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21/01/2014

Alerte : Notre Dame des Landes (suite)

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/21/a-notre-dame...

LE MONDE | 21.01.2014 à 12h54 • Mis à jour le 21.01.2014 à 14h52 |

Par Yan Gauchard

L’heure de la mobilisation a sonné pour les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Lundi 20 janvier, agriculteurs et occupants de la « zone d’aménagement différé » (ZAD) ont lancé un appel « à bloquer la région ou occuper les lieux de pouvoir » en cas de début des travaux préparatoires, autorisés par des arrêtés préfectoraux signés le 21 décembre 2013. Un branle-bas de combat sonné à un mois de la manifestation prévue dans le centre de Nantes, le 22 février, à laquelle devraient se joindre des protestataires issus du mouvement des « bonnets rouges ».

 

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En novembre 2012, une première tentative d’évacuation du site s’était soldée par de violents affrontements et l’instauration d’un statu quo. Plus d’un an après, quelque 200 opposants vivent toujours sur la ZAD, dans des maisons ou des fermes expropriées pour le compte du promoteur de l’aéroport, Aéroports du Grand Ouest (AGO, filiale de Vinci).

En cas de lancement de travaux, même minimes, le bocage nantais, promet-on, ressemblera à une poudrière. « La révolte est intacte, le soi-disant feu vert délivré au projet par les autorités est une mascarade », raillent de jeunes « zadistes », militants anticapitalistes occupant la ZAD, rebaptisée « zone à défendre ».

Regarder la carte : La  situation de Notre-Dame-des-Landes

Officiellement, personne ne craint une reprise des hostilités. « On est beaucoup plus fort et mieux structuré qu’il y a un an », prévient l’agriculteur Cyril Bouligand, dans une salle de réunion aménagée à la ferme de Bellevue, haut lieu de la résistance au projet. Promise à la démolition il y a un an, la bâtisse a été investie par des membres du Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées. Quatre vaches laitières ont été amenées, assurant la production de fromage, beurre et crème. Des céréales ont été semées, un four à pain remis en route.

Qu’importe si les zadistes semblent moins nombreux. « Sitôt qu’une rumeur évoquant un retour des forces de l’ordre se propage sur les réseaux sociaux, on sent du mouvement sur place », rapporte Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, opposé au projet mais qui ne goûte guère, à l’instar d’une partie de la population, les méthodes « plus radicales » des zadistes. Des dissensions se font parfois jour entre figures historiques de la lutte et jeunes contestataires. « Le mouvement est tellement protéiforme qu’il y a forcément des tensions, admet un militant. Mais il n’y a pas d’équivoque sur la volonté de résister ensemble. »

A quelques kilomètres de la ferme de Bellevue, Sylvain Fresneau, agriculteur dont la famille vit depuis cinq générations sur des terres situées sur l’emprise du projet d’aéroport, ne compte pas non plus quitter sa maison et son exploitation. « Notre vie, nos racines sont ici, assène M. Fresneau. On est chez nous. Si les autorités veulent envoyer leurs troupes, il y aura une réaction. »

« NOS PLANS SONT CALÉS »

M. Bouligand prévoit une démonstration de force en cas d’envoi des CRS. « Nos plans sont calés. Installer nos tracteurs en boucliers pour protéger un secteur, on sait faire, on l’a déjà montré. » Le risque de dérapage est réel : la riposte dépendra « de ce qu’ose faire le gouvernement », menacent des zadistes. A tout le moins, des actions « de sabotage » sont envisagées. Les opposants revendiquent 200 comités de soutien, parés à intervenir à Notre-Dame-des-Landes comme dans toute la France.

« Je ne vois pas comment les porteurs du projet vont construire leur aéroport, note Philippe, délogé en 2012 d’une maison qu’il squattait depuis trois ans. Même en faisant table rase, ils ne vont pas pouvoir maîtriser chaque centimètre carré de terrain. A moins de poser un énorme camp militaire pendant cinq ans… »

Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) et coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport, refuse d’envisager une nouvelle intervention des forces de l’ordre : « Cela me paraît impossible. Ou alors le gouvernement ferait le choix d’adopter une attitude complètement irresponsable avant les prochaines élections municipales et européennes. »

Un tel scénario est également qualifié « d’absurde » par Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique : « Le coût politique d’une opération de ce type serait terrible. »

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