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22/01/2013

Les OGM mis en échec par les insectes (sélection naturelle)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/22/monsanto-tente-d-endiguer-la-resistance-d-un-coleoptere-a-son-mais-insecticide_1820405_3244.html

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LE MONDE | 22.01.2013 à 10h50 Par Gilles van Kote

L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a confirmé, dans un document mis en ligne jeudi 17 janvier, l'apparition, chez la chrysomèle du maïs, de résistances à la variété transgénique mise au point par Monsanto pour lutter contre ce parasite.

Des travaux publiés en 2011 dans la revue scientifique PLos One avaient mis en évidence l'apparition, dans l'Iowa, de cette résistance à la toxine insecticide Cry3Bb1, produite par le maïs grâce à un gène transplanté d'une bactérie, Bacillus thurigiensis (Bt). L'EPA affirme aujourd'hui que l'Illinois est également concerné et qu'il existe de fortes présomptions que le Dakota du Sud, le Wisconsin, le Nebraska et le Minnesota le soient également.

Face à cette situation, l'agence fédérale se dit prête à "collaborer avec Monsanto (...) afin d'éviter une aggravation de la baisse de sensibilité des populations de chrysomèles du maïs à la toxine Cry3Bb1".

Une réaction qui n'étonne pas Denis Bourguet, généticien des populations à l'Institut national de la recherche agronomique, dans la mesure où, "historiquement, l'EPA affirme depuis le début que les toxines Bt constituent un bien public et que, à ce titre, des plans de gestion de la résistance doivent être mis en place".

Selon le chercheur, l'apparition d'une résistance chez le coléoptère, quelques années seulement après le début de la culture du maïs Bt, peut s'expliquer par trois facteurs : une insuffisante mise en place de zones refuges pour l'insecte plantées de maïs conventionnel ; la moindre efficacité de la toxine que celle qui cible un autre ravageur du maïs, la pyrale, qui n'a toujours pas développé de résistance après plus de quinze ans ; la présence à une fréquence élevée de gènes de résistance chez les chrysomèles.

REFUGE DANS UN SAC

Parmi les solutions que l'EPA préconise à Monsanto d'appliquer, l'une consiste à développer la vente de semences transgéniques mélangées à des semences conventionnelles, une technique baptisée refuge in a bag ("refuge dans un sac") : la présence d'une certaine densité de maïs non transgénique est censée avoir le même effet que l'existence de zones refuges à proximité des champs de maïs génétiquement modifié.

Monsanto a également l'intention d'accélérer la commercialisation de variétés de maïs comportant au moins une autre toxine insecticide que Cry3Bb1, qui serait fatale aux coléoptères ayant développé une résistance à celle-ci. "On peut espérer ainsi prolonger l'efficacité du maïs transgénique de quelques années, mais c'est beaucoup moins efficace que d'associer d'entrée deux toxines, dans une sorte de bithérapie, assure Denis Bourguet. Dans ce cas, on peut penser que les premières résistances ne seraient apparues qu'après plusieurs dizaines d'années."

Dans une déclaration à l'agence de presse Blooomberg, une porte-parole de Monsanto a déclaré que la firme de Saint Louis travaillait avec les cultivateurs à réduire le nombre de champs ravagés par la chrysomèle. La vente de maïs a représenté 43 % du chiffre d'affaires de l'entreprise en 2012.

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sur le même sujet : (dernières nouvelles : cette information est fausse; voir la note du 23/1/2013)

  • 22 janvier 2013 - 17H23  
  • http://www.france24.com/fr/20130122-ogm-commission-europeenne-gele-le-processus-dautorisations-culture
OGM: la Commission européenne gèle le processus d'autorisations de culture

AFP - La Commission européenne a décidé de geler le processus d'autorisation de mise en culture des OGM dans l'Union européenne jusqu'à la fin de son mandat en 2014 et de rechercher un règlement négocié avec les Etats membres.

"La Commission, si elle le veut, peut lancer le processus pour autoriser la culture d'un soja et de six maïs OGM, dont le MON810, mais elle ne le fera pas", a assuré mardi à l'AFP Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire à la Santé Tonio Borg, en charge du dossier.

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