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26/09/2013

Nucléaire : EDF et le directeur de la centrale du Bugey condamnés

communiqué de 'Sortir du nucléaire' 

Gagné ! Nous avons fait condamner EDF et le directeur de la centrale du Bugey

En août 2011, en toute illégalité, EDF avait déversé dans une carrière des gravats radioactifs en provenance de la centrale du Bugey, près de Lyon. Nous avons porté plainte... et après une bataille juridique de plus de 2 ans, nous venons d’obtenir la condamnation d’EDF et du directeur de la centrale du Bugey !

lien > Gravats radioactifs : l’impunité en ruines...

Coupe de l'AMERICA ...

... que de la pub !

Oracle/Tag Heuer/Puma l'emporte face à Fly Emirate/Omega/Nespresso.

Nous vivons vraiment dans un monde sans autre repère que la consommation ...

 

 

23/09/2013

Une monnaie solidaire en Ille-et-Vilaine : le galléco,

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/le-galleco-premiere-monnaie-solidaire-de-france-20-09-2013-1733634_28.php

Le gallécopremière monnaie solidaire de France

Le Point.fr - Publié le 23/09/2013 à 16:51

Le Point.fr - Publié le 20/09/2013 à 23:05 - Modifié le 21/09/2013 à 09:41

Le conseil général d'Ille-et-Vilaine a annoncé la mise en circulation de 10 000 billets pour une valeur de 40 000 euros, qui pourront être dépensés dans des commerces partenaires.

source AFP

Le département d'Ille-et-Vilaine lance samedi le galléco, une monnaie solidaire conçue pour "favoriser l'accès de tous à la consommation responsable" à Rennes, Fougères et Redon dans un premier temps, a-t-on appris vendredi auprès du conseil général. "Si d'autres initiatives de monnaie complémentaire ont vu le jour ou sont en cours d'élaboration en France (Toulouse, Brest, Nantes...), la dimension départementale du galléco est inédite", affirme le conseil général dans un communiqué.

"Trois territoires - Rennes sud, Fougères et Redon - ont été choisis pour expérimenter" le galléco, a-t-on précisé au conseil général, avec l'ambition de l'étendre au département si la phase d'expérimentation se révèle concluante. Quelque 10 000 billets ont été édités pour une valeur de 40 000 gallécos (40 000 euros), selon la même source. Pour l'utiliser, les habitants doivent adhérer à une association issue des comités locaux ayant préparé l'expérimentation, puis échanger des euros contre des gallécos auprès du Crédit coopératif, du Crédit agricole ou du Crédit mutuel. Ils pourront ensuite les dépenser dans des commerces (cafés, restaurants, alimentation, etc.), associations et équipements publics partenaires.

14/09/2013

Les 50 entreprises les plus polluantes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/13/gaz-a-effet-de-serre-les-firmes-les-plus-polluantes-n-ont-pas-reduit-leurs-emissions_3477323_3244.html

Gaz à effet de serre : les 50 entreprises les plus polluantes

Le Monde.fr | 13.09.2013 à 20h30 • Mis à jour le 13.09.2013 à 22h05 |Par Audrey Garric

Les grandes entreprises font-elles suffisamment d'efforts pour lutter contre le changement climatique ? La réponse, donnée par un rapport de l'ONG CDP,publié jeudi 12 septembre (*), reste mitigée : d'un côté, les émissions de gaz à effet de serre des 500 principales sociétés cotées au monde ont reculé de 14 % en quatre ans ; de l'autre, ces émissions proviennent à 73 % de seulement 50 firmes, dont les rejets continuent d'augmenter.

Au total, les 500 plus grandes entreprises émettront en 2013 l'équivalent de 3,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2), contre 4,2 milliards en 2009, selon l'étude de cette organisation indépendante spécialisée dans les émissions des sociétés, réalisée à la demande de plus de 700 investisseurs institutionnels.

Les 50 plus gros émetteurs seront responsables à eux seuls de plus de 2,5 milliards de tonnes, un chiffre en augmentation de 1,7 % en quatre ans. Si cette hausse peut sembler marginale, elle représente en réalité l'équivalent de 8,5 millions de camions supplémentaires sur les routes ou la consommation en électricité de 6 millions de maisons en une année, note le CDP.

"Les plus gros émetteurs, qui ont le plus grand impact en termes d'émissions mondiales et qui représentent donc la plus grande opportunité de changement à grande échelle, doivent faire plus pour réduire leurs émissions", écrit le rapport.

SEIZE ENTREPRISES AMÉRICAINES, CINQ FRANÇAISES

Qui sont ces 50 gros émetteurs ? Il s'agit principalement de pétroliers et d'énergéticiens, de cimentiers et de groupes métallurgiques ou miniers. La Chine n'est étrangement pas présente dans la liste. On trouve seize entreprises américaines (notamment ExxonMobil, Wal-Mart, Dow Chemical, Chevron, ConocoPhillips, FedEx, AT&T), six britanniques (BP ou Rio Tinto), cinq allemandes (E.ON, RWE) et canadiennes (Imperial Oil). La France place six entreprises dans le classement : GDF Suez, le plus gros pollueur avec 157,9 millions de tonnes de CO2, devant Lafarge (106,3 millions), EDF (80,4), Total (51,4), Air liquide (22,1) et Saint-Gobain (12,8).

Le rapport distribue aussi les bons points. BMW, Daimler, Nestlé, Cisco Systems, Hewlett-Packard, Honda, Nissan ou Samsung sont citées au titre des meilleures entreprises en matière de performance ainsi que de transparence.

Les données restent toutefois incomplètes, 111 entreprises sur 500 (dont AppleFacebook ou Amazon) n'ayant pas communiqué leurs émissions. Le rapport met aussi en garde les entreprises contre le risque de sous-estimer leurs émissions indirectes (provenant de sources qu'elles ne possèdent ou ne contrôlent pas directement).

Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement, les émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde ont dépassé les 50 milliards de tonnes équivalent COen 2010. Et en mai, la concentration de CO2 a passé la barre des 400 parties par million (ppm), un seuil inégalé depuis 2,5 millions d'années. Le 27 septembre, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat rendra son cinquième rapport très attendu, qui fera le point sur l'ampleur et les impacts attendus du réchauffement.

 

(*) le rapport : CDP-Global-500-Climate-Change-Report-2013.pdf 

09/09/2013

Le projet de loi pour l'accès au logement et les lobbies des professions immobilières

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/09/projet-de-loi-logement-bataille-inegale-entre-lobbys-avant-l-examen-au-parlement_3473319_3224.html

Projet de loi logement : bataille inégale entre lobbys avant l'examen au Parlement

 
Les 84 articles du texte seront débattus par les députés à partir du mardi 10 septembre.

LE MONDE | 09.09.2013 à 11h01 • Mis à jour le 09.09.2013 à 11h04 |Par Cécile Prudhomme et Catherine Rollot

Depuis des semaines, ils se préparent au grand rendez-vous législatif. Ils décortiquent les 84 articles et les 1 278 amendements du projet de loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) dont l'examen doit commencer à l'Assemblée nationale mardi 10 septembre. Pourtant les principaux groupes de pression qui interpellent partis et députés n'avancent pas à armes égales pourfaire entendre leur voix, sur un texte qui entend rééquilibrer les rapports entre locataires et propriétaires au profit des premiers, et réguler le marché de l'immobilier.

Dans cette bataille, les représentants des propriétaires et des locataires paraissent bien démunis face aux puissants lobbies des professions immobilières, aguerris aux réseaux et aux campagnes de presse.

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En privé, Cécile Duflot, la ministre du logement, ne cache pas avoir manqué d'interlocuteurs de poids côté locataires comme côté propriétaires, deux parties dont l'influence est affaiblie par la disparité de leurs instances. Loin d'avancergroupées, les cinq organisations nationales représentatives des locataires (CNL, CLCV, CGL, CSF, AFOC), continuent à défendre en solo leurs points de vue.

Dans ce panel d'associations marquées à gauche, la Confédération nationale du logement (CNL), la plus importante, est aussi la plus remontée contre le projet de loi, qu'elle juge trop favorable aux bailleurs. La CNL a transmis aux deux rapporteurs de la loi une cinquantaine d'amendements. "Nous avons interpellé tout le monde à droite comme à gauche", précise Eddie Jacquemart, son président.

Un positionnement que ne partage pas la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), la deuxième association de consommateurs en France après QFC-Que choisir, qui assure aussi la représentation des locataires depuis 1982. Moins politisée que la CNL, elle estime avoir été entendue par Mme Duflot sur ses principales revendications. "Nous monterons au créneau si le texte dévie de sa ligne, mais nous n'allons pas crier au loup pour crier au loup", assure David Rodrigues, juriste et porte-parole de la CLCV.

PETITS POUCET

A l'opposé de l'échiquier politique, les groupements centrés sur la défense des propriétaires, souvent ancrés à droite, peinent également à s'organiser. Ainsi, l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) qui rassemble environ 250 000 propriétaires, et sa branche francilienne, la Chambre des propriétaires de Paris, essaient d'exister dans le débat mais leur force de frappe est affaiblie par leurs désaccords. De son côté, l'ARC (association des responsables de copropriété), sorte d'UFC des copropriétaires, qui fonctionne depuis 1987 grâce au bénévolat et aux cotisations d'adhérents, ne parvient pas à sortir du lot.

Au final, tous ces acteurs font figure de Petits Poucet face aux représentants des professions immobilières qui, cette fois-ci, ont su dépasser leurs clivages pourpeser dans le débat. Ainsi la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), créée en 1946, qui revendique près de 12 000 agences adhérentes et 100 000 collaborateurs, et l'Union des Syndicats de l'Immobilier (UNIS), 3 500 adhérents mais avec des poids lourds de l'administration de biens comme Foncia, ont fait cause commune dès la phase d'élaboration du projet de loi, qui encadre leurs pratiques.

"La FNAIM est incontestablement l'organisation la plus influente par son nombre d'emplois, son ancrage territorial qui rend compte de la diversité géographique et politique du pays, et aussi parce qu'elle dispose au sein de son état-major de militants socialistes", estime Henry Buzy-Cazaux, président de l'Institut du management des services immobiliers.

Sa force repose aussi sur ses adhérents, à l'image de Laurent Vimont, le patron du réseau d'agences immobilières Century 21, qui a effectué un travail de lobbying de terrain. Le chef d'entreprise a ainsi rencontré une petite douzaine de députés et vient d'envoyer à ses 900 points de vente une "fiche de langage" pour qu'ils s'imprègnent des dispositions du projet de loi et demandent à leur tour des rendez-vous avec les parlementaires. "Peu de députés connaissent le projet sur le fond", déplore M. Vimont. En moins d'une semaine, 125 patrons d'agences représentant 200 points de vente ont suivi sa consigne.

Les équipes juridiques de la FNAIM ont de leur côté planché tout l'été pour rédiger 63 amendements. "Nous avons interpellé des élus de droite comme de gauche pour qu'ils portent nos revendications, indique M. Buet. Nous allons maintenantsuivre les débats pour voir qui tient ses promesses et pour préparer la bataille au Sénat."

07/09/2013

Notre-Dame-des-Landes ( suite ) : comment les médias en parlent

lu sur :

http://www.liberation.fr/medias/2013/09/06/la-societe-des-redacteurs-du-monde-regrette-les-propos-d-herve-kempf_929876

La Société des rédacteurs du «Monde» regrette les propos d'Hervé Kempf

Libération - 
6 septembre 2013 à 12:37

Dans une interview à «Libération», l'ancien journaliste du «Monde» accuse la direction du quotidien du soir de l'avoir empêché de couvrir le conflit à Notre-Dame-des-Landes.

Par AFP

La Société des rédacteurs du Monde a dit «regretter» vendredi des critiques de son ex-journaliste spécialiste de l’environnement Hervé Kempf, qui a quitté le journal, affirmant avoir été écarté de la couverture du dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

«Le conseil de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) regrette certains des propos tenus par Hervé Kempf, notre ex-confrère journaliste, spécialiste de l’environnement, dans un entretien publié dans Libération, le 6 septembre», a indiqué la SRM dans un communiqué.

A LIRE : Hervé Kempf: «L’écologie remet en cause le système»

Dans cet entretien, Hervé Kempf affirme notamment qu’on l’a«empêché de suivre Notre-Dame-des-Landes». Il met nommément en cause Didier Pourquery, alors directeur adjoint de la rédaction, et Alain Frachon, alors directeur par intérim du journal, et estime aussi que les actionnaires majoritaires du Monde, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, «par des moyens surtout indirects, c’est-à-dire en nommant une hiérarchie compatible avec leurs idées, influent sur l’orientation du média qu’ils possèdent».

«Le conseil de la SRM réfute ces propos d’Hervé Kempf, qui portent atteinte à la crédibilité de notre journal. Le conseil de la SRM rappelle qu’au Monde les journalistes travaillent librement», a répondu la Société des rédacteurs.

«Le conseil apporte son soutien aux deux directeurs du Monde», a-t-elle ajouté, jugeant par ailleurs qu’il n’est «pas correct» que Hervé Kempf, «un mois après avoir touché ses indemnités de départ, jette l’opprobre sur la collectivité où il a travaillé pendant quinze ans». Hervé Kempf, qui suivait pour Le Monde les questions d’environnement depuis 1998, a annoncé lundi quitter le journal, affirmant avoir été écarté de la couverture du dossier de Notre-Dame-des-Landes, une version démentie par la direction du quotidien.

L'écotaxe poids lourds déjà menacée ...

lu sur :

http://www.la-croix.com/Ethique/Environnement/L-ecotaxe-poids-lourds-pas-encore-appliquee-et-deja-menacee-2013-09-04-1006832

L'écotaxe poids lourds, pas encore appliquée et déjà menacée

Le ministère des transports n’exclut pas un nouveau report de l’application de l’écotaxe sur les poids lourds, « pour des raisons techniques ». 

Adoptée dans la foulée du Grenelle de l’environnement et sans cesse reportée, cette nouvelle redevance doit rapporter 1,2 milliard d’euros par an à l’État.

Son objectif est de favoriser des modes de transport de marchandises moins polluants que la route, comme le fret ferroviaire ou fluvial.

Officiellement, la date du 1er  octobre pour l’entrée en vigueur de l’écotaxe poids lourds est « toujours dans la ligne de mire », assure-t-on dans l’entourage du ministre délégué aux transports, Frédéric Cuvillier. Sauf que des raisons techniques pourraient, une fois encore, décaler l’application de cette redevance qui ulcère les transporteurs routiers. « Nous ne mettrons pas en place un dispositif qui n’est pas sécurisé », a assuré le ministre la semaine dernière. La décision d’un éventuel report doit être prise en fin de semaine, une fois transmis un état des lieux de la société Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la nouvelle redevance.

La nouvelle taxe doit s’appliquer à tous les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur le réseau national et sur certaines routes départementales, en fonction du kilométrage parcouru. Les autoroutes, déjà soumises à péage, ne sont pas concernées. Estimée à 12 centimes du kilomètre en moyenne, l’écotaxe est censée faire payer au transport routier non seulement l’usure des infrastructures utilisées, mais aussi une partie des nuisances qu’il engendre en termes de pollution, de bruit et de congestion.

800 000 VÉHICULES CONCERNÉS

En renchérissant le coût de ce type de transport pour les donneurs d’ordre, cette redevance est censée favoriser le report vers des modes de transport moins polluants, comme le fluvial ou le rail. Environ 800 000 véhicules sont concernés – 550 000 français et 250 000 étrangers.

D’après l’entreprise Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la taxe, seuls 20 000 camions sont aujourd’hui dûment enregistrés dans ses fichiers. « Le système est d’un formalisme effroyable, déplore Jean-Paul Deneuville, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), en niant toute mauvaise volonté de la part des transporteurs. Nos entreprises ont envoyé 75 000 dossiers à Ecomouv’, dont 80 % ont été recalés faute d’avoir été remplis correctement. Pour un grand groupe de transport, le dossier peut faire jusqu’à 70 000 feuilles ! Le report est inéluctable. » L’entreprise Ecomouv’affirme être en mesure de tenir l’échéance. « Nos effectifs ont été doublés et nous sommes en mesure d’enregistrer 20 000 dossiers par jour », assure une porte-parole.

SANS CESSE DIFFÉRÉE DEPUIS SON ADOPTION

Si les tout derniers décrets d’application ne sont parus qu’en juillet, on ne peut pas dire que les transporteurs ont été pris par surprise. Actée dans son principe par le Grenelle de l’environnement en 2007, l’écotaxe poids lourds a été adoptée – à l’unanimité – au Parlement dans la loi de finances 2009. Depuis, elle n’a cessé d’être différée à la demande des transporteurs, pour des raisons techniques ou juridiques. En revanche, comme l’a souligné la Cour des comptes en janvier 2012, les transporteurs ont déjà obtenu des compensations. La taxe à l’essieu a été allégée dès 2008 et le poids maximal de circulation a été porté de 40 à 44 tonnes en janvier 2011, ce qui permet de faire des gains de productivité.

Pour ses détracteurs, la nouvelle redevance a tout d’une « usine à gaz ». De fait, son recouvrement s’avère particulièrement complexe… et coûteux. Il ne s’agit de rien de moins que de traquer les déplacements de 800 000 véhicules sur un réseau de 15 000 km. La technique choisie par Ecomouv’consiste à équiper chacun des véhicules d’un GPS embarqué, relié à un satellite. La présence du boîtier à bord du camion sera vérifiée notamment par 173 portiques fixes.

UN COÛT DE RECOUVREMENT DE 20%

Au total, « le coût de recouvrement s’établit à un peu moins de 20 %, estime la sénatrice UMP Marie-Hélène des Esgaulx dans un avis remis à la commission des finances du Sénat. À titre de comparaison, ce pourcentage ne dépasse pas 1,2 % pour l’impôt sur le revenu. » Reste que, selon la sénatrice, ce coût, lié à la complexité technologique du projet, « n’est pas surestimé ». Il est similaire à celui de l’écotaxe allemande, mise en place dès 2005, et qui mobilise 600 contrôleurs.

L’écotaxe aura-t-elle par ailleurs un réel impact environnemental ? Pour la FNTR, le report sur le fret ferroviaire ou fluvial ne sera que très limité, l’essentiel du transport de marchandises se faisant sur de courtes distances où la route est la seule alternative crédible. « En Allemagne, il n’y a pas eu de gros report modal, reconnaît Michel Dubromel, spécialiste des transports à France Nature Environnement. En revanche, les transporteurs ont optimisé leur chargement. En clair, on transporte le même tonnage de marchandises, mais avec moins de camions en circulation. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. » 

 ––––––––––––––––––- 

 Plus d’un milliard d’euros de recettes attendues 

L’écotaxe est censée rapporter 1,2 milliard d’euros chaque année. La recette nette s’élève à 1 milliard d’euros environ, une fois déduite la rémunération d’Ecomouv’(230 millions).

En principe, la majorité de ces recettes – soit près de 800 millions – doit aller au budget de l’Afit, l’agence qui finance les grands projets d’infrastructures français, notamment les lignes de chemin de fer.

Les collectivités locales devraient percevoir 160 millions d’euros pour les dépenses liées à l’entretien du réseau routier.

L’affectation précise du produit de l’écotaxe doit figurer dans chaque loi de finances. Les associations environnementales craignent qu’une partie de la taxe ne soit absorbée par le budget général.

EMMANUELLE RÉJU

Notre-Dame-des-Landes : manquements à la législation européenne, mais ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/06/l-aeroport-de-notre-dame-des-landes-a-l-epreuve-de-la-legislation-europeenne_3472364_3244.html

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à l'épreuve de la législation européenne

LE MONDE | 06.09.2013 à 11h26 • Mis à jour le 06.09.2013 à 16h36 |Par Rémi Barroux

Les députés européens n'iront pas, dans l'immédiat, arpenter le bocage nantais pour enquêter sur la nécessité de construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Un dossier brûlant pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ardent défenseur du projet, et une pomme de discorde avec les écologistes.

Jeudi 5 septembre, la conférence des présidents de groupe du Parlement européen a décidé, sous l'impulsion des deux principales formations, le Parti populaire européen (conservateurs) et l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, de ne pas donner suite à la demande d'envoi d'une mission par la commission des pétitions. Pour l'eurodéputée écologiste Sandrine Bélier, "cette décision est injustifiable, alors que la commission des pétitions mène de concert avec la Commission européenne une enquête afin de s'assurer que ce projet ne contrevienne pas au droit de l'Union européenne".

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De fait, les demandes formulées par Bruxelles au gouvernement français sur d'éventuels manquements à la réglementation européenne pourraient expliquer cette décision. "La proposition d'une mission sur le terrain était conditionnée aux conclusions de la Commission européenne sur le dossier. Or celles-ci n'ont pas été rendues ; il est raisonnable de les attendre pour voir si une mission est nécessaire", explique la présidente des socialistes français au Parlement européen, Catherine Trautmann.

"NOMBREUX MANQUEMENTS AUX RÈGLES EUROPÉENNES"

L'éventuel envoi de parlementaires devra donc patienter jusqu'au 17 septembre, date à laquelle la Commission européenne présentera ses conclusions aux députés de la commission des pétitions. Le gouvernement français a fait parvenir, cet été, ses réponses aux nombreuses et longues questions qui lui étaient posées.

Dans un document, que Le Monde s'est procuré, il justifie le projet du futur aéroport du Grand Ouest, notamment au regard d'éventuels manquements aux réglementations européennes : les programmes de compensation liés à la destruction de zones humides, la protection des espèces, l'évaluation environnementale du projet ou encore la détermination d'alternatives au site de Notre-Dame-des-Landes.

Pour Raphaël Romi, spécialiste du droit européen de l'environnement et conseiller des opposants au projet, "les réponses du gouvernement montrent de nombreux manquements aux règles européennes". En ne tenant pas compte des conclusions du comité d'experts scientifiques et de la commission du dialogue – mis en place par le gouvernement en décembre 2012, ils critiquaient notamment la méthode de compensation arrêtée pour les zones humides –, l'Etat se mettrait dans une situation délicate. "Au regard du droit communautaire, qui prévoit une compensation de deux hectares pour un hectare de zone humide détruit, le projet n'est pas conforme à la directive-cadre sur l'eau", dit M. Romi.

"VISION GLOBALE DES IMPACTS"

Un autre point pourrait hérisser Bruxelles : le gouvernement écrit qu'il n'a pas encore réalisé les études d'impact des projets annexes à l'aéroport, tels que la nouvelle ligne ferroviaire Nantes-Rennes, "les projets de zone d'activité en périphérie de l'aéroport", ou encore la desserte par la ligne de tram-train Nantes-Nord. "La Commission européenne est très attentive à la vision globale des impacts d'un programme et ne supporte pas le saucissonnage", avertit M. Romi.

Les conclusions de Bruxelles sont attendues alors que la pause sur le terrain reste fragile. La préfecture fait valoir que les chantiers pourraient débuter prochainement.

Les opposants, eux, restent mobilisés : le 29 août, une nouvelle maison, le Moulin de Rohanne, délaissée par ses habitants, était occupée par des militants de la ZAD, la zone d'aménagement différé devenue "zone à défendre".

Bataille contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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05/09/2013

France : les cancers professionnels sont peu reconnus

lu sur :

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202982785773-cancer-les-effets-de-la-pollution-encore-mal-pris-en-compte-600676.php

Cancer : les effets de la pollution encore mal pris en compte

Les Echos, 04/09

Par Joel Cossardeaux | 04/09 | 06

Un rapport prône la réduction des seuils admissibles d'exposition au diesel.
Le nombre reconnu de cancers professionnels est encore très faible.

C'est une anomalie que le troisième plan Cancer pourrait solutionner. Les risques environnementaux, auxquels de multiples études attribuent un nombre important de décès par cancer, sont « encore mal connus et mal estimés », selon le rapport de préfiguration de ce plan prévu sur 2014-2018. Dans le plan Cancer qui s'achève, aucun de ces risques, hormis le radon, cible d'un objectif de la loi santé publique de 2004, n'a fait l'objet d'un dispositif de contrôle de l'exposition des populations. Et encore, si le deuxième plan Cancer a permis d'élargir ce contrôle à l'habitat, c'est-à-dire plus seulement aux hôpitaux, « les mesures de protection n'ont pas été recensées », observe le document.
Les particules fines, « cancérogènes certains »
Les autres risques environnementaux apparaissent largement laissés pour compte : les perturbateurs endocriniens, mais aussi les champs électromagnétiques liés à la téléphonie mobile et classés « cancérogènes possibles » par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) ou encore les particules fines émises par les moteurs Diesel, rangées, elles, dans la catégorie des « cancérogènes certains ». «  L'effet des mesures prises concernant la réduction du rejet de ces particules est encore incertain », juge le rapport.
Ses auteurs proposent, à la faveur du prochain plan Cancer, de « diminuer les seuils tolérés d'exposition » à toutes ces sources environnementales polluantes. Autre objectif : « limiter les sources de pollution atmosphériques urbaines et industrielles, dont les gaz d'échappement des moteurs Diesel » et « limiter les toxiques polluants des eaux (pesticides) ».
Le troisième plan Cancer doit enfin permettre de mieux appréhender les cancers d'origine professionnelle. Car le nombre reconnu «  est encore très faible, particulièrement pour les cancers non liés à l'amiante », relève le rapport. Plus des trois quarts des 1.773 cancers reconnus en 2010 (- 3,1 % par rapport à 2009) à titre professionnel résultent d'expositions anciennes à l'amiante, contre seulement 74 aux poussières de bois et 63 aux huiles et goudrons.

Joël Cossardeaux



Les chiffres
1.773 cancers professionnels indemnisés en 2010
Ce chiffre marque une baisse de 3,1 % par rapport à 2009. Dans 1.473 cas, ces cancers résultent d'expositions anciennes à l'amiante. 
20 % des Français conscients du risque lié au radon
Ce gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration du radium dans le sous-sol, est à l'origine de 5 à 10 % des décès par cancer du poumon. 31 départements sont classés prioritaires face à ce risque. 

27/08/2013

Un cancer provoqué par des pesticides et herbicides indemnisé par l'État

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/08/27/l-etat-condamne-a-indemniser-un-cerealier-cancereux-va-en-cassation_3467191_3244.html#xtor=AL-32280308

L'Etatcondamné à indemniser un céréalier cancéreuxva en cassation

L'Etat, qui avait été condamné en appel à indemniser un agriculteur malade d'un cancer provoqué par des substances toxiques contenues dans des pesticides et herbicides, a formé un pourvoi en cassation contre cette décision.

"Malgré une solide argumentation des deux juridictions qui l'ont condamné, l'Etat a décidé de se pourvoir en cassation. J'ignore quels points de la décision ils entendent contester", a indiqué l'avocat du plaignant, Me François Lafforgue. L'agriculteur contestait le refus du fonds de garantie de l'Etat de l'indemniser. Mais, en avril 2012, la commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI) d'Epinal lui avait donné raison. Une décision confirmée l'année suivante par la cour d'appel de Nancy, qui pointait les fautes des fabricants de produits phytosanitaires.

Lire (édition abonnés) : "L'Etat indemnisera un céréalier cancéreux"

"Dans leurs décisions, les magistrats avaient reconnu que des fautes avaient été commises par les fabricants de produits phytosanitaires" qui auraient dû être couvertes par le fonds de garantie de l'Etat, a expliqué Me Lafforgue, en rappelant qu'il s'agissait de la première condamnation de ce type en France.

Son client, Dominique Marchal, céréalier en Meurthe-et-Moselle, avait développé en 2002 un syndrome myéloprolifératif, une pathologie du sang reconnue comme maladie professionnelle en 2006 par le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal.

UNE TRENTAINE DE PROCÉDURES EN COURS

En première instance, la CIVI avait estimé que, "dès 1982, les fabricants de produits phytopharmacologiques ne pouvaient ignorer que leurs produits contenant du benzène exposaient leurs utilisateurs au risque grave de contracterce type de maladie". Une vingtaine de produits, principalement des herbicides et pesticides, commercialisés par sept fabricants, dont BASF ou Bayer, contenaient notamment du benzène, reconnu cancérogène.

Lire (édition abonnés) : "Des dizaines de pesticides sont autorisés en France contre les avis d'experts"

L'absence de mention sur les emballages constitue un manquement à une obligation de sécurité ainsi qu'une faute de prudence, constataient par ailleurs les juges, qui établissaient un lien de causalité entre les produits et la pathologie développée.

En cas de condamnation définitive par la Cour de cassation, l'Etat, par l'intermédiaire du fonds de garantie, pourrait se retourner contre les fabricants des produits toxiques. Une trentaine d'agriculteurs malades après avoir été exposés aux mêmes produits toxiques ont engagé des procédures similaires contre l'Etat.

voir aussi :

http://lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/archive/2013/08/27/temp-ffc9ab8ff1841bd6f180527402efbc46-780099.html

Des pesticides autorisés contre l'avis des experts

26/08/2013

La cigarette électronique, fausse solution à l'addiction au tabac

lu sur :

http://www.laposte.net/thematique/actualites/france/article.jsp?idArticle=20130826074205-cigarettes-electroniques---pas-si-inoffensives-&idAgg=actu_france

Selon 60 millions de consommateurs, «vapoter» peut être cancérigène...

Les cigarettes électroniques «ne sont pas aussi inoffensives» que le disent leurs fabricants et «peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes», assure la revue 60 millions de consommateurs de septembre qui a testé une dizaine de modèles, jetables ou rechargeables. (*)

«Les cigarettes électroniques sont loin d'être les gadgets inoffensifs qu'on nous présente. Ce n'est pas une raison pour les interdire. C'est une raison pour mieux les contrôler», écrit Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine de l'Institut national de la consommation (INC). Constatant un étiquetage non conforme au contenu de certains produits, l'INC a alerté les autorités, précise-t-il à l'AFP.

Il dénonce aussi l'absence de bouchon de sécurité sur certaines recharges alors que la nicotine est particulièrement toxique pour les petits. Ingérées, les doses élevées de certains produits de l'étude peuvent tuer un enfant, souligne Thomas Laurenceau.

Molécule très toxique

La revue affirme avoir décelé, grâce à une méthode inédite, des «molécules cancérogènes en quantité significative» dans les vapeurs d'e-cigarettes qui, selon elle, n'avaient jamais été mises en évidence jusque-là. «Ainsi dans 3 cas sur dix, pour des produits avec ou sans nicotine, les teneurs en formaldéhyde (couramment dénommé formol) relevées flirtent avec celles observées dans certaines cigarettes conventionnelles.»

Également décelée, l'acroléine, une molécule très toxique, émise en quantité très significatives par l'E-Roll, et «à des teneurs qui dépassent même parfois celles que l'on peut mesurer dans la fumée de certaines cigarettes». Ceci vraisemblablement en raison d'un dispositif qui chauffe trop vite.

Quant à l'acétaldéhyde, classé cancérogène possible, les teneurs parfois loin d'être négligeables relevées restent très inférieures à celles observées avec les cigarettes de tabac. Des traces de métaux «potentiellement toxiques» ont été détectées dans Cigartex qui libère autant de nickel et de chrome qu'une vraie cigarette et dans la Cigway jetable qui libère plus d'antimoine.

«Imposer un bouchon de sécurité»

Le magazine relève aussi que la dose de nicotine des recharges liquides ne correspond pas toujours à ce qui est mentionné, avec des teneurs inférieures dans tous les cas. Autre défaut d'étiquetage : des produits annoncés «sans» propylène glycol qui en contienne ou des fabricants qui «oublient» de mentionner sa présence.

«Le code de la consommation pourrait encadrer la véracité de l'étiquetage et imposer un bouchon de sécurité», relève le rédacteur. Mais pour le magazine, qui appelle les autorités de santé à réagir, «désormais, il faudra prendre en compte les risques» liés à l'utilisation de l'e-cigarette, qui aurait plus d'un million d'adeptes en France, soucieux de fumer moins voire de s'arrêter.

Le tabac est responsable de 73.000 morts par an en France.

 Avec AFP
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09/08/2013

Gestation, cerveau du fœtus et caféine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/08/08/la-cafeine-nuit-au-developpement-du-cerveau-des-souris_3458827_1650684.html

La caféine nuit au développement du cerveau des souris

LE MONDE | 08.08.2013 à 10h11 • Mis à jour le 08.08.2013 à 16h45 |Par Florence Rosier

Une étude menée sur des souris indique que la prise de caféine pendant la gestation peut nuire au développement cérébral du fœtus. Or, s'il ne fait plus aucun doute que l'absorption – même mineure – d'alcool ou de tabac par la mère durant la grossesse ne va pas sans dégâts, la question reste en débat en ce qui concerne la caféine. Elle vaut autant pour le petit noir et le grand crème que pour tout produit contenant cette substance : thé, chocolat, boissons énergisantes et certains sodas.

Jusqu'ici, "la plupart des études sur le sujet ont été peu concluantes", déplorePierre Gressens, chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l'hôpital Robert-Debré de Paris et professeur de néonatalogie et de neurologie foetale au King's College de Londres. Pourtant, la caféine est une des substances "psychoactives" (c'est-à-dire capables de modifier l'activité des neurones, ces cellules excitables du cerveau) les plus consommées au monde, y compris chez la femme enceinte.

Mais une étude publiée le 7 août dans la revue Science Translational Medicinelivre des résultats sans appel : la prise régulière de caféine par des souris gestantes (l'équivalent de deux à trois tasses de café par jour chez l'homme) affecte notablement le développement du cerveau de leur progéniture.

DEUX EFFETS DÉLÉTÈRES

"Au cours du développement normal, les neurones naissent dans des régions cérébrales particulières, puis migrent vers les zones cérébrales où elles sont destinées à fonctionner, explique Christophe Bernard, principal auteur de cette étude menée par l'Inserm à l'université d'Aix-Marseille. Mais lorsque nous ajoutons de la caféine dans l'eau de boisson des souris femelles, tout au long de la gestation, cela retarde la migration d'une sous-population de neurones dans le cerveau des souriceaux." La caféine ralentit de moitié la vitesse de migration de ces neurones.

Ce blocage a deux effets délétères, l'un à court terme et l'autre à long terme. Les souriceaux de moins d'une semaine sont plus sensibles aux crises d'épilepsie. Et une fois adultes, ces animaux présentent des troubles de la mémoire spatiale.

"C'est la première étude à démontrer les effets néfastes de la caféine durant la gestation sur le cerveau en développement, souligne M. Bernard. Cela justifie de futures études chez la femme enceinte." Celles-ci seront délicates à conduire, car de nombreux biais peuvent fausser les résultats. D'autant qu'en février dernier, une étude scandinave menée chez près de 60 000 femmes enceintes montrait qu'une consommation de 125 mg de caféine par jour induisait un poids de naissance plus faible, cette réduction restant au demeurant plutôt faible.

Selon Christophe Bernard, on pourrait néanmoins progresser en interrogeant les familles, lorsqu'un enfant a fait une crise d'épilepsie, sur la consommation de caféine de sa mère durant la grossesse. Autre difficulté : "une même substance psychoactive peut avoir des effets opposés selon le stade du développement cérébral", souligne Pierre Gressens. En témoigne le fait que des dérivés de la caféine sont utilisés comme médicaments chez des nouveau-nés prématurés souffrant d'insuffisance respiratoire. Or ces produits semblent améliorer les troubles cognitifs de ces nourrissons.

RECOMMANDATIONS FLOUES

Les recommandations actuelles en la matière restent floues et variables selon les pays. En France, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé préconise d'"éviter de consommer trop de boissons contenant de la caféine (pas plus de trois tasses de café par jour) pendant la grossesse et la période d'allaitement".

Faudra-t-il revoir ces recommandations ? Et peut-on tout interdire à la femme enceinte ? "Si les dangers de l'alcool durant la grossesse sont généralement bien compris, les fumeuses ont du mal à suivre les recommandations d'abstention totale vis-à-vis du tabac", note Marc Gamerre, chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital de la Conception à Marseille. Mais, pour Pierre Gressens,"cette étude vient étayer d'autres données qui poussent à limiter autant que possible la consommation de caféine lors d'une grossesse. Des consommations supérieures ou égales à 8 tasses par jour sont à déconseiller fortement aux femmes enceintes".

Florence Rosier

05/08/2013

Les suites de la marée noire de 2010 en Louisiane

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ea045622-fb95-11e2-bc8f-21853ba6fc73|0#.Uf9I50bENXI

POLLUTION Samedi3 août 2013

La mystérieuse maladie de la marée noire 

Stéphane Foucart Raceland et Thibodaux Louisiane

Depuis la marée noire de BP dans le golfe du Mexique, à l’été 2010, des habitants de la Louisiane se plaignent d’étranges symptômes. Le solvant employé pour disperser le pétrole est montré du doigt

Le cabinet du docteur Robichaux est une petite bâtisse plate et sans charme postée au bord de la route. Derrière s’écoule paresseusement un bayou. C’est ici, à Raceland, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans, que le médecin commence, à l’été 2010, à re cevoir des patients présentant des symptômes qu’il assure n’avoir «jamais vus en quarante ans de pratique».

Migraines, spasmes, éruptions cutanées, troubles respiratoires ou digestifs, douleurs diffuses et, surtout, confusion, perte de la mémoire à court terme et fatigue chronique. Et des atteintes liées au sexe: perturbation du cycle menstruel chez les femmes, impuissance chez les hommes. Pour le médecin, ancien sénateur de l’Etat de Louisiane, ces troubles seraient liés à l’épandage massif de Corexit – le solvant utilisé à grande échelle pour «nettoyer» la marée noire de BP dans le golfe du Mexique.

Trois ans après l’enrayement de la fuite du puits de Macondo, le 16 juillet 2010, le médecin dit avoir été consulté par «plus d’une centaine de patients» présentant ce tableau clinique, comparable, selon lui, au syndrome dont sont encore victimes plusieurs dizaines de milliers de vétérans de la première guerre du Golfe, persique celui-là, de 1990-1991.

Désormais épaulé par deux ONG – le Government Accountability Project (GAP), basé à Washington, et le Louisiana En vironmental Action Network (LEAN) –, Michael Robichaux suspecte un problème de santé pu blique silencieux le long des côtes du golfe du Mexique.

«A l’été 2010, lorsque le nettoyage a débuté, nous avons commencé à lire dans la presse que des personnels recrutés par BP pour participer aux opérations tombaient malades, certains étant hospitalisés», raconte le médecin. Une association écologiste locale présente au médecin une quinzaine de patients, des pêcheurs enrôlés dans le nettoyage de la marée noire ou de simples riverains des côtes, lui demandant de pratiquer des prélèvements sanguins.

«Tous avaient des taux élevés de composés organiques volatils, dit-il. Tous présentaient des symptômes proches, en particulier des pertes de mémoire à court terme et une fatigue chronique.»

Le praticien dit avoir vu quelque 119 malades. Pour combien, au total, dans l’ensemble de la région? «Je l’ignore, mais le chiffre de plusieurs milliers est plausible», répond-il. Une évaluation d’autant plus délicate que «l’état de certains s’est amélioré, tandis que d’autres demeurent affectés, surtout par les problèmes de mémoire et de fatigue chronique».

L’exposition au Corexit est, selon le médecin, la principale cause de ces troubles: «Dans le golfe, nous avons l’habitude des fuites de pétrole, mais celui qui s’est écoulé en 2010 est peu toxique et jamais, avant l’utilisation du Corexit, de tels troubles n’avaient été relevés.»

Au large des côtes de Louisiane, pendant plusieurs mois, le solvant a été utilisé à une échelle inédite. Selon les chiffres officiels des autorités fédérales américaines, plus de 7000 mètres cubes du produit ont été utilisés, plus de la moitié épandus par avion. Or ce solvant est interdit dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, patrie de BP.

Jamie Simon, 34 ans, une ancienne patiente du docteur Robichaux, ne s’est jamais remise de la marée noire. «J’ai travaillé pour BP pendant sept mois sur un «hôtel flottant», à cuisiner pour les marins recrutés pour le nettoyage, raconte la jeune femme, qui vit désormais chez sa mère, à Thibodaux, à quelques kilomètres de Raceland. Lorsque les marins revenaient à bord, leurs bottes étaient pleines d’une boue liquide de pétrole et de dispersant… Le manager disait que ce n’était pas plus dangereux que du liquide vaisselle.» Au bout d’un mois, la jeune femme dit avoir ressenti de premiers troubles, qui sont allés en s’aggravant. Jusqu’à ce qu’ils l’obligent à quitter son emploi.

Les manifestations les plus aiguës ont disparu. «Mais je suis désormais incapable de travailler, dit-elle. J’ai perdu ma mémoire à court terme, ma concentration… Je jouais du piano et je n’y arrive plus. A 34 ans, je suis bonne à rester chez moi et à regarder le plafond.»

Jorey Danos, 31 ans, également habitant de Thibodaux, a été l’un des quelque 50 000 travailleurs recrutés par BP pour travailler au nettoyage de la marée noire. Il dit avoir été, à plusieurs reprises, exposé à des doses importantes de Corexit et de pétrole. Trois ans plus tard, il se déplace comme un vieillard et s’exprime avec difficulté: «J’ai le sentiment que mon cerveau a grillé. Je me perds dans mon jardin. Je ne sais plus conduire… Je ne peux même plus m’occuper de mes enfants.» De plus, raconte-t-il, le responsable de BP dont il dépendait lui aurait refusé le port d’un masque à gaz au motif que cela «attirerait l’attention des médias».

Dans un rapport rendu public en avril, les deux ONG, le GAP et le LEAN, ont fait déposer sous serment une vingtaine de victimes et de témoins des opérations de nettoyage. Outre la description de leurs symptômes, d’autres marins et travailleurs recrutés par BP assurent que leur chef d’équipe leur a refusé du matériel de protection, en dépit de leur difficulté à respirer.

D’autres témoignages, recueillis par l’hebdomadaire News week et publiés au printemps, vont dans le même sens. Or, le fabricant du Corexit, dans sa notice d’utilisation, fait clairement état de la toxicité de son produit. Sur ce point précis, une enquête du médiateur de BP – qui n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est en cours.

Combien de personnes, au total, sont-elles concernées? La réponse viendra peut-être d’une enquête épidémiologique menée par le National Institute of Environmental Health Sciences auprès de ceux qui ont travaillé au nettoyage. «Près de 33 000 participants ont accepté de partager leur histoire avec nous et nous allons les suivre pendant dix ans pour déterminer si des effets sanitaires vont se manifester, explique l’épidémiologiste Richard Kwok, coresponsable de l’étude. Nous avons suivi les informations de presse sur des symptômes liés au pétrole et aux dispersants et avons intégré ces questions au protocole de notre étude.»

Les résultats de ce travail sont attendus dans les prochains mois. Pour l’heure, aucune autorité ne reconnaît ces troubles ni leur lien éventuel avec la marée noire.

26/07/2013

Rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/25/energies-renouvelables-la-cour-des-comptes-epingle-un-soutien-public-peu-rentable_3453282_3244.html

Energies renouvelables : la Cour des comptes épingle un soutien public peu rentable

Le Monde.fr | 25.07.2013 à 11h58 • Mis à jour le 25.07.2013 à 14h21 |Par Pierre Le Hir

Oui aux énergies vertes... à condition qu'elles ne plombent pas l'économie française. C'est, en substance, la teneur du rapport sur "La politique de développement des énergies renouvelables" présenté, jeudi 25 juillet, par la Cour des comptes.

Une semaine après la clôture du débat national sur la transition énergétique, qui s'est achevé sur un constat de désaccord profond entre les parties prenantes, ce document donnera du grain à moudre aux partisans des filières renouvelables comme aux défenseurs du modèle énergétique français, où le nucléaire est en première ligne.

Les premiers retiendront qu'il n'est pas question de "relâcher l'effort" dans ce secteur. Les seconds, que "les choix de long terme" doivent être "soutenables", dans une période où "l'accent doit être mis avant tout sur les économies budgétaires et sur la compétitivité de notre économie".

OBJECTIFS "DIFFICILES À ATTEINDRE"

En matière d'énergies renouvelables, la France s'est fixé des objectifs "ambitieux"qui seront "difficiles à atteindre", note la Cour des comptes. En 2011, celles-ci représentaient 13,1 % de la consommation finale d'énergie, soit un peu plus de la moitié des 23 % qui devront être atteints en 2020 (l'objectif de l'Union européennen'étant que de 20 %). La France figure ainsi "en bonne position par rapport à ses voisins européens", l'Allemagne étant à 12,3 %, l'Italie à 11,5 %, la Belgique à 4,1 % et le Royaume-Uni à 3,8 %, même si l'Espagne, avec 15,1 %, la devance.

"Pour autant, écrivent les rapporteurs, les premiers retards enregistrés dès 2011 dans la production d'énergies de sources renouvelables et le niveau des efforts àfournir pour atteindre les objectifs fixés en 2020 éloignent la perspective de lesatteindre." En effet, "les suppléments de production à réaliser dans les secteurs de l'électricité et de la chaleur renouvelables entre 2011 et 2020 représentent six et sept fois ce qui a été respectivement réalisé entre 2005 et 2011".

"CONJONCTION DE DIFFICULTÉS"

L'essor des filières vertes, analyse la Cour des comptes, se heurte à "une conjonction de difficultés". D'abord, "des coûts de production élevés", qui obligent les pouvoirs publics à les soutenir par "un système de soutien complexe et d'efficacité variable", qu'il s'agisse d'aides à l'investissement, de garantie d'achat ou d'incitations fiscales.

Ensuite, le cadre juridique est "instable et contesté". Sur le plan réglementaire, souligne la Cour, "les objectifs parfois contradictoires des politiques de l'énergie, de la protection de l'environnement et de l'urbanisme compliquent et fragilisent le droit encadrant le développement des énergies renouvelables, ce qui favorise les contentieux et freine les projets". L'Etat n'est pas exempt de reproches, pour n'avoir "pas su adapter son organisation, ce qui nuit à la visibilité et au pilotage de l'ensemble".

Or, de façon générale, les filières industrielles des énergies renouvelables sont"encore fragiles", juge la Cour des comptes. La filière photovoltaïque est "en mauvais état", l'éolien en mer est "un pari industriel risqué", les grands projets de cogénération "déséquilibrent les marchés locaux". Cela, pour un impact sur l'emploi qualifié de "modeste", avec un total de 93 000 emplois directs, dont environ 32 000 dans le solaire, 24 000 dans la biomasse, 14 000 dans les pompes à chaleur, 11 000 dans l'hydraulique, 10 000 dans l'éolien et 1 000 dans la géothermie.

COÛT TRÈS ÉLÉVÉ

Dans ce contexte – c'est la partie la plus sensible et la plus sujette à polémique du rapport –, la Cour estime que "le coût croissant du soutien au développement des énergies renouvelables conduit à s'interroger sur sa soutenabilité sur le long terme".

Entre 2005 et 2011, chiffre-t-elle, "l'ensemble des coûts publics de la politique de soutien aux énergies renouvelables – dispositifs fiscaux, fonds chaleur, recherche et développement, charge de service public de l'électricité [la contribution au service public de l'électricité (CSPE), supportée par les consommateurs pourcompenser le surcoût de l'électricité d'origine renouvelable] – ressort globalement estimé à 14,3 milliards d'euros". A elle seule, précise la cour, "la filière solaire a coûté 3,6 milliards d'euros, alors qu'elle constitue seulement la quatrième source d'énergies renouvelables".

Au final, conclut le rapport, "le coût du soutien aux énergies renouvelables est donc très élevé sans que celui-ci ait apporté, jusqu'à présent, les retombées socio-économiques attendues".

"FAIRE DES CHOIX"

Pour autant, la Cour des comptes ne condamne pas les filières renouvelables. "Il ne s'agit pas de relâcher l'effort, mais de le rendre plus cohérent et plus soutenable dans le long terme", écrit-elle. C'est-à-dire de "faire des choix" et d'arbitrer entre les filières, afin de "réserver le soutien à celles qui peuvent le mieux contribuer à atteindre les objectifs". Cela, tout en recherchant "une meilleure cohérence dans l'organisation et l'action de l'Etat", qui doit aussi "lever les verrous juridiques et administratifs".

Replaçant les renouvelables dans le mix énergétique global, la Cour des comptes ne manque pas de rappeler, en conclusion, le bénéfice que tire la France de son parc de 58 réacteurs électronucléaires – qui lui assurent une électricité meilleur marché que celle de ses principaux voisins et réduisent ses rejets de gaz à effet de serre. Mais elle souligne aussi l'avantage économique que tirent certains pays, notamment les Etats-Unis, de l'exploitation des huiles et gaz de schiste. Même si, précise-t-elle, "il ne [lui] revient pas de se prononcer sur les méthodes employées pour les extraire".

Cette mention, dans un rapport consacré au développement des énergies renouvelables, des hydrocarbures non conventionnels, ne pourra qu'apporter de l'eau au moulin du Medef qui, lors du débat sur la transition énergétique, en a fait un cheval de bataille.

Lire : "Le Medef refuse les conclusions du débat sur la transition énergétique"

Plus généralement, même si les promoteurs des énergies vertes pourront liredans ce rapport un invitation à poursuivre leur développement, les industriels, eux, y verront surtout un sévère avertissement sur leur coût pour "les financespubliques, le pouvoir d'achat et la compétitivité économique".

Pierre Le Hir

Le débat sur la transition énergétique

Édition abonnés Contenu exclusif

03/07/2013

Les variétés paysannes en voie de disparition en raison du lobbying des semenciers

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/30/les-varietes-paysannes-de-ble-en-voie-de-disparition_3436092_3244.html

Les variétés paysannes de blé en voie de disparition

Le Monde.fr | 30.06.2013 à 21h06 • Mis à jour le 02.07.2013 à 14h40 |Par Angela Bolis

"Qu'est-ce que ça veut dire, une variété, quand on réfléchit au mot ?", interroge Jean-François Berthellot, les pieds enfoncés dans la terre collante de ses champs de blé. Dans sa ferme du Roc, dans le Lot-et-Garonne, l'agriculteur, membre du réseau Semences paysannes, en manie une conception quelque peu tombée en désuétude, mais qui a le mérite de donner un sens à l'adjectif "varié" qui s'y cache.

Il en est ainsi de sa Japhabelle, dont il est particulièrement fier. Une variété paysanne – qu'il nomme aussi "population" – haute, robuste, qui mêle des épis plus ou moins barbus, plus ou moins épais, et dont le vert tendre tire, selon les plants, sur le blond, le roux ou le noir bleuté. Elle associe en fait vingt familles de blés différents.

Entre sa banque de graines et ses champs, Jean-François Berthellot a amassé quelque 200 variétés de blé – en plus de ses autres cultures de légumineuses et de céréales. Une collection qu'il tient à conserver de manière vivante aussi, dans une mosaïque de petites parcelles cultivées, pour que les plantes puissentcontinuer à évoluer et s'adapter à leur environnement. Il y pousse des blés d'Andalousie ou des montagnes de Turquie, de l'amidonnier, ancêtre du blé dur, et même, dans un coin, un nouveau graminé en phase de domestication. 

Lire aussi le reportage sur la réserve mondiale de semences de Spitzberg (Norvège) : "Graines en stock"

Partant de quelques graines – collectées au gré des échanges avec d'autres agriculteurs ou dans les banques de semences d'Europe et d'ailleurs –, le paysan les sème, puis sélectionne les meilleurs plants, les multiplie d'année en année, et observe, pendant cinq ou six ans : leur croissance, leur résistance aux maladies, aux parasites, au climat, leur capacité à ne pas ployer sous les pluies d'orage, leur brillance et les nuances colorées de leurs épis mûrs, qui le renseignent sur la qualité de leur gluten.

UNE VARIÉTÉ VARIÉE, MAIS NON RECONNUE

La diversité génétique de ces variétés leur permet de mieux résister aux maladies – qui contamineront moins facilement l'ensemble de la parcelle, sans ajout de pesticides –, et de s'adapter mieux aux variations des sols et des climats.

Mais la différence, avec une monoculture ou une variété homogène, se fait aussiressentir dans le produit fini du blé. Le pain par exemple. Le paysan peut enattester : il est aussi meunier et boulanger et a, de fait, la main sur toute la chaîne de production, "du grain au pain". Ce qui lui permet de tester directement les résultats de sa récolte, selon ses propres critères de sélection : "une palette gustative plus colorée, des produits moins uniformisés, de meilleures qualités nutritionnelles, et un gluten plus digestif – avec toutes ces allergies et ces intolérances au gluten causées par la sélection ultrapoussée des blés nains utilisés en agriculture intensive", explique-t-il. 

Juridiquement toutefois, la Japhabelle, comme chacune des 90 "variétés-populations" que Jean-François Berthellot a créées, n'est pas reconnue comme une variété. Ce type d'obtention paysanne, devenue rarissime en France, n'entre en fait dans aucune règlementation sur le commerce des semences, dans aucun catalogue officiel.

ÉROSION DE LA BIODIVERSITÉ CULTIVÉE

"Pour moi, il y a un raté historique, estime l'agriculteur. Pendant des milliers d'années, les cultivateurs ont fait de la création variétale. Et au début du XXesiècle, ces savoirs et ces méthodes ont été accaparés par l'industrie semencière, qui n'ont pas les mêmes critères de sélection que nous : la productivité, la conservation dans les circuits longs de la grande distribution... Aujourd'hui encore, on fait tout pour déposséder le paysan de ce travail d'obtention de variétés."   

La filière semencière française est aujourd'hui la troisième plus importante au monde, et, selon l'interprofession (le GNIS), 72 sélectionneurs créent chaque année "plus de 600 nouvelles variétés qui viennent renouveler les 6 000 variétés de toutes les espèces proposées aux agriculteurs dans le catalogue français". En parallèle toutefois, la FAO (branche de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) estime que trois quarts de la biodiversité cultivée s'est perdue au XXe siècle.

Dans le cas du blé tendre, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité note une "homogénéisation génétique très importante sur le territoire français""surtout due à la baisse de la diversité génétique à l'intérieur des variétés cultivées" : les "variétés de pays", plus locales et hétérogènes, ont peu à peu été remplacées par des "lignées pures modernes", qui deviennent, à partir de 1964, "le seul type de variétés cultivées et autorisées à la commercialisation".

C'est à cette époque que les plantes ne correspondant pas aux critères qui définissent désormais toute nouvelle variété sont exclues du catalogue officiel – catalogue déterminant l'autorisation de leur commercialisation. Toute variété légalese définit alors par : sa distinction (différente des variétés existantes), son homogénéité (plantes identiques les unes aux autres), et sa stabilité (elles conservent les mêmes caractéristiques d'une génération à l'autre). L'objectif étant de protéger les obtenteurs de ces variétés grâce à un titre de propriété intellectuelle, et de garantir au consommateur des variétés pures et bien identifiées.

UNE RÉFORME EUROPÉENNE AMBIGUË

Si ces règles commerciales ne s'appliquent pas à quelques variétés dites "de niche", dont la vente est limitée aux amateurs et en quantité, elles excluent en tout cas les variétés paysannes comme la Japhabelle. "Sur le terrain, on ne cultive pas un truc conceptuel, qui correspond aux critères de l'industrie, on cultive une variété qui évolue, qui est composée d'individus différents...", explique Jean-François Berthellot.

Toutefois, une vaste réforme européenne du marché des semences en cours paraît entrouvrir une porte, en créant un nouveau catalogue destiné aux variétés hétérogènes. En pratique cependant, des contraintes règlementaires – comme l'obligation de définir les parents qui ont engendré une nouvelle variété – leur barreraient la route, selon le réseau Semences paysannes. En revanche, il ouvrirait la voie aux variétés OGM, qui ne sont pas assez stables génétiquement pour entrer dans le catalogue officiel. 

Lire le décryptage : (voir plus bas : (*))

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"

Ce vaste paquet législatif européen prévoit aussi un contrôle accru des agriculteurs qui travaillent avec leurs propres graines : d'une part en imposant des "auto-contrôles" sur ces semences qui, "pour les petites exploitations comme nous, vont être insurmontables financièrement", et d'autre part en enregistrant sur un fichier tous ces agriculteurs-semenciers. "Un fichage inadmissible", selon le paysan.

Angela Bolis

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Mobilisation contre le contrôle de maraîchers sur un marché en Ariège  

Début juin, des paysans se sont rassemblés devant le siège régional de la DGCCRF (répression des fraudes) à Toulouse, munis de pancartes "légumes clandestins", pour manifester leur inquiétude et lancer une action de désobéissance civique, à la suite du contrôle de petits maraîchers dans l'Ariège. Ceux-ci vendaient, sur le marché de Lavelanet, des plants de légumes (tomates, poivrons, courgettes, aubergines...) – une"activité saisonnière annexe" jusqu'ici tolérée, expliquent la Confédération paysanne et le réseau Semences paysannes. Les agents, salariés par le GNIS (interprofession des semenciers) pour le compte de la DGCCRF, leur ont signifié l'obligation de détenir une carte du GNIS et l'interdiction de vendre des plants de variétés non-inscrites au catalogue officiel, sous peine d'une amende de 450 euros.

 

Lors de cette journée de mobilisation, la répression des fraudes a expliqué à une délégation d'agriculteurs qu'un "plan annuel de contrôles" avait en effet été décidé au siège central de la répression des fraudes, dans un but "pédagogique", rapportent les associations paysannes. Considérant "qu'il s'agit là d'un abus s'inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de (...) toutes les activités qui échappent au contrôle des multinationales de la semence", elles ont notamment exprimé leur refus d'adhérer de manière obligatoire au GNIS – qui"s'oppose à [nos] droits élémentaires de reproduire, d'échanger et de vendre les semences et les plants issus de [nos] propres récoltes" –, et revendiqué le droit de vendre et cultiver "toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue"Des élus EELV ont aussi réagi à ce contrôle, dénonçant "une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle".

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/17/des-etats-unis-a-l-europe-a-qui-appartiennent-les-plantes-cultivees_3235181_3244.html

 

 "Des Etats-Unis à l'Europe, à qui appartiennent les plantes cultivées ?"


Le Monde.fr | 17.05.2013 à 16h41 • Mis à jour le 20.05.2013 à 17h10 |Par Angela Bolis

 

Lundi 13 mai, Monsanto remportait son procès contre Vernon Hugh Bowman, un agriculteur américain de 75 ans. L'homme avait acheté, en plus de ses semences de soja transgénique à Monsanto, d'autres graines en mélange à un producteur local, pour effectuer une récolte complémentaire à moindre coût. Cette récolte, il en a gardé une partie pour la resemer l'année suivante. Or, dans un Etat où 95 % du soja cultivé est transgénique, la plupart de ces graines détenaient le caractère du Roundup Ready, breveté par Monsanto, qui permet à la plante de résister à l'herbicide Roundup vendu par la même firme. Pour les avoir semées sans payerMonsanto, le fermier a été condamné à verser à la firme 85 000 dollars.

Lire (en édition abonnés) :  OGM : Monsanto gagne face aux petits agriculteurs

OGM _ Monsanto gagne face aux petits agriculteurs.pdf

Si l'affaire est devenue emblématique des conflits entre firmes et agriculteurs sur la question des brevets, elle est loin d'être exceptionnelle : Monsanto est passé maître dans l'art de contrôler, via sa "police des graines", les champs des cultivateurs américains, et il n'en est pas à sa première bataille judiciaire (lirel'encadré ci-dessous). Fin 2012, le groupe avait déjà empoché 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts dans le cadre de procèspour violation de brevets. Mais cette fois, c'est la firme elle-même qui a voulu l'ériger en symbole de la protection de sa propriété intellectuelle – avec un site Web spécifique à l'appui, et le soutien d'acteurs de poids comme l'Alliance de producteurs de logiciels (AppleMicrosoft...), des universités, ou encore le département de la justice américain.

Lire : La guérilla judiciaire des géants des semences contre les fermiers américains

  • AUX ÉTATS-UNIS, LE BREVET

Dans cette affaire de Monsanto contre M. Bowman, la Cour a justifié sa décision en expliquant qu'il est interdit de copier un produit breveté (soit, en l'occurrence, resemer les graines récoltées), sans quoi "un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente", ce qui "résulterait en une baisse de l'incitation à l'innovation". Cette position de la justice américaine est fidèle au principe du brevetage des plantes, adopté aux Etats-Unis dès 1930. Ces brevets ne s'appliquent pas seulement aux OGM, mais ont connu un boom avec le développement des biotechnologies – dans un pays où 93 % du soja cultivé, 88 % du coton et 86 % du maïs sont génétiquement modifiés (en 2010), d'après le Center for food safety (PDF).   

Le brevet, "directement inspiré du droit industriel, ne prend pas en compte la spécificité du vivant"explique l'interprofession française des semenciers, le GNIS. Il interdit à quiconque d'utiliser la variété protégée à titre expérimental ou pour la recherche, mais aussi, et surtout, pour faire des semences de ferme : traditionnellement, les agriculteurs sélectionnent et resèment ainsi leurs propres graines issues de leur récolte, ce qui leur permet de réduire leurs coûts et degagner en autonomie, mais aussi de favoriser l'adaptation des plantes aux conditions locales. Le système du brevet les oblige donc à racheter chaque année leurs graines aux semenciers – au premier rang desquels Monsanto, dont la technologie Roundup Ready est par exemple présente dans 94 % des variétés de soja OGM et 70 % du maïs OGM.

Lire aussi : Le 'Monsanto act' met les OGM au-dessus de la loi aux Etats-Unis

  • EN EUROPE, LE CERTIFICAT D'OBTENTION VÉGÉTALE...

En Europe, les variétés végétales ne sont pas brevetables. C'est le Certificat d'obtention végétale (COV) qui, depuis 1961, tient lieu de droit de propriété intellectuelle en agriculture. A l'inverse du brevet, ce dernier permet d'utiliser la variété à des fins de recherche et d'expérimentation, mais aussi en semences de ferme, à condition que l'agriculteur paie une redevance au propriétaire du COV. Cette dernière règle a été introduite en France par la loi de novembre 2011, qui a mis fin à un flou juridique en autorisant les semences de ferme – taxées –, pour 21 variétés de cultures agricoles (céréales, fourrages, pomme de terre...) uniquement.

Lire : Pour les agriculteurs, ressemer sa propre récolte sera interdit ou taxé

Pour obtenir un COV, la variété doit être homologuée selon certains critères : la distinction, à savoir son originalité par rapport aux variétés existantes, l'homogénéité entre ses différents individus, et la stabilité de ses caractéristiques après reproduction. En dehors de ces critères standardisés, point d'inscription au catalogue officiel ni, jusqu'à présent, d'autorisation de commercialisation. Au final, ces variétés protégées par COV correspondent à 99 % des plantes cultivées en France, selon Delphine Guey, du GNIS.

  • ... MAIS DE PLUS EN PLUS DE BREVETS SUR LES GÈNES

Aux côtés du COV existe aussi, en Europe, le brevet sur les végétaux. Non pas pour la variété entière, mais uniquement pour un de ses gènes – qu'il soit obtenu par sélection et croisement classiques, ou par introduction, par transgenèse, dans les cellules de la plante. Du coup, c'est ce caractère génétique que le propriétaire du brevet détient exclusivement – même s'il se retrouve, par propagation, dans les plantes du champ voisin.

En France, on ne trouve pas encore de végétaux brevetés dans le commerce. Mais les brevets accordés sur les fruits et légumes se multiplient en Europe. Récemment, le groupe d'agrochimie Syngenta a par exemple reçu un brevet sur son melon baptisé EP1587933, issu d'un croisement avec un melon indien, pour le caractère doux et amer de son goût. Du coup, la firme revendique la propriété sur tous les melons qui détiennent cette teneur, précisément mesurée, en acidité et en sucre, explique l'ONG "No patent on seeds". Grâce à ces brevets, "Monsanto et Syngenta détiennent ensemble déjà plus de 50 % des semences de variétés de tomates, poivrons et choux-fleurs enregistrées dans l'UE"alarme ainsi l'ONG Swissaid (PDF), qui s'inquiète de la concentration accrue de ce marché agroalimentaire. 

Autre inquiétude des agriculteurs : le brevet est beaucoup plus facilement détectable que le COV. Dans le premier cas, il suffit d'un test pour identifier le gène protégé. Dans le second, puisque les plantes resemées par l'agriculteur ne sont pas des clones et varient toujours de la récolte précédente, difficile pour le détenteur du COV de prouver qu'il s'agit de sa variété. Le brevet renforce donc le contrôle sur les semences de ferme, estime Guy Kastler, du réseau Semences paysannes.

  • RÉFORME DES SEMENCES : UNE OUVERTURE ACCRUE AUX BREVETS ?

L'Union européenne prépare actuellement une réforme majeure du marché des semences – qui doit entrer en vigueur à l'horizon 2016 après approbation, par le Parlement et le Conseil européen, des propositions de la Commission. Elle ambitionne de protéger la diversité et la productivité agricole en Europe, et defaciliter la commercialisation des variétés industrielles. Mais derrière ce but affiché, elle "place toutes les semences sous le contrôle direct des titres de propriété de l'industrie, certificats d'obtention végétale et brevets"dénonce le réseau Semences paysannes, faisant écho à l'opinion d'écologistes et défenseurs du droit des paysans.

Lire (en édition abonnés) :  Bruxelles renforce la mainmise des grands groupes sur la commercialisation des semences agricoles

Parmi les nombreuses implications de ce paquet législatif, certaines concernent donc la propriété sur les semences. Il en est ainsi du catalogue officiel, qui recense les quelque 30 000 variétés autorisées en Europe, et qui sera désormais géré par l'Office communautaire qui délivre les titres de propriété sur les variétés, financé par les entreprises-mêmes qui détiennent les COV. Autre mesure : les agriculteurs qui produisent des semences – dont des semences de ferme – seront enregistrés sur un fichier, qui pourra faciliter les contrôles s'ils utilisent des semences échangées entre eux (ce qui est interdit), ou sous protection d'un COV.    

Surtout, cette réforme ouvre au marché européen les semences hétérogènes, jusqu'ici interdites car elles ne correspondent pas aux critères d'homogénéité nécessaires à leur inscription au catalogue. Cette nouveauté doit, certes, bénéficier aux nouvelles sélections biologiques ou paysannes qui échappent à ces critères standardisés. Mais elle facilite, par la même occasion, l'accès au marché de variétés brevetées – dont certaines, les dernières générations d'OGM surtout, ne sont pas assez stables ou homogènes pour satisfaire à ces critères d'homologation, selon Guy Kastler. Pour l'agriculteur anti-OGM, "on sait que si on a gagné cette bataille, c'est parce que les biotechnologies voulaient la même chose".

Angela Bolis

Comment Monsanto surveille les fermiers américains

 

"Les agriculteurs les appellent 'la police des graines' et utilisent des mots comme la 'gestapo' ou la 'mafia' pour décrire leurs tactiques"relate un article de Vanity Fair. Le reportage montre comment des inspecteurs de Monsanto viennent observer dans leurs champs les agriculteurs susceptibles de violer les brevets sur leurs variétés OGM, enregistrent des vidéos, prennent discrètement des échantillons de leur culture pour les faire analyser, ou encore encouragent les fermiers à dénoncer leurs collègues via un numéro en libre appel.

 

Sans compter les intimidations : le magazine rapporte notamment le témoignage de Gary Rinehart, qui a reçu la visite, par erreur, d'un de ces inspecteurs dans sa boutique du Missouri. Celui-ci lui a assuré qu'il avait la preuve qu'il avait planté des graines de soja OGM sans contrat avec la firme, avant de lui asséner : "Monsanto est grand. On t'aura. Tu paieras." Quand Vanity Fair a contacté Monsanto sur ces pratiques, la firme a seulement expliqué qu'elle "dépensait plus de 2 millions de dollars par jour dans des recherches pour identifier, tester, développer et mettre sur le marché de nouvelles semences innovantes et des technologies qui bénéficient aux agriculteurs".

 

Fin 2012, Monsanto avait empoché plus de 23 millions de dollars (18 millions d'euros) de dommages et intérêts de la part de fermiers américains, après avoir intenté pas moins de 142 procès pour violation des brevets contre 410 agriculteurs et 56 petites entreprises agricoles. Mi-février, un rapport du Center for food safety intitulé "Les géants des semences contre les fermiers américains" expliquait que l'entreprise emploie 75 personnes et un budget de 10 millions de dollars pour ces poursuites judiciaires. Ce contrôle tenace inquiète aussi les agriculteurs qui n'ont pas acheté de semences Monsanto, mais dont les champs, entourés de cultures OGM, sont susceptibles de se faire contaminer.

 

L'Europe responsable de plus du tiers de le déforestation mondiale en raison des importations de viande

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/07/03/l-europe-importe-massivement-des-produits-lies-a-la-deforestation_3440966_3244.html

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L'Europe importe massivement des produits liés à la déforestation

LE MONDE | 03.07.2013 à 10h46 • Mis à jour le 03.07.2013 à 12h15 |Par Laurence Caramel

L'Europe est responsable de plus du tiers – 36 % exactement – de la déforestation liée au commerce international. Loin devant les Etats-Unis, le Japon et la Chine. L'étude commandée par la Commission européenne à un consortium d'instituts de recherche et publiée mardi 2 juillet, après deux ans de travail, éclaire avec une précision sans précédent le rôle joué par la consommation des Européens – et leurs habitudes alimentaires en particulier – dans la destruction des grands massifs forestiers tropicaux.

L'Union européenne (UE) s'est fixé pour objectif de réduire de moitié la déforestation dont elle est la cause d'ici à 2020 et de la ramener à zéro d'ici à 2030. Cette ambition affichée depuis 2008 a été réaffirmée le 19 juin, dans le cadre de la discussion sur le prochain programme d'action sur l'environnement. Ce que n'ont pas manqué de rappeler les ONG environnementales : l'Europe doit maintenant "donner des indications concrètes sur la façon dont nous pouvons à la fois réduire notre impact sur ces forêts menacées et contribuer à réduire la consommation de produits liés à la déforestation", a déclaré Anke Schulmeister, du WWF Europe.

"Il est dommage de constater qu'une grande partie des approvisionnements agricoles de l'UE est issue de l'exploitation de terres nouvellement défrichées,déplore-t-elle. Si nous prenons en compte ces impacts indirects, notre contribution réelle au changement climatique et à la perte de biodiversité est alors bien plus élevée que ce que nous pouvions imaginer."

ENTRE 1990 ET 2008, 127 MILLIONS D'HECTARES PERDUS

Entre 1990 et 2008, les forêts – essentiellement dans les pays tropicaux – ont perdu 127 millions d'hectares de superficie, dont 29 millions peuvent être attribués, selon le rapport, à des conversions de terre destinées à satisfaire la demande de pays tiers. L'UE a contribué à ce bilan à hauteur de 8,4 millions d'hectares, l'Asie de l'Est (y compris la Chine) pour 4,5 millions et l'Amérique du Nord à hauteur de 1,9 million.

Dans le même temps, la superficie de la forêt européenne est restée quasiment stable, ce qui signifie que l'UE a continué à faire supporter l'essentiel de l'impact environnemental de sa consommation à d'autres : "La stratégie d'approvisionnement de l'UE apparaît très clairement", constatent les auteurs du rapport. L'UE satisfait l'appétit de viande des consommateurs européens en important de plus en plus d'Amérique du Sud – le Brésil étant de très loin au premier rang – de la viande de bœuf directement, ce qui se traduit par une extension des zones de pâturages, des tourteaux de soja pour alimenter son propre bétail... Au total, l'augmentation de la consommation de viande explique 60 % de la "déforestation importée" par l'UE, selon l'indicateur utilisé par l'étude.

UNE JOURNÉE SANS VIANDE POURRAIT FAIRE UNE DIFFÉRENCE

Le développement des agrocarburants n'est pas en reste. "En quelques années, l'UE est passée d'un statut de petit exportateur d'huiles végétales à celui de gros importateur", poursuit le rapport, en s'interrogeant sur l'impact des objectifs ambitieux qu'elle s'est fixés en matière d'énergie renouvelable dans les transports. La part de la déforestation liée au commerce du bois apparaît moindre – 240 000 hectares : un résultat probablement sous-estimé, concèdent les auteurs, qui se sont appuyés sur les chiffres officiels, lesquels ne prennent pas en compte les coupes illégales de bois.

"Si rien n'est fait, l'empreinte forestière de l'UE va continuer de s'aggraver",s'inquiète Sébastien Risso, chargé des forêts au bureau européen de Greenpeace. C'est en effet ce que montre l'étude : continuer à assurer aux Européens la même quantité de viande demandera de dégager plus de 3 millions d'hectares de nouvelles surfaces. D'autres scénarios sont possibles : adopter un régime bulgare – le moins carné – ou le régime autrichien qui, à l'inverse, comporte le plus de protéines animales. Entre les deux, adopter une journée sans viande pourrait déjà commencer à faire une différence, suggère l'étude, dont la Commission européenne a pris soin de préciser qu'elle n'engage que ses auteurs.

02/07/2013

Les vitrines de magasins devront être éteintes entre 1 heure et 7 heures du matin

lu sur :

http://www.lepoint.fr/economie/extinction-nocturne-des-feux-obligatoire-pour-les-vitrines-bureaux-et-facades-01-07-2013-1687816_28.php

Extinction nocturne des feux obligatoire pour les vitrines , bureaux et façades

Le Point.fr - Publié le 01/07/2013 à 15:35

La mesure issue du Grenelle de l'environnement doit permettre de réaliser des économies d'énergie, de réduire la facture et de limiter la pollution lumineuse.

Source AFP

Redonner leur place aux étoiles et... alléger un peu la facture d'électricité. L'extinction des vitrines, magasins, bureaux et façades de bâtiments (monuments, écoles, mairies) devient obligatoire la nuit à partir de lundi, avec des dérogations possibles pour certaines zones touristiques et au moment des fêtes. C'est déjà très souvent le cas, mais c'est désormais une obligation légale : l'éclairage des façades des bâtiments non résidentiels, comme les monuments, mairies, écoles, gares, entreprises ou encore entrepôts, devra être coupé au plus tard à une heure du matin, en vertu de l'arrêté qui entre en vigueur le 1er juillet. Idem pour les vitrines de magasins qui devront être éteintes entre 1 heure et 7 heures du matin, ou "une heure après la fermeture lorsque l'activité se poursuit après 1 heure", indique le ministère de l'Écologie. Enfin, les éclairages intérieurs des locaux à usage professionnel, au premier rang desquels les bureaux, devront aussi être éteints au maximum une heure après la fin de l'occupation des lieux.

Ces mesures, qui ne concernent pas les bâtiments résidentiels, l'éclairage public, ni les éclairages destinés à assurer la sécurité des bâtiments, se veulent d'abord pédagogiques, dit-on au ministère. Mais les contrevenants risquent jusqu'à 750 euros d'amende, les contrôles revenant aux maires et aux préfets.

Cette extinction des feux obligatoire concrétise des promesses nées du Grenelle de l'environnement et devrait permettre d'alléger - un peu - la facture d'électricité : les économies espérées sont de l'ordre de 2 térawattheures (TWh) par an, soit 200 millions d'euros, selon le ministère. Mais elle doit aussi permettre de réduire la pollution lumineuse en ville, peu appréciée des animaux (migration et alimentation des oiseaux, par exemple) comme des humains. "Cela va plutôt dans le bon sens", salue Anne-Marie Ducroux, présidente de l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANCPEN). "Mais on reste vigilants sur les dérogations, la ministre de l'Écologie nous a promis une évaluation début 2014 pour voir comment cette obligation est effectivement mise en place et comment elle est contrôlée", ajoute-t-elle.

"Pas dramatique" pour les commerçants

Le texte prévoit en effet la possibilité de dérogations préfectorales pour la veille des jours fériés, pour les illuminations de Noël, lors d'événements locaux, mais surtout "dans les zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente". Quarante et une communes sont concernées par ces exceptions, dont la Ville Lumière (Champs-Élysées, Butte Montmartre, rue de Rivoli, place des Vosges...), mais aussi le centre touristique de Marseille ou de Nice et le Vieux Lyon, avait indiqué le ministère lors de la publication de l'arrêté en janvier.

L'obligation va ainsi s'appliquer "avec souplesse", se félicite Claude Boulle, président de l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV). "Pour le commerce proprement dit, le sujet n'est pas dramatique, au fond, c'est plus une mesure symbolique", selon lui. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) estime aussi que cette "réglementation a été largement anticipée", notamment par des mesures volontaires d'efficacité énergétique. Certains jugent toutefois surestimées les économies potentielles avancées par le ministère. Le Syndicat de l'éclairage, qui regroupe une cinquantaine d'entreprises de matériel électrique, chiffre la baisse de la consommation à seulement 0,5 TWh, soit quatre fois moins que ce qu'avance le gouvernement. Tout en se disant favorable à la démarche, le syndicat estime pour sa part que des mesures touchant les modes d'éclairage et le matériel utilisé permettraient d'économiser jusqu'à 16 TWh dans les bâtiments non résidentiels, dont la consommation annuelle totale (jour et nuit) pour l'éclairage atteint 37 TWh.

Depuis juillet 2012, les nouvelles enseignes lumineuses, non visées par cet arrêté, doivent également être éteintes. Mais pour celles qui étaient déjà en place à cette date, un délai de six ans a été accordé aux entreprises pour se mettre en conformité.

21/06/2013

Pour inciter aux déplacements à bicyclette ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/style/article/2013/06/20/a-quand-une-indemnite-pour-se-deplacer-a-bicyclette_3433080_1575563.html

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A quand une indemnité pour se déplacer à bicyclette ?

LE MONDE | 20.06.2013 à 16h01 • Mis à jour le 20.06.2013 à 16h02 |Olivier Razemon

Recevra-t-on bientôt une somme de 21 centimes par kilomètre pour se rendre au travail sur son vélo ? La création d'une "indemnité kilométrique cyclable", comparable à celle qui est déjà versée aux automobilistes, constituerait la mesure la plus symbolique du "plan vélo" que prépare le gouvernement pour la fin de l'année. Il a fallu près d'un an pour convaincre le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, de se mettre dans la roue de son prédécesseur, Thierry Mariani, qui avait présenté un premier "plan vélo" en janvier 2012.

Le gouvernement souhaite ainsi développer les "modes actifs", ainsi que l'on baptise, dans le jargon officiel, le fait de se déplacer à l'aide de ses propres jambes, autrement dit à pied, à vélo, voire sur une trottinette. Un groupe de travail réunissant 34 personnes, responsables associatifs, parlementaires, élus locaux et fonctionnaires, doit remettre ses conclusions à l'automne. Son animateur, Dominique Lebrun, coordinateur interministériel pour le développement de l'usage du vélo et adjoint (Nouveau Centre) au maire de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est allé chercher son inspiration en Autriche, à Vienne, où s'est tenu du 11 au 14 juin le congrès Vélo-City, qui réunit chaque année les spécialistes mondiaux du sujet.

PAS SEULEMENT UN LOISIR

Parmi les mesures examinées par le groupe de travail figurent, outre l'indemnité kilométrique, le développement du tourisme cyclable et une campagne nationale de communication. L'Etat pourrait également financer l'aménagement de places de stationnement pour vélos aux abords des gares. Strasbourg, notamment, espère bien en bénéficier.

Toutefois, le plan vélo du gouvernement Ayrault risque de s'avérer minimaliste. Le groupe de travail, qui tiendra sa première réunion au ministère des transports les 4 et 5 juillet, peine à convaincre le ministre et son administration que le vélo est pour beaucoup de Français un moyen de transport quotidien et pas seulement un loisir ou un sport du dimanche.

L'Etat ne semble pas décidé à prendre des mesures qui auraient pour conséquence de limiter la place accordée à la voiture dans les villes. Il n'est pas question, par exemple, d'encourager la limitation de vitesse à 30 km/h, comme le font les villes allemandes, néerlandaises ou danoises. "A six mois desmunicipales, l'Etat ne peut prendre que des mesures molles", regrette un participant. Même la fameuse indemnité kilométrique ressemble à une chambre à air dégonflée. Son institution ne serait pas obligatoire mais resterait sujette au bonvouloir de chaque employeur.

Geneviève Laferrère, présidente de la Fédération des usagers de la bicyclette, est convaincue qu'un tel dispositif, à condition d'être généralisé, porterait ses effets."Les gens adorent compter combien d'euros ils parviennent à grappiller", assure-t-elle. Mais le ministère tient absolument à évaluer le "retour sur investissement" de la mesure. Or, si les services du ministère de la santé admettent depuis 2008 que la pratique quotidienne de la bicyclette est excellente pour la santé, on peine toujours à chiffrer précisément les bénéfices pour le budget de la Sécurité sociale.

19/06/2013

Pollution de l’air et autisme

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon des scientifiques de la faculté de santé publique de l’Université de Harvard (Massachusetts), « les femmes exposées durant leur grossesse à des niveaux de pollution de l’air élevés auraient deux fois plus de risque de donner naissance à un enfant autiste que celles vivant dans un environnement préservé », note Le Monde.Le Monde, 19/06

Les pesticides sont responsables de la perte de la biodiversité

lu sur :

https://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=pesticides-spark-broad-biodiversity-loss

Pesticides Spark Broad Biodiversity Loss: Scientific American

Agricultural chemicals affect invertebrates in streams and soil, even at "safe" levels

 

Agricultural pesticides have been linked to widespread invertebrate biodiversity loss in two new research papers.

Pesticide use has sharply reduced the regional biodiversity of stream invertebrates, such as mayflies and dragonflies, in Europe and Australia, finds a study published today in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

Previous research has shown similar decreases in individual streams, but the study by Mikhail Beketov, an aquatic ecologist at the Helmholtz Center for Environmental Research in Leipzig, Germany, and his colleagues analyzed the effects of pesticides over broad regions.

The team examined 23 streams in the central plains of Germany, 16 in the western plains of France and 24 in southern Victoria, Australia. They classified streams according to three different levels of pesticide contamination: uncontaminated, slightly contaminated and highly contaminated.

The researchers found that there were up to 42% fewer species in highly contaminated than in uncontaminated streams in Europe. Highly contaminated streams in Australia showed a decrease in the number of invertebrate families by up to 27% when contrasted with uncontaminated streams.

Moreover, the authors say that diversity decreased at pesticide concentrations that European regulations deem environmentally protective. "It shows our risk assessments don't work," says Beketov. "I think we should care about this because invertebrates are an important part of the food web." 

Emma Rosi-Marshall, an aquatic ecologist at the Cary Institute of Ecosystem Studies in Millbrook, New York, says that she finds the results compelling. "We are at a crisis point, with species loss on a global scale, especially in freshwater ecosystems. Considering pesticides along with other known threats to biodiversity may be crucial for halting species declines," she says.

But toxicologist Keith Solomon of the University of Guelph in Ontario, Canada, says he has concerns about the study's sample size. "It begs the question as to what is happening in all the other streams out there," he says. "If these streams are representative of the worst case, then the effects may only be confined to these types of scenarios and not apply to the entire environment."

Insecticide threat
The second paper, from biologist Dave Goulson of the University of Sussex, UK, reviews the environmental risk posed by neonicotinoid insecticides. Its publication on 14 June in The Journal of Applied Ecology comes soon after the European Commission's April announcement of a two-year ban on three commonly used neonicotinoids over concerns that they are killing bees.

Goulson's work includes data from agrichemical companies and suggests that neonicotinoids accumulate in soil at levels that can kill soil invertebrates such as Eisenia foetida, a type of earthworm. 

"The bulk of these studies suggest the half-life of these chemicals is between one and four years," he says. "If you apply these chemicals once a year on crops, they will accumulate."

Goulson's review also cites earlier studies suggesting that grain-eating birds such as partridges may be dying after eating as few as five seeds treated with neonicotinoids. The insecticide is most often applied as a seed dressing to crops such as maize and soya beans. "The very strong focus on bees has perhaps blinded people to the broader implications," Goulson says.

Both papers demonstrate the importance of conducting ecosystem assessments after pesticide use, says ecotoxicologist Ken Drouillard of the University of Windsor in Ontario, Canada. "We can't think our job is done after the [pre-application] risk assessment," he says. "Unfortunately during a global economic crisis, budget cuts come at the cost of ecosystem health monitoring."

This article is reproduced with permission from the magazine Nature. The article was first published on June 17, 2013.

17/06/2013

Pesticides : le dossier de l'INSERM

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Suite à la vaste expertise collective de l’Inserm établissant un lien entre les pesticides et plusieurs maladies graves comme des cancers (cf synthèse de presse du 13 juin), les ministres en charge de la Santé, de l’Agriculture et de l’Ecologie ont annoncé vendredi dans un communiqué commun avoir saisi l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) ” afin qu’elle évalue l’impact de ces nouvelles données sur les autorisations nationales existantes’’ .

Au niveau européen, ils feront part de « ces nouveaux éléments » en vue de « la réévaluation des substances actives autorisées au niveau communautaire ».

AFP, 14/06

Reprise information presse du 13/06 :

Pesticides : Effets sur la santé, une expertise collective de l’Inserm

Le dossier :

pesticides-santé.pdf

13/06/2013

Pesticides : le pire est déjà là ...

... et les "décideurs politiques" restent inféodés aux lobbies, il faut en être conscient.

Donc, pour changer la donne, pourquoi ne pas envisager des listes "citoyennes" en 2014 ?

(voir la note :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ? )

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/pesticides-les-preuves-du-danger-s-accumulent_3429549_3244.html

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LE MONDE | 13.06.2013 à 11h27 • Mis à jour le 13.06.2013 à 11h27

Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

En dépit des dénégations des industriels du secteur, les pesticides sont bel et bien impliqués dans un grand nombre de pathologies lourdes – cancers, maladies du sang, troubles neurologiques, malformations, etc. – dont l'incidence tend à augmenter dans le monde. C'est l'idée-force d'une impressionnante expertise collective menée sur l'ensemble des connaissances internationales actuelles, et pilotée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui l'a rendue publique jeudi 13 juin.

Cette synthèse rassemble les données épidémiologiques issues de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Finlande, Danemark, etc.), qui précisent les effets sanitaires des principaux produits phytosanitaires : insecticides, herbicides et fongicides. Une grande part du rapport concerne les expositions professionnelles (agriculteurs, ouvriers du secteur agrochimique, etc.), mais aussi les personnes vivant ou travaillant dans ou à proximité de zones agricoles. En France, terre d'agriculture, 15 % de la population sont ainsi concernés.

"AUGMENTATIONS DE RISQUES SIGNIFICATIVES"

Après avoir passé au crible la littérature scientifique internationale, les experts concluent que l'exposition à des pesticides conduit à "des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies".

C'est ainsi que chez les agriculteurs, les ouvriers de l'industrie qui fabriquent ces produits ou ceux qui les appliquent, il y a une "présomption forte" d'association entre une exposition professionnelle aux pesticides et la survenue de certaines proliférations malignes de cellules lymphoïdes (lymphomes non hodgkiniens) et de cancers de la prostate. Les agriculteurs et les applicateurs de pesticides sont également exposés à un risque accru de myélome multiple, une autre prolifération maligne dans la moelle osseuse. Et ce n'est pas tout. Que ce soit dans le cadre d'expositions professionnelles ou non, les adultes présentent un plus grand risque à développer une maladie de Parkinson.

Un lien avec d'autres pathologies comme les tumeurs du système nerveux central est aussi suspecté. En Gironde, par exemple, région viticole très consommatrice de pesticides, l'incidence de ces maladies est trois fois supérieure au niveau national. Entre 2000 et 2007, elle a augmenté de 17 %.

"ATTENTION AU SYNDROME DU RÉVERBÈRE"

Les travaux internationaux examinés mettent en lumière un autre fait majeur : la période de vulnérabilité que représente la grossesse. "Il y a une présomption forte d'un lien entre une exposition professionnelle de la femme enceinte à certains pesticides et un risque accru pour l'enfant de présenter un hypospadias ou de développer, plus tard, un cancer cérébral ou une leucémie", constate l'épidémiologiste Sylvaine Cordier (Inserm, université Rennes-I) et coauteure du rapport. Selon des données internationales, l'exposition professionnelle du père ou de la mère augmente de 30 % à 53 % le risque de tumeurs cérébrales de l'enfant à naître.

Les agricultrices enceintes ne sont pas les seules concernées. Celles qui habitent dans des zones agricoles d'épandage ou celles qui utilisent les pesticides à des fins domestiques le sont également : "Des études montrent un risque augmenté, pour l'enfant à naître, de leucémies, de troubles de la motricité fine, de déficit cognitif, de troubles du comportement comme l'hyperactivité", ajoute Mme Cordier.

Si les preuves sont suffisantes pour agir vis-à-vis de certains produits – les organochlorés et les organophosphorés –, Jean-Paul Moatti, directeur de l'Institut thématique "Santé publique" commun aux organismes de recherche publics français met en garde : "Attention au syndrome du réverbère où l'on ne regarde que ce qui est éclairé. Notre expertise collective pointe le développement de nombreuses pathologies, mais de futurs travaux pourraient découvrir des effets insoupçonnés des pesticides analysés, ou mettre en évidence la toxicité d'autres substances."

DES DÉCISIONS POLITIQUES ATTENDUES

Les auteurs recommandent donc d'"améliorer les connaissances sur l'exposition des populations" et d'obtenir la composition complète des produits mis sur le marché, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, les formules commerciales restant protégées par le secret industriel. En Europe, ces données ne peuvent être réclamées par un seul pays – comme aux Etats-Unis –, car elles relèvent de la règlementation communautaire.

"Si les auteurs de cette large expertise réclament surtout que l'on fasse plus de recherche, dit de son côté François Veillerette, porte-parole de l'association Générations futures, ils n'en tirent pas moins des conclusions très fortes, qui doivent mener à des décisions politiques : vente des pesticides interdites à des utilisateurs non professionnels ou interdiction pour les collectivités publiques d'y avoir recours..."

Retirer du marché les produits est parfois nécessaire mais pas toujours suffisant. Les scientifiques le savent bien. "De nombreux produits ont été interdits mais les plus persistants demeurent présents dans l'environnement ou s'accumulent dans la chaîne alimentaire, dont l'homme constitue le dernier maillon." Pour le député socialiste Gérard Bapt, qui avait déjà lancé l'alerte sur les dangers sanitaires du bisphénol A, et qui a organisé la présentation des résultats de l'expertise à l'Assemblée nationale, "ce travail montre l'ampleur du problème en matière de santé publique. La question est de savoir si, comme dans le cas du chlordécone aux Antilles, nous n'avons pas dépassé le point de non-retour".

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Pollution

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Le bisphénol A pénètre dans l'organisme par la bouche en contournant la fonction protectrice du foie

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La bouche, porte d’entrée du bisphénol A

Des chercheurs de l’Inra et de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse révèlent que « le bisphénol A (BPA) pénètre directement dans le sang au niveau de la bouche, une nouvelle porte d’entrée dans l’organisme mise en évidence chez l’animal », rapporte l’AFP.

Selon l’étude, menée chez le chien, le BPA traverse la muqueuse sublinguale et accède directement à la circulation sanguine. « Cette porte d’entrée dans l’organisme conduit à des concentrations dans le sang près de 100 fois supérieures à celles attendues lorsque la même quantité de BPA est absorbée au niveau intestinal », explique l’agence de presse.

Selon les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (*) , « si cette perméabilité était confirmée chez l’homme, du BPA pourrait directement pénétrer dans l’organisme par la muqueuse buccale », explique l’AFP. Et d’ajouter : « Elle révèlerait alors une voie originale d’entrée dans le corps humain qui est utilisée comme thérapeutique pour certains médicaments et qui contourne la fonction protectrice du foie ».

AFP, 12/06

(*) High Bioavailability of Bisphenol A from Sublingual Exposure

Véronique Gayrard, Marlène Z. Lacroix, Séverine H. Collet, Catherine Viguié, Alain Bousquet-Melou, Pierre-Louis Toutain, Nicole Picard-Hagen

Expertise collective sur les risques sanitaires des pesticides pour les agriculteurs

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les risques sanitaires des pesticides pour les agriculteurs

L’Inserm rend publique aujourd’hui une expertise collective, réalisée à la demande de la Direction générale de la Santé.

Comme le soulignent Le Figaro et Libération, cette expertise porte sur les risques sanitaires associés à une exposition aux pesticides, en particulier dans le monde agricole, et sur les effets sur le fœtus et les jeunes enfants.

L’expertise, qui a fait le bilan de la littérature scientifique internationale des trente dernières années, a constaté, concernant la période prénatale, « une augmentation significative du risque de fausses couches et de malformations congénitales lors d’une exposition professionnelle de la mère », indique Le Figaro. Le quotidien ajoute que d’autres études montrent « une atteinte de la motricité fine, de l’acuité visuelle et de la mémoire récente de l’enfant », ainsi qu’« un risque accru de leucémie et de tumeur cérébrale ».

Les experts, qui prônent un meilleur suivi longitudinal des enfants, estiment cependant que « l’ensemble des conséquences potentielles d’une exposition aux pesticides pendant la grossesse est encore insuffisamment évalué comme par ailleurs celles d’une exposition durant la période préconceptionnelle, la petite enfance et la période pré ou pubertaire ».

L’expertise collective constate notamment une hausse du risque de cancer de la prostate chez les agriculteurs, les ouvriers d’usines de production de pesticides et les populations rurales, de même qu’un risque accru de lymphomes non hodgkiniens et de myélomes multiples.

 

Le Figaro, Libération, 13/05 –

Expertise collective de l’Inserm : Pesticides : effets sur la santé”

12/06/2013

La politique française en matière d'ordures ménagères

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/11/gestion-des-dechets-en-finir-avec-les-demi-mesures_3428221_3232.html

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Gestion des déchets : en finir avec les demi-mesures

LE MONDE | 11.06.2013 à 17h25 • Mis à jour le 11.06.2013 à 18h21

Par Gilles van Kote

Est-ce vraiment un paradoxe ? Alors que la France compte parmi les fleurons de son économie deux groupes de dimension internationale présents dans le secteur des déchets, Veolia et Suez Environnement, ses performances en matière de gestion des déchets la placent au milieu du peloton européen. Avec un taux de recyclage et de compostage de ses ordures ménagères de 37 % en 2011, selon les dernières statistiques disponibles, elle est légèrement au-dessous de la moyenne communautaire (40 %), et bien loin des pays d'Europe du Nord, qui frisent ou dépassent les 50 %.

La faute, en premier lieu, à un taux de mise en décharge de 28 %, quand les pays les plus vertueux ont quasiment éradiqué ce mode de traitement, classé bon dernier dans la hiérarchie européenne définie par la directive sur les déchets de 2008. Certains experts du secteur n'hésitent pas à faire un lien entre cette situation et les marges réalisées par les opérateurs sur le stockage des déchets.

Un rapport du Commissariat général au développement durable, rendu public fin mai, dénonce entre les lignes la frilosité de la politique française en matière d'ordures ménagères. Le rapport s'intéresse à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), principal outil fiscal à la disposition de la puissance publique. Les auteurs s'appuient sur une étude de 2012 de la Commission européenne qui établit – somme toute logiquement – une nette corrélation entre le taux des taxes appliquées à l'incinération ou au stockage et le pourcentage de déchets ménagers recyclés ou compostés.

En résumé : plus on taxe les modes de traitement considérés comme les moins vertueux du point de vue environnemental, plus on favorise le développement des solutions alternatives comme la prévention, le réemploi, le recyclage ou la valorisation organique. C'est ce que les spécialistes appellent le "signal prix".

La France a fait un pas en avant avec la loi de 2009 dite Grenelle 1, qui fixe des objectifs de réduction de la production de déchets, de réduction de la part des déchets mis en décharge ou incinérés en 2012 et le passage à 45 %, en 2015, du taux de recyclage et de compostage. Pour y parvenir, la loi prévoit une hausse régulière de la TGAP sur la mise en décharge et son extension à l'incinération, jusqu'alors épargnée.

Or le rapport constate que seulement 10 % des tonnages de déchets stockés et 3 % des tonnages incinérés sont soumis au taux plein de la TGAP. Pour des raisons sans doute excellentes, notamment l'amélioration des performances énergétiques et environnementales des installations, les modulations et exemptions sont devenues la règle. Résultat : " Le taux effectif moyen pour le stockage est de 14,6 euros la tonne lorsque le taux plein est de 20 euros et pour l'incinération de 2,9 euros la tonne pour un taux plein de 7 euros." Aux Pays-Bas, la taxe sur la mise en décharge dépasse les 100 euros la tonne, où ce mode de traitement a presque disparu.

Un signal insuffisant

"Le signal prix donné par la TGAP reste insuffisant", conclut le Commissariat général au développement durable, dans un appel implicite à augmenter les taux de la TGAP et à limiter les modulations et exemptions. Tout en notant les progrès effectués en matière de prévention et d'extension de la redevance incitative, le rapport souligne que "certaines thématiques comme le tri des déchets des entreprises ou la valorisation des déchets du bâtiment et des travaux publics sont clairement en panne".

Le message est clair : fini le temps des demi-mesures. S'il faut considérer les déchets comme des ressources à valoriser et non comme des rebuts à éliminer, la France doit passer à la vitesse supérieure.

Cela tombe à pic : un des cinq chantiers de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 20 et 21 septembre sera consacré à l'économie circulaire, et notamment au recyclage et à la valorisation des déchets. Et une loi-cadre sur l'économie circulaire, actuellement en préparation au ministère de l'écologie, devrait suivre.

Voilà un domaine où, avec un peu de volonté politique, on peut faire preuve d'audace. Un exemple : la collecte séparée des biodéchets, ou déchets organiques. En France, ceux-ci représentent un tiers du poids des poubelles des ménages et finissent la plupart du temps incinérés ou enfouis, alors qu'ils peuvent produire de l'énergie grâce à la méthanisation ou fournir un amendement organique après compostage.

Seules 90 collectivités françaises pratiquent aujourd'hui le tri et la collecte séparée, selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) qui a lancé une campagne sur le sujet le 4 juin. Pourtant, cette méthode semble la plus indiquée pour obtenir des biodéchets non souillés, des installations de méthanisation performantes et du compost répondant aux normes européennes, actuellement en cours de révision. Mais la crainte d'une augmentation des coûts et de la complexité de la mise en place d'un troisième flux de tri – en plus des recyclals et des ordures résiduelles – en freine la généralisation. Celle-ci constituerait pourtant une étape historique dans la gestion des déchets en France et un geste politique susceptible d'emporter l'adhésion des citoyens. Encore faut-il être prêt à bousculer quelques vieilles habitudes. Chiche ?

vankote@lemonde.fr

De la biologie et du comportement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/06/03/les-animaux-aussi-n-en-font-qu-a-leur-tete_3423074_1650684.html

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Les animaux aussi n'en font qu'à leur tête - Le Monde

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.06.2013 à 16h34

Marion Spée

On s'attend à ce que l'antilope déguerpisse à la simple vision d'une lionne affamée ou que le phoque nage de manière effrénée pour échapper à l'orque qui le poursuit. Pourtant, certains animaux ne se comportent pas de manière stéréotypée face à une situation stressante ou nouvelle. Certains vont tenter de faire face à leur prédateur alors que d'autres vont filer à vitesse grand V. Certains vont explorer leur environnement alors que d'autres vont se restreindre à des espaces connus.

Ces attitudes variées pourraient s'expliquer par les différences de personnalité au sein d'une même espèce. Pourquoi et comment les animaux se distinguent dans leurs comportements individuels est une question "à la mode" qui suscite, depuis les années 2000, de plus en plus l'interrogation des scientifiques.

 

Une récente étude publiée dans Behavioral Ecology, menée par des chercheurs portugais, montre ainsi que l'émergence de différentes personnalités chez les astrilds ondulés pourrait être liée aux variations climatiques. Ces passereaux originaires d'Afrique subsaharienne mesurant à peine dix centimètres ont établi des colonies dans le monde entier en raison de leur popularité comme animal de compagnie.

Ils ont ainsi élu domicile au Portugal depuis une quarantaine d'années. C'est en utilisant des données sur leur expansion territoriale à travers le pays que les chercheurs ont établi ce lien entre personnalité et écologie des régions colonisées.

TEST DU MIROIR

Pour évaluer la personnalité des oiseaux, les scientifiques ont utilisé des tests reconnus. Celui du miroir consiste, comme son nom l'indique, à placer un miroir dans la cage de l'oiseau et à mesurer sa réaction face à ce qu'il pense être un conspécifique (qui appartient à la même espèce). C'est une appréciation de l'interaction sociale des oiseaux. Le test de l'openfield (champ ouvert) est, lui, utilisé pour évaluer le comportement exploratoire d'un individu dans un nouvel environnement.

Les individus les moins explorateurs sont les plus attentifs aux stimuli sociaux et se retrouvent ainsi en majorité dans les environnements où le climat est variable, tandis que le profil inverse est plus fréquent dans les environnements plus stables.

"Les variations climatiques saisonnières pourraient modifier la personnalité dans un court laps de temps et cette répartition géographique des oiseaux semble adaptative", propose Carlos Carvalho, doctorant au Centre de recherche en biodiversité et biologie évolutive à l'université de Porto et premier auteur de l'étude. "Une forte variation du climat implique une incertitude sur l'emplacement de la nourriture au cours de l'année. Apprendre des autres leur permettrait alors d'avoir une bonne compréhension de la situation", explique Gonçalo Cardoso, postdoctorant dans le même laboratoire et dernier auteur de l'étude. "L'intérêt d'étudier la personnalité des animaux est de comprendre les fondements biologiques des différences de comportements entre les individus, confie-t-il. Chez l'homme, c'est plus compliqué étant donné que l'influence culturelle est très importante."

FACTEURS ÉCOLOGIQUES

"L'étude ne montre qu'une corrélation, commente Denis Réale, titulaire de la chaire de recherche du Canada en écologie comportementale et animale et professeur à l'université du Québec à Montréal. Mais elle ouvre une voie intéressante pour comprendre quels facteurs écologiques influencent la personnalité." "Une preuve supplémentaire de la nécessité de prendre en compte le tempérament dans les études sur le monde animal", reconnaît Jean Clobert, directeur de recherche à la Station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis (Ariège).

Reste à déterminer si le façonnage de ces personnalités est dû à une plasticité au cours du développement des individus ou s'il s'agit d'une origine génétique. "L'étude ne permet pas de le dire", insiste Jean Clobert.

"Les gens sont intrigués par le caractère des animaux parce qu'ils font le lien avec leur propre tempérament", note Denis Réale. Etudiée depuis un siècle chez les humains, la notion de personnalité a été mise en évidence chez les animaux d'élevage il y a quarante-cinquante ans. A l'époque, on pensait que les hommes les avaient façonnés.

"On sait aujourd'hui que la personnalité est un phénomène général", assure Jean Clobert. Du papillon au chimpanzé en passant par le poulpe, tous ont leur tempérament. Celui-ci peut être classifié selon certains axes : audace-timidité, exploration-évitement ou encore agressivité.

"Les personnalités varient le long d'un continuum, explique Denis Réale. Un individu ne pourra pas devenir audacieux s'il est qualifié de timide, mais son degré d'audace pourra varier." De plus en plus d'études mettent en avant des liens entre tempérament et succès reproducteur ou survie. Ces résultats probants justifient aussi l'engouement des scientifiques pour cette thématique en vogue. "Il n'y a pas de personnalité optimale pour affronter toutes les situations", indique Denis Réale.

"Dans les situations de déséquilibre, comme celle relative au réchauffement climatique, l'hétérogénéité de la population devient importante", conclut Jean Clobert. Moralité : agiter les mains pour faire fuir une guêpe, ou vouloir que son chat soit le plus câlin de tous, peut conduire à des déconvenues.

Le gaz de schiste en France

à lire sur :

 

http://www.bastamag.net/article3110.html

 

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.
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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

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10/06/2013

Insectes pollinisateurs : "IL N'Y A PLUS DE TERRITOIRES EXEMPTS DE NÉONICOTINOÏDES EN EUROPE"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/08/quand-londres-defend-a-tort-des-produits-tueurs-d-abeilles_3426581_3214.html

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Quand Londres défend à tort des produits tueurs d'abeilles

LE MONDE | 08.06.2013 à 10h26 • Mis à jour le 08.06.2013 à 10h26

Par Stéphane Foucart

Tenter de démontrer que les insecticides n'ont pas d'effets sur les insectes peut conduire à d'inattendus tête-à-queue. L'agence de sécurité sanitaire et environnementale britannique, la Food and Environment Research Agency (FERA), vient de l'apprendre à ses dépens : elle a reçu un cuisant camouflet de la part de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a publié, le 5 juin, une sévère critique de l'une de ses études.

A l'été 2012, la FERA avait mené une expérience en plein champ sur plusieurs colonies de bourdons, certaines placées à proximité d'un champ de colza non traité, d'autres mises devant un champ traité au clothianidine (Poncho), d'autres encore devant un champ traité à l'imidaclopride (Gaucho). Elle avait conclu qu'il n'existait aucune différence significative entre les trois groupes de bourdons. Des résultats rendus publics en mars, mais jamais publiés dans une revue scientifique.

Le gouvernement britannique les a pourtant mis en avant avec force, pour contester la récente proposition de la Commission européenne d'interdire, pour deux ans et pour certains usages, ces insecticides, dits "néonicotinoïdes", mis en cause dans le déclin des abeilles. Bruxelles a donc saisi l'EFSA pour avis.

Celui-ci est tombé comme un couperet. L'agence européenne liste vingt pages de griefs : manque de détails sur les niveaux d'exposition, lacunes méthodologiques graves, "incohérences" et "affirmations contradictoires sur les objectifs de l'étude", etc.

"IL N'Y A PLUS DE TERRITOIRES EXEMPTS DE NÉONICOTINOÏDES EN EUROPE"

Le point le plus cocasse est que les analyses effectuées sur les bourdons placés à proximité du champ non traité montrent qu'ils ont été, eux aussi, exposés à des néonicotinoïdes – clothianidine et thiaméthoxame (Cruiser). Cette contamination du groupe témoin suffit à invalider la conclusion de la FERA. Mais elle montre aussi, de manière assez embarrassante pour les agrochimistes, que les molécules incriminées dans le déclin des abeilles et des pollinisateurs sont désormais omniprésentes dans l'environnement, où elles peuvent se disséminer et persister pendant plusieurs années...

A l'automne 2012, David Goulson, un biologiste britannique auditionné par une commission parlementaire, avait prévenu : "Il est impossible de mener l'étude idéale : il n'y a plus de territoires exempts de néonicotinoïdes en Europe." La FERA, elle, maintient que son étude est "robuste".

Abeilles

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09/06/2013

Le gaz de schiste en France

à lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

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sur le même sujet, lire sur Bastamag :

http://www.bastamag.net/article3110.html

Energies

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.

07/06/2013

OGM dans l'alimentation humaine : vers plus de transparence ?

... au moins aux USA . Rien dans l'Europe "à 27" de la "concurrence libre et non faussée" pour l'instant.

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article5432

La question de l'étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM agite depuis plusieurs années les États américains. Après une tentative ratée en Californie [1], l'état du Connecticut vient de voter une loi qui rend cet étiquetage obligatoire, sous conditions. D'autres états devraient lui emboîter le pas prochainement. Un effet boule de neige qui inquiète les industries agro-alimentaires et de biotechnologies, contraintes de changer leurs stratégies.

Le 3 juin 2013, dans la foulée du Sénat, les députés du Connecticut ont adopté à une très large majorité (134 contre 3) une loi qui rend obligatoire l'étiquetage des produits alimentaires génétiquement modifiés ou issus d'OGM. Elle doit désormais être signée par le gouverneur de l'état, Dannel P. Malloy, qui s'est engagé à le faire rapidement [2]. Si cette loi est une grande première aux États-Unis, son entrée en vigueur n'est en revanche pas immédiate : elle est conditionnée par l'adoption de lois similaires dans au moins cinq autres états dont deux voisins du Connecticut, et représentant au total 25 millions d'habitants (section 3 de la loi). Pour les députés, l'état du Connecticut est trop petit pour faire cavalier seul.

Seize projets de loi en débat

Interrogé par Inf'OGM, Tim Bergin, juriste au Parlement du Connecticut, se dit optimiste quant à la possibilité que d'autres états adoptent de telles lois sur l'étiquetage des OGM. Et cet optimisme se comprend au regard des nombreux projets de loi similaires déposés auprès des parlements des états. A l'heure actuelle, Inf'OGM a comptabilisé pas moins de 16 projets de loi en débat (Arizona, Colorado, Floride, Illinois, Indiana, Iowa, Maine, Minnesota, New Jersey, New Hampshire, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Virginie et Washington). Et dans trois états, ces lois ont déjà été adoptées par les Députés et sont actuellement examinées par le Sénat... : Alaska (ne concerne que l'étiquetage du saumon GM) ; Hawaï et Vermont (voté le 10 mai, par 99 voix pour et 42 contre). Cependant, dans six autres états (Californie, Maryland, Missouri, Nouveau Mexique et dernièrement New-York), de tels projets de loi ont déjà été déboutés. La bataille pour l'étiqueta ge n'est donc pas gagnée mais n'a jamais été aussi proche de l'être.

La loi prévoit que nul ne peut vendre ou distribuer soit de la nourriture destinée à l'alimentation, soit des semences pour produire des aliments entièrement ou partiellement génétiquement modifiés, à moins d'être étiquetées comme telle. Cette règle est assortie de nombreuses exceptions : l'alcool, les produits préparés pour être consommés immédiatement, la restauration collective, les produits agricoles en vente directe ou semi-directe, et surtout les produits issus d'animaux nourris aux OGM (lait, viande, œuf)... Cette dernière exception réduit considérablement la portée de cette loi, étant donné qu'aux États-Unis, comme dans l'Union européenne, les OGM servent principalement à nourrir le bétail... Cependant, à la différence de l'Union européenne, de nombreux produits destinés à l'alimentation humaine intègrent dans leur recette des OGM, comme les crèmes glacées avec la lécithine de soja ou les huiles issues de colza ou de soja GM. En cas de non respect pa r le producteur, la pénalité a été établie à 100 euros par jour et par produit non correctement étiqueté.
Dans une note élaborée par les services du Parlement du Connecticut, le coût de mise en œuvre de cet étiquetage par l'administration de l'état a été « estimé à 117 632 dollars pour les années à venir » dont 80 000 dollars seraient consacrés aux salaires des inspecteurs et d'un juriste à temps partiel.

Un amendement fédéral pour interdire les velléités locales d'étiquetage ?

Cette situation ne satisfait pas les entreprises agro-alimentaires et de biotechnologies qui ont décidé de répliquer sur un autre front. Plutôt que de mener une bataille coûteuse (et finalement incertaine) dans chaque état, elles essayent en effet de faire interdire directement au niveau fédéral cette compétence des états. C'est dans la loi d'orientation agricole (Farm bill), actuellement en débat au Congrès, que les lobbyistes ont décidé de battre en brèche la transparence vis-à-vis des produits alimentaires. Sous couvert de liberté de commerce et de non discrimination entre les produits, le député républicain de l'Iowa, Steve King, est en passe de voir son amendement intégré à cette loi d'orientation [3]. L'amendement a déjà été adopté par la Commission « agriculture » de l'Assemblée nationale fédérale. La portée de cet amendement est vaste mais concerne directement l'étiquetage des OGM. Il interdit aux états de prendre des lois qui imposeraient des conditions de production des produits agricoles qui sont vendus sur leur territoire mais produits dans d'autres États. Ainsi, l'étiquetage des OGM pourrait être considéré comme une entrave à la liberté de commerce inter-état et jugé discriminatoire pour les produits des autres états qui n'auraient pas adopté une telle obligation. Les multinationales agro-alimentaires et de biotechnologies n'ont pas réussi à faire interdire l'étiquetage des OGM par le Codex alimentarius au niveau mondial. Réussiront-elles a minima pour les États-Unis ? Réponse courant 2013 date à laquelle la Farm Bill devrait être adoptée.