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31/12/2013

Changement climatique et lobbying aux USA

lu sur :

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LE MONDE | 31.12.2013 à 11h37 • Mis à jour le 31.12.2013 à 13h27 |Stéphane Foucart

Outre-Atlantique, entretenir le doute sur la réalité du réchauffement anthropique peut être une activité lucrative. Elle fait vivre une centaine d'organisations de toutes sortes, qui parviennent à lever près d'un milliard de dollars chaque année. Dans une étude publiée dans la dernière édition de la revue Climatic Change, le sociologue américain Robert Brulle (Drexel University à Philadelphie), spécialiste des sciences de l'environnement, dresse la cartographie la plus complète à ce jour de cette nébuleuse de think tanks et d'associations professionnelles – qu'il baptise « contre-mouvement sur le changement climatique » – et de ses voies de financement.

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Robert Brulle a d'abord identifié quatre-vingt-onze organisations qui portent dans les médias ou sur le Net un discours climatosceptique ou systématiquement opposé à toute action politique pour contrer le réchauffement. L'essentiel du bataillon est formé de syndicats professionnels et de laboratoires d'idées conservateurs ou libertariens inconnus en France – Cato Institute, Competitive Enterprise Institute, Heartland Institute… –, mais souvent considérés par les médias américains comme des sources légitimes sur une variété de sujets. Ces think tanks agissent par le biais de consultants ou « chercheurs associés » qui s'expriment dans les médias, rédigent des ouvrages grand public, publient sur Internet des billets, des rapports, etc.

Tout cela forme, écrit M. Brulle citant un rapport de l'Académie des sciences américaine, « une action organisée et délibérée pour induire le débat public en erreur et distordre la représentation que se fait l'opinion du changement climatique ». Les organisations listées par le chercheur intervenant sur d'autres sujets, il est impossible de préciser les sommes allouées stricto sensu à la réfutation du réchauffement.

FONDATIONS CONSERVATRICES

Qui finance ce « contre-mouvement » ? En analysant la documentation ouverte (rapports sociaux, documents fiscaux, etc.), le chercheur a d'abord mesuré ce soutien financier : entre 2003 et 2010, ce sont en moyenne plus de 900 millions de dollars (environ 650 millions d'euros) par an qui ont été injectés dans cette nébuleuse. Cent quarante fondations philanthropiques, « conservatrices pour l'écrasante majorité », en forment la majeure part. On y trouve notamment les fondations de grandes familles ayant fait fortune dans l'industrie minière, dans la banque ou encore le pétrole

Le sociologue américain montre que, depuis 2008, les dons se font de moins en moins de manière directe. « De 2003 à 2007, les Fondations Koch ou la Fondation ExxonMobil étaient lourdement impliquées dans le financement des organisations du contre-mouvement sur le changement climatique, écrit M. Brulle. Mais depuis 2008, elles ne font plus de contributions publiques. » De manière concomitante, note-t-il, le Donors Trust (qui collecte les dons de fondations philanthropiques pour les redistribuer de manière opaque) prend une place centrale dans le dispositif.

Les trois quarts environ des sommes perçues par la galaxie climatosceptique américaine sont désormais intraçables.


Le changement climatique

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24/12/2013

La France mal classée pour sa qualité de l’air, essentiellement en raison des moteurs diesels

les surlignages sont de moi

lu dans la  Synthèse de presse de l'INSERM

La France mal classée pour sa qualité de l’air




Dans son dernier bilan sur la qualité de l’air en Europe, le Commissariat général au développement durable souligne que « la France dépasse les seuils [de protection de la santé humaine] fixés par Bruxelles pour 5 des 8 familles de polluants réglementés », expliquent Les Echos.

Le quotidien ajoute que « près de 5% des mesures effectuées sur l’Hexagone sont supérieures aux normes ». La France se place ainsi en 15e position sur les 17 Etats membres de l’Union européenne en 2011.

Elle « continue de dépasser largement les bornes en matière d’émissions de particules », souligne le journal.

Ce dernier explique : « Certains sites cumulent plus de 150 jours d’excès, soit plus de quatre fois plus que n’en tolère Bruxelles (35 jours au maximum sur une année) ». Les émissions de particules fines, les PM 2,5, pour une bonne part dues aux voitures diesel, sont particulièrement préoccupantes, car elles dépassent les seuils admis dans 6% des points de mesures. 

Les Echos, 24/12

19/12/2013

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" : un exemple

repris d'une note du blog " Une place pour tous ! "

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les surlignages sont de moi 

lu sur :

www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/16/les-troubles...

 

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.12.2013 à 17h01 • Mis à jour le 17.12.2013 à 07h23 |Par Stéphane Foucart

Paolo Boffetta, 55 ans, est une sommité ; il est l'un des épidémiologistes les plus prolifiques et les plus influents de sa génération. Professeur associé à l'université de New York après un long passage au Centre international de recherche sur lecancer (CIRC), il est l'auteur de près d'un millier de publications et a le profil idéal pour être le prochain directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm-université Paris-Sud). Le poste est d'ailleurs àprendre, et M. Boffetta est désormais seul en lice.

Les choses ne sont pourtant pas si simples. Car son arrivée, prévue pour début 2015 à la tête du CESP, ouvre une âpre polémique au sein de la communauté concernée. Ses partisans mettent en avant son envergure scientifique ; ses détracteurs le décrivent comme un mercenaire qui, depuis quelques années, enchaîne les missions de consultance pour des industries polluantes. Dans la littérature scientifique ou dans les prétoires, accusent-ils, M. Boffetta relativise ou conteste des risques liés à leurs activités ou leurs produits – quand bien même ces risques font l'objet de larges consensus.

« Lorsque Paolo Boffetta était au CIRC, il endossait des conclusions sur la nocivité de certaines substances, mais il les conteste depuis qu'il travaille pour l'industrie, dit l'épidémiologiste Paolo Vineis, professeur à l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni).C'est très clair dans le cas de la dioxine, mais c'est également le cas pour d'autres substances. » Pour établir le niveau de cancérogénicité d'une substance, le CIRC réunit des dizaines de scientifiques du monde académique, choisis en fonction de leur autorité et de leur absence de conflits d'intérêts. La classification du CIRC – entre cancérogènes avérés, « probables » et « possibles » – jouit du plus haut niveau de consensus.

DIOXINE

En 1997, le CIRC classait la dioxine TCDD comme cancérogène. En 2011, sur commande d'une fondation du syndicat des industriels américains de la chimie (l'American Chemistry Council), M. Boffetta publiait dans Critical Reviews in Toxicology une synthèse affirmant que les « récentes preuves épidémiologiques échouent à démontrer de manière conclusive un lien entre l'exposition au TCDD et le cancer chez les humains ». M. Boffetta assure ne pas s'être contredit, dans la mesure où le personnel du CIRC, dont il faisait partie en 1997, ne participe pas directement aux évaluations scientifiques.

Il y a d'autres exemples. En 2011, sur cofinancement de Frito-Lay, une filiale de Pepsi, il relativise les risques posés par l'acrylamide (un sous-produit des cuissons à haute température), cancérogène selon le CIRC. L'année suivante, il signe une autre review, financée par Materion Brush, selon laquelle « les preuves disponibles ne soutiennent pas un lien causal entre l'exposition professionnelle au béryllium et le risque de cancer ». Le béryllium (auquel de nombreux ouvriers sont exposés) est pourtant, lui aussi, un cancérogène avéré.

La même année, sur commande de l'American Chemistry Council, il publie une synthèse de littérature ne trouvant aucun lien entre leucémie et exposition au formaldéhyde, par ailleurs cancérogène avéré selon le CIRC. A des degrés divers, ce schéma se répète pour le styrène (composé entrant dans la composition de certains plastiques) et l'atrazine (un herbicide interdit en Europe) : des synthèses de littérature financées par les industriels intéressés sont cosignées par Paolo Boffetta dans les revues internationales, concluant de manière favorable.

EMANATIONS DIESEL

« Il est souvent précisé que ces travaux sont financés par un unrestricted grant, ce qui signifie que l'auteur n'est pas tenu de soumettre ses résultats au commanditaire, dit un épidémiologiste français qui, comme la grande majorité des chercheurs interrogés par Le Monde, a requis l'anonymat. Mais là, c'est un système : à chaque fois, les conclusions sont favorables à l'industriel qui paie. Donc si je suis un gros pollueur et que je veux un papier publié dans la littérature scientifique qui dédouane mes activités, je sais à qui m'adresser. »

L'article qui a soulevé le plus de ressentiment est celui publié en ligne en juin 2012 dansCritical Reviews in Toxicology, sur les émanations des moteurs diesel. Le papier du chercheur italien conclut que « le poids de l'évidence est inadéquat pour confirmerl'hypothèse d'un lien entre diesel et cancer du poumon ». Selon sa déclaration d'intérêts, l'épidémiologiste a travaillé sur cet article comme « consultant pour le Mining Awareness Resource Group [MARG] ».

Le MARG est une coalition de géants miniers peu réputée pour son attachement à la science. En février 2012, The Lancet révélait que les avocats du MARG avaient adressé à plusieurs revues – dont The Lancet – une lettre les menaçant de « conséquences » si elles publiaient les résultats d'une grande étude épidémiologique américaine (dite DEMS) évaluant les effets sanitaires du diesel sur les mineurs. Ces derniers, qui travaillent dans une atmosphère confinée aux côtés de machines tournant au gasoil, sont parmi la main-d'œuvre la plus exposée… et la plus susceptible de se retourner contre son employeur en cas de maladie.

« CONSULTANT PAYÉ »

Selon The Lancet, le MARG tentait de bloquer la publication de ces travaux afin qu'ils ne puissent pas être pris en compte par le CIRC, qui mettait alors à jour son avis sur le diesel. En mars 2012, le Journal of the National Cancer Institute (JNCI) passait outre les menaces du MARG et publiait les résultats de l'étude DEMS. Quelques semaines plus tard, la revue recevait une critique de l'étude en question, signée de Paolo Boffetta, agissant selon sa déclaration d'intérêts comme « consultant payé par Navistar » – un transporteur routier américain dont les salariés sont, comme les mineurs, exposés aux émanations du diesel…

Mi-juin 2012, le CIRC classait finalement les émanations du diesel comme cancérogènes mais, quelques jours auparavant, était publiée la fameuse synthèse de littérature commanditée par le MARG et signée par M. Boffetta, mettant en doute le lien entre diesel et cancer du poumon… « Ce travail semble avoir été spécifiquement écrit pour influencer ou pour disputer les conclusions du CIRC », dit Neil Pearce, professeur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Royaume-Uni) et past president de l'International Epidemiological Association (IEA). Pour Paolo Vineis, l'activité de M. Boffetta s'inscrivait à l'évidence dans une stratégie plus large d'industriels visant à affaiblir l'avis du CIRC. L'intéressé répond que ce dernier n'est pas, stricto sensu, mentionné dans son article, dont il ne maîtrisait pas la date de publication.

« PARTIE ÉMERGÉE DE L'ICEBERG »

« Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, dit M. Vineis. Tout cela se produit dans un contexte où l'industrie essaie, dans plusieurs domaines, de contester des résultats solides en créant de la confusion, en soutenant par exemple l'idée que l'épidémiologie est une science faible en laquelle nous ne devrions pas avoir confiance. » Depuis fin novembre, l'ébauche d'un article collectif circule dans la communauté épidémiologique pour réfuter cette idée. Avec, comme cible de l'article, plusieurs publications récentes de M. Boffetta. Au dernier pointage, Neil Pearce, l'un des principaux auteurs, comptait « environ quatre-vingts signataires, parmi lesquels des personnalités éminentes de l'épidémiologie ».

A l'Inserm, cotutelle du CESP, on se dit « très surpris » de cette levée de boucliers. « La candidature de Paolo Boffetta a été examinée par un comité scientifique international, dans le cadre d'un appel à candidatures lui-même international, lancé conjointement par l'université Paris-Sud et nous-mêmes, dit Jean-Paul Moatti, directeur de la santé publique à l'Inserm. Toutes les équipes qui s'inscrivent dans le projet de renouvellement du CESP se sont engagées aux côtés de Paolo Boffetta. La procédure suit son cours normalement, en respectant les avis émis par les scientifiques, notamment par le Conseil scientifique consultatif du centre qui compte des experts européens de haut niveau. » Cependant, d'autres équipes, aujourd'hui intégrées au CESP, quitteront le centre à l'arrivée de M. Boffetta, dans un contexte de désaccords violents et d'oppositions personnelles.

L'affaire divise bien au-delà des écoles de pensée. Des chercheurs peu suspects de complaisance vis-à-vis de l'industrie soutiennent ainsi l'épidémiologiste italien, rappelant qu'il s'est engagé à cesser ses collaborations privées. D'autres estiment, en France et à l'étranger, que les liens noués par M. Boffetta avec les gros pollueurs sont trop étroits pour que l'indépendance du CESP n'en pâtisse pas. « C'est un gâchis immense, car Paolo est un chercheur magnifique, dit un de ses détracteurs. Bien sûr, il a le droit de faire ce qu'il fait. Et nous, nous avons le droit de ne plus lui faire confiance. »

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Amiante : une curieuse expertise :

Résumé d'un article cosigné par Paolo Boffetta et accepté en un temps record par la revue "European Journal of Cancer Prevention" en 2011.

et voici comment le service de presse de l'INSERM
rapporte l'information :

Le Monde souligne que l’épidémiologiste Paolo Boffetta « a le profil idéal pour être le prochain directeur du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, Inserm-université Paris-Sud) », un poste pour lequel M. Boffetta « est désormais seul en lice ». Mais le problème est  que ce dernier est « mis en cause par une partie de la communauté scientifique pour ses relations étroites avec les industries polluantes », ajoute le journal, qui a enquêté sur ces liens.  
Le Monde, cahier Science et Médecine, 18/12

 intéressant, non ?

17/12/2013

Europe, lobbies et plats cuisinés

lu sur :

www.lemonde.fr/economie/article/2013/12/17/toujours-pas...

Toujours pas de décision européenne sur l'étiquetage des plats cuisinés.pdf

extrait :

..." l'industrie agroalimentaire, qui a toujours combattu le principe de l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans les plats cuisinés. En France, certaines enseignes de la distribution et des industriels ont décidé de réagir en optant pour un étiquetage volontaire. Il leur semblait urgent de retrouver la confiance des consommateurs alors que les ventes de plats cuisinés à base de viande plongeaient. L'UFC-Que choisir a donc procédé à la distribution des bons et mauvais points, comparant dans les rayons la réalité avec les déclarations d'intention faites après la découverte du scandale de la viande de cheval.

Picard et Auchan font figure de bons élèves, avec la mention de l'origine de la viande sur près de 80 % de leurs produits à marque distributeur. En bas, on trouve Leclerc, qui ne faitfigurer l'origine que sur 18 % de ses produits, mais aussi Monoprix et Leader Price, dont aucun des produits testés n'en fait mention.

Du côté des industriels, Marie, Panzani, Fleury Michon et Findus ont généralisé la mention d'origine sur leurs produits. Au contraire de Zapetti, William Saurin, Barilla, Charal et Maggi, qui ne jouent pas la carte de la transparence. Selon l'UFC-Que choisir, les produits qui ont modifié leur étiquetage n'ont pas subi de hausse de prix notable."

Amiante, justice, politique

lu sur :

www.lemonde.fr/municipales/article/2013/12/11/la...

 

Le Parlement européen maintient le chalutage en eaux profonde grâce (entre autres) à la France !

lu sur :

www.liberation.fr/terre/2013/12/10/le-parlement-europeen...

À CHAUD

La proposition d'interdire cette méthode de pêche a été rejetée à une courte majorité.

 

Le chalutage profond a encore de beaux jours devant lui en Europe. Tant pis pour les écosystèmes si singuliers des abysses, tant pis pour les champs de coraux et d’éponges, tant pis pour ces espèces de poissons si vulnérables. Ce matin à Strasbourg, le Parlement européen réuni en session plénière a rejeté, l’issue d’un vote serré, par 342 voix contre 326, un projet d’interdiction du chalutage et des filets maillants au-dessous de 600 mètres dans les eaux européennes et dans l’Atlantique Nord-Est. Des techniques que la communauté scientifique considère comme extrêmement destructrices pour les écosystèmes mais aussi pour la ressource halieutique puisque c’est une méthode non sélective, capturant, sans discrimination, des espèces de poissons à croissance et à reproduction lente.

Les eurodéputés ont donc décidé qu’il était urgent…d’attendre : ils ont repoussé la proposition d’interdiction formulée par la Commission européenne, se prononçant pour un contrôle accru des licences de pêche en eaux profonde qui ne seraient plus accordées pour les zones définies scientifiquement comme fragiles. Ils ont inclus une clause de révision par laquelle la Commission européenne devrait réévaluer la situation d’ici quatre ans, avec la possibilité d’interdire alors chaluts profonds et filets maillants.

Le dossier doit maintenant être examiné par les gouvernements européens. Mais à peine l’issue du vote connu, Blue Fish, l’association européenne de promotion de la pêche durable, a clamé victoire.«La décision du Parlement permet la mise en place d’un cadre réglementaire et politique qui renforce encore la protection des océans tout en préservant l’équilibre social et économique des territoires littoraux européens», a déclaré Olivier Le Nézet, son président. L’industrie, dominée par l’armateur français Scapêche, la flotte du distributeur Intermarché, a livré bataille jusqu’au dernier moment pour maintenir son droit à cette méthode de pêche, invoquant des menaces sur 3 000 emplois - seulement une centaine, rétorquent les ONG en se fondant sur les chiffres de la Commission européenne. «Ce texte reconnaît que la pêche en eau profonde peut s’exercer de manière durable et responsable en préservant l’équilibre crucial mais fragile entre la protection de l’environnement et celle des territoires maritimes auxquels des milliers d’emplois sont attachés», a claironné ce matin Olivier Le Nézet.

Du côté des ONG et des scientifiques, c’est la déception et l’amertume qui dominent, après l’exceptionnelle mobilisation des semaines dernières. 750 000 personnes ont signé la pétition élaborée par l’association Bloom pour la défense des océans profonds. Pour la fondatrice de Bloom, Claire Nouvian, le vote marque «la victoire du lobbying acharné des industriels et de la fabrication d’un mensonge d’Etat. Remercions en premier lieu le gouvernement de François Hollande et les socialistes du Parlement européen pour ses positions indéfendables qui achèvent de discréditer le pouvoir en place.» L’UMP, allié au Parti Socialiste, a également rejeté cette mesure Pour l’association Bloom, le seul choix qui reste aux consommateurs est donc de privilégier les enseignes «responsables», comme Casino et Carrefour qui ont décidé de cesser la vente d’espèces profondes.

VIDÉOUne conférence de Claire Nouvian sur les dommages causés par la pêche en eau profonde

Eliane PATRIARCA
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sur le même sujet :

A lire aussi : La pêche profonde prend l’eau

09/12/2013

Le stockage des déchets radioactifs

lu sur :

www.lemonde.fr/.../l-impossible-dialogue-sur-le-stockage...
[2013-12-06] Boycottée par les opposants, la consultation publique sur l'enfouissement des résidus du nucléaire français dans la Meuse a dû être reléguée sur Internet.
 
 

03/12/2013

Cholesterol et cancer du sein

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Une équipe du Duke Cancer Institute montre que « le cholestérol entretient la croissance du cancer du sein », explique Le Quotidien du médecin. 
Le journal souligne : « Plus que le cholestérol lui-même, c’est l’un de ses métabolites spécifiques, le 27HC, qui est au cœur de la susceptibilité augmentée aux tumeurs positives pour les récepteurs à l’œstrogène ». 
Outre le métabolite 27HC qui se comporte comme les œstrogènes, les chercheurs, dont les travaux réalisés chez des souris suralimentées en graisses sont publiés dans Science, révèlent le rôle pivot d’une enzyme, CYP27A1, qui transforme le cholestérol en 27HC. 
Le Dr Erik Nelson, l’auteur principal, explique : « Plus les tumeurs sont de mauvais pronostic, plus elles expriment l’enzyme ».

Le Quotidien du médecin, 02/11

01/12/2013

Étude de la pollution chimique dans l'environnement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/18/les-lecons-des-ecosystemes-synthetiques_3515732_3244.html

Les leçons des écosystèmes synthétiques

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.11.2013 à 16h35

A quelle concentration le bisphénol A, perturbateur endocrinien omniprésent dans l’environnement, cesse-t-il d’avoir un effet sur le vivant ? Une étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), présentée jeudi 14 novembre à Paris, apporte des éléments de réponse inédits, et montre que les seuils choisis au niveau européen pour définir les concentrations sans effet observé (NOEC) sont probablement trop laxistes.

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Pour parvenir à cette conclusion, l’Ineris s’est appuyé sur un outil expérimental, à mi-chemin entre l’éprouvette et le milieu naturel, le mésocosme. « En laboratoire, on sait tuer des poissons avec des fortes doses chimiques… mais on ne sait pas évaluer l’impact des faibles doses ou travailler sur du long terme, explique Eric Thybaud, écotoxicologue à l’Ineris. D’où le recours à des mésocosmes. » Ces « mondes intermédiaires » qui, depuis les années 1980, permettent de tester l’impact d’une substance, ou d’une modification environnementale, sur un écosystème.

« En général, en écotoxicologie, on commence nos études en évaluant l’effet d’une substance à différentes concentrations sur une espèce, continue le chercheur. Mais l’extrapolation de ce type de résultats à l’échelle de l’écosystème est souvent problématique car, dans le milieu naturel, la substance peut changer de forme ou influencer l’un ou l’autre des maillons de la chaîne alimentaire. » L’impact réel est alors très différent de celui observé en laboratoire. « Une élévation des températures peut engendrer une prolifération bactérienne dans les conditions de laboratoire, mais pas en milieu naturel, notamment parce que les prédateurs des bactéries prolifèrent davantage », continue Francesca Vidussi, une chercheuse à l’université de Montpellier, qui travaille avec des mésocosmes marins. D’où l’intérêt d’étudier le phénomène à l’échelle de l’écosystème.

PARAMÈTRE ENVIRONNEMENTAL

Le faire en milieu naturel n’est pas toujours possible. « Parce qu’il est quand même malvenu de balancer une substance chimique dans la nature pour en observer les effets », continue Eric Thybaud. « Parce qu’on ne peut pas faire varier un paramètre environnemental, comme la température ou la pluviométrie, sur un écosystème trop grand », explique Jacques Roy, directeur de l’Ecotron de Montpellier.

« Parce qu’en milieu marin, les masses d’eau bougent et que, dans ces conditions, il est difficile de suivre l’évolution d’une population », souligne Francesca Vidussi. Les chercheurs ont donc mis sur pied des mésocosmes, dans certains cas, des bouts d’écosystèmes naturels mis sous cloche et laissés, ou non, dans leur environnement d’origine ; dans d’autres, des écosystèmes simplifiés et placés dans des conditions naturelles.

C’est cette dernière voie qu’a choisie l’Ineris. « Le principal avantage de cette approche, c’est que l’on connaît très précisément l’historique de l’écosystème étudié », note Eric Thybaud. Créé en 1995, le dispositif à mésocosmes de Verneuil-en-Halatte (Oise) permet d’appréhender l’effet d’une substance chimique sur un écosystème d’eaux vives. Il est fait de douze canaux longs de 20 mètres, parallèles, rigoureusement identiques et installés en extérieur. « Un test en mésocosme dure en général un an, continue le chercheur. En novembre, nous remplissons tous les canaux avec la même quantité de sédiments, de l’argile et du sable. Nous mettons ensuite les bassins en eau, nous installons des plantes, des invertébrés et nous attendons que l’écosystème se stabilise. » Comme le ferait tout aquariophile qui se respecte. « En mars, nous ajoutons dans chaque bassin le même nombre de poissons et la substance à étudier aux concentrations souhaitées. »

EXPÉRIENCE SUR LE BISPHÉNOL A

Lors de l’expérience qui, entre 2011 et 2012, a porté sur le bisphénol A, trois canaux ont ainsi été soumis à 1 microgramme par litre de BPA, trois autres à 10 microgrammes par litre de BPA et les trois suivant à 100 microgrammes par litre de BPA, les trois derniers servant de témoins.

Les chercheurs ont alors laissé évoluer le système, prélevant de temps à autre des échantillons d’eau pour connaître l’évolution des populations d’invertébrés ainsi que la concentration réelle en BPA du milieu expérimental. « Nous avons recouvert nos canaux de filets pour que les oiseaux ne viennent pas se repaître de nos épinoches. » Des petits poissons dont le comportement sexuel est sous régulation hormonale et peut donc être affecté par le BPA. Quelques mois plus tard, les chercheurs ont stoppé l’expérience et observé l’effet du bisphénol A sur les différents écosystèmes. « Il apparaît que les végétaux ont du mal à pousser dans les canaux présentant le plus fort taux de BPA », ce qui, d’après le chercheur, n’avait jamais été observé auparavant.

Concernant les invertébrés, une chute significative des populations a été constatée, là encore à 100 microgrammes par litre. Plus intéressant, chez les poissons, des retards de la maturité sexuelle ont été observés dans les environnements titrés à 10 microgrammes de BPA par litre. « Dans ces canaux, la quantité de PBA mesurée était à 5,6 microgrammes par litre, poursuit le chercheur. Cela indique que la NOEC doit se trouver en dessous de 5,6 microgrammes par litre. » Or cette concentration est trois fois inférieure à la NOEC de 16 microgrammes de PBA par litre proposée, en 2003, par l’Europe à partir de tests en laboratoire. « Les tests en mésocosmes montrent que des effets apparaissent à des doses bien plus faibles que ne le laissaient penser les études en laboratoire. »

Pour mémoire, la concentration de BPA classiquement retrouvée dans l’environnement avoisine le microgramme par litre.