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27/10/2012

Pesticides et agriculture : l'addiction française

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/27/les-raisons-de-l-addiction-francaise-aux-pesticides_1782000_3244.html

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Les raisons de l'addiction française aux pesticides

LE MONDE 27.10.2012 à 10h51

Par Martine Valo

Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l'hectare cultivé.

L'importance des terres arables n'explique pas tout. Il existe en France une forme de reconnaissance envers ces substances qui ont soutenu la modernisation radicale de l'agriculture à partir des années 1950. Appauvrissement des sols, phénomènes de résistances des "ravageurs" et surtout dégradation inquiétante de la qualité de l'eau : le revers de la médaille se révèle aujourd'hui. Quant aux répercussions sur la santé, les adeptes de l'agriculture intensive – qui achètent 93 % des produits phytosanitaires du marché national – sont les premiers à en pâtir.

Lancé en 2008 à l'issue du Grenelle de l'environnement, le plan gouvernemental Ecophyto s'est fixé pour ambition de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2018. Mais les ventes ont continué de grimper de 2,6 % entre 2008 et 2011... Seules les substances les plus dangereuses ont fortement diminué... parce que l'Union européenne (UE) a imposé le retrait du marché de 53 d'entre elles. Le bilan est si décourageant et l'objectif jugé si inatteignable que le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a un temps hésité avant de le reprendre à son compte. 

"PEU D'OUTILS OBLIGATOIRES OU COERCITIFS"

Qu'est ce qui coince ? La réponse est en partie inscrite dans le rapport de la mission parlementaire d'information sur les pesticides conduite par la sénatrice Nicole Bonnefoy (PS) : "L'analyse fine du contenu réel du plan Ecophyto 2018 montre que sa réussite dépend largement de la bonne volonté des agriculteurs, des fabricants et des industriels. Peu d'outils obligatoires ou coercitifs ont été mis en place." Pour ne prendre qu'un exemple, la mobilisation des pouvoirs publics n'a même pas mis fin aux épandages aériens de pesticides, officiellement interdits par la loi, mais qui continuent de bénéficier de multiples dérogations.

Au sein d'une agriculture française très structurée, convaincre chaque agriculteur de lever le pied sur le pulvérisateur de pesticides n'est peut-être pas le plus grand défi. Car que pèse le discours vertueux face aux pressions de la coopérative dont il dépend pour écouler sa production ? Peut-il risquer de se retrouver avec ses pommes ou son blé sur les bras ?

La coopérative impose ses propres critères, exige des rendements, tout en fournissant les conseils et parfois les pesticides qui permettent d'y parvenir. Elle rédige des cahiers des charges très précis pour répondre aux exigences de la grande distribution, voire de l'usine agroalimentaire dans laquelle elle a elle-même souvent des intérêts. Le terme de "coopérative" désigne en effet des groupements de dimension internationale aux intérêts diversifiés. Le chiffre d'affaires de In Vivo par exemple, spécialisée dans les céréales, dépasse 6 milliards d'euros, Sodiaal (lait) 4 milliards et, Triskalia, la polyvalente bretonne, 2 milliards.

Aucun règlement n'interdit "qu'une même personne morale prescrive ou au moins recommande des traitements phytosanitaires et vende les produits permettant de les réaliser", soulignent les parlementaires dans leur rapport. "Dans l'écrasante majorité des départements, s'inquiètent-ils, les coopératives agricoles jouent les deux rôles dont la synergie apparaît malsaine."

"PROBLÈME LANCINANT DES CONFLITS D'INTÉRÊTS"

Ils dénoncent en outre le "problème lancinant des conflits d'intérêts" au sein des groupes d'experts qui conseillent les pouvoirs publics sur la toxicité des produits. Quant aux chambres d'agriculture, qui comptent nombre de dirigeants de grandes coopératives à leur tête, elles continuent de jouer un rôle central en impulsant ou non des changements de pratiques chez leurs adhérents. Le plan Ecophyto repose sur elles pour la constitution d'un réseau d'exploitations de référence, les fermes Dephy, qui souhaitent jouer le jeu de produire autant en réduisant les intrants.

C'est par elles encore que passe la formation des agriculteurs, qui sera couronnée par un certificat, le Certiphyto, obligatoire à partir du 1er octobre 2014. Les distributeurs d'herbicides, fongicides et autres insecticides devront eux aussi obtenir un agrément.

Le ministère de l'environnement ne s'occupe que des 7,8 % d'utilisateurs en dehors du monde agricole – jardiniers, gestionnaires de golf, Réseau ferré de France... –, et a logiquement laissé la main à celui de l'agriculture, qui mise surtout sur la pédagogie. L'administration de Stéphane le Foll vient notamment de lancer une plate-forme contributive sur Internet, "Produisons autrement", qui regorge de témoignages convaincants d'exploitants et d'agronomes vantant les mérites de la diversification des variétés, de l'espacement des plantations, des substances nettement moins nocives pour l'environnement...

LE BIO N'OCCUPE QUE 3,5 % DE LA SURFACE AGRICOLE

Tout confondu, les crédits engagés pour Ecophyto s'élèvent à environ 140 millions d'euros par an, en bonne partie financés par la redevance sur les pollutions diffuses collectées par les agences de l'eau. "Le problème, ce n'est pas l'argent mais la volonté, observe François Veillerette de Générations futures. En Picardie par exemple, des exploitations qui ont réduit de moitié leur usage des pesticides n'ont pas pu prendre place dans le réseau Dephy, faute de convaincre les responsables agricoles locaux. On perd du temps." "On peut multiplier les changements à la marge, mais atteindre les 50 % en moins signifierait quitter le modèle de l'agriculture intensive et sortir la bio de sa niche", conclut Isabelle Laudon de WWF.

En 2011, le nombre d'exploitations engagées dans le système biologique a progressé de 12,3 %, ce qui ne les fait cependant occuper que 3,5 % de la surface agricole. Or le Grenelle de l'environnement a fixé l'objectif de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. En Europe, 17,2 % des terres autrichiennes sont déjà converties au bio, 8,6 % des italiennes et 5,9 % des allemandes.

Un marché de 1,9 milliard d'euros en 2011

Avec plus de 5 kilogrammes en moyenne de matières actives déversés par hectare cultivé, le marché des pesticides a représenté un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros en France en 2011. Le commerce des herbicides – 40 % des ventes – occupe de loin la première place devant celui des fongicides et des insecticides.

Les grandes exploitations céréalières, les producteurs d'oléagineux et les viticulteurs sont les premiers utilisateurs de produits phytosanitaires.

Agriculture

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Pourquoi d'anciennes factures

d'électricité vont-elles changer ?

Le Monde.fr | 25.10.2012 à 15h09 • Mis à jour le 25.10.2012 à 17h44

Par Charlotte Chabas

... mais les changements seront minimes, semble-t-il.

25/10/2012

Attention au diabète de type 1 de l’enfant

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Hausse du diabète de type 1 de l’enfant

Le Figaro souligne que « chaque année, en France, un à six jeunes décèdent » en raison « d’un diabète débutant diagnostiqué trop tard ».

Selon le Dr Carine Choleau, chargée des missions scientifiques au sein de l’association Aide aux jeunes diabétiques (AJD), « un médecin généraliste (…) ne verra qu’un ou deux cas débutant au cours de sa carrière, mais il ne doit pas passer à côté ».

Le quotidien souligne que le diabète de type 1, « souvent mal connu », « survenant plutôt chez l’enfant, est une maladie auto-immune à début brutal dix fois moins fréquente que le diabète de type 2, plus progressif et qui ne concerne en France, pour l’instant, que les adultes ». 2 700 nouveaux malades sont recensés chaque année, dont un quart âgés de moins de 5 ans et un tiers entre 5 et 10 ans. Ce nombre augmente régulièrement, « d’un peu plus de 3% par an, sans explication concluante », explique le journal.

Selon une étude, présentée hier par l’AJD et menée en 2010 dans près de 150 services de pédiatrie auprès de 1 300 jeunes de moins de 15 ans ayant débuté un diabète de type 1, « près de la moitié de ces enfants qui arrivent à l’hôpital en commençant un diabète de type 1 sont déjà au stade d’une complication dite ‘‘acidocétose’’ ».

Le Figaro, 25/10

24/10/2012

Expérience illégale de géo-ingénierie au Canada

lu sur :

Géopiraterie

Quand un riche « voyou du climat » veut manipuler les océans

Par Sophie Chapelle (23 octobre 2012)

Un businessman californien a joué les apprentis sorciers cet été, au large du Canada. Il a mené en toute illégalité une expérience visant à faire croître le plancton, qui se nourrit de CO2, sur une zone de 10 000 km2. Le but : monnayer ensuite des « droits à polluer » en échange du carbone ainsi séquestré. Qui arrêtera ces « géo-pirates » ?

100 tonnes de sulfate de fer ont été déversées dans l’océan Pacifique, au large des côtes orientales du Canada, en Colombie-Britannique. Objectif : provoquer une prolifération rapide de plancton sur une zone un peu plus grande que la Corse (10 000 km2). Et par conséquent lutter contre le réchauffement climatique. Le plancton se nourrit de gaz carbonique (CO2) et le séquestre au fond des océans. Le faire croître artificiellement pour augmenter sa capacité d’absorption de CO2 est l’une des techniques envisagées à grande échelle pour manipuler le climat. Ces techniques, appelées géo-ingéniérie, consistent par exemple à envoyer des nanoparticules dans l’atmosphère ou à recouvrir les déserts de plastique blanc pour réfléchir les rayons du soleil (lire notre précédent article). Mener des expériences de géo-ingéniérie à grande échelle est interdit depuis octobre 2011.

Problème : l’expérimentation qui a eu lieu au large du Canada en juillet relève d’une initiative totalement privée. Sans aucun contrôle, réalisée en toute illégalité, elle ne s’appuie que sur la recherche de profits. Le projet a été mené par Russ Georges, un homme d’affaires californien, qui espère qu’en retirant du CO2 de l’atmosphère, il pourrait vendre des « droits à polluer » sur le marché du carbone. C’est l’organisation canadienne ETC Group qui a découvert le pot-aux-roses et averti le journal britannique The Guardian, qui a mené l’enquête.

Des communautés autochtones dupées

Pour trouver les 2,5 millions de dollars nécessaires à la réalisation de son expérience, l’entrepreneur s’est adressé à une communauté amérindienne vivant sur l’archipel Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique. Il leur a vendu un « projet de restauration des populations de saumons », lesquelles déclinent dans cette région du Pacifique.

Pour leur vendre son idée, Russ George s’est servi d’une étude parue dans la revue Fisheries Oceanograph. Cette étude montre que des cendres volcaniques provenant d’Alaska, et très riches en fer, auraient favorisé l’éclosion de phytoplancton dans le fleuve Fraser, qui se jette à Vancouver. Et contribué à la multiplication des saumons. Le Conseil de la communauté a donc accepté d’emprunter deux millions et demi de dollars sur son fonds de réserve pour mettre sur pied la société Haida Salmon Restoration Corp. (HSRC) afin de financer le projet.

Aucune autorisation ni étude d’impact préalable

En dépit d’un moratoire international sur les expériences de géo-ingénierie [1], Russ Georges a mené son expérience sans aucune autorisation, ni aucune étude d’impact préalable. Car l’expérience contrevient à la Convention de l’Onu sur la diversité biologique et à la Convention de Londres qui interdisent la fertilisation des océans dans un but lucratif.

Après la révélation de l’affaire, le directeur général de la société HSRC, John Disney, a affirmé que plusieurs organismes gouvernementaux canadiens étaient au courant du projet. Le ministre de l’Environnement canadien a répondu qu’une enquête a été lancée dès le 30 août et que le déversement de sulfates de fer serait déclaré illégal s’il avait effectivement eu lieu.

Le président de la communauté qui a financé l’expérimentation a défendu ses habitants, arguant que la communauté autochtone n’avait pas été prévenue que le projet comportait des risques et qu’il violait des traités internationaux. « Notre peuple et l’humanité toute entière dépendent des océans et ne peuvent laisser leur sort aux caprices de quelques-uns », ont déclaré dans un communiqué paru le 18 octobre [2], le président et les chefs du conseil de la communauté.

Quelles conséquences pour l’écosystème ?

Cette « fécondation » artificielle des océans affectera-t-elle l’écosystème local ? « Il est difficile, sinon impossible, de prévoir ou détecter les effets qui se manifesteront dans les mois ou les années qui viennent », répond l’océanographe John Cullen dans le Guardian. Certains effets possibles, comme la raréfaction de l’oxygène ou l’altération des chaines alimentaires, devraient nous dissuader de manipuler l’océan de cette façon. L’histoire est riche d’exemples de manipulations écologiques qui se sont retournées contre nous ».

Des images de la NASA ont confirmé une croissance du plancton sur la zone de 10 000 km2. «  C’est normal d’en voir en cette période de l’année », temporise ETC Group. L’Administration américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), qui avait accepté de prêter vingt balises flottantes pour traquer l’évolution du plancton, assure de son côté avoir été « dupée », ne sachant pas que des dizaines de tonnes de sulfates de fer seraient déversées.

Les recherches menées en 2005 par une mission océanographique internationale (KEOPS) avaient déjà émis de sérieux doutes « sur les propositions de certaines sociétés de géo-ingénierie climatique qui prétendent pouvoir remédier à l’augmentation du CO2 atmosphérique par une manipulation délibérée de la pompe biologique, via un ajout artificiel en fer ». L’ajour artificiel de fer n’a pas les mêmes conséquences qu’un « apport continu et naturel de fer aux eaux de surface » [3].

« Ingénieur voyou »

« Ce n’est pas la première fois qu’un géo-ingénieur voyou tente de tirer profit de la pollution des communs, dénonce Neth Daño d’ETC Group. Et ce ne sera pas la dernière tant que les gouvernements n’interdiront pas toutes les activités de géo-ingénierie et ne tiendront pas leurs contrevenants responsables ». La géo-ingénierie n’est pas seulement une distraction dangereuse de quelques riches illuminés. Elle constitue aussi une excuse pour éviter de réduire sérieusement les émissions de combustibles fossiles.

Et qu’en est-il des millions de dollars escomptés par la vente de crédits carbone soi-disant produits par l’expérience ? « Il ne va pas obtenir un sou de crédits carbone, car il n’y a aucune preuve que le carbone va rester là où il est », estime le climatologue Andrew Weaver de l’université canadienne de Victoria. Aucun dispositif n’existe à ce jour pour évaluer le nombre de crédits carbone correspondant à ce type de manipulation.

Sophie Chapelle

Crédit photo : KEOPS / CNRS 2007

Notes

[1] Avec une exception pour les expérimentations scientifiques à petite échelle, menées dans un environnement contrôlé et sous juridiction nationale.

[2] Télécharger le communiqué rédigé par les chefs de la communauté après la révélation de l’affaire

[3] Voir cet article du CNRS.

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voir aussi :

Polémique après une "fertilisation" illégale du Pacifique nord

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/24/polemique-apres-une-fertilisation-illegale-du-pacifique-nord_1780108_3244.html

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LE MONDE |24.10.2012 à 11h49

 

Par Stéphane Foucart et Anne Pélouas (à Montréal)

L'objectif était ambitieux : faire revenir les saumons dans le Pacifique nord et récupérer d'importantes sommes d'argent par la vente de crédits-carbone. Russ George, un entrepreneur américain qui se pique d'océanographie, a promis tout cela aux autorités d'Old Massett, un petit village de l'archipel canadien Haida Gwaii, situé au large de la Colombie-Britannique.

Comment ? En "fertilisant" l'Océan avec une centaine de tonnes de particules de fer. Menée en haute mer en juillet, sur une zone d'environ 10 000 km2, l'expérience a coûté un million de dollars (environ 770 000 euros) à la communauté autochtone, sans compter un prêt bancaire de 1,5 million de dollars supplémentaire, garantie par elle. Récemment révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'expérience est, depuis, au centre d'une forte polémique – au Canada et au-delà, puisqu'elle a été dénoncée au cours de la conférence d'Hyderabad (Inde) sur la biodiversité, qui s'est achevée le 20 octobre.

 

Pour les associations comme Greenpeace ou l'ETC Group, l'opération, réalisée sans les autorisations requises, contrevient à la Convention sur la diversité biologique, ainsi qu'à la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers. Les instigateurs de l'expérience, financée par la société Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) – dont le directeur scientifique est le fameux Russ George –, ont de leur côté assuré, lors d'une conférence de presse tenue le 19 octobre à Vancouver, qu'"au moins sept ministères étaient au courant".

"AUCUNE DEMANDE D'AUTORISATION"

Céline Tremblay, porte-parole du ministère de l'environnement canadien, confirme que "des agents ont rencontré des représentants de l'entreprise, le 7 mai". Ils ont été informés des lois canadiennes interdisant la fertilisation des océans. La seule exception, rappelle-t-elle, concerne les "projets de recherche scientifique accrédités", mais le ministère n'a reçu "aucune demande d'autorisation".

La communauté scientifique conteste aussi avec force la légitimité et le bien-fondé de cette expérience. "Comme la plupart des campagnes scientifiques en mer, les expériences scientifiques dites "de fertilisation" sont préparées très longtemps en amont, rappelle Francesco d'Ovidio, chercheur au Laboratoire d'océanographie et du climat (université Paris-VI, CNRS, IRD, MNHN). Elles sont discutées pendant un an et demi à deux ans dans la communauté scientifique pour en évaluer les risques potentiels et l'intérêt, en termes de recherche."

Plusieurs expériences scientifiques semblables ont été menées au cours de la dernière décennie. Elles montrent que l'épandage de sulfate de fer dans certaines régions de l'océan pouvait parfois augmenter la productivité – donc l'abondance – du phytoplancton dans les eaux de surface. Mais le stockage effectif de dioxyde de carbone (CO2) n'a pu être montré qu'une seule fois, dans les conditions très particulières de l'océan Austral (Le Monde du 21 juillet).

Malgré l'absence de preuves de l'"efficacité climatique" de l'expérience, le conseil d'Old Massett espérait récupérer son investissement dans l'opération grâce à la vente de crédits de carbone. En témoigne un échange de courriers entre le conseil d'Old Massett et la banque Northern Savings, qui a accordé le prêt. Dans ces lettres, rendues publiques par le groupe de conservation Living Oceans Society – qui avait alerté le gouvernement, dès août, de l'épandage –, on identifie même une entreprise européenne comme acheteur potentiel des crédits-carbone !

"LES RISQUES DE CE GENRE D'OPÉRATION NE SONT PAS NULS"

Quant à faire revenir le saumon dans le Pacifique nord... Le postulat avancé est que la prolifération de phytoplancton favorise celle de son prédateur immédiat – le zooplancton – et que l'abondance de celui-ci dope à son tour les populations de salmonidés qui s'en nourrissent. Là encore, les scientifiques doutent fort qu'un lien aussi simple puisse être tiré. "On ne réussira jamais à montrer de lien entre cette expérience et l'état de la pêcherie, estime M. d'Ovidio. Il y a beaucoup trop de paramètres non contrôlés pour pouvoir démontrer la réalité d'un effet."

"Le bloom de plancton que l'on observe après ces expériences disparaît très rapidement, alors que le cycle de vie du saumon est beaucoup plus long", confirme Christine Klaas, chercheuse au Alfred Wegener Institute, spécialiste des aspects biologiques de la fertilisation océanique. "En outre, ajoute-t-elle, les risques présentés par ce genre d'opération ne sont pas nuls. Il est possible de voir proliférer certaines diatomées qui produisent une toxine dont les effets peuvent être importants. Par exemple, des mortalités de pélicans, sur la côte ouest des Etats-Unis, ont par le passé été rapprochées de telles toxines."

23/10/2012

Les boissons énergisantes, la santé, le comportement

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les Echos expliquent que l’Assemblée nationale débute aujourd’hui « l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2013 ».
Dans une interview accordée au quotidien, Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, affirme être « favorable à la taxation des boissons énergisantes ».
Elle souligne : « Ces boissons contiennent de puissants excitants, dont l’impact sur la santé fait actuellement l’objet d’une évaluation par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à ma demande ».
Elle souligne que les jeunes mélangent ces boissons à des alcools forts. Selon elle, « dans notre pays, un jeune sur deux s’adonne à l’âge de 17 ans au ‘‘binge drinking’’. C’est préoccupant ».

Les Echos, 23/10

 

extrait des Échos :

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202341840312-marisol-touraine-le-gouvernement-est-favorable-a-la-taxation-des-boissons-energisantes-502889.php

Marisol Touraine : «Le gouvernement est favorable à la taxation des boissons énergisantes»

Par Vincent Collen | 22/10 | 21:00h
 
Alors que l'Assemblée nationale entame mardi après-midi l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013, la ministre de la Santé dévoile les arbitrages du gouvernement sur les amendements des députés. Marisol Touraine va proposer le remboursement intégral de la contraception pour les jeunes filles de 15 à 18 ans.
 
Les députés veulent instaurer une taxe sur les boissons énergisantes à base de taurine et de caféine. Elle serait de 50 centimes ou de 2 euros par litre. Y êtes-vous favorable?

Oui, je suis favorable au principe d'une taxe. Ces boissons contiennent de puissants excitants, dont l'impact sur la santé fait actuellement l'objet d'une évaluation par l'agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) à ma demande. Surtout, elles sont consommées par des jeunes, qui les mélangent à des alcools forts comme la vodka. Dans notre pays, un jeune sur deux s'adonne à l'âge de 17 ans au « binge drinking ». C'est préoccupant. 

Attention : les ados victimisés ont davantage d’idées suicidaires

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon une étude américaine, publiée dans une revue du JAMA, « la victimisation [harcèlement, rejet, violence, agression sexuelle] augmente les idées suicidaires chez les adolescents », souligne Le Quotidien du médecin.

L’enquête a été réalisée par l’équipe dirigée par le Dr Heather Turner, de l’université du New Hampshire, auprès de 1 186 jeunes âgés de 10 à 17 ans sur deux périodes (janvier-mai 2008 et janvier-novembre 2010). 

Le Quotidien du médecin, 23/10


extrait :

Harcèlement, rejet, violence, agression sexuelle

Les ados victimisés ont davantage d’idées suicidaires

Une étude américaine montre que la victimisation augmente les idées suicidaires chez les adolescents. Pour le Dr Nicolas Girardon, pédopsychiatre, le terme de victimisation peut correspondre au vécu subjectif de se sentir persécuté mais aussi, parfois, à une réalité objective de bouc-émissaire. Un mot d’ordre, quelle que soit le cas de figure, ne pas banaliser.

LES MÉDIAS SE SONT fait l’écho récemment du suicide de la jeune Amanda Todd, alors âgée de 15 ans, harcelée sur le net après avoir montré ses seins sur Facebook. Une étude publiée dans une revue du JAMA révèle que les adolescents victimisés rapportent davantage d’idées suicidaires. Près de 2,4 fois plus en cas de harcèlement par les pairs, 3,4 fois plus en cas d’agression sexuelle et 4,4 fois plus (…)

Le Quotidien du Médecin du 23/10/2012  (750 mots)

22/10/2012

Infertilité féminine : comment restaurer l’ovulation ?

lu sur : 

http://presse-inserm.fr/infertilite-comment-restaurer-lovulation/4660/17 

Infertilité : comment restaurer l’ovulation ?

17.10.2012 - Communiqué

Il est bien établi que l’allaitement chez la femme entraîne à la fois une augmentation de la sécrétion de l’hormone prolactine et inhibe les capacités d’une femme à ovuler. Ceci empêche la survenue d’une nouvelle grossesse trop précoce ce qui a fait que l’allaitement a été utilisé comme méthode contraceptive par le passé. A côté de cet état physiologique, il existe de nombreuses situations pathologiques où la prolactine augmente. L’une des plus fréquentes sont des tumeurs qui entrainent une trop forte sécrétion de cette hormone. Chez ces femmes existe une infertilité chronique par anovulation. Les travaux des chercheurs de l’Inserm (Unité 693 «Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique ») ont permis de découvrir le mécanisme intime des altérations de l’hyperprolactinémie sur la reproduction chez la souris.
Ces travaux sont publiés dans JCI

Les hyperprolactinémies sont une cause majeure d’anovulation, et responsables de troubles des règles et d’infertilité.

Toutefois, les mécanismes à l’origine de cette pathologie n’étaient pas finement connus. On savait seulement que l’élévation de la prolactine entrainait chez la femme une perturbation d’une des hormones les plus importantes dans la reproduction et la fertilité : la GnRH[1].

Cet effet inhibiteur de la prolactine sur les neurones à GnRH n’était pas compris car ces neurones dans leur grande majorité n’exprimaient pas le récepteur de la prolactine.

Les chercheurs ont alors émis une autre hypothèse : celle d’une action indirecte via d’autres molécules.

L’équipe de Jacques Young et de Nadine Binart à l’unité Inserm 693 « Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique »  à l’hôpital de Bicêtre a mis en évidence un effet indirect de la prolactine sur la GnRH. Ils ont démontré, en utilisant un modèle de souris de la maladie, que la prolactine inhibe en fait la sécrétion de neurones situés en amont des neurones à GnRH et essentiels à leur fonctionnement. Ces neurones, sécrètent un neuro-hormone appelée kisspeptine.

La Kisspeptine, clé de l’infertilité ?

Chez ces souris, l’hyperprolactinémie inhibe directement la sécrétion de kisspeptine et par ce fait empêche la sécrétion de GnRH et la cyclicité ovarienne. L’administration de kisspeptine permet quant à elle de rétablir la libération de GnRH et le fonctionnement cyclique des ovaires et l’ovulation malgré l’hyperprolactinémie.

 

Retentissement de l’hyperprolactinémie sur le cycle ovulatoire

Retentissement de l’hyperprolactinémie sur le cycle ovulatoire

©J Young/Inserm

Il s’agit là à la fois d’une découverte physiopathologique expliquant pour la première fois le lien entre l’infertilité et l’hyperprolactinémie et d’autre part une approche permettant une ouverture thérapeutique originale.

Des études sont en cours pour valider le concept chez la femme ce qui permettra de proposer une alternative thérapeutique quand il existe une résistance aux médicaments actuels.

20/10/2012

En Inde, les intouchables contre Michelin

lu sur :

http://www.jta.eu/depeche/une-usine-michelin-accusee-de-violer-les-droits-d-intouchables-en-inde-862

Une usine Michelin accusée de violer les droits - JTA

Une usine Michelin accusée de violer les droits d'intouchables en Inde

Mercredi 11 Juillet 2012, 11:18

Des organisations françaises et indiennes ont annoncé mercredi avoir saisi l'OCDE à Paris sur la construction d'une usine Michelin dans le sud-est de l'Inde qui viole, selon elles, les droits d'une communauté d'intouchables.

La construction de cette usine de pneus, la plus grande de Michelin en Inde, près du village de Thervoy dans l'Etat du Tamil Nadu, a démarré en 2010.

L'aménagement de la zone industrielle a conduit à la destruction de 460 hectares d'une forêt "qui abritait des activités agricoles et pastorales, privant ainsi ces populations de leur principal moyen de subsistance", accusent les ONG Sherpa, CCFD-Terre solidaire, la CGT et les associations indiennes TNLRF et Sangam, dans un communiqué.

"Les terrains loués par Michelin se situent sur un bassin hydrographique qui alimente trois lacs naturels", "principales ressources en eau pour l'agriculture de la zone", assurent-elles.

Quelque 1.500 familles sont directement menacées, affirment les ONG. Des recours ont été déposés contre le Tamil Nadu et des manifestations organisées.

"Il n'est pas acceptable que Michelin, qui se targue d'avoir une politique de responsabilité sociale exemplaire, n'ait pas attendu l'issue des procédures indiennes", a fait valoir Antonio Manganella, de CCFD-Terre solidaire.

Michelin, qui a investi 600 millions d'euros, n'a pas fait de commentaire à l'AFP. En janvier, le groupe avait minimisé la mobilisation, affirmé n'avoir "aucun conflit avec aucune communauté" et mis en avant son aide aux populations.

L'OCDE a été saisie par le biais de son point de contact national, hébergé par le ministère de l'Economie. Il peut émettre des recommandations à l'issue d'un examen contradictoire.

Les associations lui ont demandé "de constater les violations" par Michelin "des principes directeurs de l'OCDE à l'intention des multinationales en matière de droits de l'Homme, d'emploi et relations professionnelles, d'environnement, de lutte contre la corruption et de fiscalité".

Elles demandent également "une étude d'impact sérieuse et indépendante, pilotée par les populations locales".

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voir aussi dans le journal Le Monde daté du 21/10/2012, page 6 :

"En Inde, des intouchables sur la route de Michelin"

Gaza : Un blocus "légal" pour l'ONU

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/l-armee-israelienne-a-arraisonne-le-navire-finlandais-pour-gaza-20-10-2012-1519067_24.php

L'armée israélienne a arraisonné le navire finlandais pour Gaza

Le Point.fr - Publié le20/10/2012 à 12:34- Modifié le20/10/2012 à 15:18

L'Estelle, qui voulait forcer le blocus de la bande de Gaza, a été arraisonné sans violence, a déclaré un porte-parole militaire de l'État hébreu. 

source AFP

Le navire finlandais Estelle, avec à bord des militants pro-palestiniens qui tentent de forcer le blocus de la bande de Gaza, a été arraisonné samedi matin par la marine israélienne, a indiqué une porte-parole militaire. "Il n'y a pas eu de violences", a précisé à l'AFP cette porte-parole. "Les soldats sont montés à bord et ont pris le contrôle du Estelle. Les passagers n'ont pas opposé de résistance", selon elle. Dans un communiqué, l'armée israélienne a précisé que la décision d'aborder la goélette avait été prise après que "tous les efforts, y compris diplomatiques, visant à dissuader son équipage de parvenir à Gaza ont été déployés en vain".

Le bateau finlandais, affrété par le mouvement suédois Ship to Gaza Sweden, devait être conduit jusqu'au port israélien d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv, et ses passagers remis à la police puis au service de l'immigration relevant du ministère de l'Intérieur. Israël procède généralement à l'expulsion vers leurs pays d'origine des personnes cherchant à franchir illégalement les territoires sous son contrôle.

Cinq députés européens à bord

Auparavant, Victoria Strand, porte-parole du mouvement Ship to Gaza Sweden (Un Bateau pour Gaza - Suède), basé à Stockholm, avait affirmé que la marine israélienne avait "attaqué" le bateau. "Estelle est attaqué en ce moment, je viens de recevoir un message (des passagers du bateau) à l'instant par téléphone. (...) Ils (les passagers) nous avaient dit auparavant qu'ils étaient suivis par des bâtiments militaires (israéliens)", avait précisé à l'AFP Victoria Strand.

Le navire est parti le 6 octobre de Naples (Italie) et a été ravitaillé mardi dernier dans les eaux internationales au large de la Crète (Grèce). Il transporte cinq députés européens : Ricardo Sixto Iglesias (Espagne), Sven Britton (Suède), Aksel Hagen (Norvège), Vangelis Diamandopoulos et Dimitris Kodelas (Grèce), ainsi que l'ancien député canadien Jim Manly. L'Estelle, en provenance de Suède, est arrivé le 4 octobre à Naples après un tour d'Europe qui l'a conduit en Finlande, en France et en Espagne.

Un blocus "légal" pour l'ONU

Cette goélette à trois mats, bâtie en 1922, transporte principalement des Occidentaux, mais aussi deux Israéliens, selon les organisateurs. Il compte débarquer des fournitures scolaires et médicales et des matériaux de construction. Le blocus terrestre, aérien et maritime de la bande de Gaza a été imposé au territoire palestinien en juin 2006 à la suite de la capture d'un soldat israélien, puis renforcé lors de la prise de contrôle par le Hamas. Ce blocus a ensuite été allégé après l'assaut meurtrier par la marine israélienne, en 2010, d'un navire turc qui voulait livrer une aide humanitaire à Gaza.

En 2011, le rapport Palmer de l'ONU avait jugé "excessive" et déraisonnable cette intervention militaire, mais avait considéré comme étant légal le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza. Cette affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre la Turquie et Israël, autrefois alliés. Ankara a abaissé sa représentation diplomatique en Israël, suspendu la coopération militaire et expulsé l'ambassadeur de l'État hébreu.

 

Des nouvelles de l'association KOKOPELLI

communiqué:

Rectification : conséquences de la décision de la Cour de Justice de l’Union Européenne sur l’affaire Kokopelli c/ Graines Baumaux

Nous lisons un peu partout que la Cour aurait condamné Kokopelli à payer 100.000 € de dommages-intérêts, ou qu’elle lui aurait fait interdiction de commercialiser ses semences. Ce sont des interprétations erronées de nos précédents communiqués ou des extrapolations hâtives du contenu de la décision : la Cour ne s’est pas prononcée sur le litige particulier entre Kokopelli et Baumaux. Elle n’a fait que refuser d’invalider certains aspects de la législation européenne sur le commerce des semences. Le dossier repart maintenant vers la Cour d’Appel de Nancy et il sera plaidé dans le courant du mois de mars 2013.

C’est devant cette juridiction, nationale, que Baumaux réclame 100.000 € de dommages intérêts et la cessation de nos activités, sur le fondement de la concurrence déloyale.

Nous allons devoir réorienter notre défense, mais le combat continue. Merci de votre soutien pour cette nouvelle étape. 



Au sujet des pétitions

De nouveau, un grand merci à toutes les amies et à tous les amis de Kokopelli qui tentent de nous aider par tous les moyens possibles. Cependant, nous réitérons notre avertissement quant aux pétitions qui circulent sur internet : Kokopelli n'en cautionne aucune. La récente pétition signée par plus de 50 000 personnes sur Change.org a pour objet de faire pression "sur le Président Hollande afin que la condamnation de Kokopelli soit annulée". Quelle condamnation ? Dans le procès intenté par la société Baumaux, l'appel au Tribunal de Nancy sera jugé en 2013. 

Nous renvoyons les amis de Kokopelli vers notre communiqué "Les Pétitions : les psychopathes prédateurs s'en torchent leur barbecul !". Avaaz est une organisation de l'opposition contrôlée qui a, par exemple, fait campagne en 2011 pour la "no-fly zone" au-dessus de la Libye et qui est donc complice des criminels qui ont "libéré" la Libye en massacrant 50 000 civils Libyens sous les bombes "libératrices" à uranium appauvri. Ces organisations ne sont que des usines à pétitions dont la mission est de collecter des adresses e-mails et, tout comme Facebook, de ficher les militants. Restons vigilants.



Conférence de presse de Vandana Shiva à Paris

Nous avons participé à la conférence de presse de Vandana Shiva, organisée par la Fondation France-Libertés, au cours de laquelle notre amie Vandana a présenté son "Alliance Planétaire pour la Liberté des Semences" à laquelle Kokopelli se joint avec un extrême plaisir.



Journées d'action du 16 octobre 2012

En lien avec le lancement de l'Alliance Planétaire pour la Libération des Semences, Vandana Shiva avait proposé le 16 octobre 2012 comme journée d'actions internationales. L'Association Kokopelli a participé à une manifestation en face du Sheraton à Bruxelles où se réunissait l'ESA (European Seed Association, sous contrôle de la mafia semencière) pour sa rencontre annuelle. Ce fut une journée très intéressante d'un point de vue symbolique puisque, ce jour même, le commissaire de la DG Sanco (dont dépendent toutes les directives Européennes sur la commercialisation des semences) a démissionné pour cause d'affaire de corruption. La chasse aux prédateurs est ouverte !

Regardez la vidéo en cliquant ici

OGMs ou la science contre la démocratie

Un article de Jean-Pierre Berlan en relation avec les récentes recherches du Professeur Gilles Séralini. A quand les Tribunaux des Peuples pour juger la clique de criminels déments qui détruisent la biosphère et l'humanité ? : Monsanto, Syngenta, Bayer, Basf sans oublier tous leurs alliés, les banskters...



L'Escroquerie Nucléaire

Un numéro spécial de Charlie-Hebdo rédigé intégralement par notre ami Fabrice Nicolino sur l'abomination nucléaire. Pour mémoire, Fukushima continue de contaminer la biosphère seconde après seconde: une fusion nucléaire en "open source".

18/10/2012

L'Europe néolibérale et les nanomatériaux

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/18/les-nanomateriaux-vont-ils-echapper-au-filet-sanitaire-europeen_1777415_3244.html

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Les nanomatériaux vont-ils échapper au filet sanitaire européen ?

LE MONDE |18.10.2012 à 11h14

Par Pierre Le Hir

"Extrême déception", "profondes inquiétudes"... Associations de consommateurs, ONG environnementales et syndicats font assaut de critiques contre Bruxelles. Objet de leur colère : une communication de la Commission européenne sur les nanomatériaux faite, début octobre, au Parlement, au Conseil et au Comité économique et social européens. Le document – le premier sur le sujet depuis 2008 – écarte en effet l'idée d'une réglementation spécifique à ces produits et à l'évaluation de leurs risques. Ce qui revient, estiment les représentants de la société civile dans une réponse qui sera adressée vendredi 19 octobre à la Commission, à laisser les mains libres aux industriels, sans contrôle de la toxicité de produits toujours plus nombreux sur le marché.

Automobiles, carburants, électroménager, équipements de sport, appareils électroniques, panneaux solaires, ciments, peintures, crèmes solaires, chaussettes, poudres alimentaires, pansements, instruments médicaux... Plus de 2 000 articles de consommation courante contiennent des nanoparticules, dont la taille est de l'ordre du milliardième de mètre (50 000 fois moins que l'épaisseur d'un cheveu).

Le marché mondial des nanomatériaux serait de 11 millions de tonnes, d'après les services de Bruxelles, pour une valeur de 20 milliards d'euros. Et le secteur des nanotechnologies représenterait entre 300 000 et 400 000 emplois directs en Europe. Ce qui en fait un secteur-clé pour "la croissance, l'emploi, l'innovation et la compétitivité" aux yeux de l'exécutif bruxellois.

LES NANOPARTICULES PEUVENT PÉNÉTRER DANS LES POUMONS

La médaille a toutefois un revers. Les nanoparticules présentent des risques particuliers, encore mal connus, pour la santé et l'environnement. Leur taille infinitésimale, qui leur donne des propriétés remarquables (résistance, souplesse, conductivité, adhérence...), les rend aussi extrêmement réactives. Or elles sont susceptibles de pénétrer sous la peau ou dans les poumons, et de se disperser dans l'air, le sol ou l'eau. Une récente étude réalisée par l'administration française a montré que des nanoparticules pouvaient altérer la qualité et le rendement de cultures.

Comment prendre en compte cette dangerosité ? Par "une approche de la sécurité au cas par cas", répond la Commission. A ses yeux, "les nanomatériaux sont semblables aux substances et produits chimiques normaux". Elle estime donc que la réglementation générale appliquée aux produits chimiques au sein de l'Union – le système d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation Reach – est "le cadre le plus adapté à la gestion des nanomatériaux". Seule est envisagée une "modification des annexes de Reach, afin de préciser la façon dont les nanomatériaux doivent être pris en considération".

Pour Monique Goyens, qui dirige le Bureau européen des unions de consommateurs, "Bruxelles fait primer l'objectif de croissance économique et adopte la politique de l'autruche pour ce qui est des risques". Comme pour tout autre produit chimique, défend-elle, "le principe "pas de données, pas de marché" devrait s'appliquer".

"La protection des travailleurs s'est-elle perdue dans le nano-cosmos ?", ironise la Confédération européenne des syndicats. Quant aux Verts du Parlement, ils jugent "très trompeur de suggérer que les règles générales, conçues pour des substances normales, sont appropriées pour les nanomatériaux".

Ceux-ci passent en effet à travers les mailles du filet sanitaire de Reach. Car ce règlement ne s'applique qu'aux productions chimiques de plus d'une tonne par an, seuil loin d'être atteint pour beaucoup de nanomatériaux. En outre, le dispositif de déclaration ne distingue pas les formes nanométriques des formes classiques. Or un même produit peut prendre de multiples nanoformes, dont les propriétés et donc la toxicité sont radicalement différentes. Bruxelles reconnaît d'ailleurs que, dans les dossiers d'enregistrement actuels, "seules quelques informations visent précisément la sécurité d'utilisation des nanomatériaux spécifiques".

"UN EXAMEN AU CAS PAR CAS EST IMPOSSIBLE"

Des évaluations de risques sont certes menées, à l'échelle communautaire (notamment par l'Autorité européenne de sécurité des aliments) ou nationale. En France, l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié cinq rapports depuis 2006. Mais les conclusions sont parfois édifiantes : chargée d'expertiser un matériau contenant des nanotubes de carbone, produits en France par Arkema, l'Anses a relevé, en avril, "un manque d'informations sur son potentiel toxique et écotoxique et l'absence totale d'éléments relatifs aux scenarii d'exposition et au cycle de vie du produit".

"Prétendre évaluer les risques au cas par cas, c'est noyer le poisson", estime David Azoulay, du Center for International Environmental Law, une ONG d'avocats spécialisée dans le droit environnemental. "Un examen au cas par cas est impossible. Il faudrait des années et on serait toujours en retard", pense aussi Olivier Merckel, responsable de ce dossier à l'Anses. Celle-ci travaille à "une méthodologie d'évaluation des risques spécifiques à des groupes de nanomatériaux". Et elle va désormais publier un rapport annuel regroupant toutes les données disponibles sur ces produits.

Parmi les Vingt-Sept, la France est en pointe dans ce domaine. Suite au Grenelle de l'environnement, l'Anses tiendra, à compter du 1er janvier 2013, un inventaire des substances nanoparticulaires mises sur le marché, afin d'en assurer la traçabilité. Un exemple qui pourrait être suivi par l'Italie, la Belgique ou le Danemark.

Suivre à la trace ces particules lilliputiennes ne suffira cependant pas à contrôler leur innocuité. En juin, douze pays, dont la France, avaient pressé Bruxelles d'améliorer "sans retard" la réglementation sur les nanomatériaux. Le chantier reste entier.

Sur le même sujet

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Téléphonie mobile : proposition de loi sur les antennes relais

communiqué :

Fin septembre, le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’Association Santé Environnement France, lançait un appel à tous les sénateurs et députés de la République pour leur demander de faire voter une loi réglementant l’implantation des antennes relais. Deux milles signatures de soutien plus tard, Jean-Vincent Placé, Sénateur Europe-Ecologie-Les-Verts, et Jean-David Ciot, Député du Parti Socialiste, répondaient à l’appel. Le député propose d’ailleurs de déposer une proposition de loi établie à partir des propositions de l’ASEF.

Explications.  
 
La proposition de loi. La proposition de loi portée par Jean-David Ciot, Député des Bouches-du-Rhône, reprend dans les grandes lignes les propositions faites par le Dr Patrice Halimi et son association. Celle-ci garantit ainsi le principe de transparence visant à assurer une information claire ; le principe de la réduction des émissions visant à rendre les antennes les moins nocives possibles ; le principe de légitimité visant à donner un code des émissions au maire afin qu’il le fasse respecter sur sa commune ; le principe de zones protégées visant à interdire les antennes sur les écoles par exemple et enfin le principe de gouvernance participative. Celle-ci sera présentée dans le détail lors d’une conférence de presse ouverte au public, en présence de Jean-David Ciot, Député et du Dr Patrice Halimi le lundi 22 octobre 2012 à 10h à La Mado, 4, Place des Prêcheurs à Aix-en-Provence.
 
Pourquoi une proposition de loi ? En mai 2011, les ondes électromagnétiques, émises notamment par les antennes relais, ont été classées comme « peut-être cancérigènes » par l’Organisation Mondiale de la Santé. Pourtant, les antennes relais, continuent de proliférer de façon anarchique et ce notamment en haut des logements sociaux,. « Personne n’en veut, alors on les met chez nous, ils savent qu’on n’a pas de relations, pas de pouvoir... » voilà ce que déclare presque résignée une habitante d’une cité HLM d’Aix-en-Provence. Aujourd’hui, c’est l’anarchie qui règne. Selon un arrêt daté du 7 avril 2005, une antenne relais ne peut être implantée que si les propriétaires d’un immeuble l’acceptent à l’unanimité .... Un arrêt qui ne concède donc aucun droit aux locataires et qui explique pourquoi les HLM voient fleurir sur leurs toits des forêts d’antennes relais...Aucune loi non plus pour protéger certaines zones « sensibles » comme c’est le cas des écoles, des crèches ou encore des hôpitaux.... Les opérateurs sont libres...

Après les mots, les actes. Aujourd’hui, il y a bien une controverse scientifique sur le sujet. Les études se contredisent: certaines ne relèvent aucun effet, tandis que d’autres les mettent en cause dans différentes pathologies: des maux de tête aux cancers. « Il ne s’agit pas pour nous de trancher la question scientifique, ni d’interdire les antennes relais. Cependant, si elles présentent un risque, il faut qu’il y ait une véritable égalité face au risque. La loi est la seule à pouvoir garantir cette égalité
. Comme plusieurs associations du secteur, telle que Robin des Toits, nous pensons que plus les propositions de loi seront nombreuses, plus il y a de chance pour que l’une d’elles aboutisse. Nous sommes donc très heureux de ce premier pas qui permettra, nous l’espérons, de lancer le débat» explique le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF.
 
La démarche est soutenue par l'association Robin des Toits

Contact presse: Ludivine Ferrer (ludivine.ferrer@asef-asso.fr) 04 88 05 36 15
 

L'Association Santé Environnement France, qui rassemble aujourd'hui près de 2 500 médecins en France, est devenue incontournable sur les questions de santé-environnement. Elle travaille sur tous les sujets en lien avec la santé et l'environnement: qualité de l'air, ondes électromagnétiques, biodiversité, alimentation, etc. Dans sa démarche d'information, l'ASEF publie des petits guides bio-thématiques à télécharger gratuitement sur son site Internet www.asef-asso.fr.

17/10/2012

Chevron condamné pour pollution en Équateur

( 200 millions  c'est peu par rapport à 19 milliards, mais c'est mieux que rien ! )

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/17/l-equateur-gele-200-millions-de-dollars-d-actifs-de-chevron_1776579_3244.html

L'Equateur gèle 200 millions de dollars d'actifs de Chevron

Le Monde.fr |17.10.2012 à 12h10 • Mis à jour le17.10.2012 à 15h07

Par Grégoire Allix (avec AFP et Reuters)

Nouveau revers pour la compagnie pétrolière Chevron dans ses déboires judiciaires en Equateur. Un tribunal de ce petit pays d'Amérique du Sud a ordonné, mardi 16 octobre, le gel des actifs du géant pétrolier américain dans le pays, en raison de son refus de payer une amende de 19 milliards de dollars (14,5 milliards d'euros) pour dégâts à l'environnement. La valeur des avoirs ainsi confisqués atteindrait 200 millions de dollars (152 millions d'euros).

La cour de la province amazonienne de Sucumbios a souligné, dans son jugement, que cette décision concernait l'ensemble des actifs de la compagnie dans le pays, y compris à travers ses filiales. "L'exécution de cette décision s'impose sur la totalité du patrimoine de Chevron jusqu'à l'accomplissement total de son obligation", a indiqué le juge Wilfrid Erazo, en référence à l'amende que la société refuse de payer.

"MINIMUM D'ACTIFS"

Chevron a aussitôt rejeté le gel de ses avoirs, précisant qu'elle ne détenait dans le pays qu'un "minimum d'actifs via ses filiales". Parmi les actifs ainsi immobilisés figurent une dette due par le gouvernement équatorien au pétrolier, pour un montant de 96 millions de dollars, les sommes détenues par la société sur un compte banquaire du pays et des revenus générés par l'exploitation de licences commerciales de Chevron.

Cette décision intervient une semaine après que la Cour suprême des Etats-Unis, saisie par Chevron, a refusé de bloquer l'amende infligée par la justice équatorienne en 2011. "Pour les villageois de l'Amazonie, c'est un premier pas énorme vers le paiement de la totalité des 19 milliards de dollars", s'est réjoui Pablo Fajardo, principal avocat des commautés villageoises qui poursuivent la compagnie. 

Quelque 30 000 indigènes et petits agriculteurs accusent Texaco, acquise en 2001 par Chevron, d'avoir pollué de vastes zones de la forêt amazonienne alors qu'elle y exploitait du pétrole, de 1964 à 1990. Selon les plaignants, des dégâts environnementaux très graves ont été causés par le déversement dans des fosses à ciel ouvert de déchets pétroliers qui ont ensuite contaminé sols et rivières, et empoisonné la population.

L'amende décidée par le tribunal de Lago Agrio est la plus forte dans toute l'histoire du droit de l'environnement, dépassant celle initialement infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l'Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars.

Chevron estime pour sa part que les preuves présentées par les plaignants sont "sans fondement scientifique", que Texaco a nettoyé toutes les fosses et que le jugement est fondé sur une "application rétroactive et illégale de la législation".

ARBITRAGE INTERNATIONAL

Chevron peut toujours espérer échapper à son amende record. La Cour suprême de l'Equateur doit encore se prononcer sur la condamnation. Et la compagnie a demandé l'arbitrage d'un comité international, en vertu d'un accord commercial entre l'Equateur et les Etats-Unis. Ce comité doit commencer à examiner le contentieux au mois de novembre.

L'ensemble du secteur pétrolier guette attentivement l'issue de cette bataille judiciaire, qui pourrait influencer l'évolution d'autres affaires de pollutions liées à leurs activités. Poursuivie par une association du Nigéria, la compagnie Shell est ainsi jugée depuis le jeudi 11 octobre à La Haye, aux Pays-Bas, pour des fuites de pétrole dans le delta du Niger.

Grégoire Allix (avec AFP et Reuters)

Le droit de semer et conserver les semences

communiqué :

Parce que nous ne pouvons plus continuer à accepter que les semences restent l'apanage d'une poignée de multinationales, merci de signer cette pétition :
 

François Hollande: Faire annuler la condamnation de ... - Change.org

www.change.org/fr/pétitions/françois-hollande-faire-annuler-la-...
 

Kokopelli est une association à but non lucratif, fondée en 1999 qui maintient une collection planétaire unique, de plus de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Elle place son action dans l’objectif solidaire de développer des projets d’aide envers les communautés démunies (183 en 2011). Kokopeli est attaquée aujourd'hui par un grainetier, Graines Baumaux.

Cette Société par actions simplifiée au capital de 1 000 000 d’euros, dont le chiffre d’affaires 2011 s’élève à hauteur de 13 952 923 € et le bénéfice 2010 à hauteur de 2 005 251 €, commercialise 2 835 variétés de graines potagères, florales, aromatiques, médicinales, fourragères et dites engrais verts. 

Le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne ont condamné l’association Kokopelli, pour concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux, à verser 100 000 € de dommages-intérêts à Graines Baumaux, ce qui pourrait la forcer à cesser ou modifier ses activités. 

Il est donc demandé au Président de la République, François Hollande, la traduction du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans notre législation nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002 et approuvé nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et aux jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou le matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Il reconnaît la contribution des agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences reproduites à la ferme. 

Il est de plus réclamé de faire respecter l’autorisation d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux des agriculteurs, et l’abrogation de la Loi du 28 novembre 2011 relative aux certificats d’obtention végétale. 


Textes repris de la lettre de Monsieur René Balme, Maire de Grigny au Président de la République 


Pour en savoir plus : 

Condamnation de Kokopelli : René Balme s'adresse ... - Le Grand Soir

www.legrandsoir.info/condamnation-de-kokopelli-rene-balme-s-adre...


http://www.semencespaysannes.org/condamnation_kokopelli_e... 


http://kokopelli-semences.fr/juridique/proces_perdu_2012

Merci de partager largement ces informations et de vous impliquer.

09/10/2012

Interdiction du bisphénol A : une question de bon sens

Dans mon enfance, il n'y avait pas de bisphénol A dans les emballages alimentaires.

Pourtant il y avait des bouteilles (en verre) pour les boissons, des emballages en papier ou en carton, des boîtes de conserve ... et pas de plastiques. 

Donc se passer des matières plastiques est possible pour l'alimentation !

voir : 

Matière plastique - Wikipédia

 ... La Seconde Guerre mondiale exacerba les besoins en matières premières ...

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lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/27/meme-a-faible-dose-le-bisphenol-a-constitue-un-danger-pour-l-homme_1578307_3244.html

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Même à faible dose, le bisphénol A constitue un danger pour l'homme

LE MONDE | 27.09.2011 à 13h03 •

Mis à jour le 09.10.2012 à 11h16

Par Gilles van Kote

L'interdiction de fabrication et de commercialisation des biberons contenant du bisphénol A (BPA) dans l'ensemble de l'Union européenne depuis le 1er juin est loin d'avoir clos le dossier de ce perturbateur endocrinien. Les deux rapports rendus publics, mardi 27 septembre, par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sont en effet catégoriques sur les dangers de ce produit de synthèse largement utilisé dans la fabrication des plastiques.

Le premier travail consistait à étudier la littérature scientifique existante afin de disposer d'une vision globale des effets sanitaires du BPA. Il conclut notamment à l'existence d'effets "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition". L'Anses considère dès lors "disposer de suffisamment d'éléments scientifiques" pour affirmer "que l'objectif prioritaire consiste à réduire les expositions au bisphénol A des populations les plus sensibles", c'est-à-dire les femmes enceintes ou allaitant ainsi que les enfants en bas âge.

La deuxième étude avait pour objectif de recenser les utilisations du BPA. "Près d'une soixantaine de secteurs d'activité potentiellement utilisateurs de bisphénol A en France ont été identifiés", indique l'Anses. La liste des produits susceptibles d'en contenir est impressionnante : emballages alimentaires, mais aussi lunettes et lentilles de contact, CD et DVD, câbles, mastics, adhésifs, électroménager, optiques de phare et pare-chocs, articles de sport, appareils médicaux, revêtements de sol, vernis et peintures, bateaux de plaisance, encres d'imprimerie, etc.

En 2010, l'Anses avait émis des recommandations visant notamment à réduire l'exposition au bisphénol A des populations les plus sensibles, à améliorer l'information des consommateurs par un étiquetage systématique et à rechercher des substituts au BPA.

Cette fois, il s'agissait d'effectuer l'analyse la plus complète possible des nombreuses publications scientifiques, "afin de les mettre en perspective et de tenter d'objectiver le paysage", selon les termes de Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses.

Les experts ont retenu trois catégories d'effets "suspectés" sur la santé humaine, touchant à la fertilité féminine, aux pathologies cardiovasculaires et au diabète. Les effets "avérés" chez l'animal sont au nombre de sept, parmi lesquels l'avancement de l'âge de la puberté, l'augmentation de la survenue de kystes ovariens et de lésions sur la glande mammaire, l'altération de la production spermatique...

Le rapport conclut également à l'existence de "ces effets à des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins réglementaires, et plus particulièrement lors de certaines périodes de la vie (grossesse, périodes pré et postnatale)". Dès lors, la dose journalière admissible (DJA), fixée au niveau européen à 0,05 milligramme par kilo de poids corporel et par jour pour le bisphénol A, ne constituerait pas réellement un seuil de protection contre les effets du composé chimique.

Deuxième série de travaux

"A partir du moment où il existe des fenêtres de susceptibilité extrêmement fortes pour certaines populations sensibles, la notion de dose de référence a-t-elle encore un sens ? interroge M. Gombert. En tout cas, cela pose la question de l'exposition à la substance dans son ensemble."

L'Anses va transmettre "immédiatement" ses conclusions aux instances européennes "en vue d'examiner la pertinence d'une révision des doses de référence". La réaction de l'Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) sera particulièrement attendue : en septembre 2010, l'EFSA avait estimé qu'aucun élément scientifique ne rendait nécessaire d'abaisser la DJA pour le bisphénol A.

Par ailleurs, une deuxième série de travaux coordonnés par l'Anses est en cours afin d'étudier les mécanismes et voies d'exposition de la population au bisphénol A, sujet sur lequel "on est souvent confronté à un gros déficit de données", selon Dominique Gombert.

Leurs conclusions sont attendues pour le premier semestre 2012. L'agence a aussi lancé, le 26 septembre, un appel à contributions "afin de recueillir d'ici au 30 novembre des données scientifiques ou informations sur les produits de substitution (au BPA) disponibles" et de "s'assurer de leur innocuité".

08/10/2012

L’interdiction par précaution du bisphénol A justifiée par des risques

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

L’interdiction par précaution du bisphénol A justifiée par des risques

Les sénateurs doivent examiner demain une loi interdisant l’utilisation du bisphénol A dans les plastiques alimentaires, explique Aujourd’hui en France.

Bernard Jégou, directeur de recherche sur la reproduction humaine à l’Inserm, indique à l’AFP que de « solides arguments » scientifiques justifient l’interdiction par précaution du bisphénol A. La « barque du BPA est très lourdement chargée », estime-t-il, en « évoquant des évidences qui touchent au cancer, aux maladies chroniques, à la reproduction », explique l’agence de presse. M. Jégou explique que « le bisphénol A est un perturbateur endocrinien ».

Le biologiste William Bourguet (Montpellier, Inserm/CNRS) souligne : « Le BPA agit comme un leurre hormonal, en mimant l’action d’hormones naturelles. Il usurpe l’identité des oestrogènes et active leurs récepteurs de manière un peu anarchique et dérégule de cette façon le système hormonal ».

Le Pr René Habert de l’Université Paris-Diderot, spécialiste des perturbateurs endocriniens, estime que « la norme actuelle de 50 µg/kg/jour est trop élevée et ne permet pas de protéger la population ».

Selon le Pr Jégou, l’interdiction programmée du BPA dans les contenants alimentaires, tels que les conserves et les canettes, « doit être aussitôt encadrée par des recherches sur les produits de substitution, sinon ce sera une supercherie ».

 

AFP, 07/10, Aujourd’hui en France, 08/10

04/10/2012

Gestion désastreuse de la pêche européenne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/04/l-echec-de-l-europe-a-reguler-la-peche-en-eau-profonde_1770189_3244.html

L'échec de l'Europe à réguler la pêche en eau profonde

LE MONDE | 04.10.2012 à 14h38

Par Martine Valo

La gestion européenne de la pêche en eaux profondes est "désastreuse" : telle est la conclusion d'une étude que vient de publier la revue Ocean & Coastal Management. Les auteurs de ce travail coordonné par Sebastian Villasante, de l'Université Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, ont mesuré l'impact de lapolitique commune sur la surpêche en analysant les déclarations de captures faites par les pêcheries de dix-huit Etats membres et d'autres données de registres officiels.

La situation, rappellent-ils, aurait dû s'améliorer depuis 2002. Cette année-là en effet, le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), qui rassemble des experts internationaux en ressources marines dans l'Atlantique Nord-Est, avait sonné l'alarme : les populations d'espèces profondes étaient exploitées au-delà de leurs limites biologiques et risquaient de disparaître. Depuis, le CIEM établit, chaque année, des niveaux de captures à ne pas dépasser.

Les conseils européens des ministres de la pêche doivent se baser sur ces recommandations scientifiques au moment de fixer les volumes de pêche autorisés. On en est loin. Selon l'étude, les quotas fixés sont, dans 60 % des cas, supérieurs aux recommandations scientifiques. Entorse supplémentaire, les pêcheurs ne respectent ces volumes de pêche, déjà surestimés, que la moitié du temps...

In fine, les captures réelles sont, en moyenne, 3,5 fois plus élevées que les quotas décidés à Bruxelles, voire de 10 à 28 fois supérieures.

CERTAINS POISSONS D'EAU PROFONDE SONT CENTENAIRES

La politique commune des pêches échoue aussi à maîtriser l'expansion des flottilles des Vingt-Sept. La taille et la performance des navires augmentent plus vite que ne se renouvellent les stocks de poissons. Les bateaux européens plongent de plus en plus profondément leurs engins de pêche : de 163 m en moyenne dans les années 1950 à 242 m en 2006, soit presque deux fois plus que l'évolution mondiale : de 137 m à 196 m sur la même période.

De plus, le combat est inégal. Les espèces profondes ont une longue maturation – certains poissons sont centenaires – qui induit un taux de renouvellement très lent. L'étude cite le sort du grenadier, pour lequel les données cruciales ont été réunies bien après l'effondrement de l'espèce.

Les problèmes soulevés par ce nouveau travail "s'ajoutent à ceux déjà identifiés par les chercheurs, comme le taux élevé d'espèces capturées accidentellement ou la destruction de l'environnement marin par les chaluts tractés en profondeur", précise Claire Nouvian de l'association Bloom et l'une des coauteurs de l'étude.

Autant d'informations susceptibles de nourrir les débats des députés européens qui examinent actuellement les propositions de la Commission sur la pêche en eaux profondes. Bruxelles souhaite en revoir les règles et interdire le chalutage des grands fonds.

Martine Valo

Désobéissance civique pour une Europe de gauche

À lire dans le Monde diplomatique de ce mois :

Pacte de stabilité, Marché commun, l’impossible réforme

Désobéissance civique pour une Europe de gauche

Après avoir ratifié le traité de Lisbonne — clone de la « Constitution européenne » rejetée lors d’un référendum en 2005 —, le Parlement français doit approuver, ce mois-ci, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). La fronde de députés issus de la majorité présidentielle — dont les Verts — et la protestation populaire ont peu de chances d’empêcher une opération qui met les finances publiques sous tutelle (lire l’article ci-dessous). Pourtant, les voies d’une Europe progressiste existent. Voici l’une d’entre elles.

par Bernard Cassen, octobre 2012
Aperçu

Une Europe de gauche — c’est-à-dire réellement démocratique, sociale, solidaire et écologique, rompant radicalement avec les politiques libérales — est-elle possible ? On a de bonnes raisons de penser que M. François Hollande ne l’a jamais cru. Le 6 mai 1992, alors simple député, ne déclarait-il pas à la tribune de l’Assemblée nationale : « C’est parce que nous avons accepté la mondialisation que nous sommes aujourd’hui soumis à des contraintes monétaires, budgétaires, financières. Dès lors, le seul débat qui compte, c’est de savoir si nous acceptons les règles du capitalisme international ou si nous ne les acceptons pas. Si nous entrons dans le jeu de la mondialisation, alors ces contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent » En d’autres termes, la construction européenne ne saurait être qu’un sous-ensemble de la mondialisation libérale.

Quand, vingt ans plus tard, celui qui est devenu président de la République promet de « réorienter » cette construction, il sait que ce n’est pas possible, sauf à la marge... La moindre velléité de « réorientation » se heurte en effet à tout le dispositif idéologique et institutionnel de l’Union européenne. Il ne s’agit pas seulement des traités qui instaurent la « concurrence libre et non faussée » comme principe organisateur de toutes les politiques. Il s’agit aussi de leur traduction concrète dans les dizaines de milliers de pages de l’« acquis communautaire » : directives, règlements, décisions. Les libéraux n’en font d’ailleurs pas mystère. Comme le reconnaît l’un des plus loquaces d’entre eux, M. Elie Cohen, administrateur du groupe PagesJaunes, d’Electricité de France - Energies nouvelles et de Steria. « l’appareillage d’ensemble des politiques de marché représente la contrainte que se sont fabriquée les pays membres de l’Union européenne, et plus particulièrement les nations latines (France, Espagne, Italie) pour réformer leurs politiques dans les secteurs protégés où le syndicalisme restait fort et où le consensus politique interdisait, de (...)

Taille de l’article complet : 2 395 mots.
Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique d’octobre 2012, actuellement en kiosques, et dans l’édition électronique.

Bernard Cassen

Professeur émérite de l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII, secrétaire général de Mémoire des luttes.    

03/10/2012

MARS attaque ...

... le miel !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/03/en-alsace-une-colonie-d-abeilles-produit-un-mysterieux-miel-bleu_1769281_3244.html

En Alsace, une colonie d'abeilles produit un mystérieux miel bleu

LE MONDE | 03.10.2012 à 13h08 • Mis à jour le 03.10.2012 à 13h08

Par Sophie Landrin

Un hiver rigoureux suivi d'un printemps pluvieux et d'un été sec : les ruches ont souffert au cours de ces derniers mois. La récolte ne sera pas abondante en 2012 et le moral des apiculteurs, déjà fortement touché par les ravages des pesticides sur leurs abeilles, est au plus bas.

A Ribeauvillé, dans le département du Haut-Rhin, une autre mauvaise surprise attendait les apiculteurs. Début août, plusieurs d'entre eux constatent que leurs abeilles ramènent d'étranges produits de couleur, bleu ou vert, parfois marron chocolat. Les quantités transportées sont importantes au point de bloquer la ponte. Un désastre, car c'est en été que les reines pondent les "abeilles d'hiver" qui permettront à la ruche de passer la saison du froid. Puis, très vite, les apiculteurs récoltent une étrange mixture à la couleur tout à fait inhabituelle.

Une douzaine de producteurs sont touchés. Le syndicat des apiculteurs de Ribeauvillé mène une enquête, fait fausse route plusieurs fois avant d'identifier au bout de trois semaines la source probable de l'altération du miel. Sur le site d'une entreprise de méthanisation de déchets – qui permet, entre autres, de produire du biogaz –, il découvre une colonie d'abeilles au-dessus de gros conteneurs abritant un produit de couleur identique à la mixture qu'elles ramènent à la ruche.

La PME concernée, Agrivalor, a ouvert ses portes le 26 janvier, à l'initiative de trois agriculteurs. Cette unité de méthanisation s'inscrit, pour la commune, dans un cercle vertueux. Elle produit de l'énergie à partir de la dégradation de déchets organiques, denrées alimentaires périmées ou invendues, résidus de cuisines ou de l'industrie agroalimentaire.

MIEL NON COMMERCIALISABLE ET AVENIR INCERTAIN

Alain Frieh, le président du syndicat des apiculteurs, s'inquiète auprès du directeur du site de ce qui se trouve dans les conteneurs et des conséquences sanitaires possibles sur ses abeilles et la qualité de son miel. D'où viennent ces résidus industriels ? Les colorants sont-ils d'origine naturelle ou chimique ? Contiennent-ils des OGM ? Interrogée par Le Monde, l'entreprise n'a pas souhaité "faire de commentaires", confirmant seulement "valoriser" des déchets sucrés.

Dans un courrier adressé, le 21 avril, au maire de Ribeauvillé, M. Frieh explique que le directeur d'Agrivalor, Philippe Meinrad, leur a indiqué, au cours d'une visite du site, que "les conteneurs contiennent des résidus de confiserie industrielle des établissements Mars". La multinationale américaine dispose de plusieurs sites de production en Alsace, notamment à Haguenau, où sont confectionnés les fameux M&M's, ces pastilles chocolatées de toutes les couleurs. Depuis plusieurs années, l'entreprise Mars vante son engagement dans le développement durable, en particulier la valorisation de ses déchets...

Agrivalor, dans un courrier adressé au syndicat apicole, le 6 septembre, reconnaît à demi-mot les faits, "déplore très sincèrement la situation", mais soutient que "les sous-produits sucrés" valorisés sur le site de méthanisation sont "conformes à l'arrêté préfectoral d'autorisation d'exploiter""Nous n'imaginions à aucun moment que la présence de sous-produits sucrés dans l'enceinte de notre site aurait une relation avec l'exploitation de vos ruches."

La PME assure qu'elle va cependant vidanger et nettoyer les conteneurs etconditionner les futurs arrivages de sucreries dans "des contenants étanches et rapidement traités".

Mais pour les apiculteurs, le miel reste non commercialisable et l'avenir incertain. Le syndicat a décidé de faire analyser son "miel bleu". Il faudra attendre le printemps 2013 pour savoir si les abeilles de Ribeauvillé nourries aux résidus de Mars se portent bien.

Sophie Landrin

02/10/2012

Les défaillances de sûreté des 19 centrales nucléaires françaises pointées par Bruxelles

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/01/les-defaillances-de-securite-des-19-centrales-nucleaires-francaises-pointees-par-bruxelles_1768510_3244.html

Les défaillances de sûreté des 19 centrales nucléaires françaises pointées par Bruxelles

Le Monde.fr | 01.10.2012 à 20h43 • Mis à jour le 02.10.2012 à 18h38

Les tests de résistance nucléaires menés par l'Union européenne ont révélé des défaillances de sûreté, d'incidence variable, dans l'ensemble des centrales nucléaires françaises. Ce sont les principales conclusions d'un rapport du commissaire européen à l'énergie Günther Oettinger qui doit être présenté à la Commission mercredi 3 octobre, avant d'être dévoilé au public, jeudi, à Bruxelles.

Ce document de travail, qu'a pu consulter une partie de la presse, recense les "stress tests" menés depuis un an sur les 134 réacteurs du parc européen, répartis sur 68 sites dans 14 pays, pour tirer les leçons de la catastrophe de Fukushima en mars 2011. "Nos contrôles de sécurité ont été stricts, sérieux et menés en toute transparence. Ils ont permis de révéler ce qui allait bien et là où il fallait apporter des améliorations, a déclaré Günther Oettinger. En général, la situation est satisfaisante, mais nous ne devons avoir aucune complaisance."

Aucune fermeture de réacteur ne serait demandée, mais les investissements nécessaires à la sûreté des centrales européennes atteindraient entre 10 milliards et 25 milliards d'euros. Soit entre 30 millions et 200 millions d'euros par réacteur. Cette évaluation des coûts n'est pas une surprise. Philippe Jamet, représentant français du Groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreténucléaire (ENSREG), qui a mené les tests, avait chiffré en juin entre 100 et 200 millions d'euros par réacteur le coûts des investissements pour la France.

LA FRANCE CIBLÉE

Avec 19 centrales et 58 réacteurs, l'Hexagone est particulièrement ciblée par les critiques. Sur les 11 points identifiés comme des défaillances ou des manques, la totalité des centrales sont en défaut sur cinq à sept points.

De manière générale, il est rappelé que les équipements de secours, comme les groupes électrogènes, ne sont pas assez protégés contre les séismes ou les inondations, contrairement aux réacteurs britanniques, allemands ou belges. Les centrales de l'Hexagone manquent par ailleurs d'instruments de mesure sismique adaptés aux exigences post-Fukushima. Ces carences avaient déjà été pointées par l'Autorité de sûreté nucléaire française dans son long rapport publié en juin et imposant des milliers de prescriptions aux exploitants.

Lire : Nucléaire : les injonctions de l'ASN pour améliorer la sûreté du parc français

Néanmoins, la centrale de Fessenheim, que François Hollande s'est engagé àfermer en 2016, "présente moins de mauvais points dans le tableau récapitulatif du document européen. Un exemple : les procédures prévues en cas d'accident grave sont jugées insuffisantes à Chooz et Cattenom, mais adéquates [dans la centrale alsacienne]". Toutes les centrales françaises sont toutefois équipées de recombineurs d'hydrogène, un équipement qui permet de prévenir des explosions d'hydrogène et qui fait défaut dans les 10 centrales du Royaume-Uni et cinq des six centrales espagnoles.

TENSIONS ENTRE PARIS ET BRUXELLES

Ces recommandations doivent être soumises aux dirigeants de l'UE lors du sommet des 18 et 19 octobre à Bruxelles. Avec l'ambition que les travaux de renforcement de la sûreté des sites européens soient effectués, au plus tard, d'ici à 2015.

"D'ores et déjà, le ton monte entre Paris et Bruxelles. Le commissaire en charge de l'énergie et Delphine Batho, la ministre de l'écologie et de l'énergie, ont eu un entretien houleux sur le sujet, lundi 1er octobre, à Paris. M. Oettinger s'est aussi entretenu avec Henri Proglio, le PDG d'EDF, le principal exploitant de centrales en France, livre Philippe Ricard, correspondant à Bruxelles, dans un article du Mondedaté de mercredi 3 octobre. Les autorités françaises ont cherché, ces derniers jours, à atténuer la portée des conclusions préparées par les services de M. Oettinger. A Paris, on se méfie de toute tentative de centralisation par l'Europe de la régulation du secteur nucléaire."

Gaz de schiste : le lobbying du premier cercle

lu sur :

01/10/2012

Qui pourra décontaminer Bhopal (Inde) ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/01/a-bhopal-l-impossible-decontamination_1768230_3244.html

A Bhopal, l'impossible décontamination

LE MONDE |01.10.2012 à 14h05

Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Qui pourra décontaminer Bhopal ? Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, l'explosion d'une usine de produits chimiques d'Union Carbide libérait un nuage toxique faisant entre 15 000 et 30 000 morts dans cette ville du nord de l'Inde. Près de vingt-huit ans après ce qui reste l'une des plus graves catastrophes industrielles de l'histoire, des déchets entreposés sur le site contaminent toujours les nappes phréatiques et continuent de faire des victimes.

 

Après avoir entrepris des négociations au début de l'année avec le gouvernement indien, l'agence allemande de développement GIZ a annoncé, le 17 septembre, qu'elle refusait finalement d'enlever 347 tonnes de déchets du site pour les incinérer en Europe. Motif avancé : l'Etat indien aurait refusé d'engager sa responsabilité en cas d'accident dans le transport et la manipulation de ces substances toxiques.

GIZ a également évoqué l'opposition d'associations écologistes au transport des déchets en Allemagne. "Nous ne voulons pas que des substances hautement toxiques parcourent la moitié de la planète", a justifié Manfred Santen, de Greenpeace, au site d'information Deutsche Welle.

MORT BRUTALE DE PLUSIEURS VACHES 

La décontamination du site est un chantier titanesque. Entre 4 000 et 12 000 tonnes de produits toxiques seraient dispersées dans le sol. L'évacuation des 347 tonnes de déchets déjà stockés dans l'ancienne usine ne constitue qu'une première étape. Or aucun centre, en Inde, n'est capable de les incinérer en toute sécurité. Si l'Europe refuse de les traiter, ils devront être enterrés en Inde.

Les déchets et produits toxiques utilisés pour fabriquer des pesticides se sont infiltrés dans les sols bien avant l'explosion de l'usine. En 1982, deux ans avant la catastrophe, des notes internes de Union Carbide révèlent l'existence de fuites dans 23 hectares de bassins servant à entreposer des déchets chimiques. "Le bassin d'évaporation continue de fuir, ce qui est très préoccupant", peut-on lire dans un télex envoyé au siège américain du groupe, en 1982, auquel Le Monde a eu accès. La même année, des agriculteurs se plaignent de la mort brutale de plusieurs vaches pâturant aux alentours de l'usine.

Sept ans plus tard, Union Carbide prélève des échantillons sur les terrains de l'usine et dans les réservoirs de traitement de déchets. L'analyse révèle des concentrations élevées en naphtol et naphtalène. Lors de tests, des poissons exposés aux substances toxiques prélevées, même diluées, meurent instantanément ou dans les deux jours qui suivent.

Combien d'habitants, à Bhopal, ont été et sont encore contaminés par ces déchets toxiques ? Combien d'entre eux en sont morts ? Difficile de le savoir. Aucune étude indépendante n'a évalué l'étendue de la contamination des nappes phréatiques ni les effets de ces produits sur la santé. Plus inquiétant, ces effets se conjuguent à ceux des gaz libérés par l'explosion de l'usine et se transmettent sur plusieurs générations.

Le Centre d'études pour les réhabilitations, qui dépend du gouvernement du Madhya Pradesh, l'Etat dont Bhopal est la capitale, affirmait, en 2005, que "la contamination des sols et des nappes phréatiques avait augmenté de manière évidente la charge de morbidité parmi la population vivant aux alentours de l'usine". Les résultats d'une expertise demandée par la Cour suprême devraient être connus cet automne.

POLLUEUR-PAYEUR

Autour du site contaminé, des enfants continuent de naître mal formés, et les habitants sont nombreux à souffrir d'anémie, de maladies de la peau et de cancer. Rien n'a jamais été fait pour dépolluer le site. Union Carbide a vendu sa filiale indienne, en 1994, à un acquéreur qui céda le terrain quatre ans plus tard à l'Etat du Madhya Pradesh.

Au gré des transactions, la question de la contamination des sols a été passée sous silence. En 2009, le gouvernement du Madhya Pradesh soutenait que le terrain n'était pas contaminé. Le ministre régional en charge des victimes de Bhopal annonçait même le projet d'ouvrir le site aux touristes !

Il a fallu que la Cour suprême donne l'ordre, en 2005, aux autorités locales de fournir l'eau potable aux habitants pour que ces derniers cessent de s'approvisionner dans les puits. Mais les réservoirs installés ne sont pas tous raccordés aux foyers, et en août, 47 % de la population à risque ne pouvait pas s'y alimenter, selon une étude menée par les associations de défense des victimes de Bhopal.

Dow Chemical, qui n'a pas donné suite à nos demandes d'entretien, s'estime dégagée de toute responsabilité puisque la société n'a racheté Union Carbide, qui s'était déjà délestée de sa filiale indienne, qu'en 2001. "C'est pourtant le principe de pollueur payeur qui devrait s'appliquer", avance Karuna Nundy, l'avocate des associations de victimes de Bhopal.

"Il faut bien distinguer les deux tragédies, poursuit-elle. C'est comme si des cambrioleurs étaient arrêtés après avoir braqué une banque et qu'ensuite la police découvrait un cadavre dans le coffre de leur voiture. Dow Chemical est responsable à la fois de l'explosion de l'usine qui a tué des milliers d'habitants, et de la pollution des nappes phréatiques qui continue de faire d'autres victimes."

Dow Chemical dépense des millions de dollars pour vanter son image d'entreprise "intègre", "respectueuse des individus" et "protégeant la planète". L'entreprise a ainsi déboursé 82 millions d'euros pour devenir partenaire des Jeux olympiques (JO) de Londres. Un soutien sans lequel "il n'y aurait pas de chair de poule, de coeurs battant la chamade (...) ni d'union de la planète tout entière", a remercié le Comité d'organisation des JO. 

La pollution du site exclue de l'accord d'indemnités

Indemnisation Au terme d'un accord signé avec l'Etat indien en 1989, le groupe Union Carbide a versé 470 millions de dollars (366 millions d'euros) d'indemnités aux victimes de l'accident de Bhopal. La question de la contamination du site, qui a débuté avant la tragédie, n'est pas abordée par cet accord.

Contamination Les nappes phréatiques seraient polluées dans un rayon de 3 à 5 km. Des concentrations élevées de naphtol, de naphtalène, de chlorobenzène, de mercure, de plomb et d'endosulfan ont été décelées. Ces substances provoquent la dégénérescence du système nerveux et des complications respiratoires.