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16/05/2013

Pêche industrielle ou artisanale : le gaspillage de la ressource en poissons

Le saviez-vous ? Une partie des poissons pêchés sont rejetés en mer. Ceci pour respecter des quotas sur les espèces protégées .

Mais si les poissons sont morts dans les filets, où est le respect des quotas ?

L'Europe ne stoppe rien du tout !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/15/l-europe-stoppe-le-gaspillage-de-la-ressource-en-poissons_3232480_3244.html

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L'Europe stoppe le gaspillage de la ressource en poissons

LE MONDE | 15.05.2013 à 13h06 • Mis à jour le 15.05.2013 à 13h43

Par Martine Valo

C'est un compromis à l'arraché, mais qui préserve la réforme de la politique commune de la pêche. Mercredi 15 mai au matin, au terme de deux journées d'un conseil des ministres européens de la pêche sous haute tension, un accord a été trouvé sur la question des rejets de poissons en mer.

Le ministre français, Frédéric Cuvillier, a beau parler de "dramaturgie habituelle", les pressions étaient cette fois très fortes. Le ministre irlandais de l'agriculture, de la marine et de l'alimentation, Simon Coveney, qui espère conclure ce dossier avant la fin de sa présidence fin juin, avait exhorté les Vingt-Sept à rapprocher leurs positions de celles du Parlement européen, sous peine de "catastrophe" pour la future politique commune de la pêche. La crise n'a pas eu lieu et la réforme, qui est censée s'appliquer à partir de 2014, a franchi une étape décisive.

La question des rejets en mer est l'un des principaux points d'achoppement entre les instances européennes. Lorsqu'ils pêchent une espèce dont ils ont déjà épuisé le quota ou sans valeur commerciale – des prises trop petites ou "accessoires" –, les marins passent par-dessus bord ces poissons, souvent agonisants. Les rejets concerneraient près d'un quart des captures totales, selon la Commissaire européenne chargée de la mer, Maria Damanaki, qui se bat sans relâche pour faire cesser cette pratique qu'elle juge choquante. Les députés européens, aiguillonnés par les ONG de défense des océans, l'ont rejointe dans son combat, en votant en faveur d'une interdiction des rejets.

Les ministres ont eux aussi approuvé, il y a plusieurs mois, le principe de la fin de ce gaspillage de la ressource, contraire au concept de "pêche durable", sous réserve d'un assouplissement. Finalement, ils se sont accordés sur un taux de rejet de 7 % dès 2014, puis de 5 % à terme, au lieu des 7 % souhaités initialement. La Suède est la seule à ne pas avoir approuvé le texte, pas assez radical à son goût. M. Cuvillier salue, pour sa part, "un compromis plus qu'acceptable".

Il ne reste plus qu'à mettre le principe voté en application, ce qui n'est pas une mince affaire. L'objectif est d'obliger tous les navires à rapporter à terre l'intégralité de leur pêche. Cette débarque permettra de mieux connaître l'état des populations de poissons, se réjouit la Commission, et contraindra les pêcheurs à concevoir des engins plus sélectifs.

DÉTROIT DE SKAGERRAK

Mais pour les pêcheurs, en particulier ceux dont l'activité concerne plusieurs espèces, les contraintes sont importantes. Leurs organisations professionnelles, notamment Euronor, ont protesté. Leurs bateaux ne sont pas équipés pour transporter un supplément de cargaison invendable, plaident-ils, et ils n'imaginent pas débarquer les espèces qui ont une probabilité de survie élevée si elles sont rejetées à temps, ni celles qui risquent d'affecter leur cargaison en se détériorant trop rapidement...

Le détroit de Skagerrak, entre la mer du Nord et la Baltique, pourrait servir de zone expérimentale avant une généralisation dans l'Union. Cette zone de pêche est fréquentée par des navires danois, suédois, allemands, belges, néerlandais et norvégiens. Or, ces deniers se présentent comme très avancés sur la limitation des rejets par rapport à leurs voisins européens. Pourquoi ne pas s'aligner sur eux ? Le 16 avril, le Parlement européen a adopté un texte qui interdit de remettre à la mer le moindre poisson de 35 espèces. Pour contrôler que les pêcheurs s'y conforment, les Etats membres devront introduire un système de surveillance électronique à distance. Tous les bateaux de plus de 12 m de long "devront être équipés de caméras de télévision en circuit fermé, de GPS et d'émetteurs".

La députée française socialiste Isabelle Thomas s'en est émue, dénonçant "un climat de suspicion à l'encontre des pêcheurs". "Filmer en continu des hommes pose des problèmes sur le plan éthique, notamment sur le lieu de travail. A quand les caméras de surveillance sur les tracteurs ?", interroge-t-elle.

Pour l'heure, il n'y a pas eu de levée de boucliers chez les pêcheurs, qui n'en sont sans doute plus à quelques contraintes supplémentaires près. La cohabitation dans la zone de Skagerrak risque cependant de susciter des frictions avec les Norvégiens qui, eux, ne sont pas tenus de se doter de caméras.

Lire aussi : Des quotas de pêche 2013 plutôt préservés

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