Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27/03/2012

Bientôt Pâques (suite)

lu sur :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/les-multiples-vertus-du-chocolat-22-03-2012-1444022_57.php

Les multiples vertus du chocolat

Le Point.fr - Publié le 22/03/2012 à 13:35

Alors que les fêtes de Pâques approchent, de nouvelles études confirment les bienfaits de cet "aliment douceur".

Selon trois études récentes, la consommation régulière de chocolat aurait un effet protecteur vis-à-vis des accidents vasculaires cérébraux ou AVC (en tout cas chez les femmes), elle aurait des conséquences bénéfiques pour le coeur et les vaisseaux et elle augmenterait la mémoire ainsi que les capacités d'apprentissage. Alors, certes, il faut toujours rester prudent puisque ces études sont mises en avant dans la dernière newsletter Santé Chocolat, réalisée en collaboration avec le Syndicat du chocolat. Néanmoins, les travaux cités proviennent de revues scientifiques sérieuses. Alors, ne boudons pas notre plaisir...

Tout d'abord, la consommation de chocolat protégerait de l'AVC. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé les résultats d'une étude de grande envergure menée de façon prospective auprès de 39 227 Suédoises recrutées dans le cadre d'une surveillance mammographique entre 1998 et 2008. Un questionnaire comportant 350 items sur les habitudes de vie, l'état de santé et les antécédents - dont un autoquestionnaire alimentaire - avait pour but d'identifier les déterminants de diverses maladies, dont les AVC. Plus de 1 500 accidents de ce type sont survenus pendant ces dix ans. Et là, bingo, le risque diminue nettement avec une consommation supérieure à 50 grammes par semaine. Et ce sont les femmes ayant une pression artérielle normale et consommant en moyenne 66,5 g de chocolat par semaine qui bénéficient le plus de cette possible prévention par le chocolat, alors que celui vendu en Suède ne comporte que 30 % de cacao !

Bon pour le coeur

D'autre part, les effets cardioprotecteurs de cet aliment, déjà démontrés dans de nombreuses études, sembleraient liés à l'épicatéchine. Ce micronutriment au nom barbare est présent en quantité importante dans le cacao, le vin rouge et le thé vert. Ses effets bénéfiques pourraient s'expliquer par son action sur les mitochondries, véritables petites usines contenues dans les cellules où se déroulent les grandes manoeuvres métaboliques. C'est cette propriété qui permettrait la diminution de la taille des infarctus du myocarde induits expérimentalement. De plus, l'épicatéchine du chocolat noir serait à même de corriger le mauvais fonctionnement des mitochondries impliqué dans des affections chroniques comme le diabète, l'hypertension et les maladies coronariennes. Alors, même s'il ne faut pas parler de panacée et que d'autres études doivent être menées, il serait dommage de se priver d'en consommer régulièrement.

Enfin, d'autres composants du cacao, connus sous le nom de flavonoïdes et que l'on retrouve aussi dans le thé vert et les myrtilles, suscitent l'intérêt des chercheurs en raison de leur impact positif sur les performances cognitives. En effet, de plus en plus de données suggèrent que la consommation d'aliments riches en flavonoïdes serait bénéfique pour la mémoire et les capacités d'apprentissage chez les personnes saines. De plus, des études ont établi que leur consommation aurait un effet favorable sur le déclin cognitif et sur l'évolution des maladies neurodégénératives. Plusieurs flavonoïdes sembleraient capables d'empêcher la progression d'un modèle de maladie d'Alzheimer chez les rongeurs, ouvrant l'espoir d'une voie thérapeutique nouvelle. Attention, il ne s'agit que de rats de laboratoires et les explications concernant son mode d'action restent à confirmer, tout comme les doses nécessaires pour espérer garder longtemps une bonne mémoire.

ANNE JEANBLANC

Bientôt Pâques

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Selon une étude américaine, publiée dans les Archives de la médecine interne, le chocolat noir, « consommé avec modération et accompagné d’une bonne hygiène de vie », ne ferait pas grossir et permettrait au contraire de réduire l’indice de masse corporelle, indique Francesoir.fr.

Cette étude a été menée auprès de 1 000 personnes par Beatrice Golomb de l’Université de Californie de San Diego.

(Francesoir.fr, 26/03)

14:16 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (0)

26/03/2012

Les dangers de la chimie pour les générations présentes et futures

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/26/la-toxicite-de-dizaines-de-substances-sous-evaluee_1675531_3244.html

LE MONDE | 26.03.2012 à 10h54 • Mis à jour le 26.03.2012 à 14h35

La toxicité de dizaines de substances sous-évaluée

Une vaste étude conteste les fondements de la toxicologie en pointant les effets à faible dose de produits chimique

 

Rarement débat scientifique aura été à la fois aussi peu médiatisé et aussi crucial pour la santé publique. Depuis plus d'une quinzaine d'années, un nombre croissant de biologistes suspectent des effets délétères de certains composés chimiques à des niveaux d'exposition très inférieurs aux doses considérées comme sûres.

Dans l'édition à paraître de la revue Endocrine Reviews, une douzaine de chercheurs américains issus du monde académique enfoncent le clou en présentant le résultat d'un travail d'analyse considérable (*), le plus important réalisé à ce jour sur le sujet. Leurs conclusions mettent en évidence un ensemble d'éléments scientifiques plaidant pour un profond changement de méthodologie dans l'évaluation de la toxicité de nombreuses molécules mises sur le marché.

Les auteurs ont passé en revue plus de 800 études distinctes menées sur l'homme, sur l'animal ou sur des cultures cellulaires. "Nous avons voulu considérer cette littérature dans son ensemble, indique la biologiste Laura Vandenberg (Tufts University à Boston), premier auteur de cette analyse. Il ressort, en résumé, que les molécules qui imitent ou bloquent les hormones ont des effets négatifs à très faibles doses, c'est-à-dire à des doses généralement considérées comme sûres chez l'homme."

Ces effets sont difficiles ou impossibles à mettre en évidence avec les données de la toxicologie classique - sur lesquelles s'appuient les agences d'évaluation des risques. Pourquoi ?

LA DOSE NE FAIT PAS FORCÉMENT LE POISON

D'abord, les effets de ces perturbateurs endocriniens battent en brèche un principe central de la toxicologie. "Les études de toxicologie classique partent du principe que "la dose fait le poison", c'est-à-dire que plus on augmente la dose du produit que l'on veut tester, plus l'effet est important, explique Daniel Zalko, chercheur à l'unité de toxicologie alimentaire de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), à Toulouse. Or, à plus faibles doses, et parfois à des doses inférieures à un niveau où la toxicité du produit semble avoir disparu, on retrouve des effets importants, d'une nature parfois différente."

La toxicologie classique ne s'appuie en général que sur des expériences à hautes doses. "Une fois que la toxicité d'une molécule est établie sur l'animal à des doses importantes, les toxicologues en déduisent par extrapolation une dose sans effet toxique observable, explique Mme Vandenberg. Ensuite, à partir de cette valeur, la dose journalière admissible pour l'homme est calculée... mais elle n'est jamais testée!"

Le fait que les perturbateurs endocriniens puissent avoir des effets à très faibles doses qui disparaissent à des niveaux d'exposition supérieurs ruine cette méthodologie.

En outre, les tests toxicologiques classiques effectués sur les animaux de laboratoire ne cherchent que certains types d'effets. "Les toxicologues s'attachent à repérer des effets très particuliers, comme la mort de l'animal, la survenue de tumeurs, etc., précise la biologiste américaine. Ils ne cherchent pas, par exemple, à savoir si le système cérébral s'est normalement développé, si un animal mâle se comporte toujours comme un mâle, ou s'il se comporte comme une femelle..."

L'étude liste une trentaine de molécules dont les effets échappent ou sont susceptibles d'échapper à la toxicologie classique. "Sans aucune réserve, estime Daniel Zalko, la synthèse présentée reflète bien l'état des connaissances sur la question." Pourtant, la plupart des agences d'évaluation des risques dans le monde ignorent encore largement les effets aux faibles doses des perturbateurs endocriniens. "A l'exception de l'Anses [l'Agence de sécurité sanitaire française], qui est, sur cette question, très en avance sur ses homologues", remarque toutefois Ana Soto, endocrinologue et professeure de biologie cellulaire à la faculté de médecine de la Tufts University, coauteur de l'étude.

"ON N'EXPÉRIMENTE PAS SUR L'ÊTRE HUMAIN"

Les réticences des agences se fondent sur le fait que certaines des expériences n'ont pas été reproduites. "D'abord, il faut savoir que les chercheurs du monde académique ne disposent souvent pas de budgets pour reproduire à l'identique des expériences qui ont déjà été menées, souligne Laura Vandenberg. De plus, cette critique serait recevable si nous n'avions pas, désormais, un très vaste corpus d'études qui pointent toutes dans la même direction."

Par ailleurs, mettre en évidence chez l'homme les effets de ces perturbateurs endocriniens est parfois très ardu. "Si l'on prend l'exemple du bisphénol A, qui est la molécule la plus étudiée, il y a des effets qui se développent tard dans la vie suite à une exposition in utero, au cours de phases critiques du développement fœtal, explique Daniel Zalko. C'est quelque chose que l'on peut mettre en évidence chez l'animal en laboratoire, mais qui est très difficile à démontrer chez l'homme, puisque, pour d'évidentes raisons éthiques, on n'expérimente pas sur l'être humain..."

La diversité des molécules et de leurs effets rend également délicate la conduite d'études dans la population humaine. Chez l'animal, il a été montré que l'exposition à de faibles doses de bisphénol A provoque une puberté avancée chez la femelle, des troubles du comportement sociosexuel chez les mâles, une prédisposition accrue au cancer de la prostate et de la glande mammaire, une baisse de la fertilité, etc. Chez l'homme, deux récentes études viennent de mettre en cause cette substance dans l'incidence du diabète de type 2 et de l'obésité...

Stéphane Foucart

Une trentaine de molécules passées au crible
 
Dans leur revue de la littérature scientifique existante, les chercheurs ont mis en évidence une trentaine de molécules dont les effets sont aujourd'hui sous-évalués par les toxicologues.
Parmi elles, le bisphénol A (présent dans les plastiques et les vernis alimentaires), l'atrazine (un herbicide interdit en Europe mais toujours utilisé aux Etats-Unis), les phtalates (solvants que l'on trouve dans les plastiques), le parathion (un insecticide), le perchlorate (utilisé dans le carburant des fusées, les feux d'artifice...), certaines dioxines, ou les PCB - désormais interdits mais présents pour longtemps dans la chaîne alimentaire -, etc.
De nombreux autres produits phytosanitaires sont également listés.

(*) http://edrv.endojournals.org/content/early/2012/03/14/er.2011-1050.abstract
------------
lire aussi :

Des produits chimiques favorisent obésité et diabète

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/23/des-produits-chimiques-favorisent-obesite-et-diabete_1674620_3244.html

Un rapport scientifique montre que l'exposition à certaines substances, dont les pesticides, a des effets nocifs sur la santé jusqu'ici non pris en considération.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/23/retour-de-l-epandage-aerien-des-pesticides_1674789_3244.html

Cette technique présente des risques importants pour la santé et l'environnement

25/03/2012

« Semaine sans pesticides »

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5085

22-03-2012 - 

L’histoire des pesticides depuis 1945 : une lente agonie du vivant

Alors que de multiples actions s’organisent à travers la France dans le cadre de la « Semaine sans pesticides », la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) publie son « Manifeste pour une agriculture respectueuse de la nature et des hommes » (1). Cette publication retrace notamment les 100 ans d’existence de la LPO, au cours desquelles l’association a assisté et lutté contre l’apparition de menaces toujours plus nombreuses pour les oiseaux, dont l’évolution des pratiques agricoles. 

Au cours des années 1945 – 1970, l’utilisation des insecticides organochlorés, tel le DDT, se généralise, entraînant l’effondrement de la reproduction des prédateurs, et plus particulièrement des rapaces avec le Faucon pèlerin en première ligne. Rapidement, c’est au tour des organophosphorés, puissants toxiques du système nerveux, de faire leur apparition, leurs effets mortels se faisant sentir sur nombre d’animaux vertébrés et invertébrés, y compris les oiseaux. La machine est alors lancée et, à partir des années 1970, les herbicides font leur entrée. La quasi disparition de la flore indigène entraîne la disparition des invertébrés qui dépendaient d’elle. Les chaînes alimentaires sont rompues, laissant démunis les oiseaux dépendants des ressources en invertébrés. 

A partir des années 1990, cette logique implacable de destruction du vivant trouve une nouvelle expression avec la mise au point des insecticides en enrobage de semences. Pour la LPO, cette nouvelle invention est le « coup de grâce » porté aux invertébrés, « entre 10 et 33 000 fois plus sensibles que les vertébrés à ces poisons ». Au cœur du processus vital de pollinisation, les abeilles s’effondrent, de même que nombre de populations d’oiseaux (hirondelles, traquets, alouettes…) qui crient famine. Selon l’association, les oiseaux soumis à l’agriculture intensive ont ainsi chuté de 30 % (1).   

Inquiétant, ce bilan n’a, pourtant, pas vocation à se focaliser sur le passé, mais entend montrer l’urgence d’inverser rapidement la tendance. Des initiatives en ce sens fleurissent déjà, à l’instar des municipalités et des jardiniers amateurs qui ont abandonné pesticides et herbicides. De même, les agriculteurs biologiques ont doublé leurs effectifs en 5 ans. Mais ces progrès doivent désormais se généraliser et dépasser le stade de prises de conscience isolées pour renverser la vapeur. Sa position au sommet de la chaîne alimentaire ne préservera certainement pas l’homme, bien au contraire. Dès lors, faire bon usage du temps dont il dispose reste son principal atout. A lui de mettre un point final à la chronologie des pesticides. 

Cécile Cassier

1- Programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs).


22/03/2012

Gaz de schiste: le gouvernement français cherche à contourner la loi

communiqué:

L'hypocrisie du gouvernement sur les gaz et huiles de schiste : 
comment contourner en douce une interdiction mise en scène à travers la loi ?

Paris, le 22 mars 2012 – Alors que le gouvernement se targue d’être le premier au monde à avoir « interdit » le recours à la fracturation hydraulique, technique jugée « mal maîtrisée et dangereuse » par la ministre de l’Environnement, nous apprenons aujourd’hui la création d'une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».

Pourquoi cette évaluation des risques alors que tant d’études scientifiques indépendantes démontrent de manière certaine la dangerosité de cette technique (pollution massive des sols, contamination des nappes phréatiques, risques sanitaires majeurs) ? Pourquoi ces expérimentations scientifiques alors que les citoyens français ne cessent d’exprimer leur totale opposition à l’utilisation de cette technique mortifère pour notre environnement et notre climat ?

Sous couvert de recherches scientifiques, le gouvernement joue aux apprentis sorciers pour le plus grand bonheur des lobbies pétroliers et gaziers.

L’analyse du décret portant création de cette Commission nationale achève de démontrer le parti pris gouvernemental. Certes, une place est laissée à trois représentants d’associations agréées pour la protection de l’environnement mais, à côté des cinq représentants de l’Etat, y siégeront aussi trois représentants des entreprises gazières et pétrolières, ainsi que trois représentants du personnel de ces industries. Trois personnalités qualifiées au vu de leurs compétences scientifiques seront également de la partie, cette compétence étant laissée à l’appréciation du seul ministre de l’Industrie… L’équilibre des forces et intérêts en présence est donc loin d’être assuré.

Nos associations rappellent en outre que le problème de l’exploration et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste ne se limite pas à la question de la fracturation hydraulique. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, si l’on veut éviter le pire et contenir le réchauffement global moyen en deçà de 2°C d’ici à la fin du siècle, seul moins du quart des réserves prouvées en combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) peut être utilisé d’ici à 2050 ! Dans ces conditions, pourquoi sonder le sous-sol ?

Alors que la Bulgarie vient, elle, d’interdire définitivement le recours à la fracturation hydraulique et d’abroger les permis délivrés à Chevron, nos associations dénoncent cet énième pied de nez du gouvernement à l'écologie et à la démocratie. Nul besoin d’une Commission à l’indépendance douteuse pour affirmer notre rejet total de toute utilisation de la fracturation hydraulique et, plus largement, de toute exploration ou exploitation de gaz et d’huiles de schiste en France ou ailleurs.

La conférence de Rio+20 en juin au Brésil sera l’occasion de montrer que la mobilisation citoyenne ne faiblit pas et qu’elle compte bien faire entendre sa voix, comme ce fut le cas il y a peu lors du Forum Mondial de l’Eau à Marseille.

Gaz et huiles de schiste : ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

Signataires : Amis de la Terre, France Libertés, ATTAC, AITEC, RAC, Greenpeace, Helio, CRID, WECF, Réseau Sortir du Nucléaire

21/03/2012

Informations médicales du jour : santé des jeunes, cancer et aspirine

lues sur : http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Le Dr Thomas Girard, responsable de l’unité de consultation Espace santé jeunes, à l’hôpital Hôtel-Dieu, à Paris, souligne dans Libération que « l’expérience que nous avons avec les adolescents et jeunes adultes en rupture sociale, familiale et/ou scolaire révèle que les jeunes patients français négligent leur santé ».

Il ajoute : « Les jeunes migrants, vivent, eux, une rupture de plus que les autres et subissent très souvent une santé dégradée dont la prise en charge est difficile du fait des problèmes de langue et d’un système de soins de plus en plus refermé sur lui-même ».

(Libération, 21/03)

 

« Les vertus de l’aspirine dans la prévention du cancer »
Le Figaro rend compte de trois nouvelles études démontrant « les vertus de l’aspirine dans la prévention du cancer », qui « viennent renforcer les résultats déjà obtenus par l’équipe du Pr Peter Rothwell (université d’Oxford) ».

Dans cette nouvelle série de travaux, publiée dans le Lancet et le Lancet Oncology, Peter Rothwell et John Radcliffe ont utilisé de nombreux essais « qui ont évalué l’action de l’aspirine, utilisée à dose quotidienne dans la prévention au long cours des accidents cardio-vasculaires ».

(Le Figaro, 21/03)

20/03/2012

L'agriculture, à l'origine des deux tiers de la pollution de l'eau ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/20/l-agriculture-a-l-origine-des-deux-tiers-de-la-pollution-de-l-eau-potable-en-france_1672579_3244.html

L'agriculture, à l'origine des deux tiers de la pollution de l'eau potable en France

 

L'UFC-Que Choisir, qui s'est basée sur les résultats d'analyses publiés par le ministère de la santé, a pris le parti de considérer comme "non conforme" l'eau d'une commune dont au moins un quart des analyses effectuées en deux ans ont montré qu'elle se trouvait au-dessus des limites réglementaires pour un des six critères retenus : la qualité bactériologique, la teneur en aluminium (les sels d'aluminium sont utilisés pour rendre l'eau plus limpide), la radioactivité (d'origine naturelle), la présence de résidus de pesticides, le taux de nitrates, et la teneur en sélénium, élément présent dans la croûte terrestre que l'on retrouve dans l'eau issue des nappes phréatiques.

CONTRÔLES TROP PEU FRÉQUENTS

Premier constat, plutôt rassurant. "Quasiment aucune pollution n'est relevée dans les grandes villes ou les villes de taille moyenne", selon l'enquête. Les 2 747 communes où des dépassements de normes ont été relevés comptent en moyenne 500 habitants. L'étude met cela sur le compte de contrôles trop peu fréquents pour "assurer le suivi minimal requis". Quatre villes de plus de 20 000 habitants distribuent cependant une eau contenant trop de résidus de pesticides : Sens (Yonne), Lisieux (Calvados), Firminy (Loire) et Bourgoin-Jallieu (Isère).

L'étude confirme que l'agriculture est bien aujourd'hui la principale responsable de la pollution des eaux : 69% des cas relevés lui sont attribuables, 27% revenant à des défauts de traitement de l'eau et 4% à la radioactivité naturelle. René Lalement, de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), avoue ne pas être surpris : "Le problème vient de la récurrence de facteurs qui n'ont pas été traités depuis des années."

A eux seuls, les pesticides - et en particulier l'atrazine (désormais interdit mais qui persiste longtemps dans l'environnement) - sont responsables de 60% des cas de pollution d'origine agricole. Près de 700 000 personnes sont concernées, essentiellement dans le Bassin parisien, le Nord, la vallée du Rhône et le Sud-Ouest.

RÉFORMES DE L'EAU ET DES PRATIQUES AGRICOLES

Curieusement, la pollution de l'eau aux nitrates ne touche pas la Bretagne, où des mesures de protection ont été prises "sous la pression des associations et des consommateurs bretons", estime l'UFC-Que Choisir. Quant au sélénium, on en retrouve principalement dans les zones de fort prélèvement agricole, où il faut allerpuiser dans les eaux souterraines.

"Il y a péril en la demeure si l'on poursuit un mode de production agricole, la monoculture intensive, qui récidive en permanence", prévient Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs. L'étude relève que la baisse du volume de pesticides utilisés en France est compensée par le recours à des molécules plus puissantes et donc plus polluantes, et que le recul de l'utilisation des nitrates est très modéré.

Les auteurs regrettent que "bien qu'ils soient majoritairement à l'origine de ces pollutions, les agriculteurs ne financent pas le coût des impacts négatifs de leurs pratiques sur l'environnement" et que l'application de ce principe du "pollueur pas payeur" alourdisse de 6,6% à 11,8% la facture d'eau des consommateurs, qui doivent payer pour la "potabilisation".

L'UFC-Que Choisir appelle donc à une réforme de la politique de l'eau et à une réforme profonde des pratiques agricoles. "Il y a une fuite en avant, comme quand l'on préfère abandonner un captage pollué pour aller chercher d'autres ressources plutôt que de traiter la pollution à la source", note Alain Bazot. Des chiffres publiés en février par la direction générale de la santé viennent d'illustrer ce propos : sur 4 811 captages abandonnés entre 1998 et 2008 en France, 41% l'ont été en raison de la mauvaise qualité de l'eau.

>> Naviguez sur la carte de France interactive de l'association UFC-Quechoisir.

Gilles Van Kote

Paris garde son réseau d'eau non potable
Le Conseil de Paris a décidé, lundi 19 mars, de maintenir le réseau d'eau non potable de la capitale en le reconfigurant. Héritage du XIXe siècle, ce réseau de 1 700 km, aussi long que le réseau d'eau potable, sert au nettoyage des rues, au curage des égouts et à l'alimentation des bassins des parcs parisiens. La question de son abandon était posée, car sa consommation n'a cessé de diminuer depuis 1950, pour se fixer à 50 millions de m3 par an. Certains des sept réservoirs d'eau non potable seront supprimés mais le réseau sera utilisé pour de nouveaux usages comme l'arrosage des trottoirs lors des canicules pour faire tomber la température.
Image 1.png

19/03/2012

L'OGM Monsanto 810 est toxique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/19/la-coccinelle-victime-collaterale-du-mon810_1672055_3244.html

La coccinelle, victime collatérale du MON810
Des tests en laboratoire prouvent la nocivité de la toxine Bt pour l'insecte. L'effet en plein champ reste à démontrer.

LE MONDE | 19.03.2012 à 17h11 • Mis à jour le 19.03.2012 à 17h11

Par Stéphane Foucart


Alors que la France a renouvelé, vendredi 16 mars, son moratoire sur le maïs transgénique MON810, la controverse scientifique fait toujours rage sur les risques environnementaux potentiels associés à cette culture. Avec, cette fois, au centre de l'attention, la suspicion de ses effets collatéraux sur un charmant coléoptère : une espèce de coccinelle du nom d'Adalia bipunctata.

Dans la dernière édition de la revue Environmental Sciences Europe, Angelika Hilbeck, chercheuse au Centre de biologie intégrative de l'Institut fédéral suisse de technologie de Zurich (ETHZ), revient sur cette polémique pour la clore - mais seulement en partie. Selon de nouvelles expériences menées par la biologiste suisse, la toxine Bt (Bacillus thurigensis) produite par le MON810 est bel et bien toxique, en laboratoire, pour bipunctata. Un résultat embarrassant pour Monsanto, puisque ce coléoptère est assez éloigné des ravageurs ciblés par la toxine Bt en question, dite Cry1Ab.

L'affaire commence il y a trois ans. Début 2009, Jörg Schmidt (ETHZ) publie, dans Archives of Environmental Contamination and Toxicology, l'observation en laboratoire d'un effet délétère de la toxine sur la coccinelle. L'étude est citée par le gouvernement allemand à l'appui du moratoire imposé en avril 2009, outre-Rhin, sur le fameux maïs transgénique. Elle se heurte aussitôt à un tir de barrage.

"VOCABULAIRE FEROCE"

"Quelques semaines plus tard, deux commentaires critiques sont publiés coup sur coup dans la revue Transgenic Research, avec un vocabulaire inhabituellement féroce pour un échange scientifique, rappelle Denis Bourguet, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et spécialiste de l'évaluation des effets indésirables des cultures transgéniques. L'un des articles suggérant même que ces travaux sont assimilables à de la pseudo-science."

La même revue publie, en 2010, une expérience qui semble mettre un terme à l'affaire. Le biologiste Franz Bigler (Station de recherche de l'Agroscope, à Zurich) mène en effet une expérience comparable à celle de Jörg Schmidt et... ne met en évidence aucun effet toxique de Cry1Ab sur la coccinelle. Pas le moindre.

Qui croire ? Dans les travaux qui viennent d'être publiés, Angelika Hilbeck - qui appartient au même groupe que Jörg Schmidt - a reproduit les deux expériences contradictoires. "Elle est parvenue à montrer de manière convaincante que Cry1Ab a bel et bien un effet en laboratoire sur les larves de cette coccinelle", estime M. Bourguet.

Comment ? L'expérience montrant une toxicité sur les larves consistait à nourrir celles-ci, de manière continue, avec une nourriture contenant différentes concentrations de la toxine. Quant au protocole montrant l'innocuité de celle-ci, "il consiste à espacer les expositions, c'est-à-dire à accorder un répit de plusieurs heures - jusqu'à une journée - entre deux expositions, explique Mme Hilbeck. Lorsque nous mettons en oeuvre un tel protocole, nous ne trouvons pas, nous non plus, d'effets significatifs sur les larves de coccinelle."

Voilà qui ne règle pas la question de la pertinence du protocole : quel type d'exposition - continue ou discontinue - décrit le mieux ce qui peut se produire en plein champ ? Angelika Hilbeck et ses coauteurs répondent en tentant de mesurer les effets d'une exposition discontinue de la pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) à Cry1Ab. Ce ravageur est la principale cible de la toxine. Or, explique Mme Hilbeck, "si nous l'exposons de manière discontinue à Cry1Ab, sa mortalité chute de manière importante, voire disparaît !".

"ESSAIS EN PLEIN CHAMP"

Ce n'est pas fini. Car si la toxicité, inattendue, de Cry1Ab sur le coléoptère semble désormais avérée en laboratoire, il n'en va pas nécessairement de même en milieu naturel. Cultivé en plein champ, le MON810, qui produit cette toxine, pourrait bien n'avoir qu'un effet minime sur l'insecte.

"Nous ne savons pas quelle proportion de cette coccinelle vit effectivement dans le maïs et c'est sans doute une proportion relativement faible, estime ainsi Denis Bourguet. Nous ignorons donc quelle part de la population totale pourrait, éventuellement, être affectée."

De plus, en milieu naturel, bipunctata se nourrit essentiellement de pucerons, lesquels sont largement exempts de la toxine. Au total, juge-t-il, "il est très probable que l'effet en plein champ, s'il existe, soit très faible ". Pour le savoir, dit Mme Hilbeck, "il faudrait mener des essais en plein champ spécifiquement destinés à détecter des effets létaux sur une génération".

Le débat sur les possibles dégâts collatéraux du maïs Bt sur les insectes non ciblés ne date pas d'aujourd'hui. Une méta-analyse de la biologiste Michelle Marvier (université de Santa Clara, Californie), publiée en 2007 dans Science, avait montré une abondance moindre de certaines espèces d'arthropodes dans les champs de maïs et de coton Bt, par rapport aux cultures conventionnelles non traitées. Mais, selon ces travaux, ces mêmes insectes non-cibles étaient moins abondants dans les champs traités aux insecticides que dans les cultures Bt...

Stéphane Foucart

52 % des Français doutent de l'innocuité des OGM

Une majorité (52 %) de Français estime que la consommation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) comporte des risques pour la santé humaine, 44 % étant d'un avis contraire, selon un sondage Ipsos. Selon l'enquête, rendue publique le 15 mars, 41 % des Français pensent que rien ne prouve que ces risques soient avérés, et 3 % pensent qu'ils n'existent pas. Aucune étude ne permet aujourd'hui de dire que de tels risques existent. Quant aux bénéfices, 59 % pensent que l'utilisation d'OGM permettra d'augmenter les productions dans les pays du Sud.

18/03/2012

Les terres rares : un faux problème

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5072

15/3/2012

Exploiter les « terres rares » en Chine

pour préserver son chez soi 

Le 13 mars dernier, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ont déposé plainte contre la Chine auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ils lui reprochent des quotas jugés abusifs, limitant l’exportation de « terres rares », ce terme désignant un groupe de métaux très prisés par les nouvelles technologies. Les Amis de la Terre ont vivement réagi à ce qu’ils dénoncent comme une « hypocrisie » des pays industrialisés. De fait, contrairement à ce que leur appellation suggère, les « terres rares » sont présentes de manière relativement homogène dans le monde. Mais leur exploitation est problématique, impliquant des conditions de travail précaires et des techniques d’extraction nuisibles à l’environnement. 

Aussi, n’est-ce pas un hasard si plus de 95 % de la production mondiale se concentrent en Chine, où les normes sociales et environnementales sont peu contraignantes. Pour l’ONG, plutôt que de faire pression sur la Chine, les pays industrialisés doivent s’interroger sur leurs besoins croissants en matières premières, inhérents à un mode de vie excessivement énergivore. Les associations déplorent une 
ère d’obsolescence programmée qui, en assurant une durée de vie limitée aux produits (*), appelle au renouvellement incessant d’accessoires, notamment high-tech. En atteste la récente sortie du nouveau Ipad d’Apple, le 7 mars dernier, troisième génération commercialisée en deux ans. Loin de se substituer à d’autres produits, ces tablettes s’ajoutent aux smartphones et aux lecteurs MP3. En moyenne, un Européen achète un nouveau téléphone tous les 18 mois. 

(*) http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4996

Cécile Cassier

16/03/2012

Buvez-vous du Coca ? (suite)

lu sur le Canard Enchaîné de cette semaine :

Image 1.png

Comment les pays riches polluent les pays pauvres

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/15/terres-rares-l-usine-qui-divise-la-malaisie_1669634_3244.html

Terres rares : l'usine qui divise la Malaisie

Le processus industriel du projet du groupe Lynas est toxique et polluant

LEMONDE | 15.03.12 | 19h13   •  Mis à jour le 15.03.12 | 19h34

Tranquillement installé dans son hamac abrité du soleil par la tôle de son cabanon, Syed, pêcheur de crabes, se redresse, mi-inquiet mi-intéressé, quand il comprend, en ce début de mois de mars, que les visiteurs qui marchent sur son ponton sont des militants "anti-Lynas". Autrement dit, des opposants à la gigantesque usine d'extraction de terres rares, quasi terminée, en amont de "sa" rivière. 

Au terme d'un processus industriel qui, en Chine, s'est révélé une calamité pour l'environnement, l'usine de la compagnie minière australienne Lynas déversera, une fois en service - en principe d'ici à juin - ,500 000 litres d'eau par heure dans la Sungai Balok, le tranquille cours d'eau qui charrie des flots opaques rougis par l'acidité naturelle des sols. L'estuaire est juste là, à quelque 300 m à l'est, devant le ruban turquoise de la mer de Chine. Comme les autres pêcheurs du lieu, Syed sait surtout de cette usine qu'elle sera "radioaktif", comme on dit en malais. Il n'est pas allé à la grande manifestation d'opposition du 26 février parce que, dit-il, ce sujet a divisé tout le monde ici 

Pour lui, la situation n'a fait que se dégrader depuis la création de la zone industrielle de Gebeng, à proximité. Il ne pêche plus qu'après la marée haute quand la rivière a été "nettoyée" par la mer. Un jour, les poissons sont apparus morts à la surface. Depuis une vingtaine d'années, tourbières et mangroves ont peu à peu cédé la place à des usines de pétrochimie hypersophistiquées, dont on voit les entrelacs rutilants de tuyaux, de citernes et de cheminées derrière des clôtures de haute sécurité. 

Malgré sa taille imposante - dix hectares -, le site de Lynas, lui, est presque invisible. On l'aperçoit de la grand-route qui longe la côte est de la Malaisie, à mi-chemin entre Kuantan, capitale de l'état de Pahang, et le Club Med de Cherating. Nos demandes de visite et d'interviews ont été déclinées, tant par Lynas que par la haute commission australienne à Kuala Lumpur. 

Lynas est propriétaire en Australie-Occidentale du plus riche gisement au monde de terres rares, Mount Weld. Le "business plan" consiste à faire venir à Kuantan le minerai sous une forme concentrée. Les oxydes de terres rares importés en Malaisie contiendront alors 40 % de terres rares, qu'il faudra broyer puis passer dans divers bains d'acides à très haute température. L'usine consommera 500 m3 d'acide sulfurique et 750 m3 d'acide chlorhydrique par jour. Lynas a indiqué que l'opération coûterait 75 % moins cher en Malaisie, qu'il s'agisse des 350 futurs employés que des matières premières nécessaires à l'extraction. La Malaisie a en outre offert à l'entreprise australienne douze années d'exemption d'impôts dans le cadre d'une politique d'incitation aux investissements étrangers dans les secteurs dits "pionniers". Ce cadeau a choqué un peu plus les opposants au projet qui ne voient que des risques dans cette affaire sans aucune réelle contrepartie. 

L'extraction de terres rares est une activité hautement toxique et polluante en raison de certains composés radioactifs et cancérigènes comme le thorium et l'uranium, associés en bloc aux autres minerais recherchés. La Malaisie en a elle-même fait les frais sur un site fermé dans les années 1990, BukitMerah, où la contamination a été mise en évidence par un nombre anormal de nouveau-nés mal formés à proximité de l'usine. A plein régime, Lynas devrait fournir 22 000 tonnes de terres rares par an.

Le régulateur malaisien "Malaysian Atomic Energy Licensing Board" a accordé fin janvier son permis d'opérer à Lynas, en lui donnant dix mois pour proposer une stratégie précise sur l'avenir des montagnes de déchets résiduels, 280 000 tonnes par an, dont une partie "faiblement radioactive". Canberra a précisé qu'il était hors de question pour l'Australie de les récupérer.

Lynas a lancé une campagne publicitaire nationale pour indiquer que les déchets ne seront pas nuisibles à la santé. L'entreprise a d'abord proposé de stocker sur place ses déchets, mais ni l'espace disponible ni la nature géologique du terrain ne favorisaient cette option. Le premier ministre malaisien Najib Razak a donc décidé de mettre les déchets "ailleurs", sans préciser où, accusant l'opposition de diaboliser le projet pour galvaniser ses troupes à quelques mois des élections générales. 

C'est en effet la députée d'opposition Fuziah Salleh qui a été la première à dénoncer les risques et les incohérences du projet. Selon elle, si Lynas a choisi de faire cette usine en Malaisie, alors même que le groupe avait obtenu de longue date la permission d'extraire les terres rares sur son site désertique en Australie, c'est bien pour ne pas devoir se soumettre aux 41 conditions de respect de l'environnement imposées en Australie"Ici, on est au bord de la mer, sur une tourbière, dans un climat de mousson : les risques de contamination sont immenses. Mais comme la Malaisie est moins chère et moins exigeante sur la protection de l'environnement, Lynas s'installe chez nous ! On est des rats de laboratoire", s'insurge la députée.

A l'une des tables d'une petite cantine locale à Gebeng, un ingénieur d'une usine voisine affirme connaître plusieurs histoires "de l'intérieur" qui discréditent le sérieux du projet sur le plan technique. Il les tient de collègues qui y travaillent. Selon lui, le réseau d'approvisionnement d'eau a cassé à cause de l'instabilité du sous-sol et il y a un gros problème de perméabilité dans les citernes qui contiendront l'acide. Le bulletin spécialisé Critical Metals Report de mars rapporte que "Lynas a été accusé de manière crédible de chercher à faire des économies à tout prix".  

Deux actions en justice ont été lancées pour tenter d'empêcher l'ouverture de l'usine. L'autre espoir des opposants est de voir l'opposition gagner les prochaines élections, car elle s'est engagée à faire avorter le projet. "C'est fondamentalement une question de morale", estime l'ancienne présidente du barreau Sambiga Sreenevasan. "Comment l'Australie peut-elle permettre à une de ses entreprises de faire chez nous ce qu'elle n'aurait pas le droit de faire chez elle ?" 

Florence de Changy 
 
Article paru dans l'édition du 16.03.1

15/03/2012

Génétique et maladies mentales

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Dans une interview accordée aux Echos, Hervé Chneiweiss, « directeur de recherche au CNRS et directeur du département de neurosciences de l’Institut de biologie Paris-Seine (université Pierre-et-Marie-Curie) », rend compte « des principaux progrès accomplis au cours des dix dernières années » dans la recherche sur le cerveau.

Il souligne notamment que la génétique est importante pour « la compréhension des pathologies, notamment les maladies mentales, même si beaucoup de psychiatres sont hostiles à cette approche ». 

(Les Echos, 15/03)

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/medecine-sante/0201943736502-le-cerveau-n-est-pas-un-organe-comme-les-autres-302187.php

19:31 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

Le rôle de la pollution chimique dans l’obésité et le diabète


lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Un rapport du Réseau Environnement Santé (RES), intitulé « Evaluation du lien entre environnement chimique, obésité et diabète (ECOD) », souligne que la pollution issue de substances de type perturbateurs endocriniens, « apparaît comme un facteur explicatif complémentaire » aux deux facteurs de l’épidémie d’obésité et de diabète que sont « une alimentation trop riche et une sédentarité accrue », rapporte l’AFP.

Gilles Nalbone, directeur de recherche émérite à l’Inserm et membre du RES, explique que le « tissu adipeux est un organe  sous contrôle hormonal, assimilable à une véritable glande endocrine par les nombreux médiateurs actifs qu’il sécrète ». « Il est donc  susceptible d’être aussi la cible des perturbateurs endrocriniens ». 

(AFP, 14/03)

Cigarettiers, tabac et cancer : responsables mais pas coupables ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/15/l-industrie-du-tabac-peut-elle-etre-ebranlee-par-les-proces-de-fumeurs_1668742_1651302.html

L'industrie du tabac peut-elle être ébranlée par les procès de fumeurs ?

Le Monde.fr | 15.03.12 | 14h21   •  Mis à jour le 15.03.12 | 17h09

C'est l'un des procès du siècle de l'industrie du tabac. Près de deux millions de fumeurs et ex-fumeurs québécois réclament aux cigarettiers canadiens pas moins de 27 milliards de dollars canadiens (19 milliards d'euros) de dommages et intérêts, lors d'un procès en nom collectif qui s'est ouvert lundi 12 mars à Montréal, et qui devrait durer plus d'un an.

Après treize années d'instruction, cette procédure fleuve oppose les trois principaux fabricants de tabac canadiens (Imperial Tobacco Canada, Rothmans Benson & Hedges et JTI-Macdonald) aux avocats représentant deux recours collectifs distincts : d'un côté, 90 000 fumeurs et ex-fumeurs victimes de cancers du poumon, de la gorge, du larynx ou d'emphysèmes qui réclament 105 000 dollars (plus de 80 000 euros) par personne, et de l'autre 1,8 million de fumeurs qui demandent, eux, 10 000 dollars chacun.

"Beaucoup de documents industriels internes vont être rendus publics et dévoiler les mensonges des fabricants sur les dangers du tabac, ainsi que leurs stratégies pour maintenir le manque d'information des fumeurs et entretenir leur dépendance, explique Rob Cunningham, avocat et analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer. Nous défendons là une cause historique et massive, qui pourrait enfin forcer l'industrie du tabac à changer de comportement."

LA DIVULGATION DES SECRETS DE L'INDUSTRIE

S'il venait à être remporté par les plaignants, ce procès créerait un précédent : les cigarettiers seraient déclarés responsables et des dizaines ou centaines de milliers de fumeurs tentés de leur réclamer de l'argent en réparation de la dégradation, souvent irrémédiable, de leur santé, alors que le tabac provoque 6 millions de morts par an dans le monde – 60 000 en France.

Mais en réalité, obtenir gain de cause devant les tribunaux face à une industrie aussi puissante économiquement qu'infiltrée dans tous les rouages de la société s'avère extrêmement ardu.

Outre-Atlantique, une procédure fait date : le Master Settlement Agreement, qui clôt, en 1998, les poursuites engagées par 46 Etats américains pour se voir rembourser les dépenses de santé qu'ils ont dû prendre en charge. Dans cette affaire, pas de condamnation de l'industrie, mais une entente à l'amiable, qui établit que les cigarettiers doivent verser 246 milliards de dollars (188 milliards d'euros), échelonnés sur vingt-cinq ans.

Surtout, les juges ordonnent la divulgation des secrets de l'industrie. Des millions de notes internes et rapport confidentiels – les tobacco documents –, recouvrant plus de cinq décennies, ont ainsi été publiés sur Internet. Ils détaillent comment les manufacturiers américains du tabac ont "préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public", selon les procureurs fédéraux.

>> Lire l'enquête du Monde : "Les conspirateurs du tabac"

CONDAMNATIONS ANNULÉES EN APPEL

Ces secrets rendus publics, le regard sur l'industrie change, et la machine judiciaire s'ébranle aux Etats-Unis. Des milliers de fumeurs, libérés d'une partie de leur sentiment de culpabilité, intentent des procédures individuelles pour obtenir réparation. "Mais dans la majorité des cas, des accords à l'amiable sont trouvés rapidement, car l'industrie ne veut pas de scandale et fait tout pour éviter d'aller jusqu'au procès", livre le professeur Gérard Dubois, membre de l'Académie de médecine et auteur du Rideau de fumée, Les méthodes secrètes de l'industrie du tabac. En quinze ans, seulement 17 plaignants ont réussi à faire juger Philip Morris, Reynolds Tobacco ou encore Brown & Williamson Tobacco Co, et obtenu de plusieurs centaines de milliers de dollars à plusieurs millions de dommages et intérêts.

Quant aux class actions, ces recours collectifs en justice davantage à même d'effrayer l'industrie du tabac de par leur ampleur, elles n'ont eu qu'un impact limité. "Aucune des actions collectives menées par les victimes n'a réussi à condamner, au final, les cigarettiers : toutes ont été rejetées par la justice ou annulées en appel", déplore Rob Cunningham.

Ainsi, dans le colossal procès Engle, le jugement du tribunal de Floride, qui avait condamné, en 2000, les fabricants à payer 145 milliards de dollars de dommages et intérêts punitifs, a été annulé en appel puis par la Cour suprême, respectivement trois et six ans plus tard.

Là où les cigarettiers ont toutefois perdu, c'est contre le département de la justice américain, en 2006. Ils ont été reconnus coupables d'avoir menti sur les risques de leurs produits, et jugés par la justice fédérale au nom de la loi RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act), conçue dans les années 1970 pour lutter contre le crime organisé. En dépit de cette reconnaissance de culpabilité, les industriels n'ont finalement pas payé les 289 milliards de dollars réclamés au moment de la plainte.

DES ÉCHECS EN FRANCE

En France, du fait de l'impossibilité de mener des class actions, les procès de victimes se comptent sur les doigts d'une main, malgré les efforts des associations antitabac pour porter la lutte dans les prétoires. Ce sont les affaires Gourlain, du nom d'un fumeur décédé en 1999 après trois cancers, et Berger, menée par la famille d'une jeune femme morte d'un cancer du poumon, lancées en 1996 contre la Seita, ancienne entreprise qui détenait le monopole du tabac en France– devenue aujourd'hui Altadis. Dans les deux cas, la Cour de cassation a conclu à l'absence de responsabilité du cigarettier.

Même échec lorsque la CPAM de Saint-Nazaire attaque quatre cigarettiers (Seita, Rothmans, Philip Morris et Reynolds Tobacco) au nom de 1 000 malades : la plainte est jugée irrecevable en 2003, au motif que la Sécurité sociale ne peut pas représenter ses assurés en justice.

"Ce genre de procès est très difficile, car il coûte extrêmement cher, et peu de victimes ont assez d'argent face à une industrie qui, elle, a les moyens. Par ailleurs, il s'avère très difficile de prouver que les cancers ont été provoqués par la cigarette, assure Francis Caballero, qui a été l'avocat des parties civiles des trois procès français. Enfin, à cette époque, la Seita était nationalisée, et s'attaquer aux intérêts financiers de l'industrie du tabac signifiait porter atteinte aux recettes fiscales de l'Etat."

UNE IMAGE ÉCORNÉE

Si jusqu'à présent, la responsabilité des cigarettiers dans les procès liés à la maladie n'a pas été reconnue de manière définitive par des juges, les parties civiles disposent d'autres types de procédures pour faire pression sur les industriels. "Les cigarettiers ont été condamnés 200 fois en France pour violation de la loi Evin, qui interdit la promotion des cigarettes. Et d'autres victoires ont été gagnées sur le terrain du tabagisme passif, souligne Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme. Ces actions sont importantes, car elles montrent que les fabricants ne respectent pas les lois."

Une taxe sur le chiffre d'affaires des industriels avait aussi été adoptée par le projet de loi des finances 2012, avant d'être censurée par le Conseil constitutionnel. Mais l'industrie du tabac, qui génère des profits considérables (75 milliards d'euros par an rien qu'en France), a des réserves.

"Au final, l'industrie du tabac reste globalement impunie au niveau juridique. Face à ses moyens financiers démesurés, seule la multiplication desclass actions, qui devraient être autorisées en France, peut faire le poids, assure Albert Hirsch, vice-président de l'Alliance contre le tabac et de la Ligue contre le cancer. Si elles ne parviennent pas toujours à faire condamner l'industrie du tabac, elles écornent petit à petit son image."

Audrey Garric

sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/15/les-mesures-contre-le-tabac-ont-permis-d-eviter-pres-de-800-000-morts-aux-etats-unis_1669327_1651302.html#ens_id=1669408

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/25/les-conspirateurs-du-tabac_1647738_3224.html#ens_id=1669408

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/17/forces-et-limites-de-la-statistique-quatre-etudes-de-cas_1644613_3244.html#ens_id=1669408

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/01/un-bilan-mitige-pour-les-5-ans-de-loi-anti-tabac_1637263_3224.html#ens_id=1669408

14/03/2012

Concurrence libre et non faussée ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/06/les-producteurs-d-endives-a-l-amende-pour-entente-sur-les-prix_1652314_3234.html

Les producteurs d'endives à l'amende pour entente sur les prix

Les producteurs d'endives ont été éclarés coupables d'entente sur les prix et devront s'acquitter collectivement d'une amende de 3,6 millions d'euros. Cette décision de l'Autorité de la concurrence est tombée mardi 6 mars.

L'Autorité de la concurrence dit avoir constaté "toute une série d'actions mises en place par une dizaine d'organisations de producteurs et sept organisations représentatives qui s'inscrivaient dans un plan global de fixation des prix de vente minima des endives". Cette entente aurait débuté en 1998 et duré plus de quatorze ans. Elle concernerait la quasi-totalité de la production endivière française.

Le gendarme de la concurrence avait été saisi de cette affaire, en 2008, par le ministre de l'économie, suite à des perquisitions menées, un an plus tôt, par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Certaines pièces du dossier ont mis en évidence la défense d'un prix minimum par les organisations de producteurs ou par les comités économiques agricoles régionaux, comme le Celfnord.

Cette défense s'accompagne de la fixation d'un cours pivot en deça duquel les opérateurs s'interdisent de commercialiser sur le marché du frais. Ils procèdent à la destruction ou à la vente à l'industrie des invendus et indemnisent les producteurs. En 2003, le cours pivot était de 0,90 euro le kilo.

SYSTÈME POUR "CONTRÔLER LES ÉVENTUELS DÉRAPAGES"

Les éléments du dossier montrent aussi une coordination des offres promotionnelles. Surtout, ils mettent en exergue le rôle joué par le système d'échanges d'informations baptisé infocl@r.

Créé par le Celfnord en 1999, cet outil informatique permet de connaître l'évolution des quantités vendues et des prix pratiqués par les organisations de producteurs grâce à un système de déclaration de vente quotidienne et obligatoire.

Si, au départ, les données devaient être agrégées et rester confidentielles, il semble qu'elles aient été utilisées pour "contrôler les éventuels dérapages" et sanctionner les organisations de producteurs qui ne jouaient pas le jeu.

L'Autorité affirme que les participants à l'entente avaient conscience de l'illicéité de ces pratiques, la DGCCRF les ayant à plusieurs reprises alerté sur le fait que le secteur agricole n'échappait pas au droit de la concurrence. Les sages citent aussi le cas d'une organisation, Fraileg, qualifiée de franc-tireur, qui s'était opposée à ces pratiques.

Toutefois, même si elle les juge "graves", l'Autorité convient que ces pratiques n'ont eu qu'un impact limité sur le prix payé par le consommateur. Elle souligne que la grande distribution, principal client des producteurs de chicon, bénéficie d'une puissance d'achat telle, qu'elle a pu exercer une pression à la baisse sur les prix pendant toute la durée des pratiques.

Laurence Girard

------------

et aussi, lu sur : 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/13/vente-de-farine-une-entente-franco-allemande-sanctionnee_1666658_3234.html

Ventes de farines : une entente franco-allemande sanctionnée

Les meuniers français et leurs homologues allemands vont manger leur pain noir. Selon la décision de l'Autorité de la concurrence, dévoilée mardi 13 mars, ils devront s'acquitter d'une lourde amende collective d'un montant total de 242,4 millions d'euros.

Ces fabricants de farine pour la grande distribution sont condamnés à double titre. D'une part, pour avoir noué une entente franco-allemande pour limiter les volumes d'exportation sur leurs territoires respectifs. Et d'autre part, en ce qui concerne les meuniers français, de s'être accordés pour fixer le prix, la production, et pour se répartir la commercialisation de la farine en sachets.

C'est un meunier allemand, la société Werhahn qui a dévoilé le pot aux roses, sachant qu'une entreprise qui dénonce une entente bénéficie d'une exonération totale ou partielle. Dans le cas présent, Werhan, deuxième entreprise de meunerie allemande, qui risquait une amende de 16,66 millions d'euros, s'en sort indemne. A la suite de cette dénonciation, l'Autorité de la concurrence s'est saisie de l'affaire en avril 2008. Elle a mené des perquisitions en France et outre-Rhin avec le concours de son homologue allemand Bundeskartellamt.

D'après les pièces saisies, les meuniers français et allemands avaient établi un pacte de non-agression mutuelle. Ils limitaient l'accès à leurs marchés respectifs et maîtrisaient les exportations de farine en sachets en les maintenant à un niveau défini par avance, estimé à 15000tonnes par an. Selon les sages de la rue de l'Echelle, l'infraction aurait duré de mai 2002 jusqu'en 2008.

Pour cette entente, l'Autorité a prononcé une sanction de 95,5 millions d'euros. La société la plus taxée, Axiane meunerie, devrait s'acquitter d'une amende de 19,9 millions d'euros ; viennent ensuite les Grands moulins de Paris (11,8 millions) et les Grands moulins de Strasbourg (9,8 millions).

L'Autorité estime que cet accord "a mis les meuniers français à l'abri de la concurrence des meuniers allemands plus compétitifs. Les consommateurs français ont ainsi perdu l'opportunité d'acheter la farine à prix plus bas".

VERROUILLAGE DES MARCHÉS

Second grief : le verrouillage du marché français. D'abord avec la création de France farine dès 1965. Cette entreprise a pour actionnaires les meuniers français pour qui elle commercialise la farine en sachets auprès de la distribution, que ce soit par le biais de la marque nationale Francine dont elle est propriétaire ou par le biais de marques de distributeurs ou régionales. France farine applique un prix de cession unique, puis répartit les commandes entre ses actionnaires par zone géographique.

Pour répondre aux appels du hard discount, les meuniers ont créé une deuxième structure Back Mühle, qui négocie collectivement la vente de farine en sachets depuis 2001.

Pour ces deux ententes, l'Autorité a prononcé une sanction de 146,9 millions d'euros. Dont 44 millions pour Axiane meunerie, 35 millions pour Euromil Nord et 24,6 pour les Grands moulins de Paris.

Laurence Girard

13/03/2012

Les besoins en eau, source de tensions entre pays méditerranéens

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/13/les-besoins-en-eau-source-de-tensions-entre-pays-mediterraneens_1657184_3244.html

Les besoins en eau, source de tensions entre pays méditerranéens

En 2025, 80 millions de Méditerranéens risquent de se trouver en situation de "pénurie" d'eau. 

Comment mieux partager les ressources en eau potable auxquelles près de 800 millions de personnes de la planète n'ont toujours pas accès ? Quelque 25 000 participants sont réunis depuis lundi à Marseille au 6e Forum mondial de l'eau pour esquisser des réponses. Parmi les sujets de désaccord constants figure la question du partage de l'eau douce, enjeu de souveraineté des Etats.

Cette question est très sensible dans les pays du pourtour méditerranéen. "En Méditerranée, l'eau est une ressource rare, fragile et inégalement répartie dans l'espace et dans le temps. Les demandes en eau ont doublé dans la deuxième moitié du XXe siècle siècle pour atteindre, en 2005, 280 km3 /an pour l'ensemble des pays riverains. L'agriculture, premier secteur consommateur d'eau, représente 64 % de la demande totale en eau", selon Plan Bleu, observatoire de l'environnement et du développement durable en Méditerranée au sein du PNUE (le programme des Nations unies pour l'environnement).

PÉNURIE POUR 80 MILLIONS DE MÉDITERRANÉENS EN 2025

"Dans de nombreux pays, les prélèvements en eau approchent le niveau limite des ressources disponibles. Des pénuries d'eau, conjoncturelles ou structurelles, sont constatées. En 2005, la population méditerranéenne 'pauvre' en eau, c'est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3 par habitant et par an, s'élève à 180 millions d'habitants, dont 60 millions en situation de 'pénurie' – moins de 500 m3 par habitant et par an. Vingt millions de Méditerranéens n'ont pas accès à l'eau potable, notamment dans les pays au Sud et à l'Est", affirme encore Plan Bleu.

Les pressions sur les ressources en eau s'accroîtront encore de façon sensible au Sud et à l'Est et 80 millions de Méditerranéens seront en situation de "pénurie" à l'horizon 2025. Du fait de la croissance de la demande en eau agricole et urbaine et de la rareté des ressources, un pays méditerranéen sur trois prélèvera plus de 50 % du volume annuel de ses ressources naturelles renouvelables. Les tensions vont croître dans les régions qui souffrent déjà d'un déficit en eau. Mais ces pressions peuvent-elles déboucher sur de véritables conflits ?

UNE SEULE VÉRITABLE GUERRE LIÉE À L'EAU

Selon le député Jean Glavany, auteur d'un rapport publié en décembre dernier sur "La géopolitique de l'eau""l'eau peut-elle motiver à elle seule un conflit". La guerre des Six Jours de juin 1967, en Méditerranée orientale, a souvent été considérée comme une preuve de l'existence des conflits armés pour l'eau. "L'eau a agi comme un catalyseur de l'unité arabe, puis comme un déclencheur d'une opération israélienne", souligne le rapport Glavany.

Le premier sommet arabe, en 1964, fixa ainsi le thème de la conférence sur la nécessité d'adopter une stratégie commune de l'eau en réponse à la décision unilatérale israélienne de construire l'Aqueduc national déviant les eaux du Jourdain, construction achevée cette même année. Un enchainement d'opérations palestiniennes et israéliennes qui déboucha finalement sur un véritable conflit. Mais "le véritable front était sans nul doute le front égyptien, d'où part d'ailleurs la guerre des Six Jours", note le rapport.

En réalité, les historiens s'accordent à dire qu'il y a eu très peu de guerres ayant pour cause directe l'eau. Les chercheurs de l'université de l'Oregon (Etats-Unis) ont analysé plus de 2 000 "interactions" de "conflits" liés à l'eau. Ils notent ainsi que la seule véritable guerre liée à l'eau remonte à plus de 4 500 ans, entre Lagash et Umma, deux cités-États voisines du pays de Sumer (Mésopotamie) au sujet du partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate.

Néanmoins, il y a clairement des points de tensions forts autour de l'eau en Méditerranée. Car l'eau est un enjeu de puissance et de développement économique. L'eau est ainsi une source de différends entre Israël et les Palestiniens (lire notre article : "En Cisjordanie, même l'eau est une arme").

Selon l'IFRI, 90 % de l'eau en Cisjordanie est utilisée aujourd'hui par les Israéliens, qui ne laissent que 10 % aux Palestiniens. Pour les besoins domestiques, les Israéliens consomment 260 litres par jour et par habitant, alors que les Palestiniens doivent se contenter de 70 litres. Est-ce à dire qu'il y aura un conflit pour l'eau entre les deux camps ?

"Il y a une crise de l'eau aiguë entre Israéliens et Palestiniens", confirme Franck Galland, fondateur d'Environmental Emergency & Security Services, spécialiste de la géopolitique de l'eau. Mais grâce à des technologies de pointe et un recyclage poussé des eaux usées, "les Israéliens sont moins tentés d'aller chercher chez leurs voisins l'eau qui leur manquerait". En revanche, "il n'y aura pas d'Etat palestinien viable sans indépendance stratégique sur l'eau douce", insiste l'expert.

L'EGYPTE, LE POINT CHAUD LE PLUS PROBLÉMATIQUE

Plus au nord, la Turquie a construit 29 barrages en Anatolie qui ont cristallisé toutes les tensions avec ses voisins syriens et irakiens. Mais la situation s'est améliorée . Après des années de crises syro-turques, un accord sur les volumes d'eau a pu être trouvé en marge du dernier Forum mondial de l'eau à Mexico, en 2006, souligne le rapport Glavany.

Pour Franck Galland, "le point chaud le plus problématique concerne l'Egypte. Si Le Caire ne réforme pas ses pratiques agricoles, si elle continue à consommer de l'eau comme elle le fait actuellement, elle souhaitera le statu quo par rapport aux accords de 1959, qui partagent avantageusement les eaux du Nil. Dans ce cas de figure, dès qu'un pays comme l'Ethiopie, en amont du Nil Bleu, voudra aménager le cours de ce fleuve, il provoquera la réaction politique et diplomatique du Caire. Mais on ne peut écarter l'option militaire égyptienne. Rappelons-nous que Nasser disait : 'L'Egypte n'entrera plus jamais en guerre, sauf pour l'eau.'" Or, l'Ethiopie verra sa population atteindre près de 120 millions d'habitants à l'horizon 2025. Ses besoins seront énormes, notamment pour l'agriculture.

PROBABILITÉ DE CONFLITS INTRA-ÉTATIQUES

Cependant Franck Galland envisage une autre évolution dans laquelle l'Egypte améliorerait sa gestion de l'eau, ce qui permettrait, "grâce aux économies réalisées, une allocation de l'eau du Nil pour les besoins d'un pays comme l'Ethiopie". Par ailleurs, a été signé en 1999 un accord sur l'Initiative du bassin du Nil (IBN), qui réunit les dix États riverains et vise à concilier les intérêts de chacun.

La probabilité de conflits intra-étatiques est probablement plus grande. "S'il est peu probable que des États se fassent la guerre pour l'eau, il n'en est pas de même à l'échelle locale. En effet, la disponibilité ou la rareté de l'eau est un problème localisé", indique le rapport Glavany.

Des tensions interrégionales peuvent être observées dans de très nombreux États, y compris en Europe. L'Espagne est par exemple depuis fort longtemps le théâtre d'oppositions internes très marquées. C'est notamment le cas de la province d'Aragon qui, déjà sous le régime franquiste, contestait la construction des canaux alimentant les villes de Valence et de Murcie, et s'oppose aujourd'hui aux projets de mise en valeur de ces mêmes villes.

De même, il y a les conflits d'usage. Ainsi en Méditerranée, le développement du tourisme peut entrer en contradiction avec les usages agricoles. La période touristique coïncide avec la période d'irrigation et peut priver d'eau de nombreux agriculteurs pendant une période cruciale, avec des touristes ayant une consommation d'eau "à l'occidentale".

DES SOLUTIONS PRAGMATIQUES

Le 6e Forum de l'eau se démarque résolument des précédentes par son approche pragmatique : l'heure est désormais aux solutions. "Les coopérations sur l'eau peuvent permettre d'établir un climat de confiance et jeter les bases de coopération dans d'autres domaines.  Même en l'absence de coopération affichée, voire en présence de discours belliqueux, la coopération entre les États est attestée. C'est typiquement le cas du Nil : en dépit des tensions, le dialogue est permanent", souligne le rapport Glavany.

Cela concerne aussi l'Europe. Un exemple : la coopération constructive concerne l'Espagne et le Portugal, qui exploitent de façon concertée cinq bassins transfrontaliers (Miño, Limia, Duero, Tage et Guadiana). Un traité signé en 1864 définit les limites internationales des fleuves et souligne l'importance d'utiliser les ressources en eau transfrontalières pour le bien des deux pays.

Mais s'il convient de renforcer les capacités de dialogues régionaux pour éviter les conflits, il faut aussi s'appuyer sur des "actions sur le terrain". Dans le cas de l'Egypte, explique Franck Galland, l'Initiative du bassin du Nil "n'a pas un pouvoir de coercition". C'est une "instance de dialogue". Pour être vraiment efficace, il faudrait un "plan Marshall" sur l'eau en Egypte, c'est-à-dire que la communauté internationale aide l'Egypte à investir massivement dans les infrastructures et utilise des techniques plus efficientes de consommation d'eau.

Ceci suppose des solutions très pragmatiques. Franck Galland cite en exemple l'Algérie qui a, dans les années 2000, massivement investi dans les infrastructures en eau, et parallèlement à fait venir des opérateurs privés qui gèrent les eaux des grandes villes algériennes. Elle a fait le pari de l'expertise et du transfert de savoir-faire. "Cette double politique permet de résoudre les problèmes liés à l'eau".

" Il faut par ailleurs agir sur la demande en eau, et pas uniquement sur l'offre souligne Plan Bleu. Cela consiste à réduire les pertes et les mauvaises utilisations – dans certaines villes, la moitié de l'eau est perdue à cause de fuites – et à améliorer l'efficience de l'utilisation de la ressource. Les marges de progrès sont considérables, puisqu'une meilleure gestion de la demande permettrait d'économiser un quart des demandes, soit plus de 85 km3 par an en 2025 en Méditerranée...

Edouard Pflimlin 

----------------------------------

sur le même sujet, voir :

http://www.fame2012.org/fr/

Forum Alternatif Mondial de l'Eau 

www.fame2012.org/fr/En cache

L'objet du Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) est de construire une alternative concrète au VIème Forum Mondial de l'Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l'Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s'arroger la gouvernance mondiale de l'eau.

Depuis des années l'ensemble des mouvements de la société civile qui militent pour la préservation des ressources en eau et leur gestion citoyenne ont élaboré des plateformes, des propositions et des actions, soit au cours de rencontres spécifiques (Forums alternatifs de Florence en 2003 et de Genève en 2005, Alter Forums de Mexico en 2006 ou d'Istanbul en 2009) soit è l'intérieur des Forums Sociaux Mondiaux comme à Porto Alegre, Caracas, Nairobi ou Belem, qui ont servi de base pour l'émergence d'un mouvement pour la réappropriation de l'eau, bien commun de l'humanité.

Lire la suite

12/03/2012

Buvez-vous de l'eau ?

à lire dans Le Monde :

Dans la Beauce, cinquante ans de pollution agricole

LE MONDE | 12 mars 2012 | Sophie Landrin | 594 mots

 

La nappe phréatique la plus étendue d'Europe stocke les résidus de pesticides et d'engrais utilisés par les céréaliers pour doper les rendements.

Le paysage sans relief offre un horizon de champs. Des parcelles encore nues à perte de vue.

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/12/les-glaces-du-groenland-plus-sensibles-au-rechauffement-que-prevu_1656261_3244.html

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C au-delà duquel la calotte glaciaire du Groenland pourrait avoir totalement fondu. Une nouvelle étude abaisse ce seuil à +1,6 °C.

La calotte glaciaire du Groenland, dont la fonte contribue à la montée du niveau de la mer, est plus sensible au réchauffement climatique que ce qui était admis jusqu'ici, suggère une étude publiée dimanche 11 mars dans la revue scientifique Nature Climate Change.

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C par rapport à l'époque pré-industrielle au-delà duquel les glaces qui recouvrent le Groenland pourraient avoir totalement fondu, d'ici des millénaires. Cette nouvelle étude, à partir de simulations numériques, abaisse ce seuil à +1,6 °C (dans une plage allant de +0,8 °C à +3,2 °C), sachant que la planète s'est déjà réchauffée de 0,8 °C depuis le milieu du XVIIIe siècle.

Le temps que prendrait une fonte totale de la calotte (ou inlandsis) du Groenland dépend de la durée et de l'ampleur du dépassement de ce seuil : elle pourrait avoir disparu en deux mille ans en cas de réchauffement de +8 °C mais en cinquante mille ans en cas de hausse contenue à +2 °C, selon les chercheurs de l'Institut de Potsdam (PIK) et de l'université Complutense de Madrid. Limiter la hausse à 2 °C est l'objectif que s'est fixé la communauté internationale mais, au regard des émissions actuelles de gaz à effet de serre, le monde semble davantage être sur une trajectoire de +3 à +4 °C.

"IRRÉVERSIBLE"

Le Groenland constitue, après l'Antarctique, la seconde retenue d'eau sur terre. Une fonte importante de la calotte glaciaire, qui recouvre environ 80 % du territoire, pourrait contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer et affecter la vie de millions de personnes, rappellent les auteurs. "Notre étude montre que, sous certaines conditions, la fonte des glaces du Groenland devient irréversible", précise par ailleurs l'un des chercheurs, Andrey Ganopolski, de l'Institut de Potsdam.

Cela s'explique par les interactions existant entre le climat et la calotte glaciaire. La calotte peut atteindre plus de 3 000 mètres d'épaisseur et s'élève ainsi à des altitudes où les températures sont plus froides. Mais en fondant, sa surface s'affaisserait à des altitudes où les températures sont plus élevées, ce qui contribuerait à accélérer encore le processus.

Chaîne humaine contre le nucléaire

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/03/11/01016-20120311ARTFIG00224-une-chaine-humaine-de-lyon-a-avignon-contre-le-nucleaire.php

Le Figaro - France : Une chaîne humaine de Lyon à Avignon contre ...

 
www.lefigaro.fr/.../01016-20120311ARTFIG00224-une-chaine-hum...
il y a 17 heures – Des milliers de manifestants ont formé dimanche une impressionnante chaîne sur 230 km de distance, à l'occasion du premier anniversaire de l'accident de Fukushima.

Tandis que le Japon commémorait l'anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima, des manifestations contre le nucléaire ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes en France. Une chaîne humaine «pour sortir du nucléaire» a notamment été formée dans la vallée du Rhône, longue de 230 km.

Vêtus de gilets fluo, les manifestants, au nombre de 60.000 selon les organisateurs, étaient venus de toute la France mais aussi par autocars d'Allemagne, de Suisse et de Belgique. Ils se sont déployés en se tenant par la main ou en étant reliés par des rubans adhésifs, pour occuper tout l'espace entre Lyon et Avignon. Avec ses 14 réacteurs, la vallée du Rhône est la région la plus nucléarisée d'Europe.

Parmi les manifestants se trouvaient les candidats à l'élection présidentielle Philippe Poutou et Eva Joly. «C'est un moment où nous marquons l'anniversaire de l'horrible tragédie de Fukushima, c'est pour ne pas oublier, c'est aussi un geste de solidarité avec le peuple japonais», a déclaré cette dernière.

D'autres manifestations anti-nucléaires ont eu lieu dans le pays. À Bordeaux, une chaîne humaine de plusieurs centaines de mètres a réuni quelque 1500 personnes, selon les organisateurs. À Bayonne, ils étaient plusieurs centaines selon le mouvement altermondialiste basque Bizi, qui avait organisé la manifestation. En Bretagne, à Saint-Malo, Rennes et Faou, des chaînes humaines ont également été organisées.

En Allemagne aussi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre l'énergie nucléaire. Selon les organisateurs, ils étaient près de 50.000 personnes à protester dans six régions du pays, avec pour slogan: «Fukushima nous avertit: il faut fermer les centrales maintenant!». Dans la région de Braunschweig, dans le nord, près de 24.000 manifestants ont formé dans la soirée une chaîne humaine sur près de 80 kilomètres, à la lueur de flambeaux.  

09/03/2012

Utilisation de nanoparticules : déclaration obligatoire

(en théorie)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/medecine/article/2012/03/07/les-industriels-francais-devront-declarer-leur-utilisation-de-nanoparticules_1646874_1650718.html

Les industriels français devront déclarer leur utilisation de nanoparticules

 

LE MONDE |  7 mars 2012 | David Larousserie et Pierre Le Hir | 518 mots

 

La traçabilité des nouveaux matériaux est une première en Europe. Les nanotechnologies refont surface dans le débat en France. Deux textes, très attendus, viennent d'être publiés sur ce secteur scientifique et économique qui repose sur des objets mesurant de l'ordre du milliardième de mètre.


Les nanotechnologies refont surface dans le débat en France. Deux textes, très attendus, viennent d'être publiés sur ce secteur scientifique et économique qui repose sur des objets mesurant de l'ordre du milliardième de mètre. Les produits qui en sont issus, plus d'un millier aujourd'hui, se retrouvent dans l'alimentation, l'habillement, la santé ou l'électronique.

Le premier de ces textes est un décret qui, conformément aux engagements du Grenelle de l'environnement, fixe les conditions de déclaration obligatoire, par les industriels, des substances nanoparticulaires, afin d'en assurer l'inventaire - aujourd'hui mal connu - et la traçabilité. Le second est la réponse des sept ministres concernés au débat public sur les nanotechnologies qui s'est tenu d'octobre 2009 à février 2010.

A partir du 1er janvier 2013, tout producteur, distributeur ou importateur de plus de 100 grammes de produits "nano" devra en faire la déclaration au ministère de l'écologie, sous peine de sanction financière. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) est chargée de la gestion de ces données qui seront publiques, sauf dérogation pour "atteinte au secret industriel et commercial".

Cette décision française, la première en Europe, va au-delà de la législation européenne Reach sur les substances chimiques, s'appliquant à des productions d'au moins une tonne. Tous les nanoproduits ne sont pas concernés. Un arrêté à paraître précise qu'il vaut pour ceux contenant au moins 50 % de particules d'une taille comprise entre 1 et 100 nanomètres. Pour Rose Frayssinet, des Amis de la Terre - ONG qui réclame un moratoire sur les nanotechnologies -, ces critères sont "illusoires et aberrants". Les nanoparticules, selon elle, peuvent être nocives à des tailles supérieures à 100 nanomètres et à des concentrations inférieures à 50 % du produit fini.

"La notion de solubilité, retenue dans une norme internationale, n'est pas prise en compte, bien que cela soit important pour évaluer la biopersistance d'un produit dans l'environnement", souligne de son côté Eric Gaffet, directeur de recherche au CNRS. Mais le principal obstacle à la mise en oeuvre de cette réglementation sera la difficulté à mesurer précisément les nanoparticules. "La caractérisation est très difficile. A chaque particule, sa technique. La métrologie est encore en chantier", explique-t-on à l'Afnor, l'organisme national de normalisation.

Recensement des déchets

Parallèlement, près de deux ans après le débat public sur les nanotechnologies, le ministère de l'écologie a mis en ligne, le 16 février, les "engagements du gouvernement" dans ce secteur. Ils mettent en avant le "développement de la recherche publique en toxicologie et écotoxicologie", afin d'évaluer les risques des nanomatériaux pour la santé et l'environnement. En outre, "la France se positionnera au niveau européen en faveur de l'étiquetage des produits mis à disposition du grand public".

Un recensement des déchets issus des nanotechnologies sera réalisé dans chaque région. Pour informer le public sera créé un portail gouvernemental sur Internet. Et la société civile sera associée - sous des formes qui restent à définir - aux "grandes orientations en matière de développement et de régulation des nanotechnologies".

L'association VivAgora, très active dans ce débat, se félicite de l'annonce d'une relance de la recherche en toxicologie et écotoxicologie. Mais, déplore son coordinateur, Jean-Jacques Perrier, "cet engagement est beaucoup trop tardif, les nanomatériaux continuant d'affluer sur le marché, sans qu'on en connaisse les risques pour les salariés et la population".

David Larousserie et Pierre Le Hir
Article paru dans l'édition du 23.02.12

Recommandations dans la prise en charge de l’autisme

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Recommandations de la HAS dans la prise en charge de l’autisme

La Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) ont estimé, dans un avis publié hier, impossible de conclure à « la pertinence » de la prise en charge des enfants et adolescents autistes par les méthodes psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle, qu’elles jugent « non consensuelles », indiquent Le Monde et France 5.

Le rapport a nécessité « deux ans de travail » et « a mobilisé 145 experts », souligne le quotidien. Il a bénéficié également « d’une consultation publique à laquelle ont répondu plus de 180 organisations ».

La HAS et l’Anesm préconisent « une approche éducative, comportementale et développementale ». Pour la première fois en France, en pédopsychiatrie, « un texte recommande officiellement le recours intensif » à ces méthodes (telles que ABA ou Teacch), souligne Le Monde.

Par contre, ajoute le journal, la HAS s’oppose au « packing », « technique d’enveloppements humides », compte tenu de « l’absence de données relatives à son efficacité ou à sa sécurité ».

(France 5, 08/03, Le Monde, 09/03)

08/03/2012

Buvez-vous du Coca ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/03/08/colorant-cancerigene-coca-cola-oblige-de-modifier-sa-recette_1654219_3238.html

Colorant cancérigène : Coca-Cola obligé de modifier sa recette

Le numéro 1 du soda va devoir modifier sa recette pour réduire la présence du 4-methylimidazole, une substance potentiellement cancérigène.

Plutôt que réduire les émissions ...

... la solution serait de stocker l'excès ? ABSURDE !

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5059

07-03-2012 - Captage et stockage du CO2 : la France s’entête 

Le tribunal administratif de Pau a finalement tranché dans l’affaire opposant des associations de protection environnementale à l’Etat et à Total, quant au premier stockage souterrain de CO2 en France. Estimant que toutes les procédures légales ont été respectées, il a condamné les associations à verser 1000 euros de frais de justice au groupe Total. Déçus par ce verdict, les membres associatifs considèrent que cette décision ne résout en rien les nombreuses questions de fond soulevées par la technique de captage et stockage du CO2 (CSC). Outre son impact environnemental et son caractère énergivore, cette dernière laisse de nombreuses incertitudes, notamment quant au transfert des responsabilités de l’exploitant au contribuable et au devenir de ces sites à risques. 

Cette prise de risques est d’autant moins légitime que les bénéfices tirés de cette méthode apparaissent très aléatoires, pour ne pas dire dérisoires. En 2009, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estimait ainsi qu’il faudrait créer plus de 6 000 installations de CSC, présentant chacune une capacité d’enfouissement d’un million de tonnes de CO2, pour pouvoir stocker 20 % des émissions mondiale de gaz à effet de serre. A l’annonce du verdict rendu, les associations ont fait savoir qu’elles envisagent de faire appel. Elles entendent, en effet, poursuivre leurs efforts de mobilisation alors que d’autres projets fleurissent à Claye-Souilly, à Florange et au Havre. La France se distingue ainsi de l’Europe où, sur 13 projets annoncés, 6 ont d’ores et déjà été abandonnés. 

Cécile Cassier

07/03/2012

OGM : effets létaux confirmés

communiqué :

Des chercheurs suisses confirment les effets létaux de la toxine Cry1Ab du maïs génétiquement modifié MON810 sur les jeunes larves de coccinelle 



Par Sciences Citoyennes - Action collective
Mercredi 29 février 2012

La contre-étude qui remettait en cause ces résultats est fondée sur une méthodologie erronée.

Dans une publication récente du 15 février, des chercheurs de l’Institut fédéral suisse de technologie (ETH) de Zürich, sous la direction du Dr Angelika Hilbeck[1], confirment les résultats d’une étude précédente selon lesquels, dans les tests de laboratoire, la toxine insecticide Cry1Ab de la bactérie du sol Bacillus thuringiensis (Bt), dans sa version produite par les maïs génétiquement modifiés (GM) Bt tel que le MON810, augmente la mortalité chez les jeunes larves de coccinelle (Adalia bipunctata). Celles-ci font partie des organismes non-cibles, c’est-à-dire censés ne pas être affectés par ces maïs GM et la toxine qu’ils produisent.

Cette première étude, publiée en 2009[2], et qui avait conduit le gouvernement allemand, au printemps de cette même année, à interdire la culture commerciale du maïs MON810, a fait l’objet d’une attaque en règle par des partisans des OGM au sein de la revue scientifique « Transgenic Research » (2011)[3] allant jusqu’à qualifier l’étude de Hilbeck et coll. de “pseudo-science”.

Non seulement la nouvelle étude suisse confirme la première mais leurs auteurs ont également élucidé la raison pour laquelle la contre-étude de 2011 avait conduit à des conclusions opposées : les protocoles qui ont été utilisés sont conçus de telle sorte qu’ils ne permettent même pas de mettre en évidence un effet négatif clair de la toxine Bt Cry1Ab produite par le maïs MON810 lorsque l’organisme testé est pourtant  l’organisme ciblé par cette toxine, à savoir les larves de la pyrale du maïs. (*)

On ne peut que s’inquiéter des attaques systématiques dont font l’objet les études qui remettent en cause l’innocuité environnementale et sanitaire des plantes génétiquement modifiées, quand d’autres études biaisées telles que celles qui ont conclu à l’innocuité de la toxine Bt sur la larve de la chrysope verte alors que celle-ci est incapable de l’ingérer, n’ont suscité la moindre critique de la part de ceux qui se revendiquent de la « vraie science » (« sound science »). Bien que ces dernières années, l’Agence américaine de protection de l’environnement a reconnu l’inadaptation des tests sur la chrysope pour évaluer les risques de cultures GM, ils constituent toujours la base pour l’approbation des cultures Bt de la part des autorités européennes.

En réaction à la toute récente étude de l’équipe d’Angelika Hilbeck, le professeur Brian Wynne du Centre du Royaume-Uni pour les aspects économiques et sociaux de la génomique (Cesagen) à l’Université de Lancaster, s’inquiète que « les autorités européennes, après la mise en œuvre d’une législation sur la biosécurité théoriquement fondée sur le principe de précaution et tout en exigeant des recherches et des évaluations scientifiques rigoureuses des risques écologiques pendant deux décennies, se basent encore sur des protocoles systématiquement erronés et sur des données élaborées et promues par l’industrie de la biotechnologie et leurs collaborateurs scientifiques ».

Cette fausse controverse sur les expériences relatives aux effets de la toxine Bt Cry1Ab sur la coccinelle A. bipunctata souligne la nécessité de définir des protocoles rigoureux et reconnus par l’ensemble de la communauté scientifique pour garantir une évaluation pertinente des risques environnementaux et sanitaires. Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) exhortent les autorités européennes à réviser les autorisations actuelles des plantes génétiquement modifiées pour la culture commerciale et/ou la consommation animale et humaine, et à exiger une expertise contradictoire, transparente et indépendante.

(*) mon commentaire : en d'autres termes, les vérifications sont conçues pour ne pas pouvoir vérifier !

Contacts

Dr Christian Vélot, Université Paris-Sud 11, vice-président d’ENSSER, 06 70 34 78 45, christian.velot@u-psud.fr

Dr. Angelika Hilbeck, ETH Zürich, (P) +41 44 6324322, (E) angelika.hilbeck@env.ethz.ch

Dr. Hartmut Meyer, ENSSER, (M) +49 162 1054755, (E) hmeyer@ensser.org

Télécharger le communiqué en PDF : Des chercheurs suisses confirment les effets létaux de la toxine Cry1Ab du maïs génétiquement modifié MON810 sur les jeunes larves de coccinelle

 

À propos d’ENSSER : Le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (ENSSER) oeuvre pour une expertise scientifique indépendante, et le développement des connaissances nécessaires à l’évaluation critique des technologies existantes et émergentes. L’objectif de ENSSER est la promotion de la science en tant que bien public, et de la recherche pour la protection de l’environnement, la diversité biologique et la santé humaine contre les effets néfastes des nouvelles technologies et de leurs produits. ENSSER préconise l’utilisation bénigne et pacifique des découvertes scientifiques et des développements technologiques, tout en élargissant des approches diverses pour évaluer leur utilité sociale et leur sécurité. Plus d’informations disponibles à l’adresse: http://www.ensser.org


[1] Hilbeck, A et al. 2012. A controversy re-visited: Is the coccinellid Adalia bipunctata adversely affected by Bt toxins? Environmental Sciences Europe 2012, 24:10 doi:10.1186/2190-4715-24-10

Open Access: www.enveurope.com/content/24/1/10

[2] Schmidt et al. 2009. Effects of Activated Bt Transgene Products (Cry1Ab, Cry3Bb) on Immature Stages of the Ladybird Adalia bipunctata in Laboratory Ecotoxicity Testing. Archives of Environmental Contamination and Toxicology 56(2):221-228

www.springerlink.com/content/4317km7733582u32/

[3] Alvarez-Alfageme F et al. 2011. Laboratory toxicity studies demonstrating no adverse effects of Cry1Ab and Cry3Bb1 to larvae of Adalia bipunctata (Coleoptera: Coccinellidae): the importance of study design. Transgenic Research 20(3):467-479

Open Access: http://rd.springer.com/article/10.1007/s11248-010-9430-5

----------------------

sur le même sujet, lire la note de ce jour sur "Le blog libre de mon quartier" :

Europe : quatre nouveaux sojas transgéniques autorisés

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2012/03/07/europe-quatre-nouveaux-sojas-transgeniques-autorises.html

Les enfants hyperactifs

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/les-enfants-hyperactifs-ne-sont-pas-ceux-qu-on-croit-07-03-2012-1438661_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120307

Les enfants hyperactifs ne sont pas ceux qu'on croit

Deux études montrent que les troubles du comportement ont parfois des causes fonctionnelles qui ne nécessiteraient pas l'usage de médicaments.

Enfants agités, impulsifs, agressifs, inattentifs plus que de raison : les hyperactifs sont l'objet de toutes les attentions. Deux travaux publiés très récemment montrent que derrière ce trouble neurocomportemental se cacheraient, dans certains cas, des éléments nouveaux : la première recherche dévoile une cause traitable sans avoir recours à des médicaments, la seconde ajuste un diagnostic jusqu'alors erroné.

Selon une étude publiée dans la revue Pediatrics, les jeunes enfants qui ronflent ou qui ont des troubles respiratoires seraient plus susceptibles d'avoir des troubles du comportement par la suite. Pour cette étude de grande ampleur, le sommeil et le comportement de 11 000 enfants britanniques ont été étudiés à la loupe durant leurs sept premières années de vie. Ainsi, les 2 à 4 % des enfants qui souffriraient d'apnée du sommeil auraient 20 à 60 % de risques supplémentaires de développer des problèmes neurocomportementaux à 4 ans, et 40 à 100 % à l'âge de 7 ans. Selon le docteur Bonuck, de l'université Yeshiva de New York, interrogée par la BBC, les problèmes comportementaux des enfants qui ronflent ou qui souffrent de problèmes respiratoires seraient notamment dus à la réduction de l'apport en oxygène au cerveau. Une découverte qui pourrait permettre d'endiguer la prise de médicaments contre l'hyperactivité en traitant ses causes via l'observation du sommeil.

Mois de naissance

Une étude canadienne est parvenue à une autre conclusion étonnante : en observant près d'un million d'enfants de 6 à 12 ans, les chercheurs de l'université de la British Columbia ont découvert que le mois de naissance d'un élève peut avoir des conséquences sur sa supposée hyperactivité. Les scientifiques remarquent ainsi qu'un diagnostic de trouble neurocomportemental est plus souvent posé chez les plus jeunes de la classe, qui ont jusqu'à un an d'écart avec leurs camarades les plus âgés.

Selon l'étude, les écoliers nés en fin d'année ont ainsi 70 % de risques supplémentaires par rapport à leurs amis de janvier d'être considérés comme hyperactifs. Des enfants qui sont en réalité simplement "immatures" par rapport à leurs copains de classe, "manifestant ainsi un manque de concentration, des difficultés à rester calmes, de l'impatience, de la désorganisation ou de l'impulsivité", comme le souligne Richard Morrow, le directeur de la recherche, dans El Mundo.

Un affinage du diagnostic d'hyperactivité semble donc indispensable, afin de mieux la prendre en charge, et ce, sans médicament de surcroît. Des recommandations simples pour un résultat de taille.

06/03/2012

Les conditions du travail en question à la Poste

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/06/un-rapport-critique-l-organisation-du-travail-a-la-poste_1652465_3234.html

Un rapport critique l'organisation du travail à La Poste

L'entreprise publique est confrontée à un deuxième suicide en six mois.

Le PDG de La Poste, Jean-Paul Bailly, devait annoncer, mardi 6 mars, "l'ouverture d'un cycle d'écoute et de dialogue sur le bien-être et la santé au travail". La veille, alors que l'entreprise restait sous le choc du suicide, le 29 février, d'un jeune cadre supérieur de 28 ans à Rennes, M. Bailly avait reçu un rapport d'expertise sur les "liens entre travail et santé", rédigé par le cabinet Isast, spécialisé sur la santé au travail.

Ce rapport de 28 pages, daté du 29 février, avait été commandé par le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité, et des conditions de travail) du centre financier postal de Paris (1 237 employés), sur les conseils de l'Inspection du travail, après le suicide, le 15 septembre 2011, d'une femme de 52 ans, de retour d'un congé pour longue maladie.

Il se montre très critique envers la politique de ressources humaines de l'entreprise publique, en mutation permanente depuis quinze ans : "Les conséquences des changements organisationnels ne sont pas suffisamment prises en compte (...), les questions de travail ne sont pas analysées, les agents et les cadres ne sont pas écoutés alors qu'ils font remonter les problèmes de travail au quotidien. Ceci n'est pas conforme à l'accord sur la santé au travail (signé en 2010) qui affirme favoriser l'expression de tous", peut-on lire en conclusion.

ANALYSE "PSYCHOLOGISANTE" DU TRAVAIL

Le principal grief adressé par l'Isast à La Poste porte sur la médicalisation des problèmes : "l'action reste centrée sur l'individu et non le collectif de travail (...). Les formations sur le stress et sa gestion accréditent l'idée que faire face à une telle organisation de travail est avant tout une histoire d'adaptation personnelle (...), laissant entendre que certaines personnes, de par leur structure de personnalité, seront toujours inadaptées au travail". Le cabinet invite La Poste à une réflexion approfondie sur le lien entre santé et organisation du travail.

Pour les auteurs du rapport, les causes d'un mal-être au travail ne sont pas uniquement à rechercher du côté de la vie personnelle. Or, estiment-ils, La Poste refuse de mettre en cause l'organisation du travail, en "interrogeant le contexte professionnel". "Cette analyse psychologisante du travail est à l'opposé de notre analyse", poursuivent-ils.

Les témoignages de postiers, anonymes, convergeraient : "Les agents ont dit trouver surprenant qu'on les envoie à la médecine du travail comme s'ils étaient malades ou en passe de l'être (...). Les agents seraient (...) la cible de remarques désobligeantes : 'ce n'est pas une annexe de l'asile psychiatrique'".

Par ailleurs, l'expertise évoque des conditions de travail détériorées, dans un contexte de réorganisations, et une perte de sens face à des tâches segmentées et minutées selon leur rentabilité. Un "pilotage de flux" a été mis en place - avec "x minutes pour une ouverture de compte, x minutes pour l'envoi d'un courrier, etc." – qui déconcerterait les agents.

Ainsi, des pochettes sont distribuées le matin aux agents chargés des ouvertures de comptes, des demandes de cartes bancaires, etc. A l'issue de sa vacation, l'agent rend à son supérieur sa pochette avec les tâches non effectuées.

"SURVEILLER LE RENDEMENT DE CHAQUE AGENT"

Cette évaluation par le travail non fait, négative, affecterait le moral des agents. Le découpage des activités, qui ôte du sens à leur travail et ne permet plus de piloter un dossier de A à Z, achèverait de les déstabiliser. La "pesée" des tâches reposerait sur des données datant des années 1990, lorsque les dossiers étaient "moins complexes à traiter".

Ce bilan défavorable trouverait, selon l'Isast, de l'écho chez les chefs d'équipes et les cadres dirigeants. Certains d'entre eux verraient cette organisation du travail comme "une injonction de surveiller le rendement de chaque agent".

S'agissant du suicide de la postière de 52 ans, le rapport se veut prudent. Il évoque des pistes d'explications, dont une prise en charge insuffisante de cette personne lors d'un retour au travail dans lequel elle avait beaucoup investi.

La Poste déclare prendre acte du rapport, qui "nourrira son analyse" face à ces situations difficiles à appréhender. Cependant, l'entreprise publique tient à relativiser la portée d'un document qui, précise-t-elle, a été réalisé avec un tiers des effectifs du centre financier concerné. "Le rapport sera complété avant sa sortie définitive, il y a des choses à corriger", indique un porte-parole.

Surtout, La Poste, dont le souci est de ne pas être comparée à France Télécom, où une vague de suicides avait eu lieu en 2009 et 2010, conduisant au départ du PDG, Didier Lombard, fait valoir son implication en matière de santé au travail. "Nous restons vigilants, mais 2011 montre une diminution de la fréquence et de la gravité des accidents de travail et du nombre de jour d'absences pour maladie", souligne Pascale Duchet-Suchaux, directrice prévention, sécurité et santé au travail.

Anne Michel

Aimeriez-vous vivre sous

une ligne haute-tension ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/06/les-effets-sanitaires-des-lignes-tht-en-question_1651240_3244.html#ens_id=1651169

Les effets sanitaires des lignes THT en question

lemonde.fr 06/03/2012

Met-on sa santé en danger en vivant près d'une ligne à très haute tension ? Si la question divise la communauté scientifique depuis maintenant trente ans, elle n'a toujours pas été tranchée. Or, l'impact sanitaire de ces autoroutes de l'électricité suscite une inquiétude grandissante parmi la population.

En cause : les champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (50 Hz), générés par le passage du courant dans les câbles électriques, qui ont ont été classés "cancérogènes possibles pour l'homme" en 2002 par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

Alors que la France compte 100 000 km de lignes électriques à haute et très haute tension (THT), 375 000 personnes seraient exposées à des champs magnétiques supérieurs à 0,4 microtesla (µT), un seuil jugé à risque, selon l'exploitant Réseau de transport d'électricité (RTE).

PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Un constat qui a poussé l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsset) à recommander, dans un rapport de mars 2010"de ne plus augmenter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à très haute tension et de limiter les expositions." Dans la pratique, l'Afsset a préconisé de ne plus installer d'établissements accueillant des femmes enceintes ou des enfants (hôpitaux, écoles, crèches…) à moins de 100 mètres de lignes THT.

"Ces recommandations sont insuffisantes. La zone d'exclusion devrait s'étendre jusqu'à 300 mètres de part et d'autre de la ligne", assure Catherine Gouhier, qui a coordonné une enquête citoyenne pour le Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). L'étude, réalisée en 2009 à partir de 6 000 cas, concluait en effet à des champs magnétiques oscillant entre 0,8 et 2 µT dans les habitations situées à moins de 300 mètres des lignes, contre 0,01 à 0,02 µT pour des logements construits dans des zones non exposées.

Pour RTE, ces valeurs restent encore bien inférieures à la norme internationale, qui fixe à 100 µT l'exposition maximale à un champ magnétique. Alors que la France respecte strictement cette règlementation, beaucoup de pays l'ont de leur côté abaissée, comme les Etats-Unis (20 µT), l'Italie (3 µT), la Suisse (1 µT) ou la Suède (0,25 µT). "La France a retenu cette valeur totalement démesurée sous l'effet du lobby électrique", regrette Catherine Gouhier.

LIEN DE CAUSALITÉ

Mais si le principe de précaution n'est pas appliqué par RTE, c'est avant tout parce que le lien de causalité entre l'exposition aux lignes à haute tension et le développement de maladies n'a jusqu'à présent jamais été prouvé. Selon certaines associations de défense de l'environnement et de la santé, les riverains des lignes THT seraient sujets à des phénomènes de stress, nervosité, irritabilité et insomnies plus fréquents que le reste de la population.

>> Lire : "J'ai vécu six ans à proximité d'une ligne à très haute tension"

Surtout, de nombreuses études, conduites notamment en Grande-Bretagne, ont établi une association statistique irréfutable entre l'exposition aux lignes THT et l'augmentation du nombre de cas de leucémies infantiles – deux fois plus – et de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson. 

"Si les chiffres sont là, on ne sait toutefois pas si on peut imputer ces maladies à la présence des lignes, prévient Jacqueline Clavel, qui dirige, depuis 2002, une étude sur ce sujet pour l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. On ne connaît aujourd'hui aucun mécanisme biologique valable selon lequel les champs magnétiques induieraient un risque de leucémie accru."

ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE

"Cette corrélation sera de toutes façons impossible à prouver, rétorque Catherine Gouhier. Comme pour le lien entre tabac et cancer du poumon, il y a de multiples autres facteurs en jeu, tels que l'alimentation, le stress ou la qualité de l'air. On ne peut que confirmer le lien de cause à effet de manière empirique, grâce aux études épidémiologiques, qui étudient la fréquence de maladies dans un large panel de population en fonction des modes de vie."

Aucune étude de ce genre n'a jamais été menée en France, au grand dam des opposants aux lignes THT. Si les autorités sanitaires françaises se justifient en arguant d'un manque de représentativité de ce type d'expériences, les associations, elles, y voient la marque du puissant lobby électronucléaire.

Audrey Garric

05/03/2012

Eau potable ?

lu sur :

http://www.lesmotsontunsens.com/cinq-fois-plus-de-pesticides-autorises-dans-l-eau-du-robinet-depuis-fevrier-2011-en-toute-discretion

Cinq fois plus de pesticides autorisés dans l'eau du robinet depuis février 2011 ! En toute discrétion...

 

 

Ne le lisez pas trop fort, ça risquerait de s'ébruiter : En catimini, en février 2011, le ministère de la Santé a décidé de multiplier par 5 la concentration maximale autorisée pour les pesticides dans l'eau du robinet. Désormais à consommer avec modération...

 

C'est l'associationGénérations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides, qui a levé le lièvre le 7 février 2012, dans une indifférence médiatique totale.

Depuis 1998, un avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) tenait lieu de réglementation. Dans une transposition quelque peu olé-olé de la directive européenne 98/83, le CSHPF avait en effet décidé que l'eau ne devait "pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments" si un pesticide s'y trouvait à une quantité supérieure à 20% d'une valeur répondant au doux nom de "valeur sanitaire maximale" (VMax, définie par divers organismes : OMS, EFSA, AFSSA...). Une interprétation qui dépassait déjà largement les normes européennes.

Les pesticides, c'est bon... buvez-en !

La "nouveauté", c'est qu'en février 2011, une instructionde la Direction Générale de la Santé (DGS, dépendant du ministère de la Santé), passée totalement inaperçue jusque là, a tout chamboulé. Sans tambour ni trompette, le ministère s'est donc jeté à l'eau et a décidé de porter les "seuils de potabilité" à 100% de la VMax. Soit une multiplication par 5 des seuils en vigueur ! DéfoliantDécoiffant !

"Autrement dit : on va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l'eau 5 fois plus importantes qu'avant décembre 2010 !" déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. "Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats-Unis, on va maintenant tolérer jusqu'à 300 μg/l pendant plus d'un mois alors qu'auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/l pendant la même durée !" fulmine-t-il.

Le ministère de la Santé en eaux troubles...

Autre conséquence de cette nouvelle mesure sanitaire : la baisse artificielle du nombre de personnes concernées par une présence excessive de pesticides nécessitant une restriction d'utilisation de l'eau. On est ainsi passé de 34 300 personnes touchées par ces restrictions en 2009 à une estimation de 8 939, selon les chiffres du ministère ! De la belle ouvrage...

"Cette amélioration en trompe l'oeil n'est due qu'à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l'eau et pas à une véritable amélioration de la situation" proteste François Veillerette qui voit là "la preuve que les autorités publiques ont renoncé à améliorer la situation en changeant les pratiques agricoles en profondeur mais préfèrent changer les graduations du thermomètre que de faire vraiment baisser la fièvre !"...

Et bientôt, au fil de l'eau, il suffira d'arroser son jardin pour le désherber ? On n'arrête pas le progrès...

[Remarque,  la décision date du 9 décembre 2010, elle n'a été publiée au Bulletin Officiel que le 15 février 2011]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

-------------------------

l'information est parue aussi dans le Canard Enchaîné du mercredi 29/2/12.

eau potable ?.png

03/03/2012

Le début de la fin

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/02/la-fonte-de-la-banquise-entrainerait-une-forte-pollution-au-mercure_1650917_3244.html

La fonte de la banquise entraînerait une forte pollution au mercure

L'importante diminution de la banquise permanente dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait provoquer l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, selon la NASA.

La forte diminution de la banquise permanente constatée dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait avoir comme conséquence l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, à en croire une étude menée par la NASA et rendue publique jeudi 1er mars.

L'épaisse banquise permanente du pôle Nord laisse place progressivement à une glace moins épaisse et plus salée, qui dégage dans l'atmosphère du brome lorsque se produit une interaction avec les rayons solaires et le froid, a expliqué Son Nghiem, chercheur de la NASA au Laboratoire de propulsion à réaction (Jet Propulsion Laboratory, JPL) de Pasadena. Cela déclenche une réaction chimique appelée "explosion de brome" qui transforme le mercure gazeux présent dans l'atmosphère en un polluant toxique qui se dépose sur la neige, les terres et la glace et peut s'accumuler dans l'organisme des poissons, ajoute Son Nghiem, auteur principal de cette étude.

MODIFICATION DE LA COMPOSITION DE L'EAU

"Le rétrécissement de la glace d'été fait parler de lui surtout pour ce qui est de l'exploitation des ressources de l'Arctique et l'ouverture de nouvelles voies maritimes commerciales", rappelle-t-il. "Mais la modification de la composition de l'eau a elle aussi un impact sur l'environnement. Le changement des conditions dans l'Arctique pourrait provoquer des explosions de brome à l'avenir", ajoute-t-il.

Les émanations de brome pourraient, en outre, éliminer l'ozone de la couche la plus basse de l'atmosphère, la troposphère, continue le scientifique. La communauté scientifique, dit-il, cherche toujours à comprendre pourquoi l'Arctique a perdu un million de kilomètres carrés de banquise permanente au cours des dix dernières années. Cela pourrait être dû à une modification du régime des vents pendant cette période, avance-t-il. En mars 2008, l'étendue de la banquise permanente a atteint sa superficie la plus réduite depuis un demi-siècle, et elle a été remplacée par endroits par une glace saisonnière, plus salée car elle n'a pas subi de processus naturel de désalinisation.

L'étude en question a été réalisée par une équipe d'Américains, de Canadiens, d'Allemands et de Britanniques, en combinant des données transmises par six satellites de la NASA, de l'ESA (Agence spatiale européenne) et de l'Agence spatiale canadienne, avec des observations au sol et une modélisation.

02/03/2012

Pétition contre l'abattage sans étourdissement des animaux de ferme

Voir: 

http://www.30millionsdamis.fr/agir-pour-les-animaux/petitions/signer-petition/pour-letourdissement-systematique-des-animaux-de-ferme-avant-leur-abattage-26.html

Pétition contre l'abattage sans étourdissement des animaux de ferme

Cliquez ici pour signer la pétition "Contre l'abattage sans étourdissement des animaux de ferme" sur le site de la Fondation.

voir :

http://www.30millionsdamis.fr/agir-pour-les-animaux/petitions/signer-petition/pour-letourdissement-systematique-des-animaux-de-ferme-avant-leur-abattage-26.html

Monsieur le président de la République,
Monsieur le ministre de l’Intérieur, chargé des cultes,
Monsieur le ministre de l’Agriculture,

La pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quels qu’en soient les motifs.

Par ailleurs, pour des raisons éthiques parfaitement légitimes, le consommateur sensible à la protection des animaux a le droit de ne pas vouloir consommer de viandes issues de la souffrance animale.

En France, « l’étourdissement des animaux est obligatoire avant l’abattage ou la mise à mort (…) sauf si cet étourdissement n’est pas compatible avec la pratique de l’abattage rituel » (art. R.214-70 du Code rural). Or, l’examen de la pratique de l’abattage rituel dans notre pays fait apparaître que la proportion d’animaux qui ne sont pas étourdis avant leur saignée dépasse de beaucoup les besoins des seuls consommateurs concernés. En réalité, une part importante des viandes issues d’un abattage rituel est commercialisée dans le circuit traditionnel sans qu’il soit fait mention de cette caractéristique.

A minima, je demande donc que l’étiquetage de la viande (ou d’une préparation contenant de la viande) comporte obligatoirement la mention du mode d’abattage, afin que le droit à l’information du consommateur soit respecté.

A terme, je réclame la généralisation de l’étourdissement de tous les  animaux avant leur abattage, sans exception aucune.

---------------------

sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/03/02/le-halal-ou-les-risques-de-l-opacite_1651040_3232.html

Le halal ou les risques de l'opacité

 02.03.12 | 13h21  •  Mis à jour le 02.03.12 | 15h59

Les récents propos de Marine Le Pen sur la viande halal, la volonté affichée du président de la République de déminer la polémique naissante, le silence de nombre de responsables politiques sur le sujet ont montré la sensibilité et la complexité de ce dossier. Si Marine Le Pen n'a pas eu tort de pointer la présence de viande halal (mais aussi casher) dans les circuits de distribution de la viande conventionnelle - une réalité connue et reconnue par les acteurs de ce marché depuis plusieurs années - et de demander davantage de transparence dans ce domaine, elle a en revanche été démentie sur les chiffres qu'elle avançait. Plus frappant, son message implicite sur l'"islamisation" de la France n'a pas été franchement suivi, contrairement à l'emballement qui avait fait suite à sa dénonciation des prières musulmanes dans la rue en 2010.

Lassitude face à l'instrumentalisation de l'islam par l'extrême droite, sous couvert, cette fois, de la défense des animaux ? Difficulté à parler clair sur un dossier plus technique et économique que politique ou ethnico-religieux ? Ampleur des enjeux, qui dépassent la seule communauté musulmane et touchent aussi les juifs, sans parler des professionnels de la viande ? Crainte de mettre en lumière des failles dans les procédures de traçabilité et d'information aux consommateurs ? Les raisons ne manquent pas pour faire de ce dossier un piège à double ou triple détente, finalement assez peu rentable politiquement. Eléments de compréhension.

Théoriquement, une viande halal (licite selon la loi islamique) est issue d'un animal abattu rituellement : égorgé vivant, sans étourdissement préalable, la tête tournée vers La Mecque, par un sacrificateur musulman qui prononce une bénédiction. Dans la pratique et faute d'un label unanimement reconnu, le marché de la certification halal souffre d'un manque de transparence entretenu par les acteurs, musulmans et non musulmans, de ce marché en forte croissance.

L'élaboration d'une norme unique bute sur la diversité des conceptions du halal, liées à des lectures plus ou moins strictes des avis islamiques rendus à travers le monde. Certains acceptent l'étourdissement avant ou après la saignée. D'autres pas. Certains admettent l'abattage mécanique. D'autres non. Résultat : sont estampillées halal des viandes qui aux yeux de certains musulmans ne le sont pas. Dans ce contexte, les contentieux entre associations musulmanes, contemptrices du "faux halal", et industriels, désireux de profiter de ce marché évalué à 5 milliards d'euros, se multiplient. 

Le flou est accentué par l'absence de règles de contrôle : quelques organismes indépendants salarient des contrôleurs rémunérés par le surcoût du kilo de viande payé par les consommateurs (de 2 à 10 centimes selon les cas), d'autres se contentent de fournir les contrôleurs rémunérés par l'entreprise qu'ils sont chargés d'inspecter. Quant à savoir si la surtaxe s'applique aux kilos de viande (halal ou casher) écoulés dans le circuit classique, les opérateurs assurent que non. L'affirmation est confirmée par certains spécialistes mais laissent sceptiques d'autres experts.. 

Source de "fantasmes" selon les observateurs, l'abattage rituel est prévu par la loi depuis les années 1960 grâce à une dérogation à l'abattage avec étourdissement préalable des bêtes. Mais, face aux abus observés ces dernières années dans l'usage de ces dérogations, le gouvernement a publié en décembre un décret qui doit entrer en vigueur le 1er juillet ; il vise à davantage de "transparence" en faisant correspondre les autorisations dérogatoires aux commandes réelles pour le marché halal ou casher.

Aujourd'hui, pour des raisons d'économie, certains industriels renoncent à une double chaîne d'abattage et mettent sur le marché des volumes de viande issue de l'abattage rituel supérieurs aux besoins (14 % du tonnage d'animaux de boucherie selon le ministère de l'agriculture, pour une population juive et musulmane évaluée à moins de 10 %). Le ministère de l'agriculture estime même à "50 % la proportion d'ovins et à 12 % la part de bovins abattus rituellement". Mais, le ministère assure aussi qu'entre les importations (60 % des agneaux) et les exportations (environ 2 % du boeuf halal est vendu au Maghreb et en Turquie) ces pourcentages ne correspondent pas à la part de viande consommée en France. Mais il reste pour l'instant impossible de connaître la part du halal ou du casher dans le circuit classique. 

En dépit de ces dysfonctionnements, et contrairement à plusieurs pays européens, la France, qui abrite les communautés juive et musulmane les plus importantes d'Europe, n'entend pas revenir sur l'abattage rituel, au nom de la "liberté de culte". Les responsables politiques français rassurent régulièrement les représentants religieux sur ce point. De même, craignant une stigmatisation des communautés concernées, la France ne souhaite pas mettre en place un étiquetage précisant si l'animal a été abattu rituellement. Au nom de la transparence, des députés UMP avaient en 2010 tenté d'imposer cette précision, avant d'y renoncer. De leur côté, les responsables juifs, désormais rejoints par les musulmans, oeuvrent depuis des années pour maintenir ces spécificités françaises. Ils craignent que l'étiquette "casher" suscite des campagnes de boycottage.

Mais, sous la pression de l'Europe ou des consommateurs, avec ou sans Marine Le Pen, il n'est pas sûr que la France échappe à un débat sur ces questions. 
lebars@lemonde.fr
Stéphanie Le Bars, Service Société
Article paru dans l'édition du 03.03.12
-----------------------------------------
sur le même sujet, lu sur :
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5046

27/2/2012

La viande halal au cœur des campagnes électorales

A l’approche de la prochaine élection présidentielle, tous les arguments sont bons pour récolter des voix. Dernièrement, Marine Le Pen, candidate FN pour l’élection présidentielle 2012, a fait de la souffrance animale, à travers la dénonciation du mode de production de la viande halal, son nouveau cheval de bataille. Le 23 février, la candidate a ainsi annoncé que son avocat, Me Wallerand de Saint-Just, a déposé une plainte contre x auprès du procureur de la République de Nanterre, « pour l’infraction de tromperie sur les qualités substantielles des marchandises vendues et pour l’infraction d’actes de cruauté envers les animaux domestiques ». 

De fait, bien que la législation actuelle impose aux pays européens l’étourdissement préalable des animaux de boucherie avant leur mise à mort, cette obligation peut être contournée pour des raisons religieuses. Or, l’abattage sans étourdissement étant plus rentable, de plus en plus d’abattoirs, notamment français et belges, égorgent des animaux encore conscients. Selon le COPERCI (1), 20 % des ovins, 20 % des bovins et 20 % des volailles ont été abattus selon le rite halal en 2008. Or, les communautés juives et musulmanes françaises ne représentaient qu’environ 11 % des habitants en 2008. L’exportation ne pouvant, à elle seule, le justifier, l’excédent de ce type de production rejoint donc le circuit classique, sans mention particulière. Surfant sur cette tendance, certaines grandes chaînes de restauration ont proposé des menus halal. 
C’est notamment le cas de l’enseigne Quick, dont l’Etat détient 94 % du capital

Selon l’association de protection animale L214, en réaction aux propos de la candidate FN, le Président de la République, Nicolas Sarkozy aurait déclaré : « Sur les 200 000 tonnes de viande qui sont consommées en Ile-de-France, il y en a 2,5 % qui sont de la viande casher et de la viande halal. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire une polémique pour cela ? ». L214 a souhaité revenir sur ce pourcentage, qui donne à penser que la viande halal se cantonne à l’Ile-de-France alors que l’abattage rituel est pratiqué dans l’ensemble des abattoirs français. Selon les chiffres émanant du ministère de l’Agriculture même, 12 % des bovins, 13 % des veaux et 49 % des ovins-caprins des animaux de boucherie ont été soumis à l’abattage rituel en France en 2007. 

Il est clair que le président français a manqué à sa volonté affirmée lors de sa précédente campagne présidentielle, en décembre 2006, de généraliser l’étourdissement préalable dans les abattoirs halal. Ceci mis à part, ce n’est certes pas un hasard si l’intérêt soudain pour la souffrance animale dans les débats pré-électoraux s’est portée sur la viande halal et non sur l’élevage industriel de porcs, l’élevage de poules pondeuses en batteries ou le gavage des oies et des canards. 

Cécile Cassier

1- Le COmité PERmanent de Coordination des Inspections réunit les inspections générales de l'administration et de l'agriculture, et le conseil général vétérinaire.

--------------------

sur le même sujet à propos de l'information des consommateurs :

à lire sur :

http://www.lepoint.fr/societe/viande-halal-une-deputee-ump-depose-puis-retire-une-proposition-de-loi-04-03-2012-1437652_23.php

source AFP

Viande halal : une députée UMP dépose puis retire une proposition de loi

Alors que Nicolas Sarkozy s'est prononcé samedi à Bordeaux pour l'étiquetage des modes d'abattage de la viande, une députée UMP, Françoise Hostalier, a retiré une proposition de loi en ce sens visant la viande halal, quelques jours après l'avoir déposée.  

04/03/2012 à 11:57