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13/12/2012

Agriculteurs : disparités des revenus

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http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/12/la-disparite-de-revenus-s-accroit-entre-cerealiers-et-eleveurs-ovins-ou-bovins_1805055_3234.html

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LE MONDE | 12.12.2012 à 11h57 Par Laurence Girard

Le revenu moyen des agriculteurs français est reparti à la hausse en 2012. Selon les statistiques du ministère de l'agriculture publiées mercredi 12 décembre, il s'élève à 36 500 euros, en progression de 4 % en euros constants. Un chiffre qui cache de grandes disparités. La progression est surtout le fait du résultat exceptionnel des céréaliers. Les éleveurs ovins et bovins, eux, sont à la peine.

Le revenu moyen des céréaliers a franchi la barre des 72 000 euros. Soit un bond record de près de 40 % par rapport à 2011. Il dépasserait ainsi son précédent pic historique de 2007.

 
  

La fièvre des cours du blé comme du maïs, à la suite des aléas climatiques qui ont touché les Etats-Unis et la Russie, s'est transformée en aubaine pour les exploitants de grande culture en France. D'autant qu'oléagineux et protéagineux sont, eux aussi, entrés dans une spirale spéculative haussière.

BAISSE DU VOLUME D'ŒUFS

Mieux, les céréaliers qui cultivent également betteraves et pommes de terre sur plus du tiers de leur exploitation décrochent le jackpot. Leur revenu moyen atteint 80 000 euros.

Autres bénéficiaires de la conjoncture, les aviculteurs spécialisés dans la production d'œufs. L'obligation faite par Bruxelles de mettre les poulaillers en conformité au 1er janvier 2012, en donnant un peu plus d'espace aux poules pondeuses élevées en batteries, a mis la profession sous pression.

Les retardataires ont dû arrêter leur production et le volume d'œufs a baissé provoquant une flambée des prix. Pour le plus grand bénéfice des concurrents déjà aux normes. Résultat, le revenu moyen des aviculteurs n'a jamais été aussi élevé depuis début 2000, à 40 500 euros.

Les élevages porcins vont également devoir se mettre aux normes au 1er janvier 2013. En attendant, ils ont profité de la montée du prix du cochon et leur revenu moyen est en hausse, à 46 700 euros.

ENVOLÉE DU PRIX DES TOURTEAUX

A l'autre extrémité du spectre, le revenu des éleveurs ovins tombe à 15 300 euros. Un niveau quasi similaire à celui des éleveurs bovins viande (15 400 euros). Bien que les prix de la viande restent fermes, les exploitants sont confrontés à la hausse du coût de l'alimentation animale et en particulier à l'envolée du prix des tourteaux.

Les éleveurs laitiers, qui subissent également cette hausse des charges, s'en sortent mieux. Même s'il s'érode de 3 % en lien avec la baisse du prix du lait, le revenu moyen revient à son niveau de 2010, à 26 500 euros.

D'autres secteurs agricoles ont subi de graves aléas météorologiques en 2012. Les viticulteurs sont les plus touchés. Le niveau des vendanges est historiquement bas. Le revenu des exploitations viticoles pourrait baisser de moitié à 22 800 euros.

Les arboriculteurs ont aussi subi le gel printanier, et les récoltes de cerises, poires ou pommes sont maigrelettes. Il n'empêche. La revalorisation des prix des fruits a redonné des couleurs aux recettes des arboriculteurs qui atteignent 29 900 euros. Un chiffre qui ne reflète pas les disparités entre les régions et les produits.

Cette photographie de la situation très contrastée des agriculteurs français tombe au moment délicat de la renégociation de la politique agricole commune (PAC). Elle devrait relancer le débat sur le bien fondé des aides directes et surtout de leur répartition. Sachant que les céréaliers et les grandes cultures en sont les premiers bénéficiaires.

"Ces résultats me confortent dans l'idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d'élevage", affirme le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, dans un communiqué. Le ministre a proposé à Bruxelles de donner une surprime aux premiers hectares.

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