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20/04/2013

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

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