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04/12/2014

Relaxe du viticulteur qui avait refusé d'utiliser un pesticide chimique

lu sur :

Bien Public - 

Le viticulteur qui avait refusé de traiter ses vignes a été relaxé en appel ce jeudi à 14 heures à Dijon sous les applaudissements de la salle. "C’est une victoire de la mobilisation citoyenne, c’est être lanceur d’alerte", a déclaré à l’issue du prononcé de l’arrêt de la cour, Emmanuel Giboulot.

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio exploitant des vignes en Côte de Beaune et Haute Côte de Nuits, a refusé en 2013 d’appliquer la décision préfectorale obligeant à traiter au pesticide tout le vignoble contre la flavescence dorée. Le viticulteur avait estimé que la maladie ne menaçait alors directement ni son vignoble ni celui de ses voisins. Pour avoir refusé d’utiliser la pyréthrine, un pesticide naturel autorisé en viticulture bio, Emmanuel Giboulot a été convoqué devant la justice. En première instance, il avait été condamné par le tribunal à Dijon à 1 000 euros d’amende dont la moitié avec sursis.

Un important comité de soutien avait entouré le viticulteur dans ses démarches.

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Dijon : relaxe en appel du viticulteur qui avait refusé de traiter ses vignes.

www.lepoint.fr/.../dijon-relaxe-en-appel-du-viticulteur-qui-avait-refuse-de- traiter-ses-vignes-04-12-2014-1886881_2386.php

Le Point - Publié le 04/12/2014 à 15:37 - Modifié le 04/12/2014 à 17:22

Emmanuel Giboulot avait été condamné en première instance à une amende pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la flavescence dorée.

Sa relaxe jeudi par la cour d'appel de Dijon sonne pour Emmanuel Giboulot comme une "victoire de la mobilisation citoyenne" : ce viticulteur bio, poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes, ressort blanchi, se félicitant d'avoir ouvert "le débat" sur les pesticides. "C'est une victoire de la mobilisation citoyenne, c'est être lanceur d'alerte", a déclaré, à l'issue du prononcé de sa relaxe par la cour d'appel, Emmanuel Giboulot, acclamé par son comité de soutien.

L'affaire débute au printemps 2013, quand la découverte près de Beaune de foyers de flavescence dorée - maladie mortelle de la vigne - conduit le préfet à imposer de traiter tous les vignobles du département contre la cicadelle, l'insecte qui répand la maladie. Viticulteur en biodynamie depuis les années 1970, Emmanuel Giboulot s'y est refusé sur les dix hectares qu'il exploite en côte-de-beaune et haute-côte de nuits. Même à la pyréthrine, pesticide naturel. Après un contrôle en juillet 2013 de la Direction régionale de l'agriculture, il avait été convoqué devant la justice et encourait six mois d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.

Érigé en symbole par certains écologistes, Emmanuel Giboulot avait été condamné en avril par le tribunal correctionnel de Dijon à une amende de 1 000 euros, dont la moitié avec sursis. En appel, il a obtenu la relaxe. La cour, dont l'arrêt a pu être consulté par l'AFP, a notamment retenu que l'arrêté préfectoral incriminé, qui devait être approuvé par le ministère de l'Agriculture, "ne justifi(ait) pas cette approbation".

Apparue en 1949 en Armagnac (sud-ouest), la flavescence dorée touche presque tout le vignoble français, après s'être fortement développée depuis une dizaine d'années, selon les autorités sanitaires. Un important foyer avait été découvert en Saône-et-Loire en 2011, entraînant en Bourgogne l'arrachage de 11 hectares de vignes en 2012 puis de 0,2 hectare en 2013.

Éviter "l'omerta"

"Il ne s'agit pas de ne rien faire mais d'avoir une action responsable avec la détection et l'arrachage des pieds malades et d'appliquer des traitements uniquement quand il y a véritablement danger en cernant davantage les zones de traitement", a précisé Emmanuel Giboulot. "Si j'avais eu un foyer (de flavescence dorée) à ma porte, j'aurais sans doute utilisé les traitements, a-t-il poursuivi. Ça ne doit pas être l'omerta sur ce sujet."

Le viticulteur s'est félicité d'avoir provoqué "le débat" autour de son affaire. "C'est le reflet d'une problématique de fond dans la société : la problématique flavescence a mis en avant ce problème des pesticides et c'est le début d'un combat", a-t-il dit, appelant à "chercher des alternatives". "A priori, en Côte-d'Or, cette année, un seul pied contaminé a été détecté", a fait valoir Emmanuel Giboulot.

L'eurodéputé EELV José Bové a salué dans un communiqué une décision qui fait "primer le bon sens", rappelant que "la France s'est engagée à réduire de 50 % sa consommation de pesticides d'ici à 2018". Selon Michel Perreau, membre du comité de soutien du vigneron, cette affaire, qui révèle une "prise de conscience que la qualité de l'agriculture fait partie du patrimoine", "ne va pas laisser indifférents les agriculteurs et les viticulteurs". 

La profession, y compris la filière bio, avait pris ses distances avec Emmanuel Giboulot. Estimant que la décision de la cour traduisait "une volonté d'apaisement, Jean-Yves Bizot, président de la commission technique de l'interprofession, a relevé de son côté que "les zones de traitement ont diminué" et que la présence de la maladie a connu une "forte baisse" en 2014 avec "quelques foyers en Saône-et-Loire et des zones très localisées en Côte-d'Or". "L'usage des pesticides est une question de fond au sein de la filière", a-t-il assuré, ajoutant que "la recherche avance sur d'autres pistes que celle des pesticides" pour lutter contre la flavescence dorée, par exemple l'usage de prédateurs de la cicadelle.

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