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08/01/2013

Guyane, mines et Parc National

lu sur : 

http://www.fne.asso.fr/fr/arnaud-montebourg-mine-le-parc-amazonien-de-guyane.html?cmp_id=33&news_id=13048&vID=1772

En Guyane française, le Ministère du Redressement Productif vient de délivrer un permis d’exploitation minière dans un secteur du Parc National interdit à l’activité minière. Nos organisations ne comprennent pas cette décision unilatérale à contre-courant et demandent une annulation de cette autorisation incohérente.

Arnaud Montebourg, le Ministre du Redressement Productif, vient de signer un arrêté octroyant à la société minière REXMA un permis d’exploitation minière de 10 km² à quelques encablures à peine du bourg de Saül, village porte du Parc Amazonien en Guyane, plus grand Parc National français.

Ce secteur écotouristique n’a pourtant absolument pas vocation à accueillir une mine industrielle. Le permis accordé est constitué par la partie amont de la vallée alluviale de la Crique Limonade, classée en zone de libre adhésion du Parc National. Directement en aval du permis, le bassin de la Crique Limonade bascule en zone cœur. Ce projet, risquant de porter atteinte non seulement à l’aire d’adhésion mais aussi cœur du Parc National, illustre à nouveau les difficultés que rencontrent les différents Parcs Nationaux et qui ont été dénoncées récemment par nos organisations ¹.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2012 le Schéma Départemental d’Orientation Minière (SDOM) classe l’ensemble de la zone comme étant interdit aux activités minières, en raison notamment de l’importante richesse biologique du secteur.

Cette décision unilatérale d’Arnaud Montebourg intervient dans un contexte local d’opposition au projet très marquée. Ainsi dès 2006, pour satisfaire les intérêts particuliers de l’entreprise, le Ministre de l’Industrie de l’époque avait autorisé les recherches minières dans ce secteur en passant outre les avis défavorables du Maire, de la Commission Départementale des Mines et du Préfet. Aujourd’hui encore, les habitants, la municipalité, les associations, ainsi que certaines collectivités et grands élus de Guyane s’indignent contre cette autorisation injuste.

Nos organisations ne comprennent pas cette décision ministérielle à contre-courant, intervenant dans une période bien particulière de réforme du Code Minier, de passage en consultation de la Charte du Parc Amazonien et de fragilisation des parcs nationaux.

Benoît Hartmann, porte-parole de FNE : « Nos organisations demandent l’annulation du permis. On ne peut plus se permettre de délivrer des permis qui mettent en danger le Parc National, de surcroît, en contradiction avec le Schéma Départemental d’Orientation Minière ».

¹ /fr/nos-dossiers/biodiversite/parcs-nationaux/

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Agrocarburants: les politiques à courte vue sont toujours les moins bonnes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/08/la-production-d-agrocarburants-menace-la-qualite-de-l-air-en-europe_1813735_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20130108-[titres]

La production d'agrocarburants menace la qualité de l'air en Europe
 
La culture de saules, peupliers ou eucalyptus afin de produire du bioéthanol pourrait causer 1 400 décès prématurés par an en Europe d'ici à 2020 et une baisse des rendements de blé et de maïs.

Le Monde.fr | 08.01.2013 à 07h41 • Mis à jour le 08.01.2013 à 08h40Par Audrey Garric

C'est une nouvelle tache sur la réputation déjà ternie des agrocarburants. Maintes fois accusés d'aggraver l'insécurité alimentaire et la volatilité des prix, d'accélérer la déforestation tropicale et même d'augmenter les gaz à effet de serre, les carburants d'origine végétale sont maintenant incriminés pour la pollution de l'air et les problèmes de santé humaine qu'ils entraîneraient.

L'Union européenne, en cherchant à atteindre 10 % d'énergies renouvelables dans le secteur des transports d'ici à 2020 afin de lutter contre le changement climatique, pourrait dans le même temps aggraver la pollution à l'ozone et causerprès de 1 400 décès prématurés par an sur la période, assure une étude parue dans la revue scientifique Nature Climate Change, dimanche 6 janvier.

TAILLIS À COURTE ROTATION

Les chercheurs de l'université britannique de Lancaster se sont intéressés à la production d'énergie et d'agrocarburants à partir de la biomasse ligneuse (les arbres), censée limiter l'utilisation polluante de pétrole et de charbon.

Ils ont pris pour hypothèse que les 72 millions d'hectares de cultures et de prairies traditionnelles actuellement disponibles en Europe pour la production de bioénergie seront transformés d'ici à 2020 en taillis à courte rotation de saule, de peuplier ou d'eucalyptus afin de produire des quantités élevées de bioéthanol. Ces systèmes de culture, qui se caractérisent par de fortes densités d'arbres (1 500 à 3 000 plants par hectare), des rotations de cinq à dix ans et des rendements de production de matière sèche élevés, ont aussi la particularité d'émettre plus d'isoprène que les plantes traditionnelles en poussant.

PROBLÈMES PULMONAIRES

Or, cette molécule est un composé organique volatil qui produit, lorsqu'il est combiné avec d'autres polluants atmosphériques (comme l'oxyde d'azote), de l'ozone, un des polluants de l'air parmi les plus dangereux pour la santé.

Cette pollution, qui peut causer des problèmes pulmonaires, ainsi qu'affecter les reins, le cerveau et les yeux, est responsable de la mort d'environ 22 000 personnes par an en Europe. La hausse des émissions d'isoprène induite par les changements de cultures conduirait, selon l'étude, à un ajout de 1 365 morts par an à ce bilan (+ 6 %), soit un coût de 5,4 milliards d'euros pour la société.

BAISSE DES RENDEMENTS AGRICOLES

Autre conséquence : les rendements agricoles en seraient affectés, dans la mesure où l'ozone provoque des nécroses des plantes, en diminuant leur taux de chlorophylle et les échanges gazeux. L'étude chiffre ainsi à 7,1 millions de tonnes de blé (3,5 % des cultures actuelles) et 800 000 tonnes de maïs (1 %) qui seraient perdues chaque année, soit une perte économique de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

"La culture de biocarburants est vue comme quelque chose de positif car elle réduit la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, explique Nick Hewitt, l'un des auteurs de l'étude. Leur production à grande échelle en Europe a toutefois des effets faibles, mais significatifs, sur la mortalité humaine et les rendements des cultures. Notre étude met en évidence la nécessité de ne pas seulement prendre en compte le bilan carbone dans la décision de cultiver des biocarburants afin de limiter les gaz à effet de serre."

ÉLOIGNER LES CULTURES DES ZONES PEUPLÉES

Les scientifiques suggèrent d'implanter les cultures d'agrocarburants loin des centres de population ou des zones d'intense production agricole afin de limiterl'impact de l'ozone. La génétique pourrait par ailleurs être utilisée pour réduire les émissions d'isoprène.

L'étude de l'université de Lancaster n'a toutefois pas comparé les dommages potentiels causés par les agrocarburants à l'impact sur la santé humaine de la production de charbon, de pétrole ou de gaz naturel. "Nous ne sommes pas en mesure de faire cette comparaison", a reconnu Nick Hewitt. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, la pollution de l'air dans l'ensemble, surtout provoquée par les combustibles fossiles, cause environ 500 000 décès prématurés en Europe chaque année.

Audrey Garric

28/12/2012

Une seule solution : la révolution !

Par exemple, la révolution par les urnes, en présentant des liste "citoyennes" aux prochaines élections.

lu sur :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/un-quart-de-la-population-europeenne-est-menacee-par-la-pauvrete_1811121_3234.html

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Un quart de la population européenne est menacée par la pauvreté

LE MONDE | 28.12.2012 à 12h09 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h12 Par Claire Gatinois

Pour évoquer la situation des pays les plus frappés par la crise de la zone euro, personne n'ose encore employer le terme si angoissant de "dépression", utilisé pendant la crise des années 1930. Pourtant la situation de milliers de Grecs, d'Espagnols, d'Irlandais, de Portugais ou d'Italiens a pris des allures de plus en plus dramatiques.

La récession parfois interminable (cinq années en Grèce), cumulée à un chômage de masse (plus de 25 % en Grèce et en Espagne, plus de 15 % au Portugal) et couplée aux mesures d'austérité réduisant la taille de l'Etat providence, ont fait émerger une nouvelle forme de pauvreté.

 

Celle-ci est perceptible au travers de petites privations mais aussi, souvent, de véritables sacrifices. Les Espagnols ont réduit les budgets de Noël. Nombre d'entre eux ont aussi renoncé, dans des proportions record, à l'usage du téléphone portable : au total, 486 000 lignes ont été interrompues, et leur nombre a chuté de 3,8 % sur un an, rapportait l'agence Reuters, mi-décembre.

Avec un chômage qui frappe plus de la moitié des actifs de moins de 25 ans, les jeunes Espagnols sollicitent de plus en plus leurs aînés pour s'en sortir financièrement. Tandis que les plus âgés ont recours aux associations caritatives, débordées en cette fin d'année.

Le 14 décembre, le quotidien El Pais se faisait l'écho d'un rapport publié par l'association Intermon Oxfam ("Crisis, desigualdad y pobreza"), mettant en garde contre le risque de paupérisation grandissante du pays.

EXCLUSION SOCIALE

Selon cette étude, d'ici à 2022 40 % – deux Espagnols sur cinq ! –, seront en situation d'exclusion sociale. Un "niveau si élevé qu'il faudrait deux décennies pour que le pays retrouve le niveau de bien-être d'avant crise", signalait le journal.

Dans le pays, la consommation de produits alimentaires bon marché conduit à une montée de l'obésité, tandis que chez le voisin portugais, 10 385 écoliers de 253 écoles publiques souffrent de carences alimentaires, s'affolait en novembre le Jornal de Angola. Un quotidien lu à Luanda, capitale de l'ancienne colonie portugaise, où émigrent de plus en plus de Portugais pour fuir la crise.

En Grèce, selon un rapport l'institut de statistique européen Eurostat, publié le 3 décembre, près d'un tiers des Grecs (31 %) seraient en "situation de privation matérielle sévère", menacés de pauvreté ou d'exclusion. C'est-à-dire vivant avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian national, et/ou incapables de payer les factures de la vie courante, comme, par exemple, le chauffage.

Avec la réduction des dépenses de santé, une part croissante de la population grecque n'a plus d'assurance-maladie. Tandis que les faillites et le chômage font basculer certains dans la dépression ou la misère.

NOUVELLES PATHOLOGIES

Depuis deux ans, les médecins de Thessalonique ont vu apparaître de nouvelles pathologies liées à la malnutrition des enfants. Et dans tout le pays, des maladies oubliées font leur retour, comme le paludisme ou la tuberculose (Le Monde du 27 novembre).

Dans le pays, l'arrivée des premiers frimas s'est traduit par des vols de bois recensés jusque dans la forêt protégée du mont Olympe...

Pour Eurostat, le danger est plus prégnant dans les pays du Sud de l'Europe, mais il affecte l'ensemble du Vieux Continent. En 2011, près de 120 millions de personnes seraient en situation de privation ou menacées de pauvreté ou d'exclusion, soit 24,2 % de la population des 27 pays membres, contre 23,4 % en 2010 et 23,5 % en 2008.

La France, plutôt épargnée par le fléau (19 % en risque de pauvreté d'exclusion ou en situation de privation) est, elle, gagnée par la peur. Le 7 décembre, le quotidien Les Echos dévoilait les résultats édifiants d'un sondage réalisé par CSA : près d'un Français sur deux (48 %) se déclaraient "pauvre" ou "en train de le devenir".

Lire aussi : Ces dangers qui guettent la zone euro en 2013

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/12/28/ces-dangers-qui-guettent-la-zone-euro-en-2013_1811120_3234.html

LE MONDE | 28.12.2012 à 11h52 • Mis à jour le 28.12.2012 à 12h11 Par Claire Gatinois

Il y a ceux qui pronostiquaient sa mort. D'autres sa déliquescence. Ceux qui misaient sur la sortie manu militari de la Grèce ("Grexit") pour cause de surendettement. Et puis ceux qui évoquaient, pour des raisons totalement opposées, une sortie de la Finlande ("Fixit"). Rien de tout cela ne s'est passé en 2012. La zone euro est restée debout. Les drames ont été surmontés. Parfois in extremis.

Aujourd'hui, la plupart des économistes et des analystes, y compris anglo-saxons, à tendance eurosceptique, estiment que le grand danger qui menaçait la survie de l'union monétaire s'est éloigné.

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Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), y est pour beaucoup. Ses mots durant l'été – "l'euro est irréversible" – et, surtout, la menace d'utilisation d'une arme monétaire dissuasive (le rachat sans limite de dettes d'Etat) qu'il a brandie ont déjoué la spéculation.

Les dirigeants européens, en démontrant leur attachement à la Grèce, leur solidarité financière et en jetant les bases de l'union bancaire, ont aussi apaisé le climat.

Mais si elle est sortie de la tempête, la zone euro n'est pas, pour autant, tirée d'affaire. En 2013, pas plus qu'en 2012, la croissance ne sera au rendez-vous. La récession restera ancrée dans les pays fragiles et contaminera toute la zone, frappant même les pays robustes comme l'Allemagne, où deux trimestres de croissance négative sont attendus fin 2012 et début 2013.

En cause, notamment, les politiques d'austérité, qui, bien que de plus en plus assouplies, empêchent l'activité de repartir. Pour désendetter les Etats, l'effort budgétaire "structurel" (c'est-à-dire corrigé de l'effet du cycle économique) reste estimé l'année prochaine à plus d'un point de produit intérieur brut (PIB) pour l'ensemble de la zone euro. Avec des pics en Espagne (2 points de PIB) et en France (1 point), calcule Laurence Boone, économiste chez Bank of America-Merrill Lynch.

"On est sauvés mais on le paie cher", résume Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

De l'avis des experts, la croissance, espérée fin 2013, ne pourra venir que d'ailleurs. Des Etats-Unis notamment. Sous réserve que ce pays parvienne à surmonter ses propres blocages et difficultés budgétaires.

En outre, si l'euro n'est plus menacé de disparition imminente, certains pays membres pourraient encore donner lieu à quelques sueurs froides en 2013.

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LES HÉSITATIONS ESPAGNOLES

L'Espagne est la première source d'incertitudes et de stress évoquée par la plupart des économistes. Selon eux, le pays, englué dans la récession et le chômage de masse, aura du mal à se sortir de ses difficultés sans faire appel à l'aide financière de l'Europe et de la BCE.

Les analystes sont peu nombreux à imaginer que le pays puisse atteindre ses objectifs de réduction des déficits ; ils redoutent aussi de mauvaises surprises de la part des régions espagnoles, largement responsables du dérapage budgétaire de 2011.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement de Mariano Rajoy (Parti populaire, droite) donne le sentiment de retarder au maximum cet appel à l'aide pour préserver son intégrité et ne pas se voir imposer des réformes par Bruxelles.

"Le risque, c'est que l'Espagne attende trop", pointe Gilles Moëc, chez Deutsche Bank. Dès janvier, le pays doit rembourser 21 milliards d'euros d'intérêt et d'emprunts arrivant à échéance, indique-t-il. Et pour cela Madrid fera appel au marché.

Si les investisseurs doutent de la solidité financière de l'Espagne, cette opération pourrait mal se passer. "Et les négociations du plan de soutien pourraient se faire à la hussarde", redoute M. Moëc.

LA MENACE "BERLUSCONI"

Pour Roberto Benigni, acteur facétieux de La vie est belle, la fin du monde "pronostiquée" le 21 décembre était une broutille face à la menace du retour en politique de Silvio Berlusconi. "Pitié !", a-t-il imploré à la télévision italienne fin décembre.

Les investisseurs et les dirigeants européens ne sont pas loin de penser comme lui. Si la fin du monde n'a pas eu lieu, la candidature du "Cavaliere", voire sa victoire, aux élections législatives, prévues les 24 et 25 février, reste une hypothèse. Une mauvaise nouvelle car M. Berlusconi tient un discours anti-euro, anti-Allemagne et pourrait compromettre les réformes engagées par Mario Monti, actuel président du conseil.

Aujourd'hui, même si une victoire de M. Berlusconi, peu apprécié de la communauté internationale, semble improbable, son score pourrait perturber la bonne marche du prochain gouvernement. Et compliquer le redressement espéré de l'Italie.

LA FRANCE SOUS SURVEILLANCE

L'Hexagone ne sera sans doute pas la "bombe" que prévoyait l'hebdomadaire britannique The Economist en novembre. Mais la France, jusqu'ici plutôt épargnée par la crise et étrangement appréciée des marchés – le taux des emprunts d'Etat est historiquement bas en dépit d'un déficit et d'une dette élevés –, doit encore démontrer sa solidité économique et financière.

Paris doit poursuivre les réformes engagées (pacte de compétitivité) pour éviter que le possible dérapage des comptes publics – selon le Fonds monétaire international (FMI), l'objectif d'un déficit à 3 % du PIB en 2013 ne sera pas tenu – ne suscite l'agacement de Bruxelles et la nervosité du marché.

Assouplir le marché du travail fait partie des dossiers qui, selon certains économistes, faciliteront la croissance à venir. Le résultat des négociations entre le patronat et les syndicats sera donc scruté. "Pour l'instant, la France a le bénéfice du doute. Mais elle n'a pas droit à l'erreur", pense M. Moëc.

LE DÉFI DU PORTUGAL ET CELUI DE L'IRLANDE

L'Irlande et le Portugal, deux pays sous assistance financière de l'Europe et du FMI, sont censés faire leur grand retour sur le marché de la dette fin 2013 pour financer seuls leurs déficits et retrouver leur totale indépendance.

Mais si Dublin semble en bonne voie pour relever le défi, le cas de Lisbonne suscite plus d'interrogations. Sa discipline à mettre en place les mesures d'austérité et les réformes exigées n'a pas toujours été payante. La dette reste pléthorique et la récession se prolonge.

Le Portugal pourrait donc avoir recours au soutien de la BCE et du Mécanisme européen de stabilité pour sécuriser son retour sur le marché. A moins que l'Europe et le FMI ne lui accordent plus de temps pour remplir tous ses objectifs.

LE RISQUE SOCIAL GREC ET L'ÉPINE CHYPRIOTE

En 2013, la Grèce ne sera plus "le" problème de la zone euro. La rallonge financière accordée par les Européens fin 2012 a en effet donné assez d'air au pays.

Mais il y a un mais. Une longue liste de réformes et d'économies budgétaires à réaliser interviendra cette année. Or, après cinq ans de récession, la population grecque, à bout, pourrait "craquer". Et faire voler en éclats le gouvernement ouvrant la voie à la montée de partis extrêmes.

Et si ce n'est la Grèce, c'est son voisin chypriote qui pourrait préoccuper les dirigeants européens. Ruiné, le petit pays ne peut plus emprunter sur les marchés depuis la mi-2011.

Après un prêt de la Russie, une aide de l'Europe et du FMI est attendue. Les négociations sur les conditions de ce soutien semblent délicates avec le gouvernement chypriote communiste. Elles devraient, espère-t-on, aboutir d'ici à la réunion de l'Eurogroupe programmée le 21 janvier.

21/12/2012

NDDL: pas de trêve hivernale

communiqué :

Une dizaine d’arrestations en 2 jours (le 20/12)!

A Notre Dame Des Landes, le PS tente de briser la lutte

par l’enfermement et les condamnations en sursis, ne le laissons pas faire !

Résistance et solidarité !

 

by collectif de lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

14/12/2012

Tabac, alcool, sevrage

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

L’échec des politiques de lutte contre le tabagisme

La Cour des comptes a remis, hier, un rapport d’évaluation des politiques de lutte contre le tabagisme, indique Le Monde. Elle y souligne un résultat « décevant » et « inquiétant » en raison d’une discontinuité des décisions, un manque de contrôle, le poids des lobbies… Elle constate une hausse de la prévalence du tabac, notamment chez les femmes et les jeunes. Selon la Cour, les politiques de lutte se sont « essoufflées » et leur échec est flagrant. Les mesures, prises comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la vente aux mineurs, ne font l’objet de quasiment aucun contrôle. Par ailleurs, les magistrats appellent à une remobilisation de « la fiscalité au service de la santé publique », avec un « relèvement soutenu » des prix du tabac à un niveau suffisant pour engendrer une baisse « effective et durable » de la consommation. Outre « le poids persistant des lobbies économiques et de leurs discours », la Cour regrette qu’aucun plan spécifique n’ait été lancé depuis 1976 et la loi Veil, explique le journal. Les magistrats recommandent, par ailleurs, une prise en charge du sevrage, particulièrement pour des groupes ciblés. Ils déplorent que « le coût pour la société des décès [liés au tabac] n’ait jamais été finement évalué », explique le quotidien. La Cour souhaite que « le ministère de la Santé reprenne le rôle de coordination de la lutte contre le tabagisme ».

Le Monde, 14/12

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/12/13/la-cour-des-comptes-fustige-l-echec-des-politiques-de-lutte-contre-le-tabagisme_1805512_1651302.html

La perte de mémoire avec l’alcool complique le sevrage

Lors d’une rencontre-débat organisée par l’Inserm avec les associations d’entraide aux personnes en difficulté avec l’alcool, des spécialistes ont souligné hier à Paris que « les alcooliques souffrent souvent de troubles de la mémoire qui compliquent singulièrement leur prise en charge », indique l’AFP. « Les atteintes sont très variables », estime Hélène Beaunieux, chercheuse en neuropsychologie. Cette dernière, qui travaille depuis plusieurs années à l’Université de Caen sur l’impact de l’alcoolisme sur la mémoire, estime que la prise en charge hospitalière n’est pas adaptée pour les troubles cognitifs, rapporte l’agence de presse. L’alcool peut avoir des effets sur la mémoire à court terme, ainsi que la mémoire épisodique. Ainsi, lorsque cette dernière est déficitaire par exemple, les patients arrivent à l’hôpital alors qu’ils « n’ont pas encore pris conscience de leur problème », souligne la chercheuse. Elle constate, avec ses travaux, que la capacité d’apprentissage des personnes alcooliques est également « plus coûteuse et moins efficace » que celle de personnes non alcooliques, qu’il s’agisse d’acquérir des nouvelles connaissances ou des nouvelles procédures. Cette perte de mémoire est cependant généralement réversible chez les patients abstinents, sauf pour ceux atteints du syndrome de Korsakoff, la forme la plus sévère de l’alcoolo-dépendance.

AFP, 13/12
Alcool et recherche : du laboratoire au malade

http://presse-inserm.fr/alcool-et-recherche-du-laboratoire-au-malade/5782/

journal-alcool-30nov2.pdf

13/12/2012

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et les perturbateurs endocriniens : lobbying

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/perturbateurs-endocriniens-bruxelles-se-dechire_1804965_3244.html

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Perturbateurs endocriniens : Bruxelles se déchire

LE MONDE | 12.12.2012 à 14h49 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h51 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Rarement groupe d'experts aura été scruté avec autant d'attention. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a discrètement publié sur son site Internet, lundi 3 décembre, la composition d'un panel de scientifiques dont la tâche délicate sera de rendre, en mars 2013, un rapport sur les perturbateurs endocriniens. Ces substances chimiques (bisphénol A, phtalates, pesticides, etc.) sont soupçonnées d'être la cause majeure dans la recrudescence de certains troubles (infertilité, cancers hormonodépendants, obésité, etc.) et sont au centre d'une attention grandissante.

Si l'affaire est sensible, c'est qu'elle a tous les traits d'une bataille bruxelloise, engagée entre la direction générale chargée de l'environnement (DG Environnement) d'une part, et son homologue chargée de la santé du consommateur (DG Sanco) de l'autre. C'est en effet cette dernière qui a saisi l'EFSA, en octobre, d'un rapport sur le sujet. La DG Environnement avait, fin 2011, confié une tâche semblable à un groupe de scientifiques conduits par Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres, tâche dont ils s'étaient acquittés avec la publication, en janvier, du Rapport Kortenkamp.

La saisine de l'EFSA par la DG Sanco avait soulevé l'inquiétude des organisations non gouvernementales (ONG). Une vingtaine d'entre elles ont adressé début octobre un courrier de protestations à la Commission européenne.

"Il y a de très grands risques que les experts qui se pencheront sur la question des perturbateurs endocriniens soient de mèche avec l'industrie qui n'a pas intérêt à ce que soit retenue une définition large des perturbateurs endocriniens", n'avait pas hésité à déclarer, de son côté, la députée européenne Michèle Rivasi (EELV).

"11 EXPERTS SUR LES 18 N'ONT AUCUNE EXPÉRIENCE DANS LE DOMAINE"

De fait, la principale mission des dix-huit experts nommés par l'agence européenne basée à Parme (Italie) sera de fournir les critères qui permettront de ranger – ou non – les molécules chimiques de synthèse en circulation dans la catégorie des perturbateurs du système hormonal – ce qui les soumettra de facto à une réglementation spécifique.

Qui sont les dix-huit scientifiques choisis par l'EFSA ? Les responsables de l'agence assurent avoir choisi des experts reconnus, dont les compétences recouvrent l'ensemble des domaines qui doivent être abordés dans le rapport demandé par la DG Sanco.

Les ONG, de même que de nombreux chercheurs engagés dans le débat, ne partagent pas ce point de vue. Le Pesticide Action Network (PAN) a passé au crible les publications des membres du groupe de travail de l'EFSA et en tire de cinglantes conclusions. "Seuls trois des experts sur les dix-huit choisis ont une expérience scientifique sur la question du système endocrinien, dit Hans Muilerman, porte-parole de PAN-Europe. Onze n'ont aucune expérience d'aucune sorte dans ce domaine."

Sur les dix-huit scientifiques choisis, quinze sont décrits par l'ONG comme "non-actifs" – c'est-à-dire ayant publié moins d'un article de recherche par an au cours des cinq dernières années. En outre, huit des scientifiques sélectionnés ont déclaré des liens d'intérêt récents ou en cours avec des industriels – en particulier à travers l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par les principaux acteurs de la chimie, de la pharmacie, de l'agroalimentaire et de l'agrochimie.

De son côté, Lisette van Vliet, conseillère scientifique de Health and Environment Alliance, remarque que "trois des experts choisis par l'EFSA appartiennent aux agences nationales allemande ou britannique ". Or ces dernières ont déjà adopté, en 2011, une position commune sur la définition des perturbateurs endocriniens, jugée laxiste et trop peu protectrice par de nombreux spécialistes.

IMPLICATIONS COMMERCIALES DES OPINIONS SCIENTIFIQUES...

"L'approche privilégiée par les agences britannique et allemande repose sur l'évaluation du potentiel des différents perturbateurs endocriniens. C'est à mon avis une approche arbitraire, non justifiée scientifiquement et insuffisamment protectrice, estime ainsi le professeur Andreas Kortenkamp, principal auteur du rapport commandé par la DG Environnement. De notre côté, nous avons adopté une approche plus flexible et plus protectrice, qui prend en compte l'irréversibilité des effets de certaines substances. En mai 2012, l'agence française s'est rapprochée des points de vue allemand et britannique, ce que je regrette énormément."

Marc Mortureux, directeur général de l'Anses, estime pour sa part que la position prise par son agence est "médiane".

Dans ce dossier très technique aux implications économiques et sanitaires considérables, les soupçons d'ingérence industrielle sont fréquents. "L'agence britannique a partiellement justifié sa position par les effets financiers importants qu'aurait une classification plus large des perturbateurs endocriniens, mais elle ne devrait pas se préoccuper des implications commerciales de ses opinions scientifiques, estime M. Kortenkamp. Ce faisant, elle ne remplit pas sa mission qui est de protéger notre santé, pas de préserver les intérêts des industriels."

Le groupe de travail de l'EFSA va-t-il pencher du côté des agences britannique et allemande ? Catherine Geslain-Lanéelle, directrice de l'agence européenne, veut relativiser la portée du rapport qui sera rendu en mars 2013. "Nous devrons répondre à trois questions : sur la définition des perturbateurs endocriniens, sur celle d'un effet négatif, sur la capacité des tests toxicologiques actuels à les évaluer, indique-t-elle. Nous n'allons pas tout reprendre à zéro."

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/la-doctrine-de-l-autorite-europeenne-de-securite-sanitaire-est-de-plus-en-plus-isolee_1804967_3244.html

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La doctrine de l'autorité européenne de sécurité sanitaire est de plus en plus isolée

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h23 • Mis à jour le 12.12.2012 à 16h50             

La science, dit-on, est un sport de contact. Alexandre Feigenbaum en a fait l'amère expérience. Directeur de l'unité "Ingrédients et emballages alimentaires" de l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), ce chimiste français, ancien chercheur à l'Institut national de recherche agronomique (INRA), représentait l'agence européenne à un colloque international tenu en septembre à Berlin, qui a réuni quelque 200 scientifiques sur le thème des perturbateurs endocriniens.

M. Feigenbaum était venu présenter la position de l'EFSA sur la question des effets produits à très faibles doses par ces substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal. Après sa présentation, "il a été durement interpellé et n'a pas pu répondre aux questions qui lui étaient posées", raconte le biologiste américain Frederick vom Saal (professeur à l'université du Missouri), invité à donner une conférence au cours du même colloque. La position officielle de l'EFSA est que ces effets à faible dose des perturbateurs endocriniens ne sont pas avérés.

"Il lui a été vivement demandé pourquoi l'EFSA ne parvient pas aux mêmes conclusions que l'Anses , le National Toxicology Program américain, etc., en regardant les mêmes données, raconte une participante. Quelqu'un a publiquement suggéré que c'était parce que l'EFSA n'arrivait pas à gérer ses conflits d'intérêts... L'ambiance était assez intense."

L'EFSA IGNORE DES DÉCENNIES DE RECHERCHES EN ENDOCRINOLOGIE

Selon nos informations, les organisateurs du colloque ont bouleversé le programme des interventions à la demande du scientifique français, pour lui offrir la possibilité d'une allocution en forme de réponse, attestant de la probité et de la compétence des experts de l'EFSA. A travers le service de presse de l'agence européenne, M. Feigenbaum assure pour sa part avoir eu des "retours très positifs" après sa présentation... Outre ses fonctions de chercheur à l'INRA et d'expert ès "matériaux au contact des aliments" auprès de l'ancienne Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), il confirme avoir été conseiller scientifique de Tupperware pendant douze ans. Il a aussi conseillé la firme Cofresco, une autre société d'emballage, pendant trois ans... Il assure avoir interrompu ces collaborations en 2007, à son entrée à l'EFSA, mais sa déclaration d'intérêts n'est pas rendue publique sur le site de l'agence européenne.

Sur le dossier des perturbateurs endocriniens, celle-ci est de plus en plus isolée. Un autre participant au colloque de Berlin confirme que la position du représentant de l'EFSA était "très marginale". Un système de vote électronique avait été mis en place par les organisateurs de la manifestation, afin de mesurer le niveau d'adhésion des scientifiques participants à l'idée que certaines substances chimiques puissent agir sous les niveaux conventionnels d'activité. Les résultats n'en sont pas encore publiés.

La mise en doute de ces effets aux faibles doses ulcère littéralement les endocrinologues. "L'EFSA ignore volontairement des milliers d'études et des décennies de recherche en endocrinologie, tempête M. vom Saal, une figure de l'endocrinologie américaine. J'ai évoqué la position de l'EFSA au cours d'une réunion de l'Endocrine Society : c'était comme annoncer à un congrès d'astrophysique qu'il reste des gens pour croire que la Terre est plate et qu'elle est au centre de l'Univers..."

--------------------

sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/12/12/le-troublant-parcours-d-un-toxicologue-suisse_1804968_3244.html

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Le troublant parcours d'un toxicologue suisse

LE MONDE | 12.12.2012 à 16h50 Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Selon des documents obtenus par la journaliste indépendante et documentariste Stéphane Horel, publiés mardi 11 décembre sur son site Web (www.stephanehorel.fr), l'un des membres du groupe de travail réuni par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les perturbateurs endocriniens a été, par le passé, en lien étroit avec l'industrie du tabac.

Le toxicologue Josef Schlatter, aujourd'hui retraité de l'Office fédéral suisse de la santé publique, membre du comité scientifique de l'EFSA, a bénéficié de subsides des cigarettiers entre 1972 et 1985, utilisés pour financer ses recherches, pour des sommes de l'ordre de 300 000 dollars (230 660 euros au cours actuel).

LOBBYING SCIENTIFIQUE FONDÉ PAR DES ENTREPRISES

L'un des documents mis au jour par Stéphane Horel relate une réunion de l'Association suisse des fabricants de cigarettes, en 1983, au cours de laquelle est évoquée la demande faite à M. Schlatter d'"écrire une review sur le tabagisme dans les lieux publics qui devra être publiée dans une revue scientifique de haute tenue".

Un autre mémo, daté de 1984, précise que l'étude sur le tabagisme passif menée par M. Schlatter aura pour but d'être "utilisée comme source d'arguments pour des articles de presse vulgarisés". 

La présence de M. Schlatter à des réunions des industriels du tabac est attestée jusqu'en novembre 1985. Moins de cinq ans plus tard, le toxicologue suisse occupe un poste à l'Office fédéral suisse de la santé publique, où il est chargé d'un dossier crucial pour les cigarettiers : l'autorisation de nouveaux additifs dans le tabac...

Aujourd'hui, Josef Schlatter – qui n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est seulement tenu de déclarer ses collaborations avec l'industrie dans les cinq années écoulées. Celles-ci sont au demeurant nombreuses et concernent principalement l'International Life Science Institute, une organisation de lobbying scientifique fondée par un grand nombre d'entreprises.

10/12/2012

La CRIIRAD et Tchernobyl : vers la Cours Européenne de Justice ?

communiqué:


Cher(e)s adhérent(e)s

En novembre dernierla Criirad a été avisée que son recours en cour de cassation avait été rejeté.

 

 Quelques rappels historiques :
-en mars 2001 après plusieurs démarches infructueuses (en Corse, à Lyon,...), la Criirad décide de porter plainte auprès du TGI de Paris avec 53 malades de la Thyroïde et l'AFMT (Association Française des Malades de la Thyroïde) -la plainte  est bien enregistrée et le dossier confié à la juge d'instruction Mme Bertella Geffroy du pôle sanitaire, qui lance des perquisitions avec l'aide de la police judiciaire.

- cela aboutit à apporter des preuves complémentaires à celles figurant dans le mémoire de la Criirad sur le fait que des produits alimentaires ont bien été commercialisés en 1986 alors qu'ils dépassaient nettement les normes européennes, normes que nos responsables affirmaient respecter par ailleurs -cela a permit d'aboutir à la mise en examen du Pr Pellerin en mai 2006, pour "tromperie sur la marchandise".

- celui ci est donc convoqué chez Mme la JugeLors des premières auditions, il défend les positions adoptées à l'époque par les autorités , les estimant justifiées, mais qu'il n'avait pas lui même de responsabilité directe dans la commercialisation -son avocat (Maitre Holleaux, commis par l'état), au bout de quelques séances, lui interdit de parler ...et rapidement Mr Pellerin ne se rend plus aux convocations de Mme la Juge ...pour raison de santé -reste à la justice de prouver que ces consommations de produits alimentaires contaminés ont provoqué des dégâts sanitaires, en particulier des cancers de la thyroïde. Pour cela Mme la Juge va avoir beaucoup de difficultés et en particulier du coté des instances sanitaires, elle va tout de même mandater deux experts et orienter leur travail sur la Corse, région où il y a des documents et des médecins qui pourront aider à faire ce travail -malheureusement le travail n'a pas été de qualité (au point que les élus Corses ulcérés, ont décidé en 2012, de financer un expert étranger pour faire ce travail, réponse en 2013)

 

 -la partie adverse a donc engagé une action en 2011 pour classer l'affaire, cela a abouti au dessaisissement de la Juge du dossier dès la fin 2010 et un recours en mars 2011 auprès du tribunal de Paris...en plein Fukushima -les plaignants (Criirad et AFMT ainsi que des malades dont le nombre est passé à plus de 500 au fil du temps)   sont convoqués mais sont maintenus à bonne distance par la police, seuls nos avocats ont pu y assister -le jugement est rendu en septembre : "non lieu " pour le Pr Pellerin, il n'était responsable de rien.

- la Criirad et l'AFMT, font donc en octobre 2011 un recours en cassation

- ce jugement vient d'être rendu, il est rejeté-les plaignants ont donc épuisé tous les recours possible au niveau français, ce qui permet d'envisager des démarches auprès des instances européennes.

En effet la Criirad considère qu'il serait scandaleux et grave que les choses en restent là, ce serait accepter l'idée que les choses se sont bien passées en 1986, qu'il n'y a ni responsable, ni coupable, et donc que si une catastrophe se reproduisait on nous jouerait le même scénario.

Tchernobyl a été le déclencheur de la création de la Criirad, elle ne tournera pas la page sans l'avoir écrite complètement.  La page peut être écrite par la Justice mais aussi par la CRIIRAD pour que chacun sache ce qui s'est passé et puisse juger les différents responsables.

 

A votre disposition pour d’autres renseignements si vous le souhaitez.

 

Bien cordialement

 

Roland DESBORDES
Président



CRIIRAD
471 Avenue Victor Hugo
26000  VALENCE
Tel : 04 75 41 82 50

 

adresse messagerie : asso@criirad.org
visiter notre site : www.criirad.org

 

03/12/2012

NDDL : deux ARRÊTÉS PRÉFECTORAUX en prévisions de nouvelles actions des forces de l'ordre

Voir :

http://7seizh.info/2012/12/02/notre-dame-des-landes-semaine-sans-carburant-du-3-au-10-decembre-vers-lassaut-final/

Notre-Dame-des-Landes, semaine sans carburant du 3 au 10 - 7seizh

Notre-Dame-des-Landes, semaine sans carburant du 3 au 10 décembre : vers l’assaut final ?

2 décembre 2012
By 

Les rumeurs vont bon train autour de Notre-Dame-des-Landes depuis deux jours. En effet, vendredi 30 novembre le préfet a pris un « arrêté portant interdiction temporaire de transport de carburant » sur le territoire de Notre-Dame-des-Landes et de Vigneux-de-Bretagne. A cela sont venues s’ajouter les rumeurs de familles de gendarmes annonçant qu’une opération d’assaut sur la zone squattée était envisagée après le 5, et il n’en faut pas plus pour mieux comprendre une interdiction unique du 3 au 10 décembre. (voir le document). Un second arrêté portant interdiction temporaire de transport d’explosifs, produits inflammables, feux d’artifice a été pris le même jour (voir le document)

Après une semaine d’effets d’annonces de la part du premier ministre Ayrault, la discussion ne prend pas le même sens partout. A Notre-Dame-des-Landes côté zadistes et paysans, les échanges se font sous forme de grandes assemblées générales où chacun peut prendre librement la parole et exposer ses idées.

Mais côté Premier Ministre et ses représentants, discussion rime avec force de l’ordre en mission longue durée. Les heurts n’ont pas cessé même s’ils ne sont plus relayés par les médias. Et avec l’arrêté préfectoral pris, il semble bien qu’une opération d’envergure d’éradication de la contestation soit la forme de discussion choisie pour faire accepter la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

En réponse, les Zadistes appellent tous ceux qui le peuvent à les rejoindre pour renforcer les rangs. L’Acipa appelle à un rassemblement mardi à 10h au Tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire et jeudi à 10h30 au Tribunal administratif de Nantes.

César, vexé d’une résistance si insolente, arrivera-t-il à bout du désormais fameux village d’irréductibles sur la Lande de Bretagne ?

Demain, il fera jour. Affaire à suivre.

-------------------------

et aussi,

communiqué :

NDDL : Nouvelle vague de répression, expulsion, destruction,

Différentes sources le confirment, une opération militaire d’envergure serait prévu pour vider la ZAD de ses habitant-e-s le 05/12 et ce durant 3 jours.

-http://lutteaeroportnddl.com 

-http://zad.nadir.org -

 De plus, des arrêtés pris par le préfet sont assez suspects et corroborent l’info.  
 Le jugement de destruction pour les constructions du 17/11 se fera le 4, et on se doute bien que la justice ne penchera pas du côté de la résistance…

INFO, on apprend que la Préfecture,de Nantes, jamais en mal d’innovations, a pondu un arrêté interdisant le transport d’essence sur les communes de Notre Dame des Landes et Vigneux du 03 au 10 décembre. Parait que ca pourrait servir à incendier véhicules et bâtiments. Apparemment les poulets n’aiment pas les coqs-tails.

..Possible action le 5 décembre...  
 Si Résistance...PLUS GROSSE ACTION avec renforts supplémentaires prévu le 10 décembre ...
 Cela va parfaitement avec l’interdiction de transport des carburants dans votre secteur..."


Et voici, l’arrêté préfectoral du préfet Lapouze qui interdit le transport des explosifs, produits inflammables, feu d’artifices à Notre Dame des Landes et Vigneux de Bretagne dans la période entre le 3 et 10 décembre.

 ARRÊTÉ PRÉFECTORAL pour Vigneux de Bretagne et Notre dame des Landes :
- Interdiction pour le transport de Carburant 
- Interdiction pour le transport des explosifs, produits inflammables, feu d’artifices 
entre le 3 et 10 décembre.

 Ça veut dire qu’il y aura éventuellement des fouilles des véhicules !

Ça veut dire à notre compréhension, qu’il y a des choses qui se préparent de leur coté,..

"A Messieurs HOLLANDE et AYRAULT   vous qui vous sentez si forts de votre armée d’occupation. Préparez-vous à des nuits blanches car la conscience collective et la contestation n’a jamais été aussi fortes concernant ce projet sur l’ensemble du territoire. 
A vouloir courir après les patrons du CAC 40, à vous pavaner en compagnie des pontes du Medef lors de leurs agapes estivales en leur promettant une autoroute libéral sans péage (une autoroute Vinci bien sûr) où faire rouler leur profits, vous avez tourné le dos au peuple. 
Le peuple ne pardonne pas, n’oublie pas et il lui revient en dernier ressort de juger de la légitimité de ses représentants . N’oubliez jamais l’acte fondateur de notre république……"


L’abus de la violence légitimé par le gouvernement est inquiétant. Les protestataires sont inondés de gaz lacrymogène, les interpellations se font à tour de bras, comme si agir manu militari était l’unique alternative de notre société dite démocratique.

02/12/2012

La qualité de l'eau potable dans votre commune

communiqué:

Bonjour,
 
vous le savez, Anticor se bat pour la transparence démocratique. Dans certains domaines, on progresse petit à petit. Alors, même si le lien avec Anticor n'est pas des plus directs, saluons les initiatives qui vont dans le sens de cette transparence due aux citoyens. 
Le Ministère de la santé a mis en ligne il y a peu, sur son site, les résultats des contrôles sanitaires de la qualité de l'eau potable effectués par les agences régionales de santé, régulièrement mis à jour pour toutes les communes de France (celles qui n'y seraient pas encore doivent y être prochainement).
 
Vous pouvez vérifier pour votre propre commune la qualité de votre eau potable, vous pouvez cliquez sur la carte interactive en lien ci-dessous, puis cherchez votre commune dans la liste des communes de votre département :

 
En espérant que vous n'y découvrirez pas de mauvaises surprises, bien cordialement.
 
L'ÉQUIPE ANTICOR

26/11/2012

NDDL: informations du jour

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/2012/11/26/notre-dame-des-landes-nouveau-rassemblement-des-opposants_863020?xtor=EPR-450206

Notre-Dame-des-Landes : nouveau rassemblement des opposants
Tracteurs et manifestants se regroupent tôt ce matin autour de la Châtaigneraie, site où ils entendent protéger leurs cabanes de la destruction.                     

 
Libération

Les premières personnes répondant à un appel de l’Acipa - la principale association d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes - à venir «dès 5 heures du matin» sur place ont commencé à arriver lundi vers 5h30, a-t-on appris de sources concordantes. Quarante-cinq tracteurs étaient d’ores et déjà positionnés et enchaînés depuis dimanche soir autour des nouvelles cabanes construites par les opposants au projet soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, au quatrième jour de très vives tensions sur ce terrain.

 
 

Lire aussi le récit de la journée d'hier

Ces «nouvelles cabanes» de la Châtaigneraie sont devenues un lieu emblématique de la lutte car ces maisons ont été construites collectivement lors d’une grande manifestation le 17 novembre et qu’elles risquent désormais la destruction. «Nous sommes ce matin déjà 50 à 60 dans les nouvelles constructions», a indiqué Cyril Bouligand, un agriculteur de la Confédération paysanne qui a dormi sur place. «Les gens arrivent en nombre», a pour sa part indiqué Sylvain Fresneau, pilier historique de la lutte et agriculteur à Notre-Dame-des-Landes.

Une conférence de presse rassemblant toutes les composantes de l’opposition au projet d’aéroport, auquel le nom du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ex-maire de Nantes, est étroitement associé, devait avoir lieu vers 11 heures. Depuis vendredi, les forces de l’ordre, absentes lors de la manifestation massive de «réoccupation» du site le 17 novembre, sont réintervenues en nombre pour expulser puis détruire tous les lieux d’habitation qui avaient pu être reconstruits depuis une première vague de destructions en octobre. De très vifs affrontements ont eu lieu, faisant des blessés de part et d’autre.

Après avoir proposé samedi une «commission de dialogue» et un report de six mois des travaux de défrichage qui devaient commencer en janvier, Jean-Marc Ayrault a aussi fait savoir dimanche par la voix de la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qu’il ne s’agissait «aucunement de revenir sur le projet d’aéroport» qui doit remplacer en 2017 celui de Nantes.

Face à lui l’Acipa, mais aussi les élus opposés à l’aéroport, ont indiqué qu’il n’y aurait «pas de dialogue sans retrait des forces de police».

(AFP)

25/11/2012

Notre-Dame-des-Landes : l'historique du projet (qui date de 1967 !)

Voici un lien pour un historique intéressant sur le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes :

Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps 

 

15/11/2012

Êtes-vous opposé à l'aéroport de NDDL ?

communiqué:
 
Bonjour,
Je viens de recevoir l'appel ci-dessous (*).
Je trouve que c'est une excellente initiative et j'invite tout le monde à y participer.
Je ferai une suggestion complémentaire :

Envoyez aussi une carte postale à François HOLLANDE ou une courte lettre exprimant votre opposition au projet de NDDL.
Écrivez à la main un texte court au dos de la carte, à adresser à :

Monsieur le Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008  Paris

(courrier dispensé d'affranchissement)

Par exemple :

Monsieur le Président de la République,
Je suis fermement opposé au projet d'aéroport à Notre-Dame-des Landes.
Ce projet me paraît non seulement préjudiciable à l'environnement au lieu où il est prévu mais également inutile si l'on considère le trafic aérien de la région desservie. De plus, envisager un accroissement des transports aériens est un concept dépassé en ce début de XXIème siècle. Face à l'évidence de l'épuisement inéluctable des énergies fossiles, il serait souhaitable de porter les efforts de réflexion et consacrer les moyens financiers à la conception d'autres moyens de déplacement que le transport aérien et surtout réfléchir à la nécessité de tels transports, donc concevoir un autre modèle de société où les énergies fossiles n'auraient pas l'importance qu'elles ont actuellement.
Veuillez agréer, Monsieur de Président de la République, mes respectueuses salutations eu égard à vos fonctions.

(n'oubliez pas de mettre vos nom et adresse pour que ce ne soit pas considéré comme un courrier anonyme)
Vous pouvez aussi écrire par mail avec le lien suivant :

http://www.elysee.fr/ecrire/


Vous avez toujours la possibilité d'écrire au Président de la République par voie postale (votre courrier est alors dispensé d'affranchissement), à l'adresse ...

-----------------------------------
(*)

Si vous aussi simples citoyens êtes choqués, émus, écœurés par ce qui se passe là-bas, et souhaitez transmettre votre soutien aux opposants à ce projet destructeur, coûteux et inutile de nouvel aéroport nantais, prenez votre plume et envoyez des cartes postales à Notre Dame des Landes ! 

C’est un geste simple, peu coûteux, légal, que tout le monde peut faire, d’où qu’il soit, sans être affilié à une quelconque organisation, association, syndicat ou parti politique.  
Un geste libre, une prise de parole sans besoin d’étiquette, pour exprimer notre soutien aux opposants et montrer notre indignation. 

Lorsque le bureau de poste sera submergé par les cartes qui affluent, l’effet de masse montrera au gouvernement que l’opinion publique est sensible au sujet ! 

En envoyant des cartes postales venant de toute la France nous aiderons les opposants en leur donnant le courage de continuer leur résistance, en leur montrant que nous sommes concernés et solidaires ! 

Transmettons cette idée autour de nous, c’est évidemment l’ampleur du mouvement qui fera sens. Choisissons des cartes du lieu où nous sommes pour montrer que le soutien vient de partout, même de loin ! 

+ N’hésitons pas à renouveler notre envoi !

ENVOYONS DES  CARTES POSTALES  POUR SOUTENIR LES HABITANTS  DE NOTRE DAME DES LANDES !  
URGENT ! 
URGENT !
-----------------------------
le code postal : 44130 NOTRE DAME DES LANDES 

Les adresses pour envoyer vos cartes : 

Les Domaines -La Vache Rit- 
44130 NOTRE DAME DES LANDES 

 ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des  
Populations Concernées par le projet d’aéroport de NDDL)  
-BP 5- 44130 NOTRE DAME DES LANDES 

 Et tous les points de résistance sur place !! ! 

Des liens pour s’informer : 

http://acipa.free.fr/index.htm  
http://aeroportnddl.fr/   
http://zad.nadir.org/spip.php?article494   
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-projet-d-aeroport-a-notre-dame-des-landes-2012-10-27   
http://www.dailymotion.com/video/xpl3jb_notre-dame-des-landes-au-coeur-de-la-lutte-le-film_news?start=6  etc... 

27/10/2012

Pesticides et agriculture : l'addiction française

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/27/les-raisons-de-l-addiction-francaise-aux-pesticides_1782000_3244.html

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Les raisons de l'addiction française aux pesticides

LE MONDE 27.10.2012 à 10h51

Par Martine Valo

Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l'hectare cultivé.

L'importance des terres arables n'explique pas tout. Il existe en France une forme de reconnaissance envers ces substances qui ont soutenu la modernisation radicale de l'agriculture à partir des années 1950. Appauvrissement des sols, phénomènes de résistances des "ravageurs" et surtout dégradation inquiétante de la qualité de l'eau : le revers de la médaille se révèle aujourd'hui. Quant aux répercussions sur la santé, les adeptes de l'agriculture intensive – qui achètent 93 % des produits phytosanitaires du marché national – sont les premiers à en pâtir.

Lancé en 2008 à l'issue du Grenelle de l'environnement, le plan gouvernemental Ecophyto s'est fixé pour ambition de réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à 2018. Mais les ventes ont continué de grimper de 2,6 % entre 2008 et 2011... Seules les substances les plus dangereuses ont fortement diminué... parce que l'Union européenne (UE) a imposé le retrait du marché de 53 d'entre elles. Le bilan est si décourageant et l'objectif jugé si inatteignable que le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a un temps hésité avant de le reprendre à son compte. 

"PEU D'OUTILS OBLIGATOIRES OU COERCITIFS"

Qu'est ce qui coince ? La réponse est en partie inscrite dans le rapport de la mission parlementaire d'information sur les pesticides conduite par la sénatrice Nicole Bonnefoy (PS) : "L'analyse fine du contenu réel du plan Ecophyto 2018 montre que sa réussite dépend largement de la bonne volonté des agriculteurs, des fabricants et des industriels. Peu d'outils obligatoires ou coercitifs ont été mis en place." Pour ne prendre qu'un exemple, la mobilisation des pouvoirs publics n'a même pas mis fin aux épandages aériens de pesticides, officiellement interdits par la loi, mais qui continuent de bénéficier de multiples dérogations.

Au sein d'une agriculture française très structurée, convaincre chaque agriculteur de lever le pied sur le pulvérisateur de pesticides n'est peut-être pas le plus grand défi. Car que pèse le discours vertueux face aux pressions de la coopérative dont il dépend pour écouler sa production ? Peut-il risquer de se retrouver avec ses pommes ou son blé sur les bras ?

La coopérative impose ses propres critères, exige des rendements, tout en fournissant les conseils et parfois les pesticides qui permettent d'y parvenir. Elle rédige des cahiers des charges très précis pour répondre aux exigences de la grande distribution, voire de l'usine agroalimentaire dans laquelle elle a elle-même souvent des intérêts. Le terme de "coopérative" désigne en effet des groupements de dimension internationale aux intérêts diversifiés. Le chiffre d'affaires de In Vivo par exemple, spécialisée dans les céréales, dépasse 6 milliards d'euros, Sodiaal (lait) 4 milliards et, Triskalia, la polyvalente bretonne, 2 milliards.

Aucun règlement n'interdit "qu'une même personne morale prescrive ou au moins recommande des traitements phytosanitaires et vende les produits permettant de les réaliser", soulignent les parlementaires dans leur rapport. "Dans l'écrasante majorité des départements, s'inquiètent-ils, les coopératives agricoles jouent les deux rôles dont la synergie apparaît malsaine."

"PROBLÈME LANCINANT DES CONFLITS D'INTÉRÊTS"

Ils dénoncent en outre le "problème lancinant des conflits d'intérêts" au sein des groupes d'experts qui conseillent les pouvoirs publics sur la toxicité des produits. Quant aux chambres d'agriculture, qui comptent nombre de dirigeants de grandes coopératives à leur tête, elles continuent de jouer un rôle central en impulsant ou non des changements de pratiques chez leurs adhérents. Le plan Ecophyto repose sur elles pour la constitution d'un réseau d'exploitations de référence, les fermes Dephy, qui souhaitent jouer le jeu de produire autant en réduisant les intrants.

C'est par elles encore que passe la formation des agriculteurs, qui sera couronnée par un certificat, le Certiphyto, obligatoire à partir du 1er octobre 2014. Les distributeurs d'herbicides, fongicides et autres insecticides devront eux aussi obtenir un agrément.

Le ministère de l'environnement ne s'occupe que des 7,8 % d'utilisateurs en dehors du monde agricole – jardiniers, gestionnaires de golf, Réseau ferré de France... –, et a logiquement laissé la main à celui de l'agriculture, qui mise surtout sur la pédagogie. L'administration de Stéphane le Foll vient notamment de lancer une plate-forme contributive sur Internet, "Produisons autrement", qui regorge de témoignages convaincants d'exploitants et d'agronomes vantant les mérites de la diversification des variétés, de l'espacement des plantations, des substances nettement moins nocives pour l'environnement...

LE BIO N'OCCUPE QUE 3,5 % DE LA SURFACE AGRICOLE

Tout confondu, les crédits engagés pour Ecophyto s'élèvent à environ 140 millions d'euros par an, en bonne partie financés par la redevance sur les pollutions diffuses collectées par les agences de l'eau. "Le problème, ce n'est pas l'argent mais la volonté, observe François Veillerette de Générations futures. En Picardie par exemple, des exploitations qui ont réduit de moitié leur usage des pesticides n'ont pas pu prendre place dans le réseau Dephy, faute de convaincre les responsables agricoles locaux. On perd du temps." "On peut multiplier les changements à la marge, mais atteindre les 50 % en moins signifierait quitter le modèle de l'agriculture intensive et sortir la bio de sa niche", conclut Isabelle Laudon de WWF.

En 2011, le nombre d'exploitations engagées dans le système biologique a progressé de 12,3 %, ce qui ne les fait cependant occuper que 3,5 % de la surface agricole. Or le Grenelle de l'environnement a fixé l'objectif de 6 % en 2012 et de 20 % en 2020. En Europe, 17,2 % des terres autrichiennes sont déjà converties au bio, 8,6 % des italiennes et 5,9 % des allemandes.

Un marché de 1,9 milliard d'euros en 2011

Avec plus de 5 kilogrammes en moyenne de matières actives déversés par hectare cultivé, le marché des pesticides a représenté un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros en France en 2011. Le commerce des herbicides – 40 % des ventes – occupe de loin la première place devant celui des fongicides et des insecticides.

Les grandes exploitations céréalières, les producteurs d'oléagineux et les viticulteurs sont les premiers utilisateurs de produits phytosanitaires.

Agriculture

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18/10/2012

L'Europe néolibérale et les nanomatériaux

lu sur : 

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/18/les-nanomateriaux-vont-ils-echapper-au-filet-sanitaire-europeen_1777415_3244.html

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Les nanomatériaux vont-ils échapper au filet sanitaire européen ?

LE MONDE |18.10.2012 à 11h14

Par Pierre Le Hir

"Extrême déception", "profondes inquiétudes"... Associations de consommateurs, ONG environnementales et syndicats font assaut de critiques contre Bruxelles. Objet de leur colère : une communication de la Commission européenne sur les nanomatériaux faite, début octobre, au Parlement, au Conseil et au Comité économique et social européens. Le document – le premier sur le sujet depuis 2008 – écarte en effet l'idée d'une réglementation spécifique à ces produits et à l'évaluation de leurs risques. Ce qui revient, estiment les représentants de la société civile dans une réponse qui sera adressée vendredi 19 octobre à la Commission, à laisser les mains libres aux industriels, sans contrôle de la toxicité de produits toujours plus nombreux sur le marché.

Automobiles, carburants, électroménager, équipements de sport, appareils électroniques, panneaux solaires, ciments, peintures, crèmes solaires, chaussettes, poudres alimentaires, pansements, instruments médicaux... Plus de 2 000 articles de consommation courante contiennent des nanoparticules, dont la taille est de l'ordre du milliardième de mètre (50 000 fois moins que l'épaisseur d'un cheveu).

Le marché mondial des nanomatériaux serait de 11 millions de tonnes, d'après les services de Bruxelles, pour une valeur de 20 milliards d'euros. Et le secteur des nanotechnologies représenterait entre 300 000 et 400 000 emplois directs en Europe. Ce qui en fait un secteur-clé pour "la croissance, l'emploi, l'innovation et la compétitivité" aux yeux de l'exécutif bruxellois.

LES NANOPARTICULES PEUVENT PÉNÉTRER DANS LES POUMONS

La médaille a toutefois un revers. Les nanoparticules présentent des risques particuliers, encore mal connus, pour la santé et l'environnement. Leur taille infinitésimale, qui leur donne des propriétés remarquables (résistance, souplesse, conductivité, adhérence...), les rend aussi extrêmement réactives. Or elles sont susceptibles de pénétrer sous la peau ou dans les poumons, et de se disperser dans l'air, le sol ou l'eau. Une récente étude réalisée par l'administration française a montré que des nanoparticules pouvaient altérer la qualité et le rendement de cultures.

Comment prendre en compte cette dangerosité ? Par "une approche de la sécurité au cas par cas", répond la Commission. A ses yeux, "les nanomatériaux sont semblables aux substances et produits chimiques normaux". Elle estime donc que la réglementation générale appliquée aux produits chimiques au sein de l'Union – le système d'enregistrement, d'évaluation et d'autorisation Reach – est "le cadre le plus adapté à la gestion des nanomatériaux". Seule est envisagée une "modification des annexes de Reach, afin de préciser la façon dont les nanomatériaux doivent être pris en considération".

Pour Monique Goyens, qui dirige le Bureau européen des unions de consommateurs, "Bruxelles fait primer l'objectif de croissance économique et adopte la politique de l'autruche pour ce qui est des risques". Comme pour tout autre produit chimique, défend-elle, "le principe "pas de données, pas de marché" devrait s'appliquer".

"La protection des travailleurs s'est-elle perdue dans le nano-cosmos ?", ironise la Confédération européenne des syndicats. Quant aux Verts du Parlement, ils jugent "très trompeur de suggérer que les règles générales, conçues pour des substances normales, sont appropriées pour les nanomatériaux".

Ceux-ci passent en effet à travers les mailles du filet sanitaire de Reach. Car ce règlement ne s'applique qu'aux productions chimiques de plus d'une tonne par an, seuil loin d'être atteint pour beaucoup de nanomatériaux. En outre, le dispositif de déclaration ne distingue pas les formes nanométriques des formes classiques. Or un même produit peut prendre de multiples nanoformes, dont les propriétés et donc la toxicité sont radicalement différentes. Bruxelles reconnaît d'ailleurs que, dans les dossiers d'enregistrement actuels, "seules quelques informations visent précisément la sécurité d'utilisation des nanomatériaux spécifiques".

"UN EXAMEN AU CAS PAR CAS EST IMPOSSIBLE"

Des évaluations de risques sont certes menées, à l'échelle communautaire (notamment par l'Autorité européenne de sécurité des aliments) ou nationale. En France, l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a publié cinq rapports depuis 2006. Mais les conclusions sont parfois édifiantes : chargée d'expertiser un matériau contenant des nanotubes de carbone, produits en France par Arkema, l'Anses a relevé, en avril, "un manque d'informations sur son potentiel toxique et écotoxique et l'absence totale d'éléments relatifs aux scenarii d'exposition et au cycle de vie du produit".

"Prétendre évaluer les risques au cas par cas, c'est noyer le poisson", estime David Azoulay, du Center for International Environmental Law, une ONG d'avocats spécialisée dans le droit environnemental. "Un examen au cas par cas est impossible. Il faudrait des années et on serait toujours en retard", pense aussi Olivier Merckel, responsable de ce dossier à l'Anses. Celle-ci travaille à "une méthodologie d'évaluation des risques spécifiques à des groupes de nanomatériaux". Et elle va désormais publier un rapport annuel regroupant toutes les données disponibles sur ces produits.

Parmi les Vingt-Sept, la France est en pointe dans ce domaine. Suite au Grenelle de l'environnement, l'Anses tiendra, à compter du 1er janvier 2013, un inventaire des substances nanoparticulaires mises sur le marché, afin d'en assurer la traçabilité. Un exemple qui pourrait être suivi par l'Italie, la Belgique ou le Danemark.

Suivre à la trace ces particules lilliputiennes ne suffira cependant pas à contrôler leur innocuité. En juin, douze pays, dont la France, avaient pressé Bruxelles d'améliorer "sans retard" la réglementation sur les nanomatériaux. Le chantier reste entier.

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17/10/2012

Le droit de semer et conserver les semences

communiqué :

Parce que nous ne pouvons plus continuer à accepter que les semences restent l'apanage d'une poignée de multinationales, merci de signer cette pétition :
 

François Hollande: Faire annuler la condamnation de ... - Change.org

www.change.org/fr/pétitions/françois-hollande-faire-annuler-la-...
 

Kokopelli est une association à but non lucratif, fondée en 1999 qui maintient une collection planétaire unique, de plus de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Elle place son action dans l’objectif solidaire de développer des projets d’aide envers les communautés démunies (183 en 2011). Kokopeli est attaquée aujourd'hui par un grainetier, Graines Baumaux.

Cette Société par actions simplifiée au capital de 1 000 000 d’euros, dont le chiffre d’affaires 2011 s’élève à hauteur de 13 952 923 € et le bénéfice 2010 à hauteur de 2 005 251 €, commercialise 2 835 variétés de graines potagères, florales, aromatiques, médicinales, fourragères et dites engrais verts. 

Le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne ont condamné l’association Kokopelli, pour concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux, à verser 100 000 € de dommages-intérêts à Graines Baumaux, ce qui pourrait la forcer à cesser ou modifier ses activités. 

Il est donc demandé au Président de la République, François Hollande, la traduction du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans notre législation nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002 et approuvé nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et aux jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou le matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Il reconnaît la contribution des agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences reproduites à la ferme. 

Il est de plus réclamé de faire respecter l’autorisation d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux des agriculteurs, et l’abrogation de la Loi du 28 novembre 2011 relative aux certificats d’obtention végétale. 


Textes repris de la lettre de Monsieur René Balme, Maire de Grigny au Président de la République 


Pour en savoir plus : 

Condamnation de Kokopelli : René Balme s'adresse ... - Le Grand Soir

www.legrandsoir.info/condamnation-de-kokopelli-rene-balme-s-adre...


http://www.semencespaysannes.org/condamnation_kokopelli_e... 


http://kokopelli-semences.fr/juridique/proces_perdu_2012

Merci de partager largement ces informations et de vous impliquer.

04/10/2012

Gestion désastreuse de la pêche européenne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/04/l-echec-de-l-europe-a-reguler-la-peche-en-eau-profonde_1770189_3244.html

L'échec de l'Europe à réguler la pêche en eau profonde

LE MONDE | 04.10.2012 à 14h38

Par Martine Valo

La gestion européenne de la pêche en eaux profondes est "désastreuse" : telle est la conclusion d'une étude que vient de publier la revue Ocean & Coastal Management. Les auteurs de ce travail coordonné par Sebastian Villasante, de l'Université Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, ont mesuré l'impact de lapolitique commune sur la surpêche en analysant les déclarations de captures faites par les pêcheries de dix-huit Etats membres et d'autres données de registres officiels.

La situation, rappellent-ils, aurait dû s'améliorer depuis 2002. Cette année-là en effet, le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), qui rassemble des experts internationaux en ressources marines dans l'Atlantique Nord-Est, avait sonné l'alarme : les populations d'espèces profondes étaient exploitées au-delà de leurs limites biologiques et risquaient de disparaître. Depuis, le CIEM établit, chaque année, des niveaux de captures à ne pas dépasser.

Les conseils européens des ministres de la pêche doivent se baser sur ces recommandations scientifiques au moment de fixer les volumes de pêche autorisés. On en est loin. Selon l'étude, les quotas fixés sont, dans 60 % des cas, supérieurs aux recommandations scientifiques. Entorse supplémentaire, les pêcheurs ne respectent ces volumes de pêche, déjà surestimés, que la moitié du temps...

In fine, les captures réelles sont, en moyenne, 3,5 fois plus élevées que les quotas décidés à Bruxelles, voire de 10 à 28 fois supérieures.

CERTAINS POISSONS D'EAU PROFONDE SONT CENTENAIRES

La politique commune des pêches échoue aussi à maîtriser l'expansion des flottilles des Vingt-Sept. La taille et la performance des navires augmentent plus vite que ne se renouvellent les stocks de poissons. Les bateaux européens plongent de plus en plus profondément leurs engins de pêche : de 163 m en moyenne dans les années 1950 à 242 m en 2006, soit presque deux fois plus que l'évolution mondiale : de 137 m à 196 m sur la même période.

De plus, le combat est inégal. Les espèces profondes ont une longue maturation – certains poissons sont centenaires – qui induit un taux de renouvellement très lent. L'étude cite le sort du grenadier, pour lequel les données cruciales ont été réunies bien après l'effondrement de l'espèce.

Les problèmes soulevés par ce nouveau travail "s'ajoutent à ceux déjà identifiés par les chercheurs, comme le taux élevé d'espèces capturées accidentellement ou la destruction de l'environnement marin par les chaluts tractés en profondeur", précise Claire Nouvian de l'association Bloom et l'une des coauteurs de l'étude.

Autant d'informations susceptibles de nourrir les débats des députés européens qui examinent actuellement les propositions de la Commission sur la pêche en eaux profondes. Bruxelles souhaite en revoir les règles et interdire le chalutage des grands fonds.

Martine Valo

Désobéissance civique pour une Europe de gauche

À lire dans le Monde diplomatique de ce mois :

Pacte de stabilité, Marché commun, l’impossible réforme

Désobéissance civique pour une Europe de gauche

Après avoir ratifié le traité de Lisbonne — clone de la « Constitution européenne » rejetée lors d’un référendum en 2005 —, le Parlement français doit approuver, ce mois-ci, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). La fronde de députés issus de la majorité présidentielle — dont les Verts — et la protestation populaire ont peu de chances d’empêcher une opération qui met les finances publiques sous tutelle (lire l’article ci-dessous). Pourtant, les voies d’une Europe progressiste existent. Voici l’une d’entre elles.

par Bernard Cassen, octobre 2012
Aperçu

Une Europe de gauche — c’est-à-dire réellement démocratique, sociale, solidaire et écologique, rompant radicalement avec les politiques libérales — est-elle possible ? On a de bonnes raisons de penser que M. François Hollande ne l’a jamais cru. Le 6 mai 1992, alors simple député, ne déclarait-il pas à la tribune de l’Assemblée nationale : « C’est parce que nous avons accepté la mondialisation que nous sommes aujourd’hui soumis à des contraintes monétaires, budgétaires, financières. Dès lors, le seul débat qui compte, c’est de savoir si nous acceptons les règles du capitalisme international ou si nous ne les acceptons pas. Si nous entrons dans le jeu de la mondialisation, alors ces contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent » En d’autres termes, la construction européenne ne saurait être qu’un sous-ensemble de la mondialisation libérale.

Quand, vingt ans plus tard, celui qui est devenu président de la République promet de « réorienter » cette construction, il sait que ce n’est pas possible, sauf à la marge... La moindre velléité de « réorientation » se heurte en effet à tout le dispositif idéologique et institutionnel de l’Union européenne. Il ne s’agit pas seulement des traités qui instaurent la « concurrence libre et non faussée » comme principe organisateur de toutes les politiques. Il s’agit aussi de leur traduction concrète dans les dizaines de milliers de pages de l’« acquis communautaire » : directives, règlements, décisions. Les libéraux n’en font d’ailleurs pas mystère. Comme le reconnaît l’un des plus loquaces d’entre eux, M. Elie Cohen, administrateur du groupe PagesJaunes, d’Electricité de France - Energies nouvelles et de Steria. « l’appareillage d’ensemble des politiques de marché représente la contrainte que se sont fabriquée les pays membres de l’Union européenne, et plus particulièrement les nations latines (France, Espagne, Italie) pour réformer leurs politiques dans les secteurs protégés où le syndicalisme restait fort et où le consensus politique interdisait, de (...)

Taille de l’article complet : 2 395 mots.
Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique d’octobre 2012, actuellement en kiosques, et dans l’édition électronique.

Bernard Cassen

Professeur émérite de l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII, secrétaire général de Mémoire des luttes.    

02/10/2012

Gaz de schiste : le lobbying du premier cercle

lu sur :

13/09/2012

Argent, pouvoir et nucléaire

communiqué:

 Atomes crochus : Argent, pouvoir et nucléaire

L’énergie nucléaire est-elle vraiment bon marché ? Qui a mis en place la politique atomique de la France et sur quels réseaux s’appuie-t-elle ?

Les samedi 3 et dimanche 4 novembre prochains auront lieu à Clermont-Ferrand les journées d’études du Réseau "Sortir du nucléaire", gratuites et ouvertes à tous. Leur thème : "Argent, pouvoir et nucléaire".

Un journal de 16 pages "Atomes crochus" donne de multiples informations pour peser sur l’enjeu de cette thématique et ouvrir le débat.

Vous pouvez télécharger ce journal et le commander en nombre en cliquant sur le lien suivant : http://boutique.sortirdunucleaire.org/product_info.php?products_id=274

Par ailleurs, vous trouverez sur le site des journées d’études toutes les informations utiles (programme, infos pratiques...) : http://leliencommun.org/journeesdetudes 
Le site regroupe de nombreux documents et ne demande qu’à s’enrichir de vos contributions.

Informez-vous et réservez dès à présent les dates du week-end des 3 et 4 novembre.

Salutations antinucléaires,

L’équipe d’organisation des journées d’études 2012 du Réseau "Sortir du nucléaire" 
Contact mail : journees-etudes@sortirdunucleaire.fr

22/07/2012

Huiles et gaz de schiste : les ambigüités de Delphine Batho

lu sur : 

http://www.stopgazviganais.org/index.php?option=com_content&view=article&id=187:les-ambiguites-de-delphine-batho&catid=126:ao-citoyens&Itemid=524

   Les ambigüités de Delphine Batho

Plusieurs organes de presse, ainsi que des opposants au gaz de schiste, semblent se réjouir, du moins se dire rassurés par les propose que la Ministre de l'écologie Delphine Batho a tenu le 20 juillet sur RMC et BFMTV. Elle y affirme en effet son opposition à l'exploitation du gaz de schiste :"Le gouvernement maintient clairement et nettement sa position sur l'interdiction de l'exploitation des gaz de schiste", en contradiction avec des déclarations récentes d'Arnaud Montebourg, pour qui la question devait à nouveau être posée.

Mais il faut l'écouter de plus près, et lire entre les lignes.

Elle n'évoque que le gaz de shiste, sans parler de l'huile de schiste, qui constituerait un Eldorado dans le sous-sol du Bassin parisien, et pour lequel des forages d'exploration ont commencé et vont continuer tout à fait officiellement. Gaz ou huile, les techniques sont les mêmes, tout aussi sales et dangereuses. C'est peut-être un oubli de sa part...

Elle utilise (RMC) le terme de "fracture hydraulique" au lieu de fracturation. Ce n'est pas très grave, on comprend quand même, ça peut détendre l'atmosphère d'une réunion, mais ça fait un peu amateur pour un Ministre, qui a du lire ses dossiers trop rapidement.

Elle n'évoque que l'interdiction de l'exploitation, en oubliant l'exploration. Oubli involontaire ? Le journaliste insiste, lui demande de répondre à la question sur l'exploration, mais elle s'en sort par une pirouette ("j'ai déjà répondu" !). On se demande pourquoi les foreurs iraient explorer à 2500m. sous terre, si ce n'est pour exploiter ensuite. Si la Ministre veut interdire d'exploiter, autant prévenir et arrêter les recherches d'exploration. C'est peut-être un oubli de sa part...

Elle ne dit pas un mot des 60 permis de recherche déjà accordée ni de ceux qui sont en instruction. Pourtant, le PS, et ses candidats aux législatives, avaient promis de les abroger. Un projet de loi PS-EELV, cosigné notamment par J.M. Ayrault, déposé en juillet 2011 allait aussi dans ce sens. Les ministres d'aujourd'hui oublient ce qu'ils disaient hier comme députés. On aurait pu attendre, au minimum, un moratoire jusqu'à la fin des débats nationaux sur le code minier et sur la politique énergétique. C'est peut-être un oubli de sa part...

A propos de cette "transition énergétique", justement, qu'elle qualifie de "mutation de civilisation", (!) qu'en dit-elle exactement ? Rien, ou si peu : il faudra faire des économies d'énergie, notamment en isolant les logements. Ce n'est pas nouveau, tout le monde le sait et le dit depuis des dizaines d'années (déjà, dans le "programme commun de la gauche" après le premier choc pétrolier de 1974... et ce fut un élément du plan de développement du chauffage électrique et du parc nucléaire en France). Mais on ne saurait s'en contenter. Lorsque le journaliste insiste, elle renvoie plusieurs fois au travail du député François Brottes, qui nous prépare un rapport sur le sujet pour l'automne. Espérons qu'il connaît mieux ce dossier que la Ministre.

Le risque est cependant qu'on propose à la fameuse conférence environnementale (12 et 13 septembre) un document déjà bien ficelé, résumant des positions plus ou moins consensuelles PS-UMP sur l'énergie. Il pourrait se référer par exemple au rapport Percebois-Mandil de la Commission Energie 2050 ( février 2012), à celui du Sénat (juillet 2012), qui préconisent de continuer à peu près sur la lancée actuelle, avec un peu plus d'énergies renouvelables. Le précédent gouvernement avait l'habitude de décider avant de discuter. Espérons qu'il n'en ira plus de même..

Interrogée sur les augmentations du prix du gaz et du prix de l'électricité, qui font régulièrement polémique, la Ministre affirme qu'il n'y aura pas de hausse importante. Et pourtant, il suffit de lire le rapport du Sénat publié le 7 juillet 2012 : il annonce (ou préconise) une augmentation des tarifs de 33% à 50% d'ici 2020. Ce rapport est cosigné par des députés PS. Le rapport de la Cour des comptes, présidée par un socialiste, sur la filière électro-nucléaire (janvier 2012) allait dans le même sens. La Ministre les a-t-elle lus ?

On peut d'ailleurs se demander en quoi le blocage des prix de l'électricité, du gaz, voire de l'essence, sont des mesures qui vont inciter les français à plus de "sobriété énergétique". On a du mal à suivre.

Mauvaise foi, mauvais esprit de notre part ? En tout cas peu rassurés.

D'autant que le lobby pétrolier continue depuis plusieurs mois une offensive médiatique tous azimuts, et truste les fonctions de conseil et de décision, au coeur même du Ministère.

Dernier exemple : le 19 juillet 2012, un rapport de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) nous alarme, par la voix de P.F. Chevet, en expliquant que les français sont en précarité énergétique ( sous-entendu : ce serait utile d'exploiter gaz et pétrole de shiste en France !). La ministre de l'écologie a déjà changé une fois, quand Nicole Bricq prétendait retarder les forages en Guyane.

Mais pas le Directeur de la DGEC. Il était déjà en place en 2007. Il a été confirmé en juin 2012. Pour ceux que ça intéresse, voici quelques éléments de sa vie professionnelle (cf Wikipedia).

 

Pierre-Franck Chevet,(...) est depuis février 2007 directeur général de l'énergie et du climat (ex-DGEMP) au sein du Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Il est également administrateur de l’ADEME, de GDF Suez, de la Poste, de l'Institut français du pétrole et représentant de l’Etat au Conseil de surveillance d'Areva. Il est également Commissaire du gouvernement auprès de Areva NC, de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs et de la Commission de régulation de l'énergie (CRE)2 et membre du Comité interministériel des Parcs nationaux de France.

Pierre-Franck Chevet est diplômé de l'école Polytechnique, de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique et du Corps des Mines3.

Pierre-Franck Chevet a occupé différents postes au Ministère de l’Industrie de 1986 (année de la catastrophe de Tchernobyl) à 1995, dont celui adjoint d’André-Claude Lacoste, en charge de l'Autorité de contrôle de la sûreté nucléaire de l’ensemble des réacteurs nucléaires français (y compris Superphénix).

De 1995 à 1999, Pierre-Franck Chevet a été délégué régional de l’ANVAR et directeur de la Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) Alsace. De 1999 à 2005, il est Directeur de la DRIRE du Nord-Pas-de-Calais et Directeur de l’École des mines de Douai.

De 2005 à 2007, il est conseiller pour l’industrie, la recherche, l’environnement et l’énergie au cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin puis Dominique de Villepin.

Nous avions déjà Pierre Cunéo, issu de l'institut ASPEN, organe de réflexion et de conseil proche des milieux patronaux, comme directeur de cabinet de Delphine Batho.

Notre avenir énergétique est entre de bonnes mains, dormez tranquilles !

DidierS.

02/07/2012

Mise en chantier d'un nouveau réacteur nucléaire du type Superphénix

Voir aussi la note du 27/6/2012 sur ce blog :

Nucléaire : les cinq questions qui fâchent

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/06/30/couleuvres-a-neutrons_1727403_3244.html

Couleuvres à neutrons 

LE MONDE | 30.06.2012 à 16h53 • Mis à jour le 30.06.2012 à 16h53

Le 19 juin 1997, le premier ministre, Lionel Jospin, annonçait la fermeture du surgénérateur Superphénix. Le 26 juin 2012, aucun ministre du gouvernement socialo-écologiste n'a annoncé la signature d'un contrat pour construire un surgénérateur à Marcoule. Il est donc revenu au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et à Bouygues Construction d'informer de leur accord pour concevoir le prototype Astrid, réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium. Le rejeton de Superphénix aura une puissance de 600 mégawatts, ce qui est une échelle industrielle. Il s'agit, écrit le CEA, du "développement d'une filière de réacteur à neutrons rapides". Par une délicate attention, les études sont censées s'achever en 2017, terme du mandat présidentiel de M. Hollande, avant une "mise en service à l'horizon 2020".

On se souvient peut-être qu'en novembre 2011, le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont signé un "accord national de majorité". Le texte comprenait la phrase : "Aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié." En bon français, cela voudrait dire que rien ne sera enseigné à ces projets mais, enfin, la langue a évolué, et maintenant "initier" signifie, indique le dictionnaire Larousse,"Mettre en route, prendre l'initiative d'un processus".

La "conception du prototype" était prévue dans une loi de 2006 et dans une convention entre l'Etat et le CEA signée en 2010. On peut donc juger que l'accord de collaboration s'inscrit dans le déroulement d'un processus déjà "initié". Mais cet accord de collaboration n'est-il pas une "mise en route" ? Auquel cas, il s'agit bien "d'initier" un projet de réacteur.

Au demeurant, la matière doit être appréciée au regard de l'esprit du texte signé par le PS et EELV. Le lancement d'Astrid ne pouvait-il pas attendre ? La nouvelle ministre chargée de l'énergie, Delphine Batho, nommée le 21 juin, a-t-elle été informée par le CEA, avant sa signature le 26 juin, de cet accord aux conséquences évidemment politiques ? EELV juge-t-il qu'il ne s'agit pas là de "l'initiation d'un projet de réacteur" ?

Le député (EELV) Denis Baupin découvre l'affaire. Il réagit : "Il est surprenant de lancer un tel chantier avant qu'ait eu lieu le grand débat annoncé sur la transition énergétique. C'est comme si l'on en anticipait les résultats."

Les biologistes s'interrogent : combien de couleuvres un organisme peut-il avaler avant de se sentir vraiment mal ?

kempf@lemonde.fr

Hervé Kempf

27/06/2012

Tous à Notre Dame des Landes

communiqué :

TOUS et TOUTES au
2
°forum européen contre les grands projets inutiles imposés

à Notre Dame des Landes (44 France) du 7 au 11 juillet 2012

Les identifier, les recenser, les combattre  !

= le week-end (7 et 8 juillet) sera une large rencontre entre la population et les différentes luttes européennes, ponctué par une grande action le dimanche matin. 
= Les trois jours suivants (9, 10 et 11 juillet) permettront de travailler sur de nombreuses thématiques 
(Rio+20, responsabilités partagées et différenciées du Nord et du Sud, GTII, transports, climat, énergie, alternatives, Grenelles passé et à venir) dans divers ateliers.

Le rassemblement sera animé tout au long par diverses concerts (Les Génisses dans l'maïs, Bred'Irie, Ke Onda, ZEP) expositions, films etc.

Comment y aller? 
= Covoiturage. Proposez des places, retenez votre place à 

http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/2012/06/covoiturag...

= Si vous venez par la SNCF, il y aura l'autocar régulier à la gare de Nantes Ligne 71 Arrêt La Boissière (le site est à 1km)

Quel hébergement?
= Camping. 1 hectare est disponible pour planter votre tente
= Vous trouverez une liste d'hôtels et gites sur le site du forum <http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.fr/search/label/0...

Attention: chiens non admis (présence de troupeaux)

Ce forum est organisé par la coordination des opposants au projet d'aéroport de Notre Dame des Landes avec d'autres participants au Forum Social Mondial en lutte contre d'autres projets qui relèvent de l'économie productiviste et insoutenable (No Tav (Italie), Stuttgart 21 (Allemagne), Cade (Pays basque), eurovegas no (Espagne) et Stop HS2 (Grande Bretagne) etc. 
avec la participation de nombreuses associations citoyennes et syndicales de France
avec la présence de personnalités du monde associatif et politique


Signataires : Agir pour l'environnement – Amis de la Terre – Attac – COSTIF - Quartiers en Transitions - Relocalisons
 

Partout en Europe, des projets pharaoniques, dépassés, dévoreurs d'énergie, émetteurs de gaz à effet de serre, perturbateurs du climat, dévoreurs de biodiversité, de terres agricoles et de subventions publiques (autoroutes, aéroports -tel le projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes-, incinérateurs, centrales nucléaires, grand Paris....) et ne répondant pas à de réels besoins des populations mais à ceux d’un système productiviste se font concurrence dans la course à la croissance et à la fuite en avant, ayant d'énormes conséquences écologiques, économiques et sociales. Dernier projet en date : le projet d'EuroVegas en Espagne, qui ose promettre 260 000 emplois pour 6 casinos, 12 hôtels représentant 36000 chambres, 9 salles de spectacles, 3 terrains de golf... dans une: Espagne exsangue, nantie de dizaines d'aéroports et d'hôtels inactifs!

Les opposants à ces grands projets, en France et dans toute l'Europe, ont choisi de se réunir pour la deuxième fois. Après le premier forum européen à Venaus (Val de Susa, Italie) l'an dernier, c'est cette fois à Notre-Dame-des-Landes, lieu de lutte emblématique, que se déroulera le second forum européen contre les grands projets inutiles imposés (GPII). L'enjeu est multiple : avancer dans l'identification de ce qu'est un grand projet inutile, faire converger les luttes et construire ensemble face aux décideurs et aux multinationales qui, dans un désir de profits, continuent à bétonner, à l'heure où les contraintes climatiques et les enjeux écologiques sont en contradiction avec ce genre de projet.

Après la rencontre de Rio+20, fin juin, le sommet des peuples et le combat pour une planète solidaire et durable se poursuivront à Notre Dame des Landes.

Pour y aller, des cars de la région parisienne, des moyens depuis la gare de Nantes et un covoiturage organisé.

Hébergements : un grand terrain de camping aménagé, des d'hôtels et des gîtes.

Voir renseignements sur le site Internet (http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.com/ )

Contacts en Région Parisienne :

Sophie Bordères (Agir pour l'environnement) : sborderes@agirpourlenvironnement.org - 01 40 31 02 37 Jeanne Planche (Attac) : jeanne@attac.org - 01 56 06 43 61

Site Internet : http://forum-gpii-2012-ndl.blogspot.com/ (programme, informations, covoiturage....)

Contacts Notre Dame Des Landes :

contact.forum.gpii@free.fr

Geneviève Coiffard-Grosdoy:g.coiffard-grosdoy@orange.fr - 06 80 84 19 89

Christian Grisollet: alouette.cg@wanadoo.fr - 06 20 36 26 10

26/06/2012

Pour un droit de non-réception des messages publicitaires !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/26/la-publicite-peut-avoir-des-effets-nocifs-sur-la-societe_1724489_3232.html

La publicité peut avoir des effets nocifs sur la société

Procès des Déboulonneurs de pub : et la liberté de (non) réception ?

Le Monde.fr | 26.06.2012 à 12h40 • Mis à jour le 26.06.2012 à 12h40

Par Guillaume Dumas, Mehdi Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth, chercheurs en sciences cognitives et sociales

"Il serait inique que des barbouilleurs animés par un esprit civique de dépollution des images soient poursuivis et condamnés, alors que tant  d'ignominies dues à la recherche du profit maximum sont tolérées." Edgar Morin.

Le 3 avril, huit personnes du collectif "les Déboulonneurs" comparaissaient à la chambre d'appel correctionnelle de Paris pour avoir barbouillé des panneaux publicitaires. Lors du procès, le réquisitoire du procureur a largement reposé sur l'argument d'une atteinte à la liberté d'expression des annonceurs. Le jugement devant être rendu mardi 26 juin, il nous est apparu urgent de rappeler les éléments montrant que la publicité, par ses mécanismes mêmes, porte atteinte à certaines libertés de l'individu et qu'elle peut avoir des effets nocifs sur la société en termes de santé publique (surcharge cognitive, stress, obésité...). 

Les sciences cognitives et sociales (neurosciences, psychologie et sociologie notamment), disciplines dont nous relevons, tendent à montrer que la publicité biaise nos comportements les plus automatiques, y compris de façon inconsciente. Et si l'émergence des techniques d'exploration du cerveau nous permettent de mieux comprendre ces mécanismes, nous voulons montrer ici que ces nouvelles connaissances et leur appropriation par le domaine publicitaire (en particulier via le neuromarketing) requièrent un débat le plus large possible sur la présence de la publicité dans l'espace public.

INFLUENCE DE LA PUBLICITÉ SUR NOTRE COMPORTEMENT ET NOTRE CERVEAU

Rappelons tout d'abord l'origine historique de la publicité. Le premier grand saut technique s'opère au début du XXe siècle, en passant d'une simple répétition mécanique du message à une méthodologie élaborée de persuasion des masses. L'un des principaux pionniers de cette "manufacture du consentement" s'appelle Edward Bernays et n'est autre  que le neveu de Freud. Il décide d'utiliser les découvertes de la psychanalyse pour parvenir à une "manipulation consciente, intelligente des opinions et des habitudes" par des "chefs invisibles" (The Century of the Self, 2002). L'exemple le plus frappant de cette nouvelle démarche publicitaire est la  diffusion dans la presse de photos de jeunes femmes belles, modernes et indépendantes, fumant des cigarettes appelées "torches de la liberté". En incitant les femmes à fumer à une époque où ce comportement était réprouvé, Bernays se vanta d'avoir doublé la taille du marché potentiel de l'industrie du tabac !

Grâce à l'imagerie cérébrale, les neuroscientifiques ont récemment commencé à s'intéresser à l'effet de l'image de marque d'un produit sur nos cerveaux. Dans ce contexte, on se focalise sur le système de récompense, un ensemble de régions du cerveau évolutionnairement très ancien. Ce système fait interagir émotions et prises de décision de telle sorte que ces dernières échappent à la rationalité pure.Il se révèle aussi très sensible à certains signaux de notre environnement qui peuvent influencer nos comportements même quand ils ne sont pas perçus consciemment (ce dont on peut s'assurer en laboratoire).

partir de ces connaissances, une équipe de chercheurs américains a comparé l'activité cérébrale du système de récompense chez des individus invités à goûter deux marques de sodas. Lorsque le test se fait en aveugle, les deux marques de boissons sont autant appréciées l'une que l'autre et activent le système de récompense de façon équivalente. Par contre, lorsque les étiquettes sont rendues visibles, l'un des deux sodas active soudainement beaucoup plus le système de récompense et est préféré par la majorité. Cette étude fut la première à montrer par la mesure de l'activité cérébrale comment l'image de marque construite par la publicité peut biaiser les préférences des consommateurs.

Depuis lors, les études visant à mesurer ces préférences au moyen de l'imagerie cérébrale se sont multipliées sous la bannière de ce que l'on appelle le neuromarketing. Jusqu'à présent, cette approche a essentiellement cherché à calibrer le message publicitaire de façon à activer le plus possible le système de récompense. Bien que le neuromarketing  soit aujourd'hui vivement critiqué pour son absence de rigueur scientifique, il pourrait devenir, avec les progrès des neurosciences, un véritable outil d'ingénierie publicitaire.

ENJEUX SANITAIRES DE LA PUBLICITÉ À GRANDE ÉCHELLE

Le ciblage de notre système de récompense par la publicité doit aussi être considéré en termes de santé publique. On sait que le système de récompense est plus vulnérable chez certains individus. Les personnes souffrant d'obésité par exemple voient leur système de récompense activé de façon anormale par des images de nourriture ultra-calorique. La publicité exploite leur vulnérabilité et renforce leurs comportements de surconsommation. Les enfants ayant un système nerveux encore en développement sont aussi très sensibles à la publicité. Sur la base de multiples études issues des plus grands journaux médicaux, l'Agence de l'alimentation britannique demande, pour ces mêmes raisons, que "les enfants aient le droit de grandir à l'abri des pressions commerciales, lesquelles encouragent la consommation d'une nourriture trop riche, trop sucrée et trop salée qui fait courir un risque pour la santé actuelle et future des enfants".

Les estimations menées aux Etats-Unis montrent ainsi que l'obésité infantile pourrait être réduite de près d'un tiers en régulant mieux la publicité des produits alimentaires. Plus généralement, on sait maintenant que la dérégulation du système de récompense accompagne de nombreux troubles psychologiques et psychiatriques. Dans l'attente de travaux scientifiques évaluant l'effet de la publicité sur les populations à risque, il nous semble indispensable d'en appeler au principe de précaution pour réguler les messages commerciaux à destination de nos concitoyens les plus fragiles.

ENJEUX ÉTHIQUES DE LA PUBLICITÉ AU XXIE SIÈCLE

Tous ces éléments révèlent que ce qui est en jeu s'avère beaucoup plus complexe que la simple liberté d'expression invoquée pour le publicitaire. Or cette liberté-là ne va sans une autre liberté complémentaire de la première : la liberté de non-réception. Il s'agit de garantir à chaque citoyen le droit de choisir où et quand il souhaite accéder à de l'information publicitaire. Ceci pour lui permettre de se protéger de son influence ou simplement de se reposer de la surcharge d'information. Selon les estimations, les enfants sont exposés quotidiennement à plusieurs dizaines de spots publicitaires, voire plusieurs milliers aux Etats-Unis. Face à ce bombardement quotidien, la liberté de non-réception des citoyens doit être assurée, en particulier dans l'espace public. L'Etat se doit en effet d'y être le garant de la neutralité commerciale autant que de la sureté psychologique de tout un chacun.

Or, selon nous, les évolutions récentes sont inquiétantes. Par exemple, les usagers du métro parisien auront pu constater le remplacement progressif des affichages sur papier par de très larges écrans plats. Cette technologie exploite le fait que toute image en mouvement dans la périphérie du champ visuel capture automatiquement l'attention de l'individu. Cette réaction automatique, héritage de notre évolution au cours de laquelle le danger pouvait surgir sans prévenir, s'accompagne d'une augmentation du niveau d'alerte et de stress qui favorise la mémorisation du message. En outre, l'intégration dans ces écrans de capteurs mesurant l'intensité du regard peut transformer, à leur insu, les passants en cobayes d'expérimentation publicitaire à grande échelle.

Nous déplorons que les usagers des transports n'aient pas été consultés, ni même informés, de cette évolution qui touche directement leur environnement visuel et entraîne la collecte d'informations sur leur comportement. A cela s'ajoutent les dizaines de milliers d'enquêtes d'opinion que les régies publicitaires ont déjà accumulées (depuis leur apparition, dans les années 1960). Ce traçage prend aujourd'hui un essor sans précédent avec le développement des technologies numériques (puces RFID des badges en tout genre, GPS des smartphones, réseaux sociaux omniprésents, etc.). Aujourd'hui ce "temps de cerveau disponible", profilé et géolocalisé est vendu au prix fort par les afficheurs : la diffusion d'un message publicitaire est quantifiée en Occasion de voir (ODV), facturée à l'unité entre 0,1 et 0,7 euro.  Ainsi une personne vivant en Ile-de-France rapporte une cinquantaine d'euros par jour à l'industrie publicitaire, sans même le savoir.

En l'absence de débat citoyen, le politique cède trop facilement aux pressions des annonceurs et afficheurs, réclamant toujours moins d'entraves pour faire davantage de profits. Ainsi, loin d'en limiter la présence dans l'espace public, la loi du 12 juillet 2010 issue du Grenelle de l'environnement laisse place, selon le ministère lui-même, à "un développement important de secteurs comme ceux du micro-affichage, des bâches, des dispositifs innovants, des publicités sur aéroports ou gares [...], permettant d'envisager une progression de 10 à 30 % des chiffres d'affaires des entreprises investissant dans ces domaines d'activité".

SOLUTIONS ET ALTERNATIVES

Pourtant, réduire la place de la publicité dans l'espace public n'est pas une simple revendication idéaliste. En 2006, le conseil municipal de la ville de Sao Paulo a voté à une quasi-unanimité une loi "Ville propre" bannissant tout affichage publicitaire dans l'espace public. Cinq ans après son entrée en vigueur, un sondage montre que 70 % des résidents de Sao Paulo ont trouvé les effets de cette loi bénéfiques.

Devant les enjeux révélés par les dernières avancées scientifiques, nous souhaitons encourager toute démarche de régulation du système publicitaire actuel et en premier lieu dans l'espace public. En barbouillant des publicités, le collectif des Déboulonneurs a osé un acte de désobéissance civile afin d'être entendu par la collectivité et de pousser le politique à accepter une ré-ouverture du débat. A travers eux, c'est la liberté de non-réception des citoyens que nous devons défendre.

 

Guillaume Dumas est chercheur à la Florida Atlantic University ;

Mehdi Khamassi est chercheur au CNRS ;

Karim Ndiaye est chercheur à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière ;

Yves Jouffe est chercheur à l'université Paris-Est ;

Luc Foubert est docteur de l'Université Pierre et Marie Curie-Paris-VI ;

Camille Roth est chercheur au CNRS.

Les auteurs remercient Célya Gruson-Daniel pour son aide.

Guillaume Dumas, Mehdi Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth, chercheurs en sciences cognitives et sociales

L'accord que Nicole Bricq avait obtenu du groupe Shell en Guyane (suite)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/26/les-dessous-de-l-eviction-de-nicole-bricq-du-ministere-de-l-ecologie_1724497_823448.htm

Les dessous de l'éviction de Nicole Bricq du ministère de l'écologie 

LE MONDE | 26.06.2012 à 18h14 • Mis à jour le 26.06.2012 à 18h14

Par Anne-Sophie Mercier

Tout avait pourtant très bien commencé. Le 16 mai, en annonçant qu'il confiait àNicole Bricq le portefeuille de l'écologie, Jean-Marc Ayrault faisait ministre une sénatrice estimée de ses pairs pour son sérieux, ancienne strauss-kahnienne ralliée à François Hollande dès 2009 et - ce qui ne gâtait rien - appréciée des milieux de défense de l'environnement pour son combat contre le gaz de schiste. Chargée également du délicat dossier de l'énergie, Mme Bricq avait une autre vertu : sa position, jugée "équilibrée", sur le nucléaire. Assez ouverte et crédible pourdiscuter avec les "anti", suffisamment pronucléaire pour rassurer un PS majoritairement nucléariste.

Ce que MM. Hollande et Ayrault, séduits par ces qualités, n'avaient peut-être pas mesuré, c'est la très grande détermination de la ministre à modifier en profondeur le système des forages en France. Mme Bricq y avait réfléchi, et elle n'en démordait pas : il fallait obtenir davantage de garanties environnementales et un partage de la rente différent avec les compagnies pétrolières, bref, une remise à plat du fameux "code minier". Le code minier ? Un long texte d'une centaine de pages, extrêmement technique, qui définit ce qu'est une mine, et ce que sont les conditions de son exploitation.

FORME DU CODE MINIER

A l'image de nombreux experts, Mme Bricq et son directeur de cabinet, Géraud Guibert, un magistrat de la Cour des comptes très pointu sur les dossiers, fondateur du pôle écologiste du PS, estiment que le code est par trop favorable aux exploitants, tout simplement parce qu'une compagnie qui découvre un gisement est aujourd'hui quasi certaine de l'exploiter. Mme Bricq, elle, souhaitemettre les compagnies en concurrence pour l'exploitation des gisements. Les forages effectués par Shell en Guyane vont permettre, pense-t-elle, de nouvelles discussions.

Mme Bricq n'est pas seule à souhaiter cette modification du code minier. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, est sur la même longueur d'onde. Les deux ministres déjeunent ensemble au tout début du mois de juin, avec leurs directeurs de cabinet. Ils définissent une ligne commune : la transparence (les permis seront publiés sur le site Internet du ministère), une réforme du code minier et une révision des permis en cours. Les activités de la compagnie Shell en Guyane sont concernées. Ce qui lie les deux ministres dans cette affaire, c'est la certitude que face aux entreprises, l'Etat n'est pas condamné à sans cesse subir.

LE CHOC DES PRÉOCCUPATIONS CONTRAIRES

Tous deux préviennent Matignon de leurs intentions. Réaction de l'équipe du premier ministre : négociez si vraiment vous le souhaitez, mais sans perturber leclimat de confiance avec Shell. Toute l'ambiguïté est là. D'un côté, deux ministres soucieux d'un autre rapport de forces, de l'autre un chef de gouvernement et des élus guyanais ayant constamment en tête la défense de l'emploi et le redressement de l'industrie.

Entre M. Ayrault et Mme Bricq, c'est le choc des préoccupations contraires, au moins à ce moment précis, mais aussi de deux tempéraments. M. Ayrault n'aime pas les éclats de voix, mais il se heurte à la rugosité de sa ministre, toute à ses convictions. Il y aura deux échanges très tendus entre eux, les 13 et 17 juin.

Shell et le lobby pétrolier ne sont pas restés inactifs. D'un côté, Shell France accepte, par la voix de son président, Patrick Romeo, de faire de substantielles concessions, qu'il synthétise dans un e-mail envoyé au cabinet de Mme Bricq le 20 juin. En apparence, le document peut faire croire à Mme Bricq qu'elle a eu finalement gain de cause. En apparence seulement. Car, en coulisse, Shell s'agite. Tout le gratin du petit monde pétrolier décroche son téléphone.

DELPHINE BATHO POUR LA REMPLACER

En réalité, dès le 19 juin, le sort de Mme Bricq est scellé. Le jour même, Laurence Parisot se félicite devant l'assemblée permanente du Medef des interventions efficaces de son organisation auprès du gouvernement, pour relayer les doléances de Shell. M. Montebourg, qui a su éviter les affrontements avec M. Ayrault, ne doit qu'à son poids politique de conserver son poste, estime-t-on dans son entourage.

Pour Mme Bricq, le choc est violent. Lors de son voyage à Rio, au Sommet de la Terre, elle discute avec le chef de l'Etat, qui ne lui parle de rien. La ministre de l'écologie n'apprend le sort qui lui est réservé que vers 17 heures, par téléphone, le 21 juin, jour du remaniement. Estomaquée, elle demande cinq minutes de réflexion à M. Ayrault, puis accepte de prendre le poste de ministre du commerce extérieur. Dans son malheur, Mme Bricq a une satisfaction : elle travaillera avecPierre Moscovici à Bercy, et les deux ministres ont l'un pour l'autre une solide estime.

Delphine Batho prend désormais les rênes du ministère de l'écologie. La nouvelle ministre peut certes arguer d'une certaine sensibilité sur le sujet, puisqu'elle s'est illustrée par la défense du marais poitevin, ainsi que par des prises de position anti-OGM répétées. Mais elle n'a pas l'expérience des dossiers de Mme Bricq. L'affaire laissera suffisamment de traces pour que le très politique sénateur écologiste Jean-Vincent Placé puisse lancer : "C'est quand même un drôle de message."

Anne-Sophie Mercier

L'accord que Nicole Bricq avait obtenu du groupe Shell en Guyane

à lire sur : 

http://planete.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/06/25/exclusif-l-accord-que-nicole-bricq-avait-obtenu-du-groupe-sh.html

Exclusif : l'accord que Nicole Bricq avait obtenu du groupe Shell en Guyane

Lire aussi :

http://recherche.nouvelobs.com/?q=Nicole+Bricq

Les écologistes soutiennent Nicole Bricq sur les forages

Challenges.fr - 2012/06/23-18:01:26
Les défenseurs de l'environnement soupçonnent ce dossier d'avoir motivé la mutation de NicoleBricq de l'Ecologie au Commerce extérieur à l'occasion du remaniement ministériel de jeudi, jour où elle perdait son arbitrage sur les foragesPREMIER BÉMOL DU GOUVERNEMENT" NicoleBricq
avait annoncé il y a dix jours la "remise à plat" du permis de forage pétrolier de Shell en Guyane, disant vouloir réexaminer l'ensemble des permis d'exploration d'hydrocarbures, y compris ceux déjà attribués, dans ...
 

Nicole Bricq juge le parc automobile diesel-essence déséquilibré

Nouvelobs.com - 2012/06/13-20:45:26
par Marion Douet et Gilles Guillaume PARIS (Reuters) - La ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Nicole Bricq, s'est déclarée mercredi favorable à des mesures de rééquilibrage du parc automobile français pour faire baisser la part du diesel, au lendemain du classement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des gaz d'échappement des moteurs fonctionnant au gazole parmi les substances cancérogènesLe parc depuis 15 ans s'est complètement déséquilibré", a déclaré Nicole Bricq à des ...

17/06/2012

Les ONG peuvent demander le réexamen d'une législation de l’UE

lu sur :

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=5216

16-06-2012 - Les ONG peuvent demander le réexamen d'une législation de l’UE 

 En 2008, les ONG PAN-Europe et Stichting Natuur en Milieu demandèrent à la Commission européenne de réexaminer le règlement 149/2008 accordant un assouplissement des normes relatives aux résidus de pesticides dans les aliments. La Commission avait toutefois refusé de procéder au réexamen, au motif que le cadre réglementaire n’octroyait pas aux ONG le droit d’une telle requête. 

Mais un jugement rendu le 14 juin dernier par la Cour européenne de justice permet désormais aux ONG d’avoir accès à la Cour de justice pour demander le réexamen d’une législation. Ainsi, la remise en question des décisions de la Commission devant la Cour de justice ne sera plus l’apanage d’organisations à but lucratif, mais servira également la défense d’intérêts publics via l’intervention d’ONG. Forte de cette annonce, PAN-Europe demande à la Commission d’entamer la révision du règlement 149/2008 pour mettre fin à l’assouplissement massif des normes alimentaires, comme demandé en 2008. 

Cécile Cassier

08/05/2012

La justice et le président sortant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/08/karachi-bettencourt-kadhafi-le-citoyen-sarkozy-sur-la-sellette_1697651_3224.html

Bettencourt, Karachi, sondages de l'Elysée... Les affaires qui menacent Sarkozy

 

LE MONDE | 08.05.2012 à 10h46 • Mis à jour le 08.05.2012 à 18h45

Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Pour Nicolas Sarkozy, la perspective est particulièrement désagréable : lui qui avait tant tenu à marquer sa différence avec un Jacques Chirac cerné par les juges risque à son tour, une fois son immunité présidentielle arrivée à son terme - un mois après la fin de son mandat, soit le 15 juin à minuit -, d'être convoqué par des magistrats. Redevenu justiciable ordinaire, M. Sarkozy s'expose en effet, dans les procédures où son nom est cité, à des convocations auxquelles il aurait à répondre en qualité de témoin, de témoin assisté, voire de mis en examen.

Lire "Le statut pénal du chef de l'Etat, mode d'emploi"

Dans la seconde partie de son quinquennat, l'actuel chef de l'Etat a déjà été éclaboussé par plusieurs enquêtes judiciaires qui ont provoqué la mise en cause de nombre de ses proches. Ainsi, dans l'affaire dite des "fadettes", le patron du contre-espionnage Bernard Squarcini et le procureur de Nanterre Philippe Courroye sont poursuivis pour avoir cherché à identifier les sources des journalistes du Monde coupables d'avoir publié des informations gênantes pour le pouvoir dans l'affaire Bettencourt.

> Lire "Les contre-vérités de Sarkozy sur les "fadettes" des journalistes"

Amis de longue date du président, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire sont quant à eux mis en examen dans le volet financier de l'affaire de l'attentat de Karachi - dont on commémore le dixième anniversaire, mardi 8 mai. Quant à Eric Woerth, il a subi le même sort dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Ces deux derniers dossiers sont ceux dans lesquels M. Sarkozy ne devrait a priori pas échapper à une convocation.

  • L'affaire Bettencourt, la plus menaçante à court terme

Dans le volet politique du dossier Bettencourt, instruit à Bordeaux, le président sortant est soupçonné d'avoir été financé illégalement par le couple de milliardaires lors de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a déclaré avoir remis à Patrice de Maistre, alors gestionnaire de fortune, 50000 euros en espèces. Une somme, à en croire Mme Thibout, destinée à Eric Woerth, trésorier de la campagne de M. Sarkozy.
Dans le même dossier, le chef de l'Etat est, plus directement, accusé d'être venu 
chercher - comme d'autres hommes politiques - de l'argent liquide au domicile de Liliane et André Bettencourt.

> Voir "Le feuilleton Bettencourt en images"

La juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, relatant les dessous du supplément d'information qu'elle eut à conduire, a provoqué un tollé en révélant en août 2011 dans le livre Sarko m'a tuer (éd. Stock) qu'un témoin avait confié à sa greffière: "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais pas le dire sur procès-verbal." Ses déclarations fracassantes lui ont valu d'être dessaisie du volet "abus de faiblesse" du dossier et une convocation dans le bureau du juge bordelais Jean-Michel Gentil, qui gère désormais les différents aspects de l'affaire.

Le magistrat, qui souhaiterait boucler rapidement son dossier, ne pourra faire l'économie d'une audition de M.Sarkozy, d'autant que d'autres témoignages ou documents ont également évoqué d'éventuelles remises de fonds au profit de l'ancien maire de Neuilly.

Dans une ordonnance du 22 mars, le juge Gentil écrit d'ailleurs, à propos de retraits d'espèces suspects de février et avril 2007 : "Il convient de noter que des témoins attestent d'une visite du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007, que des investigations sont donc nécessaires s'agissant de ces premières remises de 2007."

  • L'affaire de Karachi, l'ombre du président sortant

Dans l'affaire de Karachi, le juge Renaud Van Ruymbeke qui instruit le volet financier de l'affaire, attend avec impatience les explications de l'actuel chef de l'Etat. Si pour le moment le magistrat n'a pas réuni à l'encontre de l'ancien maire de Neuilly suffisamment d'éléments justifiant une éventuelle mise en examen, son ombre plane sur cette sombre histoire de vente d'armes.

Lire "Affaire de Karachi : l'ombre de Sarkozy"

Le juge semble considérer que les contrats Agosta (la vente de sous-marins au Pakistan) et Sawari II (la cession de frégates à l'Arabie saoudite), conclus en 1994, pourraient avoir donné lieu au versement de rétrocommissions au profit de la campagne présidentielle du premier ministre Edouard Balladur, en 1995. Or, à cette époque, M. Sarkozy était non seulement un acteur de premier plan de la campagne, dont il était le porte-parole, mais il était surtout ministre du budget - qui joue un rôle clé dans les contrats d'armement.

A ce titre, il a notamment validé la création d'une société au Luxembourg, Heine, par où ont transité des commissions suspectes. En janvier2010, la police luxembourgeoise a conclu que les accords sur la création de Heine "semblaient venir directement de M. le premier ministre Balladur et de M. le ministre des finances Nicolas Sarkozy".

Par ailleurs, l'enquête a confirmé la très grande proximité de l'intermédiaire Ziad Takieddine, au cœur des soupçons de redistribution occulte d'argent, avec l'entourage de M. Sarkozy, Claude Guéant, Jean-François Copé et Brice Hortefeux notamment.

Lire aussi "Comment la justice pourrait traiter la piste libyenne"

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Sondages de l'Elysée : un nouveau front judiciaire
 
Autre dossier menaçant pour Nicolas Sarkozy, l'affaire des sondages de l'Elysée, qui porte sur la convention signée en 2007 par Emmanuelle Mignon, ex-directrice du cabinet du chef de l'Etat, avec la société Publifact de Patrick Buisson, conseiller politique de M. Sarkozy. La dépense engendrée - sans appel d'offres - avait été critiquée par la Cour des comptes. Pour ces faits, M. Sarkozy bénéficie de l'immunité présidentielle. Un débat juridique est en cours pour savoir si "le principe constitutionnel de l'inviolabilité" du chef de l'Etat s'étend à ses collaborateurs. La Cour de cassation doit le trancher dans les mois qui viennent.
Mais un deuxième front juridique s'est ouvert depuis que Raymond Avrillier, maire adjoint (Verts) honoraire de Grenoble, s'est fait communiquer par l'Elysée des factures et des sondages de 2007 à 2009. Il a dénoncé le 4 mai au parquet de Paris des éventuels faits prise illégale d'intérêts. Le nouveau procureur, François Molins, doit dire s'il estime que l'immunité présidentielle s'étend à ses collaborateurs.

27/04/2012

1er mai, fête du VRAI travail !

Un montage amusant :
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sarkozy-petain-et-le-vrai-travail_1108166.html

le vrai travail.png

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

18/04/2012

Présidentielles 2012 : testez le Vote de Valeurs

Mais qu'est-ce ?

Avec le Vote de Valeur, la question posée à l'électeur n'est plus

"quel est votre candidat préféré ?", mais

"quelle est votre opinion sur chacun des candidats ?".

Pour répondre, l'électeur donne une valeur à chaque candidat, de -2 (très hostile), à +2 (très favorable). Au dépouillement, le candidat qui obtient le plus de points est élu en un seul tour. 

Voir la suite sur :

Bienvenue ! [Le Vote de Valeur, pour renforcer la démocratie]

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06/04/2012

Critiquer l'attitude belliqueuse d'Israël, c'est être antisémite

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/04/gunter-grass-accuse-israel-de-menacer-la-paix-mondiale-et-fait-scandale_1680504_3214.html

1Günter Grass accuse Israël de menacer la paix mondiale et fait scandale



 

Le Monde.fr avec AFP | 04.04.2012 à 19h14 • Mis à jour le 05.04.2012 à 18h07

 

Le Prix Nobel de littérature allemand Günter Grass, 84 ans, a créé un énorme scandale lundi 2 avril en publiant, sous forme de poème, un plaidoyer pour l'Irandans lequel il accuse Israël de menacer la paix mondialeCe texte en vers intitulé "Ce qui doit être dit" et paru dans le grand quotidien de Munich, le Süddeutsche Zeitung, a valu à son auteur d'être violemment accusé d'antisémitisme.

Dans son poème, Günter Grass dénonce un "prétendu droit à attaquer le premier", faisant allusion à l'éventualité de frappes israéliennes contre Téhéran. Selon l'écrivain, une telle démarche pourrait mener à "l'éradication du peuple iranien". Il appelle les Allemands, "déjà suffisamment accablés", à ne pas devenir complices d'un "crime prévisible".

Berlin et Tel-Aviv ont conclu en 2005 un contrat de vente de sous-marins conventionnels de type Dolphin, dont un sixième exemplaire doit être livré prochainement. Ces sous-marins peuvent être équipés d'armes nucléaires. Grass dénonce le "silence généralisé" qui pèse sur cette question, évoquant un"mensonge pesant" parce que "le verdict d'antisémitisme tombera automatiquement" sur qui le rompra.

"Pourquoi ne dis-je que maintenant [...] que la puissance atomique d'Israël menace la paix mondiale déjà fragile ?, questionne le Prix Nobel de littérature. Parce qu'il faut dire ce qui pourrait être trop tard demain."

"L'ARCHÉTYPE DE L'ÉRUDIT ANTISÉMITE"

Israël a vivement réagi à ces propos. "Ce qui doit être dit, c'est qu'il est de tradition européenne de blâmer les juifs avant la Pâque juive", a lancé le numéro deux de l'ambassade de l'Etat hébreu à Berlin, Emmanuel Nahshon, dans un communiqué, reprenant le titre du texte de Grass. Le représentant israélien a regretté que son pays soit "le seul au monde remis en cause publiquement dans son droit d'exister", et a assuré que les Israéliens "voulaient vivre en paix avec leurs voisins de la région".

"Günter Grass retourne la situation en prenant la défense d'un régime brutal", a également regretté Deidre Berger, directrice de l'American Jewish Committee à Berlin. Henryk Broder, éditorialiste et polémiste juif renommé en Allemagne, a jugédans le quotidien conservateur Die Welt que "Grass [avait] toujours eu un problème avec les juifs, mais il ne l'avait jamais aussi clairement exprimé que dans ce poème". Pour Broder, Grass est "l'archétype de l'érudit antisémite", de l'Allemand qui est "poursuivi par la honte et le remords".

"Jamais dans l'histoire de la République fédérale, un intellectuel renommé ne s'en est pris avec autant de clichés à Israël"a renchéri l'hebdomadaire Der Spiegeldans son édition en ligne.

Sans nommer Grass, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a publié un communiqué expliquant que "minorer les dangers du programme nucléaire iranien reviendrait à nier la gravité de la situation". Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, s'est de son côté refusé à commenter, au nom de la "liberté de création".

Sur Internet, les réactions étaient enflammées entre défenseurs et détracteurs de Grass, les premiers invitant à réfléchir et discuter des propos de l'écrivain qualifié d'"antisémite" par les seconds. En 2006, Günter Grass, connu pour ses positions de gauche, avait admis avoir fait partie des Waffen SS dans sa jeunesse, lui qui renvoyait souvent l'Allemagne à son passé nazi et dont un des livres les plus connus, Le Tambour, est résolument pacifiste.

Lire : "Günter Grass effeuille sa mémoire"

lire aussi le texte original de Günter Grass sur :

Accuser Israël de menacer la paix mondiale, est-ce ...

lebloglibredemonquartier.midiblogs.com/.../accuser-israel-de-menace...En cache
il y a 13 heures – 05/04/2012. Accuser Israël de menacer la paix mondiale, est-ce ... ... être antisémite ou clairvoyant ?  
 
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