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21/06/2012

L’ONU sous l’influence des multinationales

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5223

20-06-2012 - L’ONU sous l’influence des multinationales 

 

En plein sommet de la terre à Rio (Rio +20), teinté d’un fort pessimisme ambiant quant à l’issue de ce rendez-vous, l’ONG les Amis de la Terre publie un rapport édifiant sur la pression croissante du secteur privé au sein des Nations Unies (UN) (1). Ce document égratigne l’image d’impartialité que revendique l’ONU, qui la différenciait jusqu’alors de mécanismes tels que le Fonds Monétaire International ou la Banque Mondiale. Dans ce rapport, apparaissent de nombreux exemples où le lobbying exercé par certaines sociétés multinationales détourne à leur avantage les initiatives UN. Celles-ci sont, en effet, de plus en plus dépendantes financièrement parlant du secteur privé, lequel voit dans cet « engagement » la possibilité de satisfaire aux obligations environnementales sans tirer un trait sur la course au profit. 

Ainsi, l’initiative « Energie durable pour tous » (SE4ALL), lancée en 2000 par le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, cède aux intérêts des mêmes multinationales qui régentent l’accès aux énergies fossiles. En l’absence de consultation de la société civile, elle s’apparente plus à une opération de greenwashing. De même, l’IFAD ou FIDA (Fonds International pour le Développement Agricole) est censé lutter contre la pauvreté rurale. Sous ce prétexte, il entretient pourtant des relations étroites avec la Fondation Bill et Melinda Gates, elle-même très liée à des multinationales telles que Monsanto

Insidieuse, cette mainmise des puissants groupes privés sur les actions UN transparaît dans le maître mot et enjeu principal du Sommet Rio +20 : « une économie verte ». Floue, cette terminologie suggère des efforts conjugués visant à améliorer la qualité de vie de populations défavorisées dans le respect de l’environnement. Mais elle peut tout aussi bien dissimuler les ambitions de ces puissances économiques qui, en redorant leur image sans renier leur besoin de croissance, font d’une pierre deux coups. Depuis 2004, le Pacte Mondial (2) intègre un dixième principe, relatif à la lutte contre la corruption. Il pourrait être utile pour contrer certaines dérives qui discréditent les actions menées par les Nations Unies au nom de l’intérêt général. 

 

Cécile Cassier
1- Le rapport s’intitule « Reclaim the UN from Corporate Capture » et est accessible en anglais depuis le site : www.foei.org 
2- Le Pacte Mondial est une initiative internationale rassemblant les entreprises et les organismes des Nations Unies, le monde du travail et la société civile autour de neuf principes universels relatifs aux droits de l'homme, aux normes du travail et à l'environnement.

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