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28/02/2013

La pollution des mers, omniprésente, partout

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/28/le-reve-terni-des-naturalistes-dans-les-eaux-de-papouasie_1840498_3244.html

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Le rêve terni des naturalistes dans les eaux de Papouasie

LE MONDE | 28.02.2013 à 16h03 • Mis à jour le 28.02.2013 à 16h03

Par Laurence Caramel

Les explorateurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) sont arrivés trop tard. La baie de Madang, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, n'est plus "le hotspot des hotspots de la biodiversité marine", le lieu dont tous les naturalistes ont rêvé. "Déçu", Philippe Bouchet, le chef de l'expédition le dit sans ambages. "Ce qu'on a observé est un peu inquiétant. On imaginait que ce lieu était resté à l'écart du rouleau compresseur du développement, eh bien non ! Même en mer de Bismarck, la pollution liée aux activités humaines est présente."

Philippe Bouchet a présenté, mercredi 27 février, à Paris, les premiers résultats de la campagne menée entre octobre et novembre 2012, la plus vaste jamais menée dans cette région du globe. 730 prélèvements côtiers et 150 prélèvements au large, jusqu'à 1 000 mètres de profondeur, ont été réalisés, fournissant une somme d'échantillons dont les chercheurs anticipent qu'ils recèlent entre 500 et 1 000 espèces nouvelles, pour l'essentiel des mollusques, qui étaient la cible première du projet. Une évaluation qui fait dire à Philippe Bouchet que cette expédition – malgré les déconvenues – reste "exceptionnelle".

BOUES ROUGES

Rien ne laissait présager aux plongeurs du Muséum qu'ils allaient être confrontés à un écosystème attaqué. "Les indicateurs habituels – comme le taux de couverture de coraux vivants – nous disaient que tout allait bien", explique M.Bouchet. "C'est un peu comme si nous avions trouvé un magnifique château, sans tous ses habitants", poursuit-il.

Les eaux de surface ne trahissent aucun changement. En revanche, sur les fonds, au large des côtes, la déforestation à l'œuvre, à terre, a charrié moult sédiments. Par endroits, une pellicule de boues rouges, épaisse de 2 cm à 8 cm, directement liée à l'usine de nickel de Basamuk, située sur la côte, recouvre tout. Canettes, morceaux de plastique, boîtes en aluminium... font aussi partie de ce que les filets du navire de recherche, l'Alis, ont sorti en raclant les fonds à 1 000 mètres de profondeur. Philippe Bouchet a alerté les autorités locales : "Elles en étaient un peu conscientes, mais sans avoir vraiment pris la mesure de la situation."

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