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31/12/2012

Nano particule, alimentation, santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/31/nanoparticules-l-ingredient-qui-s-est-discretement-invite-a-notre-table_1810783_3244.html

Nanoparticules : l'ingrédient qui s'est discrètement invité à notre table

Le Monde.fr | 31.12.2012 à 10h33 • Mis à jour le 31.12.2012 à 10h36Par Angela Bolis

Le plus grand brouillard règne, aujourd'hui, sur le paysage des nanoparticules dans le champ alimentaire. Même si la situation est amenée à s'éclaircir avec l'adoption par la France, dès le 1er janvier 2013, d'une obligation de déclaration des produits qui en contiennent. Alors que la régulation et la transparence concernant les nanomatériaux sont encore balbutiantes, peut-on d'ores et déjà en retrouverdans notre assiette ?

Lire : "La France oblige les industriels à déclarer les nanoparticules dans leurs produits"

Il y a de multiples moyens, pour une nanoparticule, de pénétrer dans notrealimentation. Et en premier lieu, de manière fortuite. Elles sont en effet utilisées dans des domaines extrêmement variés – pneus, crèmes solaires, panneaux photovoltaïques, etc. – et peuvent donc être relâchées dans la nature. Elles sont aussi utilisées dans l'agriculture, par exemple dans certains pesticides. Or, des chercheurs ont montré que des plants de soja pouvaient par exemple absorber, jusque dans leurs haricots, des nanoparticules d'oxyde de zinc présentes dans des produits cosmétiques, selon the Environmental magazine.

DÉJÀ DANS LES EMBALLAGES ET LES ADDITIFS ALIMENTAIRES

Mais elles sont aussi, et de plus en plus, présentes dans le secteur alimentaire pour les innombrables propriétés qu'elles font miroiter – pour les emballages en particulier. Enfin, elles sont directement incorporées dans les aliments via les additifs alimentaires. La silice par exemple. Selon le ministère de l'agriculture"des produits à l'échelle nanométrique sont utilisés depuis de nombreuses années enEurope et en France dans les aliments courants : la silice, autorisée au niveau européen depuis des années, est produite sous forme nano comme additif anti-agglomérant".

Or, cet ingrédient – noté E 551 sur les emballages, par exemple dans des sauces tomates et vinaigrées – n'est pas identifié comme "nano", notait l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, devenue Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) dans un rapport de 2008 (PDF). Car l'organisme européen en charge des additifs alimentaires considère qu'il n'est pas conçu comme un nanomatériau visant à obtenir des propriétés bien spécifiques, différentes de celles de son cousin aux particules plus grandes. D'après lui, d'ailleurs, "il n'y a pas d'additifs alimentaires produits par les nanotechnologies". Néanmoins, note l'Anses, "il fautsouligner que les agrégats et agglomérats de SAS [silices amorphes synthétiques] doivent être considérés comme des entités nano-structurées".

En Europe, les nanomatériaux conçus intentionnellement pour l'industriealimentaire sont encore assez marginaux, et plutôt au stade de recherche & développement. Aux Etats-Unis par contre, une étude publiée par Environmental Science & Technology montre qu'ils ont déjà fait leur entrée dans les garde-manger : un Américain consommerait chaque jour des nanoparticules de dioxyde de titane, utilisées comme colorant blanc (E171) dans de nombreux dentifrices et aliments – en particulier les friandises, comme les chewing-gums Trident, les M&M's ou les Mentos. Du coup, les enfants y sont encore plus exposés. 

DANS QUELS ALIMENTS TROUVE-T-ON DES NANOPARTICULES ?

Les industriels n'étant pas sommés, jusqu'ici, de déclarer les produits contenant des nanoparticules, l'information à ce sujet se fait rare et partielle. S'il existeplusieurs inventaires de ces produits dans le commerce, ils se fondent uniquement sur ce qu'affichent les entreprises – or, l'usage des nanotechnologies est de moins en moins brandi comme argument commercial – sans vérification possible.

Néanmoins, l'inventaire le plus complet est celui du "Project on emerging nanotechnologies" (voir 1), réalisé par le think tank Woodrow Wilson Institute. En 2011, il recensait 1 371 produits dans le monde, dont 367 en Europe. Près d'un sur dix concernait le secteur alimentaire : revêtement intérieur des bouteilles de bière Corona, eau pour femmes enceintes et bébés (de La Posta del Aguila), nombreux compléments alimentaires, vitamines et produits amaigrissants... En France – où l'inventaire se borne à des produits cosmétiques, comme le parfum Coco Mademoiselle de Chanel –, il existe une autre base de données de l'Anses, Nano3... qui n'est pas ouverte au public.

Selon un rapport des Amis de la Terre (PDF) – qui cite aussi de nombreux produits, de la vitamine E soluble de BASF au revêtement intérieur des réfrigérateurs LG Electronics – "beaucoup des plus grandes entreprises de l'industrie alimentaire, dont Nestlé, Unilever et Kraft, font des recherches en nanotechnologies pour la transformation et l'emballage des aliments". D'après l'association, BASF, Cadbury Schweppes, Danone, Mars Inc. ou encore Pepsico font aussi partie des principales firmes qui investissent dans la recherche sur ces nanomatériaux.

DES APPLICATIONS VARIÉES

Les nanoparticules sont à peu près bonnes à tout faire, pour des applications plus ou moins utiles. Dans les emballages alimentaires, elles peuvent servir à barrer la route aux UV, à imperméabiliser un contenant, mais aussi de filtre anti-microbien, d'agent anti-odeurs, de capteur d'humidité... Le nano-aluminium, par exemple, rend le papier aluminium plus réfléchissant et moins collant. De manière générale, noteun rapport de la Food and Agriculture Organization (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elles améliorent "la sûreté, la traçabilité et la durée de conservation des produits alimentaires"

Au sein des aliments, leurs propriétés sont tout aussi variées. Elles peuventrenforcer les arômes ou les effets nutritionnels d'un aliment, et, selon les Amis de la Terre, réduire les graisses et les calories qu'il contient, augmenter le nombre de fibres, de protéines, ou encore de vitamines, changer sa couleur... "La réduction à l'échelle nanométrique des substances bioactives améliorerait aussi l'acceptation, l'absorption et la biodisponibilité dans l'organisme", notent la FAO et l'OMS.

UNE INFORMATION RARE

Malgré toutes ces promesses et cette "entrée silencieuse dans l'alimentation" des nanoparticules, les identifier et les recenser relève toujours du casse-tête. Dans un rapport de 2009, l'ex-Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, fusionnée avec l'Afsset pour devenir l'Anses) constatait par exemple qu'il n'était "pas possible d'identifier les produits commercialisés relevant des nanotechnologies à partir de notifications ou d'autorisations existantes en l'état actuel de la réglementation dans le champ alimentaire". Et que, "considérant ces incertitudes, l'agence, de même que d'autres instances internationales, a conclu à l'impossibilité d'évaluer l'exposition du consommateur et les risques sanitaires liés à l'ingestion de nanoparticules".

Face à ces lacunes, les initiatives se multiplient pour renforcer l'expertise dans ce domaine : mise en place d'un groupe de travail permanent à l'Anses en novembre,création d'une plateforme de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) en décembre... Avec parfois un succès mitigé pour gagner la confiance du public : en mai dernier, l'Allemagne annonçait le lancement d'une étude d'une ampleur sans précédent sur les dangers des nanoparticules sur la santé humaine, afin d'établir, si besoin est, des seuils maximaux d'exposition. Elle l'a confiée à la firme BASF, géant de la chimie, en pointe dans le secteur des nanotechnologies.

Alors que la Commission européenne prône une approche au cas par cas pour évaluer les risques des nanomatériaux, le Centre d'analyse stratégique françaisrelève, dans une note de novembre 2011, que "selon certaines études, près de cinquante ans seraient nécessaires uniquement pour tester la toxicité de tous les nanomatériaux actuels ; les tests sur seulement deux mille substances par an pourraient coûter 10 milliards de dollars, et nécessiteraient le sacrifice d'un nombre considérable d'animaux de laboratoire chaque année".

SOUPÇONS SUR LES RISQUES POUR LA SANTÉ HUMAINE

La première question qui se pose est celle de l'infiltration, au fin fond de notre corps, des nanoparticules que l'on mange. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Selon l'Afssa"le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs pérégrinations à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."

La seconde question est celle de l'effet de ces nanoparticules sur notre santé. Question complexe, et jusqu'ici, pas entièrement résolue. En effet, selon Eric Gaffet, directeur de recherche au CNRS, "il est difficile de généraliser sur la toxicité des nanoparticules, car elle dépend de divers paramètres : leur taille, leur morphologie, leur composition chimique... Il suffit qu'un paramètre change pour que leur toxicité change."

Du côté des nanoparticules de silice par exemple, l'Afsset cite des études montrant que, si elles ne semblent ni cancérogènes ni génotoxiques, elles produisent un effet sur nos cellules : "L'interférence avec [certains constituants cellulaires] peut mener à un dysfonctionnement de la division cellulaire et perturberle trafic cellulaire." Une autre étude publiée en 2012 dans Toxicological Sciences a testé l'effet du nano-argent in vitro et in vivo, injecté dans le sang de rats. Conclusion : les nanoparticules ont été retrouvées jusque dans le noyau des hépatocytes, des cellules du foie, et sont hautement cytotoxiques (altérant des cellules) dans cet organe vital. "Cette étude présente des preuves de la toxicité et du caractère inflammatoire potentiel des nanoparticules d'argent dans le foie, après ingestion."

Angela Bolis

Petit tour d'horizon des nanoparticules

 

Les nanoparticules existent dans la nature – dans les éruptions volcaniques par exemple, ou encore sous les pattes du gecko, qui s'accroche à toute surface. Elles peuvent aussi naître de l'activité humaine – comme les particules fines, issues par exemple de la combustion dans les moteurs diesel. Enfin, il y a les nanoparticules manufacturées, intentionnellement créées par l'homme, et dont il est question ci-dessus.

 

Elles se définissent par leur taille : nano, comme nanomètre, soit un milliardième de mètre. Pour avoir un ordre de grandeur, l'ADN fait 2,5 nanomètres de largeur, un cheveu humain environ 80 000 nanomètres d'épaisseur. Il y a autant de différences entre une nanoparticule et une orange qu'entre une orange et la Terre.

 

Ce changement d'échelle n'est pas anodin : le même matériau, à échelle nanométrique et macroscopique, présente des propriétés et des comportements différents. Exemple : le carbone est friable dans une mine de crayon, mais plus résistant que l'acier quand il est sous forme de nanotubes. L'or, sous forme "nano", devient rouge. Surtout, les nanomatériaux sont divisés en beaucoup plus de particules, et présentent une "surface spécifique" – soit une superficie réelle – bien plus importante, ce qui génère une plus grande réactivité à l'environnement.

Une "nouvelle révolution industrielle" ?

Les nanotechnologies sont en plein boom : selon la Commission européenne, les produits qui en découlent devraient connaître une croissance de leur valeur de 200 milliards d'euros en 2009 à deux billions d'euros en 2015. En 2010-2015, elles concerneraient l'emploi de 2 millions de personnes, selon une estimation de la National Science Foundation. Pour les seules applications alimentaires, la valeur du marché atteindrait 4,4 milliards d'euros en 2012, selon la FAO et l'OMS.

 

Pour l'Ineris"de telles perspectives éveillent l'émulation et justifient le soutien des pouvoirs publics". L'UE, par exemple, a investi 3,5 milliards d'euros entre 2007 et 2013 pour les nanotechnologies. Une note stratégique du gouvernement fin 2011, qui parle de "nouvelle révolution industrielle", notait que dans le monde, les gouvernements investissent 10 milliards d'euros par an dans cette recherche. Les Etats-Unis sont en tête, suivis par le Japon et l'Allemagne, mais aussi "de nouveaux entrants particulièrement dynamiques tels que la Chine, la Corée du Sud ou la Russie".
 
lire aussi :
Débat autour des nanotechnologies

30/12/2012

Abeilles et lobbying des firmes agrochimiques

Lire l'article "les abeilles et les nouveaux pesticides" paru dans le Monde daté du 30/12/2012, page 12,

et aussi :

Abeilles : la faillite de l'évaluation des pesticides

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/abeilles-la-faillite-de-l-evaluation-des-pesticides_1731092_3244.html

LE MONDE | 09.07.2012 à 15h11 • Mis à jour le 09.07.2012 à 18h04 Par Stéphane Foucart

Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'être interdit par la France sur le colza, une décision attaquée par son fabricant, Syngenta.

Cette défaillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'évaluation ont été remis à jour en 2010, c'est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs passé à peu près totalement inaperçu...

DES "FAIBLESSES MAJEURES"

Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l'EFSA a mandaté un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l'agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits "systémiques" – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols –, qui imprègnent l'ensemble de la plante au cours de son développement.

De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis...

"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.

Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées.

Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit.

En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille...

Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes.

DE "GÉNÉREUX SPONSORS"

Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont élaborés ces protocoles de test suspectés de grave myopie ? "En 2006, nous nous sommes posés, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment étaient homologuées au niveau européen les substances que nous suspectons d'être la cause principale du déclin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole européenne. En lisant les annexes de la directive européenne sur les phytosanitaires, nous avons remarqué que les lignes directrices de ces tests étaient notamment édictées par l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes [EPPO]." D'autres lignes directrices sont édictées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et sont complémentaires de celles de l'EPPO.

Celle-ci est une organisation intergouvernementale d'une cinquantaine d'Etats membres, basée à Paris"La question des abeilles est une toute petite part de notre activité", déclare Ringolds Arnitis, son directeur général. N'ayant pas d'expertise en interne, l'EPPO délègue à une autre structure – l'International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) – le soin d'élaborer les éléments de base de ces fameux tests standardisés.

L'ICPBR, quant à elle, est une structure quasi informelle créée en 1950 et domiciliée à l'université de Guelph (Canada). "Lorsque nous avons appris que cette organisation se réunissait pour réformer les fameux tests standardisés, nous nous sommes rendus à la conférence, raconte Mme Kievits. C'était à Bucarest, en octobre 2008."

La petite délégation de trois apiculteurs assiste donc à la réunion. Première surprise, raconte Janine Kievits, "les discussions commencent par une allocution pour remercier les généreux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont". Contacté par Le Monde, le groupe de travail de l'ICPBR sur la protection de l'abeille confirme le soutien financier des principaux fabricants de pesticides. Mais ajoute que la source principale de financement était les frais de participation à la conférence. Et que "sans ces financements extérieurs, le montant des frais de participation aurait été plus élevé", empêchant ainsi "une participation maximale de délégués non issus de l'industrie".

"C'ÉTAIT À TOMBER MORT !"

Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. "Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque présenté revenait à définir un produit comme 'à bas risque' dès lors que l'abeille n'est pas exposée à la "dose létale 50" chronique [qui tue 50 % d'une population exposée sur une longue période]. Donc le produit est 'à bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'était simplement incroyable. C'était à tomber mort !"

Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilité d'envoyer des commentaires, dans l'espoir de fairechanger les recommandations finales du groupe de travail. "Nous avons adressé nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n'a été retenu", explique Mme Kievits. Ces mêmes critiques ont été adressées, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l'EPPO. Aucune n'a répondu, à l'exception de l'Agence suédoise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux écotoxicologues de l'agence scandinave disent adhérer "pleinement " aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs...

Pourquoi l'ICPBR n'a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? "Les recommandations finales du groupe sont basées sur une approche de consensus, avec l'obtention d'un accord en séance plénière", explique-t-on à l'ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l'organisation entre les mains de l'industrie. Car l'ICPBR est ouverte à toute participation et les firmes agrochimiques y sont très représentées. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l'abeille, trois étaient salariés de l'industrie agrochimique, une était ancienne salariée de BASF et une autre future salariée de Dow Agrosciences.

CONFLITS D'INTÉRÊTS

Au cours de sa dernière conférence, fin 2011 à Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont été constitués sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous dominés par des chercheurs en situation de conflits d'intérêts. La participation d'experts employés par des firmes agrochimiques ou les laboratoires privés sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. Les autres membres sont des experts d'agences de sécurité sanitaires nationales ou, plus rarement, des scientifiques issus de la recherche publique. Les fabricants de pesticides jouent donc un rôle déterminant dans la conception des tests qui serviront à évaluer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.

En 2009, quelques mois après la conférence de Bucarest, les recommandations finales de l'ICPBR sont remises à l'EPPO. Mais avant d'être adoptées comme standards officiels, elles sont soumises à l'examen d'experts mandatés par chaque Etat membre de l'EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d'intérêts ? Sont-ils compétents ? Impossible de le savoir"La liste de ces experts n'est pas secrète : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n'est pas rendue publique", précise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adoptées par les Etats membres de l'organisation et publiées dans EPPO Bulletin.

Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l'expert représentant ce pays, issu du ministère de l'agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur...

Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une écotoxicologue de la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'agriculture) – qui représente la France à l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employée par l'agrochimiste Dow Agrosciences.

Stéphane Foucart

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voir aussi le fichier joint :

afssa_mortalite_abeilles.pdf

28/12/2012

Une seule solution : la révolution !

Par exemple, la révolution par les urnes, en présentant des liste "citoyennes" aux prochaines élections.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/un-quart-de-la-population-europeenne-est-menacee-par-la-pauvrete_1811121_3234.html

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Un quart de la population européenne est menacée par la pauvreté

LE MONDE | 28.12.2012 à 12h09 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h12 Par Claire Gatinois

Pour évoquer la situation des pays les plus frappés par la crise de la zone euro, personne n'ose encore employer le terme si angoissant de "dépression", utilisé pendant la crise des années 1930. Pourtant la situation de milliers de Grecs, d'Espagnols, d'Irlandais, de Portugais ou d'Italiens a pris des allures de plus en plus dramatiques.

La récession parfois interminable (cinq années en Grèce), cumulée à un chômage de masse (plus de 25 % en Grèce et en Espagne, plus de 15 % au Portugal) et couplée aux mesures d'austérité réduisant la taille de l'Etat providence, ont fait émerger une nouvelle forme de pauvreté.

 

Celle-ci est perceptible au travers de petites privations mais aussi, souvent, de véritables sacrifices. Les Espagnols ont réduit les budgets de Noël. Nombre d'entre eux ont aussi renoncé, dans des proportions record, à l'usage du téléphone portable : au total, 486 000 lignes ont été interrompues, et leur nombre a chuté de 3,8 % sur un an, rapportait l'agence Reuters, mi-décembre.

Avec un chômage qui frappe plus de la moitié des actifs de moins de 25 ans, les jeunes Espagnols sollicitent de plus en plus leurs aînés pour s'en sortir financièrement. Tandis que les plus âgés ont recours aux associations caritatives, débordées en cette fin d'année.

Le 14 décembre, le quotidien El Pais se faisait l'écho d'un rapport publié par l'association Intermon Oxfam ("Crisis, desigualdad y pobreza"), mettant en garde contre le risque de paupérisation grandissante du pays.

EXCLUSION SOCIALE

Selon cette étude, d'ici à 2022 40 % – deux Espagnols sur cinq ! –, seront en situation d'exclusion sociale. Un "niveau si élevé qu'il faudrait deux décennies pour que le pays retrouve le niveau de bien-être d'avant crise", signalait le journal.

Dans le pays, la consommation de produits alimentaires bon marché conduit à une montée de l'obésité, tandis que chez le voisin portugais, 10 385 écoliers de 253 écoles publiques souffrent de carences alimentaires, s'affolait en novembre le Jornal de Angola. Un quotidien lu à Luanda, capitale de l'ancienne colonie portugaise, où émigrent de plus en plus de Portugais pour fuir la crise.

En Grèce, selon un rapport l'institut de statistique européen Eurostat, publié le 3 décembre, près d'un tiers des Grecs (31 %) seraient en "situation de privation matérielle sévère", menacés de pauvreté ou d'exclusion. C'est-à-dire vivant avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian national, et/ou incapables de payer les factures de la vie courante, comme, par exemple, le chauffage.

Avec la réduction des dépenses de santé, une part croissante de la population grecque n'a plus d'assurance-maladie. Tandis que les faillites et le chômage font basculer certains dans la dépression ou la misère.

NOUVELLES PATHOLOGIES

Depuis deux ans, les médecins de Thessalonique ont vu apparaître de nouvelles pathologies liées à la malnutrition des enfants. Et dans tout le pays, des maladies oubliées font leur retour, comme le paludisme ou la tuberculose (Le Monde du 27 novembre).

Dans le pays, l'arrivée des premiers frimas s'est traduit par des vols de bois recensés jusque dans la forêt protégée du mont Olympe...

Pour Eurostat, le danger est plus prégnant dans les pays du Sud de l'Europe, mais il affecte l'ensemble du Vieux Continent. En 2011, près de 120 millions de personnes seraient en situation de privation ou menacées de pauvreté ou d'exclusion, soit 24,2 % de la population des 27 pays membres, contre 23,4 % en 2010 et 23,5 % en 2008.

La France, plutôt épargnée par le fléau (19 % en risque de pauvreté d'exclusion ou en situation de privation) est, elle, gagnée par la peur. Le 7 décembre, le quotidien Les Echos dévoilait les résultats édifiants d'un sondage réalisé par CSA : près d'un Français sur deux (48 %) se déclaraient "pauvre" ou "en train de le devenir".

Lire aussi : Ces dangers qui guettent la zone euro en 2013

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/ces-dangers-qui-guettent-la-zone-euro-en-2013_1811120_3234.html

LE MONDE | 28.12.2012 à 11h52 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h11 Par Claire Gatinois

Il y a ceux qui pronostiquaient sa mort. D'autres sa déliquescence. Ceux qui misaient sur la sortie manu militari de la Grèce ("Grexit") pour cause de surendettement. Et puis ceux qui évoquaient, pour des raisons totalement opposées, une sortie de la Finlande ("Fixit"). Rien de tout cela ne s'est passé en 2012. La zone euro est restée debout. Les drames ont été surmontés. Parfois in extremis.

Aujourd'hui, la plupart des économistes et des analystes, y compris anglo-saxons, à tendance eurosceptique, estiment que le grand danger qui menaçait la survie de l'union monétaire s'est éloigné.

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Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), y est pour beaucoup. Ses mots durant l'été – "l'euro est irréversible" – et, surtout, la menace d'utilisation d'une arme monétaire dissuasive (le rachat sans limite de dettes d'Etat) qu'il a brandie ont déjoué la spéculation.

Les dirigeants européens, en démontrant leur attachement à la Grèce, leur solidarité financière et en jetant les bases de l'union bancaire, ont aussi apaisé le climat.

Mais si elle est sortie de la tempête, la zone euro n'est pas, pour autant, tirée d'affaire. En 2013, pas plus qu'en 2012, la croissance ne sera au rendez-vous. La récession restera ancrée dans les pays fragiles et contaminera toute la zone, frappant même les pays robustes comme l'Allemagne, où deux trimestres de croissance négative sont attendus fin 2012 et début 2013.

En cause, notamment, les politiques d'austérité, qui, bien que de plus en plus assouplies, empêchent l'activité de repartir. Pour désendetter les Etats, l'effort budgétaire "structurel" (c'est-à-dire corrigé de l'effet du cycle économique) reste estimé l'année prochaine à plus d'un point de produit intérieur brut (PIB) pour l'ensemble de la zone euro. Avec des pics en Espagne (2 points de PIB) et en France (1 point), calcule Laurence Boone, économiste chez Bank of America-Merrill Lynch.

"On est sauvés mais on le paie cher", résume Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

De l'avis des experts, la croissance, espérée fin 2013, ne pourra venir que d'ailleurs. Des Etats-Unis notamment. Sous réserve que ce pays parvienne à surmonter ses propres blocages et difficultés budgétaires.

En outre, si l'euro n'est plus menacé de disparition imminente, certains pays membres pourraient encore donner lieu à quelques sueurs froides en 2013.

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LES HÉSITATIONS ESPAGNOLES

L'Espagne est la première source d'incertitudes et de stress évoquée par la plupart des économistes. Selon eux, le pays, englué dans la récession et le chômage de masse, aura du mal à se sortir de ses difficultés sans faire appel à l'aide financière de l'Europe et de la BCE.

Les analystes sont peu nombreux à imaginer que le pays puisse atteindre ses objectifs de réduction des déficits ; ils redoutent aussi de mauvaises surprises de la part des régions espagnoles, largement responsables du dérapage budgétaire de 2011.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) donne le sentiment de retarder au maximum cet appel à l'aide pour préserver son intégrité et ne pas se voir imposer des réformes par Bruxelles.

"Le risque, c'est que l'Espagne attende trop", pointe Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. Dès janvier, le pays doit rembourser 21 milliards d'euros d'intérêt et d'emprunts arrivant à échéance, indique-t-il. Et pour cela Madrid fera appel au marché.

Si les investisseurs doutent de la solidité financière de l'Espagne, cette opération pourrait mal se passer. "Et les négociations du plan de soutien pourraient se faire à la hussarde", redoute M. Moëc.

LA MENACE "BERLUSCONI"

Pour Roberto Benigni, acteur facétieux de La vie est belle, la fin du monde "pronostiquée" le 21 décembre était une broutille face à la menace du retour en politique de Silvio Berlusconi. "Pitié !", a-t-il imploré à la télévision italienne fin décembre.

Les investisseurs et les dirigeants européens ne sont pas loin de penser comme lui. Si la fin du monde n'a pas eu lieu, la candidature du "Cavaliere", voire sa victoire, aux élections législatives, prévues les 24 et 25 février, reste une hypothèse. Une mauvaise nouvelle car M. Berlusconi tient un discours anti-euro, anti-Allemagne et pourrait compromettre les réformes engagées par Mario Monti, actuel président du conseil.

Aujourd'hui, même si une victoire de M. Berlusconi, peu apprécié de la communauté internationale, semble improbable, son score pourrait perturber la bonne marche du prochain gouvernement. Et compliquer le redressement espéré de l'Italie.

LA FRANCE SOUS SURVEILLANCE

L'Hexagone ne sera sans doute pas la "bombe" que prévoyait l'hebdomadaire britannique The Economist en novembre. Mais la France, jusqu'ici plutôt épargnée par la crise et étrangement appréciée des marchés – le taux des emprunts d'Etat est historiquement bas en dépit d'un déficit et d'une dette élevés –, doit encore démontrer sa solidité économique et financière.

Paris doit poursuivre les réformes engagées (pacte de compétitivité) pour éviter que le possible dérapage des comptes publics – selon le Fonds monétaire international (FMI), l'objectif d'un déficit à 3 % du PIB en 2013 ne sera pas tenu – ne suscite l'agacement de Bruxelles et la nervosité du marché.

Assouplir le marché du travail fait partie des dossiers qui, selon certains économistes, faciliteront la croissance à venir. Le résultat des négociations entre le patronat et les syndicats sera donc scruté. "Pour l'instant, la France a le bénéfice du doute. Mais elle n'a pas droit à l'erreur", pense M. Moëc.

LE DÉFI DU PORTUGAL ET CELUI DE L'IRLANDE

L'Irlande et le Portugal, deux pays sous assistance financière de l'Europe et du FMI, sont censés faire leur grand retour sur le marché de la dette fin 2013 pour financer seuls leurs déficits et retrouver leur totale indépendance.

Mais si Dublin semble en bonne voie pour relever le défi, le cas de Lisbonne suscite plus d'interrogations. Sa discipline à mettre en place les mesures d'austérité et les réformes exigées n'a pas toujours été payante. La dette reste pléthorique et la récession se prolonge.

Le Portugal pourrait donc avoir recours au soutien de la BCE et du Mécanisme européen de stabilité pour sécuriser son retour sur le marché. A moins que l'Europe et le FMI ne lui accordent plus de temps pour remplir tous ses objectifs.

LE RISQUE SOCIAL GREC ET L'ÉPINE CHYPRIOTE

En 2013, la Grèce ne sera plus "le" problème de la zone euro. La rallonge financière accordée par les Européens fin 2012 a en effet donné assez d'air au pays.

Mais il y a un mais. Une longue liste de réformes et d'économies budgétaires à réaliser interviendra cette année. Or, après cinq ans de récession, la population grecque, à bout, pourrait "craquer". Et faire voler en éclats le gouvernement ouvrant la voie à la montée de partis extrêmes.

Et si ce n'est la Grèce, c'est son voisin chypriote qui pourrait préoccuper les dirigeants européens. Ruiné, le petit pays ne peut plus emprunter sur les marchés depuis la mi-2011.

Après un prêt de la Russie, une aide de l'Europe et du FMI est attendue. Les négociations sur les conditions de ce soutien semblent délicates avec le gouvernement chypriote communiste. Elles devraient, espère-t-on, aboutir d'ici à la réunion de l'Eurogroupe programmée le 21 janvier.

L'Église de scientologie "organisation criminelle"

... en Belgique ...

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/l-eglise-de-scientologie-organisation-criminelle-va-comparaitre-devant-la-justice-belge-28-12-2012-1606638_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20121228

L'Église de scientologie, "organisation criminelle", va comparaître devant la justice belge

le Point publié le 28/12/12 à 12h35

source AFP

Une enquête au long cours a abouti à des citations à comparaître des responsables belges de ce mouvement. 

Le parquet fédéral belge a décidé de citer en justice l'Église de scientologie, qu'il soupçonne depuis de longues années d'être une "organisation criminelle" coupable notamment d'escroquerie et d'exercice illégal de la médecine, a rapporté vendredi la presse belge. Selon le journal néerlandophone De Tijd et son équivalent francophone L'Écho, le parquet fédéral vient d'envoyer des "citations à comparaître" aux responsables belges de l'Église de Scientologie, après plus de six ans d'enquête.

 
 

Les porte-parole du parquet et de l'Église de scientologie n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour confirmer l'information. Selon les deux quotidiens, l'organisation et deux de ses hauts cadres devront également répondre d'infractions diverses à la loi sur la protection de la vie privée et d'extorsion. Il s'agit d'une nouvelle étape d'une enquête ouverte après que l'Office régional bruxellois pour l'emploi a fait part à la justice de soupçons de faux en écriture et d'escroquerie dans des contrats de travail de bénévoles et de salariés, selon le Tijd et L'Écho.

"Mauvaise foi"

Le 11 avril 2008, la police belge avait perquisitionné, puis mis des scellés sur le siège de l'Église de scientologie à Bruxelles dans le cadre de ce dossier. La télévision belge avait alors diffusé un reportage sur des offres d'emplois anonymes, émanant en fait de l'Église de scientologie. Selon le témoignage d'une personne ayant répondu à une de ces offres parues dans la presse, un contrat lui a été alors présenté dans lequel elle était priée d'"adhérer" aux vues des scientologues.

L'Église de scientologie, qui récuse l'appellation de secte, avait alors dénoncé la "mauvaise foi" de la justice belge. Une de ses dirigeantes, Myriam Zonnekeyn, avait affirmé qu'il ne s'agissait que d'une recherche de "bénévoles". Les scientologues belges font déjà l'objet de poursuites pénales dans une affaire d'escroquerie et d'exercice illégal de la médecine, dont l'origine remonte aux années 1990. Mais ces enquêtes n'ont jusqu'ici pas abouti à un procès en Belgique.

27/12/2012

Prospérité et optimisme

lu sur :

http://www.lepoint.fr/art-de-vivre/la-ou-la-vie-est-vraiment-belle-26-12-2012-1606115_4.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20121227 

Le Point.fr - Publié le 26/12/2012 à 17:21 - Modifié le 27/12/2012 à 08:26

L'institut Gallup publie une enquête censée déterminer le niveau d'optimisme dans chaque territoire. Préparez vos valises. 

Où faut-il se rendre pour voir la vie en rose ? D'après une enquête de Gallup (1) sur "l'état émotionnel du monde" rendue publique fin décembre, c'est en Amérique latine que l'on trouve les personnes les plus heureuses de la planète. Panaméens, Équatoriens et autres Guatémaltèques trustent les 10 premières places du classement du bonheur établi par l'institut américain.

 
 

Pour mener leur enquête, les chercheurs de Gallup ont sondé 150 000 adultes dans 148 États. Les panels d'habitants interrogés devaient dire si, la veille de l'entretien, ils avaient souri ou ri, s'ils avaient eu le sentiment d'être traités avec considération, s'ils avaient ressenti de la joie ou encore s'ils avaient découvert ou fait quelque chose d'intéressant. Pas sûr que la méthode soit des plus scientifiques, mais le nombre de réponses positives est censé déterminer le niveau d'optimisme dans chaque territoire.

Morale de l'histoire, les citoyens des pays les plus prospères ne sont pas forcément ceux qui ont le sourire. Comme le relève Gallup, "les résidents de Singapour, classés cinquièmes au niveau mondial en termes de PIB par habitant, sont ceux qui expriment le moins d'émotions positives". Avec seulement 46 % de "oui" au questionnaire, la cité-État asiatique "devrait davantage prendre en compte le bien-être dans sa stratégie de gouvernance", recommande le rapport. À l'inverse, les habitants du Panamá, pourtant pas un paradis d'opulence, sont les mieux dotés en émotions positives (85 %).

Heureux comme Dieu en France

Et chez nous, alors ? Réputée accro aux anxiolytiques, Prix Nobel du pessimisme selon plusieurs études, la France ne s'en sort pas si mal. Avec 74 % de "oui", l'Hexagone pointe à la 51e place du classement. Certes, loin derrière les Pays-Bas, l'Irlande ou le Danemark, mais à égalité avec l'Allemagne. Pour une fois, ne boudons pas notre plaisir.

(1) http://www.gallup.com/poll/159254/latin-americans-positive-world.aspx?utm_source=alert&utm_medium=email&utm_campaign=syndication&utm_content=morelink&utm_term=Wellbeing#1

La carte des 20 pays les plus positifs, selon Gallup : afficher Gallup sur une carte plus grande Click here to find out more!

24/12/2012

L'EPR d'EDF en Grande Bretagne aussi ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/17/edf-joue-l-avenir-de-l-epr-au-royaume-uni_1807329_3234.html

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EDF joue l'avenir de l'EPR au Royaume-Uni

LE MONDE ECONOMIE | 17.12.2012 à 11h26 • Mis à jour le 17.12.2012 à 15h46 Par Eric Albert, Bridgwater (Royaume-Uni)

Keep calm and carry on. "Rester calme et continuer, comme si de rien n'était" : l'affiche, en larges lettres blanches majuscules sur un simple fond rouge, devait être utilisée par les autorités britanniques en cas d'invasion nazie pendant la seconde guerre mondiale.

Récemment retrouvée dans les Archives nationales, elle est devenue très populaire auprès des Britanniques, qui en ont fait un slogan de temps de crise. Vincent de Rivaz, le patron d'EDF Energy, la filiale de l'électricien français au Royaume-Uni, en a aussi fait son leitmotiv. "Je m'en sers tous les jours", assure-t-il.

Voilà près d'une décennie, il est vrai, qu'il lutte pour pouvoir construire des centrales nucléaires outre-Manche, abritant notamment des réacteurs de troisième génération ou EPR. Et les obstacles ne manquent pas. Au fil des ans, ils se sont même multipliés : la crise financière de 2008, le tsunami puis la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars 2011 ; plus récemment enfin, le très sérieux dérapage du coût de la centrale EPR de Flamanville (Manche)...

M. de Rivaz s'approche aujourd'hui d'un moment crucial. Dans les semaines qui viennent, au pire dans quelques mois, l'électricien français dira s'il se lance dans la construction de deux centrales à Hinkley, dans le Somerset (sud-ouest du Royaume-Uni), suivies potentiellement par deux autres à Sizewell, dans le Suffolk (est du pays). Un pari gigantesque - à 15 milliards d'euros au moins - et essentiel pour l'avenir du groupe, qui sera rentabilisé sur trente ans et exploité pendant soixante.

EPR SEMBLE MAL EN POINT

Un défi aussi, car la technologie EPR semble mal en point depuis qu'EDF a admis que le coût du chantier de Flamanville allait atteindre 8,5 milliards d'euros, deux fois et demie les estimations initiales. Une annonce d'autant plus dommageable que l'autre EPR, construit en Finlande, connaît des déboires similaires.

Seules deux centrales de cette catégorie qui sont en construction en Chine suivent le calendrier et le budget prévus. Un succès de l'électricien français au Royaume-Uni pourrait être la dernière chance pour cette technologie. "L'avenir de l'EPR est en jeu", reconnaît M. de Rivaz. Et les experts confirment. "Le Royaume-Uni offre la possibilité de construire plusieurs EPR, d'industrialiser le processus. C'est d'une importance capitale. Les Chinois et les Sud-Coréens ont prouvé qu'ils pouvaient le faire, pas les Français", estime Tony Ward, d'Ernst & Young.

Au-delà des enjeux technologiques, c'est la rivalité avec l'Asie qui se joue. D'un côté, l'Europe semble se retirer du nucléaire : l'Allemagne, l'Italie et la Suisse notamment ont annoncé y renoncer, après Fukushima. De l'autre, la Chine construit vingt-cinq centrales. Si la plupart sont de conception occidentale, c'est en train de changer : les groupes chinois acquièrent peu à peu la maîtrise technique de la construction.

Cette nouvelle concurrence est prise très au sérieux par M. de Rivaz. Les entreprises occidentales, françaises en tête, ont été leaders sur ce marché depuis quarante ans. Est-ce le tour des chinoises ? "La place de l'industrie française dans le monde est en question", reconnaît M. de Rivaz.

Pour les pronucléaires, le Royaume-Uni est devenu un pays-clé, l'un des seuls en Europe à ne pas avoir changé de cap après Fukushima. L'équation énergétique locale en est la cause : le pays a un parc vieillissant de centrales à charbon et à gaz. Pour atteindre ses objectifs environnementaux, il doit vite les remplacer par des sites à technologies "propres".

L'ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE NE PRODUIT PAS SUFFISAMMENT

Pourtant, l'électricité renouvelable, notamment éolienne, ne produit pas suffisamment régulièrement. "Les Britanniques sont pragmatiques, explique Ian Liddell-Grainger, le député conservateur de la circonscription où se trouve Hinkley. Ce qui nous préoccupe, c'est la sécurité d'approvisionnement. Nous avons besoin d'une base de production fiable : si ce n'est pas le nucléaire, ce sera le gaz ou le diesel, ce qui serait polluant."

Par ailleurs, dans un pays où le nucléaire fait l'objet d'un quasi-consensus politique - travaillistes et conservateurs sont pour -, les "anti" sont restés presque inaudibles après Fukushima. Quant au parti libéral-démocrate, le seul traditionnellement opposé à cette technologie, il ne peut pas s'exprimer sur ce dossier depuis qu'il est entré au gouvernement : dans l'accord de coalition avec les tories, il s'est engagé à ne pas bloquer les nouvelles centrales.

Pour autant, le projet d'EDF rencontre d'énormes difficultés, essentiellement financières. Le calendrier est sans cesse repoussé. Initialement prévue pour 2011, puis pour fin 2012, la décision d'investissement à Hinkley ne sera prise que début 2013, peut-être seulement en avril. "On n'est pas à une semaine ou un mois près", tente de relativiser M. de Rivaz, cachant mal une pointe d'agacement. Du coup, la mise en service de la centrale, prévue initialement pour fin 2017, a "ripé" "à la première partie de la prochaine décennie".

EDF a pourtant mis toutes les chances de son côté. La stratégie d'attaque au Royaume-Uni a commencé en 2003. A l'époque, M. de Rivaz était déjà à Londres, à la tête de centrales électriques conventionnelles. "Le Livre blanc sur l'énergie a été publié, et il ne donnait aucun avenir au nucléaire. Je me suis dit que ce n'était pas possible", dit-il. Mais un gros travail de lobbying a abouti, en 2006, à un demi-tour spectaculaire du premier ministre Tony Blair, pour qui le fait que le nucléaire n'émette pas de gaz à effet de serre changeait la donne.

Fort du soutien de l'Etat, EDF part alors à l'assaut de British Energy, la société qui exploite les centrales britanniques. L'acquisition est conclue en 2008 pour 15 milliards d'euros. Outre quinze réacteurs en activité, cet achat permet de mettre la main sur Hinkley et Sizewell, deux terrains parfaits pour y construire un EPR.

L'ÉLECTRICIEN A MIS LE PAQUET

Depuis, 800 personnes travaillent au projet des nouvelles centrales. EDF y a déjà englouti plusieurs centaines de millions d'euros. Avec quelques succès : le concept de l'EPR vient d'être avalisé par l'autorité locale de sûreté, et le permis de construire est sur le point d'être accordé.

Sur le terrain, l'électricien a mis le paquet. Les mairies des environs ont été amadouées en leur versant 115 millions d'euros de compensation sous différentes formes. EDF se veut aussi un modèle de transparence. Dans le petit centre commercial de Bridgwater, à proximité de la future centrale, le groupe vient d'ouvrir une antenne entièrement consacrée à la réception d'un public qu'il faut rassurer.

Enfin, les travaux préparatoires ont débuté. Une barrière de six kilomètres a été érigée autour du terrain. L'approvisionnement en eau et électricité est en place. Même les blaireaux qui vivaient dans ce terrain vague ont été pris en charge. Des abris ont été construits spécialement pour eux.

Tout est prêt pour commencer les travaux donc. Tout, sauf le feu vert du groupe. Car il manque un détail, mais de taille : boucler le financement.

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lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/17/la-decision-est-dans-le-bureau-du-ministre_1807330_3234.html

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La décision est dans le bureau du ministre

LE MONDE ECONOMIE | 17.12.2012 à 11h26 • Mis à jour le 17.12.2012 à 15h46 Par Eric Albert (Londres, correspondance)

John Hayes. Le secrétaire d'Etat britannique à l'énergie négocie actuellement pied à pied le coût du mégawattheure (MWh) qu'il est prêt à garantir à EDF Energy, la filiale d'EDF au Royaume-Uni.

Conscient que les centrales électriques sans émission de CO2 (utilisant les énergies renouvelables ou le nucléaire) sont plus chères que celles à gaz ou à charbon, le gouvernement prépare une loi qui garantit un prix fixe à l'électricité "propre". Si le prix de gros de l'électricité y est inférieur, le producteur touchera la différence ; s'il est supérieur, il la remboursera. Le niveau de prix, qui sera différent pour chaque technologie (éolien terrestre, éolien en mer, nucléaire...), est en cours de négociations.

Londres a promis de donner une réponse à EDF Energy d'ici à la fin de l'année. A quel niveau ? Seule certitude, ce sera nettement plus que le prix actuel, qui tourne autour de 50 livres (60 euros) par MWh ; et bien moins que 140 livres (170 euros), prix qui a circulé dans la presse britannique, mais rejeté par EDF comme étant "absurde". Selon le groupe français, l'objectif est de passer sous la barre des 100 livres (125 euros) et de descendre à un niveau de prix similaire à celui des énergies renouvelables les moins chères, comme l'éolien terrestre. Celui-ci tourne autour de 90 livres par MWh, selon le ministère britannique de l'environnement.

EDF Energy "n'y ira pas tout seul"

Mais il n'y a pas que le prix qui est en discussion. La durée de la garantie est essentielle. EDF espère convaincre Londres de signer pour une durée de trente ans, soit environ le point d'équilibre financier de la centrale. Du presque jamais-vu pour un gouvernement.

De son côté, EDF doit prouver que la dérive financière de l'EPR de Flamanville (Manche) ne se reproduira pas. Vincent de Rivaz, le patron d'EDF Energy, a envoyé au gouvernement un coût détaillé du projet pour Hinkley. Il refuse d'en préciser le montant mais assure que le problème de l'EPR normand n'a pas d'impact sur le projet britannique.

Ensuite, une fois qu'il aura un prix garanti, EDF Energy devra trouver des investisseurs pour l'aider à financer le projet. "Il n'est pas question que nous y allions seul", dit M. de Rivaz. Centrica, un groupe britannique de gaz qui possède 20 % de British Energy, a une option pour investir. Mais, échaudé par le coût sans cesse en hausse de l'EPR, il a laissé entendre qu'il y renoncerait probablement. D'autres industriels ont été approchés, mais aucun nom n'est sorti. Enfin, des fonds de pension pourraient être intéressés.

23/12/2012

Décret favorisant le transport routier

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5334

19-12-2012 - Autorisation des poids lourds de 44 tonnes : l'addition est salée

Les poids lourds limités à 40 tonnes ont fini par céder totalement leur place aux 44 tonnes. Concrètement, nous ne verrons pas une grande différence sur nos routes, puisque dès lors qu'un camion possède 5 essieux, son poids autorisé passe automatiquement à 44 t, sans mise à jour technique particulière (comme cela pourrait paraître logique pour ses freins, par exemple). 

En signant le décret d'application (1), le ministre en charge des transports Frédéric Cuvillier, met fin au régime précédent qui limitait la possibilité d'un poids total de 44 t aux seuls poids lourds desservant localement des ports maritimes et fluviaux et/ou transportant certains produits agricoles ou agroalimentaires. Ce faisant, le ministre confère au transport routier un attrait supplémentaire reconnu, face à des modes alternatifs (ferroviaire, fluvial et cabotage maritime) pourtant plébiscités pour leur moindre impact environnemental. 
Outre qu'elle est contraire aux grandes orientations qui avaient été inscrites dans les lois du Grenelle de l’environnement (rappelées par F. Cuvillier à sa prise de fonction ...), cette décision présente un bilan socio-économique globalement négatif. En effet, selon le rapport du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), paru le 11 octobre 2011, les coûts de l’impact sur les chaussées dépassent les gains économiques liés à l’amélioration de la productivité du transport routier, avec un surcoût d’entretien évalué entre 400 et 500 millions annuels. 
Une somme d’autant plus inquiétante, lorsque l'on sait que le budget 2013 dédié à l’entretien du réseau routier national (hors autoroutes) ne permet pas d’assurer le maintien qualitatif des installations existantes. 

Rémy Olivier
1- Il est intéressant de noter que la concertation sur ce texte n’a été réalisée qu’avec les fédérations de transporteurs routiers, premiers bénéficiaires de la mesure, et non les autres parties prenantes que sont les collectivités locales et autres associations de protection de l’environnement (FNE, etc.).

 

22/12/2012

Pérou : la cité de Morococha est en passe de disparaître

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2012/12/21/perou-la-bataille-de-la-mine_1809529_3210.html

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Pérou : la bataille de la mine

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 21.12.2012 à 12h33 • Mis à jour le 21.12.2012 à 15h25 Par Chrystelle Barbier - Lima, correspondance

Nichée à 4 600 mètres d'altitude au coeur des Andes péruviennes dans une vallée noircie par des siècles d'exploitation minière, la cité de Morococha est en passe de disparaître. En l'espace de deux mois, les centaines de familles qui l'habitaient ont fait place à des agents de sécurité armés travaillant pour le géant minier chinois Chinalco, qui compte faire de l'endroit une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert du Pérou.

Premier producteur mondial d'argent, deuxième pour le zinc et le cuivre, troisième pour l'étain, sixième pour l'or, le Pérou est l'un des plus gros fournisseurs de minerais du monde. Le pays est courtisé par les plus grands groupes internationaux, qui investissent des milliards de dollars dans différentes régions des Andes et d'Amazonie.

Dans le cas de Morococha, Chinalco a prévu d'investir 2,2 milliards de dollars (1,66 milliard d'euros), dont 50 millions ont été destinés à bâtir la "nouvelle Morococha", une ville construite à 7 kilomètres de l'ancienne cité, pouvue de services en électricité, eau et assainissement dont certains logements ne bénéficiaient pas jusque-là. Prévue depuis deux ans, la relocalisation de la localité a débuté fin octobre et de nombreux mineurs ont déjà rejoint leur nouveau foyer. Un groupe refuse cependant de déménager tant que l'entreprise chinoise ne se sera pas engagée à donner du travail à tous les habitants. Il critique aussi les conditions dans lesquelles se déroule la relocalisation. Une situation qui a donné lieu, en novembre, à de violents affrontements entre les habitants de Morococha, divisés face au géant minier. 

Source de revenus sans équivalent (les exportations minières représentent plus de 60 % du total des exportations péruviennes), le secteur minier est aussi à l'origine de conflits sociaux, dont le nombre ne cesse d'augmenter au fil des ans. Selon le Défenseur du peuple, un organe de l'Etat chargé de la défense des droits de la population, deux tiers des 150 conflits socio-environnementaux aujourd'hui recensés au Pérou sont liés à l'activité minière.

Dans de nombreux cas, l'entreprise est accusée de polluer ou de mettre en danger les ressources hydriques régionales, comme à Cajamarca (Nord), où des milliers d'agriculteurs s'opposent au projet minier Conga qui prévoit d'assécher des lagunes et de les remplacer par des réservoirs artificiels. Après des mois de manifestations, qui ont fait un mort, le programme financé par l'américain Newmont a été suspendu en cours d'année, mais la tension reste palpable.

Dans les Andes comme dans la jungle, de nombreux Péruviens reprochent aussi aux entreprises minières de ne pas suffisamment participer au développement local. Le gouvernement péruvien espère toutefois calmer les nombreux mécontentements grâce à la loi dite de "consultation des peuples". Le texte, entré en vigueur en avril, prévoit que la population soit davantage informée et consultée sur de possibles projets miniers.

Voir le porfolio.

Sur Lemonde.fr

21/12/2012

ArcelorMittal: la rentabilité de Florange

lu sur :

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/florange-pourquoi-tant-de-mystere-sur-la-rentabilite-du-site_364988.html?xtmc=mittal&xtcr=1

ArcelorMittal: pourquoi tant de mystère sur la rentabilité de Florange ?

 Julie de la Brosse - publié le 13/12/2012 à 19:19, mis à jour le 14/12/2012 à 07:32

Alors que les syndicats affirment que Florange serait l'un des sites les plus rentables d'Europe, la direction continue de garder le secret sur la santé économique réelle des hauts-fourneaux. Un silence troublant.

C'est un document gênant pour la direction d'ArcelorMittal. Mercredi soir la CFDT a brandi une note interne selon laquelle le site de Florange serait l'un "des plus rentables" du groupe sidérurgique. "Nous l'avons toujours su mais cette fois, nous en avons la preuve formelle, signée de la main de la direction: Florange est parfaitement rentable", s'emporte Jean-Marc Vécrin de la CFDT, quelques heures avant la tenue du CCE exceptionnel sur l'avenir du site. A la différence de la CGT et de FO, il ne claquera pas la porte des négociations, mais on imagine l'ambiance...

Selon ce graphique, qui compare les coûts de production à la tonne (énergie, matières premières, transports...) de l'acier produit en France, en Belgique et en Allemagne, les coûts du site lorrain seraient dans la moyenne européennes, moins élevés notamment que ceux de Brême ou de Liège.

ArcelorMittal: pourquoi tant de mystère sur la rentabilité de Florange?

Le document interne révélé par les syndicats.

DR

La performance serait d'autant plus notable, que, comme le soulignent les syndicats, le prix du transport de matière première à Florange (site situé à l'intérieur des terres à la différence des autres sites) pénalise de 24 euros le coût de la bobine à chaud. Déduction faite de ce surcoût, "Florange serait au même niveau que Gand, le meilleur élève de la classe ArcelorMittal", estime le Républicain Lorrain, le premier à avoir eu le document. "La performance industrielle du site lorrain fait plus que compenser le le désavantage logisitique de 24 euros la tonne", précise d'ailleurs le graphique ci-dessus.

Pour justifier la fermeture de la filière chaude de Florange- jugée moins rentable que la filière froide- ArcelorMittal avait souligné début octobre l'inconvénient de la position géographique des hauts-fourneaux, loin des ports, et "la capacité limitée de production du site qui impacte de manière négative les coûts fixes". Une thèse qui s'effondre donc en partie. Il estimait également qu'il fallait "se résoudre à l'idée que la phase liquide de Florange ainsi que sa production de brames ne sont plus compétitives dans le contexte de fortes surcapacités européennes".

Loin de se démonter, la direction a balayé le document, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'un papier officiel et qu'en l'occurrence les informations y figurant étaient partielles car ne prenant "pas en compte les coûts complets". Il "ne contredit en rien le constat de non-rentabilité de la phase liquide de Florange et ne prouve en rien la profitabilité de cette partie du site car il ne prend pas en compte les coûts complets", explique le groupe dans un communiqué.

Et puis, comme le souligne ArcelorMittal, si Florange était rentable, pourquoi vouloir le fermer? Imparable! Sauf que Mittal pourrait aussi vouloir devancer la chute des ventes, et réduire ses capacités de production de manière anticipée. "Depuis que Wolfgang Eder, PDG de Voestalpine et Président d'Eurofer, l'Association européenne des producteurs d'acier, a estimé qu'il était nécessaire de réduire les capacités de 20-25% dans un avenir relativement proche, tous les grands groupes se mettent en ordre de marche", observe ainsi un analyste.

Silence chez ArcelorMittal... et au gouvernement

Sans aller jusqu'à remettre en cause les difficultés financières du sidérurgiste (qui a perdu 709 millions d'euros au troisième trimestre), on peut aujourd'hui s'étonner de la grande discrétion -c'est un euphémisme- de la direction sur les données économiques du site. Mais, curieusement, le mutisme est le même au gouvernement. Y compris au cabinet d'Arnaud Montebourg. "Il s'agit d'informations confidentielles, les seules informations publiques que nous pouvons communiquer figurent dans le rapport Faure (remis en juillet à Arnaud Montebourg ndlr)".

En l'occurrence, si ce denier explique très bien les difficultés du secteur et les spécificités (géographique, historiques...) du site, il ne donne malheureusement aucune information chiffrée sur la rentabilité de Florange. Une information précieuse toutefois pourrait bien apporter un peu d'eau au moulin des syndicats: "Florange se situait en 2008, lorsque les hauts-fourneaux fonctionnaient à pleine capacité, parmi les trois sites du groupe ArcelorMittal les plus performants en termes de coûts de production". Sauf qu'entre-temps, comme l'explique Pascal Faure, Mittal a pratiquement cessé d'investir sur le site, et les arrêts et redémarrages successifs des hauts fourneaux les ont rendus moins productifs. Des investissements qui rendraient ces équipements encore plus rentables, affirment les syndicats. En l'absence de ces données primordiales, il paraît en tout cas impossible d'avoir un avis tranché sur la situation de Florange.

Contacté par L'Expansion.com, le sidérurgiste n'a pas donné suite. 

NDDL: pas de trêve hivernale

communiqué :

Une dizaine d’arrestations en 2 jours (le 20/12)!

A Notre Dame Des Landes, le PS tente de briser la lutte

par l’enfermement et les condamnations en sursis, ne le laissons pas faire !

Résistance et solidarité !

 

by collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

18/12/2012

Agriculture : laisser la terre reposer pour qu'elle travaille davantage

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/produire-sur-sol-vivant-l-agriculture-qui-mise-tout-sur-la-nature-18-12-2012-1603068_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20121218

AFP publié le 18/12/12

Produire sur sol vivant: l'agriculture qui mise tout sur la nature

Laisser la terre reposer pour qu'elle travaille davantage et s'en remettre à la nature et aux vers de terre, les meilleurs des ouvriers agricoles. L'agriculture "sur sol vivant" convainc les producteurs qui ont sauté le pas.

Cette façon de cultiver la terre, sans labour mais avec des cultures qui la nourrissent sans la salir, est l'une de ces pratiques que le gouvernement veut promouvoir avec sa journée "Produire autrement", mardi, pour cesser d'opposer agriculture et écologie.

Vue du fossé, la parcelle de Vincent Baron près de Thouars (Deux-Sèvres) a l'air d'un champ abandonné: pailles grises de luzerne et débris végétaux couvrent la terre entre les semis de blé déjà levés. De près pourtant, le parterre bourgeonne, comme fleuri par une multitude de tortillons de terres. Ces turricules sont précisément la marque d'un sol en bonne santé.

"Ce sont les vers de terre qui les fabriquent", indique l'agriculteur en ouvrant le sol d'un bon coup de pioche qui libère plusieurs de ces hôtes roses et luisants, véritables soldats laboureurs.

"Ici c'est la nature qui fait le boulot", résume Stéphane Aissaoui, ingénieur agronome et prosélyte du "sol vivant" qui a convaincu Vincent Baron de changer de pratiques.

Pour eux, ou pour le réseau Base (Biodiversité, Agriculture, Sol et Environnement) qui fédère nombre de ces agriculteurs passionnés, "le labour, c'est Verdun": "C'est comme mettre une maison à l'envers, plus personne ne s'y retrouve" explique Vincent, converti depuis cinq saisons sur ses 250 hectares.

"Le grain à l'homme, la paille à la nature"

'outil dévaste le réseau de racines et détruit l'activité biologique des champignons, des mollusques, bactéries, insectes et larves qui constituent les meilleurs auxiliaires du cultivateur.

Le "sans labour" séduit d'ailleurs de plus en plus d'agriculteurs: plus d'un tiers des grandes parcelles céréalières en France en 2006 et 120 millions d'hectares dans le monde, selon Vincent Tardieu (auteur de "Vive l'agro-révolution française", éd. Belin). Mais ça ne suffit pas.

"Au non-travail du sol, il faut associer des rotations longues, avec un choix de cultures compagnes, des légumineuses qui assurent un apport important d'azote et surtout laisser les déchets au sol pour assurer un couvert permanent", détaille Stéphane Aissaoui qui insiste: "La seule chose qu'on impose à la nature, c'est les espèces végétales qu'on choisit. Mais pour que ça marche, il faut tout faire en même temps".

Ici, la luzerne pousse, croît et meurt entre les blés, à peine foulée au moment des semis. Là c'est une association de gesse-fenugrec-lentille au milieu des colzas.

Règle numéro un: "Le grain à l'homme, la paille à la nature", mantra de l'agronome chilien Carlos Croveto devenu le maître à penser de Vincent Baron. "Au Chili, en Argentine, ils ont de l'avance sur le sujet parce qu'ils ont des sols lessivés, ravinés par les pluies intenses. Ici, c'est insidieux, mais les sols sont appauvris par la perte de matières organiques".

Malgré les violentes pluies, sa parcelle a tout absorbé. Alors que la voisine, travaillée à l'ancienne, est encore inondée.

En plus, lui fait des "économies d'engrais, de pesticides et d'heures de tracteurs". En revanche, il passe des heures à arpenter et observer ses champs - et s'autorise encore un peu d'herbicide.

"Je doute encore parfois, mais je ne ferai jamais demi-tour". Ses rendements sont d'ailleurs largement aussi bons qu'avant. "Et de plus en plus d'agriculteurs viennent frapper à la porte pour s'informer".

"On pense souvent que le progrès vient des chercheurs, mais les agriculteurs ont un sens de l'observation étonnant", constate Dominique Soltner, agronome de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers (ESA). Lui, qui se dit "persuadé que ça va se développer", adapte ses connaissances au contact de ces hommes de terrain.

14/12/2012

Des médicaments pour les autistes ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/12/13/un-diuretique-reduit-l-isolement-des-autistes_1806217_1650684.html

Un diurétique réduit l'isolement des autistes

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 13.12.2012 à 15h58 • Mis à jour le 13.12.2012 à 16h14

Par Sandrine Cabut

Les prochaines années verront-elles l'arrivée de médicaments capables d'aider les autistes à sortir de leur isolement ? Quoique préliminaires, les résultats encourageants obtenus par deux équipes françaises, l'une avec un diurétique, l'autre avec une hormone, suscitent de nouveaux espoirs pour la prise en charge de ces pathologies du développement cérébral qui touchent aujourd'hui plus d'un enfant sur cent.

A première vue, prescrire un diurétique - en l'occurrence le bumétanide, commercialisé depuis les années 1970 pour traiter des oedèmes ou une hypertension artérielle - à de jeunes autistes peut sembler farfelu. Mais les données et l'argumentaire présentés mardi 11 décembre au siège de l'Inserm, à Paris, par Yehezkel Ben-Ari (fondateur et directeur honoraire Inserm de l'Institut de neurobiologie de la Méditerranée, Marseille) et Eric Lemonnier (pédopsychiatre au CHU de Brest, praticien dans un centre de ressources autisme) sont convaincants.

Plutôt que de livrer d'emblée des témoignages enthousiastes de familles et les conclusions de leur étude clinique, publiée le même jour dans la revue Translational Psychiatry, ils ont joué la prudence, détaillant d'abord comment ils en sont arrivés à cette approche originale.

Le rôle du chlore

 
 

"Un cerveau adulte et un cerveau en construction sont très différents du point de vue de leur activité neuronale. Mais s'il rencontre un problème au cours de son développement, le cerveau reste figé à l'état immature", explique le professeur Ben-Ari. Au cours de sa carrière, ce chercheur a découvert les modifications de l'action du neurotransmetteur GABA pendant la maturation des neurones et mis au jour le rôle important des niveaux de chlore dans ces cellules nerveuses. "Dans le cerveau en développement ou lésé (par un traumatisme, une épilepsie...), les concentrations intraneuronales de chlore sont très élevées. Et quand c'est le cas, les effets du GABA, en principe une inhibition des neurones, sont inversés", poursuit Ben-Ari. Un mécanisme qui, selon lui, explique pourquoi des anxiolytiques ou des barbituriques agissant sur ce neurotransmetteur induisent paradoxalement une excitation dans certaines épilepsies.

C'est au départ pour cette pathologie que des chercheurs ont eu l'idée d'utiliser du bumétanide, un diurétique qui bloque l'entrée du chlore dans les cellules, afin de faire baisser la concentration de cet ion dans les neurones. Des essais sont désormais en cours dans des formes sévères d'épilepsie néonatales, en Europe et aux Etats-Unis.

Il y a six ans, invité dans une conférence en Bretagne pour présenter ses travaux sur le développement du cerveau, Yehezkel Ben-Ari y rencontre Eric Lemonnier. Ce spécialiste de l'autisme avait noté que ses patients supportaient mal des médicaments comme le Valium, qui les excitait au lieu de les calmer. La rencontre entre les deux hommes fait tilt. Ils décident d'explorer la piste du bumétanide dans l'autisme. Après une étude pilote chez cinq patients, ils obtiennent l'autorisation des autorités sanitaires fin 2009 pour un essai randomisé.

Double aveugle

Au total, 60 enfants âgés de 3 à 11 ans, atteints de diverses formes d'autisme, y compris de haut niveau, ont été inclus. Après tirage au sort, 30 ont été traités par le diurétique (1 mg/jour) pendant trois mois, les autres recevant un placebo. Ni les investigateurs ni les parents ne savaient quel traitement était administré (double aveugle). L'intensité des troubles autistiques a été évaluée par des échelles comportementales au début et à la fin du protocole, et un mois après l'arrêt.

"Une diminution de la sévérité des symptômes d'autisme a été mesurée chez plus des trois quarts des participants recevant le diurétique", indique Eric Lemonnier. Il signale toutefois que six enfants - traités par le médicament ou le placebo - sont sortis de l'étude pour des raisons diverses, dont un en raison d'une hypokaliémie (une baisse du taux sanguin de potassium), qui est classique avec ce type de diurétique.

Au-delà des résultats objectifs, le plus frappant réside dans le récit de familles, le ressenti des médecins et des vidéos avant-après, comme celles projetées lors de la conférence de presse. Après la fin de l'essai, nombre des participants ont continué à prendre le diurétique.

C'est le cas de Virgile, traité depuis maintenant dix-huit mois. Les parents de ce garçon de 7 ans et demi, atteint d'un syndrome d'Asperger, l'ont vu se transformer. "Une semaine après le début des prises, son regard est devenu moins fuyant. C'était ténu, mais cela nous a convaincus qu'il recevait bien le médicament, raconte sa maman. Progressivement, il a commencé à aller davantage vers les autres, à reconnaître les visages... Avant il était seul dans la cour, aujourd'hui il participe aux activités pendant les récréations. Il a même été invité à un anniversaire, ce qui était inimaginable il y a deux ans." Autre signe positif : très sensible comme tous les autistes aux stimulations sensorielles, Virgile peut désormais accompagner ses parents dans des lieux bruyants et bondés, comme des restaurants.

Recul de quatre ans

Les investigateurs gardent cependant la tête froide. "Beaucoup de parents nous racontent que leur enfant est plus présent. Mais le médicament n'agit pas chez tous les patients, et il n'induit pas de guérison", tempère Eric Lemonnier. Avec un recul allant jusqu'à quatre ans, il constate que les effets bénéfiques persistent, mais s'estompent en cas d'arrêt du traitement. Pour Eric Lemonnier et Yehezkel Ben-Ari, la prochaine étape est de confirmer leurs résultats lors d'un essai plus vaste, international, afin d'obtenir une autorisation de mise sur le marché. Les deux compères, qui bataillent dur pour obtenir des financements, ont fondé une start-up, Neurochlore.

De son côté, l'équipe d'Angela Sirigu (Centre de neurosciences cognitives, Lyon), avec la Fondation FondaMental, explore la piste de l'ocytocine, une hormone synthétisée dans l'hypothalamus. En 2010, cette chercheuse (contributrice du cahier "Science & techno" du Monde) avait montré qu'une administration d'ocytocine en spray augmente les contacts sociaux chez des autistes de haut niveau. Ses derniers travaux (publiés le 1er novembre dans Cerebral Cortex) confirment que le taux de cette hormone dans le plasma est corrélé au degré d'extraversion d'un individu.

"Nous sommes bien loin de comprendre tous les effets sophistiqués de l'ocytocine, dont il faut étudier les interactions avec les autres neuromodulateurs ", souligne Angela Sirigu, à la recherche, elle aussi, de fonds pour des études cliniques. Cette voie thérapeutique s'annonce passionnante, mais pas simple à mettre en oeuvre. Après administration, l'hormone agit vite, mais elle ne reste que quelques secondes dans le sang et quatre-vingt-dix minutes dans le cerveau.

Sandrine Cabut

Tabac, alcool, sevrage

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

L’échec des politiques de lutte contre le tabagisme

La Cour des comptes a remis, hier, un rapport d’évaluation des politiques de lutte contre le tabagisme, indique Le Monde. Elle y souligne un résultat « décevant » et « inquiétant » en raison d’une discontinuité des décisions, un manque de contrôle, le poids des lobbies… Elle constate une hausse de la prévalence du tabac, notamment chez les femmes et les jeunes. Selon la Cour, les politiques de lutte se sont « essoufflées » et leur échec est flagrant. Les mesures, prises comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la vente aux mineurs, ne font l’objet de quasiment aucun contrôle. Par ailleurs, les magistrats appellent à une remobilisation de « la fiscalité au service de la santé publique », avec un « relèvement soutenu » des prix du tabac à un niveau suffisant pour engendrer une baisse « effective et durable » de la consommation. Outre « le poids persistant des lobbies économiques et de leurs discours », la Cour regrette qu’aucun plan spécifique n’ait été lancé depuis 1976 et la loi Veil, explique le journal. Les magistrats recommandent, par ailleurs, une prise en charge du sevrage, particulièrement pour des groupes ciblés. Ils déplorent que « le coût pour la société des décès [liés au tabac] n’ait jamais été finement évalué », explique le quotidien. La Cour souhaite que « le ministère de la Santé reprenne le rôle de coordination de la lutte contre le tabagisme ».

Le Monde, 14/12

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/12/13/la-cour-des-comptes-fustige-l-echec-des-politiques-de-lutte-contre-le-tabagisme_1805512_1651302.html

La perte de mémoire avec l’alcool complique le sevrage

Lors d’une rencontre-débat organisée par l’Inserm avec les associations d’entraide aux personnes en difficulté avec l’alcool, des spécialistes ont souligné hier à Paris que « les alcooliques souffrent souvent de troubles de la mémoire qui compliquent singulièrement leur prise en charge », indique l’AFP. « Les atteintes sont très variables », estime Hélène Beaunieux, chercheuse en neuropsychologie. Cette dernière, qui travaille depuis plusieurs années à l’Université de Caen sur l’impact de l’alcoolisme sur la mémoire, estime que la prise en charge hospitalière n’est pas adaptée pour les troubles cognitifs, rapporte l’agence de presse. L’alcool peut avoir des effets sur la mémoire à court terme, ainsi que la mémoire épisodique. Ainsi, lorsque cette dernière est déficitaire par exemple, les patients arrivent à l’hôpital alors qu’ils « n’ont pas encore pris conscience de leur problème », souligne la chercheuse. Elle constate, avec ses travaux, que la capacité d’apprentissage des personnes alcooliques est également « plus coûteuse et moins efficace » que celle de personnes non alcooliques, qu’il s’agisse d’acquérir des nouvelles connaissances ou des nouvelles procédures. Cette perte de mémoire est cependant généralement réversible chez les patients abstinents, sauf pour ceux atteints du syndrome de Korsakoff, la forme la plus sévère de l’alcoolo-dépendance.

AFP, 13/12
Alcool et recherche : du laboratoire au malade

http://presse-inserm.fr/alcool-et-recherche-du-laboratoire-au-malade/5782/

journal-alcool-30nov2.pdf

13/12/2012

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et les perturbateurs endocriniens : lobbying

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/perturbateurs-endocriniens-bruxelles-se-dechire_1804965_3244.html

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Perturbateurs endocriniens : Bruxelles se déchire

LE MONDE | 12.12.2012 à 14h49 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h51 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Rarement groupe d'experts aura été scruté avec autant d'attention. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a discrètement publié sur son site Internet, lundi 3 décembre, la composition d'un panel de scientifiques dont la tâche délicate sera de rendre, en mars 2013, un rapport sur les perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques (bisphénol A, phtalates, pesticides, etc.) sont soupçonnées d'être la cause majeure dans la recrudescence de certains troubles (infertilité, cancers hormonodépendants, obésité, etc.) et sont au centre d'une attention grandissante.

Si l'affaire est sensible, c'est qu'elle a tous les traits d'une bataille bruxelloise, engagée entre la direction générale chargée de l'environnement (DG Environnement) d'une part, et son homologue chargée de la santé du consommateur (DG Sanco) de l'autre. C'est en effet cette dernière qui a saisi l'EFSA, en octobre, d'un rapport sur le sujet. La DG Environnement avait, fin 2011, confié une tâche semblable à un groupe de scientifiques conduits par Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres, tâche dont ils s'étaient acquittés avec la publication, en janvier, du Rapport Kortenkamp.

La saisine de l'EFSA par la DG Sanco avait soulevé l'inquiétude des organisations non gouvernementales (ONG). Une vingtaine d'entre elles ont adressé début octobre un courrier de protestations à la Commission européenne.

"Il y a de très grands risques que les experts qui se pencheront sur la question des perturbateurs endocriniens soient de mèche avec l'industrie qui n'a pas intérêt à ce que soit retenue une définition large des perturbateurs endocriniens", n'avait pas hésité à déclarer, de son côté, la députée européenne Michèle Rivasi (EELV).

"11 EXPERTS SUR LES 18 N'ONT AUCUNE EXPÉRIENCE DANS LE DOMAINE"

De fait, la principale mission des dix-huit experts nommés par l'agence européenne basée à Parme (Italie) sera de fournir les critères qui permettront de ranger – ou non – les molécules chimiques de synthèse en circulation dans la catégorie des perturbateurs du système hormonal – ce qui les soumettra de facto à une réglementation spécifique.

Qui sont les dix-huit scientifiques choisis par l'EFSA ? Les responsables de l'agence assurent avoir choisi des experts reconnus, dont les compétences recouvrent l'ensemble des domaines qui doivent être abordés dans le rapport demandé par la DG Sanco.

Les ONG, de même que de nombreux chercheurs engagés dans le débat, ne partagent pas ce point de vue. Le Pesticide Action Network (PAN) a passé au crible les publications des membres du groupe de travail de l'EFSA et en tire de cinglantes conclusions. "Seuls trois des experts sur les dix-huit choisis ont une expérience scientifique sur la question du système endocrinien, dit Hans Muilerman, porte-parole de PAN-Europe. Onze n'ont aucune expérience d'aucune sorte dans ce domaine."

Sur les dix-huit scientifiques choisis, quinze sont décrits par l'ONG comme "non-actifs" – c'est-à-dire ayant publié moins d'un article de recherche par an au cours des cinq dernières années. En outre, huit des scientifiques sélectionnés ont déclaré des liens d'intérêt récents ou en cours avec des industriels – en particulier à travers l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par les principaux acteurs de la chimie, de la pharmacie, de l'agroalimentaire et de l'agrochimie.

De son côté, Lisette van Vliet, conseillère scientifique de Health and Environment Alliance, remarque que "trois des experts choisis par l'EFSA appartiennent aux agences nationales allemande ou britannique ". Or ces dernières ont déjà adopté, en 2011, une position commune sur la définition des perturbateurs endocriniens, jugée laxiste et trop peu protectrice par de nombreux spécialistes.

IMPLICATIONS COMMERCIALES DES OPINIONS SCIENTIFIQUES...

"L'approche privilégiée par les agences britannique et allemande repose sur l'évaluation du potentiel des différents perturbateurs endocriniens. C'est à mon avis une approche arbitraire, non justifiée scientifiquement et insuffisamment protectrice, estime ainsi le professeur Andreas Kortenkamp, principal auteur du rapport commandé par la DG Environnement. De notre côté, nous avons adopté une approche plus flexible et plus protectrice, qui prend en compte l'irréversibilité des effets de certaines substances. En mai 2012, l'agence française s'est rapprochée des points de vue allemand et britannique, ce que je regrette énormément."

Marc Mortureux, directeur général de l'Anses, estime pour sa part que la position prise par son agence est "médiane".

Dans ce dossier très technique aux implications économiques et sanitaires considérables, les soupçons d'ingérence industrielle sont fréquents. "L'agence britannique a partiellement justifié sa position par les effets financiers importants qu'aurait une classification plus large des perturbateurs endocriniens, mais elle ne devrait pas se préoccuper des implications commerciales de ses opinions scientifiques, estime M. Kortenkamp. Ce faisant, elle ne remplit pas sa mission qui est de protéger notre santé, pas de préserver les intérêts des industriels."

Le groupe de travail de l'EFSA va-t-il pencher du côté des agences britannique et allemande ? Catherine Geslain-Lanéelle, directrice de l'agence européenne, veut relativiser la portée du rapport qui sera rendu en mars 2013. "Nous devrons répondre à trois questions : sur la définition des perturbateurs endocriniens, sur celle d'un effet négatif, sur la capacité des tests toxicologiques actuels à les évaluer, indique-t-elle. Nous n'allons pas tout reprendre à zéro."

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/la-doctrine-de-l-autorite-europeenne-de-securite-sanitaire-est-de-plus-en-plus-isolee_1804967_3244.html

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La doctrine de l'autorité européenne de sécurité sanitaire est de plus en plus isolée

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h23 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h50             

La science, dit-on, est un sport de contact. Alexandre Feigenbaum en a fait l'amère expérience. Directeur de l'unité "Ingrédients et emballages alimentaires" de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), ce chimiste français, ancien chercheur à l'Institut national de recherche agronomique (INRA), représentait l'agence européenne à un colloque international tenu en septembre à Berlin, qui a réuni quelque 200 scientifiques sur le thème des perturbateurs endocriniens.

M. Feigenbaum était venu présenter la position de l'EFSA sur la question des effets produits à très faibles doses par ces substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Après sa présentation, "il a été durement interpellé et n'a pas pu répondre aux questions qui lui étaient posées", raconte le biologiste américain Frederick vom Saal (professeur à l'université du Missouri), invité à donner une conférence au cours du même colloque. La position officielle de l'EFSA est que ces effets à faible dose des perturbateurs endocriniens ne sont pas avérés.

"Il lui a été vivement demandé pourquoi l'EFSA ne parvient pas aux mêmes conclusions que l'Anses , le National Toxicology Program américain, etc., en regardant les mêmes données, raconte une participante. Quelqu'un a publiquement suggéré que c'était parce que l'EFSA n'arrivait pas à gérer ses conflits d'intérêts... L'ambiance était assez intense."

L'EFSA IGNORE DES DÉCENNIES DE RECHERCHES EN ENDOCRINOLOGIE

Selon nos informations, les organisateurs du colloque ont bouleversé le programme des interventions à la demande du scientifique français, pour lui offrir la possibilité d'une allocution en forme de réponse, attestant de la probité et de la compétence des experts de l'EFSA. A travers le service de presse de l'agence européenne, M. Feigenbaum assure pour sa part avoir eu des "retours très positifs" après sa présentation... Outre ses fonctions de chercheur à l'INRA et d'expert ès "matériaux au contact des aliments" auprès de l'ancienne Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), il confirme avoir été conseiller scientifique de Tupperware pendant douze ans. Il a aussi conseillé la firme Cofresco, une autre société d'emballage, pendant trois ans... Il assure avoir interrompu ces collaborations en 2007, à son entrée à l'EFSA, mais sa déclaration d'intérêts n'est pas rendue publique sur le site de l'agence européenne.

Sur le dossier des perturbateurs endocriniens, celle-ci est de plus en plus isolée. Un autre participant au colloque de Berlin confirme que la position du représentant de l'EFSA était "très marginale". Un système de vote électronique avait été mis en place par les organisateurs de la manifestation, afin de mesurer le niveau d'adhésion des scientifiques participants à l'idée que certaines substances chimiques puissent agir sous les niveaux conventionnels d'activité. Les résultats n'en sont pas encore publiés.

La mise en doute de ces effets aux faibles doses ulcère littéralement les endocrinologues. "L'EFSA ignore volontairement des milliers d'études et des décennies de recherche en endocrinologie, tempête M. vom Saal, une figure de l'endocrinologie américaine. J'ai évoqué la position de l'EFSA au cours d'une réunion de l'Endocrine Society : c'était comme annoncer à un congrès d'astrophysique qu'il reste des gens pour croire que la Terre est plate et qu'elle est au centre de l'Univers..."

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/le-troublant-parcours-d-un-toxicologue-suisse_1804968_3244.html

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Le troublant parcours d'un toxicologue suisse

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h50 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Selon des documents obtenus par la journaliste indépendante et documentariste Stéphane Horel, publiés mardi 11 décembre sur son site Web (www.stephanehorel.fr), l'un des membres du groupe de travail réuni par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les perturbateurs endocriniens a été, par le passé, en lien étroit avec l'industrie du tabac.

Le toxicologue Josef Schlatter, aujourd'hui retraité de l'Office fédéral suisse de la santé publique, membre du comité scientifique de l'EFSA, a bénéficié de subsides des cigarettiers entre 1972 et 1985, utilisés pour financer ses recherches, pour des sommes de l'ordre de 300 000 dollars (230 660 euros au cours actuel).

LOBBYING SCIENTIFIQUE FONDÉ PAR DES ENTREPRISES

L'un des documents mis au jour par Stéphane Horel relate une réunion de l'Association suisse des fabricants de cigarettes, en 1983, au cours de laquelle est évoquée la demande faite à M. Schlatter d'"écrire une review sur le tabagisme dans les lieux publics qui devra être publiée dans une revue scientifique de haute tenue".

Un autre mémo, daté de 1984, précise que l'étude sur le tabagisme passif menée par M. Schlatter aura pour but d'être "utilisée comme source d'arguments pour des articles de presse vulgarisés". 

La présence de M. Schlatter à des réunions des industriels du tabac est attestée jusqu'en novembre 1985. Moins de cinq ans plus tard, le toxicologue suisse occupe un poste à l'Office fédéral suisse de la santé publique, où il est chargé d'un dossier crucial pour les cigarettiers : l'autorisation de nouveaux additifs dans le tabac...

Aujourd'hui, Josef Schlatter – qui n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est seulement tenu de déclarer ses collaborations avec l'industrie dans les cinq années écoulées. Celles-ci sont au demeurant nombreuses et concernent principalement l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par un grand nombre d'entreprises.

Agriculture française et pesticides : un marché de 1,9 milliards d'euros

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/27/les-raisons-de-l-addiction-francaise-aux-pesticides_1782000_3244.html

Les raisons de l'addiction française aux pesticides

LE MONDE | 27.10.2012 à 10h51 • Mis à jour le 29.10.2012 à 07h40 Par Martine Valo

Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l'hectare cultivé.

L'importance des terres arables n'explique pas tout. Il existe en France une forme de reconnaissance envers ces substances qui ont soutenu la modernisation radicale de l'agriculture à partir des années 1950. Appauvrissement des sols, phénomènes de résistances des "ravageurs" et surtout dégradation inquiétante de la qualité de l'eau : le revers de la médaille se révèle aujourd'hui. Quant aux répercussions sur la santé, les adeptes de l'agriculture intensive – qui achètent 93 % des produits phytosanitaires du marché national – sont les premiers à en pâtir.

Lancé en 2008 à l'issue du Grenelle de l'environnement, le plan gouvernemental Ecophyto s'est fixé pour ambition de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2018. Mais les ventes ont continué de grimper de 2,6 % entre 2008 et 2011... Seules les substances les plus dangereuses ont fortement diminué... parce que l'Union européenne (UE) a imposé le retrait du marché de 53 d'entre elles. Le bilan est si décourageant et l'objectif jugé si inatteignable que le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a un temps hésité avant de le reprendre à son compte.

"PEU D'OUTILS OBLIGATOIRES OU COERCITIFS"

Qu'est ce qui coince ? La réponse est en partie inscrite dans le rapport de la mission parlementaire d'information sur les pesticides conduite par la sénatrice Nicole Bonnefoy (PS) : "L'analyse fine du contenu réel du plan Ecophyto 2018 montre que sa réussite dépend largement de la bonne volonté des agriculteurs, des fabricants et des industriels. Peu d'outils obligatoires ou coercitifs ont été mis en place." Pour ne prendre qu'un exemple, la mobilisation des pouvoirs publics n'a même pas mis fin aux épandages aériens de pesticides, officiellement interdits par la loi, mais qui continuent de bénéficier de multiples dérogations.

Au sein d'une agriculture française très structurée, convaincre chaque agriculteur de lever le pied sur le pulvérisateur de pesticides n'est peut-être pas le plus grand défi. Car que pèse le discours vertueux face aux pressions de la coopérative dont il dépend pour écouler sa production ? Peut-il risquer de se retrouver avec ses pommes ou son blé sur les bras ?

La coopérative impose ses propres critères, exige des rendements, tout en fournissant les conseils et parfois les pesticides qui permettent d'y parvenir. Elle rédige des cahiers des charges très précis pour répondre aux exigences de la grande distribution, voire de l'usine agroalimentaire dans laquelle elle a elle-même souvent des intérêts. Le terme de "coopérative" désigne en effet des groupements de dimension internationale aux intérêts diversifiés. Le chiffre d'affaires de In Vivo par exemple, spécialisée dans les céréales, dépasse 6 milliards d'euros, Sodiaal (lait) 4 milliards et, Triskalia, la polyvalente bretonne, 2 milliards.

Aucun règlement n'interdit "qu'une même personne morale prescrive ou au moins recommande des traitements phytosanitaires et vende les produits permettant de les réaliser", soulignent les parlementaires dans leur rapport. "Dans l'écrasante majorité des départements, s'inquiètent-ils, les coopératives agricoles jouent les deux rôles dont la synergie apparaît malsaine."

"PROBLÈME LANCINANT DES CONFLITS D'INTÉRÊTS"

Ils dénoncent en outre le "problème lancinant des conflits d'intérêts" au sein des groupes d'experts qui conseillent les pouvoirs publics sur la toxicité des produits. Quant aux chambres d'agriculture, qui comptent nombre de dirigeants de grandes coopératives à leur tête, elles continuent de jouer un rôle central en impulsant ou non des changements de pratiques chez leurs adhérents. Le plan Ecophyto repose sur elles pour la constitution d'un réseau d'exploitations de référence, les fermes Dephy, qui souhaitent jouer le jeu de produire autant en réduisant les intrants.

C'est par elles encore que passe la formation des agriculteurs, qui sera couronnée par un certificat, le Certiphyto, obligatoire à partir du 1er octobre 2014. Les distributeurs d'herbicides, fongicides et autres insecticides devront eux aussi obtenir un agrément.

Le ministère de l'environnement ne s'occupe que des 7,8 % d'utilisateurs en dehors du monde agricole – jardiniers, gestionnaires de golf, Réseau ferré de France... –, et a logiquement laissé la main à celui de l'agriculture, qui mise surtout sur la pédagogie. L'administration de Stéphane le Foll vient notamment de lancer une plate-forme contributive sur Internet, "Produisons autrement", qui regorge de témoignages convaincants d'exploitants et d'agronomes vantant les mérites de la diversification des variétés, de l'espacement des plantations, des substances nettement moins nocives pour l'environnement...

LE BIO N'OCCUPE QUE 3,5 % DE LA SURFACE AGRICOLE

Tout confondu, les crédits engagés pour Ecophyto s'élèvent à environ 140 millions d'euros par an, en bonne partie financés par la redevance sur les pollutions diffuses collectées par les agences de l'eau. "Le problème, ce n'est pas l'argent mais la volonté, observe François Veillerette de Générations futures. En Picardie par exemple, des exploitations qui ont réduit de moitié leur usage des pesticides n'ont pas pu prendre place dans le réseau Dephy, faute de convaincre les responsables agricoles locaux. On perd du temps.""On peut multiplier les changements à la marge, mais atteindre les 50 % en moins signifierait quitter le modèle de l'agriculture intensive et sortir la bio de sa niche", conclut Isabelle Laudon de WWF.

En 2011, le nombre d'exploitations engagées dans le système biologique a progressé de 12,3 %, ce qui ne les fait cependant occuper que 3,5 % de la surface agricole. Or le Grenelle de l'environnement a fixé l'objectif de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. En Europe, 17,2 % des terres autrichiennes sont déjà converties au bio, 8,6 % des italiennes et 5,9 % des allemandes.

Martine Valo

Un marché de 1,9 milliard d'euros en 2011

Avec plus de 5 kilogrammes en moyenne de matières actives déversés par hectare cultivé, le marché des pesticides a représenté un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros en France en 2011. Le commerce des herbicides – 40 % des ventes – occupe de loin la première place devant celui des fongicides et des insecticides.

Les grandes exploitations céréalières, les producteurs d'oléagineux et les viticulteurs sont les premiers utilisateurs de produits phytosanitaires.

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(reprise de la note du 27/10/2012 sur ce blog : Pesticides et agriculture :...)

Agriculteurs : disparités des revenus

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/12/la-disparite-de-revenus-s-accroit-entre-cerealiers-et-eleveurs-ovins-ou-bovins_1805055_3234.html

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LE MONDE | 12.12.2012 à 11h57 Par Laurence Girard

Le revenu moyen des agriculteurs français est reparti à la hausse en 2012. Selon les statistiques du ministère de l'agriculture publiées mercredi 12 décembre, il s'élève à 36 500 euros, en progression de 4 % en euros constants. Un chiffre qui cache de grandes disparités. La progression est surtout le fait du résultat exceptionnel des céréaliers. Les éleveurs ovins et bovins, eux, sont à la peine.

Le revenu moyen des céréaliers a franchi la barre des 72 000 euros. Soit un bond record de près de 40 % par rapport à 2011. Il dépasserait ainsi son précédent pic historique de 2007.

 
  

La fièvre des cours du blé comme du maïs, à la suite des aléas climatiques qui ont touché les Etats-Unis et la Russie, s'est transformée en aubaine pour les exploitants de grande culture en France. D'autant qu'oléagineux et protéagineux sont, eux aussi, entrés dans une spirale spéculative haussière.

BAISSE DU VOLUME D'ŒUFS

Mieux, les céréaliers qui cultivent également betteraves et pommes de terre sur plus du tiers de leur exploitation décrochent le jackpot. Leur revenu moyen atteint 80 000 euros.

Autres bénéficiaires de la conjoncture, les aviculteurs spécialisés dans la production d'œufs. L'obligation faite par Bruxelles de mettre les poulaillers en conformité au 1er janvier 2012, en donnant un peu plus d'espace aux poules pondeuses élevées en batteries, a mis la profession sous pression.

Les retardataires ont dû arrêter leur production et le volume d'œufs a baissé provoquant une flambée des prix. Pour le plus grand bénéfice des concurrents déjà aux normes. Résultat, le revenu moyen des aviculteurs n'a jamais été aussi élevé depuis début 2000, à 40 500 euros.

Les élevages porcins vont également devoir se mettre aux normes au 1er janvier 2013. En attendant, ils ont profité de la montée du prix du cochon et leur revenu moyen est en hausse, à 46 700 euros.

ENVOLÉE DU PRIX DES TOURTEAUX

A l'autre extrémité du spectre, le revenu des éleveurs ovins tombe à 15 300 euros. Un niveau quasi similaire à celui des éleveurs bovins viande (15 400 euros). Bien que les prix de la viande restent fermes, les exploitants sont confrontés à la hausse du coût de l'alimentation animale et en particulier à l'envolée du prix des tourteaux.

Les éleveurs laitiers, qui subissent également cette hausse des charges, s'en sortent mieux. Même s'il s'érode de 3 % en lien avec la baisse du prix du lait, le revenu moyen revient à son niveau de 2010, à 26 500 euros.

D'autres secteurs agricoles ont subi de graves aléas météorologiques en 2012. Les viticulteurs sont les plus touchés. Le niveau des vendanges est historiquement bas. Le revenu des exploitations viticoles pourrait baisser de moitié à 22 800 euros.

Les arboriculteurs ont aussi subi le gel printanier, et les récoltes de cerises, poires ou pommes sont maigrelettes. Il n'empêche. La revalorisation des prix des fruits a redonné des couleurs aux recettes des arboriculteurs qui atteignent 29 900 euros. Un chiffre qui ne reflète pas les disparités entre les régions et les produits.

Cette photographie de la situation très contrastée des agriculteurs français tombe au moment délicat de la renégociation de la politique agricole commune (PAC). Elle devrait relancer le débat sur le bien fondé des aides directes et surtout de leur répartition. Sachant que les céréaliers et les grandes cultures en sont les premiers bénéficiaires.

"Ces résultats me confortent dans l'idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d'élevage", affirme le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, dans un communiqué. Le ministre a proposé à Bruxelles de donner une surprime aux premiers hectares.

12/12/2012

Un traitement diurétique atténue les symptômes de l’autisme

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Un traitement diurétique atténue les symptômes de l’autisme

Deux chercheurs de l’Inserm ont présenté, hier, les résultats prometteurs d’un essai clinique ayant permis d’atténuer la sévérité des troubles de l’autisme, grâce à un traitement diurétique, indiquent l’AFP, Le Figaro, Aujourd’hui en France ainsi que les chaînes radiophoniques et audiovisuelles.

Le Pr Yehezkel Ben-Ari (Inserm, Marseille), fondateur de l’Institut de neurobiologie de la Méditerranée qui a mené l’essai avec le Dr Eric Lemonnier, clinicien, spécialiste de l’autisme (Centre hospitalier universitaire, Brest), explique que « les résultats sont nets et significatifs ». Il ajoute cependant que ce médicament n’est « pas une molécule miracle ». Ces travaux, publiés dans la revue Translational Psychiatry, ont été menés, durant quatre mois, sur « 60 enfants [« atteints de diverses formes d’autisme, dont celui de ‘‘haut niveau’’, le syndrome d’Asperger], âgés de 3 à 11 ans, en double aveugle, par tirage au sort, une moitié prenant le diurétique, le bumétanide (1 mg/jour) pendant trois mois, l’autre, un placebo », souligne l’agence de presse.

Selon les chercheurs, ce traitement, même s’il ne guérit pas, permet, pour les trois quarts des enfants traités, une diminution de la sévérité des troubles autistiques. Selon le Dr Lemonnier, « l’enfant traité est plus présent ; il est plus facile d’échanger avec lui, d’accrocher son regard, il fait plus facilement ce qu’on lui propose et supporte mieux des bruits qui lui étaient auparavant insupportables ». Les deux chercheurs ont créé une start-up, Neurochlore, afin de mener d’autres essais et obtenir le feu vert pour une commercialisation du traitement en 2015.

AFP, TF1, France 3, France 5, LCI, RTL, France Info, France Inter, Europe 1, 11/12, Le Figaro, Aujourd’hui en France, La Croix, 12/12


Communiqué de presse: Un essai clinique prometteur pour diminuer la sévérité des troubles autistiques

« utiliser l’alcool comme une drogue, c’est-à-dire à s’en servir exclusivement pour son effet psychotrope ».

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Le Nouvel Observateur indique que l’Institut de Recherches scientifiques sur les Boissons a organisé, le 5 décembre, un colloque intitulé : « Ce qui a changé dans la consommation d’alcool des jeunes ».

Marie Choquet, épidémiologiste et directeur de recherche honoraire à l’Inserm, a souligné que les adolescents d’aujourd’hui sont de plus en plus nombreux à « utiliser l’alcool comme une drogue, c’est-à-dire à s’en servir exclusivement pour son effet psychotrope ».

Selon les recherches qui ont été menées à ce sujet, cette utilisation « toxicomaniaque » de l’alcool a « des effets négatifs au niveau cérébral, notamment sur la mémoire et les fonctions d’apprentissage ».

Le Nouvel Observateur, 13/12

10/12/2012

La CRIIRAD et Tchernobyl : vers la Cours Européenne de Justice ?

communiqué:


Cher(e)s adhérent(e)s

En novembre dernierla Criirad a été avisée que son recours en cour de cassation avait été rejeté.

 

 Quelques rappels historiques :
-en mars 2001 après plusieurs démarches infructueuses (en Corse, à Lyon,...), la Criirad décide de porter plainte auprès du TGI de Paris avec 53 malades de la Thyroïde et l'AFMT (Association Française des Malades de la Thyroïde) -la plainte  est bien enregistrée et le dossier confié à la juge d'instruction Mme Bertella Geffroy du pôle sanitaire, qui lance des perquisitions avec l'aide de la police judiciaire.

- cela aboutit à apporter des preuves complémentaires à celles figurant dans le mémoire de la Criirad sur le fait que des produits alimentaires ont bien été commercialisés en 1986 alors qu'ils dépassaient nettement les normes européennes, normes que nos responsables affirmaient respecter par ailleurs -cela a permit d'aboutir à la mise en examen du Pr Pellerin en mai 2006, pour "tromperie sur la marchandise".

- celui ci est donc convoqué chez Mme la JugeLors des premières auditions, il défend les positions adoptées à l'époque par les autorités , les estimant justifiées, mais qu'il n'avait pas lui même de responsabilité directe dans la commercialisation -son avocat (Maitre Holleaux, commis par l'état), au bout de quelques séances, lui interdit de parler ...et rapidement Mr Pellerin ne se rend plus aux convocations de Mme la Juge ...pour raison de santé -reste à la justice de prouver que ces consommations de produits alimentaires contaminés ont provoqué des dégâts sanitaires, en particulier des cancers de la thyroïde. Pour cela Mme la Juge va avoir beaucoup de difficultés et en particulier du coté des instances sanitaires, elle va tout de même mandater deux experts et orienter leur travail sur la Corse, région où il y a des documents et des médecins qui pourront aider à faire ce travail -malheureusement le travail n'a pas été de qualité (au point que les élus Corses ulcérés, ont décidé en 2012, de financer un expert étranger pour faire ce travail, réponse en 2013)

 

 -la partie adverse a donc engagé une action en 2011 pour classer l'affaire, cela a abouti au dessaisissement de la Juge du dossier dès la fin 2010 et un recours en mars 2011 auprès du tribunal de Paris...en plein Fukushima -les plaignants (Criirad et AFMT ainsi que des malades dont le nombre est passé à plus de 500 au fil du temps)   sont convoqués mais sont maintenus à bonne distance par la police, seuls nos avocats ont pu y assister -le jugement est rendu en septembre : "non lieu " pour le Pr Pellerin, il n'était responsable de rien.

- la Criirad et l'AFMT, font donc en octobre 2011 un recours en cassation

- ce jugement vient d'être rendu, il est rejeté-les plaignants ont donc épuisé tous les recours possible au niveau français, ce qui permet d'envisager des démarches auprès des instances européennes.

En effet la Criirad considère qu'il serait scandaleux et grave que les choses en restent là, ce serait accepter l'idée que les choses se sont bien passées en 1986, qu'il n'y a ni responsable, ni coupable, et donc que si une catastrophe se reproduisait on nous jouerait le même scénario.

Tchernobyl a été le déclencheur de la création de la Criirad, elle ne tournera pas la page sans l'avoir écrite complètement.  La page peut être écrite par la Justice mais aussi par la CRIIRAD pour que chacun sache ce qui s'est passé et puisse juger les différents responsables.

 

A votre disposition pour d’autres renseignements si vous le souhaitez.

 

Bien cordialement

 

Roland DESBORDES
Président



CRIIRAD
471 Avenue Victor Hugo
26000  VALENCE
Tel : 04 75 41 82 50

 

adresse messagerie : asso@criirad.org
visiter notre site : www.criirad.org

 

Patrimoine de l'Humanité : les robes nuptiales algériennes de Tlemcen

lu sur :

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/8be37bfc-40ad-11e2-873d-bef3b1aee34d/Une_mari%C3%A9e_cousue_dhistoire

samedi 8 décembre 2012

Une mariée cousue d’histoire


Pour la première fois, un vêtement est entré au patrimoine immatériel de l’Unesco. Valérie Fromon t déploie l’itinéraire des robes de mariée algériennes de Tlemcen,à contempler comme une fresque historique brodée au fil d’or

«Grâce à vous, une robe a passé dans ma vie», murmurait Cyrano de Bergerac à Roxane.

Ce mercredi 5 décembre, l’Algérie a fait entrer un costume nuptial sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Et ce vêtement-là, peut-être plus que tous les autres, contenait un monde. C’est la première fois qu’un costume figure sur cette liste. Aux côtés du théâtre d’ombres chinoises, du flamenco, du repas gastronomique des Français et de la marche des sonneurs de cloche du carnaval annuel de la région de Kastav, il est venu élargir les rangs de ces pratiques et expressions qui témoignent de l’importance de la diversité du patrimoine culturel immatériel.

Mercredi s’est donc tenue la septième session du Comité intergouvernemental chargé d’examiner les 36 candidatures (pour l’année 2012) dignes de figurer sur la Liste représentative. Dans la salle XII du siège parisien, gris et monumental de l’Unesco, les experts ont tendu l’oreille pour entendre le bruissement des tissus de soie brodés de fil d’or, le cliquetis des innombrables rangs de perles baroques destinés à protéger la fertilité de la mariée contre les esprits malfaisants, et le chant des femmes qui accompagnent ces rituels si particuliers associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen – petite ville algérienne qui fut la capitale du pays jusqu’au XVIe siècle.

Une victoire pour cette communauté, toutes classes sociales confondues, pour qui ce costume et ces rites nuptiaux représentent un élément central de la culture, de l’histoire, du vivre ensemble et du savoir-faire artisanal.

«Le fait que les mariées soient belles ce jour-là se reflète sur la communauté tout entière. Pour les Tlemcéniens, chaque mariage est le mariage de toute la ville, c’est leur manière de perpétuer leurs traditions», raconte Leyla Belkaïd, designer, chercheuse en anthropologie du costume et de la mode, ancienne directrice du Master de Management du luxe à la Haute Ecole de Gestion à Genève également, auteur de plusieurs livres, notamment sur les costumes d’Algérie.

La seconde victoire, inscrite en filigrane, c’est de voir accepté, pour la première fois, un ensemble vestimentaire sur cette liste du patrimoine culturel immatériel. Ce qui est évident pour les chants et les danses, ou même pour la gastronomie, ne l’est pas pour ce qui se rapporte à l’apparat. Même si certains éléments vestimentaires comme le Batik indonésien ou la dentelle d’Alençon ont déjà conquis leurs lettres de noblesse auprès de l’Unesco, le tissu ne fait pas partie du même registre discriminatoire.

«Lorsque nous avons envoyé notre projet sous sa première forme, se souvient Leyla Belkaïd, nous avons senti qu’il y avait un doute par rapport à la pertinence de ce type de forme culturelle. Trop «matériel», trop luxueux, trop ostentatoire… Les a priori sont nombreux. Mais si ces objets-là sont beaux, c’est avant tout parce qu’ils reflètent tout l’inconscient, l’imaginaire, la poésie, l’histoire, le parcours d’une communauté à travers le corps, qui est notre interface à la fois la plus intime et la plus parlante.»

Dans la trame d’un vêtement, c’est tout un paysage qui se donne à voir – géographique, humain, spirituel. On y ressent la cohérence et la magie de ce lien qui se met en place entre une production et un lieu, lorsqu’il façonne les mains et les regards des artisans. Tlemcen, là où les robes de mariée façon pièce montée en faux satin polyester made in China n’ont pas encore avalé les traditions.

«Si on prête attention à ce costume-ci, d’autres pays vont suivre, estime Leyla Belkaïd. C’est un signal qui démontre qu’une initiative de ce type est faisable, valide et pertinente. Il faudrait que les Indiens se préoccupent de protéger le sari, les Japonais le kimono, les Coréens le hanbok, les Sardes leurs costumes villageois, avant que la globalisation ne finisse par effacer irrémédiablement cette forme fragile de patrimoine.»

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08/12/2012

Les OGM au Brésil

lu sur :

http://www.novethic.fr/novethic/ecologie,environnement,ogm,la_justice_bresilienne_rappelle_industrie_ordre_ogm,138666.jsp

Royalties illégales, obligation d'étiquetage et publicité mensongère, la justice brésilienne sanctionne l'industrie sur les OGM. Les règles du jeu pourraient changer dans le pays, deuxième producteur mondial de cultures génétiquement modifiées.

Au Brésil, plusieurs procès sur les OGM opposent les industriels aux agriculteurs et aux consommateurs. Et la justice donne surtout raison aux deux derniers. Sur le paiement des royalties versées à Monsanto d’abord, les agriculteurs du Rio Grande do Sul multiplient les plaintes contre le géant américain. Dans cet État, premier producteur de soja OGM, des dizaines d’organisations agricoles contestent les redevances sur leurs cultures. Ils ont eu gain de cause dans un premier procès, où Monsanto a été condamné à rembourser aux agriculteurs le double des royalties prélevées, au motif que ses brevets étaient expirés depuis 2010. En juin 2012, la Cour suprême a étendu ce verdict à l’ensemble du territoire brésilien.

Monsanto prélève des royalties sur les semences et sur la récolte

Mais la bataille est loin d’être terminée. Pour les agriculteurs, l’enjeu est d’arrêter de payer deux fois des redevances, au moment de l’achat des semences et au moment de la vente des récoltes. Cette « double peine » s’explique par l’histoire des OGM au Brésil. Les premières semences OGM étant entrées illégalement depuis l’Argentine, Monsanto n’avait pas pu recevoir des royalties sur la vente des graines. La compagnie décide donc de taxer un pourcentage de la récolte de soja, autour de 2-3%. C’est seulement après 2005 que le soja Roundup Ready est légalisé et qu’un marché des semences « soja RR » est formalisé. Mais la double redevance est maintenue. Pour les agriculteurs, Monsanto n’a aucune raison de continuer à se payer sur le volume de leur récolte.  D’autant que celui-ci peut être lié à leur travail ou à d’autres facteurs indépendants des semences. Ils dénoncent également la pratique consistant à tester les récoltes et taxer celle contenant des OGM, les contaminations entre leurs cultures OGM et non-OGM étant inévitables.

Pour la multinationale, la redevance sur les récoltes doit être maintenue au motif que les agriculteurs replantent illégalement les semences de soja GM d’une année sur l’autre sans payer les royalties. La nouvelle variété de soja RR2 lancée par Monsanto pour la saison 2012-2013 a mis de l’huile sur le feu, les royalties étant cinq fois supérieures. Les syndicats agricoles sont ainsi en procès contre Monsanto pour supprimer cette deuxième redevance.

« S’ils avaient le choix, ils retourneraient aux semences conventionnelles »

Malgré leur défiance à payer des royalties, les agriculteurs brésiliens ont largement adopté le soja RR qui résiste à l’herbicide Roundup. Cet OGM représente près de 70 % du soja brésilien, dans les exploitations familiales et les grandes entreprises. Pour Gabriel Bianconi, responsable du dossier OGM à l’ASPTA, une l’ONG brésilienne dédiée l’agriculture familiale, le succès des OGM auprès des agriculteurs est principalement lié au fait qu’il n’y ait rien d’autre sur le marché. « Dans l’État du Rio Grande do Sul, de nombreux agriculteurs nous disent que, s’ils avaient le choix, ils retourneraient aux semences conventionnelles, pour éviter les royalties mais aussi les nombreux problèmes de résistances des mauvaises herbes au Roundup», explique pourtant Gabriel Bianconi. L’Embrapa, l’Inra brésilien, a en effet identifié près d’une dizaine d’espèces sauvages devenues résistantes au glyphosate, l’agent actif du Roundup, dans les zones de production de soja. L’ONG ASPTA est d’ailleurs en procès contre l’industrie sur des enjeux de biosécurité. « Mais nous avons beaucoup plus de mal à faire valoir nos arguments , regrette Gabriel Bianconi, malgré les évidences de la dissémination incontrôlée des OGM dans l’environnement ».

Si les OGM vont continuer à dominer l’agriculture brésilienne, la coexistence entre cultures GM et conventionnelles devient un véritable enjeu, selon John Wilkinson, spécialiste des questions agricoles à l’Université fédérale rurale de Rio. La demande grandissante de soja non-OGM, en particulier du marché européen, change en effet la donne. « Certains gros acteurs du secteur se mettent à promouvoir les cultures conventionnelles », explique  l’expert. Dupont et Bunge ont en particulier créé la compagnie Solae qui fabrique des produits diététiques et pour bébé à base de soja sans OGM.

Etiquetage obligatoire quelque soit le pourcentage d’OGM

Deux autres jugements récents concernent la défense des consommateurs. En aout 2012, Monsanto a été condamné à payer 200 000 euros pour publicité mensongère pour avoir affirmé que l’utilisation conjointe du soja RR et du Round up était bénéfique à la préservation de l’environnement. En aout encore, un autre verdict a renforcé l’étiquetage des produits contenant des OGM. Depuis 2004, le Brésil impose de signaler la présence de plus de 1 % d’OGM dans un produit par un T dans un triangle jaune. L’industrie a mis plusieurs années à se soumettre à la règle, mais aujourd’hui le sigle trône dans les rayonnages. Or, le tribunal fédéral vient de durcir encore les règles en imposant un étiquetage mentionnant le pourcentage d’OGM, même s’il est inferieur a 1 %. L’industrie agro-alimentaire a fait appel.

Magali Reinert 

06/12/2012

Addiction au tabac : nouvelles

les surlignages sont de moi 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/12/06/bruxelles-passe-a-l-attaque-contre-le-tabac-a-sucer-suedois_1801089_3214.html

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Bruxelles passe à l'attaque contre le tabac à sucer suédois

LE MONDE | 06.12.2012 à 14h30 Par Olivier Truc - Stockholm, correspondance

Les rapports déjà compliqués entre la Suède et Bruxelles ne vont pas s'améliorer. La presse suédoise a fait état, mercredi 5 décembre, d'un projet de directive antitabac qui se traduirait par un durcissement de la position de la Commission européenne vis-à-vis du snus, une pâte de tabac à sucer consommée par de nombreux Suédois.

"Les hommes suédois sont ceux qui fument le moins dans l'UE et qui courent le moins de risques d'être frappés de maladies liées au tabagisme, plaide Johan Wredberg, porte-parole de Swedish Match, fabricant du produit, qu'il exporte en Norvège et aux Etats-Unis. 15 % des Suédois ont arrêté de fumer grâce au snus. Au lieu de l'interdire, l'Union européenne ferait mieux d'offrir aux fumeurs une alternative aux cigarettes."

En adhérant à l'UE en 1995, Stockholm avait obtenu une dérogation pour continuer à commercialiser sa pâte de tabac, assortie d'une interdiction de l'exporter dans le reste de l'UE. Principal fabriquant de snus, Swedish Match mène une campagne soutenue par le gouvernement suédois afin d'être autorisé à vendre son produit en Europe.

La Commission voudrait que les produits à base de tabac, snus ou chewing-gum, contiennent au moins 85 % de tabac. Le snus suédois en contient 50 % : les fabricants devraient ainsi augmenter la teneur en tabac. Dans le même esprit, Bruxelles voudrait également interdire les goûts de plantes ou de fruits, qui rendraient le snus plus attirant pour les jeunes consommateurs.

"Cela montre bien qu'ils ne sont pas contre les éventuels effets nocifs du snus, mais contre le produit en tant que tel", a déclaré Christoffer Fjellner, député européen conservateur suédois.

TROUS DANS LES GENCIVES

Les Suédois se sentent injustement traités, et la récente affaire John Dali a renforcé leur méfiance vis-à-vis de Bruxelles. Commissaire européen chargé de la consommation et de la santé, le Maltais John Dali a dû démissionner, à la mi-octobre, après avoir été mis en cause dans une enquête de l'Office européen de lutte antifraude : un homme d'affaires maltais aurait, en son nom, proposé à Swedish Match de changer la directive européenne en échange de 60 millions d'euros.

Mais tout le monde n'a pas, en Suède, une vision angélique du snus. Pour le professeur Gérard Dubois, président d'honneur de l'Alliance contre le tabac, "Les Suédois ont moins de fumeurs, mais plus de gens dépendants à la nicotine. Le snus est problématique, car il peut être une entrée dans le tabagisme, et il induit, en outre, une dépendance très forte à la nicotine."

Lorsque la Suède avait relancé son lobbying pro-snus après la prise de fonctions de l'actuelle Commission européenne, en février 2010, plusieurs responsables suédois avaient dénoncé le "mythe" selon lequel le snus sauverait les gens de la cigarette. Ils ont rappelé que le snus fait courir "un risque accru de cancer de l'oesophage et de l'estomac et d'accidents vasculaires cérébraux et autres maladies cardiovasculaires", sans compter les trous que creuse la pâte dans les gencives.

La directive sera à l'ordre du jour de la Commission dans les semaines à venir.

05/12/2012

L'EPR, qu'est-ce ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/04/l-epr-une-technologie-de-pointe-mais-des-ambitions-contrariees_1799523_3244.html

L'EPR, une technologie de pointe mais des ambitions contrariées


LE MONDE | 04.12.2012 à 11h14 • Mis à jour le 04.12.2012 à 16h46 Par Stéphane Foucart

Plus puissant, plus sûr, plus coûteux. En gestation depuis le début des années 1990, l'EPR (European

Pressurized Reactor) est une version améliorée des réacteurs à eau pressurisée (REP) de deuxième génération qui forment la totalité du parc français.

Conçu dans la foulée de l'accident de Tchernobyl (1986), il a pour principal atout de pouvoir mieux résister à une fusion du cœur du réacteur – situation la plus redoutée par les exploitants, qui s'est produite dans les réacteurs à eau bouillante de la centrale de Fukushima-I (Japon) en mars 2011.

Ainsi, si le cœur d'un EPR venait à fondre, le corium – les centaines de tonnes d'un magma très radioactif, issu de la fusion du cœur – pourrait théoriquement être contenu sur une "aire d'étalement" où il serait refroidi et circonscrit. L'EPR dispose en outre de quatre circuits de refroidissement autonomes, situés dans des bâtiments distincts et disposés autour du bâtiment-réacteur. Chacun de ces systèmes de refroidissement, cruciaux en cas de fusion du cœur, est conçu pour pouvoir fonctionner indépendamment, et y compris en cas de coupure électrique.

"MANQUE DE RIGUEUR"

Autre point fort du nouveau réacteur : le confinement des piscines de refroidissement des combustibles usées. A Fukushima, elles sont situées dans les parties supérieures et non étanches des bâtiments-réacteurs. Et c'est l'échauffement des barres de vieux combustible qui y sont entreposées qui provoque la diffusion de particules radioactives dans l'atmosphère.

Outre ces progrès, EDF et Areva mettent aussi en avant des performances accrues. Avec 1 650 mégawatts, l'EPR sera le plus puissant réacteur en service au monde avec, de surcroît, un rendement énergétique supérieur de 17 % aux rendements actuels, des effluents et des déchets radioactifs réduits...

Mais entre les améliorations théoriques et leur réalisation, il semble y avoir comme un hiatus. En 2008, l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) avait dénoncé "un manque de rigueur de l'exploitant sur les activités de construction, des difficultés dans la surveillance des prestataires et des lacunes en matière d'organisation", prescrivant à EDF la suspension de certains travaux "à la suite de multiples écarts constatés dans le ferraillage ou le bétonnage des radiers constitutifs de l'îlot nucléaire".

Lire aussi :  L'EPR, chronique d'un chantier qui s'enlise

L'année suivante, les autorités de sûreté française, finlandaise et britannique ont demandé "une amélioration de la conception initiale" du réacteur en raison d'une autonomie insuffisante des systèmes de contrôle... Peu après l'accident de Fukushima, André-Claude Lacoste président de l'ASN, déclarait : "Si la question d'un moratoire se pose, et nous nous la posons, ce sera sur la construction de Flamanville."

Lire aussi : La rentabilité de l'EPR en question

Stéphane Foucart

03/12/2012

Soleil, vitamine D et sclérose en plaque ; maïs et diabète

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Des travaux de chercheurs anglais, publiés dans la revue Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, montrent « l’impact de l’ensoleillement dont a bénéficié la mère pendant la grossesse sur le risque ultérieur de l’enfant au cours de sa vie » d’être atteint de sclérose en plaques, indique Le Figaro.

Les chercheurs britanniques, qui ont compilé toutes les études scientifiques consacrées dans le monde à ce sujet et ont analysé les dates de naissance de 152 000 personnes souffrant de sclérose en plaques dans les pays du Nord de l’Europe et de l’Amérique du Nord, ont constaté « un risque accru de cette maladie de l’ordre de 5% pour les personnes nées au mois d’avril par rapport à ce que l’on pourrait attendre si l’exposition au soleil ne jouait aucun rôle ».

Les auteurs concluent que « (…) cela conforte l’hypothèse d’une intervention précoce, pendant la grossesse, par une supplémentation en vitamine D pour prévenir la sclérose en plaques ».

Le Figaro, 03/12

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Des chercheurs de l’université de Californie du Sud et de l’université d’Oxford, dont les travaux ont été publiés en ligne par la revue Global Public Health fin novembre, ont découvert que « les pays où l’on consomme beaucoup de boissons contenant du sirop de maïs à haute teneur en fructose présentent une prévalence du diabète de type 2, souvent associé à l’obésité, de 20% supérieure aux pays qui n’y ont pas ou peu recours », indique Le Monde. 

Le Monde, 01/12

NDDL : deux ARRÊTÉS PRÉFECTORAUX en prévisions de nouvelles actions des forces de l'ordre

Voir :

http://7seizh.info/2012/12/02/notre-dame-des-landes-semaine-sans-carburant-du-3-au-10-decembre-vers-lassaut-final/

Notre-Dame-des-Landes, semaine sans carburant du 3 au 10 - 7seizh

Notre-Dame-des-Landes, semaine sans carburant du 3 au 10 décembre : vers l’assaut final ?

2 décembre 2012
By 

Les rumeurs vont bon train autour de Notre-Dame-des-Landes depuis deux jours. En effet, vendredi 30 novembre le préfet a pris un « arrêté portant interdiction temporaire de transport de carburant » sur le territoire de Notre-Dame-des-Landes et de Vigneux-de-Bretagne. A cela sont venues s’ajouter les rumeurs de familles de gendarmes annonçant qu’une opération d’assaut sur la zone squattée était envisagée après le 5, et il n’en faut pas plus pour mieux comprendre une interdiction unique du 3 au 10 décembre. (voir le document). Un second arrêté portant interdiction temporaire de transport d’explosifs, produits inflammables, feux d’artifice a été pris le même jour (voir le document)

Après une semaine d’effets d’annonces de la part du premier ministre Ayrault, la discussion ne prend pas le même sens partout. A Notre-Dame-des-Landes côté zadistes et paysans, les échanges se font sous forme de grandes assemblées générales où chacun peut prendre librement la parole et exposer ses idées.

Mais côté Premier Ministre et ses représentants, discussion rime avec force de l’ordre en mission longue durée. Les heurts n’ont pas cessé même s’ils ne sont plus relayés par les médias. Et avec l’arrêté préfectoral pris, il semble bien qu’une opération d’envergure d’éradication de la contestation soit la forme de discussion choisie pour faire accepter la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

En réponse, les Zadistes appellent tous ceux qui le peuvent à les rejoindre pour renforcer les rangs. L’Acipa appelle à un rassemblement mardi à 10h au Tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire et jeudi à 10h30 au Tribunal administratif de Nantes.

César, vexé d’une résistance si insolente, arrivera-t-il à bout du désormais fameux village d’irréductibles sur la Lande de Bretagne ?

Demain, il fera jour. Affaire à suivre.

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et aussi,

communiqué :

NDDL : Nouvelle vague de répression, expulsion, destruction,

Différentes sources le confirment, une opération militaire d’envergure serait prévu pour vider la ZAD de ses habitant-e-s le 05/12 et ce durant 3 jours.

-http://lutteaeroportnddl.com 

-http://zad.nadir.org -

 De plus, des arrêtés pris par le préfet sont assez suspects et corroborent l’info.  
 Le jugement de destruction pour les constructions du 17/11 se fera le 4, et on se doute bien que la justice ne penchera pas du côté de la résistance…

INFO, on apprend que la Préfecture,de Nantes, jamais en mal d’innovations, a pondu un arrêté interdisant le transport d’essence sur les communes de Notre Dame des Landes et Vigneux du 03 au 10 décembre. Parait que ca pourrait servir à incendier véhicules et bâtiments. Apparemment les poulets n’aiment pas les coqs-tails.

..Possible action le 5 décembre...  
 Si Résistance...PLUS GROSSE ACTION avec renforts supplémentaires prévu le 10 décembre ...
 Cela va parfaitement avec l’interdiction de transport des carburants dans votre secteur..."


Et voici, l’arrêté préfectoral du préfet Lapouze qui interdit le transport des explosifs, produits inflammables, feu d’artifices à Notre Dame des Landes et Vigneux de Bretagne dans la période entre le 3 et 10 décembre.

 ARRÊTÉ PRÉFECTORAL pour Vigneux de Bretagne et Notre dame des Landes :
- Interdiction pour le transport de Carburant 
- Interdiction pour le transport des explosifs, produits inflammables, feu d’artifices 
entre le 3 et 10 décembre.

 Ça veut dire qu’il y aura éventuellement des fouilles des véhicules !

Ça veut dire à notre compréhension, qu’il y a des choses qui se préparent de leur coté,..

"A Messieurs HOLLANDE et AYRAULT   vous qui vous sentez si forts de votre armée d’occupation. Préparez-vous à des nuits blanches car la conscience collective et la contestation n’a jamais été aussi fortes concernant ce projet sur l’ensemble du territoire. 
A vouloir courir après les patrons du CAC 40, à vous pavaner en compagnie des pontes du Medef lors de leurs agapes estivales en leur promettant une autoroute libéral sans péage (une autoroute Vinci bien sûr) où faire rouler leur profits, vous avez tourné le dos au peuple. 
Le peuple ne pardonne pas, n’oublie pas et il lui revient en dernier ressort de juger de la légitimité de ses représentants . N’oubliez jamais l’acte fondateur de notre république……"


L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.

02/12/2012

La qualité de l'eau potable dans votre commune

communiqué:

Bonjour,
 
vous le savez, Anticor se bat pour la transparence démocratique. Dans certains domaines, on progresse petit à petit. Alors, même si le lien avec Anticor n'est pas des plus directs, saluons les initiatives qui vont dans le sens de cette transparence due aux citoyens. 
Le Ministère de la santé a mis en ligne il y a peu, sur son site, les résultats des contrôles sanitaires de la qualité de l'eau potable effectués par les agences régionales de santé, régulièrement mis à jour pour toutes les communes de France (celles qui n'y seraient pas encore doivent y être prochainement).
 
Vous pouvez vérifier pour votre propre commune la qualité de votre eau potable, vous pouvez cliquez sur la carte interactive en lien ci-dessous, puis cherchez votre commune dans la liste des communes de votre département :

 
En espérant que vous n'y découvrirez pas de mauvaises surprises, bien cordialement.
 
L'ÉQUIPE ANTICOR

01/12/2012

Rail : Contestation de la liaison Lyon-Turin

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/01/la-liaison-lyon-turin-de-plus-en-plus-contestee_1798743_3244.html

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La liaison Lyon-Turin de plus en plus contestée

LE MONDE | 01.12.2012 à 11h51 Par Rémi Barroux

La grogne monte contre la ligne ferroviaire Lyon-Turin, censée favoriser le ferroutage de part et d'autre des Alpes. Cette contestation qui s'étoffe ouvre, après l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une nouvelle ligne de front entre les écologistes et le gouvernement. Car François Hollande et Jean-Marc Ayrault entendent mener à bien, coûte que coûte, les deux chantiers, inscrits dans la politique de transport et d'aménagement du territoire.

Le chef de l'Etat français et le président du conseil italien, Mario Monti, devraient réaffirmer, à l'occasion du sommet France-Italie qui se tient à Lyon lundi 3 décembre, l'intérêt du projet transalpin.

Le 28 novembre, lors du conseil des ministres, dans la continuité des engagements pris par Nicolas Sarkozy et le gouvernement de François Fillon, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé un projet de loi "autorisant l'approbation de l'accord pour la réalisation et l'exploitation d'une nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin".

Les opposants – écologistes, associations de défense de l'environnement, agriculteurs et élus locaux – ont fait connaître leur détermination à bloquer le projet lors d'un "avant-sommet" qui s'est tenu vendredi et samedi à Lyon.

PLUS LONG QUE LE TUNNEL SOUS LA MANCHE

Le député européen José Bové, également très en pointe dans la bataille de Notre-Dame-des-Landes, et plusieurs élus d'Europe Ecologie-Les Verts devaient être présents.

Le Lyon-Turin est un chantier titanesque, plus long que le tunnel sous la Manche, et très complexe compte tenu du relief et de la géologie. Aujourd'hui, seuls 10 % des marchandises traversent les Alpes entre la France et l'Italie par le rail, contre 60 % en Suisse et 30 % en Autriche.

Les partisans du projet mettent donc en avant sa forte ambition environnementale qui permettra de réduire le trafic routier et ses nuisances. Tout en renforçant la sécurité.

Les "anti" qu'ils soient français, suisses ou italiens, tentent de fédérer leurs forces. Les Français devaient ainsi recevoir le soutien de leurs homologues italiens, plus virulents, qui comptent manifester lundi à Lyon et dont plusieurs militants étaient bloqués à la frontière samedi matin.

"SUSPICION DE CONFLIT D'INTÉRÊTS"

Globalement, ils réclament des mesures préalables, comme en Suisse, où le transport routier a été fortement taxé, et estiment que la ligne historique, celle qui passe par le tunnel du Mont-Cenis est suffisante pour assurer le fret, en forte diminution. Ils dénoncent "les désastres environnementaux", et plus précisément "les conflits d'intérêts et les rapports douteux" ainsi que les coûts "exorbitants " du futur tunnel.

Le député (UMP) de Savoie et maire d'Aix-les-Bains, Dominique Dord, a ainsi exprimé son doute sur "les informations officielles sur lesquelles nous fondons nos raisonnements et nos décisions", allant jusqu'à évoquer une "suspicion de conflit d'intérêts au sein même de la commission d'enquête" publique.

Lancé lors d'un sommet franco-italien en 1991, le projet est aussi un casse-tête financier. Le coût du tunnel dit "de base" entre l'Italie et la France, a été d'abord évalué à 8,5 milliards d'euros. Mais, selon la Cour des comptes qui a adressé, en août, à Jean-Marc Ayrault un référé sur le projet, les "coûts prévisionnels sont en forte augmentation".

L'estimation du coût global est passée de 12 milliards d'euros, en comptant les accès au tunnel côté français, à "26,1 milliards d'euros". Et de regretter que "d'autres solutions alternatives moins coûteuses ont été écartées sans avoir été explorées de façon approfondie".

IL FAUT AUSSI INVESTIR DANS LES TRAVAUX D'ACCÈS

L'Elysée et le gouvernement sont conscients du problème que représente le financement du projet, surtout en période de recherche d'économies. A Lyon, François Hollande devrait appeler l'Union européenne au secours et lui demander de maximiser son financement. Soit 50 % du coût des travaux préparatoires et 40 % des travaux définitifs. Rien de sûr. L'allocation de ces sommes dépend du futur budget européen 2014-2020, lui aussi soumis aux lois de la rigueur. Sans ces engagements, avance-t-on au gouvernement, "il sera impossible de conclure".

Outre le financement du tunnel lui-même, il faut aussi investir dans les travaux d'accès et la mise en cohérence du schéma de transport, notamment le contournement du Grand Lyon.

Des milliards d'euros qui reposeront sur l'Etat français et les collectivités territoriales. Si les partisans du projet, conscients du problème financier, veulent dissocier les deux étapes du projet Lyon-Turin, beaucoup reconnaissent qu'elles sont complémentaires et indispensables à la cohérence globale. Une partie des enquêtes d'utilité publique sur ces travaux "franco-français" est en cours.

Les opposants entendent bien batailler ferme à cette occasion. La mise en service du tunnel, prévue pour 2023, pourrait être repoussée à 2028-2029.

lire aussi sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/07/liaison-ferroviaire-fret-et-tgv-entre-lyon-et-turin-la-cour-des-comptes-s-invite-dans-le-debat_1786937_3234.html

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Liaison ferroviaire fret et TGV entre Lyon et Turin : la Cour des Comptes s'invite dans le débat

LE MONDE | 07.11.2012 à 11h37 • Mis à jour le 07.11.2012 à 15h30 Par Philippe Jacqué

A mesure que l'on se rapproche du sommet franco-italien du 3 décembre à Lyon, qui doit donner le top départ du projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin, via un nouveau tunnel de 57 km sous les Alpes à partir des quatre galeries déjà creusées, la tension monte.

Après la demande des Verts, fin octobre, d'un report sine die de ce chantier, les promoteurs et les opposants de la nouvelle ligne mixte fret et voyageurs (à grande vitesse à l'horizon 2035) se réunissaient mercredi 7 novembre.

 

Les pour se sont donné rendez-vous au Sénat pour un séminaire qui devrait en appeler au président de la République. Les contre se retrouvent pour leur part à Montluel dans l'Ain. Dans leur combat, ils peuvent désormais compter sur un nouvel allié : la Cour des comptes, qui est partie en croisade ces derniers mois contre tous les grands projets d'infrastructure coûteux.

"RISQUE DE SATURATION"

Dans un référé, un avis consultatif à destination du gouvernement rendu public lundi, les magistrats financiers regrettent le pilotage d'un projet, lancé officiellement en 2001 pour 2025, qui ne répond pas "aux exigences de rigueur nécessaires à une opération de cette ampleur et de cette complexité".

Pis, la Cour souligne le dérapage du coût prévisionnel du Lyon-Turin, qui est passé de 12 milliards d'euros en 2002, à 26,1 milliards d'euros, réévalués cette année.

L'institution de la rue Cambon estime également que "les prévisions de trafic établies dans les années 1990, qui envisageaient la poursuite d'une forte croissance, ont été fortement remises en cause depuis. Le risque de saturation des infrastructures existantes n'est aujourd'hui envisagé qu'à l'horizon 2035", rendant de fait le projet inutile...

Enfin, critique la Cour, "la mobilisation d'une part élevée de financements publics se révèle très difficile à mettre en oeuvre dans le contexte actuel". La Cour "dénonce les grossières sous-évaluations des coûts, les prévisions de trafic fantaisistes et surévaluées", assure la coordination contre le projet Lyon-Turin, qui exige la fin des travaux préparatoires déjà engagés.

Dans sa réponse aux magistrats, le premier ministre défend la pertinence du projet : "Même dans des perspectives de trafic dégradées, le besoin d'une infrastructure performante entre la France et l'Italie est avéré pour aboutir à un report modal substantiel." Des mesures sont d'ailleurs promises pour obliger les poids lourds à utiliser le nouveau tunnel ferroviaire, notamment ceux qui passent la frontière par Vintimille, à l'est de Nice.

NOUVEAUX AMÉNAGEMENTS

Jean-Marc Ayrault réfute, par ailleurs, tout dérapage financier excessif de ce projet qui fait l'objet d'un traité international avec l'Italie. Le coût du seul tunnel reliant la France à l'Italie est passé de 8 à 8,5 milliards d'euros en dix ans. Le reste du projet, notamment la partie italienne, a certes augmenté, du fait d'un changement de tracé, mais il sera à la charge de l'Italie.

En France, les accès aux tunnels sont évalués par Réseau ferré de France (RFF) à 11,4 milliards d'euros. Cette somme, qui sera dépensée par phase, inclut aussi de nouveaux aménagements ferroviaires pour le réseau rhône-alpin.

Quant au tunnel international, minimise Jacques Chiron, sénateur (PS) de l'Isère et l'un des promoteurs du Lyon-Turin, "le coût pour la France sera limité à 2 milliards d'euros". L'Italie contribuera à hauteur de 3 milliards, alors que la Commission européenne devrait s'engager sur les 3,5 milliards restants. L'Union européenne a, en effet, fait de cet axe européen est-ouest une priorité, complémentaire à l'axe nord-sud.

Après avoir longtemps buté sur une forte opposition locale, celle des No TAV notamment, l'Italie a depuis amendé son projet. Mieux, mi-octobre, le gouvernement de Mario Monti a inscrit, dans son budget triennal 2013-2015, 790 millions d'euros pour sa phase d'étude.

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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART (demandez moi l'article si vous n'êtes pas abonné):

Lyon-Turin: l'énorme projet projet ferroviaire concentre toutes les critiques
PAR JADE LINDGAARD

Par quel mystère, en pleine disette d’argent public, la France et l’Italie s’apprêtent-elles à dépenser plusieurs milliards d’euros pour construire un tunnel dont l’utilité est contestée par les services de l’Etat ? Quête désespérée de croissance économique et d’emplois, assurance bureaucratique, pantouflage, conflits d’intérêt… comme un parfum de Notre-Dame-des-Landes.

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