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23/09/2010

Golfe persique : 123 milliards de dollars d'armements

lu sur :
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Réarmement record contre le nouvel ennemi : l’Iran
Golfe persique : 123 milliards de dollars de fournitures états-uniennes aux régimes arabes


Le 22 septembre 2010

C’est la plus grosse vente particulière d’armes jamais réalisée par les Etats-Unis : ils fourniront à l’Arabie Saoudite et aux autres Etats du Golfe des bombardiers, des hélicoptères, des missiles et d’autres armements pour une valeur de 123 milliards de dollars.

 

Boeing vend à l’Arabie Saoudite 85 nouveaux F-15 et en potentialise 70 autres : ce sont des chasseurs de combat multifonction, en mesure de transporter des armes nucléaires, à une vitesse deux fois et demi supérieure à celle du son, et capables d’éviter les défenses ennemies. Boeing fournit en outre 70 hélicoptères de combat Apache et 36 Little Bird, utilisés par les forces pour les opérations spéciales. A cela s’ajoute plus de 70 hélicoptères de combat Black Hawk de Sikorsky (United Technologies). Le « colis » coûtera à l’Arabie Saoudite 67 milliards de dollars, à quoi s’ajouteront les dépenses pour l’entraînement du personnel, les pièces de rechange et les modernisations.

 

Aux  Emirats Arabes Unis, les USA vendent 35-40 milliards de dollars d’armements, dont un « bouclier » formé de missiles Thaad de Lockheed Martin. Sont en outre potentialisés les missiles Patriot, fournis par Raytheon aux Emirats et aux Koweït. Ce dernier paiera 7 milliards de dollars. A Oman seront fournis 18 nouveaux chasseurs F-16 de Lockheed Martin, tandis que 12 autres seront potentialisés : la dépense se monte à 12 milliards de dollars.

 

Dans son annonce de la vente de 123 milliards de dollars aux Etats du Golfe, le Financial Times (21 septembre) la définit comme « une énorme impulsion à l’industrie américaine (états-unienne, NdT) de la défense ». Il ajoute ainsi que « l’achat de nouvelles armes états-uniennes survient au moment où de nombreux pays du Moyen-Orient, où se trouvent les deux tiers des réserves pétrolifères mondiales, sont en alarme à cause des ambitions nucléaires de l’Iran ». La campagne sur la « menace iranienne » fonctionne donc, et bien. Les pays du Golfe ne sont pas seuls à avoir intensifié leurs acquisitions de systèmes d’armes états-uniennes, les pays européens aussi se préparent à le faire : le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rasmussen, leur a recommandé il y a quelques jours de réaliser avec les Etats-Unis un unique « bouclier » contre la « menace des missiles iraniens». La décision politique devrait venir du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance Atlantique, à Lisbonne, en novembre. Viendra ensuite la phase opérative, avec une toute nouvelle militarisation du territoire européen et italien.

 

Que préfigure-t-on, dans l’administration Obama, avec cette mega vente d’armes aux pays du Golfe ? Son objectif, écrit le Financial Times, va au-delà de la simple promotion de l’industrie militaire états-unienne. Si les alliés de Washington dans le Golfe achètent leurs armes aux USA, ils « sont entraînés sur des plateformes communes, en potentialisant leur capacité de combattre un adversaire commun » avec les forces états-uniennes. Sur cela, ajoute le New York Times, est aussi d’accord Israël, qui jusque là avait considéré avec suspicion toutes fournitures d’armes USA aux pays arabes. En d’autres termes : en faisant la promotion de cette colossale vente d’armes, non seulement l’administration Obama revigore l’industrie guerrière et donc l’économie états-unienne, dans laquelle celle-ci joue un rôle important. Mais en même temps, l’administration Obama accroît l’influence états-unienne dans la zone stratégique du Golfe, en s’assurant que les armées des pays alliés soient à la totale disposition du Pentagone et bien armées, de façon à pouvoir un jour attaquer l’Iran qui a pris la place de l’Irak comme ennemi numéro un.

 

Est-ce ainsi que le président Obama est en train de gagner le Prix Nobel pour la paix qui lui a été conféré « pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples » ? Quels sens cela a-t-il de commencer le retrait des troupes combattantes en Irak – mais en laissant un presidium de bases et environ 50 mille soldats, et en doublant le nombre des mercenaires – et d’annoncer la probable amorce d’une sortie du bourbier afghan avec une afghanisation plus importante de la guerre sur le terrain, si pendant ce temps on prépare concrètement un nouveau scénario guerrier, bien plus grave ?

 

Il est emblématique que cette administration, tandis qu’elle accuse le gouvernement iranien de violer les principes de la démocratie et les droits de l’homme, soutienne et arme l’Arabie Saoudite, où le souverain détient le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ; où il n’existe pas de Parlement mais seulement un conseil consultatif nommé lui aussi par le souverain ; où les partis politiques et les organisations syndicales sont considérées comme illégales, et les femmes exclues de la vie politique et du travail. Sans oublier les nombreux « cas Sakineh » dans les prisons des pays du Golfe. Ces « valeurs » sont défendues et renforcées par les chasseurs bombardiers et les hélicoptères de combat, fournis dans une mesure sans précédents par les Etats-Unis sous une administration démocratique.

 

Il manifesto, 21 septembre 2010,

http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/in-edicola/numero/20100922/pagina/09/pezzo/287376/

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

08:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, société

29/08/2010

WOERTH et la reprise de l'usine MOLEX

lu sur :

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Woerth-Le-reseau-Serigny-215059/

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Politique |  - 20 Août 2010

Woerth: Le réseau "Sérigny"

Une enquête de France Inter a sorti de l'ombre le nom d'Eric Le Moyne de Sérigny. En tant que conseiller, "bénévole" selon lui, d'Eric Woerth, cet homme, qui a travaillé et travaille encore pour de nombreux conseils d'administration, pourrait se trouver au cœur de plusieurs conflits d'intérêt.

Le 30 juin dernier, le Canard enchaîné dévoile le nom d'Eric Le Moyne de Sérigny, conseiller pour les relations avec le monde économique d'Eric Woerth, même s'il n'apparaît pas dans l'organigramme officiel du cabinet du ministre. Un sherpa qui, très vite, attire l'attention des journalistes d'investigation. L'homme a en effet toujours travaillé pour différents directoires et conseils d'administration et, s'il n'a jamais été impliqué dans un dossier judiciaire, son nom a parfois été cité dans des affaires de conflits d'intérêts au cours des années 2000. France Inter, a publié vendredi sur son site, une longue enquête sur le réseau "Sérigny".

Eric de Sérigny, décrit par le Canard enchaîné comme un "membre infatigable" du "Premier cercle", club officiel des grands donateurs de l'UMP, a également créé le W19 – comprendre "Woerth-19". Ce serait "un simple rassemblement d'amis à haute responsabilité dans leurs secteurs", a expliqué par mails, à France Inter, le conseiller du ministre du Travail. Selon L'Express du 4 août dernier, ces réunions "d'amis" ont surtout pour but "d'appuyer la carrière politique" du maire de Chantilly.

Panier de crabes?

Au-delà de ce groupe de réflexion, Eric de Sérigny côtoie depuis 30 ans quelques grands noms du monde économique actuel. Vincent Bolloré, Albert Frère, Bernard Lozé, Pierre Rochon, Jacques Rossi… ou encore Robert Peugeot, l'héritier du constructeur automobile à qui Eric Woerth aurait évité une enquête fiscale selon le JDD du 27 juin. La plupart sont des amis du président de la République. France Inter, qui rend publics plusieurs actes de conseils d'administration déposés au Tribunal de commerce de Paris, évoque également Jérôme Pécresse – directeur général adjoint d'Imerys et mari de la ministre de l'Enseignement supérieur – ou encore Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune des Bettencourt.

Sans tirer de conclusions, l'enquête appose ces noms et met en lumière de curieuses coïncidences. Deux exemples suffisent à s'en convaincre. Selon le Canard enchaîné, Eric de Sérigny aurait pu être à l'origine de la légion d'honneur donnée à Patrice de Maistre par Eric Woerth. Interrogé par France Inter, l'homme de l'ombre assure qu'il a juste "soutenu la candidature" du gestionnaire de fortune à la plus haute distinction française. Reste qu'en tant qu'animateur du club W19 et conseiller, "bénévole" selon lui, d'Eric Woerth, son "soutien" a sans doute un poids plus important.

Sérigny impliqué dans le dossier Molex

Dans le cadre de l'affaire Molex, la double casquette de Sérigny – conseiller d'un ministre du Budget et membre de conseils d'administration – se révèle encore plus difficile à tenir. A partir de juin 2009, il est devenu "senior advisor" [un poste de conseiller spécial à durée limitée] de la société Athéma. Cette dernière a intercédé dans la reprise partielle de l'usine Molex de Villemur (Tarn-et-Garonne) par un fond d'investissement américain. Problème: ce rachat n'a pas pu être possible sans le licenciement d'une partie des salariés… que l'Inspection du Travail a annulé en faveur des employés.

Trois mois plus tard, le ministère du Budget, dirigé alors par Eric Woerth, passe en force, casse la décision de l'Inspection du Travail et valide les licenciements. Eric de Sérigny a-t-il eu, à Bercy, un rôle de lobbying en faveur de son employeur Athéma? La question reste en suspens, le conseiller répondant à France Inter "n'avoir jamais évoqué un quelconque dossier" comme celui de l'usine Molex.

Eric de Sérigny n'a sans doute joué aucun rôle dans la complexe, et ramifiée, affaire Bettencourt. Mais ses multiples implications dans les hautes sphères du monde économique renforcent les soupçons de conflits d'intérêts, en pleine crise économique, autour de l'ancien ministre du Budget.

10/09/2008

Le partage de l'eau

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/09/08/le-partage-de-l-eau-une-diplomatie-qui-reste-a-inventer_1092689_3244.html

Compte rendu
Le partage de l'eau, une diplomatie qui reste à inventer
LE MONDE | 08.09.08 | 16h19 • Mis à jour le 08.09.08 | 20h39

Quand on leur demande de citer un exemple de fleuve, ou de nappe d'eau transfrontalière, géré de manière concertée et harmonieuse entre plusieurs pays, les experts réunis au 13e Congrès mondial de l'eau, qui s'est déroulé du 1er au 4 septembre à Montpellier, marquent un temps d'arrêt. "Il n'y en a pas", finissent-ils par constater.

En fait, il en existe un, découvert lors de la session spéciale du congrès consacrée aux eaux transfrontalières. Depuis 1978, la France et la Suisse gèrent ensemble, sur la base d'un système de quotas, une nappe souterraine qui alimente, entre autres, Genève. C'est "une vieille copropriété qui fonctionne", a résumé un représentant des collectivités françaises impliquées. Les deux pays sont riches, amis, et l'eau abonde dans la région, ce qui explique ce succès. "C'est sans doute un cas unique au monde", a commenté Didier Pennequin, chef du service eau au Bureau des recherches géologiques et minières. Les cas du Rhin et du Danube sont également parfois cités.

Mais le plus souvent, l'hostilité, ou l'absence totale de relations entre Etats partageant des ressources en eau, domine, chacun agissant à son gré sans se soucier des conséquences pour son voisin. Quelque 260 bassins fluviaux sont partagés par deux pays ou plus dans le monde, ainsi que des centaines d'aquifères souterrains. Or, à mesure que les pressions s'accumulent sur la ressource - pollution, augmentation des besoins liés à la croissance démographique, développement de l'hydroélectricité et de l'irrigation, changement climatique -, les tensions augmentent.

"La plupart du temps, les relations entre Etats sont asymétriques, a expliqué Tony Allan, professeur au King's College de Londres. Certains riverains sont faibles, d'autres sont forts." Ce sont les Etats "hydrohégémoniques". Le cas le plus célèbre est celui d'Israël, qui capte l'eau du Jourdain au détriment de la Palestine. L'érection de barrages, qui diminuent le régime des fleuves à l'aval, peut également créer des conflits. Le Vietnam se plaint ainsi des ouvrages érigés par la Chine sur le Mékong, ce qui ne l'empêche pas d'en construire également, cette fois aux dépens du Cambodge.

L'exploitation des nappes souterraines pose des problèmes spécifiques. "Ce sont des ressources invisibles, qui peuvent être atteintes par des milliers d'exploitants, explique l'hydrogéologue Jean Margat. Or les pompages effectués d'un côté de la frontière ont une influence sur le niveau de la nappe de l'autre côté." Ainsi, la surexploitation de nappes d'eau par la Turquie à la frontière turco-syrienne a abouti au tarissement de sources en Syrie.

Par ailleurs, les activités polluantes exercées dans un pays peuvent affecter la qualité de ressources partagées. Le lac Peipsi, situé entre la Russie et l'Estonie, est gravement pollué par l'exploitation de schistes bitumineux - destinée à produire du pétrole -, côté russe. Malgré tous les efforts tentés dans le cadre d'un programme européen, le dialogue entre les deux Etats est au point mort, sauf au niveau des scientifiques et des ingénieurs, plus enclins, semble-t-il, que les administrations à partager leurs informations.

Les chercheurs et experts plaident pourtant en faveur d'accords entre Etats. "Il faut fixer des règles de partage, pour empêcher les rapports de force de prévaloir", affirme M. Margat. Mais, selon M. Allan, "une attention négligeable a été accordée jusqu'à présent à l'établissement de règles de gestion des eaux transfrontalières". Une convention des Nations unies sur les fleuves partagés, qui pose les bases d'une gestion "équitable" entre Etats, a été adoptée en 1997, mais elle n'est pas appliquée.

Il est difficile en effet, pour les Etats concernés, de renoncer à une parcelle de leur souveraineté. "Les Etats hégémoniques ont intérêt au statu quo, ils ne veulent pas s'encombrer de contraintes", explique M. Allan. Certains ont cependant franchi le pas. C'est le cas pour le Mékong ou le Nil, qui font l'objet d'accords entre riverains. Mais, même dans le cadre d'un accord, l'équité ne prévaut pas forcément. Pour le Nil, deux Etats, l'Egypte et le Soudan, se partagent l'essentiel des ressources.

Si elle peut constituer un facteur de tension, la question de l'eau n'a pas, à elle seule, déclenché d'affrontements armés jusqu'à présent. "C'est le contexte politique général dans une région du monde qui détermine la politique de l'eau", affirme Marc Zeitoun, de la London School of Economics and Political Science.

Selon certains experts cependant, la signature d'accords sur les eaux transfrontalières pourrait permettre, par une coopération concrète, d'améliorer de mauvaises relations entre voisins.

Gaëlle Dupont
RÉFÉRENCES

la convention des nations unies sur les cours d'eau transfrontaliers enjoint les états à gérer les fleuves partagés de façon "équitable et raisonnable", et à protéger la qualité de l'eau. les etats "ne doivent pas causer de dommages" à leurs voisins.

106 :

nombre d'Etats ayant voté la convention, qui n'est toujours pas appliquée. 16 pays l'ont ratifiée, sur 33 ratifications nécessaires. Les eaux souterraines ne font l'objet d'aucune convention.

Article paru dans l'édition du 09.09.08

19:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

26/08/2008

La construction de colonies israéliennes en Cisjordanie a presque doublé depuis le début de l'année

lu sur lemonde.fr :

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/08/26/la-construction-de-colonies-israeliennes-en-cisjordanie-a-presque-double-depuis-debut-2008_1087884_0.html

La construction de colonies israéliennes en Cisjordanie a presque doublé depuis le début de l'année
LEMONDE.FR avec AFP | 26.08.08 | 10h21 • Mis à jour le 26.08.08 | 11h46

La construction de logements dans les colonies israéliennes de Cisjordanie a pratiquement doublé depuis le début 2008 par rapport à la même période de 2007, selon un rapport publié mardi par La Paix maintenant, mouvement israélien opposé à la colonisation. Durant les cinq premiers mois de l'année, quatre cent trente-trois logements étaient en cours de construction dans les implantations contre deux cent quarante durant la même période de 2007, selon le rapport, qui cite des chiffres officiels du bureau central des statistiques. Sur ce total, le ministère de l'habitat est partie prenante dans le financement de 64 % des logements en construction.

Selon des enquêtes effectuées par La Paix maintenant à l'aide de photographies aériennes et de visites sur le terrain, ce boom de la construction est encore plus important avec un millier de nouveaux bâtiments comprenant deux mille six cents logements en chantier. Plus de la moitié (55 %) de ces logements sont situés à l'est de la barrière de séparation, c'est-à-dire en dehors des grands blocs de colonies qu'Israël entend annexer dans le cadre d'un accord de paix avec les Palestiniens.

Le rapport précise également que quatre cent dix-sept appels d'offres pour la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie ont été lancés depuis le début de 2008, soit une augmentation de 550 % par rapport à 2007. A Jérusalem, le nombre d'appels d'offres a pour sa part été multiplié par trente-huit et porte sur mille sept cent soixante et un logements contre quarante-six en 2007. Enfin, dans la centaine de "colonies sauvages", c'est-à-dire n'ayant pas obtenu les autorisations nécessaires des autorités israéliennes et qui sont disséminées en Cisjordanie, cent vingt-cinq structures ont été ajoutées depuis le début de l'année, poursuit le rapport.

Les responsables israéliens se sont à de multiples reprises engagés auprès des Etats-Unis à évacuer ces colonies sauvages. Ces statistiques sur la colonisation ont été publiées alors que la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, effectue une nouvelle mission en Israël et chez les Palestiniens, engagés dans de difficiles négociations de paix. La Paix maintenant estime que ces "constructions intensives visent à effacer la ligne verte" qui séparent la Cisjordanie du territoire israélien afin de relier les blocs de colonies et les implantations isolées situées au cœur de la Cisjordanie.

11:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

18/07/2008

L'affaire Bernard Tapie: un triple scandale d'Etat

À lire absolument, cet article de Médiapart :

L'affaire Bernard Tapie: un triple scandale d'Etat
17 juin 2008 Par
Laurent Mauduit

" C'est un scandale d'Etat ! Par quelque versant que l'on prenne le dénouement de « l'affaire Tapie » - judiciaire, financier ou politique -, il n'y a pas d'autres constats qui viennent à l'esprit pour le qualifier. Un triple scandale d'Etat, en vérité : d'abord parce que l'Etat a choisi une procédure absolument hors norme, celle du tribunal arbitral, contraire à toutes les règles républicaines pour clore ce dossier ; parce que du même coup, il va puiser dans les deniers publics pour offrir un cadeau beaucoup plus important qu'on ne le croit, sans doute de plus de 100 millions d'euros à Bernard Tapie, qui avait connu, de son propre fait, la faillite retentissante que l'on sait en 1994, et faire de lui l'un des Français parmi les plus riches ; parce que, enfin, Nicolas Sarkozy a sans doute trouvé là le moyen de monter un traquenard politique, avec en perspective une possible candidature du même Bernard Tapie, remis de la sorte en selle, sous des couleurs radicales encore imprécises aux élections européennes."...

15:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

18/04/2008

sans commentaire


19:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2008

Le sarkozysme à l'épreuve des OGM


18:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

27/01/2008

Justice contre corruption



"Bernard Bertossa, ancien procureur général de Genève puis juge au Tribunal pénal fédéral suisse, fût un pionnier en Europe de la lutte contre le blanchiment d'argent. L'ancien haut magistrat suisse a pris sa retraite début janvier. Désormais libre de parler, ce spécialiste de la grande délinquance financière dénonce les obstacles auxquels se heurtent ses pairs, y compris en France.

En octobre 1996, avec six magistrats européens, vous avez lancé l'Appel de Genève. Vous demandiez l'instauration d'un véritable espace judiciaire en Europe. Douze ans après, existe-t-il ?

Non, en ce qui concerne la lutte contre la grande délinquance financière, cet espace judiciaire n'existe toujours pas. Comme en 1996, il existe des justices nationales confrontées à une criminalité internationale. Il y a eu quelques progrès, comme le mandat d'arrêt européen et l'uniformisation des procédures en matière de saisie des avoirs.

L'entraide judiciaire va plus vite. Mais il n'y a pas d'autorité de poursuite pénale ni d'autorité de jugement ayant une compétence supranationale. Chaque juge reste enfermé dans ses frontières et dépend de la bonne volonté des autres pour faire progresser ses enquêtes financières.

Quel est selon vous le principal obstacle ?
C'est ce nationalisme judiciaire. Des abandons de souveraineté ont eu lieu dans presque tous les domaines, mais la justice continue à être le dernier pré carré de la souveraineté nationale. L'idée qu'un juge étranger puisse agir ailleurs que chez lui donne encore des boutons à la majorité de la classe politique. Il y a là un réel blocage politique et psychologique.

Même chez eux, les juges sont parfois entravés dans leurs actions. Le Français Renaud Van Ruymbeke, l'un des signataires de l'Appel de Genève, est sous le coup d'une procédure disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature, à propos de son attitude dans l'affaire des faux listings Clearstream. Qu'en pensez-vous ?
Je connais bien M. Van Ruymbeke. C'est un parfait honnête homme. Dans le cadre de son enquête sur les frégates de Taïwan, il a eu recours à une pratique admise en droit français (rencontrer un témoin hors procédure pour protéger son anonymat). J'ai du mal à comprendre qu'on puisse lui en faire grief.

Il est incroyable que la justice française mette autant de moyens pour enquêter sur une fausse liste de titulaires de comptes bancaires. C'est un fait divers qui relève de la diffamation devant un tribunal de police. Faire travailler à plein temps deux juges d'instruction, comme s'ils n'avaient rien d'autre à faire, et créer ainsi une ambiance détestable au sein du pôle financier, me paraît scandaleux. C'est un choix de politique criminelle douteux et cela ressemble à un écran de fumée.

En France, l'affaire des frégates de Taïwan - également instruite en Suisse - a en effet été classée, M. Van Ruymbeke se heurtant au secret-défense...
Cela montre que les priorités en matière de lutte contre la délinquance économique ne sont pas bien ciblées. Invoquer le secret-défense me semble injustifié et injustifiable. Ou alors c'est l'aveu qu'il n'y a pas de ventes d'armes sans corruption. Ou que la France considère que le commerce l'emporte sur le respect du code pénal. Il faudrait que le Parlement ait le courage de dire : la corruption est un crime, mais pas en matière de ventes d'armes !

Vous avez souvent collaboré avec la justice française. N'assiste-t-on pas à un retour de la tradition d'obéissance du pouvoir juridique au pouvoir politique ?

Non. A l'époque de François Mitterrand, cela n'était pas mieux. Cette servilité a toujours existé. Ce que vous appelez les "affaires" a toujours été déclenché par des juges d'instruction et pratiquement jamais par des procureurs. A l'exception d'Eric de Montgolfier (actuel procureur de Nice), les procureurs avec lesquels j'ai traité étaient toujours plus ou moins aux ordres.

Un groupe de travail formé par la ministre de la justice, Rachida Dati, planche actuellement sur la dépénalisation du droit des affaires. N'est-ce pas la tendance en Europe ?

C'est la tendance néolibérale berlusconienne. Le grand exploit de Silvio Berlusconi est d'avoir, de fait, dépénalisé les faux en écriture. Si, en France, on fait partir le délai de prescription pour certains délits comme l'abus de biens sociaux (ABS) au moment où il sont commis et qu'on maintient ce délai à trois ans, cela voudra dire que l'on ne poursuivra plus ces infractions. N'importe quel avocat intelligent peut faire traîner la procédure durant trois ans. Le message politique est : "Business is business." Il existerait ainsi une sorte d'enclave de la malhonnêteté liée au commerce. C'est insupportable ! Je continue à croire que l'on peut faire des affaires proprement et gérer une entreprise sans abuser des biens de celle-ci."...
lire la suite sur lemonde.fr

17:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

12/09/2007

la politique agricole commune



..." cette PAC a créé des inégalités dont on parle aujourd'hui plus ouvertement, et des dérives. "Ils nous tiennent par les primes. Ceux qui font de l'intensif sont favorisés, et ceux qui font des efforts pour préserver l'environnement ne sont pas reconnus, explique Fabrice Honoré, un jeune producteur de la Sarthe. C'est pas équitable, faut rééquilibrer tout cela."...

19:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)