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19/03/2013

Plus de perturbateurs endocriniens en Europe ?

lu sur :

http://www.francematin.info/Perturbateurs-endocriniens-le-Parlement-europeen-n-en-veut-plus_a27963.html

Mardi 19 Mars 2013
 

Le Parlement européen a voté aujourd’hui 14 mars, et à une très large majorité, en faveur d’un rapport (1) demandant des mesures claires pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Une avancée dont se félicite Michèle Rivasi, Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen et co-rapporteure de ce dossier.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui modifient le fonctionnement du système endocrinien et entraînent des effets irréversibles pour la santé. Ils peuvent contribuer à "la survenue de la cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum) chez le jeune garçon, du cancer du sein chez la femme, du cancer de la prostate, de troubles du développement du système nerveux et d'un déficit de l'attention/d'une hyperactivité chez l'enfant, ainsi que du cancer de la thyroïde", rappelle l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport publié le 19 février dernier (2).

Pour Michèle RIVASI : "On ne peut plus se permettre d'attendre pour agir. Le risque de maladies dues aux perturbateurs endocriniens est largement sous-estimé, et tous les jours, nous continuons à être exposés à ces substances, par le biais de notre alimentation ou par contact direct, à la ville comme à la campagne. Il est donc urgent de donner une définition claire et large de ces substances dangereuses afin de diminuer le risque d’exposition et de protéger les populations les plus à risque comme les femmes enceintes, le fœtus et les enfants ».

« En effet, les femmes enceintes pénalisent sans le savoir la santé de leurs enfants avant même qu’ils naissent. Il faut donc que les pouvoirs publics informent la population par le biais de campagnes d'informations nationales très claires : attention aux revêtements (du sol par exemple) en PVC, aux vernis de certains meubles, des boîtes de conserve qui contiennent du Bisphénol A, ou aux produits cosmétiques qui peuvent également contenir ces perturbateurs endocriniens. Nous nous félicitons que le lobby de l’industrie chimique, puissant et très présent dans les couloirs des institutions européenne, n'ait pas réussi à faire modifier les demandes clés du rapport », souligne l’eurodéputée.

Jean-Jacob BICEP, député européen (Les Verts/ALE), membre de la Commission du développement régional, a par ailleurs rappelé une triste réalité :

"Le chlordécone, ce pesticide qui a été largement utilisé aux Antilles jusqu'en 1993, véritable poison reconnu cancérigène, est un perturbateur endocrinien. Sa forte persistance le rend, encore aujourd'hui, extrêmement néfaste pour la santé humaine et pour l'environnement. A titre d'exemple, une étude de 2011 explicite des éléments en faveur d’une association causale entre exposition au chlordécone et cancer de la prostate. Si le principe de précaution avait été appliqué, ce scandale n'aurait pas eu lieu. Nous avons le devoir d'en tirer les leçons, de rendre ces scandales simplement impossibles à l'avenir".

(1) : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2013-0027&language=FR&mode=XML

(2) http://unep.org/pdf/9789241505031_eng.pdf       
 

Abandon de l'huile de palme par le fonds souverain de Norvège

lu sur :

http://www.boursorama.com/actualites/le-fonds-souverain-norvegien-abandonne-les-producteurs-d-huile-de-palme-4a59793af04fdbbab92c64a23b47b1f6

Le fonds souverain norvégien abandonne les producteurs d'huile de palme

Commodesk le 12/3/2013 à 9:45

Le Fonds souverain norvégien, chargé de gérer les revenus pétroliers du pays dans une optique durable, a vendu ses participations dans 23 entreprises productrices d'huile de palme en 2012, indique son rapport publié le 8 mars.

Les sociétés désinvesties, notamment en Indonésie, ne produisent pas dans la perspective de respect de l’environnement du Fonds, ont expliqué ses gestionnaires. Parmi elles figureraient nombre d'entreprises qui auraient participé à la déforestation à Bornéo, comme Wilmar ou Golden Agri-Resources.

La décision a été applaudie par la fondation Rainforest, qui demande depuis des années que la Norvège ne soutienne plus les producteurs d'huile de palme, destructeurs des forêts tropicales.

Toutefois, le fonds d’investissement a quadruplé ses parts dans la société malaisienne Sime Darby, critiquée pour ses conflits avec les populations locales. Le fonds ne désespèrerait pas de faire évoluer la politique de cette société. D’après Rainforest, il reste 12 sociétés délinquantes vis-à-vis de l’environnement dans le portefeuille du Fonds.

La décision reste symbolique, sachant que le fonds norvégien n’a pas investi plus de 0,56% de ses ressources (546 milliards d’euros) dans les pays en développement. Toutefois, elle pourrait avoir un effet d’entraînement sur d’autres fonds prenant en considération des critères d’éthiques.
 

Copyright 2013 © Commodesk.com

05/03/2013

Le trafic illégal du bois

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/04/l-europe-s-arme-contre-l-importation-de-bois-illegal_1842372_3244.html

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L'Europe s'arme contre l'importation de bois illégal

LE MONDE | 04.03.2013 à 15h14

Par Laurence Caramel

Du bois illégal en provenance du Liberia a-t-il transité par le port de Nantes en février ? C'est ce qu'affirme l'organisation non gouvernementale (ONG) Global Witness en accusant deux sociétés allemandes, B & T Wood et Treemex, d'avoir respectivement importé 1 631 m3 et 929 m3 de grumes issues de concessions dont les permis d'exportation ont été gelés en août 2012 par le gouvernement libérien. La première société – dans plusieurs courriers dont Le Monde a eu connaissance – réfute catégoriquement les accusations de Global Witness. La seconde n'a pas répondu aux sollicitations de l'ONG britannique. "Nous n'avons aucun doute, ce bois est illégal", affirme Alexandra Pardal, documents des douanes à l'appui.

Global Witness n'a pas choisi la date du 4 mars au hasard pour rendre publiques ses accusations. Elles interviennent au lendemain de l'entrée en vigueur du règlement bois de l'Union européenne (RBUE), censé barrer l'accès du bois exploité illégalement au marché communautaire. Il est la dernière pièce d'un plan d'action lancé il y a dix ans, qui allie politique de coopération avec les pays auprès desquels l'Europe s'approvisionne et traçabilité du bois acheté. 

Mais à ce jour, comme a voulu le rappeler Global Witness en mettant en avant cette affaire libérienne, l'Europe – qui se targue pourtant d'être à l'avant-garde de la lutte contre la déforestation – reste une passoire. Entre 20 % et 40 % du commerce mondial de bois sont d'origine frauduleuse, selon plusieurs sources, dont la Banque mondiale. En Europe, rien n'obligeait jusqu'à présent un importateur à justifier solidement l'origine de sa marchandise, et les contrôles des douanes restent rares.

INTENSE LOBBYING DES INDUSTRIELS DU SECTEUR

L'entrée en vigueur du règlement bois ne signifie pas pour autant qu'un couperet va tomber brutalement sur les entreprises. A l'instar de la France, qui n'a toujours pas désigné l'administration qui serait chargée de sanctionner les importateurs pris en faute, la plupart des pays ne sont pas prêts. Les règles que devront suivre les entreprises n'ont définitivement été fixées qu'en juillet 2012 par la Commission européenne.

La nouvelle législation cible les entreprises qui introduisent le bois pour la première fois sur le marché européen. Les grumes et tous les produits dérivés du bois (planches, panneaux en aggloméré, pâte à papier, etc.), mais aussi les meubles sont concernés. Seul le papier imprimé passe au travers des mailles du filet grâce à un intense lobbying des industriels du secteur.

Les entreprises devront être en mesure d'indiquer le pays de provenance, la région et la concession où l'arbre a été coupé. Le nom de l'essence, dans son appellation scientifique, devra être indiqué, de même que la quantité achetée, le prix payé ainsi que le nom et l'adresse du fournisseur. Chacune de ces étapes doit permettre à l'importateur d'évaluer le risque d'être en présence de bois illégal, pour l'exclure le cas échéant de ses approvisionnements.

Si une infraction est constatée, des sanctions seront appliquées : saisie de la marchandise, ordre de cessation d'activité, amende calculée à la hauteur du préjudice écologique et du manque à gagner fiscal pour les Etats floués. La France n'ira toutefois pas aussi loin que l'Allemagne et le Royaume-Uni, où le trafic de bois sera passible – comme aux Etats-Unis – de peines de prison.

De peur d'être un jour la cible de campagnes d'une ONG, nombre d'entreprises n'ont pas attendu la contrainte réglementaire pour assainir leurs pratiques. Les plus grandes ont commencé à acheter du bois certifié sous les labels FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC, et elles ont mis en place leur propre système de traçabilité.

LA CHINE, PLAQUE TOURNANTE DU TRAFIC DE BOIS AU MONDE

Dans son baromètre annuel qui classe 35 entreprises, WWF-France notait ainsi en décembre 2012 que Castorama et Ikea font beaucoup mieux par exemple que Saint Maclou ou Intermarché. Tout en déplorant que "trop de produits ne possèdent encore aucun renseignement sur l'origine du bois, même lorsqu'il peut provenir de zones à risque".

La signature d'accords de partenariat volontaire (APV) entre l'Union européenne (UE) et ses pays fournisseurs est censée tarir ces "zones à risque" avec lesquelles l'UE réalise une grande partie de son commerce. Six pays (Cameroun, Ghana, Indonésie, République centrafricaine, République du Congo et Liberia) ont jusqu'à présent signé de tels accords qui prévoient la réforme de leur secteur forestier (renforcement des capacités de surveillance des administrations forestières et douanières, création de systèmes de traçabilité) en échange d'un accès plus facile au marché européen.

Mais comme le montre la situation du Liberia, où une vaste opération de démantèlement de réseaux frauduleux est en cours, le système est encore loin d'être fiable et, pour l'instant, aucun signataire n'est en mesure d'offrir du bois estampillé "légal" à l'Europe.

La Chine, qui est le plus gros fournisseur européen et la première plaque tournante du trafic de bois au monde, n'entend pas s'engager dans le processus. Pas plus que le Brésil. "La lutte contre le bois illégal ne peut aboutir sans la coopération des gouvernements des pays tiers", rappelle pourtant Roselyne Defer, directrice développement de SGS, le leader mondial des systèmes de contrôle et de certification.

Lire aussi : Les entreprises publiques chinoises, plaques tournantes du trafic de bois

La mise en oeuvre du règlement bois européen est une étape importante pour la protection des forêts. Le défi suivant sera d'exiger que le bois importé provienne de concessions gérées de façon durable. La légalité, n'est pas, loin s'en faut, toujours un gage que les forêts ne sont pas surexploitées.

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La forêt tropicale victime de la demande européenne

12 % à 17 % C'est la part des émissions de gaz à effet de serre dont est responsable la déforestation des massifs tropicaux.

13 % C'est la part du bois tropical dans l'ensemble des importations de bois de l'Union européenne en 2010.

1 million de mètres cubes de bois tropical aurait été importé en France en 2008. Sa provenance, par ordre décroissant, serait la Chine, le bassin du Congo, l'Indonésie et le Brésil.

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Biodiversité

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28/02/2013

Pollution de l'air en France : conséquences sur les enfants

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-une-etude-montre-un-effet-des-particules-sur-le-poids-des-nouveau-nes_1827695_3244.html

Pollution : une étude montre un effet des particules sur le poids des nouveaux nés

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h27 • Mis à jour le 11.02.2013 à 10h43

Par Stéphane Foucart

Un élément de preuve décisif indique que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines de la pollution atmosphérique présentent un risque plus élevé d'accoucher d'un bébé dont le poids sera inférieur à 2,5 kg après une grossesse menée à terme. Cette insuffisance, qui touche environ 2 % des enfants, est associée à une probabilité plus forte de troubles ultérieurs.

La revue Environmental Health Perspectives (*) (EHP) publie, mercredi 6 février, la plus vaste étude internationale menée à ce jour sur le sujet. Ces travaux, coordonnés par Tracey Woodruf (université de Californie à San Francisco) et Jennifer Parker (National Center for Health Statistics), ont consisté en l'analyse de trois millions de naissances, recensées dans quatorze centres urbains répartis en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Asie.

"Le résultat est conforme à de précédentes études qui suggéraient un tel lien", explique Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Institut Albert-Bonniot (INSERM et université Joseph-Fourier de Grenoble) et coauteur de ces travaux. "Une méta-analyse comme celle-ci permet d'éviter les biais, en particulier les biais de publication" – une étude qui met en évidence un lien ayant plus de chances d'être publiée que celles qui n'en trouvent pas...

Les auteurs montrent que l'exposition moyenne à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de particules de diamètre inférieur à 10 microns (ou PM10), sur toute la grossesse, accroît le risque d'insuffisance pondérale du bébé de 3 %. L'exposition à 10 µg/m3 des particules les plus fines, dites PM2,5, conduit pour sa part à un risque accru de 10 %.

VÉHICULES DIESEL

Schématiquement, l'exposition d'une femme enceinte à une concentration moyenne de 30 µg/m3 de PM2,5 tout au long de sa grossesse conduirait ainsi à un risque de faible poids à la naissance accru de 10 % par rapport à une femme qui n'aurait été exposée qu'à 20 µg/m3...

Cependant, de telles déductions simples demeurent hasardeuses : les effets varient de manière très complexe, selon les régions, en fonction des proportions relatives de PM10 et de PM2,5. Plus ces dernières sont abondantes, plus le risque est élevé. Ce sont précisément ces particules qui ont atteint, le 12 janvier, à Pékin, un pic de concentration de 993 µg/m3.

Les particules fines proviennent essentiellement de la circulation automobile – en particulier des véhicules diesel – et de la combustion du charbon et de la biomasse. "Le risque individuel demeure faible, mais, en termes de santé publique, l'effet est très important, car de très grandes populations sont exposées à ces pollutions, explique M. Slama. On suspecte en outre que le faible poids à la naissance ne soit que le signe visible d'autres modifications, pouvant être associées à des risques accrus, plus tard dans la vie, de troubles du métabolisme ou de pathologies cardiaques..."

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les microparticules favorisent le cancer, l'arthérosclérose, les troubles respiratoires, le diabète, et affectent le développement neurologique des enfants et les fonctions cognitives.

Stéphane Foucart

(*) http://ehp.niehs.nih.gov/2013/02/1205575/

Lire aussi

Une étude établit un lien entre pollution et poids des bébés à la naissance

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/une-etude-etablit-un-lien-entre-pollution-et-poids-des-bebes-a-la-naissance_1827679_3244.html

Le Monde.fr | 06.02.2013 à 11h17 • Mis à jour le 06.02.2013 à 12h26 

Les femmes enceintes les plus exposées aux polluants des gaz d'échappement des automobiles et des centrales à charbon ont un risque plus élevé d'avoir un enfant dont le poids à la naissance sera trop faible, selon une vaste étude internationale, publiée mercredi 6 février dans la revue médicale américaine Environmental Health Perspectives.

Il s'agit de la recherche la plus étendue effectuée portant sur le lien entre la pollution de l'air et le développement du fœtus, précisent les auteurs, dont la Dr Tracey Woodruff, professeure de gynécologie et de science de la reproduction à l'université de Californie, à San Francisco. Cette recherche est basée sur trois millions de naissances dans neuf pays et dans quatorze sites en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Europe, en Asie et en Australie. La plupart des données ont été collectées entre le milieu des années 1990 et la fin de la décennie 2000.

Les scientifiques ont constaté que dans les différents sites dans le monde où cette recherche a été effectuée, plus le taux de pollution était élevé, plus grand était le taux de naissances d'enfants avec un poids insuffisant. Un faible poids à la naissance – moins de 2,5 kilos – est lié à des risques accrus de maladies et de mortalité postnatales ainsi qu'à des problèmes de santé chroniques plus tard dans la vie, relève le Dr Payam Dadvand, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, en Espagne, un des principaux coauteurs.

"Ce sont en fait des niveaux de pollution de l'air auxquels nous sommes quasiment tous exposés dans le monde", relève la Dr Woodruff. "Ces particules microscopiques, qui sont en taille inférieures au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, se trouvent dans l'air que nous respirons tous", ajoute-t-elle. La Dr Woodruff note que les pays qui ont des réglementations plus strictes pour limiter la pollution des automobiles et des centrales au charbon ont des niveaux plus faibles de ces polluants. "Aux Etats-Unis, nous avons montré pendant plusieurs décennies que les bienfaits pour la santé et le bien-être publics de la réduction de la pollution de l'air sont beaucoup plus grands que les coûts", insiste-t-elle.

Les particules polluantes en suspension dans l'air sont mesurées en microgrammes par mètre cube d'air. Aux Etats-Unis, les réglementations fédérales limitent la concentration moyenne annuelle à 12 microgrammes/m3 de particules mesurant moins de 2,5 microns. Dans l'Union européenne, cette limite est de 25 microgrammes/m3, et les agences de protection de l'envionnement examinent la possibilité d'abaisser ce niveau. A Pékin, la concentration de ces particules polluantes a été récemment mesurée à plus de 700 microgrammes/m3. "De tels niveaux sont de toute évidence totalement intenables pour la santé publique mondiale", souligne Mark Nieuwenhuijsen, du CREAL, autre coauteur de cette recherche.

Une autre recherche épidémiologique se penche actuellement sur les effets potentiels d'une exposition des femmes enceintes à certains degrés de cette pollution de l'air sur la santé de leur enfant plus tard dans leur vie.

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sur le même sujet :

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) va lancer cette année « une étude sur les particules fines présentes dans l’air, notamment celles émises par les véhicules diesel », rapportent Les Echos.

Les résultats de ces travaux, qui visent à « déterminer le profil et l’origine de ces substances », seront connus courant 2014, ajoute le quotidien.

Les Echos, 19/03/13

Pollution de l'air en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-de-l-air-pas-de-peages-urbains-ni-de-prime-a-la-casse_1827694_3244.html

Pollution de l'air : pas de péages urbains ni de prime à la casse 

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h14 • Mis à jour le 07.02.2013 à 14h04

Par Sophie Landrin

La France est condamnée à agir, mais elle fait du surplace depuis près de huit ans. Sous la menace d'une nouvelle mise en demeure de l'Europe, le gouvernement devait arrêter, mercredi 6 février, à l'issue d'un conseil interministériel, des mesures pour lutter contre la pollution de l'air, et notamment contre les particules fines en suspension, responsables de la mort prématurée de 42 000 personnes chaque année en France. 60 % des Français sont exposés à la pollution atmosphérique.

Le ministère de l'écologie veut sortir de la logique des zones d'action prioritaires pour l'air (ZAPA) imaginées par la majorité précédente, mais que les collectivités locales ont échoué à mettre en place, pour privilégier des dispositions plus générales. Celles-ci concernent les transports propres, la régulation des flux de véhicules, les installations industrielles et les cheminées chez les particuliers, la fiscalité des véhicules et l'information des citoyens. Ce n'est pas le grand soir. La ministre de l'écologie a travaillé avec les ministères de l'intérieur et des transports. Mais c'est à Bercy que les derniers arbitrages doivent être rendus.

Coincé par des marges économiques et budgétaires réduites, le gouvernement a renoncé à l'annonce des mesures fortes comme la "sortie" du diesel, principal contributeur de particules fines, la création de péages urbains, pour limiter l'accès des centres-ville où la pollution automobile est la plus élevée ou encore la suppression des véhicules les plus anciens et les plus polluants. Ils sont 6 millions et représentent 25 % de la pollution aux particules fines. Bercy ne veut pas entendre parler d'une prime à la casse. Le ministère de l'économie est plus favorable à "une prime à la conversion" ciblée sur les ménages modestes. Pour améliorer le parc automobile, de nouveaux standards de contrôle technique vont être définis.

LIMITER LA VITESSE ET LES FLUX DE VÉHICULES

Pour limiter les flux de véhicules, le gouvernement veut favoriser le covoiturage. Son organisation devrait être confiée aux collectivités territoriales dans le cadre de la loi de décentralisation actuellement en chantier.

Des mesures d'abaissement de la vitesse dans les zones de pollution seront également prises, comme sur le périphérique parisien. La mairie de Paris a annoncé mercredi qu'elle avait l'accord du gouvernement pour y abaisser la vitesse maximale autorisée de 80 à 70 km/h, une mesure que la capitale souhaite mettre en place "avant l'été". Cette annonce "permettra notamment de réduire la pollution et le bruit et de renforcer la sécurité routière sur cet axe", a souligné la ville.

Le gouvernement veut également durcir la réglementation et la définition des "pics" de pollution, et inciter les villes à adapter leur offre de transports en commun lors de ces journées de forte pollution.

LA "FIN" DU DIESEL SERAIT L'UNE DES MESURES LES PLUS EFFICACES

Deux autres contributeurs de la pollution aux particules seront concernés : les industries et les chauffages. Le seuil autorisé des émissions industrielles devrait être abaissé. Et les cheminées des particuliers devront être équipées d'insert. Delphine Batho veut également boucler d'ici à la fin 2013 la révision des 34 plans de protection de l'atmosphère, conduite par les préfets.

La question du diesel a été repoussée au printemps, dans l'attente des travaux de la commission chargée de réfléchir à la fiscalité écologique. La "fin" du diesel, réclamée par les écologistes, serait, selon les spécialistes, l'une des mesures les plus efficaces : les moteurs diesel, contrairement aux moteurs à essence, sont l'un des plus gros émetteurs de particules fines. La France possède l'un des parcs de véhicules diesel les plus importants au monde. Les gouvernements successifs ont largement favorisé son développement – et celui du constructeur PSA – par une fiscalité très avantageuse.

LA FRANCE MENACÉE DE LOURDES SANCTIONS

Ces mesures suffiront-elles à rassurer la Commission européenne ? La France est menacée de sanctions pour ne pas respecter la directive sur la qualité de l'air. Ce texte fixe des valeurs limites d'exposition du public aux particules fines en suspension dans l'air, les PM10, générées notamment par le trafic automobile.

En 2008, la France avait reçu une première lettre d'avertissement de la Commission européenne. Puis, en 2011, Bruxelles a décidé de traduire la France devant la Cour de justice européenne pour n'avoir pas agi ni limité les dépassements. Face à l'inertie française, la Commission devrait, d'ici mars, faire parvenir à Paris une mise en demeure. La procédure est longue, mais la France risque de se voir infliger tôt ou tard de lourdes sanctions financières.

En septembre 2012, Delphine Batho avait acté l'échec du dispositif des ZAPA et s'était donné six mois pour mettre sur pied un nouveau dispositif en partenariat avec les huit collectivités locales candidates. Paris a été reçue par des techniciens du ministère il y a une quinzaine de jours. Les représentants de ville étaient ressortis de leur entretien d'une heure pessimistes, avec l'impression que le gouvernement était "à court d'idées".

Pollution et engrais chimiques

les surlignages sont de moi

Rappelons que la France est le plus gros utilisateurs d'engrais chimiques en Europe, le  cinquième dans le monde (voir ci-dessous *)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/20/la-planete-souffre-d-une-crise-des-engrais_1834972_3244.html

Pollution

La planète souffre d'une crise des engrais

Le Monde.fr | 20.02.2013 à 07h41 • Mis à jour le 20.02.2013 à 10h20

Par Audrey Garric

L'azote et le phosphore, les deux engrais les plus utilisés dans le monde, sont à la fois trop consommés par endroits – engendrant des catastrophes environnementales – et mal répartis dans d'autres – faisant cruellement défaut dans les régions les plus pauvres. Ce sont les conclusions du Programme pour l'environnement des Nations unies (PNUE) dans son dernier rapport Our Nutrient World, publié lundi 18 février. 

L'application d'azote, de phosphore et d'autres éléments nutritifs utilisés pour favoriser la croissance des plantes et des animaux a eu des avantages énormes pour produire de l'énergie et surtout nourrir la population mondiale : le PNUE estime ainsi que ces engrais aident la moitié des 7 milliards d'êtres humains à manger et vont contribuer à assurer la sécurité alimentaire au cours du XXIe siècle.

UTILISATION EXCESSIVE D'ENGRAIS

Mais dans le même temps, l'utilisation excessive ou abusive d'engrais a entraîné une large pollution de l'air et de l'eau, menaçant la santé humaine, provoquant la prolifération d'algues toxiques, tuant les poissons, dégradant les écosystèmes fragiles et contribuant au changement climatique en émettant du protoxyde d'azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre possédant un potentiel de réchauffement 300 fois plus important que le dioxyde de carbone (CO2).

Depuis les années 1960, l'usage des engrais azotés a ainsi été multiplié par 9, tandis que ceux au phosphore ont triplé. D'ici à 2050, le recours aux engrais devraient encore augmenter de 40 à 50 %.

Ce recours aux nutriments s'avère toutefois inégalitaire : alors que les pays développés en usent et en abusent, certaines régions du monde, notamment en Afrique et en Amérique latine, pâtissent d'un accès insuffisant qui entrave leur production alimentaire et contribue à la dégradation des sols.

Surtout, l'utilisation de ces éléments nutritifs est des plus inefficaces à travers la planète. En moyenne, 80 % de l'azote et entre 25 et 75 % du phosphore consommés terminent dans l'environnement, rappelle le PNUE. Autant d'énergie gâchée – celle nécessaire à leur production – que de milieux pollués.

"Le débat actuel se concentre sur le CO2, mais ce n'est qu'un aspect de changements plus globaux et complexes qui se produisent dans les cycles biochimiques mondiaux. Il est de plus en plus évident que l'altération des cycles de l'azote et du phosphore représente pour la planète un défi majeur qui n'a pas encore reçu assez d'attention", écrit l'équipe d'une cinquantaine de scientifiques issus de 14 pays.

170 MILLIARDS DE DOLLARS ÉCONOMISÉS PAR AN

Résultat : le coût global des dommages causés par la pollution de l'azote à l'environnement, la santé et la biodiversité est estimé à entre 200 et 2 000 milliards de dollars par an. Une utilisation 20 % plus efficace des engrais azotés permettrait de réduire la consommation annuelle de 20 millions de tonnes et d'économiser 170 milliards de dollars par an d'ici la fin de la décennie, estiment les scientifiques.

Au-delà des gains financiers, plus de nourriture et d'énergie pourraient être produits tout en réduisant la pollution. "Notre analyse montre qu'en améliorant la gestion de la circulation des éléments nutritifs, nous pouvons protéger l'environnement, le climat et la santé humaine, tout en répondant aux préoccupations de sécurité alimentaire et de l'énergie", assure Mark Sutton, auteur principal du rapport et professeur au Centre du Royaume-Uni pour l'écologie et l'hydrologie.

Comment y parvenir ? Le PNUE recommande, sans grande surprise, un meilleur usage des nutriments dans la production agricole et animale, des économies d'énergie dans les transports, la limitation du gaspillage dans l'industrie et le traitement des eaux usées ou encore un meilleur recyclage des engrais.

Mais surtout, les scientifiques appellent à une baisse dans la consommation de protéines animales. Et le rapport d'assurer : "Alors que la consommation de viande et de produits laitiers augmente rapidement, notamment avec l'Asie et l'Amérique latine qui rattrapent les niveaux européens et nord-américains, nos choix alimentaires ont un énorme potentiel pour influencer les futurs niveaux de la pollution mondiale aux engrais."

Audrey Garric

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(*) voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Engrais#Consommation_mondiale

 source : http://faostat.fao.org/site/575/DesktopDefault.aspx?PageI... [archive]

Consommation des engrais

Pays / Millions de tonnes de nutriments

Chine 96,6 États-Unis 29,2 Inde 22,6 Brésil 11,3 Canada 4,7 France 3,8

25/02/2013

Étude de la pollution de la Loire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/25/la-pollution-court-tout-le-long-de-la-loire_1838299_3244.html

La pollution court tout le long de la Loire

LE MONDE | 25.02.2013 à 11h28 • Mis à jour le 25.02.2013 à 12h03 

Par Catherine Vincent

Le point commun entre le balbuzard-pêcheur, la loutre, l'anguille, l'écrevisse de Louisiane, le poisson-chat et la corbicule ? Tous ont été les acteurs d'une étude écotoxicologique sans précédent, menée sur l'ensemble du bassin de la Loire. Au terme de trois ans de collectes et d'analyses, ces travaux montrent qu'aucun individu d'aucune espèce, quel que soit le lieu où il vit, n'échappe à la pollution des eaux ligériennes.

Par son étendue comme par la variété de ses habitats, le bassin de la Loire constitue un hydrosystème fluvial unique en France, beaucoup plus sauvage que celui de la Seine et du Rhône. Pour déterminer son état, les auteurs de l'étude, Charles Lemarchand et Philippe Berny, respectivement écotoxicologue et vétérinaire-toxicologue à VetAgroSup (campus vétérinaire de Lyon) et René Rosoux, directeur scientifique du Muséum d'Orléans, se sont fondés sur le taux de substances toxiques retrouvées chez des animaux qui, par leur fonction prédatrice, jouent le rôle de "biocapteurs" de contaminants.

la suite sur le fichier :

La pollution court tout le long de la Loire.pdf

(pour avoir le lien, cliquer d'abord sur le nom de cette note, dans la colonne de droite)

Miel : achetez local

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5366

20/2/2013

En ce mois de février, Stéphane le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, a présenté un plan intitulé « Plan de développement durable de l’apiculture française ». Même si ce plan évoque l’importance et les problèmes rencontrés par la filière apicole, il apparaît plus comme un plan de développement administratif, voire même technocratique, que comme un plan de soutien à la biodiversité. 
Le rapport du ministère de l’Agriculture met en avant des données très significatives de l’évolution actuelle. 

En premier lieu, l’accent est mis sur l’accélération de la mortalité des colonies d’abeilles. Alors que les taux de mortalité sont par nature de l’ordre de 10 % par an, il est de plus en plus fréquent d’observer des taux de pertes annuelles dépassant les 30 %.

Comme le rappelle le rapport, les abeilles ont une fonction essentielle dans la pollinisation : 80 % des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses dépendent des insectes pollinisateurs, et l’abeille en est le premier acteur. Le rapport précisant que : « La liste des plantes à fleur pollinisées par les abeilles représente environ 170 000 espèces, dont 40 000 se porteraient mal sans la visite des abeilles. ». Mise à part cette fonction « productive », l’abeille a aussi pour fonction d’être une « sentinelle » permettant d’alerter sur la dégradation de l’environnement et de la biodiversité. 

Il pourrait apparaître médisant d’affirmer que, via ce plan, les pouvoirs publics tentent de jouer le rôle de pompier. Pompier qui a lui-même contribué à mettre le feu. 
Le plan gouvernemental refuse une quelconque remise en cause d’une agriculture intensive qui pourrait être en partie responsable des atteintes à l’équilibre des colonies d’abeilles. Il préfère se retrancher derrière le flou et l’ambiguïté d’innombrables pages d’études scientifiques qui se refusent de trancher sur la question. 
Le plan gouvernemental, d’un budget de 40 millions d’euros étalés sur trois ans, est essentiellement axé sur des moyens renforcés de formations, d’études et d’encadrements de la filière apicole. Reste à savoir si nos chères abeilles seront sensibles et retrouveront une certaine santé au travers d’un « code de la route » interne renforcé, alors que les prédations externes ne seront toujours pas soumises à des panneaux de « stop » ou même à des « feux rouges ». 

Le rapport, a tout de même le mérite de rappeler, qu’avec ses diversités climatiques, géographiques et de cultures, la France devrait être un des premiers pays apicoles du monde. Or, le constat est sans appel, sur les 40 000 tonnes de miel consommées en France tous les ans, seulement 18 500 tonnes sont produites sur le territoire national. Aux problèmes de la mortalité croissante des colonies, viennent se greffer les très « modernes » problèmes de la mondialisation avec notamment celui de la production à bas coûts et donc, de la concurrence déloyale. 

Michel

 

23/02/2013

Règles a minima pour le pétrole en mer

lu sur ;

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/compromis-critique-sur-la-securite-des-forages-en-mer_1836990_3244.html

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Compromis critiqué sur la sécurité des forages en mer

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h13

Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, bureau européen

A la veille d'un conseil européen des ministres de l'énergie, la Commission européenne, le Conseil (les Etats) et le Parlement se sont mis d'accord, jeudi 21 février, sur un projet de directive concernant les forages de pétrole et de gaz en mer.

Le texte impose de nouvelles règles aux compagnies dans le domaine de la sécurité et du respect de l'environnement. Il clarifie les responsabilités des exploitants et espère, à terme, les obliger à démontrer qu'ils disposent des ressources nécessaires pour couvrir les dégâts qui pourraient être causés à la nature. Il insiste aussi sur la prévention des catastrophes et la mise au point de plans d'urgence.

C'est "une occasion manquée", estime pourtant Eva Lichtenberger, du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. "Un accord décevant", juge pour sa part l'association Oceana, qui lutte pour la protection des mers.

Au départ, la Commission voulait réduire le danger des forages les plus risqués. Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, avait évoqué la nécessité d'un moratoire. C'était en avril 2010, au lendemain du choc provoqué par la marée noire survenue dans le golfe du Mexique, après le naufrage de la plate-forme Deepwater Horizon, exploitée par BP. L'émotion est retombée, la pression de certains pays – dont la Grande-Bretagne, qui exploite la moitié des mille plates-formes européennes – a été forte, et la Commission a dû négocier avec des Etats réticents et des députés européens divisés entre ceux qui entendaient donner la priorité aux intérêts économiques et ceux qui défendaient des mesures de précaution environnementales.

AUCUN MORATOIRE

Les critiques déplorent que l'Agence européenne pour la sécurité maritime ne soit pas dotée de compétences supplémentaires et que son intervention soit limitée aux situations "post-catastrophe". Les défenseurs de l'environnement regrettent qu'aucun moratoire ne soit prévu pour les forages dans la zone arctique.

Oceana évoque une disposition "honteuse" : les normes imposées aux compagnies seront différentes selon qu'elles opèrent en Europe ou en Afrique, par exemple. "Une lacune monstrueuse, commente Nicolas Fournier, conseillerpolitique de l'ONG. Nous avons seulement obtenu que les compagnies doivent rendre compte d'un accident à leur autorité nationale, mais il y a des chances que ces rapports dorment sur une étagère..."

Un dernier doute subsiste quant à l'obligation faite aux sociétés pétrolières d'apporter la preuve qu'elles sont aptes à couvrir les coûts d'une catastrophe. Ceux-ci pourraient osciller annuellement entre 205 et 915 millions d'euros selon l'ampleur de l'accident, estime la Commission. Les procédures financières à mettre en place le seront avant la fin de l'année, promet-elle.

La catastrophe de Deepwater Horizon

a coûté jusqu'ici 28,3 milliards d'euros à BP. Depuis 1974, l'exploitation pétrolière en mer a entraîné la fuite de 2,2 millions de tonnes de pétrole en Europe.

Pas d'alternative à la "décroissance" énergétique

L'utilisation de l'énergie a toujours un coût environnemental.

Moralité : il faut consommer moins d'énergie.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/22/l-europe-en-quete-de-carburants-vraiment-verts_1836987_3244.html

(pour avoir les liens, cliquez d'abord sur le titre de la note ci-contre)

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L'Europe en quête de carburants vraiment "verts"

LE MONDE | 22.02.2013 à 14h03

Par Pierre Le Hir

Quelle alternative aux biocarburants actuels, auxquels l'Europe souhaite donner un coup de frein ? La question est à l'ordre du jour du conseil des ministres de l'énergie des Vingt-Sept, vendredi 22 février, à Bruxelles. La réponse, elle, s'annonce problématique.

Rapporteur de ce dossier devant le Parlement, la députée européenne Corinne Lepage a entrepris de consulter agriculteurs, industriels, chercheurs et associations. A ce stade, elle n'avance pas de pistes. "J'imagine mal, dit-elle simplement, que sur un projet dont l'objectif est la réduction des gaz à effet de serre, nous n'aboutissions pas à une solution allant dans ce sens."

En octobre 2012, la Commission européenne a reconnu la nocivité pour la planète des biocarburants de première génération, appelés aussi "agrocarburants", car issus de cultures agricoles : colza, soja, tournesol et palme pour le biodiesel ; canne à sucre, betterave, maïs et blé pour le bioéthanol. Accaparant des terres auparavant réservées à l'alimentation humaine et animale, ces cultures énergétiques affichent aussi, pour certaines, un bilan environnemental calamiteux.

Cela en raison du changement d'affectation des sols indirect (Indirect Land Use Change, ou ILUC, pour les Anglo-Saxons). Le déplacement des productions alimentaires et les plantations destinées aux biocarburants entraînent en effet, en Amazonie ou en Indonésie, la destruction de forêts, de prairies ou de tourbières, qui constituent des puits de carbone.

AGGRAVER LA POLLUTION À L'OZONE, CHUTE DES RENDEMENTS AGRICOLES

L'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a conclu que, "dans plus de deux tiers des évaluations", les agrocarburants ne répondent pas aux objectifs européens de réduction des gaz à effet de serre, si l'on prend en compte le changement d'affectation des sols.

L'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a même calculé que, pour certains biodiesels (le biocarburant le plus utilisé), les émissions de CO2 sont supérieures à celles des carburants fossiles, quand on intègre ce facteur.

D'où le projet de directive de Bruxelles, soumis à l'examen du conseil des ministres et du Parlement européens. Il vise à plafonner à 5 %, c'est-à-dire au niveau actuel, l'usage des biocarburants tirés de cultures alimentaires. Et, pour atteindre l'objectif, toujours en vigueur, de 10 % d'énergies renouvelables dans les transports à l'horizon 2020, à leur substituer des "biocaburants avancés vraiment durables". Ceux de deuxième génération, issus du bois, des parties non alimentaires des plantes (ou "rémanents" : tiges, branches et feuillages) ou des déchets organiques. Et ceux de troisième génération, extraits des microalgues.

Problème : ces deux filières n'en sont qu'au stade de la recherche et du développement. Une production industrielle n'est pas attendue avant la prochaine décennie. En outre, à supposer même que des investissements et un effort de recherche accrus permettent d'aller plus vite – et de parvenir à une rentabilité économique aujourd'hui incertaine –, leur bilan carbone reste à établir.

Pour la deuxième génération, la valorisation de "rémanents" forestiers que n'exploite pas l'industrie du bois, ou celle de résidus agricoles, sera vertueuse pour l'environnement. Mais, s'il s'agit de paille de maïs ou de blé, l'approvisionnement entrera en concurrence avec le fourrage animal. Et si la matière première provient de cultures dédiées aux biocarburants – des herbacées à forte productivité tel le miscanthus (ou "herbe à éléphant") ou des arbres à croissance rapide tels le saule, le peuplier et l'eucalyptus –, alors la production de cette biomasse mobilisera elle aussi des terres agricoles et provoquera un changement d'affectation des sols.

Selon une récente publication scientifique, une mutiplication de taillis à rotation courte risque aussi d'aggraver la pollution à l'ozone et de faire chuter les rendements agricoles.

LES MICROALGUES, UNE CULTURE QUI EXIGE AUSSI DE L'ESPACE

Quant à la troisième génération, si les microalgues ont une capacité phénoménale à accumuler des huiles ou des sucres, convertibles en biodiesel ou en bioéthanol, leur culture exige elle aussi de l'espace. C'est l'objet de la thèse de Sophie Bresc-Litzler, doctorante à l'université Paris-I, sur les "contraintes géographiques" de l'algoculture.

Celle-ci peut être réalisée en bassins ouverts. Il y faut, précise la chercheuse, "des espaces plats et larges, un accès à une eau abondante, un bon ensoleillement, des zones à l'abri des vents et des aléas météorologiques, ainsi que la présence d'industries dégageant du CO2 dont se nourrissent les algues". Ce qui peut provoquer des conflits d'usage avec les activités agricoles, l'utilisation des ressources en eau ou l'aménagement périurbain.

Même si les territoires ultra-marins offrent un réel potentiel de développement, "pour une production de biocarburant à l'échelle industrielle, il faudrait des superficies considérables pour parvenir à des seuils de rentabilité", estime Mme Bresc-Litzler.

La culture peut aussi se faire, de façon intensive, dans des sortes de serres (des photobioréacteurs). Mais, si celles-ci ont l'avantage de pouvoir être installées sur des sites industriels, la quantité de lumière nécessaire aux algues est un facteur limitant.

La quête de biocarburants réellement "verts" s'annonce donc difficile. D'ores et déjà, plusieurs ONG demandent que le changement d'affectation des sols soit pris en compte pour les futures filières, afin d'"éviter qu'elles n'aient un impact environnemental néfaste".

22/02/2013

Informations médicales du jour : perturbateurs endocriniens

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Le Programme des Nations unies pour l’environnement et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) expliquent, dans un rapport publié le 19 février à Nairobi, au Kenya, que « les perturbateurs endocriniens peuvent favoriser l’émergence de cancers ou de troubles du système nerveux », indique la journaliste Eliane Patriarca, dans Libération.

Les deux agences de l’ONU souhaitent que des recherches approfondies sur ces substances soient lancées rapidement.

Libération, 21/02

19/02/2013

L'exposition aux pesticides chez les salariés viticoles

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/19/dans-le-vignoble-de-listrac-medoc-la-contamination-aux-pesticides-touche-les-salaries-agricoles-et-les-riverains_1834791_3244.html

LE MONDE | 19.02.2013 à 10h50 • Mis à jour le 19.02.2013 à 12h07 Par Martine Valo

C'est le terroir des châteaux Fourcas-Dupré, Clarke, Moulin d'Ulysse. Listrac-Médoc est une appellation d'origine contrôlée, riche en crus bourgeois. L'enquête sur "l'exposition aux pesticides chez les salariés viticoles et les riverains vivant au cœur des vignes du Bordelais", rendue publique mardi 19 février, risque d'y faire quelque bruit.

Elle a été menée par l'association Générations futures, spécialiste des effets des produits phytosanitaires sur la santé et l'environnement, qui s'est appuyée sur les données du laboratoire d'analyses Kudzu Science et la collaboration de Marie-Lys Bibeyran, dont le frère, ouvrier agricole, est décédé d'un cancer en 2009.

L'enquête prend en compte un nombre limité de "cobayes", précisent ses auteurs, et ne reflète donc pas l'état moyen de la contamination dans les vignes françaises. N'empêche, elle établit de façon manifeste la présence accrue de résidus d'herbicides, d'insecticides et de fongicides chez les quinze salariés qui se sont prêtés à l'étude, en comparaison d'un groupe témoin de dix personnes n'exerçant pas ce métier, dont cinq résident près des vignobles de Listrac-Médoc, cinq autres pas.

ONZE FOIS PLUS DE RÉSIDUS

Les professionnels – même quand ils ne manipulent pas les pesticides – portent ainsi en moyenne onze fois plus de résidus de phytosanitaires et les riverains de ce type d'exploitation, cinq fois plus que les personnes testées habitant plus loin dans la commune.

A partir d'une cinquantaine de produits communs en viticulture – surtout des fongicides –, le laboratoire Kudzu Science a cherché la trace de 35 de leurs molécules actives dans les mèches de cheveux des 25 personnes volontaires, prélevées en octobre et novembre 2012.

Les cheveux portent la trace de l'exposition à une substance pendant trois mois. De l'azoxystrobine (signalé comme irritant pour les yeux, dangereux pour l'environnement), au zoxamide (irritant pour la peau, très toxique pour l'environnement), en passant par le diuron (interdit en France depuis 2003), le laboratoire en a détecté 22.

En moyenne, 6,6 substances différentes ont été trouvées chez les salariés viticoles, contre 0,6 chez les personnes n'exerçant pas ce métier. Quatre professionnels sur quinze présentaient même dix résidus de pesticides différents, parfois à forte dose, en particulier du fenhexamid et du fludioxonil.

Au moins 45% des molécules repérées sont classées cancérigènes possibles en Europe ou aux Etats-Unis, 36% sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens, rappelle Générations futures. A eux seuls, les 780 000 hectares de vignobles français représentent 3,7% de la surface agricole utile de l'Hexagone, mais consomment environ 20% des pesticides (en poids).

LONG PARCOURS D'OBSTACLES

Marie-Lys Bibeyran ne fait pas mystère de ses motivations personnelles : son frère, Denis, est décédé brusquement d'un cancer en octobre 2009. Il était salarié agricole et exploitait deux hectares de vigne. Avant de mourir, il avait évoqué ses soupçons quant à l'impact sur son état des pesticides qu'il utilisait.

Depuis 2011, Marie-Lys Bibeyran, elle-même saisonnière, s'est lancée dans un long parcours d'obstacles juridico-administratifs afin d'obtenir la reconnaissance de ce cancer en tant que maladie professionnelle. Elle a rejoint l'association Phytovictimes et s'est engagée aux côtés de Générations futures. C'est elle qui a trouvé des riverains prêts à participer à l'enquête. Les travailleurs des vignobles ont été plus difficiles à convaincre. Même en garantissant l'anonymat.

"Ils ont du mal à envisager que leur travail puisse avoir un tel impact, témoigne-t-elle. Après les vendanges, c'est une pulvérisation tous les quinze jours minimum. Surtout le Round Up." Elle espère que l'étude permettra une prise de conscience : "Le danger est sous-estimé. Mon frère n'était pas le seul à avoir des saignements de nez."

Pour sa part, Corinne Lantheaume, secrétaire régionale CFDT et responsable de la section production agricole de Gironde, remarque que la question des pesticides est peu prise en compte par rapport aux troubles musculosquelettiques.

Pourtant, "il y a des habitudes à changer. Certains ouvriers entrent dans la cabine du tracteur vêtus de la tenue avec laquelle ils ont préparé le chargement à épandre, témoigne-t-elle. Leur combinaison n'est pas étanche ; dessous, leurs habits sentent très fort le produit. Nous essayons d'obtenir que les salariés puissent respecter un délai d'au moins douze heures avant de revenir travailler dans la parcelle".

La déléguée syndicale reconnaît que ses recommandations ont peu d'écho : "Les gens se disent que pour garder leurs emplois, il faut des bons rendements et que, pour ça, il faut traiter."

Martine Valo

-------------

voir : 

http://www.generations-futures.fr/pesticides/lenquete-apache-analyse-de-pesticides-agricoles-dans-les-cheveux/

L’enquête APAChe : Analyse de Pesticides Agricoles dans les CHEveux

Une enquête inédite sur les salariés viticoles et riverains des vignes : Quelles expositions aux pesticides viticoles ? Contexte Général.La… suite

(voir aussi le lien pour Générations futures, ci-contre)

18/02/2013

Le marché des petites éoliennes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/18/les-couacs-perdurent-sur-le-marche-des-petites-eoliennes_1834114_3244.html

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LE MONDE | 18.02.2013 à 12h40 • Mis à jour le 18.02.2013 à 12h50 

Les couacs perdurent sur le marché des petites éoliennes 

Les éoliennes n'ont pas toujours été d'immenses mâts de 100 mètres de haut équipés de puissants rotors de 100 mètres de diamètre. Elles ont d'abord été petites et ont trouvé leur premier usage en France, dès les années 1950, pour alimenter les phares.

Ces petites éoliennes n'appartiennent pas au passé. Elles connaissent même un véritable engouement depuis deux à trois ans, comme l'a constaté l'Association française des professionnels du petit éolien (FPPE), qui a tenu son colloque national à Toulouse les 13 et 14 février.

Les quarante membres de l'association, parmi lesquels près de dix fabricants, ont martelé au cours de cette réunion leur maître mot : "professionnalisation". Car, si ces éoliennes de moins de 12 m de haut, dont la puissance s'échelonne de 1 à 30 kilowatts, rencontrent un succès grandissant chez les particuliers, elles sont souvent vendues par des installateurs qui n'assurent pas la qualité nécessaire de l'installation et de la maintenance. Sur les quelques milliers de machines qui auraient été vendues en 2012, beaucoup suscitent la déception. 

SYSTÉMATISER DES ÉTUDES DE VENT

Sur le papier, le dispositif est alléchant : grâce à un crédit d'impôt de 32 % plafonné à 16 000 euros, installer une éolienne (pour un coût de l'ordre de 15 000 euros) paraît une bonne affaire. Mais cela n'est vrai qu'à condition qu'elle soit placée de façon à recueillir efficacement le vent. Et surtout pas sur le toit d'une maison, que l'éolienne a de fortes chances d'abîmer rapidement. "J'en suis réduit à faire le bureau des pleurs des gens qui se sont fait arnaquer par des installateurs peu scrupuleux", rapporte Jean-Marc Noël, président de la FPPE.

En fait, la profession veut effacer l'effet d'aubaine créé par le crédit d'impôt. "Elle propose de supprimer carrément ce dispositif, explique Philippe Rocher, consultant au cabinet Metrol, pour le remplacer par un tarif d'achat dégressif et révisable tous les deux ans. Cela augmenterait la charge de la contribution au service public de l'électricité (CSPE), mais serait compensé par l'accroissement des recettes de l'Etat grâce à la disparition du crédit d'impôt."

Cela "ferait le ménage sur le marché", analyse Robert Bellini, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Les professionnels du petit éolien voudraient aussi systématiser des études de vent selon des modèles réalisés par Météo France, afin de ne pas vendre des éoliennes dans des endroits insuffisamment ventés. Car c'est surtout l'ouest de la France qui paraît propice à une bonne rentabilité des petites éoliennes.

"NOUS ASSURONS DES EMPLOIS NON DÉLOCALISABLES"

Enfin, pour assurer la qualité technique des matériels, il est proposé de faire vérifier les caractéristiques annoncées des machines par le Site expérimental pour le petit éolien national (Sepen), situé à Narbonne.

Les professionnels espèrent que les changements qu'ils proposent seront repris par le gouvernement et inclus dans la loi qui conclura le débat sur la transition énergétique cette année. "Nous assurons des emplois non délocalisables, assure Jérôme Bousquet, du fabricant Eolys. Dans les pays voisins, le secteur connaît une croissance à deux chiffres. Avec un cadre réglementaire et tarifaire adéquat, cela pourrait être le cas ici aussi."

Le petit éolien peut avoir un intérêt économique global : en Bretagne, où le réseau électrique est très tendu, des éoliennes sur les exploitations agricoles permettraient d'alléger la demande en hiver.

05/02/2013

Rouen : "TOUTE INITIATIVE METTANT EN DANGER L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE EST À EXCLURE"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/04/rouen-douze-sites-seveso-et-toujours-vulnerable_1826613_3244.html

Rouen : douze sites Seveso... et toujours vulnérable

LE MONDE | 04.02.2013 à 14h06 • Mis à jour le 04.02.2013 à 14h22 Par Audrey Garric - Rouen, envoyée spéciale

REPORTAGE. De la rive gauche à la rive droite, cent cheminées se mêlent à cent clochers. A Rouen, seul un bras de Seine sépare le coeur de la ville et sa cathédrale de l'un des plus importants complexes de production pétrochimique de France. Un chapelet d'usines potentiellement dangereuses et assurément polluantes qui enserrent des cités ouvrières, témoins d'un âge d'or révolu.

Pour lire la suite :

Rouen _ douze sites Seveso... et toujours vulnérable.pdf

Et aussi :

Rouen _ "Je n'ai pas les moyens d'acheter ailleurs".pdf


03/02/2013

Mangez-vous du poisson ?

... du Pacifique ?

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5351

23-01-2013 -

Pacifique Nord-Ouest : radioactivité record pour un poisson 

Si, suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, une zone maritime périphérique de 20 kilomètres autour de la centrale a été fermée à toute activité humaine, depuis août 2012, la pêche et la commercialisation à des fins alimentaires de pieuvres et coquillages ont été réautorisées à une distance d'au moins 50 kilomètres des réacteurs éventrés. 
Ne présentant pas de trace de radioactivité selon les experts de Tepco (l'exploitant de la centrale de Fukushima) en charge des tests mensuels de radioactivité, la vente et surtout la consommation de ces pieuvres et coquillages interrogeaient alors que des seuils de radioactivité importants étaient simultanément détectés dans des poissons de fond. Les poissons concernés, pêchés dans la zone d'exclusion des 20 kilomètres, présentaient un niveau de 25 800 becquerels (Bq) de césium par kilo (1), soit une valeur 258 fois supérieure au seuil fixé par le gouvernement ... Mais ce seuil n'est rien au regard du murasoi pêché dernièrement. Avec 2 540 fois la limite légale de radioactivité fixée au Japon pour certains aliments (2), ce poisson de fond, type rascasse, bat tous les records. Autrement dit, en France, la consommation de seulement 120 gr de ce poisson suffirait à ingérer la dose de radioactivité à ne pas dépasser en ... une année !!!

 

En réaction à cette découverte, Tepco a annoncé vouloir installer des filets supplémentaires pour réduire les possibilités de dissémination des poissons contaminés et leur consommation par d'autres espèces ou leur capture par des pêcheurs. Néanmoins, ce nouveau record pourrait mettre à mal la reprise de la commercialisation des produits de mer provenant de la préfecture de Fukushima, beaucoup de Japonais se disant attentifs à l'origine des produits (légumes, viande), même si ceux provenant de la zone 'proche' de l'accident sont généralement moins chers. Une prudence fort logique quand de plus en plus d'analyses (thons, cétacés, algues, sédiments, etc.) révèlent la progression de la pollution radioactive du Pacifique Nord-Ouest, via les courants marins mais aussi les déplacements des organismes (d'origine animale comme végétale). 

Pascal 

1- En France, la consommation de 1,2 kg de ce poisson (l'équivalent de 6 portions) suffirait à atteindre la limite annuelle de radioactivité admise pour le corps humain, soit 1 millisievert (mSv) par an. 
2- Avant la catastrophe de Fukushima, le niveau de contamination radioactive était de 500 Bq/kg au Japon. Il a été officiellement ramené à 100 Bq/kg pour les céréales, la viande, le poisson et les œufs, suite à l'accident.

 

Pollution radioactive du Pacifique Nord-Ouest, 9 mois après l'accident

28/01/2013

Hydrates de méthane : le Japon prêt à jouer les apprentis sorciers

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/28/hydrates-de-methane-course-technique-pour-la-prochaine-revolution-energetique_1823528_3244.html

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Hydrates de méthane : course technique pour la prochaine révolution énergétique

LE MONDE | 28.01.2013 à 13h36 Par Grégoire Allix

Le Japon franchit un pas supplémentaire vers l'exploitation des hydrates de méthane. Ces hydrocarbures non conventionnels, prisonniers des profondeurs océaniques et des sous-sols gelés de l'Arctique, pourraient, après les gaz de schiste, bouleverser la donne énergétique mondiale. Susciter les mêmes controverses, aussi : forer dans ces poches de gaz encapsulées dans des cristaux de glace très instables comporte un risque élevé d'accident.

Affrété depuis le 13 janvier par la société Japan Oil, Gas and Metals National Corporation (JOGMEC), le navire d'exploration pétrolière Chikyu doit appareiller d'un jour à l'autre du port de Shimizu. Son cap : la fosse de Nankai, au large de la côte sud-est du Japon.

A 1 000 m de profondeur et 300 m sous le fond marin, l'équipe japonaise va tenter d'extraire plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes de méthane par jour pendant deux semaines. Le Japon, qui a créé le consortium MH21, associant Etat, universités et industries, avance à marche forcée pour lancer une exploitation commerciale à partir de 2018.

 

"C'est une prévision optimiste, on est encore loin d'une échelle industrielle", tempère Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement du CNRS. De fait, l'échéance annoncée par le MH21 a déjà été plusieurs fois repoussée.

RENTABILISATION

"La grande difficulté, c'est d'obtenir des débits significatifs sur la durée : les puits en offshore profond étant coûteux, il faudrait pouvoir extraire des centaines de milliers de mètres cubes de gaz par jour pour les rentabiliser", explique Pierre Allix, responsable du programme de recherche sur les ressources non conventionnelles chez Total.

Pour l'Archipel, privé de toute source domestique d'énergie, l'enjeu est considérable : le seul gisement de Nankai renferme l'équivalent de dix ans de consommation du pays. Au total, les réserves nippones d'hydrates de méthane pourraient couvrir les besoins énergétiques du Japon pendant un siècle.

Tokyo n'est pas seule à lorgner cette ressource. Aux Etats-Unis, dont les fonds marins et le permafrost de l'Alaska renferment le quart des gisements mondiaux, le département de l'énergie subventionne à coups de millions de dollars les forages expérimentaux. Le pays a encore au moins dix ans de réserves de gaz conventionnel devant lui, mais il prépare l'avenir.

En mai 2012, le secrétaire américain à l'énergie, Steven Chu, a annoncé qu'une équipe de recherche associant le pétrolier américain ConocoPhillips et les Japonais de JOGMEC avait réussi à extraire des hydrates de méthane pendant trente jours consécutifs dans la région de North Slope, en Alaska.

Le potentiel est énorme. Chaque mètre cube d'hydrate de méthane comprime pas moins de 165 m3 de gaz. Les ressources mondiales de gaz dans les hydrates de méthane pourraient avoisiner les 1 200 milliards de m3, dépassant les réserves de gaz, de pétrole et de charbon réunies. A condition de pouvoir les exploiter. "Beaucoup de ces gisements sont diffus, ce qui les rendrait difficiles à développer, prévient Pierre Allix. Et même là où la ressource est bien concentrée, reste la difficulté de contrôler la déstabilisation des talus continentaux où elle est généralement piégée."

"GLACE QUI BRÛLE"

Issus de la décomposition des matières organiques, les hydrates de méthane se forment dans les zones combinant basses températures et hautes pressions, dans les bassins sédimentaires enfouis sous les océans et sous le permafrost des cercles polaires. Longtemps, il a paru impossible d'extraire cette "glace qui brûle" sans bloquer les puits ou provoquer un effondrement des gisements.

Les progrès techniques pourraient changer la donne. "On s'approche de la phase commerciale", observe Nabil Sultan, chercheur au laboratoire "environnements sédimentaires" de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Le procédé, consistant à décomposer le méthane par une dépressurisation du puits, a été amélioré mais reste délicat : "La dépression entraîne une baisse très importante de la température, qui restabilise les hydrates et bloque la production ; elle peut aussi liquéfier les couches sédimentaires des fonds marins", explique M. Sultan.

Des chercheurs expérimentent depuis 2012 une méthode basée sur l'injection d'un mélange de CO2 et d'azote. Elle doit permettre d'extraire le gaz sans détruire les cristaux, en remplaçant le méthane par du dioxyde de carbone, plus stable. La technique aurait aussi l'avantage de stocker du CO2. "C'est le procédé le plus prometteur", juge Pierre Allix, chez Total.

Il limiterait les risques d'exploitation. Mais quid de l'environnement ? "Sous la couche de cristaux se trouve souvent un réservoir de gaz libre pour lequel les hydrates jouent le rôle de couvercle étanche ; les détruire pourrait faire remonter beaucoup de méthane à la surface", prévient Jérôme Chappellaz, au CNRS. Les forages relâcheraient alors dans l'atmosphère un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2.

27/01/2013

Les pesticides dangereux pour les grenouiles

(... et pas que les grenouilles !)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/26/des-pesticides-mortels-pour-les-grenouilles-d-europe_1822934_3244.html

Le Monde.fr avec AFP | 26.01.2013 à 09h15 

Les amphibiens digèrent très mal certains des pesticides utilisés dans les champs européens, selon une étude publiée jeudi 24 janvier, dont les auteurs plaident pour une meilleure évaluation du rôle éventuel de ces produits dans le rapide déclin des grenouilles, crapauds ou tritons.

Selon cette étude, parue dans la revue Scientific Reports, des fongicides, herbicides et insecticides testés sur des grenouilles ont entraîné une mortalité de 40% à 100% des animaux en sept jours d'utilisation aux doses recommandées. Des résultats toutefois à prendre avec prudence, ont relevé d'autres scientifiques, estimant qu'il était délicat de généraliser à ce stade ces résultats obtenus en laboratoire.

UNE PEAU PERMÉABLE

Les amphibiens constituent le groupe de vertébrés le plus menacé et déclinant le plus rapidement à la surface de la Terre, soulignent les auteurs de l'étude pilotée par Carsten Brühl, chercheur à l'institut des sciences de l'environnement de l'université de Coblence-Landau (Allemagne). Selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 41% des amphibiens sont menacés d'extinction.

Lire aussi :  Crapauds, rainettes et autres amphibiens décimés par des spores

L'exposition aux pesticides est supposée jouer un rôle, en raison de la perméabilité de la peau des amphibiens, mais reste difficile à quantifier, estiment les auteurs de l'étude.

Les chercheurs ont soumis des grenouilles rousses à des projections de sept pesticides différents (quatre fongicides, deux herbicides et un insecticide). La mortalité a atteint de 40% à 100% au bout de sept jours de projection au taux recommandé sur l'étiquette pour les six produits actuellement autorisés.

LES LIMITES DE L'ÉTUDE

Pour trois des produits, une mortalité de 40% a même été observée quand les grenouilles étaient exposées à un niveau de pesticides représentant seulement 10% du niveau recommandé.

Dans des commentaires distincts, des scientifiques ont souligné l'intérêt de l'étude mais également pointé ses limites. "Il y a plusieurs mécanismes selon lesquels ces pesticides pourraient affecter les amphibiens, et ces mécanismes seront différents d'un produit à l'autre et auraient donc besoin d'être examinés avec attention", a par exemple souligné Colin Berry, professeur émérite de pathologie à l'Université Queen Mary de Londres.

Un représentant du fabricant de pesticides Syngenta, Mick Hamer, a pour sa part estimé que l'étude était "limitée, en particulier en ce qui concerne le nombre d'animaux" pris en compte.

26/01/2013

Que va devenir la ceinture verte de Paris ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/26/paris-cherche-a-domestiquer-sa-ceinture-verte_1822952_3244.html

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Paris cherche à domestiquer sa ceinture verte

LE MONDE | 26.01.2013 à 10h51 • Mis à jour le 26.01.2013 à 11h28 

La visite commence au-dessus du cours de Vincennes, dans le 12e arrondissement de Paris, par un matin glacial de janvier. Les rails ont gelé. On avance prudemment sur le pont en fer qui surplombe les axes de circulation avant de pénétrer sur une voie sauvage. Le bruit de la ville s'est brusquement dissipé. Nous sommes sur la Petite Ceinture, 32 kilomètres d'une ancienne voie de chemin de fer tantôt en hauteur, tantôt en tranchée, à l'air libre ou couverte, qui fait le tour de Paris, à l'intérieur des boulevards des Maréchaux.

Le chemin est maintenant bordé d'immeubles de chaque côté, mais à une distance suffisante pour donner un réel sentiment d'espace. La voie se faufile entre les quais d'une ancienne station, couverts de tags colorés. Derrière la végétation émergent de beaux appartements avec terrasse. Etrange impression d'être passé derrière le décor.

Que faire de cette enclave ? La laisser à l'état sauvage ? La transformer en parc ? La Mairie de Paris vient d'ouvrir une concertation avec les Parisiens. D'ici à la fin 2013, son avenir sera tranché. Il suscite un vif débat entre les passionnés de ferroviaire, qui rêvent de remettre la voie en circulation, les défenseurs de la nature, qui veulent sanctuariser le lieu, et les amateurs d'espaces verts, qui réclament des promenades.

 

UNE VÉGÉTATION SAUVAGE S'Y EST ÉPANOUIE

Construite entre 1852 et 1869 pour transporter marchandises et voyageurs et mettre en relation les gares parisiennes, la Petite Ceinture est en friche. L'arrivée du métro en a détourné les voyageurs. Dès 1934, le trafic voyageurs fut interrompu, le trafic marchandises perdura marginalement jusque dans les années 1990. Seul l'ouest est emprunté par le RER C. La nature ayant horreur du vide, une végétation sauvage s'y est épanouie, des animaux y ont élu domicile (oiseaux, hérissons, chauves-souris, renards), faisant de ce lieu un réservoir de biodiversité. Des usages, plus ou moins clandestins, se sont développés, paradis des tagueurs et fortune des SDF. L'entretien le plus minimal est assuré par une entreprise d'insertion.

La municipalité parisienne souhaite en faire un poumon vert, mais elle n'est pas la seule à décider. La voie appartient à Réseau ferré de France (RFF). En 2006, les deux partenaires avaient signé un protocole pour permettre l'ouverture au public de certains tronçons. Un "sentier nature" a été créé dans le 16e arrondissement, un parc est en construction dans le 15e. Mais le protocole expire en 2013. RFF envisage de retirer du réseau les sections sur lesquelles il ne prévoit plus de trafic ferroviaire, notamment à l'est ou au sud, entre la gare des Gobelins, dans le 13e, et le parc André-Citroën, dans le 15e.

Anne Hidalgo, la première adjointe en charge de l'urbanisme, plaide en faveur d'une immense promenade reliant le bois de Vincennes au bois de Boulogne. "Ma vision, c'est d'en faire un espace de détente, de promenade et de respiration, le plus continu possible", explique la future candidate à la Mairie de Paris, qui sait les écologistes hostiles au "tronçonnage" pour protéger la biodiversité. La continuité du projet fait débat, car les deux tiers de la ligne sont à l'air libre, 40 % en tunnel ou en tranchée. La sécurité des futurs promeneurs est posée.

CERTAINES PARTIES POURRAIENT DEVENIR DES JARDINS PUBLICS

En 2010, à Duisbourg, en Allemagne, une bousculade dans un tunnel similaire à l'occasion d'un festival de musique techno avait provoqué la mort de 19 personnes et blessé 340 autres. "Ces tunnels ne doivent pas être des obstacles. Nous pouvons parfois les contourner en remontant au-dessus. Nous pouvons à d'autres endroits les transformer en buvettes, toilettes, ou entrepôts de matériel de jardin", objecte Mme Hidalgo.

L'ampleur des aménagements, la structure de gestion font aussi l'objet de discussions. Certaines parties pourraient devenir de véritables jardins publics, soumis à surveillance et horaires d'ouverture, d'autres pourraient rester plus sauvages, gérés par des collectifs d'habitants. L'enjeu tient dans l'équilibre entre reconversion et maintien de l'originalité de cet ouvrage qui, selon les urbanistes, a créé un "vide utile" dans la ville. La largeur de ses emprises est loin d'être négligeable, entre 15 et 40 mètres.

"Nulle part la Petite Ceinture ne se fond dans la ville. Son statut particulier, son inaccessibilité, son profil presque toujours en dénivelé par rapport à la ville font qu'il n'y a pas de fusion entre l'univers ferroviaire et l'univers urbain, la limite entre les deux est toujours reconnaissable", soulignent les chercheurs de l'Atelier parisien d'urbanisme, l'APUR, auteurs d'une étude prospective sur le devenir de cette voie. La Mairie de Paris devra enfin convaincre RFF de lui céder les parcelles à bon prix. Même inconstructible, la Petite Ceinture peut valoir de l'or.

23/01/2013

Démenti de Bruxelles : pas d'interdiction des OGM

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/23/bruxelles-dement-vouloir-geler-le-processus-d-autorisation-de-culture-des-ogm_1821016_3244.html

Bruxelles dément vouloir geler le processus d'autorisation de culture des OGM

Le Monde.fr | 23.01.2013 à 09h53 • Mis à jour le 23.01.2013 à 10h04 Par Philippe Ricard - Bruxelles - Bureau européen

La Commission européenne a démenti, mardi 22 janvier, tout gel du processus d'autorisation de culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) jusqu'à la fin de son mandat, en 2014, corrigeant ainsi une information de l'Agence France-Presse (AFP) reprise par de nombreux médias.

Six demandes d'autorisation de mise en culture pour des soja et maïs transgéniques ont été déposées à Bruxelles, ainsi qu'une demande de renouvellement d'autorisation pour le maïs MON810 de Monsanto, qui date de... 2007. "La Commission continue d'examiner ces dossiers, et n'a pas encore décidé de lancer ou pas le processus d'autorisation", indique Frédéric Vincent, porte-parole du nouveau commissaire à la santé, le maltais Tonio Borg.

Ce dernier a été nommé en décembre2012, à la suite de la démission forcée de son compatriote John Dalli pour soupçon de corruption dans une affaire de lobbying en matière de tabac. Très prudent sur la question des autorisations pour culture de nouveaux OGM, M.Borg se fixe comme priorité de sortir de l'impasse les discussions sur la refonte de la directive encadrant ces procédures.

IMPASSE INSTITUTIONNELLE

La proposition faite par son prédécesseur voici bientôt trois ans devait permettre de pérenniser le dispositif européen d'autorisation, tout en donnant une plus grande liberté aux Etats pour interdire sur leur sol la culture de tel ou tel OGM. Soutenue par le Parlement européen, elle suscite des divergences, insurmontables à ce jour.

Les autorisations de mise en culture empoisonnent depuis des années les relations entre la Commission européenne et les Etats membres. Huit pays (France, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Hongrie, Grèce, Bulgarie et Pologne) ont adopté des clauses de sauvegarde pour interdire sur leur sol le maïs MON810, l'un des deux OGM autorisés à la culture au sein de l'UEavec la pomme de terre Amflora, de l'allemand BASF.

Face à l'impasse politique et institutionnelle dans lequel se trouve le dossier, l'idée de Tonio Borg est de convaincre les principaux Etats européens de l'opportunité de relancer les négociations sur la réforme de la directive.

Le commissaire a entrepris de rencontrer les ministres concernés de différents pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. Il espère voir Delphine Batho, la ministre française de l'écologie, en février. Le nouveau texte doit donner plus de latitude aux gouvernements pour interdire à la culture sur leur territoire un OGM autorisé au niveau européen, sans devoir invoquer de raisons sanitaires ou environnementales.

Lire :  La France veut maintenir le moratoire sur l'OGM MON 810

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/28/le-conseil-d-etat-annule-la-suspension-de-culture-de-l-ogm-mon-810_1610317_3244.html

Philippe Ricard - Bruxelles - Bureau européen

20/01/2013

Mercure : un premier pas vers un contrôle de son extraction et utilisation

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/19/pollution-au-mercure-un-traite-international-voit-enfin-le-jour_1819447_3244.html

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Pollution au mercure : un traité international voit enfin le jour

LE MONDE | 19.01.2013 à 11h08 Par Gilles van Kote - Genève (Suisse), envoyé spécial

La première convention internationale sur le mercure est née, samedi 19 janvier au petit matin, à Genève, au terme de quatre ans de gestation, d'une semaine d'intense travail de négociations et d'une longue nuit d'accouchement. Les délégués de 130 pays présents en Suisse ont poussé un soupir collectif de soulagement autant que d'épuisement. De l'avis quasi général, le texte "n'est pas parfait, mais il a le mérite d'exister".

La plus spectaculaire des mesures adoptée est la disparition programmée de l'extraction du mercure (la Chine en est le premier producteur mondial) dans un délai de quinze ans à partir de la ratification de la convention par le pays concerné. L'importance des stocks et les possibilités de recyclage devraient toutefois prolonger la commercialisation de ce métal toxique bien au-delà de cette échéance.

Une liste de produits contenant du mercure et devant disparaître au plus tard en 2020 (sauf exemption, d'une durée maximale de dix ans) a également été adoptée. Elle comprend, entre autres, certaines catégories de piles et de batteries, d'ampoules basse consommation, de pesticides, de produits cosmétiques et d'instruments de mesure comme les thermomètres.

Ce cycle de négociations avait été lancé par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), en février 2009, en vue de doter la communauté internationale d'un "instrument juridiquement contraignant" de lutte contre les dégâts environnementaux et sanitaires provoqués par le mercure. L'inhalation ou l'ingestion de ce métal peuvent provoquer de graves problèmes de santé et troubles du développement, en particulier chez les enfants.

L'ORPAILLAGE, PREMIÈRE SOURCE DE POLLUTION MONDIALE AU MERCURE

Entre dix et quinze millions d'orpailleurs à travers le monde en utiliseraient sans précaution pour extraire l'or du minerai, inhalant ainsi des vapeurs toxiques, selon le PNUE. Mais le risque sanitaire le plus répandu provient de la consommation de poissons situés en bout de chaîne alimentaire, dont l'organisme concentre le méthylmercure, forme organique particulièrement nocive du mercure relâché dans l'environnement par l'homme. Les Inuits canadiens et du Groenland présentent ainsi des concentrations de mercure particulièrement élevées, alors qu'ils vivent loin des centrales à charbon qui constituent la deuxième source mondiale de pollution, après l'exploitation de l'or.

"Notre objectif est de réduire, et quand c'est possible d'éliminer, les émissions et rejets de mercure provoqués par les activités humaines", avait rappelé Achim Steiner, le directeur exécutif du PNUE en préambule à la réunion de Genève. "Les mesures qui figurent dans le traité ne sont pas à la hauteur des objectifs : elles permettront de ralentir l'augmentation des émissions, pas de réduire celles-ci", déplore Joe DiGangi, du Réseau international pour l'élimination des polluants organiques persistants (IPEN).

Si les centrales à charbon devront améliorer leurs performances en matière de filtration des émissions de mercure, la convention n'empêchera pas un Etat d'en ouvrir de nouvelles et d'augmenter éventuellement ainsi ses émissions en valeur absolue.

Concernant l'exploitation artisanale de l'or, les pays estimant qu'il s'agit chez eux d'une activité "significative", un terme assez flou, devront mettre en place des plans nationaux afin d'en améliorer les pratiques, mais l'usage du mercure restera autorisé.

"LE TEXTE COUVRE TOUT LE CYCLE DE VIE" DU MÉTAL

"Globalement, le texte est assez satisfaisant, d'autant qu'il couvre tout le cycle de vie du mercure, de l'extraction aux déchets, en passant par les émissions, déclare un délégué de l'Union européenne. Il n'est pas très contraignant, mais on pourra le faire évoluer avec le temps."

"Pour que la convention soit plus ambitieuse, il aurait fallu que les pays du Nord mettent davantage d'argent sur la table", estime un représentant du PNUE. Les questions financières ont été l'un des principaux points d'achoppement dans la dernière ligne droite, tout comme les modalités de mise en place d'un comité de suivi de l'application de la convention.

La plupart des pays du Sud réclamaient la mise en place d'un nouvel outil financier doté d'un budget propre, mais se sont heurtés au refus de ceux du Nord, partisans de confier le financement des actions menées dans le cadre de la convention au Fonds pour l'environnement mondial (FEM), sans augmentation des ressources de ce dernier. La Suisse, la Norvège et le Japon ont cependant promis de débloquer environ un million de dollars (750 000 euros) chacun.

La convention entrera en vigueur quand au moins cinquante Etats l'auront ratifiée. Sur proposition du Japon, elle a été baptisée convention de Minamata, du nom de la ville japonaise dont des milliers d'habitants furent frappés, dans les années 1950, par une terrible maladie provoquée par une pollution maritime, d'origine industrielle, au mercure.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/19/mercure-vers-la-fin-des-amalgames-dentaires_1819448_3244.html

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Mercure : vers la fin des amalgames dentaires

LE MONDE | 19.01.2013 à 10h28 • Mis à jour le 19.01.2013 à 11h12 Par Gilles van Kotte - Genève, envoyé spécial

Les dentistes français vont devoir changer leurs habitudes. Dans l'Union européenne, ils sont ceux qui réalisent le plus d'obturations de caries en ayant recours une fois sur deux à des amalgames dentaires. Selon un rapport publié en 2012 par la Commission européenne, la France pèse à elle seule pour un tiers des 55 tonnes de mercure utilisées chaque année dans l'Union pour la réalisation de ces amalgames et dont la toxicité continue de faire débat.

Le texte de la convention sur le mercure, conclue samedi 19 janvier à Genève, prévoit une diminution de l'usage des amalgames, sans toutefois fixer d'objectifs chiffrés ni d'échéances. Chaque pays signataire s'engagera à prendre au moins deux des mesures figurant dans une liste annexée au traité, qui vont de la fixation d'objectifs nationaux de réduction au déremboursement des amalgames, en passant par la prévention des caries ou la recherche de solutions alternatives.

"C'est le début de la fin des amalgames dentaires dans le monde", se félicite Michael T. Bender, directeur du Mercury Policy Project, une organisation non gouvernementale (ONG) américaine. "Nous militions pour une interdiction pure et simple, mais c'est un résultat positif, reconnaît Marie Grosman, conseillère scientifique de l'ONG française Non au mercure dentaire. Les amalgames sont en Europe la première source d'exposition et de contamination corporelle au mercure."

"MATÉRIAU ALTERNATIF"

Les opérations de pose ou de retrait de ces amalgames produisent aussi des déchets contenant du mercure et exposent les dentistes et leur personnel à de fortes concentrations. Longtemps opposée à des mesures de restriction de l'usage des amalgames, la France a changé de position en 2012.

A Genève, ce sont les recommandations, plutôt prudentes, de l'Organisation mondiale de la santé qui l'ont emporté. L'agence onusienne estime que les amalgames dentaires présentent un rapport bénéfices-risques favorable dans un certain nombre de cas et que les matériaux composites, à base de silice et de résine, qui constituent une alternative sont plus coûteux et moins solides.

"Le jour où l'on disposera d'un matériau alternatif facile d'utilisation et stable, on y passera naturellement, rien que pour des raisons esthétiques", la couleur des composites se rapprochant de celle des dents, affirme Jean-Luc Eiselé, directeur exécutif de la Fédération dentaire internationale. Il estime que le traité est un "signal" qui rappelle à la profession sa responsabilité en matière d'environnement.

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D'énormes réserves

600 000 tonnes C'est l'estimation des réserves mondiales de mercure, métal toxique dont l'ingestion ou l'inhalation peut affecter, entre autres, les fonctions cérébrales et rénales. Ces réserves sont notamment en Chine, au Kirghizistan (seul pays exportateur), en Russie et en Espagne.

3 000 tonnes La demande mondiale annuelle provient surtout de l'extraction à petite échelle de l'or et de la production de polychlorure de vinyle (PVC).

1 960 tonnes Les émissions atmosphériques de mercure en 2010 étaient liées pour 37 % à l'extraction de l'or et pour 24 % aux centrales à charbon.

16/01/2013

Pesticides et abeilles : le risque est reconnu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/16/pesticides-un-risque-enfin-admis-pour-les-abeilles_1817630_3244.html

Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

LE MONDE | 16.01.2013 à 11h48 • Mis à jour le 16.01.2013 à 12h13 Par Stéphane Foucart

L'industrie des pesticides va devoir encaisser le coup. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devait publier, mercredi 16 janvier, un avis scientifique sévère sur trois pesticides (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame), tous présentant, selon l'EFSA, un risque élevé pour les abeilles.

Ces trois évaluations de l'agence de Parme (Italie) apportent du crédit à ceux qui attribuent à cette famille récente d'insecticides – néonicotinoïdes – un rôle dominant dans le déclin accéléré des insectes pollinisateurs, constaté partout dans le monde depuis une dizaine à une quinzaine d'années. Mises sur le marché au début des années 1990, ces nouvelles substances sont parmi les plus utilisées au monde en agriculture.

L'EFSA était saisie par la Commission européenne de l'évaluation des risques présentés par ces trois molécules, au regard des nouvelles données scientifiques produites depuis leur autorisation. La caractéristique principale de ces produits – commercialisés sous les noms de Gaucho, Cruiser, Poncho, Nuprid, Argento, etc. – est qu'ils s'utilisent en granules ou en enrobage de semences. Les graines sont gainées du principe actif avant d'être semées ; la plante sécrète ensuite le toxique tout au long de sa croissance.

UN SIMPLE CONTACT AVEC CES POUSSIÈRES PEUT ÊTRE FATAL

"Nous avons identifié des risques pour les abeilles en relation avec trois principales voies d'exposition des insectes, explique Domenica Auteri, qui a présidé les travaux de l'agence européenne. Ce sont les poussières produites par les graines ou les granules pendant le semis, la contamination par le pollen et le nectar et, dans le cas du maïs, traité par le thiaméthoxame, l'exposition par "guttation"", c'est-à-dire l'exsudation, par la plante, de gouttelettes d'eau imprégnées du pesticide et auxquelles s'abreuvent parfois les insectes.

Quant aux poussières produites lors des semis, elles peuvent être transportées par le vent et se déposer dans l'environnement. La dose létale de ces produits étant de quelques milliardièmes de gramme par abeille, un simple contact avec ces poussières peut être fatal à l'hyménoptère.
Les trois opinions scientifiques rendues par l'EFSA s'inscrivent dans un travail publié par l'agence en mai 2012, également commandé par la Commission européenne : il s'agissait alors d'évaluer l'efficacité des tests réglementaires ayant conduit à l'autorisation des molécules. Le groupe d'experts mandaté par l'agence européenne avait conclu que ces tests, conçus pour les produits utilisés en pulvérisation, n'étaient pas adaptés.

De plus, les chercheurs notaient que les tests en laboratoire étaient lacunaires : pas de prise en compte des effets de synergie avec des pathogènes ou d'autres produits phytosanitaires, pas d'évaluation des effets non létaux (désorientation, perte de mémoire des butineuses, etc.). De même que les tests en plein champ étaient incapables de déceler les effets de ces substances – surfaces traitées trop petites, colonies utilisées de trop petite taille, etc.

"LES NÉONICOTINOÏDES AFFECTENT NÉGATIVEMENT LES ABEILLES"

"Il est très réconfortant que l'EFSA ait réagi aux preuves de plus en plus fortes que l'utilisation des néonicotinoïdes affecte négativement les populations d'abeilles, et qu'elle reconnaisse les risques significatifs associés avec l'utilisation actuelle de ces produits", commente le biologiste David Goulson, professeur à l'université de Stirling (Royaume-Uni) et auteur d'une récente étude publiée dans la revue Science, documentant les effets de l'imidaclopride sur les bourdons : "Beaucoup d'entre nous voudraient désormais voir un moratoire être décidé sur l'utilisation de ces pesticides, jusqu'à ce que nous comprenions réellement à quel point ils dégradent l'environnement."

Dans les trois avis rendus, les experts de l'EFSA reconnaissent que la science est encore loin du compte. En fonction du produit et de son mode d'utilisation, les données ne permettent bien souvent pas de conclure à l'existence ou à l'absence de risques. Par exemple, il est actuellement impossible d'évaluer le risque posé par l'imidaclopride sur les abeilles lorsque le produit est utilisé sur l'endive, la laitue, la scarole, le radis, etc.

En juin, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a interdit le Cruiser sur le colza dans l'Hexagone. En revanche, son utilisation sur le maïs est toujours autorisée en France, bien qu'elle présente, selon l'EFSA, des risques pour les abeilles par deux voies : la guttation et les poussières des semis.

LES OPINIONS RENDUES PAR L'EFSA NE SONT PAS SURPRENANTES

Bien que tranchées, les trois opinions rendues par l'EFSA ne sont pas surprenantes. Laura Maxim, chercheuse à l'Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC) et l'une des meilleures spécialistes des controverses ayant accompagné l'utilisation de ces substances, note ainsi qu'"il y a dix ans, le Comité scientifique et technique [un groupe d'experts mis sur pied en 1999 par Jean Glavany, ministre de l'agriculture] était parvenu aux mêmes conclusions à propos de l'imidaclopride".

Le rapport de ce groupe d'experts avait été rendu en 2003, et avait conduit à l'interdiction du Gaucho en France. Deux ans plus tard, ce comité livrait des conclusions semblables pour un autre pesticide controversé, le fipronil (commercialisé sous le nom de Régent), également mis en cause dans le déclin d'abeilles. L'EFSA finalise une opinion scientifique sur cet autre produit controversé, n'appartenant pas à la famille des néonicotinoïdes. "Elle devrait être publiée d'ici à fin mars", précise Mme Auteri.

Stéphane Foucart

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Les contre-feux de l'industrie agrochimique

Outre les trois opinions scientifiques de l'Autorité européenne de sécurité sanitaire (EFSA), l'Italie, la France ou le Royaume-Uni ont récemment pris des mesures à l'encontre des insecticides néonicotinoïdes ou mènent des enquêtes parlementaires sur leurs effets sur les abeilles.

Les agrochimistes allument des contre-feux. Un rapport commandé par Bayer et Syngenta à un cabinet de consultants, rendu public lundi 14 janvier, chiffre les bénéfices des néonicotinoïdes à 4,5 milliards d'euros par an pour l'économie européenne et estime que leur abandon coûterait 50 000 emplois agricoles.

Le rapport ne dit pas qu'au niveau mondial, les services rendus par les insectes pollinisateurs sont estimés à 115 milliards d'euros par an.

Le moteur diesel, une plaie !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/16/les-particules-du-diesel-et-des-feux-de-bois-2e-facteur-du-rechauffement_1817853_3244.html

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Les particules du diesel et des feux de bois, deuxième facteur du réchauffement

Le Monde.fr | 16.01.2013 à 14h15 • Mis à jour le 16.01.2013 à 14h16 Par Stéphane Foucart

Ces derniers mois, ce sont plutôt les spécialistes de santé publique qui ont offert leurs munitions aux adversaires des véhicules diesel, émetteurs de microparticules cancérogènes. Désormais, les climatologues ne sont plus en reste. Une vaste étude, publiée mardi 15 janvier dans Journal of Geophysical Research : Atmospheres, offre une nouvelle évaluation de la contribution des suies – ces particules carbonées produites par des combustions incomplètes – au changement climatique et parvient à un résultat saisissant.

Selon Tami Bond (université de l'Illinois à Urbana-Champaign) et ses coauteurs, une vingtaine de scientifiques internationaux, les suies (black carbon, en anglais) sont le deuxième facteur de réchauffement derrière le dioxyde de carbone, mais devant le méthane (CH-4). Cette nouvelle évaluation représente environ le double de celle que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait publiée en 2007, dans son dernier rapport.

 

FORMATION DE NUAGES QUI ACCROISSENT L'EFFET DE SERRE

Quel rapport avec le diesel ? Selon les chercheurs, c'est le levier le plus simple et le plus efficace pour lutter contre ces particules sombres à l'effet réchauffant. "L'atténuation des émissions des véhicules à moteur diesel semble offrir les meilleures chances de réduction de l'influence climatique humaine à court terme", écrivent les auteurs.

Certaines sources de suies, comme les feux de forêt, ne peuvent être taries facilement. Elles iront même en grandissant avec la multiplication des canicules et des sécheresses, qui favorisent les régimes d'incendies. Mais agir, outre sur le diesel, sur les autres sources anthropiques – fours à bois, chauffages domestiques, etc. – pourrait également produire des effets rapides.

Ces derniers, selon Tami Bond, "se feraient sentir presque immédiatement, car les suies ont une durée de vie courte". Cependant, ajoute le chercheur, "pour résoudre réellement le problème climatique à long terme, les émissions de dioxyde de carbone doivent aussi être réduites".

LES HAUTES LATITUDES DE L'HÉMISPHÈRE NORD TRÈS TOUCHÉES

Les modes d'action de ces particules sombres sont multiples. Elles participent par exemple à la formation de nuages qui contribuent à accroître l'effet de serre, donc à hausser les températures. Transportées au gré des masses d'air, elles se déposent également sur les vastes zones enneigées ou glacées de l'Arctique et en altèrent légèrement la blancheur. Banquises et glaciers absorbent ainsi plus d'énergie, contribuant à changer le "bilan radiatif" des hautes latitudes. Donc à y réchauffer l'atmosphère.

Selon les auteurs, ce sont de fait les hautes latitudes de l'hémisphère Nord qui sont le plus touchées par les effets climatiques des suies. Ces nouveaux résultats seront intégrés au prochain rapport du GIEC, qui sera rendu public en septembre. Ils pourront être utilisés pour prendre des mesures immédiates d'atténuation du réchauffement, de même qu'ils permettront une meilleure modélisation du climat.

15/01/2013

Les rivières françaises de plus en plus polluées

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/14/le-nitrate-contamine-de-plus-en-plus-de-rivieres-francaises_1816525_3244.html

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Les nitrates contaminent de plus en plus de rivières françaises

LE MONDE | 14.01.2013 à 11h43 • Mis à jour le 14.01.2013 à 11h43 Par Martine Valo

La dégradation de la qualité des cours d'eau et des nappes souterraines progresse en France. Plus de la moitié de l'Hexagone est désormais concernée par la pollution diffuse d'origine agricole, autrement dit les nitrates.

Fin décembre 2012, après d'âpres négociations, les six grands bassins versants de l'Hexagone ont adopté la nouvelle carte de leurs zones classées "vulnérables" – celles qui enregistrent des teneurs en nitrate d'au moins 50 milligrammes par litre (mg/l). La liste englobe 18 860 communes, soit 860 de plus qu'en 2012 : 1 300 rejoignent les zones vulnérables et 440 les quittent. A lui seul, le bassin Loire-Bretagne, qui couvre dix régions, compte 434 communes supplémentaires. Mais l'Ouest n'est plus un cas particulier : presque toutes les régions sont concernées.

Dans le bassin Adour-Garonne en particulier, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, a exprimé son mécontentement, notamment dans le Tarn et les Pyrénées-Atlantiques, où l'organisation a annoncé, début janvier, son intention de faire appel de ce redécoupage.

Aiguillonnée par la perspective des élections dans les chambres d'agriculture fin janvier, la FNSEA a lancé une pétition contre l'extension des zones vulnérables et les contraintes réglementaires qui vont avec. Récemment, elle a fait manifester ses troupes à Metz, Orléans et Toulouse sous la bannière du "bon sens paysan contre l'écologie technocratique" ; quelques tonnes de lisier ont été déversées à Strasbourg et Rouen.

La France s'est engagée depuis plusieurs années à réviser rapidement sa géographie des nitrates auprès de la Commission européenne, qui lui reproche de minimiser le problème. L'affaire traîne depuis la directive européenne nitrates du 12 décembre 1991. Paris répond systématiquement avec un temps de retard : le contentieux s'est depuis alourdi des marées d'algues vertes, dues à l'excès de nitrates.

Les zones vulnérables s'étendent donc à présent aux communes du littoral. En février 2012, lassée par la frilosité de la France, Bruxelles a fini par la traduire devant la Cour de justice de l'Union européenne. Faute de résultats, la condamnation, au moins de principe, est attendue courant 2013. En l'absence de signes tangibles de bonne volonté, elle pourrait se solder par des amendes de plusieurs millions d'euros.

RECETTES CONNUES POUR FAIRE BAISSER LA POLLUTION

Les ministères de l'agriculture et de l'écologie ont hérité d'un dossier à haut risque. Les nouveaux programmes d'action contre les nitrates – ce sont les cinquièmes – sont en préparation depuis plus d'un an. Les recettes sont connues (moins d'épandage d'azote, des bandes d'herbe entre champs et cours d'eau, rotation obligatoire des cultures, couverture des sols avec des plantes "piégeuses" de nitrates), mais ces mesures agacent certains chefs de file de l'agriculture.

"La réflexion avance par exemple sur l'augmentation des capacités de stockage de lisier, ce qui permet de ne pas épandre à certains moments de l'année, de faire attention aux sols gelés ou en pente, constate Gilles Huet, délégué général de l'association Eau et rivières de Bretagne. Cette fois, ce n'est pas la Bretagne qu'on entend protester, mais les autres régions qui se sentent mises en cause à leur tour."

Si l'Etat impose des pratiques restrictives, il maintient néanmoins quelques gages en direction des tenants de l'agriculture dominante. Ainsi la fin des zones d'excédent structurel (ZES), que le précédent gouvernement avait inscrite dans les cinquièmes programmes d'action, est toujours à l'ordre du jour. Les ZES ont pourtant permis de faire baisser les taux de nitrate dans les rivières de Bretagne en restreignant l'épandage dans des cantons saturés de lisier. Au ministère de l'écologie, on annonce des consultations ultérieures prévues au printemps.

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Pollution

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sur le même sujet :

Application de la directive « nitrates » : la France recherchera l’équilibre entre exigences européennes, objectifs écologiques et intérêt des agriculteurs

Paris

16/01/2013

Ministère de l’Écologie, 
du Développement durable 
et de l’Énergie

Ministère de l’Agriculture, 
de l’Agroalimentaire et de la Forêt

A la suite du classement de 823 communes supplémentaires en zones vulnérables, Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, rappellent que la France est tenue de se conformer aux exigences communautaires dans le cadre de la directive « nitrate », les sanctions financières encourues seraient très lourdes pour le budget national en cas de manquement.

La France a été assignée devant la Cour de justice de l’Union européenne pour mauvaise application de la directive 91/676CEE dite directive « nitrates » dans le cadre de deux contentieux. L’un des contentieux porte sur l’insuffisance de délimitation des zones vulnérables dans lesquelles les eaux sont polluées ou susceptibles de l’être par les nitrates d’origine agricole ; l’autre contentieux porte sur l’insuffisance des programmes d’actions applicables dans ces zones.

Au-delà de ces enjeux contentieux, l’efficacité des actions de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates est un enjeu fort de protection de l’environnement, et contribue à l’atteinte des objectifs de bonne qualité fixés dans les schémas directeurs et d’aménagement et de gestion des eaux.

Les Ministres rappellent que si 1 440 communes ont été ajoutées à la liste des quelques 18 400 déjà concernées, 617 communes ont été déclassées au vu de l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines, traduisant les efforts réalisés par les agriculteurs dans la maîtrise des pollutions azotées.

L’année 2013 sera consacrée à compléter le programme d’actions national et à élaborer les programmes d’actions régionaux applicables en zones vulnérables. Une nouvelle phase de concertation avec les professionnels sera engagée dès la fin du mois.

Les Ministres sont attentifs à répondre aux exigences imposées par l’application de la directive « nitrates » dans le respect des principes agronomiques qui ont toujours régi la mise en œuvre de cette directive en France.

Les élevages à l’herbe présentent des spécificités et des bénéfices environnementaux reconnus. Les Ministres cherchent à concilier leur rentabilité économique et leur performance environnementale, en limitant les investissements superflus (par exemple, stockage au champ des fumiers compacts pailleux).

Enfin, et parce qu’il est nécessaire de Produire autrement, Stéphane LE FOLL a indiqué qu’un plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote serait présenté au printemps, en lien avec le plan national biogaz inscrit dans la feuille de route de la transition écologique et avec le débat national sur la transition énergétique organisé par Delphine BATHO. Ce plan vise à développer la production de biogaz dans les régions d’élevage ce qui permettra de valoriser une diminution de la concentration d’azote dans les milieux aquatiques par la valorisation des effluents d’élevage et en remplacement de l’azote minéral (chimique) jusqu’alors utilisé.

Contacts presse : 
Service presse de Delphine BATHO 01 40 81 78 31 
Service presse de Stéphane LE FOLL 01 49 55 59 74

Evaluation des OGM en Europe

communiqué :

Evaluation des OGM en Europe : le gouvernement français a l’occasion de montrer sa détermination 


PARIS, le 14 janvier 2013 -


Dans une lettre ouverte envoyée le 8 janvier 2013, onze associations françaises - les Amis de la Terre, l'APSODA, la Confédération Paysanne, le CRIIGEN, la FNAB, FNE, Générations futures, le GIET, Greenpeace, Nature et Progrès et l'Union Nationale de l’Apiculture Française - demandent au gouvernement français de réaffirmer avec force la décision du Conseil européen de 2008 de renforcer l'évaluation des OGM avant autorisation. Pour cela, le Gouvernement doit s'opposer au projet de règlement proposé par la Commission et obtenir, au minimum, une rédaction claire quant au caractère obligatoire des analyses de toxicologie et d'alimentarité. 

(voir le texte complet dans le fichier pdf)

OGM 14:1:13.pdf

sur le même sujet :

Appel de Poitiers à l'Anses.pdf

Non aux lois Monsanto 23 11 2012.pdf

08/01/2013

Guyane, mines et Parc National

lu sur : 

http://www.fne.asso.fr/fr/arnaud-montebourg-mine-le-parc-amazonien-de-guyane.html?cmp_id=33&news_id=13048&vID=1772

En Guyane française, le Ministère du Redressement Productif vient de délivrer un permis d’exploitation minière dans un secteur du Parc National interdit à l’activité minière. Nos organisations ne comprennent pas cette décision unilatérale à contre-courant et demandent une annulation de cette autorisation incohérente.

Arnaud Montebourg, le Ministre du Redressement Productif, vient de signer un arrêté octroyant à la société minière REXMA un permis d’exploitation minière de 10 km² à quelques encablures à peine du bourg de Saül, village porte du Parc Amazonien en Guyane, plus grand Parc National français.

Ce secteur écotouristique n’a pourtant absolument pas vocation à accueillir une mine industrielle. Le permis accordé est constitué par la partie amont de la vallée alluviale de la Crique Limonade, classée en zone de libre adhésion du Parc National. Directement en aval du permis, le bassin de la Crique Limonade bascule en zone cœur. Ce projet, risquant de porter atteinte non seulement à l’aire d’adhésion mais aussi cœur du Parc National, illustre à nouveau les difficultés que rencontrent les différents Parcs Nationaux et qui ont été dénoncées récemment par nos organisations ¹.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2012 le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM) classe l’ensemble de la zone comme étant interdit aux activités minières, en raison notamment de l’importante richesse biologique du secteur.

Cette décision unilatérale d’Arnaud Montebourg intervient dans un contexte local d’opposition au projet très marquée. Ainsi dès 2006, pour satisfaire les intérêts particuliers de l’entreprise, le Ministre de l’Industrie de l’époque avait autorisé les recherches minières dans ce secteur en passant outre les avis défavorables du Maire, de la Commission Départementale des Mines et du Préfet. Aujourd’hui encore, les habitants, la municipalité, les associations, ainsi que certaines collectivités et grands élus de Guyane s’indignent contre cette autorisation injuste.

Nos organisations ne comprennent pas cette décision ministérielle à contre-courant, intervenant dans une période bien particulière de réforme du Code Minier, de passage en consultation de la Charte du Parc Amazonien et de fragilisation des parcs nationaux.

Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : « Nos organisations demandent l’annulation du permis. On ne peut plus se permettre de délivrer des permis qui mettent en danger le Parc National, de surcroît, en contradiction avec le Schéma Départemental d’Orientation Minière ».

¹ /fr/nos-dossiers/biodiversite/parcs-nationaux/

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Agrocarburants: les politiques à courte vue sont toujours les moins bonnes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/08/la-production-d-agrocarburants-menace-la-qualite-de-l-air-en-europe_1813735_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130108-[titres]

La production d'agrocarburants menace la qualité de l'air en Europe
 
La culture de saules, peupliers ou eucalyptus afin de produire du bioéthanol pourrait causer 1 400 décès prématurés par an en Europe d'ici à 2020 et une baisse des rendements de blé et de maïs.

Le Monde.fr | 08.01.2013 à 07h41 • Mis à jour le 08.01.2013 à 08h40Par Audrey Garric

C'est une nouvelle tache sur la réputation déjà ternie des agrocarburants. Maintes fois accusés d'aggraver l'insécurité alimentaire et la volatilité des prix, d'accélérer la déforestation tropicale et même d'augmenter les gaz à effet de serre, les carburants d'origine végétale sont maintenant incriminés pour la pollution de l'air et les problèmes de santé humaine qu'ils entraîneraient.

L'Union européenne, en cherchant à atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans le secteur des transports d'ici à 2020 afin de lutter contre le changement climatique, pourrait dans le même temps aggraver la pollution à l'ozone et causerprès de 1 400 décès prématurés par an sur la période, assure une étude parue dans la revue scientifique Nature Climate Change, dimanche 6 janvier.

TAILLIS À COURTE ROTATION

Les chercheurs de l'université britannique de Lancaster se sont intéressés à la production d'énergie et d'agrocarburants à partir de la biomasse ligneuse (les arbres), censée limiter l'utilisation polluante de pétrole et de charbon.

Ils ont pris pour hypothèse que les 72 millions d'hectares de cultures et de prairies traditionnelles actuellement disponibles en Europe pour la production de bioénergie seront transformés d'ici à 2020 en taillis à courte rotation de saule, de peuplier ou d'eucalyptus afin de produire des quantités élevées de bioéthanol. Ces systèmes de culture, qui se caractérisent par de fortes densités d'arbres (1 500 à 3 000 plants par hectare), des rotations de cinq à dix ans et des rendements de production de matière sèche élevés, ont aussi la particularité d'émettre plus d'isoprène que les plantes traditionnelles en poussant.

PROBLÈMES PULMONAIRES

Or, cette molécule est un composé organique volatil qui produit, lorsqu'il est combiné avec d'autres polluants atmosphériques (comme l'oxyde d'azote), de l'ozone, un des polluants de l'air parmi les plus dangereux pour la santé.

Cette pollution, qui peut causer des problèmes pulmonaires, ainsi qu'affecter les reins, le cerveau et les yeux, est responsable de la mort d'environ 22 000 personnes par an en Europe. La hausse des émissions d'isoprène induite par les changements de cultures conduirait, selon l'étude, à un ajout de 1 365 morts par an à ce bilan (+ 6 %), soit un coût de 5,4 milliards d'euros pour la société.

BAISSE DES RENDEMENTS AGRICOLES

Autre conséquence : les rendements agricoles en seraient affectés, dans la mesure où l'ozone provoque des nécroses des plantes, en diminuant leur taux de chlorophylle et les échanges gazeux. L'étude chiffre ainsi à 7,1 millions de tonnes de blé (3,5 % des cultures actuelles) et 800 000 tonnes de maïs (1 %) qui seraient perdues chaque année, soit une perte économique de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

"La culture de biocarburants est vue comme quelque chose de positif car elle réduit la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, explique Nick Hewitt, l'un des auteurs de l'étude. Leur production à grande échelle en Europe a toutefois des effets faibles, mais significatifs, sur la mortalité humaine et les rendements des cultures. Notre étude met en évidence la nécessité de ne pas seulement prendre en compte le bilan carbone dans la décision de cultiver des biocarburants afin de limiter les gaz à effet de serre."

ÉLOIGNER LES CULTURES DES ZONES PEUPLÉES

Les scientifiques suggèrent d'implanter les cultures d'agrocarburants loin des centres de population ou des zones d'intense production agricole afin de limiterl'impact de l'ozone. La génétique pourrait par ailleurs être utilisée pour réduire les émissions d'isoprène.

L'étude de l'université de Lancaster n'a toutefois pas comparé les dommages potentiels causés par les agrocarburants à l'impact sur la santé humaine de la production de charbon, de pétrole ou de gaz naturel. "Nous ne sommes pas en mesure de faire cette comparaison", a reconnu Nick Hewitt. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, la pollution de l'air dans l'ensemble, surtout provoquée par les combustibles fossiles, cause environ 500 000 décès prématurés en Europe chaque année.

Audrey Garric

03/01/2013

Protection de l'environnement : interdiction des sacs plastiques

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/03/l-interdiction-des-sacs-en-plastique-se-mondialise_1812467_3244.html

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L'interdiction des sacs en plastique se mondialise

LE MONDE | 03.01.2013 à 13h11 • Mis à jour le 03.01.2013 à 13h23 Par Gilles van Kote

Bouc émissaire ou calamité environnementale ? Trois décennies auront suffi à faire du sac plastique, merveille technologique capable de supporter une charge deux mille fois supérieure à son poids, le symbole des inconséquences et de l'empreinte écologique de nos modes de consommation. Pour tenter d'enrayer ce fléau qui pollue les paysages et les océans, la Mauritanie et le Mali, après d'autres, ont interdit, le 1er janvier, les sacs en plastique.

En octobre 2012, Haïti avait déjà instauré une interdiction des sacs en plastique et des emballages en polystyrène sur tout son territoire, afin, selon le premier ministre, Laurent Lamothe, de protéger son littoral et ses mangroves, menacés d'asphyxie par les détritus.

Au Nord, la ville canadienne de Toronto comptait en faire autant, mais elle a fait marche arrière, fin novembre, par crainte de poursuites de la part de l'industrie du plastique et d'associations de commerçants. A Concord (Massachusetts), c'est la vente de petites bouteilles d'eau en plastique qui est prohibée depuis le 1er janvier.

DANS L'ESTOMAC DES MAMMIFÈRES MARINS

Les mesures d'interdiction ou de taxation des sacs de caisse – ou sacs à usage unique – se multiplient à travers le monde. Le Danemark a fait figure de pionnier en instaurant une taxe dès 1994. En 2002, le Bangladesh a décrété une interdiction totale des sacs en plastique, soupçonnés d'avoir provoqué de graves inondations à Dacca en empêchant l'évacuation des eaux. La même année, l'Irlande a imposé une taxe de 15 centimes par sac de caisse qui en aurait fait chuter de 90 % la consommation.

La production de sacs en plastique dans le monde a atteint entre 500 et 1 000 milliards d'unités au début des années 2000. Leur légèreté explique qu'ils pèsent relativement peu dans la production mondiale de plastique mais aussi qu'ils s'échappent facilement des circuits de collecte des déchets. Dans la nature, ils peuvent mettre jusqu'à quatre siècles avant de commencer à se dégrader. Les océans en regorgent, jusque dans l'estomac des mammifères marins.

"Les sacs en plastique à usage unique doivent être interdits ou supprimés rapidement partout", affirmait, en 2009, Achim Steiner, le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Les opposants aux mesures d'interdiction affirment que celles-ci ne répondent pas réellement à des considérations économiques ou environnementales. "L'interdiction des sacs est malheureusement devenue un symbole politique puissant", affirmait Todd Myers, directeur environnemental du think tank d'obédience libérale Washington Policy Center, en octobre, dans le Wall Street Journal.

UNE AUTRE VOIE QUE L'INTERDICTION, CELLE DU RECYCLAGE

Les interminables forêts de poches en plastique accrochées aux arbres, aux buissons et aux clôtures, qui cernent aujourd'hui la plupart des agglomérations des pays du Sud, sont pourtant bien une réalité. Mais au Togo, où ces sacs sont interdits depuis début 2011, "rien n'a changé", selon plusieurs observateurs.

"Ces mesures d'interdiction ne sont souvent que de la poudre aux yeux, car elles ne sont jamais appliquées, estime Michel Loubry, représentant de PlasticsEurope, le syndicat européen des producteurs de plastique. On ferait mieux de commencer par aider ces pays à se doter d'un système de collecte et de traitement des déchets."

L'association française Gevalor explore une autre voie que l'interdiction, celle du recyclage : son projet de production semi-industrielle de pavés fabriqués à base de sacs en plastique recyclés et de sable, à Madagascar, arrive au stade de la commercialisation. Au Kenya, le PNUE aide la ville de Nairobi à développer des infrastructures de collecte et de recyclage des sacs parallèlement à la mise en place d'une taxe. Mais les filières de recyclage des pays du Sud sont trop artisanales pour répondre au défi environnemental.

LES DISTRIBUTEURS VENDENT DÉSORMAIS DES SACS RÉUTILISABLES

Alors que l'Union européenne hésite encore à imposer une interdiction ou une taxation des sacs en plastique, l'Italie a pris une mesure d'interdiction en 2011. La France a décidé de taxer les sacs de caisse à usage unique non biodégradables à partir du 1er janvier 2014. La taxe devrait être d'environ 6 centimes. La consommation de sacs de caisse y a pourtant déjà été ramenée de 15 milliards d'unités en 2003 à environ 800 millions en 2010.

La suppression de la gratuité des sacs par les grandes enseignes de distribution y est pour beaucoup. Les distributeurs ont bien compris leur intérêt : ils vendent désormais des sacs réutilisables. Et la disparition progressive du sac de caisse, souvent réutilisé par les particuliers pour jeter leurs ordures, a eu pour effet de faire augmenter les ventes de sacs poubelle... beaucoup plus gourmands en matière plastique que les sacs de caisse.

01/01/2013

Pour bien commencer l'année, remettons-nous en question

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/27/nucleaire-les-doutes-du-patron-de-la-surete-belge_1810573_3244.html

Nucléaire : les doutes du patron de la sûreté belge

LE MONDE | 27.12.2012 à 11h19 • Mis à jour le 28.12.2012 à 20h05 Par Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, correspondant

Directeur de l'Agence fédérale de contrôle du secteur nucléaire (AFCN) jusqu'à la fin de l'année, le Belge Willy De Roovere a créé la sensation dans son pays en mettant en cause la sécurité de cette industrie. "Nous devons nous demander si le risque nucléaire est encore acceptable", a expliqué, lundi 24 décembre, sur une radio publique néerlandophone ce responsable qui dirigea par ailleurs la centrale de Doel, l'un de deux sites atomiques belges.

"En toute honnêteté, si je considère ce risque, je choisirai d'autres formes d'énergie", ajoutait M. De Roovere dans cet entretien, évoquant cependant les risques économiques liés à une telle décision.

 
 

Toute industrie comporte une part de risques, ajoutait-il, mais il est "très difficile dans la période actuelle" de faire accepter par la population celui qui est lié à la filière nucléaire. Surtout sur un territoire aussi densément peuplé que la Belgique, où une évacuation pourrait concerner des centaines de milliers de personnes.

"Ma réflexion est la conséquence de la catastrophe de Fukushima, a expliqué M. De Roovere dans une autre interview publiée jeudi par le quotidien belge Le Soir. En matière nucléaire, le risque est très faible, mais les conséquences d'un accident peuvent être extrêmement graves."

"IL FAUT SUIVRE LES CENTRALES EXISTANTES DE TRÈS PRÈS"

Le directeur de l'AFCN – encore pour quelques jours – juge dès lors qu'il convient, en Belgique comme en Europe, d'éviter de construire de nouvelles centrales. Quant aux unités existantes, "il faut les suivre de très près", déclare-t-il.

A propos des réacteurs de nouvelle génération, M. De Roovere insiste : "Chaque pays devrait débattre tout en tenant compte de la question principale : "Quel est le niveau de risque résiduel acceptable pour la population ?" Je suppose que la discussion a eu lieu en France lorsqu'on a décidé de construire un réacteur EPR", relève le patron de l'AFCN.

M. De Roovere tient quand même un propos rassurant sur la surveillance des installations belges. S'il pense que les contrôles ne permettront jamais d'exclure une défaillance, "on peut s'assurer qu'une défaillance ne mène pas à une catastrophe", indique-t-il. Et, jusqu'à présent, aucun défaut constaté dans le parc du pays n'a fait courir un risque à la population, assure-t-il.

Les affirmations du numéro un de l'agence ont jeté un froid, alors que deux réacteurs belges, Tihange 2 et Doel 3, sont à l'arrêt depuis août. Leurs cuves présentent des défauts, de nombreuses microfissures sur lesquelles se sont penchés divers experts. Exploités par Electrabel, filiale de GDF Suez, ces réacteurs sont les plus modernes des sept unités du parc belge et fournissent quelque 30 % de la consommation électrique du pays.

L'AFCN devra décider, probablement dans une vingtaine de jours, si elle autorise ou non leur redémarrage. C'est le successeur de M. De Roovere, Jan Bens, un autre ancien directeur de Doel reconverti dans la sécurité nucléaire, qui devra piloter cette réflexion. Cet été, l'AFCN s'était déclarée "sceptique" quant à une possible relance de Doel 3.

EN EUROPE, LES ENQUÊTES DE SÉCURITÉ N'ONT PAS TOUJOURS CONVAINCU

Electrabel a fait état, début décembre, de conclusions assurant que Tihange 2 et Doel 3 pourraient redémarrer immédiatement. Les équipes de l'électricien, assistées d'experts étrangers, affirment que les normes et les critères internationaux ont été respectés lors de la construction des centrales. Le métal des cuves serait sain et les bulles résulteraient de défauts minimes, dus à l'hydrogène.

Ces bulles se seraient formées dès le forgeage des cuves par une société néerlandaise, Rotterdamsche Droogdok Maatschappij (RDM). L'ancien patron de cette société avait exclu cette hypothèse au moment de l'arrêt des réacteurs.

La décision finale de l'AFCN, prélude à celle que devra prendre le gouvernement belge, sera en tout cas suivie avec intérêt à l'étranger. Parce que RDM a vendu une vingtaine de cuves semblables dans le monde. Et parce que, dans la foulée de Fukushima, une vive inquiétude s'est fait jour quant à la sécurité des installations dans l'ensemble de l'Europe. Les enquêtes lancées, à cet égard, par la Commission européenne se sont voulues rassurantes mais n'ont pas convaincu toutes les parties.

Le Forum nucléaire, un lobby belge, juge, en revanche, que les tests de résistance "ont prouvé que les centrales en Europe, et particulièrement en Belgique, sont sûres". Il estime dès lors "incompréhensible" la prise de position de M. De Roovere.

Après divers revirements, les autorités belges ont adopté il y a quelques mois un calendrier de sortie du nucléaire. Il prévoit un arrêt définitif de cinq réacteurs en 2025, Doel 1 et 2 devant fermer dès 2015. Une décision prise, toutefois, sans que des tests de fiabilité soient menés, ce qui laisse la porte ouverte à d'autres changements.

A moins qu'une rupture d'approvisionnement – hypothèse évoquée pour 2014 par un rapport officiel publié en mai – ne vienne bouleverser la donne.

Jean-Pierre Stroobants - Bruxelles, correspondant

31/12/2012

Nano particule, alimentation, santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/31/nanoparticules-l-ingredient-qui-s-est-discretement-invite-a-notre-table_1810783_3244.html

Nanoparticules : l'ingrédient qui s'est discrètement invité à notre table

Le Monde.fr | 31.12.2012 à 10h33 • Mis à jour le 31.12.2012 à 10h36Par Angela Bolis

Le plus grand brouillard règne, aujourd'hui, sur le paysage des nanoparticules dans le champ alimentaire. Même si la situation est amenée à s'éclaircir avec l'adoption par la France, dès le 1er janvier 2013, d'une obligation de déclaration des produits qui en contiennent. Alors que la régulation et la transparence concernant les nanomatériaux sont encore balbutiantes, peut-on d'ores et déjà en retrouverdans notre assiette ?

Lire : "La France oblige les industriels à déclarer les nanoparticules dans leurs produits"

Il y a de multiples moyens, pour une nanoparticule, de pénétrer dans notrealimentation. Et en premier lieu, de manière fortuite. Elles sont en effet utilisées dans des domaines extrêmement variés – pneus, crèmes solaires, panneaux photovoltaïques, etc. – et peuvent donc être relâchées dans la nature. Elles sont aussi utilisées dans l'agriculture, par exemple dans certains pesticides. Or, des chercheurs ont montré que des plants de soja pouvaient par exemple absorber, jusque dans leurs haricots, des nanoparticules d'oxyde de zinc présentes dans des produits cosmétiques, selon the Environmental magazine.

DÉJÀ DANS LES EMBALLAGES ET LES ADDITIFS ALIMENTAIRES

Mais elles sont aussi, et de plus en plus, présentes dans le secteur alimentaire pour les innombrables propriétés qu'elles font miroiter – pour les emballages en particulier. Enfin, elles sont directement incorporées dans les aliments via les additifs alimentaires. La silice par exemple. Selon le ministère de l'agriculture"des produits à l'échelle nanométrique sont utilisés depuis de nombreuses années enEurope et en France dans les aliments courants : la silice, autorisée au niveau européen depuis des années, est produite sous forme nano comme additif anti-agglomérant".

Or, cet ingrédient – noté E 551 sur les emballages, par exemple dans des sauces tomates et vinaigrées – n'est pas identifié comme "nano", notait l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, devenue Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) dans un rapport de 2008 (PDF). Car l'organisme européen en charge des additifs alimentaires considère qu'il n'est pas conçu comme un nanomatériau visant à obtenir des propriétés bien spécifiques, différentes de celles de son cousin aux particules plus grandes. D'après lui, d'ailleurs, "il n'y a pas d'additifs alimentaires produits par les nanotechnologies". Néanmoins, note l'Anses, "il fautsouligner que les agrégats et agglomérats de SAS [silices amorphes synthétiques] doivent être considérés comme des entités nano-structurées".

En Europe, les nanomatériaux conçus intentionnellement pour l'industriealimentaire sont encore assez marginaux, et plutôt au stade de recherche & développement. Aux Etats-Unis par contre, une étude publiée par Environmental Science & Technology montre qu'ils ont déjà fait leur entrée dans les garde-manger : un Américain consommerait chaque jour des nanoparticules de dioxyde de titane, utilisées comme colorant blanc (E171) dans de nombreux dentifrices et aliments – en particulier les friandises, comme les chewing-gums Trident, les M&M's ou les Mentos. Du coup, les enfants y sont encore plus exposés. 

DANS QUELS ALIMENTS TROUVE-T-ON DES NANOPARTICULES ?

Les industriels n'étant pas sommés, jusqu'ici, de déclarer les produits contenant des nanoparticules, l'information à ce sujet se fait rare et partielle. S'il existeplusieurs inventaires de ces produits dans le commerce, ils se fondent uniquement sur ce qu'affichent les entreprises – or, l'usage des nanotechnologies est de moins en moins brandi comme argument commercial – sans vérification possible.

Néanmoins, l'inventaire le plus complet est celui du "Project on emerging nanotechnologies" (voir 1), réalisé par le think tank Woodrow Wilson Institute. En 2011, il recensait 1 371 produits dans le monde, dont 367 en Europe. Près d'un sur dix concernait le secteur alimentaire : revêtement intérieur des bouteilles de bière Corona, eau pour femmes enceintes et bébés (de La Posta del Aguila), nombreux compléments alimentaires, vitamines et produits amaigrissants... En France – où l'inventaire se borne à des produits cosmétiques, comme le parfum Coco Mademoiselle de Chanel –, il existe une autre base de données de l'Anses, Nano3... qui n'est pas ouverte au public.

Selon un rapport des Amis de la Terre (PDF) – qui cite aussi de nombreux produits, de la vitamine E soluble de BASF au revêtement intérieur des réfrigérateurs LG Electronics – "beaucoup des plus grandes entreprises de l'industrie alimentaire, dont Nestlé, Unilever et Kraft, font des recherches en nanotechnologies pour la transformation et l'emballage des aliments". D'après l'association, BASF, Cadbury Schweppes, Danone, Mars Inc. ou encore Pepsico font aussi partie des principales firmes qui investissent dans la recherche sur ces nanomatériaux.

DES APPLICATIONS VARIÉES

Les nanoparticules sont à peu près bonnes à tout faire, pour des applications plus ou moins utiles. Dans les emballages alimentaires, elles peuvent servir à barrer la route aux UV, à imperméabiliser un contenant, mais aussi de filtre anti-microbien, d'agent anti-odeurs, de capteur d'humidité... Le nano-aluminium, par exemple, rend le papier aluminium plus réfléchissant et moins collant. De manière générale, noteun rapport de la Food and Agriculture Organization (FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elles améliorent "la sûreté, la traçabilité et la durée de conservation des produits alimentaires"

Au sein des aliments, leurs propriétés sont tout aussi variées. Elles peuventrenforcer les arômes ou les effets nutritionnels d'un aliment, et, selon les Amis de la Terre, réduire les graisses et les calories qu'il contient, augmenter le nombre de fibres, de protéines, ou encore de vitamines, changer sa couleur... "La réduction à l'échelle nanométrique des substances bioactives améliorerait aussi l'acceptation, l'absorption et la biodisponibilité dans l'organisme", notent la FAO et l'OMS.

UNE INFORMATION RARE

Malgré toutes ces promesses et cette "entrée silencieuse dans l'alimentation" des nanoparticules, les identifier et les recenser relève toujours du casse-tête. Dans un rapport de 2009, l'ex-Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, fusionnée avec l'Afsset pour devenir l'Anses) constatait par exemple qu'il n'était "pas possible d'identifier les produits commercialisés relevant des nanotechnologies à partir de notifications ou d'autorisations existantes en l'état actuel de la réglementation dans le champ alimentaire". Et que, "considérant ces incertitudes, l'agence, de même que d'autres instances internationales, a conclu à l'impossibilité d'évaluer l'exposition du consommateur et les risques sanitaires liés à l'ingestion de nanoparticules".

Face à ces lacunes, les initiatives se multiplient pour renforcer l'expertise dans ce domaine : mise en place d'un groupe de travail permanent à l'Anses en novembre,création d'une plateforme de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) en décembre... Avec parfois un succès mitigé pour gagner la confiance du public : en mai dernier, l'Allemagne annonçait le lancement d'une étude d'une ampleur sans précédent sur les dangers des nanoparticules sur la santé humaine, afin d'établir, si besoin est, des seuils maximaux d'exposition. Elle l'a confiée à la firme BASF, géant de la chimie, en pointe dans le secteur des nanotechnologies.

Alors que la Commission européenne prône une approche au cas par cas pour évaluer les risques des nanomatériaux, le Centre d'analyse stratégique françaisrelève, dans une note de novembre 2011, que "selon certaines études, près de cinquante ans seraient nécessaires uniquement pour tester la toxicité de tous les nanomatériaux actuels ; les tests sur seulement deux mille substances par an pourraient coûter 10 milliards de dollars, et nécessiteraient le sacrifice d'un nombre considérable d'animaux de laboratoire chaque année".

SOUPÇONS SUR LES RISQUES POUR LA SANTÉ HUMAINE

La première question qui se pose est celle de l'infiltration, au fin fond de notre corps, des nanoparticules que l'on mange. Plusieurs études montrent qu'elles peuvent franchir les barrières de protection physiques, interférer sur le système immunitaire, pénétrer dans les vaisseaux sanguins, le système lymphatique et divers organes. Selon l'Afssa"le foie et la rate seraient des organes cible, mais certaines nanoparticules sont retrouvées dans les reins, les poumons, la mœlle osseuse et le cerveau". En outre, la taille des nanoparticules est déterminante dans leurs pérégrinations à travers notre organisme, comme le montre une étude menée sur des souris et citée par l'OMS et la FAO : "Les plus petites particules [d'or] ont été retrouvées dans les reins, le foie, la rate, les poumons et le cerveau, alors que les plus grandes sont presque entièrement restées dans l'appareil digestif."

La seconde question est celle de l'effet de ces nanoparticules sur notre santé. Question complexe, et jusqu'ici, pas entièrement résolue. En effet, selon Eric Gaffet, directeur de recherche au CNRS, "il est difficile de généraliser sur la toxicité des nanoparticules, car elle dépend de divers paramètres : leur taille, leur morphologie, leur composition chimique... Il suffit qu'un paramètre change pour que leur toxicité change."

Du côté des nanoparticules de silice par exemple, l'Afsset cite des études montrant que, si elles ne semblent ni cancérogènes ni génotoxiques, elles produisent un effet sur nos cellules : "L'interférence avec [certains constituants cellulaires] peut mener à un dysfonctionnement de la division cellulaire et perturberle trafic cellulaire." Une autre étude publiée en 2012 dans Toxicological Sciences a testé l'effet du nano-argent in vitro et in vivo, injecté dans le sang de rats. Conclusion : les nanoparticules ont été retrouvées jusque dans le noyau des hépatocytes, des cellules du foie, et sont hautement cytotoxiques (altérant des cellules) dans cet organe vital. "Cette étude présente des preuves de la toxicité et du caractère inflammatoire potentiel des nanoparticules d'argent dans le foie, après ingestion."

Angela Bolis

Petit tour d'horizon des nanoparticules

 

Les nanoparticules existent dans la nature – dans les éruptions volcaniques par exemple, ou encore sous les pattes du gecko, qui s'accroche à toute surface. Elles peuvent aussi naître de l'activité humaine – comme les particules fines, issues par exemple de la combustion dans les moteurs diesel. Enfin, il y a les nanoparticules manufacturées, intentionnellement créées par l'homme, et dont il est question ci-dessus.

 

Elles se définissent par leur taille : nano, comme nanomètre, soit un milliardième de mètre. Pour avoir un ordre de grandeur, l'ADN fait 2,5 nanomètres de largeur, un cheveu humain environ 80 000 nanomètres d'épaisseur. Il y a autant de différences entre une nanoparticule et une orange qu'entre une orange et la Terre.

 

Ce changement d'échelle n'est pas anodin : le même matériau, à échelle nanométrique et macroscopique, présente des propriétés et des comportements différents. Exemple : le carbone est friable dans une mine de crayon, mais plus résistant que l'acier quand il est sous forme de nanotubes. L'or, sous forme "nano", devient rouge. Surtout, les nanomatériaux sont divisés en beaucoup plus de particules, et présentent une "surface spécifique" – soit une superficie réelle – bien plus importante, ce qui génère une plus grande réactivité à l'environnement.

Une "nouvelle révolution industrielle" ?

Les nanotechnologies sont en plein boom : selon la Commission européenne, les produits qui en découlent devraient connaître une croissance de leur valeur de 200 milliards d'euros en 2009 à deux billions d'euros en 2015. En 2010-2015, elles concerneraient l'emploi de 2 millions de personnes, selon une estimation de la National Science Foundation. Pour les seules applications alimentaires, la valeur du marché atteindrait 4,4 milliards d'euros en 2012, selon la FAO et l'OMS.

 

Pour l'Ineris"de telles perspectives éveillent l'émulation et justifient le soutien des pouvoirs publics". L'UE, par exemple, a investi 3,5 milliards d'euros entre 2007 et 2013 pour les nanotechnologies. Une note stratégique du gouvernement fin 2011, qui parle de "nouvelle révolution industrielle", notait que dans le monde, les gouvernements investissent 10 milliards d'euros par an dans cette recherche. Les Etats-Unis sont en tête, suivis par le Japon et l'Allemagne, mais aussi "de nouveaux entrants particulièrement dynamiques tels que la Chine, la Corée du Sud ou la Russie".
 
lire aussi :
Débat autour des nanotechnologies

30/12/2012

Abeilles et lobbying des firmes agrochimiques

Lire l'article "les abeilles et les nouveaux pesticides" paru dans le Monde daté du 30/12/2012, page 12,

et aussi :

Abeilles : la faillite de l'évaluation des pesticides

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/09/abeilles-la-faillite-de-l-evaluation-des-pesticides_1731092_3244.html

LE MONDE | 09.07.2012 à 15h11 • Mis à jour le 09.07.2012 à 18h04 Par Stéphane Foucart

Le coupable est-il plutôt l'incompétence ou l'accumulation de conflits d'intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d'évaluation des risques pour l'abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d'insecticides ? Après avoir été autorisés depuis le début des années 1990, tous (Gaucho, Régent...) ont été au centre d'intenses polémiques avant d'être retirés, au moins partiellement, du marché... Le dernier en date, le Cruiser, vient d'être interdit par la France sur le colza, une décision attaquée par son fabricant, Syngenta.

Cette défaillance est d'autant plus troublante que certains de ces tests d'évaluation ont été remis à jour en 2010, c'est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d'un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d'un avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n'aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d'ailleurs passé à peu près totalement inaperçu...

DES "FAIBLESSES MAJEURES"

Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l'EFSA a mandaté un groupe d'une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l'agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits "systémiques" – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols –, qui imprègnent l'ensemble de la plante au cours de son développement.

De manière générale, explique le rapport, "les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire", pas plus que "l'exposition par inhalation et l'exposition des larves". Les calculs d'exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l'eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis...

"De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels." Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche, comme l'a récemment montré une étude conduite par Mickaël Henry (INRA) et publiée le 30 mars dans la revue Science.

Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d'exposition trop courte... Des effets délétères, mêmes détectés, s'avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d'abeilles utilisées.

Ce n'est pas tout. Des "faiblesses majeures" sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2 500 m2 à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche... Dès lors, l'exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité, notamment dans le cas où les abeilles seraient situées dans des zones de monoculture intensive recourant à ce même produit.

En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites... De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l'abeille...

Ces manquements sont, selon l'expression d'un apidologue français qui a requis l'anonymat, chercheur dans un organisme public, "un secret de polichinelle". De longue date en effet, le renforcement de ces "lignes directrices" et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l'environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d'études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes.

DE "GÉNÉREUX SPONSORS"

Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont élaborés ces protocoles de test suspectés de grave myopie ? "En 2006, nous nous sommes posés, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment étaient homologuées au niveau européen les substances que nous suspectons d'être la cause principale du déclin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole européenne. En lisant les annexes de la directive européenne sur les phytosanitaires, nous avons remarqué que les lignes directrices de ces tests étaient notamment édictées par l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes [EPPO]." D'autres lignes directrices sont édictées par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et sont complémentaires de celles de l'EPPO.

Celle-ci est une organisation intergouvernementale d'une cinquantaine d'Etats membres, basée à Paris"La question des abeilles est une toute petite part de notre activité", déclare Ringolds Arnitis, son directeur général. N'ayant pas d'expertise en interne, l'EPPO délègue à une autre structure – l'International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) – le soin d'élaborer les éléments de base de ces fameux tests standardisés.

L'ICPBR, quant à elle, est une structure quasi informelle créée en 1950 et domiciliée à l'université de Guelph (Canada). "Lorsque nous avons appris que cette organisation se réunissait pour réformer les fameux tests standardisés, nous nous sommes rendus à la conférence, raconte Mme Kievits. C'était à Bucarest, en octobre 2008."

La petite délégation de trois apiculteurs assiste donc à la réunion. Première surprise, raconte Janine Kievits, "les discussions commencent par une allocution pour remercier les généreux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont". Contacté par Le Monde, le groupe de travail de l'ICPBR sur la protection de l'abeille confirme le soutien financier des principaux fabricants de pesticides. Mais ajoute que la source principale de financement était les frais de participation à la conférence. Et que "sans ces financements extérieurs, le montant des frais de participation aurait été plus élevé", empêchant ainsi "une participation maximale de délégués non issus de l'industrie".

"C'ÉTAIT À TOMBER MORT !"

Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. "Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. Pour ne donner qu'un exemple, l'un des calculs de risque présenté revenait à définir un produit comme 'à bas risque' dès lors que l'abeille n'est pas exposée à la "dose létale 50" chronique [qui tue 50 % d'une population exposée sur une longue période]. Donc le produit est 'à bas risque' s'il ne tue que 49 % des abeilles ! Pour nous, c'était simplement incroyable. C'était à tomber mort !"

Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilité d'envoyer des commentaires, dans l'espoir de fairechanger les recommandations finales du groupe de travail. "Nous avons adressé nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n'a été retenu", explique Mme Kievits. Ces mêmes critiques ont été adressées, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l'EPPO. Aucune n'a répondu, à l'exception de l'Agence suédoise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux écotoxicologues de l'agence scandinave disent adhérer "pleinement " aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs...

Pourquoi l'ICPBR n'a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? "Les recommandations finales du groupe sont basées sur une approche de consensus, avec l'obtention d'un accord en séance plénière", explique-t-on à l'ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l'organisation entre les mains de l'industrie. Car l'ICPBR est ouverte à toute participation et les firmes agrochimiques y sont très représentées. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l'abeille, trois étaient salariés de l'industrie agrochimique, une était ancienne salariée de BASF et une autre future salariée de Dow Agrosciences.

CONFLITS D'INTÉRÊTS

Au cours de sa dernière conférence, fin 2011 à Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont été constitués sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous dominés par des chercheurs en situation de conflits d'intérêts. La participation d'experts employés par des firmes agrochimiques ou les laboratoires privés sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. Les autres membres sont des experts d'agences de sécurité sanitaires nationales ou, plus rarement, des scientifiques issus de la recherche publique. Les fabricants de pesticides jouent donc un rôle déterminant dans la conception des tests qui serviront à évaluer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.

En 2009, quelques mois après la conférence de Bucarest, les recommandations finales de l'ICPBR sont remises à l'EPPO. Mais avant d'être adoptées comme standards officiels, elles sont soumises à l'examen d'experts mandatés par chaque Etat membre de l'EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d'intérêts ? Sont-ils compétents ? Impossible de le savoir"La liste de ces experts n'est pas secrète : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n'est pas rendue publique", précise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adoptées par les Etats membres de l'organisation et publiées dans EPPO Bulletin.

Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l'EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l'expert représentant ce pays, issu du ministère de l'agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l'Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d'apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur...

Et la France ? L'approbation des nouveaux standards de 2010 s'est faite sous la supervision d'une écotoxicologue de la Direction générale de l'alimentation (ministère de l'agriculture) – qui représente la France à l'EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l'ICPBR et n'est autre que la principale auteure des recommandations soumises... Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l'agriculture). Elle est, aujourd'hui, employée par l'agrochimiste Dow Agrosciences.

Stéphane Foucart

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voir aussi le fichier joint :

afssa_mortalite_abeilles.pdf