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23/02/2013

Règles a minima pour le pétrole en mer

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/compromis-critique-sur-la-securite-des-forages-en-mer_1836990_3244.html

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Compromis critiqué sur la sécurité des forages en mer

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h13

Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, bureau européen

A la veille d'un conseil européen des ministres de l'énergie, la Commission européenne, le Conseil (les Etats) et le Parlement se sont mis d'accord, jeudi 21 février, sur un projet de directive concernant les forages de pétrole et de gaz en mer.

Le texte impose de nouvelles règles aux compagnies dans le domaine de la sécurité et du respect de l'environnement. Il clarifie les responsabilités des exploitants et espère, à terme, les obliger à démontrer qu'ils disposent des ressources nécessaires pour couvrir les dégâts qui pourraient être causés à la nature. Il insiste aussi sur la prévention des catastrophes et la mise au point de plans d'urgence.

C'est "une occasion manquée", estime pourtant Eva Lichtenberger, du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. "Un accord décevant", juge pour sa part l'association Oceana, qui lutte pour la protection des mers.

Au départ, la Commission voulait réduire le danger des forages les plus risqués. Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, avait évoqué la nécessité d'un moratoire. C'était en avril 2010, au lendemain du choc provoqué par la marée noire survenue dans le golfe du Mexique, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, exploitée par BP. L'émotion est retombée, la pression de certains pays – dont la Grande-Bretagne, qui exploite la moitié des mille plates-formes européennes – a été forte, et la Commission a dû négocier avec des Etats réticents et des députés européens divisés entre ceux qui entendaient donner la priorité aux intérêts économiques et ceux qui défendaient des mesures de précaution environnementales.

AUCUN MORATOIRE

Les critiques déplorent que l'Agence européenne pour la sécurité maritime ne soit pas dotée de compétences supplémentaires et que son intervention soit limitée aux situations "post-catastrophe". Les défenseurs de l'environnement regrettent qu'aucun moratoire ne soit prévu pour les forages dans la zone arctique.

Oceana évoque une disposition "honteuse" : les normes imposées aux compagnies seront différentes selon qu'elles opèrent en Europe ou en Afrique, par exemple. "Une lacune monstrueuse, commente Nicolas Fournier, conseillerpolitique de l'ONG. Nous avons seulement obtenu que les compagnies doivent rendre compte d'un accident à leur autorité nationale, mais il y a des chances que ces rapports dorment sur une étagère..."

Un dernier doute subsiste quant à l'obligation faite aux sociétés pétrolières d'apporter la preuve qu'elles sont aptes à couvrir les coûts d'une catastrophe. Ceux-ci pourraient osciller annuellement entre 205 et 915 millions d'euros selon l'ampleur de l'accident, estime la Commission. Les procédures financières à mettre en place le seront avant la fin de l'année, promet-elle.

La catastrophe de Deepwater Horizon

a coûté jusqu'ici 28,3 milliards d'euros à BP. Depuis 1974, l'exploitation pétrolière en mer a entraîné la fuite de 2,2 millions de tonnes de pétrole en Europe.

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