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21/12/2012

ArcelorMittal: la rentabilité de Florange

lu sur :

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/florange-pourquoi-tant-de-mystere-sur-la-rentabilite-du-site_364988.html?xtmc=mittal&xtcr=1

ArcelorMittal: pourquoi tant de mystère sur la rentabilité de Florange ?

 Julie de la Brosse - publié le 13/12/2012 à 19:19, mis à jour le 14/12/2012 à 07:32

Alors que les syndicats affirment que Florange serait l'un des sites les plus rentables d'Europe, la direction continue de garder le secret sur la santé économique réelle des hauts-fourneaux. Un silence troublant.

C'est un document gênant pour la direction d'ArcelorMittal. Mercredi soir la CFDT a brandi une note interne selon laquelle le site de Florange serait l'un "des plus rentables" du groupe sidérurgique. "Nous l'avons toujours su mais cette fois, nous en avons la preuve formelle, signée de la main de la direction: Florange est parfaitement rentable", s'emporte Jean-Marc Vécrin de la CFDT, quelques heures avant la tenue du CCE exceptionnel sur l'avenir du site. A la différence de la CGT et de FO, il ne claquera pas la porte des négociations, mais on imagine l'ambiance...

Selon ce graphique, qui compare les coûts de production à la tonne (énergie, matières premières, transports...) de l'acier produit en France, en Belgique et en Allemagne, les coûts du site lorrain seraient dans la moyenne européennes, moins élevés notamment que ceux de Brême ou de Liège.

ArcelorMittal: pourquoi tant de mystère sur la rentabilité de Florange?

Le document interne révélé par les syndicats.

DR

La performance serait d'autant plus notable, que, comme le soulignent les syndicats, le prix du transport de matière première à Florange (site situé à l'intérieur des terres à la différence des autres sites) pénalise de 24 euros le coût de la bobine à chaud. Déduction faite de ce surcoût, "Florange serait au même niveau que Gand, le meilleur élève de la classe ArcelorMittal", estime le Républicain Lorrain, le premier à avoir eu le document. "La performance industrielle du site lorrain fait plus que compenser le le désavantage logisitique de 24 euros la tonne", précise d'ailleurs le graphique ci-dessus.

Pour justifier la fermeture de la filière chaude de Florange- jugée moins rentable que la filière froide- ArcelorMittal avait souligné début octobre l'inconvénient de la position géographique des hauts-fourneaux, loin des ports, et "la capacité limitée de production du site qui impacte de manière négative les coûts fixes". Une thèse qui s'effondre donc en partie. Il estimait également qu'il fallait "se résoudre à l'idée que la phase liquide de Florange ainsi que sa production de brames ne sont plus compétitives dans le contexte de fortes surcapacités européennes".

Loin de se démonter, la direction a balayé le document, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'un papier officiel et qu'en l'occurrence les informations y figurant étaient partielles car ne prenant "pas en compte les coûts complets". Il "ne contredit en rien le constat de non-rentabilité de la phase liquide de Florange et ne prouve en rien la profitabilité de cette partie du site car il ne prend pas en compte les coûts complets", explique le groupe dans un communiqué.

Et puis, comme le souligne ArcelorMittal, si Florange était rentable, pourquoi vouloir le fermer? Imparable! Sauf que Mittal pourrait aussi vouloir devancer la chute des ventes, et réduire ses capacités de production de manière anticipée. "Depuis que Wolfgang Eder, PDG de Voestalpine et Président d'Eurofer, l'Association européenne des producteurs d'acier, a estimé qu'il était nécessaire de réduire les capacités de 20-25% dans un avenir relativement proche, tous les grands groupes se mettent en ordre de marche", observe ainsi un analyste.

Silence chez ArcelorMittal... et au gouvernement

Sans aller jusqu'à remettre en cause les difficultés financières du sidérurgiste (qui a perdu 709 millions d'euros au troisième trimestre), on peut aujourd'hui s'étonner de la grande discrétion -c'est un euphémisme- de la direction sur les données économiques du site. Mais, curieusement, le mutisme est le même au gouvernement. Y compris au cabinet d'Arnaud Montebourg. "Il s'agit d'informations confidentielles, les seules informations publiques que nous pouvons communiquer figurent dans le rapport Faure (remis en juillet à Arnaud Montebourg ndlr)".

En l'occurrence, si ce denier explique très bien les difficultés du secteur et les spécificités (géographique, historiques...) du site, il ne donne malheureusement aucune information chiffrée sur la rentabilité de Florange. Une information précieuse toutefois pourrait bien apporter un peu d'eau au moulin des syndicats: "Florange se situait en 2008, lorsque les hauts-fourneaux fonctionnaient à pleine capacité, parmi les trois sites du groupe ArcelorMittal les plus performants en termes de coûts de production". Sauf qu'entre-temps, comme l'explique Pascal Faure, Mittal a pratiquement cessé d'investir sur le site, et les arrêts et redémarrages successifs des hauts fourneaux les ont rendus moins productifs. Des investissements qui rendraient ces équipements encore plus rentables, affirment les syndicats. En l'absence de ces données primordiales, il paraît en tout cas impossible d'avoir un avis tranché sur la situation de Florange.

Contacté par L'Expansion.com, le sidérurgiste n'a pas donné suite. 

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