Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

09/06/2011

Europe écologie et liberté d'expression

Alerte : la Profession de foi de Stéphane Lhomme
est censurée par la direction d'Europe écologie

Motif : interdit d'égratigner
l'icone Nicolas Hulot !

Résultat : les 25 000 votants vont recevoir les professions de foi des
candidats Hulot, Joly, et Stoll, mais pas celle de Stéphane Lhomme !

Voir la profession de foi interdite : ici

04/06/2011

Communiqué du Pacte contre Hulot

Communiqué du Pacte contre Hulot
http://www.pacte-contre-hulot.org

Stéphane Lhomme (stephanelhomme.free.fr) a obtenu plus que largement le nombre de parrainages nécessaires pour participer aux primaires Europe-Ecologie-Les Verts, en vue des présidentielles.

Même si vous n'êtes pas adhérent à EELV vous pouvez voter aux primaires pour que Lhomme soit le candidat de ce parti. L'inscription coûte 10 euros. Voir ici :


http://primairedelecologie.fr/participer/
Date limite de réception des inscriptions : 10 juin 2011.

Pour la planète et surtout pour ses habitants, votez pour Stéphane Lhomme, signez le Pacte contre Hulot et diffusez ce communiqué.

---------------------------------------
http://www.pacte-contre-hulot.org
Vous recevez cette lettre car vous avez signé le Pacte contre Hulot le 28/02/2010.

01/06/2011

L'isoméride, autre coupe-faim polémique des laboratoires Servier

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Mediator : possible extension du dispositif d'indemnisation

Sur l'impulsion de Gérard Bapt, les députés socialistes proposent d'inclure l'Isoméride, autre coupe-faim polémique des laboratoires Servier, dans le spectre d'indemnisation des victimes du Mediator.

Les députés arguent que les deux produits ont « le même mécanisme d'action et ont tous deux provoqué des pathologies cardiovasculaires. »

La proposition socialiste a peu de chances d'aboutir, jugent Les Echos, faute de soutien au sein de la majorité.


Echos [Les], 01/06/2011

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consom...

01/06 | 07:00 | Vincent Collen

Médicaments : les députés PS veulent indemniser les victimes de l'Isoméride

L'Assemblée examine le texte qui institue un système d'indemnisation pour les victimes du Mediator. Les députés socialistes veulent étendre le dispositif à l'Isoméride, autre coupe-faim de Servier. La firme pharmaceutique conteste la constitutionnalité de la loi.

Le député socialiste Gérard Bapt veut étendre l'indemnisation prévue pour les victimes du Mediator aux patients qui ont pris de l'Isoméride, un autre coupe-faim des Laboratoires Servier retiré du marché en 1997. L'élu de Haute-Garonne, qui préside l'une des missions d'information parlementaires sur le Mediator, présente ce matin en commission un amendement en ce sens au texte de loi du gouvernement. « Les deux médicaments ont le même fabricant, le même mécanisme d'action, et ont tous deux provoqué des pathologies cardiovasculaires, il serait logique que les victimes de l'Isoméride bénéficient du même dispositif que les victimes du Mediator », explique-t-il.

Pas de soutien de la majorité

Cette proposition a peu de chances d'être votée, faute de soutien de la majorité. « Je m'y opposerai, car elle risquerait de compliquer une procédure simple, indique Jean-Pierre Door (UMP), rapporteur pour avis de la commission des Affaires sociales pour ce texte, qui fait partie de la loi de Finances rectificative. Le but de ce dispositif est d'apporter une réponse urgente à une demande urgente, celle des victimes du Mediator. »

Les débats s'annoncent donc animés, d'autant qu'une autre question pourrait donner du fil à retordre au gouvernement. Le projet de loi prévoit que l'Etat indemnise la victime dans le cas où Servier refuse de payer. L'Etat pourra ensuite se retourner contre le laboratoire pour obtenir le remboursement des sommes versées. La justice pourra alors y ajouter une pénalité de 30 %. Deux fois plus que les 15 % prévus par la loi dans des cas comparables. Ce point est vivement contesté par Servier. Son avocat, Hervé Temime, menace d'un recours devant le Conseil constitutionnel. Le texte de loi devrait de toutes façons être examiné par le Conseil après le vote du Parlement.

VINCENT COLLEN, Les Echos

20/05/2011

Timide transparence sur les conséquences de l'accident de Fukushima

lu sur :

http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/05/20/timide-transparence-sur-les-consequences-de-l-accident-de-fukushima_1525067_1492975.html

Timide transparence sur les conséquences de l'accident de Fukushima

20.05 | 15h42

 

Le gouvernement japonais, la Compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), mais également les chercheurs auparavant parties prenantes du puissant lobby nucléaire nippon, semblent plus enclins à communiquer.

Quelque chose a changé dans l'information donnée aux Japonais sur la crise nucléaire de Fukushima. Après deux mois passés à minimiser les dangers encourus, à éluder les questions sur la gravité réelle de l'accident survenu après le séisme et le tsunami du 11 mars dans quatre des six réacteurs de la centrale, le gouvernement, la Compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), mais également les chercheurs auparavant parties prenantes du puissant lobby nucléaire nippon, commencent à faire preuve d'un peu plus de transparence.

Preuve de cette évolution, sensible mais timide, le porte-parole du gouvernement Yukio Edano s'est engagé à faire "tout son possible pour garantir la transparence de l'information" lors de la visite du 24 mai au 2 juin d'une équipe d'enquêteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Un aveu qui en dit long sur la politique suivie jusque-là.

De même, les documents rendus publics le 16 mai par Tepco témoignent du chaos à la centrale immédiatement après le tremblement de terre de magnitude 9 qui a frappé le Tohoku, le nord-est du Japon. Il ressort de ces compte-rendu que, contrairement à ce qu'affirmaient l'entreprise et la plupart des experts "officiels" repris par les grands médias japonais, l'accident nucléaire a commencé avant l'arrivée du tsunami, preuve que l'installation, pourtant construite selon des normes considérées comme les plus strictes du monde, a mal résisté au tremblement de terre. Le tsunami n'a fait qu'aggraver la situation.

DANGEROSITÉ PERSISTANTE

De même, les annonces de Tepco, selon lesquelles les cuves des réacteurs étaient intactes et le combustible avait partiellement fondu, étaient erronées et surtout bien loin d'une réalité qui confirme la dangerosité persistante d'une situation d'autant plus précaire que la région reste soumise à de violentes répliques sismiques comme celles de magnitudes 5,8 et 4,6, qui ont touché l'est du Japon vendredi 20 mai. Les nouvelles données hypothèquent également l'engagement de Tepco, pris le 17 avril et réaffirmé le 17 mai, de reprendre le contrôle de l'installation d'ici six à neuf mois.

Mais ce qui inquiète le plus les Japonais aujourd'hui est l'information sur les niveaux de contamination. Le ministère des sciences tient à jour des mesures réalisées dans toutes les préfectures du pays.

Plusieurs chercheurs, comme le professeur Kunihiko Takeda, expert en enrichissement de l'uranium, contestent la manière dont elles sont réalisées. Il regrette notamment qu'elles soient effectuées à 18 m de hauteur. A ses yeux, il vaut mieux effectuer des mesures au niveau du sol, pour connaître l'exposition réelle de la population. Mais, à ce niveau elles devraient être plus élevées.

UNE CARTE DES ZONES CONTAMINÉES

L'autre critique porte sur la gestion de la contamination des aliments. Malgré la découverte de hauts niveaux de radiations dans du lait ou des légumes à feuilles (épinards, persil...), les ventes ne sont pas systématiquement interdites.

Autrement, le gouvernement a rendu publique à deux reprises, une fois en avril, puis le 17 mai, une carte des zones contaminées. Pour les zones les plus touchées, qui s'étendent jusqu'à une quarantaine de km en direction du nord-ouest de la centrale et dont les populations, environ 80 000 personnes, doivent être évacuées avant la fin mai, il a fixé des niveaux acceptables de radiation à 20 milliSieverts (mSv) par an, une décision qui a incité l'expert en radioprotection, et professeur à l'université de Tokyo Toshiso Kosako à démissionner le 29 avril de son poste de conseiller du gouvernement.

"Il est rare que des travailleurs du nucléaire soient exposés à 20 mSv de radiation en un an. D'un point de vue académique et humain, je ne peux pas accepter que des enfants le soient", avait-il déclaré, en larmes, lors de la conférence de presse donnée après avoir quitté son poste. Il avait également critiqué le gouvernement pour la lenteur des autorités à activer le système de prévision de diffusion des radiations Speedi et à dévoiler les informations collectées par la suite. "Le gouvernement a ignoré la loi, avait-il ajouté. Il a pris des mesures au coup par coup, échouant à reprendre rapidement le contrôle de la situation."

ÉVOLUTION DES DISCOURS

Le mécontentement de M. Kosako est révélateur d'un malaise. Lui-même a toujours été un fervent défenseur du nucléaire. Il faisait notamment partie des critiques du sismologue Katsuhiko Ishibashi, l'un des rares à avoir dénoncé la vulnérabilité des centrales nucléaires japonaises aux tremblements de terre. Inventeur en 1997 du concept de "Genpatsu-Shinsai" – un puissant séisme suivi d'un accident nucléaire – le Pr Ishibashi a toujours critiqué l'aveuglement des décideurs dans leur volonté de construire des centrales à tout pris dans des zones extrêmement dangereuses sur le plan sismique, c'est à dire, à ses yeux, dans tout le Japon.

Toshiso Kosako n'est pas le seul à avoir fait évoluer son discours. Même le président de la Commission de sûreté nucléaire Haruki Madarame, lui aussi grand promoteur de l'atome et très critique des positions du Pr Ishibashi, a reconnu le 1er avril, au côté de 15 experts pro-nucléaires, le danger de l'accident de la centrale de Fukushima.

De même, le 20 mai, l'organisme qu'il dirige a organisé une conférence de presse sur le "malentendu" suscité par la fixation de la limite des 20 mSv par an, pour préciser qu'il "était mieux de limiter l'exposition au maximum", tout en regretant que "certains aient pris l'information du gouvernement comme le signal qu'être soumis à 20 mSv par an était acceptable".

26/04/2011

Manifestations pour la sortie du nucléaire en France et en Allemagne

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/04/25/manifestations-pour-la-sortie-du-nucleaire-en-france-et-en-allemagne_1512660_3244.html

Manifestations pour la sortie du nucléaire en France et en Allemagne

En France, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés à Strasbourg, tandis qu'en Allemagne, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées lors des traditionnelles "marches de Pâques".

09/04/2011

À propos de gaz de schiste : un article du New York Times

à lire sur :

http://www.nytimes.com/2011/02/27/us/27gas.html?_r=2&hp

Regulation Lax as Gas Wells' Tainted Water Hits Rivers 

"The American landscape is dotted with hundreds of thousands of new wells and drilling rigs, as the country scrambles to tap into this century’s gold rush — for natural gas. "...

Résumé en français sur :

http://ownilive.com/2011/03/01/pennsylvanie-des-puits-de-gaz-de-schiste-explosent-
les-compteurs-geiger/

07/04/2011

L'artiste que Pékin veut réduire à néant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/04/07/l-artiste-que-pekin-veut-reduire-a-neant_1504322_3216.html

L'artiste que Pékin veut réduire à néant

LEMONDE | 07.04.11 | 14h12  •  Mis à jour le 07.04.11 | 14h12

C'est la veille des congés de Qingming, la Fête des morts, que l'artiste Ai Weiwei a "disparu" : en partance pour Hongkong, il a été emmené à l'aéroport de Pékin par des officiers de l'immigration. Sa femme et ses équipes sont sans nouvelles de lui. L'avocat Liu Xiaoyuan n'en sait pas plus.

Malgré l'indignation qu'a suscitée à travers le monde l'arrestation supposée du pape de l'avant-garde chinoise, aucune information n'est encore venue la confirmer ni l'infirmer. Jusqu'à cet éditorial du Huangqiu Shibao, publié trois jours plus tard, le 6 avril au matin : Ai Weiwei est un "franc-tireur de la société chinoise", qui "fait des choses que les autres n'osent pas faire", "il s'est approché de la ligne rouge de la loi chinoise", et "s'il continue comme ça, il va inévitablement franchir cette ligne un jour", prévient l'article.

En 2009, Ai Weiwei avait commémoré Qingming à sa manière. Le jour du nettoyage des tombes fut consacré aux victimes du tremblement de terre du Sichuan, vieux de moins d'un an. Mais les parents des enfants morts sous les décombres de leurs écoles qui avaient été très mal bâties furent astreints à un deuil encadré, de crainte qu'ils ne manifestent. L'artiste avait lancé, en ligne, un journal d'enquête citoyen, pour rassembler les noms des écoliers morts. Sur son blog, chaque enfant identifié fut symbolisé par une bougie.

La quête de ces noms fut mouvementée : ses équipes de bénévoles furent souvent maltraitées, parfois brutalisées. Les noms étaient, leur dit-on, un secret d'Etat. De ce travail sur la responsabilité et la mémoire, dont les archives numériques ont probablement été confisquées par la police dimanche, quand celle-ci a saisi tout le matériel informatique de l'artiste, Ai Weiwei avait déjà tiré plusieurs performances artistiques marquantes. Ainsi, les internautes furent invités à prononcer à haute voix un nom de victime et à envoyer le fichier son à l'artiste, qui en fit un émouvant mémorial sonore, sur Internet, le jour d'anniversaire du séisme.

A Munich, quelques mois plus tard, il recouvrit toute la façade du Musée Haus der Kunst de sacs d'écoliers, détachant en idéogrammes chinois la phrase prononcée par une mère en pleurs : "Elle a vécu heureuse, en ce monde, pendant sept ans."

Cette année-là, son blog, qui rassemble alors des dizaines de millions de pages vues, "disparaît" du monde virtuel, signe que le "franc-tireur" n'est plus très loin de la "ligne rouge". Son nom est banni de la presse chinoise. La censure s'obstine et extirpe toute référence positive à l'artiste : quand, le 21 février 2011, le portail Sina organise un vote pour élire l'artiste de l'année 2010, Ai Weiwei arrive en tête... L'après-midi même, son portrait est effacé.

Cette négation de son travail et de son être, l'exil digital qui lui est imposé - il ouvrira un blog à l'étranger - sont lourds de sens pour un artiste dont l'oeuvre donne une si grande place à la mémoire et à l'Histoire. Dans les années 1990, Ai Weiwei s'est fait connaître par les meubles chinois anciens qu'il remembre, selon les techniques d'époque, dans des postures incongrues. Ces vases ou ces poutres antiques qu'il repeint ou pulvérise : un processus de destruction et de recréation qu'il veut respectueux de la cohérence de l'objet, par opposition aux destructions irrationnelles de la révolution culturelle.

"Sunflower Seeds", l'exposition d'Ai Weiwei, qui dure jusqu'en mai à la Tate Modernà Londres, déroule devant le visiteur cent millions de graines de tournesol en porcelaine, ce dénominateur commun de la pauvreté, et ultime résidu de lien social, dans les pires moments de dénuement économique et humain de l'histoire chinoise, explique-t-il dans le précieux documentaire que la BBC lui a consacré. On peut voir aussi, chez ce metteur en scène de la démesure statistique, une réflexion sur l'individualité et la production de masse dans la Chine d'aujourd'hui. A moins de faire de ces fèves factices, peintes à la main par plus d'un millier d'ouvriers, les pathétiques fossiles de ces tournesols dont la propagande truffait les portraits de Mao, parce qu'ils se tournaient naturellement vers le soleil, comme le peuple vers leGrand Timonier.

Dépositaire des combats de son père, le poète Ai Qing, contre l'injustice, Ai Weiwei fut déjà le témoin d'une tentative d'anéantissement culturel : interdit d'écrire, Ai Qing doit du matin au soir, pendant cinq ans, nettoyer toutes les latrines d'un village du Xinjiang, où la famille a été exilée et vit dans un trou. Leur réhabilitation, comme si de rien n'était, à la mort de Mao, en 1976, remplit Ai Weiwei d'un étrange malaise. Il part pour New York, avec la ferme attention de ne plus remettre un pied en Chine, mais revient en 1993 au chevet d'Ai Qing, malade. Son engagement actuel est "un devoir, une mission, une évidence", nous a-t-il expliqué, en juin 2009, lors d'une interview.

Malgré ses audaces, Ai Weiwei fit longtemps figure d'intouchable. En s'y attaquant, le dragon chinois prend un risque : mardi, sur le site de microblogs chinois Weibo, des centaines d'usagers remplaçaient leur photo par celle d'Ai Weiwei - avant d'être contrés par la police du Net. L'éditorial moralisateur du Huangqiu Shibao, vague et incohérent, intitulé "La loi ne doit pas céder devant les francs-tireurs", a provoqué un tollé. Gare aux artistes, surtout à ceux qui ont de la mémoire...


brice@gol.comBrice Pedroletti

23/03/2011

A Copenhague, la fin de l'utopie Christiania

lu sur:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/03/23/a-copenhague-la-fin-de-l-utopie-christiania_1497246_3214.html

A Copenhague, la fin de l'utopie Christiania

Cette enclave autogérée habitée par moins d'un millier de hippies et autres Copenhaguois désireux d'un mode de vie alternatif avait résisté aux autorités danoises depuis sa création en 1971 sur l'emplacement d'une ancienne caserne.

Quarante ans de résistance, et puis la fin ? Le quartier libre de Christiania, au milieu de Copenhague, c'est le village gaulois qui résiste aux légions de César. Cette enclave autogérée habitée par moins d'un millier de hippies et autres Copenhaguois désireux d'un mode de vie alternatif avait résisté aux autorités danoises depuis sa création en 1971 sur l'emplacement d'une ancienne caserne. Elle était même devenue l'un des squats les plus célèbres d'Europe. Le haschich y a longtemps été en vente libre dans un pays qui l'interdit. Cette tolérance pour le hasch ne signifiait pas que la ville libre était une zone de non-droit. Les habitants eux-mêmes avaient, au cours des décennies, instauré des interdits concernant les armes, les drogues dures ou les marques dans le dos des blousons de cuir, façon de lutter contre la présence des bandes criminelles de motards.

Ces quelque 22 hectares sont un joyau. Tous ses mini-quartiers, avec leurs bicoques rafistolées, leurs baraques de chantier des origines ou leurs maisons d'architecte écolo, font que Christiania est à déguster dans le détail, un mélange de bric et de broc que l'on découvre le long des sentiers. Christiania est devenu au fil des ans la deuxième attraction touristique la plus visitée de la ville. Certains Christianites lui reconnaissent volontiers un côté "zoo humain", mais le revendiquent, désireux de montrer qu'il existe un autre mode de vie possible. Cette époque paraît maintenant bien finie. Le 18 février, la Cour suprême danoise a confirmé que ce quartier très convoité par les promoteurs immobiliers devait rentrer dans le rang et que ces terres appartenaient bien à l'Etat danois.

La droite a voulu une normalisation

En arrivant au pouvoir en 2001, la droite avait fait de la normalisation de Christiania l'un des symboles de sa politique. Le gouvernement avait réussi à faire adopter en 2004 une "loi Christiania". En 2007, un accord envisagea notamment que les bâtiments soient regroupés au sein d'une organisation où n'importe qui pourrait avoir accès aux logements. Les Christianites avaient dit non à ce traité. S'ils persistaient, ils devraient alors acheter leur logement, ce qui aurait été impossible pour la plupart d'entre eux.

Cette culture alternative a fait long feu, sous la pression du gouvernement de droite, soutenu par l'extrême droite. Si la bataille juridique est terminée, et perdue pour les Christianites, les deux camps sont maintenant entrés dans une phase de négociations pour trouver une porte de sortie honorable. Le ministre des finances libéral, Claus Hjort Frederiksen, veut encore éviter la manière forte et a maintenant ouvert des discussions avec les Christianites pour évoquer le futur du quartier. Connaissant l'opiniâtreté des Christianites, ils vont sûrement déborder d'idées pour grappiller encore du temps. En attendant le retour de la gauche au pouvoir, peut-être à l'issue des législatives qui se tiendront d'ici à cet automne ?

Olivier Truc

22/03/2011

On n'arrête pas le progrès ... nucléaire

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/03/22/nucleaire-le-japon-avait-ete-alerte-d-irregularites-a-fukushima_1496991_3244.html

Nucléaire : le Japon avait été alerté d'irrégularités à Fukushima

De nouvelles révélations accablent Tepco, l'opérateur de la centrale de Fukushima, mais aussi les autorités de régulation du nucléaire.

20/03/2011

Le parquet veut un non-lieu dans l'enquête sur le nuage de Tchernobyl

lu sur :

http://www.liberation.fr/societe/01012326365-le-parquet-veut-un-non-lieu-dans-l-enquete-sur-le-nuage-de-tchernobyl

18/03/2011 à 13h38 (mise à jour à 14h28)

Le parquet veut un non-lieu dans l'enquête sur le nuage de Tchernobyl

Le parquet général va requérir un non-lieu dans l’enquête sur le passage en France du nuage radioactif de Tchernobyl lors d’une audience de la cour d’appel de Paris le 31 mars, au grand dam des parties civiles, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit étudier le 31 mars l’appel formé par le Pr Pierre Pellerin, mis en examen pour tromperie aggravée dans cette affaire, contre le refus de la juge d’instruction chargée de l’enquête d’ordonner un non-lieu, a-t-on appris auprès du cabinet de Me Bernard Fau, avocat des parties civiles.

La juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy a parallèlement été suspendue dans ce dossier dans l’attente de la décision de la cour d’appel, a-t-on précisé.

«Cette attitude vise à étouffer l’instruction pénale portant sur la problématique majeure de la communication officielle en direction des populations, lors des catastrophes nucléaires, ce qui est absolument intolérable», a réagi Chantal Lhoir, coprésidente de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), dans un communiqué.

L’association demande au garde des Sceaux Michel Mercier d’empêcher toute «entrave» au déroulement de l’instruction, en particulier que le parquet ne requière pas de non-lieu dans cette affaire.

Dans les jours qui ont suivi l’explosion du réacteur N°4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl le 26 avril 1986, le Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI), dirigé par le Pr Pierre Pellerin, avait diffusé plusieurs communiqués rassurants, affirmant notamment que «l’élévation relative de la radioactivité» en France était «très largement inférieure aux limites réglementaires».

L’enquête sur le passage en France du nuage de Tchernobyl, a été ouverte en juillet 2001 suite à une plainte de l’AMFT et de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad).

M. Pellerin est seul mis en examen dans cette affaire.

(Source AFP)

17/03/2011

La commission européenne agit en faveur les OGM

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article4751

La Commission européenne attaque l'interdiction nationale des aliments GM pour animaux de la Pologne

par Pauline VERRIERE

Le 14 mars dernier, la Commission européenne a décidé de traduire la Pologne devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), car elle estime que la loi de ce pays, relative à l'alimentation animale, constitue une mauvaise application du Règlement 1829/2003 [1].

En juillet 2006, la Pologne s'est dotée d'une loi relative à l'alimentation animale, dans laquelle la production, la mise sur le marché et l'utilisation d'aliments génétiquement modifiés pour animaux sont interdits. La Commission européenne estime que cette loi est une mauvaise application du Règlement 1829/2003 en ce qu'elle constitue une interdiction générale, qui s'applique également «  à la commercialisation et à l'utilisation d'aliments génétiquement modifiés pour animaux provenant d'autres États membres et des pays tiers ». La Commission rappelle qu'en vertu du Règlement 1829/2003, la procédure d'autorisation des OGM au niveau européen est unique et une autorisation ne peut être « refusée, modifiée, suspendue ou révoquée que conformément aux dispositions du règlement », à savoir l'article 34 du règlement. Cet article encadre la mise en œuvre de mesures d'urgence par les États membres si un OGM autorisé au niveau européen présente « un risque grave pour la santé humaine, la santé animale ou l'environnement […] ». Les autres motifs, tel que socio-économiques, ne sont pas pris en compte par ce Règlement.

Ainsi, la Commission estime que la Pologne n'a pas respecté la mise en œuvre de ce règlement dans le cadre de sa loi sur l'alimentation animale. Conformément à la procédure énoncée à l'article 258 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne (TFUE), la Commission a donc saisi la Cour de justice de l'UE.

Cette décision de la Commission intervient alors même que cette dernière est à l'origine d'une proposition de modification de la réglementation communautaire des OGM. Elle souhaite en effet ouvrir la possibilité aux États membres d'interdire nationalement un OGM autorisé au niveau européen [2]. L'une des questions soulevées lors des différents débats juridiques autour de cette proposition est celle de la légalité de cette proposition et notamment le risque encouru par les États membres qui la mettraient en œuvre. Une des grandes réticences soulevées par cette proposition est la possibilité pour les États d'être attaqués par la Commission européenne sur les choix des arguments retenus [3].

L'affaire est désormais entre les mains de la CJUE, mais est d'autant plus intéressante qu'elle s'inscrit dans un contexte de modification de la législation européenne en matière d'OGM.

1]  (communiqué de presse de la Commission européenne : http://europa.eu/rapid/pressRelease… )

 [2] Voir : UE- Nationaliser les autorisations de PGM à la culture : quelle légalité ? Eric Meunier et Pauline Verrière : http://www.infogm.org/spip.php?arti…

[3] Voir notamment : De possibles arguments pour interdire légalement la culture d'OGM, Eric Meunier et Pauline Verrière, février 2011, http://www.infogm.org/spip.php?arti…

 

 

 

15/03/2011

La France, l'agriculture et les pesticides

lu sur :

http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/pesticides...

Pesticides: les Français en ont plein le sang

Par Annabel Benhaiem, publié le 14/03/2011 à 18:18

Les Français ont plus de pesticides agricoles dans le sang que les Américains et les Allemands. C'est ce qui ressort d'une étude inédite de l'Institut national de veille sanitaire (INVS).

Les Français devancent les Allemands et les Américains au concours de celui qui a le plus de pesticides dans le sang. Les concentrations biologiques de plusieurs substances chimiques ont été mesurées, entre 2006 et 2007, par l'Institut national de veille sanitaire, sur un échantillon représentatif de la population (2000 adultes pour les métaux, 365 pour le mercure, 400 pour les pesticides et les PCB): les trois conclusions qui en découlent sont alarmantes. 

Si les niveaux de plomb, cadmium, mercure, arsenic organique, sont stables ou en baisse, les pesticides, eux, sont présents dans notre sang à des niveaux au moins trois fois plus élevés que dans celui des Américains ou des Allemands. Ces pesticides sont largement utilisés en agriculture, en horticulture et pour un usage domestique (idéaux pour se débarrasser des insectes à la maison, désherber les allées, protéger les plantes du jardin, en finir avec les tiques et les puces de nos animaux de compagnie, ou les poux chez l'enfant). 

La synthèse de l'étude

Cliquer sur le lien (site de l'INVS). 

http://www.invs.sante.fr/publications/2011/exposition_polluants_enns/plaquette_exposition_polluants_enns.pdf

Par ailleurs, il va peut-être falloir apprendre à aimer les trous dans les vêtements ou changer la ventilation dans les toilettes. En effet, les substances que l'on retrouve dans les produits antimites ou les désodorisants pour toilettes, véhiculent d'autres types de pesticides, dits "organochlorés". Or, mauvaise nouvelle, le taux de ces produits chimiques dans notre sang est dix fois supérieur à celui trouvé dans le sang des Allemands! 

Pire encore, les PCB. Malgré leur interdiction totale dès 1979, ils sont encore largement présents dans notre environnement. Ils se sont disséminés dans l'air, le sol, l'eau, les sédiments, contaminant les plantes, les animaux et enfin les hommes. Présents à l'époque dans les encres d'imprimerie et les adhésifs, le site du ministère de l'Ecologie (*) rappelle qu'ils ont aussi été utilisés comme huile pour les transformateurs et les condensateurs, ainsi que dans certains radiateurs ou autres équipements électriques. Ils ont servi de lubrifiant dans les turbines et les pompes, le traitement du métal, les soudures, les peintures et les papiers autocopiants sans carbone.  

Toujours selon cette étude, la concentration des PCB dans le sang des Français est plus élevée que chez nos voisins allemands et américains.

(*) http://www.developpement-durable.gouv.fr/Que-sont-les-PCB-Quels-sont-leurs.html

 

14/03/2011

Petite histoire polynésienne

... sur la folie des grandeurs de ceux qui obtiennent nos votes !

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/l-avion-de-gaston-flosse-vendu-au-royaume-du-bhoutan-13-03-2011-1305761_23.php

Le Point.fr - Publié le 13/03/2011 à 11:55

L'avion de Gaston Flosse vendu au royaume du Bhoutan

L'ATR 42-500 de la présidence de la Polynésie française semble enfin avoir trouvé preneur. Acquis en 2003 pour une douzaine de millions d'euros, il avait été surnommé "Air Flosse One" par analogie avec l'Air Force One américain. À l'époque, Gaston Flosse régnait sur Tahiti. Ses successeurs ont trouvé que ces dépenses étaient démesurées. Imaginez une ville de 260 000 habitants entretenant un tel avion de ligne prévu pour transporter cinquante passagers. Certes, la Polynésie française et ses îles couvrent un territoire grand comme l'Europe, mais la compagnie locale Air Tahiti en assure parfaitement la desserte avec des vols au moins quotidiens, sauf aux Australes, très peu peuplées.

En vente depuis plus d'un an, l'ATR 42 immatriculé F-OITQ "faisait du béton" sur l'aéroport de Faaa, près de Papeete. Cette activité réduite s'affiche au compteur d'heures de vol avec seulement 3 072 heures. Un bi-turbopropulseur de cette catégorie exploité par une compagnie aérienne totaliserait plus de 15 000 heures.

Cap sur l'Himalaya

Aussi l'acquéreur fait-il une bonne affaire en l'achetant 6,2 millions d'euros. MK Tek Europe, une société de maintenance, a remporté l'appel d'offres. Ce broker est spécialiste du négoce d'ATR et de Brasilia. Le client final est Drukair, la compagnie nationale du royaume du Bhoutan. Quelques travaux sont nécessaires pour adapter la cabine de l'avion. Du temps de Flosse, elle ne comptait que vingt-deux sièges et un luxueux salon pour huit personnes.

Coincé entre l'Inde et la Chine, le royaume du Bhoutan lance cette petite compagnie aérienne Drukair, qui va s'équiper également de deux Airbus A319, outre cet ATR adapté aux pistes très courtes accrochées aux contreforts de l'Himalaya d'où partent les amateurs de trekking. Les conditions météo y sont extrêmes au point que la compagnie précise contractuellement qu'elle peut annuler sans préavis et demande aux passagers de prévoir des billets flexibles en cas de correspondance. Fini les eaux turquoise des lagons, l'ATR va désormais voler au-dessus des neiges éternelles et négocier des itinéraires pour contourner des sommets inaccessibles.

11/03/2011

Biogaran est une filiale de Servier

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/biogaran-sarkozy-la-rumeur-qui-fait-fantasmer-la-toile-05-02-2011-136035_23.php

Biogaran-Sarkozy, la rumeur qui fait fantasmer la Toile

Le Point.fr - Publié le 05/02/2011 à 17:36 - Modifié le 05/02/2011 à 17:37

La rumeur se propage sur les blogs depuis deux jours. Le frère benjamin de Nicolas Sarkozy, François, serait le P-DG de Biogaran, la filiale spécialisée dans les médicaments génériques de... Servier, pointé du doigt pour avoir caché la nocivité de son Mediator. Pur fantasme. Le président de Biogaran s'appelle Pascal Brière, et il est en poste depuis sa création en 1996. Son directeur général est Emmanuel Le Doeuff, selon le site gratuit d'informations sur les entreprises, societe.com. "Il y a eu une confusion entre Biogaran et BioAlliance", dont François Sarkozy était le vice-président jusqu'en avril 2010, regrette Pascal Brière. De son côté, le frère du président de la République dément fermement "les délires et la médisance d'Internet". "C'est complètement débile. Je n'ai rien à voir avec cette société. Ça ne mérite que le dédain."

La fausse information date en réalité de 2008. Sa réapparition soudaine début 2011 inquiète suffisamment Biogaran pour que cette filiale de Servier ait mis en place une cellule de veille sur le sujet. Elle a constaté une inflation invraisemblable du nombre d'occurrences que les mots "François Sarkozy" et "Biogaran" généraient sur Google : plus de 4 600. Son président, Pascal Brière, a appelé personnellement François Sarkozy vendredi soir pour le mettre au courant et lui demander de réagir.

Ce retour de rumeur intervient tandis que l'affaire du Mediator éclabousse les autorités. Jacques Servier, fondateur du groupe éponyme, n'a-t-il pas reçu la grand-croix de la Légion d'honneur des mains mêmes du président de la République ? Et le cabinet d'avocats d'affaires auquel appartenait le chef de l'État a eu Servier pour client. Quant à François Sarkozy, il est membre du comité exécutif d'AES partners, qui conseille, entre autres laboratoires pharmaceutiques, Servier. 

10/03/2011

La route de la soie, Kachgar, Chine

lu sur :

http://www.rue89.com/chinatown/2011/02/15/a-kachgar-chine-revenez-dans-cinq-ans-tout-sera-detruit-190216

A Kachgar, Chine : « Revenez dans cinq ans, tout sera détruit »


Alors que la Chine prévoit d'inscrire la Route de la soie au patrimoine mondial de l'Unesco, Kachgar, ville millénaire de cet itinéraire caravanier mythique, est écartée de ce projet de classement.

Pékin souhaite garder les mains libres dans cette oasis du Xinjiang marquée depuis une dizaine d'années par une modernisation intense et brutale : plus de la moitié de la cité traditionnelle ouïghoure – la minorité turcophone musulmane de la province – a déjà été rasée.

 

Ne pas classer pour détruire

Kachgar (Pierre Lombard)


Dans un dédale de rues tortueuses et étroites où seuls les piétons et deux roues osent s'aventurer, le visiteur est frappé par le ballet des bulldozers qui rasent des pans toujours plus vastes de Kachgar.

Les photos sont interdites. C'est ce que nous fait comprendre une employée de la municipalité qui nous explique dans un anglais approximatif :

« Revenez dans cinq ans, quand tout sera détruit et que nous aurons reconstruit des habitations plus sûres. »

 

Une fois partie, nous ressortons l'appareil photo. C'est qu'il faut se dépêcher : alors que la ville traditionnelle ouïghoure s'étendait encore sur plus de 10 km2 dans les années 1980, elle ne couvre plus aujourd'hui qu'environ 4,5 km2.

Quant aux « habitations plus sûres », il s'agit essentiellement de barres d'immeubles d'inspiration soviétique, types HLM, que les autorités chinoises construisent en hâte à la périphérie de la ville pour reloger les habitants chassés du centre historique.

Pour justifier son plan de modernisation de la vieille ville, Pékin invoque des risques de tremblements de terre comparables à ceux qui ont frappé le Sichuan en 2008, faisant 70 000 morts.

De leur côté, les Ouïghours dénoncent cette entreprise de sinisation démographique et spatiale qui, après avoir touché la plupart des villes du Xinjiang, frappe Kachgar depuis maintenant près de dix ans.

Mais alors que l'opinion occidentale s'émeut de la politique en tous points semblable menée par le gouvernement chinois au Tibet, les Ouïghours font figure de « sans voix » face à Pékin et le processus de colonisation démographique se poursuit dans le silence. La part des Han – l'éthnie majoritaire en Chine – dans la population régionale, qui était 6,7% en 1949, s'élève aujourd'hui à près de 40% sur les 19,5 millions d'habitants que compte le Xinjiang.

Diviser (spatialement) pour régner (politiquement)

Kachgar Photo Pierre Lombard

 

Avec ses 90% de Ouïghours pour 400 000 habitants, Kachgar est donc l'un des derniers bastions qui résiste encore à Pékin. Pour l'enlever, le gouvernement central doit briser son unité culturelle et démographique, en promouvant une immigration massive de Han et en opérant une transformation radicale de la trame urbaine traditionnelle composée essentiellement de maisons en pisé.

La ville devient l'espace de déploiement du pouvoir, elle symbolise les tensions politiques et culturelles entre populations locales et Etat chinois.

En perçant de grandes avenues qui viennent crever le centre historique, Pékin cherche à diviser et éclater l'espace urbain pour mieux le contrôler. Transparaît alors la violence politique sous-jacente à l'imposition de ce modèle urbain.

Ce schéma de « fragmentation spatiale » pour reprendre les mots de Jean-Paul Loubes, spécialiste de la région, conduit au morcellement de la ville turque et à l'enclavement des foyers de population ouïghours.

On connaissait l'objectif du gouvernement chinois d'achever l'intégration du Xinjiang à l'ensemble national. L'analyse de son plan de modernisation urbaine nous permet désormais de comprendre ses moyens : le morcellement comme instrument de domination et l'enclavement comme moyen de mise en minorité. Une situation contre laquelle s'insurge Rebiya Kadeer, leader en exil des Ouïgours, qui dénonce l'« assimilation forcée » des Ouïghours.

« Ce qui frappe, c'est la monumentale absence du passé »

Décrire et s'indigner ; c'est généralement ce que font la plupart des observateurs lorsqu'ils abordent le sujet, sans même tenter de comprendre les mécanismes et les causes profondes qui président à la destruction en cours de la vieille Kachgar.

Les dimensions politique et culturelle sont évidemment présentes au coeur de la question ouïgoure, mais quand on regarde ce qu'il se passe sur l'ensemble du territoire chinois, Kachgar semble faire figure de règle plutôt que d'exception.

Ainsi, les exemples de modernisations de villes chinoises où le passé est tout bonnement rayé de la carte pour laisser la place à des constructions neuves sont légion : qu'il s'agisse des hutongs de Pékin détruit pour les JO de 2008, ou bien des lilongs shanghaïen en grande partie rasés, « ce qui frappe le visiteur en Chine », comme l'écrit Simon Leys, « c'est la monumentale absence du passé ».

La notion de patrimoine en Chine repose sur des bases qui échappent en grande partie à nos schémas occidentaux où vielles pierres, histoire et mémoire sont indissociables. Sans doute faut-il alors s'interroger sur ces stratégies de classement et de préservation de sites qui semblent

d'abord servir à capter une manne touristique. Si Kachgar ne fait pas aujourd'hui parti du projet d'inscription à la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, c'est que visiblement, les enjeux politiques dominent encore sur la volonté de développement touristique.

Revenons dans cinq ans !

Photo aérienne de Kachgar . Pierre Lombard

Photos : dans les rues de Kachgar (Pierre Lombard)

Boycottez Facebook !

lu sur:

http://www.rue89.com/chinatown/2011/03/09/facebook-nest-pas-lami-dun-activiste-chinois-194079

Facebook n'est pas l'ami de Michael Anti, activiste chinois

(De Pékin) Michael Anti est très connu. Ce journaliste chinois est réputé pour ses écrits réclamant plus de liberté en Chine, il a plus de 30 000 « followers » sur le réseau social Twitter, et il a été distingué par les universités de Cambridge et de Harvard. Jing Zhao, lui n'est pas célèbre, même s'il s'agit bien de la même personne : Anti est le nom de plume de Jing.

Et pourtant, Facebook a décrété que Michael Anti n'avait pas le droit d'avoir un compte à ce nom : le réseau social américain a décidé, purement et simplement, de supprimer le compte Facebook du journaliste, le coupant de ses 1 100 contacts. Raison invoquée : on ne peut ouvrir de compte Facebook sous un pseudo.

Facebook pour chiens

Incroyable, quand, au même moment, on apprenait que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, venait juste d'ouvrir un compte pour son chien Beast. Explications de la société de Palo Alto : Beast n'a pas de compte, mais une page, ce qui est totalement différent dans l'univers du réseau social.

A première vue, cela pourrait donc être une raison valable, mais on découvre vite des incohérences dans les arguments de Facebook. Il suffit de naviguer sur le site pour y découvrir des comptes (et, donc, pas des pages) répondant aux doux noms de « Cupcake Ninja », « Sexy Galexy » ou bien encore, « Patate Junior »…

Sans vouloir faire de mauvais esprit, on peut parier que les grands ordonnateurs de Facebook ne sont pas allés vérifier l'identité des titulaires du compte auprès d'un officier de l'état-civil.

Internet et censure

La suppression du compte de Michael Anti a plutôt des relents de censure. Le journaliste dérange Pékin, et Facebook n'a pas forcément envie de se mettre à dos les autorités chinoises, surtout en ces périodes de tensions sur fond de manifestations du jasmin.

Le réseau social est toujours censuré en Chine, ce qui le prive de plusieurs centaines de millions de membres potentiels. Une situation délicate, à laquelle le groupe espère sans doute trouver une solution.

Mark Zuckerberg se trouvait d'ailleurs récemment en Chine, ce qui pourrait laisser penser qu'il prépare une version « politiquement correcte » du site pour la Chine.

En attendant, après les affaires Yahoo et Google, Facebook et Michael Anti relancent le débat sur le comportement que doivent adopter les géants d'Internet face aux exigences des autorités chinoises. En 2005, Microsoft avait choisi d'effacer purement et simplement le blog d'un opposant chinois. Son nom : Michael Anti.

07/03/2011

Carthage : tout change, rien ne change

lu sur :

http://www.lepoint.fr/monde/le-clan-ben-ali-livre-le-site-de-carthage-a-la-speculation-immobiliere-07-03-2011-1303416_24.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20110307

Le clan Ben Ali livre le site de Carthage à la spéculation immobilière

Le gendre et le beau-frère du président se sont emparés de trois terrains classés au patrimoine mondial de l'humanité. 
De notre envoyé spéciale à Carthage, Ian Hamel

Non loin des citernes romaines, construites sous l'empereur Hadrien pour alimenter Carthage en eau, un panneau planté sur le bord de la route annonce le chantier des "Résidences de Carthage", un ensemble de haut standing composé de villas individuelles et de petits immeubles. Pourtant, avec ses monuments, ses vestiges et ses trésors encore enfouis dans le sous-sol, le site de Carthage est inconstructible puisque classé depuis 1979 au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco !

Cela n'a pas empêché des proches de l'ancien président Ben Ali, plus précisément son gendre Sakhr el-Materi et son beau-frère Belhassen Trabelsi, de faire main basse sur 12,5 hectares entre septembre 2006 et avril 2007. Ils ont d'abord fait déclasser un terrain d'une superficie de 9 hectares, puis deux terrains de 2,5 et de 1 hectare. Le tout sans que le ministère de la Culture, les Domaines de l'État, l'Institut national du patrimoine ou la mairie de Carthage soient consultés. Sur ces 12,5 hectares, ils ont donc créé le lotissement "Les Résidences de Carthage", dont chaque mètre carré est vendu à prix d'or à la bourgeoisie tunisienne (1 380 euros le mètre carré).

Les travaux se poursuivent

"C'est inimaginable de s'en prendre ainsi à notre histoire, à notre patrimoine. Ben Ali n'a pas spolié uniquement les Tunisiens, mais tous les habitants de la planète", s'insurge Olfa Belhassine, journaliste à La Presse de Tunisie, qui a révélé ce scandale dans un reportage intitulé Le dossier secret d'un déclassement.

L'une des premières décisions du nouveau gouvernement tunisien, après la fuite du dictateur, a été de prendre un arrêté le 16 février 2011 afin de suspendre "la validité de tous les permis de bâtir relatifs aux terrains à caractère archéologique et historique dans le périmètre du site de Carthage-Sidi Bou Saïd". Mais en allant sur place, Le Point a pu constater que l'arrêté restait lettre morte et que les travaux de construction allaient toujours bon train aux Résidences de Carthage. On peut également s'en rendre compte en consultant le site dédié (*). La publicité vante l'architecture puisée "dans le patrimoine méditerranéen et carthaginois" et "la micromosaïque d'inspiration romaine". Sur un site que le Centre du patrimoine mondial de l'Unesco s'apprêtait, en 2011, à classer sur la liste du patrimoine en péril...

(*) http://www.residences-carthage.com/fr/

Image 2.png

02/03/2011

Rions un peu ! (2)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/02/emploi-formation-les-vraies-fausses-annonces-de-nicolas-sarkozy_1486947_823448.html

LEMONDE.FR | 02.03.11 | 18h00  •  Mis à jour le 02.03.11 | 18h00

Emploi, formation : les vraies-fausses annonces de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a dévoilé, lundi 1er mars à Bobigny (Seine-Saint-Denis), les grandes lignes de son plan d'action pour l'emploi (lire un résumé sur le site de l'Elysée). Axe majeur : l'apprentissage et la formation en alternance, antienne de la politique de l'emploi depuis le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo en 2004.

Mais à y regarder de plus près, une bonne partie des mesures annoncées n'est pas nouvelle, soit parce qu'elle a déjà fait l'objet d'un discours de Nicolas Sarkozy, soit car il s'agit d'une mesure déjà mise en place, puis abandonnée, et dont il annonce le retour.

Plus de moyens donnés aux contrats aidés... diminués fin 2010. Nicolas Sarkozy a annoncé, lundi 1er mars, "250 millions d'euros supplémentaires pour financer 50 000 contrats aidés de plus par rapport à ceux déjà budgétés". Nicolas Sarkozy a longtemps critiqué le recours aux emplois aidés et largement réduit leur nombre en 2007. Secteur marchand et non-marchand compris, ils sont passés de 1,383 million fin 2007, selon les chiffres du ministère à 1,245 million fin 2009. Avec un très net recul des entrées dans ce type de contrats : 560 000 en 2008 et 280 000 en 2009.

Face à la crise, Nicolas Sarkozy avait changé son fusil d'épaule, vantant les mérites des emplois aidés lors de son discours de Rethel fin 2008, en en promettant 100 000 de plus, pour arriver à 330 000 nouvelles entrées. La hausse s'est poursuivie en 2009, où l'on comptait au total 1,44 million de ces emplois, et en 2010 (1,63 million). En juillet de cette année, le gouvernement avait annoncé une nouvelle hausse, avec 40 000 nouveaux emplois aidés... Avant de fermer les vannes à la rentrée faute de budget, comme l'avait révélé le quotidien Les Echosen novembre.

François Baroin avait d'ailleurs assumé, fin 2010, cette volonté de limiter ces postes pour réduire le déficit. "Le nombre d'emplois aidés va passer de 400 000 à 340 000 l'an prochain. Dès cette année la part de salaire payée par l'Etat sera ramenée de 90 % à 80 % ce qui est encore très élevé", avait annoncé le ministre du budget. Plutôt qu'une hausse, Nicolas Sarkozy semble donc effectuer un nouveau revirement, en rétablissant 50 000 emplois sur les 60 000 supprimés par M. Baroin. Soit un solde de 10 000 de moins.

"15 000 places supplémentaires d'hébergement" déjà annoncées deux fois."Je vous annonce que l'Etat va mobiliser 250 millions d'euros supplémentaires prélevés sur le grand emprunt pour créer 15 000 places supplémentaires d'hébergement pour les jeunes apprentis", a lancé Nicolas Sarkozy.

Une phrase qui rappelle des annonces déjà faites : lors d'un discours consacré aux priorités du grand emprunt, prononcé le 14 décembre 2009, Nicolas Sarkozy avait dit quasiment la même chose : "Il faut développer l'apprentissage et l'excellence est aussi dans l'apprentissage. En complément des apports des entreprises, des partenaires sociaux et des collectivités locales, 500 millions d'euros seront donc investis par l'Etat pour améliorer l'hébergement des jeunes, pour rénover les centres de formation, les mettre aux normes et surtout les équiper."

L'annonce était précisée, en février 2010, sur le site du gouvernement : 250 millions étaient prévus pour la rénovation des centres de formation, et 250 autres étaient destinés à "développer une offre de logement pour les jeunes apprentis à proximité des centres de formation : 18 000 places supplémentaires seront ainsi financées, pour partie sous forme d'internats de l'alternance, au sein des centres de formation, pour partie en dehors de ces derniers". Au final, les 18 000 places promises en 2009 sont devenues 15 000, promises pour 2011.

Des contrats d'autonomie augmentés, même s'ils déçoivent. Le chef de l'Etat a également annoncé la mise en place de 7 000 nouveaux contrats d'autonomie pour 2011, soit 15 000 au total. Créé en 2008 par Fadela Amara, ce dispositif pilote d'accompagnement vers l'emploi, expérimenté dans 35 départements, vise des jeunes de 16 à 25 ans. Ils sont accompagnés dans l'emploi par des opérateurs privés. Lors de sa mise en place en 2008, l'opération avait pour objectif de toucher 45 000 jeunes au total en 2011. Au 14 avril 2010, on comptait 26 486 contrats signés.

En septembre 2010, Fadela Amara annonçait que 32 000 jeunes avaient bénéficié de cette mesure. L'effort devrait donc permettre d'atteindre l'objectif fixé. Mais à quel prix ? La mesure est en effet très critiquée. La députée UMP Chantal Bruneldénonçait, le 14 octobre 2010, son "mauvais rapport coût efficacité" et évoquait des"résultats décevants".

En 2010, le budget total de la mesure était de 65 millions d'euros pour 14 000 contrats en cours, soit  plus de 4000 euros par jeune suivi. Plusieurs parlementaires de la majorité, mais aussi l'Inspection générale des affaires sociales, ont même demandé fin 2010 leur suppression au profit d'un autre dispositif, le Civis (Contrat d'insertion dans la vie sociale).

Un bonus-malus qui existe déjà. Nicolas Sarkozy a centré son intervention sur l'apprentissage, fer de lance de la politique de l'emploi du gouvernement. Le chef de l'Etat a promis de pousser les entreprises à avoir plus recours à la formation en alternance. Il a ainsi augmenté le taux imposé sous peine de taxes aux grandes entreprises, qui passe de 3 % à 4 % des effectifs. "Mais en contrepartie, nous allons moduler la surtaxe, pour faire en sorte que celui qui ne fait aucun effort soit davantage pénalisé que celui qui est juste en dessous du seuil. En contrepartie de ce malus, le gouvernement va mettre en place un bonus pour les entreprises qui dépassent le quota des 4 %, qui prendra la forme d'une réduction de charges".

Or ce type de dispositif existe déjà. Comme le note le site spécialisé EducPros, il a été introduit par la loi sur l'égalité des chances de 2006, qui prévoyait de majorer la taxe d'apprentissage des entreprises qui ne respectaient pas le quota de 3 %. En 2009, ce dispositif avait été remplacé par un autre, prévoyant une taxe d'apprentissage nouvelle, fixée à 0,1 % de la masse salariale, pour les entreprises.

Le plan "zéro charges", un dispositif datant de 2009... rétabli après sa suppression. "Il faut que chaque chef d'entreprise soit au courant que s'il recrute un jeune en contrat d'alternance, il bénéficiera d'une réduction de charges", a promis Nicolas Sarkozy. En pratique, ce bonus ne s'appliquera qu'aux entreprises de moins de 250 salariés, qui bénéficieront d'une exonération de charges durant 6 mois pour toute embauche en apprentissage ou en contrat de professionnalisation.

Une mesure... déjà annoncée en 2009 par le même Nicolas Sarkozy, lors d'un discours, le 24 avril, à Jouy-Le-Moutier : "Le gouvernement a mis en place cette année, à titre exceptionnel, un dispositif "zéro charges" pour toutes les embauches réalisées dans les entreprises de moins de dix salariés. Et bien nous allons étendre ce dispositif à toutes les entreprises pour le recrutement de leurs apprentis jusqu'en juin 2010. C'est simple, zéro charges pour le recrutement d'un apprenti".

Le dispositif, limité aux PME, avait été présenté comme un succès par le gouvernement, qui estimait qu'il était à l'origine de 500 000 embauches. Il permettait alors d'être exonéré de charges patronales durant 12 mois. Mais le chef de l'Etat avait annoncé la suppression de la mesure, le 10 mai 2010, estimant "qu'avec l'amorce de la reprise depuis le 4e trimestre 2009, elle est moins nécessaire". Elle est donc rétablie.

La "création" d'un portail Internet... déjà en place depuis un an. Nicolas Sarkozy a également évoqué une manière de résoudre la difficulté pour les jeunes désireux de faire une formation en alternance de trouver un poste : "Nous allons créer un portail [Internet] de l'alternance. Ce portail aura une double fonction : il constituera une bourse des emplois, permettant à un jeune d'avoir accès à l'ensemble des offres en alternance sur un territoire et surtout sur un secteur professionnel. Et ce sera un outil de simplification des procédures administratives : car avec ce portail, les procédures seront dématérialisées."

Or, ce site... existe déjà depuis un an. Il s'intitule "le portail de l'alternance" et a été mis en place par Laurent Wauquiez en mai  2010, dans la foulée des ateliers de l'apprentissage et de l'alternance qu'il avait organisé. Il ne s'agit donc pas là d'une "création", mais de communication sur un dispositif déjà en place.

12 000 contrats de professionnalisation... contre 30 000 annoncés. Nicolas Sarkozy a également fait le bilan des actions déjà menées. Il a ainsi vanté les mérites des "développeurs de l'alternance" : des personnes, recrutées au sein des chambres de commerce et d'industrie, pour faciliter les embauches en apprentissage et en alternance. trois cents sont déjà en place, d'après l'Elysée.

Lors de leur mise en place, en 2009, le chef de l'Etat avait fixé des objectifs précis :"Je veux 30 000 contrats de professionnalisation supplémentaires entre juin 2009 et juin 2010". Il est revenu sur ce bilan dans son discours du premier mars : selon lui, ces "développeurs" ont "fait la preuve de leur efficacité pendant la crise pour prospecter les entreprises et aller chercher des offres : 135 000 entreprises ont été contactées, et grâce à eux, 28 000 contrats d'apprentissage et 12 000 contrats de professionnalisation ont été signés". Soit 18 000 de moins que ce qui était demandé.

Samuel Laurent

La formation en alternance stagne depuis trois ans

 

Au final, et au-delà des effets d'annonce, l'alternance est-elle vraiment la meilleure solution au chômage des jeunes et des seniors ? Malgré les efforts du gouvernement, l'offre des employeurs en la matière stagne, et le nombre d'apprentis fait de même. On en comptait, selon les chiffres du ministère de l'emploi, 69 660 en septembre 2010, soit quasiment autant que l'année précédente. Quant aux contrats de professionnalisation, 8 147 étaient en place à la rentrée 2010, contre 8 725 en septembre 2009. Une chute qui pourrait durer : une étude Ipsos réalisée en décembre 2010 pour le compte de la Fondation Auteuil montrait que sept entrepreneurs sur dix comptaient avoir moins recours à l'apprentissage en 2011 qu'en 2010.

 

 

 

 

Éducation nationale : "appel des 47"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/03/01/education-le-mouvement-de-renvoi-des-palmes-academiques-s-amplifie_1486921_823448.html

 

Education : le mouvement de renvoi des Palmes académiques s'amplifie

LEMONDE.FR | 01.03.11 | 16h47  •  Mis à jour le 01.03.11 | 18h44

 

L'"appel des 47" a suscité des vocations. Dans une lettre au ministre de l'éducation nationale, rendue publique mi-février par Charlie Hebdo47 titulaires des Palmes académiques annonçaient qu'ils renvoyaient à Luc Chatel cette décoration pour protester contre les suppressions de postes et la politique d'éducation menée par le gouvernement.

"L'éducation nationale souffre de plus en plus d'une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale", écrivaient les signataires. L'initiative a fait des émules, et quatre-vingts autres personnels de l'éducation ont également renvoyé cette distinction. La liste des 128 signataires sera publiée, mercredi 2 mars, sur le site de Charlie Hebdo, qui a centralisé les signatures.

Le site de l'hebdomadaire doit publier des lettres d'enseignants qui expliquent leur démarche, que Le Monde.fr a pu consulter. Comme les premières, elles émanent aussi bien d'enseignants que de documentalistes ou de proviseurs, de retraités que de personnels en activité. Parmi elles, plusieurs lettres venues l'étranger, de Madrid ou de Madagascar, de personnels de l'enseignement qui s'opposent à la politique actuelle en terme d'éducation. "Les conditions de travail dans lesquelles vous placez les professeurs sont si difficiles que vous les dégoutez de leur métier", écrit ainsi un professeur agrégé de lettres au lycée français de Madagascar, chevalier des palmes académiques.

"J'ai aimé mon métier passionnément", écrit une directrice d'école du Gers aujourd'hui retraitée, également chevalier, pour qui "moins de moyens [pour l'éducation], c'est sacrifier des enfants, semblable à celle que j'étais". Dans ce département, plusieurs titulaires des Palmes académiques se sont organisés pour renvoyer ensemble leurs distinctions, comme l'a raconté le quotidien régional Sud-Ouest.

Après la publication du premier appel, Luc Chatel avait réagi en assurant refuser"qu'on instrumentalise un ordre républicain aussi ancien (...). C'est un comportement qui n'est pas très digne vis-à-vis des dizaines de milliers de nos concitoyens dont on a reconnu le mérite."

Nabil Wakim

 

01/03/2011

Deux articles instructifs sur le gaz de schiste

lu sur :

http://www.montpellier-journal.fr/2011/02/gaz-de-schiste-le-new-york-times-souleve-le-probleme-de-la-radioactivite.html

Le Lundi 28 février 2011 à 18:58

Gaz de schiste : le New York Times soulève le problème de la radioactivité

Le dossier du quotidien américain basé sur de nombreuses interviews et la consultation de milliers de documents pointe notamment des niveaux très élevés de radioactivité dans les eaux usées des forages et les problèmes de traitement que cela pose. De quoi mobiliser un peu plus les opposants à l’utilisation de la fracturation hydraulique, technique utilisée pour l’exploitation des hydrocarbures de schiste (gaz et huile) alors que des permis d’exploration ont été accordés en France et en particulier dans le sud.

lire la suite en cliquant sur le lien :

Gaz de schiste : le New York Times soulève le problème de la radioactivité

------------------------------------------------------------------------------------------

Second article sur :

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/03/gaz-de-schiste-une-expertise-ind%C3%A9pendante.html

Des universitaires et chercheurs de Montpellier, géologues et hydrogéologues, se sont invités, trop discrètement, dans le débat public sur les gaz de schiste. Faisons donc leur un peu de publicité...

Plusieurs scientifiques de l'OREME - Observatoire de recherche méditerranéen de l'environnement - ont mis à la disposition des citoyens un texte proposant leur expertise dans cette controverse.

Une initiative bienvenue et qui correspond tout à fait à l'ambition de cette structure regroupant plusieurs laboratoires de Montpellier (Cnrs, IRD, Université de Montpellier-2) : «Un observatoire du risque et du changement global et anthropique les pieds dans la Méditerranée». Voir sur son site web une présentation de l'OREME, dirigé par  Nicolas ARNAUD, directeur de recherche au CNRS..

Alors que la contestation populaire de cette perspective s'appuie surtout sur des craintes très générales, les chercheurs et universitaires en géosciences de Montpellier peuvent apporter une expertise reconnue, une habitude à travailler avec les industriels des mines et des hydrocarbures... mais en toute indépendance (en principe) puisqu'ils sont payés par les deniers publics et diposent d'un statut les protégeant des pressions de l'extérieur. Leur avis est donc précieux, et la contestation devrait intervenir auprès du gouvernement pour qu'ils soient eux aussi consultés et que les industriels soient contraints de leur fournir les informations qu'ils souhaiteront sur les méthodes d'exploration comme d'exploitation prévues. Et qu'on ne nous fasse pas le coup du secret industriel, d'une part il s'agit de risques environnementaux et d'autre part ces scientifiques ont tout à fait l'habitude de respecter leurs engagements de confidentialité si nécessaire.

Leur texte est précis, mesuré... scientifique. Il ne crie donc pas, mais note les problèmes potentiels que pose l'exploitation du gaz de schiste avec les seules méthodes connues dans une région où la géologie rend les réservoirs d'eau souterrain, très utilisés pour l'eau potable, particulièrement sensibles aux pollutions de surface et en profondeur (à cet égard, il n'aura pas échappé aux spécialistes que la géologie du Bassin parisien est très différente).

Voici deux extraits du texte que vous pouvez télécharger ici pour une lecture plus approfondie (et le voici en pdf):

«QUELLE EST LA RESSOURCE EN EAU SENSIBLE DES ZONES DE PERMIS ?

(lire la suite sur le document à télécharger)

28/02/2011

Rions un peu !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/02/28/deux-seules-lettres-vous-manquent_1486243_3214.html

Lettre d'Allemagne

Deux seules lettres vous manquent...

LEMONDE | 28.02.11 | 15h39  •  Mis à jour le 28.02.11 | 15h40

Devinette : que peut-on encore vouloir, à 35 ans, lorsqu'on est issu d'une des plus vieilles et des plus riches familles du pays, que l'on porte dix prénoms d'ancêtres illustres, que sa femme est une descendante directe de Bismarck, que l'on a deux jeunes enfants, que l'on est beau, intelligent, déjà député, qu'on se prépare à être ministre et qu'on se rêve chancelier ? Réponse qui coule de source en Allemagne : un grade de doktor délivré par une université.

Ces deux lettres "Dr" qu'un officier de l'état civil va respectueusement accoler à votre patronyme sur vos papiers d'identité et qui achèveront de faire de vous un aristocrate de la République. La crème de la crème peut même exhiber sur sa carte de visite un "Dr Dr" (pour les auteurs de deux thèses) voire un "Prof. Dr" ou un "Prof. Dr. Dr" pour les universitaires.

Le titre de doktor est une distinction intimement liée à l'histoire du pays. Un titre prestigieux porté par des Allemands aussi différents que Martin Luther au XVesiècle, la militante communiste Rosa Luxemburg, au début du XXe siècle, ouJoseph Goebbels quelques années plus tard. Un honneur dont peuvent actuellement se réclamer 2 % des Allemands actifs mais 50 % des grands patrons et, jusqu'à ces derniers jours, douze des seize ministres du gouvernement du Dr Merkel.

Pour obtenir ce sésame, le baron Karl-Theodor Maria Nikolaus Johann Jacob Philipp Franz Joseph Sylvester von und zu Guttenberg était prêt à tout. Sacrifier sa vie de famille, négliger ses électeurs, déserter le Bundestag.

Bref, voler dans un emploi du temps déjà surchargé quelques précieuses heures pour établir une savante comparaison entre la Constitution américaine et les traités constitutionnels européens, thème de sa thèse de 475 pages comportant pas moins de 1 200 notes de bas de page. Un travail remarquable auquel les enseignants de l'université de Bayreuth n'ont pas hésité à accorder en 2006 la meilleure mention, la si recherchée summa cum laude. Enfin, c'est ce que l'on croyait. Jusqu'à ce qu'un juriste de Brême, Andreas Fischer-Lescano, intrigué par l'inégale qualité du style et des arguments employés, vérifie sur Google que l'actuel ministre de la défense d'Angela Merkel, ne s'est pas contenté de recycler certains des discours prononcés au début de sa carrière. Une pratique certes légale mais un tantinet désinvolte. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que ce n'était pas ses propres écrits que Karl-Theodor zu Guttenberg avait reproduits mais, dans plusieurs cas, ceux d'autrui, sans qu'aucune mention ne le précise.

Révélée par la Süddeutsche Zeitung le 16 février, l'affaire prend des proportions inouïes. Rapidement, les internautes ont découvert que le "baron von Googleberg" comme on le surnomme désormais n'a pas copié quelques passages mais les deux tiers de sa thèse. Depuis, ce roi de la com'capable d'emmener sa ravissante épouse, star du petit écran, passer quelques heures auprès des soldats allemands en Afghanistan et d'y faire installer un studio de télévision, multiplie les gaffes. D'abord il nie les faits. Puis, s'octroyant un pouvoir que nul ne lui a conféré, il renonce de lui-même à son prestigieux titre. Enfin, il présente ses excuses devant le Parlement tout en affirmant ne pas avoir "consciemment trompé" le jury de thèse.

L'affaire ne devrait pas en rester là. L'université de Bayreuth a d'ores et déjà déchu "KT" de son titre mais, dans un sursaut d'orgueil, a décidé de poursuivre l'enquête pour analyser l'étendue de la tromperie. Tous les textes du ministre sont passés au peigne fin. Surtout, l'opposition qui le soupçonne d'avoir utilisé un nègre, vérifie dans quelle mesure il a eu recours pour sa thèse aux petites mains du Bundestag. Tout cela devrait logiquement conduire Karl-Theodor zu Guttenberg à démissionner. Logiquement. N'a-t-il pas menti alors qu'il prétendait incarner la droiture en politique ? N'a-t-il pas entaché la réputation d'une université qui, hasard malencontreux, avait reçu peu de temps auparavant des fonds d'une société dont la famille zu Guttenberg était l'un des principaux actionnaires ? Ne jette-t-il pas le discrédit tant sur la classe politique que sur l'élite allemande ? Lui qui n'a pas hésité, ces derniers mois, à se séparer de deux très hauts gradés militaires sur lesquels pesaient de simples soupçons, sans attendre les conclusions des enquêtes lancées à leur encontre, ne devrait-il pas se montrer aussi exigeant avec lui-même ?

Mais "K T" semble intouchable. Lundi 21 février, en pleine tourmente, les militants de la CDU lui ont fait un triomphe. Si l'élite est choquée, l'opinion, elle, soutient ce ministre qui fut en 2009 le député le mieux élu du pays et reste le ministre le plus populaire du gouvernement. Signe de ce décalage : sur le site de Süddeutsche Zeitung, influent quotidien de centre gauche, 84 % des internautes indiquent qu'ils souhaitent la démission du ministre mais 87 % des 261 223 lecteurs de Bild, qui ont pris la peine de téléphoner aux numéros mis à leur disposition par ce quotidien populaire, jugent au contraire qu'il doit rester. Car "c'est un bon ministre" qui, à leurs yeux, n'est sans doute pas plus coupable de turpitudes que les autres responsables politiques. Logique de l'efficacité contre logique de l'honneur, le débat ne fait que commencer.

lemaitre@lemonde.frFrédéric Lemaître

21/02/2011

Internet et le pouvoir américain

lu sur :

http://www.lemonde.fr/international/article/2011/02/21/washington-defend-l-internet-libre-mais-sous-surveillance_1483056_3210.html

Washington défend l’Internet libre…mais sous surveillance
 | 21.02.11 | 12h30  •  Mis à jour le 21.02.11 | 15h49

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Obama, les Etats-Unis ont érigé la "liberté de l'Internet" en objectif officiel de leur politique étrangère. Ce volontarisme fut solennellement réaffirmé en janvier 2010 dans un discours de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui proclama l'avènement d'un nouveau droit humain fondamental, le "droit de connexion".

Au passage, Mme Clinton rappela que son pays a une responsabilité particulière, car il est la "terre natale" de l'Internet. Pour Washington, la défense de l'Internet est d'autant plus naturelle qu'il s'agit de faire la promotion à l'export d'entreprises américaines comme Google, Twitter ou Facebook, dont les dirigeants sont proches des élites politiques et financières du pays.

La secrétaire d'Etat avait aussi annoncé le renforcement d'un programme hérité de l'administration précédente : l'aide financière à des entreprises et des ONG fabriquant des logiciels anticensure, pour aider les opposants vivant sous des régimes autoritaires à contourner les blocages, crypter leurs messages et effacer leurs traces. Les bénéficiaires des fonds fédéraux devaient distribuer leurs logiciels gratuitement, les traduire en différentes langues et offrir des programmes de formation.

Un an plus tard, au lendemain des soulèvements populaires de Tunisie et d'Egypte, Mme Clinton fait un premier bilan de son action, citant notamment la création d'un service spécialisé au département d'Etat et le déblocage de 30 millions de dollars (22 millions d'euros) pour une soixantaine d'organismes développant des systèmes anticensure.

L'une des ONG ayant reçu des fonds fédéraux ces dernières années est le projet TOR (The Onion Router). Géré par des hackeurs américains et européens, TOR a créé un réseau international de serveurs permettant de crypter tous les types de messages et de se connecter sans laisser de traces. L'un des responsables américains de TOR, Jacob Appelbaum, a voyagé au Moyen-Orient, de la Tunisie au Kurdistan, pour faire connaître son système aux militants locaux.

Or, M. Appelbaum est aussi un membre actif de WikiLeaks. Cela fait partie de son métier car, au départ, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, avait pour but d'aider les internautes vivant dans des pays de dictature à dénoncer des actes immoraux ou illégaux commis par leur patron ou par un responsable officiel. De fait, WikiLeaks s'appuie en partie sur les serveurs de TOR pour garantir l'anonymat de ses sources.

Dès que M.Assange commence à publier des documents confidentiels appartenant aux Etats-Unis, le statut de M. Appelbaum change aux yeux des autorités américaines : il cesse d'être un héros de la liberté pour devenir un complice présumé dans l'enquête criminelle lancée contre WikiLeaks pour vol de documents.

"HÉGÉMONIE AMÉRICAINE"

Au cours de l'été 2010, M. Appelbaum prend publiquement la défense de WikiLeaks face aux attaques virulentes des responsables politiques américains. Peu après, de retour d'un voyage aux Pays-Bas, il est interrogé pendant plusieurs heures par la police des frontières américaine, qui saisit ses téléphones et ses ordinateurs portables. Même chose en janvier, alors qu'il rentre d'un séjour en Islande –mais cette fois la police est bredouille, car désormais il voyage léger, sans appareil électronique.

Interrogé par Le Monde, M. Appelbaum met en garde les jeunes étrangers qui racontent leur vie avec insouciance sur les réseaux sociaux: "Si vous êtes sur Facebook, bienvenue dans le monde de l'hégémonie américaine!" Il rappelle que le business model de ces entreprises est fondé sur le stockage et l'analyse des données personnelles de leurs utilisateurs, puis il raconte une anecdote : un jour, il se rendit dans les locaux de Facebook en Californie pour un entretien d'embauche (qui n'aboutit pas). Là, il bavarda par hasard avec un homme disant travailler pour une agence fédérale qui était en train d'installer un système d'inspection des serveurs de Facebook.

De son côté, la justice américaine s'intéresse aussi aux réseaux sociaux. En janvier, Twitter a annoncé qu'un procureur fédéral exigeait des copies des comptes de MM. Assange et Appelbaum et d'autres militants de WikiLeaks, dont Birgitta Jonsdottir, députée islandaise. En outre, le procureur avait interdit à Twitter de prévenir les personnes visées. L'entreprise a réussi à faire annuler cette dernière mesure et a pu alerter ses utilisateurs, mais leurs recours juridiques semblent limités.

Yves Eudes

12/02/2011

SCANDALE !

La Suisse n'est pas

un paradis !!!

lu sur :

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/02/12/04016-20110212ARTFIG00364-la-suisse-gele-les-avoirs-de-la-famille-moubarak.php

 

La Suisse gèle les avoirs de la famille Moubarak

12/02/2011 | Mise à jour : 10:39

Le Conseil fédéral helvétique veut ainsi «prévenir tout risque de détournement de biens publics égyptiens», a-t-il expliqué.

Dépossédé du pouvoir en Egypte, Hosni Moubarak pourrait bientôt l'être aussi de ses biens. A peine une demi-heure après l'annonce de la démission du Pharaon, soit à 17h30 ce vendredi, le gouvernement suisse a annoncé qu'il bloquait tous les fonds pouvant appartenir au président égyptien et à sa famille en Suisse. Le Conseil fédéral a publié une ordonnance en ce sens demandant aux banques suisses de rechercher et de geler les avoirs du clan Moubarak. D'après la Banque nationale suisse, fin 2009, les dépôts égyptiens sur les comptes en Suisse atteignaient 3,6 milliards de francs suisses (2,27 milliards d'euros).

«Le président Hosni Moubarak a démissionné aujourd'hui, après des semaines de manifestations de masse. Le Conseil fédéral a pris acte de cette évolution de la situation», peut-on lire dans ce texte. Les avoirs de Moubarak et de son entourage ont été bloqués «avec effet immédiat» et l'ordonnance est «valable trois ans», précise le Conseil fédéral. «En outre, la vente et l'aliénation de biens - notamment immobiliers - appartenant à ces personnes sont interdites. Le Conseil fédéral veut prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir tout risque de détournement de fonds publics.»

Entre 40 et 70 milliards de dollars

Selon des experts du Moyen-Orient cités par le journal britannique Guardian, la fortune de la famille Moubarak serait comprise entre 40 et 70 milliards de dollars (29,5 et 51,7 milliards d'euros). Elle serait répartie comme tel : 15 milliards de dollars pour Hosni Moubarak, un milliard pour son épouse Suzanne, huit milliards pour son fils aîné, Alaa et 17 milliards pour son second fils Gamal. Par comparaison, celle du couple Ben Ali est estimée à cinq milliards de dollars, selon le classement du magazine américain Forbes. Et celle de l'homme le plus riche des Etats-Unis, Bill Gates, à 54 milliards.

Le journal algérien Al Khabarprécise de son côté qu'une bonne partie de la fortune des Moubarak serait déposée dans des banques ou investie dans de l'immobilier. La famille Moubarak possèderait ainsi, en dehors de l'Égypte, des propriétés aux États-Unis, en Grande-Bretagne (dont les fils et la mère détiennent la nationalité), en France, en Suisse, en Allemagne, en Espagne et à Dubaï. Enfin, ses deux fils, Gamal et Alaa ont créé et pris des participations dans de nombreuses sociétés en Europe et aux États-Unis.

(Avec agences)

LIRE AUSSI :

» La fortune des Moubarak dépasserait les 40 milliards

» Hosni Moubarak, le pharaon déchu

» DOSSIER SPÉCIAL - Tunisie, Égypte... Révoltes dans le monde arabe

07/02/2011

Pour la petite histoire : comment le président déchu Ben Ali s’est enfui dans son Boeing

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/2c24c0a6-3239-11e0-9581-5c80251fb044|0

tunisie lundi7 février 2011

Comment le président déchu Ben Ali s’est enfui dans son Boeing

Isabelle Mandraud Le Monde

Des témoins racontent le départ précipité le 14 janvier et le vol du chef d’Etat tunisien, accompagné de son épouse Leïla Trabelsi et de proches, vers l’Arabie saoudite.

Lorsque l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali a quitté la Tunisie, le 14 janvier, pensait-il y revenir très vite? C’est ce qu’il a laissé entendre à l’équipage qui l’a accompagné à bord de l’avion présidentiel, ce soir-là, en Arabie saoudite: «Allez vous reposer et demain, vers 7 heures, on repart pour la Tunisie», a-t-il lancé au commandant de bord et au copilote, à son arrivée à Djeddah, avant de rejoindre le pavillon royal de l’aéroport.

Ils étaient cinq à composer l’équipage: les deux pilotes, un mécanicien, une hôtesse et un steward. A partir du témoignage précis de certains d’entre eux et d’un responsable au sol, Le Monde a pu reconstituer le dernier vol du président déchu. Il apporte un éclairage précieux sur les conditions du départ du dirigeant tunisien, qui demeure, à bien des égards, mystérieux. A-t-il été poussé vers la sortie? Ou bien un plan avait-il été ourdi pour l’éloigner d’une situation de chaos, avant de le faire revenir comme celui pouvant ramener l’ordre?

Le 14 janvier, alors que la police a commencé à charger les manifestants, à Tunis, la direction de l’aviation civile est prévenue qu’un plan de vol «pour entraînement» est déposé concernant l’appareil immatriculé BBJ TS-IOO, c’est-à-dire l’avion présidentiel, un Boeing 737-700 équipé d’une trentaine de sièges, d’un bureau, d’une chambre et d’un cabinet de toilettes avec douche. Le plan est un leurre. Aucune indication n’est donnée sur d’éventuels passagers: les codes Tunis 01 et Tunis 02, qui correspondent au président et à sa femme, ne sont pas communiqués. Le personnel navigant est convoqué peu avant 17 heures, dans le hangar qui abrite l’avion présidentiel sur la base militaire de l’Aouina, en face de l’aéroport de Tunis-Carthage.

Un convoi arrive. D’une Mercedes noire sortent Ben Ali, vêtu d’un costume bleu et d’une cravate rouge, et sa femme, Leïla Trabelsi, «pas maquillée», ainsi que leur jeune fils. D’une Porsche Cayenne grise descendent à leur tour l’une des filles du couple, Halima, et son fiancé. Puis viennent trois employés, deux femmes et un homme. L’équipage note la présence autour de l’appareil, en nombre beaucoup plus important qu’à l’accoutumée, de membres de la garde présidentielle suréquipés. Parmi eux figure leur chef, Ali Seriati.

« Je reviendrai avec vous»

Le plein est fait, pas tout à fait, 16 tonnes de carburant. Les passagers n’ont avec eux que quelques bagages, peu volumineux. Soudain, d’autres véhicules surgissent, avec, à leur bord, une quinzaine de membres de la famille Trabelsi, dont Mourad Trabelsi et sa famille, ainsi que le chanteur Seïf Trabelsi. Ils sont armés. Les gardes du corps du président ne les laissent pas monter à bord, en leur promettant qu’ils prendront un autre avion.

Dans le cockpit, Ben Ali dit aux pilotes: «Nous allons à Djerba [île tunisienne située dans le golfe de Gabès], c’est plus calme.» «Je vais monter avec eux parce qu’ils ont peur, précise-t-il en désignant sa famille, puis je reviendrai avec vous.» Leïla Trabelsi s’inquiète de savoir si l’avion a bien reçu l’autorisation de décoller. L’appareil quitte la piste à 17 h 45.

«Le président était très stressé; normalement, il ne va jamais dans la cabine de pilotage, rapporte un membre de l’équipage. Au bout de quelques instants, poursuit-il, Ben Ali nous a demandé de faire route vers Djeddah [Arabie saoudite] et il a ajouté: «Si jamais nous n’avons pas assez de fuel, nous pouvons nous ravitailler en Libye.» Cela ne sera pas nécessaire.

Habitué à ne pas commenter les décisions du chef de l’Etat, l’équipage obtempère, mais le commandant de bord et son copilote s’assurent auprès des autorités libyennes, puis égyptiennes, qu’ils peuvent survoler leur territoire.

Durant le trajet, le président tunisien commentera une seule fois la situation dans son pays: «Ce sont les islamistes qui font tout ça, confie-t-il à l’équipage, ils se sont introduits dans la police, vous allez voir, ça va s’aggraver.» Il passe deux appels depuis son bureau. L’un de ses gendres, Sakhr el-Materi, tente de le joindre de son côté, en apparence sans succès.

A 22 h 50, l’avion se pose en Arabie saoudite, avec difficulté. Une violente tempête de pluie s’est abattue sur Djeddah et les autres avions sont déroutés vers Médine. «Nous roulions tout doucement sur la piste, cela a inquiété le président qui est revenu dans la cabine de pilotage.» Il est accueilli par des dignitaires saoudiens que les navigants tunisiens ne reconnaissent pas.

«On a laissé le président»

Mais, à terre, les membres de l’équipage, qui ont des chambres retenues au Hilton, reçoivent des messages angoissés de leurs proches. Dans un salon de l’aéroport, ils apprennent en regardant, médusés, la chaîne Al-Jazira, qu’un avion transportant la famille présidentielle, en fuite, se serait posé en Sardaigne. Inquiet, le commandant de bord tente de joindre le palais de Carthage, puis le PDG de Tunisair (la compagnie nationale), Nabil Chettaoui. Après des hésitations, l’équipage a l’autorisation de redécoller et ne demande pas son reste. Un plan de vol est déposé cette fois au nom de Tunisair, ce qui permettra à l’avion de survoler sans difficulté l’Egypte, la Grèce puis Malte.

L’appareil repart avec le plein de carburant à 1 h 50. «Nous étions tous angoissés, on n’arrêtait pas de se dire: on a laissé le président, témoigne un membre de l’équipage. Mais quand nous sommes arrivés, à 6 h 30 du matin à Tunis, l’armée nous a accueillis en nous remerciant d’avoir ramené l’avion.»

Un jeune Tunisien est mort dans la nuit de samedi à dimanche à Kebili, localité du sud de la Tunisie, après avoir reçu une grenade lacrymogène en pleine tête lors de heurts avec les forces de l’ordre. Par ailleurs, l’immeuble abritant le siège de la police du Kef (nord-ouest) a été incendié hier après-midi. L’armée a été déployée dans la ville après des attaques menées par des «bandes de jeunes». (AFP)

01/02/2011

La publicité d'AREVA pour le nucléaire

Communiqué du réseau "Sortir du nucléaire"

Près de 15 000 signatures contre la publicité d’Areva... et vous ?

Déjà près de 15 000 personnes parmi vous ont envoyé un e-mail au Jury de Déontologie Publicitaire (JDP) et à l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) pour réclamer le retrait immédiat de la nouvelle publicité d’Areva ("L’épopée de l’énergie"). Cette campagne de désinformation coûte près de 20 millions d’euros, et tente de faire passer le nucléaire pour une énergie propre et sûre. Notre spot de contre-information a déjà été vu par plus de 40 000 internautes, et il est dorénavant également disponible en anglais.

Le Jury de Déontologie Publicitaire nous a déjà fait savoir qu’il va examiner notre plainte le 4 février. Vous aussi, participez à la cyber-action pour interpeller le JDP, et relayez sur le web notre spot de contre-information !

 

26/01/2011

Tunisie : une société française confirme la vente de grenades à Ben Ali

lu sur :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/01/26/fillon-se-defend-d-avoir-envoye-des-grenades-a-ben-ali_1470973_823448.html#ens_id=1245377

Une société française confirme la vente de grenades à Ben Ali

Paris se défend d'avoir vendu des grenades à Ben Ali


LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 26.01.11 | 17h35  •  Mis à jour le 26.01.11 | 20h22

Alors que le premier ministre, François Fillon, a assuré mercredi 26 janvier qu'il n'y avait eu "aucune exportation" vers la Tunisie de matériel de maintien de l'ordre en décembre et janvier, la société Sofexi, spécialisée dans le négoce de produits de maintien de l'ordre a indiqué en début de soirée avoir reçu des autorités françaises tous les agréments nécessaires à l'exportation de grenades lacrymogènes commandées "entre décembre et janvier" par le ministère tunisien de l'intérieur.

Ces affirmations de Sofexi confirment les informations du "Monde" selon lesquelles au moins quatre livraisons de grenades lacrymogènes à destination de la Tunisie ont été validées et autorisées par les autorités françaises, fin 2010.

"NOUS AVIONS TOUS LES AGRÉMENTS DES MINISTÈRES"

Le 14 janvier, une cargaison de grenades lacrymogènes, d'uniformes de police et de matraques avait été bloquée à Roissy, juste après le départ du président Ben Ali, mais les raisons exactes de ce blocage restent floues. A l'Assemblée, la gauche, lors d'une vive passe d'arme avec le premier ministre, a accusé le gouvernement d'avoir donné son accord fin 2010 pour cette livraison au régime du président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, qui réprimait alors des manifestations.

"La commande nous l'avons reçue entre décembre et janvier", a indiqué mercredi la société Sofexi qui, après réception de cette demande, a lancé sa demande d'agrément et l'a obtenu. "Nous avions tous les agréments des ministères concernés", a insisté la porte-parole de la société.

Sofexi a par ailleurs expliqué que les sociétés spécialisées dans ce type de matériel demandent des autorisations soit quand elles reçoivent une commande, soit par une autorisation préalable "quand commercialement (elle) se rend compte qu'il va y avoir de la demande. (...) Pour la Tunisie, les deux cas se sont produits" a précisé la société, sans donner plus de précisions.

Concernant la cargaison bloquée à Roissy, Sofexi indique que "c'est le premier cas" qui s'est appliqué. "Il n'y a eu aucune irrégularité de notre part", a tenu à ajouter la porte-parole du groupe, précisant que tous les documents présentés par sa société étaient en règle.

"ACCUSATIONS SANS FONDEMENT"

Ces informations abondent dans le sens des interrogations du député PS George Pau-Langevin, qui a interpellé François Fillon à l'Assemblée sur d'éventuelles exportations récentes de matériel de maintien de l'ordre, lors des questions au gouvernement. L'intéressé a vertement réagi, sous les huées de l'opposition, en lieu et place de sa ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie : "Les accusations que vous portez depuis deux jours sont des accusations sans fondement qui déshonorent ceux qui les portent" a lancé le premier ministre.

"Il n'y a eu aucune exportation de matériel de maintien de l'ordre – et nous ne parlons pas d'armes évidemment – ni au mois de décembre (2010) ni au mois de janvier (2011)", a assuré François Fillon. Cependant, si le chef du gouvernement a précisé qu'aucune livraison n'avait formellement été réalisée car les envois avaient été bloqués par les douanes, il a dans le même temps indiqué que les autorisations données par le gouvernement ne portaient pas sur les matériels finalement retenus en France. Des affirmations en contradiction avec les informations données par la société Sofexi mercredi soir.

------------------------

sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/26/un-ex-ambassadeur-assure-que-paris-etait-informe-de-la-situation-en-tunisie_1470598_3212.html#ens_id=1245377

Un ex-ambassadeur assure que Paris était informé de la situation en Tunisie


LEMONDE.FR avec Reuters | 26.01.11 | 09h21  •  Mis à jour le 26.01.11 | 10h21

Le gouvernement français était parfaitement informé de la corruption et de l'exaspération de la population en Tunisie sous le président Zine Ben Ali et pouvait prévoir la situation qui a conduit à sa chute, déclare un ancien ambassadeur français, mercredi 26 janvier, dans une tribune publiée dans le journal Libération.

Yves Aubin de la Messuzière, ambassadeur de France en Tunisie de 2002 à 2005, explique dans cette tribune que l'ambassade avait informé Paris de la dégradation des libertés publiques, de la corruption et de l'exaspération de la jeunesse.

"EXPERTISE NÉGLIGÉE"

"Les autorités politiques françaises étaient donc parfaitement informées des dérives du système Ben Ali, qui rejetait toute référence à la question des droits de l'homme (...) L'expertise du Quai d'Orsay était négligée", écrit-il.

"Au cours de la décennie passée, les analyses de notre ambassade à Tunis et celles du Quai d'Orsay soulignaient régulièrement la dégradation des libertés publiques et la répression qui touchait les associations et les organisations non gouvernementales telles que la Ligue tunisienne des droits de l'homme, la première dans le monde arabe. Les rapports diplomatiques mettaient aussi l'accent sur l'exaspération et le mal-être de la jeunesse tunisienne, liés certes au problème de l'emploi mais aussi à l'absence d'espace et d'expression politiques", écrit l'ancien ambassadeur.

La menace islamiste brandie par le régime Ben Ali comme "prétexte pour s'abstenir de toute ouverture politique jugée déstabilisante", et reprise par le pouvoir français, était relativisée. "L'analyse diplomatique privilégiait le risque de mouvements sociaux à la menace islamiste", écrit l'ambassadeur.

Il estime que les propos de Nicolas Sarkozy en visite à Tunis en 2008 et évoquant un progrès des libertés publiques, "avaient suscité l'incompréhension et l'indignation". Il dit penser que les ambassades de la région et la France en général doivent changer leur stratégie et renouer des liens avec la société civile, distendus ces dernières années au profit d'un soutien des pouvoirs en place.

-------------------

sur le même sujet, lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/25/tunisie-symbole-de-la-perte-des-valeurs-de-la-france_1470115_3232.html

Tunisie : symbole de la perte des valeurs de la France
LEMONDE.FR | 25.01.11 | 15h26  •  Mis à jour le 26.01.11 | 09h50


Rarement la France n'aura autant failli à sa réputation, hélas bien dévaluée, de patrie des droits de l'Homme. Pendant deux décennies, elle a préféré fermer les yeux devant les exactions d'une dictature tunisienne de plus en plus répressive et corrompue. Elle est demeurée sourde aux appels à l'aide des opposants, journalistes, syndicalistes, avocats, défenseurs des droits de l'Homme tunisiens. Pire, non contente de s'abstenir de la moindre dénonciation, elle n'a pas hésité, toutes classes politiques confondues, à décerner des brevets de démocratie à l'autocrate Zine El-Abidine Ben Ali.

Pourtant chacun savait que la Tunisie n'était pas seulement une terre de tourisme mais aussi une terre de torture où toutes les libertés étaient bafouées de façon à bâillonner la moindre voix discordante. La liste est longue des multiples violations des droits de l'Homme commises par un régime policier entièrement tourné vers la répression : musellement des médias, absence de liberté d'opinion, de réunion et de manifestation, harcèlement des militants contestataires, recours systématique aux mauvais traitements et à la torture, arrestations et condamnations arbitraires, impunité pour les actes de violence des sbires de Ben Ali, système politique verrouillé interdisant tout pluralisme, élections du chef à la soviétique avec 99% des suffrages, sans compter l'incroyable corruption du clan du président et de son épouse.

Alors que la France se félicitait de l'organisation d'un sommet de l'information à Tunis, elle n'a jamais protesté contre les refoulements des journalistes, ou encore du président français de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) expulsé à trois reprises à son arrivée à l'aéroport. De même, lorsque la FIDH a initié en 2001, en France, une procédure contre un haut fonctionnaire du ministère tunisien de l'intérieur pour des faits de torture à l'encontre d'une tunisienne, les autorités françaises, plutôt que de saisir cette occasion pour dénoncer haut et fort la pratique constante de la torture par le régime de Ben Ali, ont tout fait pour étouffer cette procédure et n'ont pas davantage cherché à mettre en œuvre l'exécution d'une condamnation à douze années de réclusion criminelle enfin prononcée en septembre 2010.

La France a préféré soutenir le dictateur, plutôt que d'entendre la colère et la souffrance croissantes du peuple. Alors que le pouvoir tunisien ne cessait de se durcir, elle a même continué, au sein de l'Union européenne, elle aussi largement aveugle, à militer pour l'octroi du statut avancé de partenariat avec la Tunisie. Aucune des justifications mises en avant pour un tel soutien inconditionnel ne résistait pourtant à l'examen. Le prétendu danger islamiste n'était en particulier qu'un leurre, dont a abusé le Président Ben Ali pour pourchasser tous les opposants, la plupart des laïcs. Jusqu'au départ du tyran, l'attitude des autorités françaises a autant manqué de moralité que de lucidité, comme l'ont démontré jusqu'à la caricature les déclarations affligeantes de Madame Alliot Marie.

La vérité est que les politiques français ont renoncé à défendre les valeurs universelles. Sous le fallacieux prétexte qu'il convient de préserver une certaine stabilité internationale, et qu'il n'est pas possible de se brouiller avec tous les Etats autoritaires de la planète, la référence au respect des valeurs élémentaires de la démocratie et des droits de l'Homme est mise sous l'éteignoir. Une telle doctrine, également dictée par la primauté des intérêts financiers, est appliquée aussi bien pour la Russie ou la Chine que pour des pays arabes ou africains. Il s'agit là d'une vision à courte vue. Non seulement la France y perd son âme, mais elle risque fort d'être discréditée et marginalisée.

Contrairement à l'hypocrite discours officiel sur la non ingérence dans les affaires intérieures des Etats, la France s'est bien ingérée dans la politique tunisienne en vantant contre toute évidence les vertus démocratiques du président Ben Ali. Or elle aurait pu et du au moins s'abstenir d'un tel appui à la tyrannie, et au contraire aider la société civile tunisienne à préparer l'inévitable chute du dictateur et la transition consécutive vers un régime démocratique. Le paradoxe était qu'alors que la Tunisie frémissait d'aspirations et de capacités démocratiques, elle devait subir l'une des pires dictatures de la région. En refusant d'apporter son concours à une évolution vers la démocratie, la France a témoigné d'un mépris coupable envers le peuple tunisien, considéré comme inapte à vivre dans un espace de liberté.

Plutôt que d'essayer de trouver de mauvaises et alambiquées justifications à son comportement, la France doit aujourd'hui s'engager pleinement pour apporter tous les soutiens nécessaires au succès de la révolution tunisienne. Elle doit également tirer les leçons de ses défaillances dans la détermination de sa politique étrangère vis-à-vis des pays qui se trouvent dans des situations largement similaires à la Tunisie et où elle fait preuve de la même lâcheté et du même manque de clairvoyance. A défaut, ce sont les peuples marocain, algérien, égyptien, jordanien et autres qui se chargeront de sanctionner sa complicité avec des dictateurs corrompus.

Patrick Baudouin, Avocat à la Cour de Paris président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)

29/12/2010

Publicité gratuite pour un pamphlet

lu sur :

http://www.liberation.fr/livres/01012310422-la-crise-au-sarkozistan-succes-pour-un-pamphlet-publie-sur-internet

 28/12/2010 à 17h52
«La crise au Sarkozistan»: succès pour un pamphlet publié sur Internet

Rédigé vraisemblablement par Daniel Schneidermann, 15.000 exemplaires auraient été écoulés en à peine un mois, selon son «publieur».

(Un extrait de la couverture de «La crise au Sarkozistan»)         

( mon commentaire : je pense que les sikhs ne vont pas être contents... Nous allons avoir des ennuis avec l'Inde )

Sorti en catimini début décembre, La crise au Sarkozistan, pamphlet savoureux édité et vendu sur le site lepublieur.com, est en passe de devenir un phénomène avec plus de 15.000 exemplaires écoulés en à peine un mois, selon son «publieur» en ligne.

Son auteur est officiellement un anonyme, mais le journaliste Daniel Schneidermann, qui en signe la préface, ne laisse pas longtemps planer le suspense. Il a tout écrit. Le thème? Le récit en quatorze brefs chapitres mordants d’un séjour dans notre pays d'un Candide étranger qui n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles.

Nomenklatura qui jouit de multiples passe-droits, justice aux ordres, police secrète paranoïaque, médias silencieux, c'est cela le Sarkozistan, s'insurge cet envoyé très spécial, qui fait écho aux chroniques rédigées par Schneidermann pour son site arretsurimages.net ou dans Libération. Ce dernier, qui revendique 30.000 abonnés, assure la publicité du livre...

«Le petit Etat voyou»

Sur la couverture de ce petit ouvrage de 93 pages vendu 10 euros, agrémenté de 14 illustrations originales de Mor, la photo officielle du chef de l’Etat avec drapeaux et bibliothèque, le front ceint d’un pagri, turban que portent les Sikhs. Le pays, jamais nommé, est surnommé «le petit Etat voyou».

L’idée du livre a germé à la mi-octobre et Daniel Schneidermann, qui a déjà publié une dizaine de titres chez des éditeurs réputés, voulait qu’il sorte avant Noël. Trop court pour les circuits éditoriaux traditionnels. Il s'est donc tourné vers le portail de publication et de vente ouvert à tous, lepublieur.com, fondé par Jean-Marc Savoye en 2001.

Le Publieur en a assuré l’impression, la coordination et la diffusion, ce qui est sa vocation.

Si un succès aussi rapide est plutôt inattendu, Daniel Schneidermann n'est pas le premier à se lancer dans l'autopublication. D'autres sites comme Lulu.com ou thebookedition.com pratiquent l'autoédition en ligne. A l'automne, le jury du Renaudot avait aussi, pour la première fois dans l'histoire des prix littéraires, sélectionné un livre autoédité, L'homme qui arrêta d'écrire de Marc-Edouard Nabe, mis en vente exclusivement sur la plateforme Marcedouardnabe.com.

(Source AFP)

28/12/2010

Alerte au gaz de schiste en France (aux USA c'est trop tard)

En Francelu sur :

http://languedocroussillon.europe-ecologie.net/2010/12/08...ocroussillon/

 De vastes territoires, des Cévennes aux abords de la Méditerranée, sont sous la menace de catastrophes écologiques majeures liées à la possible exploitation du gaz de schiste. Le Larzac se trouve à nouveau en première ligne du combat, cette fois pour la sauvegarde des eaux de ces régions.

En mars dernier, le ministère « de l’Ecologie » a accordé despermis d’exploration à Total, GDF-Suez et à la firme américaine Schuepbach Energy LLC (cf le bulletin d’information du BEPH de mars 2010). Les sous-sols à explorer se trouvent dans des zones allant de Montélimar à Montpellier, en Ardèche et sous le plateau du Larzac. Pour ce dernier secteur, Schuepbach s’est vu accordé l’exploration d’un bassin sédimentaire de 4414 km2. La fin des réserves de pétroles encore facilement accessibles approche et les firmes pétrolières et gazières commencent à piocher dans les ressources plus difficiles d’accès ou moins rentables à exploiter au cours actuel de l’or noir. Le but : maintenir le plus longtemps possible la société de gaspillage fondée sur la consommation des ressources fossiles d’hydrocarbures.

C’est la fuite en avant. Au lieu de lutter contre le gaspillage énergétique et de diminuer la demande, les grands pétroliers veulent encore augmenter l’offre. Aux États-Unis, le gaz de schiste représente déjà entre 12 % et 20 % de la production totale de gaz : on parle de 30 à 50 % dans trente ans. Derrière l’emballement, on trouve Halliburton, détenteur du brevet de la technique d’extraction. Le géant américain qui regroupe des activités tant dans le bâtiment que dans les produits pétroliers est célèbre depuis la guerre d’Irak. Son ancien dirigeant de 1995 à 2000, Dick Cheney, était devenu alors vice-président des Etats-Unis, entrés en guerre trois ans plus tard. Halliburton en a fait ses choux gras : la firme est la principale bénéficiaire du désastre en Irak, avec de juteux contrats assortis de scandales divers.

Pour exploiter le gaz de schiste, Halliburton vend la technique de la fracturation hydraulique. Ce gaz est difficilement accessible. On injecte dans le puits un mélange à haute pression d’eau, de sable et de produits chimiques. Tout le long du conduit, les roches souterraines se fissurent, libérant le gaz qui peut ensuite être acheminé vers la surface. Mais, à la différence du pétrole, souvent présent dans de vastes gisements, ce gaz de schiste se trouve dans des petites poches plus largement disséminées, souvent dans des zones habitées, et les forages chargent l’eau en produits cancérogènes comme le benzène.

Aux Etats-Unis, l’agence fédérale Environmental Protection Agency (EPA) a lancé il y a quelques mois une étude de fond, et des villes de divers Etats, dans le Wyoming ou la Pennesylvanie, sont gravement touchées. Les habitants de Pavillion (Wyoming), par exemple, ne doivent plus boire l’eau du robinet, polluée au benzène, au 2-Butoxyéthanol et à d’autres toxiques liés à une exploitation voisine de gaz de schiste. Gasland, film documentaire sorti cette année aux Etats-Unis, montre les répercussions de la fracturation hydraulique sur les riverains des puits : maladie, nappes phréatiques polluées et même dans une scène hallucinante l’eau du robinet qui s’enflamme.

En réfléchissant aux quantités phénoménales d’eau à très haute pression nécessaires pour fracturer la roche, je ne vois pour le Larzac que deux sources d’eau possibles. Soit Schuepbach Energy LLC obtient des politiques nationaux et locaux la construction d’un barrage sur la Dourbie – et on noie le village de Saint-Jean du Bruel -, soit on privatise la source du Durzon, ce qui priverait d’eau la moitié du Larzac.

Dans tous les cas, la ruée des firmes gazières sur les Cévennes et le Larzac laissent présager un nouveau combat fondamental pour la sauvegarde de nos ressources naturelles.

José Bové, Euro-député EELV

Articles à lire sur le sujet :

Un dossier de fond de Fabrice Nicolino

Gazarem lou Larzac ! Charlie Hebdo

Du gaz de schiste chez José Bové ?

Ca sent le gaz sur le Larzac !

Gaz de schistes : le trésor empoisonné du sous-sol français

-------------------------------

Aux USA :  

lien : Documentaire sur le gaz de schiste aux USA

http://www.tvqc.com/2010/12/gasland-en-streaming-documentaire-sur-le-gaz-de-schiste/

-------------------------------

Sur le même sujet, au Canada :

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22191

QUÉBEC : Gaz de schiste: urgence d'exploiter? - 

Deux groupes posent la question fondamentale aux audiences du BAPE 
- par Louis-Gilles Francoeur - 2010-11-30

 VIDÉO: Gaz de schiste: Wo!  
- 2010-11-30

23/12/2010

Pétition pour défendre l'Hôpital Public

NE LAISSEZ PAS FAIRE !

L’HÔPITAL PUBLIC EST VOTRE HÔPITAL DÉFENDEZ-LE AVEC NOUS !

 

- Défendez-le parce qu'’il assure des soins de qualité pour tous quels que soient les moyens de chacun. 

 

- Défendez-le parce que c’'est là que se font les grandes recherches d’'aujourd’hui qui permettront les progrès de demain. 

 

- Défendez-le parce que c'’est lui qui assure 80% des urgences, c’'est lui qui a fait face hier à l'’épidémie de SIDA et à la canicule et qui pourra faire face à une pandémie grippale. 

 

- Défendez-le parce que c'’est lui qui prend en charge les cas les plus graves ou les plus complexes à tous les âges de la vie. 

 

- Défendez-le parce que les autres pays nous l'’envient. 

 

La loi HPST dite loi Bachelot a supprimé l'’appellation de « Service Public Hospitalier ». Elle ne parle plus que d’' « Établissement de Santé ».

Elle cherche à transformer l'’hôpital public en entreprise. Pour être rentable l'’hôpital devra sélectionner les pathologies et les patients, et diminuer le nombre de personnels : moins d'’infirmières, moins d’'aides soignantes, moins de médecins, moins de secrétaires, moins d’'assistantes sociales. 

 

Il est prévu de supprimer 20 000 emplois dans l'’ensemble des hôpitaux.

 

NE LAISSEZ PAS FAIRE !

POUR DÉFENDRE VOTRE HÔPITAL PUBLIC ASSURANT L'’ACCÈS ÉGAL POUR TOUS À DES SOINS DE QUALITÉ, SIGNEZ LA PÉTITION NATIONALE QUI SERA ADRESSÉE AU PARLEMENT ET AU GOUVERNEMENT:

 

« Je défends l'’Hôpital Public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l’'innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité.

 

Je m'’oppose à son démantèlement qu'’annonce d'’une part un nouveau mode de direction qui aura pour souci principal la rentabilité, d'’autre part des suppressions d'’emplois non justifiées qui altèreront la qualité des soins. L'Hôpital Public doit avoir un financement lui permettant de remplir ses missions.» 

 

JE SIGNE LA PÉTITION 

 

LIEN VERS LE SITE DU MDHP   

 

http://petition-mdhp.fr/petition.php 

21/12/2010

Mediator, travail de nuit, santé publique

lu sur :

http://dircom.inserm.fr/synthesedepresse/

Mardi 21 décembre 2010

L’affaire Mediator prend de l’ampleur
Jean-Marie Le Guen, médecin et député PS, considère que le Mediator est "de loin la plus grosse affaire de santé publique qu'ait eu à connaître notre pays". Il serait responsable de 1 000 à 2 000 décès selon une étude remise à l'Afssaps par des chercheurs de l'Inserm, mais cinq millions de patients ont pris cet antidiabétique, dont 2,9 millions pour une durée supérieure à trois mois. Le Pr. Bernard Debré, député UMP, appelle les sept ministres de la Santé qui se sont succédé depuis 1998 à "s'exprimer" sur la question et "assumer" d'éventuelles erreurs. Le Pr Bernard Bégaud (université de Bordeaux) considère pour sa part que le "maintien sur le marché (du Mediator et son remboursement à hauteur de 65 % relèvent de l'anomalie".
Agence France Presse_Fil Eco , 20/12/2010 - Croix [La] , 21/12/2010 - France Soir , 21/12/2010 - Echos_2eme Edition [Les] , 21/12/2010
 
Travail de nuit : le Conseil économique, social et environnemental demande des mesures
Le Cese (Conseil économique, social et environnemental) publie un rapport sur le travail de nuit, qui concerne aujourd'hui un salarié sur cinq.
"Outre d'évidentes perturbations dans la vie sociale et familiale, il est potentiellement dangereux pour la santé", lit-on dans L'Humanité. Le travail de nuit favorise en effet les troubles digestifs, ceux du sommeil, les risques cardio-vasculaires et serait encore un "agent probablement cancérogène".
Le Cese estime que sa justification ("assurer la continuité de l'activité") est floue.
Il demande que ce travail soit assorti de loisirs compensateurs et que le salarié renoue avec des horaires diurnes après un certain nombre d'années passées à travailler de nuit.
Humanité [L'] , 21/12/2010