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23/05/2012

Socfin/Bolloré et les palmiers à huile

lu sur :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/22/les-populations-indigenes-d-afrique-et-d-asie-contestent-le-projet-socfin-bollore_1704875_3232.html

Les populations indigènes d'Afrique et d'Asie contestent le projet Socfin/Bolloré

 
 22.05.2012 à 09h51 • Mis à jour le 22.05.2012 à 09h51
 

Le Monde.fr | 22.05.2012 à 09h51 • Mis à jour le 22.05.2012 à 09h51

Par Frédéric Mousseau, directeur politique du Oakland Institute

 

Les tribus Bunong du Cambodge, les pygmées Bagyeli du Cameroun et les villageois de la chefferie de Malen en Sierra Leone ont une chose en commun : ils sont tous aux prises avec le développement de plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas par des filiales de Socfin (Société Financière des Caoutchoucs), une société dont le principal actionnaire est le groupe Bolloré, détenu par l'homme d'affaires français Vincent Bolloré.

Depuis 2008, dans chacun de ces pays, la résistance s'est organisée face à la perte de terres agricoles, aux conditions douteuses d'attribution des concessions et à l'impact sur l'environnement des activités du groupe et de ses filiales, Socfin KCD au Cambodge, Socapalm au Cameroun et Socfin SL en Sierra Leone. Une lutte inégale est engagée contre un géant présent dans 92 pays - dont 43 en Afrique - qui contrôle non seulement des plantations mais aussi étend son emprise dans de grands secteurs stratégiques tels que pétrole, transport, logistique, manutention et surtout ports africains (13 en 2012).

Dans un rapport publié en avril 2012, l'Oakland Institute a dressé un panorama pour le moins inquiétant de l'opposition des populations locales de ces pays aux plantations de Socfin. Ce rapport détaille en particulier les raisons de l'opposition au plus récent d'entre eux, un projet signé en mars 2011, par Socfin SL portant sur 6 500 hectares (ha) pour établir des plantations de palmiers à huile dans le sud de la Sierra Leone (avec un projet d'extension de 5 000 ha supplémentaires).

Promettant création d'emplois, compensation pour les exploitations agricoles perdues et la construction d'infrastructures, l'investissement a bénéficié d'un soutien au plus haut niveau du gouvernement Sierra Léonais. Malgré ce soutien politique, le projet de Socfin SL se heurte à une forte résistance de la population locale. En octobre 2011, 40 manifestants ont été arrêtés, suite à une tentative de blocus de la plantation par les villageois. Ces derniers protestaient contre le projet d'investissement, le manque de transparence de la société, l'absence de consultation adéquate des populations locales, et le manque d'information sur les perspectives de réinstallation. Ils se plaignaient également des conditions de travail "abominables" et des faibles rémunérations des ouvriers, de la corruption d'élites locales, et de la pression exercée sur les propriétaires de terres et les chefs de villages pour la signature de l'accord.

Réagissant à ce rapport dans un document publié en ligne le 11 avril 2012, Socfin réfute en bloc ces accusations, insiste sur les objectifs de développement durable du projet et accuse les auteurs de manipulation, de malhonnêteté intellectuelle et même de poursuite d'objectifs politiques, ces derniers concernant la proximité - critiquée - entre l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui a passé un séjour en 2007 dans le yacht de l'industriel Vincent Bolloré.

Dans la défense de son projet en Sierra Leone, Socfin omet de façon notoire de commenter le blocus de la plantation opéré par les populations locales et les arrestations de dizaines d'opposants en octobre 2011. Accusant l'Oakland Institute de "paternalisme intellectuel occidental" la société feint d'ignorer que les critiques dont le rapport fait écho reprennent l'essentiel des griefs communiqués à la société par l'association locale des petits propriétaires de Malen, mis en ligne sur le site internet du Oakland Institute.

Alors que la société prétend être engagée en faveur du développement durable, Socfin viole manifestement avec ce projet le principe de consentement libre, informé et éclairé des populations, un principe internationalement reconnu pour ce type d'investissement. En mettant en place en Afrique et en Asie des monocultures de palmier à huile et d'hévéas, elle participe à la perte de biodiversité et à la dégradation de l'environnement. Pourtant, de nombreuses études d'organismes et d'experts internationaux ont montré sans ambiguïté que la voie du développement durable passe par la diversification agricole ainsi que l'utilisation de méthodes écologiques et biologiques de fertilisation et de production.

Enfin, l'accusation de malhonnêteté intellectuelle pourrait être retournée contre la société. Ainsi, pour justifier le faible niveau des salaires dont se plaignent les villageois - fixé à 250 000 leones soit 50 dollars ou 38 euros par mois pour 6 jours par semaine, 8 heures par jour - Socfin fournit un argument bien commode, et fait valoir qu'elle respecte le code du travail sierra léonais et entend éviter de "créer un déséquilibre au niveau macro dans le pays". Autrement dit, la société refuse d'augmenter les salaires parce que justement les salaires sont bas dans ce pays !

Socfin insiste également dans son communiqué sur le fond de développement social de 75 000 dollars qu'elle offre aux populations locales. Cette somme peut paraître significative au vu du niveau extrême de pauvreté en Sierra Leone. Elle est cependant sans commune mesure avec les bénéfices engrangés par la société ces dernières années. Pour ses 158 800 ha de plantations en Asie et en Afrique, les comptes du groupe Bolloré enregistraient ainsi 250 millions de dollars de bénéfice en 2011, soit une augmentation de 163 millions de dollars (187 %) depuis 2009. Ces chiffres correspondent à un bénéfice annuel moyen de 1 500 dollars par hectare de plantation, soit plus de 10 millions de dollars par an pour une plantation de 6 500 hectares. Même si une nouvelle plantation prend quelques années avant de devenir bénéficiaire, Socfin dispose donc largement des ressources nécessaires pour compenser convenablement les propriétaires des terres qu'elle utilise et assurer des salaires décents aux ouvriers agricoles dans ses nouveaux projets. Mais cela supposerait évidemment d'entamer les dividendes versés aux actionnaires de la société, Vincent Bolloré et ses associés.

Les conditions du projet Socfin en Sierra Leone doivent être revues et les poursuites contre les villageois de Pujehun immédiatement abandonnées. Assurer une réelle transparence dans la mise en œuvre du projet et permettre que toutes les personnes concernées soient réellement consultées sont des conditions indispensables à la poursuite du projet. Publier une étude d'impact environnemental et social approfondie et objective est essentiel afin de donner aux populations locales les informations nécessaires pour renégocier les conditions et modalités de l'accord, voire de le rejeter si elles le jugent contraire à leurs intérêts.

Frédéric Mousseau, directeur politique du Oakland Institute

19/05/2012

Un rapport alarmiste sur l'état de la planète

lu sur :

http://www.lepoint.fr/science/un-rapport-alarmiste-sur-l-etat-de-la-planete-15-05-2012-1461514_25.php

Le Point.fr - Publié le 15/05/2012 à 08:39 - Modifié le 15/05/2012 à 08:40

Un rapport alarmiste sur l'état de la planète

source AFP

Le rapport 2012 "Planète vivante" publié par WWF s'inquiète du tarissement des ressources naturelles d'ici à 2030. 

Trop de consommation, des ressources naturelles surexploitées et une population de plus en plus nombreuse mettent la planète Terre en danger, selon le rapport 2012 Planète vivante publié mardi par le WWF (World Wide Fund for Nature), quelques semaines avant le sommet de Rio. Ce rapport, publié tous les deux ans, a été formellement lancé par l'astronaute hollandais André Kuipers, qui tourne autour de la terre à bord de la Station spatiale internationale (ISS). "Nous n'avons qu'une Terre, de l'ISS, je peux voir l'empreinte de l'humanité sur la planète ; nous exerçons une pression insoutenable sur notre planète et pourtant nous devons sauver notre seule maison", a-t-il déclaré.

Selon Jim Leape, directeur général de WWF International, dont le siège est à Gland (Suisse), le monde "vit comme si nous avions une planète supplémentaire à disposition. Nous utilisons 50 % de plus de ressources que la Terre ne peut en produire de manière durable, et si rien ne change, d'ici l'an 2030, même deux planètes supplémentaires n'y suffiront pas". "Ce rapport est comme un check-up de la planète, et les résultats montrent que notre planète est très malade", a indiqué pour sa part Jonathan Baillie, de la Société zoologique de Londres, co-auteur du rapport. "Ignorer ce diagnostic aurait des conséquences majeures pour l'humanité, nous pouvons rétablir la santé de la planète, mais seulement en nous attaquant aux racines du mal : la croissance de la population et la surconsommation", a-t-il ajouté.

Déclin global depuis 1970

Le rapport 2012 Planète vivante utilise un indice pour mesurer les changements dans la santé des écosystèmes de la planète. Cet indice suit plus de 9 000 populations de plus de 2 600 espèces, et montre un déclin global de toutes les populations depuis 1970. Ce sont les écosystèmes tropicaux qui sont les plus touchés, avec une baisse de 60 % en 40 ans. Le rapport souligne aussi l'impact de l'urbanisation. En 2050, deux personnes sur trois vivront dans des villes. La population dans les pays pauvres a été multipliée par 4,3 depuis 1961, et leur empreinte écologique a augmenté de 323 % durant la période, dénonce encore le rapport.

Par ailleurs, 13 millions d'hectares de forêts ont disparu chaque année de la planète entre 2000 et 2010. Les pays des BRIICS (Brésil, Russie, Inde, Indonésie et Chine) et les pays à revenu moyen ont augmenté leur empreinte écologique par habitant de 65 % depuis 1961. Cependant, la différence entre empreinte écologique des pays riches et pays pauvres reste énorme. Le rapport montre que l'empreinte écologique des pays riches est 5 fois supérieure à celle des pays pauvres. Les 10 pays à la plus forte empreinte écologique par individu sont le Qatar, le Koweit, les Émirats arabes unis, le Danemark, les États-Unis, la Belgique, l'Australie, le Canada, les Pays-Bas et l'Irlande.

La population mondiale a plus que doublé depuis 1950. De 7 milliards en 2011, elle devrait atteindre plus de 9,3 milliards d'ici 2050. Le rapport propose des solutions pour "créer un avenir propère" pour "9 voire 10 milliards" de personnes d'ici 2050. Parmi ces solutions figurent une production utilisant moins d'énergie et une réduction de la consommation. Ce rapport est publié cinq semaines avant la conférence sur le développement durable des Nations unies qui se tiendra à Rio en juin prochain et appelée Rio+20. C'est à Rio que s'est tenu en 1992 le premier Sommet de la Terre.

18/05/2012

Nanoparticules et alimentation

lu sur :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0032254

Food Chain Transport of Nanoparticles Affects Behaviour and Fat Metabolism in Fish

Abstract Top

Nano-sized (10−9–10−7 m) particles offer many technical and biomedical advances over the bulk material. The use of nanoparticles in cosmetics, detergents, food and other commercial products is rapidly increasing despite little knowledge of their effect on organism metabolism. We show here that commercially manufactured polystyrene nanoparticles, transported through an aquatic food chain from algae, through zooplankton to fish, affect lipid metabolism and behaviour of the top consumer. At least three independent metabolic parameters differed between control and test fish: the weight loss, the triglycerides:cholesterol ratio in blood serum, and the distribution of cholesterol between muscle and liver. Moreover, we demonstrate that nanoparticles bind to apolipoprotein A-I in fish serum in-vitro, thereby restraining them from properly utilising their fat reserves if absorbed through ingestion. In addition to the metabolic effects, we show that consumption of nanoparticle-containing zooplankton affects the feeding behaviour of the fish. The time it took the fish to consume 95% of the food presented to them was more than doubled for nanoparticle-exposed compared to control fish. Since many nano-sized products will, through the sewage system, end up in freshwater and marine habitats, our study provides a potential bioassay for testing new nano-sized material before manufacturing. In conclusion, our study shows that from knowledge of the molecular composition of the protein corona around nanoparticles it is possible to make a testable molecular hypothesis and bioassay of the potential biological risks of a defined nanoparticle at the organism and ecosystem level.

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sur le même sujet, lu sur :

http://www.nature.com/nnano/journal/v7/n4/full/nnano.2012.3.html

NATURE NANOTECHNOLOGY ARTICLE

Oral exposure to polystyrene nanoparticles affects iron absorption 

The use of engineered nanoparticles in food and pharmaceuticals is expected to increase, but the impact of chronic oral exposure to nanoparticles on human health remains unknown. Here, we show that chronic and acute oral exposure to polystyrene nanoparticles can influence iron uptake and iron transport in anin vitro model of the intestinal epithelium and an in vivo chicken intestinal loop model. Intestinal cells that are exposed to high doses of nanoparticles showed increased iron transport due to nanoparticle disruption of the cell membrane. Chickens acutely exposed to carboxylated particles (50 nm in diameter) had a lower iron absorption than unexposed or chronically exposed birds. Chronic exposure caused remodelling of the intestinal villi, which increased the surface area available for iron absorption. The agreement between the in vitro and in vivo results suggests that our in vitro intestinal epithelium model is potentially useful for toxicology studies.

16/05/2012

Le traitement de déchets industriels dangereux : Chimirec au tribunal (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/15/le-proces-chimirec-reporte_1701672_3244.html

Le procès Chimirec reporté

LE MONDE 15/05/2012

Le groupe Chimirec, soupçonné d'avoir illégalement dilué des huiles usagées contentant des PCB en les mélangeant avec d'autres huiles, a marqué un premier point à l'ouverture de son procès devant le tribunal correctionnel de Paris, lundi 14 mai. Trois usines, à Grez-en-Bouère (Mayenne), Dugny (Seine Saint-Denis) et Blamont (Meurthe-et-Moselle), le président de la holding, Jean Fixot, et six cadres sont concernés.

Les défenseurs de l'industriel avaient prévenu qu'ils opposeraient une question prioritaire de constitutionnalité. C'est ce qu'ils ont fait avec succès. Sur le point précis de l'élimination de ces déchets dangereux, l'avocat Jean-Nicolas Clément a argué que la loi manquait de précision sur la définition de la " dilution ". Il s'en est pris aux articles du code de l'environnement, transcription non aboutie et même " servile ", selon lui, d'une directive européenne, ainsi qu'au législateur qui se serait contenté de se ranger derrière de simples règlements administratifs sur cette question de l'élimination des déchets. " La loi n'a pas fixé les caractéristiques essentielles d'un comportement fautif, a insisté l'avocat. La règle du jeu n'est pas connue à l'avance. Tout cela est violemment inconstitutionnel. "

QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONNALITÉ

Le tribunal a entendu le raisonnement et transmettra donc cette question prioritaire de constitutionnalité. Si celle-ci poursuit son parcours jusqu'au Conseil constitutionnel et si celui-ci conclut qu'en effet le délit d'élimination de déchets dangereux n'est pas assez bien défini par la loi, le procès Chimirec - qui ne se tiendra de toute façon pas avant plusieurs mois - perdrait une grande partie de sa substance. La défense ne veut d'ailleurs voir dans cette affaire que des " irrégularités administratives " et des " divergences d'interprétation " sur les arrêtés d'exploitation.

Les parties civiles dont les rangs ont grossi (Ademe, Association des vallées et prévention des pollutions, Commission de protection des eaux, Centre national indépendant d'information sur les déchets, conseil régional des Pays de la Loire, Ecologie sans frontières, France nature environnement, Mayenne nature environnement, Greenpeace) listent, elles, les autres griefs : fausses déclarations, fausses analyses, faux certificats de destruction de déchets dangereux, exploitation d'installation classée sans l'autorisation requise.

Chacun s'interroge sur les répercussions de cette éventuelle imprécision de la loi sur l'autre plainte visant Chimirec, plus particulièrement l'usine de sa filiale Aprochim, implantée à Grez-en-Bouère. Après la mise sous séquestre de plusieurs fermes alentours et l'abattage de troupeaux de bovins contaminés aux PCB, des riverains ont demandé au parquet de Laval une instruction judiciaire pour " mise en danger de la vie d'autrui et pollution."


Martine Valo

14/05/2012

Pollinisation et économie

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5153

 

08-05-2012 - La pollinisation en recul fait grimper les prix agricoles

Parue dans la revue PLoS ONE, une étude menée par des chercheurs allemands (1) s’est intéressée à l’impact économique de la dépendance de certaines cultures agricoles à la pollinisation (2). On constate que les coûts de production pour les cultures tributaires des insectes pollinisateurs ont fortement augmenté depuis 2001, bien plus que ceux d’autres cultures telles que le riz, les céréales ou le maïs. La valeur des services de pollinisation écologique est ainsi passée d’environ 151 milliards d’euros en 1993 à 265 milliards d’euros en 2009. 

Selon les chercheurs, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Japon et les Etats-Unis font partie des pays dont les rendements agricoles dépendent le plus de la pollinisation. L’Europe affiche également une forte dépendance aux insectes pollinisateurs en matière agricole, notamment dans les pays méditerranéens tels que l’Italie et la Grèce. Dès lors, 
le déclin des insectes pollinisateurs fait peser une lourde menace sur les pays dont le PIB agricole repose en grande partie sur les cultures dépendant de la pollinisation. C’est le cas notamment de l’Argentine, la Belgique, la Chine, le Ghana, le Honduras, la Côte d’Ivoire et la Jordanie. 

Cécile Cassier
1- Les auteurs de ces travaux sont des chercheurs issus de l'université de Bonn, du Centre Helmholtz pour la recherche sur l'environnement (UFZ), de l'université technologique de Dresde et de l'Université de Fribourg. 
2- L’étude a porté sur 60 cultures dont le cacao, le café, les pommes et le soja, qui dépendent  de la pollinisation assurée par certains insectes, tels que les abeilles, guêpes, bourdons, papillons.
 

02/05/2012

Les abeilles et les actionnaires de BAYER

communiqué:

Envoyé le : Mardi, 1 Mai 2012 6:05
Sujet : 24 heures pour sauver les abeilles

Chères amies, chers amis, 



Les pesticides sont en train de tuer les abeilles et menacent toute notre chaîne alimentaire. Dans 24 heures, les actionnaires du plus grand fabricant de produits chimiques, Bayer, pourraient voter l'arrêt de cette production toxique.La pression massive du public a déjà fait passer en force ce débat à leur Assemblée annuelle, faisons en sorte qu'ils votent l'arrêt des pesticides et sauvent les abeilles. Signez la pétition urgente: 

Cliquez ici pour signer la pétition
Sans un bruit, des milliards d'abeilles sont en train de mourir, ce qui menace nos cultures et notre alimentation. Mais si Bayer stoppe la vente d'une catégorie de pesticides, nous pourrons éviter l'extinction des abeilles.

Suite à l’interdiction de ces poisons par quatre pays européens, plusieurs populations d'abeilles sont déjà en recrudescence. Mais Bayer, le plus grand producteur de néonicotinoïdes, a exercé de fortes pressions pour maintenir ces pesticides sur le marché. L'immense mobilisation mondiale menée par Avaaz et d'autres organisations les a obligés à se pencher sur ce problème, et dans 24 heures, les actionnaires de Bayer voteront une motion qui pourrait mettre fin à ces produits chimiques toxiques. Agissons tous maintenant pour demander aux actionnaires d'arrêter de tuer les abeilles.

La pression marche, et c'est notre meilleur moyen de sauver les abeilles. Signez la pétition urgente et essaimez-la sur le web -- allons jusqu'à 500 000 signatures pour remettre notre appel aux actionnaires de Bayer demain en Allemagne!

http://www.avaaz.org/fr/bayer_save_the_bees_fr/?vl

Les abeilles ne font pas que du miel, elles sont indispensables à la vie sur Terre car elles pollinisent chaque année 80% des plantes et des cultures, pour un bénéfice estimé à plus de 30 milliards d'euros, soit plus du tiers de l'approvisionnement en nourriture de nombreux pays. Sans action immédiate pour sauvegarder les abeilles, la plupart de nos fruits, légumes et noix préférés pourraient disparaître de nos assiettes.

Ces dernières années ont été marquées par un profond et inquiétant déclin mondial des populations d'abeilles -- certaines espèces d'abeilles sont maintenant éteintes et, aux États-Unis, plusieurs espèces ne comptent plus que 4% de leur population d'origine. Les scientifiques avancent plusieurs explications. Certaines études indiquent que le déclin est dû à une combinaison de facteurs incluant maladie, perte de l'habitat, et produits chimiques toxiques. Mais de plus en plus de recherches indépendantes mettent en avant des preuves solides condamnant les pesticides de la catégorie des néonicotinoïdes. La France, l'Italie, la Slovénie et même l'Allemagne, où est basé le principal fabricant Bayer, ont interdit un de ces pesticides mortels pour les abeilles. Mais Bayer continue d'exporter ce poison dans le monde.

La question devient brûlante car de nouvelles études majeures ont confirmé l'étendue du problème. Si nous persuadons les actionnaires de Bayer d'agir, nous pourrons entraver définitivement son lobbying auprès des décideurs et des scientifiques. Les vrais experts -- les apiculteurs et les agriculteurs -- demandent l'interdiction de ces pesticides mortels jusqu'à ce que de solides études indépendantes prouvent qu'ils sont sans danger. Soutenons-les dès à présent. Signez la pétition urgente adressée aux actionnaires de Bayer, puis faites suivre cet e-mail à tous vos proches et amis:

http://www.avaaz.org/fr/bayer_save_the_bees_fr/?vl

Nous ne pouvons plus laisser notre fragile chaîne alimentaire aux mains d'une recherche contrôlée par les grands groupes de chimie et les organes de régulation que ces industriels soudoient. Bannir ce pesticide nous rapprochera d'un monde plus sûr pour nous-mêmes et pour les autres espèces que nous aimons et dont nous dépendons.

Avec espoir,

Alice, Antonia, Mia, Luis, Ricken, Stephanie, Pascal, Iain, Ari et toute l'équipe d'Avaaz

PLUS D'INFORMATIONS

Deux études confirment l'effet néfaste des pesticides sur les abeilles (20 Minutes)
http://www.20minutes.fr/article/907605/deux-etudes-confir...

Deux nouvelles études mettent en cause les néonicotinoïdes (La France Agricole)
http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/abeille...

Confirmation de la sordide intrigue qui protège Bayer (UNAF - informations de Wikileaks)
http://www.unaf-apiculture.info/presse/2011_1101_Francesc...

Assemblée Générale annuelle des actionnaires de Bayer (site officiel de l'AG - en anglais)
http://www.asm2012.bayer.com/en/counter-motions.aspx

18/04/2012

Les importations augmentent l'empreinte carbone des Français

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/18/les-importations-augmentent-l-empreinte-carbone_1686820_3244.html

Les importations augmentent l'empreinte carbone des Français

Le Monde.fr | 18.04.2012 à 17h10 • Mis à jour le 18.04.2012 à 17h10

Si les émissions de gaz à effet de serre sont en baisse, l'empreinte carbone de la consommation des Français est plus élevée qu'en 1990. La raison : les importations.

Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent de baisser en France, l'empreinte carbone de la consommation des Français ne diminue pas. Elle aurait même légèrement augmenté dans les vingt dernières années, passant de 11,6 tonnes par an et par personne en 1990 à 12,2 tonnes en 2007 et, selon un chiffre encore provisoire, à 12 en 2010, selon le Commissariat général au développement durable (CGDD), qui a publié une étude sur le sujet, "Le point sur l'empreinte carbone de la consommation des Français, évolution de 1990 à 2007" (n°114, mars 2012).

Protocole de Kyoto oblige, les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national ont sensiblement baissé, de 9,7 tonnes annuelles par habitant à 8 tonnes en 2010, soit quelque 15 % de diminution selon le CGDD. Dans le même temps, l'augmentation de l'empreinte carbone était d'environ 5 %. Cette divergence s'explique par une demande intérieure en nette augmentation (+ 39 % en dix-huit ans), et un recours de plus en plus important aux produits d'importation. "Si nous avons progressé sur l'intensité énergétique, comme nombre de pays couverts par le protocole de Kyoto, notre demande intérieure de plus en plus importante est satisfaite par des importations croissantes", résume l'auteur de la note, Jean-Louis Pasquier.

De fait, en étudiant le détail de l'empreinte carbone par produit, il apparaît que l'augmentation de la consommation dans certains secteurs s'accompagne d'une hausse des importations. Ainsi dans les secteurs des télécommunications, dans l'habillement, les biens d'équipement, etc.

L'étude du CGDD détaille les émissions de CO2 associées aux importations. Elles sont passées de 34 % de l'empreinte carbone en 1990 à 49 % en 2007. Dans le même temps, les émissions liées à la production nationale destinée au marché domestique sont passées de 48 % à 34 %. En détaillant les différents gaz à effet de serre (GES), M. Pasquier explique que l'augmentation de l'empreinte carbone de la France est principalement due à celle du CO2, représentant les trois quarts du total avec une augmentation de 18 % entre 1990 et 2007. La part du méthane (16 %) dans l'ardoise totale des GES a augmenté de 30 %, notamment en raison d'importations plus importantes de diesel.

Au final, les 12,2 tonnes d'empreinte carbone annuelles des Français peuvent se découper en quatre composantes principales. Le transport des personnes représente 2,5 tonnes de CO2 par personne, l'alimentation 2,2 tonnes, le logement1,9 tonne (chauffage, électricité, gaz et eau et construction) à égalité avec lesservices, y compris les hôtels et restaurants.

Logiquement, souligne l'étude, les grands pays exportateurs - Chine en tête - ont des émissions territoriales largement supérieures à leur propre empreinte. "Selon l'Agence internationale de l'énergie, les émissions mondiales de CO2 issues de la combustion des énergies fossiles ont atteint un record en 2010, rappelle Jean-Louis Pasquier, alors que les pays couverts par les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre ont localement stabilisé leurs émissions par rapport au niveau de 1990."

Une étude américaine récente (Peters et al., 2011), citée par le CGDD, montre l'existence de ce "transfert" d'émissions, entre 1990 et 2008, de l'ensemble des pays du protocole de Kyoto vers les "pays tiers", via le commerce international.

Mais, souligne M. Pasquier, "les pays en voie de développement ne sont pas seuls en cause, les pays industrialisés ont aussi leur responsabilité dans la forte augmentation de leur demande".

Rémi Barroux

09/04/2012

En Allemagne 60% du nucléaire arrêté a été compensé par les renouvelables

lu sur :

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/ene...

 

POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE - 20/03/2012 | 17:19 - 539 mots
L'Allemagne sort du nucléaire sans polluer davantage

Contrairement aux prévisions, et même à des affirmations, de beaucoup de spécialistes de l'énergie, l'Allemagne n'a pas eu recours au charbon pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011. Et n'envisage pas de le faire, selon une étude de l'Iddri, à paraître la semaine prochaine.

« La fin du nucléaire en Allemagne passe par le charbon », titrait en octobre dernier Le Monde, relayant une idée très généralement répandue. Faux ! affirme Andreas Rudinger, chercheur à l'Iddri, Institut du développement durable et des relations internationales, qui vient de plancher sur le sujet. « En volume, la production d'électricité à partir de houille et de lignite est restée quasiment stable en Allemagne l'an dernier, avec une hausse de 1,7%, selon les chiffres que vient de publier l'industrie énergétique allemande (AG-Energiebilanzen 2011) », souligne-t-il. Même si le charbon continue à se tailler la part du lion dans le mix électrique allemand en représentant 44% de l'électricité produite (50% en 2001). Quant aux autres sources d'énergies fossiles (gaz et pétrole), émettrices également de gaz à effet de serre, leur volume a même légèrement baissé en 2011, les centrales gaz produisant environ 14% du courant outre-Rhin.

60% du nucléaire arrêté a été compensé par les renouvelables

Au total, la part d'électricité d'origine fossile est passée de 57 à 58% malgré le recul du nucléaire de 22,3 à 17,6% de la production électrique. L'Allemagne n'a pas augmenté son recours au charbon, ni au gaz, pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs, décidé brutalement au printemps dernier après Fukushima. Le pays a pourtant ainsi renoncé à 23% de son électricité nucléaire, qui représente elle-même 23% de l'électricité produite outre-Rhin. Soit, en 2011, 32 térawattheures (TWh) à remplacer.
60% de cette électricité a été fournie par des énergies renouvelables (éolien et solaire), dont la production a bondi de près de 20% en 2011, Un tiers de cette électricité nucléaire non produite a été "fournie" par une détérioration des échanges d'électricité avec ses voisins. Ses importations ont augmenté de 18,5% tandis que ses exportations ont reculé de 6,5%, mais au total l'Allemagne est restée exportatrice nette d'électricité. Enfin 1,9 TWh (6% de la production à compenser) n'a pas été consommé. La demande allemande d'électricité a baissé de 0,3% en 2011.

Pas d'augmentation inévitable des centrales thermiques


Et l'Allemagne ne compte pas sur de nouvelles centrales à charbon pour pallier l'arrêt progressif de ses réacteurs d'ici 2022, ajoute Andreas Rudinger. « En regardant de plus près les scénarios énergétiques sur lesquels est fondé l'Energiekonzept [politique énergétique adoptée par le gouvernement allemand en septembre 2010], on s'aperçoit ainsi que les centrales fossiles actuellement en construction (pour une puissance cumulée de 10 GW) visent en premier lieu à remplacer des centrales vétustes et polluantes par des centrales plus efficaces pour se conformer à la directive européenne sur les émissions de polluants atmosphériques et à réduire la part des centrales thermiques à charbon au profit de centrales à gaz et à cogénération », écrit le chercheur dans une étude qui sera publiée par l'Iddri la semaine prochaine.
Et il table sur la persistance de cette situation. « Sous l'hypothèse d'une poursuite des mesures de maîtrise de la demande d'électricité et d'un rythme de développement des énergies renouvelables similaire aux années précédentes, il semble par conséquent envisageable que l'Allemagne compense la sortie du nucléaire sans recourir davantage aux centrales à charbon et à gaz et sans remettre en cause la réalisation des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre », conclut-il.

  

03/04/2012

Europe: laxisme dans l'homologation des pesticides

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/04/03/pesticides-les-autorisations-laxistes-de-l-europe_1679594_3244.html

Pesticides : les autorisations "laxistes" de l'Europe

 

LE MONDE | 03.04.2012 à 12h59 • Mis à jour le 03.04.2012 à 13h04

 

Par Stéphane Foucart

 

Les procédures européennes d'homologation des pesticides sont-elles coupables de laxisme? Deux organisations non gouvernementales (ONG) l'affirment avec force dans un rapport qui devait être rendu public mardi 3 avril. Selon Pesticide action network-Europe (PAN-Europe) et Générations futures, la Commission européenne et les Etats membres ont permis à une dizaine de substances suspectes d'effets délétères sur l'homme et/ou l'environnement de revenir en grâce après avoir été retirées des procédures standards d'homologation.

En 2008, les dossiers d'évaluation de plus d'une cinquantaine de molécules ne remplissaient pas les conditions d'une autorisation européenne, généralement en raison de l'absence de certaines données toxicologiques. "Parmi ces substances, la plupart étaient utilisées depuis de nombreuses années mais n'avaient jamais été évaluées selon les critères de la directive européenne de 1991", explique Hans Muilerman, l'un des responsables de PAN-Europe. Cette directive a lancé, il y a plus de deux décennies, un vaste plan d'harmonisation de l'évaluation des risques associés aux centaines de molécules phytosanitaires alors en usage dans les différents pays de l'Union.

Certaines d'entre elles, qui n'avaient toujours pas été homologuées en 2008, bénéficient de la possibilité d'être "resoumises""Pour pouvoir bénéficier de cette "resoumission" d'un dossier d'homologation, les firmes doivent accepter le "retrait volontaire" de leur pesticide du marché", expliquent les deux ONG. La Commission confirme l'existence de cette procédure de "resoumission""mise en place par le règlement européen de 2007 qui établit les règles d'évaluation des pesticides existant, afin d'accélérer la procédure d'examen", dit-on du côté de la Direction générale de la santé et des consommateurs.

"HOMOLOGATION AU RABAIS"

Comme souvent lorsqu'il s'agit d'Europe et de règlements, l'affaire est un peu compliquée. Les industriels, explique-t-on en substance à la Commission, ont pu en effet décider de retirer volontairement du marché une substance en cours d'évaluation et bénéficier d'un délai de grâce jusqu'à la fin 2011, avant son retrait effectif... le temps pour eux de "resoumettre" un mini-dossier d'homologation. Cette procédure d'accélération n'est possible, fait-on cependant valoir à Bruxelles, qu'"à la condition qu'il n'y ait pas eu d'indication claire d'effets délétères clairs au cours de la première évaluation, menée par l'Etat membre rapporteur".

Les ONG voient la situation sous un angle assez différent. François Veillerette, président de Générations futures, y voit un "cadeau" fait à l'industrie, sous forme d'une "homologation au rabais". Selon les deux ONG, 87 molécules auraient tenté d'emprunter ce raccourci, 64 ayant déjà obtenu par ce biais une homologation définitive.

Pour les militants anti-pesticides, ce "cadeau" est le fruit d'un compromis avec les agrochimistes, afin de réduire le risque de contentieux. "C'est faux", répond-on à Bruxelles où l'on assure que le risque de procès n'est pas moindre puisqu'"il y a eu, depuis 2007, 35 recours en justice de l'industrie contre la Commission, dont 6 sont toujours en cours".

MANQUE DE DONNÉES

Reste que les ONG ont quelques arguments. PAN-Europe et Générations futures ont ainsi passé en revue les autorisations accordées à dix de ces molécules controversées. Dans les dix cas, expliquent-elles dans leur rapport, "la réglementation européenne est violée" car "la condition de n'avoir aucun effet inacceptable sur l'environnement n'est pas remplie". Les ONG en prennent pour preuve les rapports d'expertise rendus par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). A chaque molécule soumise, un Etat membre est désigné comme rapporteur et effectue une pré-évaluation des données toxicologiques fournies par l'industriel. L'EFSA rend ensuite une analyse critique de ce pré-rapport.

Pour les dix molécules examinées, l'EFSA rend compte dans ses rapports de lacunes plus ou moins sérieuses. Pour le bromuconazole, par exemple, l'EFSA relève des "manques de données" sur l'exposition du consommateur à un produit de dégradation de la molécule, sur les effets de perturbation endocrinienne chez les poissons et les oiseaux, sur les effets de la substance sur les mammifères herbivores, etc. Les dossiers des neuf autres molécules visées par les ONG (hymexazole, pyridabène, myclobutanil, etc.) présentent toutes ce genre de lacunes.

La Commission rétorque cependant que ces "manques de données" sont précisément pris en compte dans l'évaluation du risque et qu'"ils ne mènent pas automatiquement à des risques plus élevés dans des conditions réalistes d'utilisation". L'érosion de la biodiversité ne fait, elle, aucun doute rappellent les ONG dans leur rapport et elle est sans doute, ajoutent-elles, le fruit de "règles dont on ne tient pas compte".

Stéphane Foucart

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lire aussi :

22/03/2012

Gaz de schiste: le gouvernement français cherche à contourner la loi

communiqué:

L'hypocrisie du gouvernement sur les gaz et huiles de schiste : 
comment contourner en douce une interdiction mise en scène à travers la loi ?

Paris, le 22 mars 2012 – Alors que le gouvernement se targue d’être le premier au monde à avoir « interdit » le recours à la fracturation hydraulique, technique jugée « mal maîtrisée et dangereuse » par la ministre de l’Environnement, nous apprenons aujourd’hui la création d'une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».

Pourquoi cette évaluation des risques alors que tant d’études scientifiques indépendantes démontrent de manière certaine la dangerosité de cette technique (pollution massive des sols, contamination des nappes phréatiques, risques sanitaires majeurs) ? Pourquoi ces expérimentations scientifiques alors que les citoyens français ne cessent d’exprimer leur totale opposition à l’utilisation de cette technique mortifère pour notre environnement et notre climat ?

Sous couvert de recherches scientifiques, le gouvernement joue aux apprentis sorciers pour le plus grand bonheur des lobbies pétroliers et gaziers.

L’analyse du décret portant création de cette Commission nationale achève de démontrer le parti pris gouvernemental. Certes, une place est laissée à trois représentants d’associations agréées pour la protection de l’environnement mais, à côté des cinq représentants de l’Etat, y siégeront aussi trois représentants des entreprises gazières et pétrolières, ainsi que trois représentants du personnel de ces industries. Trois personnalités qualifiées au vu de leurs compétences scientifiques seront également de la partie, cette compétence étant laissée à l’appréciation du seul ministre de l’Industrie… L’équilibre des forces et intérêts en présence est donc loin d’être assuré.

Nos associations rappellent en outre que le problème de l’exploration et de l’exploitation des gaz et huiles de schiste ne se limite pas à la question de la fracturation hydraulique. Selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research, si l’on veut éviter le pire et contenir le réchauffement global moyen en deçà de 2°C d’ici à la fin du siècle, seul moins du quart des réserves prouvées en combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) peut être utilisé d’ici à 2050 ! Dans ces conditions, pourquoi sonder le sous-sol ?

Alors que la Bulgarie vient, elle, d’interdire définitivement le recours à la fracturation hydraulique et d’abroger les permis délivrés à Chevron, nos associations dénoncent cet énième pied de nez du gouvernement à l'écologie et à la démocratie. Nul besoin d’une Commission à l’indépendance douteuse pour affirmer notre rejet total de toute utilisation de la fracturation hydraulique et, plus largement, de toute exploration ou exploitation de gaz et d’huiles de schiste en France ou ailleurs.

La conférence de Rio+20 en juin au Brésil sera l’occasion de montrer que la mobilisation citoyenne ne faiblit pas et qu’elle compte bien faire entendre sa voix, comme ce fut le cas il y a peu lors du Forum Mondial de l’Eau à Marseille.

Gaz et huiles de schiste : ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

Signataires : Amis de la Terre, France Libertés, ATTAC, AITEC, RAC, Greenpeace, Helio, CRID, WECF, Réseau Sortir du Nucléaire

19/03/2012

L'OGM Monsanto 810 est toxique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/19/la-coccinelle-victime-collaterale-du-mon810_1672055_3244.html

La coccinelle, victime collatérale du MON810
Des tests en laboratoire prouvent la nocivité de la toxine Bt pour l'insecte. L'effet en plein champ reste à démontrer.

LE MONDE | 19.03.2012 à 17h11 • Mis à jour le 19.03.2012 à 17h11

Par Stéphane Foucart


Alors que la France a renouvelé, vendredi 16 mars, son moratoire sur le maïs transgénique MON810, la controverse scientifique fait toujours rage sur les risques environnementaux potentiels associés à cette culture. Avec, cette fois, au centre de l'attention, la suspicion de ses effets collatéraux sur un charmant coléoptère : une espèce de coccinelle du nom d'Adalia bipunctata.

Dans la dernière édition de la revue Environmental Sciences Europe, Angelika Hilbeck, chercheuse au Centre de biologie intégrative de l'Institut fédéral suisse de technologie de Zurich (ETHZ), revient sur cette polémique pour la clore - mais seulement en partie. Selon de nouvelles expériences menées par la biologiste suisse, la toxine Bt (Bacillus thurigensis) produite par le MON810 est bel et bien toxique, en laboratoire, pour bipunctata. Un résultat embarrassant pour Monsanto, puisque ce coléoptère est assez éloigné des ravageurs ciblés par la toxine Bt en question, dite Cry1Ab.

L'affaire commence il y a trois ans. Début 2009, Jörg Schmidt (ETHZ) publie, dans Archives of Environmental Contamination and Toxicology, l'observation en laboratoire d'un effet délétère de la toxine sur la coccinelle. L'étude est citée par le gouvernement allemand à l'appui du moratoire imposé en avril 2009, outre-Rhin, sur le fameux maïs transgénique. Elle se heurte aussitôt à un tir de barrage.

"VOCABULAIRE FEROCE"

"Quelques semaines plus tard, deux commentaires critiques sont publiés coup sur coup dans la revue Transgenic Research, avec un vocabulaire inhabituellement féroce pour un échange scientifique, rappelle Denis Bourguet, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et spécialiste de l'évaluation des effets indésirables des cultures transgéniques. L'un des articles suggérant même que ces travaux sont assimilables à de la pseudo-science."

La même revue publie, en 2010, une expérience qui semble mettre un terme à l'affaire. Le biologiste Franz Bigler (Station de recherche de l'Agroscope, à Zurich) mène en effet une expérience comparable à celle de Jörg Schmidt et... ne met en évidence aucun effet toxique de Cry1Ab sur la coccinelle. Pas le moindre.

Qui croire ? Dans les travaux qui viennent d'être publiés, Angelika Hilbeck - qui appartient au même groupe que Jörg Schmidt - a reproduit les deux expériences contradictoires. "Elle est parvenue à montrer de manière convaincante que Cry1Ab a bel et bien un effet en laboratoire sur les larves de cette coccinelle", estime M. Bourguet.

Comment ? L'expérience montrant une toxicité sur les larves consistait à nourrir celles-ci, de manière continue, avec une nourriture contenant différentes concentrations de la toxine. Quant au protocole montrant l'innocuité de celle-ci, "il consiste à espacer les expositions, c'est-à-dire à accorder un répit de plusieurs heures - jusqu'à une journée - entre deux expositions, explique Mme Hilbeck. Lorsque nous mettons en oeuvre un tel protocole, nous ne trouvons pas, nous non plus, d'effets significatifs sur les larves de coccinelle."

Voilà qui ne règle pas la question de la pertinence du protocole : quel type d'exposition - continue ou discontinue - décrit le mieux ce qui peut se produire en plein champ ? Angelika Hilbeck et ses coauteurs répondent en tentant de mesurer les effets d'une exposition discontinue de la pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) à Cry1Ab. Ce ravageur est la principale cible de la toxine. Or, explique Mme Hilbeck, "si nous l'exposons de manière discontinue à Cry1Ab, sa mortalité chute de manière importante, voire disparaît !".

"ESSAIS EN PLEIN CHAMP"

Ce n'est pas fini. Car si la toxicité, inattendue, de Cry1Ab sur le coléoptère semble désormais avérée en laboratoire, il n'en va pas nécessairement de même en milieu naturel. Cultivé en plein champ, le MON810, qui produit cette toxine, pourrait bien n'avoir qu'un effet minime sur l'insecte.

"Nous ne savons pas quelle proportion de cette coccinelle vit effectivement dans le maïs et c'est sans doute une proportion relativement faible, estime ainsi Denis Bourguet. Nous ignorons donc quelle part de la population totale pourrait, éventuellement, être affectée."

De plus, en milieu naturel, bipunctata se nourrit essentiellement de pucerons, lesquels sont largement exempts de la toxine. Au total, juge-t-il, "il est très probable que l'effet en plein champ, s'il existe, soit très faible ". Pour le savoir, dit Mme Hilbeck, "il faudrait mener des essais en plein champ spécifiquement destinés à détecter des effets létaux sur une génération".

Le débat sur les possibles dégâts collatéraux du maïs Bt sur les insectes non ciblés ne date pas d'aujourd'hui. Une méta-analyse de la biologiste Michelle Marvier (université de Santa Clara, Californie), publiée en 2007 dans Science, avait montré une abondance moindre de certaines espèces d'arthropodes dans les champs de maïs et de coton Bt, par rapport aux cultures conventionnelles non traitées. Mais, selon ces travaux, ces mêmes insectes non-cibles étaient moins abondants dans les champs traités aux insecticides que dans les cultures Bt...

Stéphane Foucart

52 % des Français doutent de l'innocuité des OGM

Une majorité (52 %) de Français estime que la consommation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) comporte des risques pour la santé humaine, 44 % étant d'un avis contraire, selon un sondage Ipsos. Selon l'enquête, rendue publique le 15 mars, 41 % des Français pensent que rien ne prouve que ces risques soient avérés, et 3 % pensent qu'ils n'existent pas. Aucune étude ne permet aujourd'hui de dire que de tels risques existent. Quant aux bénéfices, 59 % pensent que l'utilisation d'OGM permettra d'augmenter les productions dans les pays du Sud.

18/03/2012

Les terres rares : un faux problème

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5072

15/3/2012

Exploiter les « terres rares » en Chine

pour préserver son chez soi 

Le 13 mars dernier, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon ont déposé plainte contre la Chine auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ils lui reprochent des quotas jugés abusifs, limitant l’exportation de « terres rares », ce terme désignant un groupe de métaux très prisés par les nouvelles technologies. Les Amis de la Terre ont vivement réagi à ce qu’ils dénoncent comme une « hypocrisie » des pays industrialisés. De fait, contrairement à ce que leur appellation suggère, les « terres rares » sont présentes de manière relativement homogène dans le monde. Mais leur exploitation est problématique, impliquant des conditions de travail précaires et des techniques d’extraction nuisibles à l’environnement. 

Aussi, n’est-ce pas un hasard si plus de 95 % de la production mondiale se concentrent en Chine, où les normes sociales et environnementales sont peu contraignantes. Pour l’ONG, plutôt que de faire pression sur la Chine, les pays industrialisés doivent s’interroger sur leurs besoins croissants en matières premières, inhérents à un mode de vie excessivement énergivore. Les associations déplorent une 
ère d’obsolescence programmée qui, en assurant une durée de vie limitée aux produits (*), appelle au renouvellement incessant d’accessoires, notamment high-tech. En atteste la récente sortie du nouveau Ipad d’Apple, le 7 mars dernier, troisième génération commercialisée en deux ans. Loin de se substituer à d’autres produits, ces tablettes s’ajoutent aux smartphones et aux lecteurs MP3. En moyenne, un Européen achète un nouveau téléphone tous les 18 mois. 

(*) http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4996

Cécile Cassier

16/03/2012

Comment les pays riches polluent les pays pauvres

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/15/terres-rares-l-usine-qui-divise-la-malaisie_1669634_3244.html

Terres rares : l'usine qui divise la Malaisie

Le processus industriel du projet du groupe Lynas est toxique et polluant

LEMONDE | 15.03.12 | 19h13   •  Mis à jour le 15.03.12 | 19h34

Tranquillement installé dans son hamac abrité du soleil par la tôle de son cabanon, Syed, pêcheur de crabes, se redresse, mi-inquiet mi-intéressé, quand il comprend, en ce début de mois de mars, que les visiteurs qui marchent sur son ponton sont des militants "anti-Lynas". Autrement dit, des opposants à la gigantesque usine d'extraction de terres rares, quasi terminée, en amont de "sa" rivière. 

Au terme d'un processus industriel qui, en Chine, s'est révélé une calamité pour l'environnement, l'usine de la compagnie minière australienne Lynas déversera, une fois en service - en principe d'ici à juin - ,500 000 litres d'eau par heure dans la Sungai Balok, le tranquille cours d'eau qui charrie des flots opaques rougis par l'acidité naturelle des sols. L'estuaire est juste là, à quelque 300 m à l'est, devant le ruban turquoise de la mer de Chine. Comme les autres pêcheurs du lieu, Syed sait surtout de cette usine qu'elle sera "radioaktif", comme on dit en malais. Il n'est pas allé à la grande manifestation d'opposition du 26 février parce que, dit-il, ce sujet a divisé tout le monde ici 

Pour lui, la situation n'a fait que se dégrader depuis la création de la zone industrielle de Gebeng, à proximité. Il ne pêche plus qu'après la marée haute quand la rivière a été "nettoyée" par la mer. Un jour, les poissons sont apparus morts à la surface. Depuis une vingtaine d'années, tourbières et mangroves ont peu à peu cédé la place à des usines de pétrochimie hypersophistiquées, dont on voit les entrelacs rutilants de tuyaux, de citernes et de cheminées derrière des clôtures de haute sécurité. 

Malgré sa taille imposante - dix hectares -, le site de Lynas, lui, est presque invisible. On l'aperçoit de la grand-route qui longe la côte est de la Malaisie, à mi-chemin entre Kuantan, capitale de l'état de Pahang, et le Club Med de Cherating. Nos demandes de visite et d'interviews ont été déclinées, tant par Lynas que par la haute commission australienne à Kuala Lumpur. 

Lynas est propriétaire en Australie-Occidentale du plus riche gisement au monde de terres rares, Mount Weld. Le "business plan" consiste à faire venir à Kuantan le minerai sous une forme concentrée. Les oxydes de terres rares importés en Malaisie contiendront alors 40 % de terres rares, qu'il faudra broyer puis passer dans divers bains d'acides à très haute température. L'usine consommera 500 m3 d'acide sulfurique et 750 m3 d'acide chlorhydrique par jour. Lynas a indiqué que l'opération coûterait 75 % moins cher en Malaisie, qu'il s'agisse des 350 futurs employés que des matières premières nécessaires à l'extraction. La Malaisie a en outre offert à l'entreprise australienne douze années d'exemption d'impôts dans le cadre d'une politique d'incitation aux investissements étrangers dans les secteurs dits "pionniers". Ce cadeau a choqué un peu plus les opposants au projet qui ne voient que des risques dans cette affaire sans aucune réelle contrepartie. 

L'extraction de terres rares est une activité hautement toxique et polluante en raison de certains composés radioactifs et cancérigènes comme le thorium et l'uranium, associés en bloc aux autres minerais recherchés. La Malaisie en a elle-même fait les frais sur un site fermé dans les années 1990, BukitMerah, où la contamination a été mise en évidence par un nombre anormal de nouveau-nés mal formés à proximité de l'usine. A plein régime, Lynas devrait fournir 22 000 tonnes de terres rares par an.

Le régulateur malaisien "Malaysian Atomic Energy Licensing Board" a accordé fin janvier son permis d'opérer à Lynas, en lui donnant dix mois pour proposer une stratégie précise sur l'avenir des montagnes de déchets résiduels, 280 000 tonnes par an, dont une partie "faiblement radioactive". Canberra a précisé qu'il était hors de question pour l'Australie de les récupérer.

Lynas a lancé une campagne publicitaire nationale pour indiquer que les déchets ne seront pas nuisibles à la santé. L'entreprise a d'abord proposé de stocker sur place ses déchets, mais ni l'espace disponible ni la nature géologique du terrain ne favorisaient cette option. Le premier ministre malaisien Najib Razak a donc décidé de mettre les déchets "ailleurs", sans préciser où, accusant l'opposition de diaboliser le projet pour galvaniser ses troupes à quelques mois des élections générales. 

C'est en effet la députée d'opposition Fuziah Salleh qui a été la première à dénoncer les risques et les incohérences du projet. Selon elle, si Lynas a choisi de faire cette usine en Malaisie, alors même que le groupe avait obtenu de longue date la permission d'extraire les terres rares sur son site désertique en Australie, c'est bien pour ne pas devoir se soumettre aux 41 conditions de respect de l'environnement imposées en Australie"Ici, on est au bord de la mer, sur une tourbière, dans un climat de mousson : les risques de contamination sont immenses. Mais comme la Malaisie est moins chère et moins exigeante sur la protection de l'environnement, Lynas s'installe chez nous ! On est des rats de laboratoire", s'insurge la députée.

A l'une des tables d'une petite cantine locale à Gebeng, un ingénieur d'une usine voisine affirme connaître plusieurs histoires "de l'intérieur" qui discréditent le sérieux du projet sur le plan technique. Il les tient de collègues qui y travaillent. Selon lui, le réseau d'approvisionnement d'eau a cassé à cause de l'instabilité du sous-sol et il y a un gros problème de perméabilité dans les citernes qui contiendront l'acide. Le bulletin spécialisé Critical Metals Report de mars rapporte que "Lynas a été accusé de manière crédible de chercher à faire des économies à tout prix".  

Deux actions en justice ont été lancées pour tenter d'empêcher l'ouverture de l'usine. L'autre espoir des opposants est de voir l'opposition gagner les prochaines élections, car elle s'est engagée à faire avorter le projet. "C'est fondamentalement une question de morale", estime l'ancienne présidente du barreau Sambiga Sreenevasan. "Comment l'Australie peut-elle permettre à une de ses entreprises de faire chez nous ce qu'elle n'aurait pas le droit de faire chez elle ?" 

Florence de Changy 
 
Article paru dans l'édition du 16.03.1

13/03/2012

Les besoins en eau, source de tensions entre pays méditerranéens

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/13/les-besoins-en-eau-source-de-tensions-entre-pays-mediterraneens_1657184_3244.html

Les besoins en eau, source de tensions entre pays méditerranéens

En 2025, 80 millions de Méditerranéens risquent de se trouver en situation de "pénurie" d'eau. 

Comment mieux partager les ressources en eau potable auxquelles près de 800 millions de personnes de la planète n'ont toujours pas accès ? Quelque 25 000 participants sont réunis depuis lundi à Marseille au 6e Forum mondial de l'eau pour esquisser des réponses. Parmi les sujets de désaccord constants figure la question du partage de l'eau douce, enjeu de souveraineté des Etats.

Cette question est très sensible dans les pays du pourtour méditerranéen. "En Méditerranée, l'eau est une ressource rare, fragile et inégalement répartie dans l'espace et dans le temps. Les demandes en eau ont doublé dans la deuxième moitié du XXe siècle siècle pour atteindre, en 2005, 280 km3 /an pour l'ensemble des pays riverains. L'agriculture, premier secteur consommateur d'eau, représente 64 % de la demande totale en eau", selon Plan Bleu, observatoire de l'environnement et du développement durable en Méditerranée au sein du PNUE (le programme des Nations unies pour l'environnement).

PÉNURIE POUR 80 MILLIONS DE MÉDITERRANÉENS EN 2025

"Dans de nombreux pays, les prélèvements en eau approchent le niveau limite des ressources disponibles. Des pénuries d'eau, conjoncturelles ou structurelles, sont constatées. En 2005, la population méditerranéenne 'pauvre' en eau, c'est-à-dire celle des pays dotés de moins de 1000 m3 par habitant et par an, s'élève à 180 millions d'habitants, dont 60 millions en situation de 'pénurie' – moins de 500 m3 par habitant et par an. Vingt millions de Méditerranéens n'ont pas accès à l'eau potable, notamment dans les pays au Sud et à l'Est", affirme encore Plan Bleu.

Les pressions sur les ressources en eau s'accroîtront encore de façon sensible au Sud et à l'Est et 80 millions de Méditerranéens seront en situation de "pénurie" à l'horizon 2025. Du fait de la croissance de la demande en eau agricole et urbaine et de la rareté des ressources, un pays méditerranéen sur trois prélèvera plus de 50 % du volume annuel de ses ressources naturelles renouvelables. Les tensions vont croître dans les régions qui souffrent déjà d'un déficit en eau. Mais ces pressions peuvent-elles déboucher sur de véritables conflits ?

UNE SEULE VÉRITABLE GUERRE LIÉE À L'EAU

Selon le député Jean Glavany, auteur d'un rapport publié en décembre dernier sur "La géopolitique de l'eau""l'eau peut-elle motiver à elle seule un conflit". La guerre des Six Jours de juin 1967, en Méditerranée orientale, a souvent été considérée comme une preuve de l'existence des conflits armés pour l'eau. "L'eau a agi comme un catalyseur de l'unité arabe, puis comme un déclencheur d'une opération israélienne", souligne le rapport Glavany.

Le premier sommet arabe, en 1964, fixa ainsi le thème de la conférence sur la nécessité d'adopter une stratégie commune de l'eau en réponse à la décision unilatérale israélienne de construire l'Aqueduc national déviant les eaux du Jourdain, construction achevée cette même année. Un enchainement d'opérations palestiniennes et israéliennes qui déboucha finalement sur un véritable conflit. Mais "le véritable front était sans nul doute le front égyptien, d'où part d'ailleurs la guerre des Six Jours", note le rapport.

En réalité, les historiens s'accordent à dire qu'il y a eu très peu de guerres ayant pour cause directe l'eau. Les chercheurs de l'université de l'Oregon (Etats-Unis) ont analysé plus de 2 000 "interactions" de "conflits" liés à l'eau. Ils notent ainsi que la seule véritable guerre liée à l'eau remonte à plus de 4 500 ans, entre Lagash et Umma, deux cités-États voisines du pays de Sumer (Mésopotamie) au sujet du partage des eaux du Tigre et de l'Euphrate.

Néanmoins, il y a clairement des points de tensions forts autour de l'eau en Méditerranée. Car l'eau est un enjeu de puissance et de développement économique. L'eau est ainsi une source de différends entre Israël et les Palestiniens (lire notre article : "En Cisjordanie, même l'eau est une arme").

Selon l'IFRI, 90 % de l'eau en Cisjordanie est utilisée aujourd'hui par les Israéliens, qui ne laissent que 10 % aux Palestiniens. Pour les besoins domestiques, les Israéliens consomment 260 litres par jour et par habitant, alors que les Palestiniens doivent se contenter de 70 litres. Est-ce à dire qu'il y aura un conflit pour l'eau entre les deux camps ?

"Il y a une crise de l'eau aiguë entre Israéliens et Palestiniens", confirme Franck Galland, fondateur d'Environmental Emergency & Security Services, spécialiste de la géopolitique de l'eau. Mais grâce à des technologies de pointe et un recyclage poussé des eaux usées, "les Israéliens sont moins tentés d'aller chercher chez leurs voisins l'eau qui leur manquerait". En revanche, "il n'y aura pas d'Etat palestinien viable sans indépendance stratégique sur l'eau douce", insiste l'expert.

L'EGYPTE, LE POINT CHAUD LE PLUS PROBLÉMATIQUE

Plus au nord, la Turquie a construit 29 barrages en Anatolie qui ont cristallisé toutes les tensions avec ses voisins syriens et irakiens. Mais la situation s'est améliorée . Après des années de crises syro-turques, un accord sur les volumes d'eau a pu être trouvé en marge du dernier Forum mondial de l'eau à Mexico, en 2006, souligne le rapport Glavany.

Pour Franck Galland, "le point chaud le plus problématique concerne l'Egypte. Si Le Caire ne réforme pas ses pratiques agricoles, si elle continue à consommer de l'eau comme elle le fait actuellement, elle souhaitera le statu quo par rapport aux accords de 1959, qui partagent avantageusement les eaux du Nil. Dans ce cas de figure, dès qu'un pays comme l'Ethiopie, en amont du Nil Bleu, voudra aménager le cours de ce fleuve, il provoquera la réaction politique et diplomatique du Caire. Mais on ne peut écarter l'option militaire égyptienne. Rappelons-nous que Nasser disait : 'L'Egypte n'entrera plus jamais en guerre, sauf pour l'eau.'" Or, l'Ethiopie verra sa population atteindre près de 120 millions d'habitants à l'horizon 2025. Ses besoins seront énormes, notamment pour l'agriculture.

PROBABILITÉ DE CONFLITS INTRA-ÉTATIQUES

Cependant Franck Galland envisage une autre évolution dans laquelle l'Egypte améliorerait sa gestion de l'eau, ce qui permettrait, "grâce aux économies réalisées, une allocation de l'eau du Nil pour les besoins d'un pays comme l'Ethiopie". Par ailleurs, a été signé en 1999 un accord sur l'Initiative du bassin du Nil (IBN), qui réunit les dix États riverains et vise à concilier les intérêts de chacun.

La probabilité de conflits intra-étatiques est probablement plus grande. "S'il est peu probable que des États se fassent la guerre pour l'eau, il n'en est pas de même à l'échelle locale. En effet, la disponibilité ou la rareté de l'eau est un problème localisé", indique le rapport Glavany.

Des tensions interrégionales peuvent être observées dans de très nombreux États, y compris en Europe. L'Espagne est par exemple depuis fort longtemps le théâtre d'oppositions internes très marquées. C'est notamment le cas de la province d'Aragon qui, déjà sous le régime franquiste, contestait la construction des canaux alimentant les villes de Valence et de Murcie, et s'oppose aujourd'hui aux projets de mise en valeur de ces mêmes villes.

De même, il y a les conflits d'usage. Ainsi en Méditerranée, le développement du tourisme peut entrer en contradiction avec les usages agricoles. La période touristique coïncide avec la période d'irrigation et peut priver d'eau de nombreux agriculteurs pendant une période cruciale, avec des touristes ayant une consommation d'eau "à l'occidentale".

DES SOLUTIONS PRAGMATIQUES

Le 6e Forum de l'eau se démarque résolument des précédentes par son approche pragmatique : l'heure est désormais aux solutions. "Les coopérations sur l'eau peuvent permettre d'établir un climat de confiance et jeter les bases de coopération dans d'autres domaines.  Même en l'absence de coopération affichée, voire en présence de discours belliqueux, la coopération entre les États est attestée. C'est typiquement le cas du Nil : en dépit des tensions, le dialogue est permanent", souligne le rapport Glavany.

Cela concerne aussi l'Europe. Un exemple : la coopération constructive concerne l'Espagne et le Portugal, qui exploitent de façon concertée cinq bassins transfrontaliers (Miño, Limia, Duero, Tage et Guadiana). Un traité signé en 1864 définit les limites internationales des fleuves et souligne l'importance d'utiliser les ressources en eau transfrontalières pour le bien des deux pays.

Mais s'il convient de renforcer les capacités de dialogues régionaux pour éviter les conflits, il faut aussi s'appuyer sur des "actions sur le terrain". Dans le cas de l'Egypte, explique Franck Galland, l'Initiative du bassin du Nil "n'a pas un pouvoir de coercition". C'est une "instance de dialogue". Pour être vraiment efficace, il faudrait un "plan Marshall" sur l'eau en Egypte, c'est-à-dire que la communauté internationale aide l'Egypte à investir massivement dans les infrastructures et utilise des techniques plus efficientes de consommation d'eau.

Ceci suppose des solutions très pragmatiques. Franck Galland cite en exemple l'Algérie qui a, dans les années 2000, massivement investi dans les infrastructures en eau, et parallèlement à fait venir des opérateurs privés qui gèrent les eaux des grandes villes algériennes. Elle a fait le pari de l'expertise et du transfert de savoir-faire. "Cette double politique permet de résoudre les problèmes liés à l'eau".

" Il faut par ailleurs agir sur la demande en eau, et pas uniquement sur l'offre souligne Plan Bleu. Cela consiste à réduire les pertes et les mauvaises utilisations – dans certaines villes, la moitié de l'eau est perdue à cause de fuites – et à améliorer l'efficience de l'utilisation de la ressource. Les marges de progrès sont considérables, puisqu'une meilleure gestion de la demande permettrait d'économiser un quart des demandes, soit plus de 85 km3 par an en 2025 en Méditerranée...

Edouard Pflimlin 

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sur le même sujet, voir :

http://www.fame2012.org/fr/

Forum Alternatif Mondial de l'Eau 

www.fame2012.org/fr/En cache

L'objet du Forum Alternatif Mondial de l'Eau (FAME) est de construire une alternative concrète au VIème Forum Mondial de l'Eau (FME) organisé par le Conseil Mondial de l'Eau, organe des sociétés transnationales et de la Banque Mondiale qui prétend s'arroger la gouvernance mondiale de l'eau.

Depuis des années l'ensemble des mouvements de la société civile qui militent pour la préservation des ressources en eau et leur gestion citoyenne ont élaboré des plateformes, des propositions et des actions, soit au cours de rencontres spécifiques (Forums alternatifs de Florence en 2003 et de Genève en 2005, Alter Forums de Mexico en 2006 ou d'Istanbul en 2009) soit è l'intérieur des Forums Sociaux Mondiaux comme à Porto Alegre, Caracas, Nairobi ou Belem, qui ont servi de base pour l'émergence d'un mouvement pour la réappropriation de l'eau, bien commun de l'humanité.

Lire la suite

12/03/2012

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/12/les-glaces-du-groenland-plus-sensibles-au-rechauffement-que-prevu_1656261_3244.html

Les glaces du Groenland plus sensibles au réchauffement que prévu

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C au-delà duquel la calotte glaciaire du Groenland pourrait avoir totalement fondu. Une nouvelle étude abaisse ce seuil à +1,6 °C.

La calotte glaciaire du Groenland, dont la fonte contribue à la montée du niveau de la mer, est plus sensible au réchauffement climatique que ce qui était admis jusqu'ici, suggère une étude publiée dimanche 11 mars dans la revue scientifique Nature Climate Change.

De précédentes études avaient établi un seuil de réchauffement de +3,1 °C par rapport à l'époque pré-industrielle au-delà duquel les glaces qui recouvrent le Groenland pourraient avoir totalement fondu, d'ici des millénaires. Cette nouvelle étude, à partir de simulations numériques, abaisse ce seuil à +1,6 °C (dans une plage allant de +0,8 °C à +3,2 °C), sachant que la planète s'est déjà réchauffée de 0,8 °C depuis le milieu du XVIIIe siècle.

Le temps que prendrait une fonte totale de la calotte (ou inlandsis) du Groenland dépend de la durée et de l'ampleur du dépassement de ce seuil : elle pourrait avoir disparu en deux mille ans en cas de réchauffement de +8 °C mais en cinquante mille ans en cas de hausse contenue à +2 °C, selon les chercheurs de l'Institut de Potsdam (PIK) et de l'université Complutense de Madrid. Limiter la hausse à 2 °C est l'objectif que s'est fixé la communauté internationale mais, au regard des émissions actuelles de gaz à effet de serre, le monde semble davantage être sur une trajectoire de +3 à +4 °C.

"IRRÉVERSIBLE"

Le Groenland constitue, après l'Antarctique, la seconde retenue d'eau sur terre. Une fonte importante de la calotte glaciaire, qui recouvre environ 80 % du territoire, pourrait contribuer à une élévation de plusieurs mètres du niveau de la mer et affecter la vie de millions de personnes, rappellent les auteurs. "Notre étude montre que, sous certaines conditions, la fonte des glaces du Groenland devient irréversible", précise par ailleurs l'un des chercheurs, Andrey Ganopolski, de l'Institut de Potsdam.

Cela s'explique par les interactions existant entre le climat et la calotte glaciaire. La calotte peut atteindre plus de 3 000 mètres d'épaisseur et s'élève ainsi à des altitudes où les températures sont plus froides. Mais en fondant, sa surface s'affaisserait à des altitudes où les températures sont plus élevées, ce qui contribuerait à accélérer encore le processus.

Chaîne humaine contre le nucléaire

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/03/11/01016-20120311ARTFIG00224-une-chaine-humaine-de-lyon-a-avignon-contre-le-nucleaire.php

Le Figaro - France : Une chaîne humaine de Lyon à Avignon contre ...

 
www.lefigaro.fr/.../01016-20120311ARTFIG00224-une-chaine-hum...
il y a 17 heures – Des milliers de manifestants ont formé dimanche une impressionnante chaîne sur 230 km de distance, à l'occasion du premier anniversaire de l'accident de Fukushima.

Tandis que le Japon commémorait l'anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima, des manifestations contre le nucléaire ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes en France. Une chaîne humaine «pour sortir du nucléaire» a notamment été formée dans la vallée du Rhône, longue de 230 km.

Vêtus de gilets fluo, les manifestants, au nombre de 60.000 selon les organisateurs, étaient venus de toute la France mais aussi par autocars d'Allemagne, de Suisse et de Belgique. Ils se sont déployés en se tenant par la main ou en étant reliés par des rubans adhésifs, pour occuper tout l'espace entre Lyon et Avignon. Avec ses 14 réacteurs, la vallée du Rhône est la région la plus nucléarisée d'Europe.

Parmi les manifestants se trouvaient les candidats à l'élection présidentielle Philippe Poutou et Eva Joly. «C'est un moment où nous marquons l'anniversaire de l'horrible tragédie de Fukushima, c'est pour ne pas oublier, c'est aussi un geste de solidarité avec le peuple japonais», a déclaré cette dernière.

D'autres manifestations anti-nucléaires ont eu lieu dans le pays. À Bordeaux, une chaîne humaine de plusieurs centaines de mètres a réuni quelque 1500 personnes, selon les organisateurs. À Bayonne, ils étaient plusieurs centaines selon le mouvement altermondialiste basque Bizi, qui avait organisé la manifestation. En Bretagne, à Saint-Malo, Rennes et Faou, des chaînes humaines ont également été organisées.

En Allemagne aussi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre l'énergie nucléaire. Selon les organisateurs, ils étaient près de 50.000 personnes à protester dans six régions du pays, avec pour slogan: «Fukushima nous avertit: il faut fermer les centrales maintenant!». Dans la région de Braunschweig, dans le nord, près de 24.000 manifestants ont formé dans la soirée une chaîne humaine sur près de 80 kilomètres, à la lueur de flambeaux.  

08/03/2012

Plutôt que réduire les émissions ...

... la solution serait de stocker l'excès ? ABSURDE !

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5059

07-03-2012 - Captage et stockage du CO2 : la France s’entête 

Le tribunal administratif de Pau a finalement tranché dans l’affaire opposant des associations de protection environnementale à l’Etat et à Total, quant au premier stockage souterrain de CO2 en France. Estimant que toutes les procédures légales ont été respectées, il a condamné les associations à verser 1000 euros de frais de justice au groupe Total. Déçus par ce verdict, les membres associatifs considèrent que cette décision ne résout en rien les nombreuses questions de fond soulevées par la technique de captage et stockage du CO2 (CSC). Outre son impact environnemental et son caractère énergivore, cette dernière laisse de nombreuses incertitudes, notamment quant au transfert des responsabilités de l’exploitant au contribuable et au devenir de ces sites à risques. 

Cette prise de risques est d’autant moins légitime que les bénéfices tirés de cette méthode apparaissent très aléatoires, pour ne pas dire dérisoires. En 2009, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estimait ainsi qu’il faudrait créer plus de 6 000 installations de CSC, présentant chacune une capacité d’enfouissement d’un million de tonnes de CO2, pour pouvoir stocker 20 % des émissions mondiale de gaz à effet de serre. A l’annonce du verdict rendu, les associations ont fait savoir qu’elles envisagent de faire appel. Elles entendent, en effet, poursuivre leurs efforts de mobilisation alors que d’autres projets fleurissent à Claye-Souilly, à Florange et au Havre. La France se distingue ainsi de l’Europe où, sur 13 projets annoncés, 6 ont d’ores et déjà été abandonnés. 

Cécile Cassier

06/03/2012

Aimeriez-vous vivre sous

une ligne haute-tension ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/06/les-effets-sanitaires-des-lignes-tht-en-question_1651240_3244.html#ens_id=1651169

Les effets sanitaires des lignes THT en question

lemonde.fr 06/03/2012

Met-on sa santé en danger en vivant près d'une ligne à très haute tension ? Si la question divise la communauté scientifique depuis maintenant trente ans, elle n'a toujours pas été tranchée. Or, l'impact sanitaire de ces autoroutes de l'électricité suscite une inquiétude grandissante parmi la population.

En cause : les champs magnétiques de fréquence extrêmement basse (50 Hz), générés par le passage du courant dans les câbles électriques, qui ont ont été classés "cancérogènes possibles pour l'homme" en 2002 par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé.

Alors que la France compte 100 000 km de lignes électriques à haute et très haute tension (THT), 375 000 personnes seraient exposées à des champs magnétiques supérieurs à 0,4 microtesla (µT), un seuil jugé à risque, selon l'exploitant Réseau de transport d'électricité (RTE).

PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Un constat qui a poussé l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsset) à recommander, dans un rapport de mars 2010"de ne plus augmenter, par précaution, le nombre de personnes sensibles exposées autour des lignes à très haute tension et de limiter les expositions." Dans la pratique, l'Afsset a préconisé de ne plus installer d'établissements accueillant des femmes enceintes ou des enfants (hôpitaux, écoles, crèches…) à moins de 100 mètres de lignes THT.

"Ces recommandations sont insuffisantes. La zone d'exclusion devrait s'étendre jusqu'à 300 mètres de part et d'autre de la ligne", assure Catherine Gouhier, qui a coordonné une enquête citoyenne pour le Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). L'étude, réalisée en 2009 à partir de 6 000 cas, concluait en effet à des champs magnétiques oscillant entre 0,8 et 2 µT dans les habitations situées à moins de 300 mètres des lignes, contre 0,01 à 0,02 µT pour des logements construits dans des zones non exposées.

Pour RTE, ces valeurs restent encore bien inférieures à la norme internationale, qui fixe à 100 µT l'exposition maximale à un champ magnétique. Alors que la France respecte strictement cette règlementation, beaucoup de pays l'ont de leur côté abaissée, comme les Etats-Unis (20 µT), l'Italie (3 µT), la Suisse (1 µT) ou la Suède (0,25 µT). "La France a retenu cette valeur totalement démesurée sous l'effet du lobby électrique", regrette Catherine Gouhier.

LIEN DE CAUSALITÉ

Mais si le principe de précaution n'est pas appliqué par RTE, c'est avant tout parce que le lien de causalité entre l'exposition aux lignes à haute tension et le développement de maladies n'a jusqu'à présent jamais été prouvé. Selon certaines associations de défense de l'environnement et de la santé, les riverains des lignes THT seraient sujets à des phénomènes de stress, nervosité, irritabilité et insomnies plus fréquents que le reste de la population.

>> Lire : "J'ai vécu six ans à proximité d'une ligne à très haute tension"

Surtout, de nombreuses études, conduites notamment en Grande-Bretagne, ont établi une association statistique irréfutable entre l'exposition aux lignes THT et l'augmentation du nombre de cas de leucémies infantiles – deux fois plus – et de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson. 

"Si les chiffres sont là, on ne sait toutefois pas si on peut imputer ces maladies à la présence des lignes, prévient Jacqueline Clavel, qui dirige, depuis 2002, une étude sur ce sujet pour l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. On ne connaît aujourd'hui aucun mécanisme biologique valable selon lequel les champs magnétiques induieraient un risque de leucémie accru."

ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE

"Cette corrélation sera de toutes façons impossible à prouver, rétorque Catherine Gouhier. Comme pour le lien entre tabac et cancer du poumon, il y a de multiples autres facteurs en jeu, tels que l'alimentation, le stress ou la qualité de l'air. On ne peut que confirmer le lien de cause à effet de manière empirique, grâce aux études épidémiologiques, qui étudient la fréquence de maladies dans un large panel de population en fonction des modes de vie."

Aucune étude de ce genre n'a jamais été menée en France, au grand dam des opposants aux lignes THT. Si les autorités sanitaires françaises se justifient en arguant d'un manque de représentativité de ce type d'expériences, les associations, elles, y voient la marque du puissant lobby électronucléaire.

Audrey Garric

05/03/2012

Eau potable ?

lu sur :

http://www.lesmotsontunsens.com/cinq-fois-plus-de-pesticides-autorises-dans-l-eau-du-robinet-depuis-fevrier-2011-en-toute-discretion

Cinq fois plus de pesticides autorisés dans l'eau du robinet depuis février 2011 ! En toute discrétion...

 

 

Ne le lisez pas trop fort, ça risquerait de s'ébruiter : En catimini, en février 2011, le ministère de la Santé a décidé de multiplier par 5 la concentration maximale autorisée pour les pesticides dans l'eau du robinet. Désormais à consommer avec modération...

 

C'est l'associationGénérations Futures, ONG spécialisée dans la question des pesticides, qui a levé le lièvre le 7 février 2012, dans une indifférence médiatique totale.

Depuis 1998, un avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) tenait lieu de réglementation. Dans une transposition quelque peu olé-olé de la directive européenne 98/83, le CSHPF avait en effet décidé que l'eau ne devait "pas être utilisée, ni pour la boisson, ni pour la préparation des aliments" si un pesticide s'y trouvait à une quantité supérieure à 20% d'une valeur répondant au doux nom de "valeur sanitaire maximale" (VMax, définie par divers organismes : OMS, EFSA, AFSSA...). Une interprétation qui dépassait déjà largement les normes européennes.

Les pesticides, c'est bon... buvez-en !

La "nouveauté", c'est qu'en février 2011, une instructionde la Direction Générale de la Santé (DGS, dépendant du ministère de la Santé), passée totalement inaperçue jusque là, a tout chamboulé. Sans tambour ni trompette, le ministère s'est donc jeté à l'eau et a décidé de porter les "seuils de potabilité" à 100% de la VMax. Soit une multiplication par 5 des seuils en vigueur ! DéfoliantDécoiffant !

"Autrement dit : on va tolérer dans de très nombreuses localités des quantités de pesticides dans l'eau 5 fois plus importantes qu'avant décembre 2010 !" déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures. "Ainsi pour un pesticide comme le folpet, pourtant classé cancérigène probable aux Etats-Unis, on va maintenant tolérer jusqu'à 300 μg/l pendant plus d'un mois alors qu'auparavant on ne pouvait dépasser les 60 μg/l pendant la même durée !" fulmine-t-il.

Le ministère de la Santé en eaux troubles...

Autre conséquence de cette nouvelle mesure sanitaire : la baisse artificielle du nombre de personnes concernées par une présence excessive de pesticides nécessitant une restriction d'utilisation de l'eau. On est ainsi passé de 34 300 personnes touchées par ces restrictions en 2009 à une estimation de 8 939, selon les chiffres du ministère ! De la belle ouvrage...

"Cette amélioration en trompe l'oeil n'est due qu'à une manipulation des valeurs de pesticides acceptées dans l'eau et pas à une véritable amélioration de la situation" proteste François Veillerette qui voit là "la preuve que les autorités publiques ont renoncé à améliorer la situation en changeant les pratiques agricoles en profondeur mais préfèrent changer les graduations du thermomètre que de faire vraiment baisser la fièvre !"...

Et bientôt, au fil de l'eau, il suffira d'arroser son jardin pour le désherber ? On n'arrête pas le progrès...

[Remarque,  la décision date du 9 décembre 2010, elle n'a été publiée au Bulletin Officiel que le 15 février 2011]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

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l'information est parue aussi dans le Canard Enchaîné du mercredi 29/2/12.

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03/03/2012

Le début de la fin

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/02/la-fonte-de-la-banquise-entrainerait-une-forte-pollution-au-mercure_1650917_3244.html

La fonte de la banquise entraînerait une forte pollution au mercure

L'importante diminution de la banquise permanente dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait provoquer l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, selon la NASA.

La forte diminution de la banquise permanente constatée dans l'Arctique au cours des dix dernières années pourrait avoir comme conséquence l'intensification d'une réaction chimique qui entraîne des dépôts, toxiques, de mercure, à en croire une étude menée par la NASA et rendue publique jeudi 1er mars.

L'épaisse banquise permanente du pôle Nord laisse place progressivement à une glace moins épaisse et plus salée, qui dégage dans l'atmosphère du brome lorsque se produit une interaction avec les rayons solaires et le froid, a expliqué Son Nghiem, chercheur de la NASA au Laboratoire de propulsion à réaction (Jet Propulsion Laboratory, JPL) de Pasadena. Cela déclenche une réaction chimique appelée "explosion de brome" qui transforme le mercure gazeux présent dans l'atmosphère en un polluant toxique qui se dépose sur la neige, les terres et la glace et peut s'accumuler dans l'organisme des poissons, ajoute Son Nghiem, auteur principal de cette étude.

MODIFICATION DE LA COMPOSITION DE L'EAU

"Le rétrécissement de la glace d'été fait parler de lui surtout pour ce qui est de l'exploitation des ressources de l'Arctique et l'ouverture de nouvelles voies maritimes commerciales", rappelle-t-il. "Mais la modification de la composition de l'eau a elle aussi un impact sur l'environnement. Le changement des conditions dans l'Arctique pourrait provoquer des explosions de brome à l'avenir", ajoute-t-il.

Les émanations de brome pourraient, en outre, éliminer l'ozone de la couche la plus basse de l'atmosphère, la troposphère, continue le scientifique. La communauté scientifique, dit-il, cherche toujours à comprendre pourquoi l'Arctique a perdu un million de kilomètres carrés de banquise permanente au cours des dix dernières années. Cela pourrait être dû à une modification du régime des vents pendant cette période, avance-t-il. En mars 2008, l'étendue de la banquise permanente a atteint sa superficie la plus réduite depuis un demi-siècle, et elle a été remplacée par endroits par une glace saisonnière, plus salée car elle n'a pas subi de processus naturel de désalinisation.

L'étude en question a été réalisée par une équipe d'Américains, de Canadiens, d'Allemands et de Britanniques, en combinant des données transmises par six satellites de la NASA, de l'ESA (Agence spatiale européenne) et de l'Agence spatiale canadienne, avec des observations au sol et une modélisation.

23/02/2012

Science, conscience, lobbying et blogosphère

Pour les climato-sceptiques.

La question que je me pose est : Claude Allègre a-t-il été payé ? Combien ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/21/l-origine-de-la-fuite-des-documents-du-heartland-institute-a-ete-revelee_1646404_3244.html

L'origine de la fuite des documents du Heartland Institute a été révélée

Peter Gleick, un hydrologue de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique.

Un éminent hydrologue, membre de l'Académie des sciences américaine, a reconnu avoir utilisé des méthodes frauduleuses pour obtenir des documents internes du Heartland Institute, un think tank libertarien, principal artisan du climato-scepticisme outre-Atlantique. Dans un billet posté lundi 20 février sur l'un de ses blogs, Peter Gleick, par ailleurs cofondateur et président du Pacific Institute, un centre de recherche basé en Californie, a admis être l'origine de la fuite d'une dizaine de pièces exfiltrées le 15 février du Heartland Institute.

Rendus publics sur le Net, ces documents ont plongé le think tank dans l'embarras : ils révèlent ses sources de financement (grandes entreprises, fondations, etc.), les noms des "experts" et des blogueurs qu'il rémunère pour propager la parole climato-sceptique, ainsi que ses projets d'action prioritaires pour 2012, en particulier pour asseoir auprès des enseignants et des élèves américains l'idée que le changement climatique est "incertain" et scientifiquement "controversé".

Sur son blog, M. Gleick a expliqué avoir reçu, début 2012, par courrier électronique anonyme, des documents confidentiels présentés comme provenant du Heartland Institute. "J'ai tenté de confirmer la validité des informations de ces documents, écrit l'hydrologue. Pour ce faire, et dans une grave faute vis-à-vis de moi-même, de mon éthique et de mon jugement, j'ai sollicité et obtenu du Heartland Institute, sous l'identité de quelqu'un d'autre, des documents supplémentaires." Ces nouveaux éléments ont confirmé, selon M. Gleick, ceux contenus dans l'envoi anonyme précédent, "en particulier la stratégie de levée de fonds [du think tank] pour 2012 et son budget". M. Gleick dit avoir ensuite fait suivre anonymement les documents en question "à plusieurs experts et journalistes travaillant sur la question climatique". Outre-Atlantique, l'affaire a suscité une intense couverture médiatique.

DES AUTEURS RÉMUNÉRÉS

Les aveux du scientifique, qui présente ses "excuses personnelles" à "ceux qui ont été affectés" par son geste, pourraient en réalité plonger le Heartland Institute dans un embarras plus grand encore. En effet, dès la mise en ligne des documents frauduleusement obtenus, le think tank de Chicago avait déclaré que l'un d'entre eux, un mémo intitulé "2012 Heartland Climate Strategy", était un "faux, apparemment destiné à diffamer et discréditer le Heartland Institute". Cependant, la plupart des informations confidentielles contenues dans le mémo litigieux sont présentes dans les autres documents rendus publics. De plus, le Heartland Institute ne précise pas quels sont les éléments dudit mémo qui auraient été fabriqués. Or, dans sa confession, M. Gleick assure n'avoir fait que transmettre les documents qu'il a obtenus et qu'il n'en a pas altéré, ni fabriqué, le contenu. Dans un communiqué du 20 février, le Heartland Institute maintient sa version, mais celle-ci a encore perdu en crédibilité depuis les aveux de M. Gleick.

Le mémo en question montrait que les responsables du think tank étaient très désireux d'entretenir sur le Net "des voix qui s'opposent" au consensus sur le climat et "des groupes capables de mobiliser rapidement des réponses face à des découvertes scientifiques, des articles de presse ou des billets de blog défavorables". Les documents indiquent ainsi qu'un célèbre blogueur climato-sceptique américain, fréquemment cité dans la blogosphère francophone, Anthony Watts, un ancien présentateur météo, s'est vu promettre près de 90 000 dollars sur l'année 2012. Sur son blog, l'intéressé n'a pas démenti ce chiffre, précisant que la somme en question était censée soutenir "un projet spécial" et non son site Web, pour lequel il assure "ne pas toucher de salaire".

Un autre personnage épinglé dans les documents rendus publics est Frederick Singer, un physicien américain à la retraite rémunéré à hauteur de 5 000 dollars par mois par le Heartland Institute. Cette rétribution correspond au travail de coordination et de promotion d'une série de rapports pseudo-scientifiques, rédigés par un groupe de chercheurs présentés comme le Non-Intergouvernmental Panel on Climate Change (NIPCC). Ces rapports, soumis à des décideurs et mis en circulation sur le Net, concluent systématiquement à l'inverse du consensus scientifique sur le réchauffement. Interrogé par Le Monde au printemps 2010, M. Singer – qui n'a cette fois pas répondu à nos sollicitations – avait assuré que les auteurs de ces rapports étaient bénévoles. Les documents du Heartland montrent que le budget prévu sur la période 2010-2013 pour la production, l'édition et la promotion des rapports du NIPCC se monte à plus d'un million et demi de dollars, dont un demi-million environ pour ses auteurs.

SCIENCE CONTRE IDÉOLOGIE

Frederick Singer a en outre eu ses frais de déplacements partiellement pris en charge par le Heartland Institute. Le physicien donne de nombreuses conférences à l'étranger, notamment pour présenter les conclusions des fameux rapports du NIPCC. En France, il a été invité à plusieurs reprises à l'Institut de physique du globe de Paris, bénéficiant ainsi d'un cadre académique prestigieux pour s'exprimer.

S'agissant des moyens frauduleux mis en œuvre par M. Gleick pour faire éclater le scandale, les commentaires sont partagés. Dans un billet publié mardi sur le site Web du Guardian, Bob Ward, l'un des directeurs du Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment (London School of Economics) estime que "bien que des actes de tromperie ne puissent être acceptés, il est aussi important de noter que les documents obtenus par M. Gleick donnent une idée sur la manière dont certains groupes, fondamentalement opposés la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tentent de donner l'impression que leurs arguments sont fondés sur la science plutôt que sur l'idéologie".

Ironiquement, le Heartland Institute – qui proteste aujourd'hui avec virulence contre la publication des documents qui lui ont été dérobés –, avait été l'une des principales caisses de résonance, en novembre 2009, de l'affaire dite du Climategate. C'était alors les courriels de climatologues qui avaient été piratés dans les serveurs de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni) et rendus publics sur le Net. Jusqu'à présent, les auteurs de ce piratage-là ne se sont pas dénoncés, pas plus qu'ils n'ont été démasqués par la police du Norfolk, chargée d'enquêter sur cette affaire.

17/02/2012

Le lobby climatosceptique financé par le pétrolier Exxon

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/international/2010/07/19/01003-20100719ARTFIG00449-le-lobby-climatosceptique-finance-par-le-petrolier-exxon.php

Le lobby climatosceptique financé par le pétrolier Exxon

19/07/2010 | Mise à jour : 16:54

Le géant américain a versé l'an dernier plus d'un million d'euros à plusieurs groupes d'influence luttant contre le contrôle des gaz à effet de serre, révèle la presse britannique.

Le temps se couvre pour les climatosceptiques. Le quotidien britannique Times a révélé lundi que plusieurs organisations qui luttent contre les projets de limitation des gaz à effet de serre sont financées par le géant pétrolier américain ExxonMobil (maison mère d'Esso), à hauteur de presque un million de livres (1,2 million d'euros).

Les climatosceptiques, qui réfutent la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique - quand ils ne mettent pas en cause le réchauffement lui-même -, s'opposent aux tentatives de régulations des émissions de gaz à effet de serre. De fait, leurs positions convergent donc avec les intérêts des groupes pétroliers. Mais la collusion irait beaucoup plus loin puisque plusieurs de ces organisations - dont the Media Research Center, the Atlas Economic Research Foundation, the Pacific Research Institute et the Heritage Foundation - auraient bénéficié de la générosité d'ExxonMobil. Le quotidien britannique ne précise toutefois pas comment cet argent a concrètement été utilisé. 

Parole non tenue

La révélation est gênante dans le contexte de bras-de-fer qui oppose depuis plusieurs mois le camp des sceptiques aux chercheurs du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Il y a dix jours, le premier avait déjà subi un revers dans l'affaire dite du «climategate», tentative de discréditation des seconds. Une enquête indépendante avait en effet blanchi les climatologues, accusés d'avoir falsifié des données scientifiques pour accréditer leur théorie. L'enquête a au contraire établi leur «rigueur» et leur «honnêteté». Désormais, c'est l'intégrité des sceptiques qui est donc mise en cause. Par exemple, the Media Research Center, qui a justement contesté le rapport d'enquête établissant l'honnêteté des climatologues du Giec, aurait reçu l'an dernier 50.000 livres (presque 60.000 euros).

Le lobby climatosceptique n'est pas le seul à être discrédité par ces révélations. À un moment où le secteur pétrolier n'est pas en odeur de sainteté, suite à la marée noire dans le golfe du Mexique, Exxon se trouve également pris en flagrant délit de mensonge. Dans un rapport datant de 2007, la compagnie avait en effet promis d'«arrêter de contribuer aux groupes dont la position sur le changement climatique pourrait détourner l'attention de l'importante discussion sur la sécurité énergétique». Parole non tenue. Cette fois, contactée par le Times, Exxon a promis que trois des fondations citées par le quotidien ne seraient plus financées. Mais rien en revanche sur les vingt-et-uns autres groupes qui auraient reçu de l'argent l'an dernier.

LIRE AUSSI :

» Les scientifiques impliqués dans le «climategate» blanchis

http://www.lefigaro.fr/environnement/2010/03/31/01029-20100331ARTFIG00456-les-scientifiques-impliques-dans-le-climategate-blanchis-.php

12/02/2012

Lundi 13 février 2012, procès historique de l'amiante

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/la-sentence-du-proces-de-l-amiante-attendue-lundi-a-turin-12-02-2012-1430674_24.php

Le Point.fr - Publié le 12/02/2012 à 16:29 - Modifié le 12/02/2012 à 16:36

Un procès aux dimensions gigantesques : 2 300 décès dus au cancer de la plèvre - dont 1 800 dans la seule ville de Casale Monferrato -, 700 personnes atteintes de fibrose pulmonaire, 5 000 parties civiles, un dossier de 220 000 pages... 800 parents de victimes de l'amiante seront présents au tribunal de Turin et distribués jusque dans le palais des congrès équipé pour l'occasion d'un système de retransmission. Parmi eux, des Français venus d'Ardèche, de Haute-Savoie, de Lorraine et de Dunkerque, les régions françaises qui ont payé le plus lourd tribut à l'amiante.

Face à eux, le banc des accusés sera vide. Stephan Ernest Schmidheiny, 64 ans, le patron suisse d'Eternit, et le baron belge Jean Louis de Cartier de Marchienne, 90 ans et actionnaire minoritaire du groupe, seront représentés par leurs avocats. Le procureur Raffaele Guariniello a requis 20 ans de prison contre les deux accusés.

Artifice juridique

Mais c'est dans le fond que le procès de Turin pourrait changer la jurisprudence des affaires concernant l'amiante. "C'est la première fois que ce ne sont pas des administrateurs locaux des usines qui sont inculpés, mais les véritables responsables, affirme Raffaele Guariniello. Nous avons des documents du siège suisse de la société démontrant que les instructions venaient du sommet."

C'est grâce à un artifice juridique que le procureur Guariniello a pu instruire le procès contre l'état-major du groupe. "Un ouvrier italien qui avait contracté un mésothéliome dans une usine suisse du groupe est revenu mourir à Turin. Ce cas était le chaînon manquant qui nous avait fait défaut dans les procès précédents. Il nous a permis, malgré les réticences des autorités suisses, d'étendre notre compétence territoriale afin d'enquêter sur le conseil d'administration de la société."

"Désastre environnemental permanent volontaire"

En outre Stephan Ernest Schmidheiny et Jean Louis de Cartier de Marchienne sont accusés de "désastre environnemental permanent volontaire". Un chef d'accusation qui sous-entend qu'ils avaient connaissance des dangers et qu'ils ont préféré la logique du profit à la santé des ouvriers et des populations vivant à proximité des usines. "La direction a essayé de piloter l'information pour cacher la dangerosité de l'amiante et leurs instructions étaient insuffisantes pour protéger la santé des ouvriers", confirme Guariniello.

Le monde aura donc lundi les yeux tournés vers Turin. Car, interdite en Europe, l'amiante est encore utilisée sans aucune précaution dans 70 % des pays de la planète. Dans les pays en voie de développement, Chine, Inde, Brésil ou en Afrique, mais également au Canada. Pour le procureur turinois, "une sentence de culpabilité représenterait un espoir pour tous ces pays. Peut-être le début de la fin de l'amiante."

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02/02/2012

Bon à savoir ...

... mais pas à consommer !

Lu sur le Canard de cette semaine :

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22/01/2012

Plusieurs informations ...

Plusieurs informations méritant d'être lues :

Univers-nature
Edition de samedi

 

22-01-2012Le Round Up perturbe le fonctionnement hormonal
Fin juin 2009, une étude réalisée par l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini avait déjà mis en évidence l’impact de l’herbicide de Monsanto sur le fonctionnement des hormones ...

21-01-2012Europe : 90 millions de tonnes de nourriture à la poubelle par an
Dates de péremption dépassées, fruits et légumes oubliés dans le réfrigérateur etc., chaque citoyen jette entre 15 et 20 kg de nourriture par an, dont presque la moitié ne quitte jamais son emballage ...

20-01-2012Lac Tchad : la baisse des eaux ouvre de nouvelles perspectives agricoles
Autrefois considéré comme l’un des plus grands lacs au monde, le lac Tchad a vu sa surface passer de 20 000 km² il y a 50 ans à 2 000 km² aujourd’hui. Illustratif de l’impact du changement ...

19-01-2012OGM et autres cultures : une coexistence illusoire ?
Le 17 janvier dernier, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) a présenté l’avis rendu par son comité scientifique sur la coexistence entre les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) et les autres ...

18-01-2012Pollution de l’estuaire de la Loire en 2008 : Total reconnue coupable
Hier, le Tribunal correctionnel de Saint-Nazaire a finalement reconnu la culpabilité du groupe Total Raffinage Marketing dans l’affaire de pollution de l’estuaire de la Loire, survenue en 2008. Le 16 ...

13/01/2012

Des mesures simples permettraient de limiter le réchauffement climatique

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/12/quelques-mesures-simples-permettraient-de-limiter-le-rechauffement-climatique_1629180_3244.html#xtor=AL-32280308

Des mesures simples permettraient de limiter le réchauffement climatique

Quatorze mesures simples permettraient d'épargner des millions de morts prématurées et d'accroître la sécurité alimentaire.

Eviter plusieurs millions de morts prématurées chaque année tout en permettant de "gagner" un demi degré de réchauffement climatique à l'horizon 2050, ainsi qu'en améliorant la sécurité alimentaire mondiale ? Le tout grâce à la mise en œuvre de seulement quatorze mesures simples et techniquement, comme financièrement, abordables – ne concernant pas, de surcroît, le dioxyde de carbone (CO2) ? Ce n'est pas une plaisanterie, mais la conclusion d'une vaste étude internationale et pluridisciplinaire, publiée vendredi 13 janvier dans la revue Science.

Il n'y a nul tour de magie. Mais l'estimation des bénéfices climatiques, économiques et sanitaires de la limitation des émissions de deux produits des activités humaines : le méthane (CH4) d'une part et les suies d'autre part, ces poussières noires en suspension dans l'atmosphère, issues des combustions incomplètes. Le méthane est, outre un puissant gaz à effet de serre, le précurseur chimique de l'ozone (O3) troposphérique, qui joue un rôle non négligeable dans le réchauffement climatique et dégrade localement la qualité de l'air.

Quant aux suies, elles sont principalement émises dans les grands pays émergents comme l'Inde et la Chine. Elles sont largement issues des fourneaux fonctionnant au charbon, au bois et à d'autres combustibles traditionnels. Ces suies jouent un rôle important dans l'incidence de maladies respiratoires et cardiovasculaires de même qu'elles absorbent l'énergie solaire qu'elles reçoivent, jouant ainsi un rôle certain dans l'augmentation moyenne des températures.

QUATORZE MESURES SUR QUATRE CENTS

"Nous avons essayé de simuler, de la manière la plus réaliste possible, les effets du déploiement des technologies disponibles qui permettent d'améliorer à la fois la qualité de l'air et d'avoir un impact positif sur le climat", explique le climatologue Drew Shindell, chercheur au Goddard Institute for Space Studies et premier auteur de l'étude. Outre de jouer sur les deux aspects – santé publique et climat – l'intérêt de la démarche est que les deux polluants ciblés ont un temps de résidence faible dans l'atmosphère, au contraire du CO2 qui y demeure un siècle au moins. Si l'on cesse de les émettre, leur concentration atmosphérique décroît très vite et les effets bénéfiques sont rapidement sensibles.

Les auteurs ont d'abord introduit dans leurs modèles de simulation quatre cents mesures permettant de réduire toutes sortes d'émissions polluantes. Ils en ont retenu quatorze, les plus rapidement et fortement efficaces : toutes concernent la réduction des émissions de CH4 et de suies. En particulier : le déploiement de systèmes de récupération du méthane dans les mines de charbon ou les installations pétrolières, l'amélioration des réseaux de transport de gaz naturel, la gestion des effluents du bétail, le drainage régulier des rizières (culture très émettrice de méthane), la généralisation des filtres à particules dans les véhicules diesel, le remplacement des fourneaux traditionnels ou le bannissement de la culture sur brûlis...

GAGNER DU TEMPS

La limitation des émissions de suies a surtout un effet sanitaire fort. L'ozone troposphérique issu du méthane a pour sa part un effet important sur les rendements agricoles. Au total, les chercheurs estiment que si les quatorze mesures sélectionnées étaient scrupuleusement appliquées, ce seraient 700 000 à 4,7 millions de morts prématurées annuelles qui seraient évitées, principalement en Chine et en Inde. Par rapport à aujourd'hui, le monde ne se réchaufferait "que" de 0,8 °C d'ici à 2060, contre 1,3 °C anticipé... Dans le même temps, les gains de rendements agricoles permettraient une production mondiale annuelle – toutes cultures confondues – accrue de 35 millions de tonnes, à 135 millions de tonnes... Les marges d'incertitudes sont importantes mais les chiffres sont énormes.

"Il faut vraiment distinguer plusieurs problèmes qui sont un peu mélangés dans la présentation habituelle des enjeux climatiques, rappelle toutefois le climatologue français Hervé Le Treut, qui n'a pas participé à ces travaux. Le CO2 joue un rôle majeur à long terme à cause des quantités énormes qui sont émises et de sa longue durée de vie: il n'y a pas d'alternative à la réduction des émissions de CO2 si l'on veut se protéger d'un réchauffement de 4 °C ou plus, d'une fonte du Groenland ou de l'Antarctique qui se prolonge dans les siècles prochains."

En d'autres termes, les propositions de Drew Shindell sont surtout, comme les auteurs le rappellent eux-mêmes dans leur étude, un moyen de gagner du temps. Car il y a "une crainte forte et justifiée", poursuit M. Le Treut, que "la diminution des émissions de gaz qui restent moins longtemps dans l'atmosphère ne soit vue comme un substitut possible à la diminution du CO2".

05/01/2012

Chevron devra payer pour avoir pollué l'Amazonie

lu sur :

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/01/04/chevron-devra-payer-pour-avoir-pollue-l-amazonie_1625391_3222.html

Chevron devra payer pour avoir pollué l'Amazonie

LEMONDE.FR |  4 janvier 2012 | avec AFP | 329 mots

La justice équatorienne a tranché : le groupe pétrolier américain Chevron devra payer 9,5 milliards de dollars pour des années de pollution sans contrôle en Amazonie. Il s'agit de l'amende la plus forte dans l'histoire du droit de l'environnement, qui dépasse notamment celle initialement infligée à ExxonMobil pour la marée noire de l'Alaska en 1989, de 4,5 milliards de dollars.

La cour de justice de la province de Sucumbios a ainsi confirmé en appel le jugement du 14 février 2011, contre lequel Chevron et les plaignants avaient fait appel. Le jugement rendu en appel ordonne aussi à Chevron de "présenter des excuses publiques aux victimes", et en cas de refus de verser le double du montant fixé.

A New York, Chevron a estimé que cette "décision défavorable" est "un autre exemple flagrant du biais politique et de la corruption de la justice équatorienne qui plombe ce dossier""Chevron continue de rechercher des recours par l'intermédiaire d'actions de justice en dehors de l'Equateur", a ajouté le géant pétrolier dans un communiqué.

Quelque 30 000 habitants de la province de Sucumbios, rassemblés en une association de victimes, avaient porté plainte contre Chevron pour les opérations en Equateur de la compagnie Texaco Petroleum, qu'elle a rachetée en 2001, qui a opéré entre 1964 et 1990 sur une concession d'un million d'hectares.

DÉCHETS PÉTROLIERS DANS DES FOSSES À CIEL OUVERT

Selon les plaignants, Texaco a causé des dégâts environnementaux très graves, notamment en versant dans des fosses à ciel ouvert ses déchets pétroliers, qui ont ensuite contaminé sols et rivières. Après le premier jugement, intervenant à la suite de dix-huit ans de bataille judiciaire aux Etats-Unis puis en Equateur, aucune des deux parties n'avait déclaré forfait.

Le groupe pétrolier américain avait estimé que ce jugement était "illégitime et inapplicable". Les plaignants avaient pour leur part introduit un recours en appel, jugeant "insuffisant" le montant des dédommagements.

Chevron indique aussi avoir engagé une procédure au tribunal fédéral de New York contre les représentants des plaignants du tribunal de Lago Agrio"sur la base d'une accumulation de preuves de fraude et de corruption".

25/12/2011

Le saumon, ruine écologique de la Norvège

lu sur rue89:

Esprit de Noël 24/12/2011 à 11h39

Le saumon, ruine écologique de la Norvège


Sophie Verney-Caillat   Journaliste Rue89

Une association norvégienne a transmis à Rue89 les résultats catastrophiques de son étude sur l'impact environnemental de l'élevage, question ultra-sensible à Oslo.


Ferme aquacole au nord de la Norvège (Norsk Havbrukssenter/Flickr/CC)

Critiquer l'industrie du saumon est de très mauvais goût en Norvège. L'association Green Warriors a vu se déployer une puissante contre-attaque lorsqu'elle a publié l'an dernier son rapport sur l'impact environnemental de l'élevage du saumon.

Voir le document

(Fichier PDF)

Aujourd'hui, en livrant à Rue89 l'exclusivité de sa version française (la version anglaise vient d'être mise en ligne), ils poursuivent leur combat dans un domaine hautement sensible – la pêche y est le troisième secteur d'exportation après le pétrole et le gaz.

Et la France est le plus gros importateur de saumon norvégien, l'essentiel de ce que nous consommons (dont 30% pendant les fêtes de fin d'année) vient des fjords de ce pays. Un marché multiplié par trois en vingt ans, qui pèse 416 millions d'euros annuels.

« Le poisson gras renforce la santé mentale »

Pour les autorités norvégiennes, il est préférable que le consommateur français ne sache pas trop dans quelles conditions sont élevés ces poissons, au risque de perdre l'appétit. Le site internet des exportateurs norvégiens de saumon ne lésine pas pour nous faire rêver :

« Les médecins et scientifiques du monde entier s'accordent à dire qu'il faut manger plus de saumon et d'autres poissons gras, car ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certains cancers.

De plus, le poisson gras renforce la santé mentale, les acides gras contenus dans l'huile sont essentiels pour le développement du cerveau et ont un effet bénéfique sur la dépression, la schizophrénie, la maladie d'Alzheimer et certaines formes d'hyperactivité. »

En Norvège, le ministère de la Santé recommande d'ailleurs de manger du poisson gras deux à trois fois par semaine, dont par exemple 200 gr de saumon par semaine.

Plus risqué que bénéfique ?

Mais derrière les vertus connues des Oméga-3 pour la santé, une autre réalité du saumon norvégien est bien dissimulée.

Selon l'enquête de Green Warriors :

  • 10 à 20% des saumons d'élevage meurent dans les cages, du fait de la surpopulation, de malformations et de maladies ;
  • les études vétérinaires montrent que presque la moitié des saumons souffrent d'inflammation cardiaque, neuf sur dix de dépôts graisseux supplémentaires au cœur ;
  • les vaccins inoculés aux saumons provoquent des effets secondaires, comme des péritonites ;
  • les déchets alimentaires des fermes aquacoles s'élèvent à 7% – il y a donc 70 000 tonnes de restes rejetés en mer et qui sont ensuite mangés par les poissons sauvages à proximité.

Claudette Béthune, pharmacologue qui a travaillé pour l'organisme norvégien de sécurité alimentaire (le Nifes), avant de partir aux Etats-Unis, explique : 

« La présence de polluants tels que les dioxines et le PCB dans le saumon génère un risque de cancer, qui, pour les personnes jeunes, dépasse les bénéfices attendus du saumon sur la santé. »

En 2010, un reportage de France 3 alerte

Si les effets sur la santé humaine font l'objet d'une controverse scientifique, la catastrophe environnementale de l'industrie du saumon norvégien ne fait plus de doute.

Un reportage diffusé sur France 3 l'an dernier a montré que l'aquaculture norvégienne n'avait rien à envier aux élevages de porc intensifs bretons : entassement des animaux, traitements aux antibiotiques, épandages nocifs pour l'environnement...

http://www.youtube.com/watch?v=lkPlQshZNMk&feature=player_embedded 

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mon commentaire : mieux vaut du saumon sauvage

19/12/2011

Les pesticides dans l'eau

communiqué :

«Notre ennemi numéro 1, ce sont les pesticides»
Le 08 décembre 2011 par Stéphanie Senet

Les eaux du Rhône et de la Méditerranée comptent 6 pesticides interdits
Alain Guillemaud

Pour la première fois, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse publie un rapport sur la qualité des eaux régionales. Avec 51% des cours d’eau en bon état écologique, le bilan est légèrement au-dessus de la moyenne française (45%).
Mais les concentrations élevées de pesticides et la présence de digues et de barrages s’avèrent problématiques, comme l’explique Martin Guespereau, directeur général de l’Agence.

Qu’est-ce qui a motivé la publication de ce premier rapport?
Nous disposons de données de plus en plus précises. Si nous surveillons la qualité des eaux des bassins Rhône, Méditerranée et Corse depuis 40 ans, la base d’informations a triplé au cours des 5 dernières années. C’est pourquoi nous avons décidé de sortir ce rapport, qui se base sur 3 millions d’analyses effectuées au sein de 1.500 sites de surveillance, les «stations» comme on les appelle dans notre jargon, que nous avons cumulées avec des données de l’Onema (1) et de l’Ifremer (2).

Quels principaux enseignements en tirez-vous? 
La principale conclusion, c’est que 51% de nos cours d’eau sont en bon état écologique. C’est effectivement mieux que la moyenne française, qui s’élève à 45%, mais c’est encore en dessous de l’objectif du Grenelle de l’environnement, qui vise d’atteindre 66% en 2015.

Et pour les 49% restants?
Nous avons deux préoccupations principales. Notre ennemi numéro 1, ce sont les pesticides, et en particulier le glyphosate, la substance active du Round up, que l’on trouve aussi sous la forme de l’Ampa, son produit de dégradation. On le retrouve quasiment partout, et précisément dans trois quarts des cours d’eau. Ce n’est pas un hasard puisque c’est le premier pesticide vendu en France avec 4.000 tonnes en 2010. Ses concentrations sont inquiétantes: c’est 300 fois plus que la norme Eau potable et 50 fois moins que l’apparition des premiers effets sur la santé. On en trouve encore plus dans la Saône que dans le Rhône.
Plus surprenant encore, nous avons découvert dans ces pesticides 6 substances interdites d’utilisation, comme l’atrazine, dont l’usage est prohibé depuis 2003. On a également trouvé du métolachlore, de la simazine, de la terbuthylazine, de l’oxadixyl et du durion.
Concernant les nitrates, les taux ont tendance à augmenter depuis ces 20 dernières années, à cause de l’utilisation croissante d’engrais azotés dans l’agriculture. Notons que nous ne connaissons pas, en Méditerranée, le phénomène d’algues vertes, parce que la mer est naturellement plus pauvre en nutriments que l’océan Atlantique.
Pour clore le tableau, les eaux, en particulier celles du Doubs, ont également montré qu’elles étaient contaminées par des hydrocarbures aromatiques polycycliques, dont l’origine est la combustion de matières fossiles pour l’énergie, le chauffage ou le transport. Le benzopyrène, un cancérogène avéré, se retrouve dans 40% des échantillons d’eau et dans 80% des prélèvements de sédiments.
 
Les concentrations en PCB sont-elles aussi élevées?
En moyenne, les niveaux ne sont pas très élevés, mais nous avons deux points noirs, correspondant à l’ancienne usine de transformateurs d’Aix-les-Bains et à l’installation de Tredi, proche de Lyon, qui traite des déchets dangereux.
 
Quelle est votre deuxième préoccupation?
Outre les pesticides, on a relevé que deux tiers des cours d’eau en mauvais état avaient subi des modifications artificielles. A cause de digues trop étroites, de seuils et de barrages, la circulation des poissons, de la microflore et de la microfaune, se trouve bloquée. Et quand la biodiversité n’est plus aussi riche, la rivière n’a plus autant de moyens de se défendre.
 
Pour conclure, avez-vous noté quelques progrès?
Dans les grandes zones urbaines, la lutte contre les pollutions organiques, dues aux phosphates, est en passe d’être gagnée. En 20 ans, les concentrations en ammonium ont été divisées par 10 dans les cours d’eau, grâce aux nouvelles stations d’épuration qui ont équipé les grandes villes. Il faut toutefois encore agir sur le reste du territoire. Mais ce n’est plus notre problème n°1. Nous allons nous concentrer sur les pesticides et en particulier sur les captages d’eau et les zones de recharge. Cependant, la dépollution a un coût, que le CGDD (3) a récemment évalué à 300 millions d’euros pour les pesticides contenus dans les cours d’eau français (4).
 
Pour lire le rapport de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse :
 
(1)   Office national de l’eau et des milieux aquatiques
(2)   Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer
(3)   Commissariat général au développement durable

14/12/2011

Antennes-relais : contestation en Lozère

communiqué:

Les jeunes du village de VERDEZUN 48140 - Lozère - se sont mobilisés contre l'implantation de nouvelles antennes-relais dans leur village.

Ils ont réalisé un clip vidéo diffusé sur youtube "Sauvons Verdezun 48".

 

Diffuser le lien de leur vidéo pour élargir son visionnement serait un grand encouragement pour la poursuite de leur engagement.

 

D'avance, un grand merci de leur part.

 

http://www.youtube.com/watch?v=RMALdf1oK8g

 

Bonjour,

 

Merci, POUR NOUS SOUTENIR, de visionner ce petit clip sur la  Lozère (cliquez sur le lien ci-dessous) et de le FAIRE SUIVRE A TOUS VOS CORRESPONDANTS E-MAIL et à tous ceux qui s'indignent contre l'absurdité !

 

Nous souhaitons atteindre plusieurs milliers de visionnages pour afficher par la suite le chiffre à ceux qui bafouent le citoyen comme dans notre cas.

 

Scandale d'une 2ème antenne multi-opérateurs de 37 m de haut à 50 m des 1ères habitations en Lozère, département pourtant le moins peuplé de France ! Sans aucune concertation ! Sur la colline de Verdezun au Malzieu-Vile en Margeride au dessus des pittoresques Gorges de la Truyère.

 

Merci de transférer "dans la foulée" ce lien. C'est essentiel.

 

Cordialement et MERCI D'AVANCE.

Collectif "Sauvons Verdezun 48"

 

LIEN:

 

http://www.youtube.com/watch?v=RMALdf1oK8g

 

ROBIN DES TOITS

Correspondance : 12 rue Lucien Sampaix  75010 Paris

Tél. : 33 1 43 55 96 08

E-mail : contact@robindestoits.org

http://www.robindestoits.org