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28/04/2011

En Inde, l'impact meurtrier d'un insecticide : l'endosulfan

à lire sur le Monde (article payant)

 - Reportage En Inde, l'impact meurtrier d'un insecticide

LE MONDE | 28 avril 2011 | Julien Bouissou | 565 mots

Malgré des pressions croissantes de la population, le gouvernement refuse d'interdire l'endosulfan. Dans les plantations du sud de l'Inde, on l'appelle le "spray de la mort". L'endosulfan, un insecticide introduit dans la péninsule dans les années 1950, aurait causé la mort de 500 habitants,...

Reproduction humaine et environnement (suite)

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Perturbateurs endocriniens : un appel pour une interdiction


Après la publication récente par l'Inserm d'une expertise collective sur l'implication de cinq types de perturbateurs endocriniens dans les troubles de la reproduction, André Cicolella, président du Réseau environnement, qui regroupe ONG, associations et professionnels de la santé, défend dans les colonnes du magazine La Vie le principe de précaution, appelant à l'interdiction de tous les perturbateurs endocriniens.

Il souligne qu'aux Etats-Unis, de grands groupes agroalimentaires commencent à remplacer ces substances chimiques nocives dans leurs produits. Si le système de surveillance mis en place par l'Union européenne a permis des progrès, André Cicolella estime que les décisions ne doivent pas forcément venir que de l'Europe, rappelant que l'UE a suivi la décision français d'interdire le BPA dans les biberons.
Vie [La], 28/04/2011

27/04/2011

Reproduction humaine et environnement

Paris le 14 avril 2011, 

      

Communiqué de presse 

Reproduction et environnement 

Une expertise collective de l’Inserm 

 

Au cours des dernières décennies, de nombreuses études indiquent une augmentation de la prévalence des troubles de la reproduction de l’homme adulte dans plusieurs pays occidentaux. L’incidence du cancer du testicule a augmenté régulièrement  depuis une cinquantaine d’années ; deux types de malformations relativement fréquentes chez le petit garçon, l’hypospadias et la cryptorchidie, semblent également en augmentation même si d’importantes variations géographiques sont observées ; une détérioration des caractéristiques spermatiques chez l’homme adulte (concentration, mobilité des spermatozoïdes) est constatée avec, là encore, des différences régionales. Par ailleurs, le cancer de la prostate et le cancer du sein, deux cancers hormono-dépendants sont en augmentation. 

L’impact de l’environnement sur ces évolutions temporelles suscite de nombreux débats de société. L’exposition aux substances chimiques et en particulier aux « perturbateurs endocriniens » est actuellement au cœur de ces débats. 

Des substances chimiques reconnues toxiques pour la reproduction sont aujourd’hui interdites ou réglementées. D’autres sont classées à ce jour substances reprotoxiques de catégorie 3, c’est-à-dire jugées « préoccupantes pour la fertilité de l’espèce humaine » en raison « d’effets toxiques possibles » mais non démontrés sur la reproduction. 

Face aux interrogations de la société sur une possible dangerosité de telles substances chimiques auxquelles le grand public est exposé, le Ministère de la Santé a sollicité l’Inserm pour une analyse des données disponibles sur leurs effets sur la reproduction.  

Pour répondre à cette demande, l’Inserm a réuni un groupe pluridisciplinaire d’experts composé d’épidémiologistes, de toxicologues, de chimistes, d’endocrinologues, de biologistes spécialistes de la reproduction, du développement et de la génétique moléculaire, afin de mener une analyse critique de la littérature scientifique internationale publiée sur 5 grandes familles de substances chimiques : le Bisphénol A1, les phtalates, les composés polybromés (retardateurs de flamme), les composés perfluorés et les parabènes. A partir de quelque 1200 articles, le groupe a rédigé un rapport dont la synthèse est consultable sur le site de l’Inserm, ainsi qu’un tableau récapitulatif des principales conclusions.  

Fruit d’un travail mené depuis l’automne 2009 cette expertise collective rassemble les données épidémiologiques, toxicologiques et mécanistiques qui constituent un faisceau d’indices sur d’éventuelles conséquences pour la reproduction humaine. Le groupe d’experts souligne la nécessité d’amplifier l’effort de recherche au plan national et international pour lever les incertitudes concernant les effets d’expositions combinées et permanentes aux substances chimiques présentes de façon ubiquiste dans l'environnement humain.  

                                                 

 Le rapport préliminaire « Bisphénol A : Effets sur la reproduction »  publié en juin 2010 s’inscrivait dans le cadre de cette expertise collective.  

 

 2 

Des approches par des disciplines complémentaires et l’interaction entre les épidémiologistes, les physiologistes, toxicologistes, les biologistes de la reproduction devraient conduire à une vision plus intégrée des effets des substances et devraient permettre de répondre aux défis sociétaux de la santé reproductive grâce à un ensemble de méthodologies aujourd’hui disponibles. 

 

Groupe d’experts 

Carlo ADAMO, École nationale supérieure de chimie de Paris (ENSCP), Chimie ParisTech, Paris  

Jean-Philippe ANTIGNAC, Laboratoire d’étude des résidus et contaminants dans les aliments (Laberca), USC Inra 2013, Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l’Alimentation Nantes Atlantique (ONIRIS), Nantes 

Jacques AUGER, Service d'Histologie-Embryologie, Biologie de la Reproduction, Cecos, Hôpital Cochin, Université Paris V, Paris 

Patrick BALAGUER, Equipe Signalisation hormonale, environnement et cancer, Inserm U 896, Institut de 

recherche en cancérologie de Montpellier, Montpellier  

Deborah BOURC’HIS, Equipe Décisions épigénétiques et reproduction chez les mammifères, Unité de génétique et biologie du développement CNRS UMR 3215-Inserm U 934, Institut Curie, Paris  

Louis BUJAN, Groupe de recherche en fertilité humaine, Equipe d’accueil 3694, Université Paul Sabatier Toulouse III et Cecos, Hôpital Paule de Viguier, CHU Toulouse,  

Cécile CHEVRIER, Groupe d’étude de la reproduction chez l’homme et les mammifères, Inserm U 625, Université Rennes 1  

Corinne COTINOT, Différenciation gonadique et ses perturbations, Unité de biologie du développement et reproduction INRA/ENVA, UMR 1198, Jouy-en-Josas 

Jean-Pierre CRAVEDI, UMR1331 Inra/INP/UPS ToxAlim, Inra, Toulouse  

Vincent LAUDET, Equipe de zoologie moléculaire, Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, UMR 5242 CNRS, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Inra, Université Claude Bernard Lyon 1 

Gabriel LIVERA, Unité mixte de recherche sur cellules souches et radiations, Inserm U 967, CEA, Université Paris VII, Fontenay-aux-Roses  

Rémy SLAMA, Epidémiologie environnementale appliquée à la reproduction et la santé respiratoire, Inserm U 823, Institut Albert Bonniot, Université Joseph Fourier, Grenoble 

 

Coordination scientifique de l’expertise  

Centre d’expertise collective de l’Inserm 

 

Qu’est-ce que l’expertise collective de l’Inserm ? 

L’expertise collective est une mission de l’Inserm depuis 1994. Une soixantaine d’expertises collectives ont été réalisées dans de nombreux domaines de la santé. L’Expertise collective Inserm apporte un éclairage scientifique sur un sujet donné dans le domaine de la santé à partir de l’analyse critique et de la synthèse de la littérature scientifique internationale. Elle est réalisée à la demande d’institutions souhaitant disposer des données récentes issues de la recherche, utiles à leurs processus décisionnels en matière de politique publique. L’expertise doit être considérée comme une étape initiale nécessaire pour aboutir, à terme, aux prises de décision.  

Pour répondre à la question posée, l'Inserm réunit un groupe pluridisciplinaire d'experts reconnus composé de scientifiques et de médecins. Ces experts rassemblent, analysent les publications scientifiques et en font une synthèse. Des «lignes forces» sont dégagées et des recommandations parfois élaborées. 

Les conclusions apportées par les travaux d’expertise collective contribuent au débat des professionnels concernés et au débat de société.  

 

Contact presse : 

Priscille Rivière, 01 44 23 60 97 presse@inserm.fr 

 

26/04/2011

Manifestations pour la sortie du nucléaire en France et en Allemagne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/25/manifestations-pour-la-sortie-du-nucleaire-en-france-et-en-allemagne_1512660_3244.html

Manifestations pour la sortie du nucléaire en France et en Allemagne

En France, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés à Strasbourg, tandis qu'en Allemagne, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées lors des traditionnelles "marches de Pâques".

22/04/2011

Le purin d'ortie bientôt autorisé à la commercialisation en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/20/le-purin-d-ortie-bientot-autorise-a-la-commercialisation-en-france_1510615_3244.html

20.04 | 19h22

Le purin d'ortie bientôt autorisé à la commercialisation en France

Le ministère a indiqué avoir trouvé une voie réglementaire pour sa commercialisation afin d'encourager les agriculteurs à utiliser des produits naturels.

Jusqu'alors interdit à la vente en France, le purin d'ortie (une décoction de la plante) sera finalement bientôt autorisé à la commercialisation pour encourager les agriculteurs à utiliser des produits naturels, a annoncé mercredi 20 avril le ministère de l'agriculture dans un communiqué.

21/04/2011

La flore intestinale, si importante pour notre santé

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Découverte de « groupes intestinaux »


Un consortium européen  auquel participent des scientifiques de l'Inra, du CEA, du CNRS, de l'université d'Evry-Val d'Essonne, de l'Institut Mérieux et du groupe Danone, a mis en évidence l'existence de trois groupe intestinaux qui, à l'instar des groupes sanguins, pourraient caractériser chaque individu.

Les bactéries qui colonisent nos intestins se diviseraient en trois grandes catégories, auxquelles les chercheurs ont donné le nom de la famille de microbes la plus représentée dans chacune d'elles (Bacteroides, Prevotella ou Ruminococcus).

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques dans la lutte contre le diabète, l'obésité ou les maladies inflammatoires de l'intestin. Selon Stanislav Dusko Ehrlich, coordinateur du consortium, il s'agit d'une « terra incognita dont on ne connaissait quasiment rien il y a trois ans. »


Figaro [Le], 21/04/2011

20/04/2011

GAZ DE SCHISTE et produits cancérigènes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/19/des-produits-cancerigenes-utilises-pour-l-extraction-de-gaz-de-schiste-aux-etats-unis_1509800_3244.html

Des produits cancérigènes utilisés pour l'extraction de gaz de schiste aux Etats-Unis

Selon un rapport de la Chambre des représentants, le procédé par fraction hydraulique s'est fait, entre 2005 et 2009, aux Etats-Unis via l'injection de 750 substances chimiques, dont 29 sont reconnues pour être des cancérigènes. 

L'exploitation de gaz de schiste est de nouveau montrée du doigt. Selon un rapport officiel américain qui passe en revue quatorze compagnies du secteur, l'extraction de cette ressource naturelle par fraction hydraulique s'est faite, entre 2005 et 2009 aux Etats-Unis, avec l'aide d'injections de substances cancérigènes et polluantes.

Rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine, le document précise que l'exploitation a entraîné l'utilisation de "plus de deux mille cinq cents produits pour la fracturation hydraulique contenant sept cent cinquante substances chimiques (...), dont vingt-neuf sont connues pour être cancérigènes, ou suspectées comme telles, ou représentant des risques pour la santé et l'environnement".

QUARANTE-TROIS MILLIONS DE LITRES DE PRODUITS

Le rapport cite notamment le benzène, le toluène, le xylène et l'éthylbenzène, connus sous le sigle générique de BTEX. "Au total, les compagnies ont injecté 43 millions de litres de produits contenant au moins un BTEX sur une période de cinq ans", note le texte.

Une autre substance, le 2-Butoxyéthanol (Butyl glycol), connue pour les risques de destruction de globules rouges ou de dommages à la moelle osseuse qu'elle fait courir, était même la plus utilisée au Texas pendant la période étudiée. Selon les parlementaires américains, les compagnies ont, en outre, utilisé des produits dont elles ont refusé de révéler la composition exacte, frappée du secret de fabrication.

UNE GRANDE QUANTITÉ RESTE SOUS TERRE

L'extraction par fracturation hydraulique nécessite l'injection dans la roche de grandes quantités d'eau additionnée à des produits chimiques pour faciliter les flux des hydrocarbures libérés. "Même si certains fluides de fracturation sont retirés du puits à la fin du processus, une quantité importante reste quand même sous terre", souligne le rapport.

Alors qu'en France les opposants aux projets d'exploration de ces hydrocarbures non conventionnels se sont mobilisés le week-end des 16 et 17 avril, l'association Générations futures, évoquant le document publié samedi 16 avril, a dénoncé une nouvelle fois "le mythe de la fracturation hydraulique propre". Les dangers pour l'environnement et la santé de ce type d'exploitation non conventionnelle ont aussi été pointés par le film Gasland de Josh Fox, nommé aux Oscars.

19/04/2011

Une étude canadienne: OGM et pesticides dans le sang

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article4784

Une première scientifique : résidus de pesticides issus d'aliments transgéniques dans le sang des femmes

par Eric MEUNIER , avril 2011

Des chercheurs de l’Université de Sherbrook au Québec, Canada, ont montré la présence de pesticides (herbicides à base de glyphosate ou de glufosinate et de protéines insecticides Cry1Ab) et de leurs résidus dans le sang de femmes, dont certaines enceintes. Selon un article de la revue Reproductive Toxicology [1], sous presse, « c’est la première étude à mettre en évidence la présence de pesticides associés aux aliments génétiquement modifiés dans le sang de femmes enceintes, de fœtus et de femmes non enceintes  ».
Pour cette étude, les scientifiques ont effectué des prélèvements sanguins chez des femmes habitant la ville de Sherbrook. Ces femmes, ainsi que leur mari, n’ont jamais travaillé au contact de pesticides et leur régime alimentaire est annoncé comme typique d’une zone industrialisée du Canada. La présence de pesticides dans leur sang serait donc principalement issue de leur alimentation. D’ailleurs, les scientifiques précisent que si aucune analyse du panier alimentaire n’a été faite pour établir la quantité de résidus de pesticides présents dans les aliments, ils considèrent « concevable que la majorité de la population y est exposée via leur alimentation quotidienne  », du fait de la forte présence d’aliments GM (soja, maïs, pommes de terre…). Dans le détail, les résultats d’analyse montrent que les chercheurs ont trouvé dans le sang de trente femmes enceintes : des résidus de glufosinate (chez 100% des femmes prélevées) et des protéines Cry1Ab (93% des femmes prélevées) ; dans le cordon ombilical : des résidus de glufosinate (100%) et des protéines Cry1Ab (80%) ; et dans le sang de 39 femmes non enceintes : du glyphosate (5%), du glufosinate (18%), des résidus de glufosinate (67%) et des protéines Cry1Ab (69%). Pour expliquer l’absence de glyphosate, de résidus de glyphosate ou de glufosinate dans certains cas (ou dans tous pour les résidus de glyphosate), trois hypothèses sont avancées : l’absence d’exposition à ces molécules des femmes prélevées, leur élimination efficace par l’organisme ou une limite de la méthode de détection utilisée. Les travaux pour répondre à ces questions restent donc à faire tout comme l’analyse des possibles conséquences de la présence de ces molécules.
L’objectif des chercheurs était double : établir si l’alimentation quotidienne est vectrice de ces molécules chimiques et fournir des données nécessaires à de plus amples analyses d’impacts, notamment dans le domaine de la procréation chez la femme. Selon l’article, le glyphosate avait été l’objet d’une étude similaire dans des échantillons d’urine de femmes du monde agricole comparés à ceux de femmes extérieures à ce milieu [2]. Les auteurs appellent à des recherches plus poussées dans le domaine de « la nutrition, la toxicologie et la reproduction chez les femmes  », soulignant que « les désordres gynécologiques et obstétriques associés aux molécules chimiques présentes dans l’environnement ne sont pas connus ».
La question de l’évaluation des risques liés aux herbicides, résidus d’herbicides ou insecticides est au centre de controverses depuis plusieurs années. Les travaux du Pr. Gilles-Eric Séralini dans le domaine des herbicides à base de glyphosate ont par exemple souvent été l’objet de vives discussions entre scientifiques. L’article sous presse des chercheurs canadiens devrait donc encourager l’expertise scientifique puisque, selon eux, c’est la première fois qu’une analyse des concentrations de telles molécules est effectuée ! Rappelons qu’après environ quinze années de commercialisation en Amérique du nord, près de 100% des plantes génétiquement modifiées commercialisées sont modifiées pour tolérer un herbicide, produire une protéine insecticide ou disposer des deux caractères.

[1] « Maternal and fetal exposure to pesticides associated to genetically modified foods in Eastern Townships of Quebec, Canada », Aris A et al., Reprod Toxicol (2011), doi:10.1016/j.reprotox.2011.02.004

[2] « Urinary pesticide concentrations among children, mothers and fathers living in farm and non-farm households in Iowa » Curwin BD. Et al., Ann Occup Hyg., 2007, 51, pp53-65

18/04/2011

SARKOZY, HULOT, présidence 2012

à lire sur MEDIAPART :

Sarkozy, un certain usage de la République

Révélé par Mediapart, le projet de l'Elysée de faire organiser une séance secrète d'examens pour l'entrée aux grandes écoles relance la polémique sur les usages très privés ou discrétionnaires que Nicolas Sarkozy fait du pouvoir présidentiel. De l'affaire Pérol à l'affaire Tapie, du fils Jean à l'Epad en passant par la villa de Christian Clavier, le tout-à-l'égout du cap Nègre... Inventaire non exhaustif des petits accommodements du sarkozysme ordinaire avec les principes républicains.

enquête :

De TF1 à EDF, les liaisons dangereuses de Nicolas Hulot

.


L'animateur d'Ushuaïa, désormais candidat à la primaire écologiste pour la présidentielle, est sans cesse sommé de s'expliquer sur ses liens financiers avec TF1, des émissions aux gels douche, et sur les mécènes de sa fondation, d'EDF à L'Oréal. Etat des lieux.

16/04/2011

Pollution chimique et santé

un article payant sur le Monde :

Des polluants suspectés d'accélérer la puberté des fillettes

LE MONDE | 15 avril 2011 | Paul Benkimoun | 704 mots

Des perturbateurs endocriniens mimant des hormones sont présents dans l'environnement. Tous les spécialistes d'endocrinologie pédiatrique s'accordent à reconnaître que nous faisons face à une véritable épidémie de développement prématuré des glandes mammaires chez les petites filles.

et sur le même sujet :

lu sur :

http://www.lesfillesdes.com/modules/news/article.php?mode=nocomments&order=0&item_id=510

Les Filles DES

posté par stefania le 3/6/2010 14:39:15 (524 lectures)
source viva.presse.fr

Les effets des polluants chimiques sur la santé font l’objet de nombreuses études. On a constaté que certains perturbent le fonctionnement du système hormonal et endocrinien. Doit-on s’en inquiéter  ?


Perturbateurs endocriniens  », un terme que le grand public commence à entendre. La Ville de Rennes leur a même consacré un colloque, le 12  avril dernier, à l’initiative du ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer (Meeddm). «  C’est un sujet qui prend de l’ampleur  », déclare Claire Hubert, chef du service recherche au Meeddm.
Autrement dit, par Bernard Jégou, directeur de l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail, qui vient d’être créé à Rennes  : «  Il y a des signaux d’alarme, mais les informations sont trop balbutiantes. Nous voulons pouvoir répondre à la population sur des bases scientifiques.  »

http://www.viva.presse.fr/spip.php?page=enquete&id_ar...



Qu’est-ce que c’est  ?
Les perturbateurs endocriniens sont des substances étrangères à l’organisme, et notamment des polluants chimiques, capables d’interférer avec le fonctionnement de notre système endocrinien et de nos hormones. Présents dans l’eau, l’air, le sol et les aliments, ils peuvent entraîner des effets nocifs pour la santé de l’homme, pour la faune et pour la flore.
Selon Rémy Slama, président du conseil scientifique du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens (Pnrpe), ces derniers «  sont le point commun entre l’apparition de micropénis chez les alligators du lac Apopka, en Floride, lequel est extrêmement pollué, les malformations utérines chez les filles exposées au Distilbène et les dérèglements sexuels observés chez les gastéropodes des côtes françaises en contact avec les peintures antisalissures utilisées sur les coques de bateaux  ».

Où les trouve-t-on  ?
Ils sont partout. Aussi bien dans certains de nos médicaments, comme la pilule contraceptive – qui est un œstrogène de synthèse –, que dans l’envi­ronnement, avec les pestici­des, le plomb, le mercure, les dioxi­nes, etc. On les détecte aussi dans les produits de tous les jours.
C’est le cas du bis­­phénol A, présent dans les bibe­rons, les canettes, les boîtes de conserves, les bouteilles et usten­siles en plastique, etc., des fameux phtalates, utilisés dans les plastiques (rideaux de douche, jouets, emballages alimentaires, etc.), ou encore dans les cosmétiques (parfums, déodorants…), des retardateurs de flammes bromés (employés dans les textiles, les ordinateurs, les mousses…), des additifs alimentaires, etc.
Au total, 320 substances sont sur la sellette, dont 66 ont été classées par le Conseil de l’Europe comme perturbateurs endocriniens certains.

Quels sont les risques  ?
En se fixant sur le récepteur des gènes qui commandent la production d’œstrogènes, ils pourraient bloquer ou amplifier la sécrétion, le transport, l’action ou l’élimination des hormones. Globalement, ils sont suspectés d’altérer la reproduction, avec, chez les hommes, une baisse de la qualité du sperme.
«  Il y a encore beaucoup de points d’interrogation, car le phénomène n’est pas observé partout, note Bernard Jégou. Il y a un déclin spermatique à Paris, mais pas à Toulouse, par exemple.  » Les perturbateurs endocriniens pourraient engendrer aussi une diminution de la proportion de mâles à la naissance (sex-ratio) et un accroissement des anomalies génitales.
En 2006, à la maternité du Chu de Montpellier, le Pr Charles Sultan a constaté qu’il y avait deux fois plus d’hypospadias (malformations du pénis), de cryptorchidies (non-descente de testicules), de micropénis et de pseudohermaphrodismes chez les enfants d’agriculteurs ou de maraîchers, grands utilisateurs de pesticides.
Chez les filles, des études ont montré des anomalies dans la différenciation sexuelle, des troubles ovariens et de la fertilité, un risque plus important de mortalité intra-utérine et une diminution de la croissance fœtale.

Ces perturbateurs sont aussi suspectés d’être responsables de l’augmentation des cancers des testicules, dont l’incidence augmente, de la prostate et des seins, dans les pubertés précoces, les troubles de la thyroïde, du système immunitaire et du métabolisme.
«  On ne sait pas encore tout, mais un homme né dans les années 1970 a deux fois plus de risques d’avoir un cancer des testicules qu’un homme né en 1930, souligne Rémy Slama. Vu la rapidité avec laquelle cette tumeur se développe, la cause ne peut pas être génétique.  »

Sommes-nous très exposés  ?
Le problème est que nous ne sommes pas exposés à une seule substance mais à plusieurs. On a retrouvé la trace d’une centaine de produits toxiques (dont certains interdits depuis des années) dans le sang de députés européens qui se sont prêtés à un test, environ 300 polluants ont été détectés dans le sang du cordon ombilical de 30 bébés de la maternité du Chu de Montpellier, le bisphénol A est présent dans les urines de 95 % des Américains, il y en a aussi dans le lait maternel…
On pourrait se rassurer en se disant que les doses auxquelles nous sommes confrontés sont trop faibles pour produire des effets, sauf que – tous les scientifiques l’admettent aujourd’hui – ce n’est pas forcément la dose qui fait le poison, ni même la durée d’exposition, aussi longue soit-elle. En revanche, la période d’exposition paraît cruciale.
«  L’exposition du fœtus durant le premier trimestre de grossesse pourrait être déterminante  », estime Bernard Jégou. Globalement, les enfants et les femmes enceintes sont des personnes à risques. Même si tous ne vont pas réagir de la même manière  : «  Quelles que soient les substances étudiées, il n’y a pas d’action systématique, affirme le Pr Pierre Jouannet, médecin à l’hôpital Cochin, à Paris. Il pourrait y avoir une question de sensibilité individuelle.  »

Que font les autorités sanitaires  ?
La France est à l’heure des études et des recommandations individuelles pour se protéger des polluants chimiques, mais pas de leur interdiction. Néanmoins, dans son avis de février 2010, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) reconnaît qu’un perturbateur endocrinien, le bisphénol A, présente des «  signaux préoccupants  ».
Une expertise collective a été diligentée par le ministère de la Santé, dont les résultats seront connus à l’automne prochain. Sans attendre, les députés ont voté une proposition de loi pour interdire les biberons qui en contiennent. D’autres pays, comme le Canada ou certains Etats des Etats-Unis, les ont déjà proscrits. Le Meeddm a dégagé 3 millions d’euros et lancé 13 projets de recherche sur les perturbateurs endocriniens.

Les résultats de trois études
Les premières conclusions de trois études ont été présentées à Rennes. La première étude, réalisée par l’équipe du Dr Jacques Auger, à l’hôpital Cochin (Paris), montre que l’exposition de rats (de la gestation à l’âge adulte) à de faibles doses de génistéine (un phytoœstrogène) et/ou de vinclozoline (un anti-androgène) entraîne plusieurs anomalies  : chez un tiers des animaux, les testicules ne sont pas descendus, la puberté est retardée chez les mâles, le fonctionnement des glandes salivaires et le comportement alimentaire des bébés mâles sont modifiés, le développement de la glande mammaire est perturbé. Les rats présentent également des malformations du cartilage des disques intervertébraux.

La deuxième étude, menée par l’équipe de Sylvaine Cordier (Inserm Rennes), porte sur la chlordécone, un insecticide organochloré utilisé aux Antilles dans les cultures de bananes. Plus de 1 000 femmes en fin de grossesse ont été suivies entre 2004 et 2008. 62 % d’entre elles ont de la chlordécone dans le sang. La contamination, qui se fait par l’alimentation, entraîne un risque significatif d’accouchement prématuré. La présence de l’insecticide dans le sang du cordon (28 % des cas) est aussi liée à une prise de poids du bébé importante les trois premiers mois. Les enfants exposés au chlordécone seront-ils obèses à l’âge adulte  ?

La troisième étude, dirigée par Catherine Viguié (Inra Toulouse), révèle que le fonctionnement de la thyroïde des rats et des moutons exposés au fipronil, un insecticide agrovétérinaire très répandu, est accéléré  : les enzymes du foie sont stimulées et l’élimination de l’hormone thyroïdienne (T4 ou thyroxine) dans le sang est augmentée, ce qui oblige la glande à compenser. Les effets sont un peu moins importants chez les ovins, plus proches de l’homme. L’exposition à un retardateur de flammes polybromé diminuerait aussi le temps de demi-vie [1] de la thyroxine.

‹1er/06/2010

< Brigitte Bègue

[1] Temps mis par une substance pour perdre la moitié de son activité.
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et aussi quelques liens :

14/04/2011

Des révoltes partout !!!

lu sur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/04/13/au-swaziland-le-roi-mswati-iii-reprime-les-manifestants-pro-democratie_1507219_3212.html

Au Swaziland, le roi Mswati III réprime les manifestants pro-démocratie

Dernière monarchie absolue d'Afrique, le Swaziland que dirige le roi Mswati III, au pouvoir depuis 24 ans, est en proie à une contestation démocratique mais la majorité des Swazis semble se satisfaire du régime.

11/04/2011

Le Distilbène aurait des effets sur trois générations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/04/05/le-distilbene-aurait-des-effets-sur-trois-generations_1503080_3224.html

Le Distilbène aurait des effets sur trois générations

LEMONDE.FR | 05.04.11 | 10h12  •  Mis à jour le 05.04.11 | 16h44

Une étude épidémiologique portant sur les effets transgénérationnels du Distilbène montre que les petits-enfants des femmes traitées avec cette hormone de synthèse, prescrite pour prévenir les fausses couches, sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l'hypospadias. L'hypospadias est une malformation congénitale de l'urètre, dont l'orifice se trouve anormalement positionné sur la face inférieure du pénis et non à son extrémité. Détectée lors de l'examen pédiatrique, elle nécessite une intervention chirurgicale quand l'enfant atteint un an environ.

 

Le Distilbène (DES) est une hormone de synthèse qui a été prescrite pendant près de trente ans aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches. Entre deux et huit millions de femmes dans le monde ont été traitées de cette façon entre 1948 et 1976. En France, le DES a concerné environ 200 000 patientes. Des tumeurs vaginales et, chez les garçons, des malformations génitales (l'hypospadias) sont les effets secondaires connus chez les "enfants distilbène".

DE 0,2 % À 8,2 %

Une équipe constituée autour du professeur Charles Sultan (CHRU Lapeyronie de Montpellier) s'est penchée sur la prévalence de l'hypospadias chez les petits-enfants de ces femmes traitées au DES. La prévalence "apparaît être 40 à 50 fois supérieure" à celle attendue, a commenté le Pr Sultan.

Selon Nicolas Kalfa, chirurgien pédiatre cosignataire d'une analyse à paraître dans la revue Fertility and Sterility [sur abonnement], la fréquence de la malformation est de 0,2 % dans la population. Elle passe à 8,2 % chez les garçons issus "de grands-mères distilbène".

Le DES, a rappelé le Pr Sultan, est "un modèle d'action des perturbateurs endocriniens" chez l'animal et chez l'homme, ces substances chimiques qui peuvent interférer avec le fonctionnement des hormones. Or, a-t-il souligné, ces effets transgénérationnels ont été rapportés, chez l'animal, pour toutes les classes de perturbateurs endocriniens, dont les pesticides et le bisphénol A (composé chimique controversé utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires).

La question est de savoir si le bisphénol A et les autres perturbateurs endocriniens"ne risquent pas d'avoir un effet transgénérationnel" chez l'homme, a conclu le scientifique. Il plaide pour le principe de précaution, à savoir "réduire de 100 % l'utilisation des pesticides et des polluants chimiques qui agissent en tant que perturbateurs endocriniens".

Le gaz de schiste en France (suite)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actu-science/le-gaz-de-schiste-ennemi-public-numero-un-11-04-2011-1317850_59.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110411

Le gaz de schiste, ennemi public numéro un 

Le Point.fr - Publié le 11/04/2011 à 10:50 - Modifié le 11/04/2011 à 10:51

En novembre 2010, le vent de la colère s'est de nouveau levé sur la terre du Larzac. José Bové, qui commençait peut-être à s'ankyloser au Parlement de Strasbourg, s'est trouvé une nouvelle croisade : combattre le gaz de schiste. La fronde a pris comme un feu de prairie dans tout le pays. Déjà, des dizaines de manifestations ont réuni des dizaines de milliers de personnes. En Provence, dans les Cévennes, dans le Quercy, dans le Jura, c'est partout la même jacquerie. Partout, des collectifs antigaz de schiste éclosent ­spontanément.

Sentant le vent tourner, les partis politiques mettent de l'eau dans leur gaz de schiste. Tous ! Les Verts, naturellement, mais aussi le PS, le Front de gauche, le PC, l'UMP et même le Front national. Touchante unanimité. Les ministres de l'Écologie et de l'Industrie ont vite compris le message et ont donc gelé les délivrances de permis d'exploration en attendant la remise d'un rapport réclamé dans l'urgence.

Le paradoxe, c'est qu'au même moment le gouvernement veut geler le tarif du gaz, qui s'est envolé de 20 % en un an (en comptant la dernière hausse de 5,2 %). Cette augmentation, qui résulte de l'application des contrats à long terme avec la Norvège, l'Algérie et la Russie, pourrait effectivement être contrecarrée par... les gaz de schiste. Aux États-Unis, leur développement fulgurant a fait chuter le prix du gaz. Mais, en France, la résistance est d'un autre ordre...

Le gaz de schiste n'est d'ailleurs pas le seul à être dans le collimateur des Français. Il y a aussi l'huile de schiste. On découvre, aujourd'hui, qu'une grande partie du pays est prospectée par les chasseurs d'or noir, qu'il soit liquide ou gazeux. Au 1er janvier 2011, toutes énergies fossiles confondues, l'État français a délivré 62 permis d'exploration (62 942 km2) et instruit 83 demandes de permis (121 134 km2). Un tiers du territoire français au total !

Vous avez dit gaz de schiste ?

Il s'agit du méthane piégé intimement dans la roche sédimentaire qui l'a fabriqué. Ces couches gisent généralement au-dessous de 2 000 mètres de profondeur. L'exploitation de ce gaz n'est devenue économiquement possible que depuis la mise au point de la technique de fracturation : de l'eau injectée sous pression dans la roche afin de créer des fissures par où le gaz peut s'échapper. Une fois parvenu, par un puits vertical, jusqu'à la couche à exploiter, on fore à l'horizontale sur plusieurs kilomètres (jusqu'à trois). Selon Total, dix à quinze puits peuvent être installés sur une même plate-forme de forage, afin de rayonner dans toutes les directions.

Une étude évoque la présence de 2 380 milliards de mètres cubes de gaz, de quoi alimenter la France jusqu'en 2060. Mais chacun s'accorde à dire qu'il ne s'agit que d'une estimation grossière, obtenue en multipliant la teneur en gaz théorique d'une couche de schiste par sa surface. Le potentiel exploitable est sans doute dix fois inférieur.

L'exploration et la spéculation

Aux côtés de poids lourds comme Total et, plus en retrait, GDF Suez, on trouve beaucoup de pétroliers indépendants, tels l'australien Queensland Gas Company, le canadien Realm, les américains Devon et Eagle. Mais d'autres détenteurs ou demandeurs de permis ne sont que des fonds d'investissement qui suivent là un filon de spéculation et cherchent à monnayer au plus offrant les permis qu'ils décrochent. C'est le cas, par exemple, de la société 3 Legs Oil & Gas (île de Man), qui possède le permis d'exploration de Valence et sollicite celui de Cahors, ou encore de la firme américano-suisse (Texas) Schuepbach Energy, qui détient le permis de Villeneuve-de-Berg et en brigue trois autres.

Chaud devant

La France s'étant engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, les écologistes préféreraient que les investissements consacrés à la recherche de gaz de schiste aillent plutôt aux énergies renouvelables. Réponse de Bruno Courmes, le "monsieur schiste" chez Total : "Total compte investir quatre à cinq milliards d'euros dans les énergies nouvelles d'ici à 2020. Infiniment plus que dans le schiste ! Et puis ce gaz, moins émetteur de CO2 que le charbon, peut servir d'énergie relais en attendant la montée en puissance du solaire." Sauf que le charbon est peu utilisé en France.

Que d'eau, que d'eau !

Les opposants reprochent au forage de consommer entre 10 000 et 20 000 mètres cubes d'eau. Compte tenu du recyclage possible d'une partie de cette eau (entre 20 et 80 %), il faut prévoir 200 000 mètres cubes pour forer les douze puits d'une plate-forme. Le chiffre paraît impressionnant, mais après tout, ce n'est que le volume nécessaire pour irriguer un champ de maïs de 80 hectares en année sèche.

Des nappes phréatiques menacées

L'eau injectée pour fracturer la roche contient de nombreux additifs pour maintenir l'ouverture des failles (sable très fin), tuer les bactéries se nourrissant de gaz, réduire les frictions, gélifier l'eau, inhiber la corrosion... Selon le Centre Tyndall (université de Manchester), certains de ces additifs seraient toxiques et cancérogènes. Lors du forage des douze puits d'une plate-forme, c'est entre 2 000 et 7 000 tonnes d'additifs qui sont ainsi injectées dans le sous-sol. Les opposants au gaz de schiste voient déjà ces ­additifs migrer jusqu'aux nappes phréatiques par les fissures de fracturation. Didier Bonijoly, chef du bureau de géologie du Bureau des recherches géologiques et minières, conteste cette vision simpliste : "En général, les couches de schiste visées par les explorations en France sont bien trop profondes pour que les fissures puissent atteindre les nappes phréatiques proches de la surface." Il n'empêche que, "dans nos régions géologiquement agitées, les couches de schistes sont plissées et fracturées, si bien qu'on peut imaginer une migration verticale des additifs par les failles de schiste", explique Bernard Collot, un géologue ancien d'Exxon.

Les États-Unis ont tout faux

Après avoir vu le film Gasland, diffusé le 4 avril sur Canal+, quel fou voudrait encore exploiter en France du gaz de schiste comme on le fait aux États-Unis ? Après un an de périple dans l'Amérique des champs gaziers, le réalisateur Josh Fox a rapporté des images épouvantables. Apocalypse now ! Beaucoup des malheureux qui ont accepté des forages sur leur terrain en échange d'un petit pactole s'en mordent aujourd'hui les doigts. Ils se retrouvent avec des nappes phréatiques contaminées, de l'eau pétillant de méthane au sortir des robinets, une noria infernale de camions, une atmosphère polluée... Les riverains des puits subissent malaises, éruptions de boutons et troubles multiples...

Voilà pourtant deux ans seulement, l'Amérique avait cru trouver avec cette énergie nationale la panacée contre le pétrole cher et la dépendance étrangère. Depuis lors, des milliers de puits ont été forés à la va-vite. Comme au temps de la ruée vers l'or, sans grandes précautions écologiques. Un seul exemple : en Pennsylvanie, un rapport publié l'été dernier dresse une liste de 1 435 violations du droit environnemental. C'est partout comme cela. Il faut dire que l'industrie gazière possédait un solide appui à Washington en la personne de Dick Cheney, vice-président de Bush entre 2001 et 2009 et P-DG de Halliburton, l'une des principales firmes en cause.

Le modèle américain serait-il exportable en France ? Avec Gasland, c'est râpé. Nathalie Kosciusko-Morizet l'a promis : "On n'exploitera jamais le gaz de schiste comme aux États-Unis." Peut-on la croire ?

La colonisation rampante du paysage

Si l'on se réfère à l'exemple américain, un champ gazier de 50 kilomètres de côté, pour être correctement exploité, nécessiterait autour de 2 000 plates-formes occupant 2 hectares lors du forage, qui peut prendre entre 500 et 1 500 jours. Il faut s'attendre à un important va-et-vient de camions pour acheminer le matériel de forage (tubes, eau, additifs, béton, machines...) et emporter les déblais de forage (environ 830 mètres cubes pour un puits de 3,2 kilomètres de longueur). L'État de New York a estimé entre 4 300 et 6 600 le nombre de rotations par plate-forme. Petite précision qui a son importance : au bout d'un an, la production d'un puits peut chuter au point de nécessiter une nouvelle campagne de fracturation, avec une nouvelle vague de camions.

Dans quelques semaines, les experts rendront leur rapport sur le gaz de schiste. Mais quelle importance ? À un an de la présidentielle, aucun candidat ne prendra le risque de jouer le gaz de schiste. Aucun candidat, fût-il Sarkozy...

09/04/2011

L’ANTENNE WIFI DE VOTRE QUARTIER C’EST VOUS

LE SAVIEZ-VOUS ? 

L’ANTENNE WIFI DE VOTRE QUARTIER…C’EST VOUS !!!

Ce message s’adresse à vous si vous disposez d’une « box » d’accès Internet (et le cas échéant télévision et téléphone) mise à disposition par un opérateur télécom.

Sur cette boîte, pour votre accès à Internet, vous utilisez le réseau sans fil (WiFi)… ou pas, si vous l’avez désactivé au profit d’une liaison filaire (par câble ou CPL (Courants porteurs en ligne)).

Mais, le saviez-vous ? Votre « box » peut être la source de non pas un, mais deux réseaux sans fil : le vôtre, et un réseau dit « communautaire », qui a une portée beaucoup plus large puisqu’il « arrose » tout le quartier. Ce réseau, en accès libre pour tous les abonnés de l’opérateur, sert aux personnes qui souhaitent se connecter « en mobilité », c'est-à-dire en passant dans la rue ou en faisant une pause dans le parc. Ils se connectent… en utilisant votre boîte !!

Et cette fonction est activée par défaut, c'est-à-dire qu’elle a commencé à fonctionner dès que vous avez mis votre box en service, que vous en ayez conscience ou pas. Elle reste activée tant que vous ne l’avez pas éteinte, même si vous avez désactivé votre WIFI « maison ».

Il en découle plusieurs conséquences :

vous servez d’antenne WIFI à votre opérateur télécom, à vos frais, puisque c’est à partir de votre électricité, et en permanence puisque la boîte émet tout le temps, que le réseau soit effectivement utilisé ou pas ;

vous prenez double dose de champs électromagnétiques et vous en faites prendre double dose à vos voisins, qui n’en demandent sans doute pas tant et chez qui se trouvent peut-être des personnes fragiles (bébés, personnes âgées ou malades, personnes sensibles aux champs électromagnétiques), qui sont complètement démunies pour localiser l’origine de leurs maux ;

- vous êtes susceptible d’engager votre responsabilité si votre boîte est utilisée à des fins illégales, ne serait-ce que pour du téléchargement réprimé par la loi HADOPI. Certes, théoriquement, l’utilisateur doit s’identifier, et tout aussi théoriquement, il n’a pas accès à vos propres données de connexion ni à votre disque dur. Mais nous savons tous qu’il existe des logiciels permettant de « surfer » de façon anonyme ; et d’une façon générale, on sait que la créativité des hackers est sans limites. La collecte des informations sur les réseaux sans fil des particuliers a été menée par les voitures de Google, qui sillonnent le monde depuis 2007 dans le cadre du programme «Street View». En plus de prendre des photographies des rues, ces véhicules ont enregistré la localisation et le nom des réseaux Wi-Fi, afin d'enrichir la base de données du service de géolocalisation de Google. Mais elles ont aussi intercepté les données transitant sur les réseaux non cryptés, en France et dans les autres pays où Street View est opérationnel.

Et plus généralement, êtes-vous d’accord pour rendre ce service à l’opérateur ? Vous a-t-on mis au courant des modalités et des conséquences ? Vous a-t-on demandé votre avis ? Même sans parler du risque sanitaire il y a là une manipulation du consommateur qui n’est pas acceptable.

Vous ne croyez pas à ce que vous êtes en train de lire ? Appelez votre opérateur et parlez-lui du WiFi communautaire. Il reconnaîtra que cela existe (même s’il vous expliquera que ça émet peu, que c’est sans risque, que cela rend service, etc…).

Vous pouvez désactiver le WiFi communautaire et cesser de vous exposer à tous ces risques, même si vous voulez utiliser votre WiFi « maison » : ce sont deux réseaux différents. Pour connaître la marche à suivre, consultez le document Robin des Toits :  http://www.robindestoits.org/_a227.html

(*)

Ou demandez à votre opérateur, si votre type de « box » n’est pas répertorié sur la fiche « robin ».

Faites circuler ce message autour de vous !! Vos voisins figurent peut-être parmi les contacts des contacts de vos contacts !!

Le WIFI, pourquoi c’est dangereux :  http://www.robindestoits.org/_a1055.html

 

ROBIN DES TOITS
Correspondance : 12 rue Lucien Sampaix  75010 Paris
Tél. : 33 1 43 55 96 08
Permanences téléphoniques :
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
E-mail : contact@robindestoits.org
http://www.robindestoits.org

----------------------------------

(*) je viens de recevoir ce message, j'ai vérifié : j'étais effectivement avec un WIFI activé alors que je ne l'utilise pas. Je l'ai donc désactivé en suivant la procédure indiquée dans le lien  :

http://www.robindestoits.org/_a227.html

Une expérience intéressante !

et facile à faire 

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/une-vessie-pleine-pour-de-meilleures-decisions-04-04-2011-1315181_25.php

Une vessie pleine pour de meilleures décisions

Mieux vaut prendre ses décisions la vessie pleine.

Une telle affirmation peut paraître fantaisiste, pourtant il n'en est rien... C'est la conclusion très sérieuse à laquelle sont parvenus des chercheurs en psychologie de l'université de Twente aux Pays-Bas.

Dans le cadre de cette étude publiée dans la revue Psychological Science, les scientifiques ont demandé à un groupe de volontaires de boire cinq grands verres d'eau, tandis qu'un autre se contentait d'en absorber quelques gorgées. Quarante minutes plus tard, soit le temps moyen estimé pour que le liquide atteigne la vessie, ces personnes ont été confrontées à un choix de ce type : recevoir 16 euros dès le lendemain ou attendre 35 jours pour obtenir le double de cette somme. Résultat : les cobayes à la vessie pleine ont mieux résisté à la tentation d'un bénéfice moindre mais immédiat et ont choisi l'option la plus intéressante à long terme.

Selon le docteur Mirjam Tuk qui a dirigé l'étude, cette étrange corrélation trouve son explication dans le fonctionnement même du cerveau humain. D'une part, le contrôle de la vessie se ferait dans la même partie de l'organe que celle qui active les notions de désir et de récompense. D'autre part, les mécanismes d'auto-contrôle du cerveau fonctionneraient dans tous les domaines de l'activité indifféremment et simultanément. Ainsi, exercer un contrôle pour retenir une envie pressante permettrait, du même coup, de contrôler ses pulsions et donc de prendre de meilleures décisions, plus réfléchies, plus rationnelles. Décideurs, à vos bouteilles d'eau !

À propos de gaz de schiste : un article du New York Times

à lire sur :

http://www.nytimes.com/2011/02/27/us/27gas.html?_r=2&hp

Regulation Lax as Gas Wells' Tainted Water Hits Rivers 

"The American landscape is dotted with hundreds of thousands of new wells and drilling rigs, as the country scrambles to tap into this century’s gold rush — for natural gas. "...

Résumé en français sur :

http://ownilive.com/2011/03/01/pennsylvanie-des-puits-de-gaz-de-schiste-explosent-
les-compteurs-geiger/

Condamnation contre le riz transgénique aux USA

lu sur :

http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2011/04/06/nouvelle-affaire-ogm-aux-etats-unis

Nouvelle affaire OGM aux États-Unis

Opinio juris, le 6 avril 2011, 10h23

Nouvelle poursuite relative aux OGMs en Arkansas, nouvelle condamnation pour les producteurs de transgéniques. Cette fois, c'est au tour d'une filière de l'Allemande Bayer AG de payer, et la facture est fort salée! 136.8 millions de dollars!!

Le demandeur, Riceland Foods, une coopérative agricole, a intenté une action contre Bayer Crop Science il y a près de quatre ans, suite à la contamination de nombreux champs par le riz à long grain génétiquement modifié de la multinationale. Il y a moins d'un mois, un jury a accueilli l'action de Riceland. Des dommages accordés à la demande, 125 millions sont octroyés en tant que dommage punitif, du jamais vu dans l'histoire judiciaire de l'Arkansas.

L'un des principaux arguments de la poursuite a été l’impossibilité d’exporter les grains « contaminés » dans plusieurs pays européens. En effet, plusieurs pays d’Europe sont très froids à l’idée d’importer des aliments transgéniques dans leurs marchés. Le jury a ainsi accueilli le recours en négligence contre la filiale de Bayer.

Il n’est pas du secret, nous savons tous que l’industrie agroalimentaire nord-américaine est influencée par de puissants lobbies. Grâce à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance judiciaire, ces lobbies ne peuvent interférer dans le processus de décision des tribunaux. À moyen terme, c’est probablement dans cet environnement objectif (le plus possible du moins) que se règlera l’interminable débat concernant les OGMs.

Jean-Raphaël C.G.

À propos de gaz de schiste

lu sur : http://www.bastamag.net/article1495.html

Pollution

Gaz naturel : les Allemands inquiets pour leur santé

Par Sophie Chapelle (8 avril 2011)

Des sols et des nappes phréatiques pollués par du mercure et du benzène, du méthane dans l’eau du robinet… Les habitants de Basse-Saxe en Allemagne s’inquiètent des conséquences de l’extraction du gaz naturel par la société américaine ExxonMobil. D’autant que la multinationale envisage aujourd’hui d’explorer les gisements de gaz de schiste dans la région.

La crainte monte en Basse-Saxe (Allemagne) alors que du mercure et du benzène ont été retrouvés dans le sol. Une équipe de la télévision allemande NDR a réalisé le 21 février dernier un reportage sur ce sujet. Parmi les habitants rencontrés, Erdwin Schoon, qui a retrouvé mortes les quelque 150 carpes de son étang, au printemps dernier. Chaque jour, il voit dépérir les arbres autour de chez lui. Ses études de sang sont alarmantes : elles révèlent un taux de mercure de 1,3 μg/l, alors que la norme est fixée à 0,7 μg/l. Un résultat sanguin semblable pour sa femme.

Erdwin Schoon réside avec sa famille à 200 mètres d’un champ gazier à Söhlingen. De chez lui, il aperçoit l’installation qui filtre les liquides toxiques provenant du gaz naturel. En janvier dernier, une conduite enterrée s’est partiellement corrodée. Résultat : le sol et les nappes phréatiques ont été pollués par du mercure et du benzène. Le responsable de ce champ gazier ? La multinationale américaine ExxonMobil.

Des pollutions suspectes

Reinhard Preil est lui aussi inquiet. Des conduites d’Exxon transportant des liquides et gaz toxiques passent sous son terrain. Ses arbres meurent les uns après les autres. Autre fait marquant : du méthane, relevé dans l’eau, sort des robinets des maisons situées à proximité des champs d’extraction de gaz naturel. Une histoire qui rappelle les images du documentaire Gasland, sur l’exploitation des gaz de schiste aux États-Unis. Selon le toxicologue Hermann Kruse, il est essentiel d’évaluer rapidement l’impact sanitaire de cette méthode d’extraction du gaz, car « il n’est pas admissible qu’on en arrive à des manifestations cliniques visibles sur la population ».

Du côté d’Exxon Mobil, on assure lors de réunions publiques ne pas avoir eu de précédent en ce sens. Mais cela ne suffit pas à rassurer les résidents de Lünne, dans le district d’Emsland : Exxon projette d’y réaliser des forages, cette fois pour du gaz de schiste. La multinationale a obtenu des concessions pour explorer ce gaz non conventionnel en Basse-Saxe et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Pour Hermann Kruse, les concentrations élevées de benzène relevées dans le sang des habitants prouvent le présence d’une source de benzène sous terre, car normalement, on ne trouve pas de benzène dans le sang. Il préconise, pour éviter des préjudices plus importants, le tarissement de cette source. Ce qui ne va pas dans le sens d’ExxonMobil, plus soucieuse de profit juteux que des risques sanitaires éventuels.

Exxon poursuit l’extraction du gaz

Seuls des prélèvements dans le sol et dans l’eau ont pour le moment été effectués en Basse-Saxe, à proximité des installations extractives. Quelques politiques ont réagi sur la question. Ils demandent notamment à la Landesbergamt, l’administration des mines de la Basse-Saxe, d’« entrer en action », en commençant par la réalisation d’études sur la qualité de l’air. Pointée du doigt car directement responsable de la surveillance d’Exxon, l’administration des mines a commencé l’examen de toutes les conduites en plastique dans la région.

En l’absence de preuves évidentes sur le lien entre les installations d’Exxon et la pollution des nappes et des sols, la multinationale américaine poursuit, comme si de rien n’était, l’extraction du gaz. Le problème a fait néanmoins suffisamment de vagues au cours des derniers mois, pour être inscrit désormais à l’agenda politique du Parlement régional. Et cela au moment où de nombreux pays européens connaissent des mobilisations contre l’exploitation des gaz de schiste, réputée encore plus polluante que celle du gaz conventionnel. Il semble que le slogan des républicains américains partisans d’une intensification des forages en 2008 « Drill, baby drill » [1] soit encore d’actualité. L’extractivisme a encore de beaux jours devant lui.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Expression que l’on peut traduire par « Fore, chéri, fore. »

08/04/2011

Le Distilbène, nocif sur trois générations

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le Distilbène dans l'actualité judiciaire
A la lumière du cas d'un jeune homme de 21 ans lourdement handicapé, la cour d'appel de Versailles s'est attachée à examiner les effets du Distilbène à deux générations d'intervalle. Contesté par UCB Pharma, l'un des deux laboratoires incriminés, le lien de causalité entre le médicament et des malformations potentiellement graves, notamment au niveau de l'appareil génital, avaient pourtant été suggéré dès 1938 à l'occasion d'expérimentations sur la souris, font valoir les avocats des victimes, pour qui il s'agit désormais d'inverser la charge de la preuve, en faisant en sorte que ce soit « au laboratoire de prouver l'absence de lien. » La cour d'appel remettra son verdict le 9 juin.

Voir :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/04/07/01016-20110407ARTFIG00726-distilbene-la-troisieme-generation-devant-la-justice.php


Figaro [Le], 08/04/2011

La cour d'appel de Versailles a examiné jeudi le cas de Louis, 21 ans, lourdement handicapé.

Lorsqu'il est né, après seulement 26 semaines de grossesse, Louis pesait 1050 grammes. Vingt et un ans plus tard, le jeune homme souffre d'un handicap à 80%. Il se déplace en fauteuil roulant et a besoin d'une assistance en permanence. Il ne sait ni lire ni compter. Sa mère, qui fut exposée in utero au Distilbène, demande aujourd'hui la réparation du préjudice subi par son enfant et une compensation pour leurs années de souffrance. En avril 2009, le tribunal de grande instance de Nanterre lui a donné raison. Le juge a reconnu la faute d'UCB Pharma, l'un des deux laboratoires ayant commercialisé ce médicament aux effets délétères, et a accordé quelque 2 millions d'euros de dommages et intérêts à la famille de Louis. Mais le laboratoire a fait appel. Jeudi, ce dossier, ainsi que celui d'une autre jeune fille, était donc à nouveau en débat devant la cour d'appel de Versailles.

La justice se penchait ainsi sur les effets du Distilbène sur la troisième génération. La grand-mère de Louis a pris cette hormone de synthèse pendant sa grossesse, en 1958. «Le DES a provoqué une malformation utérine chez sa fille qui, enceinte à son tour en 1989, a accouché d'un grand prématuré», indique Me Martine Verdier, avocate des parents de Louis.

Reconnu en première instance, ce lien de causalité «à deux étages» est contesté par UCB Pharma, ainsi que par son assureur, en raison «d'un manque de preuves». «D'autres facteurs peuvent être à l'origine de l'état de santé des enfants, souligne Me Ivan Terel, avocat. En outre, à la lumière des connaissances scientifiques de l'époque, la faute délictuelle du laboratoire ne peut être retenue: on ne pouvait alors douter de l'innocuité du Distilbène.»

 

Inverser la charge de la preuve

Le DES, ou diéthylstilbestrol, a été prescrit à partir de 1950 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches et les risques de prématurité. Environ 160.000 enfants y ont été exposées en France. «Dès 1938, des expérimentations chez la souris mettent en évidence des malformations sexuelles. Cela aurait dû alerter le laboratoire sur une possible nocivité», souligne Me Verdier. Le médicament a été interdit en 1971 aux États-Unis et contre-indiqué en 1977 en France.

Pour l'avocate, qui conseille par ailleurs de nombreuses autres victimes, il est temps, désormais, d'inverser la charge de la preuve. «Ce serait alors au laboratoire de prouver l'absence de lien de causalité entre la pathologie et le DES», a demandé jeudi l'avocate à la cour d'appel. Sa décision sera rendue le 9 juin.

LIRE AUSSI :

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» La victoire des «filles Distilbène» devant la justice

» Plusieurs importants scandales sanitaires en France

07/04/2011

L'artiste que Pékin veut réduire à néant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/04/07/l-artiste-que-pekin-veut-reduire-a-neant_1504322_3216.html

L'artiste que Pékin veut réduire à néant

LEMONDE | 07.04.11 | 14h12  •  Mis à jour le 07.04.11 | 14h12

C'est la veille des congés de Qingming, la Fête des morts, que l'artiste Ai Weiwei a "disparu" : en partance pour Hongkong, il a été emmené à l'aéroport de Pékin par des officiers de l'immigration. Sa femme et ses équipes sont sans nouvelles de lui. L'avocat Liu Xiaoyuan n'en sait pas plus.

Malgré l'indignation qu'a suscitée à travers le monde l'arrestation supposée du pape de l'avant-garde chinoise, aucune information n'est encore venue la confirmer ni l'infirmer. Jusqu'à cet éditorial du Huangqiu Shibao, publié trois jours plus tard, le 6 avril au matin : Ai Weiwei est un "franc-tireur de la société chinoise", qui "fait des choses que les autres n'osent pas faire", "il s'est approché de la ligne rouge de la loi chinoise", et "s'il continue comme ça, il va inévitablement franchir cette ligne un jour", prévient l'article.

En 2009, Ai Weiwei avait commémoré Qingming à sa manière. Le jour du nettoyage des tombes fut consacré aux victimes du tremblement de terre du Sichuan, vieux de moins d'un an. Mais les parents des enfants morts sous les décombres de leurs écoles qui avaient été très mal bâties furent astreints à un deuil encadré, de crainte qu'ils ne manifestent. L'artiste avait lancé, en ligne, un journal d'enquête citoyen, pour rassembler les noms des écoliers morts. Sur son blog, chaque enfant identifié fut symbolisé par une bougie.

La quête de ces noms fut mouvementée : ses équipes de bénévoles furent souvent maltraitées, parfois brutalisées. Les noms étaient, leur dit-on, un secret d'Etat. De ce travail sur la responsabilité et la mémoire, dont les archives numériques ont probablement été confisquées par la police dimanche, quand celle-ci a saisi tout le matériel informatique de l'artiste, Ai Weiwei avait déjà tiré plusieurs performances artistiques marquantes. Ainsi, les internautes furent invités à prononcer à haute voix un nom de victime et à envoyer le fichier son à l'artiste, qui en fit un émouvant mémorial sonore, sur Internet, le jour d'anniversaire du séisme.

A Munich, quelques mois plus tard, il recouvrit toute la façade du Musée Haus der Kunst de sacs d'écoliers, détachant en idéogrammes chinois la phrase prononcée par une mère en pleurs : "Elle a vécu heureuse, en ce monde, pendant sept ans."

Cette année-là, son blog, qui rassemble alors des dizaines de millions de pages vues, "disparaît" du monde virtuel, signe que le "franc-tireur" n'est plus très loin de la "ligne rouge". Son nom est banni de la presse chinoise. La censure s'obstine et extirpe toute référence positive à l'artiste : quand, le 21 février 2011, le portail Sina organise un vote pour élire l'artiste de l'année 2010, Ai Weiwei arrive en tête... L'après-midi même, son portrait est effacé.

Cette négation de son travail et de son être, l'exil digital qui lui est imposé - il ouvrira un blog à l'étranger - sont lourds de sens pour un artiste dont l'oeuvre donne une si grande place à la mémoire et à l'Histoire. Dans les années 1990, Ai Weiwei s'est fait connaître par les meubles chinois anciens qu'il remembre, selon les techniques d'époque, dans des postures incongrues. Ces vases ou ces poutres antiques qu'il repeint ou pulvérise : un processus de destruction et de recréation qu'il veut respectueux de la cohérence de l'objet, par opposition aux destructions irrationnelles de la révolution culturelle.

"Sunflower Seeds", l'exposition d'Ai Weiwei, qui dure jusqu'en mai à la Tate Modernà Londres, déroule devant le visiteur cent millions de graines de tournesol en porcelaine, ce dénominateur commun de la pauvreté, et ultime résidu de lien social, dans les pires moments de dénuement économique et humain de l'histoire chinoise, explique-t-il dans le précieux documentaire que la BBC lui a consacré. On peut voir aussi, chez ce metteur en scène de la démesure statistique, une réflexion sur l'individualité et la production de masse dans la Chine d'aujourd'hui. A moins de faire de ces fèves factices, peintes à la main par plus d'un millier d'ouvriers, les pathétiques fossiles de ces tournesols dont la propagande truffait les portraits de Mao, parce qu'ils se tournaient naturellement vers le soleil, comme le peuple vers leGrand Timonier.

Dépositaire des combats de son père, le poète Ai Qing, contre l'injustice, Ai Weiwei fut déjà le témoin d'une tentative d'anéantissement culturel : interdit d'écrire, Ai Qing doit du matin au soir, pendant cinq ans, nettoyer toutes les latrines d'un village du Xinjiang, où la famille a été exilée et vit dans un trou. Leur réhabilitation, comme si de rien n'était, à la mort de Mao, en 1976, remplit Ai Weiwei d'un étrange malaise. Il part pour New York, avec la ferme attention de ne plus remettre un pied en Chine, mais revient en 1993 au chevet d'Ai Qing, malade. Son engagement actuel est "un devoir, une mission, une évidence", nous a-t-il expliqué, en juin 2009, lors d'une interview.

Malgré ses audaces, Ai Weiwei fit longtemps figure d'intouchable. En s'y attaquant, le dragon chinois prend un risque : mardi, sur le site de microblogs chinois Weibo, des centaines d'usagers remplaçaient leur photo par celle d'Ai Weiwei - avant d'être contrés par la police du Net. L'éditorial moralisateur du Huangqiu Shibao, vague et incohérent, intitulé "La loi ne doit pas céder devant les francs-tireurs", a provoqué un tollé. Gare aux artistes, surtout à ceux qui ont de la mémoire...


brice@gol.comBrice Pedroletti

05/04/2011

Le Distilbène aurait des effets sur trois générations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/04/05/le-distilbene-aurait-des-effets-sur-trois-generations_1503080_3224.html

Le Distilbène aurait des effets sur trois générations

LEMONDE.FR | 05.04.11 | 10h12  •  Mis à jour le 05.04.11 | 16h44

Une étude épidémiologique portant sur les effets transgénérationnels du Distilbène montre que les petits-enfants des femmes traitées avec cette hormone de synthèse, prescrite pour prévenir les fausses couches, sont 40 à 50 fois plus exposés au risque de l'hypospadias. L'hypospadias est une malformation congénitale de l'urètre, dont l'orifice se trouve anormalement positionné sur la face inférieure du pénis et non à son extrémité. Détectée lors de l'examen pédiatrique, elle nécessite une intervention chirurgicale quand l'enfant atteint un an environ. 

Le Distilbène (DES) est une hormone de synthèse qui a été prescrite pendant près de trente ans aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches. Entre deux et huit millions de femmes dans le monde ont été traitées de cette façon entre 1948 et 1976. En France, le DES a concerné environ 200 000 patientes. Des tumeurs vaginales et, chez les garçons, des malformations génitales (l'hypospadias) sont les effets secondaires connus chez les "enfants distilbène".

DE 0,2 % À 8,2 %

Une équipe constituée autour du professeur Charles Sultan (CHRU Lapeyronie de Montpellier) s'est penchée sur la prévalence de l'hypospadias chez les petits-enfants de ces femmes traitées au DES. La prévalence "apparaît être 40 à 50 fois supérieure" à celle attendue, a commenté le Pr Sultan.

Selon Nicolas Kalfa, chirurgien pédiatre cosignataire d'une analyse à paraître dans la revue Fertility and Sterility [sur abonnement], la fréquence de la malformation est de 0,2 % dans la population. Elle passe à 8,2 % chez les garçons issus "de grands-mères distilbène".

Le DES, a rappelé le Pr Sultan, est "un modèle d'action des perturbateurs endocriniens" chez l'animal et chez l'homme, ces substances chimiques qui peuvent interférer avec le fonctionnement des hormones. Or, a-t-il souligné, ces effets transgénérationnels ont été rapportés, chez l'animal, pour toutes les classes de perturbateurs endocriniens, dont les pesticides et le bisphénol A (composé chimique controversé utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires).

La question est de savoir si le bisphénol A et les autres perturbateurs endocriniens"ne risquent pas d'avoir un effet transgénérationnel" chez l'homme, a conclu le scientifique. Il plaide pour le principe de précaution, à savoir "réduire de 100 % l'utilisation des pesticides et des polluants chimiques qui agissent en tant que perturbateurs endocriniens".

03/04/2011

On ne parlera pas de l'environnement à l'AG de TOTAL

lu sur :

http://www.novethic.fr/novethic/finance/transparence/fin_non_recevoir_pour_sables_bitumineux_ag_total/133333.jsp

Fin de non recevoir pour les sables bitumineux à l'AG de Total

Greenpeace et Phitrust Active Investors, société de gestion spécialiste de l'actionnariat actif, qui avaient préparé ensemble un projet de résolution pour obtenir plus d'information sur la politique d'investissement de Total dans les sables bitumineux au Canada à l'Assemblée Générale du 13 mai prochain, ont été en quelque sorte déboutés. Le retrait surprise de deux gros investisseurs les a finalement empêchés de déposer leur résolution.
 

L’engagement pratique qui conduit des actionnaires à utiliser leurs droits pour obtenir plus d’information des entreprises sur des dimensions environnementales et sociales, a bien du mal à se développer en France. L’affaire Total contre Phitrust et Greenpeace en est une nouvelle démonstration. Pour la première fois, un projet de résolution sur une question environnementale a failli être inscrit à l’ordre du jour de l’AG du groupe pétrolier le 13 mai prochain. Il ne le sera finalement pas. Retour sur ce feuilleton à rebondissement.

Premier épisode en février : la société de gestion Phitrust Active Investors, spécialiste de l’engagement, lance avec deux ONG environnementales, Greenpeace France et NRDC, un projet de résolution destiné à mettre à l’ordre du jour de l’assemblée générale de Total un point d’information sur les risques environnementaux que présentent l’exploitation des sables bitumineux au Canada. Il s’agit pour le groupe d’un investissement évalué entre 11 et 14 milliards d’euros. L’objectif des auteurs de la résolution est de sensibiliser les actionnaires aux limites du modèle économique de projets de ce type qui ne s’amortissent que sur une trentaine d’années.
Second épisode le 17 mars, date butoir pour le dépôt des résolutions. Grâce au soutien d’une vingtaine de grands investisseurs européens, leur projet obtient largement le quota nécessaire pour  être, en principe, inscrit à l’ordre du jour de l’AG, soit 0,93 % du capital de Total.

Camouflet

Troisième épisode  le 25 mars, à l’issue des 5 jours de délai octroyé à l’entreprise pour réagir et après que celle-ci ait accusé réception du projet de dépôt, deux gros actionnaires retirent leur soutien à la résolution qui, du coup, ne dispose plus du quota suffisant,  qui est de 12 millions d’euros soit 0,5 % du capital, ce dont Total informe Phitrust sèchement. Camouflet supplémentaire, le groupe pétrolier publie un communiqué sur l’ordre du jour de son AG dans lequel il ne fait pas la moindre allusion à leur demande et souligne qu’il a inscrit un projet de résolution porté par son comité d’entreprise à son ordre du jour.
La société de gestion et l’ONG environnementale sont abasourdies. « Depuis 2003, nous avons déposé 26 résolutions et c’est la première fois que nous voyons des actionnaires se désister après le dépôt de leur attestation de détention de titres ! » explique Luis de Lozada de Phitrust. Anne Valette, chargée de campagne Climat à Greenpeace, renchérit : « Que s’est-il passé entre le 17 et 24 mars pour que deux actionnaires ayant fait la démarche de déposer la résolution, se retirent après-coup du processus ? Il ne s’agissait pourtant que d’une résolution visant à plus de transparence… Total a-t-il si peur d’un débat en son sein sur le choix de ses investissements qu’il aurait passé quelques coups de fils aux actionnaires concernés ? »
Epilogue provisoire : Total ne court plus le risque  que l’adoption hypothétique de cette résolution l’oblige à modifier ses statuts pour donner de l’information extra-financière à ses actionnaires. Fera-t-il pour autant l’économie du débat public sur les sables bitumineux ? La curiosité des actionnaires est loin d’être satisfaite et l’AG promet d’être animée.

A. C. Husson-Traore
Mis en ligne le : 29/03/2011

Electricité, gaz, téléphone: des tarifs sociaux bien planqués

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012329117-electricite-gaz-telephone-des-tarifs-sociaux-bien-planques

Electricité, gaz, téléphone: des tarifs sociaux bien planqués

DECRYPTAGE

Les tarifs sociaux, censés alléger les factures des plus démunis, se multiplient. Mal connus, mal appliqués, ils ne servent pas à grand chose. 

Et voilà, les prix du gaz augmentent encore, de 5,2% cette fois. Soit une hausse de plus de 20% en un an. Quant aux tarifs de l'électricité, ce n'est pas vraiment mieux. Selon Les Echos, EDF réclame une hausse de 30% d'ici 2015. «Dans l'ensemble, depuis cinq ans, on constate une augmentation des prix des services essentiels, dont on ne peut pas se passer. Que ce soit le gaz, l'électricité  mais aussi le fioul, l'essence, l'ADSL, les assurances...», énumère Thierry Saniez de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie).

Comme pansement social à ces hausses, les politiques, de droite comme de gauche, brandissent les tarifs sociaux, censés alléger les factures des plus démunis. Ils existent déjà pour l'électricité, le gaz et le téléphone fixe. Le Premier ministre, François Fillon, en a promis un (il y a plus d'un an) pour faciliter l'accès à Internet. Le Parlement vient de voter une loi instaurant un tarif social de l'eau. Quant à Yves Cochet (Verts), il veut dupliquer l'idée pour les prix des carburants. Efficace?

L'idée est bonne mais en pratique le fonctionnement n'est pas satisfaisant. Revue des principaux problèmes. Et pistes de solutions.

La galère pour y accéder

Prenez le tarif première nécessité (TPN), mis sur pied par EDF en 2004 et le tarif spécial de solidarité (TSS) valable pour le gaz. Pour en bénéficier, il faut être éligible à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Sauf que cela n'a rien d'automatique. La caisse primaire d'assurance maladie envoie un formulaire aux personnes concernées. Complexe, comme tous les formulaires, avec une mention spéciale sur le nombre de chiffres à recopier. «Cela multiplie les risques d'erreur, sans compter les documents qui se perdent, ceux qui ne sont pas envoyés à la bonne adresse... Et tous ceux qui n'ont pas de factures en leur nom, qu'ils vivent chez des proches ou en concubinage», explique Stéphane Mialot, directeur des services du médiateur de l'énergie.

Pour le téléphone fixe, France Télécom propose depuis plus de dix ans une réduction sur l'abonnement de base. Sont éligibles cette fois les personnes touchant le RSA (revenu de solidarité active), l'allocation adulte handicapé ou l'allocation de solidarité spécifique (pour les chômeurs en fin de droits). Aucun courrier n'est envoyé pour informer les bénéficiaires potentiels. Ceux qui par chance sont au courant doivent demander un formulaire au Pôle emploi.

C'est l'un des gros points noirs de ces tarifs sociaux, ils sont peu connus. «Il faut dire que les entreprises ne communiquent pas beaucoup sur le sujet. On avait mené l'enquête il y a quelques années sur les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz, peu de travailleurs sociaux en avaient connaissance», rapporte Pierre Mazet, de l'observatoire du non recours aux droits et services.

Très peu de personnes en bénéficient 

L'écart entre les bénéficiaires potentiels et réels est important. Pire, il se creuse. L'année dernière, le nombre de ménages profitant du TPN (électricité) a chuté, et pas qu'un peu. Ils étaient 940.000 fin décembre 2009 et seulement 625.000 (-33%) en 2010. Comment expliquer cette baisse? EDF plaide la bonne foi, disant ne pas avoir d'explication. La nécessité de refaire chaque année la demande (et donc la paperasse) serait un élément d'explication.

Quoi qu'il en soit, ces chiffres sont le signe du mauvais fonctionnement de ces tarifs sociaux. On estime à deux millions le nombre de personnes éligibles au TPN et à un million pour le tarif spécial du gaz (contre 300.000 dans les faits).

Concernant le téléphone, même constat. Quelque 330.000 clients bénéficient de la réduction sur l'abonnement à la ligne fixe. «Leur nombre baisse mais c'est normal, il suit l'évolution des abonnements de ligne fixe. Les gens préfèrent le portable», assure-t-on chez France Télécom qui se targue de proposer depuis un an et demi — «avant nos concurrents et avant que le gouvernement nous le demande» — un forfait mobile spécial RSA. Sauf que là, encore, ils sont très peu à en bénéficier, à peine 4.500.

Pas du tout à la hauteur des factures

Dans le cas du forfait mobile d'Orange, c'est 10 euros par mois pour 40 minutes de communication et 40 SMS. Sachant qu'une fois le temps épuisé, il faut racheter des recharges au prix fort. Quand on sait que les premiers forfaits classiques commencent à 15 euros par mois... On comprend mieux que peu de personnes fassent les démarches.

Pour l'électricité, c'est encore pire. «Le tarif première nécessité ne couvre pas du tout les frais de chauffage. Il a été pensé pour garantir le minimum de lumière et le fonctionnement du frigo», indique Stéphane Mialot. Le TPN n'offre qu'une réduction sur l'abonnement et sur les 100 premiers kWh consommés chaque mois. C'est très peu. Cela revient à une économie d'environ 88 euros par an! C'est rien du tout quand on sait que la facture moyenne d'électricité est de 600 euros par an, et monte facilement à 1000 euros quand on utilise un chauffage électrique. «Or, souvent les personnes dans le besoin vivent dans des appartements mal isolés avec des radiateurs électriques», rappelle comme une évidence Stéphane Mialot.

Comment améliorer

Première idée, valable pour le gaz et l'électricité: automatiser l'application des tarifs sociaux pour éviter la case paperasse. «Cela fait des années que cette mesure de bon sens est imminente, on attend toujours», ironise Pierre Mazet. «Concrètement, on voit mal comment cela va fonctionner, estime Stéphane Mialot. Encore faudrait-il que les fichiers des adresses soient à jour... Et cela ne résout pas tout : quand la personne n'a pas de facture à son nom, elle n'a pas droit à l'aide.»

L'association de consommateur CLCV milite pour une solution plus radicale : «Repenser le système, réfléchir à un dispositif global plutôt que de multiplier comme ça les tarifs sociaux pour colmater les trous, juge Thierry Saniez. On a fait des propositions, elles sont sur la table. Maintenant, cela relève d'un choix politique. Veut-on, oui ou non, garantir l'accès pour tous aux services essentiels?» 

01/04/2011

Tabagisme: les 9-11 ans fument de plus en plus

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/les-9-11-ans-fument-de-plus-en-plus-01-04-2011-1314256_23.php

"Il m'arrive d'avoir des enfants de neuf ou dix ans en consultation, pour une addiction au tabac." Telle est l'effrayante révélation formulée par Emmanuelle Peyret, pédopsychiatre spécialisée dans les comportements addictifs à l'hôpital Robert-Debré. Une déclaration qui vient corroborer les résultats d'une enquête menée auprès de 4 200 élèves de CM1 et de CM2, par la société d'études et de conseils Kantar Health, à la demande de la Fédération française de cardiologie (FFC). En 2010, 9 % des bambins âgés de 9 à 11 ans ont déjà fumé ou essayé de fumer, alors qu'ils étaient 4 % dans ce cas en 2007. Emmanuelle Peyret : "Les gamins sont totalement livrés à eux-mêmes, dans un monde d'adultes. Ils veulent faire les grands, et faire le grand, c'est fumer."

La surprise est totale chez les parents d'élèves et les enseignants. "C'est un chiffre qui, pour cette tranche d'âge, semble assez important et inquiétant, d'autant plus que l'on est sur une pente ascendante", réagit Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat d'enseignants SNUipp-FSU. Un constat que partage Jean-Jacques Hazan, président du principal syndicat de parents d'élèves, la FCPE. Pour lui, "ces données sont impressionnantes et particulièrement étonnantes", avant d'ajouter qu'"il faut trouver de nouvelles méthodes pour lutter contre ce phénomène".

En débattre à l'école ?

Dès lors, quelles solutions apporter quand, pour 57 % des enfants, "on peut fumer une première cigarette, juste pour essayer, et ne plus jamais avoir envie de fumer après". Enseignants et parents d'élèves s'accordent sur une approche à la fois préventive et éducative, à l'image de ce qui a pu être fait dans le cadre des campagnes pour exhorter les jeunes à consommer cinq fruits et légumes par jour. Un plan qui ne pourrait être que bénéfique, alors qu'"on n'incite pas aujourd'hui les enfants à faire attention à eux", selon Jean-Jacques Hazan.

L'école et les pouvoirs publics pourraient donc faire mieux, et plus, en matière de santé ; ce que n'infirme pas Sébastien Sihr, qui pense même que "ces sujets ont toute leur place à l'école primaire". "Nous entendons toujours un discours qui nous parle des fondamentaux scolaires : lire et écrire. Mais ce ne sont pas les seuls que nous nous devons d'enseigner aux élèves. Notre rôle est de les aider à comprendre le monde dans lequel ils vivent, de leur permettre de comprendre leur corps. Malheureusement, aujourd'hui, les instituteurs se limitent souvent à l'aspect purement scolaire et oublient le reste." D'après l'étude de la FFC, 42 % seulement des élèves du primaire ont déjà parlé de la cigarette à l'école, que ce soit avec leur maître ou leurs camarades.

Afin de sensibiliser les jeunes aux méfaits de la cigarette et ainsi leur éviter de sombrer dans les volutes du tabac, le représentant syndical propose donc d'organiser des rencontres avec des médecins dans les salles de classe, le tout en présence des parents. Et Emmanuelle Peyret de confirmer : "Il faut dire aux enfants comment la cigarette marche, les prévenir des effets qu'elle a sur le cerveau. Il faut leur expliquer pourquoi c'est dangereux, pourquoi c'est un boulet que l'on se trimballe. Quand on leur dit tout ça, eux écoutent et le comprennent très bien."