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10/08/2013

Alerte au gaz de schiste en région parisienne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/10/d-etranges-forages-americains-en-seine-et-marne_3459903_3244.html

D'étranges forages américains à Jouarre, en Seine-et-Marne

"Une énorme machine de 30 m de haut au milieu des champs, avec une tête qui monte et descend dans un grondement lancinant." La foreuse que décrit Isabelle Lévy, militante antipétrole de schiste, a commencé début août son travail d'exploration à 3 000 m de profondeur sous les terres de Jouarre, en Seine-et-Marne.

La compagnie américaine aux manettes, Hess Oil, assure rechercher du pétrole conventionnel, parmi les 2 000 forages qui émaillent le Bassin parisien, où la production d'or noir, modeste et déclinante, a débuté voici cinquante ans. Des collectifs locaux sont, eux, persuadés que ses ambitions se portent sur le pétrolede schiste.

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Celui-ci est en effet séquestré autour de 2 500 m de profondeur dans la roche-mère, de fait traversée par la foreuse. "Si du pétrole y est présent (...), il sera détecté", admet la compagnie. Mais, selon Didier Bonijoly, directeur adjoint des géoressources au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), "le forage ne pourra que les informer sur la teneur en hydrocarbure de la roche, qu'on connaît déjà". "Pas si elle est exploitable. Il faudrait pour ceci faire un test de fracturation, qui est interdit."

"OBJECTIF PRINCIPAL, LA RECONNAISSANCE DU LIAS"

Depuis la loi Jacob de 2011, la fracturation hydraulique, seule technique permettant d'exploiter le pétrole de schiste, est proscrite en France. Dès lors, pourquoi Hess Oil aurait-elle investi 100 millions d'euros dans un projet de cartographie complète du sous-sol du Bassin parisien et dans trois nouveaux puits d'exploration, dont celui de Jouarre (12 millions d'euros à lui seul) sans être assurée de leur rentabilité ?

Isabelle Lévy a sa petite idée : la compagnie se tiendrait prête, en cas de revirement législatif, à mettre en marche l'exploitation. La militante en veut pour preuve la déclaration d'ouverture des travaux de forage, en 2010, dans laquelle est affirmé, comme "objectif pétrolier principal, la reconnaissance du lias", soit la roche-mère. Depuis, la compagnie assure avoir repositionné ses recherches sur toutes les couches géologiques, "dans le but de trouver tout réservoir prometteur susceptible de produire des hydrocarbures dans le respect de la loi".

"HYDROCARBURES DE ROCHE-MÈRE"

Pour Marc Durand, docteur en géologie appliquée, cette nouvelle version n'est pas crédible, car les ressources du Bassin parisien en pétrole conventionnel, délaissées par les grandes compagnies, sont d'après lui peu attractives : "Tout l'intérêt n'est fondé que sur les hydrocarbures de roche-mère."

Un rapport rendu en 2012 au ministère de l'environnement estime les réserves de pétrole de schiste entre 3,3 et 4,9 millions de tonnes exploitables par an, pendant vingt-cinq ans. Bien plus que les 900 000 tonnes de pétrole conventionnel produites chaque année, en majorité dans le Bassin parisien.

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