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26/04/2014

Au Canada : du pétrole et des idées (pour évacuer les problèmes)

les surlignages sont de moi

lu sur :

feeds.lefigaro.fr/c/32266/f/438191/s/39a65be8/sc/37/l/0L...

Par Le Figaro.fr avec AFPMis à jour le 23/04/2014 à 08:16 Publié le 23/04/2014 à 08:11

Écologistes et parti d'opposition ont dénoncé la décision du Canada de ne plus classer les baleines à bosse comme une espèce menacée, accusant le gouvernement d'avoir voulu faciliter le projet d'oléoduc controversé Northern Gateway. Expliquant se baser sur des relevés scientifiques, le gouvernement canadien a annoncé samedi dans le journal officiel que ce mammifère, le plus gros de la planète après la baleine bleue, serait désormais considéré comme "une espèce préoccupante" et non plus comme une "espèce menacée".
 
Conséquence de cette distinction, l'habitat de ce cétacé, appelé rorqual à bosse au Canada, ne sera plus protégé par la loi. Cette décision a été prise "incroyablement rapidement", a observé hier Jay Ritchlin, de la Fondation David Suzuki, l'un des groupes écologistes les plus influents du pays. Il a jugé "inquiétant" que cette modification ait lieu "au même moment où un développement majeur est à l'étude", en l'occurrence le projet d'oléoducs Northern Gateway. Le principal parti d'opposition au Parlement fédéral, le Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), a pour sa part accusé le gouvernement conservateur d'avoir voulu "satisfaire ses amis de l'industrie pétrolière et ouvrir la voie au projet d'oléoducs de Northern Gateway".
 
Dans le Journal officiel, le gouvernement a toutefois souligné avoir agi suite au dépôt en 2011 d'un rapport réalisé par un comité indépendant de scientifiques ayant noté "une plus grande abondance de l'espèce" au large des côtes canadiennes sur le Pacifique. La baleine à bosse avait été officiellement déclarée espèce menacée en 2005 sur recommandation d'un panel de scientifiques.
 
En 2003, le rapport indépendant recensait "quelques centaines" de cétacés. Actuellement, le gouvernement estime la population à environ 18.000 têtes. Les défenseurs de ces baleines se sont inquiétés dans le passé des nuisances qu'engendrerait le trafic maritime lié à l'exportation du pétrole acheminé sur le littoral de Colombie-Britannique (ouest) par le projet Northern Gateway.
"La population des baleines a augmenté", a confirmé Jay Ritchlin, tout en jugeant précoce de cesser de protéger leur habitat.
 
Mené par le groupe canadien Enbridge, le projet Northern Gateway, long de 1.200 km, vise à acheminer 525.000 barils de pétrole brut par jour sur le littoral pacifique canadien depuis la province d'Alberta (ouest) en traversant les montagnes Rocheuses. Le double oléoduc projeté achèverait sa course au nord de la Colombie-Britannique, au port de Kitimat, dans une zone vide de population proche de la frontière avec l'État américain de l'Alaska. Les groupes pétroliers canadiens espèrent ainsi pouvoir exporter leur or noir vers l'Asie, à raison des rotations de 220 gros pétroliers chaque année, selon des estimations. La population locale a déjà fermement marqué son opposition au projet, et le gouvernement fédéral a jusqu'au mois de juillet pour statuer.

25/04/2014

Cancer : évaluation du Palbociclib

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

Le Parisien Magazine note que selon les résultats dévoilés lors de la conférence de l’Association américaine pour le cancer, le médicament Palbociclib permettrait « de contrôler plus longtemps le cancer du sein ». 

Les essais en cours, réalisés sur des patientes en rechute d’un cancer hormonosensible, semblent prometteurs. En plus des espoirs qu’il représente pour la lutte contre le cancer du sein, le médicament pourrait aussi s’avérer efficace pour traiter les cancers digestifs et du poumon. 

Le Parisien Magazine, 25/04

24/04/2014

Les dangers du bisphénol A plus importants que ce qu'on pensait

lu sur le monde :

Nouveaux soupçons sur le bisphénol A

abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2014/04/23/nouveaux...

Le Monde.fr | 23.04.2014 à 18h03 • Mis à jour le 23.04.2014 à 18h46 |

Par Hervé Morin

Le bisphénol A (BPA), cette molécule entrant dans la fabrication de certains plastiques, est présente dans les tissus de 90 % de la population occidentale. C’est un perturbateur endocrinien : ses effets sur le système reproducteur, bien décrits tant chez l’animal que chez l’homme, sont attribués à l’affinité de cette molécule avec les récepteurs à œstrogènes, des hormones sexuelles « mimées » par le BPA. Mais d’autres effets, liés à un autre récepteur, viennent pour la première fois d’être mis en évidence in vivo, chez un modèle animal, le poisson zèbre.

« Nos résultats suggèrent qu’il ne faut pas étudier le bisphénol A avec la seule loupe des questions de reproduction, mais que d’autres effets, sur le métabolisme notamment, doivent être examinés », estime Vincent Laudet, directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (ENS Lyon, CNRS, université Lyon-I), qui a dirigé ces travaux publiés le 22 avril dans le journal de la Fédération des sociétés américaines de biologie expérimentale.

L’idée que le BPA puisse interagir avec d’autres récepteurs était dans l’air. Une équipe japonaise a ainsi montré in vitro que le récepteur ERRγ (γ pour gamma) présentait une forte affinité avec le plastifiant. « En 2011, nous venions de découvrir que chez les poissons zèbres, l’exposition au bisphénol A entraînait des malformations des otolithes, des structures minéralisées situées dans l’oreille interne, qui participent à la régulation de l’équilibre, rappelle Vincent Laudet. Nous avons décidé de voir si le récepteur ERRγ n’était pas impliqué. »

L’équipe a utilisé deux approches complémentaires. L’une, pharmacologique, visait à étudier l’affinité de différents bisphénols avec ERRγ. L’autre a consisté à faire varier le niveau d’expression de ce récepteur chez le poisson zèbre et à étudier les effets du BPA. « Nous avons établi que lorsqu’on diminue le nombre des récepteurs, il faut augmenter la dose de bisphénol pour observer un même effet sur l’oreille interne, et inversement », résume Vincent Laudet.Pour le chercheur, ces observations ont plusieurs conséquence en matière de santé publique. D’une part, la recherche de substituts au BPA par l’industrie du plastique devrait prendre en compte non seulement l’affinité de ces composés avec les récepteurs à œstrogènes, mais aussi avec le récepteur ERRγ. D’autre part, le fait que l’affinité entre ce dernier et le BPA soit 1 000 fois plus forte, in vitro, que celle observée avec les récepteurs à œstrogènes, repose la question des valeurs des doses journalières admissibles dans les aliments. « Cela pourrait expliquer des phénomènes liés à de faibles doses du BPA, l’ERRγ constituant un substrat biologique possible pour ces effets », avance Vincent Laudet.

Lire:  Bisphénol A : les toxicologues mis au défi

Surtout, il conviendrait d’élargir le spectre des effets potentiellement attribuables au bisphénol A. « Sur la souris, des travaux viennent de montrer que l’absence de récepteur ERRγ entraîne des problèmes d’audition, précise Vincent Laudet. La question des effets du BPA sur l’audition humaine doit être examinée. » Toujours chez la souris, on a constaté qu’ERRγ était impliqué dans le contrôle de la sécrétion de l’insuline, ce qui renvoie à des effets métaboliques déjà décrits du BPA. Ce récepteur serait-il aussi la clef pour comprendre l’obésité observée chez des nourrissons exposés au bisphénol ?

ÉVALUATION DES RISQUES

Autant de questions, encore sans réponses, posées alors que l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA) a lancé une consultation pour nourrir son futur avis sur l’évaluation des risques liés au BPA – avis dont la publication a été repoussée à fin 2014, en raison du nombre de commentaires recueillis. A l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a émis une opinion critique sur le projet d'avis de l'EFSA, Gérard Lafargue estime que l'étude dirigée par Vincent Laudet est « intéressante, car elle pointe d'éventuels effets métaboliques du bisphénol chez l'animal et l'homme ».

L'Anses avait rendu plusieurs rapports sur ce perturbateur endocrinien qui ont conduit la France, au-delà de l'interdiction européenne dans les biberons en 2011, à bannir en 2013 le BPA dans tous les contenants alimentaires destinés aux enfants de 0 à 3 ans, une mesure qui sera étendue à tous les contenants alimentaires à compter du 1er janvier 2015. « Ces nouvelles données confortent l'avis de l'Anses », estime Gérard Lafargue.

Pour Gabriel Livera, responsable du Laboratoire de développement des gonades (CEA Fontenay-aux-Roses), qui n’a pas participé à ces travaux, ceux-ci constituent « une avancée majeure et doivent d'ores et déjà attirer l'attention des agences sanitaires ». Pour autant, note-t-il, « il reste du travail » pour passer à d’autres modèles animaux et élargir ces observations à l’homme. Mais si un parallélisme pouvait être établi avec le poisson zèbre, alors celui-ci pourrait devenir « un atout pour un screening rapide de potentielles substances toxiques agissant par les mêmes voies que le BPA ». Un des enjeux concernant le BPA est effectivement désormais de lui trouver des substituts qui soient réellement inertes pour la santé et l'environnement.

Hervé Morin 
Pôle Science et Médecine

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sur le même sujet :

puberté précoce.pdf

MORALITÉ : ÉVITEZ LES RÉCIPENTS EN PLASTIQUE AUTANT QUE POSSIBLE !

21/04/2014

L'association pour la protection des animaux sauvages dans la Drôme

les surlignages sont de moi

lu sur : 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/19/dans-la-drome...

LE MONDE | 19.04.2014 à 09h51 • Mis à jour le 21.04.2014 à 15h11 |

Par Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale )

A perte de vue, des falaises de calcaire s'élèvent, majestueuses, tapissées d'un dense couvert forestier. En contrebas, un ruisseau, le Riousset, s'étire longuement, bordant quelques rares bâtisses de pierres du hameau de Véronne. C'est dans ce lieu majestueux, au coeur de la Drôme et aux portes du Vercors, que l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) va inaugurer, mardi 22 avril, la première réserve privée de vie sauvage, celle du Grand Barry. Objectif de ce lieu inédit en France : laisser la nature s'exprimer sans la moindre intervention humaine. Et prendre le relais d'une gestion publique des aires protégées jugée « déficiente ».

« Alors que les parcs et réserves naturelles ne protègent plus autant la biodiversité, en autorisant fréquemment la chasse et l'exploitation forestière, nous avons développé un nouvel outil pour assurer une protection pérenne des milieux naturels : l'acquisition foncière, explique Pierre Athanaze, le président de l'Aspas, reconnue d'utilité publique. Depuis 2010, nous rachetons des terrains avec comme seul mode de gestion la libre évolution. »

FONDS PRIVÉS

Pour financer ses espaces, l'association, qui refuse d'être subventionnée par l'Etat, ne recourt qu'à des fonds privés : ce sont les cotisations de ses 11 000 adhérents, ainsi que des dons, legs et un coup de pouce de la Fondation pour une Terre humaine, qui ont permis de réunir les 150 000 euros nécessaires à l'acquisition des 110 hectares de terrains du Grand Barry, achetés à des particuliers.

Des opérations similaires menées dans les Côtes-d'Armor et dans la Haute-Loire permettent aujourd'hui à l'association de totaliser 300 hectares « sauvages ». Pour l'instant, seule la zone du Grand Barry a été labellisée « réserve de vie sauvage », une marque déposée par l'Aspas. Elle a par ailleurs intégré en février le réseau européen Rewilding Europe, qui regroupe 27 réserves et vise à atteindre, d'ici à 2020, un million d'hectares.

CAHIER DES CHARGES EXIGEANT

Le cahier des charges de ces « îlots de naturalité » est des plus exigeants. Sont interdits la chasse et la pêche, l'exploitation forestière et agricole, l'élevage, les feux, les dépôts de déchets, le passage de chiens non tenus en laisse et même la cueillette. Seule la promenade non motorisée, sur les sentiers, est autorisée.

Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l'Union internationale de conservation de la nature, qui mesure, sur une échelle de 6, l'intervention humaine sur la nature. Une demi-douzaine d'agents assermentés – bénévoles – seront bientôt formés pour faire respecter la charte dans cet espace en libre accès, et des panneaux d'information seront installés.

EFFETS VISIBLES DANS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

« Depuis près de deux ans que les terrains sont interdits à la chasse, nous avons observé un retour des grands ongulés », s'enthousiasment Roger Mathieu et Françoise Savasta, administrateurs de l'Aspas dans la Drôme, en faisant découvrir la réserve. Lors de la visite, on n'apercevra aucun des nombreux chamois, chevreuils, biches ou cerfs qui arpentent les sentiers et rochers de la zone, en raison de la chaleur et des fortes bourrasques de vent. Mais les multiples traces et crottes, ainsi que les pièges photo installés sur des arbres, attestent des fréquents passages des herbivores.

« La biodiversité est exceptionnelle ici. On procède à un inventaire de la faune et la flore », indique Roger Mathieu, en suivant avec ses jumelles des aigles royaux, circaètes, éperviers et vautours fauves qui paradent dans le ciel. A hauteur de sol, ce sont des hépatiques, colchiques ou encore gesses de Hongrie qui fleurissent au pied des chênes pubescents et pins sylvestres. « En France, c'est inimaginable que l'on achète et privatise des terrains pour ne rien en faire, si ce n'est regarder la nature évoluer », regrette Françoise Savasta, passionnée de botanique. Mais les effets véritables de cette renaturalisation ne seront visibles que dans plusieurs générations.

SEULEMENT 1 % DU TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN PROTÉGÉ

La protection française des espaces naturels a pris son envol au début des années 1960, avec la création progressive d'une vingtaine d'outils et de statuts, tels que les parcs nationaux (au nombre de dix), les parcs régionaux (48), les réserves naturelles (166 nationales, 129 régionales et 6 corses), les sites Natura 2000 ou encore les arrêtés de biotopes.

Malgré tout, seulement 1 % du territoire métropolitain est aujourd'hui « sous protection forte » – un chiffre qui est censé doubler d'ici à 2019 en vertu des engagements du Grenelle de l'environnement. « Nous avons des lacunes en termes de protection par rapport à nos voisins européens, regrette Daniel Vallauri, chargé de la biodiversité et des forêts pour WWF France. En France, l'homme a toujours façonné l'ensemble de ses paysages, notamment par l'agriculture, l'exploitation forestière et l'urbanisation. Et nous avons des propriétaires et des usages privés partout, qu'il faut satisfaire. »

« LA LOI DE 2006 A ABAISSÉ LES EXIGENCES »

La loi de 2006, qui réforme le statut des parcs nationaux, a accru l'empreinte humaine sur ces espaces naturels. En ouvrant les conseils d'administration des parcs aux élus locaux, et en renégociant leur charte avec les communes, elle les a davantage soumis aux pressions économiques et touristiques. « L'objectif était de concilier impératif de protection et développement économique, afin de favoriser l'acceptabilité de l'ensemble du parc par les élus et citoyens », explique Alby Schmitt, directeur adjoint de l'eau et de la biodiversité au ministère de l'écologie.

« La loi a abaissé les exigences de protection du coeur des parcs, ceux-là mêmes qui devraient être des sanctuaires », rétorque Anthony Turpaud, secrétaire de la branche espèces protégées au Syndicat national de l'environnement et agent technique au parc du Mercantour. « Nous avons moins de temps à consacrer aux zones centrales car nous avons des nouvelles missions de développement local dans les zones périphériques, poursuit-il. Surtout, le lobbying des différents groupes d'intérêts est devenu plus fort. »

Ainsi la chasse a-t-elle été autorisée dans le cœur du dernier-né des parcs nationaux, celui des Calanques – de même que dans 70 % des réserves naturelles. Le parc national des Cévennes, de son côté, a demandé à être une zone d'exclusion pour le loup. A l'inverse du Grand Barry, où les animaux sauvages sont désormais maîtres de leur territoire.

  • Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale ) 
    Journaliste au service Planète du Monde

 

 

19/04/2014

France. Une société où le pouvoir est de plus en plus éloigné du Peuple

à lire sur MEDIAPART :

L’ALERTE
Nantes: le chef de la police assume sans réserve les blessés par Flashball
PAR LOUISE FESSARD

Le bilan des blessés de la manifestation de Nantes contre l'aéroport ne cesse de s'alourdir. Trois hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers.

Interrogé par Mediapart, le directeur départemental de la sécurité publique assume: « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels».

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : pas d'évaluation environnementale, procédure d'infraction

lu sur le Point :

www.lepoint.fr/reactions/societe/commentaires-sur-notre... 

Le Point.fr - Publié le 17/04/2014 à 18:47

source AFP

La Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction contre la France, à laquelle il est reproché de n'avoir pas mené d'évaluation environnementale.

La Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction contre la France, à laquelle il est reproché de n'avoir pas mené d'évaluation environnementale sur le projet controversé de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes. La Commission a envoyé mercredi une lettre de mise en demeure aux autorités françaises, première étape dans la procédure d'infraction pour non-respect de la réglementation européenne, a indiqué jeudi un responsable de la Commission. La France a maintenant deux mois pour répondre.

La Commission reproche aux autorités françaises de n'avoir pas mené lors de la procédure d'autorisation "une évaluation des effets synergiques et des impacts cumulés de l'ensemble des infrastructures du projet d'aéroport Grand-Ouest". La France aurait ainsi violé la directive qui impose aux États membres de soumettre à "une évaluation stratégique environnementale les plans et programmes fixant le cadre pour la construction d'un aéroport", recensant notamment "les effets notables sur l'environnement, y compris les effets secondaires et cumulatifs". Une telle évaluation doit être effectuée avant l'adoption du projet.

Le projet de nouvel aéroport gelé

La Commission invoque également une autre directive qui impose une "évaluation environnementale" des projets d'infrastructures imposant au maître d'ouvrage de "fournir une description des effets importants que le projet proposé est susceptible d'avoir sur l'environnement". L'ouverture de cette procédure constitue "une première victoire grâce à l'Europe du droit sur la mégalomanie", s'est félicité le député européen Vert Yannick Jadot sur son compte Twitter. 

Confié en 2010 au groupe Vinci pour remplacer l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, cher à l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, est de facto gelé en raison de procédures engagées par des opposants. La Commission européenne leur avait porté un coup dur en novembre en donnant son feu vert à l'aide octroyée par l'État français pour la construction de l'aéroport, jugée "compatible avec les règles de l'UE relatives aux aides d'État".

17/04/2014

Le réseau de coopératives agricoles Longo Maï

lu sur Le Temps (Suisse):

VIE ALTERNATIVE Jeudi 17 avril 2014
 

L’insoumission comme mode de vie

SOCIÉTÉ 
L’insoumission comme mode de vie 

Depuis 1987, au Montois, dans le Jura, vit une petite communauté autogérée, anarchiste et anticapitaliste. Elle fait partie du réseau de coopératives agricoles Longo Maï, qui célèbre ses 40 ans. Reportage

Ce n’est peut-être pas le bout du monde, le Montois, mais ça y ressemble. Une ferme isolée, à 700 mètres d’Undervelier, village jurassien de 300 habitants, au pied des gorges du Pichoux. Un écrin de verdure et de tranquillité, où la rudesse du climat se vérifie pourtant chaque hiver: deux mois sans soleil, de décembre à février, à cause d’une montagne qui fait de l’ombre, et un arc de froid qui fait que «le – 10 de la nuit subsiste toute la journée», dit Raymond Gétaz, qui vit là depuis vingt-sept ans.

LeTemps.ch | L’insoumission comme mode de vie.pdf

08/04/2014

Agriculture, abeilles, pesticides, Europe

lu sur :

LE MONDE | 07.04.2014 à 11h06 • Mis à jour le 07.04.2014 à 11h54 |Par Stéphane Foucart

Phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990, le déclin des abeilles, insectes pollinisateurs indispensables à 84 % des végétaux cultivés en 
Europe, n'avait jamais été précisément évalué au sein de l'Union. C'est désormais chose faite avec l'étude « Epilobee », dont les premières conclusions devaient être présentées lundi 7 avril à Bruxelles.

Les résultats de cette enquête, menée dans dix-sept Etats membres, montrent que les pays du nord de l'Europe sont frappés par des mortalités très supérieures à celles qui touchent le pourtour méditerranéen. En cumulant les mortalités hivernales et estivales, la Belgique apparaît comme le territoire le plus touché, avec un taux de mortalité de 42,5 %, suivie de près par le Royaume-Uni (38,5 %), la Suède (31,1 %), la Finlande (29,8 %) et la France (27,7 %). Ces résultats confirment la mauvaise santé des pollinisateurs.

A l'inverse, le problème semble moins inquiétant qu'attendu dans plusieurs pays du Sud comme la Grèce (9,1 %), l'Italie (7,6 %) ou l'Espagne (16,3 %). Dans ce tableau disparate, la France apparaît comme le pays où la mortalité est, de loin, la plus élevée au cours de la saison apicole : 13,6 %, contre moins de 10 % dans tous les autres pays étudiés. La production de miel y a chuté de moitié depuis les années 1990.

UN RAPPORT DE 30 PAGES SANS LE MOT « PESTICIDE »...

Financée par Bruxelles à hauteur de plus de 3 millions d'euros et pilotée par l'Agence de sécurité sanitaire française (Anses), l'étude est de dimension inédite. Elle a mobilisé plus de 1 300 inspecteurs qui ont visité à trois reprises, entre l'automne 2012 et l'été 2013, près de 3 300 ruchers totalisant quelque 32 000 colonies d'abeilles.

« Epilobee est originale par son envergure et par sa volonté d'appliquer des méthodes harmonisées à l'échelle de l'Europe, se félicite Axel Decourtye (Réseau des instituts des filières agricoles et végétales). L'abeille est restée trop longtemps orpheline d'un réseau de surveillance fonctionnel. Grâce à ce dispositif, l'ampleur des problèmes que nous connaissons en France est révélée une nouvelle fois : environ un tiers des colonies suivies meurt dans l'année ! »

Le moratoire partiel sur quatre insecticides problématiques, décidé par Bruxelles et entré en vigueur en décembre 2013, est trop récent pour avoir eu un impact sur les résultats.

A chaque visite, les mortalités ont été relevées, mais aussi la présence des principaux pathogènes de l'abeille comme les parasites varroa ou noséma.

Lire aussi (éditions abonnés) Un mal mystérieux décime les ruches ariégeoises (*) 

En revanche, aucune mesure de pesticides n'a été faite dans les ruches analysées. Un point qui suscite des critiques acerbes dans la communauté scientifique : « Cette étude est un peu étrange, ironise l'apidologue David Goulson, professeur à l'université du Sussex (Royaume-Uni). Ils dépensent plus de 3 millions d'euros pour étudier la santé de l'abeille et ne mentionnent même pas le mot “pesticide” ! »

De fait, le mot est absent des trente pages du rapport publié. « Le protocole choisi ne considère qu'une seule catégorie de facteurs pouvant causer des troubles de l'abeille : les agents pathogènes et les parasites, renchérit l'apidologue Gérard Arnold, directeur de recherche au CNRS. Si on ne recherche que des agents infectieux, on ne risque pas de trouver des résidus de pesticides. Ce choix est politique, pas scientifique. »

« Nous nous sommes accordés avec la Commission pour élaborer, sur les deux premières années, une méthode d'évaluation robuste de la santé des colonies, afin de pouvoir comparer les pays, répond Gilles Salvat, directeur de la santé animale à l'Anses. Si nous avions d'emblée effectué un très grand nombre de prélèvements et d'analyses supplémentaires, le coût aurait été prohibitif. A l'avenir, des études plus ciblées seront faites. »

MORTALITÉ ET AFFAIBLISSEMENT DES COLONIES

En l'état, les résultats semblent déjà exclure la responsabilité unique des pathogènes naturels dans les mortalités relevées. « En France, les maladies recensées lors de la visite estivale des ruches sont à un niveau très bas : 1,5 % pour la loque américaine, 1,2 % pour le varroa et moins de 1 % pour la noséma », estime un chercheur qui a requis l'anonymat. Ce dernier regrette aussi que l'environnement des ruchers sélectionnés ne soit pas précisément décrit (zone de grandes cultures, etc.), ce qui rend impossible la recherche de liens éventuels entre les mortalités et les types d'agriculture pratiqués près des ruches.

En outre, M. Arnold relève que seule la mortalité des colonies a été retenue, un choix qui minimise la gravité de la situation. « Il faudrait aussi prendre en compte l'affaiblissement des colonies, dit le chercheur, car des populations faibles donnent peu de récoltes, ce qui est préjudiciable pour les apiculteurs. »

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sur le même sujet :

L'Europe en grave déficit d'abeilles pour polliniser ses cultures... - Le Monde

www.lemonde.fr/.../l-europe-en-grave-deficit-d-abeilles-pour-polliniser-ses- cultures_4345742_3244.html

Le Monde.fr avec AFP | 09.01.2014 à 18h48 • Mis à jour le 09.01.2014 à 19h09

L'Europe affiche un déficit de 13,4 millions de colonies d'abeilles, soit 7 milliards d'individus, pour correctement polliniser ses cultures. Ce sont les conclusions de chercheurs de l'université de Reading (Royaume-Uni), publiées mercredi 8 janvier dans la revue Plos One.

La cause ? En raison du développement des cultures oléagineuses notamment utilisées dans les agrocarburants, les besoins de pollinisation ont crû cinq fois plus vite que le nombre de colonies d'abeilles entre 2005 et 2010.

D'où, aujourd'hui, une situation de déficit : « L'Europe a seulement deux tiers des colonies d'abeilles dont elle a besoin », indiquent les auteurs. Dans la moitié des 41 pays étudiés, « il n'y a pas assez d'abeilles pour polliniser correctement les cultures, notamment en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie », précisent-ils.

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Le cas de la Grande-Bretagne est particulièrement préoccupant avec moins d'un quart des abeilles nécessaires à la pollinisation. En France et en Allemagne, entre 25 et 50 % des colonies d'abeilles nécessaires sont présentes.

Lire la note de blog : A quoi ressembleraient nos supermarchés sans les abeilles ? 

AGRICULTURE DÉPENDANTE DES POLLINISATEURS SAUVAGES

Du coup, soulignent les scientifiques, l'agriculture est de plus en plus dépendante des pollinisateurs sauvages (bourdons, etc.), des espèces qui peuvent se révéler vulnérables, notamment dans le cas de monocultures.

Lire (édition abonnés) : Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles 

« Cette étude montre que la politique européenne en matière d'agrocarburants a pour conséquence imprévue de nous rendre plus dépendants des pollinisateurs sauvages », relève Tom Breeze, l'un des auteurs de l'étude. Selon son collègue Simon Potts, « nous allons vers une catastrophe à moins d'agir maintenant : les pollinisateurs sauvages doivent être mieux protégés ».

« Il y a une déconnexion entre les politiques environnementales et agricoles en Europe : les agriculteurs sont encouragés à cultiver des oléagineux, mais il n'y a pas suffisamment de réflexion sur la manière d'aider les insectes à assurer la pollinisation », estime M. Potts.

et aussi (*) :

Un mal mystérieux décime les ruches ariégoises

LE MONDE | 07.04.2014 à 11h06 |

Par Gilles van Kote (Serres-sur-Arget, Ariège, envoyé spécial )

Quel mal mystérieux frappe depuis cet hiver les ruches de l'Ariège, provoquant la disparition d'environ 20 % des colonies, selon certains exploitants ? Pour Nicole Russier et Bertrand Théry, un couple d'apiculteurs installés depuis les années 1980 dans la vallée de la Barguillère, au-dessus de Foix, cette hécatombe en rappelle une autre : celle survenue en 2008-2009. Ils avaient alors perdu la moitié de leurs ruches. Pour eux, pas de doute, les résidus des traitements administrés aux animaux par les éleveurs pour lutter contre la fièvre catarrhale étaient alors responsables de la mortalité des pollinisateurs.

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« Cette année, nous avons le sentiment de revivre le même genre de catastrophe, témoignent-ils. Ç'a commencé fin novembre-début décembre 2013. Il y avait des tapis d'abeilles mortes. C'est un massacre incroyable : dans certains endroits, où il y avait une quarantaine de ruches, il n'en reste plus qu'une. »

Les vallées froides ont été particulièrement touchées. Certaines zones sont mieux épargnées, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Le varroa, un acarien parasite de l'abeille, a été soupçonné. Mais les premiers prélèvements l'ont mis hors de cause. Une campagne de visites de ruchers menée en décembre par l'Association de développement de l'apiculture en Midi-Pyrénées a abouti à la conclusion que « la proximité d'un environnement en zone d'élevage semblait être le seul point commun » aux colonies détruites.

COHABITATION DIFFICLE ENTRE ÉLEVEURS ET APICULTEURS

Pour se faire mieux entendre des pouvoirs publics, une quarantaine d'apiculteurs ariégeois ont constitué un collectif. Fin février, celui-ci a rencontré François Gerster, coordinateur ministériel du plan de développement durable de l'apiculture, qui lui a assuré qu'une enquête visant à déterminer les causes de l'intoxication des abeilles allait être menée.

Au fil des années, la cohabitation entre les 690 apiculteurs ariégeois et leurs voisins éleveurs est devenue de plus en plus difficile, les premiers supportant mal de voir leurs compétences mises en cause et les seconds, plus puissants sur le plan économique, se sentant placés en position d'accusés.

Lire aussi  En Europe, le déclin des abeilles frappe lourdement les pays du Nord

De leur exploitation de Lux, un hameau situé sur la commune de Serres-sur-Arget, Nicole Russier et Bertrand Théry ont vu la situation sanitaire des abeilles se détériorer« Nous nous sommes installés ici pour être à l'abri des grandes cultures et des pesticides, mais, depuis une quinzaine d'années et l'arrivée de nouveaux antiparasitaires dans les élevages comme l'Ivermectine, on enregistrait de petites mortalités, comme un bruit de fond, raconte l'apicultrice. Si, dans des coins comme le nôtre, l'abeille ne peut plus vivre, c'est que quelque chose ne va plus. »

Pour la première fois en 2013, le couple, dont les 400 ruches produisent du miel d'acacia, de châtaignier, de rhododendron et de bruyère, n'a pas récolté de miel de bruyère. Tout juste retraité, il n'a eu aucun mal à trouver preneur pour ses colonies saines auprès de jeunes confrères cherchant à compenser la perte de leurs ruches. « Nous avons vécu l'âge d'or sans même nous en apercevoir », soupire Bertrand Théry.

02/04/2014

Absence de dialogue sur l'impact des radiofréquences sur la santé

Communiqué de presse le 2 avril 2014

ANSES – Radiofréquences et santé-environnement

Dialogue en péril

Les associations ont quitté hier après-midi la réunion du comité de dialogue Radiofréquences

et santé de l'ANSES pour dénoncer la dénaturation du dialogue au sein de cette instance mise

en place il y a trois ans pour éclairer l'agence sur les attentes de la société civile en matière

d'expertise et de recherche.

Cinq mois et demi après le rendu public du rapport d'expertise sur les risques pour la santé des radiofréquences, qui avait suscité des critiques nombreuses de la part du monde associatif,

l'ANSES avait convoqué ce 1er avril une réunion avec pour ordre du jour le débat sur le

contenu du rapport et les perspectives de poursuite du dialogue.

Déjà en désaccord et sur le contenu du rapport qu'elles considèrent comme orienté et sur le

côté tardif du débat proposé, les associations ont découvert, à l'ouverture de la réunion, que

celle-ci serait présidée non pas par M. George Mercadal, président très apprécié de cette

instance depuis sa création, mais par le Directeur général de l'ANSES.

Considérant que la démission soudaine de Monsieur Mercadal, dans une période

particulièrement critique, était symptomatique de la détérioration du dialogue à l'ANSES et

qu'un débat ouvert et objectif sur des sujets conflictuels ne pouvait se tenir sous la présidence

du directeur général de l'Agence, partie prenante du débat, elles ont donc fait part de la

déclaration commune (voir PJ *) qu'elles avaient préparée, rappelant leur attachement au

dialogue et précisant leurs exigences de changements puis elles ont quitté la salle.

Elles ont annoncé qu'elles ne pourront reprendre leur participation que lorsqu'un président

indépendant et impartial sera à nouveau nommé et que des réponses claires seront données

aux exigences de changements exprimées sur :

- la méthodologie utilisée pour qu'elle reflète l'état de la connaissance et de la

controverse ;

- la prise en compte des conflits d’intérêt ;

- la définition de ce que doit être une expertise réellement pluraliste, le concept

d'expertise collective pouvant masquer l'expression d'une pensée unique.

Contact presse :

Priartem – Janine LE CALVEZ

Collectif des électrosensibles de France – contact.electrosensible.org/

CRIIREM - Pierre LE RUZ

Robin des Toits – Etienne CENDRIER

(*)

DeclarationCommuneInterassoComiteDialogue ANSES_RF_et_sante.pdf

31/03/2014

Évolution du climat : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici ...

lu sur :

Climat: le Giec alerte sur l'insécurité alimentaire et les risques de conflit

 Le Point

AFP- Publié le 31/03/2014 à 07:4

Insécurité alimentaire, accès à l'eau, déplacements de population, risques de conflits... Les impacts du changement climatique, qui affecte déjà "tous les continents et les océans", vont s'aggraver au 21e siècle, avertissent les experts du Giec dans un rapport publié lundi à Yokohama (Japon).

"La probabilité d'impacts graves, étendus et irréversibles s'accroît avec l'intensification du réchauffement", note ce rapport intitulé "Changement climatique 2014: impacts, adaptation et vulnérabilité".

Ce nouvel opus du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU, prix Nobel de la paix, est le fruit d'un immense travail - 12.000 publications passées en revue - et constitue l'état des lieux scientifique le plus complet depuis le rapport de 2007.

Les travaux du Giec (195 pays) servent de base aux négociations internationales sur le financement des actions d'adaptation et la réduction des gaz à effet de serre: l'objectif est de limiter le réchauffement à 2° C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, la planète ayant déjà pris 0,8°C et la trajectoire actuelle nous conduisant vers +4° à la fin du siècle.

"Dans de nombreux cas, nous ne sommes pas préparés aux risques actuels liés au changement climatique", a estimé Vicente Barros, co-président du groupe de scientifiques auteurs du rapport, en soulignant la nécessité d'investir dans cette direction.

A plusieurs reprises, le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui subiront les impacts les plus forts du changement climatique.

"La part de la population mondiale confrontée à des pénuries d'eau ou affectée par d'importantes inondations va s'accroître avec le niveau du réchauffement au 21e siècle", souligne le "Résumé pour décideurs", une synthèse destinée aux politiques.

- Croissance économique ralentie -

 

Un climat plus chaud aura aussi des conséquences sur la sécurité alimentaire, en particulier dans les pays du Sud: la répartition des espèces marines et donc de la pêche va changer, les rendements agricoles vont être modifiés avec des bénéfices pour quelques régions, une baisse pour beaucoup d'autres.

"Tous les aspects de la sécurité alimentaire seront potentiellement affectés par le changement climatique", notamment la disponibilité de la nourriture et la stabilité des prix, et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées, prévient le document.

Si les impacts économiques globaux "sont difficiles à estimer", affirme le Giec, le changement climatique va néanmoins "ralentir la croissance économique, (...) réduire la sécurité alimentaire et créer de nouvelles poches de pauvreté".

Une aggravation des événements climatiques extrêmes, tels que les inondations des zones côtières, les sécheresses et les vagues de chaleur, va conduire à une augmentation des déplacements de population, notent les scientifiques.

Avec un accès plus dur à l'eau et aux ressources alimentaires, et des migrations accrues, le changement climatique "va indirectement augmenter les risques de conflits violents".

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des vagues de chaleur vont s'aggraver, tout comme - dans les régions pauvres - les maladies en lien avec la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Le Giec relève que le réchauffement a déjà eu "au cours des dernières décennies, des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et les océans".

 

- Toute la planète concernée -

 

Les risques concernent aujourd'hui toutes les régions du monde.

En Afrique, l'accès à l'eau sera l'un des aspects les plus marquants du réchauffement. En Europe, l'aggravation des inondations et leurs conséquences sur les infrastructures et les effets sanitaires des vagues de chaleur sont mis en avant.

En Asie, inondations et vagues de chaleur risquent de provoquer d'importants déplacements de population. L'Amérique du Nord va être touchée par davantage d'évènements extrêmes (chaleur, inondations côtières, incendies). L'Amérique latine sera confrontée à la problématique de l'accès à l'eau.

Les régions polaires et les îles seront particulièrement affectées par un climat plus chaud, via la fonte accélérée des glaciers et la montée du niveau des océans.

Nombre de phénomènes physiques sont engagés dans un mouvement irréversible (hausse de la température, montée et acidification des océans, recul des glaciers, etc.), et la nécessité d'agir "à court terme" est toujours plus pressante, dit le Giec.

Le Giec présente une série de mesures d'adaptation à une planète plus chaude (protection des côtes, stockage d'eau, irrigation, nouvelles pratiques agricoles, systèmes d'alerte sanitaire, déplacement d'habitats, etc.).

Mais pour Chris Field, coauteur du rapport, "à des niveaux élevés de réchauffement dus à la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques seront difficiles à gérer et même des investissements importants et continus dans l'adaptation montreront leurs limites".

22/03/2014

L'eau : quelle eau ?

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/22/l...

Le Monde.fr | 22.03.2014 à 07h36 • Mis à jour le 22.03.2014 à 08h39

La Journée mondiale de l'eau, le 22 mars, suscite moult animations et expositions en France comme ailleurs. Citons notamment celles des ONG de la Coalition Eau et la grande Nuit de l'eau organisée par la Fédération française et l'Unicef dans de nombreuses piscines.

C'est aussi le moment de s'arrêter sur la lenteur des progrès de développement qui laisse 768 millions d'humains sans accès à une source d'eau améliorée, c'est-à-dire un puits ou une source dans laquelle ne s'approvisionnent pas aussi les animaux, selon la définition de par l'Organisation des Nations unies.

Dans son Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau 2014, rendu public le 21 mars, l'ONU avance aussi une autre estimation : selon l'indicateur retenu, ce seraient en fait 3,5 milliards de personnes qui ne bénéficient pas d'une eau sûre, propre, accessible et abordable.

SANS TOILETTE, LES FILLES DÉSERTENT L'ÉCOLE

A l'heure des grands bilans, le chiffre de 2,5 milliards d'individus qui n'ont pas accès à un système d'assainissement suscite moins de débat. Pourtant derrière cette donnée se cache des souffrances quotidiennes, en particulier pour les femmes lorsqu'elles cherchent à s'isoler, pour les filles qui finissent par déserter l'école sans toilette et pour les enfants victimes de maladies hydriques.

En outre, l'ONU s'inquiète de l'impact sur l'environnement des 80% à 90% d'eaux usées qui sont rejetées sur la planète sans traitement. L'Agence française de développement (AFD) en a fait un de ses chevaux de bataille, nous dit Cassilde Brénière. En tant que chef de la division eau et assainissement de l'agence chargée de financer l'aide publique aux pays du sud – essentiellement sous forme de prêts -, elle a répondu à quelques-unes de nos questions.

Cassilde Brénière, selon vous, l'accès à l'eau est-il toujours une priorité de l'Agence française de développement ?
Bien sûr. Porté par les Nations unies, cet Objectif de développement-là semble en bonne voie pour 
atteindre son but, même s'il progresse avec d'énormes disparités. Rappelons qu'un habitant des Etats-Unis utilise en moyenne 300 à 400 litres d'eau par jour, un Européen 120 à 150 litres et un Africain des contrées subsahariennes 20 à 30 litres. Il reste beaucoup à faire.

Lire aussi : L'ONU inquiète du double bond de la demande en eau et en énergie

L'Afd consacre grosso-modo la moitié de ses moyens à améliorer la distribution d'eau potable dans les pays en voie de développement. L'accès n'est pas la seule difficulté, le gaspillage aussi pose problème.De grandes quantités d'eau sont perdues en Amérique latine, tandis que l'Afrique subsaharienne reste déshéritée.

Quant aux pays méditerranéens, ils se trouvent confrontés à l'épuisement de lnombreux aquifères. La qualité de ces réservoirs naturels se dégrade et les rend inutilisables. En effet quand les nappes sont surexploitées, leur niveau baisse permettant l'intrusion d'eau salée. C'est le cas au Maroc, en Tunisie, en Jordanie, dans les Territoires palestiniens…

Une de nos actions consiste à acheter de l'eau à Israël pour la diluer et faire baisser le taux de sel de l'eau qui est distribuée à Gaza. C'est un projet qui se mène dans des conditions difficiles, mais nous en sommes relativement contents, car il modifie la vie des habitants.

Quelles évolutions se dessinent pour l'avenir ?
L'AFD s'est engagée à 
consacrer au domaine de l'eau, 700 millions d'euros par an de 2014 à 2018, en faveur des pays en développement et 50 millions en d'euros en direction de l'Outre-mer. Nous voulons renforcer nos actions et augmenter la part de nos financements en faveur de l assainissement. C'est une problématique qui nous préoccupe.

Nous contribuons actuellement à la fois à des programmes de développement permettant aux gens de disposer de toilettes et à l'installation d'unités d'épuration des eaux usées. Ces trois dernières années, nos programmes ont permis de faciliter l'accès à l'assainissement à 217 millions de personnes par an, en particulier au Brésil, Burkina-Faso, Maroc, en Tunisie, PalestineEgypte

En comparaison des enjeux de l'eau potable, les gens sont moins conscients que ce sont des questions essentielles à la fois pour la sauvegarde de la santé et pour le bien-être humain. Maladies d'origine hydriques, les diarrhées sont la seconde cause de mortalité infantile : elles tuent 2 000 moins de 5 ans en moyenne chaque jour dans le monde.

Et l'assainissement a bien sûr un impact direct sur la vie aquatique et donc in fine sur la qualité de la ressource elle-même.

Constatez-vous des progrès ?
Oui, car nous faisons des études d'impact. Pour autant, il est difficile d'
attribuer la régression des maladies hydriques à une seule origine. Nous accompagnons systématiquement nos programmes d'actions de sensibilisation à l'hygiène, ce qui compte aussi.

Ce sujet figure-t-il davantage sur les agendas internationaux aujourd'hui ?
Il n'est plus tabou, mais il y a encore tant à 
faire ! Nous voulons motiver à la fois nos partenaires bailleurs internationaux et les pays du sud à consentir à des efforts dans ce domaine. Il faut agir.

Par exemple, le lac Victoria, la deuxième plus grande étendue d'eau douce du monde, est victime de blooms d'algues et de pollutions graves qui entraînent la disparition d'espèces. Avec la Banque mondiale et l'agence allemande d'aide au développement, nous contribuons à un gros programme de traitement des rejets des villes dépourvues de stations d'épuration qui sont situées dans trois Etats, autour du lac Victoria.

Pouvez-vous nous citer d'autres d'opérations qui vous tiennent à cœur ?
Outre la bande de Gaza, je répondrai le prêt de 100 millions d'euros que nous avons accordé aux autorités brésiliennes pour 
financer un système de collecte et de traitement des eaux usées dans douze villes de l'Etat de Santa Catarina, dans le sud du pays.

Et puis l'alimentation de quartiers périphériques, informels et délaissés, de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Aujourd'hui, dans cette ville, l'une des plus grandes d'Afrique, le réseau fonctionne. Les gens se sont mis à payer l'eau à la borne-fontaine.

Nous nous appuyons sur des associations locales d'usagers qui se chargent de la comptabilité. Ce projet qui marche bien en suscite d'autres de la part des habitants. Cela va à l'encontre de l'idée reçue selon laquelle on ne peut pas vendre d'eau dans des quartiers pauvres, à un prix abordable évidemment.

10/03/2014

Le traitement de la DMLA par l'Avastin

lu dans la revue de presse d' l'INSERM :

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a transmis au Conseil d’Etat un projet de décret autorisant aux ophtalmologistes l’usage de l’anticancéreux Avastin dans le traitement de la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age) au lieu du Lucentis de Novartis.  

Selon Le Parisien, « ce texte sera une première en Europe » et permettra de légaliser l’utilisation de l’Avastin, qui coûte 30 euros par injection, contre 900 euros par injection pour Lucentis.

Le Parisien, 08/03

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Sur le comportement des firmes pharmaceutiques, lire aussi sur ce blog :

Le coût des médicaments et les profits de l'industrie pharmaceutique... 

Les pratiques des firmes pharmaceutiques...

 

 

09/03/2014

Des jeux vidéo pour aider la recherche

Des jeux vidéo en ligne font progresser la recherche scientifique.pdf

 

Un jeu vidéo pour accélérer la recherche sur le cancer | Actualité | LeFigaro.fr - Santé.pdf

04/03/2014

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : enfin une initiative

lu sur le 

Journal de l'Environnement: Environnement, santé et Sécurité

www.journaldelenvironnement.net/
Perturbateurs endocriniens: la Suède va poursuivre la Commission devant la CJUE
Le 03 mars 2014 par Marine Jobert

 
Stockholm ne s’en laisse pas conter dans le dossier des perturbateurs endocriniens: la Suède vient de sommer la Commission européenne de s’expliquer sur sa décision de reporter sine die l’annonce des critères scientifiques retenus pour définir ces substances chimiques qui perturbent le système hormonal. Officiellement, Bruxelles attendrait la réalisation d’une évaluation de l’impact économique. Mais le royaume scandinave considère que ce retard est incompatible avec l’enjeu sanitaire posé par les PE.
 
Selon des documents que Le Journal de l’environnement a pu consulter, la Suède vient d’amorcer la première étape de ce qui pourrait se transformer en un recours en carence contre la Commission européenne. Rarement mise en œuvre, cette procédure permet à un Etat de faire condamner une institution, un organe ou un organisme de l’Union européenne qui aurait fait preuve «d’inaction». Dans un courrier envoyé le 27 février, le gouvernement suédois fait grief à la Commission de son inaction dans le délicat dossier des perturbateurs endocriniens (PE). Bruxelles dispose de deux mois pour répondre, au terme desquels Stockholm se réserve le droit d’introduire le fameux recours en carence, si les explications fournies ne lui semblent pas convaincantes. C’est à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qu’il reviendra alors de contrôler la légalité de cette absence ou de cette omission d’agir.
ETUDE D’IMPACT
Si l’acte posé par la Suède est en apparence formel, il est pourtant diplomatiquement fort, dans un dossier économiquement et politiquement sensible. Dès le mois d’octobre dernier, le Royaume s’inquiétait: Bruxelles risquait de reporter l’annonce (prévue au plus tard le 13 décembre 2013) des critères scientifiques retenus pour définir ces substances chimiques qui perturbent le système hormonal. Source de son inquiétude: le lancement surprise d’une évaluation de l’impact économique qu’engendrerait l’édiction de cette définition, annoncée pour mars 2014 (et qui, pour l’heure, n’a pas connu de développements).
INDUSTRIE À LA MANŒUVRE
Un revirement qualifié de «contre-feu» de l’industrie par le député français Jean-Luc Roumégas. Dans un récent rapport d’information consacré à la stratégie européenne sur les PE, l’élu écologiste dénonçait une tactique éculée, «clairement suscitée, naguère, par l’industrie du tabac (…) Les lobbies industriels résistants à la réglementation ont donc atteint leur meilleur objectif possible au vu du consensus scientifique récemment acté: reporter l’échéance au-delà d’un scrutin [les élections européennes] qui, espèrent-ils, verra se renforcer les effectifs des députés eurosceptiques, opposés par principe aux réglementations communautaires contraignantes». Ce changement de stratégie avait été obtenu après une controverse montée de toutes pièces par des scientifiques, dont la journaliste Stéphane Horel avait démontré les liens forts qu’ils entretenaient avec l’industrie du secteur.
CRITÈRES «RETARDÉS»
Interpellé dès le mois d’octobre 2013 par Lena Ek, ministre suédoise de l’environnement, Janez Potocnik, le commissaire européen à l’environnement avait pris son temps pour répondre… Quatre mois plus tard, il rédigeait une lettre peu convaincante. «Etant donné les interpellations relatives aux possibles impacts significatifs associés à tel ou tel choix particulier de critères et le vigoureux débat qui a eu lieu l’été dernier dans la communauté scientifique sur les PE, la Commission a décidé de mener à bien une étude d’impact, en retenant plusieurs options selon les critères et pour leur mise en œuvre», détaille Janez Potocnik. En conséquence, explique-t-il, «les critères [pour les PE] sont malheureusement retardés». Mais à toute chose malheur est bon: «Cela permettra de prendre une décision informée et d’assurer la consultation de toutes les parties prenantes[1]
RÉACTIONS FRANÇAISES
La nouvelle de la démarche suédoise ravit Michèle Rivasi, eurodéputé écologiste. «Alors que c’est toujours la Commission qui poursuit les Etats qui ne respectent pas les directives, cette ministre suédoise somme courageusement la Commission de prendre une décision», se félicite cette membre active de la commission chargée de réfléchir à la stratégie nationale sur les PE, lancée l’an passé par la France. Le député de l’Hérault, Jean-Louis Roumégas, estime pour sa part que «la France doit suivre cet exemple», et appelle «tous les Etats à faire de même pour sortir de l’enlisement dans lequel se trouve l’Europe dans ce dossier». Philippe Martin, qui rencontrait ses homologues européens à Bruxelles aujourd’hui, aura-t-il eu vent de l’initiative suédoise? «Je vais lui envoyer un message pour qu’il lance une pétition en direction de la Commission!», conclut Michèle Rivasi.

 

[1] Une consultation publique est en effet prévue à compter de… janvier 2014, mais rien n’a été annoncé à ce jour.

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sur le même sujet, lire la note sur ce blog : Perturbateurs endocriniens...

05/10/2013

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

28/02/2014

De la qualité du sperme en France

lu sur le site du Monde : (les surlignages sont de moi

www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/27/les-francais...

LE MONDE | 27.02.2014 à 11h22 • Mis à jour le 27.02.2014 à 14h52 |Par Paul Benkimoun

Quasiment aucune région française n'y échappe : la qualité du sperme décline. Une forte baisse de la concentration de spermatozoïdes – de près d'un tiers sur une période de seize ans – avait déjà été constatée au niveau national. Le phénomène a cette fois été analysé au niveau régional par une équipe réunissant des chercheurs de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), chargés de la base de données « Fivnat ».

Mise en ligne lundi 24 février sur le site de la revue Reproduction, leur étude met en évidence que la tendance n'épargne aucune région, mais souligne des disparités. L'Aquitaine et Midi-Pyrénées présentent un déclin plus marqué que la moyenne.

Pour les auteurs, ces résultats renforcent l'hypothèse d'un effet d'une exposition environnementale à des perturbateurs endocriniens. Ces deux régions ont en effet une forte vocation agricole et la population y est particulièrement exposée aux pesticides.

En décembre 2012, le docteur Joëlle Le Moal de l'InVS et ses collègues avaient publié dansHuman Reproduction les résultats d'une étude de grande ampleur portant sur 26 000 hommes. Ils faisaient partie de couples ayant participé à un programme d'assistance médicale à la procréation (AMP) dans les 126 principaux centres de France métropolitaine, entre le 1er janvier 1989 et le 31 décembre 2005.

L'avantage de ce choix était de disposer pour chacun des participants de deux spermogrammes, ce qui renseignait sur la concentration en spermatozoïdes du sperme, sur leur morphologie (normale ou non) et leur motilité, soit leur aptitude à se déplacer. N'avaient été inclus que les hommes dont la partenaire était définitivement stérile. Les chercheurs justifiaient ce critère par le fait que les participants sélectionnés n'avaient a priori aucune raison d'avoir une qualité de sperme différente de celui de la population masculine générale.

L'étude avait montré « une diminution significative et continue de la concentration du sperme atteignant 32,2 % sur la période étudiée ». Pour un homme de 35 ans, la concentration moyenne passait de 73,6 millions de spermatozoïdes par millilitre (ml) de sperme en 1989 à 49,9 millions/ml en 2005. Fait notable, les auteurs constataient un déclin régulier d'en moyenne 1,9 % par an.

PAS D'INFLUENCE DE FACTEURS GÉNÉTIQUES

De même, le pourcentage de spermatozoïdes ayant une morphologie normale était passé de 60,9 % en 1985 à 39,2 % en 2005. Même si ces données restaient loin des niveaux où l'on commence à parler d'infertilité (en dessous de 20 millions/ml), elles n'en constituaient pas moins le marqueur d'une évolution défavorable.

Dans la nouvelle étude, « nous avons repris exactement le même échantillon et avons comparé la dynamique des tendances dans les 21 régions de France métropolitaine », explique le docteur Le Moal. L'influence de facteurs génétiques ne peut pas jouer fortement sur une période de seize ans, indique la chercheuse. L'explication relève donc plus vraisemblablement de facteurs environnementaux ou comportementaux.

« Le caractère ubiquitaire de la baisse est compatible avec l'effet de facteurs environnementaux à l'oeuvre sur tout le territoire », souligne le docteur Le Moal. Toutefois, certaines régions sortent du lot. L'Aquitaine présente une tendance linéaire plus prononcée à une diminution de la concentration en spermatozoïdes. Pour Midi-Pyrénées, qui avait la valeur moyenne la plus basse en 1989, la baisse s'est poursuivie et la région se situait toujours au dernier rang en 2005.

EVOLUTION POSITIVE EN FRANCHE-COMTÉ ET EN BRETAGNE

Ces deux régions présentaient également une tendance plus marquée que l'ensemble du territoire à une diminution du pourcentage de spermatozoïdes de morphologie normale. La Franche-Comté et la Bretagne ont connu au contraire une évolution positive.

Les populations des deux régions où l'étude met en lumière des évolutions négatives importantes n'ont pas de particularités physiques, notamment pour leur indice de masse corporelle. Ces territoires ne font pas non plus partie de ceux où les taux de consommationde tabac ou d'alcool sont les plus élevés. Les auteurs cherchent plutôt l'explication du côté des facteurs environnementaux.

Aquitaine comme Midi-Pyrénées sont fortement agricoles : l'Aquitaine est la première région française pour l'emploi dans ce secteur et la deuxième pour le nombre d'exploitations ; Midi-Pyrénées est la première région pour le nombre d'exploitations et la deuxième pour la surface cultivée, précisent les auteurs de l'étude.

Elles présentent une population importante susceptible d'être exposée à des produits tels que les pesticides, pouvant perturber le bon fonctionnement hormonal. Leurs activités viticoles « sont celles où l'on utilise le plus de pesticides proportionnellement à la surface agricole », précise Joëlle Le Moal.

« Il est très important de surveiller la qualité du sperme, car c'est un biomarqueur sensible aux expositions environnementales et corrélé à l'espérance de vie », insiste le docteur Le Moal. C'est l'objet du Réseau santé reproductive humaine et environnement général (dont l'acronyme en anglais est Hurgent), lancé en décembre 2013, par l'InVS, à l'échelon européen.

Lire aussi : A-t-on vraiment besoin du chromosome Y ?

Paul Benkimoun 
Journaliste au Monde

20/02/2014

Un rapport à « caractère partisan » de l’Inra contre l’agriculture biologique

lu dans la revue de presse de l'INSERM :

130 chercheurs mobilisés contre un rapport sur l’agriculture biologique

Près de 130 chercheurs (notamment de l’Institut national de la recherche agronomique, de l’Inserm, du Centre national de la recherche scientifique et d’AgroParistech) exigent le retrait d’un rapport de l’Inra sur l’agriculture biologique qui, selon eux, « manque de rigueur scientifique et minimise ses bienfaits sanitaires et environnementaux », rapporte une dépêche AFP.

Cette étude, publiée en septembre 2013, dirigée par Hervé Guyomard (directeur scientifique agriculture à l’Inra) et réalisée par le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP), porte sur « L’analyse des performances de l’agriculture biologique ». 

L’AFP cite les propos d’un signataire de la lettre envoyée en décembre dernier au président de l’Inra qui évoque le « caractère partisan » du rapport : « il y a peu de données sur l’agriculture biologique et à chaque fois qu’il y a une incertitude, il tranche systématiquement en sa défaveur ». Les signataires pointent également du doigt les « conclusions très tranchées sur l’absence d’avantage sanitaire de l’agriculture biologique » de l’étude et l’absence de mention de la question des pesticides.

AFP, 18/02

12/02/2014

La modification du vivant et la création d'organismes nouveaux

à lire sur BASTAMAG :

http://www.bastamag.net/Biologie-de-synthese-comment

OPTIMISER LE VIVANT

Biologie de synthèse : comment ingénieurs et multinationales veulent industrialiser la vie

PAR AGNÈS ROUSSEAUX 12 FÉVRIER 2014 

lire aussi :

ALIMENTATION

Privatisation des semences : une guerre de l’ombre se livre depuis un siècle 

EVOLUTION

Bienvenue dans une nouvelle ère géologique, déterminée par les humains pour le meilleur et pour le pire : l’Anthropocène

11/02/2014

Communiqué de Presse : Les Pollutions, grandes absentes du Plan Cancer

communiqué :

Paris le 5 février 2014 - Communiqué de Presse du Rassemblement pour la Planète.

Les Pollutions, grandes absentes du Plan Cancer de François Hollande

Péché par action ou par omission ? Pesticides, perturbateurs endocriniens, radiofréquences, pollution de l'air… Politiques, scientifiques, institutions internationales et associations les mettent en avant régulièrement comme des causes évidentes dans l’explosion du nombre de cas de cancer dans le monde. Mais François Hollande, qui vient d’exposer les grandes lignes du plan Cancer 2014-2018, n’en a pas vraiment parlé : volonté délibérée ou trouble de la concentration ?

Pour la seule année 2012, il y a eu 355.000 nouveaux cas et 148.000 personnes en sont mortes en France. Dans le monde, 14,1 millions de nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués et 8,2 millions de personnes en sont mortes. En 2025, il y aura 19,3 millions nouveaux cas par an sur toute la planète, prévoit le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l'agence spécialisée de l'Organisation mondiale de la santé sur le cancer : nouvelles données sur l’incidence, la mortalité et la prévalence du cancer dans le monde.

On se rappelle que la thématique Santé Environnement avait été tout simplement écartée de la dernière Conférence Environnementale. Le bébé avait été jeté avec l'eau du bain et le Rassemblement Pour la Planète dégagé sans façon pour éviter de faire trop de peine à certains lobbies.

Ceci explique sans doute que la stratégie nationale de santé, ne consacre pas une ligne à la qualité de l’air, à la qualité de l’eau potable, aux radiofréquences ou aux perturbateurs endocriniens ?

Les amicales pressions des industries des industries chimiques, de l'agro-alimentaire, de la téléphonie mobile, les constructeurs automobile etc. et leurs arguments économiques de très courts termes ont pris le dessus, une fois de plus, sur notre santé à tous.

Ainsi par exemple l’étiquetage transitoire des contenants avec du BPA pour les publics sensibles, pourtant obligatoire en France depuis le 1er janvier 2013, n’a toujours pas été mis en œuvre. Le Circ a classé les ondes électromagnétiques comme cancérigènes possibles et la pollution au plan mondial comme cancérigène avéré.

Dans quel sens faut-il entendre le mot "plan" dans Plan Cancer ?

Contact presse :

Etienne Cendrier : 01 48 38 48 52

Sébastien VRAY : 06 51 90 48 16

08/02/2014

2013, année la plus chaude

lu sur :

L’année 2013 a été la sixième plus chaude depuis 1850 

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/05/l-annee-2013...

 

 

LE MONDE | 05.02.2014 à 10h48 • Mis à jour le 05.02.2014 à 20h26 |

Stéphane Foucart 

L'année 2013 se place au sixième rang des années les plus chaudes observées depuis le milieu du XIXsiècle, ex aequo avec 2007. Le bilan climatique préliminaire de l'année écoulée, rendu public mercredi 5 février par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), précise en outre que la température moyenne à la surface de la Terre a été de 0,5°C supérieure à la normale météorologique calculée sur la période 1961-1990.

Chaque année, l'OMM compile les données de trois laboratoires différents – le Goddard Institute for Space Studies (GISS), le National Climatic Data Center (NCDC) et le MetOffice britannique – afin d'établir le classement qui fait autorité.

Au total, selon celui-ci, treize des quatorze années les plus chaudes mesurées depuis la révolution industrielle appartiennent au XXIe siècle. La seule année du XXe siècle à se hisser à ce palmarès est 1998, marquée par un puissant El Niño, phénomène naturel et cyclique qui fait fortement grimper la température du Pacifique tropical tous les trois à sept ans, et donc la moyenne de la Terre. 

« RÉALITÉ INDÉNIABLE »

« La température moyenne de l'année 2013 confirme la tendance au réchauffement sur le long terme, a déclaré Michel Jarraud, secrétaire général de l'OMM. C'est là une réalité indéniable, même si le rythme du réchauffement n'est pas uniforme. » De fait, l'année écoulée ne se situe guère que 0,03 C au-dessus de la moyenne de la dernière décennie (2001-2010).

Cependant, ces fluctuations de court terme sont fortement liées aux oscillations périodiques entre le phénomène El Niño et son antagoniste « froid », dit La Niña. Or 2013 a été une année « neutre », où ni l'un ni l'autre ne vient perturber le climat mondial. Au palmarès de ces années neutres, 2013 remonte à la quatrième place des années les plus chaudes. Malgré l'absence d'El Niño, les événements extrêmes se sont multipliés, comme aux Philippines, ravagées en novembre 2013 par le typhon Haiyan.

Aux fluctuations, notées d'une année sur l'autre ou d'une décennie sur l'autre, s'ajoutent d'étonnantes sautes d'humeurs saisonnières. Dans son analyse annuelle, le GISS note ainsi que, si l'hémisphère Nord connaît des étés de plus en plus chauds, les hivers tendent à y être en moyenne légèrement plus rigoureux depuis une dizaine d'années, après s'être réchauffés pendant les trois précédentes décennies. Le laboratoire américain estime toutefois « improbable » que ce retournement de tendance se poursuive. 

Dans l'hémisphère Sud, rien de cela : hivers comme étés sont toujours régulièrement plus chauds. 

LE RETOUR D’EL NIÑO 

Parmi les situations les plus extrêmes notées au cours de 2013, l'OMM relève « une chaleur exceptionnelle observée dans la Grande Baie australienne et les régions océaniques adjacentes, dans une partie du nord-est et du centre-sud de l'océan Pacifique et dans une grande partie de l'océan Arctique ». En Australie, 2013 a été l'année la plus chaude jamais mesurée. 

Cette tendance ne s'arrêtera pas. « Vu les concentrations record de gaz à effet de serre qui sont mesurées dans l'atmosphère, la hausse des températures moyennes va se poursuivre sur plusieurs générations », explique M. Jarraud. 

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Dans l'immédiat, toutes les spéculations sont permises pour 2014. Le retour possible du fameux El Niñoest au centre d'une intense activité scientifique. Pas seulement pour savoir si l'année en cours battra un nouveau record de température : les prévisions des climatologues en la matière sont aussi auscultées par les spéculateurs.

Car le retour d'El Niño, « l'enfant terrible du Pacifique », est source d'un grand nombre de perturbations météorologiques et océaniques qui affectent les productions primaires tout autour du globe : prises de pêche en berne dans le Pacifique sud, productions agricoles tropicales affectées (café, cacao, caoutchouc, etc.) ou encore inondations catastrophiques à attendre en Océanie. 

Selon l'OMM, la persistance de conditions neutres ou l'apparition, « devenue plus probable », d'un El Niño de faible intensité vers la mi-2014 sont des scénarios « aussi plausibles l'un que l'autre ».

En France, janvier 2014 est le mois plus chaud depuis 1900 

Selon Météo France, l’Hexagone a connu, en janvier, le mois de janvier le plus chaud jamais mesuré depuis 1900, à égalité avec 1936 et 1988. La température moyenne du mois écoulé a été de 2,7 ºC supérieure à la normale (c’est-à-dire à la moyenne calculée sur la période 1981-2010). Ces températures élevées se sont accompagnées d’« un ensoleillement faible sur la majeure partie du pays ». Météo France note que, outre les températures exceptionnellement élevées, « les pluies ont été très excédentaires dans le sud-est du pays, dans le Sud-Ouest, et de la Bretagne au Cotentin ». En moyenne, sur l’ensemble de la France, les précipitations ont été supérieures à la normale de plus de 40 %.

Vers une catastrophe nucléaire en France ?

à lire sur MEDIAPART :

Près de la moitié des réacteurs nucléaires sont menacés par un phénomène d’usure des gaines de combustibles, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L'électricien s'est lancé dans un véritable bras de fer avec l'Agence de sûreté nucléaire sur le sujet. 

extrait :

... " Près de la moitié des réacteurs nucléaires en France sont menacés par un phénomène d’usure qui touche des gaines de combustibles, victimes de corrosion à force d’usage, selon un document interne à EDF que s’est procuré Mediapart. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) envisage des mesures de restriction d’exploitation pour prévenir les risques de rupture de ces enveloppes métalliques. Leur tenue est essentielle au bon fonctionnement des centrales atomiques car les gaines de combustibles assurent la première barrière de sûreté du système. Mais ces dispositions sont contestées par le groupe qui les juge trop contraignantes. L’ASN doit rendre un avis sur ce sujet dans les jours à venir. " ...

04/02/2014

Les pratiques des firmes pharmaceutiques

lu dans la synthèse de presse de l'INSERM :

Dans un article intitulé « Un médecin au service des labos vide son sac »,Libération explique que le Dr Bernard Dalbergue, ancien salarié de Merck, publie, après vingt ans de collaboration avec différentes firmes, un livre accusateur contre l’industrie pharmaceutique, intitulé Omerta dans les labos pharmaceutiques.

Selon le quotidien, « c’est la première fois en France qu’un ancien cadre dissèque de l’intérieur, documents et histoires vécues à l’appui, la manière dont les labos manipulent les médecins, voire les autorités ».

Le Dr Dalbergue entend par son témoignage « contribuer à réduire les accidents médicamenteux, qui tuent au moins 18 000 personnes par an en France, et (pour) proposer des pistes de réflexion pour réformer le système ». 

Il alerte également sur le Victrelis, un traitement contre l’hépatite C du laboratoire Merck.

 voir :

Libération, 04/02

03/02/2014

Australie : changement climatique, connaît pas ... (suite)

lu sur :

www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/01/la-grande...

 LE MONDE | 01.02.2014 à 10h03 • Mis à jour le 03.02.2014 à 10h05 |

Par Colin Folliot (Sydney, correspondance)
Les autorités australiennes viennent de porter un nouveau coup à la protection de l'environnement. Vendredi 31 janvier, l'Autorité du parc marin de la Grande Barrière de corail (GBRMPA) a donné son feu vert à un projet d'extension d'un port minier qui entraînera le rejet de trois millions de m3 de sédiments 24 km plus loin, au coeur de la zone maritime protégée. Cette décision pourrait pousser l'Unesco à rayer de sa liste du Patrimoine mondial le plus vaste ensemble corallien de la planète.
 

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Elu en septembre 2013, le premier ministre conservateur Tony Abbott, est un climato-sceptique revendiqué qui avait qualifié en 2009 de « connerie absolue » l'attribution du réchauffement à l'activité humaine. Son programme électoral très favorable aux industries polluantes promettait, par exemple, la fin des taxes sur les profits des industries minières. Désormais au pouvoir, il passe aux actes : plusieurs lois sont en cours d'examen qui prévoient notamment de supprimer la taxe carbone et le fonds d'investissement public chargé de soutenir le développement des énergies renouvelables.

C'est pour soutenir le secteur minier que le gouvernement souhaite ainsi une extension du port d'Abbot Point, dans le Queensland, au nord-est du pays. Ce projet doit en faire l'un des premiers terminaux de la planète pour l'exportation du charbon, dont l'Australie est un grand producteur mondial. L'agrandissement d'Abbot Point permettrait de faire partir 70 millions de tonnes de plus de minerai chaque année.

RISQUE D'ÉTOUFFEMENT DES CORAUX

« Il existait pourtant d'autres projets moins nocifs pour agrandir le port charbonnier, estime Richard Leck, directeur de campagne du Fonds mondial pour la nature (WWF). Il était possible d'éviter de déplacer ces 3 millions de m3 de déchets en construisant une plus longue digue ou de les stocker dans les terres. Mais c'était plus coûteux. » Selon lui, la GBRMPA aurait pris sa décision sous une forte pression du gouvernement. Qui plus est, plusieurs membres de l'Autorité du parc marin sont visés par une enquête pour conflits d'intérêts depuis les révélations de la chaîne de télévision ABC sur leurs liens avec l'industrie minière.

L'extension d'Abbot Point ne serait que le début d'une longue série, selon Jon Brodie, chercheur à l'université James-Cook et ancien de la GBRMPA : « Dans la décennie à venir, des projets sur tous les principaux ports de la côte pourraient entraîner le rejet de 80 millions de m3 de déblais. »

« La flore marine du site choisi pour les rejets est composée de sable, de vase et d'argile et ne contient pas de récifs coralliens », rétorque Russell Reichelt, président de la GBRMPA, rappelant qu'il a posé une cinquantaine de conditions avant d'accepter ce projet, dont un strict calendrier des rejets et une plus forte surveillance de la qualité de l'eau. « Je ne partage pas son optimisme sur le respect de ces conditions alors que, aujourd'hui, on coupe les effectifs et le budget de la GBRMPA et de l'environnement », répond Larissa Waters, sénatrice des Verts.

Ces précautions ne convainquent pas non plus les scientifiques. Plus de 200 d'entre eux ont cosigné une lettre à Russell Reichelt affirmant que « les études disponibles montrent de manière très claire que l'extension du port d'Abbot Point aura des effets nuisibles sur la Grande Barrière de corail. Les sédiments apportés par le dragage risquent d'étouffer les coraux et de les exposer à des substances toxiques ». De plus, l'extension du port entraînera mécaniquement une très forte hausse du trafic maritime à travers la Grande Barrière.

« DÉCISION QUI INTERVIENT À UN MOMENT TERRIBLE »

« Cette décision terrible intervient à un moment terrible, ajoute Richard Leck. En trente ans, la Grande Barrière a perdu plus de la moitié de ses coraux. » En cause, plusieurs facteurs, liés au dérèglement climatique et à l'activité humaine : hausse du nombre de tempêtes, réchauffement de l'eau, pollution de l'agriculture, développement industriel et portuaire de la côte du Queensland.

Depuis juin 2012, le comité du Patrimoine mondial de l'Unesco menace de retirer le site de sa liste pour la placer sur celle du Patrimoine mondial en danger – aux côtés par exemple de sites classés de la République démocratique du Congo ou de la Syrie. Le gouvernement australien devait d'ailleurs remettre le 1er février à l'Unesco un rapport consignant ses efforts pour protéger la Grande Barrière, en vue de la prochaine réunion du comité de l'organisation internationale, prévue en juin 2014.

Or, « sur chacune des sept recommandations du comité, le gouvernement a échoué à faire des progrès significatifs », affirme un rapport du WWF et de l'Australian Marine Conservation Society (AMCS). Interrogé sur ce risque, un porte-parole de la GBRMPA se borne à répondre que « le comité de l'Unesco prendra lui-même la décision ». Ce qui fait bondir Felicity Wishart, directrice de campagne à l'AMCS : « Soit le gouvernement ne comprend pas ce qui est en jeu, soit il ignore délibérément le comité. »

La Grande Barrière de corail est un véritable atout touristique, dont la destruction pourrait coûter cher à l'Australie. Selon une étude du ministère de l'environnement, elle aurait rapporté 5,7 milliards de dollars australiens (3,7 milliards d'euros) au pays en 2011-2012, et assure près de 70 000 emplois.

Lire aussi : 

« L'Australie sacrifie de plus en plus l'environnement au profit de l'économie »

« L'Australie sacrifie de plus en plus l'environnement au profit de l'économie ».pdf

La Grande Barrière de corail a perdu la moitié de ses coraux depuis 1985.pdf

La Grande Barrière de corail "infiltrée" par l’industrie minière et gazière.pdf

En Australie, la Grande Barrière de corail accueillera des déchets.pdf

et aussi la note du 15/10/2013  sur ce blog:

Australie : changement...

31/01/2014

France : mise en garde contre la présence de pesticides dans l’environnement

lu sur la synthèse de presse de l'INSERM :

Lors d’un colloque à l’Assemblée nationale sur les effets des pesticides, le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin, a souligné hier sa détermination à agir contre l’usage de pesticides, indique l’AFP.

Il a rappelé que « les analyses scientifiques démontrant un lien entre leur utilisation et certaines pathologies se multiplient, citant notamment les travaux de l’Inserm publiés en 2013 », rapporte l’agence de presse.

Cette déclaration fait suite à la publication, il y a deux jours, d’un appel signé par 1 200 médecins mettant en garde contre la présence de pesticides dans l’environnement.AFP, France Info, Radio Classique, 30/01

30/01/2014

Maladie d’Alzheimer et pollution au DDT

lu sur la synthèse de presse de l'INSERM :

Le Quotidien du Médecin rend compte d’une étude, publiée dans JAMA Neurology et menée par l’Université Emory et l’Université Rutgers (Etats-Unis), qui souligne que « plus de 40 ans après son interdiction, le DDT et son métabolite le DDE persistent dans les prélèvements sanguins de patients atteints de la maladie d’Alzheimer à des taux jusqu’à quatre fois plus élevés que chez les patients témoins ».

Selon le Dr Allan Levey, directeur du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer à l’Université Emory (Géorgie), un des principaux co-auteurs, « c’est l’une des premières études à identifier un important risque environnemental pour l’Alzheimer ».

Les résultats de cette étude « préliminaire » devront être confirmés « chez un plus grand nombre de sujets » et « par des observations cliniques sur de longues périodes».

 

Le Quotidien du Médecin, 30/01

29/01/2014

L'éventail, venu d'Asie à la Renaissance

lu sur :

www.lemonde.fr/.../01/28/les-mille-facettes-de-l-eventail...

Les comédiens au bal vers 1690-1700.

 Il est le prolongement d'un poignet gracieux et parfait la toilette des élégantes. C'est ainsi que l'éventail, venu d'Asie à la Renaissance en même temps que les cargaisons de soies et d'épices, s'impose en France au XVIIIe siècle comme accessoire de mode et de distinction sociale. Ce que l'on sait moins, c'est que cet instrument portatif va jouer le rôle de gazette people, relatant les grandes heures du royaume. C'est une des leçons de l'exposition « Le siècle d'or de l'éventail : du Roi-Soleil à Marie-Antoinette », qui se tient jusqu'au 2 mars au Musée Cognacq-Jay, à Paris.

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Soixante-neuf pièces d'exception, tant par le raffinement de leurs gouaches que par la richesse des montures – en ivoire, nacre, écaille blonde, parfois rehaussées d'argent, d'or ou de paillettes – scintillent dans la pénombre, comme autrefois à la lueur des bougies. Il faut prendre le temps – et pourquoi pas, une loupe – pourmesurer tout l'art concentré dans ces quelques centimètres carrés.

Rescapés des siècles et des révolutions, ces accessoires sont l'ouvrage d'une corporation fondée en 1678 à Paris, celle des maîtres éventaillistes, faiseurs et compositeurs d'éventails. Peintres, tabletiers (travaillant la monture), colleuses et plisseuses qui préparent le papier ou la fine cabretille (chevreau), concourent à faire de cette ville la capitale européenne de l'éventail.

La vue du pont neuf ou l'embarras de paris vers 1680.

L'un de leurs sujets de prédilection – et celui de leurs clientes aristocrates – n'est autre que Paris et son petit peuple. « Ce sont des instantanés quasi photographiques, avec des détails pittoresques que l'on ne trouve pas chez les grands peintres », souligne Georgina Letourmy-Bordier, commissaire scientifique de l'exposition. « Baigneuses en chemise dans la Seine, poules et cochons au marché de Saint-Germain, galopins faisant de mauvaises blagues aux bourgeois… : ces scènes populaires et cocasses sont dans la lignée de la littérature de colportage, dite Bibliothèque bleue, en vogue à l'époque… », précise cette première doctorante à avoir consacré une thèse à l'éventail (en 2006), devenue experte à Drouot.

Une vue de Paris se répète à l'envi, c'est celle du Pont Neuf, le seul qui n'était pas hérissé de boutiques et de maisonnettes en bois. On peut admirer dès lors la Seine, les collines de Meudon et l'Institut de France, ce qui permet aux miniaturistes de rivaliser du pinceau. Ce panorama, parfois faussé, un tantinet virtuel, était apprécié des Parisiens comme des étrangers en visite. Ces éventails vont donc faire office de carte postale, comme en témoigne ce courrier de Mme de Sévigné à sa fille. « Voici le plus beau des éventails (…), lui écrit-t-elle en avril 1672. Divertissez-vous à le regarder avec attention ; recevez la visite du Pont Neuf, votre ancien ami, (…) je n'ai rien vu de si joli»

En concurrence avec les gazettes – mais pour la plus grande joie de la majorité illettrée –, les éventails vantent les progrès scientifiques dans la ville du roi : prémices de l'éclairage public, aménagement de trottoirs et envol du premier aérostat aux Tuileries, en 1783. Il est aussi un fidèle chroniqueur des faits divers à la cour. Les fêtes d'après-midi mêlant saltimbanques et courtisans ou les déjeuners royaux alternent avec les conquêtes militaires et les mariages ou naissances : présentation du Dauphin à la cour, avec un Louis XIV peint en costume antique (vers 1661), épousailles de Louis Ferdinand de France(1745), noces du comte de Provence (1771)…

Commander un tel éventail est une façon de faire allégeance au roi et à la monarchie. Louis XIV lui-même prend l'affaire au sérieux. Il rectifie de sa main une feuille dont le décor le montre s'appuyant sur sa canne – une posture peu digne, selon lui : « La canne du roi doitêtre haute » – et flanqué de petits personnages qu'il juge « grotesques ». C'est dire si l'accessoire de mode, jugé futile, est outil de propagande. Du combat contre les protestants, figuré par le roi terrassant l'Hydre, au rattachement de la Lorraine à la France… : d'un simple coup du poignet, on fait montre de ses opinions politiques.

A l'approche de la Révolution, les montures précieuses seront remplacées par de l'os ou du bois, moins bling-bling. Et l'on cache ses appartenances, comme l'illustre cet éventail qui dissimule dans son panache (les brins extérieurs), derrière la miniature d'un bateau, un angelot tenant un drapeau avec la mention « Vive Louis XVI », que l'on fait apparaître en tirant sur une languette. Au risque de perdre la tête…

Tombé en désuétude, l'éventail n'est plus aujourd'hui qu'un accessoire de parure et de mode. En novembre 2013, Sylvain Le Guen, un éventailliste autodidacte de 36 ans, s'est vucouronner du prix de la Ville de Paris : ses créations sont apparues au cinéma (dans laMarie-Antoinette de Sofia Coppola), lors du jubilé de la reine Elisabeth II et sont entrées au Fan Museum, musée londonien consacré aux éventails.


Le siècle d'or de l'éventail, du Roi- Soleil à Marie-Antoinette. Exposition jusqu'au 3 mars au Musée Cognacq-Jay, Musée du XVIIIe siècle de la Ville de Paris, 8, rue Elzévir, Paris 3e. Tél. : 01-40-27-07-21. Entrée : 5 €. cognacq-Jay.paris.fr

21/01/2014

Alerte : Notre Dame des Landes (suite)

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/21/a-notre-dame...

LE MONDE | 21.01.2014 à 12h54 • Mis à jour le 21.01.2014 à 14h52 |

Par Yan Gauchard

L’heure de la mobilisation a sonné pour les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Lundi 20 janvier, agriculteurs et occupants de la « zone d’aménagement différé » (ZAD) ont lancé un appel « à bloquer la région ou occuper les lieux de pouvoir » en cas de début des travaux préparatoires, autorisés par des arrêtés préfectoraux signés le 21 décembre 2013. Un branle-bas de combat sonné à un mois de la manifestation prévue dans le centre de Nantes, le 22 février, à laquelle devraient se joindre des protestataires issus du mouvement des « bonnets rouges ».

 

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En novembre 2012, une première tentative d’évacuation du site s’était soldée par de violents affrontements et l’instauration d’un statu quo. Plus d’un an après, quelque 200 opposants vivent toujours sur la ZAD, dans des maisons ou des fermes expropriées pour le compte du promoteur de l’aéroport, Aéroports du Grand Ouest (AGO, filiale de Vinci).

En cas de lancement de travaux, même minimes, le bocage nantais, promet-on, ressemblera à une poudrière. « La révolte est intacte, le soi-disant feu vert délivré au projet par les autorités est une mascarade », raillent de jeunes « zadistes », militants anticapitalistes occupant la ZAD, rebaptisée « zone à défendre ».

Regarder la carte : La  situation de Notre-Dame-des-Landes

Officiellement, personne ne craint une reprise des hostilités. « On est beaucoup plus fort et mieux structuré qu’il y a un an », prévient l’agriculteur Cyril Bouligand, dans une salle de réunion aménagée à la ferme de Bellevue, haut lieu de la résistance au projet. Promise à la démolition il y a un an, la bâtisse a été investie par des membres du Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées. Quatre vaches laitières ont été amenées, assurant la production de fromage, beurre et crème. Des céréales ont été semées, un four à pain remis en route.

Qu’importe si les zadistes semblent moins nombreux. « Sitôt qu’une rumeur évoquant un retour des forces de l’ordre se propage sur les réseaux sociaux, on sent du mouvement sur place », rapporte Jean-Paul Naud, maire (sans étiquette) de Notre-Dame-des-Landes, opposé au projet mais qui ne goûte guère, à l’instar d’une partie de la population, les méthodes « plus radicales » des zadistes. Des dissensions se font parfois jour entre figures historiques de la lutte et jeunes contestataires. « Le mouvement est tellement protéiforme qu’il y a forcément des tensions, admet un militant. Mais il n’y a pas d’équivoque sur la volonté de résister ensemble. »

A quelques kilomètres de la ferme de Bellevue, Sylvain Fresneau, agriculteur dont la famille vit depuis cinq générations sur des terres situées sur l’emprise du projet d’aéroport, ne compte pas non plus quitter sa maison et son exploitation. « Notre vie, nos racines sont ici, assène M. Fresneau. On est chez nous. Si les autorités veulent envoyer leurs troupes, il y aura une réaction. »

« NOS PLANS SONT CALÉS »

M. Bouligand prévoit une démonstration de force en cas d’envoi des CRS. « Nos plans sont calés. Installer nos tracteurs en boucliers pour protéger un secteur, on sait faire, on l’a déjà montré. » Le risque de dérapage est réel : la riposte dépendra « de ce qu’ose faire le gouvernement », menacent des zadistes. A tout le moins, des actions « de sabotage » sont envisagées. Les opposants revendiquent 200 comités de soutien, parés à intervenir à Notre-Dame-des-Landes comme dans toute la France.

« Je ne vois pas comment les porteurs du projet vont construire leur aéroport, note Philippe, délogé en 2012 d’une maison qu’il squattait depuis trois ans. Même en faisant table rase, ils ne vont pas pouvoir maîtriser chaque centimètre carré de terrain. A moins de poser un énorme camp militaire pendant cinq ans… »

Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) et coprésidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport, refuse d’envisager une nouvelle intervention des forces de l’ordre : « Cela me paraît impossible. Ou alors le gouvernement ferait le choix d’adopter une attitude complètement irresponsable avant les prochaines élections municipales et européennes. »

Un tel scénario est également qualifié « d’absurde » par Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique : « Le coût politique d’une opération de ce type serait terrible. »

18/01/2014

Alerte : Notre Dame des Landes, lundi 20 janvier

communiqué :

Les infos concomitantes d'une intervention militaire sur la ZAD à partir du lundi 20/01/2014 s'accumulent de jour en jour. Voir à ce propos le flash info de la ZAD de cette semaine :

http://zad.nadir.org/spip.php?article2099

Vinci est d'ailleurs sorti du bois hier, le 16/01, pour annoncer le début du déplacement des espèces protégées de la ZAD et le défrichement de la zone d'ici quelques semaines à quelques mois !

Cela faisait très longtemps que Vinci n'avait pas effectué de déclaration aussi tonitruante et d'importance sur le projet d'aéroport de NDDL. Il n'a surement pu le faire qu'après avoir eu l'assurance du soutien de l'Etat !

La multinationale du béton a d'ailleurs rappelé que ces opérations, d'arasement de la ZAD et de déplacement/destruction de la faune et de la flore, devaient être menées en toute sécurité... Comment ne pas y voir l'allusion à une nécessaire intervention de l'Etat pour expulser les occupant-e-s de la ZAD préalablement aux travaux...

Nous avons d'ailleurs appris il y a peu de temps, via un camarade de la ZAD, qu'une opération d'expulsion de cet envergure était prévu en Octobre et qu'elle a été annulée par l'Etat, ce qui a coïncidé avec le mouvement des bonnets rouges qui a nécessité un paquet de forces du désordre...

Malgré le fait que cela paraisse inimaginable pour certain-ne-s, le PS est prêt à passer en force à NDDL, pour preuve les infos de ces dernières semaines !

Une expulsion massive de la ZAD à partir de lundi ou de mardi prochain est à craindre ! Nous devons nous préparer à la résistance sur la ZAD et partout ailleurs en soutien aux zadistes !

Nous appelons tou(te)s ceux et celles qui le peuvent, à rejoindre la ZAD ce week-end ou en début de semaine prochaine !

Tenons-nous prêts à venir résister activement sur le terrain !

Vinci et sa clique militaire ne passeront pas !

Toutes et tous zadistes !

Voir l'appel détaillé à actions de la ZAD en cas d'expulsions ou de travaux à Notre Dame Des Landes :

https://zad.nadir.org/spip.php?article2051

Occupation de MONSANTO dans l'Aude pour un nouveau moratoire sur la culture du maïs transgénique MON810

lu sur :

www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/18/des-militants...

Le Monde.fr avec AFP | 18.01.2014 à 03h11 • Mis à jour le 18.01.2014 à 07h50

 

Une centaine de militants anti-OGM ont occupé, vendredi 17 janvier pendant près de douze heures, les locaux du géant américain Monsanto à Trèbes, dans l'Aude, pour obtenir du gouvernement un nouveau moratoire sur la culture du maïs transgénique MON810, avant d'être délogés par les gendarmes dans la nuit, ont annoncé les occupants.

Les militants, qui répondaient à un appel du Collectif des faucheurs volontaires, ont investi le site par surprise vendredi après-midi et certains d'entre eux se sont enchaînés, sous le regard à la fois curieux et désabusé du personnel du site désormais habitué aux opérations coup de poing des anti-OGM.

« Nous sommes venus chez Monsanto pour exiger des ministres de l'agriculture et de l'environnement qu'ils s'engagent par écrit à prendre un moratoire sur le MON810 », a ensuite expliqué par téléphone Jacques Dandelot, le porte-parole du collectif anti-OGM 31.

En août, le président François Hollande avait confirmé une prolongation du moratoire sur la culture du maïs transgénique MON810 de Monsanto. La veille, le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative française, avait annulé l'interdiction de cultiver le MON810 en France, pour non-conformité au droit européen. Les ministres de l'agriculture Stéphane Le Foll et de l'écologie Philippe Martin avaient dans la foulée rappelé « l'engagement du gouvernement (de) maintenir le moratoire sur la mise en culture de semences OGM ».

16/01/2014

Utilisation des pesticides dans les espaces verts publics et santé

lu sur la synthèse de presse de l'INSERM:

Selon l’AFP, la proposition de loi des écologistes, qui interdit l’utilisation des pesticides dans les espaces verts publics en 2020 et qui a été votée hier par la Commission du développement durable à l’Assemblée, « est bien partie pour être adoptée le 23 janvier à l’Assemblée nationale ». L’agence de presse rappelle la vaste expertise, publiée en juin dernier par l’Inserm, qui avançait une « présomption forte » de lien entre cancers dont la prostate et lymphomes non hodgkiniens et la maladie de Parkinson avec l’usage des pesticides chez les professionnels qui les utilisent. Dossier de presse Inserm du 13/06/13 – Pesticides : Effets sur la santé, une expertise collective de l’InsermAFP, 15/01

13/01/2014

États-Unis : le Droit du plus Fort ! (la morale la plus faible)

lu sur :

www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/01/13/les...

Le Monde.fr | 13.01.2014 à 01h55 • Mis à jour le 13.01.2014 à 07h59

L'armée américaine aurait testé des armes biologiques « au moins une douzaine de fois » au début des années 1960 dans la préfecture japonaise d'Okinawa, occupée par les Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale jusqu'en 1972. C'est ce que rapporte le Japan Times, qui s'appuie sur des documents des autorités américaines obtenus par l'agence de presse japonaise Kyodo News.

Un champignon dévastateur qui provoque des lésions sur les plants – le Magnaporthe grisea, donnant la maladie de la pyriculariose – aurait ainsi été diffusé sur les rizières pour évaluer son impact sur la production de cette denrée alimentaire de base. « On estime que ce champignon, dont l'existence est connue dans 85 pays, détruit une quantité de riz qui pourrait nourrir 60 millions de personnes par an », note le quotidien anglophone. Selon lui étaient dans le collimateur de l'armée américaine la Chine et l'Asie du Sud-Est.

Le gouvernement américain a déjà dévoilé des programmes d'expérimentation d'armes chimiques et biologiques à Puerto Rico, Hawaï et dans l'Utah, avance aussi le Japan Times. Washington décida de mettre un terme à l'utilisation d'armes biologiques en 1969, avant qu'une convention internationale ne vienne les interdire en 1975.

STOCKAGE DE DÉFOLIANTS

Il a également « été rapporté que l'armée américaine stockait des défoliants à Okinawa pendant la guerre du Vietnam [1954-1975] », rapporte encore le journal. Les défoliants sont une substance chimique utilisée en agriculture pour faire tomber les feuilles d'un végétal, mais également employée en tant qu'arme chimique, comme l'agent orange, produit par Dow Chemical et Monsanto, et massivement déversé par les Etats-Unis sur le Vietnam dans les années 1960.

Lire (édition abonnés) : Au Vietnam, l'« agent orange » répandu par les Américains continue de tuer

Des barils de défoliants ont ainsi été déterrés sur un site appartenant jusqu'en 1987 à l'importante base aérienne américaine de Kadena, en pleine ville d'Okinawa. L'armée a toujours nié avoir stocké des défoliants, et notamment de l'agent orange, à Okinawa. Mais, note le Japan Times, « les conclusions de la communauté scientifique japonaise et internationale sont sans équivoque : non seulement ces barils contredisent les démentis du Pentagone sur la présence de défoliants militaires au Japon, mais en plus la terre polluée menace la santé des habitants, nécessitant une solution d'urgence ».

DÉMÉNAGEMENT D'UNE BASE AMÉRICAINE

Le dossier des bases américaines d'Okinawa perturbe les relations américano-nippones depuis des années, et notamment celle de Futenma, actuellement située en pleine ville de Ginowan, au sud d'Okinawa – une zone de forte concentration urbaine où ces installations sont très critiquées. Fin décembre, le gouverneur d'Okinawa a donné son feu vert au déplacement de la base militaire, en signant une autorisation pour la création de terrains artificiels en bordure du littoral oriental de l'île, qui serviront à son transfert.

Le projet de déménagement de la base de Futenma est sur la table depuis un premier accord américano-japonais en 1996, mais le dossier est confronté depuis le début à la méfiance d'une frange importante de la population d'Okinawa, où sont basés la moitié des quelque 47 000 soldats américains présents au Japon. Lassés des nuisances et de l'insécurité engendrées par cette présence militaire massive sur leur territoire, les opposants au projet demandent que la base, au lieu d'être déménagée dans un autre lieu de l'île, quitte définitivement Okinawa.
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L'article du Japan Times :

Article sur l'agent orange :