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26/04/2013

Pas la crise pour tout le monde

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/les-deux-visages-de-la-france-apres-la-crise-financiere-25-04-2013-1659883_28.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130426

Niveau de vie : ce n'est pas la crise pour tout le monde

Par

Le dernier bilan de l'Insee sur le niveau de vie des Français montre un pays à deux vitesses, entre des riches plus riches et des pauvres plus pauvres.

L'année 2008 a-t-elle provoqué une cassure entre les Français ? À l'heure où le pouvoir d'achat subit une baisse historique, l'édition 2013 par l'Insee de la publication Les revenus et le patrimoine des ménages revient sur les années qui ont suivi la crise financière devenue alors crise économique. Qu'y apprend-on ? Qu'en moyenne, sur la période 2008-2010, la moitié des ménages français ont vu leurs revenus continuer à croître, tandis que ceux de l'autre moitié ont baissé.

 
 

Quand on regarde la courbe (voir ci-dessous), le découplage est frappant. D'un côté, du premier au cinquième décile, soit 50 % des ménages, la chute est rude tant en 2009 qu'en 2010. Pour cette partie de la population, le pouvoir d'achat a commencé à décroître il y a cinq ans déjà. Les transferts sociaux ont certes amorti la chute : en 2009, la baisse du revenu des 10 % des ménages les moins aisés aurait été de 4,6 % (au lieu de 1,2 %) sans redistribution. Mais les dispositifs exceptionnels (nombreuses primes en 2009, notamment) n'ont pas été reconduits et la hausse du smic est restée faible. En haut de l'échelle sociale, le niveau de vie de l'autre moitié des Français a lui augmenté, et ce, malgré la mauvaise conjoncture.

Les super riches s'en sortent le mieux

On peut affiner ce constat en y ajoutant une autre ligne de partage, qui sépare cette fois les Français en deux catégories de tailles très différentes. Les contribuables qui tirent (très) bien leur épingle du jeu sont les super riches. Entre 2009 et 2010, les seuls ménages qui ont vu leurs revenus augmenter sont les 5 % les plus aisés, alors que la grande majorité des Français a dû se serrer la ceinture. Si l'on regarde seulement les 1 % les plus riches, ils ont regagné en un an le niveau de vie perdu à cause de la crise. L'étude note que la très grande majorité de la population (99,99 %) a des revenus annuels inférieurs à 735 500 euros par an. La fameuse "taxe à 75 %" des revenus supérieurs à un million d'euros, voulue par le candidat Hollande, retoquée par le Conseil constitutionnel et en attente d'une nouvelle mouture, ne concernerait qu'une infime minorité de foyers qui, face à la crise, s'en sortent beaucoup mieux que la moyenne.

En toute logique, les inégalités se creusent. "Tous les indicateurs en matière d'inégalités s'accroissent sur la période. Leur hausse paraît modérée, mais elle est en fait très inhabituelle", commente Jérôme Accardo, chef du département des conditions de vie des ménages à l'Insee. Le taux de pauvreté dépasse les 14 % en 2010 (964 euros pour une personne seule). Il faut remonter à 1997 pour retrouver un tel chiffre. Plus inquiétant encore, la même année, on constate une montée en flèche du nombre d'enfants pauvres : ils étaient 280 000 de plus qu'en 2009 à passer sous le seuil de pauvreté (2,66 millions au total). Alors, quand on interroge les statisticiens de l'institut national sur l'évolution des chiffres plus récents, ceux de 2011, 2012 et 2013, ils préfèrent botter en touche : "Ces indicateurs de distribution des revenus sont très longs à obtenir." Mais au vu des piètres performances économiques du pays, passées et à venir, difficile de penser que ces tendances ne vont pas se prolonger, voire s'accentuer.

REGARDEZ. Évolution du niveau de vie moyen des Français répartis par déciles en 2008, 2009 et 2010

 

 
Evolution des déciles de niveau de vie des 
Français entre 2008 et 2010

Lecture : en 2009, les 10 % des ménages les moins aisés ont vu leur niveau de vie baisser de 1,13 % par rapport à 2008. Entre 2008 et 2010, ce niveau de vie a baissé de 1,15 % par an en moyenne.

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Saborder le français pour laisser le champ libre à la sous-culture et à la conception anglo-saxonne d'une société néo-libérale ???

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/04/25/refusons-le-sabordage-du-francais-par-claude-hagege_3166350_3232.html

"Refusons le sabordage du français",

par Claude Hagège - Le Monde

LE MONDE | 25.04.2013 à 11h59 • Mis à jour le 25.04.2013 à 17h11

Par Claude Hagège (professeur au Collège de France)

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept Etats et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veutimposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer etgalvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assuranceprétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Lire le débat Université, pourquoi une nouvelle réforme ?, avec les contributions de Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ; Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'enseignement supérieur ; des prfosseurs d'économie ; Jean-Louis Fournel, professeur à l'université Paris-VIII et ancien président du collectif Sauvons l'université ! ; Claude Hagège, professeur au Collège de France ; Gilbert Béréziat, président honoraire de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Claude Hagège (professeur au Collège de France)

24/04/2013

Le débat public sur le projet français de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets radioactifs

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/24/des-millenaires-de-dechets-radioactifs-quatre-mois-de-debat-public-en-france_3165322_3244.html

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Des millénaires de déchets radioactifs, quatre mois de débat public

LE MONDE | 24.04.2013 à 11h46 • Mis à jour le 24.04.2013 à 16h00

Par Pierre Le Hir

"Donner une photographie de l'opinion dans toute sa diversité." C'est l'objectif que se fixe Claude Bernet, président de la commission du débat public sur le projet français de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets radioactifs. Prévue par la loi, cette consultation se déroulera du 15 mai au 15 octobre, avec une interruption en août. Soit quatre mois d'expression des citoyens sur une installation destinée à perdurer... pendant des millénaires.

Telle est la durée de vie des radioéléments que l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) veut enfouir à 500 m sous terre, dans une couche d'argilite, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne. Quelque 15 km2 de galeries seront nécessaires pour abriter les 80 000 m3 de résidus les plus radiotoxiques, produits pendant toute l'exploitation du parc nucléaire français actuel.

Quatorze réunions publiques sont prévues, pour la plupart dans la Meuse et la Haute-Marne, ou à proximité de centrales nucléaires et de sites d'entreposage de déchets radioactifs. Le site Internet www.debatpublic-cigeo.org recueillera aussi questions et commentaires.

Claude Bernet promet "indépendance" – en particulier vis-à-vis du maître d'ouvrage, l'Andra – et "neutralité", la commission n'ayant pas vocation à seprononcer sur le projet. Mais, avant même son ouverture, de fortes interrogations pèsent sur le déroulement du débat.

D'abord parce que les sujets traités sont peu accessibles aux non-initiés, qu'il s'agisse de l'inventaire des déchets, de leur conditionnement, ou de la "réversibilité" du site, c'est-à-dire de la possibilité d'en retirer les colis. Ensuite et surtout, parce beaucoup d'associations ont choisi le boycottage pur et simple.

L'ENTREPOSAGE, UNE ALTERNATIVE TOMBÉE DANS LES OUBLIETTES

Une quarantaine d'entre elles, dont les antennes régionales de la puissante fédération France Nature Environnement (FNE), ont demandé, en vain, le report du débat après celui en cours sur la transition énergétique. Elles jugent"prématuré" de discuter du sort de déchets nucléaires dont la nature et le volume dépendront, pour partie, du cap énergétique que se fixera le pays.

En outre, elles estiment que l'exercice n'a d'autre but que de "faire passer la pilule"de l'enfouissement des déchets radioactifs, celui-ci étant la seule solution retenue par la France. Leur défiance est renforcée par le précédent de 2005. A l'issue d'un premier débat public sur "les options générales en matière de gestion des déchets radioactifs", la commission avait pris acte de "la possibilité d'une nouvelle stratégie", qui ouvrait la voie à un entreposage à long terme de ces résidus. Une alternative à l'enfouissement tombée depuis dans les oubliettes.

"Ceux qui disent que tout est joué ont tort, se défend Claude Bernet, nous en sommes au tout début de la procédure d'autorisation du Cigéo." Il n'en craint pas moins qu'au boycottage s'ajoute la perturbation des réunions par des militants antinucléaires, comme cela avait été le cas pour la consultation sur les nanotechnologies qui, fin 2009-début 2010, avait tourné au fiasco. "Ne pasparticiper ne veut pas dire ne pas agir, préviennent les associations. Nous serons là pour donner une information différente de l'information officielle, biaisée."

A l'issue du débat – quelque tournure qu'il prenne –, la commission aura deux mois pour en dresser une synthèse qui sera rendue publique. Puis l'Andra disposera de trois mois pour faire connaître les suites qu'elle donnera au projet Cigéo. Celui-ci devra encore franchir plusieurs étapes – notamment, en 2015, une demande d'autorisation soumise à enquête publique –, avant le début des travaux, prévu en 2019, pour une mise en service en 2025.

Pillage des mers par les bateaux de pêche chinois

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/c674db52-ac2e-11e2-a5e3-37f440f5d881

Océans mis sous pression par la pêche chinoise

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée

Ressources Mercredi24 avril 2013 

Océans mis sous pression par la pêche chinoise 

Par Martine Valo 

Le géant asiatique prélève des millions de tonnes de poissons par an au large du continent noir. Une ONG canadienne dénonce cette saignée .

Le pillage des mers par les bateaux de pêche chinois a pris des proportions gigantesques, selon une étude internationale coordonnée par le célèbre biologiste Daniel Pauly, de l’Université de Colombie-Britannique, qui chiffre pour la première fois la mainmise chinoise sur une ressource halieutique en rapide déclin.

Cette recherche, publiée d’abord dans la revue spécialisée Fish and Fisheries puis reprise dans la revue scientifique Nature début avril, conclut que les navires de pêche chinois ont siphonné, loin de leurs côtes, entre 3,4 et 6,1 millions de tonnes de poissons par an entre 2000 et 2011. Dans le même temps, Pékin ne déclarait que 368 000 tonnes de poissons en moyenne auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Douze fois moins que la réalité estimée par les spécialistes des ressources halieutiques! La valeur du poisson débarqué de l’étranger par la Chine s’élèverait à 10,9 milliards de francs par an.

Non seulement la Chine sous-estime considérablement le produit de sa pêche à l’extérieur, mais elle surestime à l’inverse ce secteur dans ses eaux territoriales. Faute de statistiques réalistes accessibles au public, l’équipe de Daniel Pauly a dû réaliser des estimations à partir du nombre de bateaux – surtout des grands chalutiers, mais aussi des senneurs, entre autres – présents dans différentes zones économiques exclusives autour du monde, en corrélant ces données à leurs prises annuelles attendues.

Plutôt que de s’en tenir à la nature des pavillons – trop souvent de complaisance –, elle s’est appuyée sur la nationalité des marins et de leurs officiers, car il est rare qu’un équipage de la République populaire de Chine travaille pour un armateur d’un autre pays. Au large de l’Afrique, il est courant que des navires armés par des propriétaires chinois fassent travailler des pêcheurs locaux, mais ces derniers sont alors souvent rémunérés avec quelques caisses de poissons, qui seront revendues près des côtes africaines, mais pas en Asie.

Car ce que dénoncent les gouvernements africains et ce qu’observent les ONG sur le terrain se confirme et se précise avec ce recensement. Tous dénoncent les chalutiers géants qui campent dans les eaux poissonneuses du continent noir, en approvisionnant souvent directement des bateaux-usines-frigos en mer. L’Afrique constitue la première cible de la flotte chinoise: cette dernière y prélève 3,1 millions de tonnes de poissons par an en moyenne, selon les chercheurs, soit 64% de ses prises à l’étranger. Les côtes de l’ouest du continent – sans doute les plus pillées du monde, pas seulement par des bateaux asiatiques – sont leur cible principale.

L’Asie, suivie de loin par l’Océanie, l’Amérique du Sud et centrale, ainsi que l’Antarctique constituent les autres terrains de chasse de la flotte de pêche chinoise.

Les données publiées par les chercheurs correspondent à de la pêche non répertoriée, ce qui ne signifie pas qu’elle soit entièrement illégale. Une partie peut être réalisée avec l’accord des autorités du pays concerné, mais il n’est pas possible de distinguer les deux types de pratiques.

Dans leur publication, les experts d’instituts de recherche canadiens, espagnols, français et australiens mettent en rapport le déclin de la ressource halieutique dans les océans, dont témoigne la stagnation du tonnage global de la pêche mondiale, et la pratique qui consiste à envoyer les bateaux pêcher très loin de leurs ports d’attache, dans des zones épargnées par la surpêche jusqu’à il y a peu.

Européens et Américains ont été les premiers à y avoir recours dans les années 1980, suivis par les Russes, le Japon et la Corée du Sud une décennie plus tard. Tous s’assuraient un accès aux eaux étrangères moyennant l’achat de licences de pêche auprès des gouvernements locaux – plus ou moins légalement il est vrai. Les Chinois, qui se lancent à leur tour à l’autre bout des mers pour répondre à la demande de leur marché intérieur, ne semblent pas toujours s’embarrasser de tels préalables.   

21/04/2013

Le théorème de Pythagore

Oh joies de la découverte de la géométrie pythagoricienne pour les enfants qui ont la chance d'avoir encore des enseignants !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/mathematiques-l-eblouissement-pythagoricien_3162101_1650684.html

Mathématiques : l'éblouissement pythagoricien

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h21 • Mis à jour le 18.04.2013 à 18h25

Etienne Ghys

Le théorème de Pythagore est sans conteste le théorème le plus connu des Français : tous les enfants l'apprennent un jour ou l'autre. Bien sûr, les années passant, il n'est pas rare que l'on finisse par en oublier complètement la signification, et il n'en reste plus alors qu'une sorte de rengaine qu'on chantonne sans la comprendre, comme dans le quatrain de Franc-Nohain : "Le carré de l'hypoténuse / est égal si je ne m'abuse / à la somme des carrés / construits sur les autres côtés."

Beaucoup de mathématiciens ont pourtant un rapport affectif avec Pythagore. Il représente peut-être le premier énoncé mathématique qui ne saute pas aux yeux et qu'on a du mal à croire tant il est surprenant. Lorsque le professeur démontre le théorème devant le jeune élève incrédule, c'est (parfois) un éblouissement. Ce qui était incroyable devient lumineux, évident, indiscutable ! L'énoncé et sa démonstration ne font plus qu'un. Combien de vocations de scientifiques sont-elles nées lors de ce genre de moments magiques ?

Tout cela est si clair qu'on en devient persuadé que tout le monde doit le comprendre sans difficulté. Dans son roman De la Terre à la Lune, Jules Verne imagine que des hommes représentent le théorème de Pythagore dans de vastes plaines, avec un triangle rectangle si grand qu'on peut l'observer depuis la Lune. "Tout être intelligent, disait le géomètre, doit comprendre la destination scientifique de cette figure. Les Sélénites, s'ils existent, répondront par une figure semblable, et la communication une fois établie, il sera facile de créer un alphabet qui permettra de s'entretenir avec les habitants de la Lune."

Le théorème serait donc une espèce de test d'intelligence ? Une intelligence universelle ? Il va de soi que Jules Verne a tort et que l'intelligence ne peut pas se réduire à la compréhension du théorème de Pythagore ! Dans un article récent, le footballeur Anelka déclarait que "les anti-footeux pensent que lire des kilomètres de bouquins et posséder une culture générale est synonyme d'intelligence. (...) Les Fourberies de Scapin, le théorème de Pythagore ou Cinquante nuances de Grey, ça me sert à rien dans la vie !"

Les collégiens de la fin du XIXe siècle appelaient ce théorème le pons asinorum, le "pont aux ânes". Peut-être à cause de la figure du triangle rectangle qui fait penser à l'un de ces ponts au-dessus d'un torrent de montagne où il faut commencer par monter avant de redescendre de l'autre côté. Un âne, ne voyant pas l'autre rive, refuse d'avancer. Sans l'aide du muletier, il ne traversera pas. Sans l'aide du professeur qui montre la démonstration, l'élève ne traversera pas le torrent... Rien à voir avec l'intelligence ! Après tout, l'âne a bien raison de ne pas se lancer à l'aveugle sur un pont dont il ne voit pas l'issue.

Je me souviens de mon professeur de mathématiques, en 3e, qui avait remarqué cet éblouissement et m'amenait chaque jour une nouvelle démonstration - il en existe tant - juste pour mon plaisir. Merci à M. Picavet ! Merci à tous les enseignants.

L'enseignement de la géométrie élémentaire est aujourd'hui en péril. Il ne faut pas nécessairement se lamenter sur l'allégement des programmes de mathématiques. Il y a tant d'autres choses que les enfants d'aujourd'hui doivent apprendre qu'il est bien normal que les mathématiques laissent un peu la place à des enseignements qui n'existaient pas jadis. Il est par contre regrettable qu'on présente les mathématiques comme un ensemble de recettes toutes faites, bien mystérieuses, en abandonnant la plupart du temps leurs démonstrations. Comme les mathématiques sont sèches et ennuyeuses si on en retire tout le sel ! Comment s'étonner ensuite qu'une bonne partie de nos concitoyens ne traversent pas le pont ?

Les légendes ne manquent pas autour de la découverte du théorème de Pythagore. Plutarque (au premier siècle après J.-C.) rapporte le vers suivant d'Apollodore : "Pythagore inventant la célèbre figure offrit une victime et rendit grâce aux dieux."

Porphyre, au IIIe siècle, précise cependant la nature du sacrifice en question : "Les auteurs les plus dignes de foi disent que Pythagore offrit un boeuf de pâte de froment après avoir découvert que le carré de l'hypoténuse est égal à ceux des deux autres côtés." En résumé, comme l'écrit Fourrey, cette fameuse hécatombe se réduit à un boeuf... de pain d'épices !

Le théorème de Pythagore n'est pas seulement un déclencheur de vocations... Il a traversé l'histoire des mathématiques en subissant un grand nombre de mutations successives. Pythagore, même s'il n'en est probablement pas l'inventeur, ne reconnaîtrait plus son théorème dans les textes contemporains. Il y a bien longtemps que le théorème a quitté son lieu de naissance, qui est le plan de la feuille de papier, et les mathématiciens l'utilisent quotidiennement dans des "espaces de Hilbert" dont la dimension est... infinie ! Il est devenu l'ami de tous les jours, dont on oublie souvent que c'est un ami d'enfance.

Etienne Ghys

La secte des nombres

 

Il est le seul mathématicien dont le nom résonne familièrement aux oreilles de tous. Depuis des générations, les enfants sur les bancs de l'école récitent son fameux théorème. Mais qui était ce Pythagore dont l'aura a traversé les siècles, nimbée d'un entrelacs de mystères ? Mathématicien, il fut, certes, mais pas seulement. Ce grand voyageur s'installa à Crotone, dans les Pouilles. Philosophe et mystique, il vécut entouré d'une communauté de disciples soumis à un ascétisme rigoureux et qui faisaient voeu de se consacrer à l'étude des nombres. Une "secte", dirait-on aujourd'hui, qui intrigua ses contemporains et continua, bien après lui, à charmer les esprits curieux. Depuis sa mort dont les récits légendaires ont tissé mille versions, l'influence de Pythagore et de son célèbre théorème n'a cessé de s'étendre. Sur les mathématiques évidemment, où ses découvertes ont ouvert des voies inexplorées. Sur la philosophie où, de Platon à Descartes, tous ont puisé aux sources de sa pensée. Sur les arts et les techniques, où son théorème se glisse dans les applications les plus communes et les plus sophistiquées. Deux mille six cents ans après son invention, le théorème de Pythagore n'a rien perdu de sa modernité.

No4, 164 p., 9,99 €, en kiosques.

20/04/2013

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/20/des-villes-s-attaquent-au-gachis-des-eaux-usees_3163393_3244.html

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LE MONDE | 20.04.2013 à 10h56

Des villes s'attaquent au gâchis des eaux usées

Par Sophie Landrin et Martine Valo

Récupérer les eaux usées pour un usage domestique, sans traitement chimique, et économiser ainsi 40 % de la consommation. C'est un système de gestion de l'eau inédit que veut mettre en place une entreprise de Rennes (Ille-et-Vilaine), Hydrocity, dans le futur écoquartier ViaSilva.

Cette écocité de 570 hectares, au nord de l'agglomération rennaise, devrait être achevée à l'horizon 2040 et accueillir 40 000 nouveaux habitants, dans 20 000 logements. La société propose de récupérer l'eau recueillie sur les toitures des futurs bâtiments, les eaux de pluie, l'eau de ruissellement et les "eaux grises" – issues des lavabos, douches et lave-linge – pour les réinjecter dans le circuit des toilettes, du lavage du linge et de l'arrosage.

En France, traditionnellement, les habitations sont alimentées par de l'eau potable et, une fois usées, ces eaux grises ou noires – celles qui proviennent des toilettes – partent dans les égouts, sans distinction, ce qui rend difficile leur réutilisation. Les concepteurs du nouveau dispositif veulent rompre avec cette logique en séparant les flux : seules les eaux noires continueront à rejoindre les égouts.

 ROSEAUX ET IMPURETÉS

"Nous proposons une boucle courte où ce qui n'est pas potable sera collecté, traité écologiquement et renvoyé sur un réseau spécifique dédié aux besoins non alimentaires et non corporels, explique Jean-François de Beaurepaire, président d'Hydrocity. On économise la ressource et on diminue les rejets. Pour les utilisateurs, l'intérêt est aussi financier, car les toilettes et le lavage du linge représentent 40 % de la consommation d'eau domestique."

L'eau des toitures, exempte de contamination, sera directement stockée en citerne puis redistribuée dans les bâtiments. Les eaux grises et celles de ruissellement récupérées passeront dans un bassin de décantation. Là, des plantes, majoritairement des roseaux, viendront se nourrir des impuretés. L'eau ainsi purifiée sera "hygiénisée" par des rayons ultraviolets. "Nous assurons une qualité équivalente à celle des pluies sur les toitures", explique M. de Beaurepaire. En outre, les calories des eaux grises, qui affichent une température moyenne de 34 C, seront exploitées pour le chauffage de l'eau domestique. Le surcoût de 20 % devrait être amorti en sept ans par les économies hydriques et énergétiques.

Le projet rennais tranche avec le retard pris par la France en matière de réutilisation des eaux usées. Après les industriels, des particuliers, notamment en montagne, se sont dotés de dispositifs de recyclage. Mais les exemples de récupération sont encore peu nombreux et essentiellement tournés vers l'irrigation agricole – à l'exclusion des cultures maraîchères –, l'arrosage des golfs et des espaces verts, notamment dans les îles de Ré, de Noirmoutier, d'Oléron ou de Porquerolles. A Clermont-Ferrand, les eaux usées de la ville servent à irriguer 700 hectares de terres agricoles en Limagne noire.

La réglementation française n'envisage pas pour l'instant la possibilité de réutiliser les eaux usées dans les jardins, même si cette pratique se développe. Il en va différemment à l'étranger. La municipalité de San Francisco, en Californie, édite ainsi des guides illustrés d'installations de ce type. Quant à l'Espagne, elle a voté un plan d'arrosage des golfs uniquement à partir des eaux usées. En Italie, Milan s'est dotée de la plus grande usine de recyclage pour irriguer 22 000 hectares de culture maraîchère. Les pays qui connaissent des situations de stress hydriques sont évidemment les plus avancés. Ainsi, en Israël, 70 % des eaux récupérées par les égouts partent, après traitement, irriguer les terres.

CITOYENS RÉCOMPENSÉS

Dans le monde, la moitié des eaux collectées font l'objet d'un traitement, mais seulement 2 % du volume traité sont réutilisés. Certaines villes pionnières ont fait le choix de rendre potable cette ressource. C'est le cas de Windhoek, la capitale de la Namibie, où 35 % de la consommation proviennent des eaux usées.

Singapour est souvent citée en exemple, notamment par le rapport du Programme des Nations unies sur l'environnement (PNUE), consacré aux villes durables et rendu public mercredi 17 avril. A l'étroit sur son territoire, avec plus de 7 000 habitants au kilomètre carré, la cité-Etat dispose de hauts revenus, mais de faibles ressources. Elle mise donc sur le développement durable tous azimuts. Ses quelques sources et son usine de dessalement (136 000 m3 par jour) ne lui suffisent pas, et elle doit s'approvisionner auprès de la Malaisie, dont elle espère devenir indépendante avant 2061.

Depuis quarante ans, elle a beaucoup investi dans la recherche et la technologie et a installé un réseau de récupération qui draine les eaux usées vers des unités de traitement. Une fois rendue potable, cette eau est diluée dans les réseaux domestiques. Ce qui devrait permettre de répondre à 30 % des besoins des 5 millions d'habitants d'ici à 2030.

Mais l'autonomie de Singapour passe d'abord par un sérieux programme d'économie de la précieuse ressource. Chaque année, la ville décerne un prix à ceux de ses citoyens qui ont le mieux contribué à la cause de l'eau.

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

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http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

Maïs OGM : toxique et valeur nutritive moindre que le maïs normal

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http://www.enviro2b.com/2013/04/18/une-nouvelle-etude-ame...

Une nouvelle étude américaine juge le maïs OGM toxique

Une nouvelle étude menée sur des plants de maïs OGM, et dont les conclusions ont été reprises par le site russe d'information, Rt.com, révèle que le maïs OGM contiendraient des éléments chimiques toxiques, potentiellement dangereux pour la santé.

Une nouvelle étude menée par la société américaine Profit Pro, pourrait relancer le débat autour du maïs génétiquement modifié. Dans un rapport, "2012 Corn Comparison", dont les conclusions ont été reprises sur le site russe Rt.com, les auteurs ont en effet constaté que ce type de maïs contiendraient des éléments, absents de la plante au naturel, et potentiellement toxiques pour l'homme.
C'est Zen Honeycutt, fondatrice de l'association "Moms Across America March to Label GMOs" qui a dévoilé initialement sur son site les conclusions de ce rapport. Elle l'aurait obtenu par un mandataire de De Dell Seed Company, une ferme basée en Ontario et présentée comme étant la seule société de semences de maïs non-OGM au Canada. Aux vues de ce rapport, cette fervente militante estime alors que "les allégations selon lesquelles il n'y a pas de différence entre le maïs OGM et non OGM de maïs sont fausses".

Trop d'éléments toxiques
Parmi les éléments toxiques recensés, on trouve des chlorures, du formaldéhyde ou encore du glyphosate. S'agissant de ce glyphosate, un désherbant créé par Monsanto (Roundup), les analyses menées ont révélé un taux de 13 parties par million. Or, Zen Honeycutt explique sur son site que les autorités américaines exigent que le niveau de glyphosate dans l'eau potable américain dépasse pas 0,7 ppm et ajoute que des dommages aux organes chez certains animaux a été liée à l'exposition au glyphosate supérieure à 0,1 ppm. Elle rappelle que des études ont démontré les dommages provoqué par ce produit. "Le glyphosate retire les nutriments vitaux des organismes vivants et le maïs OGM en est recouvert", ajoute-t-elle.
Par ailleurs, les analyses ont démontré que les nutriments contenus naturellement dans le maïs disparaissent progressivement des plants génétiquement modifiés. Ainsi, les plants "naturels" contiendraient 437 fois plus de calcium, 56 fois plus de magnésium, et 7 fois plus de manganèse.

19/04/2013

Informations santé/société du 19/4/13 : la conscience précoce des bébés

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http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La conscience précoce des bébés

Une étude, menée durant cinq ans par des chercheurs du Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques au CNRS, en collaboration avec des chercheurs de NeuroSpin (Inserm-CEA), révèle que, « dès 5 mois, les nourrissons possèdent une forme de conscience similaire à celle des adultes », rapportent L’Humanité et Libération.

Ils « perçoivent ainsi de façon consciente les objets et les personnes qui les entourent », souligne L’Humanité. Dans le cadre de cette expérience, les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale du cerveau de 80 bébés âgés de 5, 12 et 15 mois afin de déterminer si la région de la conscience perceptive s’activait, explique le quotidien. Le chercheur Sid Kouider (CNRS), qui a coordonné cette étude, publiée dans Science, souligne que « les bébés sont doués d’une prise de conscience peu élaborée, mais ces mécanismes relativement lents subissent une accélération progressive au cours de leur développement ».

L’Humanité, Libération, 19/04 –

Communiqué de presse :Les bébés doués de conscience

17/04/2013

Informations santé/société du 17/4/13 : les pleurs du bébé, le scandale du Distilbène

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http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les pleurs du bébé reconnus par ses deux parents

Une étude, menée par Nicolas Mathevon, de l’université de Lyon/Saint-Etienne et publiée dans Nature Communications, révèle que, « contrairement à une idée reçue, le père reconnaît aussi bien les pleurs de son bébé que la mère », indique Le Figaro.

Selon la série d’expériences réalisée par le chercheur bio-acousticien auprès de 29 parents et leurs bébés âgés de 3 mois, si les deux parents restent aux côtés de leur bébé plus de quatre heures par jour, ils identifient facilement et aussi bien l’un que l’autre ses pleurs. Par contre, si l’un ou l’autre passe moins de quatre heures par jour auprès de lui, il devient difficile pour ce parent de distinguer les pleurs de son bébé par rapport aux autres enfants, souligne le quotidien.

Nicolas Mathevon explique que « l’être humain est très doué dans le domaine sonore » et que les pleurs des bébés sont « un signal complexe, une signature sonore à part entière ».

Le Figaro, 17/04

Lancement d’une grande étude épidémiologique sur le scandale du Distilbène

« L’association Réseau DES (diéthylstilbestrol) lance, avec la Mutualité française et l’Agence nationale de sécurité du médicament, une grande étude épidémiologique portant sur trois générations de femmes », souligne L’Humanité.

Cette étude, la première en France, a pour objectif « d’analyser et de détecter l’ensemble des conséquences de la prise du médicament [Distilbène] », ajoute le journal.

En France, entre 1948 et 1977, plus de 200 000 femmes ont pris du Distilbène, médicament prescrit contre les fausses couches.

Ce médicament s’est avéré très dangereux pour les mères et leurs enfants, qui ont aujourd’hui entre 35 et 60 ans, explique L’Humanité.

L’association Réseau DES espère que des milliers de femmes participeront à l’étude, qui est largement relayée par le réseau mutualiste (centres de santé, pharmacies, sites Internet) et conduite « au moins » jusqu’à septembre.

L’Humanité, 17/04

14/04/2013

La prise en charge de l'autisme en France

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http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/03/au-centre-maia-pour-enfants-autistes-l-innovation-est-reine_3152777_1651302.html

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Au centre MAIA pour enfants autistes, l'innovation est reine

LE MONDE | 03.04.2013 à 14h43 • Mis à jour le 05.04.2013 à 17h36

Par Catherine Vincent

Pour apprendre à jouer au ping-pong, Enzo a longtemps tapé sur une balle suspendue à un fil : avoir un partenaire en face de lui l'aurait déstabilisé. Le fil a progressivement été allongé, Enzo a envoyé la balle de plus en plus loin et commence à prendre plaisir à jouer sur une table. Une victoire pour ce garçon de 12 ans, qu'il doit pour beaucoup au centre d'accueil de l'association MAIA Autisme. 

Enclavée derrière un immeuble d'habitation du 12e arrondissement de Paris, cette structure est l'une des vingt-quatre à avoir obtenu le label d'Institut médico-éducatif (IME) expérimental dans le cadre du deuxième plan Autisme 2008-2012. Fondée sur l'analyse appliquée du comportement ou méthode ABA (Applied Behavior Analysis), elle prend en charge seize enfants âgés de 5 à 13 ans, atteints de troubles autistiques plus ou moins profonds.

MUR D'ESCALADE ET TABLES DE PING PONG

Dans le hall, des instruments de vibration musicale. Des tables et des casiers dans les salles d'activité, une pièce pour visionner les DVD, une autre pour la relaxation. Et beaucoup d'équipements sportifs, financés pour l'essentiel par la Fondation Bettencourt. Mur d'escalade, tapis de course, vélos d'entraînement, tables de ping-pong. "Mise en œuvre très tôt, la méthode ABA fait faire à certains enfants des progrès fulgurants. Mais pour d'autres, ce n'est pas le cas. Lorsque ceux-là deviennent préadolescents, les outils pédagogiques mis au point pour les petits ne sont plus adaptés. Il faut donc inventer autre chose", explique Claire Doyon. Mère d'une petite Pénélope, aujourd'hui âgée de 13 ans et autiste profonde, elle a créé l'association en 2004. Avec un seul but : apporter une aide financière et éducative à sa fille.

"J'avais fait le tour des instituts existants, et j'avais eu d'emblée un rejet face au discours très culpabilisateur qu'on me tenait", se souvient la jeune femme, qui a dû mettre entre parenthèses sa carrière de réalisatrice pour s'occuper de sa fille. Refusant de mettre Pénélope en hôpital de jour, elle part se renseigner aux Etats-Unis. "J'y ai découvert une façon de regarder ce handicap radicalement différente. Une approche très pragmatique, des outils diversifiés et performants, une grande réactivité de dépistage, du personnel formé..." Tout ce qui manque à l'époque en France, et à quoi le deuxième plan Autisme a donné une réelle mais timide impulsion.

"C'est quoi, ton sport préféré ?", vient demander Kolleens, 8 ans, sous l'injonction de son éducatrice. Quand il est arrivé ici, le petit garçon faisait des crises à répétition. Il se tapait la tête, se montrait violent. Aujourd'hui, ses troubles du comportement ont laissé la place à de vrais progrès verbaux et sociaux. "Comme lui, la plupart des enfants sont partiellement intégrés en école ordinaire ou en CLIS [classe pour l'inclusion scolaire], à raison d'une à quatre demi-journées par semaine", précise Gwenaëlle Lerigoleur, jeune éducatrice spécialisée qui a découvert l'ABA lors d'un séjour à Montréal.

Impossible, cependant, de les laisser en classe sans la présence d'un des seize éducateurs (un par enfant) du centre : des auxiliaires de vie scolaire ont beau, parfois, être sur place, "leur formation est trop peu adaptée aux troubles autistiques pour être efficace", estime Claire Doyon. L'association a passé une convention avec l'hôpital Bichat, qui se charge d'évaluer chaque année le développement psychomoteur et orthophonique des enfants.

MÉLANGE ENTRE L'ÉCOLE ET LA MAISON

Si cet institut expérimental illustre ce qui commence à bouger, en France, en matière de prise en charge de l'autisme, il témoigne aussi du parcours du combattant que constitue une telle aventure. Pour ses fondateurs, l'horizon s'est certes élargi avec l'agrément reçu en 2009, qui s'accompagne depuis lors d'une dotation annuelle de l'agence régionale de santé de 1,2 million d'euros.

Mais ce n'est qu'en 2011 que la structure trouve véritablement sa cohérence, avec la rencontre d'une jeune Brésilienne, Ana Bibay. Aujourd'hui directrice du centre, celle-ci s'est rodée aux Etats-Unis à la méthode ABA, pour laquelle il n'existe en France (à l'exception d'un diplôme universitaire délivré à Lille) ni formation ni supervision reconnue.

Dans ce lieu conçu "comme un mélange entre l'école et la maison", où les parents sont bienvenus et où fratries et amis proches sont accueillis un mercredi sur deux, l'innovation est reine. "Je ne conçois l'ABA que dans la pluridisciplinarité, et dans l'adaptation au cas par cas", précise Ana Bibay.

"LES HISTOIRES MIRACLES, C'EST VRAIMENT L'EXCEPTION"

A côté des éducateurs permanents, des spécialistes de diverses disciplines viennent régulièrement apporter leur savoir-faire. Souvent de l'étranger, où la prise en charge des troubles autistiques n'est pas aussi médicalisée qu'en France. Un programme pour adolescents est à l'étude en collaboration avec une équipe d'Ankara (Turquie), spécialisée dans les activités sportives pour jeunes autistes. Les dons reçus par l'association pour 2013 permettent de financer l'expérience pendant six mois. Après ? Le bricolage continuera, encore et toujours.

Car l'ambiance, ici, a beau être calme et sereine, et les enfants ne connaître ni médication ni salle d'isolement, comme partout ailleurs, le taux de guérison reste dérisoire. "Les histoires miracles que l'on raconte, c'est vraiment l'exception. La réalité du terrain, c'est qu'un autiste profond de 12- 13 ans, même s'il a bénéficié des meilleures stratégies éducatives, ne peut pas intégrer un milieu ordinaire. Il arrive même souvent que ses difficultés d'adaptation resurgissent à l'adolescence", constate Ana Bibay.

Ce qu'elle attend en priorité du nouveau plan Autisme ? Des progrès dans la formation aux méthodes éducatives et comportementales, et des avancées dans la prise en charge des adultes. A MAIA Autisme, la règle veut que les enfants soient accueillis jusqu'à leur majorité. Mais ensuite ? 

Lire aussi : Le troisième plan autisme se fait attendre

Santé mentale

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Algues vertes : l'Etat condamné

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/02/algues-vertes-l-etat-condamne-en-appel-a-payer-plus-de-120-000-euros-a-4-communes_3152356_3244.html

Algues vertes : l'Etat condamné en appel à payer...

Le Monde.fr avec AFP | 02.04.2013 à 19h52 

La cour administrative d'appel de Nantes a condamné l'Etat à verser 122 932 euros à quatre communes des Côtes-d'Armor pour les indemniser du coût du ramassage et du transport des algues vertes en 2010. En première instance, le 23 janvier 2012, le tribunal administratif de Rennes avait donné raison à la préfecture des Côtes-d'Armor et rejeté la demande des quatre communes, qui avaient fait appel.

Mais la cour administrative d'appel de Nantes a décidé dans son arrêt rendu le 22 mars dernier d'annuler cette décision, expliquant que "les carences de l'Etat dans la mise en œuvre de la réglementation européenne et nationale destinée à protéger les eaux de toute pollution d'origine agricole sont établies" et que les mesures mises en place depuis 2003 ne sont pas "susceptibles d'atténuer cette responsabilité".

L'Etat a été condamné à verser 9 930 euros à la commune de Trédurer, 15 742 euros à Trédrez-Locquemeau, 72 074 euros à Plestin-les-Grèves et 25 186 euros à Saint-Michel-en-Grève. Fin 2009 l'Etat avait déjà été condamné par la cour administrative d'appel de Nantes à verser à des associations de défense de l'environnement des indemnités allant jusqu'à 15 000 euros pour sa mauvaise gestion de la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Lire en édition abonnés : La Bretagne échoue à endiguer les marées vertes

Biodiversité

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UFC-Que Choisir : des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/03/de-nombreux-perturbateurs-hormonaux-identifies-dans-des-produits-de-beaute_3152533_3244.html

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Des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

LE MONDE | 03.04.2013 à 11h28 • Mis à jour le 03.04.2013 à 14h09

Par Sophie Landrin

Crèmes, gels douche, shampooings, dentifrices, savons, vernis, poudres de maquillage, etc. : les cosmétiques contiennent des concentrations élevées de perturbateurs endocriniens, ces molécules susceptibles de bloquer ou de modifier le système hormonal humain et d'augmenter les pathologies lourdes comme les cancers hormonodépendants, l'infertilité ou le diabète. 

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié, mardi 2 avril, les conclusions de tests portant sur 66 produits. Une vingtaine de molécules ont été trouvées, des perturbateurs endocriniens utilisés sous forme de conservateurs, d'antibactériens, de filtres solaires, d'adoucissants, d'émollients. Le propylparaben, un conservateur, a été retrouvé dans 28 produits. Un seul des produits analysés ne comportait pas les molécules chimiques recherchées.

L'étude attire l'attention sur plusieurs cosmétiques de la marque Nivea, un déodorant et un gel douche. Dans le Nivea Water Mily & Oil, 2,68 g/kg de propylparaben ont été mesurés, alors que le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) fixe la teneur à ne pas dépasser à 2,48 g/kg. Le stick déodorant Dry Confort 48 h contient 180 g/kg de cyclopentasiloxane et 7,7 g/kg en cyclotetrasiloxane, des dérivés du silicone. Un dentifrice Colgate Total renferme 2,09 g/kg de triclosan, un antibactérien qui pourrait avoir des effets sur la thyroïde. Les experts de l'UFC-Que Choisir considèrent que ce produit, s'il est combiné par exemple avec un déodorant contenant aussi du triclosan, présente "un risque significatif".

EFFETS À LONG TERME

Ce que craignent les toxicologues, c'est l'effet "cocktail" : l'addition au cours d'une journée de tous ces produits, crème, protection solaire, cumulée à l'exposition à un environnement lui-même pollué par les perturbateurs endocriniens. On retrouve en effet ces molécules dans les vernis, les emballages alimentaires, les parquets, le mobilier, etc. L'un de ces perturbateurs hormonaux, le bisphénol A, est présent dans les bouteilles en plastique, les conserves, la vaisselle.

"Les doses présentes dans les cosmétiques sont le plus souvent en dessous du seuil de risque. Mais il faut rappeler que les perturbateurs endocriniens agissent à faible dose et sur le long terme. Par ailleurs, ce sont les effets cumulatifs qui peuvent être nocifs. Le problème, c'est que la toxicologie classique considère la nocivité de chaque molécule isolément sans prendre en compte les risques liés à l'exposition à un mélange de substances", explique Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir.

L'association de défense des consommateurs demande donc une adaptation de la réglementation. Elle réclame à la Commission européenne la mise en place d'un programme de recherche indépendant sur les effets à long terme de ces perturbateurs endocriniens et l'obligation pour les fabricants d'afficher des étiquetages complets et précis. Les tests ont montré que la liste des ingrédients affichés par les fabricants sur leurs produits n'était pas toujours fiable. Les produits comportaient des substances non indiquées.

L'association souhaite enfin que les fabricants prennent les mesures qui s'imposent pour éliminer "rapidement toutes les substances toxiques ou douteuses de leurs produits".

Les effets de ces perturbateurs endocriniens sur le métabolisme humain inquiètent la communauté scientifique. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail doit rendre publique, mardi 9 avril, une étude très attendue sur le bisphénol A. Et, d'ici à juin, l'Autorité européenne de sécurité des aliments devrait rendre son avis sur cette molécule.

Débat sur le bisphénol A

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11/04/2013

Boycottez les éthylotests ! (suite 2)

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Les éthylotests au cœur du débat sur la sécurité routière

LE MONDE | 08.01.2013 à 10h47 • Mis à jour le 08.01.2013 à 14h03

Par Rafaële Rivais

Faut-il maintenir l'obligation de détenir un éthylotest dans son véhicule ? Cette question sera au coeur des travaux de la commission "alcool, vitesse et stupéfiants" du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), qui se réunira pour la première fois, mercredi 9 janvier, à la Défense (Hauts-de-Seine). La mesure, entrée en vigueur en juillet 2012, avait été décidée par le président Nicolas Sarkozy, en novembre 2011 : il entendait lutter contre l'alcool au volant, à l'origine d'un tiers des accidents mortels.

Pour certains, comme Armand Jung, le président du CNSR, cet auto-dépistage permet, en cas de doute, de renoncer à prendre le volant. Mais la Ligue contre la violence routière conteste son bien-fondé : "80 % des accidents mortels liés à l'alcool ont lieu avec une alcoolémie supérieure à 1,2 gramme, soit l'équivalent de dix verres. Les personnes savaient qu'elles ne devaient pas conduire", rappelle sa présidente, Chantal Perrichon. Elle réclame "une véritable politique de lutte contre le lobby alcoolier", et non un "gadget".

La fiabilité des éthylotests est, en outre, de plus en plus contestée. Un décret du 28 février 2012 prévoit que les éthylotests doivent disposer soit d'une certification "NF", prouvant qu'ils sont conformes à la norme française X20702, soit d'un marquage du fabricant déclarant sa conformité à cette norme.

"DISQUALIFIÉ"

L'accidentologue Claude Got, qui devrait faire partie des experts du CNSR, estime que la norme n'est "pas assez précise", et que la procédure employée par le Laboratoire national de métrologie et d'essais (LNE) pour tester la conformité des appareils à cette norme n'est "pas assez exigeante". "Le LNE ne teste pas le changement de couleur au seuil légal de 0,25 mg par litre d'air expiré, mais seulement aux seuils de 0,17 mg ou 0,30 mg", explique-t-il. En outre, il faudrait que les techniciens examinent les appareils en laboratoire, mais aussi "dans les conditions du terrain".

Deux associations de consommateurs viennent de confirmer que les éthylotests disposant de la certification "NF" du LNE ne sont pas fiables. L'UFC-Que choisir attribue à l'éthylotest de Contralco la note de 12,1 sur 20, bien qu'il donne satisfaction aux températures recommandées par le fabriquant, de 10 à 40 degrés. "Nous faisons les tests en fonction des usages réels", rappelle le magazine, dans son édition de janvier. "Or, à -5 degrés, l'éthylotest ne réagit plus, le froid inhibant le réactif."

De même, 60 millions de consommateurs ne lui décerne qu'un 13/20 après avoir constaté deux surévaluations de la dose d'alcool, et dû mettre à l'écart certains échantillons qui présentaient un défaut. Quant à l'éthylotest de Redline, Que choisir lui attribue la mauvaise note d'1,5 sur 20 et 60 millions le juge "disqualifié", avec six "faux négatifs", incitant à prendre le volant, sur 50 essais. "Avant de prendre la décision d'imposer les éthylotests, il aurait fallu évaluer leur fiabilité, en faisant des doubles contrôles, avec éthylotest puis éthylomètre", indique M. Got.

156 INCIDENTS

Les éthylotests ont d'autres détracteurs, comme l'association Robin des bois qui, en juillet 2012, a réclamé leur recyclage, parce qu'ils contiennent du dichromate de potassium, substance cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction. Entre le 1er janvier 1999 et le 10 juin 2012, les centres antipoison ont enregistré 156 incidents liés à des éthylotests chimiques – irritation des muqueuses digestives, problèmes oculaires...

En revanche, Contralco, l'entreprise de l'Hérault devenue le leader mondial de l'éthylotest à usage unique, a déjà protesté, dans une lettre ouverte aux élus de ce département, contre l'"absence de continuité de l'Etat". Elle assure que le retrait du décret mettrait en danger des emplois, ainsi qu'un programme d'investissement de 3,7 millions d'euros pour 2013.

La piste d'une interdiction totale de l'alcool au volant pour les jeunes de moins de 25 ans pourrait aussi être examinée, en lien avec la commission "jeunes et éducation routière". En 2001, la Commission européenne a recommandé de réduire à 0,2 gramme par litre de sang le seuil d'alcoolémie des jeunes conducteurs, pendant les trois années qui suivent l'obtention de leur permis.

A titre personnel, le président du CNSR, M. Jung n'y est pas favorable : "Les spécialistes constatent qu'il y a très peu d'accidents corporels ou mortels liés à un taux d'alcoolémie inférieur à 0,5 g." En outre, "il est très difficile d'avoir un degré zéro d'alcool", précise-t-il. "Il suffit d'avoir mangé des fruits ou bu certains sirops pour être positif."

Rafaële Rivais

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voir aussi :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2013/01/02/boycottez-les-ethylotests-suite.html

Boycottez les éthylotests ! (suite) : lebloglibredemonquartier

Achetez vous sur le net ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/12/25/les-pirates-des-carpates_1810181_3214.html

Les pirates des Carpates

LE MONDE | 25.12.2012 à 12h12 • Mis à jour le 26.12.2012 à 18h09

Par Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial

Pour le touriste pressé, Ramnicu Valcea est une ville tranquille et verdoyante. Située au pied des Carpates, dans le centre de la Roumanie, elle ne laisse guère deviner le secret bien caché de son quartier ouvrier, Ostroveni. Il faut quitter le grand boulevard qui traverse la ville et s'engager dans les petites rues bordées d'HLM délabrées héritées de l'époque communiste pour comprendre que quelque chose ne tourne pas rond dans cette cité d'une centaine de milliers d'habitants.

Au pied de ces immeubles construits à la va-vite au temps de la dictature communiste se trouvent des voitures de luxe. Au volant, des jeunes de 20 à 30 ans, fiers d'afficher une richesse qui contraste avec l'environnement. Bienvenue dans le repaire des hackeurs ! Ces jeunes ont trouvé sur la Toile des opportunités que la réalité roumaine ne peut leur offrir. Ramnicu Valcea, avec son quartier Ostroveni, est une ville bien connue de la presse américaine qui l'a surnommée "Hackeurville".

 
 

Comprendre : la capitale mondiale du vol sur Internet. Français, Britanniques, Allemands, Italiens, mais surtout des Américains, qui font leurs courses sur Internet, sont tombés dans le panneau des réseaux roumains du hacking. Selon la police roumaine, environ 80 % de leurs victimes se trouvent aux Etats-Unis. "L'année dernière, les hackeurs roumains ont volé un milliard de dollars aux Etats-Unis", affirme Mark Gitenstein, l'ambassadeur américain à Bucarest.

TRAVAILLER EN RÉSEAU

A Ostroveni, tout le monde est au courant, mais la loi du silence règne dans le quartier. L'un de ces hackeurs a toutefois accepté d'évoquer son "commerce", sous couvert d'anonymat. "Avec les Américains, c'est plus facile, explique-t-il. Ces types, même quand ils veulent acheter du pain, ils vont cliquer sur Internet, ils ont l'habitude de tout faire sur le Web." Il lui arrive, assure-t-il, d'"embobiner quatre ou cinq types par semaine, en leur soutirant des sommes allant de quelques centaines à quelques dizaines de milliers de dollars".

"Le monde est grand et il est plein d'idiots prêts à acheter tout et n'importe quoi sur Internet, poursuit-il. On vend des produits fictifs, on clone des sites et on pirate des cartes bancaires. En Europe, pour récupérer l'argent, on envoie les "flèches", des types qui n'ont rien d'autre à faire que de retirer l'argent envoyé sur un compte. Ils gardent dans les 30 % du magot, et le reste ils nous l'envoient via Western Union." Vu le nombre d'enseignes Western Union qui ont poussé comme des champignons dans le centre-ville de Ramnicu Valcea, il semble que les affaires marchent bien.

Mais sortir l'argent des Etats-Unis est plus complexe. "Nous avons trouvé une solution légale, indique notre interlocuteur. J'achète une voiture de 120 000 dollars en cash. Rien de plus légal. Je la fais venir en Roumanie où je la vends 80 000 dollars. C'est toujours légal. D'accord, j'ai perdu 40 000 dollars mais j'en ai blanchi 80 000. Le mec qui l'achète est content, car il économise 40 000 dollars. Maintenant, les gars viennent directement nous commander les modèles qu'ils veulent."

Les hackeurs roumains ont compris l'intérêt de travailler en réseau. C'est ce qui fait leur différence et leur force. Les "flèches" sont les plus exposées, raison pour laquelle leurs papiers d'identité sont souvent des faux. Ils sont initiés aux méandres d'Internet. "On enchaînait les nuits blanches, scotchés devant les ordinateurs, se rappelle le hackeur d'Ostroveni. On prenait des garçons à partir de 14 ans pour nous aider. On emmenait aussi des enfants de l'orphelinat et on leur apprenait les trucs pour qu'ils travaillent pour nous."

"LA CRIMINALITÉ INFORMATIQUE EST TRANSFRONTALIÈRE"

Le FBI, dont plusieurs spécialistes de la criminalité informatique ont pris leurs quartiers à Bucarest, a formé plus de 600 policiers roumains pour endiguer le fléau. Une brigade d'enquête spécialisée dans le vol sur Internet dispose de 200 policiers présents dans les 41 départements du pays.

"La criminalité informatique est transfrontalière, déclare Virgil Spiridon, le chef de cette brigade spéciale. Nous avons fait beaucoup de progrès ces dernières années. La Roumanie coordonne actuellement un programme de lutte contre la criminalité cybernétique à l'échelle de l'Union européenne avec Europol et la Commission européenne."

La traque et les arrestations de hackeurs se sont accélérées. En 2011, la brigade roumaine a enregistré un millier d'enquêtes, procédé à 500 arrestations et remis 150 dossiers aux juges.

Côté FBI règne la plus grande discrétion. Retirés dans un immeuble classé secret situé sur un des grands boulevards de Bucarest, les officiers du Bureau fédéral d'investigation américain sillonnent le monde virtuel pour trouver la trace des hackeurs roumains. Ils s'inspirent des méthodes des hackeurs, créent des sites de vente où ils passent de petites annonces appétissantes.

Victor Faur, nom de code SirVic, connaît bien le système. Il a été à la tête d'un des réseaux les plus performants de Roumanie. "Mais j'ai toujours été un hackeur blanc , je ne veux pas être confondu avec les petits cons qui volent sur Internet, précise-t-il. Ça, tout le monde peut le faire. C'est pour cette raison que le FBI leur met la main dessus, ils ne savent pas effacer leurs traces."

Malgré ses prouesses, SirVic a été arrêté et condamné à six mois de prison avec sursis, et 240 000 dollars d'amende. Il s'était amusé à attaquer les serveurs de l'agence spatiale américaine, la NASA, pour montrer aux Américains qu'il y avait des brèches dans leur système de sécurité. "Je les ai prévenus pour qu'ils règlent le problème, mais j'ai fait la connerie de me vanter de mon exploit sur un site dont ils avaient l'accès."

TOUT EST À VENDRE, CARTES AVEC CODE, CARTES VIERGES

Face à la répression policière, les hackeurs se sont faits très discrets mais ils croient toujours à leur bonne étoile. Le hacking est-il difficile à apprendre ? Pour Ice Man, le "prince noir" des hackeurs roumains, voler sur la Toile est très simple. De son vrai nom Robert Butyka, âgé de 26 ans, il précise d'un ton irrité qu'il ne faut pas confondre hackeur et voleur. Que lui ne s'intéresse qu'aux vrais défis d'Internet.

"Oui, voler sur Internet est une affaire simple", insiste-t-il néanmoins. "Il y a une centaine de bons guides d'utilisation sur Internet pour apprendre à devenir hackeur", explique-t-il. Démonstration en quelques clics : "Voilà, j'ai trouvé des types qui proposent à la vente des cartes bancaires avec les codes associés pour l'Italie, la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Espagne." Sur l'écran de l'ordinateur défilent des petites annonces. Tout est à vendre, cartes avec code, cartes vierges, listes d'e-mails extraits de messageries de grandes entreprises et toute une panoplie de programmes pour accéder à des serveurs.

"Il faut faire attention quand même, prévient-il. Une partie de ces annonces est rédigée par les agents du FBI ou de la CIA pour appâter. Si tu ne sais pas les éviter tu peux te faire avoir." C'est ce qui est arrivé au jeune Iulian Dolan qui, avec trois amis, avait mis la main sur les données de 80 000 cartes bancaires américaines et dérobé plusieurs millions de dollars.

Une femme agent de la CIA jouant le rôle de la fille qui cherche une relation sur Internet a réussi à attirer le cybercriminel roumain. Elle lui a proposé de lui payer un billet d'avion pour un séjour dans un casino à Hawaï. Armé d'une grosse boîte de préservatifs, Iulian Dolan a été menotté dès son atterrissage à l'aéroport Logan de Boston.

PLAQUE TOURNANTE

Environ 10 000 informaticiens sortent tous les ans des universités roumaines, et une bonne partie d'entre eux travaille actuellement dans les multinationales qui se sont installées en Roumanie. "La masse des informaticiens est très importante et le risque de la criminalité cybernétique est à la mesure, affirme Florin Talpes, informaticien et fondateur de la société Bitdefender. Les jeunes sont les plus exposés."

"Quand j'ai démarré mon affaire dans les années 1990, la cybercriminalité était un sport individuel, dit-il. Aujourd'hui, ces gens agissent en groupe et sont organisés comme une société commerciale. L'avance technologique qu'on a connue ces dernières années profite aussi à ceux qui sont de l'autre côté du miroir, ce monde obscur où le vol sur Internet est devenu un vrai business."

Ramnicu Valcea est une plaque tournante de la criminalité informatique dont les ramifications s'étendent sur plusieurs continents. Le phénomène a commencé en 1996, et le succès d'une poignée de jeunes a fait boule de neige à l'échelle de la ville. Ce n'est qu'en 2003, sous la pression des Etats-Unis, que la Roumanie a voté une loi permettant de combattre ce nouveau type de criminalité.

Du haut de son balcon qui a vue sur le quartier des pirates de Ramnicu Valcea, le hackeur d'Ostroveni ne cache pas ses doutes. "Les cerveaux, les gros poissons ont quitté Hackeurville, conclut-il en souriant. Ils s'installent ailleurs et se fondent dans le paysage aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France ou en Suisse. Ce sont des fantômes super-friqués et très discrets. Je ne pense pas qu'on les aura."

Mirel Bran, Ramnicu Valcea (Roumanie) envoyé spécial

Bonnes idées ( poules / savon )

lu sur :

http://www.univers-nature.com/actualite/quand-les-poules-remplacent-les-poubelles-63487.html

    05/04/2013 : Quand les poules remplacent les poubelles

Nous aurions pu vous parler du charmant village de Pincé, petite commune sarthoise de 196 habitants. Mais c’est sur Barsac, ville girondine de 2000 habitants, que nous nous attardons. Là-bas, comme à Pincé, les élus cherchent à diminuer le volume des déchets produits par les habitants en leur proposant une solution aussi écologique qu’inattendue : des poules. Celles-ci sont en effet peu regardantes sur la présentation de la nourriture qui leur est apportée, et se contentent d’épluchures de légumes et de restes de repas. Une seule de ces poules serait capable d’ingurgiter plus de 150 kilos de végétaux (et de restes divers) chaque année. Dans le même temps, un Français produit en moyenne (et selon l’ADEME) 390 kilos de déchets en tous genres. Le calcul est vite fait : une poule peut permettre de diminuer le volume de nos déchets de plus d’un tiers.

Barsac, les habitants de la communauté de communes de Podensac se sont ainsi vu proposer l’adoption de deux volatiles par foyer, moyennant un euro par individu à plumes. En échange, ils s’engagent à les nourrir et à en prendre soin pour les deux années à venir, et profitent d’oeufs frais quotidiens à la traçabilité certaine. Dans un premier temps, 75 foyers ont pu profiter de l’offre de leur commune et accueillir deux gallinacés. Conquise par ce succès, la commune ne compte pas s’arrêter là et envisage de réitérer son offre, et même de mettre à disposition un poulailler municipal pour ses habitants qui n’ont pas la chance de posséder un grand jardin.

Malgré des dehors futiles, cette distribution de poules s’inscrit dans une vaste politique de réduction des déchets menée par la communauté de communes locale qui a mis en place un impôt sur les ordures ménagères qui ne fonctionne non plus par forfait, mais qui est calculé selon le poids des déchets produits par chaque foyer : en un an, ce système a ainsi permis aux habitants de diviser par deux le volume de leurs poubelles, et de diminuer de belle manière leur contribution annuelle aux impôts locaux. Autant d’initiatives qui permettent d’un côté de réduire les coûts de traitement des déchets de la communauté, tout en apportant un peu plus de vie dans les rues de Barsac et de ses environs.

Si la municipalité veut poursuivre dans cette voie écologique, suggérons-lui la location de quelques chèvres pour tondre la pelouse des espaces verts municipaux : certaines sociétés se sont spécialisés dans ce business vert. Et puis des poules et des chèvres, ce sont des animaux qui sont censés pouvoir s’entendre, non ?

Benjamin . 05/04/2013
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http://www.univers-nature.com/objet-ecolo/je-recycle-lhuile-avec-mon-usine-a-savon-63493.html

Chacun d’entre nous a dû vivre ça lors de nos premières années loin du foyer parental, une période où l’on apprend beaucoup sur la tenue d’un logement à force d’erreurs : déverser des matières grasses dans l’évier finit par boucher celui-ci. Les matières se figent petit à petit jusqu’à complètement obstruer le siphon, qu’il faut alors démonter et nettoyer. Tâche ingrate. Mais alors que faire de ces déchets gras ? Pour le beurre, il suffit d’attendre qu’il se re-solidifie après la cuisson pour l’envoyer faire un beau voyage, direction poubelle.

Pour l’huile en revanche, Analia Blanco, jeune designer, propose de lui offrir une seconde vie et de le transformer en savon. Pour cela, la jeune femme, ancienne de l’école polytechnique de Valence (en Espagne, pas dans la Drôme) a inventé un petit appareil électroménager qu’elle a appelé « usine à savon » : d’apparence cubique, blanc, celui-ci se fondra parfaitement dans n’importe quel coin cuisine. Son mode de fonctionnement est d’une simplicité à toute épreuve : il suffit d’y introduire de l’huile usagée préalablement filtrée, de la mélanger à de l’eau et à de la soude caustique (attention les doigts tout de même), et l’usine à savon se charge de mélanger tout cela et de produire des doses de savon solide, semblables à ceux vendus dans les magasins et auxquels vous êtes habitués. Pour un litre d’huile, l’appareil est capable de produire 850 grammes de savon.

Attention à l’abus de langage, on parle ici d’un savon pensé pour le lavage des sols, de la vaisselle et même du linge, mais en aucun cas pour le soin du corps humain. Quoi qu’il en soit, cette usine à savon permet de se débarrasser de façon intelligente d’un déchet encombrant, et dont un seul litre est capable de contaminer quelques 1000 litres d’eau potable.

Sachant que chaque Français consomme en moyenne 4 litres d’huile alimentaire par an, les volumes rejetés dans les égouts dans les meilleurs des cas, ou directement dans la nature, sont conséquents et méritent d’être pris en compte. C’est à cela que s’est attelée Analia Blanco, en imaginant son usine à savon, en la faisant breveter, et en continuant encore et encore de la tester pour la perfectionner, avant une mise sur le marché espérée dans quelques années. Son travail n’est en tout cas pas passé inaperçu, puisqu’elle a décroché de multiples récompenses lors de concours de design.

Reste à dépasser l’éventuel blocage psychologique du consommateur, pas forcément enclin à nettoyer sa chemise préférée ou la vaisselle de mamie avec du savon fabriqué à partir d’huile de friture recyclée.

Benjamin . 

08/04/2013

Informations santé/société du 8/4/13 : sel - prothèses certifiées "TÜV"

lues sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les effets néfastes de l’excès de sel

Le Figaro rend compte des problèmes de santé liés à la consommation excessive de sel.

Selon une étude internationale, à laquelle ont participé 488 scientifiques de 50 pays différents, l’excès de sel « serait responsable de 2,3 millions de morts chaque année dans le monde », indique le quotidien.

Les chercheurs ont estimé qu’entre 280 000 et 500 000 morts pourraient être évités sur une période de dix ans en diminuant à moins de 1,5 g de sel par jour la consommation des Américains.

Selon les chiffres de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en France, les hommes consomment environ 10 g/j de sel et les femmes 8 g/j, alors que le plan nutrition santé préconise au maximum respectivement 8 g/j et 6,5 g/j.

L’Organisation mondiale de la Santé recommande, pour sa part, une consommation maximale de 5 g de sel par jour.

Le Pr Jacques Blacher, cardiologue et épidémiologiste à l’Hôtel-Dieu (Paris), indique que « plus on mange de sel et plus on augmente son risque d’accident vasculaire cérébral. Pour l’infarctus du myocarde, c’est un peu moins net, mais le risque existe aussi ».

Le Pr Irène Margaritis, chef de l’évaluation sur la nutrition et les risques nutritionnels à l’Anses, souligne : « Il y a des études qui montrent que des apports sodés trop élevés dans l’enfance peuvent faire le lit de maladies cardiovasculaires futures ».

Le Figaro, 08/04

Procès hors normes dans l’affaire des prothèses PIP

L’AFP souligne qu’« un procès hors normes s’annonce devant le tribunal correctionnel de Marseille dans l’affaire des prothèses mammaires frauduleuses PIP ».

Cette fraude, qui a duré dix ans, a fait de nombreuses victimes à travers le monde, explique l’agence. Cette dernière indique que « cinq dirigeants de la société varoise Poly Implant Prothèse (PIP) comparaîtront, du 17 avril au 17 mai, pour tromperie aggravée et escroquerie, pour avoir fourni des implants remplis d’un gel ‘‘maison’’ non conforme ».

Près de la moitié des quelque 30 000 prothèses mammaires PIP au gel frauduleux posées ont été retirées, dont 10 000 à titre préventif.

Les pouvoirs publics doivent, « via l’Inserm, lancer une enquête sur 10 ans sur les conséquences médicales » de ces implants.

AFP, 06/04

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TÜV :

voir :

TÜV Rheinland France Page Accueil | TÜV Rheinland

http://www.tuv.com/fr/france/home.jsp

et aussi :

Prothèses PIP : certifiées mais truquées ! - Pharmacie

http://www.usinenouvelle.com/article/protheses-pip-certifiees-mais-truquees.N165807

Les effets biologiques de la téléphonie mobile (suite)

communiqué :

INERIS – Effets d’exposition à des champs électromagnétiques    

LES RATS DE L’INERIS SONT DES VEINARDS
Ils ont eu des émissions light.
 
Le 03 Avril 2013, ont été exposés dans les locaux de l’INERIS des travaux concernant la régulation thermique de jeunes rats exposés à des champs électromagnétiques.
Invitée, l’association nationale Robin des Toits était présente.
Une étude de ce type a pour objet de fournir des éléments de comparaison avec la situation réelle actuelle.

Les émissions produites par les opérateurs ont trois caractéristiques :
elles sont mixtes et comportent une composition de fréquences diverses,
elles comportent des extrêmement basses fréquences,
elles sont émises de façon discontinue et par saccades.

Les émissions offertes aux rats de l’INERIS sont nettement plus simples :
elles ne comportent qu’une seule fréquence – 900 MHz
donc, il n’y a pas d’extrêmement basse fréquence,
elles sont émises en continu.

Les résultats de l’étude montrent chez les animaux exposés des perturbations nettes – l’INERIS dit « très nettes » – du sommeil, de la thermorégulation et du comportement alimentaire.
Malgré la faible intensité des émissions.
Ils montrent aussi une augmentation de l’état d’alerte.

L’étude fait donc constater l’apparition de perturbations très nettes malgré la forte atténuation et la faible intensité de l’émission.
Deux conclusions sont évidentes :
- une émission plus complète produit des perturbations encore plus importantes,
- pour une information pleinement significative, il est nécessaire de soumettre les animaux en direct aux émissions auxquelles les opérateurs soumettent l’ensemble du vivant.

A titre de complément de la présente étude, Robin des Toits croit utile d’informer l’INERIS de l’existence des travaux suivants :
ADANG et VANDER VORST – Juin 2008
  124 rats
  21 mois d’exposition – faible
  Résultats :
  . perturbation du système immunitaire – multiplication des lymphocytes,
  . vieillissement accéléré,
  . 50% de surmortalité   (mortalité – pourcentage normal : environ 30%       ADANG : 60%)
Rappel : patrimoine génétique du rat identique à 90% avec celui de l’humain.

SALFORD et al – 2003 – dans Environ Health Perspect
  Nerve Cell Damage in Mammalian Brain After Exposure to Microwawes from GSM Mobil Phones.
  Le Professeur SALFORD, haute autorité dans le domaine du BioElectromagnétisme, a déclaré qu’une personne qui entre 15 et 25 ans a chaque jour un portable contre la tête pendant une demi-heure ou plus aura un ALZHEIMER à 30 ans.

- Trois travaux concernant les perturbations du sommeil par les émissions du type GSM :
  HUBER et al – 2000 – Biological and Medical Aspect of Electromagnetic Fields
  HOSSMANN et HERMANN – 2003
  HUNG et al – 2007

Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique

06/04/2013

Les effets biologiques de la téléphonie mobile

les surlignages et le commentaire sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/04/une-etude-conclut-aux-effets-biologiques-des-ondes-electromagnetiques_3153800_1651302.html

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Une étude conclut aux effets biologiques des ondes électromagnétiques

LE MONDE | 04.04.2013 à 11h30 • Mis à jour le 05.04.2013 à 08h17

Par Sophie Landrin

Quels peuvent être les effets d'une exposition aux champs électromagnétiques, comme ceux générés par les antennes-relais de téléphonie mobile qui fleurissent sur les toits des immeubles et parfois des écoles ? Existe-t-il un réel risque sanitaire pour les riverains, comme le soupçonnent certaines associations ? La littérature scientifique s'est multipliée ces dernières années sans conclure à un risque avéré, laissant les personnes dites "électrosensibles" dans l'incompréhension.

Pour la première fois, une étude sur des jeunes rats, conduite par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'université de Picardie Jules-Verne, publiée par la revue Environnement Science and Pollution Research et rendue publique mercredi 3 avril, conclut à des effets biologiques des radiofréquences sur les fonctions de l'équilibre énergétique. Le sommeil, la régulation thermique et la prise alimentaire sont perturbés.

Le niveau d'exposition auquel ont été soumis les rats, expliquent les chercheurs, correspond à celui rencontré à proximité d'une antenne-relais. Treize jeunes rats ont été exposés en continu pendant six semaines à des ondes d'une fréquence de 900 MHz et d'une intensité de 1 volt par mètre (V/m), beaucoup plus faible que les seuils légaux. Un groupe témoin de 11 rats a été constitué, non soumis à ces champs électromagnétiques.

LES RATS RÉDUISENT LEUR STRATÉGIE DE REFROIDISSEMENT

Les chercheurs soulignent que les rongeurs ont un comportement alimentaire et suivent des rythmes biologiques assez similaires à ceux des nouveau-nés et que leur régulation thermique est transposable à l'homme. L'expérience a été répétée deux fois, avec des résultats cohérents.

L'expérimentation montre des effets des radiofréquences sur la régulation thermique : lorsqu'ils sont soumis à une augmentation de la température ambiante, les rats exposés aux ondes réduisent leur stratégie de refroidissement. Les animaux contractent leurs vaisseaux périphériques pour conserver la chaleur (vasoconstriction), comme s'ils ressentaient une sensation de froid, alors qu'ils ont plus chaud. Ils économisent leur énergie, comme s'ils en avaient un besoin accru.

Pourquoi ? "Nous n'avons pas de réponse. Nous constatons seulement que l'animal ne ressent pas la chaleur. L'adaptation à la température est modifiée", explique René de Seze, directeur de recherche à l'Ineris.

UNE PRISE ALIMENTAIRE PLUS IMPORTANTE 

Par ailleurs, les chercheurs ont observé que les animaux exposés n'avaient pas la même sensation de satiété que les rats non exposés. Ils constatent une prise alimentaire plus importante chez les rats soumis aux ondes. Les mécanismes d'économie d'énergie chez les rats exposés pourraient donc conduire à une augmentation de la masse corporelle.

Dernier enseignement : les rats soumis aux radiofréquences présentent un fractionnement du sommeil paradoxal, comme si les animaux étaient en état d'alerte. Les chercheurs soulignent qu'il ne s'agit pas de troubles du sommeil au sens strict, mais précisent que des perturbations du sommeil paradoxal pourraient "engendrer des difficultés de mémorisation ou des troubles de l'humeur chez l'homme".

"Ce que nous constatons, c'est qu'à de très faibles niveaux d'exposition, les effets sont réels sur le métabolisme, explique René de Seze. Il faut maintenant que d'autres laboratoires mènent des expériences similaires pour confirmer ou infirmer nos conclusions."

"LES EFFETS DÉCRITS  NE SONT PAS SANITAIRES"

Chercheur à l'université de Bordeaux, Bernard Veyret, qui n'a pas participé à l'étude, est plus prudent : "Ces résultats sont assez contre-intuitifs. L'étude de l'Ineris montre qu'il se passe quelque chose, mais j'ai un doute sur les niveaux réels d'exposition aux champs électromagnétiques. Les animaux sont appareillés. On leur place des sondes, des câbles, qui peuvent avoir des interférences avec les ondes. Par ailleurs, il faut bien préciser que les effets décrits sont des effets biologiques et non pas sanitaires", rappelle-t-il.

Ce spécialiste des champs électromagnétiques réalise depuis 1985 des études sur les effets des radiofréquences sur la croissance des tumeurs, la reproduction ou le système immunitaire. "Nos conclusions, c'est qu'il ne se passe rien. Jamais nous n'avons observé quoi que ce soit de significatif."

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mon commentaire :

Bernard Veyret fait une subtile distinction entre "effet biologique" et "effet sanitaire", que j'ai du mal à suivre.

En effeti, une sensation de satiété altérée (effet biologique) peut entraîner une prise de poids (effet sanitaire). De même, un "fractionnement du sommeil paradoxal" (effet biologique) peut entraîner des troubles de la mémoire et du comportement (effet sanitaire).

La distinction faite n'est donc nullement justifiée, et je m'interroge sur la motivation d'une telle distinction.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/25/l-italie-reconnait-le-lien-entre-mobile-et-tumeur-cranienne_1780928_3244.html
 
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LE MONDE | 25.10.2012 à 12h19
Par Paul Benkimoun et Philippe Ridet
 

Il a fallu dix ans de patience à Innocente Marcolini, mais il a gagné. Le 12 octobre, la Cour de cassation italienne a reconnu que la tumeur bénigne décelée en 2002 sur un ganglion situé à l'intérieur de son crâne, avait été causée, entre autres, par l'usage intensif du téléphone portable lié à son métier, cadre d'entreprise. Reconnu victime d'une maladie professionnelle, M. Marcolini a été déclaré invalide à 80 %.

Ce verdict est une première dans la Péninsule. Selon son avocat, Amilcare Buceti, la décision des juges qui ont écarté les résultats des études scientifiques financées par des entreprises pour cause de conflits d'intérêts, s'appuie sur deux éléments fondamentaux : "D'abord, explique-t-il, nous n'étions pas dans une croisade idéologique contre la modernité. Nous n'avons pas soutenu que l'usage prolongé du téléphone portable était la seule cause de la tumeur de mon client, mais l'une des causes. Ensuite, nous avons convaincu les magistrats de baser leur verdict sur les études d'experts indépendants qui travaillent sur le lien entre les tumeurs et l'usage du téléphone portable."

Il s'agit en l'occurrence de Giuseppe Grasso, neurochirurgien à Brescia (Lombardie), et d'Angelo Gino Levis, oncologue à l'université de Padoue (Vénétie). Les deux médecins qui ont assisté scientifiquement M. Marcolini durant la procédure, ont mis en avant un risque élevé de tumeur des nerfs crâniens pour les utilisateurs intensifs de téléphone portable.

CINQ À SIX HEURES PAR JOUR CONTRE L'OREILLE GAUCHE

Dans le cadre de son travail, M. Marcolini a utilisé le sien plus de cinq à six heures par jour pendant douze ans. "Je mettais mon téléphone contre l'oreille gauche, explique-t-il, car je prenais des notes de la main droite. Or, c'est dans cette zone que s'est développée la tumeur" dont il a été opéré avec succès. La tumeur touchait le ganglion du nerf trijumeau, proche de l'oreille.

Le verdict de la Cour de cassation fera date et jurisprudence. Pour Amilcare Buceti, les juges "ont élargi les voies de recours possible en accueillant comme élément de preuve des rapports d'experts établissant le principe général du caractère cancérogène de l'usage intensif du portable" et ce, au-delà du cas particulier de son client. Quatre cas similaires font ainsi l'objet de procédures judiciaires en cours en Italie.

Pour M. Marcolini, c'est une victoire après dix ans de lutte. "Je n'ai pas mené ce combat dans le seul but de toucher une pension d'invalidité, raconte-t-il. Je ne suis pas tombé malade parce que je n'aurais pas eu de chance, comme cela arrive parfois dans les accidents du travail, mais parce qu'il y avait une raison à ma maladie. J'ai voulu que la lumière soit faite sur les risques liés à l'usage des téléphones sans fil. Les gens doivent savoir ce qu'ils risquent. Les parents doivent connaître le danger que courent leurs enfants."

M. Marcolini entend désormais donner "le maximum de publicité" à son cas pour "fonder une association contre les dangers des ondes électromagnétiques et susciter une plainte collective", une "class-action". Il doit rencontrer ses avocats et ses conseillers scientifiques la semaine prochaine pour en parler.

LA DÉCISION JUDICIAIRE RISQUE DE SUSCITER DES PROCÉDURES

Au-delà des frontières italiennes, la décision judiciaire risque de susciter des procédures. D'autant qu'en juin 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), structure rattachée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé comme "cancérogènes possibles" les champs électromagnétiques de radiofréquence, dont ceux de la téléphonie mobile.

Présentant ces conclusions, le président du groupe de travail du CIRC, Jonathan Samet, avait précisé que des experts s'étaient appuyés "sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé à l'usage du téléphone mobile", ajoutant que "les deux études les plus larges ont montré un risque accru de gliome chez les utilisateurs les plus intensifs".

A défaut de disposer de données scientifiques établissant un lien de cause à effet – et non une simple association – entre l'exposition aux radiofréquences des téléphones portables et la survenue de tumeurs malignes, les experts du CIRC ont donc retenu la possibilité d'un effet cancérogène dans leur document consacré aux champs électromagnétiques.

Le responsable du programme des travaux d'évaluation au CIRC, le docteur Kurt Strif, précisait que "le niveau de preuve d'une association entre l'usage de la téléphonie mobile et le risque de cancer est comparable à celui existant pour les pesticides ou les expositions professionnelles dans le cadre du nettoyage à sec".

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/29/un-rapport-controverse-souligne-les-risques-lies-aux-radiofrequences_1823824_3244.html

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LE MONDE | 29.01.2013 à 11h54 • Mis à jour le 31.01.2013 à 09h20
Par Paul Benkimoun

Cancer du cerveau, baisse de la fertilité, autisme... Publié début janvier, le rapport BioInitiative 2012 (www.bioinitiative.org) estime que les risques liés à l'exposition chronique aux radiofréquences, utilisées notamment pour la téléphonie mobile, sont de mieux en mieux démontrés. Le document, qui examine plus de 1 800 études scientifiques, a toutefois suscité des réactions contrastées, comme cela avait été le cas pour la première édition, en 2007.

En France, les associations Priartém et Agir pour l'environnement ont publié un communiqué commun mettant l'accent sur la "confirmation des effets délétères des radiofréquences". L'association Robin des toits souligne que "1 800 nouvelles études renforcent la certitude de la nocivité des ondes et de l'urgence de la mise en œuvre de nouvelles normes pour protéger les populations".

A l'inverse, s'exprimant à titre personnel, le docteur Eric van Rongen, membre du conseil national de la santé des Pays-Bas, estime que l'édition 2012 "n'apporte pas grand-chose de nouveau par rapport à celle de 2007". Il reproche au rapport de ne pas être "une analyse objective et systématique de la littérature, mais une revue subjective et biaisée destinée à soutenir la conclusion a priori que les recommandations actuelles sur les expositions n'apportent qu'une protection insuffisante contre les effets sanitaires des champs électromagnétiques."

La controverse tourne autour de la méthode utilisée pour établir ce document et sur le rôle joué par Cindy Sage, fondatrice du groupe de travail BioInitiative et coéditrice du rapport.

"SÉRIEUX DÉFAUTS"

Celui-ci rassemble des contributions le plus souvent individuelles ou émanant de deux ou trois auteurs. Ses détracteurs considèrent de ce fait que BioInitiative n'est pas le résultat d'un consensus. Il faut toutefois remarquer que le tout récent rapport de l'Agence européenne de l'environnement, "Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation", a procédé de la même manière. Certains auteurs sont d'ailleurs communs aux deux documents.

"En général, les chapitres mettent en avant les études montrant l'existence d'un lien et n'évaluent pas de manière critique toutes les études, dont beaucoup présentent de sérieux défauts qui les rendent virtuellement inutiles", poursuit Eric van Rongen. Le scientifique reproche à Cindy Sage, propriétaire de la firme californienne de consultants sur l'environnement Sage Associates, de "pousser plus loin qu'il ne faudrait les conclusions des différents chapitres."

Interrogée par Le Monde, Cindy Sage récuse ces accusations : "Nous avons utilisé toutes les études que le Centre international de recherche sur le cancer a prises en compte et qui l'ont fait conclure au caractère possiblement cancérogène pour l'homme des radiofréquences. Nous avons fait appel à des scientifiques du monde entier qui sont réputés et indépendants."

Cindy Sage récuse les soupçons de conflits d'intérêts évoqués à son encontre : "Ma firme ne vend pas de gadgets pour se protéger des ondes et nous n'apportons pas notre caution à des produits." Mme Sage souligne que "les effets biologiques des radiofréquences sont clairement établis et ceux dus aux expositions chroniques peuvent raisonnablement être soupçonnés de provoquer des effets sanitaires indésirables". Elle insiste sur le fait que "l'exposition des fœtus et des jeunes enfants serait un facteur de risque d'hyperactivité, de troubles de l'apprentissage et de problèmes comportementaux à l'école".

02/04/2013

Crise et impayés : les méthodes des sociétés de recouvrement de dettes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/04/02/les-methodes-musclees-des-chasseurs-de-dettes_3151843_3224.html

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LE MONDE | 02.04.2013 à 11h15 • Mis à jour le 02.04.2013 à 11h21

Par Catherine Rollot

Le jour où il a compris que celui qui était au bout du fil n'était pas un agent de la Sécurité sociale mais un employé d'une société de recouvrement de dettes qui cherchait sa nouvelle adresse, Rudy, 40 ans, s'est dit que c'était allé trop loin et a pris un avocat. Une solution onéreuse dont se serait bien passé ce cadre de production qui, à la suite d'un divorce, s'est retrouvé dans l'impossibilité de payer les mensualités de 800 euros de son crédit à la consommation.

"Quand j'ai commencé à avoir des difficultés, j'ai contacté mon créancier pour demander un échelonnement de ma dette, raconte Rudy. Et là, je me suis heurté à un mur. Aucun arrangement ne m'a été proposé et le cauchemar a commencé."

Lettres au ton menaçant et alléguant de poursuites judiciaires, relances téléphoniques jusque sur le lieu de travail, usurpation d'identité. Avec la crise, de plus en plus de Français confrontés à des impayés ont affaire, comme Rudy, à des "chasseurs de dettes" aux méthodes souvent musclées.

Pour récupérer les sommes qui leur sont dues, opérateurs de téléphonie, commerçants, organismes de crédit... ont recours à des sociétés, indépendantes ou filiales d'établissements financiers, dont la vocation est de pousser le débiteur à rembourser volontairement ce qu'il doit. Si la négociation n'aboutit pas, le créancier peut décider de poursuivre par la voie judiciaire, mais dans ce cas-là, seul un huissier, un officier de justice muni d'un titre exécutoire, peut saisir des biens ou des salaires.

"Les sociétés de recouvrement ont finalement peu de moyens pour récupérer les créances, explique Régis Halter, directeur adjoint de la fédération Cresus, un réseau d'aide aux personnes endettées. Elles se parent souvent des atours des huissiers de justice, en adoptant la forme de papiers officiels, en faisant référence à des textes de loi, en utilisant des termes intimidants, voire comminatoires."

FRAIS ILLÉGAUX DE RECOUVREMENT

"Mise en demeure avant poursuites judiciaires", "avis d'injonction de payer", autant de formules choisies pour faire peur à des débiteurs souvent fragilisés. Des sociétés qui jouent souvent sur la confusion entretenue par la double casquette de l'huissier. Ce dernier peut aussi, comme les sociétés de recouvrement, être mandaté dans la phase amiable et, dans ce cadre, a les mêmes prérogatives qu'une société de recouvrement.

Lire Les huissiers veulent améliorer leur image

Pour Nathalie Nolen, responsable de l'association Cypres qui accompagne les personnes surendettées sur tout le département de la Somme, "les sociétés commerciales, mais aussi les huissiers, font de 'l'intox' pour récupérer au plus vite les créances". Leur seul objectif serait d'encaisser la somme réclamée, parfois augmentée d'illégaux frais de recouvrement, alors que la loi prévoit qu'ils sont à la charge du créancier.

Encadrées par un décret de 1996, les sociétés de recouvrement profitent aussi du fait que beaucoup de victimes d'abus n'osent pas réagir. Soit parce qu'elles culpabilisent, soit par peur ou encore parce qu'elles ne savent pas où s'adresser. Rémunérées à la commission sur les sommes récupérées, ces officines sont régulièrement dénoncées par les associations de consommateurs pour avoir fait pression, menacé, voire harcelé les débiteurs en téléphonant à la famille, aux voisins ou à l'employeur...

Sur le site Lesarnaques.com, les témoignages sur les sociétés de recouvrement se comptent par dizaines. "Certaines utilisent des méthodes de voyou pour obtenir des informations sur la personne ou pour qu'elle craque", explique Sacha Leroy, sa responsable juridique. Au printemps 2012, Lesarnaques.com a renvoyé la ligne téléphonique d'une famille en difficulté, avec son accord, sur celle du site pour se rendre compte des pressions exercées par un cabinet de recouvrement. "Menaces de saisie de tous les biens, de placement des enfants... tout y est passé", se rappelle Mme Leroy.

Directeur général de Contentia, filiale du groupe 3SI, spécialisé dans le commerce électronique, Sébastien Dirand ne nie pas que la profession ait ces moutons noirs mais il en relativise les dérives. "Le marché compte de 200 à 500 acteurs, qui vont de la grosse entreprise à de toutes petites avec un seul salarié. Les sociétés importantes ou reconnues ne peuvent pas se permettre de tels agissements", justifie le directeur général d'une société qui revendique une deuxième place sur le marché français, 380 salariés et un chiffre d'affaires de près de 30millions d'euros.

"NOUS SOMMES UNE ACTIVITÉ QUI SUSCITE PEU DE VOCATIONS"

Pour recouvrer le stock d'impayés de 1,5 milliard qui provient pour "70 % à 80 % des particuliers", Contentia se targue d'un certain code déontologique. "Pas d'appel avant 9 heures, pas d'usurpation d'identité, aucun dommage et intérêt ou frais demandés...", égrène le directeur général. "Nous sommes un secteur respectable", affirme aussi Alexandre Gonzevac, président du Syndicat national des cabinets de recouvrement de créances et de renseignements commerciaux, un des trois syndicats professionnels du secteur.

Selon M. Gonzevac, qui dirige par ailleurs le cabinet d'Ormane (12 salariés et 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires), la mauvaise image de son secteur reposerait "sur des clichés qui datent d'il y a vingt ans". Il préfère insister sur les difficultés du métier. "Nous sommes une activité qui suscite peu de vocations. Nous sommes toujours pris entre deux feux, le client qui veut être payé, et un débiteur qui soit légitimement ne peut pas payer soit est de mauvaise foi." Quant à la crise économique, elle ne serait pas une aubaine pour le secteur, au contraire, affirme M. Gonzevac : "Les dossiers sont plus difficiles, la capacité des ménages à rembourser baisse et in fine cela devient de plus en plus compliqué d'obtenir le remboursement des dettes."