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27/02/2010

X détermine le sexe ? (chez certaines souris)

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/26/une-souris-africaine-defie-les-lois-de-la-differenciation-sexuelle_1311736_3244.html#ens_id=1311823
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Compte rendu
Une souris africaine défie les lois de la différenciation sexuelle
LE MONDE | 26.02.10 | 15h20  •  Mis à jour le 26.02.10 | 15h20


'est une découverte cocasse, qui n'a pas fini de poser question aux biologistes de l'évolution. Des chercheurs français documentent, dans l'édition à paraître de la revue Proceedings of the Royal Society B, l'étonnante faculté de Mus minutoides, une race de souris naine africaine dont mâles et femelles sont porteurs de la paire chomosomique XY. Découverte d'autant plus surprenante que le rongeur en question, présent dans toute l'Afrique australe, est très proche de la souris domestique commune - le modèle mammifère le plus étudié par les généticiens.

Inversion de la logique

S'agissant d'un animal aussi banal, l'affaire est donc inattendue. Car chez tous les mammifères ou presque, les femelles ont deux chromosomes X (XX) et les mâles un X et un Y (XY). "Chez la majorité des mammifères, lorsque des anomalies apparaissent, comme par exemple des femelles XY, les individus sont stériles, explique Frédéric Veyrunes, chercheur à l'institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS, université Montpellier-II) et coauteur de ces travaux. Chez ce petit rongeur, les femelles XY sont parfaitement fertiles." Non seulement elles sont fertiles, mais leur proportion, par rapport aux femelles XX, est très élevée.

"En Afrique du Sud, nous avons même identifié une population où, sur onze femelles, toutes sont XY et toutes sont fertiles", ajoute M. Veyrunes. Voilà qui interroge les mécanismes évolutifs qui ont poussé les minutoides dans cette voie. "Car si mâles et femelles sont tous invariablement XY, cela signifie que non seulement les embryons YY, mais aussi ceux qui sont porteurs de la paire XX ne sont pas viables, dit M. Veyrunes. Ce qui représente une perte de 50 % des embryons."

Pour comprendre les mécanismes à la base de la différenciation sexuelle chez minutoides, les auteurs ont mené des analyses génétiques sur les mâles et les femelles. Celles-ci montrent notamment que la détermination du sexe des individus ne repose pas sur le gène SRY, porté par le chromosome Y. "Chez tous les mammifères, on a eu tendance à penser que le gène SRY était à la base de ce mécanisme, explique le biologiste François Bonneton (ENS-Lyon). En gros, c'est la présence de ce gène qui fait un mâle. Mais les choses sont en réalité plus complexes, comme ces travaux l'illustrent bien."

En effet, mâles et femelles disposent de ce fameux gène SRY. "Nous pensons qu'il existe une mutation, sur le chromosome X, capable de réprimer l'expression de SRY", explique M. Veyrunes. Du coup, dans une inversion de la logique communément admise chez les autres mammifères, l'"interrupteur sexuel" ne serait pas porté par le chromosome mâle (Y), mais par le chromosome femelle (X). Lorsque celui-ci est "normal", l'individu est un mâle. Lorsqu'il porte la mutation capable de produire la protéine qui, à son tour, va inactiver le gène SRY, l'individu est une femelle.

Ce genre de mécanisme, rarissime chez les mammifères, est cependant assez fréquent ailleurs dans le vivant, chez les poissons notamment.

 

Stéphane Foucart
Article paru dans l'édition du 27.02.10

17:14 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, évolution

1 635 langues maternelles répertoriées en Inde

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/27/la-diversite-linguistique-de-l-inde-recule_1312170_3244.html#ens_id=1312259
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La diversité linguistique de l'Inde recule
LE MONDE | 27.02.10 | 13h48  •  Mis à jour le 27.02.10 | 13h48
New Delhi Correspondance


oa senior se plaignait de ne plus pouvoir échanger dans sa langue maternelle. Cette vieille femme aux cheveux blancs et crépus ne pouvait plus que se raconter à elle-même les histoires et les chansons de son enfance. Habitante de l'archipel des Andaman et des Nicobar, un chapelet d'îlots perdu au large des côtes indiennes, dans le golfe du Bengale, elle était la dernière au monde à parler la langue bo depuis la disparition de sa mère, il y a trente ans. Chaque matin, Boa senior s'approchait des oiseaux pour leur parler, espérant se faire entendre des esprits de ses ancêtres.

Le 4 février, elle s'est éteinte à l'âge de 85 ans, emportant avec elle l'une des plus vieilles langues du sous-continent indien. Les mots donnent à voir le monde, dit-on. Ceux de Boa senior décrivaient des dizaines de variétés de bambous, des centaines d'espèces d'oiseaux. "C'est un savoir immense sur la nature et la biodiversité que l'on perd", regrette Anvita Abbi, linguiste à l'université Jawaharlal-Nehru de New Delhi.

La famille linguistique des Great Andamanese, dont était issue la langue bo, est une des six que compte l'Inde. Elle n'est plus parlée que par cinq personnes, toutes très âgées, contre plus de 5 000 il y a encore un siècle. Dans un pays qui abrite l'une des grandes diversités linguistiques au monde, 196 langues seraient menacées de disparition, d'après un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) publié en février 2009.

Sur les 1 635 langues maternelles répertoriées en Inde, 37 sont parlées par moins de 1 000 personnes. Le multilinguisme fait pourtant partie de l'identité nationale indienne. On utilise l'hindi de Bollywood pour chanter l'amour, la langue régionale pour faire son marché en ville, et sa langue maternelle pour discuter en famille. Même le Mahatma Gandhi avait dû abandonner le gujarati, sa langue maternelle, pour un hindi hésitant et trébuchant, mais qui avait le mérite de rassembler les foules.

"Journalistes citoyens" "Une langue meurt quand on ne la parle plus à la maison", affirme Anvita Abbi. D'après la linguiste, les langues minoritaires ne seraient pas suffisamment valorisées dans les écoles indiennes. Outre l'hindi et l'anglais, l'enseignement se pratique majoritairement dans l'une des 22 langues reconnues par la Constitution. Et les peuples qui enregistrent un fort taux d'alphabétisation voient souvent leur langue menacée de disparition. Alors que 77 % des Deori, une tribu située dans l'Arunachal Pradesh, dans le nord de l'Inde, savent lire et écrire, leur langue est considérée par l'Unesco comme "sérieusement menacée".

L'arrivée de la télévision dans les foyers les plus reculés éloigne les communautés de leurs langues maternelles. Pour combattre ce phénomène, la société Microsoft, en partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT), a lancé un service d'informations permettant à des "journalistes citoyens" d'enregistrer dans leur langue des bulletins d'informations, que d'autres membres de leur communauté peuvent ensuite écouter par téléphone.

Face à l'hégémonie croissante de l'anglais et de l'hindi, l'Etat indien se trouve confronté à un dilemme : "Il est attaché à la diversité linguistique, et craint dans le même temps de susciter des revendications identitaires qui mettraient à mal la stabilité politique dans les régions", observe Anvita Abbi. Rajdesh Sachdeva, directeur de l'Institut central des langues indiennes, qui dépend du gouvernement, estime quant à lui que "la démographie et les rapports de forces entre communautés, qui déterminent la vie d'une langue, échappent à la volonté des gouvernements".

Selon les experts, c'est la dilution sociale d'une communauté, davantage que le rétrécissement de sa population, qui menace sa langue. Depuis la construction de routes entre leurs villages, les habitants du nord-est de l'Inde ont délaissé leurs dialectes au profit des "langues de contact" leur permettant de communiquer, comme le halbi ou le chakesang. Mais le développement de nouvelles langues ne compense pas la disparition des plus anciennes. David Harrison, professeur à l'université américaine de Swarthmore (Pennsylvanie), écrivait, dans une tribune publiée début février sur le site Internet de la BBC, que rester indifférent à la disparition d'un dialecte, "c'est comme prétendre que la pyramide de Kheops ne se distingue de la cathédrale Notre-Dame que par des techniques de taille de pierre différentes". "Or toutes les cultures gravent leur génie dans des monuments verbaux", ajoutait-il. Selon l'Unesco, la diversité linguistique indienne est la plus menacée au monde.

 

Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 28.02.10

17:09 Publié dans société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société

22/02/2010

France : dilapidation du patrimoine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/02/22/imbroglio-sans-fin-pour-un-site-magique-le-desert-de-retz_1309658_3246.html#ens_id=1309726

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Imbroglio sans fin pour un site magique, le Désert de Retz
LE MONDE | 22.02.10 | 14h52  •  Mis à jour le 22.02.10 | 14h53


'est un lieu magique, innocent, qui a pour nom le Désert de Retz, parc vallonné du XVIIIe siècle, classé monument historique, situé sur le territoire de la commune de Chambourcy, dans les Yvelines. C'est aussi un site qui a fait l'objet de vingt procès depuis vingt ans. Et ce n'est pas fini. Dernier épisode en date : les anciens propriétaires, deux particuliers, Olivier Choppin de Janvry et Jean-Marc Heftler, qui ont sauvé et fait vivre le site de 1986 à 2006, contestent devant le tribunal de grande instance de Versailles les conditions de la vente de leur bien, en 2007, à un golf mitoyen, avant que ce dernier ne le rétrocède à la commune de Chambourcy, pour 1 euro.

L'affaire, également révélée par Didier Rykner sur son site Latribunedelart.com, est douloureuse. Pour la comprendre, il faut revenir aux années 1980. Les 20 hectares du Désert ont été dessinés par François Nicolas Henri Racine de Monville, de 1776 à 1789. Colette l'avait prédit quand elle écrivit : "Il n'en restera qu'un poème." Le parc est une jungle et les dix-sept fabriques qui l'animent, propres à faire rêver, sont en ruine. Restent une colonne massive et volontairement tronquée, une glacière en forme de pyramide, un temple grec, etc. Le propriétaire est la banque Worms, qui ne sait que faire du site, mais a l'obligation légale de l'entretenir. Un plan de sauvetage est mis en place, en deux temps. En 1985, Worms vend 40 hectares, comprenant le Désert, pour 20 000 francs, à deux passionnés, Olivier Choppin de Janvry et Jean-Marc Heftler. La banque conserve en usufruit la moitié de la parcelle, mitoyenne, pour y construire un golf. En 1988, les propriétaires et Worms signent une convention : la banque versera 300 000 francs par an pendant trente ans afin de contribuer à l'entretien de Retz.

Et ça marche. De 1986 à 1991, dix tranches de travaux sont réalisées sur les fabriques pour 1,6 million d'euros - 50 % apportés par l'Etat, 50 % par les propriétaires. 800 000 euros de plus sont affectés, jusqu'en 1996, à l'entretien et au gardiennage - 55 % le golf, 45 % les propriétaires.

Les fabriques sont sauvées, le parc est vivifié. Le Désert ouvre au public sur rendez-vous : "Sept mille personnes par an, venant du monde entier", dit Jean-Marc Heftler. Des visites ont lieu jusqu'en 2006, alors même que les propriétaires n'ont pas obligation d'ouvrir au public. "Le lieu renaissait", se souvient Jack Lang, alors ministre de la culture. Le Monde salue à l'époque le sauvetage.

Et puis ça tourne au vinaigre. En 1999, Worms a vendu le golf à ses golfeurs, dont le chef de file est Alain Sussfeld, directeur du groupe UGC. En 2000, le golf juge les 300 000 francs "démesurés" et cesse de payer. Ce qui menace la survie de Retz.

En 2001, les propriétaires attaquent le golf en justice. Facteur qui n'arrange rien, le tandem se brouille. Leur société est dissoute. Yves Simart, administrateur judiciaire, est chargé de la liquidation. Mais ce dernier ne vend pas. Il attend que la justice tranche, car la dîme du golf, selon qu'elle est due ou non, est centrale pour l'avenir.

Ce ne sont pourtant pas les incitations à vendre qui manquent. En 2004, Alain Sussfeld propose 860 000 euros au nom du golf. Il a un accord avec la ville de Chambourcy visant à lui céder ensuite le parc historique. En 2005, une personne offre 1,4 million d'euros. Le maire de Chambourcy, Pierre Morange, propose la même somme. Henri Paul, directeur du cabinet du ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, incite M. Simart à vendre Retz au golf, et cite la somme de 1,1 million d'euros. M. Simart ne bouge pas. A la satisfaction des deux propriétaires, qui préparent chacun un plan de reprise de Retz.

La justice tranche en février 2006. Le tribunal de grande instance de Versailles donne raison sur l'essentiel à Jean-Marc Heftler et Olivier Choppin de Janvry. Le golf doit payer sa dîme pendant trente ans. Le golf fait appel, prenant le risque d'être condamné à verser des pénalités. Le tribunal ayant demandé l'exécution provisoire du jugement, ce sont autour de 650 000 euros que le golf provisionnera à la Caisse des dépôts. Quelques mois plus tard, en mai 2006, Yves Simart ferme son cabinet, remplacé par Monique Legrand. Surprise ! Elle prend le contre-pied de son prédécesseur et vend, en décembre 2007, Retz... au golf pour 1,65 million d'euros.

Belle opération pour le golf : il se débarrasse d'un boulet coûteux puisqu'il cède les 20 hectares de Retz à Chambourcy ; il devient propriétaire de son terrain ; ses 650 000 euros de dettes sont effacés, ce qui fait qu'il a payé un peu moins de 1 million d'euros ; il peut oublier les procès hasardeux.

Les propriétaires, eux, sont indignés. Leur brouille, il est vrai, est à l'origine de la vente de Retz. Mais ils se sont battus pendant vingt ans, ont dépensé temps, énergie et argent, se sont épuisés devant les tribunaux pour un site qu'ils laissent dans un bien meilleur état que celui dans lequel ils l'avaient trouvé, en 1985.

Mme Legrand avait latitude pour vendre, y compris à l'"ennemi", comme le dit M. Heftler. Mais ce dernier dénonce : "Elle a pris fait et cause pour le golf." Elle a stoppé une procédure en justice, jusqu'ici favorable aux anciens propriétaires. Le prix est faible par rapport à ce qui a été proposé par des acheteurs potentiels. Elle aurait pu vendre Retz aux enchères, contacter ceux qui avaient fait des offres, n'a pas répondu aux plans de relance des ex-propriétaires.

L'avocat de Mme Legrand, Stéphane Dumaine-Martin, répond : "Ma cliente a agi sur autorisation de la justice. Elle était mandatée pour vendre, elle a pris ses risques. L'opération est légale et il fallait sortir de cet imbroglio sans fin."

Légale mais contestable, car tout semble avoir été fait pour sortir le golf du pétrin et faire tomber Retz dans l'escarcelle de la municipalité. Pour ces raisons, les anciens propriétaires vont en justice : à Versailles, ils demandent la nullité de la vente pour "vil prix" ; à Paris, ils poursuivent en "responsabilité" Mme Legrand.

En attendant, le Désert de Retz trinque. Surtout, cette affaire est désastreuse au moment où l'Etat n'a plus les moyens d'entretenir son patrimoine, et compte pour cela sur des personnes privées.

 

Michel Guerrin
Article paru dans l'édition du 23.02.10

19:42 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : france, patrimoine

Les déchets électroniques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/22/les-dechets-electroniques-une-montagne-insurmontable_1309851_3244.html#ens_id=1309854

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Les déchets électroniques, une montagne insurmontable ?
LEMONDE.FR | 22.02.10 | 18h12  •  Mis à jour le 22.02.10 | 18h35


Guiyu, en Chine, plus de 100 000 ouvriers, sous-payés et travaillant dans des conditions sanitaires déplorables, s'attellent régulièrement au recyclage de produits électroniques, selon des organisations non gouvernementales. Cette ville du Sud-Est chinois est-elle condamnée à rester le symbole des travers de la "pollution high-tech" ? Ça se pourrait. Un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), publié lundi 22 février, indique que les quantités de déchets électroniques devraient encore fortement augmenter durant les dix prochaines années.

Ordinateurs, téléphones portables, téléviseurs ou même réfrigérateurs en fin de vie... La nouvelle étude, qui porte sur onze pays, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, rappelle que la croissance mondiale des e-déchets s'élève à 40 millions de tonnes par an. Dans une précédente étude réalisée en 2005, l'organe onusien évaluait déjà cette croissance entre 20 et 50 millions de tonnes par an.

"Tous les cinq à huit ans, les stocks d'ordinateurs personnels sont remplacés, ce qui les transforme aussitôt en e-déchets", note le rapport. Avec un milliard de terminaux mobiles vendus en 2007, contre 896 millions en 2006, les équipements électroniques d'aujourd'hui constituent donc les déchets de demain.

"LA CHINE, DÉCHARGE DES PAYS DÉVELOPPÉS"

"Malgré une interdiction des importations de déchets électroniques, la Chine demeure la décharge des pays développés", souligne aussi le document. Mais désormais, le pays doit aussi faire face à la demande intérieure. A elle seule, la Chine produit déjà environ 2,3 millions de tonnes de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) par an, uniquement devancée par les Etats-Unis, qui en produisent 3 millions.

Le phénomène devrait aussi se poursuivre durant les dix prochaines années dans les pays étudiés par le PNUE. En 2020, la quantité de déchets électroniques liés aux seuls ordinateurs hors d'usage devrait bondir de 500 % en Inde, entre 200 et 400 % en Afrique du Sud ou en Chine, par rapport au niveau de 2007. En Chine, les déchets liés aux terminaux mobiles seront par ailleurs 7 fois plus nombreux qu'en 2007, et 18 fois plus nombreux en Inde. Le nombre de déchets liés aux téléviseurs ou aux réfrigérateurs devraient aussi doubler en dix ans en Inde et en Chine.

UNE "E-OPPORTUNITÉ" ?

Cette augmentation pose d'abord des problèmes environnementaux et de santé publique. Les équipements électroniques actuels renferment en effet jusqu'à 60 composants différents, dont de l'or, de l'argent ou du platine. "La plupart des e-déchets chinois sont brûlés par des recycleurs dans des arrière-cours, afin de recueillir des métaux précieux comme comme l'or", note le rapport, qui préconise l'instauration d'une véritable filière de recyclage, moins nocive et plus efficace.

L'organe onusien pointe aussi les effets néfastes des déchets électroniques sur les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions liées à l'extraction des matériaux nécessaires pour les produits électroniques représenteraient 23 millions de tonnes, soit 0,1 % des émissions mondiales de CO2. Ces chiffres n'incluent pas les émissions liées à l'assemblage des appareils.

Les responsables du PNUE se veulent toutefois optimistes. "Promouvoir le recyclage dans les pays en voie de développement peut engendrer des emplois décents" ou encore "réduire les gaz à effet de serre." De nombreux pays peuvent transformer un "e-defi", en "e-opportunité", soulignent-ils. Mais parmi les pays étudiés, tous ne sont pas égaux : "Le Brésil, la Colombie, le Mexique, le Maroc et l'Afrique du Sud ont le plus grand potentiel pour établir des technologies de pointe en matière de recyclage", précise le rapport.

 

Laurent Checola

Répartition des déchets électroniques
Chine : réfrigérateurs : 500 000 tonnes, téléviseurs : 1,3 million de tonnes, ordinateurs personnels : 300 000 tonnes

Inde : réfrigérateurs : 100 000 tonnes, téléviseurs : 275 000  tonnes, ordinateurs personnels : 56 000 tonnes

Colombie : réfrigérateurs : 9 000 tonnes, téléviseurs : 18 000 tonnes, ordinateurs personnels : 6 500 tonnes

Kenya : réfrigérateurs : 11 400 tonnes, téléviseurs : 2 800 tonnes, ordinateurs personnels : 2 500 tonnes

Anthrax : ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/02/22/la-justice-americaine-clot-l-enquete-sur-les-lettres-a-l-anthrax-de-2001_1309605_3222.html

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La justice américaine clôt l'enquête sur les lettres à l'anthrax de 2001
LE MONDE | 22.02.10 | 14h01  •  Mis à jour le 22.02.10 | 14h01
New York Correspondant


videmment, les théories conspirationnistes vont réapparaître. Vendredi soir, 19 février, la justice américaine a annoncé la clôture de l'enquête ouverte en septembre 2001 après l'envoi de lettres renfermant de l'anthrax (une substance contenant le bacille du charbon) à des particuliers - politiciens et journalistes de télévision inclus - ainsi que des institutions américaines. Ces envois avaient commencé une semaine après les attentats menés aux Etats-Unis par Al-Qaida. Dans une période d'extrême tension, ils avaient renforcé l'idée que le pays était aussi l'objet d'une attaque terroriste à l'arme bactériologique.

Ces lettres contaminées ont causé la mort de 5 personnes, 17 autres avaient été hospitalisées. Les enquêteurs du FBI avaient abandonné toute piste liée à Al-Qaida au bout de deux ans pour porter leurs soupçons sur des spécialistes américains du sujet. Après avoir suspecté un premier chercheur, ils avaient lourdement soupçonné... l'un de leurs experts, Bruce Ivins, chercheur sur les vaccins anti-anthrax au laboratoire militaire de bio-défense de Fort Detrick, dans le Maryland.

Celui-ci mettra fin à ses jours en juillet 2008, à l'âge de 62 ans. Selon le rapport de la justice américaine, M. Ivins a bien été l'auteur des attaques à l'anthrax et il a agi seul. Le dossier, classé, clôt la plus vaste enquête jamais menée aux Etats-Unis dans une affaire de terrorisme présumé. Et menace d'ouvrir des polémiques propres à générer des fantasmes et... d'éventuelles questions légitimes.

Sa veuve et ses deux enfants ont toujours clamé son innocence. Il serait passé avec succès au détecteur de mensonges - succès que les enquêteurs auraient annulé en l'attribuant à sa prise régulière de psychotropes. Plusieurs de ses supérieurs du centre de recherches militaires ont affiché leur conviction que l'homme était incapable de tels actes ; d'autres ont pensé qu'il ne disposait pas au laboratoire de l'anthrax nécessaire à l'envoi des enveloppes piégées.

"Bruce le Dingue"

Alimentant le scepticisme, le représentant démocrate du New Jersey, Rush Holt, a regretté la clôture du dossier. "Le principal suspect étant décédé, (le FBI) n'a plus besoin de le déférer au tribunal et s'en satisfait", a-t-il déclaré. Selon lui, "les preuves présentées n'auraient pas tenu devant une juridiction".

Mais le FBI fonde ses conclusions sur une série d'indices et un profil psychologique assimilant M. Ivins à une sorte de savant fou. Celui-ci a envoyé des messages où, sous l'apparence de professions de foi( "Prenez de la pénicilline maintenant - Mort à l'Amérique, mort à Israël - Allah est grand"), certaines lettres soulignées du texte constitueraient des messages codés dont seuls des biochimistes comprennent spontanément le sens.

Il a aussi été enregistré à son insu disant à des interlocuteurs : "Je n'ai aucun souvenir d'avoir commis de tels actes. (...) Croyez-moi, dans mon coeur je ne suis pas un tueur." En 2008, il envoyait un courriel à une ancienne collègue incluant ces mots : "Je peux faire mal, tuer, terroriser. Allez aussi profond que vous le pouvez, creusez encore plus, et vous trouverez ma psyché." A une autre, il avait évoqué un "Crazy Bruce" ("Bruce le Dingue") réapparaissant en lui périodiquement.

 

Sylvain Cypel
Article paru dans l'édition du 23.02.10

Bégaiement et génétique

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/sante/2010/02/22/01004-20100222ARTFIG00513-quand-la-genetique-vient-au-secours-du-begaiement-.php

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Quand la génétique vient au secours du bégaiement

Mots clés : bégaiement, santé, génétique


22/02/2010 | Mise à jour : 11:19

Des chercheurs ont identifié trois gènes, qui seraient impliqués dans 5 à 10 % des cas. Un médicament à l'essai pourrait aider les bègues.

Pendant des siècles, les causes de cette «boiterie» de la parole sont restées mystérieuses. Des scientifiques américains lèvent une partie du voile en identifiant pour la première fois trois gènes associés au bégaiement. Leurs travaux, dirigés par Dennis Drayna (instituts nationaux de la santé, Bethesda), ont été publiés la semaine dernière dans le New England Journal of Medicine. Même si elle ne concerne qu'une minorité des cas, cette susceptibilité génétique bat en brèche la théorie assez répandue de l'origine psychologique de ce trouble de la communication.

Décrit depuis l'Antiquité dans toutes les populations humaines, le bégaiement est un symptôme fréquent. Environ 5 % des enfants d'âge préscolaire sont concernés. Les troubles régressent dans la majorité des cas, mais ils persistent, fluctuants et plus ou moins handicapants, chez un individu sur quatre. Au total, on considère qu'environ 1 % des adultes sont bègues, soit plus de 60 millions de personnes sur la pla­nète, 600 000 en France.

C'est l'existence de nombreux cas familiaux qui a mis la puce à l'oreille des généticiens. Il y a quelques années, en se penchant sur 46 familles pakistanaises consanguines fortement touchées, Dennis Drayna avait suggéré des anomalies sur le chromosome 12. Dans cette nouvelle phase, le chercheur a poussé les analyses génétiques sur cette population, mais aussi sur un groupe de sujets bègues non consanguins et des témoins. Il a ainsi identifié des mutations sur trois gènes (GNTPAB, GNPTG et NAGPA) portés par le chromosome 12, chez 5 à 10 % des personnes bègues.

Ces découvertes sont d'autant plus surprenantes que les trois gènes en question gouvernent le métabolisme des lysosomes, des petits organites qui sont en quelque sorte l'estomac des cellules, leur permettant de digérer les molécules pour mieux les recycler. Jusqu'ici, des mutations sur cette famille de gènes n'avaient été associées qu'à des maladies rares, les mucolipidoses. «Les résultats de cette équipe américaine sont très inattendus, mais le fait que les anomalies décrites portent sur une même voie métabolique leur donne du poids  », estime le Pr Thierry Levade (biologiste au CHU de Toulouse), dont le laboratoire est le seul en France à faire le diagnostic moléculaire des mucolipidoses. Jusqu'ici, à sa connaissance, il n'a pas été décrit de bégaiement systématique chez les enfants atteints de mucolipidose ; ni même chez leurs parents, porteurs d'une mutation mais non malades. «Il faudrait étudier l'impact biologique des mutations qui viennent d'être identifiées, car pour l'instant, il manque un maillon entre ces anomalies génétiques et les symptômes», note encore le Pr Levade.

«On sort enfin de l'obscurantisme  », se réjouit le Dr Marie-Claude Monfrais-Pfauwadel, phoniatre à Paris. Selon cette spécialiste du bégaiement, il existe de nets progrès ces dernières années dans ce domaine, grâce aux études génétiques et en neuro-imagerie. Un excès de production de dopamine au niveau cérébral a ainsi été mis en évidence chez des personnes bègues. «Nous progressons beaucoup dans l'identification des différents types de bégaiements, continue le Dr Monfrais-Pfauwadel. À terme, cette démarche permettra de préciser des sous-groupes susceptibles de répondre à certains traitements.  » Le plus souvent, le trouble de la parole est associé à d'autres signes : déficit de l'attention, tics ou encore troubles de coordination. Il n'apparaîtrait de manière isolée que dans 20 % des cas. «Dans cinq ans, on y verra plus clair, mais je reste fidèle à la théorie psychogène», assure le Dr Jean Marvaud, psychiatre à Bordeaux et président de l'association Parole-Bégaiement.

Malgré le handicap parfois considérable que le bégaiement constitue pour elles dans la vie sociale et professionnelle, la plupart des personnes bègues ne consultent pas. Pour les autres, la prise en charge se fait le plus souvent par des techniques de rééducation spécialisée mises en œuvre par des orthophonistes, plus rarement des phoniatres. Exceptionnellement, des psychiatres sont sollicités. «Peu de ces professionnels sont réellement spécialisés dans le bégaiement  », regrette le Dr Monfrais-Pfauwadel.

Myorelaxants, antidépresseurs, voire anti­psychotiques… des médicaments sont proposés dans certains cas, selon les symptômes associés et la gravité. Beaucoup attendent avec impatience les résultats d'un vaste essai américain avec le pagoclone, une molécule originale initialement pressentie comme anxiolytique. S'il est commercialisé, ce sera le premier médicament destiné explicitement au bégaiement. Le Dr Monfrais-Pfauwadel prévient toutefois ses patients que la prise en charge va les aider à mieux parler, mieux gérer leurs difficultés et mieux les accepter, mais pas forcément les guérir.

17:34 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, société

Vitamine D

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
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Vitamine D
Une quarantaine de médecins et chercheurs européens, américains, canadiens, interpellent leurs gouvernements pour qu'ils initient des campagnes de supplémentation en faveur de la vitamine D. Elle est "indispensable à la santé et à la prévention de plusieurs maladies, dont le cancer, mais la plus grande partie de la population en manque".
Quotidien du Médecin [Le] , 19/02/2010

17:29 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, société

18/02/2010

Préservation des vaccins à base de virus atténués à température ambiante

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/18/un-procede-de-conservation-des-vaccins-dans-les-pays-tropicaux-a-ete-decouvert_1307818_3244.html#ens_id=1307924

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Compte rendu
Un procédé de conservation des vaccins dans les pays tropicaux a été découvert
LE MONDE | 18.02.10 | 14h23  •  Mis à jour le 18.02.10 | 14h23


epuis le début des années 1990, dans les pays en développement, la part des populations bénéficiant de campagnes de vaccination stagne entre 75 % et 80 %. En cause, la difficulté à préserver, dans les régions les plus reculées, la chaîne du froid qui garantit la conservation et l'efficacité des vaccins. Un procédé, mis au point par une équipe de l'université d'Oxford et la société Nova Bio-Pharma Technologies, pourrait permettre de s'affranchir de cette contrainte et d'améliorer l'état sanitaire dans les zones rurales des pays pauvres. Les maladies infectieuses sont la première cause de mortalité des enfants de moins de 5 ans dans ces pays.

Les chercheurs, qui présentent leurs travaux, jeudi 18 février, dans la revue Science Translational Medicine (STM), sont parvenus à conserver deux préparations à base de virus atténués pendant six mois à une température de 45 °C, sans qu'ils perdent leur capacité à induire une réaction immunitaire. Ces deux virus ont pu être en quelque sorte vitrifiés au sein d'une solution sucrée, qui se solidifie en s'asséchant. Il suffit ensuite de mettre ce "verre sucré" en contact avec un liquide pour que les agents viraux - en l'occurrence, un poxvirus et un adénovirus - retrouvent leur pouvoir infectieux, qui garantit l'efficacité de la formule vaccinale.

Un brevet a déjà été déposé pour protéger cette innovation, dont la mise en oeuvre pratique promet d'être d'une grande simplicité : le vaccin emprisonné dans son support solide est encapsulé dans une simple cartouche de plastique, qui s'insère entre l'aiguille et la seringue au moment de la vaccination.

"Dans un sac à dos"

Actuellement, les vaccins doivent impérativement être conservés entre 4 °C et 8 °C au maximum. Des capsules thermosensibles permettent de s'assurer que la chaîne du froid n'a pas été rompue. "Cela signifie que vous avez besoin d'un dispensaire avec une infirmière, un réfrigérateur, une alimentation électrique et des camions réfrigérés pour la distribution, indique Matthew Cottingham (Institut Jenner, université d'Oxford) l'un des principaux auteurs des travaux. Si l'on pouvait transporter les vaccins à température ambiante, on réduirait énormément les coûts tout en améliorant l'accès aux vaccins : on pourrait imaginer quelqu'un les transportant dans un sac à dos, à vélo, jusqu'aux villages éloignés."

Pour Souleymane Koné, responsable "chaîne du froid" à la division vaccination de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un tel procédé "changerait effectivement beaucoup de choses sur le terrain, car le coût managérial de la réfrigération est énorme". Il rappelle que les ruptures de la chaîne du froid conduisent à la perte de 20 % à 50 % des vaccins, selon leur type de conditionnement. Elle est plus faible quand les doses sont individuelles. Dans les pays développés, 200 millions de dollars (147 millions d'euros) sont dépensés chaque année pour maintenir la chaîne du froid, ce qui augmente le coût de la vaccination de 14 % à 20 %, selon des estimations de l'OMS.

Ces recherches ont été soutenues par le Wellcome Trust et des bourses issues des "grands défis pour la santé mondiale", financés par la fondation Bill et Melinda Gates. La technologie des vaccins "sur sucre" était envisagée depuis plus d'une décennie. "On l'avait évoquée en 2001 lors d'une réunion de l'OMS", se souvient M. Koné. Elle s'appuie sur la faculté de certains sucres à stabiliser les produits biologiques. "Ce sont ces sucres qui permettent à certaines plantes des zones désertiques de s'assécher puis de ressusciter", rappelle l'immunologiste Christine Rollier (Jenner Institute), cosignataire de l'article.

Nova Bio-Pharma Technologies est en première ligne pour l'étape suivante : il faut s'assurer que l'on peut passer à l'échelle industrielle et démontrer que le procédé fonctionne pour les vaccins actuels - et futurs.

Mme Rollier précise que la question de la conservation à température tropicale est particulièrement sensible pour les vaccins de prochaine génération. "Dans le cas du paludisme, par exemple, ils s'appuient sur des virus génétiquement modifiés pour présenter des gènes du parasite tout en restant inoffensifs, ce qui permet ensuite au système immunitaire de reconnaître la maladie. Mais pour que cela fonctionne, indique-t-elle, il faut que ces virus restent vivants." Ces vaccins, encore en essais cliniques, ne seront pas diffusés "avant cinq ans", prédit-elle.

 

Hervé Morin
Article paru dans l'édition du 19.02.10

Haïti: des escrocs détournent des fonds d'aide via internet

lu sur :

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-41705315@7-50,0.html

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Haïti: des escrocs détournent des fonds d'aide via internet

16.02.10 | 13h07

Des escrocs sans scrupules ont exploité la vague de commisération consécutive au séisme en Haïti pour collecter indûment des fonds via l'internet, a révélé mardi la BBC dans une enquête menée en Grande-Bretagne et en Espagne.

Les escrocs ont envoyé une avalanche de courriels, certains aux noms d'associations fantômes et d'autres aux noms d'organisations caritatives renommées dont ils ont détourné les logos, afin de susciter des dons, et de s'en emparer. Le montant n'a pas été précisé.

Deux des courriels portaient l'en-tête d'organisations inexistantes, "Help the world" (Aidez le monde) et "ME Foundation".L'un des mails prétendant représenter la Croix Rouge britannique émanait en fait du Nigeria. Un autre se recommandait de l'UNICEF mais n'avait aucun rapport avec cette instance de l'ONU, a indiqué la BBC.

Les journalistes de la BBC ont contacté les numéros de téléphone accompagnant les mails, pour tomber sur des individus qui ont détaillé leur prétendue démarche.

"Nous concentrons notre action sur les écoles à Haïti. Nous devons redonner un avenir aux enfants, vous le savez, sans éducation, il n'y a pas d'avenir", a ainsi déclaré un interlocuteur anonyme affirmant s'exprimer pour le compte de Help the world.

Un certain David Isco Iker se réclamant de la ME Foundation, a quant à lui affirmé acheter de la nourriture et des médicaments. Il a adressé à la BBC des photos censées représenter un campement en Haïti. Vérifications faites, il s'agissait de clichés prélevés sur le site de l'association caritative SOS children, basée à Cambridge, pour illustrer une campagne à la suite d'un tremblement de terre au Pakistan.

En cherchant à vérifier l'authenticité d'adresses mentionnées dans certains appels à la charité, la BBC est tombée sur un club de jazz et un marchand de journaux londoniens.

Le prétendu représentant d'une organisation caritative a fui en courant devant les caméras, lorsqu'il s'est rendu compte qu'il avait été piégé par une équipe de la BBC, en se rendant à un rendez-vous à Malaga au cours duquel il escomptait recevoir des dons en espèces.

Un représentant de l'office britannique de la concurrence a indiqué qu'environ 2 millions de personnes ont été victimes d'escrocs opérant sur le web, l'an dernier au Royaume-Uni.

17:29 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : société

Faire disparaître les forêts pour produire de l'huile de palme ?

Faites-vous confiance à Barroso ?

 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/17/l-europe-met-en-balance-foret-et-huile-de-palme_1307241_3244.html#ens_id=1271902

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Compte rendu
L'Europe met en balance forêt et huile de palme
LE MONDE | 17.02.10 | 14h47  •  Mis à jour le 17.02.10 | 14h47

out est affaire de définition... Dans un document qui provoque un débat au sein de ses services, la Commission européenne essaie de déterminer les règles définissant le caractère "durable" des biocarburants. L'enjeu est de taille : d'ici à 2020, l'Europe veut tirer 20 % de sa consommation finale d'énergie des sources renouvelables, c'est-à-dire respectueuses de l'environnement. Concernant les sols affectés aux cultures pour les biocarburants, le document estime que forêts et plantations d'huile de palme sont interchangeables. Et considère donc que faire disparaître les premières au bénéfice des secondes n'irait pas à l'encontre des critères de durabilité.

Cette "interchangeabilité" fait vivement réagir les associations de défense de l'environnement. "On ne peut pas comparer le "désert vert" imposé par les plantations d'huile de palme et les forêts naturelles ou de plantation", s'offusque Adrian Bebb, de l'ONG Friends of the Earth (réseau Amis de la Terre).

L'huile de palme est pointée comme un facteur de déforestation majeur, notamment en Asie du Sud-Est. La demande mondiale croissante pour cette huile dans l'alimentation et la fabrication de biocarburants pousse les producteurs à convertir des surfaces importantes de forêts et de zones humides. Au détriment souvent de la biodiversité animale et végétale, et du cadre de vie des populations locales. Avec le risque supplémentaire de voir libérés les gaz à effet de serre capturés par les forêts.

Le document en cours d'élaboration à Bruxelles vise à préciser les principes élaborés dans la directive d'avril 2009, qui fixe les objectifs de l'Europe en matière d'énergies renouvelables. Il intervient alors que la nouvelle Commission Barroso s'installe, la période d'"interrègne" ayant laissé dans l'incertitude le contenu et le devenir d'un certain nombre de projets.

Intense lobbying

Dans le même temps, les grands producteurs d'huile de palme déploient depuis des mois un intense lobbying auprès de la Commission pour faire avancer leurs intérêts. Avec l'espoir de voir l'impératif énergétique l'emporter. "Comme carburant pour le transport, l'huile de palme est bien plus efficace que ses concurrents, particulièrement l'éthanol et l'huile de colza", affirme Yusof Basiron, directeur général du Malaysian Palm Oil Council (MPOC).

Face à ces débats, l'équipe du nouveau commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, cherche à calmer le jeu. Tout en notant que "les biocarburants issus de l'huile de palme peuvent satisfaire les critères de durabilité, à condition que les bonnes méthodes de production soient adoptées", Marlene Holzner, porte-parole du commissaire, souligne que "l'Europe ne veut promouvoir que des biocarburants qui contribuent positivement aux ambitions de décarbonisation de nos systèmes énergétiques". L'approbation du texte définitif - qui suscite aussi le débat au sein des Etats membres - est attendue pour la fin mars.


Bertrand d'Armagnac
Article paru dans l'édition du 18.02.10

17/02/2010

France : Appel du 20 février

Appel pour le 20 février

La situation économique du pays s’aggrave de jour en jour : il n’y a plus de progrès, mieux l’ensemble des acquis démocratiques et sociaux concédés en 1936, 1945, 1968 sont mis en charpie. Le gouvernement Sarkozy, fort d’une absence de réponse anticapitaliste à gauche et appuyé sur des appareils syndicaux inscrivant leur action dans le cadre du « dialogue social », a considérablement aggravé l’offensive contre les salariés et la démocratie. La montée en puissance du mouvement social des premiers mois de 2009, qui visait une confrontation politique frontale avec le gouvernement,  n’a pas permis d’inverser ce cours.

Si deux partis nouveaux, NPA et PG, sont nés dans l’année qui vient de s’écouler, et s’ils ont regroupé un nombre significatif de militants, c’est bien parce qu’ils prenaient appui sur l’aspiration à changer les règles sociales et économiques, à ouvrir une issue vers le socialisme.

Militants politiques depuis de longues années, nous avons fait les uns et les autres des expériences diverses : gauche du PS, MDC de Jean Pierre Chevènement, PCF ou pour certains, dans un passé plus ancien, au sein des organisations d’extrême gauche. Lorsque le PG s’est constitué il y a un an, nombre de militants parmi lesquels nous étions, y ont vu une ouverture possible. Ce parti est aujourd’hui en crise. Il ne faut donc pas s’étonner, de façon générale, qu’une grande majorité de citoyens ne fassent plus confiance aux partis politiques.

La déception est immense. Ce que nous avons combattu dans les vieux partis du mouvement ouvrier, peut être aussi pour certains dans les organisations d’extrême gauche, se retrouve intégralement dans la vie interne du PG : exclusions, mise sous tutelle d’unités locales, parachutages, mise à l’écart de militants qui contestent les consignes de la direction…

Nous sommes des militants : nous avons en commun d’être libres et de vouloir le rester, dans l’action politique comme dans la pensée. La première exigence que nous posons d’emblée, c’est la rupture avec ce modèle.

Aujourd’hui il nous semble urgent de nous rassembler pour construire sur des bases radicalement nouvelles. Au travers des discussions que nous pouvons avoir avec ceux qui sont restés des militants, des hommes libres, nous posons trois questions :

- Comment construire un outil démocratique ?

- Comment construire l’unité dans les luttes sociales et démocratiques ?

- Quelle liaison entre les luttes sociales et les luttes sur le terrain électoral ?

Travaillant sur plusieurs départements, nous nous sommes regroupés au sein d’un comité de liaison. Nous savons que la crise politique du PG prend diverses formes dans les départements de province. Nous savons aussi que la crise n’est bien sûr pas propre à ce seul parti. Nous proposons aux militants qui partagent avec nous les mêmes préoccupations une rencontre nationale à Paris. Nous pouvons avoir des appréciations politiques différentes sur tel ou tel sujet, mais sur les trois points essentiels précités (la démocratie – l’unité dans un front de gauche démocratique et anticapitaliste – l’unité dans les luttes et dans les urnes), il est de notre devoir de nous regrouper, d’élaborer ensemble et de poser la question d’une issue politique. Pour le socialisme !

Nous demandons à tous les camarades d’accord avec le contenu de cet appel de le cosigner avec nous et d’accepter d’en rendre la signature publique.

- Etre de gauche 95

- Gauche en Mouvement

- Club Socialisme Maintenant

- Rassembler à Gauche

Rencontre Nationale samedi 20 Février 2010 de 10h à 18h

A l’AGECA 177 rue de Charonne 75011 Paris (Métro Alexandre Dumas)

Pour entrer en contact :

appel.20.fevrier@gmail.com

Blog :

http://appel-20-fevrier.overblog.com

Note technique :

Afin que le déplacement de camarades de province à Paris soit le moins possible pénalisant financièrement pour eux, nous proposons une participation financière de 10 euros par personne. Ceci permettra, outre le prix de location de la salle de l’AGECA, de rembourser, ou totalement, ou partiellement les prix de voyage SNCF, en fonction de notre budget global.

11:45 Publié dans démocratie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démocratie

Bio, OGM

Bio et sans OGM :

ce qui va changer en 2010


16/02/2010

Claire REVENU-JOMIER

" Des traces d'organismes génétiquement modifiés dans les produits bio, ..."

Ocytocine et autisme

Science et santé

Autisme

Les vertus de l'ocytocine

Mise à jour le mardi 16 février 2010 à 10 h 33

La sociabilité des personnes autistes est grandement améliorée par la prise de l'hormone ocytocine, révèle une étude française.

L'autisme est un trouble caractérisé par un détachement pathologique de la réalité avec un repli sur soi, ce qui réduit la capacité à communiquer efficacement avec le monde extérieur et à développer des liens sociaux.

L'équipe d'Angela Sirigu, de l'Université Claude Bernard Lyon 1, a montré que l'administration de cette hormone à l'aide d'un vaporisateur nasal améliorait sensiblement les capacités des personnes autistes à interagir avec les autres.

L'ocytocine est déjà connue pour son rôle dans l'attachement maternel et le lien social. L'un de ses principaux effets physiques reconnus est sa capacité d'accélérer l'accouchement, puisqu'elle provoque la contraction de certains muscles de l'utérus et accélère ainsi le travail.

D'autres recherches ont montré que le taux de cette hormone dans le sang des personnes autistes était déficitaire.

L'étude

Les chercheurs ont administré de l'ocytocine à 13 autistes pour ensuite observer leur comportement social pendant des jeux de balle et des tests visuels de reconnaissance de visages.

Les résultats montrent que la prise d'ocytocine permet aux participants de mieux s'adapter au contexte social en montrant plus de confiance envers les individus les plus coopératifs. L'hormone atténue aussi la peur des autres et favorise le rapprochement social.

Selon ses auteurs, cette étude est une des premières à démontrer un effet thérapeutique potentiel de l'ocytocine sur les déficiences sociales dans l'autisme.

La prochaine étape sera de mesurer les effets à long terme de l'ocytocine sur l'amélioration des troubles de la vie quotidienne et son efficacité à un stade précoce de la maladie.

Les résultats complets sont publiés dans les annales de l'académie américaine des sciences (PNAS).

L'autisme touche environ 1 enfant sur 165.

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voir aussi :

http://www.pnas.org/content/early/2010/02/05/0910249107.abstract?sid=7a76571f-95f0-404a-8a7b-72cd841aec83

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Promoting social behavior with oxytocin in high-functioning autism spectrum disorders

Elissar Andari(a),Jean-René Duhamel(a),Tiziana Zalla(b),Evelyn Herbrecht(b),Marion Leboyer(b), and Angela Sirigu(a),

+ Author Affiliations

  1. aCentre de Neuroscience Cognitive, Unité Mixte de Recherche 5229, Centre National de la Recherche Scientifique, 69675 Bron, France; and
  2. bInstitut National de la Santé et de la Recherche Médicale U 841, Department of Psychiatry, Hôpital Chenevier-Mondor, 94000 Créteil, France
  1. Edited by Leslie G. Ungerleider, National Institute of Mental Health, Bethesda, MD, and approved January 7, 2010 (received for review September 8, 2009)

Abstract

Social adaptation requires specific cognitive and emotional competences. Individuals with high-functioning autism or with Asperger syndrome cannot understand or engage in social situations despite preserved intellectual abilities. Recently, it has been suggested that oxytocin, a hormone known to promote mother-infant bonds, may be implicated in the social deficit of autism. We investigated the behavioral effects of oxytocin in 13 subjects with autism. In a simulated ball game where participants interacted with fictitious partners, we found that after oxytocin inhalation, patients exhibited stronger interactions with the most socially cooperative partner and reported enhanced feelings of trust and preference. Also, during free viewing of pictures of faces, oxytocin selectively increased patients’ gazing time on the socially informative region of the face, namely the eyes. Thus, under oxytocin, patients respond more strongly to others and exhibit more appropriate social behavior and affect, suggesting a therapeutic potential of oxytocin through its action on a core dimension of autism.

10:42 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : santé, sciences

16/02/2010

Informations sur les OGM

Quelques liens pour des informations sur les OGM :

Monsanto a falsifié ses données scientifiques, selon un ancien directeur

(voir :http://www.lesmotsontunsens.com/ogm-monsanto-a-falsifie-ses-donnees-scientifiques-selon-un-ancien-directeur-7075)

India Today. : "Monsanto 'faked' data for approvals claims its ex-chief"

(voir : http://indiatoday.intoday.in/site/Story/83093/LATEST%20HEADLINES/Monsanto 'faked' data for approvals claims its ex-chief)

"SmartStax : Le Canada autorise un OGM Monsanto sans aucune évaluation scientifique"

(voir: http://www.lesmotsontunsens.com/smartstax-canada-autorisation-ogm-aucune-evaluation-scientifique-5989)


15/02/2010

Le marché des aliments santé

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
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L'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) renforce son contrôle sur les denrées alimentaires à vocation thérapeutique
Les Echos s'intéressent à l'impact d'une nouvelle réglementation européenne, qui permet un contrôle renforcé sur les produits alimentaires ayant une visée thérapeutique ou de bien-être. Le panel d'experts désigné par l'Efsa a déjà évalué un premier lot de plus de 417 allégations, dont seulement 15 % ont été acceptées, et s'apprête, d'ici fin février, à rendre un avis sur une deuxième série d'allégations.
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Lire aussi l'article des Échos : http://www.lesechos.fr/info/agro/020355494696-aliments-et-sante-des-messages-sous-surveillance.htm
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Aliments et santé : des messages sous surveillance

15/02/10

"Pour contrôler les formulations vantant d'hypothétiques bénéfices pour la santé de certains produits alimentaires, l'Europe s'est dotée d'une nouvelle réglementation. Elle oblige les industriels à plus de rigueur, mais les libellés risquent d'être incompréhensibles pour le consommateur..."

 

14/02/2010

Contre la différenciation salariale dans la recherche publique

lu sur ;

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-02-14/recherche-ces-chercheurs-qui-ont-refuse-15-000-euros-de-prime/920/0/424068

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Publié le 14/02/2010 à 17:34 - Modifié le 14/02/2010 à 18:12 Le Point.fr

RECHERCHE

Ces chercheurs qui ont refusé 15.000 euros de prime

 

Un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a refusé une prime d'excellence scientifique de 15.000 euros ! La raison ? Protester contre la politique de différenciation salariale du gouvernement, sa lettre postée sur le site du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU).

Le biologiste, François Bonhomme, directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISE-M), a reçu en décembre un courrier lui annonçant le versement de la prime au titre de sa médaille d'argent du CNRS, obtenue pour ses travaux scientifiques en 1996. "Je ne suis pas du tout partisan de la politique de différenciation salariale qui est en train de se mettre en place dans la recherche publique française", déclare le chercheur dans sa réponse.

Un précédent


"Je ne me berce pas d'illusions d'un monde égalitaire", poursuit François Bonhomme, qui juge cependant que les scientifiques "apprécient aussi de ne pas se sentir en concurrence trop directe avec leurs collègues". Le chercheur refuse notamment un système dans lequel des "capitaines de recherche négocieront leur salaire à l'embauche tout en ayant à leur service une armée de contractuels taillables et corvéables à merci". François Bonhomme a demandé à ce que sa prime étalée sur quatre ans soit reversée à la Fondation de France, qui recueille des dons pour aider les personnes vulnérables, développer la connaissance et protéger l'environnement.

À l'automne, un autre médaillé d'argent du CNRS, Didier Chatenay, avait aussi annoncé qu'il refuserait sa prime de 15.000 euros. Fin janvier, cinq syndicats de chercheurs et le collectif Sauvons l'Université (SLU) ont adressé une lettre à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse demandant l'abandon de la prime d'excellence scientifique en échange d'une augmentation des possibilités de promotion et d'une "création massive de postes titulaires afin de résorber la précarité".

19:09 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sciences, société

13/02/2010

Forage gazier et éruption du volcan Lusi à Java

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/13/la-these-de-l-erreur-humaine-relancee-pour-expliquer-l-eruption-du-volcan-lusi-a-java_1305282_3244.html#ens_id=1305373
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La thèse de l'erreur humaine relancée pour expliquer l'éruption du volcan Lusi à Java
LE MONDE | 13.02.10 | 14h13  •  Mis à jour le 13.02.10 | 14h13
Djakarta Correspondance


ne erreur humaine est-elle à l'origine de l'éruption de boue du volcan Lusi qui, depuis le 29 mai 2006, ravage une région industrielle de la province est de l'île de Java, en Indonésie ?

Une étude scientifique, présentée vendredi 12 février, accrédite cette thèse. Selon une équipe de chercheurs internationaux, un forage exploratoire, mené à 3 km de profondeur, a pu provoquer des fractures dans une roche instable et conduire à la formation d'un immense geyser de boue, d'eau et de gaz. "C'est au moment de retirer la tige de forage qu'il s'est produit un afflux de liquide dans le puits. La pression y a été si forte que les parois se sont fissurées, libérant à la surface une grande quantité de matières", a déclaré Richard Davies, géologue à l'université de Durham au Royaume-Uni, et coauteur du rapport.

A l'origine du forage, la compagnie d'énergie indonésienne Lapindo-Brantas a toujours contredit cette version. Jusqu'à présent la justice indonésienne lui a donné raison en l'acquittant lors du procès achevé en septembre 2009. Sa responsabilité dans le drame n'a pu être établie. A l'époque, la compagnie prospectait le sous-sol de la ville de Sidoarjo à la recherche de nouveaux gisements de gaz. Elle comptait au total une quinzaine de puits. Mais, selon elle, c'est un séisme qui, deux jours plus tôt, avait secoué la région de Yogyakarta, à 250 km plus au sud-ouest (d'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter), qui a provoqué l'éruption.

60 000 m3 par jour

Pour les auteurs de l'étude, l'hypothèse du séisme convainc peu. Epicentre trop éloigné, magnitude faible, "la probabilité qu'une telle secousse tellurique ait pu réveiller un volcan est mince", estime Michael Manga, professeur de sciences de la terre à l'université de Berkeley en Californie. "Nos recherches ont montré que la zone a été secouée par au moins vingt-deux tremblements de terre ces trente dernières années. Il n'y a pas eu d'éruption pour autant", insiste-t-il. Autre preuve avancée dans le rapport : le pompage de la boue, à l'intérieur de la cavité, a ralenti le flux, "ce qui démontre que le puits était connecté au volcan au moment de l'éruption", poursuit M. Davies.

Quatre ans après le forage, le volcan, baptisé Lusi, continue de vomir chaque jour près de 60 000 m3 d'eau et de boue. Les coulées ont causé la mort de quatorze personnes et noyé douze villages sous un lac visqueux d'un millier d'hectares. Plus de 50 000 habitants ont été évacués dans des camps de fortune. Derrière des digues de terre qu'il faut sans cesse surélever, quelque 3 000 sinistrés vivent sur une autoroute condamnée, dans des abris de tôle et de bambou. Tous attendent le remboursement de leurs maisons. Le gouvernement est déjà venu en aide à 9 000 déplacés, et l'entreprise Lapindo a néanmoins été tenue d'indemniser les autres. Mais le solde des remboursements - entre 20 % et 50 % de la valeur des biens a déjà été payée - arrive au compte-gouttes, ce qui provoque la colère de certaines victimes. Plusieurs d'entre elles ont manifesté, jeudi 11 février, sur les ruines de leur village. "Un mètre de boue a recouvert ma maison l'an dernier. Mais je ne vais pas reconstruire ici, j'ai trop peur des glissements de terrain, je vais partir faire ma vie ailleurs", se lamente Tony.

Le district est-il menacé de disparition ? Ni les opérations de pompage ni les barrages construits autour du cratère n'ont pour le moment stoppé la marée de boue, qui met en péril une dizaine d'autres villages. Certains sont déjà fantômes, comme un mauvais présage. "L'éruption du volcan ralentira dans quelques décennies, mais Lusi peut encore rester en activité durant des centaines d'années", alerte M. Davies.

 

Arnaud Guiguitant
Article paru dans l'édition du 14.02.10

12/02/2010

L'occupation de la Palestine par les israéliens

lu sur :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/12/israel-contraint-par-la-justice-de-deplacer-un-bout-de-son-mur-de-separation_1305108_3218.html#ens_id=1228030
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Israël contraint de déplacer un bout de son mur de séparation en Cisjordanie
LEMONDE.FR avec Reuters | 12.02.10 | 18h14  •  Mis à jour le 12.02.10 | 19h23


ur décision de justice, Israël a annoncé vendredi avoir entamé des travaux pour déplacer un tronçon de son mur de séparation dans un village de Cisjordanie où sa construction provoquait des troubles depuis des mois.

La Cour suprême a donné raison à des habitants du village de Biline qui avaient déposé une réclamation en 2007 pour contester la confiscation de terres agricoles imposée par la construction de l'ouvrage.

Des troubles réguliers ont éclaté sur ce site contesté du mur, destiné à empêcher les attentats en Israël et érigé le long de sa frontière est, empiétant parfois largement sur le sol de la Cisjordanie occupée. Dans un avis rendu en 2004, la Cour internationale de justice a jugé illégal l'ouvrage israélien, dont la construction avait été lancé en 2002, au plus fort d'une vague d'attentats-suicides, et qui doit courir une fois achevé sur 720 kilomètres.

11/02/2010

Les raisins et les pesticides

lu sur :

http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=7272

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Le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures est assigné par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table (FNPRT). Le tribunal vient de rendre son verdict.
Pourquoi cette assignation ? La FNRPT, Fédération de producteurs de la FNSEA, nous assigne pour un soit disant dénigrement du raisin de table suite à la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins de table vendus dans des supermarchés réalisées en novembre 2008 avec quatre autres associations européennes !
500 000€ ! La FNPRT nous demandait, entre autre, la somme astronomique de 500 000 Euros!
VERDICT. La plaidoirie s’était tenue le 6 janvier devant la 17ème chambre (chambre de la liberté de la presse) au TGI de Paris qui vient de rendre son jugement ce jour.
Dans son jugement, le TGI reconnait que le MDRGF, s’est exprimé dans le cadre de son objet social d’intérêt général, et n’a aucunement abusé de façon fautive de sa liberté d’expression en publiant les résultats d’analyses montrant la présence de résidus de pesticides dans des raisins vendus dans les supermarchés.
Au contraire, le jugement reconnait que la méthodologie suivie dans l’étude a été présentée de manière détaillée, et en présentant les résultats sans dénaturation. En outre, ce jugement reconnait notre droit à parler de « pesticides et de contamination » pour parler des résidus présents dans les raisins analysés. En conséquence de quoi le tribunal a rejeté les demandes en dommages et intérêts de la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table.

Condamné pour procédure abusive ! De plus, le jugement reconnait que en attentant cette action, la FNPRT a abusé de son droit d’agir en justice (notamment parce que la date de publication de l’étude du MDRGF correspondait à la fin de la saison de distribution du raisin de table). En conséquence de quoi le juge décide que la FNPRT devra verser au MDRGF 1€ au titre de dommages et intérêts pour procédure abusive, ce qui est une décision assez rare dans ce type de procès.
Enfin, la FNPRT a été condamnée à payer au MDRGF la somme de 2000€ au titre des frais engagés pour sa défense.
«Nous nous félicitons de ce jugement qui légitime totalement le travail du MDRGF et notre droit à réaliser et publier des résultats d’analyse de pesticides contenus dans des produits alimentaires. Il s’agit d’une victoire importante pour la liberté d’expression et pour les droits des contre pouvoirs en général dans ce pays. Cette tentative de procès baillons n’a pas abouti.
Nous allons donc continuer sereinement à faire le travail que nos adhérents nous demandent de faire : à savoir informer sur la présence des pesticides dans l’environnement et l’alimentation et travailler à obtenir des législations plus protectrices de l’environnement et de la santé.
Enfin, nous souhaitons que les producteurs de raisins de table retrouvent la voie du dialogue. Nous nous tenons à leur disposition pour travailler ensemble sur les techniques agronomiques qui permettront de concilier productions et préservation de l’environnement et de la santé, conformément aux objectifs du Grenelle de l’environnement.»

Déclaration de F. Veillerette, Président du MDRGF.

12:41 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : justice, société

08/02/2010

La spéculation sur les terres agricoles

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/08/la-foret-ne-gagne-plus-de-terrain-en-france_1302622_3244.html#ens_id=1302724
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La forêt ne gagne plus de terrain en France
LE MONDE | 08.02.10 | 15h34  •  Mis à jour le 08.02.10 | 15h34


'est la rupture d'une tendance historique de plus d'un siècle : en 2008, la forêt a cessé de gagner du terrain en France, après une progression continue pendant plus de cent cinquante ans. Ce tournant majeur dans l'occupation du territoire a été observé par les statisticiens du ministère de l'agriculture, dont l'enquête Teruti sur l'utilisation du territoire a été publiée fin 2009 (Agreste, Chiffres et données, n° 208). Menée chaque année depuis les années 1960, l'enquête observe l'occupation des terrains sur plus de 300 000 points du territoire. En 2008, il est apparu que les sols boisés reculaient (16,946 millions d'hectares) par rapport au relevé précédent (16,974).

Ce tournant s'inscrit dans un phénomène général et continu de conversion des terres agricoles vers d'autres usages : jusqu'à présent, ce mouvement s'opérait partie par boisement, partie par urbanisation. C'est maintenant l'urbanisation, ou "artificialisation des sols", qui absorbe les terres agricoles abandonnées. Les chiffres montrent aussi que l'urbanisation des sols s'accélère : de 54 000 hectares par an dans la décennie 1982-1992 à 74 000 hectares par an sur les années 2006-2008. Ce rythme dépasse largement la croissance de la population.

Le sujet est pris au sérieux au plus haut niveau : le 25 janvier, lors de l'émission télévisée "Paroles de Français", Nicolas Sarkozy a ainsi dit : "Nous avons besoin de protéger les terres agricoles, parce que les terres agricoles, c'est l'équivalent d'un département qui disparaît par an, c'est une catastrophe." C'est en fait en dix ans que l'équivalent d'un département est absorbé par l'artificialisation, mais le danger est réel. "Le gaspillage des terres agricoles continue inexorablement, écrit André Thévenot, président de la fédération des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer). L'étalement urbain ne cesse de s'amplifier au détriment des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains, au risque de perturber les équilibres écologiques et territoriaux."

Un spécialiste du cabinet d'études Solagro, Philippe Pointereau, s'inquiète même pour l'autonomie du pays : "Au rythme actuel de perte des terres agricoles, la France pourrait devenir franchement importatrice de denrées agricoles en 2050, et perdre son indépendance alimentaire."

La cause essentielle du gaspillage de l'espace est le décalage entre le revenu agricole et le prix du foncier : il est toujours plus intéressant de vendre une terre à la construction que de la conserver en culture. Ainsi, le prix national des terres et prés libres est d'environ 5 170 euros l'hectare en 2008, selon les Safer. Mais si le terrain devient constructible, sa valeur est d'un coup multipliée par quatorze dans la Creuse, par cinquante dans la région toulousaine et même par... trois cents en région parisienne. Rares sont d'ailleurs les agriculteurs à tirer profit de cette culbute, puisque plus des deux tiers des exploitations sont en fermage.

Taxer les plus-values

Quelles solutions envisager ? Des offices fonciers achetant les terres pour la collectivité, comme le recommandait Edgard Pisani dans son ouvrage Utopie foncière, qui vient d'être réédité (Ed. du Linteau, 23 euros) ? Ou "un zonage pérenne et généralisé des terres agricoles", comme le souhaite M. Thévenot ? Quoi qu'il en soit, le facteur-clé sera une volonté politique de maîtriser cette surconsommation d'espace. Les élus locaux sont toujours tentés d'urbaniser, ce qui génère de nouvelles recettes fiscales.

Le législateur a déjà essayé de freiner cette érosion des terres agricoles, mais en vain. La loi SRU de 2000 conférait aux schémas de cohérence territoriale (SCOT) - un document d'urbanisme créé par ce texte - l'obligation de prendre en compte la préservation des terres agricoles. "Les SCOT montent en puissance, mais leur couverture nationale n'est pas très forte", note cependant un agent de l'Etat. En 2005, les départements ont aussi été dotés de la compétence de protection des espaces périurbains avec un nouvel instrument, les PAEN, leur permettant d'acheter des terres agricoles et de jouer le rôle de bailleur. Mais sans succès jusqu'à présent.

La loi de modernisation agricole, qui doit être discutée au Parlement après les élections régionales des 14 et 21 mars, va également tenter de réduire la consommation de terres agricoles. L'objectif en serait, selon le ministre Bruno Le Maire, de réduire de moitié ce gaspillage d'ici à 2020 à travers, notamment, la taxation des plus-values excessives.

 

Hervé Kempf et Clément Lacombe
Article paru dans l'édition du 09.02.10

07/02/2010

Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/06/les-agriculteurs-exposes-aux-pesticides-portent-des-precurseurs-du-cancer_1301932_3244.html#ens_id=1299588
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Les agriculteurs exposés aux pesticides portent des précurseurs du cancer
LE MONDE | 06.02.10 | 14h48  •  Mis à jour le 06.02.10 | 14h48


l existe un lien entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer. Lors d'un colloque organisé à Marseille, vendredi 5 février, par la Ligue contre le cancer, Bertrand Nadel (Centre d'immunologie de Marseille-Luminy) a présenté des résultats obtenus lors d'une étude (Agrican) lancée en 2005. Ces travaux pourraient déboucher sur une stratégie de dépistage précoce de cancers du système lymphatique.

Agrican est une grande étude effectuée auprès des affiliés de la Mutuelle sociale agricole, le régime de sécurité sociale des agriculteurs. Elle comprend un versant épidémiologique, appuyé sur un questionnaire, et un versant biologique, avec des prélèvements sanguins.

En 2008, Bertrand Nadel et Sandrine Rouland avaient présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Avec le soutien financier de la Ligue contre le cancer, ils ont poursuivi leurs recherches et obtenu de nouveaux résultats, qui ont déjà été publiés, en juin 2009, dans le Journal of Experimental Medicine.

Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome. Les chercheurs marseillais ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants à l'étude Agrican des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire.

ANOMALIE GÉNÉTIQUE

"Nous avons mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d'un lien moléculaire entre l'exposition des agriculteurs aux pesticides, l'anomalie génétique et la prolifération de ces cellules, qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet est fonction de la dose et du temps d'exposition", résume Bertrand Nadel.

En l'occurrence, les chercheurs ont identifié une anomalie génétique : un fragment du chromosome 14 se détache et vient activer un oncogène situé sur le chromosome 18. Les personnes exposées aux pesticides présentent dans certaines cellules sanguines (lymphocytes) cette anomalie génétique de manière beaucoup plus fréquente que les personnes non exposées. L'absence de régulation de l'expression de cet oncogène fait que des cellules qui auraient dû mourir vont proliférer.

"Il s'agit là d'une condition nécessaire au développement d'un lymphome folliculaire, mais elle n'est pas suffisante. Il existe d'autres anomalies comme une instabilité générale du génome : deux gènes sont exprimés en même temps alors que normalement pas ils ne le sont pas, ce qui permet aux cellules anormales de résister aux mécanismes de mort cellulaire programmée", explique Bertrand Nadel.

L'équipe de Bertrand Nadel, qui espère aboutir à terme à un outil de diagnostic précoce, va désormais étudier une population de personnes ayant développé le même type de lymphome afin de documenter la présence de ces biomarqueurs.

 

Paul Benkimoun
Article paru dans l'édition du 07.02.10

Chirurgie à l'âge de pierre

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/05/archeologie-a-l-aube-de-la-chirurgie_1301621_3244.html#ens_id=1301708
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Enquête
Archéologie : à l'aube de la chirurgie
LE MONDE | 05.02.10 | 15h36  •  Mis à jour le 05.02.10 | 20h03


a pièce à conviction est enfermée en lieu sûr, dans un coffre de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Trop fragile pour être exposée. Trop précieuse. Il ne s'agit pourtant que d'un os - un vieil humérus -, comme les gratteurs de terre en ont exhumé des milliers. Mais celui-là prouve que, voilà 7 000 ans, un homme a subi une amputation et a survécu à l'opération. Il constitue le plus ancien témoignage d'un tel acte chirurgical jamais découvert en France. Et l'un des très rares attestés dans la préhistoire.

Pour reconstituer la scène, Anaïck Samzun, responsable des fouilles menées de 2003 à 2005, en vue de l'extension d'une carrière de sable, sur le site de Buthiers-Boulancourt (Seine-et-Marne), à 70 km au sud de Paris, exhibe d'autres fragments du squelette de l'amputé : un crâne poli par le temps, un maxillaire édenté, une poignée de vertèbres, un fémur, un tibia, un péroné, l'humérus droit, banal celui-là.

Nous sommes au début du néolithique - la datation des ossements au carbone 14 donne une fourchette comprise entre 4 900 et 4 700 avant notre ère -, à la fin de la culture dite de Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain, juste après la civilisation du Rubané, caractérisée par les motifs à rubans de ses poteries. Les premières communautés agropastorales, cultivant le blé et l'orge, élevant des porcs et des moutons, prennent alors la place des derniers chasseurs-cueilleurs du paléolithique.

Sur le site actuel de Buthiers-Boulancourt vivent quelques dizaines de ces paysans, dans sept grandes maisons de type danubien, faites de bois enduit de pisé, dont ont été retrouvés les trous de poteaux et plusieurs fours domestiques. A proximité des habitations, deux ensembles de sépultures individuelles en pleine terre, où ont été ensevelis cinq cadavres. Et, très inhabituel pour l'époque, un vase contenant les restes charbonneux d'un corps incinéré.

L'une des fosses intrigue les archéologues. Creusée dans un calcaire très dur, de forme oblongue, elle est de dimensions atypiques : 2,5 mètres de long, 1,6 mètre de large et 1,5 mètre de profondeur, alors que les autres tombes, ajustées à la taille du défunt, ne sont profondes que de 30 cm. L'individu qui y repose est couché sur le flanc gauche en position fléchie, genoux surélevés, le corps aligné d'est en ouest, la tête tournée vers le sud. Une posture caractéristique des inhumations de cette période. Une première analyse anthropologique révèle qu'il s'agissait d'un homme, âgé, perclus d'arthrose et ayant perdu toutes ses dents.

Elément insolite, un jeune agneau, ou cabri, a été déposé à ses pieds, offrande ou viatique pour l'au-delà. Un mobilier funéraire exceptionnel l'accompagne : un grand pic en silex disposé en travers de son bras gauche, et une longue lame de hache en schiste placée derrière son crâne. Des attributs qui lui valent, au sein de l'équipe de fouilles, le surnom de "Rocco". Et qui, plus sérieusement, font penser qu'il jouissait d'un statut important dans le groupe.

Là n'est pas le plus étonnant. L'avant-bras et la main gauches manquent à l'inventaire, alors que la sépulture ne paraît pas avoir été perturbée par des animaux fouisseurs, l'érosion ou des labours ultérieurs. En outre, le membre supérieur gauche, sectionné au-dessus de l'articulation, présente un bord anormalement rectiligne. Les investigateurs pensent d'emblée à une amputation. Mais, sur des ossements aussi vieux, le diagnostic est difficile à poser.

Il faudra une auscultation au scanner, avec reconstruction de l'humérus en trois dimensions, pour le confirmer et publier la trouvaille dans la revue Antiquity de décembre 2009. "L'examen écartant l'hypothèse d'une malformation congénitale, il semble que l'homme ait d'abord subi un traumatisme - coup de hache, accident... - qui a partiellement arraché l'avant-bras en brisant les os, décrit Anaïck Samzun. Les parties encore en place ont alors été sciées intentionnellement, sans doute avec une lame de silex. La découpe s'est effectuée de la face antérieure vers la face postérieure de l'os, et le poids de l'avant-bras en extension, ou peut-être la traction exercée par le chirurgien, ont rompu les derniers millimètres."

Il y a mieux. Les radios montrent que l'humérus a cicatrisé, donc que l'amputé a survécu - quelques mois ou quelques années - à l'intervention. Cela, sans trace d'infection. Ce qui signifie que le manieur de bistouri "savait aussi stopper une hémorragie et possédait une bonne pratique de l'asepsie".

Deux cas seulement d'amputation étaient jusqu'ici connus, en Europe, pour le néolithique ancien. Tous deux dans la culture du Rubané, c'est-à-dire un peu plus vieux que celui de Buthiers-Boulancourt : l'un à Sondershausen, en Allemagne, l'autre à Vedrovice, en Moravie (République tchèque). Ce n'étaient sans doute pas les premiers : la possibilité d'une telle opération a été suggérée pour deux Néandertaliens du paléolithique moyen, l'un, en Irak, doté d'un humérus atrophié, l'autre, en Croatie, privé d'une main. Mais ces exemples restent rarissimes.

Les cas de trépanation, en revanche, sont beaucoup mieux documentés, surtout pour le néolithique récent. On en recense, dans la seule Europe, près de six cents. Et, sur le site pakistanais de Mehrgarh, dans une nécropole vieille de 9 000 ans, a été exhumé un jeu de molaires dans lesquelles, pour traiter des caries sans doute, des apprentis dentistes avaient pratiqué des perforations, à l'aide de perçoirs en bois à pointe de silex probablement actionnés par un archet. Une technique empruntée aux artisans bijoutiers.

"Les hommes du néolithique, et vraisemblablement leurs aînés déjà, possédaient un savoir-faire médical et chirurgical dont nous n'avons que très peu de traces, de surcroît sur des ossements souvent mal conservés, commente la chercheuse. Quand ces interventions étaient pratiquées sur les parties molles du corps, il ne nous en reste plus aucun témoignage." Pour soulager les maux, poursuit-elle, "ils disposaient sans doute d'une pharmacopée à base de plantes, dont on sait peu de chose".

Des graines et des pollens ont été retrouvés sur de nombreux sites. Mais rien ne permet de savoir s'ils provenaient de plantes ou de fruits à usage alimentaire, ou dotés de vertus médicinales.

 

Pierre Le Hir
Article paru dans l'édition du 06.02.10

10:39 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire

04/02/2010

Environnement et cancer

lu sur :
http://blogs.inserm.fr/synthesedepresse/
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Journée mondiale du cancer : les fléaux environnementaux
Le cancer, dont c'est aujourd'hui la journée mondiale, reste la première cause de mortalité française depuis 2004, et le sera à l'échelle du monde cette année. 15 % des cancers sont supposés génétiques, mais les 85 % restants seraient imputés à des facteurs environnementaux voire sociaux. En France, 333 000 nouveaux cas étaient diagnostiqués en 2008. Le tabac, l'alcool, les rayonnements ou certains virus présentent des risques incontestables, mais "notre grand souci, ce sont les autres facteurs dont le risque relatif est faible, déplore Fabien Calvo,  directeur de l'institut thématique multi-organismes cancer. Leur impact n'est pas assez fort pour qu'on puisse les détecter." Fabien Calvo évoque, au cours d'une interview, les nouvelles thérapies ciblées "qui vont détruire plus spécifiquement les cellules cancéreuses, car elles ciblent des événements à l'origine des cancers ou favorisant le développement. (.) Ainsi, on dispose d'anticorps actifs chez environ la moitié des patients ayant un cancer du côlon." Après analyse des tumeurs, notamment par des équipes Inserm, il ressort que "ceux qui ne sont pas sensibles à cet anticorps ont une anomalie associée dans la tumeur". De là, l'initiative d'un test prédictif individuel, et le tissage d'un réseau de laboratoires publics proposant gratuitement ce test.
HD Humanité Dimanche , 04/02/2010 - France Soir , 04/02/2010

03/02/2010

PALESTINE : le passé archéologique de GAZA

lu sur :
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/02/jaoudat-khoudary-esthete-pour-la-cause_1300098_3218.html#ens_id=1284108
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Portrait
Jaoudat Khoudary, esthète pour la cause
LE MONDE | 02.02.10 | 14h56  •  Mis à jour le 02.02.10 | 15h05


ouvent, Jaoudat Khoudary s'arrête de parler, les yeux mi-clos. Quand les paupières se relèvent, l'oeil pétille, et la phrase, mûrement réfléchie, fuse : "Ma mission est d'entretenir l'espoir qu'un avenir meilleur est possible à Gaza." Il offre une mandarine de son jardin, pioche une nouvelle cigarette, cale sa forte corpulence dans le canapé, une jambe repliée sous lui, et poursuit l'histoire de sa vie, de Gaza.

Il en est inspiré, littéralement : les vitrines de bois sombre de son salon oriental regorgent d'objets témoignant de la richesse du patrimoine six fois millénaire de Gaza, qu'il a retrouvés, collectionnés depuis plus de vingt ans. "Nous sommes une très ancienne ville et civilisation, mais tous les occupants, les Egyptiens, les Turcs, les Britanniques et les Israéliens, sans parler de la période antique, ont pillé notre héritage historique."

A presque 50 ans, Jaoudat Khoudary est un homme riche - peut-être le premier entrepreneur en bâtiment et travaux publics de Palestine -, mais il y a chez lui autre chose : une passion fiévreuse pour faire resurgir du passé la splendeur culturelle de sa terre natale. "Ma plus grande préoccupation, c'est que la nouvelle génération est isolée, mentalement et géographiquement, du reste du monde. Je dois l'aider à retrouver ses racines."

C'est un amoureux fou, un esthète en même temps qu'un homme d'affaires, fait de rondeur et de roublardise, avec des amis qu'il comble de sa générosité, et dont il sait se servir. Anis Nacrour, diplomate français, ancien conseiller de coopération culturelle à Jérusalem, le connaît bien : "Jaoudat est un mécène qui sait faire fructifier sa fortune, qui fonce et prend des risques. L'un de ses talents est d'avoir ses entrées aussi bien auprès du Hamas que de l'Autorité palestinienne, des Israéliens que des Américains."

De l'entregent, il en faut lorsque le but d'une vie est de sauver le passé archéologique d'un territoire à la dérive, gouverné par la main de fer du Hamas et étranglé économiquement par Israël. Tout a commencé en 1986, avec la découverte, au milieu de gravats, d'un médaillon omeyyade du VIIe siècle, dont il fera son talisman. Avec un ami, il crée une entreprise de travaux publics, Saqqa & Khoudary, aujourd'hui prospère.

La suite se déroule comme une épopée, dont Jaoudat Khoudary est le meilleur biographe, avec Béatrice Guelpa, qui lui a consacré un petit livre, Gaza debout face à la mer (Ed. Zoé 2009). Les chantiers s'enchaînent, l'argent rentre vite, grâce aux contrats du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), dont il va devenir, bizarrement, le principal contractant. Dans sa maison de Gaza, qu'un haut portail vert protège des regards indiscrets, Jaoudat Khoudary est prolixe de tout, sauf de détails sur sa fortune.

Arpentant les allées de son jardin luxuriant, foisonnant de colonnes romaines et grecques, de chapiteaux, de palmiers et de citronniers, il raconte ses découvertes archéologiques au hasard des chantiers de construction. La mer va devenir une autre source inépuisable de vestiges antiques, que les pêcheurs de Gaza remontent dans leurs filets. Il les encourage, et la pêche aux amphores devient miraculeuse.

Jaoudat Khoudary est désormais à la tête d'un véritable trésor composé d'objets datant des périodes phénicienne, assyrienne, perse, grecque, romaine, byzantine et islamique, parfois achetés très cher... mais l'argent compte peu. Comment les faire expertiser ? Jaoudat Khoudary serait resté un collectionneur privé, de ceux que les services officiels des antiquités accusent de faire main basse sur les patrimoines nationaux, sans une rencontre.

Elle a lieu en 1996, à Gaza. Le Père Jean-Baptiste Humbert, dominicain et archéologue, est professeur à l'Ecole biblique de Jérusalem. Rien de commun a priori entre le collectionneur boulimique et le scientifique érudit, si ce n'est une commune passion : sauver ce qui peut l'être du patrimoine archéologique de Gaza. Quatorze ans plus tard, le Père Humbert dresse le portrait de celui qui est devenu son ami : "Jaoudat est parti de rien, il a fait des coups, c'est une sorte d'aventurier, mais c'est aussi un esthète nationaliste." De cette coopération naîtront une exposition à Genève, en 2007, puis un musée privé à Gaza, l'année suivante. "Jaoudat a envie de laisser son empreinte sur l'histoire de Gaza, observe Patrice Mugny, chef du département de la culture de la ville de Genève. Il est empreint de romantisme et veut s'inscrire dans la cause palestinienne ; ce qu'il a fait relève de la préservation du patrimoine mondial."

Gaza est bouleversée par les Intifadas de 1987 et 2000, puis martyrisée lors de la guerre menée par Israël au cours de l'hiver 2008. L'exposition de Genève a été un succès, mais l'ambitieux projet de créer un musée national à Gaza est gelé : le blocus israélien, les rivalités entre le Hamas et le Fatah et l'animosité du Service des antiquités de l'Autorité palestinienne interdisent le retour de la collection.

La ville de Genève a accepté d'en être le curateur, jusqu'au jour où les conditions seront réunies pour que la statue d'Aphrodite en marbre blanc, joyau de la collection Khoudary, puisse retrouver le rivage méditerranéen. En attendant, Jaoudat Khoudary se consacre à ses affaires et à son musée, où les enfants de Gaza réapprennent qu'ils sont les héritiers d'une des plus riches cultures du bassin méditerranéen.

En bordure de mer, à faible distance du camp de réfugiés de Ash Shati et de la frontière israélienne, "Al Mat'haf" (le musée, en arabe) fait partie d'un complexe comprenant un restaurant panoramique et une salle de conférences. Dans quelques mois, grâce au ciment acheminé à prix d'or par les tunnels de contrebande creusés sous la frontière égyptienne, un hôtel de 36 chambres accueillera une improbable clientèle...

"Parfois, songe Jaoudat Khoudary, je me dis que je suis fou de faire de tels investissements, puis je me persuade que c'est un pari sur l'avenir de Gaza." La chance et un doigté tout oriental pour ne se fâcher avec personne l'ont toujours aidé. A-t-il construit une mosquée pour le Hamas pour prix de sa liberté, comme le suggère un diplomate britannique ? Le volume de ses intérêts financiers en Palestine explique-il les facilités que les Israéliens lui accordent pour sortir de Gaza et y revenir ?

Gaza est devenue une gigantesque prison à ciel ouvert où 1,4 million de Palestiniens vivent dans des conditions souvent misérables. "Jaoudat Khoudary, observe Jean-Yves Marin, directeur des musées d'art de la ville de Genève, a compris que la constitution de l'identité d'un peuple passe par un musée." Jaoudat Khoudary reste à Gaza avec son épouse et son plus jeune fils pour poursuivre son rêve et démontrer que, dans l'adversité, Gaza reste debout face à la mer.

 

Laurent Zecchini

Parcours

1960
Naissance à Gaza.

1983-1985
Diplôme d'ingénieur au Caire, diplôme de management à Turin.

1987
Directeur général de l'entreprise de bâtiment et travaux publics Saqqa & Khoudary.

2007
Exposition "Gaza à la croisée des civilisations", à Genève.

2008
Ouverture de son musée à Gaza.

2010
L'exposition de Genève est présentée, depuis le 31 janvier, à Oldenbourg (Allemagne).

Article paru dans l'édition du 03.02.10

L'agriculture indienne ne parvient pas à répondre à l'augmentation de la demande

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/02/l-agriculture-indienne-ne-parvient-pas-a-repondre-a-l-augmentation-de-la-demande_1300044_3244.html#ens_id=1300141
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Compte rendu
L'agriculture indienne ne parvient pas à répondre à l'augmentation de la demande
LE MONDE | 02.02.10 | 15h54  •  Mis à jour le 02.02.10 | 15h54
New Delhi Correspondance


ans un contexte de flambée des prix alimentaires, le premier ministre indien, Manmohan Singh, a appelé, lundi 1er février, lors d'une conférence réunissant les hauts fonctionnaires du pays, à une augmentation de la production agricole, estimant que l'Inde s'était reposée sur une "fausse idée de la sécurité alimentaire". Après une mousson 2009 catastrophique, la pire de ces quarante dernières années, l'Inde a dû importer du sucre et puiser dans ses stocks de blé et de riz pour satisfaire la demande intérieure.

La hausse des prix des denrées alimentaires a atteint 17 % début janvier. En un an, le prix du sucre a doublé, celui des légumes a augmenté en moyenne de 39 %, mettant en péril l'alimentation quotidienne d'environ 300 millions d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté. Le ministre indien de l'agriculture, Sharad Pawar, a affirmé que le pays devait se préparer à importer des légumineux et de l'huile pour au moins dix ans, et que les réserves de blé et de riz ne suffisaient plus désormais qu'à assurer deux ans de consommation.

Après la "révolution verte" des années 1970, qui a permis à l'Inde de devenir exportateur de blé et de riz, le secteur agricole traverse aujourd'hui une crise structurelle qui menace la sécurité alimentaire du pays. Depuis le décollage économique amorcé dans les années 1990, le secteur agricole n'est jamais parvenu à rattraper le rythme de croissance des services et de l'industrie. "La croissance démographique et de meilleurs niveaux de vie nécessitent une hausse de notre approvisionnement alimentaire", a affirmé M. Singh. L'essor de la classe moyenne a entraîné une modification des comportements alimentaires. Avec environ 40 % de végétariens dans la population, la consommation de lait, de fruits et de légumes a fortement augmenté ces dernières années.

L'agriculture indienne souffre d'un manque de surfaces irriguées, d'un épuisement des sols lié à la mauvaise utilisation des engrais et d'une fragmentation des exploitations agricoles. L'Inde ne produit, par exemple, que trois tonnes de riz par hectare par an, contre six en Chine et huit aux Etats-Unis.

Trop concentré

Lors de sa "révolution verte", le pays s'est également trop concentré sur la culture du blé et du riz. "L'Inde est parvenue à devenir autosuffisante sur ces deux matières premières agricoles à la fin des années 1970, mais en négligeant d'autres productions nécessaires pour obtenir une alimentation saine, équilibrée et variée", explique Bruno Dorin, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et coauteur d'Agriculture et alimentation de l'Inde (INRA Editions, 2002). Plus tard, dans le cadre de l'ouverture aux échanges mondiaux, "les cultures, comme l'horticulture, destinées à l'exportation, ont été privilégiées au détriment de l'agriculture vivrière", ajoute M. Dorin.

Mais l'autosuffisance alimentaire ne suffit pas à éradiquer le problème de la malnutrition. L'Inde, qui connaît la deuxième plus forte croissance économique au monde, était placée, en 2008, au 66e rang sur l'indice global de la faim, derrière le Soudan et le Nigeria. Près de 46 % des enfants indiens souffrent de sous-nutrition. Le programme Public Distribution System, lancé par le gouvernement dans les années 1980, était censé offrir de la nourriture à des prix subventionnés aux plus pauvres. Trente ans après, à cause de la corruption, c'est un échec.

Lors des élections du printemps 2009, qu'il a remportées, le Parti du Congrès avait promis d'instaurer le droit à l'alimentation pour tous. Le gouvernement devrait présenter au Parlement, dans les prochains mois, une loi garantissant 25 kg de riz ou de blé par mois, à un prix équivalant à 5 centimes d'euro le kilo, aux familles vivant sous le seuil de pauvreté.

 

Julien Bouissou
Article paru dans l'édition du 03.02.10

Grippe A - Industries pharmaceutiques - Profits

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/02/02/grippe-a-l-heure-des-critiques-et-des-enquetes_1300236_3244.html#ens_id=1185166
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Grippe A : l'heure des critiques et des enquêtes
LEMONDE.FR avec AFP | 02.02.10 | 15h54


ramatisation", "surévaluation des risques", "désinformation", "politique terroriste et irrationnelle" : la pandémie de grippe H1N1 a cédé la place aux critiques et commissions d'enquête sur la gestion de la crise par le gouvernement.

"La démesure a été une des caractéristiques de cette campagne", a estimé le Pr Marc Gentilini, de l'Académie de médecine, pour qui la crise se termine en "fiasco politique" et en "bouffonnerie". Il évoque "des groupes de pression affolants", notamment à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des épidémiologistes "terroristes", une logistique "beaucoup trop lourde"...

Les autorités sanitaires ont certes employé les grands moyens : mise en place d'une cellule interministérielle de crise pilotée par le ministère de l'intérieur, planning de vaccinations massives, ouverture de centaines de centres de vaccination sur tout le territoire, achat de vaccins par dizaines de millions, élargissement de l'usage d'antiviraux.

L'alarmisme était de mise. Le virus "est une sorte de loterie sinistre", avec des jeunes gens qui peuvent mourir "de façon fulminante", affirmait la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, lançant : "Des gens vont mourir parce qu'ils n'auront pas été vaccinés".

Alors qu'on approchait du pic de l'épidémie, elle martelait que les pandémies grippales se déroulaient le plus souvent en plusieurs vagues et que "les dernières étaient en général plus virulentes que les premières".

Les commandes de vaccins ont été rapides et massives (94 millions de doses), avant que l'Agence européenne du médicament établisse en novembre qu'une seule dose suffisait. Le gouvernement a dû annuler plus de la moitié des commandes, et devrait payer des compensations. Restent aussi à gérer d'importants stocks de masques et d'antiviraux.
Début janvier, tout en annonçant qu'elle résiliait la moitié des commandes, la ministre s'est défendue d'en faire "trop ou pas assez". "Je le dis clairement, il faut pratiquer le principe de précaution".

La "bataille" orchestrée contre le virus, nourrie du souvenir cuisant de la canicule de 2003 où le gouvernement avait traîné à mettre en route un plan d'urgence, est apparue en décalage par rapport à une pandémie finalement nettement moins virulente qu'on aurait pu le craindre.

La campagne de vaccination a exclu d'entrée les médecins de famille qui auraient pu persuader leurs patients de se faire vacciner. Contre-productive, elle a suscité la méfiance de la population, qui s'est montrée sensible à toutes les rumeurs.
Pour le Pr Gentilini, qui craint "que ces erreurs graves ne portent préjudice au concept de vaccination", il faut "tirer des leçons de la crise pour ne pas recommencer". "Je suis pour la vaccination, le principe de la vaccination est remarquable, mais pas n'importe comment."

Des députés socialistes ont craint aussi une "perte de confiance" de la population et des "séquelles" en matière de santé publique. Les experts sur lesquels s'appuyaient les autorités sanitaires ont été mis en cause, et les sénateurs communistes et du Parti de gauche ont demandé une commission d'enquête sur leurs "liens incestueux" avec les laboratoires.
Une autre commission d'enquête a été demandée à l'Assemblée nationale, "pour faire le point".

Mme Bachelot s'est déjà fortement défendue devant les députés, le 12 janvier, opposant la "dangereuse sophistique" et l'impact "politiquement destructeur" des procès d'intention à son discours "de sagesse et de précaution".

01/02/2010

Nos enfantsnous accuseront

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09:08 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : société