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30/11/2013

Des nouvelles du gaz de schiste en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/29/les-contre-verites-du-rapport-parlementaire-sur-le-gaz-de-schiste_3521604_3244.html

Les contre-vérités du rapport parlementaire sur le gaz de schiste

Le Monde.fr | 29.11.2013 à 17h16 • Mis à jour le 29.11.2013 à 18h56 |Par Marie-Béatrice Baudet et Audrey Garric

Pour la remise, le 27 novembre, du rapport final de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, les deux rapporteurs Christian Bataille – député PS du Nord – et Jean-Claude Lenoir – sénateur UMP de l'Orne – avaient soigné la mise en scène. Les députés ont dû aller consulter le volume de 254 pages – un exemplaire écrit non photocopiable – dans une salle ad hoc. Quant à la presse, rien avant la conférence de presse de 11 heures. Aucun document remis sous embargo. 

Pourquoi avoir entretenu un tel « suspens » alors que MM. Bataille et Lenoir avaient déjà largement donné le « la » de leurs travaux six mois plus tôt lors de la publication de leur rapport d'étape ? Comme la copie finale, ce dernier appellait dès juin au lancement de forages expérimentaux afin de lancer une exploitation « maîtrisée » du gaz de schiste en France.

« TORQUEMADA DE L'OBSCURANTISME »

En réalité, depuis les déclarations de François Hollande, le 14 juillet, M. Bataille, pro-OGM et pro-gaz de schiste, ne décolère pas. Le chef de l'Etat avait en effet réaffirmé clairement, lors de la fête nationale, qu'il n'y aurait ni « exploration, ni exploitation du gaz de schiste en France » sous sa présidence. Le lendemain, le député PS, avait expliqué « tomber de l'armoire »  après avoir entendu que « François Hollande s'engouffrait dans un discours environnementaliste anti-industriel ». Samedi 3 août, dans un entretien au Figaro, M. Bataille estimait « qu'il fallait remettre les écologistes à leur place », afin que « le cercle de la raison reprenne l'ascendant sur les Torquemada de l'obscurantisme ».

Le rapport final de MM. Bataille et Lenoir, comme leur document d'étape, suscite la polémique. Et pas seulement parce que les deux auteurs préfèrent largement le terme de « stimulation » à celui de « fracturation ». Les deux parlementaires écologistes membres de l'Opecst, Denis Baupin et Corinne Bouchoux, parlent d'un rapport « partial et partiel ». Quant à Jean-Paul Chanteguet, président (PS) de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, il estime que « la majeure partie du travail réalisé est curieusement hors sujet puisqu'elle concerne la fracturation hydraulique, illégale en France ». Et que la conviction des deux rapporteurs sur la maîtrise technologique de la fracturation hydraulique « relève de l'acte de foi et non de la moindre preuve scientifique ». Décryptage des principaux arguments du rapport.

  • « Une technique ancienne en France »

« La technique de la fracturation hydraulique a été utilisée de façon répétée en France au cours des dernières décennies, sans qu'aucun dommage n'ait été signalé. Elle aurait été utilisée à au moins 45 reprises », avance le rapport. Et de citer notamment quatorze opérations de fracturation réalisées sur le gisement pétrolier de Chaunoy (Seine-et-Marne) par la société Esso REP entre 1986 et 1987, ainsi que quinze autres, sur la même formation, par la société Vermilion, entre 2002 et 2010. 

En réalité, sur les 45 fracturations, quarante-trois concernent du pétrole conventionnel. Or, contrairement aux huiles de schiste dispersées dans des roches-mères ultracompactes, le pétrole « classique » s'accumule dans des réservoirs au sein de formations géologiques plus perméables et poreuses. Le forage d'un puits vertical suffit alors à le faire remonter à la surface. Les hydrocarbures non conventionnels, au contraire, nécessitent, le long d'un forage souvent horizontal, de nombreuses opérations de fracturation de la roche, en injectant d'énormes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques sous pression – ce que l'on appelle la fracturation hydraulique.

Lire notre décryptage : Gaz de schiste : des fracturations hydrauliques ont-elles eu lieu en France ?

Cette technique peut néanmoins être également utilisée dans le cas des gisements conventionnels. « La roche peut s'endommager après un forage ou avec le temps. Un "effet de peau" peut se créer qui empêche ou rend plus difficile la connexion entre le puits et le réservoir. Pour reconnecter les deux, on peut alors recourir à la fracturation hydraulique », explique François Kalaydjian, directeur adjoint ressources à l'Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN). La technique, désignée sous le nom de « stimulation hydraulique », consiste aussi à envoyer de l'eau, du sable et des produits chimiques sous pression, « mais à des quantités très inférieures à celles utilisées pour récupérer des hydrocarbures non conventionnels ». Surtout, la technique s'emploie de manière très locale, alors qu'il faut fracturer entre quinze et vingt fois le long d'un drain horizontal dans le cas des schistes.

Le groupe pétrolier canadien Vermilion a ainsi procédé essentiellement à des « stimulations hydrauliques ». « Nous en avons réalisé quinze entre 2002 et 2010 pour accroître le taux de production de nos puits de pétrole conventionnel », déclare Jean-Pascal Simard, directeur des relations publiques Vermilion Europe. Deux opérations supplémentaires, menées en juin 2010, ont en revanche bien porté sur un gisement de pétrole de schiste sur le site de Champotran (Seine-et-Marne). Mais elles relèvent davantage de l'expérimentation : deux puits verticaux existants ont été utilisés, et non des forages horizontaux comme aux Etats-Unis. Seul le deuxième a permis de produire du pétrole non conventionnel... à raison d'un baril par jour. C'est aujourd'hui le seul en France. L'expérience hexagonale en la matière ne coule donc pas de source.

  • « Une technique qui évolue pour mieux protéger l'environnement »

« La fracturation hydraulique a fait d'important progrès et c'est une technologie, certes industrielle et comportant des risques, mais maîtrisée », assure le rapport. Première de ces avancées, selon les deux rapporteurs : « Les industriels tendent à réduire le nombre, la quantité et la toxicité des additifs. » « Les produits indispensables au procédé de fracturation sont tous non toxiques, précise le rapport. Les autres produits – biocides, surfactant, acides, inhibiteurs de corrosion et de dépôt – ne sont pas indispensables. Ils permettent toutefois de préserver les équipements et d'optimiser la fracturation. »

De fait, si certains industriels tels qu'Halliburton se targuent d'avoir limité ces additifs chimiques au profit de substituts non toxiques – agréés par l'agroalimentaire –, la tendance reste pour l'instant marginale. « L'évolution n'est pas spectaculaire, reconnaît Roland Vially, géologue à l'Ifpen. Ce sont des produits plus chers. Il n'est donc pas évident que l'ensemble des opérateurs les choisissent, à moins d'encadrer les fluides de fracturation par une législation plus stricte. » « Il est impossible de généraliser car il y a autant de fracturations hydrauliques que de compagnies, confirme un industriel européen. Les compagnies américaines continuent d'utiliser les additifs les plus efficaces. »

Malgré l'ouverture d'un site Internet d'information sur le sujet, FracFocus, il reste difficile de connaître aujourd'hui la composition des fluides de fracturation. En 2010, un rapport rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine annonçait que l'exploitation du gaz de schiste avait nécessité, entre 2005 et 2009, l'utilisation de plus de 2 500 produits pour la fracturation hydraulique, contenant 750 substances chimiques, dont 29 sont connues ou suspectées pour être cancérigènes, ou présentant des risques pour la santé et l'environnement.

« Au-delà des additifs chimiques, le rapport occulte les polluants qui remontent à la surface avec le gaz, en provenance des couches géologiques, et que l'on ne maîtrise pas : des hydrocarbures comme du benzène ou toluène, et même des traces de radioactivité », dénonce François Veillerette, président de l'ONG Générations futures.

Autre conséquence pour l'environnement : les quantités d'eau utilisées. Le forage d'un puits requiert ainsi 10 000 à 20 000 m3 d'eau. « Les progrès techniques réalisés permettent d'optimiser le placement des fracturations et ainsi de minimiser la quantité d'eau nécessaire », assure le rapport. « Il y a des baisses sur certains forages, de l'ordre de 10 % à 20 %. Mais pour le moment, les volumes d'eau utilisés restent importants », juge Roland Vially.

Enfin, concernant la pollution des nappes phréatiques, régulièrement pointée par les opposants au gaz de schiste, elle n'est pas due à la fracturation hydraulique, assure le rapport, mais « à des défauts de cimentation des puits ou des déversements en surface ». S'il n'est effectivement pas possible, en l'état des connaissances scientifiques, d'incriminer la technique de fracturation hydraulique elle-même, reste que l'exploitation du gaz de schiste pollue bel et bien les eaux souterraines depuis des années. En juin, une étude publiée par le biologiste Robert Jackson dans la revue de l'Académie des sciences américaine mettait ainsi en évidence de fortes teneurs en méthane des eaux souterraines prélevées autour des puits de gaz non conventionnel dans le nord-est de la Pennsylvanie.

Lire : En Pennsylvanie, des nappes phréatiques polluées par le gaz de schiste

  • « Des fuites de méthane plus faibles qu'il n'était craint »

« Les éventuelles fuites de méthane associées à la production d'hydrocarbures non conventionnels représentent un enjeu environnemental essentiel : compte tenu de l'importance de l'impact du méthane en tant que gaz à effet de serre, des chercheurs ont calculé qu'une fuite de 3,2 % anéantirait les effets bénéfiques de la réduction de la consommation de charbon vis-à-vis des émissions de gaz carbonique », indique le rapport.

Les défenseurs du gaz de schiste mettent en effet en avant ses « vertus climatiques » : à énergie produite équivalente, ce gaz émet trois à quatre fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon, la source d'énergie qu'il tend à remplacer outre-Atlantique. Problème : cet hydrocarbure non conventionnel émet par contre beaucoup plus de méthane (CH4), un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est trente-quatre fois supérieur à celui du CO2.

Pour minimiser cet impact, le rapport de l'Opecst cite une étude de l'université d'Austin (Texas), publiée en septembre, qui « conclut que les fuites au stade de la production de gaz non conventionnel sont de 0,42 %, soit un taux nettement inférieur aux estimations précédentes ». Sans préciser que ces travaux ont fait l'objet de critiques : ses auteurs ont notamment été accusés d'avoir choisi des sites non représentatifs de l'ensemble des bassins de production et d'avoir occulté les puits anciens ou abandonnés, également émetteurs de CH4.

Lire : Bataille d'études sur les vertus climatiques du gaz de schiste

Surtout, la majorité des travaux menés sur le sujet soulignent des taux de fuite de méthane bien supérieurs. En août, des chercheurs de la National Oceanic and Atmospheric Administration ont ainsi conclu que 6,2 % à 11,7 % du gaz naturel produit finit dans l'atmosphère, après une campagne de mesures aériennes dans l'Utah. Dernière étude en date : des mesures publiées, le 25 novembre, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences montrent que les Etats-Unis produisent 50 % à 70 % plus de méthane qu'estimé par l'Agence de protection de l'environnement américaine. Et la plus grande part de cet écart provient des activités pétrolières et gazières.

Lire : Les émissions américaines de méthane sont sous-estimées

  • « Des alternatives possibles à la fracturation hydraulique utilisées à une échelle industrielle »

Les rapporteurs et les industriels l'admettent : la fracturation hydraulique reste la technique la plus efficace et la plus couramment utilisée dans le monde. Les auteurs du rapport mentionnent néanmoins plusieurs alternatives. Notamment la fracturation par arc électrique, dont ils reconnaissent qu'elle est toujours au stade de la recherche et développement. Et qu'elle n'est donc pas, « pour le moment », une piste viable. Certains industriels se montrent plus radicaux, expliquant qu'elle ne le sera jamais.

MM. Bataille et Lenoir préfèrent mettre en avant « une technique opérationnelle et prometteuse : la stimulation au propane », dont le principal avantage est « évidemment de ne pas faire usage d'eau ». Une opération pouvant être de surcroît, selon eux, « réalisée avec moins d'additifs, voire aucun additif ». Même s'ils reconnaissent que le principal inconvénient de cette technologie est qu'elle « implique des quantités importantes (plusieurs centaines de tonnes) de propane inflammable », ils soulignent qu'elle est d'« un usage ancien » et que « la société canadienne Gasfrac a réalisé, de 2008 à 2013, près de 1 900 opérations de ce type en Amérique du Nord, principalement au Canada ». Si ces opérations ont bien eu lieu, le rapport oublie de mentionner qu'elles ont majoritairement concerné (85 %, selon un industriel du secteur) des réservoirs de tight gas – soit des hydrocarbures non conventionnels de réservoirs compacts –, et non du gaz de schiste.

Enfin, si des compagnies comme Ecorpstim – l'une des premières à s'être félicitée des conclusions du rapport de l'Opecst – expliquent développer un propane non inflammable, ce dernier n'a jamais encore été utilisé dans le cadre de la fracturation d'une roche-mère.

Marie-Béatrice Baudet 

Journaliste au Monde

Audrey Garric 

Journaliste au Monde

voir :

Gaz de schiste : un rapport parlementaire controversé relance le débat

Gaz de schiste : la fête est finie

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/28/gaz-de-schiste-la-fete-est-finie_3521598_3244.html

Gaz de schiste _ la fête est finie.pdf

18/11/2013

La législation européenne protège le commerce mais pas l'environnement

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/13/apres-le-naufrage-et-la-maree-noire-l-equipage-du-prestige-acquitte_3512971_3244.html 

En Espagne, acquittement général au procès de la marée noire du "Prestige" 

 

Le "Prestige", pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, le 13 novembre 2002.

Aucun coupable. Onze ans jour pour jour après le SOS lancé par le Prestige, le pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas qui fit naufrage en novembre 2002 au large de la Galice, en Espagne, déversant 63 000 tonnes de fuel et souillant 2 900 km de côtes espagnoles, portugaises et françaises, le tribunal de justice de Galice a rendu son jugement mercredi 13 novembre.

Les trois prévenus, le commandant grec Apostolos Mangouras, le chef des machines, Nikolaos Argyropoulos, et l'ancien directeur de la marine marchande espagnole, José Luis Lopez Sors, ont été acquittés du délit contre l'environnement. Aucun n'est coupable du naufrage. Seul le commandant a été condamné à neuf mois de prison pour avoir refusé, trois heures durant, le remorquage. Une opération que tout armateur demande à un équipage d'éviter tant le coût en est élevé : la société de remorquage est en droit de demander un pourcentage (plus ou moins fort) sur le prix de la cargaison du navire en perdition.

" Nous ne pouvons pas avoir de certitudes sur les causes de l'avarie " ni sur le fait qu'éloigner le navire des côtes, comme l'avaient ordonné les autorités espagnoles, refusant de l'abriter au port et obligeant le pétrolier à errer sur une mer déchaînée durant cinq jours en direction du Portugal puis de la France, ait été une " décision imprudente ", a expliqué le juge avant de prononcer l'acquittement général.

"REMISE EN CAUSE DU PRINCIPE DE JUSTICE ENVIRONNEMENTALE"

Pour Greenpeace Espagne, ce jugement montre que "créer un désastre environnemental est sans conséquence " et "n'empêchera pas qu'un autre Prestige soit possible ". L'avocat de l'ONG, José Manuel Marraco, est plus sévère encore : "Si la condamnation prononcée en France lors du procès du naufrage de l'Erika contre l'affréteur Total et le propriétaire du pétrolier était une avancée, celle du Prestige est un retour en arrière de vingt ans, digne d'un pays du tiers-monde, qui remet en cause le principe de la justice environnementale", a-t-il déclaré au Monde.

Pour le président du conseil général de Vendée, département souillé par la marée noire du Prestige, Bruno Retailleau, " cette décision de justice montre à quel point la législation des pays européens se révèle impuissante à briser l'impunité qui prévaut généralement dans les affaires de pollution maritime ".

Le jugement du procès de la plus grande marée noire qu'ait jamais connue l'Espagne ne pouvait être que décevant puisque seuls trois prévenus répondaient de la catastrophe devant la justice espagnole. Trois hommes, aujourd'hui âgés de plus de 70 ans, qui comparaissaient en lieu et place des " véritables responsables " pointés du doigt par l'accusation : les propriétaires du Prestige, l'affréteur, le propriétaire de la cargaison, l'agence de certification et les responsables politiques.

 

  • A fisherman from Cangas collects oil from the sunken tanker Prestige in front of Vigo Rias 11 December 2002. The tanker is estimated to have spilled 10,000 tons of its 77,000-ton cargo before sinking 19 November 2002. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • Spanish militaries and volunteers work on cleaning the Figueras beach on Cies island, 15 December 2002 in Galicia. Spanish fishermen said today they were steeling themselves for another wave of pollution of their battered coast, as heavy winds pushed a huge oil slick northwards from portugal further complicating clean-up efforts from a disastrous tanker sinking.
  • (FILES) This file picture dated November 19, 2002 shows an aerial view of the stricken Bahamas-flagged tanker Prestige, split in two, sinking off Cayon, northwestern Spain. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / DOUANE FRANCAISE
---EDITOR'S NOTE--- RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / DOUANE FRANCAISE" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
  • Le "Prestige", pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, le 13 novembre 2002.
  • (FILES) This file picture dated November 23, 2002 shows a volunteer cleaning the petrol covering the beach in Muxia. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
  • Hundreds of Spanish military and volunteers clean up oil on the Filgueras beach in Cies Island 15 December 2002, as Galacia braces for another wave of ol pollution to wash up on its beaches. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • une trentaine de bénévoles participent, le 11 janvier 2003, au nettoyage de la plage du Petit Nice à la Teste. Ils ont dû passer un examen médical, s'équiper de bottes, de combinaisons de gants et de masques avant de commencer à récolter les galettes d'hydrocarbures venues s'échouer sur les plages d'Aquitaine suite au naufrage du pétrolier le "Prestige". AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
Volunteers rake up debris and oil globs 11 January 2003, at the Petit Nice beach in Tests, where oil from the sunker tanker Prestige has washed ashore from the nearby waters off Spain's northern coast. AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
AFP
  • des plaques de mazout issues du pétrolier le Prestige, dérivent le 10 janvier 2003 dans le Golfe de Gascogne, à environ 350 kilomètres des côtes aquitaines. Le bâtiment océanographique de la Marine nationale "d'Entrecasteaux" navigue dans le Golfe pour rechercher les traces d'hydrocarbures qui s'échappent du pétrolier échoué au large de la Galice.
  • A volunteer cleans-up 15 December 2002 the oil-polluted Filgueras Beach on Cies Island. Spain is bracing for a 9,000 ton oil-slick from the sunken tanker Prestige to wash ashore on its northern coastline. AFP PHOTO CHRISTOPHE SIMON
  • des pêcheurs du bassin d'Arcachon déversent, le 15 janvier 2003, deux tonnes de galettes d'hydrocarbures issues du naufrage du pétrolier "Prestige" mélangées à du sable et à du varech, devant le portail des Affaires maritimes à Arcachon afin de protester contre "l'absence de garantie écrite d'indemnisation de l'Etat". Les pêcheurs demandent une indemnité de 150 euros par jour où il n'ont pu pêcher des palourdes dans le bassin ainsi qu'une compensation journalière de 450 euros par bateau réquisitionné pour le nettoyage. AFP PHOTO DERRICK CEYRAC
  • (FILES) This file picture dated November 22, 2002 shows a dead bird covered with oil on Langosteria beach, near Finisterre cap after the sinking of the Prestige petrol tanker. Seamen will go on trial on October 16, 2012 over the sinking of the Prestige petrol tanker which spilt a devastating oil slick when it sank off Spain in 2002, with hundreds of plaintiffs seeking billions in damages. Authorities have set up a court in an exhibition centre for the huge trial in the northern city of A Coruna, which environmentalists say does not go far enough in seeking justice for Spain's worst oil slick and preventing such a disaster occurring again. AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
  • A volunteer (R) gestures at the press 02 December 2002 before the visit of King Juan Carlos of Spain at Muxia's oil-covered beach as a new wave a petrol hit the shore 01 December 2000, leaking from the sunken petrol tanker "Prestige" in the northwest of Spain. AFP PHOTO/Pierre-Philippe MARCOU
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Crédits : AFP/CHRISTOPHE SIMON

 

 Mais après dix ans d'instruction, près de 300 000 pages d'accusation, 1 500 plaintes regroupées en 55 parties civiles, huit mois d'audiences et près de 200 témoins et experts appelés à la barre, le verdict a été accueilli avec consternation à La Corogne, en Galice. Autour du tribunal, les membres de la plate-forme Nunca Mais (" plus jamais " en galicien) ont dénoncé " une farce ", un verdict " honteux "et " insultant pour les milliers de personnes qui ont dû aller nettoyer la côte ". Déjà, lors du procès, le maire de la commune de Muxia, la plus affectée par la marée noire, avait dénoncé une " pantomime "" On n'attendait pas grand-chose puisque les principaux responsables n'ont même pas été mis en examen, mais au moins une victoire morale ", a affirmé un porte-parole de Nunca Mais.

"CORROSION DES RÉSERVOIRS"

N'ont été inquiétés ni les propriétaires du navire, la compagnie Mare Shipping, malgré le témoignage d'un ancien capitaine du Prestige qui a dénoncé la"corrosion des réservoirs", ni l'affréteur, la compagnie suisse Crown Resources, qui s'est dissoute avant l'ouverture de l'enquête et a empêché que soit connu le destinataire de la cargaison – un fioul lourd de mauvaise qualité et d'origine russe.
Sur le banc des prévenus manquait aussi la société américaine de classification ABS qui avait autorisé le pétrolier, construit en 1976, à naviguer et contre laquelle le gouvernement espagnol a porté plainte aux Etats-Unis, sans succès.

Des volontaires nettoient les côtes espagnoles, au large de la Galice, après le naufrage du "Prestige", le 13 novembre 2002.

Enfin, aucun des principaux responsables politiques de l'époque n'a été mis en examen, ni l'actuel chef du gouvernement, Mariano Rajoy, alors numéro deux du gouvernement de José Maria Aznar, qui avait minimisé les risques, ni l'ancien ministre de l'équipement, Francisco Alvarez Cascos, dont dépendait la décision d'éloigner le navire de la côte, décision qui, selon Greenpeace, a " transformé un accident en catastrophe ".
Personne ne paiera les 4,4 milliards d'euros de dommages et intérêts chiffrés par le procureur, dont 100 millions pour la France. Le jugement se contente deréclamer les 22 millions d'euros que la société londonienne d'assurance a déposés en garantie en 2002. Une maigre compensation.

Sandrine Morel (Madrid, correspondance) 
Journaliste au Monde

voir aussi :

Naufrage du pétrolier Prestige - Wikipédia

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Pollution

Édition abonnés Contenu exclusif

09/11/2013

Moscou, le pétrole et le droit international

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/07/greenpeace-le-sort-des-30-devant-la-justice-internationa_3509825_3244.html

Le sort des « 30 » de Greenpeace devant la justice internationale

LE MONDE | 07.11.2013 à 12h18 • Mis à jour le 08.11.2013 à 09h35 |Par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

Seuls devant les juges du Tribunal international du droit de la mer (TIDM), à Hambourg, les Pays-Bas ont plaidé pendant trois heures, mercredi 6 novembre, en faveur de Greenpeace. Les bancs de la Russie sont restés vides. Moscou refuse de laisser cette juridiction des Nations unies, chargée depuis 1994 de faire respecter la Convention sur le droit de la mer (1982), s'ingérer dans l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

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Le 19 septembre, le brise-glace affrété par Greenpeace et battant pavillon néerlandais avait été arraisonné par les autorités russes, saisi puis amarré dans le port de Mourmansk. Les militants avaient tenté la veille d'accrocher une banderole sur la plate-forme pétrolière et gazière de Prirazlomnaïa, dans la mer de Pechora, exploitée par Gazpromneft et d'autres compagnies pétrolières.

Mais la manifestation pacifique a mal tourné. Cinq jours plus tard, les trente membres d'équipage, de dix-huit nationalités différentes, étaient débarqués et emprisonnés dans cette ville portuaire du nord-ouest de la Russie pour « piraterie » d'abord, puis pour « hooliganisme ». Ils pourraient être bientôt transférés dans une prison de Saint-Pétersbourg.

LES MILITANTS RISQUENT, À CE JOUR, JUSQU'À 15 ANS DE PRISON

A Hambourg, les Pays-Bas ont demandé aux juges d'ordonner d'urgence une mainlevée sur l'Arctic-Sunrise, et la libération des 28 militants de Greenpeace et des deux photographes qui formaient l'équipage. Conseiller juridique du ministère des affaires étrangères néerlandais, Liesbeth Lijnzaad reproche à la Russie d'avoir arraisonné et immobilisé illégalement l'Arctic-Sunrise et détenu l'équipage du navire sans le consentement de l'Etat de pavillon, les Pays-Bas.

Elle assure que la Russie « a violé les droits de l'homme de cet équipage, notamment la liberté de circulation » et que « le différend s'aggrave et s'étend ».

Car en Russie, la procédure pénale se poursuit et les militants risquent, à ce jour, jusqu'à 15 ans de prison. Ainsi, le 28 septembre, le bateau était perquisitionné par les autorités russes, sans le consentement des Pays-Bas. Le 8 octobre, le capitaine du navire était condamné à une amende de 20 000 roubles (500 euros environ) pour refus d'obtempérer lorsque les garde-côtes russes lui ont demandé de stopper son navire.

DES MEMBRES DE GREENPEACE SUR LA MOSKOVA

Enfin, la justice russe a refusé de libérer l'équipage sous caution, procédure pourtant prévue par le droit international. Pour La Haye, il y a urgence. « L'Etat général du navire se dégrade, assurent les Néerlandais. Il s'agit d'un brise-glace vieillissant qui nécessite une maintenance intensive (...
)
. Il en découle naturellement un risque pour l'environnement, dont des fuites d'hydrocarbure » et, ajoutent les Pays-Bas, « ce risque réel est aggravé par les conditions météorologiques difficiles qui règnent et par l'état de la glace dans l'Arctique ».

Conseiller des Pays-Bas, René Lefeber a demandé aux magistrats d'ordonner que « l'Arctic-Sunrise puisse regagner Amsterdam avant que le soleil de l'Arctique se couche et que l'hiver arrive ». Pendant que M. Lefeber plaidait à Hambourg, des militants de Greenpeace naviguaient à bord de canots pneumatiques sur la Moskova, à Moscou, déployant leurs banderoles pour la « libération des 30 » détenus.

Quelles sont les chances des Pays-Bas dans cette affaire ? La Russie n'a dit mot, mais les courriers entre Moscou et La Haye figurent désormais au dossier et certains pourraient peser dans la décision des juges. Moscou rappelle ainsi que l'Arctic-Sunrise a violé la zone de sécurité de 3 milles établie autour de la plate-forme pétrolière, et assure que « le navire accélérait et changeait continuellement de cap, se livrant ainsi à des manœuvres dangereuses » dans la zone économique exclusive (zone sur laquelle un Etat côtier peut conduire souverainement des activités) de la Russie.

2013, ANNÉE DE L'AMITIÉ ENTRE LA RUSSIE ET LES PAYS-BAS

La veille de l'arraisonnement, les Russes avaient informé les Néerlandais que les actes de Greenpeace présentaient « le caractère d'activités terroristes ». Le tribunal devrait rendre sa décision le 22 novembre.

S'il peut ordonner la libération de l'équipage et le retour du brise-glace à son port d'attache, il n'a, en revanche, pas les moyens d'obliger Moscou à appliquer ses décisions.

Simon Olleson, avocat de Greenpeace dans cette affaire, rappelle que « le tribunal n'a aucun moyen de forcer la Russie à coopérer », mais un refus de Moscou pourrait lui coûter cher « sur le plan diplomatique ». Ironie de l'histoire, 2013 a été déclarée Année de l'amitié entre la Russie et les Pays-Bas. Il leur reste deux mois pour trouver une issue à l'affaire de l'Arctic-Sunrise.

15/10/2013

Australie : changement climatique, connaît pas ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/14/l-australie-sacrifie-l-environnement-pour-relancer-son-economie_3495176_3244.html

L'Australie sacrifie l'environnement pour relancer son économie

LE MONDE | 14.10.2013 à 11h12 • Mis à jour le 14.10.2013 à 16h12 |

Par Colin Folliot (Sydney, correspondance) 

Pour Tony Abbott, le nouveau premier ministre conservateur australien, le démontage méthodique de la politique environnementale de ses prédécesseurs est une priorité. Ce climato-sceptique, qui qualifiait en 2009 de "connerie absolue" l'attribution du changement climatique à l'activité humaine, avait fait des élections législatives de septembre "un référendum sur la taxe carbone", mise en place par les travaillistes et qu'il promettait d'abroger. Entré en vigueur en 2012, ce dispositif prend la forme de permis d'émission de CO2 que doivent acheter les 500 plus gros pollueurs du pays.

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La question est délicate en Australie : particulièrement sensible aux aléas climatiques – des records de température cet automne accroissent encore les risques d'incendie –, le pays a échappé à la crise économique grâce à son industrie minière, très polluante, et il est un des plus gros émetteurs de CO2 par habitant. C'est au nom de l'économie que les conservateurs s'attaquent à l'écologie. Pour eux, "supprimer la taxe carbone doit alléger la pression sur les familles, aider les petites entreprises et restaurer la confiance dans l'économie".

 Le ministre de l'environnement, Greg Hunt, est aussi prié de faire des économies en supprimant plusieurs organismes chargés de la lutte contre le changement climatique. Le nouveau gouvernement espère enrayer le récent ralentissement de la croissance australienne, en allégeant les contraintes qui pèsent sur les entreprises.

POLITIQUEMENT RISQUÉ

Tony Abbott s'est engagé à ce que l'abrogation de la taxe carbone soit présentée rapidement au Parlement. Mais ce calendrier est politiquement risqué, car les nouveaux sénateurs élus en septembre ne prendront leurs fonctions que le 1er juillet 2014. D'ici là, les travaillistes et les Verts restent majoritaires à la Chambre haute. Greg Hunt les exhorte à respecter le "mandat " du nouveau gouvernement en votant l'abrogation, mais les travaillistes s'y refusent catégoriquement, comme l'a rappelé Bill Shorten, le nouveau leader du parti. En cas de blocage, Tony Abbott menace d'une "double dissolution" (seul moyen de dissoudre le Sénat), mais il pourrait finalement préférer attendre juillet. Il devrait alors rallier au moins six sénateurs indépendants.

Cette mesure pourrait coûter au budget national jusqu'à 2 milliards de dollars australiens (1,4 milliard d'euros), selon RepuTex, cabinet d'analyse spécialisé dans l'énergie. En effet, en attendant la mise en place, prévue au 1er juillet 2015, d'un marché du carbone, les entreprises ont acheté leurs permis d'émission, dont elles pourraient, en cas de disparition de la taxe carbone, demander le remboursement à l'Etat. 

 MODIFICATION LÉGISLATIVE NÉCESSAIRE 

La suppression de la taxe carbone doit s'accompagner de celle de l'Autorité du changement climatique, chargée de conseiller le gouvernement sur la lutte contre le changement climatique et notamment sur les prix à fixer pour le carbone. Mais cette institution ayant été créée par une loi, Tony Abbott devra aussi passer devant le Sénat. 

Dès sa nomination, Greg Hunt a également supprimé la Commission du climat, organisme indépendant dont le rôle était d'informer le public sur le changement climatique. Son dirigeant, Tim Flannery, a toutefois décidé de lui redonner vie sous la forme d'une ONG. Rebaptisée Conseil du climat, l'organisation a déjà reçu 20 000 dons, pour 1 million de dollars australiens.

Enfin, Tony Abbott a demandé à son ministre de l'économie et des finances, Joe Hockey, de fermer la Clean Energy Finance Corporation. Ce fonds d'investissement public, doté de 10 milliards de dollars australiens et chargé d'investir dans des projets d'énergies renouvelables, est accusé par Greg Hunt "d'emprunter l'argent public pour investir dans des entreprises spéculatives".

MÉPRIS POUR LA CLIMATOLOGIE 

Sénatrice de Tasmanie et chef des Verts, Christine Milne a vivement réagi à ces annonces : "C'est un jour noir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Tony Abbott a démontré son mépris pour la science du climat et pour la santé et le bien-être des générations futures." 

Pour justifier la disparition de toutes ces institutions, le ministre de l'environnement affirme que leur travail sera directement assuré par ses services et le bureau de météorologie. En contrepartie, il devrait ensuite mettre en place un "plan d'action directe", prévoyant des incitations financières pour les entreprises en fonction de leur "efficacité énergétique", et la plantation de 20 millions d'arbres.

Ce plan vise à atteindre les objectifs fixés par les travaillistes pour 2020 : des émissions de gaz à effet de serre réduites de 5 % par rapport à 2000 et 20 % de l'électricité produite par des énergies renouvelables. Mais Tony Abbott a déjà prévenu : il est hors de question de dépasser le budget de 3,2 milliards de dollars australiens sur quatre ans alloué à cette politique. 

14/10/2013

Pétrole et environnement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/07/pour-sauver-le-parc-congolais-des-virunga-wwf-porte-plainte-contre-le-petrolier-soco_3490974_3244.html

LE MONDE | 07.10.2013 à 11h03 • Mis à jour le 07.10.2013 à 16h53 |

Par Laurence Caramel

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a déposé plainte (PDF en anglais), lundi 7 octobre, contre la compagnie pétrolière anglaise Soco auprès de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour "violation des normes de responsabilité sociale des entreprises internationales". "Les activités d'exploration pétrolière de Soco dans et aux abords du parc national des Virunga violent les directives de l'OCDE concernant l'environnement et les droits de l'homme", avance l'ONG. L'OCDE devrait dire d'ici à deux mois si la plainte est recevable.

C'est une nouvelle étape dans la bataille lancée par WWF pour tenter d'empêcher les pétroliers détenteurs de concessions dans le plus ancien parc national d'Afrique, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979, d'utiliser les permis octroyés par le gouvernement congolais. Trois groupes étaient concernés jusqu'à présent : L'italien ENI, Total et Soco. Les deux premiers ont renoncé. Christophe de Margerie, PDG de l'entreprise française, a assuré, en mai, qu'aucune exploration n'aurait lieu à l'intérieur des limites actuelles du parc. Reste donc Soco.

Lire (édition abonnés) : " Congo-Kinshasa : difficile cohabitation entre grands singes et pétroliers"

Congo-Kinshasa _ difficile cohabitation entre grands singes et pétroliers.pdf

 L'entreprise, créée en 1997 et qui opère en Angola et au Vietnam, est restée sourde pour le moment aux avertissements de l'Unesco et du gouvernement britannique. Tout comme le gouvernement congolais, qui a reçu des mises en garde de ses bailleurs, à commencer par le premier d'entre eux, l'Union européenne. La filiale congolaise de Soco – domiciliée aux îles Caïmans – détient depuis 2007 une concession dénommée "bloc 5" de 7 500 km2 dont plus de la moitié se trouve à l'intérieur des Virunga.

WWF DEMANDE À L'OCDE DE FACILITER UN "DIALOGUE AMIABLE"

En octobre 2011, alors que la mobilisation internationale était déjà lancée, elle a été autorisée, par décret du ministère de l'énergie, à explorer "à des fins scientifiques", seul motif prévu par la loi congolaise sur la protection de la nature, pour déroger à l'interdiction de pénétrer dans une aire protégée. Mais Soco continue de violer les traités internationaux auxquels a souscrit la RDC en sollicitant l'inscription des Virunga au Patrimoine mondial. Le site, où vivent un quart des derniers gorilles de montagne, a été classé en danger en 2008. 

En portant l'affaire devant l'OCDE, le Fonds mondial pour la nature est conscient de s'aventurer sur un terrain juridiquement faible. Les lignes directrices de l'organisation internationale ne sont pas contraignantes et les entreprises qui ne les respectent pas n'encourent aucune sanction. Si ce n'est de ternir leur réputation. "Nous voulons attirer l'attention sur cette société et convaincre ceux qui détiennent des actions ou voudraient en acheter d'y renoncer", explique Jean-Baptiste Roelens, de WWF France. Dans sa procédure, l'ONG demande à l'OCDE de faciliter un "dialogue amiable" pour amener l'entreprise à modifier son comportement.

La plainte, rédigée sur 34 pages, liste une série d'entorses aux principes auxquels sont tenues de se conformer les multinationales d'un pays membre de l'OCDE. Parmi elles, selon le WWF, l'absence d'évaluation de l'impact humain que pourraitavoir une "ruée vers l'or noir" dans une région aussi instable que l'est de la RDC."Il y a de sérieuses craintes que le pétrole n'attire encore davantage de groupesarmés et n'alimente les conflits. Soco n'a pas démontré qu'elle avait pris ce risque en compte comme elle aurait dû le faire", souligne WWF.

IMPACTS SENSIBLES SUR LA BIODIVERSITÉ

La compagnie aurait aussi failli à son obligation de fournir une évaluation environnementale aux populations touchées par le projet. Or, selon le document gardé confidentiel par l'entreprise et que WWF produit dans sa plainte, il s'avère que les activités d'exploration pourraient avoir des impacts sensibles sur la biodiversité : pertes d'habitats ; risques de pollution ; perturbation de la reproduction de la faune aquatique ; risque de braconnage des employés du site... Le bloc 5 traverse le lac Edouard sur lequel travaillent environ 27 000 pêcheurs. Des tentatives d'intimidation des communautés locales, dont plusieurs se sont regroupées pour demander au gouvernement de mettre fin au projet, ont été relatées.

Cette accusation fait écho à l'arrestation, le 19 septembre, d'un des rangers du parc, Rodrigue Katembo Mugaruka. Aucune charge n'a été encore officiellement retenue contre lui, mais les ONG qui ont pris sa défense pointent l'altercation qu'il aurait eue, deux jours avant son arrestation, avec des employés de Soco qui tentaient d'implanter une antenne de télécommunication sans autorisation. L'entreprise nie toute implication dans cette arrestation.

Lire aussi (édition abonnés) : " L'Equateur renonce à sanctuariser le parc Yasuni pour en exploiter le pétrole"

 L'Equateur renonce à sanctuariser le parc Yasuni pour en exploiter le pétrole.pdf

Les forages peuvent commencer à Yasuni, en Equateur
Le Congrès équatorien a autorisé, jeudi 3 octobre, des forages pétroliers dans le parc national Yasuni, en Amazonie.
Le président socialiste, Rafael Correa, avait annoncé en août sa décision de renoncer à sanctuariser cette aire protégée, qui possède une biodiversité remarquable mais aussi 20 % des réserves de pétrole du pays.
En 2007, l'Equateur avait lancé une initiative originale en s'engageant à ne pas exploiter le sous-sol du parc si la communauté internationale lui promettait 3,6 milliards de dollars (2,65 milliards d'euros), soit la moitié des revenus escomptés du pétrole. Six ans après, seule une infime partie de ce montant a pu être rassemblée.
Rafael Correa minimise l'impact des forages pétroliers sur l'environnement en assurant qu'ils n'affecteront que 0,01 % du bassin du Yasuni. Le parc possède une superficie de près de 10 000 km2. Les écologistes et les populations indigènes continuent de protester et réclament un référendum.

À quand un Fukushima français ?

 
L'Etat compte prolonger de dix ans la vie des centrales nucléaires
 
La décision de prolonger de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises, pour qu'elle passe de 40 à 50 ans, est prise et devrait être annoncée bientôt, affirme le "Journal du Dimanche".

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/13/l-etat-compte-prolonger-de-dix-ans-la-vie-des-centrales-nucleaires_3494983_3244.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20131014-[titres]

La décision de prolonger de dix ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises, pour qu'elle passe de 40 à 50 ans, est prise et devrait être annoncée bientôt, affirme le Journal du Dimanche. Selon le JDD, l'Etat veut allonger la durée d'exploitation des 58 réacteurs composant les 19 centrales du pays, et la décision"pourrait être officialisée" à l'occasion d'un conseil de politique nucléaire prévu le 15 novembre.

Selon une source proche de l'administration citée par le JDD, la décision deprolonger à 50 ans la durée de vie des centrales "est actée" et "le gouvernement cherche juste le bon timing politique". Elle sera "prise avant la fin de l'année", selon une autre source citée par le journal, présentée comme proche du ministère de l'écologie.
Si "rien n'est officiel" pour l'instant, "c'est inéluctable", confirme une troisième source au journal. Une quatrième, à Bercy, explique "qu'on aura du mal à s'enpasser, d'autant que son impact financier profitera aux consommateurs".

EDF s'est refusé à tout commentaire. Le ministère de l'écologie a indiqué qu'"il n'y a qu'une seule personne qui pilote ce dossier au gouvernement, et c'est le ministre de l'écologie Philippe Martin". Fin septembre, le ministère avait évoqué "une demande d'EDF" concernant un amortissement sur 50 ans des centrales nucléaires : "L'amortissement sur 50 ans en moyenne des centrales nucléaires est une demande d'EDF. L'Etat ne s'est pas prononcé sur ce sujet. Aujourd'hui, seules l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et EDF décident de la prolongation des centrales", avait souligné le ministère.

PLAN D'INVESTISSEMENT DE 55 MILLIARDS D'EUROS

EDF peaufine un plan d'investissement de 55 milliards d'euros d'ici 2025, visant àprolonger de 40 jusqu'à 60 ans la durée de vie de ses centrales et à améliorer leur sûreté après la catastrophe de Fukushima au Japon.

L'Autorité de sûreté nucléaires (ASN) ne s'est pas prononcée sur une telle extension. Ce n'est qu'en 2009 qu'elle avait validé le principe d'une exploitation jusqu'à 40 ans des réacteurs, sous réserve toutefois que chacun réponde à ses exigences de sûreté et du résultat des visites décennales. L'ASN peut autoriserou non au terme de ces contrôles approfondis un réacteur à fonctionner dix ans de plus et, éventuellement, imposer des travaux de rajeunissement plus ou moins lourds.

Au total, 48 des 58 réacteurs nucléaires ont été mis en service entre 1978 et 1989, ce qui induit en théorie une fin de vie pour certains dès 2018. Un allongement d'exploitation permettrait à EDF d'améliorer ses profits et donc d'augmenter les dividendes déjà importants versés par l'électricien à l'Etat, qui est son actionnaire à 84 %. 

"UNE PROVOCATION POLITIQUE"

Les écologistes sont déjà montés au créneau, alors même que le gouvernement veut réduire la part du nucléaire dans le système électrique de 75 % à 50 % à l'horizon 2025. Le sénateur écologiste Ronan Dantec avait dénoncé récemment tout "deal" qui verrait le gouvernement allonger la durée de vie des centrales au prétexte de dégager des ressources supplémentaires pour la transition énergétique.

Dans un communiqué pubié dimanche, EELV écrit "qu'une telle décision constituerait une provocation politique, un mensonge économique et une aberration énergétique""Une provocation politique puisqu' une telle décision remettrait directement en question l'engagement du président de la République, rappelé à plusieurs reprises, de ramener à 50 % d'ici 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité", détaille le mouvement.

Un mensonge économique "car cela reviendrait à inscrire dans les comptes d'EDF une durée d'amortissement supérieure non seulement à la durée de vie des installations, mais aussi en contradiction avec les multiples déclarations de l'Autorité de sûreté nucléaire indiquant qu'EDF ne pouvait compter sur une durée de vie de ses réacteurs supérieure à 40 ans". Enfin cette décision serait "une aberration énergétique" car elle reviendrait à maintenir "sous assistance respiratoire de vieilles installations en déclin".

Interrogée sur Europe 1 dimanche à ce sujet, l'ancienne présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a estimé que "donner du temps aux centrales nucléaires, cela va dans le bon sens, mais en s'assurant qu'elles sont à un niveau de sûreté qui leur permet d'avancer""C'est à l'ASN de le dire", a-t-elle ajouté, tout en soulignant que les centrales nucléaires françaises "sont un investissement qui a été fait historiquement".

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sur le même sujet :

Édition abonnés Contenu exclusif

29/09/2013

La ferme aux 1000 (en réalité 1750) vaches, l'Europe néolibérale et nos errements politiques

à lire :

Vaches : l'étable des multiplications

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/28/l-etable-des-multiplications_3486457_3234.html

Vaches _ l'étable des multiplications.pdf


extrait :

..."L'association Novissen tente de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise de BTP Ramery qui construit la ferme de son patron. En mai, elle a déposé un recours auprès du préfet de la Somme contre le permis de construire. Puis le 6 septembre, une requête en excès de pouvoir auprès du tribunal administratif d'Amiens. "La préfecture refuse de nous donner le plan du projet malgré l'accord de la commission d'accès aux documents administratifs" dit Michel Kfoury, président de Novissen qui met en avant l'impact sur la santé, l'eau et l'environnement du projet."...

26/09/2013

Nucléaire : EDF et le directeur de la centrale du Bugey condamnés

communiqué de 'Sortir du nucléaire' 

Gagné ! Nous avons fait condamner EDF et le directeur de la centrale du Bugey

En août 2011, en toute illégalité, EDF avait déversé dans une carrière des gravats radioactifs en provenance de la centrale du Bugey, près de Lyon. Nous avons porté plainte... et après une bataille juridique de plus de 2 ans, nous venons d’obtenir la condamnation d’EDF et du directeur de la centrale du Bugey !

lien > Gravats radioactifs : l’impunité en ruines...

14/09/2013

Les 50 entreprises les plus polluantes

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/09/13/gaz-a-effet-de-serre-les-firmes-les-plus-polluantes-n-ont-pas-reduit-leurs-emissions_3477323_3244.html

Gaz à effet de serre : les 50 entreprises les plus polluantes

Le Monde.fr | 13.09.2013 à 20h30 • Mis à jour le 13.09.2013 à 22h05 |Par Audrey Garric

Les grandes entreprises font-elles suffisamment d'efforts pour lutter contre le changement climatique ? La réponse, donnée par un rapport de l'ONG CDP,publié jeudi 12 septembre (*), reste mitigée : d'un côté, les émissions de gaz à effet de serre des 500 principales sociétés cotées au monde ont reculé de 14 % en quatre ans ; de l'autre, ces émissions proviennent à 73 % de seulement 50 firmes, dont les rejets continuent d'augmenter.

Au total, les 500 plus grandes entreprises émettront en 2013 l'équivalent de 3,6 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2), contre 4,2 milliards en 2009, selon l'étude de cette organisation indépendante spécialisée dans les émissions des sociétés, réalisée à la demande de plus de 700 investisseurs institutionnels.

Les 50 plus gros émetteurs seront responsables à eux seuls de plus de 2,5 milliards de tonnes, un chiffre en augmentation de 1,7 % en quatre ans. Si cette hausse peut sembler marginale, elle représente en réalité l'équivalent de 8,5 millions de camions supplémentaires sur les routes ou la consommation en électricité de 6 millions de maisons en une année, note le CDP.

"Les plus gros émetteurs, qui ont le plus grand impact en termes d'émissions mondiales et qui représentent donc la plus grande opportunité de changement à grande échelle, doivent faire plus pour réduire leurs émissions", écrit le rapport.

SEIZE ENTREPRISES AMÉRICAINES, CINQ FRANÇAISES

Qui sont ces 50 gros émetteurs ? Il s'agit principalement de pétroliers et d'énergéticiens, de cimentiers et de groupes métallurgiques ou miniers. La Chine n'est étrangement pas présente dans la liste. On trouve seize entreprises américaines (notamment ExxonMobil, Wal-Mart, Dow Chemical, Chevron, ConocoPhillips, FedEx, AT&T), six britanniques (BP ou Rio Tinto), cinq allemandes (E.ON, RWE) et canadiennes (Imperial Oil). La France place six entreprises dans le classement : GDF Suez, le plus gros pollueur avec 157,9 millions de tonnes de CO2, devant Lafarge (106,3 millions), EDF (80,4), Total (51,4), Air liquide (22,1) et Saint-Gobain (12,8).

Le rapport distribue aussi les bons points. BMW, Daimler, Nestlé, Cisco Systems, Hewlett-Packard, Honda, Nissan ou Samsung sont citées au titre des meilleures entreprises en matière de performance ainsi que de transparence.

Les données restent toutefois incomplètes, 111 entreprises sur 500 (dont AppleFacebook ou Amazon) n'ayant pas communiqué leurs émissions. Le rapport met aussi en garde les entreprises contre le risque de sous-estimer leurs émissions indirectes (provenant de sources qu'elles ne possèdent ou ne contrôlent pas directement).

Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement, les émissions totales de gaz à effet de serre dans le monde ont dépassé les 50 milliards de tonnes équivalent COen 2010. Et en mai, la concentration de CO2 a passé la barre des 400 parties par million (ppm), un seuil inégalé depuis 2,5 millions d'années. Le 27 septembre, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat rendra son cinquième rapport très attendu, qui fera le point sur l'ampleur et les impacts attendus du réchauffement.

 

(*) le rapport : CDP-Global-500-Climate-Change-Report-2013.pdf 

07/09/2013

L'écotaxe poids lourds déjà menacée ...

lu sur :

http://www.la-croix.com/Ethique/Environnement/L-ecotaxe-poids-lourds-pas-encore-appliquee-et-deja-menacee-2013-09-04-1006832

L'écotaxe poids lourds, pas encore appliquée et déjà menacée

Le ministère des transports n’exclut pas un nouveau report de l’application de l’écotaxe sur les poids lourds, « pour des raisons techniques ». 

Adoptée dans la foulée du Grenelle de l’environnement et sans cesse reportée, cette nouvelle redevance doit rapporter 1,2 milliard d’euros par an à l’État.

Son objectif est de favoriser des modes de transport de marchandises moins polluants que la route, comme le fret ferroviaire ou fluvial.

Officiellement, la date du 1er  octobre pour l’entrée en vigueur de l’écotaxe poids lourds est « toujours dans la ligne de mire », assure-t-on dans l’entourage du ministre délégué aux transports, Frédéric Cuvillier. Sauf que des raisons techniques pourraient, une fois encore, décaler l’application de cette redevance qui ulcère les transporteurs routiers. « Nous ne mettrons pas en place un dispositif qui n’est pas sécurisé », a assuré le ministre la semaine dernière. La décision d’un éventuel report doit être prise en fin de semaine, une fois transmis un état des lieux de la société Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la nouvelle redevance.

La nouvelle taxe doit s’appliquer à tous les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur le réseau national et sur certaines routes départementales, en fonction du kilométrage parcouru. Les autoroutes, déjà soumises à péage, ne sont pas concernées. Estimée à 12 centimes du kilomètre en moyenne, l’écotaxe est censée faire payer au transport routier non seulement l’usure des infrastructures utilisées, mais aussi une partie des nuisances qu’il engendre en termes de pollution, de bruit et de congestion.

800 000 VÉHICULES CONCERNÉS

En renchérissant le coût de ce type de transport pour les donneurs d’ordre, cette redevance est censée favoriser le report vers des modes de transport moins polluants, comme le fluvial ou le rail. Environ 800 000 véhicules sont concernés – 550 000 français et 250 000 étrangers.

D’après l’entreprise Ecomouv’, chargée de la gestion et de la collecte de la taxe, seuls 20 000 camions sont aujourd’hui dûment enregistrés dans ses fichiers. « Le système est d’un formalisme effroyable, déplore Jean-Paul Deneuville, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), en niant toute mauvaise volonté de la part des transporteurs. Nos entreprises ont envoyé 75 000 dossiers à Ecomouv’, dont 80 % ont été recalés faute d’avoir été remplis correctement. Pour un grand groupe de transport, le dossier peut faire jusqu’à 70 000 feuilles ! Le report est inéluctable. » L’entreprise Ecomouv’affirme être en mesure de tenir l’échéance. « Nos effectifs ont été doublés et nous sommes en mesure d’enregistrer 20 000 dossiers par jour », assure une porte-parole.

SANS CESSE DIFFÉRÉE DEPUIS SON ADOPTION

Si les tout derniers décrets d’application ne sont parus qu’en juillet, on ne peut pas dire que les transporteurs ont été pris par surprise. Actée dans son principe par le Grenelle de l’environnement en 2007, l’écotaxe poids lourds a été adoptée – à l’unanimité – au Parlement dans la loi de finances 2009. Depuis, elle n’a cessé d’être différée à la demande des transporteurs, pour des raisons techniques ou juridiques. En revanche, comme l’a souligné la Cour des comptes en janvier 2012, les transporteurs ont déjà obtenu des compensations. La taxe à l’essieu a été allégée dès 2008 et le poids maximal de circulation a été porté de 40 à 44 tonnes en janvier 2011, ce qui permet de faire des gains de productivité.

Pour ses détracteurs, la nouvelle redevance a tout d’une « usine à gaz ». De fait, son recouvrement s’avère particulièrement complexe… et coûteux. Il ne s’agit de rien de moins que de traquer les déplacements de 800 000 véhicules sur un réseau de 15 000 km. La technique choisie par Ecomouv’consiste à équiper chacun des véhicules d’un GPS embarqué, relié à un satellite. La présence du boîtier à bord du camion sera vérifiée notamment par 173 portiques fixes.

UN COÛT DE RECOUVREMENT DE 20%

Au total, « le coût de recouvrement s’établit à un peu moins de 20 %, estime la sénatrice UMP Marie-Hélène des Esgaulx dans un avis remis à la commission des finances du Sénat. À titre de comparaison, ce pourcentage ne dépasse pas 1,2 % pour l’impôt sur le revenu. » Reste que, selon la sénatrice, ce coût, lié à la complexité technologique du projet, « n’est pas surestimé ». Il est similaire à celui de l’écotaxe allemande, mise en place dès 2005, et qui mobilise 600 contrôleurs.

L’écotaxe aura-t-elle par ailleurs un réel impact environnemental ? Pour la FNTR, le report sur le fret ferroviaire ou fluvial ne sera que très limité, l’essentiel du transport de marchandises se faisant sur de courtes distances où la route est la seule alternative crédible. « En Allemagne, il n’y a pas eu de gros report modal, reconnaît Michel Dubromel, spécialiste des transports à France Nature Environnement. En revanche, les transporteurs ont optimisé leur chargement. En clair, on transporte le même tonnage de marchandises, mais avec moins de camions en circulation. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde. » 

 ––––––––––––––––––- 

 Plus d’un milliard d’euros de recettes attendues 

L’écotaxe est censée rapporter 1,2 milliard d’euros chaque année. La recette nette s’élève à 1 milliard d’euros environ, une fois déduite la rémunération d’Ecomouv’(230 millions).

En principe, la majorité de ces recettes – soit près de 800 millions – doit aller au budget de l’Afit, l’agence qui finance les grands projets d’infrastructures français, notamment les lignes de chemin de fer.

Les collectivités locales devraient percevoir 160 millions d’euros pour les dépenses liées à l’entretien du réseau routier.

L’affectation précise du produit de l’écotaxe doit figurer dans chaque loi de finances. Les associations environnementales craignent qu’une partie de la taxe ne soit absorbée par le budget général.

EMMANUELLE RÉJU

05/09/2013

France : les cancers professionnels sont peu reconnus

lu sur :

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202982785773-cancer-les-effets-de-la-pollution-encore-mal-pris-en-compte-600676.php

Cancer : les effets de la pollution encore mal pris en compte

Les Echos, 04/09

Par Joel Cossardeaux | 04/09 | 06

Un rapport prône la réduction des seuils admissibles d'exposition au diesel.
Le nombre reconnu de cancers professionnels est encore très faible.

C'est une anomalie que le troisième plan Cancer pourrait solutionner. Les risques environnementaux, auxquels de multiples études attribuent un nombre important de décès par cancer, sont « encore mal connus et mal estimés », selon le rapport de préfiguration de ce plan prévu sur 2014-2018. Dans le plan Cancer qui s'achève, aucun de ces risques, hormis le radon, cible d'un objectif de la loi santé publique de 2004, n'a fait l'objet d'un dispositif de contrôle de l'exposition des populations. Et encore, si le deuxième plan Cancer a permis d'élargir ce contrôle à l'habitat, c'est-à-dire plus seulement aux hôpitaux, « les mesures de protection n'ont pas été recensées », observe le document.
Les particules fines, « cancérogènes certains »
Les autres risques environnementaux apparaissent largement laissés pour compte : les perturbateurs endocriniens, mais aussi les champs électromagnétiques liés à la téléphonie mobile et classés « cancérogènes possibles » par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) ou encore les particules fines émises par les moteurs Diesel, rangées, elles, dans la catégorie des « cancérogènes certains ». «  L'effet des mesures prises concernant la réduction du rejet de ces particules est encore incertain », juge le rapport.
Ses auteurs proposent, à la faveur du prochain plan Cancer, de « diminuer les seuils tolérés d'exposition » à toutes ces sources environnementales polluantes. Autre objectif : « limiter les sources de pollution atmosphériques urbaines et industrielles, dont les gaz d'échappement des moteurs Diesel » et « limiter les toxiques polluants des eaux (pesticides) ».
Le troisième plan Cancer doit enfin permettre de mieux appréhender les cancers d'origine professionnelle. Car le nombre reconnu «  est encore très faible, particulièrement pour les cancers non liés à l'amiante », relève le rapport. Plus des trois quarts des 1.773 cancers reconnus en 2010 (- 3,1 % par rapport à 2009) à titre professionnel résultent d'expositions anciennes à l'amiante, contre seulement 74 aux poussières de bois et 63 aux huiles et goudrons.

Joël Cossardeaux



Les chiffres
1.773 cancers professionnels indemnisés en 2010
Ce chiffre marque une baisse de 3,1 % par rapport à 2009. Dans 1.473 cas, ces cancers résultent d'expositions anciennes à l'amiante. 
20 % des Français conscients du risque lié au radon
Ce gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration du radium dans le sous-sol, est à l'origine de 5 à 10 % des décès par cancer du poumon. 31 départements sont classés prioritaires face à ce risque. 

05/08/2013

Les suites de la marée noire de 2010 en Louisiane

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ea045622-fb95-11e2-bc8f-21853ba6fc73|0#.Uf9I50bENXI

POLLUTION Samedi3 août 2013

La mystérieuse maladie de la marée noire 

Stéphane Foucart Raceland et Thibodaux Louisiane

Depuis la marée noire de BP dans le golfe du Mexique, à l’été 2010, des habitants de la Louisiane se plaignent d’étranges symptômes. Le solvant employé pour disperser le pétrole est montré du doigt

Le cabinet du docteur Robichaux est une petite bâtisse plate et sans charme postée au bord de la route. Derrière s’écoule paresseusement un bayou. C’est ici, à Raceland, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans, que le médecin commence, à l’été 2010, à re cevoir des patients présentant des symptômes qu’il assure n’avoir «jamais vus en quarante ans de pratique».

Migraines, spasmes, éruptions cutanées, troubles respiratoires ou digestifs, douleurs diffuses et, surtout, confusion, perte de la mémoire à court terme et fatigue chronique. Et des atteintes liées au sexe: perturbation du cycle menstruel chez les femmes, impuissance chez les hommes. Pour le médecin, ancien sénateur de l’Etat de Louisiane, ces troubles seraient liés à l’épandage massif de Corexit – le solvant utilisé à grande échelle pour «nettoyer» la marée noire de BP dans le golfe du Mexique.

Trois ans après l’enrayement de la fuite du puits de Macondo, le 16 juillet 2010, le médecin dit avoir été consulté par «plus d’une centaine de patients» présentant ce tableau clinique, comparable, selon lui, au syndrome dont sont encore victimes plusieurs dizaines de milliers de vétérans de la première guerre du Golfe, persique celui-là, de 1990-1991.

Désormais épaulé par deux ONG – le Government Accountability Project (GAP), basé à Washington, et le Louisiana En vironmental Action Network (LEAN) –, Michael Robichaux suspecte un problème de santé pu blique silencieux le long des côtes du golfe du Mexique.

«A l’été 2010, lorsque le nettoyage a débuté, nous avons commencé à lire dans la presse que des personnels recrutés par BP pour participer aux opérations tombaient malades, certains étant hospitalisés», raconte le médecin. Une association écologiste locale présente au médecin une quinzaine de patients, des pêcheurs enrôlés dans le nettoyage de la marée noire ou de simples riverains des côtes, lui demandant de pratiquer des prélèvements sanguins.

«Tous avaient des taux élevés de composés organiques volatils, dit-il. Tous présentaient des symptômes proches, en particulier des pertes de mémoire à court terme et une fatigue chronique.»

Le praticien dit avoir vu quelque 119 malades. Pour combien, au total, dans l’ensemble de la région? «Je l’ignore, mais le chiffre de plusieurs milliers est plausible», répond-il. Une évaluation d’autant plus délicate que «l’état de certains s’est amélioré, tandis que d’autres demeurent affectés, surtout par les problèmes de mémoire et de fatigue chronique».

L’exposition au Corexit est, selon le médecin, la principale cause de ces troubles: «Dans le golfe, nous avons l’habitude des fuites de pétrole, mais celui qui s’est écoulé en 2010 est peu toxique et jamais, avant l’utilisation du Corexit, de tels troubles n’avaient été relevés.»

Au large des côtes de Louisiane, pendant plusieurs mois, le solvant a été utilisé à une échelle inédite. Selon les chiffres officiels des autorités fédérales américaines, plus de 7000 mètres cubes du produit ont été utilisés, plus de la moitié épandus par avion. Or ce solvant est interdit dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, patrie de BP.

Jamie Simon, 34 ans, une ancienne patiente du docteur Robichaux, ne s’est jamais remise de la marée noire. «J’ai travaillé pour BP pendant sept mois sur un «hôtel flottant», à cuisiner pour les marins recrutés pour le nettoyage, raconte la jeune femme, qui vit désormais chez sa mère, à Thibodaux, à quelques kilomètres de Raceland. Lorsque les marins revenaient à bord, leurs bottes étaient pleines d’une boue liquide de pétrole et de dispersant… Le manager disait que ce n’était pas plus dangereux que du liquide vaisselle.» Au bout d’un mois, la jeune femme dit avoir ressenti de premiers troubles, qui sont allés en s’aggravant. Jusqu’à ce qu’ils l’obligent à quitter son emploi.

Les manifestations les plus aiguës ont disparu. «Mais je suis désormais incapable de travailler, dit-elle. J’ai perdu ma mémoire à court terme, ma concentration… Je jouais du piano et je n’y arrive plus. A 34 ans, je suis bonne à rester chez moi et à regarder le plafond.»

Jorey Danos, 31 ans, également habitant de Thibodaux, a été l’un des quelque 50 000 travailleurs recrutés par BP pour travailler au nettoyage de la marée noire. Il dit avoir été, à plusieurs reprises, exposé à des doses importantes de Corexit et de pétrole. Trois ans plus tard, il se déplace comme un vieillard et s’exprime avec difficulté: «J’ai le sentiment que mon cerveau a grillé. Je me perds dans mon jardin. Je ne sais plus conduire… Je ne peux même plus m’occuper de mes enfants.» De plus, raconte-t-il, le responsable de BP dont il dépendait lui aurait refusé le port d’un masque à gaz au motif que cela «attirerait l’attention des médias».

Dans un rapport rendu public en avril, les deux ONG, le GAP et le LEAN, ont fait déposer sous serment une vingtaine de victimes et de témoins des opérations de nettoyage. Outre la description de leurs symptômes, d’autres marins et travailleurs recrutés par BP assurent que leur chef d’équipe leur a refusé du matériel de protection, en dépit de leur difficulté à respirer.

D’autres témoignages, recueillis par l’hebdomadaire News week et publiés au printemps, vont dans le même sens. Or, le fabricant du Corexit, dans sa notice d’utilisation, fait clairement état de la toxicité de son produit. Sur ce point précis, une enquête du médiateur de BP – qui n’a pas donné suite aux sollicitations du Monde – est en cours.

Combien de personnes, au total, sont-elles concernées? La réponse viendra peut-être d’une enquête épidémiologique menée par le National Institute of Environmental Health Sciences auprès de ceux qui ont travaillé au nettoyage. «Près de 33 000 participants ont accepté de partager leur histoire avec nous et nous allons les suivre pendant dix ans pour déterminer si des effets sanitaires vont se manifester, explique l’épidémiologiste Richard Kwok, coresponsable de l’étude. Nous avons suivi les informations de presse sur des symptômes liés au pétrole et aux dispersants et avons intégré ces questions au protocole de notre étude.»

Les résultats de ce travail sont attendus dans les prochains mois. Pour l’heure, aucune autorité ne reconnaît ces troubles ni leur lien éventuel avec la marée noire.

21/06/2013

Pour inciter aux déplacements à bicyclette ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/style/article/2013/06/20/a-quand-une-indemnite-pour-se-deplacer-a-bicyclette_3433080_1575563.html

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A quand une indemnité pour se déplacer à bicyclette ?

LE MONDE | 20.06.2013 à 16h01 • Mis à jour le 20.06.2013 à 16h02 |Olivier Razemon

Recevra-t-on bientôt une somme de 21 centimes par kilomètre pour se rendre au travail sur son vélo ? La création d'une "indemnité kilométrique cyclable", comparable à celle qui est déjà versée aux automobilistes, constituerait la mesure la plus symbolique du "plan vélo" que prépare le gouvernement pour la fin de l'année. Il a fallu près d'un an pour convaincre le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, de se mettre dans la roue de son prédécesseur, Thierry Mariani, qui avait présenté un premier "plan vélo" en janvier 2012.

Le gouvernement souhaite ainsi développer les "modes actifs", ainsi que l'on baptise, dans le jargon officiel, le fait de se déplacer à l'aide de ses propres jambes, autrement dit à pied, à vélo, voire sur une trottinette. Un groupe de travail réunissant 34 personnes, responsables associatifs, parlementaires, élus locaux et fonctionnaires, doit remettre ses conclusions à l'automne. Son animateur, Dominique Lebrun, coordinateur interministériel pour le développement de l'usage du vélo et adjoint (Nouveau Centre) au maire de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est allé chercher son inspiration en Autriche, à Vienne, où s'est tenu du 11 au 14 juin le congrès Vélo-City, qui réunit chaque année les spécialistes mondiaux du sujet.

PAS SEULEMENT UN LOISIR

Parmi les mesures examinées par le groupe de travail figurent, outre l'indemnité kilométrique, le développement du tourisme cyclable et une campagne nationale de communication. L'Etat pourrait également financer l'aménagement de places de stationnement pour vélos aux abords des gares. Strasbourg, notamment, espère bien en bénéficier.

Toutefois, le plan vélo du gouvernement Ayrault risque de s'avérer minimaliste. Le groupe de travail, qui tiendra sa première réunion au ministère des transports les 4 et 5 juillet, peine à convaincre le ministre et son administration que le vélo est pour beaucoup de Français un moyen de transport quotidien et pas seulement un loisir ou un sport du dimanche.

L'Etat ne semble pas décidé à prendre des mesures qui auraient pour conséquence de limiter la place accordée à la voiture dans les villes. Il n'est pas question, par exemple, d'encourager la limitation de vitesse à 30 km/h, comme le font les villes allemandes, néerlandaises ou danoises. "A six mois desmunicipales, l'Etat ne peut prendre que des mesures molles", regrette un participant. Même la fameuse indemnité kilométrique ressemble à une chambre à air dégonflée. Son institution ne serait pas obligatoire mais resterait sujette au bonvouloir de chaque employeur.

Geneviève Laferrère, présidente de la Fédération des usagers de la bicyclette, est convaincue qu'un tel dispositif, à condition d'être généralisé, porterait ses effets."Les gens adorent compter combien d'euros ils parviennent à grappiller", assure-t-elle. Mais le ministère tient absolument à évaluer le "retour sur investissement" de la mesure. Or, si les services du ministère de la santé admettent depuis 2008 que la pratique quotidienne de la bicyclette est excellente pour la santé, on peine toujours à chiffrer précisément les bénéfices pour le budget de la Sécurité sociale.

19/06/2013

Pollution de l’air et autisme

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon des scientifiques de la faculté de santé publique de l’Université de Harvard (Massachusetts), « les femmes exposées durant leur grossesse à des niveaux de pollution de l’air élevés auraient deux fois plus de risque de donner naissance à un enfant autiste que celles vivant dans un environnement préservé », note Le Monde.Le Monde, 19/06

13/06/2013

Pesticides : le pire est déjà là ...

... et les "décideurs politiques" restent inféodés aux lobbies, il faut en être conscient.

Donc, pour changer la donne, pourquoi ne pas envisager des listes "citoyennes" en 2014 ?

(voir la note :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ? )

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/pesticides-les-preuves-du-danger-s-accumulent_3429549_3244.html

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LE MONDE | 13.06.2013 à 11h27 • Mis à jour le 13.06.2013 à 11h27

Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

En dépit des dénégations des industriels du secteur, les pesticides sont bel et bien impliqués dans un grand nombre de pathologies lourdes – cancers, maladies du sang, troubles neurologiques, malformations, etc. – dont l'incidence tend à augmenter dans le monde. C'est l'idée-force d'une impressionnante expertise collective menée sur l'ensemble des connaissances internationales actuelles, et pilotée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui l'a rendue publique jeudi 13 juin.

Cette synthèse rassemble les données épidémiologiques issues de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Finlande, Danemark, etc.), qui précisent les effets sanitaires des principaux produits phytosanitaires : insecticides, herbicides et fongicides. Une grande part du rapport concerne les expositions professionnelles (agriculteurs, ouvriers du secteur agrochimique, etc.), mais aussi les personnes vivant ou travaillant dans ou à proximité de zones agricoles. En France, terre d'agriculture, 15 % de la population sont ainsi concernés.

"AUGMENTATIONS DE RISQUES SIGNIFICATIVES"

Après avoir passé au crible la littérature scientifique internationale, les experts concluent que l'exposition à des pesticides conduit à "des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies".

C'est ainsi que chez les agriculteurs, les ouvriers de l'industrie qui fabriquent ces produits ou ceux qui les appliquent, il y a une "présomption forte" d'association entre une exposition professionnelle aux pesticides et la survenue de certaines proliférations malignes de cellules lymphoïdes (lymphomes non hodgkiniens) et de cancers de la prostate. Les agriculteurs et les applicateurs de pesticides sont également exposés à un risque accru de myélome multiple, une autre prolifération maligne dans la moelle osseuse. Et ce n'est pas tout. Que ce soit dans le cadre d'expositions professionnelles ou non, les adultes présentent un plus grand risque à développer une maladie de Parkinson.

Un lien avec d'autres pathologies comme les tumeurs du système nerveux central est aussi suspecté. En Gironde, par exemple, région viticole très consommatrice de pesticides, l'incidence de ces maladies est trois fois supérieure au niveau national. Entre 2000 et 2007, elle a augmenté de 17 %.

"ATTENTION AU SYNDROME DU RÉVERBÈRE"

Les travaux internationaux examinés mettent en lumière un autre fait majeur : la période de vulnérabilité que représente la grossesse. "Il y a une présomption forte d'un lien entre une exposition professionnelle de la femme enceinte à certains pesticides et un risque accru pour l'enfant de présenter un hypospadias ou de développer, plus tard, un cancer cérébral ou une leucémie", constate l'épidémiologiste Sylvaine Cordier (Inserm, université Rennes-I) et coauteure du rapport. Selon des données internationales, l'exposition professionnelle du père ou de la mère augmente de 30 % à 53 % le risque de tumeurs cérébrales de l'enfant à naître.

Les agricultrices enceintes ne sont pas les seules concernées. Celles qui habitent dans des zones agricoles d'épandage ou celles qui utilisent les pesticides à des fins domestiques le sont également : "Des études montrent un risque augmenté, pour l'enfant à naître, de leucémies, de troubles de la motricité fine, de déficit cognitif, de troubles du comportement comme l'hyperactivité", ajoute Mme Cordier.

Si les preuves sont suffisantes pour agir vis-à-vis de certains produits – les organochlorés et les organophosphorés –, Jean-Paul Moatti, directeur de l'Institut thématique "Santé publique" commun aux organismes de recherche publics français met en garde : "Attention au syndrome du réverbère où l'on ne regarde que ce qui est éclairé. Notre expertise collective pointe le développement de nombreuses pathologies, mais de futurs travaux pourraient découvrir des effets insoupçonnés des pesticides analysés, ou mettre en évidence la toxicité d'autres substances."

DES DÉCISIONS POLITIQUES ATTENDUES

Les auteurs recommandent donc d'"améliorer les connaissances sur l'exposition des populations" et d'obtenir la composition complète des produits mis sur le marché, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, les formules commerciales restant protégées par le secret industriel. En Europe, ces données ne peuvent être réclamées par un seul pays – comme aux Etats-Unis –, car elles relèvent de la règlementation communautaire.

"Si les auteurs de cette large expertise réclament surtout que l'on fasse plus de recherche, dit de son côté François Veillerette, porte-parole de l'association Générations futures, ils n'en tirent pas moins des conclusions très fortes, qui doivent mener à des décisions politiques : vente des pesticides interdites à des utilisateurs non professionnels ou interdiction pour les collectivités publiques d'y avoir recours..."

Retirer du marché les produits est parfois nécessaire mais pas toujours suffisant. Les scientifiques le savent bien. "De nombreux produits ont été interdits mais les plus persistants demeurent présents dans l'environnement ou s'accumulent dans la chaîne alimentaire, dont l'homme constitue le dernier maillon." Pour le député socialiste Gérard Bapt, qui avait déjà lancé l'alerte sur les dangers sanitaires du bisphénol A, et qui a organisé la présentation des résultats de l'expertise à l'Assemblée nationale, "ce travail montre l'ampleur du problème en matière de santé publique. La question est de savoir si, comme dans le cas du chlordécone aux Antilles, nous n'avons pas dépassé le point de non-retour".

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Pollution

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12/06/2013

La politique française en matière d'ordures ménagères

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/11/gestion-des-dechets-en-finir-avec-les-demi-mesures_3428221_3232.html

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Gestion des déchets : en finir avec les demi-mesures

LE MONDE | 11.06.2013 à 17h25 • Mis à jour le 11.06.2013 à 18h21

Par Gilles van Kote

Est-ce vraiment un paradoxe ? Alors que la France compte parmi les fleurons de son économie deux groupes de dimension internationale présents dans le secteur des déchets, Veolia et Suez Environnement, ses performances en matière de gestion des déchets la placent au milieu du peloton européen. Avec un taux de recyclage et de compostage de ses ordures ménagères de 37 % en 2011, selon les dernières statistiques disponibles, elle est légèrement au-dessous de la moyenne communautaire (40 %), et bien loin des pays d'Europe du Nord, qui frisent ou dépassent les 50 %.

La faute, en premier lieu, à un taux de mise en décharge de 28 %, quand les pays les plus vertueux ont quasiment éradiqué ce mode de traitement, classé bon dernier dans la hiérarchie européenne définie par la directive sur les déchets de 2008. Certains experts du secteur n'hésitent pas à faire un lien entre cette situation et les marges réalisées par les opérateurs sur le stockage des déchets.

Un rapport du Commissariat général au développement durable, rendu public fin mai, dénonce entre les lignes la frilosité de la politique française en matière d'ordures ménagères. Le rapport s'intéresse à la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), principal outil fiscal à la disposition de la puissance publique. Les auteurs s'appuient sur une étude de 2012 de la Commission européenne qui établit – somme toute logiquement – une nette corrélation entre le taux des taxes appliquées à l'incinération ou au stockage et le pourcentage de déchets ménagers recyclés ou compostés.

En résumé : plus on taxe les modes de traitement considérés comme les moins vertueux du point de vue environnemental, plus on favorise le développement des solutions alternatives comme la prévention, le réemploi, le recyclage ou la valorisation organique. C'est ce que les spécialistes appellent le "signal prix".

La France a fait un pas en avant avec la loi de 2009 dite Grenelle 1, qui fixe des objectifs de réduction de la production de déchets, de réduction de la part des déchets mis en décharge ou incinérés en 2012 et le passage à 45 %, en 2015, du taux de recyclage et de compostage. Pour y parvenir, la loi prévoit une hausse régulière de la TGAP sur la mise en décharge et son extension à l'incinération, jusqu'alors épargnée.

Or le rapport constate que seulement 10 % des tonnages de déchets stockés et 3 % des tonnages incinérés sont soumis au taux plein de la TGAP. Pour des raisons sans doute excellentes, notamment l'amélioration des performances énergétiques et environnementales des installations, les modulations et exemptions sont devenues la règle. Résultat : " Le taux effectif moyen pour le stockage est de 14,6 euros la tonne lorsque le taux plein est de 20 euros et pour l'incinération de 2,9 euros la tonne pour un taux plein de 7 euros." Aux Pays-Bas, la taxe sur la mise en décharge dépasse les 100 euros la tonne, où ce mode de traitement a presque disparu.

Un signal insuffisant

"Le signal prix donné par la TGAP reste insuffisant", conclut le Commissariat général au développement durable, dans un appel implicite à augmenter les taux de la TGAP et à limiter les modulations et exemptions. Tout en notant les progrès effectués en matière de prévention et d'extension de la redevance incitative, le rapport souligne que "certaines thématiques comme le tri des déchets des entreprises ou la valorisation des déchets du bâtiment et des travaux publics sont clairement en panne".

Le message est clair : fini le temps des demi-mesures. S'il faut considérer les déchets comme des ressources à valoriser et non comme des rebuts à éliminer, la France doit passer à la vitesse supérieure.

Cela tombe à pic : un des cinq chantiers de la conférence environnementale organisée par le gouvernement les 20 et 21 septembre sera consacré à l'économie circulaire, et notamment au recyclage et à la valorisation des déchets. Et une loi-cadre sur l'économie circulaire, actuellement en préparation au ministère de l'écologie, devrait suivre.

Voilà un domaine où, avec un peu de volonté politique, on peut faire preuve d'audace. Un exemple : la collecte séparée des biodéchets, ou déchets organiques. En France, ceux-ci représentent un tiers du poids des poubelles des ménages et finissent la plupart du temps incinérés ou enfouis, alors qu'ils peuvent produire de l'énergie grâce à la méthanisation ou fournir un amendement organique après compostage.

Seules 90 collectivités françaises pratiquent aujourd'hui le tri et la collecte séparée, selon le Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) qui a lancé une campagne sur le sujet le 4 juin. Pourtant, cette méthode semble la plus indiquée pour obtenir des biodéchets non souillés, des installations de méthanisation performantes et du compost répondant aux normes européennes, actuellement en cours de révision. Mais la crainte d'une augmentation des coûts et de la complexité de la mise en place d'un troisième flux de tri – en plus des recyclals et des ordures résiduelles – en freine la généralisation. Celle-ci constituerait pourtant une étape historique dans la gestion des déchets en France et un geste politique susceptible d'emporter l'adhésion des citoyens. Encore faut-il être prêt à bousculer quelques vieilles habitudes. Chiche ?

vankote@lemonde.fr

Le gaz de schiste en France

à lire sur :

 

http://www.bastamag.net/article3110.html

 

Pourquoi les grands patrons français sont obnubilés par les gaz de schiste

Par Ivan du RoyOlivier Petitjean (6 juin 2013)

Lobbying intense à Bruxelles, recommandations à répétition auprès de l’Elysée, opérations séduction vers les médias : plusieurs groupes français déploient des efforts considérables pour plaider la cause des gaz de schiste. Pourquoi une telle insistance ? Qui sont les acteurs de cette guerre d’influence ? On y retrouve Total bien évidemment, mais pas seulement. Les gaz de schiste cachent de puissants intérêts, qui refusent toute transition énergétique. Enquête.

extrait :

…l’extraction des gaz de schiste n’est pas seulement l’affaire d’aventuriers texans et de « majors » pétrolières et gazières, comme Total ou GDF Suez, qui voudraient fracturer le sous-sol français comme ils le font aux États-Unis ou en Pologne. Fait peu connu, pas moins de dix groupes français cotés au CAC 40, d’Air Liquide à Veolia, ainsi que plusieurs autres grandes entreprises nationales, sont impliqués dans l’extraction des gaz de schiste, depuis la fourniture d’équipements et de produits chimiques jusqu’au traitement des eaux usées. Et ce, partout dans le monde.
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sur le même sujet, lire sur MEDIAPART :

Gaz de schiste: le bêtisier du rapport parlementaire PAR JADE LINDGAARD

Un rapport parlementaire plaide pour l’exploitation des gaz et du pétrole de schiste en France, et réclame le recours au gaz de houille. Malheureusement pour ses auteurs, le socialiste Christian Bataille et l’UMP Jean-Claude Lenoir, leur étude est truffée d’approximations.

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10/06/2013

Insectes pollinisateurs : "IL N'Y A PLUS DE TERRITOIRES EXEMPTS DE NÉONICOTINOÏDES EN EUROPE"

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/08/quand-londres-defend-a-tort-des-produits-tueurs-d-abeilles_3426581_3214.html

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Quand Londres défend à tort des produits tueurs d'abeilles

LE MONDE | 08.06.2013 à 10h26 • Mis à jour le 08.06.2013 à 10h26

Par Stéphane Foucart

Tenter de démontrer que les insecticides n'ont pas d'effets sur les insectes peut conduire à d'inattendus tête-à-queue. L'agence de sécurité sanitaire et environnementale britannique, la Food and Environment Research Agency (FERA), vient de l'apprendre à ses dépens : elle a reçu un cuisant camouflet de la part de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a publié, le 5 juin, une sévère critique de l'une de ses études.

A l'été 2012, la FERA avait mené une expérience en plein champ sur plusieurs colonies de bourdons, certaines placées à proximité d'un champ de colza non traité, d'autres mises devant un champ traité au clothianidine (Poncho), d'autres encore devant un champ traité à l'imidaclopride (Gaucho). Elle avait conclu qu'il n'existait aucune différence significative entre les trois groupes de bourdons. Des résultats rendus publics en mars, mais jamais publiés dans une revue scientifique.

Le gouvernement britannique les a pourtant mis en avant avec force, pour contester la récente proposition de la Commission européenne d'interdire, pour deux ans et pour certains usages, ces insecticides, dits "néonicotinoïdes", mis en cause dans le déclin des abeilles. Bruxelles a donc saisi l'EFSA pour avis.

Celui-ci est tombé comme un couperet. L'agence européenne liste vingt pages de griefs : manque de détails sur les niveaux d'exposition, lacunes méthodologiques graves, "incohérences" et "affirmations contradictoires sur les objectifs de l'étude", etc.

"IL N'Y A PLUS DE TERRITOIRES EXEMPTS DE NÉONICOTINOÏDES EN EUROPE"

Le point le plus cocasse est que les analyses effectuées sur les bourdons placés à proximité du champ non traité montrent qu'ils ont été, eux aussi, exposés à des néonicotinoïdes – clothianidine et thiaméthoxame (Cruiser). Cette contamination du groupe témoin suffit à invalider la conclusion de la FERA. Mais elle montre aussi, de manière assez embarrassante pour les agrochimistes, que les molécules incriminées dans le déclin des abeilles et des pollinisateurs sont désormais omniprésentes dans l'environnement, où elles peuvent se disséminer et persister pendant plusieurs années...

A l'automne 2012, David Goulson, un biologiste britannique auditionné par une commission parlementaire, avait prévenu : "Il est impossible de mener l'étude idéale : il n'y a plus de territoires exempts de néonicotinoïdes en Europe." La FERA, elle, maintient que son étude est "robuste".

Abeilles

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25/05/2013

Perturbateurs hormonaux : la réglementation communautaire est obsolète et favorise l'industrie au détriment de la santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/25/l-europe-trop-laxiste-face-aux-dangers-de-centaines-de-perturbateurs-hormonaux_3417323_3214.html

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LE MONDE | 25.05.2013 à 11h25

Par Stéphane Foucart

La réglementation communautaire est obsolète : elle doit être réformée d'urgence pour protéger la santé et l'environnement des Européens. C'est le sens d'une vigoureuse et alarmante motion adressée, vendredi 24 mai, par une centaine de chercheurs internationaux de haut niveau à la Commission européenne. Issue de communautés scientifiques – toxicologie, endocrinologie, biologie du développement... – peu portées à s'adresser directement aux responsables politiques, l'initiative est sans précédent.

Baptisé "Déclaration de Berlaymont sur les perturbateurs endocriniens", le texte presse Bruxelles de tenir compte des résultats scientifiques qui s'accumulent depuis de nombreuses années sur les effets délétères de plusieurs centaines de substances chimiques (solvants, isolants électriques, bisphénols, retardateurs de flamme bromés, pesticides...), qui perturbent le système hormonal. Certaines, ubiquitaires, sont présentes à des niveaux mesurables dans l'ensemble de la population.

Les signataires – tous professeurs d'université ou chercheurs au sein d'organismes publics de recherche – se disent "inquiets" de voir "la prévalence de maladies liées au système hormonal atteindre des sommets inédits (...) dans l'Union européenne et au niveau mondial". Parmi elles, les auteurs citent plusieurs cancers (sein, prostate, testicule, endomètre [paroi qui tapisse l'utérus], ovaire, thyroïde), les troubles de la fertilité, des maladies neuro-comportementales (troubles de l'attention, hyperactivité...), l'obésité et le diabète de type 2. Des pathologies observées chez les animaux de laboratoire exposés aux molécules en question.

Lire Bisphénol A et cancer : les preuves s'accumulent

L'ensemble de ces maladies connaît une forte augmentation d'incidence chez les humains depuis environ trois décennies – augmentation qui ne peut être attribuée au seul vieillissement de la population. "Les preuves se renforcent pour impliquer des facteurs environnementaux, dont l'exposition à des substances chimiques, dans ces phénomènes", ajoutent les auteurs.

Les effets pointés ne concernent pas uniquement la santé humaine. "La faune européenne est également affectée et certains effets sont généralisés", avertissent les scientifiques. A l'heure actuelle, les tests réglementaires mis en oeuvre au niveau communautaire pour autoriser ou interdire la mise sur le marché de nouvelles substances sont "totalement inadéquats" et incapables de détecter les effets délétères produits par les perturbateurs hormonaux. Des expositions au cours de périodes critiques du développement (période périnatale, adolescence, etc.) "peuvent causer des dommages irréversibles qui ne deviennent apparents que longtemps après l'exposition".

"LACUNES CONSIDÉRABLES"

Autres effets que les tests réglementaires en vigueur en Europe ne sont pas en mesure de détecter : ceux dits à faibles doses. Or, comme le précisent les signataires, "certains perturbateurs endocriniens ont des propriétés toxicologiques qui rendent impossible la définition de seuils au-dessous desquels l'exposition peut être définie comme sans risques".

La motion, notamment adressée à Tonio Borg, le commissaire européen chargé de la santé des consommateurs, tire son nom du bâtiment de la Commission – Berlaymont – dans lequel avait été organisée, en juin 2012, une réunion d'experts sur cette question.

Lire (édition abonnés) Débat sur la définition des perturbateurs endocriniens

L'idée du texte est née au cours de cette rencontre. "Nous avons limité les signataires aux spécialistes qui publient activement des travaux sur le sujet, dit Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres (Royaume-Uni), l'un des premiers signataires. La déclaration représente ainsi un consensus des scientifiques qui sont à l'avant-garde de la production de connaissances sur le sujet."

"Alors que nombre d'entre nous ont reçu des financements européens pour leurs travaux, les connaissances que nous avons accumulées demeurent ignorées par la réglementation européenne, précise le chercheur. Par exemple, le dernier règlement sur les pesticides, qui date de mars, contraint l'industriel qui veut mettre un nouveau produit sur le marché à mener des tests pour savoir, entre autres, s'il est mutagène, mais pas à évaluer son activité hormonale... Les lacunes sont considérables."

Celles-ci ne sont pas l'apanage de la réglementation européenne. Si les signataires adressent aujourd'hui leur déclaration à la Commission, c'est que celle-ci doit adopter, d'ici fin 2013, une définition scientifique des perturbateurs endocriniens. Bon nombre de mesures réglementaires ultérieures dépendront de cette définition.

Sur le même sujet :

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17/05/2013

Europe : interdiction de pesticides tueurs d'abeilles, une décision en trompe l'œil

les surlignages sont de moi

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/abeilles-trois-pesticides-interdits-mais-une-persistance-dans-l-environnement_3168902_3244.html

Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens

Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013 à 16h04

Par Audrey Garric

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.). La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Lire : Abeilles : trois pesticides interdits dans l'Union européenne

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne. Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

Lire : Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton. Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures. Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014. Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004. Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."

Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.

"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes. Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP. 

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric

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Abeilles

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09/05/2013

En France, 105 tonnes de saumon à consommer avec modération

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/du-saumon-aux-dioxines-importe-en-france-08-05-2013-1664808_23.php

 Du saumon aux dioxines importé en France

Le Point.fr - Publié le 08/05/2013 à 17:30 

L'Union européenne a interdit l'exportation du saumon de la Baltique suédois, l'estimant dangereux pour la santé. 

L'entreprise française plaide sa bonne foi. 

Mis en cause mercredi par un documentaire de la télévision publique suédoise SVT, un importateur français, Pêcheries nordiques, a confirmé avoir fait entrer en France du saumon suédois pêché en mer Baltique, interdit à cause de niveaux de dioxines supérieurs aux limites autorisées. Interrogée par l'AFP, l'entreprise, implantée à Echinghen (Pas-de-Calais) près du port de Boulogne-sur-Mer, a confirmé avoir importé 103 tonnes en 2011 et 2012, puis avoir arrêté. Le directeur général de cette société de six personnes, François Agussol, a plaidé sa bonne foi. "Personne n'est venu nous dire que c'était illégal", a-t-il souligné. Des analyses n'ont pas permis de détecter de problème, a-t-il ajouté.

 
 

Depuis 2002, la Suède n'est plus autorisée à exporter de poisson pêché dans la Baltique, l'Union européenne l'estimant dangereux pour la santé. Stockholm a négocié une exception pour que sa consommation reste autorisée sur son territoire. Elle l'est aussi dans deux autres pays riverains de la Baltique, la Finlande et la Lettonie. Les Suédois, au courant de la pollution de cette mer, savent qu'il faut consommer de ce saumon avec modération. Leur gouvernement recommande aux enfants et femmes enceintes de ne pas manger de ce saumon plus de trois fois par an.

Dans les rayons de la grande distribution

Le 16 avril, les autorités de sécurité alimentaire suédoises avaient annoncé dans un communiqué qu'une entreprise de Karlskrona, un port du sud de la Suède, avait exporté illégalement 105 tonnes de saumon de la Baltique vers la France. Elles n'avaient précisé ni la période ni les entreprises concernées. Pêcheries nordiques revend du poisson frais scandinave à des transformateurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration. Dans le documentaire de SVT, M. Agussol dit que le saumon suédois s'est retrouvé dans les rayons d'enseignes comme Carrefour. SVT cite Intermarché comme autre acheteur.

D'après des témoins interrogés par la chaîne, ce saumon suédois s'est retrouvé illégalement dans d'autres pays de l'UE en moindre quantité, comme le Danemark, l'Allemagne ou la Grande-Bretagne. Le saumon de la Baltique est renommé pour son goût. Le négociant en caviar parisien Petrossian en vend à 18 euros les 120 grammes, soit 150 euros le kilo. Il vient toutefois de Pologne, pays qui a le droit d'exporter.

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mon commentaire : le saumon de Pologne est aussi du saumon pêché dans a Baltique !

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