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27/09/2012

Flore intestinale et diabète de type 2

lu sur : 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/09/26/19155-diabete-type-2-preuve-par-bacteries


Par figaro iconMarc Mennessier - le 26/09/2012              
 
La composition de la flore intestinale est perturbée par cette maladie métabolique.

Les cent mille milliards de bactéries qui colonisent notre intestin n'ont pas fini de nous étonner. L'an passé les chercheurs réunis au sein du programme européen MetaHit (Metagenomics of Human Intestinal Tract) avaient démontré que cette flopée de microbes avec lesquels nous vivons en bonne intelligence, était divisée en trois groupes génétiques ou «entérotypes», un peu à la manière de nos groupes sanguins.

Cette fois-ci, une nouvelle étude publiée ce jeudi dans la revue Nature montre clairement un lien entre la composition de ce que les spécialistes appellent le microbiote et la survenue d'un diabète de type 2, une maladie métabolique qui touche près de 350 millions de personnes dans le monde. Pour cela, les chercheurs ont analysé les caractéristiques génétiques (ou métagénome) de la flore intestinale de 345 patients chinois atteints ou non de diabète de type 2.

«Nous avons trouvé une signature microbienne de cette maladie avec un changement très net dans la composition globale du microbiote», explique Stanislav-Dusko Ehrlich, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Jouy-en-Josas (Yvelines) et coauteur de l'étude. Les patients diabétiques présentent notamment un déficit marqué en bactéries productrices de butyrates, substances dont se nourrissent les cellules qui tapissent la paroi intestinale (entérocytes). Fragilisées, ces dernières deviennent plus perméables à certaines bactéries pathogènes qui, en passant dans le sang, entraînent une réaction inflammatoire caractéristique du diabète de type 2.

Le syndrome du foie gras

Mieux: l'équipe dirigée par Junjie Qin et Jun Wang, de l'Institut de génomique de Pékin, a démontré que ces biomarqueurs pouvaient diagnostiquer l'existence d'un diabète de type 2 chez un individu avec une précision de 81 %. «Aujourd'hui très peu d'institutions ont la capacité de faire des analyses aussi poussées, mais il est possible de développer à moyen terme des tests diagnostiques extrêmement simples à mettre en œuvre sous la forme d'une bandelette que le patient introduirait lui-même dans ses matières fécales», explique Stanislav-Dusko Ehrlich.

Ce type de test pourrait s'appliquer au diabète de type 2, mais aussi à certains troubles hépatiques ou la maladie de Crohn (inflammation de l'intestin d'origine auto-immune) qui en sont dépourvus. Il est par exemple impossible aujourd'hui de déceler, sauf à pratiquer une biopsie, le moment où un patient atteint du syndrome du foie gras va développer une inflammation hépatique puis une fibrose et enfin une cirrhose. Or l'analyse de la flore intestinale doit permettre là aussi de détecter les différents stades de cette dégénérescence du foie. Créée l'an passé sous l'égide de l'Inra, la start-up Enterome s'est justement donné pour objectif de développer de manière industrielle des biomarqueurs spécifiques de cette pathologie ainsi que de la maladie de Crohn.

Mais pour M. Ehrlich, le «Graal» consiste à prédire l'évolution de ces maladies, en «détectant les perturbations microbiennes avant la manifestation des signes cliniques et l'apparition de dégâts irréversibles pour l'organisme». Cette médecine préventive permettrait selon lui, d'éviter bien des souffrances et de «pérenniser», en réduisant le coût énorme de la prise en charge de ces maladies, «l'accès à la santé pour tous».

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