle touchait aux budgets serrés, aux foyers forcés de contrôler leur consommation. Un peu à l'image de la hausse des tarifs 2009. Car si la hausse moyenne est de 1,9%, dans la lignée des augmentations précédentes, ce sont les petits consommateurs qui pâtissent le plus des hausses, comme l'expliquent de concert le Canard enchaîné et Bakchich. Pas très «Grenelle de l'environnement», cette mesure, souligne Caroline Keller. Les clients siglés «tarif bleu» (consommation inférieure à 3 KVA), soit 2,5 millions d'abonnés, verront leur facture augmenter de 4,65%. Les clients à la consommation la plus minime (moins de 1 KVA), pourraient assister à un boom de 100%. A l'inverse, selon la Commission de régulation de l'énergie, de très gros consommateurs verraient leur facture baisser de 15%. Au final, c'est l'ensemble de la grille des tarifs qui est réévaluée, avant la dérégulation prévue pour 2010. Dans cette optique, UFC Que choisir prévient qu'elle surveillera de près les manoeuvres d'EDF.

Les changements de tarifs d'EDF

lu sur :

http://www.liberation.fr/economie/0101587290-accuse-de-tromperie-edf-modifie-ses-consignes

Économie 27/08/2009 à 08h00

Accusé de tromperie, EDF modifie ses consignes

La note polémique, qui incitait les conseillers clientèle à ne pas changer les abonnements même si le prix pouvait baisser, a été modifiée.

EDF ne «choisit pas à la place de ses clients», et la note commerciale qui pouvait laisser penser le contraire a donné lieu à «une interprétation faussée». Tout va bien, donc.

Il n'empêche, devant la colère suscitée par les révélations de France Info mercredi, l'entreprise a fait machine arrière. Elle a modifié dans la soirée une consigne distribuée à ses «conseillers clientèle» après avoir été accusée de tromper sciemment ses clients sur l'intérêt de changer d'abonnement.

Dans une note commerciale dévoilée mercredi matin par France Info, les conseillers de l'électricien devaient inviter certains clients voulant changer d'abonnement à ne pas le faire.

Conforter le client

La consigne était de «conforter le client» si le coût d'intervention d'un technicien (entre 47,90 et 57,92 euros) n'était pas rentabilisé en six mois: «Je vous confirme que l'option tarifaire dont vous bénéficiez actuellement est toujours la meilleure pour vous», devait indiquer le conseiller.

Une nouvelle note plus précise a été envoyée mercredi midi aux 5.000 conseillers clientèle d'EDF en remplacement de celle du 14 août, a indiqué une porte-parole du groupe à l'AFP. Celle-ci a précisé que la première version avait donné lieu à une «interprétation faussée de la politique de la maison». «En aucun cas nous ne choisissons à la place de nos clients», a-t-elle affirmé.

Dans la nouvelle note, dont l'AFP a eu copie, le conseiller est invité à dire que le gain pour le client n'est «pas certain» si le coût de l'intervention est rentabilisé en plus de 6 mois (en raison par exemple de variations possibles de consommation d'électricité dues à des changements d'habitude ou à des aléas climatiques).

Fortes disparités

«Je vous conseillerais plutôt de garder votre option actuelle pour être sûr de ne pas engager une dépense sans certitude d'économies. Mais en fonction de vos habitudes de consommation, si vous estimez que c'est intéressant pour vous, nous pouvons réaliser cette modification. Que souhaitez vous faire?», doit désormais demander le conseiller.

EDF reçoit de nombreux appels de clients depuis la hausse des tarifs réglementés de l'électricité le 15 août. Cette hausse, de 2,3% en moyenne, cachait en effet de fortes disparités selon les types d'abonnements. Près de 3,5 millions de particuliers ou petits professionnels vont connaître des hausses de tarifs supérieures à 10%, tandis que pour 1,5 million de clients, la facture augmentera de plus de 15%.

(Source AFP)

Ondes électromagnétiques et principe de précaution

lu sur :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/08/26/la-justice-interdit-a-orange-la-pose-d-une-antenne-relais-a-paris_1231945_3224.html
La justice interdit à Orange la pose d'une antenne relais à Paris
LEMONDE.FR avec AFP | 26.08.09 | 06h35  •  Mis à jour le 26.08.09 | 14h56

a justice a interdit à Orange l'installation d'une antenne relais à Paris, rapporte, mercredi 26 août, la station de radio France Info. La décision a été prise en référé, au nom du principe de précaution, il y a deux semaines, par le tribunal de grande instance de Créteil sur plainte des habitants d'un quartier du 13e arrondissement de la capitale.

 

L'opérateur de télécommunications prévoyait d'installer cette antenne à moins de 15 mètres de la chambre à coucher d'un habitant alors que la distance de sécurité est de 100 mètres, précise la radio. Contrairement à d'autres interdictions précédentes, il n'y avait pas d'école à proximité, ajoute-t-elle. C'est la première fois qu'une interdiction de ce type est prise à Paris, et France Info précise qu'étant donné le précédent créé par la décision du TGI de Créteil, elle pourrait entraîner un grand nombre de procédures judiciaires et faire jurisprudence.

Quelques heures plus tard, l'opérateur a indiqué qu'il comptait faire appel de cette décision auprès de la cour d'appel de Paris. "La décision ne relève d'aucune violation des dispositions légales", a souligné le porte-parole de France Telecom, qui a confirmé cette décision de justice. Vers 12 h 25, le titre France Telecom cédait 0,41 %, à 18,375 euros, donnant une capitalisation d'environ 48,9 milliards d'euros. L'action recule ainsi de 5,63 % depuis le début de l'année.

18:15 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société