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31/05/2012

Le gaz de schiste serait aussi nocif pour le climat que le charbon

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/29/climat-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-serait-aussi-nocive-que-le-charbon_1708941_3244.html

Le gaz de schiste serait aussi nocif pour le climat que le charbon

Le Monde 31/05/2012

Si le gaz de schiste est décrié pour les dégâts environnementaux que sa production entraîne, il pouvait se targuer d'un atout écologique : sa combustion dans les centrales électriques entraîne moins d'émissions de CO2 (dioxyde de carbone) que la combustion du charbon - 44 % de moins, selon l'America's Natural Gas Alliance, l'association professionnelle du gaz aux Etats-Unis.

Quant à l'émission de gaz à effet de serre lors de la production de gaz de schiste, elle était considérée jusqu'à présent comme négligeable. Mais ce postulat est sévèrement mis en cause par une série d'études scientifiques. Selon ces analyses, la production de gaz de schiste a un bilan en gaz à effet de serre équivalent, voire supérieur, à celui du charbon.

L'explication de ce paradoxe tient au fait que le gaz naturel - aussi appelé méthane (CH4) - a un coefficient de réchauffement supérieur de vingt-cinq fois à celui du dioxyde de carbone - voire soixante-douze fois sur les vingt premières années de son émission, en raison d'un temps de résidence dans l'atmosphère différent de celui du CO2. La présence de méthane dans l'atmosphère a donc un effet important.

Or la production de gaz de schiste entraîne un relâchement important de méthane. Quand les fluides utilisés pour fracturer la roche sont pompés pour être ramenés vers la surface, ils entraînent avec eux des bulles de gaz naturel qui vont se disperser dans l'atmosphère. De plus, la remontée du gaz à l'ouverture du puits se traduit pendant quelque temps par une fuite supplémentaire de méthane. Enfin, les différents gazoducs et autres équipements techniques sont aussi sources de fuites.

PIRE QUE LE CHARBON ET LE PÉTROLE

Jusqu'à récemment, les émissions liées au gaz de schiste étaient estimées selon des valeurs officielles établies par l'Agence de l'environnement des Etats-Unis (EPA) en 1996. En 2011, une équipe de chercheurs menée par Robert Howarth, de l'université de Cornell, a abouti à la conclusion que les puits de gaz de schiste laissaient fuir jusqu'à 8 % du méthane pendant leur durée d'exploitation.

Cette étude, publiée dans la revue Climate Change Letters, s'appuyait sur une revue approfondie des données disponibles. Selon Robert Howarth, "du point de vue climatique, le gaz de schiste est pire que le gaz conventionnel, mais aussi que le charbon et que le pétrole".

En février 2012, une autre équipe de chercheurs de l'université du Colorado a publié dans le Journal of Geophysical Research une étude confirmant le constat. Mais la méthode ici utilisée était expérimentale : des relevés physiques ont été effectués dans une campagne de mesures par un véhicule doté d'équipements sophistiqués.

Les échantillons d'air prélevés dans la région de Denver-Julesburg, au nord-est du Colorado, où vingt mille puits exploitent le gaz de schiste, ont ensuite été analysés en laboratoire. Cela conduit à constater que des fuites de méthane se produisent dans une fourchette de 2 % à 8 % du gaz produit, une valeur de 4 % étant la plus probable - le double de la valeur retenue par l'EPA. Cette analyse ne prend pas en compte les fuites qui peuvent se produire dans les gazoducs.

"On a conduit une autre campagne de mesures dans l'Utah, dont on espère publier les résultats avant la fin de l'année, avance Gabrielle Pétron, qui a conduit la recherche. On va aussi mener une campagne de mesures par avion." D'autres études sont en cours en Pennsylvanie et au Texas. Le débat scientifique est loin d'être clos, mais la "virginité" climatique du gaz de schiste appartient au passé.

RISQUE SUPÉRIEUR DE CANCER

D'autres études soulignent par ailleurs l'effet de pollution atmosphérique liée à l'exploitation du gaz de schiste. Il n'y a en effet pas que du méthane qui fuit, mais aussi de nombreux autres hydrocarbures nocifs pour la santé, tel que le benzène.

Dans une étude parue en mars 2012 dans Science of Total Environment, Lisa Mc Kenzie et d'autres chercheurs de l'université du Colorado ont comparé deux groupes de personnes vivant près et loin de puits de gaz de schiste. Ils concluent que les premiers encourent un risque supérieur de cancer en raison d'une exposition plus importante aux hydrocarbures volatils.

Cette multiplication d'études n'a pas encore entraîné de réponse officielle, mais elle alimente un besoin de réglementation de plus en plus fort aux Etats-Unis. Jusqu'à présent, explique dans un courriel Jesse Coleman, de Greenpeace USA, "la réglementation de la fracturation hydraulique a largement été laissée au niveau des Etats - qui sont beaucoup plus faibles -, en raison de la résistance de l'industrie à une loi fédérale".

Un des enjeux cruciaux consiste à obliger les entreprises à révéler les produits chimiques qu'elles utilisent dans la fracturation hydraulique. L'EPA doit rendre durant l'été un projet de réglementation - qui comprendrait des mesures pour limiter les fuites de méthane - en vue d'une application en 2015. La bataille des lobbies ne fait que commencer.

Hervé Kempf

L'exposition aux pesticides réduirait les capacités cognitives

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/31/l-exposition-aux-pesticides-reduirait-les-capacites-cognitives_1710715_3244.html

L'exposition aux pesticides réduirait les capacités cognitives

Une étude réalisée auprès d'ouvriers viticoles girondins conclut à une dégradation aux tests neurocomportementaux pour 50 % des sujets suivis.

Le Monde.fr | 31.05.2012 à 17h00 • Mis à jour le 31.05.2012 à 17h00


Une exposition prolongée aux pesticides pourrait réduire les capacités cognitives. Telle est la conclusion qui ressort de l'étude Phytoner dont les résultats les plus récents ont été présentés à Paris, mercredi 30 mai, par Isabelle Baldi (médecin épidémiologiste et maître de conférences à l'université Bordeaux Segalen) lors des rencontres scientifiques de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail). Le suivi, pendant au moins douze ans, de personnes travaillant dans le secteur viticole en Gironde a en effet mis en évidence "une détérioration notable" de leurs résultats aux tests neurocomportementaux pour 50 % des sujets interrogés.

Destinée à évaluer les effets d'une exposition professionnelle aux pesticides - en l'occurrence majoritairement des fongicides - chez les ouvriers viticoles girondins, l'étude Phytoner a été lancée en 1997. Soutenue financièrement par l'Anses, elle a porté sur un millier de participants âgés de 42 à 57 ans. Parmi eux, 784 ouvriers étaient directement ou indirectement exposés aux pesticides, les autres - non exposés professionnellement - formant le groupe témoin.

Isabelle Baldi et ses collègues ont utilisé des outils de mesure de l'exposition aux pesticides qu'ils avaient spécifiquement développés et des tests neuropsychologiques. Les personnes exposées présentaient des performances altérées aux tests neurocomportementaux par rapport aux sujets modèles. Les altérations touchaient "les fonctions les plus fines de la cognition, qui permettent au cerveau de gérer les liens entre les informations entrantes et sortantes : attention, conceptualisation et attention contrôlée... ", précisent Mme Baldi et ses collègues. Les principaux facteurs susceptibles de biaiser les résultats (âge, sexe, niveau d'études, consommation d'alcool, dépression...) avaient été soigneusement pris en compte.

AGGRAVATION DES TROUBLES

Quatre ans plus tard, un nouveau bilan réalisé de manière identique a été dressé avec 630 des participants encore disponibles. Les résultats concordaient avec les conclusions initiales, mais laissaient apparaître que les troubles s'étaient aggravés. "Les personnes exposées aux pesticides présentaient des performances moindres à l'ensemble des tests, et le risque de présenter une dégradation importante - de faire partie des 25 % de sujets ayant montré la plus forte baisse des performances - était, là encore, plus marqué pour les participants exposés", remarquent les chercheurs.

Les femmes, les personnes ayant un niveau d'études secondaires et celles n'ayant pas une consommation excessive d'alcool, "a priori les sujets disposant des scores les moins bas au départ de l'étude", présentaient le risque de baisse des performances le plus élevé : c'est ce qui, pour Isabelle Baldi, "suggère qu'une exposition prolongée aux pesticides est capable de réduire les capacités de réserve cognitive".

Lors des rencontres scientifiques de l'Anses, la scientifique a fait état des résultats du dernier bilan qui sera établi au cours de l'année 2012. En mars, 328 enquêtes avaient pu être réalisées. Une détérioration notable a été constatée pour 50 % des personnes suivies.

MALADIES D'ALZHEIMER ET DE PARKINSON

Plusieurs questions demeurent en suspens : les effets observés sont-ils liés à la dose de produits avec lesquels les ouvriers sont en contact ? Quelles molécules sont susceptibles d'induire ces troubles neurocomportementaux ? L'équipe bordelaise poursuit l'analyse des dernières données collectées afin, notamment, d'évaluer la dégradation des fonctions cognitives et l'apparition de maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson.

Récemment, une étude concluait à un amincissement de l'épaisseur du cortex cérébral chez des jeunes enfants exposés in utero à un produit phytosanitaire. L'enquête Phytoner apporte donc une nouvelle pièce au lourd dossier des effets néfastes liés à l'exposition aux pesticides.

Paul Benkimoun

30/05/2012

"DÉSASTREUX IMPACT DE L'AGRICULTURE INTENSIVE"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/30/algues-vertes-un-rapport-confirme-la-responsabilite-des-nitrates-agricoles_1709940_3244.html

Algues vertes : un rapport désigne les nitrates agricoles

 

Le Monde.fr avec AFP | 30.05.2012 à 18h21 • Mis à jour le 30.05.2012 à 18h21

L'UFC-Que choisir a donné un large écho mercredi à un rapport officiel publié selon elle "en catimini" et confirmant que les apports humains en azote et en phosphore, en majorité d'origine agricole, sont "impliqués fortement" dans la prolifération des algues vertes.

"Les apports en milieu marin d'azote et de phosphore sont impliqués fortement" dans la prolifération et "la part agricole représente au moins 90 % des apports azotés et ne semble pas régresser", relève le rapport réalisé sous l'égide des ministères de l'écologie et de l'agriculture et publié la semaine dernière. Il souligne que "l'action sur les apports d'azote" reste, en zone côtière, "la plus efficace et la plus efficiente pour éradiquer le phénomène du 'bloom' algal [la prolifération des micro-algues]"

Le rapport visait à confirmer les fondements scientifiques du plan de lutte gouvernemental contre les algues vertes en Bretagne, mis en place en 2011. Des professionnels avaient contesté le sérieux d'un rapport précédent sur lequel se fondait ce plan visant à réduire les flux d'azote d'origine agricole.

"DÉSASTREUX IMPACT DE L'AGRICULTURE INTENSIVE"

"Contrairement à ce que prétendent les tenants de l'agriculture intensive, ce ne sont ni les évolutions du climat ni de nouvelles espèces "invasives" qui expliquent les proliférations d'algues vertes", dues "à la présence massive d'azote et de phosphore dans l'eau de mer", relève l'UFC-Que Choisir.

Elle note que le rapport commun des deux ministères confirme "le désastreux impact environnemental de l'agriculture intensive et l'impérieuse nécessité de modifier les pratiques agricoles" et rappelle qu'en février la Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction contre la France pour le non-respect de la réglementation environnementale sur les nitrates.

L'UFC-Que choisir demande au nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, de "relancer en le renforçant le plan gouvernemental", et souhaite que les nouvelles règles de la politique agricole commune (PAC), actuellement discutées à Bruxelles, imposent "des modes de fertilisation adaptés""des critères environnementaux précis" et des "contrôles efficaces du respect de ces critères".

29/05/2012

La dyspraxie, une « maladie invisible »

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

La Croix publie une enquête dans son cahier central sur la dyspraxie, une « maladie invisible », « souvent diagnostiquée tardivement chez l’enfant ».

« Cette déficience du geste et de l’organisation spatiale » est liée à « un dysfonctionnement neuro-développemental », qui touche, selon Patrick Berquin, professeur de neuropédiatrie au CHU d’Amiens, « 5 à 10% des enfants d’âge scolaire, à des degrés divers », dont « 2% sont en situation de handicap », ajoute Caroline Huron, médecin psychiatre, chercheuse travaillant sur la dyspraxie au sein de l’équipe de Stanislas Dehaene (Neurospin, Inserm-CEA, Saclay). Cette dernière précise : « En réalité, il n’existe aucun recensement des cas de dyspraxie en France ou ailleurs ».

(La Croix, 29/05)

23/05/2012

Socfin/Bolloré et les palmiers à huile

lu sur :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/22/les-populations-indigenes-d-afrique-et-d-asie-contestent-le-projet-socfin-bollore_1704875_3232.html

Les populations indigènes d'Afrique et d'Asie contestent le projet Socfin/Bolloré

 
 22.05.2012 à 09h51 • Mis à jour le 22.05.2012 à 09h51
 

Le Monde.fr | 22.05.2012 à 09h51 • Mis à jour le 22.05.2012 à 09h51

Par Frédéric Mousseau, directeur politique du Oakland Institute

 

Les tribus Bunong du Cambodge, les pygmées Bagyeli du Cameroun et les villageois de la chefferie de Malen en Sierra Leone ont une chose en commun : ils sont tous aux prises avec le développement de plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas par des filiales de Socfin (Société Financière des Caoutchoucs), une société dont le principal actionnaire est le groupe Bolloré, détenu par l'homme d'affaires français Vincent Bolloré.

Depuis 2008, dans chacun de ces pays, la résistance s'est organisée face à la perte de terres agricoles, aux conditions douteuses d'attribution des concessions et à l'impact sur l'environnement des activités du groupe et de ses filiales, Socfin KCD au Cambodge, Socapalm au Cameroun et Socfin SL en Sierra Leone. Une lutte inégale est engagée contre un géant présent dans 92 pays - dont 43 en Afrique - qui contrôle non seulement des plantations mais aussi étend son emprise dans de grands secteurs stratégiques tels que pétrole, transport, logistique, manutention et surtout ports africains (13 en 2012).

Dans un rapport publié en avril 2012, l'Oakland Institute a dressé un panorama pour le moins inquiétant de l'opposition des populations locales de ces pays aux plantations de Socfin. Ce rapport détaille en particulier les raisons de l'opposition au plus récent d'entre eux, un projet signé en mars 2011, par Socfin SL portant sur 6 500 hectares (ha) pour établir des plantations de palmiers à huile dans le sud de la Sierra Leone (avec un projet d'extension de 5 000 ha supplémentaires).

Promettant création d'emplois, compensation pour les exploitations agricoles perdues et la construction d'infrastructures, l'investissement a bénéficié d'un soutien au plus haut niveau du gouvernement Sierra Léonais. Malgré ce soutien politique, le projet de Socfin SL se heurte à une forte résistance de la population locale. En octobre 2011, 40 manifestants ont été arrêtés, suite à une tentative de blocus de la plantation par les villageois. Ces derniers protestaient contre le projet d'investissement, le manque de transparence de la société, l'absence de consultation adéquate des populations locales, et le manque d'information sur les perspectives de réinstallation. Ils se plaignaient également des conditions de travail "abominables" et des faibles rémunérations des ouvriers, de la corruption d'élites locales, et de la pression exercée sur les propriétaires de terres et les chefs de villages pour la signature de l'accord.

Réagissant à ce rapport dans un document publié en ligne le 11 avril 2012, Socfin réfute en bloc ces accusations, insiste sur les objectifs de développement durable du projet et accuse les auteurs de manipulation, de malhonnêteté intellectuelle et même de poursuite d'objectifs politiques, ces derniers concernant la proximité - critiquée - entre l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui a passé un séjour en 2007 dans le yacht de l'industriel Vincent Bolloré.

Dans la défense de son projet en Sierra Leone, Socfin omet de façon notoire de commenter le blocus de la plantation opéré par les populations locales et les arrestations de dizaines d'opposants en octobre 2011. Accusant l'Oakland Institute de "paternalisme intellectuel occidental" la société feint d'ignorer que les critiques dont le rapport fait écho reprennent l'essentiel des griefs communiqués à la société par l'association locale des petits propriétaires de Malen, mis en ligne sur le site internet du Oakland Institute.

Alors que la société prétend être engagée en faveur du développement durable, Socfin viole manifestement avec ce projet le principe de consentement libre, informé et éclairé des populations, un principe internationalement reconnu pour ce type d'investissement. En mettant en place en Afrique et en Asie des monocultures de palmier à huile et d'hévéas, elle participe à la perte de biodiversité et à la dégradation de l'environnement. Pourtant, de nombreuses études d'organismes et d'experts internationaux ont montré sans ambiguïté que la voie du développement durable passe par la diversification agricole ainsi que l'utilisation de méthodes écologiques et biologiques de fertilisation et de production.

Enfin, l'accusation de malhonnêteté intellectuelle pourrait être retournée contre la société. Ainsi, pour justifier le faible niveau des salaires dont se plaignent les villageois - fixé à 250 000 leones soit 50 dollars ou 38 euros par mois pour 6 jours par semaine, 8 heures par jour - Socfin fournit un argument bien commode, et fait valoir qu'elle respecte le code du travail sierra léonais et entend éviter de "créer un déséquilibre au niveau macro dans le pays". Autrement dit, la société refuse d'augmenter les salaires parce que justement les salaires sont bas dans ce pays !

Socfin insiste également dans son communiqué sur le fond de développement social de 75 000 dollars qu'elle offre aux populations locales. Cette somme peut paraître significative au vu du niveau extrême de pauvreté en Sierra Leone. Elle est cependant sans commune mesure avec les bénéfices engrangés par la société ces dernières années. Pour ses 158 800 ha de plantations en Asie et en Afrique, les comptes du groupe Bolloré enregistraient ainsi 250 millions de dollars de bénéfice en 2011, soit une augmentation de 163 millions de dollars (187 %) depuis 2009. Ces chiffres correspondent à un bénéfice annuel moyen de 1 500 dollars par hectare de plantation, soit plus de 10 millions de dollars par an pour une plantation de 6 500 hectares. Même si une nouvelle plantation prend quelques années avant de devenir bénéficiaire, Socfin dispose donc largement des ressources nécessaires pour compenser convenablement les propriétaires des terres qu'elle utilise et assurer des salaires décents aux ouvriers agricoles dans ses nouveaux projets. Mais cela supposerait évidemment d'entamer les dividendes versés aux actionnaires de la société, Vincent Bolloré et ses associés.

Les conditions du projet Socfin en Sierra Leone doivent être revues et les poursuites contre les villageois de Pujehun immédiatement abandonnées. Assurer une réelle transparence dans la mise en œuvre du projet et permettre que toutes les personnes concernées soient réellement consultées sont des conditions indispensables à la poursuite du projet. Publier une étude d'impact environnemental et social approfondie et objective est essentiel afin de donner aux populations locales les informations nécessaires pour renégocier les conditions et modalités de l'accord, voire de le rejeter si elles le jugent contraire à leurs intérêts.

Frédéric Mousseau, directeur politique du Oakland Institute

22/05/2012

Enquête sur une société française pour complicité de torture en Libye

lu sur :

http://www.lemonde.fr/libye/article/2012/05/21/enquete-sur-une-societe-francaise-pour-complicite-de-torture-en-libye_1705038_1496980.html

 

Une information judiciaire a été ouverte à Paris pour complicité d'actes de torture en Libye visant la société Amesys, filiale de Bull, ont annoncé lundi 21 mai la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'homme (LDH).

Les deux ONG avaient déposé plainte avec constitution de partie civile en octobre 2011 "pour des faits commis à travers la fourniture au régime de Khadafi, à partir de 2007, d'un système de surveillance des communications destiné à surveiller la population libyenne", rappellent-elles.

 

D'après la FIDH, Amesys, une société d'ingénierie spécialisée dans les systèmes sécuritaires et rachetée par Bull en janvier 2010, a conclu un contrat de mise à disposition de technologie aux fins d'interception de communications, de traitement de données et d'analyses en 2007.

Eclairage : "Quand la société française Amesys aidait Kadhafi à traquer les opposants libyens"

Wikileaks : "Une technologie française a permis d'espionner des opposants libyens à l'étranger"

L'affaire avait été révélée fin août par le Wall Street Journal. Le quotidien américain avait affirmé que Amesys avait équipé, fin 2009, le centre de surveillance d'Internet de Tripoli avec un système d'analyse du trafic internet (DPI). Ce système permet de contrôler les messages qui s'échangent, pour éventuellement filtrer voire censurer des "paquets" de données.

Pour sa part, Amesys avait reconnu début septembre avoir fourni au régime de Mouammar Kadhafi du "matériel d'analyse" portant sur des "connexions internet", tout en rappelant que le contrat avait été signé dans un contexte de "rapprochement diplomatique" avec la Libye.

L'association anticorruption Sherpa avait déjà déposé une plainte visant Amesys pour ces faits mi-septembre. "Cette plainte, qui vise une entreprise pour complicité de graves violations des droits de l'homme sur le fondement de la compétence extraterritoriale, s'inscrit dans le cadre de la lutte contre l'impunité, à l'heure où un nombre grandissant d'entreprises est dénoncé pour avoir fourni des systèmes similaires à des régimes autoritaires", a souligné la FIDH.

 

21/05/2012

stopper le lobbying des opérateurs téléphonistes

communiqué de Robin des Toits

Vous exposeriez-vous 24h sur 24h à l'amiante, au DDT, à l'éther de Glycol ?
Alors pourquoi l'accepteriez-vous de la téléphonie mobile, du Wifi, d'un DECT ? classés dans le Groupe 2B - potentiellement cancérigène - par l'OMS le 31 Mai 2011.


 
stopper le lobbying des opérateurs téléphonistes
 
Pourquoi c'est important
Par la voie classique des pétitions, les maires n'ont aucun pouvoir de réglementer les émissions d'ondes des antennes téléphoniques, ni d'imposer les limites européennes. Nous, citoyens, ne pouvons que contrôler les niveaux après installation des antennes, par des organismes dépendants des opérateurs, à nos frais. La pollution électromagnétique en augmentation constante provoque des leucémies infantiles, des tumeurs cérébrales, des dégénérescences des cellules du cerveau (Alzheimer), etc., rapports médicaux à l'appui. Les antennes doivent faire l'objet de règles strictes et une mise en garde doit être imposée sur tout objet émettant des ondes : portables, tablettes, I-pod, babyphone, wifi, plaques à induction, etc. Il en va de la santé publique. Le gouvernement tire profit de son laxisme envers les opérateurs au mépris de notre santé à tous.
Soyez nombreux à signer cette pétition et à la faire circuler au plus grand nombre autour de vous.
 

Altération du cerveau des enfants exposés in utero à un insecticide

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Altération du cerveau des enfants exposés in utero à un insecticide

Le Monde rend compte d’une étude américaine, publiée en ligne le 30 avril dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) et présentée le 15 mai lors de la conférence internationale « Programmation prénatale et toxicité », qui souligne « l’impact » d’un insecticide très utilisé dans le monde, le chlorpyriphos-éthyl (CPF) « sur le développement cérébral d’enfants ayant été exposés in utero ».

Le Pr Virginia Rauh, principal auteur de l’étude menée à l’université Columbia (New York), souligne avoir observé « l’amincissement du cortex cérébral » à partir de données préliminaires de l’imagerie médicale reccueillies auprès de 40 enfants suivis, âgés de 6 à 11 ans. Selon Philippe Grandjean, épidémiologiste, spécialiste de médecine environnementale à l’Institut de santé publique du Danemark et à l’Ecole de santé publique d’Harvard (Boston), « l’impact de l’exposition périnatale à divers produits chimiques est un problème de santé publique ».

(Le Monde, édition Science & techno, 19/05)

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/05/17/un-insecticide-altere-le-jeune-cerveau_1703201_1650684.html

Il s'agit d'une étude pilote menée chez 40 enfants, mais ses résultats sont jugés"inquiétants" par le professeur Philippe Grandjean, épidémiologiste, spécialiste demédecine environnementale à l'Institut de santé publique du Danemark et à l'Ecole de santé publique d'Harvard (Boston, Etats-Unis).

Selon les données préliminaires de l'imagerie cérébrale recueillies chez de jeunes garçons et filles âgés de 6 à 11 ans, en effet, un pesticide organo-phosphoré très utilisé à travers le monde, le chlorpyriphos-éthyl (ou chlorpyrifos ou CPF), aurait un impact persistant sur la structure du cerveau des enfants qui, in utero, ont été exposés à des niveaux élevés de ce produit - parce que leur mère a, durant sagrossesse, inhalé cet insecticide, consommé des aliments pollués par celui-ci, voire été contaminée par l'absorption du produit à travers la peau. Le chlorpyriphos est présent dans de nombreux pesticides utilisés en agriculture, mais aussi dans des produits à usage domestique pour les pays qui n'en ont pas interdit l'usage.

Publiée en ligne, le 30 avril, dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), cette étude a été présentée, le 15 mai, lors de la conférence internationale "Programmation prénatale et toxicité" qui se tenait à Paris. L'enjeu :comprendre comment les expositions à des substances chimiques variées durant la grossesse ou les premières années de vie peuvent affecter les fonctions de l'organisme, voire occasionner des maladies (cancers, diabète, obésité...) qui surviennent parfois des années ou des dizaines d'années plus tard.

TROUBLES NEUROCOGNITIFS

"L'amincissement du cortex cérébral que nous observons chez ces enfants, notamment, n'est pas une bonne chose, souligne le professeur Virginia Rauh, principal auteur de ce travail réalisé à l'université Columbia (New York). Surtout lorsqu'on sait que l'épaisseur du cortex est également diminuée dans des affections neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer." Selon cette épidémiologiste, les anomalies cérébrales trouvées chez ces enfants pourraient être associées à des troubles neurocognitifs ou neuropsychologiques durables. Les niveaux d'exposition qui montrent ces effets neurotoxiques correspondant à des usages courants.

 

Pour retracer le niveau d'exposition des foetus, l'équipe new-yorkaise a regardé les taux de CPF dans le sang du cordon ombilical, qui donne une idée des taux d'exposition durant les dernières semaines de grossesse. Ces données étaient issues d'une cohorte de 369 enfants, pour lesquels étaient aussi connus les niveaux d'exposition foetale au tabac et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques, ainsi que les résultats d'un test cognitif global effectué vers l'âge de 7 ans.

Les auteurs ont focalisé leur attention sur 20 enfants qui avaient les niveaux d'exposition foetale au CPF le plus élevé - supérieur à 4,39 picogrammes par gramme - et les ont comparé à 20 enfants moins exposés, les deux groupes ne présentant des niveaux d'exposition foetale élevés ni au tabac ni aux hydrocarbures aromatiques. Résultats : chez les enfants du premier groupe, l'imagerie par résonance magnétique montre un développement cérébral altéré.

Le cerveau des enfants soumis à un niveau d'exposition élevé au CPF semble présenter plusieurs types d'anomalies : un élargissement de certaines régions, associé à de moins bonnes performances aux tests cognitifs à l'âge de 7 ans. De plus, ces enfants présentent des modifications des différences entre sexes normalement observées dans le cerveau, ainsi qu'une diminution de l'épaisseur du cortex frontal et pariétal.

DES INTERACTIONS AVEC LE TABAC

Le nombre restreint d'enfants inclus dans cette étude est bien sûr une limite. Une extension est en cours sur 450 enfants. De même, les tests neurocognitifs devraient être affinés en vue de préciser les corrélations entre mesures cérébrales et fonctions cognitives. Mais d'autres études vont dans le même sens."En Equateur, des enfants nés de mères travaillant dans des serres horticoles, exposées à ce pesticide durant leur grossesse, présentent un à deux ans de retard neurocognitif par rapport aux enfants dont les mères ne sont pas exposées", indique le M. Grandjean.

"Le chlorpyriphos-éthyl inhibe l'acétylcholinestérase, l'enzyme qui dégrade l'acétylcholine, un des principaux neurotransmetteurs excitateurs du cerveau. Il augmente ainsi la quantité d'acétylcholine dans le cerveau", dit le professeurRobert Barouki, directeur d'un laboratoire Inserm de pharmacologie-toxicologie à l'université Paris-Descartes. "Le CPF perturbe sans doute aussi la migration des neurones lors du développement cérébral", ajoute M. Grandjean. Autre motif de crainte, "les pesticides interagissent avec d'autres produits chimiques comme ceux du tabac", observe Virginia Rauh. Dans leur classement toxicologique, l'OMS et l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) attribuent au CPF un niveau II, soit une dangerosité modérée.

Médecins, psychologues, enseignants observent chez l'enfant une augmentation des troubles neurocognitifs et comportementaux, notamment des déficits de l'attention. Un accroissement en partie attribuable à la plus grande vigilance accordée à ces troubles et à leur meilleur diagnostic. Mais si cette augmentation est réelle, une origine développementale liée à une exposition à des neurotoxiques pourrait-elle en être une des causes ? "C'est une hypothèse à explorer", admet Virginia Rauh.

"Vous n'avez qu'une seule chance de développer votre cerveau, et c'est pour la vie ! Certes, le cerveau est capable de plasticité, d'un certain degré de compensation, mais son efficience ne sera jamais optimale s'il a été altéré", relève Philippe Grandjean. Selon lui, "l'impact de l'exposition périnatale à divers produits chimiques est un problème de santé publique mésestimé par les pouvoirs publics".

En attendant une prise de conscience élargie, que faire ? "Laver fruits et légumes, d'autant plus s'ils sont consommés par une femme enceinte ou allaitante, ou par de jeunes enfants", conseille Virginia Rauh. Et éviter d'utiliser, en cas de grossesse, des produits phytosanitaires contenant ces produits. En France, au moins un produit contenant du CPF est autorisé dans les jardins : Dursban 5G Jardin (Dow Agrosciences SAS).

Pour en savoir plus : Aux JO de Pékin, le coeur reconnaissant

Florence Rosier

 Les épandages aériens sont interdits par une directive européenne de 2009 mais un arrêté du 31 mai 2011 autorise les préfets à accorder des dérogations notamment pour les plantations arboricoles (AFP/BORIS HORVAT)

 Les épandages aériens sont interdits par une directive européenne de 2009, mais un arrêté du 31mai 2011 autorise les préfets à accorder des dérogations, notamment pour les plantations arboricoles.

19/05/2012

Le neuromarketing

lu sur :

http://www.ladepeche.fr/article/2012/04/08/1326046-le-neuromarketing-peut-il-nous-manipuler.html

Le neuromarketing peut-il nous manipuler ? - L'actu expliquée ...

 
www.ladepeche.fr › Actu › L'actu expliquée

1. Le neuromarketing, comment ça marche ?

Il y a deux semaines, le philosophe Bernard Stiegler dénonçait dans l'émission Ce soir ou jamais ce "business des neurosciences au service de la captation de l'attention des individus pour piloter leur comportement par les mécanismes les plus primaires (...) Aujourd'hui le neuromarketing se développe pour court-circuiter ce qui, dans notre néocortex, nous fait réfléchir avant d'agir."

Contestée par de nombreux scientifiques, la discipline est pourtant en pleine expansion : utiliser les connaissances et les techniques scientifiques sur le cerveau à des fins commerciales.

De Google à Microsoft en passant par Yahoo (en anglais), de nombreuses entreprises ont recours à l'imagerie mentale pour mesurer l'impact de leurs publicités ou de leurs produits.

L'éventail des techniques passe par l'imagerie cérébrale, qui informe sur l'activité des aires cérébrales liées à la mémoire, l'attention et l'émotion. Des capteurs sont aussi utilisés pour mesurer des changements physiologiques tels que les battements du coeur, le rythme respiratoire, et la transpiration, qui témoignent de nos émotions.

Selon ses partisans, le neuromarketing permet d'approfondir la connaissance du client : plutôt que de recourir au simple témoignage du consommateur et aux enquêtes d'opinion, ce nouveau marketing entre directement dans le cerveau, mesure des impressions subliminales, et explique des choix inconscients.

"Les décisions d'achat se jouent à 85% au niveau inconscient, mais l'analyse marketing traditionnelle se fonde sur les 15% qui sont conscients", explique Gary Singer, co-fondateur de l'entreprise Buyology Inc.

2. A quoi ça sert ?

Tout est parti d'une étude publiée dans le journal Neuron (en anglais), sur les critères de choix entre deux marques de soda. Les volontaires devaient goûter différents sodas, et désigner leur préféré.

Présentées anonymement, les deux marques Pepsi et Coca-Cola ont obtenu le même succès. Mais curieusement, lorsque les sujets étaient conscients de la marque qu'ils étaient en train de goûter, Coca-Cola a remporté les suffrages haut la main.

C'est le cerveau des volontaires qui a pu expliquer ce phénomène. Dans les tests "aveugles", l'activation cérébrale se situait simplement au niveau des aires du plaisir. Mais lorsque les sujets étaient conscients de goûter une marque, ce sont les aires de la mémoire qui s'activaient : l'hippocampe et le cortex préfrontal. Conclusion : le consommateur est plus influencé par la marque que par le goût du produit !

Depuis, le neuromarketing n'a cessé de séduire de nouvelles entreprises, telles que Yahoo, qui teste ses publicités par électroencéphalogramme avant de financer leur diffusion à grande échelle.

La société PayPal avait coutume de vanter la sécurité de son système de paiement en ligne. Mais une étude des ondes cérébrales des consommateur l'a poussée à changer de stratégie : l'argument de la rapidité se révélait plus efficace.

Même le magazine scientifique New Scientist a testé le neuromarketing, et a ainsi amélioré ses ventes sur un numéro spécial, choisi par le cerveau des lecteurs car il retenait davantage l'attention.

Mais les communicants n'ont jamais eu besoin de techniques d'imagerie pointues pour manipuler nos comportement. Tout récemment encore, la société Ion Interactive a constaté les effets de la présentation d'un décolleté pour faire bondir les inscriptions à un jeu en ligne, et ce sans aucune mesure scientifique. Cet effet s'explique par des théories psychologiques connues. L'imagerie érotique active en effet des zones cérébrales liées à la récompense et à la motivation.

Cependant, cette méthode n'est pas infaillible, selon le spécialiste Roger Dooley, car l'homme est intéressé par la nudité... à court terme. L'imagerie érotique induit une impatience, elle obtient donc ses meilleurs résultats lorsque l'enjeu est immédiat, comme dans le cas d'un jeu vidéo, à coté d'un bouton "jouer maintenant". Au contraire, ce procédé serait inefficace pour les produits utiles à long terme, comme les assurances vie.

3. Des dérives inquiétantes ?

Ces méthodes posent de nombreux problèmes éthiques, et peuvent donner lieu à des dérives. Dans son livre Brainwashed, le spécialiste Martin Lindstrom relate le cas de la société philippine Kopiko. Consciente que les habitudes alimentaires des femmes enceintes influencent celles de leurs futurs enfants, l'entreprise a décidé de booster les ventes de ses sucettes.

Sa technique : distribuer des échantillons aux cabinets médicaux visités par les futurs mamans, afin de fidéliser les bébés dès l'utérus.

Malgré tout, inutile de céder à la panique. L'imagerie mentale ne fait que constater ce qui se passe dans le cerveau, et ne peut en aucun cas agir directement sur les pensées. Les décisions d'achat sont des processus complexes que la science est loin de saisir totalement.

Certains sont même très sceptiques. Le neuroscientifique Craig Bennett a montré qu'il obtenait des résultats comparables aux études de neuromarketing en observant ... l'activité cérébrale d'un saumon mort.

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sur le même sujet :

Le neuromarketing ou comment votre cerveau réagit à la publicité ...

http://www.lauma-communication.com/2012/04/27/le-neuromarketing-ou-comment-votre-cerveau-reagit-a-la-publicite/

Un rapport alarmiste sur l'état de la planète

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/un-rapport-alarmiste-sur-l-etat-de-la-planete-15-05-2012-1461514_25.php

Le Point.fr - Publié le 15/05/2012 à 08:39 - Modifié le 15/05/2012 à 08:40

Un rapport alarmiste sur l'état de la planète

source AFP

Le rapport 2012 "Planète vivante" publié par WWF s'inquiète du tarissement des ressources naturelles d'ici à 2030. 

Trop de consommation, des ressources naturelles surexploitées et une population de plus en plus nombreuse mettent la planète Terre en danger, selon le rapport 2012 Planète vivante publié mardi par le WWF (World Wide Fund for Nature), quelques semaines avant le sommet de Rio. Ce rapport, publié tous les deux ans, a été formellement lancé par l'astronaute hollandais André Kuipers, qui tourne autour de la terre à bord de la Station spatiale internationale (ISS). "Nous n'avons qu'une Terre, de l'ISS, je peux voir l'empreinte de l'humanité sur la planète ; nous exerçons une pression insoutenable sur notre planète et pourtant nous devons sauver notre seule maison", a-t-il déclaré.

Selon Jim Leape, directeur général de WWF International, dont le siège est à Gland (Suisse), le monde "vit comme si nous avions une planète supplémentaire à disposition. Nous utilisons 50 % de plus de ressources que la Terre ne peut en produire de manière durable, et si rien ne change, d'ici l'an 2030, même deux planètes supplémentaires n'y suffiront pas". "Ce rapport est comme un check-up de la planète, et les résultats montrent que notre planète est très malade", a indiqué pour sa part Jonathan Baillie, de la Société zoologique de Londres, co-auteur du rapport. "Ignorer ce diagnostic aurait des conséquences majeures pour l'humanité, nous pouvons rétablir la santé de la planète, mais seulement en nous attaquant aux racines du mal : la croissance de la population et la surconsommation", a-t-il ajouté.

Déclin global depuis 1970

Le rapport 2012 Planète vivante utilise un indice pour mesurer les changements dans la santé des écosystèmes de la planète. Cet indice suit plus de 9 000 populations de plus de 2 600 espèces, et montre un déclin global de toutes les populations depuis 1970. Ce sont les écosystèmes tropicaux qui sont les plus touchés, avec une baisse de 60 % en 40 ans. Le rapport souligne aussi l'impact de l'urbanisation. En 2050, deux personnes sur trois vivront dans des villes. La population dans les pays pauvres a été multipliée par 4,3 depuis 1961, et leur empreinte écologique a augmenté de 323 % durant la période, dénonce encore le rapport.

Par ailleurs, 13 millions d'hectares de forêts ont disparu chaque année de la planète entre 2000 et 2010. Les pays des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie et Chine) et les pays à revenu moyen ont augmenté leur empreinte écologique par habitant de 65 % depuis 1961. Cependant, la différence entre empreinte écologique des pays riches et pays pauvres reste énorme. Le rapport montre que l'empreinte écologique des pays riches est 5 fois supérieure à celle des pays pauvres. Les 10 pays à la plus forte empreinte écologique par individu sont le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes unis, le Danemark, les États-Unis, la Belgique, l'Australie, le Canada, les Pays-Bas et l'Irlande.

La population mondiale a plus que doublé depuis 1950. De 7 milliards en 2011, elle devrait atteindre plus de 9,3 milliards d'ici 2050. Le rapport propose des solutions pour "créer un avenir propère" pour "9 voire 10 milliards" de personnes d'ici 2050. Parmi ces solutions figurent une production utilisant moins d'énergie et une réduction de la consommation. Ce rapport est publié cinq semaines avant la conférence sur le développement durable des Nations unies qui se tiendra à Rio en juin prochain et appelée Rio+20. C'est à Rio que s'est tenu en 1992 le premier Sommet de la Terre.

L'exposition précoce aux polluants

À lire sur :

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/3/27/09/71/dec-2011/Le-Monde-17-mai-2012--exposition-precoce-aux-polluants.pdf

« La toxicologie réglementaire ne suffit plus »

09:08 Publié dans chimie, santé | Lien permanent | Commentaires (0)

18/05/2012

Nanoparticules et alimentation

lu sur :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0032254

Food Chain Transport of Nanoparticles Affects Behaviour and Fat Metabolism in Fish

Abstract Top

Nano-sized (10−9–10−7 m) particles offer many technical and biomedical advances over the bulk material. The use of nanoparticles in cosmetics, detergents, food and other commercial products is rapidly increasing despite little knowledge of their effect on organism metabolism. We show here that commercially manufactured polystyrene nanoparticles, transported through an aquatic food chain from algae, through zooplankton to fish, affect lipid metabolism and behaviour of the top consumer. At least three independent metabolic parameters differed between control and test fish: the weight loss, the triglycerides:cholesterol ratio in blood serum, and the distribution of cholesterol between muscle and liver. Moreover, we demonstrate that nanoparticles bind to apolipoprotein A-I in fish serum in-vitro, thereby restraining them from properly utilising their fat reserves if absorbed through ingestion. In addition to the metabolic effects, we show that consumption of nanoparticle-containing zooplankton affects the feeding behaviour of the fish. The time it took the fish to consume 95% of the food presented to them was more than doubled for nanoparticle-exposed compared to control fish. Since many nano-sized products will, through the sewage system, end up in freshwater and marine habitats, our study provides a potential bioassay for testing new nano-sized material before manufacturing. In conclusion, our study shows that from knowledge of the molecular composition of the protein corona around nanoparticles it is possible to make a testable molecular hypothesis and bioassay of the potential biological risks of a defined nanoparticle at the organism and ecosystem level.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.nature.com/nnano/journal/v7/n4/full/nnano.2012.3.html

NATURE NANOTECHNOLOGY ARTICLE

Oral exposure to polystyrene nanoparticles affects iron absorption 

The use of engineered nanoparticles in food and pharmaceuticals is expected to increase, but the impact of chronic oral exposure to nanoparticles on human health remains unknown. Here, we show that chronic and acute oral exposure to polystyrene nanoparticles can influence iron uptake and iron transport in anin vitro model of the intestinal epithelium and an in vivo chicken intestinal loop model. Intestinal cells that are exposed to high doses of nanoparticles showed increased iron transport due to nanoparticle disruption of the cell membrane. Chickens acutely exposed to carboxylated particles (50 nm in diameter) had a lower iron absorption than unexposed or chronically exposed birds. Chronic exposure caused remodelling of the intestinal villi, which increased the surface area available for iron absorption. The agreement between the in vitro and in vivo results suggests that our in vitro intestinal epithelium model is potentially useful for toxicology studies.

Intérêt de l'aspirine

Une explication sur l'intérêt de prendre de l'aspirine tous les jours.

lu sur :

http://www.sciencemag.org/content/vol336/issue6083/twis.dtl

This Week in SCIENCE
18 May 2012, 336 (6083) 

An Aspirin a Day? 

The protein kinase AMPK (adenosine monophosphate-activated protein kinase) directly monitors cellular energy stores as reflected by changes in cellular concentrations of AMP, adenosine diphosphate (ADP), and adenosine triphosphate (ATP). Through phosphorylation of its targets, it helps to control metabolism, polarity, autophagy, and the restraint of cell proliferation. Activation of AMPK is also proposed to be beneficial for the treatment of diseases, including cancer and diabetes. Hawley et al. (p. 918, published online 19 April; see the Perspective by Shaw and Cantley) (report that AMPK can be activated by high concentrations of salicylate, a compound derived from the very commonly used drug aspirin. In mice, salicylate promoted fatty acid and carbohydrate metabolism in an AMPK-dependent fashion.

Science 18 May 2012: 
Vol. 336 no. 6083 pp. 813-814 
DOI: 10.1126/science.1223140
  • PERSPECTIVE

CELL BIOLOGY

Ancient Sensor for Ancient Drug

  1. Reuben J. Shaw1
  2. Lewis C. Cantley2

+Author Affiliations

  1. 1Howard Hughes Medical Institute, The Salk Institute for Biological Studies, La Jolla, CA 92037, USA.
  2. 2Beth Israel Deaconess Medical Center, Boston, MA 02115, USA.
  1. E-mail: shaw@salk.edulewis_cantley@hms.harvard.edu

Salicylate, a compound found in willow tree bark, is the active breakdown product of aspirin, and has been used for medicinal purposes since ancient times. However, the molecular mechanism underlying the beneficial effects of salicylate has been unclear. On page 918 of this issue, Hawley et al. (1) show that salicylate activates the cellular metabolic regulator adenosine monophosphate (AMP)–activated protein kinase (AMPK), which stimulates fat utilization in mice.

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Science 18 May 2012: 
Vol. 336 no. 6083 pp. 918-922 
DOI: 10.1126/science.1215327

  • REPORT

The Ancient Drug Salicylate Directly Activates AMP-Activated Protein Kinase

  1. Simon A. Hawley1
  2. Morgan D. Fullerton2
  3. Fiona A. Ross1
  4. Jonathan D. Schertzer2
  5. Cyrille Chevtzoff1,
  6. Katherine J. Walker1
  7. Mark W. Peggie3
  8. Darya Zibrova3
  9. Kevin A. Green1
  10. Kirsty J. Mustard1,
  11. Bruce E. Kemp4
  12. Kei Sakamoto3,*
  13. Gregory R. Steinberg2,4
  14. D. Grahame Hardie1,

+Author Affiliations

  1. 1Division of Cell Signalling and Immunology, College of Life Sciences, University of Dundee, Dundee DD1 5EH, Scotland, UK.
  2. 2Divisions of Endocrinology and Metabolism, Department of Medicine, and Department of Biochemistry and Biomedical Sciences, McMaster University, 1200 Main Street West, Hamilton, Ontario L8N 3Z5, Canada.
  3. 3Medical Research Council Protein Phosphorylation Unit, College of Life Sciences, University of Dundee, Dundee DD1 5EH, Scotland, UK.
  4. 4St. Vincent’s Institute of Medical Research and Department of Medicine, University of Melbourne, 41 Victoria Parade, Fitzroy, Vic 3065 Australia.

+Author Notes

  • * Present address: Nestlé Institute of Health Sciences Société Anonyme, Campus École Polytechnique Fédérale de Lausanne, 1015 Lausanne, Switzerland.

  1. To whom correspondence should be addressed: E-mail: d.g.hardie@dundee.ac.uk

ABSTRACT

Salicylate, a plant product, has been in medicinal use since ancient times. More recently, it has been replaced by synthetic derivatives such as aspirin and salsalate, both of which are rapidly broken down to salicylate in vivo. At concentrations reached in plasma after administration of salsalate or of aspirin at high doses, salicylate activates adenosine monophosphate–activated protein kinase (AMPK), a central regulator of cell growth and metabolism. Salicylate binds at the same site as the synthetic activator A-769662 to cause allosteric activation and inhibition of dephosphorylation of the activating phosphorylation site, threonine-172. In AMPK knockout mice, effects of salicylate to increase fat utilization and to lower plasma fatty acids in vivo were lost. Our results suggest that AMPK activation could explain some beneficial effects of salsalate and aspirin in humans.

17/05/2012

Où vont les déchets plastiques non dégradables ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5166

16-05-2012 - Pacifique : un continent de déchets fait plus de six fois la France 

Découvert en 1999 par le navigateur américain Charles Moore, ce qu’on appelle le « 7ème continent » est un gigantesque amas de déchets, situé entre les côtes de Hawaï et l’Amérique du Nord. Ces millions de tonnes de plastiques s’amassent sur une superficie estimée à 3,4 millions de km² selon le Cniid (1), équivalant à plus de six fois la France. Ce « continent » s’est progressivement formé dans l’océan Pacifique Nord, récoltant et concentrant via les courants marins des déchets provenant d’Asie du sud-est et d’Amérique de l’Ouest. La catastrophe de Fukushima aurait contribué, à elle seule, à l’ajout de trois millions de tonnes de déchets. 

De par sa position dans les eaux internationales, lesquelles appartiennent à tous ou à personne au gré des nécessités, chacun se dédouane de ce problème qui ne cesse de grossir. Pourtant, l’impact sur l’environnement, et notamment la faune marine, est réel (contamination de la chaîne alimentaire etc.). Aussi, l’association OSL (Ocean Scientific Logistic) a mis sur pied une expédition, visant à évaluer l’impact de ce condensé de pollution. Afin de le sensibiliser, elle tiendra le public informé de ses recherches via un blog dédié (2). Seules deux expéditions scientifiques américaines se sont déjà rendues sur place, respectivement en 2006 et en 2009. Selon OSL, si rien n’est fait, dans 20 ans, ce continent sera aussi grand que l’Europe. 

Cécile Cassier
1- Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets. 
2- Le blog est accessible à l’adresse suivante : www.septiemecontinent.com

10:16 Publié dans chimie, nature | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2012

Le traitement de déchets industriels dangereux : Chimirec au tribunal (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/15/le-proces-chimirec-reporte_1701672_3244.html

Le procès Chimirec reporté

LE MONDE 15/05/2012

Le groupe Chimirec, soupçonné d'avoir illégalement dilué des huiles usagées contentant des PCB en les mélangeant avec d'autres huiles, a marqué un premier point à l'ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, lundi 14 mai. Trois usines, à Grez-en-Bouère (Mayenne), Dugny (Seine Saint-Denis) et Blamont (Meurthe-et-Moselle), le président de la holding, Jean Fixot, et six cadres sont concernés.

Les défenseurs de l'industriel avaient prévenu qu'ils opposeraient une question prioritaire de constitutionnalité. C'est ce qu'ils ont fait avec succès. Sur le point précis de l'élimination de ces déchets dangereux, l'avocat Jean-Nicolas Clément a argué que la loi manquait de précision sur la définition de la " dilution ". Il s'en est pris aux articles du code de l'environnement, transcription non aboutie et même " servile ", selon lui, d'une directive européenne, ainsi qu'au législateur qui se serait contenté de se ranger derrière de simples règlements administratifs sur cette question de l'élimination des déchets. " La loi n'a pas fixé les caractéristiques essentielles d'un comportement fautif, a insisté l'avocat. La règle du jeu n'est pas connue à l'avance. Tout cela est violemment inconstitutionnel. "

QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ

Le tribunal a entendu le raisonnement et transmettra donc cette question prioritaire de constitutionnalité. Si celle-ci poursuit son parcours jusqu'au Conseil constitutionnel et si celui-ci conclut qu'en effet le délit d'élimination de déchets dangereux n'est pas assez bien défini par la loi, le procès Chimirec - qui ne se tiendra de toute façon pas avant plusieurs mois - perdrait une grande partie de sa substance. La défense ne veut d'ailleurs voir dans cette affaire que des " irrégularités administratives " et des " divergences d'interprétation " sur les arrêtés d'exploitation.

Les parties civiles dont les rangs ont grossi (Ademe, Association des vallées et prévention des pollutions, Commission de protection des eaux, Centre national indépendant d'information sur les déchets, conseil régional des Pays de la Loire, Ecologie sans frontières, France nature environnement, Mayenne nature environnement, Greenpeace) listent, elles, les autres griefs : fausses déclarations, fausses analyses, faux certificats de destruction de déchets dangereux, exploitation d'installation classée sans l'autorisation requise.

Chacun s'interroge sur les répercussions de cette éventuelle imprécision de la loi sur l'autre plainte visant Chimirec, plus particulièrement l'usine de sa filiale Aprochim, implantée à Grez-en-Bouère. Après la mise sous séquestre de plusieurs fermes alentours et l'abattage de troupeaux de bovins contaminés aux PCB, des riverains ont demandé au parquet de Laval une instruction judiciaire pour " mise en danger de la vie d'autrui et pollution."


Martine Valo

Sucre de synthèse et fonctionnement cérébral

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Les effets néfastes sur le cerveau du sucre de synthèse consommé en excès


Une étude américaine, publiée hier dans la revue britannique Journal of Physiology et menée sur des rats, montre qu’« une consommation excessive de sucre de synthèse, très utilisé dans la fabrication des sodas et d’aliments industriels, peut à la longue ralentir le fonctionnement cérébral et altérer la mémoire », rapporte Francesoir.fr.

Selon les chercheurs, cette étude est « la première à révéler l’action néfaste de ces édulcorants [tels que ‘‘le sirop de maïs à haute teneur en fructose’’] sur le cerveau ». Cependant, ajoute le principal auteur de ces travaux, le Dr Fernando Gomez-Pinilla, professeur de neurochirurgie à la faculté de médecine de l’Université de Californie à Los Angeles, « (…) la consommation régulière d’acides gras omega-3, présents dans certains poissons ou par exemple les graines de lin, peut aider à minimiser les dommages provoqués par ce genre de sucres ».

(Francesoir.fr, 15/05)

14/05/2012

Le traitement de déchets industriels dangereux : Chimirec au tribunal

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/dechets-industriels-le-pdg-et-des-cadres-du-groupe-chimirec-juges-a-paris-14-05-2012-1461267_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20120514

Déchets industriels: le PDG et des cadres du groupe Chimirec jugés à Paris

AFP 14/5/2012

Le tribunal correctionnel de Paris se penche à partir de lundi sur les pratiques du groupe Chimirec, spécialisé dans le traitement de déchets industriels dangereux et accusé de fraudes sur l'élimination d'huiles polluées au pyralène.

Le PDG, Jean Fixot, et six cadres ou ex-cadres de ce groupe international sont soupçonnés d'avoir éliminé "de façon irrégulière" des déchets par la dilution d'huiles polluées aux PCB (polychlorobiphényles) dans trois usines, à Domjevin (Meurthe-et-Moselle), Dugny (Seine-Saint-Denis) et Grez-en-Bouère (Mayenne), entre 2000 et 2006.

Six des sept prévenus sont aussi poursuivis pour faux et usage de faux, pour avoir modifié ou falsifié des rapports d'activités, des registres et des bordereaux de suivi industriel, afin de cacher la réalité à l'administration et à leurs clients.

L'instruction, qui a duré cinq ans, a été conduite au Pôle Santé du Tribunal de grande instance de Paris, à la suite de dénonciations d'anciens salariés. Chimirec conteste les faits.

Pour l'accusation, c'est la recherche de profit qui aurait motivé les fraudes: "Ou nous décontaminons et nous perdons 22.000 euros, ou nous faisons du transit vers Chimirec et nous gagnons 30.000 euros avec d'éventuels problèmes avec la justice", écrit ainsi, dans un message envoyé à son directeur, un responsable du laboratoire d'Aprochim - parmi les prévenus -, à propos d'un marché de 250 tonnes d'huiles polluées en provenance d'Espagne.

A l'usine Aprochim de Grez-en-Bouère - seul site du groupe agréé pour le traitement des déchets contenant des PCB -, les pratiques interdites auraient été instituées "dès 1994" après la défaillance d'une installation de décontamination. L'entreprise aurait ainsi cumulé les gains sur la revente des huiles aux économies réalisées sur le coût du traitement et aux subventions de dépollution.

Pour France Nature Environnement (FNE), partie civile comme Greenpeace et d'autres associations environnementales, "ce procès sera l'occasion de moraliser la filière de traitement des déchets". "La valorisation et le recyclage de déchets dangereux doit être réalisée par des gens sérieux et non par des apprentis sorciers. Chimirec nuit à la crédibilité des autres entreprises du secteur des déchets", affirme FNE dans un communiqué.

L'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (Ademe), qui subventionnait la collecte d'huile, est également partie civile de ce procès programmé sur cinq jours. "Nous estimons que les dispositions pénales de l'époque, concernant la notion de dilution, n'étaient ni claires ni conformes à la constitution", a expliqué à l'AFP Me Xavier Flécheux, avocat de Jean Fixot et de Chimirec, qui compte déposer dès l'ouverture du procès une Question prioritaire de constitutionnalité.

Cette demande pourrait avoir pour effet de reporter le procès.

Le groupe Chimirec et sa filiale Aprochim sont aussi au coeur d'un autre dossier environnemental : une information judiciaire a été ouverte en décembre à Laval pour pollution et mise en danger de la vie d'autrui après la détection d'une pollution aux PCB autour de l'usine de Mayenne.

Les polychlorobiphényles sont des produits chimiques toxiques au contact et à l'inhalation, persistants, bioaccumulables dans l'organisme et l'environnement, considérés comme potentiellement cancérogènes. Interdits en France depuis 1987, les PCB ont été très utilisés, notamment dans les transformateurs.

Pollinisation et économie

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5153

 

08-05-2012 - La pollinisation en recul fait grimper les prix agricoles

Parue dans la revue PLoS ONE, une étude menée par des chercheurs allemands (1) s’est intéressée à l’impact économique de la dépendance de certaines cultures agricoles à la pollinisation (2). On constate que les coûts de production pour les cultures tributaires des insectes pollinisateurs ont fortement augmenté depuis 2001, bien plus que ceux d’autres cultures telles que le riz, les céréales ou le maïs. La valeur des services de pollinisation écologique est ainsi passée d’environ 151 milliards d’euros en 1993 à 265 milliards d’euros en 2009. 

Selon les chercheurs, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Japon et les Etats-Unis font partie des pays dont les rendements agricoles dépendent le plus de la pollinisation. L’Europe affiche également une forte dépendance aux insectes pollinisateurs en matière agricole, notamment dans les pays méditerranéens tels que l’Italie et la Grèce. Dès lors, 
le déclin des insectes pollinisateurs fait peser une lourde menace sur les pays dont le PIB agricole repose en grande partie sur les cultures dépendant de la pollinisation. C’est le cas notamment de l’Argentine, la Belgique, la Chine, le Ghana, le Honduras, la Côte d’Ivoire et la Jordanie. 

Cécile Cassier
1- Les auteurs de ces travaux sont des chercheurs issus de l'université de Bonn, du Centre Helmholtz pour la recherche sur l'environnement (UFZ), de l'université technologique de Dresde et de l'Université de Fribourg. 
2- L’étude a porté sur 60 cultures dont le cacao, le café, les pommes et le soja, qui dépendent  de la pollinisation assurée par certains insectes, tels que les abeilles, guêpes, bourdons, papillons.
 

10/05/2012

Lien entre bisphénol A et cancer du sein

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/une-etude-sur-les-primates-confirme-le-lien-entre-bisphenol-a-et-cancer-du-sein_1698475_3244.html

Le lien entre la maladie de Parkinson et les pesticides officiellement reconnu




Une étude sur les primates confirme le lien entre bisphénol A et cancer du sein

LE MONDE | 09.05.2012 à 14h23 • Mis à jour le 10.05.2012 à 11h34

Chez les rongeurs, le fait est connu de longue date : l'exposition au bisphénol A (BPA) augmente l'incidence de cancers mammaires. Mais la preuve expérimentale formelle manquait chez les primates. Ce n'est plus le cas avec la publication, lundi 7 mai dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), de la première expérience menée sur des singes exposés à ce perturbateur hormonal, présent dans nombre de plastiques, dans les résines gainant l'intérieur des boîtes de conserve ou des canettes de soda, dans les lentilles de contact, etc.

Les auteurs, menés par Andrew Tharp et Maricel Maffini (Ecole de médecine de la Tufts University à Boston, Etats-Unis), ont administré à des femelles macaques (Macaca mulatta) pleines une faible dose de BPA, correspondant à 400 microgrammes par kilo de poids corporel et par jour (µg/kg/d), pendant les deux derniers mois de leur grossesse.

"Ce dosage a été choisi car il donne chez ces singes une concentration sanguine de bisphénol A comparable à ce que l'on trouve dans la population générale humaine, explique la biologiste Ana Soto, professeur à la Tufts University et coauteur de ces travaux. Or l'exposition d'un organe à un toxique dépend de la concentration de ce dernier dans le sang."

Les chercheurs n'ont cependant pas tenté d'évaluer les effets de cette substance sur les organes des guenons exposées. Ils les ont cherchés sur leur descendance en prélevant la glande mammaire des nouveaux-nés, peu après la mise bas. Les organes des individus exposés in utero ont ensuite été comparés à un groupe-témoin, dont la mère n'avait pas été exposée au BPA au cours de sa grossesse.

ORGANE MAMMAIRE AFFECTÉ

Le résultat n'étonne guère les auteurs. "Par rapport à ceux dont la mère n'a pas été exposée, on constate chez les animaux exposés in utero que le développement de la glande mammaire est plus avancé dès la naissance, explique Mme Soto. Les changements de structure de l'organe sont significatifs, avec notamment une densité plus importante du tissu épithélial de la glande mammaire."

Sur les rongeurs - dont la durée de vie est plus courte et qui peuvent être enrôlés en grand nombre dans ce genre d'expérience - , "plusieurs d'études ont montré le même effet, c'est-à-dire l'accélération de la maturation de la glande mammaire après exposition in utero", précise Mme Soto.

"Dans le cas des souris et des rats, on sait que ces changements de morphologie de la glande mammaire, d'abord subtils, s'accroissent avec l'âge de l'animal, précise la biologiste. Les différences avec les animaux qui n'ont pas été exposés deviennent de plus en plus marquées avec le temps et favorisent, plus tard et, sans même l'action d'autres carcinogènes, le développement de lésions précancéreuses et cancéreuses."

L'exposition in utero au BPA produisant des effets identiques sur la glande mammaire à court terme chez les rongeurs et les primates, il est probable que les effets à long terme soient analogues. Et il n'y a nulle raison qu'ils épargnent l'espèce humaine. En outre, au moins deux études, réalisées au milieu des années 2000, indiquent la présence de BPA à des niveaux mesurables sur 90 % à 95 % de la population occidentale.

Ana Soto pointe un autre indice en ce sens. "Si on considère le DES(diéthylstilbestrol, molécule active du distilbène, un médicament désormais interdit), un très proche cousin du BPA, on sait depuis 1986 que sur la souris, l'exposition in uteroau DES augmente l'incidence de cancers mammaires, dit-elle.Or avec le scandale du distilbène, on sait depuis 2006 que les femmes qui ont été exposées au DES durant leur stade fœtal ont deux fois plus de risques de développer un cancer du sein après 40 ans."

En France, un projet de loi déposé en 2011 par le député (PS) Gérard Bapt, prévoit l'interdiction du BPA dès 2013 dans les contenants alimentaires pour les enfants, puis en 2014 pour les autres. Les autorités compétentes européenne (EFSA) et américaine (FDA) considèrent pour leur part que les preuves manquent pour bannir ce produit.

Stéphane Foucart

08/05/2012

La justice et le président sortant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/08/karachi-bettencourt-kadhafi-le-citoyen-sarkozy-sur-la-sellette_1697651_3224.html

Bettencourt, Karachi, sondages de l'Elysée... Les affaires qui menacent Sarkozy

 

LE MONDE | 08.05.2012 à 10h46 • Mis à jour le 08.05.2012 à 18h45

Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Pour Nicolas Sarkozy, la perspective est particulièrement désagréable : lui qui avait tant tenu à marquer sa différence avec un Jacques Chirac cerné par les juges risque à son tour, une fois son immunité présidentielle arrivée à son terme - un mois après la fin de son mandat, soit le 15 juin à minuit -, d'être convoqué par des magistrats. Redevenu justiciable ordinaire, M. Sarkozy s'expose en effet, dans les procédures où son nom est cité, à des convocations auxquelles il aurait à répondre en qualité de témoin, de témoin assisté, voire de mis en examen.

Lire "Le statut pénal du chef de l'Etat, mode d'emploi"

Dans la seconde partie de son quinquennat, l'actuel chef de l'Etat a déjà été éclaboussé par plusieurs enquêtes judiciaires qui ont provoqué la mise en cause de nombre de ses proches. Ainsi, dans l'affaire dite des "fadettes", le patron du contre-espionnage Bernard Squarcini et le procureur de Nanterre Philippe Courroye sont poursuivis pour avoir cherché à identifier les sources des journalistes du Monde coupables d'avoir publié des informations gênantes pour le pouvoir dans l'affaire Bettencourt.

> Lire "Les contre-vérités de Sarkozy sur les "fadettes" des journalistes"

Amis de longue date du président, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire sont quant à eux mis en examen dans le volet financier de l'affaire de l'attentat de Karachi - dont on commémore le dixième anniversaire, mardi 8 mai. Quant à Eric Woerth, il a subi le même sort dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Ces deux derniers dossiers sont ceux dans lesquels M. Sarkozy ne devrait a priori pas échapper à une convocation.

  • L'affaire Bettencourt, la plus menaçante à court terme

Dans le volet politique du dossier Bettencourt, instruit à Bordeaux, le président sortant est soupçonné d'avoir été financé illégalement par le couple de milliardaires lors de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a déclaré avoir remis à Patrice de Maistre, alors gestionnaire de fortune, 50000 euros en espèces. Une somme, à en croire Mme Thibout, destinée à Eric Woerth, trésorier de la campagne de M. Sarkozy.
Dans le même dossier, le chef de l'Etat est, plus directement, accusé d'être venu 
chercher - comme d'autres hommes politiques - de l'argent liquide au domicile de Liliane et André Bettencourt.

> Voir "Le feuilleton Bettencourt en images"

La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, relatant les dessous du supplément d'information qu'elle eut à conduire, a provoqué un tollé en révélant en août 2011 dans le livre Sarko m'a tuer (éd. Stock) qu'un témoin avait confié à sa greffière: "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal." Ses déclarations fracassantes lui ont valu d'être dessaisie du volet "abus de faiblesse" du dossier et une convocation dans le bureau du juge bordelais Jean-Michel Gentil, qui gère désormais les différents aspects de l'affaire.

Le magistrat, qui souhaiterait boucler rapidement son dossier, ne pourra faire l'économie d'une audition de M.Sarkozy, d'autant que d'autres témoignages ou documents ont également évoqué d'éventuelles remises de fonds au profit de l'ancien maire de Neuilly.

Dans une ordonnance du 22 mars, le juge Gentil écrit d'ailleurs, à propos de retraits d'espèces suspects de février et avril 2007 : "Il convient de noter que des témoins attestent d'une visite du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007, que des investigations sont donc nécessaires s'agissant de ces premières remises de 2007."

  • L'affaire de Karachi, l'ombre du président sortant

Dans l'affaire de Karachi, le juge Renaud Van Ruymbeke qui instruit le volet financier de l'affaire, attend avec impatience les explications de l'actuel chef de l'Etat. Si pour le moment le magistrat n'a pas réuni à l'encontre de l'ancien maire de Neuilly suffisamment d'éléments justifiant une éventuelle mise en examen, son ombre plane sur cette sombre histoire de vente d'armes.

Lire "Affaire de Karachi : l'ombre de Sarkozy"

Le juge semble considérer que les contrats Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan) et Sawari II (la cession de frégates à l'Arabie saoudite), conclus en 1994, pourraient avoir donné lieu au versement de rétrocommissions au profit de la campagne présidentielle du premier ministre Edouard Balladur, en 1995. Or, à cette époque, M. Sarkozy était non seulement un acteur de premier plan de la campagne, dont il était le porte-parole, mais il était surtout ministre du budget - qui joue un rôle clé dans les contrats d'armement.

A ce titre, il a notamment validé la création d'une société au Luxembourg, Heine, par où ont transité des commissions suspectes. En janvier2010, la police luxembourgeoise a conclu que les accords sur la création de Heine "semblaient venir directement de M. le premier ministre Balladur et de M. le ministre des finances Nicolas Sarkozy".

Par ailleurs, l'enquête a confirmé la très grande proximité de l'intermédiaire Ziad Takieddine, au cœur des soupçons de redistribution occulte d'argent, avec l'entourage de M. Sarkozy, Claude Guéant, Jean-François Copé et Brice Hortefeux notamment.

Lire aussi "Comment la justice pourrait traiter la piste libyenne"

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Sondages de l'Elysée : un nouveau front judiciaire
 
Autre dossier menaçant pour Nicolas Sarkozy, l'affaire des sondages de l'Elysée, qui porte sur la convention signée en 2007 par Emmanuelle Mignon, ex-directrice du cabinet du chef de l'Etat, avec la société Publifact de Patrick Buisson, conseiller politique de M. Sarkozy. La dépense engendrée - sans appel d'offres - avait été critiquée par la Cour des comptes. Pour ces faits, M. Sarkozy bénéficie de l'immunité présidentielle. Un débat juridique est en cours pour savoir si "le principe constitutionnel de l'inviolabilité" du chef de l'Etat s'étend à ses collaborateurs. La Cour de cassation doit le trancher dans les mois qui viennent.
Mais un deuxième front juridique s'est ouvert depuis que Raymond Avrillier, maire adjoint (Verts) honoraire de Grenoble, s'est fait communiquer par l'Elysée des factures et des sondages de 2007 à 2009. Il a dénoncé le 4 mai au parquet de Paris des éventuels faits prise illégale d'intérêts. Le nouveau procureur, François Molins, doit dire s'il estime que l'immunité présidentielle s'étend à ses collaborateurs.

07/05/2012

Eva Joly ministre de la justice !

Pour une République exemplaire,

une pétition à signer et faire suivre sans modération :


Eva Joly ministre de la justice !

 

06/05/2012

OGM : un exemple à suivre

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5148

05-05-2012 - Monsanto condamné à rembourser des milliards aux paysans brésiliens 

Par un savant tour de passe-passe, le géant Monsanto, à l’instar d’autres multinationales semencières, s’est approprié la réglementation brésilienne, imposant aux agriculteurs des redevances sur les semences génétiquement modifiées (GM) commercialisées. De fait, au Brésil, les agriculteurs doivent s’acquitter de royalties non seulement sur les semences achetées mais également sur les semences conservées lors des précédentes récoltes. Dès lors, pour Monsanto, l’enjeu se joue au niveau du statut accordé aux semences GM. Or, si jusqu’alors la firme était parvenue à introduire ses produits dans le système brésilien, notamment grâce à de petits arrangements avec les producteurs et les négociants, une récente décision judiciaire a bouleversé ces petits accommodements. 

Selon l’association Inf’OGM, le 4 avril dernier, un juge du tribunal de l’Etat du Rio Grande do Sul (Brésil) a ordonné la suspension des royalties sur les semences GM de soja de Monsanto. Il a également exigé le remboursement des frais de licence payés depuis la campagne culturale de 2003/2004. D’après Inf’OGM, le remboursement en question avoisinerait les 6,2 milliards d’euros pour plus de 5 millions d’agriculteurs au Brésil. En outre, en cas d’opposition à ce jugement, Monsanto encourt une pénalité de 400 000 euros par jour. Et si la firme envisage de faire appel de ce verdict au niveau de l’Etat fédéral du Rio Grande do Sul, la Cour suprême du Brésil doit encore trancher sur l’extension à l’échelle nationale de cette décision (1). 

Cécile Cassier
1- Le Brésil est une république fédérative, composée de 26 Etats et du district fédéral de Brasilia.

05/05/2012

Quand les jardiniers clandestins s'attaquent aux villes...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/04/23/quand-les-jardiniers-clandestins-s-attaquent-aux-villes_1689805_3238.html

Quand les jardiniers clandestins s'attaquent aux villes...

Ils sortent souvent la nuit, seuls ou en groupe. Ils semblent sans arme. Mais, au fond de leurs poches, de petites boules de terre s'entrechoquent. Des bombes à graines. Au prochain arrêt, l'air de rien, ils les lanceront sur le sol délaissé d'une friche urbaine. Avec un peu de chance, dans quelques jours, cet espace fleurira. Puis ils repartiront biner un chantier à l'abandon, entretenir les boutures d'un pied d'arbre ou végétaliser d'autres interstices dans le béton.

Leur combat a un nom : la guérilla jardinière. Inventé à New York dans les années 1970, le terme a retrouvé ses lettres de noblesse après la publication en 2003 d'un opus, On Guerrilla Gardening, devenu la bible des militants et traduit en français en 2010 chez l'éditeur alternatif Yves Michel.

L'auteur, Richard Reynolds, un professionnel de la publicité fan de jardinage, lui-même guérillero clandestin, y fait le point sur l'histoire du mouvement, ses valeurs, ses techniques. Le Britannique se consacre à cette activité qu'il retrace sur son site (Guerrillagardening.org) et donne des conférences sur le sujet dans le monde entier. Sa définition est toute prête : "La guérilla jardinière, c'est la culture sans autorisation de terrains qui ne vous appartiennent pas." Une fertile occupation des sols abandonnés, en somme.

Dans les faits, les attaques ciblent surtout les espaces publics négligés. A Londres, les militants y plantent des massifs de fleurs. A Paris, ils préfèrent les potagers. L'art et la poésie ne sont jamais loin de ces séances de bêchage collectif et autogéré. Il suffit de suivre les tags en mousse qui grimpent le long des murs de ciment. Le Centre Georges-Pompidou à Paris ne s'y est pas trompé, qui organisait sur ce thème, l'hiver dernier, des ateliers lors de son exposition "Green Attitude".

"FAIRE PASSER UN MESSAGE POLITIQUE"

Combien sont-ils dans le monde à s'en revendiquer ? Le chiffre de 60 000 militants circule, difficile à vérifier, car le cercle est mouvant. Il tend surtout à s'étendre. En France, le réseau va de Rennes à Bordeaux, de Lyon à Nantes. Le mardi 1er mai, ces groupes s'associeront à leurs camarades hors des frontières pour une "grande fête globale du jardinage illégal de tournesol" (International Sunflower Guerrilla Gardening Day). Plantations hautes en couleur assurées.

"Pour les militants à la marge, ces actions sont une façon provocante de faire passer un message politique sur la propriété, le vivre-ensemble et la nature", signale Richard Reynolds. Les membres de la plate-forme Guerrilla Gardening Paris se voient ainsi comme des résistants, plus tournés vers la critique de l'urbanisme contraint que vers l'embellissement du bitume. "Nous sommes proches du mouvement des peuples sans terres ailleurs dans le monde, précise Gabe, coordinateur de la plate-forme. L'idée est de s'approprier nos rues et d'agir pour un patrimoine plus diversifié des espaces verts."

Certaines municipalités ont décidé de s'associer à des initiatives s'inspirant du guerrilla gardening, comme Embellissons nos murs à Rennes ou Laissons pousser, partie d'Ile-de-France. "Pour les gens, le guerrilla gardening est une façon de prendre possession des espaces publics en répondant à un besoin pressant de convivialité", reconnaît Richard Reynolds. Une vision proche de la philosophie des jardins partagés. "Plus les citoyens l'adopteront, plus les autorités seront détendues sur le sujet. Et cela n'aura plus à s'appeler guérilla jardinière".

Christine Taconnet

Bombes à graines, mode d'emploi
 
La grenade verte ou bombe à graines est l'étendard de la guérilla jardinière. Un outil amusant, pratique pour les endroits difficiles d'accès. C'est une boule d'argile, de terreau et de graines, que l'on peut confectionner soi-même et lancer où l'on veut, en catimini. Les puristes récupèrent les graines de leurs propres plantations. Autre option idéologiquement acceptable : s'approvisionner dans des Fraternités ouvrières ou auprès d'associations militantes comme Kokopelli, qui distribue des semences bio pour préserver la biodiversité. Trop tard ? Alors direction la jardinerie du coin. On y trouve des sachets prémélangés, comme ceux de la jeune société Nova-Flore, spécialiste de l'écologie urbaine (plantes mellifères, prairie de fleurs sauvages, etc.). Ceux que les travaux manuels rebutent s'achèteront des outils tout prêts. Comme les paquets de bombes à graines de l'allemand Aries ou, plus tendance, l'astucieuse Seedbom, en forme de grenade, du britannique Kabloom.
Mais la bombe à graines est une arme capricieuse, qui n'affranchit pas son utilisateur du b.a.-ba du jardinage. Une graine a besoin d'un sol préparé et d'une météo propice pour s'enraciner. Pas de magie, hélas, d'où certaines frustrations des débutants, que Richard Reynolds, auteur du livre La Guérilla jardinière (éd. Yves Michel, 2010, 274 p., 13,96 euros) et utilisateur régulier, accueille avec le sourire : "Ce sont des bombes très primitives ! Elles sont donc peu fiables."

04/05/2012

BDS: le boycott des produits israéliens est légal

lu sur :

http://www.europalestine.com/spip.php?article7197

Le tribunal de Bobigny vient de relaxer Olivia, Maha, Mohamed et Ulrich, poursuivis par le gouvernement et des associations du lobby israélien pour avoir appelé au boycott des produits israéliens

Ce jeudi 3 mai, le tribunal de grande instance de Bobigny a estimé que la loi sur la discrimination invoquée par le gouvernement et les parties civiles concerne les personnes, et ne s’applique pas aux Etats ni aux produits, suivant l’argumentation des avocats de la défense, Maîtres Dominique Cochain, Antoine Comte et Gilles Devers.

Il n’a donc pas suivi les requêtes du procureur qui demandait des milliers d’euros d’amendes et jusqu’à 4 mois de prison avec sursis contre les prévenus.

Il a en outre déclaré irrecevables la Chambre de Commerce France Israël, le BNVCA et l’association "Secours Français aux Sinistrés d’Israël", qui s’étaient portés parties civiles contre les 4 militant(e)s.

Après les jugements dans le même sens rendus par les tribunaux de Paris et de Mulhouse (sans parler de Pontoise et de Créteil où la procédure a été jugée nulle et les prévenus également relaxés), il est réconfortant de constater que les magistrats n’ont aucune envie de commettre un "attentat judiciaire", selon l’expression du Syndicat de la Magistrature pour qualifier la circulaire Alliot-Marie demandant aux juges de condamner les personnes qui appellent au boycott d’Israël.

La campagne BDS, lancée par la société civile palestinienne en juillet 2005 s’amplifie dans le monde entier.

La semaine dernière, la plus grande chaîne de supermarchés britannique, CO-OP, annonçait ainsi cesser toute activité commerciale avec les grossistes israéliens de fruits et légumes dans l’incapacité de certifier que leurs produits ne viennent pas des colonies.

Ces victoires sont le fruit de la détermination des femmes et des hommes qui disent non à l’occupation, non à la ségrégation et non au vol des terres palestiniennes.

Ne relâchons pas la pression. L’occupant doit comprendre que l’occupation a un prix.

CAPJPO-EuroPalestine

03/05/2012

Des facteurs épigénétiques ont une influence sur le développement de l'embryon

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/page/2/

Les « vrais » jumeaux vraiment identiques ?
La Croix se penche sur la recherche concernant les « vrais » jumeaux.

Bien que ces derniers aient le même ADN, ils n’ont pas forcément les mêmes « marques épigénétiques », explique le quotidien. Jean-François Bach, professeur d’immunologie à l’université Paris Descartes et secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, souligne que les « marques épigénétiques », très étudiées par les chercheurs du monde entier, sont « des modifications biochimiques de la chromatine (qui enveloppe l’ADN), qui vont altérer l’expression des gènes ». Il ajoute : « Ce qui est intéressant, c’est que ces marques épigénétiques semblent dépendre dans une certaine mesure de l’environnement, particulièrement celui de la mère pendant le développement fœtal, et celui du nouveau-né dans les premières semaines de la vie ».

(La Croix, 02/05)

19:03 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

02/05/2012

Les abeilles et les actionnaires de BAYER

communiqué:

Envoyé le : Mardi, 1 Mai 2012 6:05
Sujet : 24 heures pour sauver les abeilles

Chères amies, chers amis, 



Les pesticides sont en train de tuer les abeilles et menacent toute notre chaîne alimentaire. Dans 24 heures, les actionnaires du plus grand fabricant de produits chimiques, Bayer, pourraient voter l'arrêt de cette production toxique.La pression massive du public a déjà fait passer en force ce débat à leur Assemblée annuelle, faisons en sorte qu'ils votent l'arrêt des pesticides et sauvent les abeilles. Signez la pétition urgente: 

Cliquez ici pour signer la pétition
Sans un bruit, des milliards d'abeilles sont en train de mourir, ce qui menace nos cultures et notre alimentation. Mais si Bayer stoppe la vente d'une catégorie de pesticides, nous pourrons éviter l'extinction des abeilles.

Suite à l’interdiction de ces poisons par quatre pays européens, plusieurs populations d'abeilles sont déjà en recrudescence. Mais Bayer, le plus grand producteur de néonicotinoïdes, a exercé de fortes pressions pour maintenir ces pesticides sur le marché. L'immense mobilisation mondiale menée par Avaaz et d'autres organisations les a obligés à se pencher sur ce problème, et dans 24 heures, les actionnaires de Bayer voteront une motion qui pourrait mettre fin à ces produits chimiques toxiques. Agissons tous maintenant pour demander aux actionnaires d'arrêter de tuer les abeilles.

La pression marche, et c'est notre meilleur moyen de sauver les abeilles. Signez la pétition urgente et essaimez-la sur le web -- allons jusqu'à 500 000 signatures pour remettre notre appel aux actionnaires de Bayer demain en Allemagne!

http://www.avaaz.org/fr/bayer_save_the_bees_fr/?vl

Les abeilles ne font pas que du miel, elles sont indispensables à la vie sur Terre car elles pollinisent chaque année 80% des plantes et des cultures, pour un bénéfice estimé à plus de 30 milliards d'euros, soit plus du tiers de l'approvisionnement en nourriture de nombreux pays. Sans action immédiate pour sauvegarder les abeilles, la plupart de nos fruits, légumes et noix préférés pourraient disparaître de nos assiettes.

Ces dernières années ont été marquées par un profond et inquiétant déclin mondial des populations d'abeilles -- certaines espèces d'abeilles sont maintenant éteintes et, aux États-Unis, plusieurs espèces ne comptent plus que 4% de leur population d'origine. Les scientifiques avancent plusieurs explications. Certaines études indiquent que le déclin est dû à une combinaison de facteurs incluant maladie, perte de l'habitat, et produits chimiques toxiques. Mais de plus en plus de recherches indépendantes mettent en avant des preuves solides condamnant les pesticides de la catégorie des néonicotinoïdes. La France, l'Italie, la Slovénie et même l'Allemagne, où est basé le principal fabricant Bayer, ont interdit un de ces pesticides mortels pour les abeilles. Mais Bayer continue d'exporter ce poison dans le monde.

La question devient brûlante car de nouvelles études majeures ont confirmé l'étendue du problème. Si nous persuadons les actionnaires de Bayer d'agir, nous pourrons entraver définitivement son lobbying auprès des décideurs et des scientifiques. Les vrais experts -- les apiculteurs et les agriculteurs -- demandent l'interdiction de ces pesticides mortels jusqu'à ce que de solides études indépendantes prouvent qu'ils sont sans danger. Soutenons-les dès à présent. Signez la pétition urgente adressée aux actionnaires de Bayer, puis faites suivre cet e-mail à tous vos proches et amis:

http://www.avaaz.org/fr/bayer_save_the_bees_fr/?vl

Nous ne pouvons plus laisser notre fragile chaîne alimentaire aux mains d'une recherche contrôlée par les grands groupes de chimie et les organes de régulation que ces industriels soudoient. Bannir ce pesticide nous rapprochera d'un monde plus sûr pour nous-mêmes et pour les autres espèces que nous aimons et dont nous dépendons.

Avec espoir,

Alice, Antonia, Mia, Luis, Ricken, Stephanie, Pascal, Iain, Ari et toute l'équipe d'Avaaz

PLUS D'INFORMATIONS

Deux études confirment l'effet néfaste des pesticides sur les abeilles (20 Minutes)
http://www.20minutes.fr/article/907605/deux-etudes-confir...

Deux nouvelles études mettent en cause les néonicotinoïdes (La France Agricole)
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/abeille...

Confirmation de la sordide intrigue qui protège Bayer (UNAF - informations de Wikileaks)
http://www.unaf-apiculture.info/presse/2011_1101_Francesc...

Assemblée Générale annuelle des actionnaires de Bayer (site officiel de l'AG - en anglais)
http://www.asm2012.bayer.com/en/counter-motions.aspx