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06/04/2013

Les effets biologiques de la téléphonie mobile

les surlignages et le commentaire sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/04/une-etude-conclut-aux-effets-biologiques-des-ondes-electromagnetiques_3153800_1651302.html

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Une étude conclut aux effets biologiques des ondes électromagnétiques

LE MONDE | 04.04.2013 à 11h30 • Mis à jour le 05.04.2013 à 08h17

Par Sophie Landrin

Quels peuvent être les effets d'une exposition aux champs électromagnétiques, comme ceux générés par les antennes-relais de téléphonie mobile qui fleurissent sur les toits des immeubles et parfois des écoles ? Existe-t-il un réel risque sanitaire pour les riverains, comme le soupçonnent certaines associations ? La littérature scientifique s'est multipliée ces dernières années sans conclure à un risque avéré, laissant les personnes dites "électrosensibles" dans l'incompréhension.

Pour la première fois, une étude sur des jeunes rats, conduite par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'université de Picardie Jules-Verne, publiée par la revue Environnement Science and Pollution Research et rendue publique mercredi 3 avril, conclut à des effets biologiques des radiofréquences sur les fonctions de l'équilibre énergétique. Le sommeil, la régulation thermique et la prise alimentaire sont perturbés.

Le niveau d'exposition auquel ont été soumis les rats, expliquent les chercheurs, correspond à celui rencontré à proximité d'une antenne-relais. Treize jeunes rats ont été exposés en continu pendant six semaines à des ondes d'une fréquence de 900 MHz et d'une intensité de 1 volt par mètre (V/m), beaucoup plus faible que les seuils légaux. Un groupe témoin de 11 rats a été constitué, non soumis à ces champs électromagnétiques.

LES RATS RÉDUISENT LEUR STRATÉGIE DE REFROIDISSEMENT

Les chercheurs soulignent que les rongeurs ont un comportement alimentaire et suivent des rythmes biologiques assez similaires à ceux des nouveau-nés et que leur régulation thermique est transposable à l'homme. L'expérience a été répétée deux fois, avec des résultats cohérents.

L'expérimentation montre des effets des radiofréquences sur la régulation thermique : lorsqu'ils sont soumis à une augmentation de la température ambiante, les rats exposés aux ondes réduisent leur stratégie de refroidissement. Les animaux contractent leurs vaisseaux périphériques pour conserver la chaleur (vasoconstriction), comme s'ils ressentaient une sensation de froid, alors qu'ils ont plus chaud. Ils économisent leur énergie, comme s'ils en avaient un besoin accru.

Pourquoi ? "Nous n'avons pas de réponse. Nous constatons seulement que l'animal ne ressent pas la chaleur. L'adaptation à la température est modifiée", explique René de Seze, directeur de recherche à l'Ineris.

UNE PRISE ALIMENTAIRE PLUS IMPORTANTE 

Par ailleurs, les chercheurs ont observé que les animaux exposés n'avaient pas la même sensation de satiété que les rats non exposés. Ils constatent une prise alimentaire plus importante chez les rats soumis aux ondes. Les mécanismes d'économie d'énergie chez les rats exposés pourraient donc conduire à une augmentation de la masse corporelle.

Dernier enseignement : les rats soumis aux radiofréquences présentent un fractionnement du sommeil paradoxal, comme si les animaux étaient en état d'alerte. Les chercheurs soulignent qu'il ne s'agit pas de troubles du sommeil au sens strict, mais précisent que des perturbations du sommeil paradoxal pourraient "engendrer des difficultés de mémorisation ou des troubles de l'humeur chez l'homme".

"Ce que nous constatons, c'est qu'à de très faibles niveaux d'exposition, les effets sont réels sur le métabolisme, explique René de Seze. Il faut maintenant que d'autres laboratoires mènent des expériences similaires pour confirmer ou infirmer nos conclusions."

"LES EFFETS DÉCRITS  NE SONT PAS SANITAIRES"

Chercheur à l'université de Bordeaux, Bernard Veyret, qui n'a pas participé à l'étude, est plus prudent : "Ces résultats sont assez contre-intuitifs. L'étude de l'Ineris montre qu'il se passe quelque chose, mais j'ai un doute sur les niveaux réels d'exposition aux champs électromagnétiques. Les animaux sont appareillés. On leur place des sondes, des câbles, qui peuvent avoir des interférences avec les ondes. Par ailleurs, il faut bien préciser que les effets décrits sont des effets biologiques et non pas sanitaires", rappelle-t-il.

Ce spécialiste des champs électromagnétiques réalise depuis 1985 des études sur les effets des radiofréquences sur la croissance des tumeurs, la reproduction ou le système immunitaire. "Nos conclusions, c'est qu'il ne se passe rien. Jamais nous n'avons observé quoi que ce soit de significatif."

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mon commentaire :

Bernard Veyret fait une subtile distinction entre "effet biologique" et "effet sanitaire", que j'ai du mal à suivre.

En effeti, une sensation de satiété altérée (effet biologique) peut entraîner une prise de poids (effet sanitaire). De même, un "fractionnement du sommeil paradoxal" (effet biologique) peut entraîner des troubles de la mémoire et du comportement (effet sanitaire).

La distinction faite n'est donc nullement justifiée, et je m'interroge sur la motivation d'une telle distinction.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/25/l-italie-reconnait-le-lien-entre-mobile-et-tumeur-cranienne_1780928_3244.html
 
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LE MONDE | 25.10.2012 à 12h19
Par Paul Benkimoun et Philippe Ridet
 

Il a fallu dix ans de patience à Innocente Marcolini, mais il a gagné. Le 12 octobre, la Cour de cassation italienne a reconnu que la tumeur bénigne décelée en 2002 sur un ganglion situé à l'intérieur de son crâne, avait été causée, entre autres, par l'usage intensif du téléphone portable lié à son métier, cadre d'entreprise. Reconnu victime d'une maladie professionnelle, M. Marcolini a été déclaré invalide à 80 %.

Ce verdict est une première dans la Péninsule. Selon son avocat, Amilcare Buceti, la décision des juges qui ont écarté les résultats des études scientifiques financées par des entreprises pour cause de conflits d'intérêts, s'appuie sur deux éléments fondamentaux : "D'abord, explique-t-il, nous n'étions pas dans une croisade idéologique contre la modernité. Nous n'avons pas soutenu que l'usage prolongé du téléphone portable était la seule cause de la tumeur de mon client, mais l'une des causes. Ensuite, nous avons convaincu les magistrats de baser leur verdict sur les études d'experts indépendants qui travaillent sur le lien entre les tumeurs et l'usage du téléphone portable."

Il s'agit en l'occurrence de Giuseppe Grasso, neurochirurgien à Brescia (Lombardie), et d'Angelo Gino Levis, oncologue à l'université de Padoue (Vénétie). Les deux médecins qui ont assisté scientifiquement M. Marcolini durant la procédure, ont mis en avant un risque élevé de tumeur des nerfs crâniens pour les utilisateurs intensifs de téléphone portable.

CINQ À SIX HEURES PAR JOUR CONTRE L'OREILLE GAUCHE

Dans le cadre de son travail, M. Marcolini a utilisé le sien plus de cinq à six heures par jour pendant douze ans. "Je mettais mon téléphone contre l'oreille gauche, explique-t-il, car je prenais des notes de la main droite. Or, c'est dans cette zone que s'est développée la tumeur" dont il a été opéré avec succès. La tumeur touchait le ganglion du nerf trijumeau, proche de l'oreille.

Le verdict de la Cour de cassation fera date et jurisprudence. Pour Amilcare Buceti, les juges "ont élargi les voies de recours possible en accueillant comme élément de preuve des rapports d'experts établissant le principe général du caractère cancérogène de l'usage intensif du portable" et ce, au-delà du cas particulier de son client. Quatre cas similaires font ainsi l'objet de procédures judiciaires en cours en Italie.

Pour M. Marcolini, c'est une victoire après dix ans de lutte. "Je n'ai pas mené ce combat dans le seul but de toucher une pension d'invalidité, raconte-t-il. Je ne suis pas tombé malade parce que je n'aurais pas eu de chance, comme cela arrive parfois dans les accidents du travail, mais parce qu'il y avait une raison à ma maladie. J'ai voulu que la lumière soit faite sur les risques liés à l'usage des téléphones sans fil. Les gens doivent savoir ce qu'ils risquent. Les parents doivent connaître le danger que courent leurs enfants."

M. Marcolini entend désormais donner "le maximum de publicité" à son cas pour "fonder une association contre les dangers des ondes électromagnétiques et susciter une plainte collective", une "class-action". Il doit rencontrer ses avocats et ses conseillers scientifiques la semaine prochaine pour en parler.

LA DÉCISION JUDICIAIRE RISQUE DE SUSCITER DES PROCÉDURES

Au-delà des frontières italiennes, la décision judiciaire risque de susciter des procédures. D'autant qu'en juin 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), structure rattachée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé comme "cancérogènes possibles" les champs électromagnétiques de radiofréquence, dont ceux de la téléphonie mobile.

Présentant ces conclusions, le président du groupe de travail du CIRC, Jonathan Samet, avait précisé que des experts s'étaient appuyés "sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé à l'usage du téléphone mobile", ajoutant que "les deux études les plus larges ont montré un risque accru de gliome chez les utilisateurs les plus intensifs".

A défaut de disposer de données scientifiques établissant un lien de cause à effet – et non une simple association – entre l'exposition aux radiofréquences des téléphones portables et la survenue de tumeurs malignes, les experts du CIRC ont donc retenu la possibilité d'un effet cancérogène dans leur document consacré aux champs électromagnétiques.

Le responsable du programme des travaux d'évaluation au CIRC, le docteur Kurt Strif, précisait que "le niveau de preuve d'une association entre l'usage de la téléphonie mobile et le risque de cancer est comparable à celui existant pour les pesticides ou les expositions professionnelles dans le cadre du nettoyage à sec".

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/29/un-rapport-controverse-souligne-les-risques-lies-aux-radiofrequences_1823824_3244.html

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LE MONDE | 29.01.2013 à 11h54 • Mis à jour le 31.01.2013 à 09h20
Par Paul Benkimoun

Cancer du cerveau, baisse de la fertilité, autisme... Publié début janvier, le rapport BioInitiative 2012 (www.bioinitiative.org) estime que les risques liés à l'exposition chronique aux radiofréquences, utilisées notamment pour la téléphonie mobile, sont de mieux en mieux démontrés. Le document, qui examine plus de 1 800 études scientifiques, a toutefois suscité des réactions contrastées, comme cela avait été le cas pour la première édition, en 2007.

En France, les associations Priartém et Agir pour l'environnement ont publié un communiqué commun mettant l'accent sur la "confirmation des effets délétères des radiofréquences". L'association Robin des toits souligne que "1 800 nouvelles études renforcent la certitude de la nocivité des ondes et de l'urgence de la mise en œuvre de nouvelles normes pour protéger les populations".

A l'inverse, s'exprimant à titre personnel, le docteur Eric van Rongen, membre du conseil national de la santé des Pays-Bas, estime que l'édition 2012 "n'apporte pas grand-chose de nouveau par rapport à celle de 2007". Il reproche au rapport de ne pas être "une analyse objective et systématique de la littérature, mais une revue subjective et biaisée destinée à soutenir la conclusion a priori que les recommandations actuelles sur les expositions n'apportent qu'une protection insuffisante contre les effets sanitaires des champs électromagnétiques."

La controverse tourne autour de la méthode utilisée pour établir ce document et sur le rôle joué par Cindy Sage, fondatrice du groupe de travail BioInitiative et coéditrice du rapport.

"SÉRIEUX DÉFAUTS"

Celui-ci rassemble des contributions le plus souvent individuelles ou émanant de deux ou trois auteurs. Ses détracteurs considèrent de ce fait que BioInitiative n'est pas le résultat d'un consensus. Il faut toutefois remarquer que le tout récent rapport de l'Agence européenne de l'environnement, "Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation", a procédé de la même manière. Certains auteurs sont d'ailleurs communs aux deux documents.

"En général, les chapitres mettent en avant les études montrant l'existence d'un lien et n'évaluent pas de manière critique toutes les études, dont beaucoup présentent de sérieux défauts qui les rendent virtuellement inutiles", poursuit Eric van Rongen. Le scientifique reproche à Cindy Sage, propriétaire de la firme californienne de consultants sur l'environnement Sage Associates, de "pousser plus loin qu'il ne faudrait les conclusions des différents chapitres."

Interrogée par Le Monde, Cindy Sage récuse ces accusations : "Nous avons utilisé toutes les études que le Centre international de recherche sur le cancer a prises en compte et qui l'ont fait conclure au caractère possiblement cancérogène pour l'homme des radiofréquences. Nous avons fait appel à des scientifiques du monde entier qui sont réputés et indépendants."

Cindy Sage récuse les soupçons de conflits d'intérêts évoqués à son encontre : "Ma firme ne vend pas de gadgets pour se protéger des ondes et nous n'apportons pas notre caution à des produits." Mme Sage souligne que "les effets biologiques des radiofréquences sont clairement établis et ceux dus aux expositions chroniques peuvent raisonnablement être soupçonnés de provoquer des effets sanitaires indésirables". Elle insiste sur le fait que "l'exposition des fœtus et des jeunes enfants serait un facteur de risque d'hyperactivité, de troubles de l'apprentissage et de problèmes comportementaux à l'école".

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