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28/03/2013

Le cerveau des abeilles affecté par les pesticides

lu sur :

http://www.directmatin.fr/environnement/2013-03-27/les-pesticides-perturbent-le-cerveau-des-abeilles-431385

Les pesticides perturbent le cerveau des abeilles

Des pesticides pouvant être utilisés pour sur les cultures ou dans les ruches perturbent le fonctionnement du cerveau des abeilles, affectant notamment leurs facultés de mémoire et d'orientation, selon une étude publiée mercredi.

Cette étude paraît dans Nature Communications alors que la Commission européenne propose d'interdire, pendant deux ans, l'utilisation de plusieurs pesticides mortels pour les abeilles. Cette proposition, visant des substances appelées néonicotinoïdes, a été rejetée à la mi-mars par une majorité d'Etats, mais la Commission a annoncé un nouveau vote au printemps en espérant une entrée en vigueur au 1er juillet.

L'étude s'intéresse aux effets sur le cerveau des abeilles de deux de ces néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures, ainsi qu'à un autre type de pesticides, appelés organophosphorés, en l'occurrence le coumaphos, parfois utilisé contre le parasite Varroa dans les ruches, selon les chercheurs.

En cas d'exposition à des concentrations similaires à celles constatées en champs, les abeilles subissent des perturbations, ont-ils observé.

"Ensemble, ces deux classes de pesticides montrent un impact négatif plus grand sur le cerveau de l'abeille et semblent inhiber l'apprentissage des abeilles", a indiqué à l'AFP, Christopher Connolly, chercheur au centre de recherche médical de l'université de Dundee (Ecosse) et co-auteur de l'étude.

Le 16 janvier, l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait rendu des conclusions, qualifiées d'"inquiétantes" par la Commission européenne, sur l'impact sur le nectar et le pollen des trois néonicotinoïdes que Bruxelles souhaite aujourd'hui suspendre.

Les auteurs de l'étude appellent pour leur part à un examen plus approfondi des alternatives possibles à ces substances, dont les effets sur la santé des abeilles restent faibles, assurent les fabricants, lorsqu'ils sont utilisés dans les règles.

Dans un commentaire, un professeur d'apiculture de l'Université du Sussex, Francis Ratnieks, a estimé pour sa part que les concentrations de pesticides utilisées dans l'étude sont plus importantes que celles constatées dans la réalité. "Nous ne savons pas si des niveaux faibles de nénicotinoïdes dans le nectar et le pollen des plantes traitées (...) ont des impacts négatifs dans le monde réel", a-t-il estimé.

AFP

Informations santé/société

lues sur :

http://presse-inserm.fr/jeudi-28-mars-2013/7556/?

Interdire de fumer dans les voitures, en présence d’enfants

Le sénateur socialiste de Loire-Atlantique, Yannick Vaugrenard, a proposé, hier, d’interdire de fumer en voiture, en présence d’enfants, et a, dans cette optique, interpellé la ministre de la Santé à l’Assemblée nationale, explique Le Figaro.

Il a souligné que « les parents n’ont pas toujours conscience de l’intensité du tabagisme passif dans une voiture ».

Les médecins spécialisés en santé publique souhaitent surtout détourner les enfants du « mauvais exemple » donné par leurs parents, un enfant ayant « plus de risques d’expérimenter le tabac si ses parents sont fumeurs et plus encore si ses parents fument devant lui », indique le quotidien.

Afin de « dénormaliser » le tabac, la Ligue contre le cancer incite à la création d’espaces publics extérieurs non-fumeurs.

En réponse à la demande de Yannick Vaugrenard, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a souligné que le gouvernement réfléchissait à « une interdiction du tabac dans des lieux publics collectifs qui accueillent des enfants comme les parcs publics ou les jardins d’enfants ».

Le Figaro, 28/03

lues sur :

http://presse-inserm.fr/mercredi-27-mars-2013-2/7549/?

Le Congrès de la Société Francophone du diabète s’intéresse au rôle de l’intestin et de la flore intestinale

L’AFP souligne que « la flore intestinale et l’intestin grêle et leur rôle dans le diabète de type 2 (…) sont l’un des sujets vedettes du congrès de la Société Francophone de diabète » qui a lieu depuis hier à Montpellier.

Le Pr Rémy Burcelin, directeur de recherche à l’Inserm de Toulouse, explique : « Nous avons un certain nombre de gènes parentaux, notre génome qui définit notre susceptibilité à devenir diabétique. Mais il y a l’environnement qui, lui, définit le risque ». Et d’ajouter : « Et dans cet environnement, il peut y avoir les pesticides, le fait de décider de trop manger, de ne pas faire assez d’exercice physique, ou encore l’impact sur la flore intestinale ».

Un vaccin est actuellement testé à Toulouse chez la souris, indique l’agence de presse. « On est à l’ère primaire de l’approche thérapeutique », estime le chercheur.

AFP, 26/03

Encore un rappel d'Histoire contemporaine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/21/morts-par-la-france_1852096_3224.html

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 21.03.2013 à 17h16 • Mis à jour le 25.03.2013 à 16h25 

Il est des recherches d'historien qui virent peu à peu à l'enquête de police, sans l'inconvénient des lois de prescription. Il en est ainsi des travaux d'Armelle Mabon, maître de conférences à l'université Bretagne-Sud, à Lorient (Morbihan). Depuis 1996, cette femme combative tente d'élucider ce qu'il reste d'énigme dans l'un des grands drames de l'histoire coloniale française : le massacre par l'armée française de dizaines de tirailleurs africains à Thiaroye, au Sénégal, le matin du 1er décembre 1944.

Les archives officielles - rapports, circulaires, enquêtes - se livrant à une réécriture de l'affaire, il lui a fallu trouver ailleurs la vérité. Depuis dix-sept ans, elle convoque donc la science balistique, collationne les expertises d'armuriers, confronte les récits et les chronologies des témoins ou de leurs descendants, repère les contradictions au sein des rapports qu'elle répertorie patiemment dans des tableaux Excel. Bref, de l'investigation à part entière, d'où affleure peu à peu la vérité.

"UN MENSONGE D'ETAT DEPUIS SOIXANTE-DIX ANS"

Thiaroye : de prime abord, cette page d'histoire est connue et même reconnue. La France a officiellement admis le massacre, en 2004. Lors d'un voyage au Sénégal, en octobre 2012, François Hollande a fait explicitement référence à cette "répression sanglante" dans un discours prononcé à Dakar. Mais, en même temps, le scénario de la fusillade et jusqu'au nombre des victimes restent en grande partie obscurs. L'armée française s'est toujours abritée derrière l'explication de la réaction à une mutinerie armée. "Un mensonge d'Etat depuis soixante-dix ans", peste l'historienne. "Une fable", confirme le général André Bach, ancien responsable des archives de l'armée de terre.

Rappel des faits ou du moins de ce que l'on en sait. En 1940, les tirailleurs sénégalais - appellation générique désignant des combattants de plusieurs pays d'Afrique noire - participent à la campagne de France. Des milliers meurent au combat. Entre 1 500 et 3 000 d'entre eux, sitôt faits prisonniers, sont froidement abattus par des soldats allemands gavés d'idéologie suprémaciste. Après l'armistice, près de 70 000 soldats indigènes venus de tout l'empire sont internés dans des camps de prisonniers aménagés sur le territoire français (frontstalags), le régime nazi ne voulant pas de la présence de ces "races inférieures" sur le sol du Reich. La sous-alimentation, le froid, la maladie et le travail forcé déciment les prisonniers. Des internés parviennent à s'évader, cachés par la population complic$e, et rejoignent parfois les rangs de la Résistance.

ARRIÉRÉS DE SOLDE

Dès 1944, les frontstalags sont libérés au fil de l'avancée des forces alliées. L'administration organise le rapatriement de leurs occupants africains vers les colonies. Deux mille tirailleurs se retrouvent ainsi, le 3 novembre 1944, à Morlaix (Finistère). De là, ils doivent embarquer sur le Circassia. Mais les soldats exigent au préalable de recevoir leurs arriérés de solde, quelques milliers de francs de l'époque. Trois cents s'obstinent, refusent de monter à bord et sont expédiés manu militari dans un centre de détention des Côtes-d'Armor. Les autres obtempèrent finalement après avoir touché un quart de la somme et surtout après avoir reçu la promesse de recevoir le reste à l'arrivée.

Une nouvelle grogne éclate lors d'une escale à Casablanca et 400 tirailleurs restent à quai. Ce sont 1 280 soldats qui arrivent finalement à Dakar, le 21 novembre 1944. Ils sont aussitôt enfermés dans des baraquements, à quelques kilomètres de là, dans la caserne de Thiaroye. Les autorités coloniales entendent les renvoyer dans leurs foyers. Les hommes réclament d'abord leur dû. Le 28 novembre, la tension monte. Cinq cents hommes sont sommés de prendre un train pour Bamako. Ils refusent. Venu négocier, le général Dagnan est pris à partie. Il promet le paiement des arriérés. Mais le 1er décembre au matin, le camp est encerclé par un imposant dispositif humain et matériel.

DES RAPPORTS LITIGIEUX

A partir de là, rien n'est clair, si ce n'est qu'une fusillade éclate peu après 9 heures. C'est ici que l'historienne doit se faire limier, tant les rapports sont litigieux. Le témoignage écrit du lieutenant-colonel Le Berre diverge ainsi de celui du chef de bataillon Le Treut, du capitaine Olivier, du colonel Carbillet, du général Dagnan, du lieutenant-colonel Siméoni, du lieutenant de gendarmerie Pontjean, du colonel Le Masle ou du général de Perier, qui diligentera une commission d'enquête en 1945. Certaines circulaires ou certains comptes rendus sont même introuvables. " Ils ont disparu", explique l'historienne, qui a exploré les différents centres où sont conservés les documents de l'époque, en France, mais aussi au Sénégal.

Au fil des versions se développe l'idée d'une riposte à des tirs à la mitraillette ou au pistolet-mitrailleur venus des mutins. Le général Dagnan a fait établir à l'époque une liste des armes prétendument retrouvées. Armelle Mabon l'a fait examiner par des experts de l'Union française des amateurs d'armes. Rien ne tient dans cet inventaire ni ne justifie d'utiliser de tels moyens - un char, deux half-tracks, trois automitrailleuses - pour y répondre.

Officiellement, 35 tirailleurs furent tués ce 1er décembre, chiffre repris par François Hollande dans son discours à Dakar. Vingt-quatre seraient morts sur le coup et onze à l'hôpital. Mais le rapport du général Dagnan daté du 5 décembre fait état de "24 tués et 46 blessés transportés à l'hôpital et décédés par la suite", soit 70 victimes. "Pourquoi aurait-il eu intérêt à alourdir le bilan ?", demande l'historienne qui accrédite plutôt ce dernier chiffre.

TUÉS POUR L'EXEMPLE

Armelle Mabon conclut que les autorités militaires au plus haut niveau voulaient, depuis la veille, faire un exemple contre des soldats qu'elles estimaient en état de rébellion. "Les contradictions multiples et les nombreuses incohérences associées aux témoignages suggèrent fortement la préméditation", affirme-t-elle. Les officiers auraient pris prétexte d'un début d'échauffourée pour tirer. Certaines des victimes avançaient sur les hommes qui les encerclaient, exhibant leurs galons français.

Une trentaine de mutins seront condamnés à des peines allant jusqu'à dix ans de prison, avant de bénéficier d'une grâce amnistiante du président Auriol en 1947. A une exception, les auteurs de la fusillade et ceux qui l'auront ordonnée ou couverte ne furent jamais inquiétés. Cependant, passant au crible leurs dossiers personnels, Armelle Mabon a pu constater que leur carrière fut entravée à dater de ce jour : mise à la retraite d'office, avancement refusé, annotations négatives. "Ils ont été sanctionnés en préservant l'honneur de l'armée", conclut l'historienne. Un aveu déguisé que des fautes ont été commises.

GRAVE BAVURE MILITAIRE

"Il faut réhabiliter les tirailleurs morts, blessés, pour avoir simplement réclamé un droit dont ils ont été spoliés", estime Armelle Mabon, qui publiera ses conclusions dans un ouvrage collectif à paraître aux PUF en octobre 2013 : Nouvelle histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècles). Sociétés, cultures, politiques.

Thiaroye n'est pas resté simplement dans l'Histoire comme une grave bavure militaire. La fusillade s'inscrit, avec les événements de Sétif et d'autres, dans cette période où les autorités coloniales, après s'être comportées souvent sans grand honneur pendant le conflit, furent incapables de percevoir les changements induits par la seconde guerre mondiale. Les tirailleurs rentraient d'Europe porteurs de valeurs nouvelles. "Ils viennent à la colonie avec l'idée bien arrêtée d'être les maîtres, de chasser les Français", redoute ainsi le lieutenant-colonel Le Berre dans son rapport. Le général Dagnan craint que ces hommes ne "forment le noyau agissant de tous les groupements hostiles à la souveraineté française".

CITOYENS À PART ENTIÈRE

Face à eux, la caste administrative conservait ses préjugés racistes. Dans de multiples textes d'époque, la hiérarchie militaire dénie ainsi aux tirailleurs le droit à un argent qu'ils seraient incapables de gérer. Pour Armelle Mabon, avec Thiaroye, "il s'agit de réimposer la domination coloniale ébranlée par la guerre".

Le peu de cas fait de ces tirailleurs qui s'étaient battus pour la France apportait un démenti à ceux qui espéraient que les indigènes de l'empire pourraient devenir des citoyens à part entière de la République. Lamine Guèye, avocat des "mutins", et Léopold Sédar Senghor, qui demanda leur amnistie, deviendront bientôt deux artisans de l'indépendance.

Benoît Hopquin

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À LIRE 

"NOUVELLE HISTOIRE DES COLONISATIONS EUROPÉENNES (XIXE-XXE SIÈCLES). SOCIÉTÉS, CULTURES, POLITIQUES"

sous la direction d'Amaury Lorin et Christelle Taraud (PUF, à paraître en octobre 2013).

"UNE SAISON NOIRE. LES MASSACRES DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS, MAI-JUIN 1940"

de Raffael Scheck (Tallandier, 2007).

"LA RÉVOLTE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS DE TIAROYE"

de Julien Fargettas (Revue Vingtième siècle, no 92, avril 2006).

À VOIR

"LE CAMP DE TIAROYE"

film sénégalais (1988) d'Ousmane Sembene (2 h 27 min). 1 DVD Médiathèque des Trois Mondes.

27/03/2013

La grande terreur : un rappel pour les jeunes générations

lu sur :

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/03/06/un-massacre-dicte-par-la-paranoia-du-regime_1842888_3208.html

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La Grande Terreur, un massacre dicté par la paranoïa du régime stalinien

LE MONDE | 06.03.2013 à 14h18 • Mis à jour le 06.03.2013 à 15h25

Par Nicolas Werth

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Voir l'infographie : Géographie de la terreur stalinienne

 

L'arrestation et l'exécution d'un pourcentage souvent très élevé des cadres communistes ne représentèrent qu'une petite fraction (7 à 8 %) de l'ensemble des arrestations et des exécutions de la Grande Terreur (1937-1938). Tandis que les rituels d'anéantissement des "ennemis du peuple" envahissaient la sphère publique, les groupes opérationnels du NKVD mettaient en oeuvre les "opérations secrètes de masse", décidées et mises au point par Staline, Nikolaï Iejov, le commissaire du peuple à l'intérieur, et les plus proches collaborateurs de Staline, avec pour objectif d'éradiquer des éléments considérés comme étrangers ou nuisibles dans un projet d'homogénéisation de la société socialiste, à un moment jugé critique.

Staline était persuadé de l'imminence d'un conflit international auquel l'URSS ne pourrait se soustraire. Cette perspective lui rappelait l'une des grandes leçons politiques léguées par Lénine : la nécessité d'éliminer à l'avance, par une "frappe prophylactique", tous les "ennemis intérieurs" perçus comme autant de recrues potentielles d'une mythique "cinquième colonne de saboteurs et d'espions".

La plus importante de ces opérations, lancée par l'ordre opérationnel du NKVD n° 00447 en date du 30 juillet 1937 et entrée dans le vocabulaire codé du NKVD sous le nom d'"opération Koulak", ciblait une cohorte d'"ennemis" aux contours particulièrement flous : les "ex-koulaks, éléments criminels et autres contre-révolutionnaires". Tous ces individus devaient être répartis en deux catégories : les "plus actifs" dans la catégorie I, les "moins actifs, mais néanmoins hostiles" dans la catégorie II. Les individus classés dans la catégorie I devaient être "immédiatement arrêtés et après passage de leur dossier devant une troïka [juridiction d'exception de la police politique, composée de trois membres], fusillés". Ceux classés en catégorie II devaient être "arrêtés et envoyés en camp pour une durée de dix ans".

LE LOURD TRIBUT DES POLONAIS

L'ordre n° 00447 présentait ensuite des quotas, région par région, du nombre d'individus à réprimer. Selon les chiffres du NKVD, 767 000 personnes furent condamnées, dont 387 000 à la peine de mort, dans le cadre de cette opération.

Staline et Iejov lancèrent également une dizaine d'"opérations nationales". Le 25 juillet 1937 débuta l'"opération allemande" visant "les agents allemands, saboteurs, espions et terroristes travaillant pour le compte de la Gestapo". En quinze mois, 57 000 personnes furent arrêtées à ce titre, dont 42 000 furent exécutées.

Le 11 août 1937, Nikolaï Iejov envoya une nouvelle directive destinée à mettre en oeuvre la "liquidation totale des réseaux d'espions et de terroristes de l'Organisation militaire polonaise". Cette opération allait se solder par l'arrestation, en quinze mois, de 144 000 personnes, dont plus de 111 000 furent condamnées à mort. Parmi les minorités nationales, la diaspora polonaise paya le plus lourd tribut à la Grande Terreur : un cinquième des 700 000 citoyens soviétiques d'origine polonaise recensés en URSS en 1937 furent condamnés, et la plupart exécutés.

Une troisième opération nationale avait pour cible un groupe suspect d'entretenir des liens avec le Japon, les "Harbiniens", ex-employés et cheminots de la Compagnie des chemins de fer de Chine orientale, basée à Harbin, et qui, après la cession de la ligne au Japon, avaient été rapatriés, comme citoyens soviétiques, en URSS. Au total, 33 000 personnes furent condamnées dans ce cadre, dont plus de 21 000 furent exécutées.

En octobre-novembre 1937, le NKVD déclencha cinq autres opérations de ce type - lettone, finlandaise, grecque, roumaine et estonienne. Selon les statistiques du NKVD, 335 513 individus furent condamnés dans le cadre des opérations nationales. Sur ce nombre, 247 157, soit 73,6 % - une proportion bien plus élevée que pour l'opération n° 00447 -, furent exécutés.

RESPONSABLES ZÉLÉS

Outre les suppléments de quotas accordés à la demande des responsables régionaux zélés, Staline et Iejov prenaient l'initiative d'augmenter les quotas de manière globale : ainsi, le 15 octobre 1937, ils allouèrent à 58 régions et républiques des quotas supplémentaires concernant 120 320 "individus à réprimer". Chaque équipe devait remplir son plan chiffré d'arrestations et monter des affaires groupées de "contre-révolutionnaires", d'"espions" et de "terroristes" passés aux aveux. Ceux-ci étaient obtenus au terme de tortures et d'interrogatoires ininterrompus.

La mise en oeuvre des opérations nationales obligea les agents du NKVD à déployer une inventivité sans borne. A Gorki (aujourd'hui Nijni-Novgorod, à l'est de Moscou), le chef régional du NKVD eut la lumineuse idée d'inverser la catégorie introuvable d'"ex-prisonniers de guerre allemands restés en URSS" en "ex-prisonniers russes de la guerre impérialiste ayant été en captivité en Allemagne", ce qui permit à ses agents d'arrêter plusieurs centaines d'anciens combattants de la Grande Guerre.

Les dossiers ainsi fabriqués étaient transmis à un tribunal d'exception, siégeant à huis clos. Au cours d'une seule séance, celui-ci examinait plusieurs centaines de dossiers. La sentence ne pouvait être que la peine de mort ou l'envoi pour dix ans au goulag.

"GENS DU PASSÉ"

Comment identifier les victimes ? Les historiens ont identifié des groupes sociaux et des zones à risque. Les groupes à risque comprenaient tout ancien membre du Parti bolchevique exclu pour telle ou telle "déviation" politique, ainsi que tout fonctionnaire ayant une origine sociale non prolétarienne ou ayant suivi un parcours politique hétérodoxe, c'est-à-dire non bolchevique. Etaient particulièrement vulnérables tous ceux qui avaient déjà été fichés par la police politique et notamment : les "déplacés spéciaux", déportés au cours des années précédentes vers un certain nombre de régions inhospitalières du pays ; les membres du clergé (90 % des quelque 30 000 serviteurs du culte furent arrêtés) ; les anciens membres du Parti socialiste révolutionnaire (la quasi-totalité d'entre eux, tous fichés, fut condamnés à mort).

Vulnérables aussi étaient ceux que les autorités désignaient sans ambages comme "gens du passé" (byvchie). Cette catégorie regroupait des personnes qui avaient en commun d'avoir reçu une éducation secondaire, voire universitaire, et surtout d'avoir fait partie des élites sous l'ancien régime tsariste.

Il existait aussi des lieux professionnels à risque. Il s'agissait avant tout des entreprises travaillant pour la défense nationale, mais aussi de toute entreprise particulièrement accidentogène : mines, métallurgie, chantiers de construction, chemins de fer. Pour les enquêteurs du NKVD, rouvrir et criminaliser les dossiers relatifs à des accidents industriels permettait de fabriquer aisément des affaires groupées de "saboteurs" et de "diversionnistes".

La Grande Terreur prit fin comme elle avait débuté : sur une résolution secrète du Politburo datée du 17 novembre 1938. Ce texte stoppait toutes les opérations répressives de masse et critiquait les "défauts majeurs" dans le travail de la police politique. Ceux-ci étaient expliqués ainsi : des "ennemis du peuple" s'étaient "faufilés" dans le NKVD pour y développer leurs activités subversives. Quelques jours plus tard, Nikolaï Iejov démissionna de toutes ses fonctions. La Pravda annonça laconiquement que le commissaire du peuple à l'intérieur avait été relevé de ses fonctions pour raisons de santé.

25/03/2013

La qualité de l'eau potable en bouteille (suite)

Et pas seulement l'eau en bouteille ! Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/25/l-eau-minerale-n-est-plus-epargnee-par-la-pollution_1853686_3244.html

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L'eau minérale n'est plus épargnée par la pollution

LE MONDE | 25.03.2013 à 11h21

Par Sophie Landrin

On savait l'eau du robinet non exempte de polluants. La France fait l'objet de poursuite par la Commission européenne pour son incapacité à lutter contre la contamination des nappes par les nitrates. Mais les consommateurs se croyaient à l'abri en buvant de l'eau en bouteille, réputée pour sa pureté originelle. Ces eaux issues uniquement d'une source souterraine doivent être dénuées de tout polluant d'origine humaine, sans aucun recours au moindre traitement chimique.

Une étude dévoilée lundi 25 mars, menée conjointement par la revue 60 Millions de consommateurs et la fondation de Danielle MitterrandFrance Libertés, met à mal cette certitude : l'eau minérale en bouteille n'échappe pas à la pollution. Quarante-sept échantillons de bouteilles d'eau de différentes marques ont été analysés et 85 molécules ont été recherchées, notamment des molécules médicamenteuses ou des perturbateurs endocriniens que la réglementation actuelle n'oblige pas à contrôler.

Résultats : dix bouteilles comportaient des résidus de pesticides et de médicaments (Cristaline, La Salvetat, St-Yorre, Hépar, Mont Roucous, Saint Amand, Vittel, Volvic, Carrefour Discount, Cora) ; 10 % des eaux en bouteille ont présenté des traces de tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein. Comment cette pollution d'eau souterraine, supposée à l'abri de toute contamination, est-elle possible ? Les toxicologues n'ont pas d'explication.

"TRAQUER DES MOLÉCULES À DES DEGRÉS EXTRÊMEMENT FIN"

Par ailleurs, des résidus d'un pesticide, l'atrazine, ont été retrouvés dans quatre eaux embouteillées (Cora gazeuse, Vittel, Volvic et Cristalline gazeuse). Ce désherbant nocif pour l'homme a pourtant été interdit en 2001. Pourquoi le retrouve-t-on plus de dix ans après ? "Sans doute parce que ce sont des produits très persistants et solubles dans l'eau", note 60 Millions de consommateurs.

La concentration de ces polluants est extrêmement faible, ce sont des "ultradoses" qui ne présentent pas de danger pour le consommateur. Mais ces découvertes obligent à reconsidérer les mécanismes de pollution de la ressource.

Les minéraliers ayant contesté la pertinence de ces tests, 60 Millions de consommateurs a donc procédé à une deuxième série de mesures, qui a confirmé les premiers résultats. "La méthode que nous avons employée a permis d'abaisser grandement le seuil de détection. Nous avons pu traquer des molécules à des degrés extrêmement fins. Pour lever toute incertitude, il faut que les pouvoirs publics procèdent à des contrôles à grande échelle", explique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de la revue.

"ÉVENTUELS EFFETS COCKTAIL ENTRE PLUSIEURS MOLÉCULES"

"Ces constats révèlent à quel point notre environnement est contaminé. Nous ne remettons pas en cause la potabilité de l'eau, mais nous nous interrogeons sur les éventuels effets cocktail entre plusieurs molécules et sur les conséquences de ces micropollutions sur le long terme", ajoute Emmanuel Poilâne, de France Libertés.

L'analyse de certaines bonbonnes d'eau, souvent utilisées dans les entreprises et les collectivités, est plus inquiétante pour la santé. Des traces de bisphénol A, un perturbateur endocrinien, des traces de pesticides (atrazine) ainsi qu'un retardateur de flamme ont été retrouvées, notamment dans des bonbonnes de la marque Culligan. Une concentration extrêmement forte d'une dizaine de microgrammes de bisphénol A par litre a été décelée. Ces bonbonnes étant réutilisables, les enquêteurs notent que la teneur en bisphénol A dans l'eau pourrait s'accroître au fil du temps. Dans les bonbonnes Obio, des traces de phtalate de diéthyle, autre pertubateur endocrinien, ont été détectées.

L'eau du robinet a également été analysée dans trois départements : Ille-et-Vilaine, Haute-Vienne et Seine-et-Marne. Dans sept cas sur dix, l'eau contenait de deux à quatre pesticides. Deux résidus de médicaments ont été trouvés, un vasodilatateur, le naftidrofuryl, et le tamoxifène.

GASPILLAGE, CHAQUE ANNÉE, DE 1,3 MILLIARD DE M3 D'EAU POTABLE

Pour Emmanuel Poilâne, cette enquête montre "que la liste actuelle des polluants contrôlés est en deçà de la réalité des contaminations et que les normes sont obsolètes". France Libertés et 60 Millions de consommateurs demandent une remise à plat des normes et des étude sur les effets de l'exposition à ces micropollutions.

Ces nouvelles révélations sur la qualité de l'eau concluent "l'opération transparence" lancée par les deux associations en mars 2011. Elles ont mis au jour le gaspillage chaque année de 1,3 milliard de m3 d'eau potable dû aux fuites dans les canalisations collectives, l'opacité du prix de l'eau ainsi que les nombreuses dérogations permettant aux communes de délivrer une eau dépassant les seuils de nitrates, d'arsenic et autres polluants. Après deux ans d'enquête, les deux partenaires réclament d'urgence des "assises nationales de l'eau".

La qualité de l'eau potable en bouteille

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/traces-de-medicaments-et-pesticides-dans-10-des-eaux-en-bouteille-25-03-2013-1645222_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130325

Traces de médicaments et pesticides dans 10% des eaux en bouteille

AFP publié le 25/03/2013 à 08:39

Des traces de pesticides et de médicaments, dont un pour traiter le cancer du sein, ont été décelés dans environ 10% des eaux en bouteille, sans toutefois remettre en cause leur potabilité, révèle lundi une étude de 60 millions de consommateurs et de la Fondation France Libertés.

"A court terme, il n'y a absolument aucun problème de qualité. Ces eaux sont parfaitement buvables", insiste le rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, Thomas Laurenceau, interrogé par l'AFP. "On est dans l'ordre de l'ultra-trace, du millième de micron, c'est vraiment minuscule", a-t-il précisé.

L'enquête "ne met absolument pas en cause l'honnêteté des embouteilleurs", mais interroge la contamination de l'environnement par les pratiques humaines, ajoute-t-il. "Il y a inquiétude sur la qualité de la ressource globale", résume M. Laurenceau, qui appelle, avec France Libertés, à "la remise à plat des normes de qualité" prenant en compte les nouveaux polluants.

L'analyse a porté sur 47 bouteilles d'eau, trois bonbonnes d'eau, et une dizaine d'échantillons d'eau du robinet prélevés dans trois départements.

Sur les bouteilles d'eau étudiées -- portant sur l'ensemble du marché --, 37 ne présentaient aucune trace des 85 molécules recherchées. Dix en revanche contenaient des résidus de médicaments et pesticides.

"La grande surprise", écrit 60 millions de consommateurs, est la présence de tamoxifène, hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein, dans la Mont Roucous, Saint Yorre, Salvetat, Saint Armand (Du Clos de l'abbaye) et Carrefour Discount (Céline Cristaline).

La teneur est "infime" mais c'est "suffisant pour qu'on s'interroge sur la pureté originelle imposée par la règlementation des eaux minérales", souligne le magazine, qui précise avoir procédé deux fois à l'analyse des échantillons après contestation de la part des embouteilleurs des premiers résultats et de la méthodologie employée accusée de produire de "faux positifs".

"La seconde analyse a confirmé cette présence, sans que nous soyons en mesure d'en expliquer l'origine", écrit 60 millions de consommateurs. "L'affaire est suffisamment sérieuse pour qu'on lance des analyses à plus grande échelle", estime M. Laurenceau.

Potentiels effets cocktail

Du Buflomédil et du Naftidrofuryl, des vasodilitateurs, ont été également détectés dans l'Hepar, pour le premier, et dans la Saint Armand pour le second.

Par ailleurs, des traces d'Atrazine et d'Hydroxyatrazine, des désherbants pourtant interdits en 2001 mais très persistants, ont été trouvées dans la Vittel (Grande source), la Volvic (Clairvic), la Cora (Saint-Pierre), et la Cristaline (Louise).

"Ce qu'on en retire, ce n'est pas de dire que telle marque est plus risquée qu'une autre. Il n'y a pas les bons et les mauvais. Sur l'ensemble des marques, il y a un problème", poursuit M. Laurenceau. "Les embouteilleurs sont extrêmement prudents mais ça interpelle de voir qu'il peut y avoir (des micropolluants), même si c'est infinitésimal, qui ne devraient pas être là".

Et l'eau du robinet ? Sur 10 prélèvements, huit contiennent une à quatre molécules sur les 85 recherchées, principalement des pesticides mais aussi des résidus de médicaments dont, à nouveau, du tamoxifène décelé notamment en milieu urbain (Rennes et Limoges).

Enfin, sur les trois bonbonnes, des traces de Diéthylphtalate ont été trouvés dans l'Obio, et de Bisphénol A, d'Atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan Val-de-Marne.

"Si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail", souligne 60 millions de consommateurs.

Le magazine et France Libertés, qui ont lancé en 2011 l'Opération transparence sur l'eau, ont publié en mars une carte de la qualité de l'eau potable en France, montrant que les seuils limites en polluants étaient dépassés dans près de 420 communes grâce à des dérogations, sans risque sanitaire immédiat.

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sur le même sujet :

 

22.03.2013

Pourquoi il faut en finir avec une approche mercantile de l’eau

http://www.france-libertes.org/Pourquoi-il-faut-en-finir-avec-une.html

Une tribune d’Emmanuel Poilâne, directeur de France Libertés, publiée aujourd’hui sur Youphil

14.03.2013

Opération Transparence sur la qualité de l’eau potable en France  

http://www.france-libertes.org/Notre-manifeste-pour-l-eau-potable.html#.UVAQlUb5OTw

Opération transparence : la saisie des données de la performance du service public de l’eau bientôt obligatoire !

http://www.france-libertes.org/Operation-transparence-la-saisie.html

Dans le cadre de l’Opération Transparence sur le prix et la qualité de l’eau, France Libertés et 60 millions de consommateurs se sont mobilisés pour améliorer...

 

23/03/2013

Le problème des déblais des TP : exemple du "Grand Paris"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/22/le-grand-paris-face-a-une-montagne-de-deblais_1852567_3234.html

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Le Grand Paris face à une montagne de déblais

Le Monde | 22.03.2013 à 11h22Par Gilles van Kote

L'équivalent de cinq à sept mille piscines olympiques : c'est le volume de terres et déblais que les engins du futur chantier du Grand Paris Express, le supermétro francilien dont la construction a été confirmée par le gouvernement le 6 mars, devraient extraire des entrailles de l'Ile-de-France entre 2015 et 2030. Soit de 15 à 20 millions de mètres cubes de déchets inertes (qui ne subissent pas de modifications chimiques, physiques ou biologiques avec le temps) ou de terres polluées qui viendront s'ajouter à ceux que produit déjà le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). 

L'Ile-de-France risque de connaître une pénurie de solutions pour se débarrasser de ce type de déchets, qui peuvent être recyclés, réemployés ou enfouis dans des installations de stockage de déchets inertes (ISDI) ou dans des carrièresdisposant d'une autorisation pour cela. "Si on n'ouvre pas de nouvelles ISDI d'ici là, celles existant aujourd'hui seront remplies en 2020", rappelle Anne-Sophie de Kerangal, responsable de la gestion des déchets au conseil régional d'Ile-de-France.

Dans la région parisienne, le secteur du BTP produit 32 millions de tonnes de déchets par an. Les volumes extraits pour construire les 200 km de voies – majoritairement souterraines – et les 72 gares du Grand Paris Express d'ici à 2030 devraient peser de 30 à 40 millions de tonnes, selon la Société du Grand Paris (SGP). Un total sous-évalué, selon l'association Ile-de-France Environnement, qui le situe plutôt entre 50 et 60 millions de tonnes.

Réglementairement, la responsabilité de la gestion des déblais revient auxentreprises sous-traitantes du chantier. Mais, vu la dimension du projet, le maître d'ouvrage qu'est la SGP ne peut ignorer le sujet. Le chantier de l'A86, dans l'ouest de l'Ile-de-France, a constitué un fâcheux précédent : faute de planification satisfaisante, ses déblais ont fini sous forme de merlons (des levées de terres et de gravats) qui hérissent aujourd'hui la plaine de Versailles.

"On les appelle des merlons fourrés : des cochonneries à l'intérieur et de la bonne terre par-dessus, se désole Michel Riottot, le président d'Ile-de-France Environnement. D'après nos calculs, les déblais du Grand Paris Express représenteraient l'équivalent de 200 km de merlons."

Ce n'est pas l'option qu'a retenue la SGP. Son schéma directeur d'évacuation des déblais, en cours de finalisation, privilégie le traitement des terres polluées sur site, la valorisation et la réutilisation des déblais sur d'autres projets d'aménagement, ainsi que le transport par voie fluviale des déchets inertes vers des ISDI ou des carrières qui pourront éventuellement être situées hors d'Ile-de-France.

"LE GRAND PARIS EXPRESSS DOIT PERMETTRE DE DÉVELOPPER LE RECYCLAGE DES DÉCHETS DU BTP"

"Notre objectif est d'anticiper au maximum cette question souvent négligée afin deminimiser les nuisances pour les riverains et d'être en mesure de travailler en amont avec les élus sur les chemins d'évacuation, affirme Florence Castel, directrice de l'ingénierie environnementale à la SGP. Nous avons lancé dès 2010 un inventaire des installations de traitement et de stockage susceptibles d'accueillir nos déblais en Ile-de-France, mais aussi à ses frontières."

Les 5 à 6 millions de mètres cubes de déblais que devrait produire à partir de 2015 la construction du tronçon du Grand Paris Express reliant les gares de Pont-de-Sèvres (Hauts-de-Seine) et de Noisy-Champs (Seine-Saint-Denis) seront ainsi en partie évacués par deux plates-formes de transbordement fluvial situées sur la Seine, à Sèvres et à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Ces déblais pourraient prendre la direction de carrières situées dans les Yvelines et en Seine-Maritime, mais aussi servir de remblais dans le cadre de l'éventuelle réalisation d'un lac-réservoir destiné à protéger l'agglomération parisienne des crues, à La Bassée (Seine-et-Marne). De 700 000 à 800 000 m3 de remblais seraient nécessaires pour ce projet, qui pourrait être réalisé avant la fin de la décennie.

Selon Florence Castel, l'anticipation devrait permettre d'optimiser les coûts de gestion des déblais, mais aussi de répondre au souci de la région d'assurer un rééquilibrage territorial. La Seine-et-Marne absorbe en effet aujourd'hui 65 % des déchets du BTP en Ile-de-France et accueille la moitié des vingt ISDI de la région. Une situation qui a poussé une dizaine d'élus du département à dénoncer, début mars, le manque de solidarité des autres collectivités. "Le Grand Paris Expresss doit être un levier de ce rééquilibrage avec un traitement le plus local possible, tout comme il doit permettre de développer le recyclage des déchets du BTP dans la région", assure Geneviève Wortham, conseillère régionale (PS) de Seine-et-Marne.

L'Autorité environnementale rappelait en octobre 2012 que le traitement des déblais constituera "l'un des impacts majeurs" du Grand Paris Express.

22/03/2013

Aujourd'hui : Journée mondiale de l'eau

lu sur :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/l-eau-du-robinet-est-elle-dangereuse-pour-la-sante-21-03-2013-1643900_57.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130322

L'eau du robinet est-elle dangereuse pour la santé ?

Le bilan concernant les résidus médicamenteux qui pourraient se retrouver dans nos carafes d'eau a de quoi inquiéter.

Les médecins de l'Association santé environnement France (Asef) tirent le signal d'alarme à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau qui aura lieu demain, vendredi 22 mars. Car l'augmentation régulière de la prise de médicaments - rien qu'en France, nous en avons consommé 3,12 milliards de boîtes en 2011 - ne serait pas sans risques pour notre environnement et pour notre santé. "Aujourd'hui, certaines études font le lien entre la présence de résidus médicamenteux dans l'eau potable, l'autisme et des troubles du comportement. D'autres ont montré des effets sur l'hermaphrodisme dans l'écosystème, les troubles de la reproduction ou encore la résistance bactérienne", affirme le Dr Pierre Souvet, le président de l'Asef. C'est pourquoi son association a voulu mesurer les dégâts réels liés à ce type de pollution et le faire savoir dans un livret qui sera diffusé demain. Leur but est, évidemment, de préserver la qualité de notre eau, si précieuse à la vie de toutes les espèces.

 
 

Ces spécialistes ont identifié plusieurs coupables. Car, de sa fabrication à sa destruction en passant par son utilisation, le médicament a maintes occasions de s'immiscer dans l'environnement. Il n'empêche, la première source de contamination viendrait de la population... Après avoir été ingéré, le produit se retrouve dans nos selles et nos urines pour aller ensuite dans les stations d'épuration. Malheureusement, ces dernières n'ont pas été conçues pour traiter ce type de pollution. Elles ne dégradent pas totalement ces molécules thérapeutiques, dont une partie rejoint nos rivières.

Conditionnement

Cependant, le véritable problème ne viendrait pas tant des médicaments ingérés que de ceux que l'on ne consomme pas... "En France, chaque année, sur des dizaines de milliers de tonnes de médicaments non utilisés, moins d'un quart est recyclé. Le reste est jeté à la poubelle, dans les éviers et même dans les toilettes !" regrette le Dr Patrice Halimi, secrétaire général de l'Asef. Parmi eux, on retrouve des antibiotiques, des antidépresseurs, des bêtabloquants, des anti-inflammatoires, des produits de contraste (utilisés en imagerie médicale) ou encore des contraceptifs.

Mais ce type de pollution n'est pas une fatalité, et tous les acteurs de la chaîne peuvent - doivent - agir. "Les médecins pourraient prescrire uniquement les produits nécessaires, les patients pourraient davantage ramener leurs médicaments en pharmacie, les stations d'épuration pourraient améliorer les procédés de traitement, et nous pourrions faire bien d'autres choses encore", explique le Dr Jean Lefèvre, membre actif de l'association. "Mais nous devons surtout réfléchir à une nouvelle façon de consommer pour traiter le problème à la source, en d'autres termes pour réduire le nombre de médicaments non utilisés." Cela pourrait passer, par exemple, par un conditionnement à l'unité pour que le pharmacien puisse délivrer le nombre exact de pilules, comprimés ou gélules. Une chose est sûre : il faut repenser notre mode de consommation de médicaments pour limiter la pollution.

20/03/2013

Perturbateurs hormonaux : le poids des lobbies sur l'Autorité européenne de sécurité des aliments

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/20/perturbateurs-hormonaux-l-efsa-ne-tranche-pas_1850838_3244.html

LE MONDE | 20.03.2013 à 11h05 • Mis à jour le 20.03.2013 à 15h49

Stéphane Foucart

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu public, mercredi 20 mars, l'un de ses rapports les plus attendus. L'agence basée à Parme (Italie) avait été saisie à l'automne 2012 par la direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne pour rendre une opinion scientifique sur les perturbateurs endocriniens – ces substances chimiques interférant avec le système hormonal et suspectées de jouer un rôle important dans l'augmentation d'incidence d'une variété de troubles et de pathologies.

L'EFSA devait en particulier répondre à plusieurs questions. Comment définir un perturbateur endocrinien ? Comment distinguer les effets indésirables dus à cette classe de molécules ? "Il n'existe pas de critère scientifique spécifique défini pour distinguer les effets nocifs potentiels des perturbateurs endocriniens par rapport à une régulation normale des fonctions corporelles, ou 'réponses adaptatives', estime l'agence européenne. Des experts doivent évaluer le poids des éléments probants disponibles au cas par cas."

En d'autres termes, la distinction entre un effet acceptable et un effet indésirable devra être jugée pour chaque substance. Du coup, l'EFSA propose deux qualifications : les substances endocriniennes actives et les perturbateurs endocriniens. Les premiers produisant des effets considérés comme non délétères, conduisant à une adaptation de l'organisme. Les seconds étant jugés potentiellement nocifs, en fonction de leur "potentiel d'activité". Ce point est l'objet d'une controverse, une part de la communauté des endocrinologues considérant que toute substance ayant une activité endocrinienne doit être considérée comme un perturbateur.

INTENSE PRESSION

Le groupe d'experts réunis par l'EFSA a conduit ses travaux sous une intense pression. Le sujet est en effet, depuis plusieurs mois, au centre d'une attention considérable. Quelques jours avant que l'agence de Parme ne dévoile ses conclusions, le Parlement de Strasbourg adoptait ainsi un rapport très ferme sur le sujet, dans lequel les députés européens se disaient "en total désaccord avec les tentatives visant à introduire le critère d'activité en tant que seuil de définition des perturbateurs endocriniens". Ces derniers, ajoutaient les parlementaires, "se trouvent dans les emballages alimentaires, les produits de soins de la peau, les produits cosmétiques, les matériaux de construction, les produits électroniques, les meubles et les sols".

Considérant qu'"un nombre croissant d'études scientifiques suggère que les perturbateurs endocriniens (...) jouent un rôle à la fois dans les maladies chroniques, y compris les cancers hormono-dépendants, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires, ainsi que dans les problèmes de procréation", les eurodéputés invitent la Commission à prendre une série de mesures "à même de protéger efficacement la santé humaine en insistant davantage sur le principe de précaution".

Outre le rapport du Parlement, la direction générale de l'environnement de la Commission a également publié, en janvier 2012, son propre rapport sur le sujet. De même, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié, début 2013, un vaste "état de l'art" sur la question. Ce dernier conclut à "des preuves extensives" des effets délétères des perturbateurs endocriniens sur la faune sauvage, mais juge que les preuves formelles de leurs effets sur les populations humaines ne sont pas encore, pour l'heure, apportées.

CAUSALITÉ COMPLEXE À ÉTABLIR

Une telle causalité est complexe à établir du fait, rappellent les députés européens dans leur rapport, que "le délai entre l'exposition et l'apparition des effets peut être très long", que "le risque de subir des effets préjudiciables n'est pas le même aux différents stades du développement – fœtal, petite enfance, adolescence", ou encore que les hommes sont exposés tout au long de leur vie à "un grand nombre de mélanges complexes de substances chimiques"...

Certaines questions scientifiques, estime L'EFSA, ne sont pas tranchées. L'agence juge ainsi qu'il existe une "absence de consensus international sur l'existence et/ou la pertinence des effets dits 'à faible dose'". C'est l'une des principales pommes de discorde entre l'EFSA et ses critiques.

En septembre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), son homologue française, avait passé en revue la littérature scientifique et avait conclu que le bisphénol A – l'un des perturbateurs endocriniens les plus répandus – pouvait susciter des effets délétères sur l'homme, après une exposition à des doses "notablement inférieures" au niveau de référence calculé par l'EFSA à 0,05 mg/kg de poids corporel et par jour, ne serait pas réellement protectrice.

Nul doute que ces derniers rapports internationaux seront épluchés ligne à ligne par la communauté scientifique pour y détecter d'éventuelles discordances entre les panels d'experts.

Stéphane Foucart


Les insecticides, une source d'exposition possible

L'association Générations futures a rendu public, mercredi 20 mars, le premier volet de son rapport consacré à évaluer les voies d'exposition aux insecticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens pour l'homme.

L'association a traqué vingt-quatre substances appartenant à deux grandes familles : les pyréthroïdes et les organophosphorés. Environ les trois quarts des produits alimentaires testés contenaient des niveaux détectables de ces substances.

D'autres voies d'exposition que l'alimentation ont été identifiées, par le truchement des traitements acaricides de la literie, de produits vétérinaires, de produits d'entretien du jardin, etc.

19/03/2013

Les capacités des bébés pour le language

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La Croix se penche sur deux études mettant en évidence « les capacités du bébé » même prématuré face au langage.

L’une a été menée par l’équipe de neurobiologistes de Fabrice Wallois (Inserm-université de Picardie) et Ghislaine Dehaene-Lambertz (Inserm-CEA-université Paris Sud). La seconde a été réalisée par Judit Gervain, du laboratoire de psychologie de la perception (université Paris Descartes CNRS ENS) et Janet Werker, de l’université de Vancouver, et vient d’être publiée dans Nature Communications.

Elle a consisté à étudier les bébés bilingues. Judith Gervain souligne que ces bébés « utilisent les caractéristiques de l’accent, la hauteur et la durée des sons, pour distinguer ces deux langues [anglais et japonais]. Ils sont capables de repérer et de compter des mots fonctionnels comme l’article ‘‘the’’ et la préposition ‘‘with’’ ». 

La Croix, 19/03

18:13 Publié dans sciences | Lien permanent | Commentaires (0)

Plus de perturbateurs endocriniens en Europe ?

lu sur :

http://www.francematin.info/Perturbateurs-endocriniens-le-Parlement-europeen-n-en-veut-plus_a27963.html

Mardi 19 Mars 2013
 

Le Parlement européen a voté aujourd’hui 14 mars, et à une très large majorité, en faveur d’un rapport (1) demandant des mesures claires pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Une avancée dont se félicite Michèle Rivasi, Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen et co-rapporteure de ce dossier.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui modifient le fonctionnement du système endocrinien et entraînent des effets irréversibles pour la santé. Ils peuvent contribuer à "la survenue de la cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum) chez le jeune garçon, du cancer du sein chez la femme, du cancer de la prostate, de troubles du développement du système nerveux et d'un déficit de l'attention/d'une hyperactivité chez l'enfant, ainsi que du cancer de la thyroïde", rappelle l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport publié le 19 février dernier (2).

Pour Michèle RIVASI : "On ne peut plus se permettre d'attendre pour agir. Le risque de maladies dues aux perturbateurs endocriniens est largement sous-estimé, et tous les jours, nous continuons à être exposés à ces substances, par le biais de notre alimentation ou par contact direct, à la ville comme à la campagne. Il est donc urgent de donner une définition claire et large de ces substances dangereuses afin de diminuer le risque d’exposition et de protéger les populations les plus à risque comme les femmes enceintes, le fœtus et les enfants ».

« En effet, les femmes enceintes pénalisent sans le savoir la santé de leurs enfants avant même qu’ils naissent. Il faut donc que les pouvoirs publics informent la population par le biais de campagnes d'informations nationales très claires : attention aux revêtements (du sol par exemple) en PVC, aux vernis de certains meubles, des boîtes de conserve qui contiennent du Bisphénol A, ou aux produits cosmétiques qui peuvent également contenir ces perturbateurs endocriniens. Nous nous félicitons que le lobby de l’industrie chimique, puissant et très présent dans les couloirs des institutions européenne, n'ait pas réussi à faire modifier les demandes clés du rapport », souligne l’eurodéputée.

Jean-Jacob BICEP, député européen (Les Verts/ALE), membre de la Commission du développement régional, a par ailleurs rappelé une triste réalité :

"Le chlordécone, ce pesticide qui a été largement utilisé aux Antilles jusqu'en 1993, véritable poison reconnu cancérigène, est un perturbateur endocrinien. Sa forte persistance le rend, encore aujourd'hui, extrêmement néfaste pour la santé humaine et pour l'environnement. A titre d'exemple, une étude de 2011 explicite des éléments en faveur d’une association causale entre exposition au chlordécone et cancer de la prostate. Si le principe de précaution avait été appliqué, ce scandale n'aurait pas eu lieu. Nous avons le devoir d'en tirer les leçons, de rendre ces scandales simplement impossibles à l'avenir".

(1) : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2013-0027&language=FR&mode=XML

(2) http://unep.org/pdf/9789241505031_eng.pdf       
 

Abandon de l'huile de palme par le fonds souverain de Norvège

lu sur :

http://www.boursorama.com/actualites/le-fonds-souverain-norvegien-abandonne-les-producteurs-d-huile-de-palme-4a59793af04fdbbab92c64a23b47b1f6

Le fonds souverain norvégien abandonne les producteurs d'huile de palme

Commodesk le 12/3/2013 à 9:45

Le Fonds souverain norvégien, chargé de gérer les revenus pétroliers du pays dans une optique durable, a vendu ses participations dans 23 entreprises productrices d'huile de palme en 2012, indique son rapport publié le 8 mars.

Les sociétés désinvesties, notamment en Indonésie, ne produisent pas dans la perspective de respect de l’environnement du Fonds, ont expliqué ses gestionnaires. Parmi elles figureraient nombre d'entreprises qui auraient participé à la déforestation à Bornéo, comme Wilmar ou Golden Agri-Resources.

La décision a été applaudie par la fondation Rainforest, qui demande depuis des années que la Norvège ne soutienne plus les producteurs d'huile de palme, destructeurs des forêts tropicales.

Toutefois, le fonds d’investissement a quadruplé ses parts dans la société malaisienne Sime Darby, critiquée pour ses conflits avec les populations locales. Le fonds ne désespèrerait pas de faire évoluer la politique de cette société. D’après Rainforest, il reste 12 sociétés délinquantes vis-à-vis de l’environnement dans le portefeuille du Fonds.

La décision reste symbolique, sachant que le fonds norvégien n’a pas investi plus de 0,56% de ses ressources (546 milliards d’euros) dans les pays en développement. Toutefois, elle pourrait avoir un effet d’entraînement sur d’autres fonds prenant en considération des critères d’éthiques.
 

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Commerce : le "libre échange" est la loi du plus fort

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/15/un-projet-de-partenariat-transatlantique-menacant_1849027_3232.html

Un projet de partenariat transatlantique menaçant

LE MONDE | 15.03.2013 à 16h20

Par Zaki Laïdi, directeur de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po

Le projet d'accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) est généralement perçu comme l'expression d'une routine commerciale propre au monde marchand. Pourtant, ses enjeux sont considérables et introduisent dans la stratégie européenne une rupture essentielle, dont il faut mesurer les enjeux et les conséquences.

Vues de Bruxelles, les choses sont simples. Un traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l'UE générerait des gains considérables, évalués à 100 milliards d'euros par an. Pris dans un élan lyrique qu'on ne lui connaissait guère, Karel De Gucht, commissaire européen au commerce, identifie ce projet à un gigantesque plan de relance économique puisqu'il garantirait un point de croissance du PNB des deux côtés de l'Atlantique sans coûter le moindre euro.

Mais les choses sont-elles si simples ? Probablement pas. Car, derrière la stratégie forcenée de communication d'une commission en quête de succès politique au terme d'un mandat pour le moins médiocre, s'expriment des non-dits dont il faut pourtant bien parler.

Si cet accord venait à voir le jour rapidement, il faut tout d'abord prendre conscience qu'il mettra à terre le système commercial multilatéral organisé autour de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

SOCLE HISTORIQUE

Cet accord de libre-échange transformera la politique commerciale de l'UE, qui sera alors couverte à plus de 60 % par des accords bilatéraux alors que cette proportion n'était que de 25 % il y a de cela dix ans. Or, il faut savoir que l'Europe a toujours investi dans les négociations multilatérales, qu'elles soient commerciales ou climatiques. Le multilatéralisme est le socle historique de la politique européenne et la meilleure garantie de ses intérêts dans la mesure où elle n'est pas dotée des ressources géopolitiques classiques dont dispose un Etat comme les Etats-Unis.

Or, la Commission se garde bien de nous dire pourquoi elle a opéré de manière aussi forte ce tournant en faveur du bilatéralisme. Elle n'assume pas ce changement de cap car elle ne veut pas admettre que le cycle des négociations commerciales de l'OMC (cycle de Doha) est mort et enterré. Et ce, largement par la faute des Etats-Unis, qui ne croient plus au système multilatéral commercial qui n'est plus en mesure de leur procurer les gains qu'ils retiraient de lui jusque-là.

Si le cycle des négociations multilatérales est définitivement enterré, c'est l'avenir de l'OMC qui est en jeu. Car, depuis 1947, les organisations commerciales ont toujours été adossées à de grandes négociations commerciales. Si ces grandes négociations disparaissent, les disciplines commerciales qui les sous-tendent se relâcheront et le règlement des différends qui est au coeur de l'OMC perdra forcément de sa légitimité. Et ce d'autant plus que les normes privées envahissent de plus en plus l'espace commercial mondial, au détriment des normes publiques négociées à l'OMC par les Etats.

MISE EN PÉRIL

La mise en péril de l'OMC n'est pas une mince affaire. Pourtant, on ne voit nullement, à Bruxelles, l'esquisse d'une réflexion sur ce que sera le système commercial mondial dans dix ou vingt ans. La Commission se contente de nous vendre les mérites d'un traité bilatéral avec les Etats-Unis, sur la table depuis au moins quinze ans et qu'elle espère conclure avant de rendre les armes en juin 2014. Le risque est d'ailleurs grand que, par volonté d'aboutir à tout prix et dans les délais qu'elle s'est fixés – mais que les Américains se gardent bien de confirmer –, la Commission négocie un peu trop rapidement un traité qui pose pourtant de nombreux problèmes sur le plan non pas tarifaire mais réglementaire.

En effet, il existe d'immenses divergences et différences entre Américains et Européens sur toute une série de sujets comme la protection des données privées, les règles des droits d'auteur dans l'audiovisuel, les subventions agricoles, les indications géographiques, les politiques de compétition, les règles sanitaires et environnementales, pour ne parler que de celles-ci.

Ces divergences sont d'autant plus difficiles à surmonter que les régulateurs sont des deux côtés indépendants et qu'il existe de part et d'autre de l'Atlantique des régulateurs nationaux en Europe et locaux aux Etats-Unis. Pour parvenir à cet accord, quelle méthode choisira-t-on : l'harmonisation ou la reconnaissance mutuelle ? Dans le premier cas, les Européens risquent fort de renoncer à certaines de leurs préférences sociales, liées notamment au principe de précaution.

Dans le second cas, le risque est de voir les gains de ce projet limités dès lors que chacun admet les spécificités de l'autre et les considère comme opposables à la libre circulation des services et des biens. La somme des problèmes est telle que : soit l'Europe accepte d'avancer prudemment, mais dans ce cas la signature de cet accord n'interviendra que dans un délai de cinq à dix ans ; soit elle veut avancer à marche forcée et l'Europe court alors le risque de bâcler la négociation à son détriment. A son détriment, car à l'évidence le rapport des forces entre Américains et Européens est inégal, même si sur le papier les deux ensembles représentent des forces économiques équivalentes.

DEUX MÂCHOIRES

Sur l'Europe, les Etats-Unis disposent de deux avantages essentiels. Le premier est qu'ils sont un Etat pour lequel le commerce est l'élément d'une équation géopolitique beaucoup plus large dont l'objectif avoué est de contenir la montée en puissance de la Chine. Dans cette perspective, leur objectif est de mettre en place deux mâchoires réglementaires puissantes couvrant 60 % du commerce américain : l'une avec l'Europe, l'autre avec l'Asie mais sans la Chine, et ce en plaçant la barre des négociations de l'accord Partenariat transpacifique (TPP) suffisamment haut pour dissuader Pékin d'y entrer.

Or, il n'est pas exclu que les Etats-Unis, déjà lancés dans le TPP, parviennent à un accord en Asie avant d'avoir conclu avec l'Europe. Dans ce cas, ils risquent de se trouver en position de force face à nous pour nous imposer des standards qu'ils auront préalablement négociés dans le cadre du TPP.

Quel sera alors notre marge de négociation, surtout si Bruxelles est si pressé de parvenir à un résultat ? Face à la Chine, l'Europe et les Etats-Unis ont indiscutablement des intérêts communs. Mais l'Europe n'a ni la puissance stratégique des Etats-Unis ni l'équivalent d'un TPP sous la main en Asie pour pouvoir la contrer. Pour isoler la Chine, mieux vaut en avoir les moyens politiques, à supposer que cela soit la bonne solution.

Les Etats-Unis ont fait le choix politique de tirer un trait sur le multilatéralisme, et Obama n'a fait qu'amplifier ce mouvement. L'Europe doit-elle forcément les suivre dans cette voie sans l'assumer politiquement et sans en mesurer toutes les implications ? Toute la question est là.

Zaki Laïdi, directeur de recherche au Centre d'études européennes de Sciences Po

Zaki Laïdi est l'auteur de "La Norme sans la force. L'énigme de la puissance européenne" (Presses de Sciences Po, 2010).

Classement des inégalités dans le monde par l'ONU

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/15/pour-l-onu-le-creusement-des-inegalites-fragilise-l-amelioration-des-conditions-de-vie-dans-le-monde_1848889_3244.html

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Pour l'ONU, le creusement des inégalités fragilise l'amélioration des conditions de vie dans le monde

LE MONDE | 15.03.2013 à 12h47 • Mis à jour le 15.03.2013 à 15h35

Par Alain Faujas

A parcourir le classement annuel publié jeudi 14 mars par le rapport sur le développement humain 2013 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le monde ne change guère.

Sur les 186 pays auscultés, les cinq les mieux lotis demeurent la Norvège, l'Australie, les Etats-Unis, les Pays-Bas et l'Allemagne (la France étant classée vingtième) et les cinq pays qualifiés par euphémisme de "moins avancés" sont tous situés en Afrique subsaharienne, soit le Burkina Faso, le Tchad, le Mozambique, la République démocratique du Congo et le Niger, éternelle lanterne rouge.

A y regarder de plus près, le rapport signale une révolution. Il montre que les pays développés sont à l'arrêt et que "l'essor du Sud se produit à une vitesse et à un niveau sans précédent". En 2020, la production du Brésil, de la Chine et de l'Inde dépassera celle du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Royaume-Uni et des Etats-Unis réunis.

Mieux : l'indice de développement humain (IDH) calculé par le PNUD révèle que les pays les plus pauvres ont plus progressé que les autres. L'objectif de réduire en 2015 (par rapport à 1990) de moitié le nombre des personnes vivant avec moins de 1,25 dollar (0,96 euro) par jour a été atteint dès 2012, notamment grâce aux 510 millions de Chinois qui sont sortis de l'extrême misère, entre 1990 et 2008. En Afrique subsaharienne, l'espérance de vie à la naissance est passée de 49,5 ans en 2000 à 54,9 en 2012, la moyenne mondiale s'élevant à 70,1 ans.

Tout irait pour le mieux, selon le PNUD, si les inégalités ne menaçaient pas la croissance économique. Les Etats-Unis ne sont plus au troisième rang mondial pour le développement humain mais au seizième, si on corrige celui-ci des inégalités qui y sévissent. Avec la même correction, le bon dernier, le Niger revient de la 186e place à la 131e.

A NEW YORK AUSSI

En fait, les inégalités en matière de santé et d'éducation ont partout reculé. En revanche, les inégalités en matière de revenus se sont aggravées dans certaines régions et au sein de certains pays. Comme le souligne Najat Rochdi, directrice adjointe du PNUD à Genève, "chaque Nord a son Sud et chaque Sud a son Nord !"

Ce que confirme une étude réalisée par l'Institute on Assets and Social Policy et publiée le 15 janvier. Elle met en lumière que l'écart de richesse entre foyers américains blancs et noirs a presque triplé entre 1984 et 2009, les premiers s'enrichissant de 265 000 dollars et les seconds de 28 500 dollars.

Autre révolution, les pays riches commencent à s'inspirer des expériences des pays en développement pour traiter leurs poches de pauvreté. Le rapport du PNUD publie le témoignage de Michael Bloomberg, maire de New York, qui a lancé en 2007 le premier programme américain de lutte contre la pauvreté Opportunity NYC : Family Rewards. Il s'est inspiré des incitations monétaires pour les soins préventifs, l'éducation et la formation professionnelle du programme "Oportunidades", créé en 2000 par le Mexique en faveur des familles défavorisées. Comme quoi, le Sud aussi peut aider le Nord.

18/03/2013

Informations santé/société

lu sur : http://presse-inserm.fr

Les Echos consacrent un article à la multiplication des études scientifiques pointant des corrélations entre les perturbateurs endocriniens et les dérèglements métaboliques constatés chez la faune sauvage, ainsi que l’apparition de nouvelles pathologies animales. « Il y a peu de chances qu’on démontre un jour le lien de causalité chez l’homme, vu la complexité des cocktails auxquels nous sommes exposés quotidiennement. Mais le nombre de corrélations troublantes renforce la suspicion de danger de ces substances pour notre espèce », assure le Pr Vincent Laudet, directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon. 

Les Echos, 18/03

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60 millions de consommateurs propose un dossier sur les allergies, classées par l’OMS au 4ème rang des maladies chroniques. Leur progression semble associée à l’évolution de notre mode de vie. L’asthme est selon, le Dr Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l’Inserm, « la première pathologie chronique de l’enfant ». Se développent aussi fortement, les allergies alimentaires et celles relatives aux médicaments.
60 millions de consommateurs, 01/04

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Aujourd’hui en France souligne qu’une étude européenne, réalisée dans 10 pays sur une période de 13 ans auprès de 448 568 personnes, révèle que la consommation de charcuterie ou de viande transformée augmente de manière significative le risque de mort prématurée. En cause la graisse et le sel contenus dans ces aliments qui augmentent le risque de cancer ou de maladie cardio-vasculaire. Aujourd’hui en France, 15/03

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La radiothérapie dans le traitement du cancer du sein augmente le risque coronaire

Une étude cas-témoin dans le cancer du sein, publiée dans le New England Journal of Medicine et réalisée par des chercheurs britanniques et scandinaves, met en évidence que la radiothérapie augmente le risque coronaire de 7,4% par Gray et ce dans les 5 premières années de l’exposition. Et de préciser que pour les femmes présentant un risque cardiaque avéré, l’augmentation absolue du risque est plus importante. Aux vues de la large place occupée par la radiothérapie dans le traitement de ce type de cancer, le Pr Sarah Darby de l’Université d’Oxford au Royaume Uni, qui a dirigé l’étude explique : « Nous avons réalisé cette étude car les médecins ne pouvaient pas estimer de façon fiable le risque de maladie cardiaque chez les femmes traitées par radiothérapie pour le cancer du sein. Ils peuvent maintenant appréhender ce risque et savoir que dans la majorité des cas il sera très faible et rassurer leurs patientes. De plus, il est possible maintenant d’identifier les quelques femmes pour lesquelles la radiothérapie pose un risque indu, afin d’envisager des techniques alternatives ». Le Quotidien du Médecin note que l’étude a porté sur des femmes traitées par radiothérapie pour cancer du sein entre 1958 et 2001 en Suède et au Danemark.

Le Quotidien du Médecin, 14/03

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Dans un avis rendu public ce jour l’Agence de sécurité sanitaire alerte sur la consommation de laits de soja par les bébés de moins d’un anLe Figaro souligne que les conclusions d’un rapport révèlent que « ces boissons ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels très spécifiques des nourrissons. Leur utilisation peut donc entrainer des insuffisances d’apport, des carences, voire des accidents sévères ». Le Figaro, 14/03


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Un sondage réalisé dans cinq pays européens par l’organisme YouGov, à l’initiative de la Fédération mondiale du cœur, révèle que 42% des Françaises ne font pas assez d’exercice et n’atteignent pas les deux heures et demie d’activité modérée par semaine préconisées par l’OMS. Les Françaises sont à la traîne et s’exposent aux maladies cardio-vasculaires, note Le Figaro. Le Figaro, 13/03


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L’Académie de médecine a reconnu hier l’utilité de quatre médecines parallèles : acupuncture, hypnose, médecine manuelle (ostéopathie et chiropraxie) et taï-chi, explique Aujourd’hui en France. Daniel Bontoux, professeur de l’Académie, indique qu’« on les appelle complémentaires car elles ne sont pas à elles seules une médecine. Elles peuvent permettre d’obtenir un petit plus par rapport aux traitements traditionnels ». Aujourd’hui en France, 07/03


Humanité Dimanche souligne que, selon une étude, réalisée par le groupement scientifique GISCOP93, près de 40 000 personnes (dont des écoliers), riveraines d’une usine de broyage d’amiante, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), auraient pu être exposées aux poussières cancérogènes. Selon cette étude, remise à l’Agence Régionale de Santé (ARS) le 7 février, il serait possible de les retrouver, de leur assurer un suivi médical et de mettre en place un dispositif de santé publique sur le territoire. Humanité Dimanche, 07/03


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Le diesel et les problèmes de santé publique

Les constructeurs automobiles affirment que « les nouveaux moteurs diesel sont propres et verts et méritent leur régime fiscal avantageux », souligne Libération. Bruno Guibeaud, président d’Europe Qualité Expertise, un groupement d’experts automobiles, souligne : « Globalement, avec les pots catalytiques et les filtres à particules, les constructeurs ont réussi à diminuer de 80% les émissions de particules fines ». Cependant, ces nouveaux moteurs diesel ne résolvent pas le problème de santé publique, explique le quotidien. En effet, « en vingt ans, le parc automobile a été multiplié par cinq et (…) l’âge moyen des véhicules en France est d’environ huit ans », indique-t-il. Selon Bruno Guibeaud, « toutes les voitures de plus de dix ans sont hyperpolluantes ». Par ailleurs, ce dernier explique qu’avec les filtres à particules de dernière génération, « on a diminué les particules fines mais, depuis deux ans, on a fait exploser les oxydes d’azote, très dangereux pour les bronches ! On crée de nouvelles pollutions dont les effets en termes de santé publique risquent bien d’être pires. Quant au pot catalytique, il ne fonctionne qu’à partir d’une certaine température… Que les voitures n’atteignent quasiment jamais en ville. Du coup, les moteurs diesel s’encrassent et émettent encore davantage de particules fines ».

Libération, 06/03

 

06/03/2013

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

L’Académie de médecine a apporté hier son soutien à la semaine de 4,5 jours que souhaite mettre en place le ministre de l’Education, Vincent Peillon, indique Aujourd’hui en France. Elle a expliqué que « la semaine de 4 jours est un contresens biologique qu’il faut abolir en aménageant le temps scolaire sur quatre jours et demi ».

Selon elle, la vie scolaire est « aujourd’hui un facteur déterminant de la fatigue exprimée par l’enfant, source de difficultés de concentration et d’apprentissage, d’irritabilité et d’agressivité, voire d’échec scolaire ».

L’Académie préconise que les enfants aient cours le samedi matin plutôt que le mercredi et demande de limiter « le temps de travail quotidien à l’école de 4h30-5 heures en fonction de l’âge de l’enfant ».

Elle estime par ailleurs que « les devoirs et les leçons actuellement faits à la maison doivent être inclus dans le temps scolaire ».

Aujourd’hui en France, 06/03

05/03/2013

Le trafic illégal du bois

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/04/l-europe-s-arme-contre-l-importation-de-bois-illegal_1842372_3244.html

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L'Europe s'arme contre l'importation de bois illégal

LE MONDE | 04.03.2013 à 15h14

Par Laurence Caramel

Du bois illégal en provenance du Liberia a-t-il transité par le port de Nantes en février ? C'est ce qu'affirme l'organisation non gouvernementale (ONG) Global Witness en accusant deux sociétés allemandes, B & T Wood et Treemex, d'avoir respectivement importé 1 631 m3 et 929 m3 de grumes issues de concessions dont les permis d'exportation ont été gelés en août 2012 par le gouvernement libérien. La première société – dans plusieurs courriers dont Le Monde a eu connaissance – réfute catégoriquement les accusations de Global Witness. La seconde n'a pas répondu aux sollicitations de l'ONG britannique. "Nous n'avons aucun doute, ce bois est illégal", affirme Alexandra Pardal, documents des douanes à l'appui.

Global Witness n'a pas choisi la date du 4 mars au hasard pour rendre publiques ses accusations. Elles interviennent au lendemain de l'entrée en vigueur du règlement bois de l'Union européenne (RBUE), censé barrer l'accès du bois exploité illégalement au marché communautaire. Il est la dernière pièce d'un plan d'action lancé il y a dix ans, qui allie politique de coopération avec les pays auprès desquels l'Europe s'approvisionne et traçabilité du bois acheté. 

Mais à ce jour, comme a voulu le rappeler Global Witness en mettant en avant cette affaire libérienne, l'Europe – qui se targue pourtant d'être à l'avant-garde de la lutte contre la déforestation – reste une passoire. Entre 20 % et 40 % du commerce mondial de bois sont d'origine frauduleuse, selon plusieurs sources, dont la Banque mondiale. En Europe, rien n'obligeait jusqu'à présent un importateur à justifier solidement l'origine de sa marchandise, et les contrôles des douanes restent rares.

INTENSE LOBBYING DES INDUSTRIELS DU SECTEUR

L'entrée en vigueur du règlement bois ne signifie pas pour autant qu'un couperet va tomber brutalement sur les entreprises. A l'instar de la France, qui n'a toujours pas désigné l'administration qui serait chargée de sanctionner les importateurs pris en faute, la plupart des pays ne sont pas prêts. Les règles que devront suivre les entreprises n'ont définitivement été fixées qu'en juillet 2012 par la Commission européenne.

La nouvelle législation cible les entreprises qui introduisent le bois pour la première fois sur le marché européen. Les grumes et tous les produits dérivés du bois (planches, panneaux en aggloméré, pâte à papier, etc.), mais aussi les meubles sont concernés. Seul le papier imprimé passe au travers des mailles du filet grâce à un intense lobbying des industriels du secteur.

Les entreprises devront être en mesure d'indiquer le pays de provenance, la région et la concession où l'arbre a été coupé. Le nom de l'essence, dans son appellation scientifique, devra être indiqué, de même que la quantité achetée, le prix payé ainsi que le nom et l'adresse du fournisseur. Chacune de ces étapes doit permettre à l'importateur d'évaluer le risque d'être en présence de bois illégal, pour l'exclure le cas échéant de ses approvisionnements.

Si une infraction est constatée, des sanctions seront appliquées : saisie de la marchandise, ordre de cessation d'activité, amende calculée à la hauteur du préjudice écologique et du manque à gagner fiscal pour les Etats floués. La France n'ira toutefois pas aussi loin que l'Allemagne et le Royaume-Uni, où le trafic de bois sera passible – comme aux Etats-Unis – de peines de prison.

De peur d'être un jour la cible de campagnes d'une ONG, nombre d'entreprises n'ont pas attendu la contrainte réglementaire pour assainir leurs pratiques. Les plus grandes ont commencé à acheter du bois certifié sous les labels FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC, et elles ont mis en place leur propre système de traçabilité.

LA CHINE, PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC DE BOIS AU MONDE

Dans son baromètre annuel qui classe 35 entreprises, WWF-France notait ainsi en décembre 2012 que Castorama et Ikea font beaucoup mieux par exemple que Saint Maclou ou Intermarché. Tout en déplorant que "trop de produits ne possèdent encore aucun renseignement sur l'origine du bois, même lorsqu'il peut provenir de zones à risque".

La signature d'accords de partenariat volontaire (APV) entre l'Union européenne (UE) et ses pays fournisseurs est censée tarir ces "zones à risque" avec lesquelles l'UE réalise une grande partie de son commerce. Six pays (Cameroun, Ghana, Indonésie, République centrafricaine, République du Congo et Liberia) ont jusqu'à présent signé de tels accords qui prévoient la réforme de leur secteur forestier (renforcement des capacités de surveillance des administrations forestières et douanières, création de systèmes de traçabilité) en échange d'un accès plus facile au marché européen.

Mais comme le montre la situation du Liberia, où une vaste opération de démantèlement de réseaux frauduleux est en cours, le système est encore loin d'être fiable et, pour l'instant, aucun signataire n'est en mesure d'offrir du bois estampillé "légal" à l'Europe.

La Chine, qui est le plus gros fournisseur européen et la première plaque tournante du trafic de bois au monde, n'entend pas s'engager dans le processus. Pas plus que le Brésil. "La lutte contre le bois illégal ne peut aboutir sans la coopération des gouvernements des pays tiers", rappelle pourtant Roselyne Defer, directrice développement de SGS, le leader mondial des systèmes de contrôle et de certification.

Lire aussi : Les entreprises publiques chinoises, plaques tournantes du trafic de bois

La mise en oeuvre du règlement bois européen est une étape importante pour la protection des forêts. Le défi suivant sera d'exiger que le bois importé provienne de concessions gérées de façon durable. La légalité, n'est pas, loin s'en faut, toujours un gage que les forêts ne sont pas surexploitées.

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La forêt tropicale victime de la demande européenne

12 % à 17 % C'est la part des émissions de gaz à effet de serre dont est responsable la déforestation des massifs tropicaux.

13 % C'est la part du bois tropical dans l'ensemble des importations de bois de l'Union européenne en 2010.

1 million de mètres cubes de bois tropical aurait été importé en France en 2008. Sa provenance, par ordre décroissant, serait la Chine, le bassin du Congo, l'Indonésie et le Brésil.

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Biodiversité

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