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01/12/2012

Rail : Contestation de la liaison Lyon-Turin

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/01/la-liaison-lyon-turin-de-plus-en-plus-contestee_1798743_3244.html

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La liaison Lyon-Turin de plus en plus contestée

LE MONDE | 01.12.2012 à 11h51 Par Rémi Barroux

La grogne monte contre la ligne ferroviaire Lyon-Turin, censée favoriser le ferroutage de part et d'autre des Alpes. Cette contestation qui s'étoffe ouvre, après l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle ligne de front entre les écologistes et le gouvernement. Car François Hollande et Jean-Marc Ayrault entendent mener à bien, coûte que coûte, les deux chantiers, inscrits dans la politique de transport et d'aménagement du territoire.

Le chef de l'Etat français et le président du conseil italien, Mario Monti, devraient réaffirmer, à l'occasion du sommet France-Italie qui se tient à Lyon lundi 3 décembre, l'intérêt du projet transalpin.

Le 28 novembre, lors du conseil des ministres, dans la continuité des engagements pris par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé un projet de loi "autorisant l'approbation de l'accord pour la réalisation et l'exploitation d'une nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin".

Les opposants – écologistes, associations de défense de l'environnement, agriculteurs et élus locaux – ont fait connaître leur détermination à bloquer le projet lors d'un "avant-sommet" qui s'est tenu vendredi et samedi à Lyon.

PLUS LONG QUE LE TUNNEL SOUS LA MANCHE

Le député européen José Bové, également très en pointe dans la bataille de Notre-Dame-des-Landes, et plusieurs élus d'Europe Ecologie-Les Verts devaient être présents.

Le Lyon-Turin est un chantier titanesque, plus long que le tunnel sous la Manche, et très complexe compte tenu du relief et de la géologie. Aujourd'hui, seuls 10 % des marchandises traversent les Alpes entre la France et l'Italie par le rail, contre 60 % en Suisse et 30 % en Autriche.

Les partisans du projet mettent donc en avant sa forte ambition environnementale qui permettra de réduire le trafic routier et ses nuisances. Tout en renforçant la sécurité.

Les "anti" qu'ils soient français, suisses ou italiens, tentent de fédérer leurs forces. Les Français devaient ainsi recevoir le soutien de leurs homologues italiens, plus virulents, qui comptent manifester lundi à Lyon et dont plusieurs militants étaient bloqués à la frontière samedi matin.

"SUSPICION DE CONFLIT D'INTÉRÊTS"

Globalement, ils réclament des mesures préalables, comme en Suisse, où le transport routier a été fortement taxé, et estiment que la ligne historique, celle qui passe par le tunnel du Mont-Cenis est suffisante pour assurer le fret, en forte diminution. Ils dénoncent "les désastres environnementaux", et plus précisément "les conflits d'intérêts et les rapports douteux" ainsi que les coûts "exorbitants " du futur tunnel.

Le député (UMP) de Savoie et maire d'Aix-les-Bains, Dominique Dord, a ainsi exprimé son doute sur "les informations officielles sur lesquelles nous fondons nos raisonnements et nos décisions", allant jusqu'à évoquer une "suspicion de conflit d'intérêts au sein même de la commission d'enquête" publique.

Lancé lors d'un sommet franco-italien en 1991, le projet est aussi un casse-tête financier. Le coût du tunnel dit "de base" entre l'Italie et la France, a été d'abord évalué à 8,5 milliards d'euros. Mais, selon la Cour des comptes qui a adressé, en août, à Jean-Marc Ayrault un référé sur le projet, les "coûts prévisionnels sont en forte augmentation".

L'estimation du coût global est passée de 12 milliards d'euros, en comptant les accès au tunnel côté français, à "26,1 milliards d'euros". Et de regretter que "d'autres solutions alternatives moins coûteuses ont été écartées sans avoir été explorées de façon approfondie".

IL FAUT AUSSI INVESTIR DANS LES TRAVAUX D'ACCÈS

L'Elysée et le gouvernement sont conscients du problème que représente le financement du projet, surtout en période de recherche d'économies. A Lyon, François Hollande devrait appeler l'Union européenne au secours et lui demander de maximiser son financement. Soit 50 % du coût des travaux préparatoires et 40 % des travaux définitifs. Rien de sûr. L'allocation de ces sommes dépend du futur budget européen 2014-2020, lui aussi soumis aux lois de la rigueur. Sans ces engagements, avance-t-on au gouvernement, "il sera impossible de conclure".

Outre le financement du tunnel lui-même, il faut aussi investir dans les travaux d'accès et la mise en cohérence du schéma de transport, notamment le contournement du Grand Lyon.

Des milliards d'euros qui reposeront sur l'Etat français et les collectivités territoriales. Si les partisans du projet, conscients du problème financier, veulent dissocier les deux étapes du projet Lyon-Turin, beaucoup reconnaissent qu'elles sont complémentaires et indispensables à la cohérence globale. Une partie des enquêtes d'utilité publique sur ces travaux "franco-français" est en cours.

Les opposants entendent bien batailler ferme à cette occasion. La mise en service du tunnel, prévue pour 2023, pourrait être repoussée à 2028-2029.

lire aussi sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/07/liaison-ferroviaire-fret-et-tgv-entre-lyon-et-turin-la-cour-des-comptes-s-invite-dans-le-debat_1786937_3234.html

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Liaison ferroviaire fret et TGV entre Lyon et Turin : la Cour des Comptes s'invite dans le débat

LE MONDE | 07.11.2012 à 11h37 • Mis à jour le 07.11.2012 à 15h30 Par Philippe Jacqué

A mesure que l'on se rapproche du sommet franco-italien du 3 décembre à Lyon, qui doit donner le top départ du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, via un nouveau tunnel de 57 km sous les Alpes à partir des quatre galeries déjà creusées, la tension monte.

Après la demande des Verts, fin octobre, d'un report sine die de ce chantier, les promoteurs et les opposants de la nouvelle ligne mixte fret et voyageurs (à grande vitesse à l'horizon 2035) se réunissaient mercredi 7 novembre.

 

Les pour se sont donné rendez-vous au Sénat pour un séminaire qui devrait en appeler au président de la République. Les contre se retrouvent pour leur part à Montluel dans l'Ain. Dans leur combat, ils peuvent désormais compter sur un nouvel allié : la Cour des comptes, qui est partie en croisade ces derniers mois contre tous les grands projets d'infrastructure coûteux.

"RISQUE DE SATURATION"

Dans un référé, un avis consultatif à destination du gouvernement rendu public lundi, les magistrats financiers regrettent le pilotage d'un projet, lancé officiellement en 2001 pour 2025, qui ne répond pas "aux exigences de rigueur nécessaires à une opération de cette ampleur et de cette complexité".

Pis, la Cour souligne le dérapage du coût prévisionnel du Lyon-Turin, qui est passé de 12 milliards d'euros en 2002, à 26,1 milliards d'euros, réévalués cette année.

L'institution de la rue Cambon estime également que "les prévisions de trafic établies dans les années 1990, qui envisageaient la poursuite d'une forte croissance, ont été fortement remises en cause depuis. Le risque de saturation des infrastructures existantes n'est aujourd'hui envisagé qu'à l'horizon 2035", rendant de fait le projet inutile...

Enfin, critique la Cour, "la mobilisation d'une part élevée de financements publics se révèle très difficile à mettre en oeuvre dans le contexte actuel". La Cour "dénonce les grossières sous-évaluations des coûts, les prévisions de trafic fantaisistes et surévaluées", assure la coordination contre le projet Lyon-Turin, qui exige la fin des travaux préparatoires déjà engagés.

Dans sa réponse aux magistrats, le premier ministre défend la pertinence du projet : "Même dans des perspectives de trafic dégradées, le besoin d'une infrastructure performante entre la France et l'Italie est avéré pour aboutir à un report modal substantiel." Des mesures sont d'ailleurs promises pour obliger les poids lourds à utiliser le nouveau tunnel ferroviaire, notamment ceux qui passent la frontière par Vintimille, à l'est de Nice.

NOUVEAUX AMÉNAGEMENTS

Jean-Marc Ayrault réfute, par ailleurs, tout dérapage financier excessif de ce projet qui fait l'objet d'un traité international avec l'Italie. Le coût du seul tunnel reliant la France à l'Italie est passé de 8 à 8,5 milliards d'euros en dix ans. Le reste du projet, notamment la partie italienne, a certes augmenté, du fait d'un changement de tracé, mais il sera à la charge de l'Italie.

En France, les accès aux tunnels sont évalués par Réseau ferré de France (RFF) à 11,4 milliards d'euros. Cette somme, qui sera dépensée par phase, inclut aussi de nouveaux aménagements ferroviaires pour le réseau rhône-alpin.

Quant au tunnel international, minimise Jacques Chiron, sénateur (PS) de l'Isère et l'un des promoteurs du Lyon-Turin, "le coût pour la France sera limité à 2 milliards d'euros". L'Italie contribuera à hauteur de 3 milliards, alors que la Commission européenne devrait s'engager sur les 3,5 milliards restants. L'Union européenne a, en effet, fait de cet axe européen est-ouest une priorité, complémentaire à l'axe nord-sud.

Après avoir longtemps buté sur une forte opposition locale, celle des No TAV notamment, l'Italie a depuis amendé son projet. Mieux, mi-octobre, le gouvernement de Mario Monti a inscrit, dans son budget triennal 2013-2015, 790 millions d'euros pour sa phase d'étude.

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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART (demandez moi l'article si vous n'êtes pas abonné):

Lyon-Turin: l'énorme projet projet ferroviaire concentre toutes les critiques
PAR JADE LINDGAARD

Par quel mystère, en pleine disette d’argent public, la France et l’Italie s’apprêtent-elles à dépenser plusieurs milliards d’euros pour construire un tunnel dont l’utilité est contestée par les services de l’Etat ? Quête désespérée de croissance économique et d’emplois, assurance bureaucratique, pantouflage, conflits d’intérêt… comme un parfum de Notre-Dame-des-Landes.

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