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29/01/2011

Le gaz de schiste en France

Communiqué des Objecteurs de Croissance d’ile de France

Nos territoires, nouveaux terrains de jeu des pétroliers

Total, GDF Suez et Schuepbach Energy, s'apprêtent à explorer notre sous sol, sur une zone allant de Montélimar au Larzac en passant par l’Ardèche, le Gard, l'Hérault et la Lozère. Afin de monter une ''nouvelle usine à gaz'' pour satisfaire leurs appétits de profits, mais sans nous informer des conséquences désastreuses pour notre environnement de cette nouvelle ruée vers l’hypothétique or gazeux.

Au cœur du Bassin Parisien, également, un projet qui couvre une surface de 420 000 ha ( dont 275 000 ha couverts par les permis attribués et 145 000ha par des permis en cours d’attribution) concerne un potentiel de ressources de près de 400 Mbcp (millions de barils equivalent pétrole) a été confié a une co-entreprise Hess/Toréador.(Toréador appartient à J. Balkany demi-frère du député maire de Levallois- Perret )
D’autres permis ont déjà été attribués dans le Pas-de-Calais, en Lorraine, dans le Jura, la Loire et les Bouches du Rhône.
Si nos sous-sols recèlent des milliards de mètres cube de gaz de schiste, ils ne sont pas faciles à extraire, et la technique pour les ramener à la surface est délicate et surtout très nuisible à l'environnement. La fracturation hydraulique horizontale, ainsi que le pompage, nécessitent un puits tous les 200m, des quantités phénoménales d'eau additionnée de produits chimiques toxiques pour attaquer la roche, eau qui se trouvera ensuite aspirée en même temps que le gaz vers la surface et à travers les nappes phréatiques... Sur le plan environnemental, le gaz de schiste est au gaz naturel ce que les sables bitumineux sont au pétrole: un désastre environnemental, un saccage des terres agricoles, un coût d'extraction élevé, un gaspillage d'une ressource rare et la pollution de nos réserves en eau.

Pourquoi alors un tel empressement ?
 
Parce que sans jamais l'admettre, ni surtout l'anticiper par une diminution de la consommation, les pétroliers savent que la ressource pétrole s'épuise et qu'il leur faut trouver de nouvelles réserves d'énergie à exploiter. Pour cela ils envisagent, comme aux USA et au Canada, de doubler en 10 ans notre consommation de gaz, et tant pis pour les générations futures ! On comprend pourquoi, l'ex Ministre de l'environnement, JL Borloo, n'a pas fait intervenir le principe constitutionnel de précaution et a accordé en toute discrétion les permis d'exploration. Car ''il ne faudrait pas casser le projet industriel en imposant trop de normes environnementales''.
Une nouvelle fois, nos vies valent moins que leurs profits...

Sortir de la dépendance énergétique pour aller vers l'autonomie et à la sobriété : un principe de responsabilité !

Plutôt que cette fuite en avant énergétique, c'est par une modification de nos comportements et usages que nous préserverons nos territoires. Comment nos quartiers, villes et villages peuvent-ils réduire leur consommation
d'énergie et parvenir à l'autonomie énergétique et à l'autosuffisance alimentaire, tout en préservant les ressources naturelles ? Comment passer de la dépendance au pétrole à la résilience locale ? C'est là tout l'enjeu d'un projet de Territoires en transition.

Redonner la parole aux habitants de nos territoires.

Il est fondamental de décider collectivement de l'exploitation de nos ressources, et l'importance de cet enjeu nécessite une large consultation publique visant entre autres à décider de notre avenir énergétique.
Nous demandons donc que le gouvernement français, les régions et communes concernées ordonnent un moratoire complet sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste. En attendant, nous appelons à la création de collectifs locaux de résistance et d'une coordination nationale de vigilance pour nous opposer à toute tentative de commencement de travaux d'exploration.


www.lesobjecteursdecroissanceidf.org
contact :objecteurdecroissance@yahoo.fr

La directive REACH est mal appliquée

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4524

5/1/2011

Industrie et classification des substances chimiques ne font pas bon ménage

 

Œuvrant conjointement avec le programme REACH (1), le règlement relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des produits chimiques, dit règlement CLP, a pour vocation d’aligner le système de classification de l’Union européenne sur le système général harmonisé des Nations unies. Cette mesure vise à décrire et mentionner de manière identique les dangers potentiels sur l’ensemble des étiquetages. Dans le cadre des nouvelles dispositions de ce règlement, toutes les entreprises fabriquant ou important des substances dangereuses étaient tenues de les classer au plus tard pour le 1er décembre 2010, puis de les notifier à l’ECHA (2) pour le 3 janvier 2011. Classés dans des catégories et des classes de danger spécifiques, les substances et mélanges doivent porter une étiquette indiquant les pictogrammes de danger, des mentions d’avertissement, des mentions des risques et des conseils de prudence appropriés. Les fabricants et les importateurs qui mettent des substances dangereuses sur le marché pour la première fois après la date butoir disposent d’un délai d’un mois pour en notifier la classification à l’ECHA. L’enjeu est de permettre aux utilisateurs en aval, de même qu’aux consommateurs finaux, d’identifier les produits les plus dangereux.

Selon la Commission européenne, plus de trois millions de notifications relatives à la classification des substances chimiques ont été soumises à l’ECHA à la date du 3 janvier 2011. Mais dans la mesure où aucun seuil quantitatif n’a été fixé pour ces notifications, contrairement aux dispositions du règlement REACH, beaucoup plus d’entreprises sont concernées par les obligations de notification CLP, notamment de petites entreprises.
Toutefois, ce système suscite quelques réserves, la classification des substances étant le fait des entreprises elles-mêmes. Ainsi, il revient à l’industrie chimique « de trouver un consensus sur la classification de toutes les substances ». De même, dans les cas où des classifications différentes seraient notifiées pour une même substance, les entreprises concernées doivent s’entendre sur une entrée unique. Seule contrainte, en cas de risques particulièrement graves, notamment dans le cas de substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les autorités des États membres et l’ECHA proposeront des classifications harmonisées que la Commission rendra obligatoires par voie législative.

Cette latitude accordée peut expliquer que les industriels soient plus enclins à coopérer dans le cadre du règlement CLP que pour le respect des échéances du système REACH. En effet, très peu d’entreprises ont tenu compte de l’échéance d’enregistrement des substances chimiques de ce dernier, fixée au 30 novembre 2010.  
Cécile Cassier

1- REACH est le règlement sur l'enregistrement, l'évaluation, l'autorisation et les restrictions des substances chimiques. Entré en vigueur le 1er juin 2007, il rationalise et améliore l'ancien cadre réglementaire de l'Union européenne (UE) sur les produits chimiques.
2- Agence européenne des produits chimiques.

 

La Suisse appelle à utiliser les lampes à économie d'énergie avec précaution

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4165

1/4/2010

La disparition progressive des ampoules à incandescence est en cours et s'achèvera en 2012. Technologiquement, les solutions de substitution ne sont toutefois pas encore à 100% aussi satisfaisantes que ces ampoules dont le piètre rendement énergétique (95% du courant se perd sous forme de chaleur) précipité la fin.
De grandes disparités de performance existent selon les différents modèles, notamment les ampoules dites à basse consommation, ou à économie d'énergie. Le délai, pris par certaines de ces ampoules pour parvenir à leur intensité d'éclairage maximale, est fort peu agréable, augmentant d'autant la sensation d'un flux lumineux moins performant face aux incandescences. A ce titre, il est étonnant que le législateur ait choisi un calendrier de retrait des ampoules à incandescence commençant par les références les plus puissantes. L'inverse aurait été assurément plus logique et satisfaisant pour les consommateurs (1), en laissant le temps aux industriels de faire évoluer la technologie.
D'autre part, outre leur problème d'encombrement qui les rend aussi inadaptables à certains luminaires, ces ampoules ont encore deux inconvénients : leur composition, qui en fait des produits dangereux soumis à collecte pour leur traitement, et l'émission de champs électromagnétiques très largement supérieurs aux recommandations actées par le Parlement Européen fin 1998 (recommandation de 1 V/m - volt par mètre).

La publication en août 2007, par les associations Arca Ibérica et Criirem, de tests de mesures de rayonnements radioélectriques avait mis en avant l'existence de ces champs électromagnétiques avec la détection de valeurs comprises entre 180 V/m et 1,8 V/m, dans les 20 premiers centimètres de distance d'une ampoule basse consommation. Si ce constat n'avait fait l'objet que d'une faible médiatisation, une étude, reposant sur une nouvelle méthode d'analyse, vient de faire des constats similaires.
Réalisée pour le compte de l'Office fédéral de la santé publique et de l'Office fédéral de l'énergie suisses, elle confirme que pour une distance de 30 cm, toutes les lampes testées sont largement au-dessus des valeurs limites recommandées sur le plan international, dans le cadre de l'exposition aux champs électromagnétiques.
Présentée hier à Berne, l'étude a été réalisée par la fondation It'Is Foundation (Foundation for Research on Information Technologies in Society) de Zurich. Si les résultats permettent de supposer que les champs électromagnétiques des lampes à économie d'énergie n'ont aucun impact négatif sur la santé à au moins 30 cm de la source, à titre préventif les deux offices fédéraux conseillent de respecter cette distance minimale en particulier lorsque la lampe fonctionne pendant longtemps, comme par exemple une lampe de bureau ou une lampe de chevet. Un conseil d'autant plus logique que les conséquences à long terme d'une exposition plus proche n'ont pas encore été suffisamment étudiées.
Pascal Farcy

1- … et l'emploi, puisque nombre d'ampoules à incandescence étaient fabriquées en France, à l'inverse des ampoules basse-consommation réalisées en Asie.

 

Vers une interdiction de l'insecticide CRUISER ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4548

L’insecticide CRUISER n’a plus la cote au Conseil d’Etat

 

En décembre 2010, le ministère de l’Agriculture annonçait le renouvellement d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour une durée d’un an de l’insecticide CRUISER 350, utilisé en enrobage de semences de maïs. Cette dérogation d’un an en faveur du CRUISER était alors délivrée pour la quatrième fois consécutive depuis 2008. Excédée par cette pratique indéfiniment renouvelable, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) avait dénoncé « un artifice juridique scandaleux destiné à contraindre les acteurs de l’Environnement à engager chaque année un nouveau contentieux pour contester l’AMM ».

A l’époque, l’UNAF avait déjà saisi trois fois le Conseil d’Etat sur ce dossier. Mais il semble aujourd’hui que ces efforts n’aient pas été vains. En effet, le 24 janvier dernier, le Conseil d’Etat (1) a examiné les trois requêtes de l’UNAF, contrant les décisions d’autorisation de mise sur le marché du CRUISER 350. Lors de cette audience, le rapporteur public du Conseil d’Etat, monsieur Edouard GEFFRAY, a demandé l’annulation des décisions par lesquelles le ministre de l’Agriculture a autorisé le CRUISER successivement en 2008, 2009 et 2010. Par ailleurs, le magistrat a également appelé à la condamnation de l’Etat à verser 9 000 € d’indemnités à l’UNAF pour ses frais de procédure.

S’exprimant sur cette « victoire annoncée », le Conseil d’Etat se rangeant aux recommandations du rapporteur public dans la plupart des cas, le président de l’UNAF, Henri CLEMENT a déclaré : « (…) une fois de plus, cette affaire pose la question de l’indépendance de l’expertise au sein de l’agence nationale (l’ANSES) et de l’agence européenne (AESA) chargées de l’évaluation des risques. Elle pose aussi la question de la confiance que les citoyens doivent pouvoir attacher au fonctionnement régulier des pouvoirs publics ».

Puissant insecticide neurotoxique de traitement des grandes cultures, le CRUISER est dénoncé depuis des années par les apiculteurs pour son impact sur l’ensemble des insectes pollinisateurs. Ce produit a succédé aux insecticides GAUCHO et REGENT, tous deux interdits sur intervention du Conseil d’Etat. A l’heure actuelle, le CRUISER est interdit dans la plupart des pays européens.
Cécile Cassier

1- Le Conseil d’État se définit comme « le conseiller du Gouvernement pour la préparation des projets de loi, d’ordonnance et de certains décrets. Il traite également ses demandes d’avis et effectue à la demande du Gouvernement ou à sa propre initiative des études. Depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Conseil d’Etat peut également être saisi par le président de l’Assemblée nationale ou du Sénat d’une proposition de loi élaborée par les parlementaires ».

 

27/01/2011

Bisphénol A : une substance sur la sellette

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/5/

Bisphénol A : une substance sur la sellette

Le Monde consacre un dossier à la substance chimique, dont la présence dans les biberons commercialisés en France est interdite depuis le 1er janvier.

Soulignant que le bisphénol A est « très répandu dans les objets de la vie courante », dont certains emballages ou les boîtes de conserve, le quotidien du soir rappelle les conclusions d'un rapport publié par l'Inserm en juin 2010, montrant « une association entre l'exposition [au BPA] pendant la période gestationnelle ou néonatale, et des lésions précancéreuses de tissus tels que la glande mammaire ou la prostate. »

De fait, plusieurs voix, scientifiques comme politiques, prônent une extension de l'interdiction de la substance à d'autres produits.

Monde [Le], 05/01/2011

Reprise information presse : Bisphénol A : Effets sur la reproduction - Une expertise collective de l'Inserm

Téléphone portable et santé : nouvelle étude

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/4/

Téléphone portable et santé : nouvelle étude

Le cabinet de recherche Mobi-Kids lance en février une nouvelle étude épidémiologique mondiale visant à faire la lumière sur l'impact des ondes des téléphones mobiles sur le cerveau des enfants, notamment leur propension à favoriser l'apparition de tumeurs.

En parallèle, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) va mettre en place un groupe de travail permanent sur les effets sanitaires des radiofréquences. Plusieurs chercheurs font part de leurs recommandations au Monde. Ainsi, Denis Zmirou (Inserm) préconise de privilégier le téléphone filaire lors de conversations longues à domicile.
Monde [Le], 11/01/2011

Les risques du sevrage tabagique avec le CHAMPIX

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/4/

Interrogations autour du Champix
Le Champix, prescrit dans le cadre du sevrage tabagique, est dans l'oeil du cyclone aux Etats-Unis, où il fait l'objet de quelque 1.200 plaintes en raison de ses effets secondaires : troubles du sommeil, état dépressif et problèmes neurologiques divers.

Placé sous surveillance par l'Afssaps, le médicament des laboratoires Pfizer a été prescrit à 1,4 millions de personnes en France depuis sa commercialisation en 2007.
Aujourd'hui en France, 12/01/2011

Les dangers de l'aspartame

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/3/

L'Aspartame en question

Libération revient sur deux études récentes prêtant à l'Aspartame des effets toxiques sur la santé. L'une d'elles, conduite sous la direction du Danois Thorhallur Halldorsson, met en évidence un risque tangible d'accouchement prématuré pour les femmes enceintes absorbant des sodas contenant de l'Aspartame. L'autre, réalisée à l'institut Ramazzini de Bologne (Italie), confirme l'impact cancérigène de l'édulcorant chez des souris mâles.

A la lumière de ces nouvelles études, l'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) devrait faire prochainement de « nouvelles recommandations » aux autorités françaises.
Libération, 13/01/2011

Alimentation et industrie agroalimentaire

lu sur :

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/01/05/pas-bon-gigantesque-scandale-a-la-dioxine-en-allemagne/#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20110105-[zoneb]

05 janvier 2011

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Des œufs sont testés dans un laboratoire allemand. (AFP PHOTO FRISO GENTSCH)

Près de 1 000 élevages de poules, cochons et dindes fermés préventivement, 8 000 poules pondeuses abattues : un gigantesque scandale à la dioxine agite l’Allemagne. Des œufs et de la viande contaminés ont été vendus dans tout le pays et ailleurs en Europe, sans que l’étendue exacte de la contamination ne soit encore connue.

L’Allemagne a alerté ses partenaires européens dès le 27 décembre. Tout serait parti d’une nourriture pour animaux, composée en partie d’acide gras contaminé fabriqués dans une usine d’agrocarburants, rapporte le Focus. Dans le cadre de la production de biodiesel, de l’huile végétale est réutilisée pour fabriquer de l’alimentation animale.

“Le fabricant de nourriture animale, Harles & Jentzsch, a produit de la nourriture animale à partir d’une huile à usage technique qui n’aurait pas dû se retrouver dans la chaîne alimentaire”, rapporte leSpiegel. Ce fabricant rejette la faute sur son fournisseur, Petrotec, qui se son côté répond “avoir spécifiquement signalé dans tous les contrats, bons de livraison et factures que les acides gras étaient uniquement destinés à un usage technique, et en aucun cas alimentaire”.

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L’usine de Harles & Jentzsch à Uetersen, dans le nord-ouest de l’Allemagne (AFP PHOTO/MALTE CHRISTIANS)

L’huile contaminée aurait contenu 123 nanogrammes de dioxines par kilo. A l’arrivée, les œufs produits contenaient 16 nanogrammes par kilo, soit quatre fois les normes maximum autorisées par l’Union européenne. Désormais, chaque élevage suspect devra subir des tests poussés en laboratoire. Si les taux de dioxine sont trop élevés, l’ensemble du cheptel devra être abbatu. Les syndicats agricoles allemands craignent des dommages de plusieurs millions d’euros.

Problème pour les consommateurs allemands et européens, il est quasiment impossible de savoir si ses œufs proviennents d’un des élevages mis en cause. “Le numéro imprimé sur chaque boîte n’est d’aucune aide, car les identifiants de chaque fabrique ne sont pas publics”, rapporte le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien rappelle toutefois que les dioxines, certes cancérigènes, “ne sont pas immédiatement dangereuses pour la santé, mais dommageable à moyen ou long terme en cas de consommation répétée”.

Les insectes, source de protéines

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/01/20/la-quiche-aux-vers-une-alternative-a-la-viande_1467974_3244.html

La quiche aux vers, une alternative à la viande
LEMONDE.FR avec AFP | 20.01.11 | 09h19  •  Mis à jour le 20.01.11 | 16h11
 
Qu'est-ce qui a un "goût de noisette", est riche en protéine, pauvre en graisses, rejette peu de gaz à effet de serre et de lisier, et ne transmet pas de maladies à l'humain qui le consomme ? L'insecte.

Selon une équipe de chercheurs néerlandais,  les insectes finiront par remplacer la viande dans nos assiettes, en tant que source de protéine meilleure pour la santé et l'environnement. "Le jour viendra où un Big Mac coûtera 120 euros et un Bug Mac 12 euros [bug signifie insecte en anglais], où les gens qui mangent des insectes seront plus nombreux que ceux qui mangent de la viande", a prédit l'entomologiste Arnold van Huis, au cours d'une conférence à l'université de Wageningen (Pays-Bas) où il présentait les derniers résultats de leurs recherches.

CHANGER LA MENTALITÉ OCCIDENTALE

"Un goût... de noisettes" : Walinka van Tol, étudiante néerlandaise, mord dans un chocolat d'où dépasse un ver. Avec deux cents autres curieux, elle a joué aux cobayes pour l'équipe de scientifiques. Rouleaux de printemps aux sauterelles, ganache au chocolat et aux larves et quiche aux vers de farine ont été rapidement engloutis.

Mais Marcel Dicke, le chef du département d'entomologie de l'université de Wageningen, sait qu'il faudra davantage qu'un ver enfoui dans un chocolat pour changer la mentalité occidentale. "Le problème est là. Les gens croient que c'est sale", explique-t-il devant une exposition de moucherons, guêpes, termites et coccinelles, quelques-unes des 1 400 espèces d'insectes comestibles. "Nous devons manger moins de viande ou trouver une alternative", assure le chercheur qui affirme manger régulièrement des insectes en famille.

Les insectes, la protéine du futur ?

Selon l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la planète comptera 9 milliards d'habitants en 2050 alors que la superficie des terres agricoles a déjà commencé à diminuer. Avec dix kilos de végétaux, on produit six à huit kilos d'insectes, contre un kilo de viande seulement.

"La question à se poser devrait vraiment être : pourquoi ne pas manger d'insectes ?", estime Marcel Dicke en citant une étude selon laquelle chacun mange, à son insu, en moyenne 500 grammes d'insectes par an, dissimulés dans de la confiture de framboises ou du pain par exemple. Environ 500 variétés d'insectes sont consommées au Mexique, 250 en Afrique et 180 en Chine, où ils sont souvent considérés comme des mets très délicats.

En savoir plus :

- Consulter l'étude dirigée par Arnold van Huis publiée dans la revue PLoS ONE :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0014445-

 PLoS ONE: An Exploration on Greenhouse Gas and Ammonia Production ...

Consulter le site Internet de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture veut promouvoir la consommation d'insectes dans le monde.

http://www.fao.org/forestry/65422/fr/

Les insectes comestibles issus de la forêt - FAOFAO Home

La sécurité alimentaire, un enjeu géopolitique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/21/veut-on-vraiment-nourrir-le-monde_1468340_3232.html

Veut-on vraiment nourrir le monde ?
LEMONDE.FR | 21.01.11 | 09h13  •  Mis à jour le 21.01.11 | 11h08


La question de la sécurité alimentaire est un problème ancien et s'est toujours située au cœur de l'histoire. Néanmoins, dans le champ des relations internationales, il s'agit d'un enjeu qui pose de nouveaux problèmes et qui révèle plusieurs phénomènes émergents, dont la combinaison témoigne du caractère géopolitique de l'agriculture.

Bien souvent marginalisée dans l'analyse stratégique à la fin du XXe siècle, la sécurité alimentaire du monde fait son retour dans les affaires internationales, réintégrant le paysage politique des variables clefs pour le futur. Les évolutions sociodémographiques, le renforcement des contraintes climatiques avec la raréfaction des ressources naturelles (eau et terre), l'hypervolatilité du prix des matières premières, les recompositions des équilibres géoéconomiques sur le globe ou encore la financiarisation croissante de l'agriculture, domaine toujours plus exploré par les spéculateurs, constituent autant de dynamiques qui accentuent la dimension stratégique de la problématique agricole.

Outre le drame qu'une personne sur sept à la table de l'humanité ne trouve tout simplement rien dans son assiette, il convient de souligner que les trois-quarts de ces affamés sont des paysans pauvres. Coupés des zones urbains mondialisés et des circuits de commercialisation, ils vivent dans des espaces ruraux arriérés et forment en quelque sorte une population mondiale inutile, absente de la bulle consommatrice car non solvable et marginalisée socialement car non nécessaire pour nourrir le monde. D'autres acteurs globaux, étatiques ou privés, s'en chargent, à plus forte raison que l'on a stimulé les stratégies de sécurité alimentaire pour les villes en misant sur la libéralisation des marchés et le commerce international.

Pour autant, peu à peu, une prise de conscience semble s'installer sur le fait que la crise alimentaire est sans doute devant nous et que les turbulences enregistrées en 2008 ne furent que des manifestations annonciatrices d'une tension plus forte à venir. Le début de l'année 2011 est marqué par une inquiétude générale. L'indice mesurant les évolutions de prix d'un panier de céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre, mis en place par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), vient d'atteindre en décembre 2010 un record absolu depuis sa création en 1990. Les signes de pression sur les consommateurs se font déjà ressentir dans certains pays à faible revenu ou ceux qui dépendent majoritairement des importations.

Actuellement, il n'est pas étonnant de constater que la rue arabe, comme très souvent depuis quelques années, exprime ses frustrations sociales en s'appuyant sur sa vulnérabilité alimentaire. Le budget des ménages y est encore largement tourné vers une dépense nourricière, où les céréales figurent en première place. Les chiffres sont têtus et il convient juste d'en rappeler trois pour saisir l'ampleur du défi en cours en Afrique du Nord. En 2010, les cinq pays de la zone (Algérie, Egypte, Libye, Maroc et Tunisie) regroupaient 2 % de la population mondiale, mais représentaient 6 % de la consommation mondiale de blé et polarisaient 18 % des importations mondiales de blé. Cette équation va se complexifier puisque la demande en céréales progresse encore dans la région, croissance démographique oblige, et que la dépendance envers les approvisionnements extérieurs se confirme, expliquant ici les raisons d'une diversification des relations agro-commerciales pour ces pays, davantage orientés aujourd'hui vers le Brésil, la Turquie, la Russie ou l'Ukraine. Sans conteste, la Méditerranée reflète et incarne la tension alimentaire mondiale.

LA RÉPARTITION ET L'ACCESSIBILITÉ

Les mutations planétaires et la série de variables qui font de l'agriculture une question géopolitique sont en effet structurelles. Il convient d'insister sur le problème de l'accès, que ce soit pour les ressources ou pour l'alimentation. De la part de certains Etats financièrement armés, le manque d'eau et de terre se traduit entre autres par une recherche effrénée visant à conquérir à l'étranger, dans des espaces lointains plus favorables à la production, les marges additionnelles de sécurité alimentaire qu'ils ne peuvent plus bâtir sur le sol ou sur le marché du commerce international. Cette double course hydrique et foncière ne laisse évidemment pas toujours la place à la responsabilité dans l'investissement, au grand dam de paysans locaux et du développement durable des territoires.

Concernant l'alimentation, plusieurs études ont montré que la production agricole actuelle pourrait permettre de nourrir la planète, bien que les perspectives démographiques à l'horizon 2050 exigent d'augmenter de 70 % cette production en considérant le chiffre des 9 milliards d'habitants. Ces prévisions doivent être maniées avec précaution, puisque la Terre pourrait compter 8 milliards d'individus selon la variable basse mais 11 milliards avec la variable haute. Actuellement, le problème se situerait donc plus sur le terrain de la répartition et de l'accessibilité que sur celui de la disponibilité globale des biens alimentaires. Assurément, la gouvernance internationale et les mécanismes de régulation font défaut. Alors que le polycentrisme stratégique exprime chaque jour sa réalité, avec des Etats dominants dont la puissance décline et des pays émergents dont l'ambition s'affirme, la négociation multilatérale est en panne parce que l'on refuse de redéfinir les modes de gouvernance d'un monde devenu multipolaire.

A cela devrait également s'ajouter le sujet délicat du gaspillage alimentaire, dont la proportion serait loin d'être anecdotique par rapport à la production agricole, soulevant ici des questions tant logistiques que sociétales. Et c'est précisément là aussi, sur les comportements humains, que l'accès à l'alimentation retient l'attention. Partout dans le monde, les excès alimentaires progressent. La mauvaise qualité des produits complète ce tableau sanitaire dégradé. Le développement des maladies de surcharge en constituent la traduction concrète, et pèsent déjà lourdement sur les systèmes économiques de certains pays, à commencer par les Etats-Unis, archétype bien connu de cette tendance. L'épidémie pourrait toucher 700 millions de personnes dans le monde à l'horizon 2015, augurant de gigantesques besoins en termes de santé publique.

Au niveau décisionnel, le déclamatoire domine sur l'opérationnel. Même si les événements en 2008 ont réveillé la planète sur l'importance de l'agriculture, les moyens financiers mis en œuvre depuis demeurent insuffisants pour pouvoir réduire les insécurités alimentaires. La crise économique, qui ne fait qu'accentuer les tensions agricoles et la pauvreté des plus démunis, est passée par là. Le sauvetage des banques et des systèmes financiers ont primé dans l'agenda politique international. De son côté, la communauté scientifique et les experts bataillent souvent sur les capacités ou non de la planète à nourrir une population croissante. Les rapports de prospective se multiplient tout autant que les controverses s'amplifient.

S'interroger sur la situation en 2050 est utile, mais l'urgence n'est-elle pas de traiter les problèmes dès à présent ? Un monde où un milliard de personnes souffre de la faim n'est pas tolérable. Un monde où les dérives nutritionnelles prolifèrent n'est pas responsable. Tout le problème réside dans la formulation de la question que l'on souhaite poser. Si le réflexe agronomique autour du "peut-on nourrir le monde ?" est nécessaire, il est essentiel de le conjuguer à une approche géopolitique sur le "veut-on nourrir le monde ?" et d'y adjoindre simultanément la question du "comment veut-on nourrir le monde ?".

La problématique alimentaire mondiale est multidimensionnelle et intersectorielle. L'immensité des défis impose de se parer de lunettes géopolitiques pour parfois, si ce n'est toujours, analyser les questions de l'agriculture et de l'alimentation avec l'œil de l'analyse stratégique. Cette nécessité trouve un écho particulier en Méditerranée, zone où tous les voyants sont au rouge. Pour le futur du monde, et de l'Europe notamment, il serait imprudent de regarder ailleurs.

Sébastien Abis, analyste politique, administrateur au secrétariat général du Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes

26/01/2011

Tunisie : une société française confirme la vente de grenades à Ben Ali

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/26/fillon-se-defend-d-avoir-envoye-des-grenades-a-ben-ali_1470973_823448.html#ens_id=1245377

Une société française confirme la vente de grenades à Ben Ali

Paris se défend d'avoir vendu des grenades à Ben Ali


LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 26.01.11 | 17h35  •  Mis à jour le 26.01.11 | 20h22

Alors que le premier ministre, François Fillon, a assuré mercredi 26 janvier qu'il n'y avait eu "aucune exportation" vers la Tunisie de matériel de maintien de l'ordre en décembre et janvier, la société Sofexi, spécialisée dans le négoce de produits de maintien de l'ordre a indiqué en début de soirée avoir reçu des autorités françaises tous les agréments nécessaires à l'exportation de grenades lacrymogènes commandées "entre décembre et janvier" par le ministère tunisien de l'intérieur.

Ces affirmations de Sofexi confirment les informations du "Monde" selon lesquelles au moins quatre livraisons de grenades lacrymogènes à destination de la Tunisie ont été validées et autorisées par les autorités françaises, fin 2010.

"NOUS AVIONS TOUS LES AGRÉMENTS DES MINISTÈRES"

Le 14 janvier, une cargaison de grenades lacrymogènes, d'uniformes de police et de matraques avait été bloquée à Roissy, juste après le départ du président Ben Ali, mais les raisons exactes de ce blocage restent floues. A l'Assemblée, la gauche, lors d'une vive passe d'arme avec le premier ministre, a accusé le gouvernement d'avoir donné son accord fin 2010 pour cette livraison au régime du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, qui réprimait alors des manifestations.

"La commande nous l'avons reçue entre décembre et janvier", a indiqué mercredi la société Sofexi qui, après réception de cette demande, a lancé sa demande d'agrément et l'a obtenu. "Nous avions tous les agréments des ministères concernés", a insisté la porte-parole de la société.

Sofexi a par ailleurs expliqué que les sociétés spécialisées dans ce type de matériel demandent des autorisations soit quand elles reçoivent une commande, soit par une autorisation préalable "quand commercialement (elle) se rend compte qu'il va y avoir de la demande. (...) Pour la Tunisie, les deux cas se sont produits" a précisé la société, sans donner plus de précisions.

Concernant la cargaison bloquée à Roissy, Sofexi indique que "c'est le premier cas" qui s'est appliqué. "Il n'y a eu aucune irrégularité de notre part", a tenu à ajouter la porte-parole du groupe, précisant que tous les documents présentés par sa société étaient en règle.

"ACCUSATIONS SANS FONDEMENT"

Ces informations abondent dans le sens des interrogations du député PS George Pau-Langevin, qui a interpellé François Fillon à l'Assemblée sur d'éventuelles exportations récentes de matériel de maintien de l'ordre, lors des questions au gouvernement. L'intéressé a vertement réagi, sous les huées de l'opposition, en lieu et place de sa ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie : "Les accusations que vous portez depuis deux jours sont des accusations sans fondement qui déshonorent ceux qui les portent" a lancé le premier ministre.

"Il n'y a eu aucune exportation de matériel de maintien de l'ordre – et nous ne parlons pas d'armes évidemment – ni au mois de décembre (2010) ni au mois de janvier (2011)", a assuré François Fillon. Cependant, si le chef du gouvernement a précisé qu'aucune livraison n'avait formellement été réalisée car les envois avaient été bloqués par les douanes, il a dans le même temps indiqué que les autorisations données par le gouvernement ne portaient pas sur les matériels finalement retenus en France. Des affirmations en contradiction avec les informations données par la société Sofexi mercredi soir.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/26/un-ex-ambassadeur-assure-que-paris-etait-informe-de-la-situation-en-tunisie_1470598_3212.html#ens_id=1245377

Un ex-ambassadeur assure que Paris était informé de la situation en Tunisie


LEMONDE.FR avec Reuters | 26.01.11 | 09h21  •  Mis à jour le 26.01.11 | 10h21

Le gouvernement français était parfaitement informé de la corruption et de l'exaspération de la population en Tunisie sous le président Zine Ben Ali et pouvait prévoir la situation qui a conduit à sa chute, déclare un ancien ambassadeur français, mercredi 26 janvier, dans une tribune publiée dans le journal Libération.

Yves Aubin de la Messuzière, ambassadeur de France en Tunisie de 2002 à 2005, explique dans cette tribune que l'ambassade avait informé Paris de la dégradation des libertés publiques, de la corruption et de l'exaspération de la jeunesse.

"EXPERTISE NÉGLIGÉE"

"Les autorités politiques françaises étaient donc parfaitement informées des dérives du système Ben Ali, qui rejetait toute référence à la question des droits de l'homme (...) L'expertise du Quai d'Orsay était négligée", écrit-il.

"Au cours de la décennie passée, les analyses de notre ambassade à Tunis et celles du Quai d'Orsay soulignaient régulièrement la dégradation des libertés publiques et la répression qui touchait les associations et les organisations non gouvernementales telles que la Ligue tunisienne des droits de l'homme, la première dans le monde arabe. Les rapports diplomatiques mettaient aussi l'accent sur l'exaspération et le mal-être de la jeunesse tunisienne, liés certes au problème de l'emploi mais aussi à l'absence d'espace et d'expression politiques", écrit l'ancien ambassadeur.

La menace islamiste brandie par le régime Ben Ali comme "prétexte pour s'abstenir de toute ouverture politique jugée déstabilisante", et reprise par le pouvoir français, était relativisée. "L'analyse diplomatique privilégiait le risque de mouvements sociaux à la menace islamiste", écrit l'ambassadeur.

Il estime que les propos de Nicolas Sarkozy en visite à Tunis en 2008 et évoquant un progrès des libertés publiques, "avaient suscité l'incompréhension et l'indignation". Il dit penser que les ambassades de la région et la France en général doivent changer leur stratégie et renouer des liens avec la société civile, distendus ces dernières années au profit d'un soutien des pouvoirs en place.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/25/tunisie-symbole-de-la-perte-des-valeurs-de-la-france_1470115_3232.html

Tunisie : symbole de la perte des valeurs de la France
LEMONDE.FR | 25.01.11 | 15h26  •  Mis à jour le 26.01.11 | 09h50


Rarement la France n'aura autant failli à sa réputation, hélas bien dévaluée, de patrie des droits de l'Homme. Pendant deux décennies, elle a préféré fermer les yeux devant les exactions d'une dictature tunisienne de plus en plus répressive et corrompue. Elle est demeurée sourde aux appels à l'aide des opposants, journalistes, syndicalistes, avocats, défenseurs des droits de l'Homme tunisiens. Pire, non contente de s'abstenir de la moindre dénonciation, elle n'a pas hésité, toutes classes politiques confondues, à décerner des brevets de démocratie à l'autocrate Zine El-Abidine Ben Ali.

Pourtant chacun savait que la Tunisie n'était pas seulement une terre de tourisme mais aussi une terre de torture où toutes les libertés étaient bafouées de façon à bâillonner la moindre voix discordante. La liste est longue des multiples violations des droits de l'Homme commises par un régime policier entièrement tourné vers la répression : musellement des médias, absence de liberté d'opinion, de réunion et de manifestation, harcèlement des militants contestataires, recours systématique aux mauvais traitements et à la torture, arrestations et condamnations arbitraires, impunité pour les actes de violence des sbires de Ben Ali, système politique verrouillé interdisant tout pluralisme, élections du chef à la soviétique avec 99% des suffrages, sans compter l'incroyable corruption du clan du président et de son épouse.

Alors que la France se félicitait de l'organisation d'un sommet de l'information à Tunis, elle n'a jamais protesté contre les refoulements des journalistes, ou encore du président français de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) expulsé à trois reprises à son arrivée à l'aéroport. De même, lorsque la FIDH a initié en 2001, en France, une procédure contre un haut fonctionnaire du ministère tunisien de l'intérieur pour des faits de torture à l'encontre d'une tunisienne, les autorités françaises, plutôt que de saisir cette occasion pour dénoncer haut et fort la pratique constante de la torture par le régime de Ben Ali, ont tout fait pour étouffer cette procédure et n'ont pas davantage cherché à mettre en œuvre l'exécution d'une condamnation à douze années de réclusion criminelle enfin prononcée en septembre 2010.

La France a préféré soutenir le dictateur, plutôt que d'entendre la colère et la souffrance croissantes du peuple. Alors que le pouvoir tunisien ne cessait de se durcir, elle a même continué, au sein de l'Union européenne, elle aussi largement aveugle, à militer pour l'octroi du statut avancé de partenariat avec la Tunisie. Aucune des justifications mises en avant pour un tel soutien inconditionnel ne résistait pourtant à l'examen. Le prétendu danger islamiste n'était en particulier qu'un leurre, dont a abusé le Président Ben Ali pour pourchasser tous les opposants, la plupart des laïcs. Jusqu'au départ du tyran, l'attitude des autorités françaises a autant manqué de moralité que de lucidité, comme l'ont démontré jusqu'à la caricature les déclarations affligeantes de Madame Alliot Marie.

La vérité est que les politiques français ont renoncé à défendre les valeurs universelles. Sous le fallacieux prétexte qu'il convient de préserver une certaine stabilité internationale, et qu'il n'est pas possible de se brouiller avec tous les Etats autoritaires de la planète, la référence au respect des valeurs élémentaires de la démocratie et des droits de l'Homme est mise sous l'éteignoir. Une telle doctrine, également dictée par la primauté des intérêts financiers, est appliquée aussi bien pour la Russie ou la Chine que pour des pays arabes ou africains. Il s'agit là d'une vision à courte vue. Non seulement la France y perd son âme, mais elle risque fort d'être discréditée et marginalisée.

Contrairement à l'hypocrite discours officiel sur la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats, la France s'est bien ingérée dans la politique tunisienne en vantant contre toute évidence les vertus démocratiques du président Ben Ali. Or elle aurait pu et du au moins s'abstenir d'un tel appui à la tyrannie, et au contraire aider la société civile tunisienne à préparer l'inévitable chute du dictateur et la transition consécutive vers un régime démocratique. Le paradoxe était qu'alors que la Tunisie frémissait d'aspirations et de capacités démocratiques, elle devait subir l'une des pires dictatures de la région. En refusant d'apporter son concours à une évolution vers la démocratie, la France a témoigné d'un mépris coupable envers le peuple tunisien, considéré comme inapte à vivre dans un espace de liberté.

Plutôt que d'essayer de trouver de mauvaises et alambiquées justifications à son comportement, la France doit aujourd'hui s'engager pleinement pour apporter tous les soutiens nécessaires au succès de la révolution tunisienne. Elle doit également tirer les leçons de ses défaillances dans la détermination de sa politique étrangère vis-à-vis des pays qui se trouvent dans des situations largement similaires à la Tunisie et où elle fait preuve de la même lâcheté et du même manque de clairvoyance. A défaut, ce sont les peuples marocain, algérien, égyptien, jordanien et autres qui se chargeront de sanctionner sa complicité avec des dictateurs corrompus.

Patrick Baudouin, Avocat à la Cour de Paris président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)