Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

07/08/2013

Art : la bêtise intéresse le cinéma

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/08/06/six-roumains-accuses-dans-le-fric-frac-du-musee-kunsthal_3458044_3214.html

Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vousabonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés

Six Roumains accusés dans le fric-frac du Musée Kunsthal

LE MONDE | 06.08.2013 à 14h24 |Par Mirel Bran ((Bucarest, correspondant))

C'est le vol de tableaux le plus étrange du XXIe siècle. L'opération tenait de la comédie hollywoodienne, mais la fin s'est révélée tragique pour les œuvres dérobées. Le 12 octobre 2012, Radu Dogaru et Adrian Pricop, deux jeunes Roumains de passage à Rotterdam, se mettent en tête de braquer un musée. Ils n'en connaissent aucun et font alors appel au système de navigation de leur voiture. Ils composent "musées à Rotterdam" et le véhicule les emmène au Musée d'histoire naturelle. Ils y entrent mais se rendent vite compte qu'il sera difficile devendre des animaux naturalisés...

En sortant, ils remarquent une affiche annonçant une exposition de grands maîtres au Musée Kunsthal. Ils font un repérage rapide dans l'établissement et, le lendemain, décident de passer à l'action. Les lacunes du système de sécurité du musée étaient nombreuses. Les tableaux étaient accrochés au mur à l'aide de simples crochets et une porte non sécurisée située derrière le musée pouvait facilement être ouverte de l'extérieur. Dans la nuit du 15 octobre, les braqueurs s'y introduisent en forçant cette porte.

Le choix des tableaux fut aléatoire : les toiles ne devaient pas dépasser 50 cm pour rentrer dans les petits sacs des voleurs. Cibles du vol : sept tableaux signés Pablo Picasso, Henri Matisse, Claude Monet, Paul Gauguin, Meyer de Haan et Lucian Freud, estimés par les enquêteurs à 18 millions d'euros. Des noms pourtant inconnus aux deux jeunes issus de la Roumanie profonde.

LEUR HISTOIRE SUSCITE L'INTÉRÊT DE PRODUCTEURS DE FILMS

Les tableaux ont traversé l'Europe jusqu'en Roumanie, cachés dans deux coussins dans le coffre d'une voiture. Mais entre-temps, la police néerlandaise avait mis les deux Roumains sur la liste des suspects après avoir visionné les images vidéo du musée les jours précédant le vol. L'enquête est aussitôt lancée en Roumanie. Les voleurs et leurs complices n'arrivent pas à trouver un client et déposent les tableaux chez la mère de Radu Dogaru dans le village Carcalia, situé dans le delta du Danube.

La vieille paysanne n'y comprend rien et les met dans une valise qu'elle enterre dans le cimetière du village. Les procureurs roumains lui rendent une première visite au mois de février, elle nie tout mais a peur et décide de brûler les tableaux dans la cheminée de sa maison. "J'ai mis le colis dans lequel étaient les tableaux dans le poêle, j'ai mis quelques bûches, des pantoufles, des chaussons en caoutchouc que j'avais portés et j'ai attendu qu'ils brûlent complètement", a-t-elle raconté à la fin de l'enquête.

Six Roumains ont été inculpés par le parquet de Bucarest dans cette affaire, dont un est en fuite. Le procès de ces voleurs atypiques débutera le 13 août, mais leur histoire suscite déjà l'intérêt de plusieurs producteurs de films qui envisagent deporter leur histoire à l'écran. "La rapidité du vol, le fait que les inculpés sont issus d'une communauté isolée sont des éléments qui donneront une couleur spécifique à une histoire universelle", affirme le producteur roumain Tudor Giurgiu, qui négocie déjà le futur film avec des coproducteurs britanniques, néerlandais et américains.

Les commentaires sont fermés.