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20/09/2010

La pêche au thon rouge, un gouffre financier pour l'Europe

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actu-science/la-peche-au-thon-rouge-un-gouffre-financier-pour-l-europe-18-09-2010-1238097_59.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20100919

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La pêche au thon rouge, un gouffre financier pour l'Europe

Le contrôle et la surveillance de la pêche au thon rouge ont coûté entre 8 et 10 millions d'euros aux pays de l'Union européenne pour la seule campagne 2010. C'est énorme. Aucune autre pêche, à tonnage comparable, n'engage une telle dépense. C'est en réponse à une question de Greenpeace que la Commission européenne a révélé cette effarante addition.

La somme a servi à affréter les navires de surveillance, dont le Jean Charcot, et le personnel chargé de contrôler les thoniers-senneurs. Un première petite division très simple à effectuer aboutit à une dépense de 300.000 euros par bateau senneur ! Une deuxième, tout aussi simple, chiffre la surveillance de chaque tonne de thon rouge pêché à quelque 1.000 euros ! Et encore, font remarquer les ONG, dans ce total, les subventions octroyées aux propriétaires de thoniers pour construire leurs navires, ou pour les indemniser de rester à quai (comme cela a été le cas des senneurs italiens), n'ont pas été incluses. "Bien sûr que le contrôle est essentiel, mais devant un montant aussi élevé pour si peu de captures, les États doivent s'interroger sur la nécessité d'autoriser la poursuite d'une telle pêche", commente Julie Cator, éditeur du site www.cfp-reformwatch.eu.

Les scientifiques dans le brouillard

Justement, le montant des quotas 2011 sera arrêté, en novembre prochain, lors de la prochaine réunion de la Cicta (La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique), à Paris. La session promet d'être houleuse. D'autant que les scientifiques chargés de fournir aux politiques une estimation des stocks et leurs recommandations en matière de quotas sont dans un brouillard épais. Réunis actuellement à Madrid par la Cicta dans le cadre de la session d'évaluation 2010 des stocks de thon rouge, ils sont encalaminés, incapables d'arrêter un avis.

Selon des informations ayant filtré malgré les consignes de silence absolu, le diagnostic sur la reconstitution des stocks de thons n'est absolument pas encourageant malgré les faibles quotas accordés les années précédentes. Même si certains modèles prétendent à une très légère augmentation de la population, on reste loin des chiffres espérés. Par ailleurs, quelle fiabilité accorder à ces modèles ? Bref, un vif débat s'est engagé pour savoir s'il faut continuer à accorder des quotas (même en baisse) ou carrément les suspendre, durant les deux prochaines années. Les scientifiques hésitent car certains sont soumis à de fortes pressions de la part de leurs gouvernements pour éviter un quota nul. L'Europe et le Japon seraient parmi les plus favorables à la poursuite de la pêche.

Mais pourquoi persister dans la pêche industrielle au thon rouge, alors qu'elle met en péril une superbe espèce, qu'elle n'assure pas un besoin alimentaire capital, qu'elle provoque une hémorragie financière à l'Europe, qu'elle ne procure du travail qu'à une poignée de marins-pêcheurs, et qu'elle n'enrichit que quelques industriels de la pêche ? Les explications ne sont pas encore au programme.

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