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31/10/2011

PCB en Mayenne : ce qu'il ne fallait pas faire, le préfet l'a fait

lu sur :

 
Au pays des vaches contaminées

Environnement.

Un éleveur de Mayenne, voisin d’une usine traitant des déchets contaminés, a dû abattre tout son troupeau. Il craint de ne jamais s’en remettre.

Depuis dix mois, en Mayenne, le cheptel de huit exploitations agricoles se trouve sous séquestre. Une décision qui fait suite à des taux anormalement élevés de PCB (polychlorobiphényles) retrouvés dans le lait et la viande. L’usine Aprochim, spécialisée dans le traitement de déchets contaminés au PCB, un produit classé cancérigène et interdit depuis 1987, a été identifiée comme la source de cette pollution. Un phénomène ponctuel selon l’industriel, qui fait valoir son respect des seuils tolérés. Pourtant, en février, un ex-dirigeant et deux anciens salariés ont été mis en examen pour avoir fourni, entre 2000 et 2003, "des faux et des déclarations mensongères à l’administration". De quoi éveiller la suspicion.

"J’alerte tout le monde qu’Aprochim pollue depuis dix ans mais personne ne m’écoute. Et aujourd’hui, chez moi, tout est détruit", s’emporte Pierre Leroyer, l’un des agriculteurs touchés. Depuis la semaine dernière, ses deux étables du Boyau, à Grez-en-Bouère (Mayenne), sonnent bien creuses. Plus le moindre mugissement, pas la moindre agitation, le fourrage laissé à l’abandon. Les 142 vaches ont été envoyées à l’abattoir.

"Certes il y a eu une petite faille"

L’éleveur est le premier à avoir franchi le pas. "La pire décision à prendre, mais quel autre choix?", s’interroge ce sexagénaire épuisé après dix mois passés à nourrir des animaux condamnés, impropres à la consommation, dans l’attente d’une décision de justice. "Une expertise a montré que mes bêtes présentaient des taux de PCB dix fois supérieurs à ceux acceptés. La décontamination rendue impossible, l’euthanasie était inévitable."

Après avoir obtenu 50.000 euros pour l’entretien de ses bêtes, puis 35.000 de frais d’abattage, il entend poursuivre le combat judiciaire contre l’entreprise avec le soutien d’un collectif d’une centaine d’habitants du Sud Mayenne. "On me propose de m’indemniser et de remplacer le cheptel alors que les terres sont toujours polluées", fulmine ce spécialiste de la vente directe dont le passage au bio était en cours.

Parmi les huit fermes touchées, deux ont décidé de porter plainte contre l’usine, les six autres négociant des indemnités à l’amiable. "Certes, il y a eu une petite faille", confesse le directeur général d’Aprochim, Alain-Henri Kéravec. "Mais elle concerne une zone très circonscrite, au maximum dans un rayon de 4 km. Et puis, sommes-nous vraiment les seuls responsables?" Le préfet a en tout cas décidé, depuis janvier, de réduire de 50% l’activité de l’usine. Les émissions de PCB s’échappant vraisemblablement par voie aérienne, les portes sont désormais systématiquement fermées. Les dispositifs de filtration sur la cheminée ont été doublés.

Autre fait accablant pour Aprochim : le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, en mai prochain, de Didier Routa, prédécesseur d’Alain-Henri Kéravec, et de deux anciens salariés. Les enquêteurs ont découvert que des fiches d’autocontrôle et des déclarations trimestrielles fournies par Aprochim à la Drire (Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement) avaient été falsifiées. À plusieurs reprises, à l’été 2000, les teneurs en PCB y ont été minorées, ce qu’ont reconnu les deux salariés mis en cause. Plus inquiétant encore, les enquêteurs soulignent que "la situation en 2008 est […] très proche de la période 2000-2003".

"Nos terres sont foutues pour des centaines d’années"

De quoi renforcer la colère du couple Leroyer, dont les terres sont à 1,5 km d’Aprochim, îlot industriel inattendu au cœur des pâturages. "On en est persuadés, la pollution est très profonde, nos terres sont foutues pour des centaines d’années, souillées par les microparticules de PCB", s’emportent-ils. Un désarroi qui n’est pas prêt de retomber. Le 12 octobre, en effet, le préfet a autorisé l’usine à reprendre son activité à plein régime pour trois mois. Une décision forcément suspecte pour de nombreux agriculteurs, qui reprochent aux autorités publiques un suivi laxiste du site depuis sa création, il y a vingt-trois ans.

"Cela va au contraire nous permettre de tester le plan de surveillance renforcée, rétorque le sous-préfet, Jérôme Harnois. Des contrôles mensuels des fourrages, des sols, du lait, des viandes et à la sortie de la cheminée de l’usine vont être effectués. Le tout par quatre cabinets différents. Les 17 derniers prélèvements sont d’ailleurs rassurants." Une vingtaine de tests sanguins sur les habitants voisins du site industriel vont aussi être réalisés courant novembre par l’Agence régionale de la santé.

Au Boyau, les heures s’étirent sans fin pour Pierre et Madeleine Leroyer, condamnés au temps libre. "Je ne peux plus rien faire, même plus planter un arbre, alors qu’en trente-huit ans de travail j’ai installé 18 km de haies!" La voix tonne, les yeux sont rougis. "Je nous donnais encore dix ans, et puis notre petit-fils aurait pris la relève. Au lieu de ça, six générations d’éleveurs risquent de prendre fin, brutalement."

Julien Descalles, envoyé spécial à Grez-en-Bouère (Mayenne) -

Le Journal du Dimanche

samedi 29 octobre 2011

30/10/2011

Trop de substances chimiques nocives dans les jouets

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4880

27/10/2011

Trop de substances chimiques nocives dans les jouets 

Apanage des enfants, les jouets ne sont pas aussi inoffensifs qu’il y paraît. De fait, de plus en plus d’études mettent en garde contre la nocivité des diverses substances chimiques entrant dans leur composition. Parmi celles-ci figurent notamment les phtalates (1), les retardateurs de flammes bromés (2), le formaldéhyde (3) ou encore le benzène (4). Selon le site internet RAPEX, référençant les produits ayant fait l’objet de rappels dans l’UE, 25 % des produits rappelés en 2010 par les 27 Etats membres sont des jouets. Dans 19 % des cas, le risque chimique est la cause du rappel, représentant ainsi le second type de risques à l’origine de retraits de marchés. Les phtalates sont les substances les plus fréquemment mises en cause. Mais la présence de métaux lourds a également été détectée. En 2009, des tests réalisés en France par 60 Millions de Consommateurs ont révélé la présence de baryum dans des bijoux pour enfants. De même, en 2010, un rapport du Finnish Environment Institute démontrait la présence de plomb dans divers types de jouets.   

En 2008, l’UE s’est dotée d’une nouvelle directive sur la . Toutefois, si des dispositions relatives aux substances chimiques ont été adoptées, celles-ci ne seront effectives qu’en juillet 2013. Dès lors, les jouets actuellement mis sur le marché dans l’UE ne sont pas tenus de répondre aux exigences de cette nouvelle réglementation. Aussi, afin de sensibiliser le grand public sur la dangerosité de la composition de certains jouets, le réseau d’ONG WECF (5) propose de tester gratuitement des jouets, le 16 novembre prochain. Le rendez-vous est donné de 13h à 17h, place Edmond Michelet, face au centre Beaubourg, dans le 4ème arrondissement de Paris. Par ailleurs, depuis fin 2009, WECF met à disposition des parents un 
guide d’achat qui les accompagne dans leur quête de produits sains. Celui-ci est disponible en téléchargement depuis la rubrique Publications du site Internet du réseau, mais peut également être commandé par téléphone (04 50 49 97 38). 

Cécile Cassier
1- Capables notamment d’assouplir le plastique, les phtalates sont des plastifiants utilisés depuis une cinquantaine d’années dans de nombreux produits de consommation (emballages, cosmétiques, jouets…). Ils sont connus pour leurs propriétés de perturbateurs endocriniens. 
2- Ils permettent de rendre un produit non inflammable. 
3- Le formaldéhyde est reconnu comme « cancérogène certain » par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC). 
4- Solvant inflammable et toxique, le benzène est classé cancérogène par l’Union européenne. 
5- Women in Europe for a Common Future.

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Guide des jouets : Version Francaise

29/10/2011

Champignons hallucinogènes : une réhabilitation difficile

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/28/une-rehabilitation-difficile_1595139_3244.html

Champignons hallucinogènes : une réhabilitation difficile

La psilocybine n'est étudiée que par une poignée d'équipes dans le monde

Roland Griffiths n'est pas le seul à oeuvrer pour la réhabilitation de la psilocybine. Mais les équipes qui cherchent à tester ses effets médicaux restent rares, en dépit de succès préliminaires. En 2006, Francisco Moreno et ses collègues de l'université d'Arizona ont ainsi publié les résultats d'une étude pilote qui montrait une réduction sensible des troubles obsessionnels compulsifs sous psilocybine. Mais cet essai ne portait que sur neuf sujets, et Francisco Moreno explique avoir dû y mettre fin "en raison du coût et de la difficulté à trouver des financements pour ce type de recherche".

Toujours en 2006, une équipe d'Harvard a publié les résultats de l'effet de la molécule sur l'algie vasculaire de la face, une forme de migraine parmi les plus douloureuses. Sur 26 usagers de la psilocybine, 22 avaient rapporté un arrêt de l'attaque algique en cours. Une grande proportion avaient indiqué que cette prise avait marqué la fin de ces migraines ou une extension de la période de rémission, alors que les doses employées étaient trop faibles pour engendrer des effets hallucinogènes.

Au Centre des neurosciences de Zurich, Franz Vollenweider note "un petit come-back, pas un grand retour" de la psilocybine. Il en a repris l'étude dans l'institut où les premières doses de LSD ont été testées. Comparée à la kétamine, un anesthésique doté de propriétés psychotropes et qui améliore l'humeur, la psilocybine semble prometteuse pour ce chercheur : "Elle présente moins d'effets secondaires. Mais elle est plus difficile à étudier car taboue et elle se heurte à des barrières réglementaires plus contraignantes." Il va ainsi tester ces deux composés sur des patients en grave dépression.

Gommer les effets hallucinogènes

Il indique que de petites compagnies pharmaceutiques ont montré des signes d'intérêt non pour la psilocybine elle-même, mais pour d'éventuels dérivés qui pourraient en être tirés. De fait, l'attrait pour son action biologique pourrait être relancé - indirectement -, dans la mesure où elle semble agir sur des voies cérébrales importantes pour lutter contre des atteintes de la mémoire, comme dans la maladie d'Alzheimer.

Ainsi, à l'université de Caen, l'équipe de Valérie Collot, professeure de pharmacognosie (étude des médicaments provenant de substances animales ou végétales), travaille à la mise au point d'analogues de la psilocybine qui permettraient de s'affranchir des effets hallucinogènes tout en améliorant la mémoire. Elle raconte : "Notre intérêt remonte à un article d'une équipe japonaise qui, en 2009, avait montré que l'activation de certains récepteurs de la sérotonine renforçait la mémoire." Or il se trouve que ces récepteurs, de type 5-HT2C, ont une forte affinité avec la psilocybine. Tout l'art de l'équipe bas-normande est désormais de synthétiser des composés qui reproduisent cette affinité sans en présenter une autre pour le récepteur 5-HT2A, qui, lui, semble impliqué dans les effets hallucinogènes "un peu plus gênants".

Cette chimie-là est complexe, car il faut trouver des ligands à la fois puissants et sélectifs qui ne viennent pas interférer avec d'autres récepteurs de la sérotonine, très nombreux. "Chez la souris, les premiers résultats sont assez encourageants, relève la chercheuse. Mais pour passer à l'homme, il faudra encore quelques années d'études."

Les composés testés ne sont pas obtenus à partir de la psilocybine. "Nous les synthétisons en cinq ou six étapes, puis nous les optimisons." Y a-t-il un risque de tomber sur un composé hallucinogène ? "C'est toujours possible, mais je n'ai pas observé d'effets particuliers sur les gens qui les manipulent." Toutes les opérations se font sous hotte aspirante : pour s'exposer aux produits, comme n'hésitait pas à le faire Albert Hofmann - le créateur du LSD, qui isola aussi la psilocybine à la fin des années 1950 -, il faudrait le vouloir. "Au début de ma carrière, j'ai connu des directeurs de thèse qui goûtaient leurs produits", raconte Valérie Collot. Mais, assure-t-elle, "c'est de l'histoire ancienne".

Hervé Morin
Article paru dans l'édition du 29.10.11

26/10/2011

Les perturbateurs endocriniens sont partout (suite)

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

D’après une étude de l’Ecole de santé publique de Harvard, à paraître dans Pediatrics, les filles seraient plus sensibles que les garçons à l’exposition in utero au bisphénol A, explique Le Quotidien du Médecin.

Les chercheurs ont en effet constaté une association des taux de BPA élevés chez les mères pendant la grossesse et d’une plus grande fréquence de problèmes comportementaux chez les petites filles vers l’âge de 3 ans (hyperactivité, agressivité, anxiété).

(Le Quotidien du Médecin, 26/10)

Les perturbateurs endocriniens sont partout

lu sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Les perturbateurs endocriniens sont partout


Le magazine 60 Millions de Consommateurs consacre un dossier aux perturbateurs endocriniens, proposant une typologie de ces substances (composés perfluorés, parabens, phtalates, composés polybromés, Bisphénol A).

L’expertise collective de l’Inserm publiée en avril sur la question y est citée. Ses auteurs constataient une augmentation de pathologies liées à un dysfonctionnement du système hormonal. Mais, comme le souligne le biologiste Bernard Jegou (Inserm), le lien de causalité soupçonné entre l’exposition aux perturbateurs endocriniens et cette augmentation n’a pas été scientifiquement confirmé à ce jour. (*)

(60 Millions de Consommateurs, 26/10)

à consulter :

Expertise collective " Reproduction et environnement "

mon commentaire :

(*) non confirmé mais logique et vraisemblable. C'est un sujet sensible, chacun le comprendra, et l'industrie chimique est un lobby puissant.

Isolez-vous ! Chauffez-vous au bois !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/26/l-arret-de-reacteurs-nucleaires-allemands-menacerait-cet-hiver-la-france-de-pannes-d-electricite_1593781_3214.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111026-[deroule]

L'arrêt de réacteurs nucléaires allemands menacerait la France de pannes d'électricité

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Le cabinet de conseil Capgemini estime que l'arrêt des réacteurs nucléaires allemands pourrait avoir un impact sur les pics de consommation hivernaux dans l'Hexagone. 

L'arrêt de réacteurs nucléaires allemands représente une "menace réelle" de pannes d'électricité cet hiver en France, avertit le cabinet de conseil Capgemini dans son étude annuelle sur l'énergie en Europe publiée mercredi.

LEMONDE.FR avec AFP | 26.10.11 | 06h52  •  Mis à jour le 26.10.11 | 08h26

"Il existe une menace réelle sur la continuité de la fourniture électrique pendant l'hiver 2011-2012 et les hivers suivants car les pointes de consommation augmentent d'année en année", souligne la société française de services dans son Observatoire européen des marchés de l'énergie de 85 pages.

Exportatrice d'électricité durant presque toute l'année, la France est néanmoins importatrice lors des grands pics quotidiens l'hiver – notamment autour de 19 heures. A cause du chauffage électrique, l'Hexagone est aussi le pays d'Europe dont la consommation augmente le plus par grand froid : pour chaque degré de température extérieure en moins, 2 300 mégawatts de puissance supplémentaire sont nécessaires, soit plus de deux réacteurs nucléaires, selon le transporteur d'électricité RTE.

"CELA VA DÉPENDRE DU FROID"

"Les hivers froids, comme ça a été le cas l'hiver dernier, on a importé jusqu'à 8 000 mégawatts, essentiellement d'Allemagne. Or cette énergie ne sera plus disponible", dit Colette Lewiner, directrice internationale du secteur de l'énergie chez Capgemini. L'Allemagne sera importatrice nette d'électricité cet hiver en raison de l'arrêt de huit de ses dix-sept réacteurs décidé au printemps dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.

"Est-ce que pour autant on aura des pannes, ce n'est pas sûr, heureusement. Cela va dépendre du froid, du fonctionnement des réacteurs nucléaires en France, qui s'est beaucoup amélioré, de la disponibilité des moyens de production ailleurs, je pense par exemple que l'Allemagne fera plus tourner ses centrales à charbon", souligne l'experte.

Avant d'être contraint à d'éventuelles coupures maîtrisées, RTE peut encore recourir à des contrats d'effacement auprès de clients industriels ou lancer des appels au civisme comme c'est déjà le cas en Bretagne, une des régions les plus difficiles à alimenter électriquement. "Mais on est dans un contexte qui est plus inquiétant", dit-elle, en soulignant que l'Allemagne et la Belgique sont avec la France les plus exposées.

RTE, en charge des lignes à haute tension, doit présenter son propre état des lieux sur cette question avant le 10 novembre, a-t-on appris auprès de la filiale d'EDF. Une étude au niveau européen de l'Association européenne des gestionnaires de réseaux sera également présentée fin novembre. 

24/10/2011

Non à la privatisation de 60 Millions de consommateurs !

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communiqué :

Non à la privatisation de 60 Millions de consommateurs !

Indépendant, sans publicité, 60 Millions de consommateurs informe les consommateurs et défend leurs droits depuis plus de quarante ans. Mais il fait plus que cela : il remplit avant tout une mission de service public et c’est bien pour cette raison qu’il fait partie intégrante de l’Institut national de la consommation (INC).

Aujourd’hui, son indépendance et sa spécificité sont gravement remises en question : la direction de l’INC envisage « d’adosser les activités presse au secteur privé ». Un audit remis fin août estime qu’un apport massif de capitaux est la seule solution pour répondre aux difficultés financières que connaît actuellement la revue et pour la pérenniser. Comme l’INC ne possède pas cet argent, il serait donc nécessaire de faire appel à un acteur privé qui deviendrait actionnaire majoritaire, voire propriétaire unique et seul maître à bord.

Une décision inacceptable ! Car elle conduirait inévitablement à un démantèlement de l’INC et, à plus ou moins long terme, à la perte d’indépendance de « 60 », autrement dit à sa mort.

Selon nous, cette option relève davantage d’une volonté politique que d’une nécessité économique. « 60 » est un journal qui dérange : flambée des prix, baisse du pouvoir d’achat, inefficacité des politiques publiques... Sa voix diverge des voix officielles.

Habituellement, « 60 » défend les consommateurs. Aujourd’hui, il a besoin des consommateurs pour le défendre.

Si vous souhaitez, tout comme nous, défendre l’âme de ce journal pas comme les autres et préserver son indépendance et sa liberté de ton,

signez notre pétition.

Merci !

Attention aux récipients en plastique pour les aliments !

lu sur :
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/24/l-exposition-in-utero-au-bisphenol-a-fragiliserait-davantage-les-filles_1592754_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111024-[deroule]
 

Une étude menée par des chercheurs de l'université Harvard démontre, pour la première fois, un lien entre l'exposition "in utero" au bisphénol A et des troubles comportementaux.

Les fillettes exposées in utero au bisphénol A montrent davantage de troubles comportementaux à l'âge de 3 ans que celles dont la mère avait absorbé un plus faible niveau de ce composant chimique très répandu, selon une étude publiée lundi 24 octobre. L'anxiété, la dépression et l'hyperactivité se rencontrent plus chez les petites filles dont les mères avaient d'importants taux de bisphénol A dans les urines pendant leur grossesse, indique cette étude dirigée par l'école de santé publique de l'université Harvard. "Cette tendance est plus prononcée pour les filles, ce qui suggère qu'elles sont plus vulnérables que les garçons à l'exposition au bisphénol A in utero", souligne l'étude publiée dans le journal Pediatrics.

Le bisphénol A, composant chimique très répandu dans les objets de la vie quotidienne, est présent dans la plupart des bouteilles en plastique rigide et dans le vernis intérieur des boîtes de conserve et des canettes métalliques.

Cette étude s'appuie sur les données de 244 mères et de leurs enfants jusqu'à l'âge de 3 ans dans la région de Cincinnati, dans le nord des Etats-Unis. Les échantillons d'urine ont été analysés à 16, 26 semaines de grossesse et à la naissance. Les urines des enfants ont été testées à l'âge de 1, 2 et 3 ans. Le bisphénol A a été détecté dans 85 % des échantillons d'urine des mères et 96 % de ceux des enfants. Plus les taux de ce composant chimique étaient forts pendant la grossesse, plus les risques de troubles comportementaux des petites filles sont élevés à l'âge de 3 ans, conclut l'étude, sur la base de questionnaires remplis par les parents sur la conduite de leurs enfants.

L'EXPOSITION IN UTERO, PÉRIODE CRITIQUE

Cette corrélation n'a pas été démontrée s'agissant des garçons ; l'étude n'a pas mis en lumière non plus un quelconque lien entre la présence de bisphénol A dans les urines des enfants et leur futur comportement. "Aucun des enfants n'avait de comportement cliniquement anormal, mais certains d'entre eux avaient plus de troubles comportementaux que d'autres", a indiqué le principal auteur de l'étude, Joe Braun, chercheur en santé environnementale à Harvard.

L'étude rapporte que "les concentrations plus importantes de bisphénol A pendant la gestation étaient associées à une conduite plus agressive, anxieuse, hyperactive et dépressive, à une inhibition et à un contrôle émotionnel plus faible chez les filles". Cette étude semble confirmer des enquêtes antérieures suggérant un lien entre l'exposition au bisphénol A pendant la grossesse et le comportement de l'enfant, mais elle est la première à démontrer que la période in utero est le moment critique au cours duquel le bisphénol A peut produire des effets altérants.

POURSUITE DES RECHERCHES

En raison du faible échantillon, les chercheurs, parmi lesquels figurent aussi des scientifiques de l'hôpital pour enfants de Cincinatti et de l'université Simon-Fraser de Vancouver au Canada, appellent à poursuivre les recherches. "Il y a un débat important sur la toxicité de l'exposition à faibles taux au bisphénol A et les résultats présentés ici méritent de nouvelles recherches", souligne l'étude.

Après l'interdiction en Europe et au Canada des biberons contenant du bisphénol A, ce composant chimique, considéré comme un perturbateur du système hormonal, sera interdit en France à compter de 2014 dans tous les contenants alimentaires et dès 2013 s'agissant des produits destinés aux enfants de moins de 3 ans.

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voir aussi :

http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2011/10/20/peds.2011-1335d.abstract?sid=3115c3fa-8a02-48b8-8b8a-cc13d731a036

Pediatrics Digest Summary

Impact of Early-Life Bisphenol A Exposure on Behavior and Executive Function in Children

AbstractVirtually all persons in industrialized countries are exposed to bisphenol A (BPA), and early-life BPA exposure might be associated with behavior problems. Few human studies have been conducted, and the impact of gestational versus childhood BPA exposures is unclear.

BPA exposure during pregnancy, but not childhood, waassociated with worse behavior at 3 years of age, especially among girls. Domains related to behavioraand emotional regulation were most affected by gestational BPA exposure. (Read the full article) 

23/10/2011

La pollution des eaux en France

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4872

22/10/11

Les pesticides en tête des micropolluants dans les milieux aquatiques

Cécile CassierDans le cadre du Plan national micropolluants 2010-2013, le Commissariat général au Développement durable vient de publier un rapport dans lequel il dresse un état des lieux des micropolluants (1) présents dans les milieux aquatiques. Ces conclusions se basent sur des suivis réalisés de 2007 à 2009 dans les rivières, les plans d’eau, les eaux souterraines et les sédiments des eaux superficielles de France Métropolitaine et des DOM. Au cours de cette période, près de 950 substances différentes, dont près de 60 % de pesticides, ont été recherchées. 

Présents dans la composition de nombreux produits à usage industriel, agricole ou domestique, les micropolluants sont utilisés à grande échelle et peuvent être rejetés dans l’environnement lors de leur fabrication ou de leur emploi. Ils peuvent s’avérer très toxiques pour les milieux aquatiques, même à des concentrations très faibles. Selon le rapport, des pesticides ont été détectés dans 91 % des points de suivi des cours d’eau français, DOM compris, 75 % des points de suivi des plans d’eau et 70 % des points de suivi des eaux souterraines. Les pesticides les plus fréquemment rencontrés dans les eaux continentales sont les herbicides en métropole et les insecticides dans les DOM. Ils proviennent généralement de substances aujourd’hui interdites, mais très utilisées par le passé, à l’instar de l’atrazine en métropole et du chlordécone en Martinique et en Guadeloupe. Le glyphosate, herbicide à l’usage très répandu, et son produit de dégradation, l’AMPA, touchent respectivement le quart et la moitié des points de mesure des cours d’eau de métropole. 

On distingue une plus grande diversité de molécules dans les cours d’eau de métropole que dans les plans d’eau et les eaux souterraines. De fait, 413 molécules différentes ont été trouvées au moins une fois dans les cours d’eau (soit 80 % des 516 molécules recherchées), contre 224 molécules dans les eaux souterraines (42 % des 533 recherchées) et 88 molécules dans les plans d’eau (soit 18 % des 485 recherchées). Toutefois, les normes de qualité appliquées aux eaux souterraines étant plus strictes que celles relatives aux cours d’eau et plans d’eau, celles-ci sont plus souvent dépassées. Un peu plus de 27 % des points d’eaux souterraines ne furent pas conformes aux normes réglementaires au moins une année entre 2007 et 2009. Ce taux passe à 11 % pour les points de cours d’eau et moins de 1 % pour les points des plans d’eau. 

Outre les pesticides, la présence de 329 micropolluants, de familles d’origine et d’usage différents, a été recherchée dans les eaux souterraines, et plus de 400 substances dans le cas des cours d’eau. Produits lors de diverses combustions (incinération de déchets, feux de forêts, domestiques etc.) , les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont largement présents dans les cours d’eau métropolitains. Les polychlorobiphényles (PCB) et les retardateurs de flamme ont, eux, été retrouvés dans les sédiments.

1- Le terme « micropolluants » désigne un ensemble de substances à la fois minérales (métaux) et organiques (hydrocarbures, pesticides…) qui, même à de très faibles concentrations, présentent un risque toxique.

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18/10/11

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4866

Lever le tabou sur la dégradation de l’eau en France

Depuis trois ans, le WWF enquête sur le dispositif français d’analyse de la qualité des eaux souterraines et de surface, et l’exploitation des données collectées dans les publications officielles. Or, il s’avère que les divers protocoles de mesure de la qualité de l’eau ont largement perdu de leur rigueur depuis une dizaine d’années. Au regard de quoi, l’ampleur de la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques est aujourd’hui gravement sous-estimée. En se basant sur des données de 2007, le WWF a établi des cartes de contamination. Il en ressort, à titre indicatif car sous-estimé, un « cocktail global des contaminations des eaux souterraines », composé à 55 % de métaux, à 38 % de pesticides de synthèse et à 7 % d’autres substances organiques. 

Présidente du Comité Scientifique du WWF France et spécialiste au CNRS de l’évaluation des effets des substances chimiques dans les écosystèmes aquatiques, Hélène Roche explique ainsi que certaines rivières officiellement déclarées « en bon état chimique » sont, en réalité, contaminées par des substances qui passent au travers des protocoles de mesure déficients. Cette défaillance s’explique à la fois par l’insuffisance du nombre de substances toxiques recherchées, des protocoles de mesure inadaptés, en particulier pour les micropolluants chimiques, et une mauvaise analyse des données collectées. Outre un coût environnemental majeur, cette politique de l’autruche implique de lourdes retombées économiques à court, moyen et long termes. Selon le rapport, qui ne prend en compte que les pollutions agricoles, la décontamination des eaux souterraines se chiffrerait ainsi entre 522 et 847 milliards d’euros. Or, plus on minimisera la dégradation généralisée des cours d’eau et des nappes phréatiques, plus chère sera la note finale, et ce à tous points de vue.

Cécile Cassier

21/10/2011

La Chine aurait interdit la commercialisation de riz OGM

lu sur :

http://ogm.greenpeace.fr/la-chine-aurait-interdit-la-commercialisation-de-riz-ogm

OGM | le 10 octobre 2011

Selon l‘”Economist Observer”, l’un des principaux hebdomadaire financier chinois qui cite des “sources bien informées proches du ministère de l’Agriculture chinois”, la Chine aurait suspendu la commercialisation de riz génétiquement modifié. 

Pour Greenpeace, cette information, si elle est vérifiée, marquerait un changement essentiel : le riz est la principale denrée alimentaire pour 1,3 milliard de Chinois, dont une majorité s’est exprimée contre les aliments transgéniques, et ce mouvement du Gouvernement chinois signifierait que la population a été entendue !

Les effets à long terme des organismes génétiquement modifiés sur la santé et sur l’environnement sont encore aujourd’hui méconnus. Greenpeace s’oppose à la dissémination d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’environnement (qu’ils soient issus de cultures ou d’animaux) au nom du principe de précaution. De plus, nous sommes contre le brevetage des plantes, des animaux, des êtres humains et des gènes. Car les brevets sur les organismes vivants permettent à des entreprises comme Monsanto d’exercer un véritable monopole et de soumettre les agriculteurs à un contrôle excessif, des semences à la production des aliments.

Afin de protéger la sécurité et la souveraineté alimentaire, Greenpeace estime que le gouvernement Chinois devrait réévaluer sa politique envers les OGM et notamment sur le volet financement et investissements. Les ressources devraient ainsi être investies dans une agriculture durable et efficace. L’objectif devrait être d’accélérer la transition de l’agriculture de la Chine vers une économie durable, assurant également la protection de l’environnement, la sécurité alimentaire, et la subsistance économique des agriculteurs.

20/10/2011

Les salaires des patrons des Caisses d'Épargnes

lu sur :

http://www.leparisien.fr/economie/caisses-d-epargne-un-syndicat-devoile-le-salaire-des-patrons-19-10-2011-1667225.php

EXCLUSIF.

Caisses d'épargne : un syndicat dévoile le salaire des patrons

Boris Cassel | Publié le 19.10.2011, 19h33

Les banques savent récompenser leurs dirigeants ! En pleine crise financière, le syndicat Sud du groupe BPCE (Banques Populaires-Caisses d’épargnes) vient de rendre public la rémunération annuelle de 9 des 17 patrons des caisses locales. Et leur rémunération laisse rêveur. Selon ce syndicat, le défraiement des présidents de directoire des caisses d’épargne s’échelonnent en 2011 de 435 000 euros par an en Ile-de-France à 245 000 euros pour l’entité regroupant les régions Auvergne et Limousin, en passant par 320 000 en Bretagne ou en Aquitaine.

A cela s’ajoutent des rémunérations variables représentant plus de 50% de la partie fixe. 

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« A titre de comparaison, Jean-Claude Trichet, de la Banque centrale européenne, touche 367 863 euros, rappelle Patrick Saurin, de Sud BPCE. Et d’ajouter : « Lorsqu’il y a un plan social, ces gens nous disent toujours qu’ils n’y peuvent rien, que tout est décidé au dessus d’eux, au niveau de la direction générale. Pour des non-décideurs, ils passent de manière spectaculaire au tiroir caisse ». Pour le responsable syndical, ces rémunérations sont « loin de la rigueur salariale qu’ils imposent à leur personnel». 

De son côté, la direction nationale de la caisse d’épargne relativise. « Les 17 caisses d’épargne ont des produits nets bancaires (l’équivalent des chiffres d’affaires, ndlr) allant de 170 millions d’euros par an pour les plus petites à 960 millions d’euros pour les plus grandes. Elles comptent entre 1500 et 4500 salariés chacune, souligne un porte-parole . Les rémunérations sont comparables à celles d’entreprises cotées de taille et de chiffre d’affaires équivalents». De plus, pour ce porte-parole, « la fixation des rémunérations se fait en toute transparence dans les caisses d’épargne». Les émoluments des dirigeants sont en effet discutés lors de «conseils d’orientations et de surveillance», à laquelle participent des représentants des salariés.

Les espèces pourraient rétrécir avec le changement climatique

lu sur :

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/10/20/le-changement-climatique-pourrait-retrecir-les-especes/

Les espèces pourraient rétrécir avec le changement climatique

Selon un article publié par Nature, un rétrécissement général des espèces est perceptible à mesure que la planète se réchauffe.

Les votes pour les «Prix Pinocchio» 2011 sont ouverts

Les votes pour les «Prix Pinocchio» 2011 sont ouverts

> L'association écologiste les Amis de la Terre a lancé mardi la quatrième édition des «Pinocchio du développement durable» attribués, après un vote des internautes, aux entreprises françaises ayant abusivement mis en avant des arguments écologistes ou sociaux. Ces prix Pinocchio 2011, attribués dans trois catégories distinctes («Plus vert que vert», «Mains sales, poches pleines» et «Une pour tous, tout pour moi»), seront remis le jeudi 17 novembre à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

> «A coup de révélations choc et d'abus concrets, ces Prix sont l'occasion de montrer le fossé entre les discours développement durable et les actes des multinationales nominées», estiment Les Amis de la Terre, qui organisent cette opération avec le CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), un collectif de 54 associations de solidarité internationale.

> Pour le prix «Plus vert que vert» décerné à «l'entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles», les Amis de la Terre mettent en avant un groupe d'eau (Veolia Eau), le concessionnaire de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Vinci) ou un groupement promouvant les prospectus papier (Observatoire Hors-Média). Les deux autres prix visent à dénoncer «l'entreprise ayant mené la politique la plus aboutie en terme d'opacité et de lobbying» («Mains sales, poches pleines») et celle ayant «mené la politique la plus agressive en termes d'appropriation et de surexploitation des ressources naturelles» («Une pour tous, tout pour moi»).

18/10/2011

Fondation Allègre : la colère monte à l'Académie des sciences

à lire sur :

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/10/fondation-all%C3%A8gre-la-col%C3%A8re-monte-%C3%A0-lacad%C3%A9mie-des-sciences.html 

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Fondation Allègre : la colère monte à l'Académie des sciences
 
17 octobre 2011

La colère monte à l'Académie des sciences contre la décision de l'Institut de Franced'accepter la position clé de Claude Allègre dans la Fondation Ecologie d'Avenir. ...

Le partage, un nouveau mode de consommation

lu sur :

http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2011/10/17/le-partage-un-nouveau-mode-de-consommation_1589044_3238.html

Le partage, un nouveau mode de consommation - LeMonde.fr

Le Monde.fr - Covoiturage, colocation, coworking et échanges de services ne sont plus l'apanage des pionniers militants.
 

Difficile d'y échapper. Un million de voyages se sont organisés sur le site Covoiturage.fr cet été, deux fois plus qu'en 2010 ; les lieux de travail partagés (coworking) se multiplient ; la colocation, jadis réservée aux étudiants, séduit salariés et seniors ; les échanges de services fleurissent sur Leboncoin.fr ; sans compter le succès des sites de troc, l'essor du "couchsurfing" - hébergement sur un divan -, l'engouement pour la location entre particuliers, que ce soit pour une perceuse ou une chambre chez l'habitant...

Cette consommation "collaborative", basée sur l'échange, le partage, la location plutôt que la possession, n'est plus l'apanage de pionniers militants, de geeks ou de bobos. "Nous faisons face à une tendance de fond, analyse le sociologue Erwan Lecoeur. Partager n'est pas nouveau. Mais cet acte, longtemps le fait d'une minorité, est récupéré par des acteurs intermédiaires : entreprises, grandes associations, institutions." Dans les départements se multiplient les parkings-relais pour favoriser le covoiturage. "De telles initiatives légitiment ces pratiques. Car le principal frein au changement reste le fait de devoir se justifier face aux proches", poursuit le sociologue. Faut-il y voir un effet de la crise ? Non, répond cet observateur, "elle vient juste conforter une nouvelle façon d'appréhender la consommation". Le Monde a sondé ses lecteurs en leur demandant : "Pourquoi partagez-vous ?" Résultat : les Français colouent, covoiturent, cotravaillent avec des objectifs distincts. Petite galerie de portraits...

Les néoengagés. Pleinement intégrés dans la société, ces citoyens envisagent le partage comme un nouveau mode de vie. Ainsi Delphine Thizy, 29 ans, se voit bien "changer le monde par petites touches, à (son) échelle". Delphine habite Bruxelles et pratique le covoiturage depuis cinq ans, "pour des raisons économiques, mais aussi pour ne pas faire le trajet seule et rencontrer des gens partageant des valeurs communes". Le divan de Delphine accueille volontiers les globe-trotters, adeptes du "couchsurfing". Consultante indépendante, elle a choisi une plate-forme de travail collaboratif où existe une monnaie interne. "On échange des heures de savoir-faire : je te fais ton site Web, tu me donnes un conseil juridique", explique-t-elle. Cette économiste du développement, qui se considère comme aisée, allie, avec son travail, convictions et nécessités économiques. Tout comme Bruno Fehrenbach, architecte quinqua, qui conçoit, dans les Pyrénées, des maisons autosuffisantes en énergie. Depuis un an, Bruno et ses collègues pratiquent le covoiturage à chaque voyage d'affaires. "Notre entreprise réduit ses émissions de CO2, poursuit-il, encore tout étonné d'avoir ainsi rencontré, un professeur californien, une avocate grecque, un banquier suisse..."

Les conso-malins. Il s'agit de profiter de plus à moindre coût. Paul Mérieux, juriste de 27 ans, pratique le covoiturage depuis l'âge des 25 ans, limite de la carte de réduction jeune SNCF. "Il y a dix ans, le covoiturage était le fait de quelques militants écolos qui désertaient le service devenu trop cher", analyse-t-il. Souvent, Paul panache un aller Nantes-Paris en train et un retour en covoiturage. Il peut ainsi se décider au dernier moment et s'offrir des extras "comme un week-end au ski près de Lyon". Olivier Dupuis, chef de chantier dans le BTP est, lui, citadin depuis peu. Il a découvert la location entre particuliers alors qu'il cherchait désespérément une décolleuse. Depuis, ce trentenaire adepte des bons plans utilise le site e-loue tous azimuts : il loue des jeux vidéo pour ses deux fistons et propose même ses outils à la location. "Je peux m'offrir plus en connaissant les bons sites", explique-t-il. Dans cette catégorie se retrouvent également les salariés célibataires colouant pour jouir d'un plus grand appartement.

Les chasseurs d'économies. Marie, 34 ans, partage par nécessité. Psychologue de formation, elle travaille depuis peu à la chaîne dans une saumonerie. "Je n'arrive pas à trouver de travail dans ma campagne bretonne", explique-t-elle. Marie est adepte du covoiturage, "à cause des tarifs exorbitants de la SNCF". Elle voyage ainsi pour deux fois moins cher et peut improviser des week-ends "sans prévoir 90 jours à l'avance pour bénéficier de bons prix". Si elle gagnait plus, Marie prendrait "volontiers le TGV".

Aude, 25 ans, est étudiante en psychologie. Boursière, elle s'autofinance par un petit boulot de pionne et coloue son appartement avec trois autres étudiantes. Elle est inconditionnelle du covoiturage depuis trois ans, "car même avec la carte 12-25, le train est cher. J'économise 75 % du prix". Elle est aussi fan de Troctribu.com pour échanger des DVD, CD et livres.

Les chercheurs de liens perdus. Pour certains, le partage rend notre société plus vivable. "Une soupe de légumes préparée maison, c'est sympa. Mais aller au marché à vélo, éplucher pour soi toute seule, ça n'encourage pas à adopter un mode alimentaire bio et de proximité", reconnaît Claire, 29 ans, salariée dans la région parisienne. "A plusieurs, en colocation, ce n'est plus un effort, c'est un mode de vie." Claire utilise également le covoiturage. Par souci d'économie, mais aussi car "c'est un facteur de mixité sociale".

Camille, travaillant dans la banlieue toulousaine, est également fan du voyage en commun. "Fini le temps où je m'enfermais dans une bulle de silence, seule dans ma voiture", explique celle qui doit faire 50 minutes de route matin et soir. "Aujourd'hui, je ronchonne le lundi, je remonte le moral à ceux qui ronchonnent le mardi, on rigole le mercredi, on chante le jeudi", énumère-t-elle. Des liens que recherchent également les seniors, eux aussi de plus en plus tentés par la colocation, à l'instar des héros du film Et si on vivait tous ensemble ?, de Stéphane Robelin, qui sortira en janvier 2012. Pierre Richard, Jane Fonda, Claude Rich et Guy Bedos y campent une bande de copains se frottant, sur le tard, à la vie en communauté.

Laure Belot
Article paru dans l'édition du 18.10.11

Un musée militaire désarmant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/17/un-musee-militaire-desarmant_1589053_3214.html

Un musée militaire désarmant

Dresde, détruite par un bombardement en 1945, a inauguré un musée de l'armée dont on peut dire qu'il n'est pas franchement un outil de propagande à la gloire de la chose militaire.

Grâce notamment à la Frauenkirche restaurée, au chef-d'oeuvre de l'art baroque qu'est le musée du Zwinger et à l'opéra construit par Semper, Dresde ne manquait déjà pas d'atouts pour attirer les touristes. Depuis samedi 15 octobre, la "Florence de l'Elbe" possède une nouvelle corde à son arc : le musée de la Bundeswehr, l'armée allemande.

Si la Grande-Bretagne et la France peuvent se permettre d'avoir un musée vantant les mérites de leurs armées (encore que...), le nazisme interdit à l'Allemagne d'en faire autant. De fait, le moins que l'on puisse dire est que le musée qui vient d'ouvrir ses portes n'est pas franchement un outil de propagande à la gloire de la chose militaire.

Comment pourrait-il en être autrement ? Le lieu même l'interdit. Bombardée le 13 février 1945 par les forces britanniques et américaines, Dresde est devenue un symbole de l'absurdité et de la cruauté de la guerre. En quelques heures, 3 000 tonnes de bombes y tuèrent environ 35 000 personnes. Pour l'exemple. Pour achever de démoraliser les Allemands et précipiter la chute du régime nazi.

Le choix de l'architecte retenu il y a une dizaine d'années pour transformer en musée l'arsenal construit à la fin du XIXe siècle ne laissait pas non plus place au doute. Né en 1946 dans une famille juive polonaise, Daniel Libeskind est célèbre en Allemagne pour avoir conçu le bouleversant musée juif de Berlin. A Dresde, l'architecte a rompu l'harmonie classique du bâtiment existant en y enfonçant un "coin", un immense triangle de verre et d'acier de près de 30 mètres de haut dont la pointe la plus élevée attire le regard vers le ciel, là où les bombardiers lâchaient leur cargaison. "Mon intention n'était pas de préserver la façade du musée et de simplement ajouter par-derrière une extension invisible. Je voulais créer une césure audacieuse, une dislocation fondamentale. Pénétrer l'arsenal historique et créer une nouvelle expérience. L'architecture va engager le public à réfléchir sur la question fondamentale de la violence organisée et sur l'imbrication de l'histoire militaire et du destin d'une ville", explique l'architecte.

Le contenu de l'exposition suit cette logique. Loin de n'être consacré qu'à la guerre, le musée entend proposer une vision anthropologique de la violence. Ses 10 000 m2 et plus de 10 000 objets exposés peuvent se résumer à l'installation vidéo de l'artiste Charles Sandison. Projetée dès l'entrée du musée, celle-ci bombarde le visiteur de deux mots : "amour" et "haine". Et non pas "guerre" et "paix". Passé ce mur d'images, le visiteur a le choix : suivre dans l'ancien bâtiment un parcours chronologique classique - l'armée des origines à nos jours - ou dans le "coin Libeskind" onze parcours thématiques dont les intitulés suffisent à décrire l'originalité : "Guerre et mémoire", "Politique et violence", "L'armée et la mode", "La guerre et les jeux", "Armée et langage", "Armée et musique", "La formation des corps", "L'animal et l'armée", "La guerre et la souffrance", "L'armée et la technologie", "Protection et destruction". Des missiles balistiques, un mouton à trois pattes, victime d'une mine alors qu'il servait d'éclaireur à un régiment, la carcasse d'un véhicule militaire allemand attaqué en Afghanistan en 2004..., le musée multiplie la présentation d'objets (et de documents) qui font froid dans le dos.

L'architecture de Daniel Libeskind offre une hauteur sous plafond qui permet d'exposer des objets bien trop grands pour un musée traditionnel, comme un missile V2 conçu par les nazis, un hélicoptère Alouette ou un ensemble de 23 bombes et missiles qui semblent s'abattre sur les visiteurs. Les objets spectaculaires ne sont pas toujours les plus effrayants. En témoignent ce livre pour enfants intitulé Les Champignons vénéneux, assimilant les juifs à de véritables poisons, cette boîte de pilules permettant aux soldats de se tenir éveillés plusieurs dizaines d'heures d'affilée ou encore ce petit film montrant les effets d'un gaz de combat testé sur un chat enfermé dans une boîte transparente.

Bref, bien que les organisateurs s'en défendent et que sept militaires fassent partie du comité scientifique, difficile de ne pas qualifier cette exposition d'antiguerre. Pas à une provocation près, les responsables ont prévu d'ouvrir en 2013 une exposition temporaire sur le thème "Armée et sexualité".

Encore marqués par le refus de Berlin de participer aux opérations de l'OTAN en Libye, les Occidentaux verront dans ce musée une manifestation supplémentaire du pacifisme allemand. Cela ne correspond pourtant qu'à une partie de la réalité. Non seulement la Bundeswehr est très engagée dans certaines opérations de l'OTAN, notamment en Afghanistan, mais, discrètement, son industrie de la défense est en train de tailler des croupières à ses rivales, notamment la française.

Fin juin, le gouvernement a ainsi pris la décision très contestée de livrer plus de 200 chars à l'Arabie saoudite, rompant avec une politique consistant à ne pas livrer d'armes dans une région en guerre. Et quelques jours avant l'inauguration du Musée de Dresde, l'armée de l'air prenait livraison d'un premier drone d'EADS, un bijou de technologie d'1,3 milliard d'euros capable de voler 40 heures d'affilée à plus de 20 000 mètres d'altitude. Nous voilà rassurés : à l'avenir, le musée aura toujours de quoi épater les visiteurs.

lemaître@lemonde.fr
Frédéric Lemaître
 

Dieu, un justiciable pas comme les autres

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/dieu-un-justiciable-pas-comme-les-autres-17-10-2011-1385712_23.php

Dieu, un justiciable pas comme les autres

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Techniquement, ce n'est pas encore le Jugement dernier. Mais Salvatore Pertutti vient de perdre une sacrée manche judiciaire dans le combat qu'il mène depuis des années contre... la Bible et le Coran. La justice vient en effet de déclarer non recevable la plainte engagée par cet électricien quadragénaire de Moselle qui se disait choqué par "les propos sexistes, homophobes et sectaires" des deux livres saints. Il s'appuyait sur la loi du 29 juillet 1881, relative à la liberté de la presse, augmentée en 2004 pour condamner l'homophobie. En vain.

Il n'est pas le premier à avoir tenté de s'attaquer juridiquement à la religion, sous quelque aspect que ce soit. En 2008, un sénateur américain n'avait pas hésité à porter plainte contre... Dieu. En personne, si l'on peut dire. Ernie Chambers voulait, courageusement, intenter un procès contre le Tout-puissant pour mettre un terme à "la mort, la destruction et la terreur" provoquées, selon lui, par Dieu. Mais là encore, la justice des hommes décidait d'être clémente. Dans son arrêt, le juge Marlon Polk faisait valoir que le plaignant devait être en mesure de joindre la partie adverse pour que le procès puisse avoir lieu. Indiscutable.

"Escroquerie, abus de confiance, corruption"

Cette plainte contre Dieu n'était pas une première. Un an plus tôt, un Roumain de 40 ans avait lui aussi défié Dieu. Mircea Pavel, qui purge une peine de vingt ans de prison pour meurtre, l'accusait "d'escroquerie, d'abus de confiance, de corruption et de trafic d'influence". Rien que ça.

Il lui reprochait de ne pas avoir pris en compte ses prières. "Lors de mon baptême, j'ai conclu un contrat avec l'accusé visant à me délivrer du mal. Or, jusqu'ici, ce dernier n'a pas honoré ce contrat, bien qu'il ait reçu de ma part différents biens et de nombreuses prières", écrivait alors le plaignant. La réponse du tribunal roumain avait alors été sensiblement la même que celle de la justice américaine : "Dieu n'est pas un sujet de droit et n'a pas d'adresse." Imparable.

"L'accusé n'est pas un résident de l'État"

Si Dieu paraît donc juridiquement intouchable, il n'est pas le seul membre de la sainte famille à avoir été inquiété par la justice. En Italie, c'est son fils, Jésus, qui a vu son existence même remise en cause par un septuagénaire. Luigi Cascioli, athée acharné - décédé depuis - avait intenté une action contre le père Enrico Righi, curé d'une paroisse d'Ombrie, dans le centre de l'Italie. Il l'accusait d'avoir abusé de la crédulité populaire en affirmant dans son bulletin paroissial que Jésus a existé. Conciliant, il promettait toutefois de retirer sa plainte "dès qu'une preuve de l'existence historique de Jésus lui serait fournie". En bout de course, la justice italienne a décidé d'un non-lieu sur ce dossier en 2008.

Mais que l'on se rassure, dans l'au-delà, l'impunité est généralisée. En 1971, un Américain avait porté plainte contre... Satan, qu'il rendait responsable de tous ses maux ! "Satan a mis des obstacles délibérés sur le chemin du plaignant, causant sa chute", mentionnait très sérieusement sa plainte, très terre à terre. La réponse de la Cour de justice de Pennsylvanie ne le fut pas moins : "L'accusé n'est pas résident de l'État." Il est vrai que le diable se cache souvent... dans les détails.

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08:20 Publié dans religion | Lien permanent | Commentaires (0)

17/10/2011

Prévention du cancer du sein : le rôle clé de l’alimentation

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Prévention du cancer du sein : le rôle clé de l’alimentation
Le Pr Philippe Bougnoux, cancérologue (CHRU Tours), qui dirige l’unité Inserm 921, explique dans Le Figaro le rôle de l’alimentation dans le cancer du sein : « Des apports alimentaires supérieurs aux dépenses énergétiques favorisent le stockage et l’apparition progressive d’une obésité avec ses conséquences hormonales ». Son unité recueille des échantillons de tissu adipeux prélevés sur des femmes lors d’opérations diverses du sein et analyse leur profil lipidique afin d’aider les femmes à faire évoluer leur profil dans le bon sens. L’enquête épidémiologique dirigée par le Pr Françoise Clavel-Chapelon (Inserm U1018) sur les milliers de femmes de la cohorte E3M confirme que le risque de cancer du sein est accru par l’alcool, les aliments d’index glycémique élevé, les acides gras trans, et diminué par les folates, certains phyto-oestrogènes (lignanes) et la vitamine D. (Le Figaro, 17/10)

Iran : la veuve d'un physicien nucléaire dénonce un acte terroriste

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2011/10/14/iran-la-veuve-d-un-physicien-nucleaire-denonce-un-acte-terroriste_1587643_3210.html

Iran : la veuve d'un physicien nucléaire dénonce un acte terroriste 

LEMONDE.FR | 14.10.11 | 10h17  •  Mis à jour le 17.10.11 | 10h31

En Iran, "physicien nucléaire" est devenu un métier à haut risque. Ces derniers mois, trois d'entre eux ont péri dans de mystérieux attentats, alors qu'un quatrième a échappé de justesse à la mort. A chaque fois, Téhéran accuse Washington et Tel Aviv d'avoir commandité ces meurtres.

Dans le cas de Massoud Ali Mohammadi, physicien de l'université de Téhéran soufflé par une bombe le 12 janvier 2010, d'autres motifs ont été avancés. Ce professeur était proche du mouvement vert, qui a contesté la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

Cependant, des méthodes similaires ont été utilisées le 29 novembre 2010 contre Fereydoun Abbassi Davani, un spécialiste de la technologie des lasers travaillant pour le ministère de la défense. Un explosif a été apposé par des motards sur la portière de sa voiture alors qu'il roulait dans les rues de Téhéran. Il a survécu miraculeusement à l'attentat et a, depuis, été nommé à la tête de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA). Le même jour, Majid Shahriari, responsable du projet des réacteurs nucléaires au sein de l'OIEA, perdait la vie dans une attaque analogue. Plus récemment, le 23 juillet 2011, Daryoush Rezaei, un scientifique de 35 ans qui entretenait des liens avec l'OIEA, était abattu par balles, devant son domicile téhéranais.

Un mois plus tard, un certain Majid Jamali Fashi a été condamné à mort pour l'assassinat de Massoud Ali Mohammadi. Il avait auparavant confessé, à la télévision iranienne, avoir été recruté et entraîné par les services secrets israéliens.

Mansoureh Karami, la veuve du physicien Massoud Ali Mohammadi, était de passage à Paris en septembre pour le VIIe congrès international des victimes du terrorisme, placé sous le haut patronage du président de la République. Elle nous a livré sa version des faits.

Que s'est-il passé ce 12 janvier 2010 ?

Mansoureh Karami : Comme d'habitude, mon mari est parti très tôt de la maison, à 7 h 30. Ce matin là, je l'ai accompagné jusqu'à sa voiture. Après être sorti du parking de la maison, il m'a dit au revoir et c'est là que j'ai entendu l'explosion d'une bombe. Je me suis précipitée dans l'avenue et je l'ai trouvé dans la position de celui qui prie ("inclination devant Dieu", en persan). Quand j'ai pris sa tête sur mon sein, je me suis aperçue qu'elle s'était vidée. J'ai été bouleversée. Cette bombe était si puissante qu'elle aurait pu tuer 300 personnes : les fenêtres alentour étaient brisées, le plâtre sur les murs a été soufflé. Heureusement, à cette heure-ci, il n'y avait personne autour de la maison.

A quoi avez-vous pensé à cet instant, qui avait pu faire ça ?

La police m'a interrogée et a cherché dans l'ordinateur de mon mari pour savoir s'il était menacé. Je me demandais comment il pouvait avoir des ennemis : ses élèves l'aimaient beaucoup, ses parents l'aimaient beaucoup… qui pouvait être son ennemi ? Je ne pensais à personne en particulier.

Même par rapport à son métier ? Que voulez-vous dire ?

Il était professeur à l'université de Téhéran. Un spécialiste des particules élémentaires. Quand l'agent qui a tué mon mari a été arrêté, j'ai compris. Majid Jamali Fashi est un membre d'un groupe de 30 personnes qui travaillait pour le Mossad. Cet Iranien est un mercenaire, il a été payé plus de 120 000 dollars pour tuer mon mari.

Pourquoi votre mari aurait-il été éliminé par le Mossad ?

Parce qu'il était l'un des plus grands professeurs de physique en Iran. Il aimait sa patrie et voulait faire tout ce qu'il pouvait pour son peuple. C'est pour cela que les services secrets israéliens ne pouvaient supporter ses activités à l'égard de son peuple.

Votre mari travaillait-il sur le programme nucléaire iranien ?

Non, pas du tout, il n'était qu'un professeur de physique de l'université.

Est-ce suffisant pour être éliminé par un service secret étranger ?

Il avait déjà été menacé par les Moudjahidines du peuple à plusieurs reprises. Les Moudjahidine entretiennent des relations avec le Mossad, ils ont inscrit le nom de mon mari sur la liste de ceux qui travaillent sur le programme nucléaire en Iran mais il n'y travaillait pas.

La mort de votre mari a-t-elle un rapport avec les attentats contre d'autres scientifiques iraniens ?

Bien sûr ! Majid Jamali Fashi a déclaré dans ses aveux officiels qu'il avait promis au régime israélien de tuer cinq scientifiques iraniens par an. Il a aussi déclaré que le régime israélien lui avait dit que mon mari était en train de préparer des bombes. Mais je ne suis pas du tout au courant du programme nucléaire iranien, ce sont juste les aveux de Majid Jamali Fashi.

Qui est venu aux funérailles de votre mari ?

Toute la nation iranienne. Il y avait une foule immense.

Vous avez reçu des condoléances officielles ?

Presque tous les responsables du gouvernement et de l'Assemblée nationale m'ont envoyé leurs condoléances. Le Guide de la révolution, Ali Khamenei, est venu chez moi, Akbar Hachemi Rafsandjani [président du Conseil de discernement] aussi. Kamran Daneshjou [ministre des sciences], également.

La mort de votre mari a-t-elle été récupérée par le régime ?

Je nie toute relation entre les activités de mon mari et le gouvernement. Il aimait beaucoup le gouvernement, qui l'aimait aussi. Ils entretenaient de bonnes relations. Si le gouvernement voulait tuer celui qui était contre lui, il pouvait tuer Mir Hossein Moussavi ou Mehdi Karoubi [candidats de l'opposition réformatrice à l'élection présidentielle de juin 2009], qui sont des opposants. Je nie ces allégations des télévisions étrangères qui ne sont que de la propagande anti-iranienne. Elles ont propagé la rumeur qui voudrait que mon mari collaborait avec le mouvement protestataire [mouvement vert qui avait animé les émeutes après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad]. A mon avis, ce sont les radios et les télévisions étrangères qui ont vraiment tué mon mari.

Pour quel candidat votre mari a-t-il voté à l'élection présidentielle ?

Vous pensez que c'est très important comme question ?

Vous sentez-vous en sécurité aujourd'hui en Iran ?

Ils ont tué celui qu'ils voulaient, moi je suis en sécurité totale en Iran. Même chose pour mes enfants, ma famille, sa famille. Nous ne pourrons jamais oublier cette souffrance, mais nous essayons de continuer à vivre.  

Propos recueillis par Emmanuelle Morau

14/10/2011

Les humains il y a 100 000 ans

lu sur :

http://www.lepoint.fr/actu-science/une-trousse-de-maquillage-de-100-000-ans-13-10-2011-1384250_59.php

Une trousse de maquillage de 100 000 ans

Par

Découverte dans une grotte sud-africaine, c'est un des plus anciens témoignages technologiques de l'âge de pierre.

La découverte a été gardée secrète durant trois ans. Aujourd'hui, c'est le jour de gloire pour le paléoanthropologue sud-africain Christopher Henshilwood (université de Witwatersrand, Johannesburg) qui révèle dans le magazine Science avoir trouvé le plus ancien atelier de fabrication de pigment ocre au monde. Il y a cent mille ans, soit 60 000 ans avant l'arrivée de l'homme en Europe, des Homo sapiens habitant la grotte de Blombos, près de la ville du Cap, utilisaient une teinture ocrée, produite au moyen d'une technologie sophistiquée. Après un très minutieux travail d'exhumation, l'équipe sud-africaine a dégagé deux kits. Ils comprenaient des coquilles d'abalones (haliotides) présentant encore les traces d'un liquide riche en ocre, des pierres en quartzite ayant visiblement servi à réduire le pigment en fine poudre, des fragments d'os d'animaux, du charbon de bois et des pierres servant de marteaux. Tous ces objets ont été retrouvés dans une couche de sable qui les a parfaitement conservés.

Reste à imaginer l'utilisation de cette peinture. On pense immédiatement à des décorations sur le corps, mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. Nous avons interrogé Francesco d'Errico (CNRS), patron de l'équipe "Préhistoire, paléoenvironnement, patrimoine" à l'université de Bordeaux I. Il est d'autant plus à même de répondre à cette question que c'est à lui que Christopher Henshilwood a confié l'analyse du pigment. À lui et au Centre de recherche et de restauration des Musées de France. "Il est difficile d'émettre une hypothèse sur l'usage de cette préparation. Nous n'avons pas trouvé de traces de résine ou de cire, ce qui écarte, a priori, une utilisation comme mastic pour emmancher des outils. En revanche, la présence d'os spongieux écrasés et portant des traces de chauffe fait penser que de la moelle liquéfiée a pu être ajoutée à la préparation. Les coquillages laissent voir une ligne de dessiccation, indiquant que celle-ci était plus liquide que pâteuse. Sans doute de l'eau ou même de l'urine ont pu servir de diluant. Ce pigment a bien sûr pu être utilisé comme peinture corporelle à titre symbolique ou pratique (protection contre le soleil par exemple) ou pour un mélange des deux. Mais il a pu aussi servir à couvrir des peaux animales pour les décorer ou les tanner. Un usage pour réaliser des peintures rupestres ne doit pas être écarté."

Perles et parures

Christopher Henshilwood est bien sûr très fier de sa découverte. "Elle représente un repère important dans l'évolution de la cognition humaine dans la mesure où elle montre que ces hommes possédaient l'habileté conceptuelle de se procurer, de mélanger et de stocker des substances qu'il serait ensuite possible d'utiliser pour améliorer leurs pratiques sociales." Si, effectivement, il s'agit de la première découverte d'un atelier complet de fabrication de pigments, on disposait déjà de preuves matérielles indiquant que les Homo sapiens, mais aussi d'autres hommes de la branche Homo, se servaient de matières colorées. "On a retrouvé des traces d'utilisation de pigment datant de 200 000 à 250 000 ans, mais elles sont contestées par certains et mal documentées. En revanche, des fragments d'oxyde de fer volontairement modifiés ont été collectés en Afrique dans des couches datées de 160 000 ans. Enfin, n'oublions pas qu'en Europe les néandertaliens utilisaient souvent un pigment noir, voilà 40 000 à 60 000 ans", note Francesco d'Errico.

Déjà, il y a quelques années, l'équipe d'Henshilwood avait relevé dans la même grotte de Blombos de minuscules perles façonnées dans la coquille de gastéropodes marins ayant certainement servi à faire des colliers ou des bracelets. D'après Francesco d'Errico, la nature des trous percés dans ces perles excluait tout percement naturel. Ces premiers bijoux ont été datés de 75 000 ans, ce qui constitue un autre record. Et cette fois-ci, pas d'ambiguïté, ces colliers ou bracelets servaient bien de parures. Le façonnage de pigments comme des bijoux indiquerait que l'homme moderne aurait développé des relations sociales basées sur l'utilisation de symboles bien plus tôt qu'on ne l'imaginait jusqu'ici. Ces parures corporelles lui auraient permis d'affirmer son identité et de se différencier des populations voisines. Bref, les découvertes de Blombos confirment le développement des capacités cognitives de l'homme depuis plusieurs centaines de milliers d'années. C'est-à-dire très tôt dans l'histoire de l'humanité. 

10/10/2011

Anévrisme de l’aorte, test sanguin PSA (prostate specific antigen), cancer du col de l’utérus

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le Figaro rend compte de l’enjeu du dépistage de l’anévrisme de l’aorte. En effet, 80% des ruptures d’anévrisme de l’aorte aboutissent au décès par hémorragie interne massive. Age et hypertension sont les facteurs de risques principaux avec le tabagisme et les antécédents familiaux. Pour l’anévrisme de l’aorte abdominale, des chercheurs de l’unité Inserm (U698, CHU Bichat, Paris), dirigés par le Pr Jean-Baptiste Michel, ont montré l’importance d’une bonne hygiène bucco-dentaire pour éviter l’influence de certaines bactéries. (Le Figaro, 10/10)

Selon un important comité fédéral américain, le Groupe de travail des services de prévention des Etats-Unis, le test sanguin PSA (prostate specific antigen) pour détecter le cancer de la prostate ne devrait plus être opéré sur les hommes en bonne santé âgés de 50 ans ou plus. Le comité estime que ce dépistage ne permet pas de sauver des vies et conduit à des traitements inutiles, le test ne distinguant pas les tumeurs bénignes de celles agressives. (France Soir, 10/10)

Vaccin indiqué en prévention du cancer du col de l’utérus dû à certaines infections à papillomavirus humains (HPV), le Gardasil suscite la controverse. Le taux d’effets secondaires graves de ce vaccin est près de trois fois plus important que le risque d’être atteinte d’un cancer du col utérin. (20 Minutes, 10/10)

Un plan pour enrayer la raréfaction des fleurs des champs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/10/un-plan-pour-enrayer-la-rarefaction-des-fleurs-des-champs_1585050_3244.html

LEMONDE | 10.10.11 | 15h00   •  Mis à jour le 10.10.11 | 15h01

Un plan pour enrayer la raréfaction des fleurs des champs

Petites taches rouges ou bleues dans les paysages de Van Gogh ou de Monet, les fleurs des champs ont, pour certaines, disparu du territoire français. Adonis, bleuet, nielle des blés ou miroir de Vénus sont de moins en moins nombreuses. Un plan national d'action pour préserver ces fleurs sauvages est en voie d'élaboration au ministère de l'écologie.

Ces plantes "messicoles" (associées aux moissons) vivent au rythme des cultures. "Le constat est le même partout en Europe. Nous assistons à une régression importante de ces espèces, explique Amélie Coantic, du bureau Faune et flore sauvage au ministère de l'écologie. Sur 102 variétés recensées en France, 52 sont en situation précaire et sept ont disparu."

Compagnes des blés, seigles et autres céréales à paille depuis des millénaires, ces plantes n'ont pas résisté à l'intensification du système agricole. Bien que très peu concurrentielles pour les cultures, elles ont longtemps été considérées comme des mauvaises herbes. "La généralisation des herbicides a été un tournant, estime Frédéric Coulon, ingénieur agronome chez Solagro, une association engagée pour une gestion durable de l'agriculture. Pour augmenter au maximum les rendements, les agriculteurs ont densifié les semis et empêché ces espèces de se développer."

Modification des cycles agricoles, spécialisation des graines, labour toujours plus profond, abandon des surfaces peu productives : les fleurs sauvages s'exilent en bordure des champs et ont du mal à survivre. En Ile-de-France, un tiers des espèces a disparu, un autre tiers est menacé d'extinction. Si le coquelicot est encore abondant à l'échelle nationale, l'adonis goutte-de-sang, la nielle des blés, le myagre perfolié ou l'ivraie enivrante sont en situation "précaire".

Dès les années 1960, des botanistes avaient alerté sur leur disparition. Indicateurs de biodiversité dans l'espace agricole, ces fleurs assurent l'alimentation de nombreux insectes pollinisateurs comme les abeilles ou certains coléoptères. "Or la perte des pollinisateurs est à terme dommageable pour l'activité agricole elle-même, puisque les céréales ont besoin d'être pollinisées", rappelle M. Coulon.

"Auxiliaires de cultures"

Ces plantes nourrissent aussi les oiseaux des plaines et permettent de lutter contre les ravageurs de culture, en attirant les coccinelles ou les syrphes, de petits insectes volants. Ces "auxiliaires de culture" se nourrissent des pucerons et jouent naturellement le rôle de pesticides. Leur présence permet donc de diminuer l'usage de produits phytosanitaires.

"Pour que la disparition de ces plantes ne soit plus seulement la préoccupation des naturalistes, assure Serge Largier, directeur du Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées, il faut mettre en avant les services biologiques qu'elles rendent, et que les agriculteurs apprennent à gérer leurs parcelles non plus comme des monocultures, mais comme des écosystèmes à part entière."

Le plan national pour 2012-2016 prévoit la réalisation d'un état des lieux et la mise en place d'aménagements agroécologiques comme des bandes fleuries. "On peut envisager d'encourager le réensemencement ou de développer des jachères", explique Amélie Coantic. Les spécialistes estiment que la préservation de ces espèces implique une réduction des herbicides et des apports d'intrants, ainsi qu'un travail du sol moins profond.

Céline Blampain
Article paru dans l'édition du 11.10.11

 

Laisser des consignes pour sa fin de vie ne va pas de soi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/10/laisser-des-consignes-pour-sa-fin-de-vie-ne-va-pas-de-soi_1585052_3224.html#ens_id=1585137

Laisser des consignes pour sa fin de vie ne va pas de soi

LEMONDE | 10.10.11 | 14h50   •  Mis à jour le 10.10.11 | 14h51

"Anticiper (sa mort), oui, mais quand ? Le moment, c'est quand cela bascule dans l'invivable... Oui, mais c'est quand ?" Cette citation est issue du témoignage recueilli par le centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin, à Paris, qui a mené la première étude sur les directives anticipées et les personnes âgées. Il en ressort un grand désarroi face à l'écriture de ces consignes, censées organiser les derniers moments de sa vie au cas où l'on ne serait plus en état d'exprimer sa volonté. Une possibilité offerte par la loi Leonetti de 2005.

"Le législateur a souhaité promouvoir la volonté de l'individu, il était donc important de voir si ce qu'il a postulé a eu ou non un impact, si c'était ce que les gens voulaient", explique Denis Berthiau, juriste et chargé de mission au centre d'éthique clinique. L'étude doit être présentée mardi 11 octobre lors d'un débat sur le thème "Etre vieux, est-ce préparer sa mort ?".

Fondée sur des entretiens auprès de 186 personnes de 75 ans et plus, elle confirme que le concept ne s'est pas diffusé, puisque, hormis les adhérents de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), 90 % ne connaissaient pas les directives anticipées. L'ADMD fait aussi ce constat et réclame que les pouvoirs publics en parlent davantage.

L'étude va plus loin, en cherchant à savoir comment le dispositif est perçu une fois expliqué. "Le message massif est un désintérêt pour le concept", constate l'étude. "Les personnes interrogées n'ont en fait pas forcément envie d'exprimer clairement un souhait", explique M. Berthiau.

De fait, 83 % disent qu'ils ne laisseront pas de consignes anticipées. Certains estiment que ce n'est pas une mauvaise idée, mais qu'elle ne les concerne pas, qu'écrire des directives, c'est "trop tôt, trop compliqué""Au moment ultime, c'est au médecin de décider", lit-on dans un témoignage. D'autres jugent ce droit inutile, dangereux, inapproprié. Certains n'ont tout simplement pas envie d'anticiper leur mort.

La question, aussi, est de savoir quoi écrire. Sur les 28 personnes intéressées, aucune ne sait vraiment quoi dire, tout au plus "pas d'acharnement thérapeutique". Même parmi les adhérents de l'ADMD, qui ont tous rédigé des directives, seuls cinq se font précis, notant par exemple qu'ils ne souhaitent ni ventilation ni nutrition artificielles. Mais tous partagent la volonté de décider eux-mêmes de leur fin de vie.

Pour expliquer ce désintérêt vis-à-vis des directives anticipées, l'équipe émet plusieurs hypothèses. Le concept est-il trop récent ? Existe-t-il un "effet génération" ? Les 75 ans et plus seraient un groupe encore très respectueux du pouvoir et du savoir médical, peu militant en matière d'autonomie. Y a-t-il un "effet âge" qui ferait que l'on n'envisage pas sa fin de vie de la même façon au-delà de 75 ans ?

Enfin, le dispositif pourrait être inadapté aux besoins ; dans les pays anglo-saxons, il a aussi connu un faible succès. D'ailleurs, 70 % des personnes interrogées ne s'expriment pas vraiment sur leur mort. "La préoccupation la plus forte (...) concerne le sens de la vie qui reste, et non le sens de la mort", relève l'équipe.

Celle-ci ne plaide pas pour supprimer le dispositif, déjà adopté par certains. Constatant, à travers ce travail, un vif intérêt pour une discussion avec un tiers sur le temps qu'il leur reste à vivre, elle propose la mise en place d'entretiens systématiques avec les personnes âgées à un moment clé, par exemple la survenue d'une maladie chronique ou l'entrée en maison de retraite.

Pour la liberté d'information, contre le lobbying du CRIF

Le rendez-vous de France Télévision avec le CRIF et l'ambassadeur d'Israël est confirmé 

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/10/09/une-emission-sur-la-palestine-declenche-une-polemique-avec-la-communaute-juive_1584599_3236.html (*)

"Des rendez-vous ont été pris entre l'ambassadeur d'Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de FranceTélévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier", le directeur de l'information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l'origine de cette polémique, un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

Non aux censeurs

Pour défendre les journalistes menacés de "Un œil sur la planète" et la liberté d’information, ne pas hésiter à écrire à :
Et si vous avez pu voir l’émission et l’avez appréciée n’hésitez pas à le dire.
Après le harcèlement de plusieurs journalistes et notamment de Charles Enderlin, le Président du CRIF, a maintenant lancé une opération contre l'émission "Un œil sur la planète" consacrée lundi soir 3 octobre par France 2 à l'Etat palestinien sous l’intitulé « l’Etat palestinien est-il encore possible ? ».
Outre l'éditorial sur son site mardi matin, le CRIF réagit contre l'équipe de l'émission par les injonctions et menaces malheureusement trop habituelles :
Plus grave, les réactions contre l'émission s'amplifient par une véritable campagne de mails ou d’interventions sur le forum de France2.
Voir le déchaînement haineux : 
Ces interventions sont encouragées par le CRIF et ses membres. Avec le soutien de l'Ambassade d'Israël en France :
Il semble que la présidence de France Télévisions s'apprêterait à recevoir le CRIF et l’ambassadeur d’Israël.
Certaines organisations réclament des excuses de France 2, ce qui constituerait un désaveu de l'émission et une ingérence insupportable dans le travail des journalistes.
De manière générale et indépendamment de cette émission, tout un chacun peut critiquer la presse, tel journaliste ou au contraire les applaudir.
Mais demander que le président de France Télévisions reçoive une délégation d’une organisation communautaire pour que la seule version diffusée dans les médias soit celle souhaitée par cette organisation - ou pire soit celle souhaitée par l’ambassade d’un pays étranger - est totalement inadmissible. C’est une atteinte grave à la liberté de l’information etdisons le, une atteinte à une liberté démocratique fondamentale !
Pour défendre les journalistes menacés et la liberté d’information, ne pas hésiter à écrire à : 
Et si vous avez pu voir l’émission et l’avez appréciée n’hésitez pas à le dire.
Pour celles et ceux qui n'ont pas vu l'émission, il est possible de la revoir sur internet à une de ces deux adresses :
Deux articles à ce sujet :
Charles Enderlin : Bonjour les censeurs.
Dominique Vidal : Monsieur le censeur, bonsoir!

http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-vidal/051011/mon...

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Une émission sur la Palestine déclenche une polémique avec la communauté juive

LEMONDE.FR avec AFP | 09.10.11 | 07h34   •  Mis à jour le 09.10.11 | 12h14

La diffusion sur France 2 d'une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l'ambassadeur d'Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public.

"Des rendez-vous ont été pris entre l'ambassadeur d'Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de France Télévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier", le directeur de l'information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l'origine de cette polémique, un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

"INTENSE ÉMOTION ET UNE STUPÉFACTION ÉCOEURÉE"

Cette émission "a entraîné au sein de la communauté juive une intense émotion et une stupéfaction écoeurée", a déclaré le président du CRIF, Richard Prasquier, dans une lettre ouverte à Rémy Pflimlin. Il a jugé que l'équipe qui l'a réalisée "a présenté, d'un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale""en distordant les causalités, en ridiculisant l'adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationistes antisémites". M. Prasquier a demandé de rencontrer Rémy Pflimlin.

Un groupe a parallèlement été créé sur Facebook, "Boycott France Télévisions", demandant que la chaîne "revienne sur cette émission et présente des excuses".

MENACES PHYSIQUES

Le rédacteur en chef de l'émission, Patrick Boitet, s'est expliqué dans une interview au Parisien : "Nous avons fait notre travail de journalistes avec rigueur (...) Pour le Proche-Orient, les opinions s'enflamment facilement. Mais là, c'est exagéré". Il raconte avoir reçu "800 mails" cette semaine, "où nous sommes traités de petits nazillons". Le présentateur de l'émission, Etienne Leenhardt, aurait par ailleurs été physiquement menacé.

Le correspondant à Jérusalem de France télévisions, Charles Enderlin, s'est fendu d'un article (**) sur son blog intitulé "Bonjour les censeurs". Il estime notamment que "cela s'appelle de la censure et c'est une atteinte intolérable au droit d'informer."

(**)

Je n’ai participé ni à la préparation, ni à la réalisation d’Un œil sur la planète. Ma seule contribution a été l’interview  deNabil Shaath, responsable des affaires internationales du Fatah. A l’exception de Martine Laroche Joubert, je ne connais pas les journalistes, auteurs des reportages. Je me sens donc libre de publier mon point de vue.

D’abord, je n’ai relevé dans les divers sujets aucune fausse information. La Cisjordanie se développe dans la non-violence comme l’a montré Martine Laroche Joubert avec »Un Etat en marche » . J’ajouterai que l’armée et les services de sécurité israéliens se félicitent de leur coordination avec la nouvelle police palestinienne. A Gaza, le Hamas – le pire ennemi d’Israël – a mis en place un régime totalitaire, et la majeure partie de la population n’en peut plus. Oui, dans ce territoire se développe Al Qaida. C’est un scoop du sujet « Les mille visages de Gaza ».

Le problème des colonies montré dans le reportage « Les frontières de la discorde » est exact. Les agriculteurs palestiniens ont le plus grand mal à aller cultiver leurs terres de l’autre côté de la barrière de séparation. Effectivement, dans la vallée du Jourdain les Palestiniens et les bédouins n’ont pas le même accès à l’eau qui va en priorité aux colonies. Pour plus de détails, consultez : http://www.btselem.org/jordan_valley/water. On comprend la raison pour laquelle les organisations pro-israéliennes ne veulent pas qu’une chaine publique montre cette situation scandaleuse. A regretter l’absence dans ce tournage des attaques commises par des colons extrémistes contre des Palestiniens. Incendie de mosquées, destruction de champs d’oliviers, attaques d’unités de l’armée israélienne.. J’ai bien écrit : attaques d’unités de l’armée israélienne. Bien sur, il y a aussi des actions violentes de la part de palestiniens. Lorsque leurs auteurs sont capturés ils passent devant des tribunaux israéliens. De quand date un seul procès de colon ayant incendié une mosquée ? Cherchez … En l’occurrence, les auteurs d’Un œil sur la planète n’ont pas voulu entrer dans une comptabilité macabre.

« Un droit au retour », tourné au Liban, apporte plutôt de l’eau au moulin de la droite israélienne. Sa conclusion : au pays des Cèdres, les Palestiniens ne veulent pas d’état, seulement revenir en Israël..

Il n’empêche, Patrick Boitet et Etienne Leenhardt ont reçu des centaines de mails d’insulte et de menace. Richard Prasquier, le président du Crif a demandé un rendez vous à Rémy Pfimlin, le Président de France Télévisions, affirmant que l’équipe qui a réalisé l’émission : « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale », « en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationnistes antisémites » Maniant, à son habitude, l’insulte, Philippe Karsenty, l’ami de Mr.Prasquier en profite par ailleurs, pour me traiter de « délinquant multi récidiviste » Etc. Etc. Sur ce personnage, voir mon livre « Un enfant est mort. Netzarim 30 septembre 2000 »

La réponse à ces réactions violentes se trouve dans le sujet sur « Le lobby pro-israélien » aux Etats-Unis. M.J. Rozenberg, un ancien d’AIPAC raconte comment des organisations comme « Camera » traquent les journalistes déviants. « Le lobby, dit-il, rend la vie difficile aux journalistes qui ne sont pas perçus comme pro-israéliens. Ils auront du mal à trouver un job ou s’ils en ont un à garder un poste. Lorsque je travaillai à AIPACil y avait des listes, des dossiers sur chaque reporter. »

L’attaque généralisée contre « Un œil sur la planète » entre visiblement dans ce cadre. Il ne faut rien montrer qui soit défavorable à la politique israélienne d’occupation. Cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer.

09/10/2011

La restauration scolaire, marionnette de l’industrie agroalimentaire ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4852

8/10/11

La restauration scolaire, marionnette de l’industrie agroalimentaire ?

Par un décret et un arrêté parus au Journal officiel le 2 octobre 2011, le ministère de l’agriculture a fixé un nouveau cadre réglementaire à la restauration scolaire. Basé sur les recommandations du Groupe d’Etude des Marchés Restauration Collective et Nutrition (GEMRCN), celui-ci prône la diversité de la structure du repas, composé d’une succession de 4 ou 5 plats. Concernant la qualité nutritionnelle des menus, un produit laitier doit figurer à chaque repas, ainsi qu’un apport suffisant en fibres et en fer. L’eau et le pain doivent être proposés en libre service, contrairement au sel et aux sauces. Les repas trop sucrés et trop gras doivent être limités, avec notamment pas plus de 4 produits frits sur 20 repas. Enfin, les établissements doivent veiller à ce que les fournisseurs livrent des produits dont la taille des portions est adaptée à l’âge de l’enfant, en misant sur les produits de saison. 

Mais, bien que louables de prime abord, ces nouvelles normes ne privilégieraient pas que l’intérêt nutritionnel. Selon l’association L214, la recommandation du GEMRCN ne met pas en avant des besoins nutritionnels mais des produits. Elle impose ainsi des seuils minima de viande de bœuf, veau, agneau, de poisson et de produits laitiers. Dès lors, comme le souligne Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris, ce décret répond beaucoup plus aux volontés des industries agroalimentaires, soucieuses de placer le produit de leurs élevages intensifs, qu'à de réelles intentions de qualité nutritionnelle. Initiateur de menus scolaires composés à près de 70 % d’aliments issus de l’agriculture biologique ou labellisés AOC ou Label Rouge, dont un repas végétarien par semaine, l’élu déplore un modèle alimentaire dépassé. De fait, celui soutenu par les autorités ministérielles repose sur une agriculture qui privilégie l’élevage animal, 
aux impacts environnementaux attestés

Cécile Cassier

08/10/2011

Les pesticides et la santé

à lire sur le journal le Monde:

Un coup dur pour les apiculteurs argentins

LE MONDE | 23 septembre 2011 | Christine Legrand | 427 mots

« Une éventuelle remise en question des règles d'importation du miel sur le territoire de l'Union européenne, à la suite de l'affaire Bablok, nous inquiète », admet Lucas Martinez, président de la Société argentine des apiculteurs.

 

Une ruche bavaroise entrave la route des OGM

LE MONDE | 23 septembre 2011 | Martine Valo | 1087 mots

Le combat d'un apiculteur allemand remet en cause la réglementation européenne sur le commerce du miel. Sur la porte du chalet de bois qui abrite ses abeilles, Karl-Heinz Bablok a accroché avec malice un panneau récupéré : « Flugplatz » (« aérodrome »).

 

voir aussi :

L'Union européenne veut du miel…sans OGM ! 

Rififi autour du miel - La guerre des OGM - europeinfos

 

Les pesticides, facteurs de tumeurs chez les agriculteurs

Compte rendu

LE MONDE |  8 octobre 2011 | Rémi Barroux | 365 mots

Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire, il existe un lien dans les deux tiers des cas. Deux tiers des tumeurs chez les agriculteurs sont associées à une exposition professionnelle aux pesticides, selon un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses)

 

voir :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2011/10/09/les-pesticides-facteurs-de-tumeurs-chez-les-agriculteurs.html

 

Le Conseil d'Etat condamne la mise sur le marché de l'insecticide Cruiser

LE MONDE |  5 octobre 2011 | Martine Valo | 669 mots

L'autorisation de dix ans accordée par le ministre de l'agriculture provoque la colère des apiculteurs. Pour les apiculteurs français, le lundi 3 octobre restera comme un modèle de douche écossaise. En début d'après-midi, le Conseil d'Etat a annulé l'autorisation de mise sur le marché de...

 

Cruiser 350 : le Conseil d'Etat donne raison aux apiculteurs

LEMONDE.FR |  3 octobre 2011 | avec AFP | 171 mots

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/03/cruiser-350-le-conseil-d-etat-donne-raison-aux-apiculteurs_1581670_3244.html


Le Conseil d'Etat a annulé lundi 3 octobre l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour l'année 2010 du pesticide Cruiser 350. Cette décision permet aux apiculteurs, qui accusent ce produit d'avoir tué leurs abeilles, de réclamer des indemnisations.

La plus haute juridiction administrative donne ainsi raison à la requête déposée début 2010 par l'Union nationale de l'apiculture française. Il avait déjà annulé en février les AMM pour 2008 et 2009 du Cruiser, prédécesseur du Cruiser 350 également commercialisé par Syngenta Agro, après des requêtes similaires des associations d'apiculteurs.

"ABSENCE DE CONTRÔLE APPROPRIÉ"

Dans sa décision de lundi, le Conseil d'Etat rappelle que l'UNAF estimait "que la pratique, répétée par le ministre depuis 2008, consistant à accorder une autorisation d'une durée d'un an assortie de prescriptions destinées à s'assurer par des mesures de suivi de l'inocuité du produit, révèle l'absence de contrôle approprié."

Le Conseil d'Etat juge l'autorisation pour une durée de un an illégale car ne répondant à aucune des hypothèses permettant de déroger à la règle de l'AMM de dix ans instaurée par le code rural.

 

 

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sur le même sujet :

07-10-2011 - L’autorisation du Cruiser, pour 2010, jugée illégale

Le Conseil d’Etat a finalement jugé que la décision d’autorisation provisoire de mise sur le marché de l’insecticide Cruiser pour un an, du 1er janvier au 31 décembre 2010, était illégale. En effet, le 15 décembre 2009, date à laquelle il autorisa la mise sur le marché du Cruiser pour l’année 2010, le ministre de l’agriculture n’avait le choix qu’entre deux options. D’une part, si l’innocuité ou l’efficacité du produit n’était pas démontrée, il devait refuser d’accorder l’autorisation. A l’inverse, si les preuves étaient suffisantes, il devait, au regard de la réglementation, délivrer une autorisation pour une durée de 10 ans. Néanmoins, attestant des doutes qu’il nourrissait à l’égard de l’innocuité du produit, le ministre de l’agriculture avait choisi de ne pas trancher, en adoptant un compromis sous la forme d’une dérogation d’un an, sans cesse renouvelée. Si ce principe dérogatoire a été jugé illégal, ne respectant pas les modalités fixées par le code rural, il n’en reste pas moins qu'il a permis à l’AMM (1) du Cruiser, puis du Cruiser 350 de composition identique, d’être renouvelée chaque année, sans prise en compte des résultats du suivi de l’année précédente.

Impliquée dans ce dossier, France Nature Environnement (FNE) s’attaque désormais à l’autorisation accordée sur le maïs pour 2011, ainsi qu’à celle relative au colza. Dans l’attente, elle appelle le ministère de l’agriculture à annuler définitivement l’autorisation de ce produit. Et souligne l’importance de respecter l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides en France d’ici 2018, notamment via le plan Ecophyto.

Cécile Cassier
1- Autorisation de Mise sur le Marché.

Les enfants du paléolithique dessinaient déjà

lu sur :

http://www.lepoint.fr/culture/les-enfants-du-paleolithique-dessinaient-deja-08-10-2011-1382154_3.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20111008

Les enfants du paléolithique dessinaient déjà

Des chercheurs américains ont découvert que certaines des figures de la grotte de Rouffignac étaient l'oeuvre de jeunes âgés de 2 à 7 ans.

le Point; 8/10/11

Les dessins d'enfant sont-ils vieux comme le monde ? Il se pourrait, en tout cas, qu'ils aient plus de 13 000 ans. Selon un groupe d'archéologues américains, certains des tracés qui décorent le site de Rouffignac, en Dordogne, ont été réalisés par de tout jeunes enfants. Cette grotte, qui s'étend sur huit kilomètres, est comme celle de Lascaux couverte de peintures et de gravures représentant des animaux, des figures humaines ou des motifs abstraits. D'après les scientifiques Jessica Cooney, de l'université de Cambridge, et Leslie Van Gelder, de l'université Walden, qui viennent de présenter le résultat de leurs recherches lors d'un colloque sur le travail des enfants dans le passé, au moins quatre petits, garçons et filles âgés de 2 à 7 ans, y auraient également laissé leur empreinte.

Il s'agit de tracés réalisés directement par impression des doigts dans l'argile, sans pigments : des lignes, des zigzags, des figures anthropomorphes. En se fondant sur la technique d'évaluation de l'âge et du sexe des auteurs de dessins rupestres à partir de la largeur des traces de doigt mise au point par Leslie Van Gelder et son époux, Jessica Cooney estime que certains d'entre eux sont le fait d'un enfant de 2 à 3 ans. Selon elle, le plus prolifique des artistes devait avoir autour de 5 ans, et était certainement de sexe féminin.

Rituels initiatiques ?

En outre, si la plupart des lignes ont été tracées au bas des parois de la grotte, d'autres se situent à plus de 2 mètres de hauteur, ce qui suppose que les jeunes aient été aidés et portés par des adultes. Par ailleurs, l'une des cavités comprend un nombre extrêmement important de ces dessins, ce qui laisserait même supposer qu'elle ait été dédiée aux artistes en herbe.

Pour quelle raison ? Quel sens donner à ces tracés ? "Nous ne pouvons faire que des suppositions, a expliqué Jessica Cooney. Il peut s'agir de rituels initiatiques, d'entraînements destinés à certains enfants, ou de simples divertissements pour les journées pluvieuses..." D'après les archéologues cependant, cette découverte permettrait au moins de prouver qu'il n'existait pas de séparation figée entre jeunes et adultes dans la civilisation magdalénienne, et que les uns et les autres étaient mêlés dans chacune de leurs activités quotidiennes.

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07/10/2011

La télévision tue le cerveau

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/10/07/frederick-zimmerman-chercheur-la-facon-dont-la-television-est-utilisee-est-un-probleme-de-sante-publique_1583710_3244.html#ens_id=1583811

Frederick Zimmerman :

"La façon dont la télévision est utilisée est un problème de santé publique"

LEMONDE | 07.10.11 | 11h14   •  Mis à jour le 07.10.11 | 18h43

Auteur de The Elephant in the Living Room (Rodale), Frederick Zimmerman est spécialiste en santé publique, professeur au Department of Health Services de l'université de Californie à Los Angeles (Etats-Unis). Ses travaux sur les effets de la télévision sur les enfants sont parmi les plus cités sur le sujet.

A son niveau actuel d'utilisation, la télévision peut-elle être considérée, à votre avis, comme un problème de santé publique ?

Les enfants aux Etats-Unis regardent à peu près deux heures de télévision par jour. C'est une moyenne, bien entendu — il y a des enfants qui la regardent beaucoup moins, mais d'autres qui sont quasi-collés à l'écran pendant des heures. Pour les adultes, c'est aussi variable, autour d'une moyenne de trois heures par jour.

Ce qui constitue à mon avis un problème de santé publique, c'est la façon dont la télévision est utilisée. Aux Etats-Unis, l'âge moyen auquel les enfants — ou plutôt les bébés ! — commencent à se planter régulièrement devant la télévision, c'est 9 mois. Or, à cet âge les enfants ne sont pas capables de comprendre ce qu'ils voient ni d'en profiter en aucune manière, y compris le divertissement. Pour les enfants en bas âge, donc, la télévision est une boîte qui capte l'attention à travers des mécanismes-réflexes ("orienting reflex", en anglais), sans produire des signes intelligibles pour l'enfant, donc sans lui profiter de quelque manière que ce soit.

Pour les enfants plus âgés, les adolescents et les adultes, il est vrai que la télé utilisée modérément ne nuit en rien, mais la réalité à laquelle nous faisons face actuellement est que la télévision est utilisée de manière immodérée. Et ceci en deux sens. Non seulement elle commence beaucoup trop tôt, mais elle occupe trop de temps, écartant la possibilité d'autres activités plus gratifiantes. On dit qu'on regarde la télé pour se décontracter, pour se distraire. Mais la recherche a démontré qu'on est peu relaxé après avoir passé une soirée devant la télévision. Dans ce contexte, passer trois à quatre heures devant la télé chaque jour et se plaindre en même temps qu'on n'a pas de temps pour cuisiner, pour entretenir des relations sociales, ou de pratiquer régulièrement un sport est une chose absurde. Or, c'est devenu la norme aux Etats-Unis, et c'est ce que j'appellerais un problème significatif de la santé publique. J'espère que la France a toujours l'opportunité de ne pas tomber là-dedans.

Quels sont les résultats les plus significatifs que vous avez obtenus sur les effets de la télévision sur les jeunes enfants et les adolescents ?

J'ai toujours mis l'accent dans mes recherches sur la distinction entre, d'une part, la télévision éducative et, d'autre part, la télévision commerciale, les dessins animés ou les films pour les petits ou les plus grands, comme Bugs Bunny, Harry Potter ou Star Wars… Les effets de la télévision sont complètement différents selon ces deux types. L'obésité est une des conséquences les plus dommageables de la télévision commerciale sur le long terme. Les gosses qui regardent beaucoup de télévision ont tendance à devenir obèses. Et ce n'est pas du tout inévitable : mes travaux ont par exemple montré que s'ils évitaient tout simplement les publicités télévisées, les parents réduiraient sensiblement le risque d'obésité pour leurs enfants.

La quantité de télévision commerciale que les enfants consomment, sans compter l'âge auquel ils ont commencé à en consommer, représente une perte importante pour leurs cervelles en croissance. Dans les trois premières années, le poids du cerveau humain triple, en même temps que la complexité et la densité des réseaux de neurones s'accroissent. Or, dans cette période de développement rapide, ce n'est pas seulement la cervelle qui se forme, mais aussi la personnalité – ce qu'il attend de son environnement, sa façon de négocier avec le monde qui l'entoure, ses atouts pour remplir un certain nombre de tâches – tout cela trouve ses fondations dans les 3 à 5 premières années de la vie. Ce n'est pas sa destinée qui se joue là, bien sûr, mais c'est la base sur laquelle la vie se déroulera.

Si dans cette période l'enfant passe une demi-heure par jour dans une activité quelconque qui n'aide pas ce développement, c'est une perte, mais ce n'est pas irréparable. En revanche, c'est une tragédie de voir des enfants qui passent jusqu'à la moitié de leurs heures de veille devant une télévision, qui ne leur offre aucune expérience intéressante ou productive.

Mes travaux ont montré que les enfants qui regardent la télévision plus que la moyenne avant l'âge de 3 ans auront des capacités nettement inférieures en lecture et en mathématiques lors de leur entrée à l'école primaire. Cette association négative n'est pas énorme, mais elle persiste quand on contrôle statistiquement [c'est-à-dire quand on corrige les résultats en fonction de] l'intelligence et l'éducation de la mère. Dans une autre étude, j'ai montré que la télévision avant l'âge de 2 ans entrave sérieusement le développement du langage, même si la télévision en question est faite de vidéos "éducatives" spécifiquement destinées aux bébés.

Une autre faculté que les enfants consolident avant l'entrée à l'école primaire, ce sont la capacité de maintenir son attention sur une tâche, de maîtriser lui-même les déplacements d'attention, et de planifier stratégiquement ses actions en vue d'un objectif. C'est ce que nous appelons en anglais l'executive function. Tout récemment, une étude fascinante a été publiée qui démontre que seules neuf minutes d'un dessin animé comme Bob l'Eponge suffisent, par comparaison avec le jeu libre ou même avec une vidéo plus calme, à nettement dégrader cette fonction chez des enfants de 4 ans. Ce résultat ne me surprend pas du tout. J'avais précédemment identifié un effet similaire qui opère sur le long-terme : en moyenne, chaque heure quotidienne que les enfants de moins de 3 ans passent à regarder la télévision commerciale correspond à un doublement du risque de voir survenir des problèmes d'attention cinq ans plus tard. En revanche, la télévision éducative n'avait pas du tout cet effet.

Quels sont les principaux effets secondaires de la télévision sur les enfants qui font consensus dans la communauté scientifique ? Quels sont les effets qui sont encore en débat ?

Ici, il faut bien parler de consensus, et non d'unanimité, car il y toujours ceux qui ne vont jamais reconnaître les effets néfastes de quoi que ce soit. Pour certains, c'est une question financière, étant donné le nombre d'experts qui sont consultants pour l'industrie. Comme disait Upton Sinclair, "il est difficile de faire comprendre quelque chose à un homme quand son salaire exige qu'il ne le comprenne pas". Pour d'autres, admettre que la télévision pourrait avoir des effets néfastes, c'est admettre qu'on doit changer son propre comportement.

On peut tout de même parler de consensus devenus assez solides. D'abord, nous savons que regarder beaucoup de scènes de violence à la télévision conduit quasi directement à un comportement agressif. Ceux qui regardent régulièrement la télévision violente son désensibilisés aux effets de la violence et tendent à penser le monde en termes de violence et de danger.

Nous savons aussi que la publicité est réellement efficace, même si la plupart des gens en nient l'effet pour eux-mêmes tout en le reconnaissant pour autrui. Il y a clairement un consensus scientifique des effets de la télévision sur l'épidémie d'obésité – bien que certains aient décidé d'être aveugles à cette réalité.

Au fur et à mesure que la recherche se développe, on reconnaît aussi, de plus en plus, les effets de la télévision sur le développement cognitif et sur l'executive function. Il est peut-être trop tôt encore de parler d'un consensus solide, mais on peut y déjà esquisser un consensus émergeant dans ces domaines.

Je n'ai pas vu, dans la littérature scientifique, d'articles découvrant des bénéfices à la télévision, surtout pour les enfants... A votre avis y en a-t-il ? Avez-vous des enfants et si oui, les laissez-vous (ou les avez-vous laissé) regarder la télévision ?

La télévision est depuis longtemps dénigrée pour ses multiples effets néfastes sur la santé et le développement. Pourtant, des recherches récentes démontrent que la télé éducative peut favoriser une bonne santé et un développement harmonieux, tandis que la télé commerciale peut conduire à des esprits mous dans des corps flasques. J'ai publié une étude qui suggère que seule télévision commerciale est associée à l'obésité : je pense que la raison en est l'effet de la publicité pour les produits obésigènes qui font fureur.

D'autres études que j'ai menées, décrites tout à l'heure, font un distingo entre les effets néfastes de la télévision commerciale et les effets non-existants ou anodins de la télévision éducative.

Pour les jeunes enfants, de 2 à 4 ans, la recherche a clairement prouvé que la télévision éducative peut réellement favoriser l'acquisition de vocabulaire, les compétences en mathématiques, l'aisance de lecture. Pour les enfants plus âgés, peu de recherche scientifique a été menée, mais on suppose qu'eux aussi pourraient en tirer grand profit.

J'ai moi-même deux fils, de 7 et 9 ans, qui ont le droit de regarder une heure de télévision le samedi et le dimanche. Au début j'ai fait tout pour leur trouver de bons programmes intéressants et éducatifs à regarder. Maintenant qu'ils sont un peu plus âgés, je les laisse regarder plus ou moins ce qu'ils veulent – pourvu que ce ne soit pas trop violent, bien entendu. Parfois, nous regardons en famille de vieux films comme The Muppet Movie ou Charlie Chaplin, ou un programme qui intéresse tout le monde. Un de leurs programmes favoris, c'est Planet Earth, de la BBC. Mais j'avoue que le plus souvent ils choisissent un dessin animé.

Les effets constatés – hyperactivité et troubles de l'attention notamment – sur les plus jeunes enfants sont-il réversibles ? Existe-t-il un débat sur ce point ?

Bien sûr, ces effets sont réversibles – mais à quel prix ! L'enfant qui passe la moitié de sa petite enfance devant l'écran aura la tâche plus rude pour rattraper son retard en lecture ou en mathématiques. Et ces efforts seront encore plus entravés par ses difficultés de concentration. Les choix autour de la télévision ne prédisent pas le sort de l'enfant ; ils déterminent des possibilités. Vouloir changer ces possibilités plus tard, c'est vouloir changer le plan de l'étage d'une maison, une fois la construction déjà entamée.

L'Académie américaine de pédiatrie préconise l'absence de télévision avant l'âge de deux ans, et pas plus de deux heures de télévision "de haute qualité" après cet âge.

Les effets sont-ils différents selon les types d'écrans regardés : TV, ordinateur, jeux vidéos ?

Nous sommes en train de repousser les frontières de la recherche sur ce thème. Nous ne savons pas encore quels sont les effets du temps prodigieux passé sur ces autres sortes d'écrans. Avec les ordinateurs, il y a la possibilité de mettre en jeu la capacité d'interaction, pour créer des programmes avec lesquelles l'enfant peu véritablement jouer et en tirer un avantage cognitif ou tout simplement divertissant. Mais il faut faire attention. Bien qu'il y ait pas mal de jeux qui apparaissent interactifs, il n'est pas toujours clair que l'esprit de l'enfant est véritablement engagé dans cette interaction. Le potentiel des ordinateurs est évidemment là ; la façon dont ils sont utilisés décidera si ce potentiel est réalisé. Etant donné le taux d'utilisation très bas de la télévision éducative, je crains qu'il ne soit pas réaliste de croire que le potentiel des autres formats sera mieux exploité !

Propos recueillis par Stéphane Foucart

A lire : le dossier du supplément hebdomadaire Science & Techno, "La télévision nuit gravement à la santé", dans Le Monde daté du samedi 8 octobre.

06/10/2011

Les produits alimentaires plus sucrés outre-mer !

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

L’Assemblée nationale examine, aujourd’hui, une proposition de loi visant à interdire outre-mer les produits contenant davantage de sucre que ceux, de même marque, vendus en métropole. Son auteur, le député (PS) Victorin Lurel, compte ainsi dénoncer la « gravité de l’épidémie d’obésité » dans les DOM-TOM.  Selon le quotidien La Croix, « 31% des femmes sont concernées en Guadeloupe contre 18% en métropole ». (La Croix, 06/10)

03/10/2011

Actualités santé

quelques actualités lues sur : 

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Lundi 3 octobre 2011

Les effets pervers du dépistage du cancer du sein

L’explosion des cancers du sein en France serait surtout due à des surdiagnostics, effet pervers du dépistage de masse, révèle une étude de l’épidémiologiste Bernard Junod, cosignée par des spécialistes américains et européens, et publiée le 21 septembre sur le site Internet de la revue BMC Cancer. Le phénomène de surdiagnostic correspond à de réelles tumeurs mais qui spontanément n’auraient jamais entraîné de conséquences sur la santé du patient. Selon le Dr Junod, qui a suivi plusieurs cohortes de femmes pendant dix ans, le nombre de surdiagnostics en France serait d’une centaine par jour, soit plus de 35 000 cas par an. (Le Monde, 01/10)

Troubles du comportement alimentaire

Le Dr Nathalie Godart, responsable de l’unité d’hospitalisation pour adolescents et jeunes adultes de l’Institut mutualiste Montsouris (Paris), et le Dr Caroline Huas, chargée de recherche au département universitaire de médecine générale de Tours, toutes deux de l’unité Inserm 669, Université Paris-Sud et Paris-Descartes, expliquent dans Le Figaro « à quel moment s’inquiéter en cas de troubles du comportement alimentaire ». Elles indiquent qu’« à tout âge, le premier souci du médecin sera d’éliminer une cause organique ». Par ailleurs, « le déni des personnes souffrant d’anorexie est une difficulté importante à la mise en œuvre des soins ». Elles conseillent une « mobilisation de l’entourage » pour « une prise en charge précoce qui améliore le pronostic ». (Le Figaro, 03/10)

L’usage du smartphone modifie le fonctionnement du cerveau

Jean-Philippe Lachaux, directeur de recherche au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, explique dans Le Figaro que l’usage du smartphone modifie le fonctionnement du cerveau. Selon lui, « le cerveau a littéralement ‘soif’ d’information, au point de causer parfois un phénomène d’addiction ». Il ajoute : « Ces nouvelles technologies mettent le cerveau dans une situation permanente de multitâche pour laquelle il n’est pas forcément conçu ». (Le Figaro, 03/10)


En bref

Avec l’insuline plasmatique et trois marqueurs inflammatoires majeurs, des chercheurs tiennent peut-être enfin le moyen de trier a priori les personnes en surpoids répondeuses à un régime hypocalorique et ainsi personnaliser la prise en charge, indique Le Généraliste. Le Dr Ling Chun Kong (Inserm U872 Nutriomique, Paris), explique : « Nous avons identifié ainsi trois groupes de répondeurs (…). L’idée était d’identifier des marqueurs prédictifs pour chacune de ces classes de répondeurs ». (Le Généraliste, 30/09)

Une étude publiée ce mois-ci dans la revue Faseb Journal par des chercheurs de la faculté de pharmarcie de Calabre (Italie), et réalisée en commun avec des Américains, montre que le resvératrol, un ingrédient contenu dans le vin rouge, aurait pour effet de stopper la croissance des cellules cancéreuses en culture en bloquant l’effet des oestrogènes. (Le Figaro, 03/10)