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17/12/2013

Le Parlement européen maintient le chalutage en eaux profonde grâce (entre autres) à la France !

lu sur :

www.liberation.fr/terre/2013/12/10/le-parlement-europeen...

À CHAUD

La proposition d'interdire cette méthode de pêche a été rejetée à une courte majorité.

 

Le chalutage profond a encore de beaux jours devant lui en Europe. Tant pis pour les écosystèmes si singuliers des abysses, tant pis pour les champs de coraux et d’éponges, tant pis pour ces espèces de poissons si vulnérables. Ce matin à Strasbourg, le Parlement européen réuni en session plénière a rejeté, l’issue d’un vote serré, par 342 voix contre 326, un projet d’interdiction du chalutage et des filets maillants au-dessous de 600 mètres dans les eaux européennes et dans l’Atlantique Nord-Est. Des techniques que la communauté scientifique considère comme extrêmement destructrices pour les écosystèmes mais aussi pour la ressource halieutique puisque c’est une méthode non sélective, capturant, sans discrimination, des espèces de poissons à croissance et à reproduction lente.

Les eurodéputés ont donc décidé qu’il était urgent…d’attendre : ils ont repoussé la proposition d’interdiction formulée par la Commission européenne, se prononçant pour un contrôle accru des licences de pêche en eaux profonde qui ne seraient plus accordées pour les zones définies scientifiquement comme fragiles. Ils ont inclus une clause de révision par laquelle la Commission européenne devrait réévaluer la situation d’ici quatre ans, avec la possibilité d’interdire alors chaluts profonds et filets maillants.

Le dossier doit maintenant être examiné par les gouvernements européens. Mais à peine l’issue du vote connu, Blue Fish, l’association européenne de promotion de la pêche durable, a clamé victoire.«La décision du Parlement permet la mise en place d’un cadre réglementaire et politique qui renforce encore la protection des océans tout en préservant l’équilibre social et économique des territoires littoraux européens», a déclaré Olivier Le Nézet, son président. L’industrie, dominée par l’armateur français Scapêche, la flotte du distributeur Intermarché, a livré bataille jusqu’au dernier moment pour maintenir son droit à cette méthode de pêche, invoquant des menaces sur 3 000 emplois - seulement une centaine, rétorquent les ONG en se fondant sur les chiffres de la Commission européenne. «Ce texte reconnaît que la pêche en eau profonde peut s’exercer de manière durable et responsable en préservant l’équilibre crucial mais fragile entre la protection de l’environnement et celle des territoires maritimes auxquels des milliers d’emplois sont attachés», a claironné ce matin Olivier Le Nézet.

Du côté des ONG et des scientifiques, c’est la déception et l’amertume qui dominent, après l’exceptionnelle mobilisation des semaines dernières. 750 000 personnes ont signé la pétition élaborée par l’association Bloom pour la défense des océans profonds. Pour la fondatrice de Bloom, Claire Nouvian, le vote marque «la victoire du lobbying acharné des industriels et de la fabrication d’un mensonge d’Etat. Remercions en premier lieu le gouvernement de François Hollande et les socialistes du Parlement européen pour ses positions indéfendables qui achèvent de discréditer le pouvoir en place.» L’UMP, allié au Parti Socialiste, a également rejeté cette mesure Pour l’association Bloom, le seul choix qui reste aux consommateurs est donc de privilégier les enseignes «responsables», comme Casino et Carrefour qui ont décidé de cesser la vente d’espèces profondes.

VIDÉOUne conférence de Claire Nouvian sur les dommages causés par la pêche en eau profonde

Eliane PATRIARCA
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