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22/12/2012

Pérou : la cité de Morococha est en passe de disparaître

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http://www.lemonde.fr/international/article/2012/12/21/perou-la-bataille-de-la-mine_1809529_3210.html

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Pérou : la bataille de la mine

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 21.12.2012 à 12h33 • Mis à jour le 21.12.2012 à 15h25 Par Chrystelle Barbier - Lima, correspondance

Nichée à 4 600 mètres d'altitude au coeur des Andes péruviennes dans une vallée noircie par des siècles d'exploitation minière, la cité de Morococha est en passe de disparaître. En l'espace de deux mois, les centaines de familles qui l'habitaient ont fait place à des agents de sécurité armés travaillant pour le géant minier chinois Chinalco, qui compte faire de l'endroit une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du Pérou.

Premier producteur mondial d'argent, deuxième pour le zinc et le cuivre, troisième pour l'étain, sixième pour l'or, le Pérou est l'un des plus gros fournisseurs de minerais du monde. Le pays est courtisé par les plus grands groupes internationaux, qui investissent des milliards de dollars dans différentes régions des Andes et d'Amazonie.

Dans le cas de Morococha, Chinalco a prévu d'investir 2,2 milliards de dollars (1,66 milliard d'euros), dont 50 millions ont été destinés à bâtir la "nouvelle Morococha", une ville construite à 7 kilomètres de l'ancienne cité, pouvue de services en électricité, eau et assainissement dont certains logements ne bénéficiaient pas jusque-là. Prévue depuis deux ans, la relocalisation de la localité a débuté fin octobre et de nombreux mineurs ont déjà rejoint leur nouveau foyer. Un groupe refuse cependant de déménager tant que l'entreprise chinoise ne se sera pas engagée à donner du travail à tous les habitants. Il critique aussi les conditions dans lesquelles se déroule la relocalisation. Une situation qui a donné lieu, en novembre, à de violents affrontements entre les habitants de Morococha, divisés face au géant minier. 

Source de revenus sans équivalent (les exportations minières représentent plus de 60 % du total des exportations péruviennes), le secteur minier est aussi à l'origine de conflits sociaux, dont le nombre ne cesse d'augmenter au fil des ans. Selon le Défenseur du peuple, un organe de l'Etat chargé de la défense des droits de la population, deux tiers des 150 conflits socio-environnementaux aujourd'hui recensés au Pérou sont liés à l'activité minière.

Dans de nombreux cas, l'entreprise est accusée de polluer ou de mettre en danger les ressources hydriques régionales, comme à Cajamarca (Nord), où des milliers d'agriculteurs s'opposent au projet minier Conga qui prévoit d'assécher des lagunes et de les remplacer par des réservoirs artificiels. Après des mois de manifestations, qui ont fait un mort, le programme financé par l'américain Newmont a été suspendu en cours d'année, mais la tension reste palpable.

Dans les Andes comme dans la jungle, de nombreux Péruviens reprochent aussi aux entreprises minières de ne pas suffisamment participer au développement local. Le gouvernement péruvien espère toutefois calmer les nombreux mécontentements grâce à la loi dite de "consultation des peuples". Le texte, entré en vigueur en avril, prévoit que la population soit davantage informée et consultée sur de possibles projets miniers.

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