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24/03/2017

Un pesticide interdit dépeuple des ruchers. La justice refuse d'indemniser un apiculteur

à lire sur :

Un pesticide interdit dépeuple des ruchers - Le Monde

www.lemonde.fr/.../un-pesticide-interdit-depeuple-des-ruchers_5100219_1652692.html
 Un pesticide interdit dépeuple des ruchers. La justice refuse d'indemniser un apiculteur qui a perdu toutes ses abeilles dans la Sarthe.
 

Perquisitions, gardes à vue : l’enquête a été menée jusqu’au bout. On sait où, quand et par quel produit des dizaines de ruches ont été intoxiquées dans les vergers sarthois. On sait qui a fabriqué le pesticide en cause, on sait qu’il contenait une molécule interdite, on sait qui l’a distribué, qui l’a épandu. Mais il n’y a pas de coupable et nul dédommagement pour les apiculteurs lésés.

La magistrate chargée de l’instruction a en effet considéré qu’il n’existait pas de charges suffisantes contre quiconque dans cette affaire et a rendu, en décembre 2015, une ordonnance de non-lieu. Des poursuites pénales ultérieures demeurent possibles, pour peu que le procureur de la République saisisse le pôle de santé du parquet de Paris. En attendant, Philippe Cordier, un apiculteur qui a perdu la plus grande part de ses essaims, entend relancer l’affaire en assignant au civil, avant la fin mars, le distributeur du produit mis en cause.

 

Des abeilles qui « tournent à l’envers »

L’histoire commence dans la Sarthe, en avril 2012. Philippe Cordier y emporte cent cinquante de ses ruches en transhumance. Cent vingt-cinq d’entre elles sont installées dans les vergers de Gerfruits, une société de production et de négoce de fruits. Les butineuses ont pour mission de polliniser les pommiers de l’entreprise. Mais lorsque M. Cordier récupère son cheptel, il voit pendant trois jours ses « abeilles se tordre, tourner à l’envers, battre des ailes et mourir », raconte-t-il. Un seul essaim a survécu.

Muni d’un constat d’huissier, l’apiculteur entame le long parcours semé d’embûches que décrivent souvent ses homologues victimes des pesticides. « Je me suis adressé à quatre gendarmeries avant d’en trouver une cinquième, dans l’Eure, qui a accepté d’enregistrer ma plainte », dit-il. Une inspection vétérinaire est lancée par le service régional de l’alimentation (SRAL) des Pays de la Loire, un rapport transmis au parquet du Mans. Des prélèvements sont effectués dans les locaux agricoles de Gerfruits, où sont d’ailleurs identifiés plusieurs pesticides non autorisés. Une information judiciaire est ouverte à l’encontre de plusieurs responsables de la société le 29 novembre 2013.

 

« A la manifestation, on était sept »

Pendant ce temps, Philippe Cordier se plaint de n’être en rien informé de l’instruction. « On a fait une manifestation d’apiculteurs devant les locaux du SRAL à Angers, on était sept… On n’a rien obtenu »,...

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