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17/05/2013

Europe : interdiction de pesticides tueurs d'abeilles, une décision en trompe l'œil

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/abeilles-trois-pesticides-interdits-mais-une-persistance-dans-l-environnement_3168902_3244.html

Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens

Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013 à 16h04

Par Audrey Garric

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.). La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Lire : Abeilles : trois pesticides interdits dans l'Union européenne

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne. Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

Lire : Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton. Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures. Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014. Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004. Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."

Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.

"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes. Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP. 

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric

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Abeilles

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12/05/2013

Le marché du tabac en France

Un marché de dupes qui coûte aux contribuables 26 milliards d'euros (*) par an !

Sachant qu'il y a environ 26 millions de foyers fiscaux imposés (**), cela représente 1000 euros par foyer fiscal et par an, payés par le contribuable pour enrichir les multinationales du tabac.

lu sur:

http://www.lepoint.fr/societe/rentrees-fiscales-le-prix-de-la-mortalite-du-tabac-10-05-2013-1665381_23.php#xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130512

La Sécu paie le prix fort du tabac

Le cancer a un coût très élevé pour la société, et cela, même si l'intégralité des sommes perçues par les douanes va combler le trou de la Sécu. “Ce coût du cancer s’étale dans le long terme”, explique volontiers le docteur Gilles Lecoq, à la tête de la Mildt. “L’ordre de grandeur n’est pas le même que celui des rentrées fiscales”, assène-t-il.

L’Assurance maladie, dont les dernières estimations datent de 2011, chiffre les dépenses du cancer à plus de 30 milliards d’euros. La Cour des comptes évoque la quarantaine de milliards. Au-delà des vies perdues, c’est plus de deux fois les rentrées fiscales annuelles que génèrent les produits du tabac. Plus d’un fumeur sur deux contracte un cancer au cours de sa vie.

(Le marché du tabac en France représente près de 14 milliards d'euros pour les 2,705 millions de paquets vendus en 2011)

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(*) 40-14=26

(**) http://ww.installagri.net/resultat_donnees_chiffres.php?id=864&ln=a5b&region=0&page=OBSERVATOIRE_N&affichage=resultat&change=&noframe=&tdb=1

10/05/2013

Folie, folies, globalisation anglosaxonne ...

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ff32f62c-b8c2-11e2-89b6-638e06aa0196

Psychiatrie vendredi10 mai 2013
 

Tour du monde de la folie

Les troubles mentaux varient d’une culture à l’autre. Avec une bible mondiale de la psychiatrie rédigée aux Etats-Unis, ne risque-t-on pas d’américaniser la folie?

Chez les Wolofs, au Sénégal, il n’y a pas de démence sénile. Juste des réincarnations qui arrivent un peu trop tôt et font qu’un nouveau-né se retrouve dans le corps d’un vieillard. Au Congo, en lingala, l’anxiété se traduit par une étrange sensation de vibration, «comme une branche qu’un oiseau vient de quitter». Quant aux Coréens, ils ne parlent plus de schizophrénie mais de problèmes d’accordage du cerveau, semblables à ceux qu’on peut avoir avec un vieux piano récalcitrant.

Les troubles mentaux, ou du moins les mots pour en parler, varient d’une culture à l’autre. Pourtant, les psychiatres du monde entier utilisent – notamment dans la recherche et l’enseignement – un ouvrage rédigé par des experts américains: le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), dont la cinquième édition sort la semaine prochaine (LT du 06.05.2013 ). Au risque d’américaniser la folie? Le point avec Norman Sartorius, ancien responsable de la division Santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé et consultant externe pour le DSM-V.

Le Temps: Le «DSM-V» définit les contours de la santé mentale. Est-ce que cette frontière bouge beaucoup d’une culture à l’autre?

Norman Sartorius: Les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie, la dépression majeure ou la démence, existent partout. Pour la schizophrénie, on a une incidence – soit le nombre de nouveaux cas par année – qui est la même à peu près n’importe où dans le monde. La prévalence – le nombre total de cas à un moment donné – varie, elle, parce que les chances de survie ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Il y a eu quelques doutes sur la démence. Certains experts disent qu’elle est plus rare en Afrique, mais on manque de preuves solides pour étayer cette thèse. Quant à la dépression, du temps des colonies, on croyait que cette maladie n’affectait que les Blancs d’Europe. Mais, avec la décolonisation, on s’est rendu compte que ça n’était simplement pas considéré comme un motif de consultation valable pour les populations locales.
En général, je dirais que les maladies graves en psychiatrie ont une similarité remarquable d’une culture à l’autre, c’est pour des troubles plus légers qu’il y a des variations.

– Par exemple?

– L’arachnophobie, notamment, est beaucoup plus répandue en Angleterre qu’elle ne l’est en Inde. Il y a aussi le koro, ce syndrome où la personne a l’impression que son pénis ou ses seins vont se rétracter. Souvent, elle y accroche des objets pour empêcher qu’ils ne puissent rentrer dans le corps. On observe surtout ce trouble à Singapour ou en Malaisie. Mais il y a aussi de rares cas ailleurs. Je suis convaincu que toutes les maladies existent partout, c’est la fréquence qui varie d’une culture à l’autre.

– Il y a aussi des différences dans ce qui est considéré comme pathologique ou non.

– Effectivement. Jusque dans les années 70, l’homosexualité était inscrite au DSM et il y a encore plusieurs pays, dans le monde arabe notamment, où on estime qu’il s’agit d’une maladie. Il y avait aussi dans la classification officielle indonésienne un diagnostic pour les clochards, qu’il fallait mettre en hôpital psychiatrique pour les soigner.

– N’y a-t-il pas des gens qui passent pour fous ici et pas ailleurs?

– La démence sénile, par exemple, n’est pas considérée comme une maladie chez les Wolofs, au Sénégal. Ils pensent qu’à la fin de leur vie les hommes renaissent. De temps à autre, un individu renaît trop tôt, et un nouveau-né se retrouve dans le corps d’une personne âgée: il est incontinent, ne veut pas écouter, ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne sait pas parler… Mais il est beaucoup plus simple de mobiliser les gens pour aider un enfant qu’un vieux atteint d’une maladie mentale. Sa survie est plus importante. Il y a aussi dans beaucoup de populations d’Afrique ou d’ailleurs l’idée que la maladie mentale est une histoire de mauvais œil, de magie noire. Là encore, les gens se mobilisent plus facilement contre une agression qui vient de l’extérieur, de quelque tribu voisine, que pour un cerveau malade, face auquel ils se sentent peut-être plus désarmés. On observe des systèmes similaires dans différentes cultures: ils justifient le fait d’aider les personnes souffrant de troubles mentaux qui autrement seraient considérées comme des poids pour la communauté.

– Vous dites que les grandes catégories de maladies mentales se retrouvent partout, mais n’a-t-on pas pensé un moment que la dépression était moins fréquente en Extrême-Orient?

– Effectivement, une grande étude de l’OMS a montré qu’il y avait moins de gens qui consultaient pour dépression en Chine et au Japon. Surtout si on compare à l’Amérique latine, où il y en a beaucoup. Mais c’est compréhensible: le mot dépression, dans le sens où nous l’entendons, n’existe par exemple pas en chinois. Si on adapte les mots et la manière de poser des questions, d’aborder l’entretien avec un malade, la différence disparaît.

– Donc les troubles sont les mêmes, mais la façon d’en parler varie?

– Absolument. Par exemple, chez nous, le mot anxiété vient d’une racine très ancienne, ang, qui veut dire très étroit. On se sent comprimé, dans un état où on ne peut pas bouger. Ce concept d’étroitesse n’est pas présent chez les Iraniens, qui se réfèrent plutôt à un problème lié à leur cœur. Quant aux Africains qui parlent lingala, ils vont vous décrire quelque chose qui vibre en eux, comme une branche qu’un oiseau vient de quitter. Le phénomène psychologique est le même en Europe, en Iran ou au Congo, c’est la façon de le décrire qui change.

– Le nom que l’on donne à une maladie joue-t-il un rôle important?

– Oui. Les mots que l’on utilise pour un diagnostic sont souvent très stigmatisants. Prenez la schizophrénie, qui a été nommée pour la première fois en Suisse au début du XXe. A l’époque, c’était la mode d’utiliser le latin ou le grec pour donner des noms aux maladies. Ce qui fait qu’il n’y a aujourd’hui plus que les Grecs qui comprennent ce que ces noms signifient. Tous les autres les utilisent sans savoir. Mais au Japon, en Chine ou en Corée, ils doivent être traduits dans la langue locale. Schizo veut dire cassé, fendu, et phrène esprit, cerveau. C’est très difficile de dire à un malade qui demande son diagnostic: vous avez le cerveau cassé, ça n’est pas tellement acceptable. Au Japon, il n’y avait donc qu’une proportion minime de médecins qui communiquaient leur diagnostic aux patients. Les autres s’en sortaient en disant qu’il s’agissait d’une maladie compliquée. Mais un mouvement issu des associations de malades, de leurs proches et de médecins a fait changer le nom de la maladie. Le nouveau terme veut dire quelque chose comme «désordre de la coordination de la pensée», c’est beaucoup plus acceptable parce que ça correspond à ce que les malades ressentent.

– Est-ce que ça a débloqué la situation?

– La communication du diagnostic au patient est passée de 6 à 75% des cas. En s’inspirant de cette idée, les médecins coréens tentent d’aller plus loin. Depuis peu, ils essaient d’introduire pour la schizophrénie un nouveau nom qui signifie «problèmes d’accordage de la pensée», comme pour un piano désaccordé. Là aussi, les patients reconnaissent qu’ils n’arrivent plus à accorder leurs pensées comme avant et acceptent mieux le diagnostic. C’est très important parce que cela sert de base pour avoir un échange entre le malade et le médecin qui permet de se mettre d’accord sur un traitement.

– C’est crucial?

– Lorsque le malade comprend
ce qui se passe, il peut participer au processus de traitement. Sinon, cela revient à lui donner des ordres, qu’il ne va pas bien suivre. Ce contrat entre le
patient et le médecin est aujourd’hui devenu la base du traitement de n’importe quelle maladie.

– Si les mots utilisés pour poser un diagnostic sont si importants, n’est-il pas problématique que des psychiatres du monde entier se basent sur un manuel rédigé aux Etats-Unis?

– C’est le risque général de la globalisation. Vous avez une langue très forte qui s’utilise partout et pour tout. Cela dit, son influence se fait surtout sentir dans le domaine de la recherche. Et, pour surmonter le fait que chaque patient est différent, dans le DSM chaque diagnostic est accompagné d’une description qu’on appelle opérationnelle, une liste de symptômes. Si le malade en réunit un certain nombre, on peut dire
que son trouble correspond au diagnostic. Cela a été introduit dans le DSM-III en 1980.
C’était révolutionnaire, parce que pour la première fois on essayait de donner un aspect quantifiable et comparable à l’état des patients.

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b9fce74c-b5a3-11e2-abed-bb9758babf60/Etes-vous_devenu_fou

psychiatrie lundi6 mai 2013

Etes-vous devenu fou?


Le nouveau manuel de diagnostic psychiatrique américain sort la semaine prochaine. Il redéfinit les frontières de la santé mentale. La norme est en train de passer du côté du pathologique. Enquête sur les apports et les dangers de cette bible de la médecine mentale

C’est le moment de s’interroger sur sa santé mentale. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique américain des troubles mentaux (DSM), la bible mondiale de la psychiatrie, sera publiée la semaine prochaine, au terme d’une révision houleuse. C’est le genre de choses qui arrive lorsqu’on déplace les frontières de la folie. Ses nombreux détracteurs reprochent surtout au DSM-5 de médicaliser des émotions normales, comme le deuil ou les colères infantiles (lire ci-dessous ). Mais qui peut dire dorénavant où se situe la norme?

A l’origine, le DSM ne devait être qu’une nomenclature, rappelle Pierre Bovet, médecin-chef au Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (LT du 19.02.2010 ). C’était d’ailleurs le cas des deux premières éditions. Le DSM-III, publié en 1980, a introduit des critères pour le diagnostic. La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que cette révision était nécessaire, pour endiguer une dérive liée à des critères trop lâches. «Le problème, c’est que le DSM est très vite devenu une sorte de manuel de la psychiatrie, poursuit Pierre Bovet. Comme si les troubles tels qu’ils y sont décrits, sous la forme d’une liste de critères diagnostiques, étaient l’image clinique de la maladie.» Pour lui, cette approche a provoqué un appauvrissement dramatique de la psychopathologie, soit la tentative de comprendre la personne qui souffre et son fonctionnement.

Le DSM est élaboré par l’Association américaine de psychiatrie (APA). Mais son influence s’étend bien au-delà des Etats-Unis. Les principales revues scientifiques étant anglo-saxonnes, les chercheurs du monde entier doivent se référer au manuel dans leurs publications. Il est aussi utilisé un peu partout dans la pratique. Il existe bien une alternative, la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, mais son chapitre sur la santé mentale est à peu près calqué sur le DSM.

Allen Frances, professeur émérite de psychiatrie à la Duke University de Durham, en Caroline du Nord, est un des critiques les plus actifs du DSM-5. De passage en Suisse l’automne dernier (LT du 20.11.2012 ), il prévoyait une pandémie de diagnostics psychiatriques avec la parution du nouveau manuel. Il est assez bien placé pour en parler puisqu’il a participé aux précédentes révisions: «Avec le DSM-IV, en 1994, nous avons créé – ou du moins contribué à créer – plusieurs épidémies.» Aux Etats-Unis, les cas de troubles bipolaires auraient doublé, ceux d’autisme auraient été multipliés par vingt. Pour le psychiatre, un des principaux défauts de l’édition à paraître du manuel est de médicaliser les «soucis de la vie de tous les jours». Selon des études citées par Allen Frances, 50% des Américains et 43% des Européens remplissent déjà au moins une fois au cours de leur vie les critères correspondant à un diagnostic psychiatrique. Le risque est que le DSM-5 fasse basculer une majorité de la population de l’autre côté de la nouvelle frontière de la santé mentale, tracée par les experts de l’APA.

«Peut-être que si de nombreuses personnes reçoivent un diagnostic psychiatrique, la stigmatisation de ces troubles diminuera, fait valoir Pierre Bovet. Je pense que 100% des individus affrontent une fois au cours de leur vie un diagnostic somatique qui va au-delà de la grippe, sans être pour autant pointés du doigt. Du côté de la psychiatrie, être déprimé est aujourd’hui beaucoup mieux accepté qu’il y a une trentaine d’années, parce que tout le monde a une fois traversé une phase de dépression ou connaît quelqu’un qui en a traversé une.» Pour Wulf Rössler, professeur émérite de psychiatrie sociale à Zurich, il est peut-être temps de reconnaître que les problèmes mentaux font partie de la vie et de la nature humaine.

«Peut-être que ça aidera certains à être plus libres par rapport à leur psychisme, relève Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Mais j’ai l’impression que cela dévalorise en même temps le diagnostic de ceux qui souffrent vraiment.» Il estime pour sa part que si plus de 50% de la population correspond à un diagnostic, c’est que l’on psychiatrise des problèmes qui n’ont pas lieu de l’être. Ou alors il faut se poser certaines questions: «Est-ce le fonctionnement de notre société qui est inadéquat? Doit-on revoir notre mode de vie pour viser des existences moins pathogènes et plus épanouissantes?»

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08/05/2013

Recherche médicale : les firmes pharmaceutiques peuvent-elles tout se permettre ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/08/en-belgique-le-cas-d-un-enfant-atteint-d-une-maladie-rare-suscite-la-polemique_3173409_3214.html

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En Belgique, le cas d'un enfant atteint d'une maladie rare suscite la polémique

LE MONDE | 08.05.2013 à 10h49 • Mis à jour le 08.05.2013 à 14h29

Par Jean-Pierre Stroobants

Bruxelles, correspondant. Un petit garçon de 7 ans, Viktor Ameys, pourra continuer à vivre grâce à un médicament très coûteux susceptible de soigner la maladie rare dont il souffre. Depuis plusieurs jours, le cas de l'enfant avait suscité beaucoup d'attention en Belgique parce qu'il posait la question éthique des limites éventuelles du remboursement par la Sécurité sociale – son traitement coûte 18 000 euros par mois – et des choix à opérer par le monde politique en période de rigueur. Au fil du temps, l'affaire a aussi illustré l'attitude de certaines firmes pharmaceutiques : celle qui fabrique le médicament de Viktor n'a pas hésité à médiatiser le cas du jeune garçon afin d'exercer une pression maximale sur la ministre de la santé.

Viktor, ainsi qu'une vingtaine d'autres Belges, est atteint du syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa), une maladie auto-immune rare qui affecte surtout des enfants jeunes. Elle entraîne notamment des problèmes sanguins et une grave insuffisance rénale, mais peut finir par toucher d'autres organes. Le traitement possible du SHUa consiste en des injections intraveineuses de plasma, une greffe (rein et foie), mais surtout un traitement jugé révolutionnaire, l'eculizumab, un anticorps mis au point sous le nom de Soliris par la firme américaine Alexion Pharmaceuticals. 

Dans un premier temps, une commission officielle de remboursement, qui regroupe divers acteurs de la santé, a émis des réserves face à l'idée de dépenser un montant annuel pouvant atteindre 500 000 euros par patient. Il y a quelques semaines, les experts de la Sécurité sociale belge ont donc invité Alexion à baisser ses tarifs, d'autant que le laboratoire n'avait pas fourni d'indications claires quant au coût réel de la fabrication du Soliris.

L'entreprise américaine – qui a réalisé un bénéfice net de 194 millions d'euros en 2012 – a d'abord refusé, tablant sans doute sur l'émotion suscitée par les récits des parents de Viktor et d'autres petits malades, catastrophés à l'idée de ne pouvoir assumer le coût du traitement de leurs enfants. Jeudi 2 mai, dans un communiqué, la firme accusait la ministre de la santé, Laurette Onkelinx, de retarder une décision alors que la vie de patients était "mise en jeu". Les parents de Viktor se disaient, quant à eux, "dégoûtés".

Ils ne savaient pas encore que l'importante société bruxelloise de lobbying G + Europe, qui les avait aidés à médiatiser le cas de leur enfant, travaillait, en réalité, pour le compte d'Alexion, comme l'ont révélé plusieurs médias. Une information implicitement confirmée par un responsable de G + Europe qui déclarait, samedi 4 mai, au quotidien De Standaard : "En définitive, les patients et l'entreprise pharmaceutique ont le même but : que la ministre signe un accord avec Alexion."

"LA MÉTHODE N'EST PAS CORRECTE"

"La méthode n'est pas correcte", a estimé le père de Viktor. L'association Pharma.be, qui regroupe les industriels belges du médicament, critique la méthode utilisée ainsi que son manque de transparence. Elle menace, dès lors, d'exclure Alexion de ses rangs.

La ministre de la santé a annoncé, mardi 7 mai, qu'elle avait finalement conclu un accord avec le fabricant américain. Le Soliris sera remboursé pour les malades du SHUa et d'une autre maladie rare, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, une forme grave d'anémie. Les modalités de l'accord conclu entre Mme Onkelinx et Alexion devraient rester secrètes.

Le dossier est toutefois jugé exemplaire pour d'autres raisons. "En laissant la quasi-totalité de la recherche médicale au secteur privé, les gouvernements se sont mis en situation de devoir accepter de payer le prix demandé ou de paraître refuser un soin", déplore par exemple, dans le journal Le Soir, Michel Roland, professeur de médecine générale à l'Université libre de Bruxelles.

L'Europe ne peut intervenir dans les questions d'agrément ou de remboursement des médicaments, qui relèvent des compétences nationales, mais elle tente de remédier à certaines carences en développant les programmes d'aide à la recherche. Les maladies rares ont ainsi fait l'objet d'une centaine de projets financés à hauteur de 500 millions d'euros au cours des six dernières années. En février, 26 nouveaux projets de recherche ont été financés à hauteur de 144 millions. Des programmes plus généraux de recherche médicale, en partenariat avec l'industrie, disposent d'un budget de 2 milliards.

Problème : entre 6 000 et 8 000 maladies dites rares sont recensées, dont une bonne part ne pourra faire l'objet d'un traitement. Environ 30 millions d'Européens souffriraient de l'une de ces pathologies.

07/05/2013

La toxicité des nanomatériaux confirmée

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/07/la-toxicite-des-nanomateriaux-confirmee-par-une-etude-americaine_3172367_3244.html

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La toxicité des nanomatériaux confirmée par une étude américaine

LE MONDE | 07.05.2013 à 13h50 • Mis à jour le 07.05.2013 à 13h50

Par Paul Benkimoun

Ils sont omniprésents dans notre vie courante. Peu de domaines, de la cosmétique à l'habillement en passant par l'automobile, l'électroménager, le bâtiment ou l'alimentation, échappent à l'essor des nanomatériaux. Leurs caractéristiques physiques et chimiques leur confèrent des avantages, mais aussi une toxicité particulière. Problème : celle-ci est mal connue, les tests chez l'animal donnant des résultats extrêmement variables d'un laboratoire à l'autre.

D'où l'intérêt de l'étude publiée lundi 6 mai, dans la revue Environmental Health Perspectives, par des chercheurs américains qui proposent une méthode pour harmoniser cette évaluation. Leurs travaux confirment que certains nanomatériaux parmi les plus répandus provoquent, chez la souris et chez le rat, des inflammations des voies respiratoires.

Définis comme ayant au moins une de leurs dimensions comprise entre 1 et 100 nanomètres (n, milliardième de mètre), les nanomatériaux ont souvent été utilisés sans qu'on puisse établir leur traçabilité. Un recensement effectué en 2009 par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait mis en évidence "246 produits de grande consommation disponibles sur le marché français et contenant des nanomatériaux manufacturés". Il y en aurait aujourd'hui, dans le monde, plus de 2 000.

"CES NANOTUBES SONT UN PROMOTEUR DU CANCER"

L'Anses, qui a préconisé dans plusieurs avis le "principe de précaution", poursuit un programme de surveillance spécifique des nanomatériaux et de leurs risques potentiels pour la population et, plus encore, pour les salariés et les riverains des installations industrielles fabriquant ces nanoproduits.

Même si les connaissances scientifiques restent lacunaires, un certain nombre de faits concernant la toxicité des nanomatériaux manufacturés sont établis. Des études avaient déjà suggéré que les nanotubes de carbone multiparois, mille fois plus fins qu'un cheveu et présents dans de très nombreux produits, pouvaient provoquer des mutations de l'ADN ou favoriser la transformation cancéreuse des cellules ayant subi de telles mutations.

Le 11 mars, le National Institute for Occupational Safety and Health (Niosh), l'autorité de santé au travail des Etats-Unis, a publié sur son blog de nouvelles données "démontrant pour la première fois sur un modèle expérimental que ces nanotubes sont un promoteur du cancer".

Une autre substance nanoparticulaire, le dioxyde de titane, que l'on trouve notamment dans des crèmes solaires, a été classée en 2006, par le Centre international de recherche sur le cancer, dans la catégorie "cancérogène possible pour l'homme", sur la base de données expérimentales chez le rat.

Mais l'évaluation de la toxicité est rendue difficile par l'insuffisance des méthodes de caractérisation des nanoproduits, par l'évolution qui peut se produire au cours de leur cycle de vie, ainsi que par la grande disparité des résultats obtenus par les laboratoires d'analyse. Une hétérogénéité souvent invoquée pour contester leur toxicité et retarder la mise en oeuvre de mesures de précaution.

VASTE ÉTUDE SUR DES SOURIS ET DES RATS 

C'est sur ce dernier point que le Niosh a voulu avancer, en mettant sur pied une vaste étude sur des souris et des rats, impliquant les chercheurs de treize universités américaines. Dans un premier temps, l'autorité de santé leur a demandé d'analyser trois formes nanométriques de dioxyde de titane et trois formes de nanotubes de carbone.

"Les responsables de l'étude se sont aperçus qu'il existait d'énormes différences entre les laboratoires, décrit Dominique Lison, professeur de toxicologie à l'Université catholique de Louvain (Belgique). Ils ont alors identifié les sources de variabilité et mis au point un protocole d'analyse harmonisé qu'ont utilisé, dans un second temps, les laboratoires universitaires."

Cette fois, les chercheurs ont abouti à des résultats similaires et cohérents sur le type de réaction provoqué dans les voies respiratoires des rongeurs. Ils ont décelé les mêmes phénomènes inflammatoires (une augmentation des globules blancs "neutrophiles"), avec la même ampleur.

"Cette étude démontre que, si on le veut, on peut avancer dans l'évaluation de la nanotoxicité", commente Dominique Lison. Les auteurs soulignent également, comme l'a fait en France l'Anses, le déséquilibre de la recherche, entre les travaux sur le développement et les applications des nanomatériaux et ceux sur leurs effets potentiels.

Compte tenu du risque respiratoire, le Niosh a recommandé, le 24 avril, de limiter les concentrations des nanotubes et nanofibres de carbone à 1 µg/m3 d'air. C'est la plus petite valeur mesurable de manière fiable.

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voir aussi : http://ehp.niehs.nih.gov/1306866/

Nano GO Consortium—A Team Science Approach to Assess Engineered Nanomaterials: Reliable Assays and Methods

06/05/2013

L'évaluation des OGM en Europe sous la coupe des lobbies pro-OGM ?

à lire sur :

Inf'OGM - GRACE : un programme d'évaluation sanitaire des OGM sous influence ?

Le 1er juin 2012 démarrait, dans le plus grand secret, le programme « d’évaluation des risques liés aux OGM et communication des preuves », GRACE (Gmo Risk Assessment and Communication of Evidence). Ce programme est pourtant d’une importance notoire : il pourrait amener à définir l’évaluation sanitaire des OGM à conduire à partir de 2016. Le règlement consacré à cette évaluation, fraîchement adopté le 25 février 2013, fait d’ailleurs directement référence à ce programme et aux conclusions attendues fin 2015. Comprendre ses objectifs, son organisation et ses moyens de travail est donc fondamental pour comprendre ce que pourrait être l’évaluation des OGM dans les années à venir, une évaluation qui se passerait des analyses de toxicologie.

Inf'OGM - GRACE _ un programme d’évaluation sanitaire des OGM sous influence .pdf

 

 

03/05/2013

"CE", "TÜV", le leurre des certifications européennes

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/05/02/20464-homologation-tracabilite-grand-bazar-protheses?position=1&keyword=bazar

Homologation, traçabilité: le grand bazar des prothèses

Mots clés : Ceraver, santé
Par figaro iconAnne Jouan - le 02/05/2013
 
La réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, et les moyens pour vérifier la qualité des produits restent rares. 

Des prothèses de hanche non conformes fabriquées par le numéro deux français de la prothèse orthopédique, Ceraver, ont été posées à 650 patients, révélait Le Parisiende jeudi. L'Agence du médicament, qui a tenu à préciser que ces prothèses ne présentaient pas de risque sanitaire, a confirmé qu'entre 2009 et 2012 une soixantaine d'hôpitaux avaient implanté ces dispositifs médicaux. L'Agence conseille néanmoins aux patients bénéficiant de ces prothèses de consulter leur médecin pour un bilan clinique et radiologique. Sur son site Internet, elle publie la liste des lots concernés. Enfin, près d'un millier de ces prothèses non conformes a été mis sous séquestre.

Cette affaire de prothèses de hanche intervient alors qu'est actuellement jugé à Marseille le premier procès des implants mammaires frelatés de PIP. Il faut dire que la réglementation en matière de dispositifs médicaux est particulièrement souple, puisqu'il n'existe pas d'autorisation de mise sur le marché, à la différence de ce qui se fait pour les médicaments. Seul le fabricant est responsable de ce qu'il met en vente et la certification des prothèses est réalisée par l'un des 70 organismes de contrôle accrédités par les agences gouvernementales réparties dans toute l'Europe. Seul le «marquage CE» est nécessaire pour pouvoir commercialiser des dispositifs médicaux. Mais ce marquage ne signifie pas que le produit a été fabriqué en Europe: la prothèse peut parfaitement avoir un label CE et venir d'Inde ou de Chine. Pour l'obtenir, le fabricant ne doit pas présenter son produit à l'organisme, mais seulement un dossier, exactement comme ce fut le cas avec les prothèses PIP. Le certificateur allemand TÜV n'a jamais eu entre les mains les prothèses, uniquement les dossiers.

Outre ces problèmes d'homologation et de traçabilité, les prothèses font également l'objet de trafics. Mais les médecins préfèrent parler «off». Certaines, considérées comme innovantes, sont beaucoup plus chères que d'autres. Il n'est pas rare de voir des médecins facturer au patient la prothèse innovante alors qu'ils lui implantent en réalité un modèle beaucoup plus courant et donc beaucoup moins cher. C'est comme si on facturait une Ferrari alors qu'en réalité on vend une 4L. «Sauf que là, personne n'ira vérifier», ironise un médecin. Le prix peut être multiplié par dix.

Autre pratique: proposer au patient une prothèse dernier cri, donc chère, alors qu'une autre plus classique aurait parfaitement été adaptée à son âge et son état de santé. «On ne choisira pas le même implant pour une personne de 95 ans que pour un trentenaire sportif, résume un chirurgien. Et le corps médical fait semblant de croire que ce n'est pas de l'escroquerie.» Sauf que, du coup, c'est l'Assurance-maladie, et donc la collectivité, qui prend en charge le surcoût. À charge pour le praticien de bien justifier dans le dossier médical la nécessité d'avoir recours à cet implant.

Des défaillances passées sous silence

Tout comme les déclarations d'effets indésirables des médicaments, les médecins «sous-déclarent» largement les problèmes rencontrés avec les prothèses. «Nous évoluons dans un milieu hypercompétitif, confie un chirurgien cardiaque. Toute nouvelle technique nous confronte à des problèmes, mais les médecins évitent d'en parler. Car si vous commencez à évoquer vos soucis, tout le monde saura que vous en avez et c'est l'équipe d'en face qui récupérera vos patients. Même chose avec l'industrie qui fabrique les dispositifs médicaux. Si on leur dit que l'on rencontre des soucis avec tel de leur produit, ils nous répondent que c'est bizarre, parce que nos concurrents dans tel autre hôpital n'ont jamais eu de problèmes alors qu'ils utilisent ces prothèses depuis bien plus longtemps que nous…»

Et ce chirurgien d'ajouter: quand une personne âgée porte une prothèse cardiaque qui se détériore vite et qu'elle décède, les médecins ne vont pas forcément dire que la prothèse était abîmée. Ils vont juste dire que le malade est décédé. Alors que stipuler la vitesse de dégradation de l'implant pourrait rendre service à des patients plus jeunes qui pourraient être amenés à en porter.

Enfin, la responsabilité juridique des chirurgiens qui implantent des dispositifs médicaux est importante. Du coup, lorsqu'une prothèse a un problème, le fabricant se retourne contre le médecin en disant qu'elle a mal été posée. Comme il est impossible de démontrer que le travail a été bien fait, les chirurgiens hésitent souvent avant de déclarer des accidents survenus avec la pose de prothèses… En résumé, conclut le chirurgien: «Les médecins n'aiment pas parler des problèmes. Sauf quand ils ne peuvent plus faire autrement.»

LIRE AUSSI: 

Des prothèses frauduleuses posées sur 650 patients 

Prothèses: «Aucun incident n'a été signalé à ce jour» 

Des prothèses retirées du marché 

02/05/2013

Les français champions des pesticides

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/le-taux-de-pesticides-dans-le-corps-humain-est-plus-eleve-chez-les-francais_3168725_3244.html?xtmc=invs&xtcr=1

Le taux de pesticides dans le corps humain est plus élevé chez les Français

LE MONDE | 30.04.2013 à 11h11 • Mis à jour le 01.05.2013 à 12h15

Par Paul Benkimoun

Les Français présentent un niveau d'imprégnation par les pesticides parmi les plus élevés, par rapport à ceux relevés dans des pays comparables. C'est ce qui ressort des résultats de la première étude du genre, publiée lundi 29 avril, et réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Cette enquête constitue le volet environnemental de l'étude nationale nutrition santé. Menée en 2006 et 2007, elle a porté sur un échantillon d'environ 3 100 personnes âgées de 18 à 74 ans, représentatif de la population résidant en France métropolitaine. Elle comporte deux volets. Le premier porte sur l'exposition aux pyralènes (PCB-BL ou polychlorobiphényles non dioxine-like), substances utilisées comme lubrifiants ou isolants, et aux pesticides. Le second concerne les métaux lourds.

Parmi les pesticides, les investigateurs distinguent l'exposition liée à des produits pour la plupart désormais interdits appartenant à la famille de organochlorés, et l'exposition aux organophosphorés (toujours utilisés) et aux pyréthrinoïdes.

Si "les mesures d'interdiction et de restriction d'usage semblent avoir montré leur efficacité pour les pesticides organochlorés", souligne l'InVS, ces produits ont un caractère persistant. Les niveaux retrouvés dans les urines en France sont intermédiaires entre ceux des Etats-Unis ou de l'Allemagne et ceux des autres pays européens. Mais, pour l'un des organochlorés, le 2,5-DCP (paradichlorobenzène, utilisé comme antimite ou désinfectant) le niveau moyen est dix fois plus élevé qu'en Allemagne. Une "particularité française", qui mérite d'être explorée, selon l'InVS.

CONTRASTE AVEC LES NIVEAUX D'IMPRÉGNATION

Développés comme alternative aux pesticides organochlorés (tels le DDT), les organophosphorés ont été retrouvés à un niveau supérieur à celui constaté dans la population américaine, et similaire à celui présenté par les Allemands.

Dans le cas des pesticides les plus récents, ceux de la famille des pyréthrinoïdes, le contraste avec les niveaux d'imprégnation de la population américaine est encore plus marqué. Les taux français apparaissent trois fois plus élevés que ceux constatés outre-Atlantique et demeurent supérieurs à ceux relevés en Allemagne. Les produits de dégradation des pesticides pyréthrinoïdes "ont été retrouvés dans plus de 80 % des échantillons", à l'exception de deux des produits de cette famille.

Quant aux pyralènes, les niveaux de concentration sanguins sont "un peu supérieurs à ceux rapportés dans la population allemande il y a dix ans" (et qui ont vraisemblablement diminué depuis, précise l'InVS). Surtout, ils sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux de la population américaine ou néo-zélandaise.

RETARDS CHRONIQUES

Pour ce qui est des métaux lourds, l'étude dresse un inventaire plutôt rassurant. Les taux sanguins de plomb ont baissé d'environ 60 % par rapport à ceux observés en 1995. Cette diminution résulte des efforts qui ont porté sur l'élimination du plomb dans les peintures et l'essence.

Les concentrations urinaires de cadmium – un toxique qui a tendance à s'accumuler – sont comparables à celles relevées précédemment en France, en Europe et aux Etats-Unis. Le seuil correspondant à une augmentation du risque d'atteinte rénale est dépassé dans 1,5 cas sur mille.

Les concentrations de mercure dans les cheveux, qui servent d'indicateur, restent à des niveaux "relativement faibles". Mais 19 % des adultes dépassent le seuil de 1 µg/g de cheveux adopté par les Etats-Unis. Quant à l'arsenic inorganique, la forme la plus toxique de ce métal, les taux retrouvés sont "relativement bas."

C'est donc un premier état des lieux que livre l'InVS, mais il reste que la "biosurveillance" en France présente des retards chroniques par rapport à celle de nos voisins.

Paul Benkimoun

20/04/2013

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

Maïs OGM : toxique et valeur nutritive moindre que le maïs normal

lu sur :

http://www.enviro2b.com/2013/04/18/une-nouvelle-etude-ame...

Une nouvelle étude américaine juge le maïs OGM toxique

Une nouvelle étude menée sur des plants de maïs OGM, et dont les conclusions ont été reprises par le site russe d'information, Rt.com, révèle que le maïs OGM contiendraient des éléments chimiques toxiques, potentiellement dangereux pour la santé.

Une nouvelle étude menée par la société américaine Profit Pro, pourrait relancer le débat autour du maïs génétiquement modifié. Dans un rapport, "2012 Corn Comparison", dont les conclusions ont été reprises sur le site russe Rt.com, les auteurs ont en effet constaté que ce type de maïs contiendraient des éléments, absents de la plante au naturel, et potentiellement toxiques pour l'homme.
C'est Zen Honeycutt, fondatrice de l'association "Moms Across America March to Label GMOs" qui a dévoilé initialement sur son site les conclusions de ce rapport. Elle l'aurait obtenu par un mandataire de De Dell Seed Company, une ferme basée en Ontario et présentée comme étant la seule société de semences de maïs non-OGM au Canada. Aux vues de ce rapport, cette fervente militante estime alors que "les allégations selon lesquelles il n'y a pas de différence entre le maïs OGM et non OGM de maïs sont fausses".

Trop d'éléments toxiques
Parmi les éléments toxiques recensés, on trouve des chlorures, du formaldéhyde ou encore du glyphosate. S'agissant de ce glyphosate, un désherbant créé par Monsanto (Roundup), les analyses menées ont révélé un taux de 13 parties par million. Or, Zen Honeycutt explique sur son site que les autorités américaines exigent que le niveau de glyphosate dans l'eau potable américain dépasse pas 0,7 ppm et ajoute que des dommages aux organes chez certains animaux a été liée à l'exposition au glyphosate supérieure à 0,1 ppm. Elle rappelle que des études ont démontré les dommages provoqué par ce produit. "Le glyphosate retire les nutriments vitaux des organismes vivants et le maïs OGM en est recouvert", ajoute-t-elle.
Par ailleurs, les analyses ont démontré que les nutriments contenus naturellement dans le maïs disparaissent progressivement des plants génétiquement modifiés. Ainsi, les plants "naturels" contiendraient 437 fois plus de calcium, 56 fois plus de magnésium, et 7 fois plus de manganèse.

19/04/2013

Informations santé/société du 19/4/13 : la conscience précoce des bébés

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La conscience précoce des bébés

Une étude, menée durant cinq ans par des chercheurs du Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques au CNRS, en collaboration avec des chercheurs de NeuroSpin (Inserm-CEA), révèle que, « dès 5 mois, les nourrissons possèdent une forme de conscience similaire à celle des adultes », rapportent L’Humanité et Libération.

Ils « perçoivent ainsi de façon consciente les objets et les personnes qui les entourent », souligne L’Humanité. Dans le cadre de cette expérience, les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale du cerveau de 80 bébés âgés de 5, 12 et 15 mois afin de déterminer si la région de la conscience perceptive s’activait, explique le quotidien. Le chercheur Sid Kouider (CNRS), qui a coordonné cette étude, publiée dans Science, souligne que « les bébés sont doués d’une prise de conscience peu élaborée, mais ces mécanismes relativement lents subissent une accélération progressive au cours de leur développement ».

L’Humanité, Libération, 19/04 –

Communiqué de presse :Les bébés doués de conscience

17/04/2013

Informations santé/société du 17/4/13 : les pleurs du bébé, le scandale du Distilbène

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Les pleurs du bébé reconnus par ses deux parents

Une étude, menée par Nicolas Mathevon, de l’université de Lyon/Saint-Etienne et publiée dans Nature Communications, révèle que, « contrairement à une idée reçue, le père reconnaît aussi bien les pleurs de son bébé que la mère », indique Le Figaro.

Selon la série d’expériences réalisée par le chercheur bio-acousticien auprès de 29 parents et leurs bébés âgés de 3 mois, si les deux parents restent aux côtés de leur bébé plus de quatre heures par jour, ils identifient facilement et aussi bien l’un que l’autre ses pleurs. Par contre, si l’un ou l’autre passe moins de quatre heures par jour auprès de lui, il devient difficile pour ce parent de distinguer les pleurs de son bébé par rapport aux autres enfants, souligne le quotidien.

Nicolas Mathevon explique que « l’être humain est très doué dans le domaine sonore » et que les pleurs des bébés sont « un signal complexe, une signature sonore à part entière ».

Le Figaro, 17/04

Lancement d’une grande étude épidémiologique sur le scandale du Distilbène

« L’association Réseau DES (diéthylstilbestrol) lance, avec la Mutualité française et l’Agence nationale de sécurité du médicament, une grande étude épidémiologique portant sur trois générations de femmes », souligne L’Humanité.

Cette étude, la première en France, a pour objectif « d’analyser et de détecter l’ensemble des conséquences de la prise du médicament [Distilbène] », ajoute le journal.

En France, entre 1948 et 1977, plus de 200 000 femmes ont pris du Distilbène, médicament prescrit contre les fausses couches.

Ce médicament s’est avéré très dangereux pour les mères et leurs enfants, qui ont aujourd’hui entre 35 et 60 ans, explique L’Humanité.

L’association Réseau DES espère que des milliers de femmes participeront à l’étude, qui est largement relayée par le réseau mutualiste (centres de santé, pharmacies, sites Internet) et conduite « au moins » jusqu’à septembre.

L’Humanité, 17/04

14/04/2013

La prise en charge de l'autisme en France

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/03/au-centre-maia-pour-enfants-autistes-l-innovation-est-reine_3152777_1651302.html

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Au centre MAIA pour enfants autistes, l'innovation est reine

LE MONDE | 03.04.2013 à 14h43 • Mis à jour le 05.04.2013 à 17h36

Par Catherine Vincent

Pour apprendre à jouer au ping-pong, Enzo a longtemps tapé sur une balle suspendue à un fil : avoir un partenaire en face de lui l'aurait déstabilisé. Le fil a progressivement été allongé, Enzo a envoyé la balle de plus en plus loin et commence à prendre plaisir à jouer sur une table. Une victoire pour ce garçon de 12 ans, qu'il doit pour beaucoup au centre d'accueil de l'association MAIA Autisme. 

Enclavée derrière un immeuble d'habitation du 12e arrondissement de Paris, cette structure est l'une des vingt-quatre à avoir obtenu le label d'Institut médico-éducatif (IME) expérimental dans le cadre du deuxième plan Autisme 2008-2012. Fondée sur l'analyse appliquée du comportement ou méthode ABA (Applied Behavior Analysis), elle prend en charge seize enfants âgés de 5 à 13 ans, atteints de troubles autistiques plus ou moins profonds.

MUR D'ESCALADE ET TABLES DE PING PONG

Dans le hall, des instruments de vibration musicale. Des tables et des casiers dans les salles d'activité, une pièce pour visionner les DVD, une autre pour la relaxation. Et beaucoup d'équipements sportifs, financés pour l'essentiel par la Fondation Bettencourt. Mur d'escalade, tapis de course, vélos d'entraînement, tables de ping-pong. "Mise en œuvre très tôt, la méthode ABA fait faire à certains enfants des progrès fulgurants. Mais pour d'autres, ce n'est pas le cas. Lorsque ceux-là deviennent préadolescents, les outils pédagogiques mis au point pour les petits ne sont plus adaptés. Il faut donc inventer autre chose", explique Claire Doyon. Mère d'une petite Pénélope, aujourd'hui âgée de 13 ans et autiste profonde, elle a créé l'association en 2004. Avec un seul but : apporter une aide financière et éducative à sa fille.

"J'avais fait le tour des instituts existants, et j'avais eu d'emblée un rejet face au discours très culpabilisateur qu'on me tenait", se souvient la jeune femme, qui a dû mettre entre parenthèses sa carrière de réalisatrice pour s'occuper de sa fille. Refusant de mettre Pénélope en hôpital de jour, elle part se renseigner aux Etats-Unis. "J'y ai découvert une façon de regarder ce handicap radicalement différente. Une approche très pragmatique, des outils diversifiés et performants, une grande réactivité de dépistage, du personnel formé..." Tout ce qui manque à l'époque en France, et à quoi le deuxième plan Autisme a donné une réelle mais timide impulsion.

"C'est quoi, ton sport préféré ?", vient demander Kolleens, 8 ans, sous l'injonction de son éducatrice. Quand il est arrivé ici, le petit garçon faisait des crises à répétition. Il se tapait la tête, se montrait violent. Aujourd'hui, ses troubles du comportement ont laissé la place à de vrais progrès verbaux et sociaux. "Comme lui, la plupart des enfants sont partiellement intégrés en école ordinaire ou en CLIS [classe pour l'inclusion scolaire], à raison d'une à quatre demi-journées par semaine", précise Gwenaëlle Lerigoleur, jeune éducatrice spécialisée qui a découvert l'ABA lors d'un séjour à Montréal.

Impossible, cependant, de les laisser en classe sans la présence d'un des seize éducateurs (un par enfant) du centre : des auxiliaires de vie scolaire ont beau, parfois, être sur place, "leur formation est trop peu adaptée aux troubles autistiques pour être efficace", estime Claire Doyon. L'association a passé une convention avec l'hôpital Bichat, qui se charge d'évaluer chaque année le développement psychomoteur et orthophonique des enfants.

MÉLANGE ENTRE L'ÉCOLE ET LA MAISON

Si cet institut expérimental illustre ce qui commence à bouger, en France, en matière de prise en charge de l'autisme, il témoigne aussi du parcours du combattant que constitue une telle aventure. Pour ses fondateurs, l'horizon s'est certes élargi avec l'agrément reçu en 2009, qui s'accompagne depuis lors d'une dotation annuelle de l'agence régionale de santé de 1,2 million d'euros.

Mais ce n'est qu'en 2011 que la structure trouve véritablement sa cohérence, avec la rencontre d'une jeune Brésilienne, Ana Bibay. Aujourd'hui directrice du centre, celle-ci s'est rodée aux Etats-Unis à la méthode ABA, pour laquelle il n'existe en France (à l'exception d'un diplôme universitaire délivré à Lille) ni formation ni supervision reconnue.

Dans ce lieu conçu "comme un mélange entre l'école et la maison", où les parents sont bienvenus et où fratries et amis proches sont accueillis un mercredi sur deux, l'innovation est reine. "Je ne conçois l'ABA que dans la pluridisciplinarité, et dans l'adaptation au cas par cas", précise Ana Bibay.

"LES HISTOIRES MIRACLES, C'EST VRAIMENT L'EXCEPTION"

A côté des éducateurs permanents, des spécialistes de diverses disciplines viennent régulièrement apporter leur savoir-faire. Souvent de l'étranger, où la prise en charge des troubles autistiques n'est pas aussi médicalisée qu'en France. Un programme pour adolescents est à l'étude en collaboration avec une équipe d'Ankara (Turquie), spécialisée dans les activités sportives pour jeunes autistes. Les dons reçus par l'association pour 2013 permettent de financer l'expérience pendant six mois. Après ? Le bricolage continuera, encore et toujours.

Car l'ambiance, ici, a beau être calme et sereine, et les enfants ne connaître ni médication ni salle d'isolement, comme partout ailleurs, le taux de guérison reste dérisoire. "Les histoires miracles que l'on raconte, c'est vraiment l'exception. La réalité du terrain, c'est qu'un autiste profond de 12- 13 ans, même s'il a bénéficié des meilleures stratégies éducatives, ne peut pas intégrer un milieu ordinaire. Il arrive même souvent que ses difficultés d'adaptation resurgissent à l'adolescence", constate Ana Bibay.

Ce qu'elle attend en priorité du nouveau plan Autisme ? Des progrès dans la formation aux méthodes éducatives et comportementales, et des avancées dans la prise en charge des adultes. A MAIA Autisme, la règle veut que les enfants soient accueillis jusqu'à leur majorité. Mais ensuite ? 

Lire aussi : Le troisième plan autisme se fait attendre

Santé mentale

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Algues vertes : l'Etat condamné

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/02/algues-vertes-l-etat-condamne-en-appel-a-payer-plus-de-120-000-euros-a-4-communes_3152356_3244.html

Algues vertes : l'Etat condamné en appel à payer...

Le Monde.fr avec AFP | 02.04.2013 à 19h52 

La cour administrative d'appel de Nantes a condamné l'Etat à verser 122 932 euros à quatre communes des Côtes-d'Armor pour les indemniser du coût du ramassage et du transport des algues vertes en 2010. En première instance, le 23 janvier 2012, le tribunal administratif de Rennes avait donné raison à la préfecture des Côtes-d'Armor et rejeté la demande des quatre communes, qui avaient fait appel.

Mais la cour administrative d'appel de Nantes a décidé dans son arrêt rendu le 22 mars dernier d'annuler cette décision, expliquant que "les carences de l'Etat dans la mise en œuvre de la réglementation européenne et nationale destinée à protéger les eaux de toute pollution d'origine agricole sont établies" et que les mesures mises en place depuis 2003 ne sont pas "susceptibles d'atténuer cette responsabilité".

L'Etat a été condamné à verser 9 930 euros à la commune de Trédurer, 15 742 euros à Trédrez-Locquemeau, 72 074 euros à Plestin-les-Grèves et 25 186 euros à Saint-Michel-en-Grève. Fin 2009 l'Etat avait déjà été condamné par la cour administrative d'appel de Nantes à verser à des associations de défense de l'environnement des indemnités allant jusqu'à 15 000 euros pour sa mauvaise gestion de la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Lire en édition abonnés : La Bretagne échoue à endiguer les marées vertes

Biodiversité

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UFC-Que Choisir : des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/03/de-nombreux-perturbateurs-hormonaux-identifies-dans-des-produits-de-beaute_3152533_3244.html

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Des perturbateurs hormonaux identifiés dans des produits de beauté

LE MONDE | 03.04.2013 à 11h28 • Mis à jour le 03.04.2013 à 14h09

Par Sophie Landrin

Crèmes, gels douche, shampooings, dentifrices, savons, vernis, poudres de maquillage, etc. : les cosmétiques contiennent des concentrations élevées de perturbateurs endocriniens, ces molécules susceptibles de bloquer ou de modifier le système hormonal humain et d'augmenter les pathologies lourdes comme les cancers hormonodépendants, l'infertilité ou le diabète. 

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a publié, mardi 2 avril, les conclusions de tests portant sur 66 produits. Une vingtaine de molécules ont été trouvées, des perturbateurs endocriniens utilisés sous forme de conservateurs, d'antibactériens, de filtres solaires, d'adoucissants, d'émollients. Le propylparaben, un conservateur, a été retrouvé dans 28 produits. Un seul des produits analysés ne comportait pas les molécules chimiques recherchées.

L'étude attire l'attention sur plusieurs cosmétiques de la marque Nivea, un déodorant et un gel douche. Dans le Nivea Water Mily & Oil, 2,68 g/kg de propylparaben ont été mesurés, alors que le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC) fixe la teneur à ne pas dépasser à 2,48 g/kg. Le stick déodorant Dry Confort 48 h contient 180 g/kg de cyclopentasiloxane et 7,7 g/kg en cyclotetrasiloxane, des dérivés du silicone. Un dentifrice Colgate Total renferme 2,09 g/kg de triclosan, un antibactérien qui pourrait avoir des effets sur la thyroïde. Les experts de l'UFC-Que Choisir considèrent que ce produit, s'il est combiné par exemple avec un déodorant contenant aussi du triclosan, présente "un risque significatif".

EFFETS À LONG TERME

Ce que craignent les toxicologues, c'est l'effet "cocktail" : l'addition au cours d'une journée de tous ces produits, crème, protection solaire, cumulée à l'exposition à un environnement lui-même pollué par les perturbateurs endocriniens. On retrouve en effet ces molécules dans les vernis, les emballages alimentaires, les parquets, le mobilier, etc. L'un de ces perturbateurs hormonaux, le bisphénol A, est présent dans les bouteilles en plastique, les conserves, la vaisselle.

"Les doses présentes dans les cosmétiques sont le plus souvent en dessous du seuil de risque. Mais il faut rappeler que les perturbateurs endocriniens agissent à faible dose et sur le long terme. Par ailleurs, ce sont les effets cumulatifs qui peuvent être nocifs. Le problème, c'est que la toxicologie classique considère la nocivité de chaque molécule isolément sans prendre en compte les risques liés à l'exposition à un mélange de substances", explique Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir.

L'association de défense des consommateurs demande donc une adaptation de la réglementation. Elle réclame à la Commission européenne la mise en place d'un programme de recherche indépendant sur les effets à long terme de ces perturbateurs endocriniens et l'obligation pour les fabricants d'afficher des étiquetages complets et précis. Les tests ont montré que la liste des ingrédients affichés par les fabricants sur leurs produits n'était pas toujours fiable. Les produits comportaient des substances non indiquées.

L'association souhaite enfin que les fabricants prennent les mesures qui s'imposent pour éliminer "rapidement toutes les substances toxiques ou douteuses de leurs produits".

Les effets de ces perturbateurs endocriniens sur le métabolisme humain inquiètent la communauté scientifique. En France, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail doit rendre publique, mardi 9 avril, une étude très attendue sur le bisphénol A. Et, d'ici à juin, l'Autorité européenne de sécurité des aliments devrait rendre son avis sur cette molécule.

Débat sur le bisphénol A

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08/04/2013

Les effets biologiques de la téléphonie mobile (suite)

communiqué :

INERIS – Effets d’exposition à des champs électromagnétiques    

LES RATS DE L’INERIS SONT DES VEINARDS
Ils ont eu des émissions light.
 
Le 03 Avril 2013, ont été exposés dans les locaux de l’INERIS des travaux concernant la régulation thermique de jeunes rats exposés à des champs électromagnétiques.
Invitée, l’association nationale Robin des Toits était présente.
Une étude de ce type a pour objet de fournir des éléments de comparaison avec la situation réelle actuelle.

Les émissions produites par les opérateurs ont trois caractéristiques :
elles sont mixtes et comportent une composition de fréquences diverses,
elles comportent des extrêmement basses fréquences,
elles sont émises de façon discontinue et par saccades.

Les émissions offertes aux rats de l’INERIS sont nettement plus simples :
elles ne comportent qu’une seule fréquence – 900 MHz
donc, il n’y a pas d’extrêmement basse fréquence,
elles sont émises en continu.

Les résultats de l’étude montrent chez les animaux exposés des perturbations nettes – l’INERIS dit « très nettes » – du sommeil, de la thermorégulation et du comportement alimentaire.
Malgré la faible intensité des émissions.
Ils montrent aussi une augmentation de l’état d’alerte.

L’étude fait donc constater l’apparition de perturbations très nettes malgré la forte atténuation et la faible intensité de l’émission.
Deux conclusions sont évidentes :
- une émission plus complète produit des perturbations encore plus importantes,
- pour une information pleinement significative, il est nécessaire de soumettre les animaux en direct aux émissions auxquelles les opérateurs soumettent l’ensemble du vivant.

A titre de complément de la présente étude, Robin des Toits croit utile d’informer l’INERIS de l’existence des travaux suivants :
ADANG et VANDER VORST – Juin 2008
  124 rats
  21 mois d’exposition – faible
  Résultats :
  . perturbation du système immunitaire – multiplication des lymphocytes,
  . vieillissement accéléré,
  . 50% de surmortalité   (mortalité – pourcentage normal : environ 30%       ADANG : 60%)
Rappel : patrimoine génétique du rat identique à 90% avec celui de l’humain.

SALFORD et al – 2003 – dans Environ Health Perspect
  Nerve Cell Damage in Mammalian Brain After Exposure to Microwawes from GSM Mobil Phones.
  Le Professeur SALFORD, haute autorité dans le domaine du BioElectromagnétisme, a déclaré qu’une personne qui entre 15 et 25 ans a chaque jour un portable contre la tête pendant une demi-heure ou plus aura un ALZHEIMER à 30 ans.

- Trois travaux concernant les perturbations du sommeil par les émissions du type GSM :
  HUBER et al – 2000 – Biological and Medical Aspect of Electromagnetic Fields
  HOSSMANN et HERMANN – 2003
  HUNG et al – 2007

Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique

06/04/2013

Les effets biologiques de la téléphonie mobile

les surlignages et le commentaire sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/04/04/une-etude-conclut-aux-effets-biologiques-des-ondes-electromagnetiques_3153800_1651302.html

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Une étude conclut aux effets biologiques des ondes électromagnétiques

LE MONDE | 04.04.2013 à 11h30 • Mis à jour le 05.04.2013 à 08h17

Par Sophie Landrin

Quels peuvent être les effets d'une exposition aux champs électromagnétiques, comme ceux générés par les antennes-relais de téléphonie mobile qui fleurissent sur les toits des immeubles et parfois des écoles ? Existe-t-il un réel risque sanitaire pour les riverains, comme le soupçonnent certaines associations ? La littérature scientifique s'est multipliée ces dernières années sans conclure à un risque avéré, laissant les personnes dites "électrosensibles" dans l'incompréhension.

Pour la première fois, une étude sur des jeunes rats, conduite par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'université de Picardie Jules-Verne, publiée par la revue Environnement Science and Pollution Research et rendue publique mercredi 3 avril, conclut à des effets biologiques des radiofréquences sur les fonctions de l'équilibre énergétique. Le sommeil, la régulation thermique et la prise alimentaire sont perturbés.

Le niveau d'exposition auquel ont été soumis les rats, expliquent les chercheurs, correspond à celui rencontré à proximité d'une antenne-relais. Treize jeunes rats ont été exposés en continu pendant six semaines à des ondes d'une fréquence de 900 MHz et d'une intensité de 1 volt par mètre (V/m), beaucoup plus faible que les seuils légaux. Un groupe témoin de 11 rats a été constitué, non soumis à ces champs électromagnétiques.

LES RATS RÉDUISENT LEUR STRATÉGIE DE REFROIDISSEMENT

Les chercheurs soulignent que les rongeurs ont un comportement alimentaire et suivent des rythmes biologiques assez similaires à ceux des nouveau-nés et que leur régulation thermique est transposable à l'homme. L'expérience a été répétée deux fois, avec des résultats cohérents.

L'expérimentation montre des effets des radiofréquences sur la régulation thermique : lorsqu'ils sont soumis à une augmentation de la température ambiante, les rats exposés aux ondes réduisent leur stratégie de refroidissement. Les animaux contractent leurs vaisseaux périphériques pour conserver la chaleur (vasoconstriction), comme s'ils ressentaient une sensation de froid, alors qu'ils ont plus chaud. Ils économisent leur énergie, comme s'ils en avaient un besoin accru.

Pourquoi ? "Nous n'avons pas de réponse. Nous constatons seulement que l'animal ne ressent pas la chaleur. L'adaptation à la température est modifiée", explique René de Seze, directeur de recherche à l'Ineris.

UNE PRISE ALIMENTAIRE PLUS IMPORTANTE 

Par ailleurs, les chercheurs ont observé que les animaux exposés n'avaient pas la même sensation de satiété que les rats non exposés. Ils constatent une prise alimentaire plus importante chez les rats soumis aux ondes. Les mécanismes d'économie d'énergie chez les rats exposés pourraient donc conduire à une augmentation de la masse corporelle.

Dernier enseignement : les rats soumis aux radiofréquences présentent un fractionnement du sommeil paradoxal, comme si les animaux étaient en état d'alerte. Les chercheurs soulignent qu'il ne s'agit pas de troubles du sommeil au sens strict, mais précisent que des perturbations du sommeil paradoxal pourraient "engendrer des difficultés de mémorisation ou des troubles de l'humeur chez l'homme".

"Ce que nous constatons, c'est qu'à de très faibles niveaux d'exposition, les effets sont réels sur le métabolisme, explique René de Seze. Il faut maintenant que d'autres laboratoires mènent des expériences similaires pour confirmer ou infirmer nos conclusions."

"LES EFFETS DÉCRITS  NE SONT PAS SANITAIRES"

Chercheur à l'université de Bordeaux, Bernard Veyret, qui n'a pas participé à l'étude, est plus prudent : "Ces résultats sont assez contre-intuitifs. L'étude de l'Ineris montre qu'il se passe quelque chose, mais j'ai un doute sur les niveaux réels d'exposition aux champs électromagnétiques. Les animaux sont appareillés. On leur place des sondes, des câbles, qui peuvent avoir des interférences avec les ondes. Par ailleurs, il faut bien préciser que les effets décrits sont des effets biologiques et non pas sanitaires", rappelle-t-il.

Ce spécialiste des champs électromagnétiques réalise depuis 1985 des études sur les effets des radiofréquences sur la croissance des tumeurs, la reproduction ou le système immunitaire. "Nos conclusions, c'est qu'il ne se passe rien. Jamais nous n'avons observé quoi que ce soit de significatif."

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mon commentaire :

Bernard Veyret fait une subtile distinction entre "effet biologique" et "effet sanitaire", que j'ai du mal à suivre.

En effeti, une sensation de satiété altérée (effet biologique) peut entraîner une prise de poids (effet sanitaire). De même, un "fractionnement du sommeil paradoxal" (effet biologique) peut entraîner des troubles de la mémoire et du comportement (effet sanitaire).

La distinction faite n'est donc nullement justifiée, et je m'interroge sur la motivation d'une telle distinction.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/25/l-italie-reconnait-le-lien-entre-mobile-et-tumeur-cranienne_1780928_3244.html
 
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LE MONDE | 25.10.2012 à 12h19
Par Paul Benkimoun et Philippe Ridet
 

Il a fallu dix ans de patience à Innocente Marcolini, mais il a gagné. Le 12 octobre, la Cour de cassation italienne a reconnu que la tumeur bénigne décelée en 2002 sur un ganglion situé à l'intérieur de son crâne, avait été causée, entre autres, par l'usage intensif du téléphone portable lié à son métier, cadre d'entreprise. Reconnu victime d'une maladie professionnelle, M. Marcolini a été déclaré invalide à 80 %.

Ce verdict est une première dans la Péninsule. Selon son avocat, Amilcare Buceti, la décision des juges qui ont écarté les résultats des études scientifiques financées par des entreprises pour cause de conflits d'intérêts, s'appuie sur deux éléments fondamentaux : "D'abord, explique-t-il, nous n'étions pas dans une croisade idéologique contre la modernité. Nous n'avons pas soutenu que l'usage prolongé du téléphone portable était la seule cause de la tumeur de mon client, mais l'une des causes. Ensuite, nous avons convaincu les magistrats de baser leur verdict sur les études d'experts indépendants qui travaillent sur le lien entre les tumeurs et l'usage du téléphone portable."

Il s'agit en l'occurrence de Giuseppe Grasso, neurochirurgien à Brescia (Lombardie), et d'Angelo Gino Levis, oncologue à l'université de Padoue (Vénétie). Les deux médecins qui ont assisté scientifiquement M. Marcolini durant la procédure, ont mis en avant un risque élevé de tumeur des nerfs crâniens pour les utilisateurs intensifs de téléphone portable.

CINQ À SIX HEURES PAR JOUR CONTRE L'OREILLE GAUCHE

Dans le cadre de son travail, M. Marcolini a utilisé le sien plus de cinq à six heures par jour pendant douze ans. "Je mettais mon téléphone contre l'oreille gauche, explique-t-il, car je prenais des notes de la main droite. Or, c'est dans cette zone que s'est développée la tumeur" dont il a été opéré avec succès. La tumeur touchait le ganglion du nerf trijumeau, proche de l'oreille.

Le verdict de la Cour de cassation fera date et jurisprudence. Pour Amilcare Buceti, les juges "ont élargi les voies de recours possible en accueillant comme élément de preuve des rapports d'experts établissant le principe général du caractère cancérogène de l'usage intensif du portable" et ce, au-delà du cas particulier de son client. Quatre cas similaires font ainsi l'objet de procédures judiciaires en cours en Italie.

Pour M. Marcolini, c'est une victoire après dix ans de lutte. "Je n'ai pas mené ce combat dans le seul but de toucher une pension d'invalidité, raconte-t-il. Je ne suis pas tombé malade parce que je n'aurais pas eu de chance, comme cela arrive parfois dans les accidents du travail, mais parce qu'il y avait une raison à ma maladie. J'ai voulu que la lumière soit faite sur les risques liés à l'usage des téléphones sans fil. Les gens doivent savoir ce qu'ils risquent. Les parents doivent connaître le danger que courent leurs enfants."

M. Marcolini entend désormais donner "le maximum de publicité" à son cas pour "fonder une association contre les dangers des ondes électromagnétiques et susciter une plainte collective", une "class-action". Il doit rencontrer ses avocats et ses conseillers scientifiques la semaine prochaine pour en parler.

LA DÉCISION JUDICIAIRE RISQUE DE SUSCITER DES PROCÉDURES

Au-delà des frontières italiennes, la décision judiciaire risque de susciter des procédures. D'autant qu'en juin 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), structure rattachée à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé comme "cancérogènes possibles" les champs électromagnétiques de radiofréquence, dont ceux de la téléphonie mobile.

Présentant ces conclusions, le président du groupe de travail du CIRC, Jonathan Samet, avait précisé que des experts s'étaient appuyés "sur des études épidémiologiques montrant un risque accru de gliome, un type de cancer du cerveau associé à l'usage du téléphone mobile", ajoutant que "les deux études les plus larges ont montré un risque accru de gliome chez les utilisateurs les plus intensifs".

A défaut de disposer de données scientifiques établissant un lien de cause à effet – et non une simple association – entre l'exposition aux radiofréquences des téléphones portables et la survenue de tumeurs malignes, les experts du CIRC ont donc retenu la possibilité d'un effet cancérogène dans leur document consacré aux champs électromagnétiques.

Le responsable du programme des travaux d'évaluation au CIRC, le docteur Kurt Strif, précisait que "le niveau de preuve d'une association entre l'usage de la téléphonie mobile et le risque de cancer est comparable à celui existant pour les pesticides ou les expositions professionnelles dans le cadre du nettoyage à sec".

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http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/29/un-rapport-controverse-souligne-les-risques-lies-aux-radiofrequences_1823824_3244.html

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LE MONDE | 29.01.2013 à 11h54 • Mis à jour le 31.01.2013 à 09h20
Par Paul Benkimoun

Cancer du cerveau, baisse de la fertilité, autisme... Publié début janvier, le rapport BioInitiative 2012 (www.bioinitiative.org) estime que les risques liés à l'exposition chronique aux radiofréquences, utilisées notamment pour la téléphonie mobile, sont de mieux en mieux démontrés. Le document, qui examine plus de 1 800 études scientifiques, a toutefois suscité des réactions contrastées, comme cela avait été le cas pour la première édition, en 2007.

En France, les associations Priartém et Agir pour l'environnement ont publié un communiqué commun mettant l'accent sur la "confirmation des effets délétères des radiofréquences". L'association Robin des toits souligne que "1 800 nouvelles études renforcent la certitude de la nocivité des ondes et de l'urgence de la mise en œuvre de nouvelles normes pour protéger les populations".

A l'inverse, s'exprimant à titre personnel, le docteur Eric van Rongen, membre du conseil national de la santé des Pays-Bas, estime que l'édition 2012 "n'apporte pas grand-chose de nouveau par rapport à celle de 2007". Il reproche au rapport de ne pas être "une analyse objective et systématique de la littérature, mais une revue subjective et biaisée destinée à soutenir la conclusion a priori que les recommandations actuelles sur les expositions n'apportent qu'une protection insuffisante contre les effets sanitaires des champs électromagnétiques."

La controverse tourne autour de la méthode utilisée pour établir ce document et sur le rôle joué par Cindy Sage, fondatrice du groupe de travail BioInitiative et coéditrice du rapport.

"SÉRIEUX DÉFAUTS"

Celui-ci rassemble des contributions le plus souvent individuelles ou émanant de deux ou trois auteurs. Ses détracteurs considèrent de ce fait que BioInitiative n'est pas le résultat d'un consensus. Il faut toutefois remarquer que le tout récent rapport de l'Agence européenne de l'environnement, "Signaux précoces et leçons tardives : science, précaution, innovation", a procédé de la même manière. Certains auteurs sont d'ailleurs communs aux deux documents.

"En général, les chapitres mettent en avant les études montrant l'existence d'un lien et n'évaluent pas de manière critique toutes les études, dont beaucoup présentent de sérieux défauts qui les rendent virtuellement inutiles", poursuit Eric van Rongen. Le scientifique reproche à Cindy Sage, propriétaire de la firme californienne de consultants sur l'environnement Sage Associates, de "pousser plus loin qu'il ne faudrait les conclusions des différents chapitres."

Interrogée par Le Monde, Cindy Sage récuse ces accusations : "Nous avons utilisé toutes les études que le Centre international de recherche sur le cancer a prises en compte et qui l'ont fait conclure au caractère possiblement cancérogène pour l'homme des radiofréquences. Nous avons fait appel à des scientifiques du monde entier qui sont réputés et indépendants."

Cindy Sage récuse les soupçons de conflits d'intérêts évoqués à son encontre : "Ma firme ne vend pas de gadgets pour se protéger des ondes et nous n'apportons pas notre caution à des produits." Mme Sage souligne que "les effets biologiques des radiofréquences sont clairement établis et ceux dus aux expositions chroniques peuvent raisonnablement être soupçonnés de provoquer des effets sanitaires indésirables". Elle insiste sur le fait que "l'exposition des fœtus et des jeunes enfants serait un facteur de risque d'hyperactivité, de troubles de l'apprentissage et de problèmes comportementaux à l'école".

28/03/2013

Le cerveau des abeilles affecté par les pesticides

lu sur :

http://www.directmatin.fr/environnement/2013-03-27/les-pesticides-perturbent-le-cerveau-des-abeilles-431385

Les pesticides perturbent le cerveau des abeilles

Des pesticides pouvant être utilisés pour sur les cultures ou dans les ruches perturbent le fonctionnement du cerveau des abeilles, affectant notamment leurs facultés de mémoire et d'orientation, selon une étude publiée mercredi.

Cette étude paraît dans Nature Communications alors que la Commission européenne propose d'interdire, pendant deux ans, l'utilisation de plusieurs pesticides mortels pour les abeilles. Cette proposition, visant des substances appelées néonicotinoïdes, a été rejetée à la mi-mars par une majorité d'Etats, mais la Commission a annoncé un nouveau vote au printemps en espérant une entrée en vigueur au 1er juillet.

L'étude s'intéresse aux effets sur le cerveau des abeilles de deux de ces néonicotinoïdes utilisés pour protéger les cultures, ainsi qu'à un autre type de pesticides, appelés organophosphorés, en l'occurrence le coumaphos, parfois utilisé contre le parasite Varroa dans les ruches, selon les chercheurs.

En cas d'exposition à des concentrations similaires à celles constatées en champs, les abeilles subissent des perturbations, ont-ils observé.

"Ensemble, ces deux classes de pesticides montrent un impact négatif plus grand sur le cerveau de l'abeille et semblent inhiber l'apprentissage des abeilles", a indiqué à l'AFP, Christopher Connolly, chercheur au centre de recherche médical de l'université de Dundee (Ecosse) et co-auteur de l'étude.

Le 16 janvier, l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait rendu des conclusions, qualifiées d'"inquiétantes" par la Commission européenne, sur l'impact sur le nectar et le pollen des trois néonicotinoïdes que Bruxelles souhaite aujourd'hui suspendre.

Les auteurs de l'étude appellent pour leur part à un examen plus approfondi des alternatives possibles à ces substances, dont les effets sur la santé des abeilles restent faibles, assurent les fabricants, lorsqu'ils sont utilisés dans les règles.

Dans un commentaire, un professeur d'apiculture de l'Université du Sussex, Francis Ratnieks, a estimé pour sa part que les concentrations de pesticides utilisées dans l'étude sont plus importantes que celles constatées dans la réalité. "Nous ne savons pas si des niveaux faibles de nénicotinoïdes dans le nectar et le pollen des plantes traitées (...) ont des impacts négatifs dans le monde réel", a-t-il estimé.

AFP

25/03/2013

La qualité de l'eau potable en bouteille (suite)

Et pas seulement l'eau en bouteille ! Les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/25/l-eau-minerale-n-est-plus-epargnee-par-la-pollution_1853686_3244.html

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L'eau minérale n'est plus épargnée par la pollution

LE MONDE | 25.03.2013 à 11h21

Par Sophie Landrin

On savait l'eau du robinet non exempte de polluants. La France fait l'objet de poursuite par la Commission européenne pour son incapacité à lutter contre la contamination des nappes par les nitrates. Mais les consommateurs se croyaient à l'abri en buvant de l'eau en bouteille, réputée pour sa pureté originelle. Ces eaux issues uniquement d'une source souterraine doivent être dénuées de tout polluant d'origine humaine, sans aucun recours au moindre traitement chimique.

Une étude dévoilée lundi 25 mars, menée conjointement par la revue 60 Millions de consommateurs et la fondation de Danielle MitterrandFrance Libertés, met à mal cette certitude : l'eau minérale en bouteille n'échappe pas à la pollution. Quarante-sept échantillons de bouteilles d'eau de différentes marques ont été analysés et 85 molécules ont été recherchées, notamment des molécules médicamenteuses ou des perturbateurs endocriniens que la réglementation actuelle n'oblige pas à contrôler.

Résultats : dix bouteilles comportaient des résidus de pesticides et de médicaments (Cristaline, La Salvetat, St-Yorre, Hépar, Mont Roucous, Saint Amand, Vittel, Volvic, Carrefour Discount, Cora) ; 10 % des eaux en bouteille ont présenté des traces de tamoxifène, une hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein. Comment cette pollution d'eau souterraine, supposée à l'abri de toute contamination, est-elle possible ? Les toxicologues n'ont pas d'explication.

"TRAQUER DES MOLÉCULES À DES DEGRÉS EXTRÊMEMENT FIN"

Par ailleurs, des résidus d'un pesticide, l'atrazine, ont été retrouvés dans quatre eaux embouteillées (Cora gazeuse, Vittel, Volvic et Cristalline gazeuse). Ce désherbant nocif pour l'homme a pourtant été interdit en 2001. Pourquoi le retrouve-t-on plus de dix ans après ? "Sans doute parce que ce sont des produits très persistants et solubles dans l'eau", note 60 Millions de consommateurs.

La concentration de ces polluants est extrêmement faible, ce sont des "ultradoses" qui ne présentent pas de danger pour le consommateur. Mais ces découvertes obligent à reconsidérer les mécanismes de pollution de la ressource.

Les minéraliers ayant contesté la pertinence de ces tests, 60 Millions de consommateurs a donc procédé à une deuxième série de mesures, qui a confirmé les premiers résultats. "La méthode que nous avons employée a permis d'abaisser grandement le seuil de détection. Nous avons pu traquer des molécules à des degrés extrêmement fins. Pour lever toute incertitude, il faut que les pouvoirs publics procèdent à des contrôles à grande échelle", explique Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de la revue.

"ÉVENTUELS EFFETS COCKTAIL ENTRE PLUSIEURS MOLÉCULES"

"Ces constats révèlent à quel point notre environnement est contaminé. Nous ne remettons pas en cause la potabilité de l'eau, mais nous nous interrogeons sur les éventuels effets cocktail entre plusieurs molécules et sur les conséquences de ces micropollutions sur le long terme", ajoute Emmanuel Poilâne, de France Libertés.

L'analyse de certaines bonbonnes d'eau, souvent utilisées dans les entreprises et les collectivités, est plus inquiétante pour la santé. Des traces de bisphénol A, un perturbateur endocrinien, des traces de pesticides (atrazine) ainsi qu'un retardateur de flamme ont été retrouvées, notamment dans des bonbonnes de la marque Culligan. Une concentration extrêmement forte d'une dizaine de microgrammes de bisphénol A par litre a été décelée. Ces bonbonnes étant réutilisables, les enquêteurs notent que la teneur en bisphénol A dans l'eau pourrait s'accroître au fil du temps. Dans les bonbonnes Obio, des traces de phtalate de diéthyle, autre pertubateur endocrinien, ont été détectées.

L'eau du robinet a également été analysée dans trois départements : Ille-et-Vilaine, Haute-Vienne et Seine-et-Marne. Dans sept cas sur dix, l'eau contenait de deux à quatre pesticides. Deux résidus de médicaments ont été trouvés, un vasodilatateur, le naftidrofuryl, et le tamoxifène.

GASPILLAGE, CHAQUE ANNÉE, DE 1,3 MILLIARD DE M3 D'EAU POTABLE

Pour Emmanuel Poilâne, cette enquête montre "que la liste actuelle des polluants contrôlés est en deçà de la réalité des contaminations et que les normes sont obsolètes". France Libertés et 60 Millions de consommateurs demandent une remise à plat des normes et des étude sur les effets de l'exposition à ces micropollutions.

Ces nouvelles révélations sur la qualité de l'eau concluent "l'opération transparence" lancée par les deux associations en mars 2011. Elles ont mis au jour le gaspillage chaque année de 1,3 milliard de m3 d'eau potable dû aux fuites dans les canalisations collectives, l'opacité du prix de l'eau ainsi que les nombreuses dérogations permettant aux communes de délivrer une eau dépassant les seuils de nitrates, d'arsenic et autres polluants. Après deux ans d'enquête, les deux partenaires réclament d'urgence des "assises nationales de l'eau".

La qualité de l'eau potable en bouteille

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/traces-de-medicaments-et-pesticides-dans-10-des-eaux-en-bouteille-25-03-2013-1645222_23.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130325

Traces de médicaments et pesticides dans 10% des eaux en bouteille

AFP publié le 25/03/2013 à 08:39

Des traces de pesticides et de médicaments, dont un pour traiter le cancer du sein, ont été décelés dans environ 10% des eaux en bouteille, sans toutefois remettre en cause leur potabilité, révèle lundi une étude de 60 millions de consommateurs et de la Fondation France Libertés.

"A court terme, il n'y a absolument aucun problème de qualité. Ces eaux sont parfaitement buvables", insiste le rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, Thomas Laurenceau, interrogé par l'AFP. "On est dans l'ordre de l'ultra-trace, du millième de micron, c'est vraiment minuscule", a-t-il précisé.

L'enquête "ne met absolument pas en cause l'honnêteté des embouteilleurs", mais interroge la contamination de l'environnement par les pratiques humaines, ajoute-t-il. "Il y a inquiétude sur la qualité de la ressource globale", résume M. Laurenceau, qui appelle, avec France Libertés, à "la remise à plat des normes de qualité" prenant en compte les nouveaux polluants.

L'analyse a porté sur 47 bouteilles d'eau, trois bonbonnes d'eau, et une dizaine d'échantillons d'eau du robinet prélevés dans trois départements.

Sur les bouteilles d'eau étudiées -- portant sur l'ensemble du marché --, 37 ne présentaient aucune trace des 85 molécules recherchées. Dix en revanche contenaient des résidus de médicaments et pesticides.

"La grande surprise", écrit 60 millions de consommateurs, est la présence de tamoxifène, hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein, dans la Mont Roucous, Saint Yorre, Salvetat, Saint Armand (Du Clos de l'abbaye) et Carrefour Discount (Céline Cristaline).

La teneur est "infime" mais c'est "suffisant pour qu'on s'interroge sur la pureté originelle imposée par la règlementation des eaux minérales", souligne le magazine, qui précise avoir procédé deux fois à l'analyse des échantillons après contestation de la part des embouteilleurs des premiers résultats et de la méthodologie employée accusée de produire de "faux positifs".

"La seconde analyse a confirmé cette présence, sans que nous soyons en mesure d'en expliquer l'origine", écrit 60 millions de consommateurs. "L'affaire est suffisamment sérieuse pour qu'on lance des analyses à plus grande échelle", estime M. Laurenceau.

Potentiels effets cocktail

Du Buflomédil et du Naftidrofuryl, des vasodilitateurs, ont été également détectés dans l'Hepar, pour le premier, et dans la Saint Armand pour le second.

Par ailleurs, des traces d'Atrazine et d'Hydroxyatrazine, des désherbants pourtant interdits en 2001 mais très persistants, ont été trouvées dans la Vittel (Grande source), la Volvic (Clairvic), la Cora (Saint-Pierre), et la Cristaline (Louise).

"Ce qu'on en retire, ce n'est pas de dire que telle marque est plus risquée qu'une autre. Il n'y a pas les bons et les mauvais. Sur l'ensemble des marques, il y a un problème", poursuit M. Laurenceau. "Les embouteilleurs sont extrêmement prudents mais ça interpelle de voir qu'il peut y avoir (des micropolluants), même si c'est infinitésimal, qui ne devraient pas être là".

Et l'eau du robinet ? Sur 10 prélèvements, huit contiennent une à quatre molécules sur les 85 recherchées, principalement des pesticides mais aussi des résidus de médicaments dont, à nouveau, du tamoxifène décelé notamment en milieu urbain (Rennes et Limoges).

Enfin, sur les trois bonbonnes, des traces de Diéthylphtalate ont été trouvés dans l'Obio, et de Bisphénol A, d'Atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan Val-de-Marne.

"Si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail", souligne 60 millions de consommateurs.

Le magazine et France Libertés, qui ont lancé en 2011 l'Opération transparence sur l'eau, ont publié en mars une carte de la qualité de l'eau potable en France, montrant que les seuils limites en polluants étaient dépassés dans près de 420 communes grâce à des dérogations, sans risque sanitaire immédiat.

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sur le même sujet :

 

22.03.2013

Pourquoi il faut en finir avec une approche mercantile de l’eau

http://www.france-libertes.org/Pourquoi-il-faut-en-finir-avec-une.html

Une tribune d’Emmanuel Poilâne, directeur de France Libertés, publiée aujourd’hui sur Youphil

14.03.2013

Opération Transparence sur la qualité de l’eau potable en France  

http://www.france-libertes.org/Notre-manifeste-pour-l-eau-potable.html#.UVAQlUb5OTw

Opération transparence : la saisie des données de la performance du service public de l’eau bientôt obligatoire !

http://www.france-libertes.org/Operation-transparence-la-saisie.html

Dans le cadre de l’Opération Transparence sur le prix et la qualité de l’eau, France Libertés et 60 millions de consommateurs se sont mobilisés pour améliorer...

 

22/03/2013

Aujourd'hui : Journée mondiale de l'eau

lu sur :

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/l-eau-du-robinet-est-elle-dangereuse-pour-la-sante-21-03-2013-1643900_57.php?xtor=EPR-6-[Newsletter-Quotidienne]-20130322

L'eau du robinet est-elle dangereuse pour la santé ?

Le bilan concernant les résidus médicamenteux qui pourraient se retrouver dans nos carafes d'eau a de quoi inquiéter.

Les médecins de l'Association santé environnement France (Asef) tirent le signal d'alarme à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau qui aura lieu demain, vendredi 22 mars. Car l'augmentation régulière de la prise de médicaments - rien qu'en France, nous en avons consommé 3,12 milliards de boîtes en 2011 - ne serait pas sans risques pour notre environnement et pour notre santé. "Aujourd'hui, certaines études font le lien entre la présence de résidus médicamenteux dans l'eau potable, l'autisme et des troubles du comportement. D'autres ont montré des effets sur l'hermaphrodisme dans l'écosystème, les troubles de la reproduction ou encore la résistance bactérienne", affirme le Dr Pierre Souvet, le président de l'Asef. C'est pourquoi son association a voulu mesurer les dégâts réels liés à ce type de pollution et le faire savoir dans un livret qui sera diffusé demain. Leur but est, évidemment, de préserver la qualité de notre eau, si précieuse à la vie de toutes les espèces.

 
 

Ces spécialistes ont identifié plusieurs coupables. Car, de sa fabrication à sa destruction en passant par son utilisation, le médicament a maintes occasions de s'immiscer dans l'environnement. Il n'empêche, la première source de contamination viendrait de la population... Après avoir été ingéré, le produit se retrouve dans nos selles et nos urines pour aller ensuite dans les stations d'épuration. Malheureusement, ces dernières n'ont pas été conçues pour traiter ce type de pollution. Elles ne dégradent pas totalement ces molécules thérapeutiques, dont une partie rejoint nos rivières.

Conditionnement

Cependant, le véritable problème ne viendrait pas tant des médicaments ingérés que de ceux que l'on ne consomme pas... "En France, chaque année, sur des dizaines de milliers de tonnes de médicaments non utilisés, moins d'un quart est recyclé. Le reste est jeté à la poubelle, dans les éviers et même dans les toilettes !" regrette le Dr Patrice Halimi, secrétaire général de l'Asef. Parmi eux, on retrouve des antibiotiques, des antidépresseurs, des bêtabloquants, des anti-inflammatoires, des produits de contraste (utilisés en imagerie médicale) ou encore des contraceptifs.

Mais ce type de pollution n'est pas une fatalité, et tous les acteurs de la chaîne peuvent - doivent - agir. "Les médecins pourraient prescrire uniquement les produits nécessaires, les patients pourraient davantage ramener leurs médicaments en pharmacie, les stations d'épuration pourraient améliorer les procédés de traitement, et nous pourrions faire bien d'autres choses encore", explique le Dr Jean Lefèvre, membre actif de l'association. "Mais nous devons surtout réfléchir à une nouvelle façon de consommer pour traiter le problème à la source, en d'autres termes pour réduire le nombre de médicaments non utilisés." Cela pourrait passer, par exemple, par un conditionnement à l'unité pour que le pharmacien puisse délivrer le nombre exact de pilules, comprimés ou gélules. Une chose est sûre : il faut repenser notre mode de consommation de médicaments pour limiter la pollution.

20/03/2013

Perturbateurs hormonaux : le poids des lobbies sur l'Autorité européenne de sécurité des aliments

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/20/perturbateurs-hormonaux-l-efsa-ne-tranche-pas_1850838_3244.html

LE MONDE | 20.03.2013 à 11h05 • Mis à jour le 20.03.2013 à 15h49

Stéphane Foucart

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu public, mercredi 20 mars, l'un de ses rapports les plus attendus. L'agence basée à Parme (Italie) avait été saisie à l'automne 2012 par la direction générale de la santé et des consommateurs de la Commission européenne pour rendre une opinion scientifique sur les perturbateurs endocriniens – ces substances chimiques interférant avec le système hormonal et suspectées de jouer un rôle important dans l'augmentation d'incidence d'une variété de troubles et de pathologies.

L'EFSA devait en particulier répondre à plusieurs questions. Comment définir un perturbateur endocrinien ? Comment distinguer les effets indésirables dus à cette classe de molécules ? "Il n'existe pas de critère scientifique spécifique défini pour distinguer les effets nocifs potentiels des perturbateurs endocriniens par rapport à une régulation normale des fonctions corporelles, ou 'réponses adaptatives', estime l'agence européenne. Des experts doivent évaluer le poids des éléments probants disponibles au cas par cas."

En d'autres termes, la distinction entre un effet acceptable et un effet indésirable devra être jugée pour chaque substance. Du coup, l'EFSA propose deux qualifications : les substances endocriniennes actives et les perturbateurs endocriniens. Les premiers produisant des effets considérés comme non délétères, conduisant à une adaptation de l'organisme. Les seconds étant jugés potentiellement nocifs, en fonction de leur "potentiel d'activité". Ce point est l'objet d'une controverse, une part de la communauté des endocrinologues considérant que toute substance ayant une activité endocrinienne doit être considérée comme un perturbateur.

INTENSE PRESSION

Le groupe d'experts réunis par l'EFSA a conduit ses travaux sous une intense pression. Le sujet est en effet, depuis plusieurs mois, au centre d'une attention considérable. Quelques jours avant que l'agence de Parme ne dévoile ses conclusions, le Parlement de Strasbourg adoptait ainsi un rapport très ferme sur le sujet, dans lequel les députés européens se disaient "en total désaccord avec les tentatives visant à introduire le critère d'activité en tant que seuil de définition des perturbateurs endocriniens". Ces derniers, ajoutaient les parlementaires, "se trouvent dans les emballages alimentaires, les produits de soins de la peau, les produits cosmétiques, les matériaux de construction, les produits électroniques, les meubles et les sols".

Considérant qu'"un nombre croissant d'études scientifiques suggère que les perturbateurs endocriniens (...) jouent un rôle à la fois dans les maladies chroniques, y compris les cancers hormono-dépendants, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires, ainsi que dans les problèmes de procréation", les eurodéputés invitent la Commission à prendre une série de mesures "à même de protéger efficacement la santé humaine en insistant davantage sur le principe de précaution".

Outre le rapport du Parlement, la direction générale de l'environnement de la Commission a également publié, en janvier 2012, son propre rapport sur le sujet. De même, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié, début 2013, un vaste "état de l'art" sur la question. Ce dernier conclut à "des preuves extensives" des effets délétères des perturbateurs endocriniens sur la faune sauvage, mais juge que les preuves formelles de leurs effets sur les populations humaines ne sont pas encore, pour l'heure, apportées.

CAUSALITÉ COMPLEXE À ÉTABLIR

Une telle causalité est complexe à établir du fait, rappellent les députés européens dans leur rapport, que "le délai entre l'exposition et l'apparition des effets peut être très long", que "le risque de subir des effets préjudiciables n'est pas le même aux différents stades du développement – fœtal, petite enfance, adolescence", ou encore que les hommes sont exposés tout au long de leur vie à "un grand nombre de mélanges complexes de substances chimiques"...

Certaines questions scientifiques, estime L'EFSA, ne sont pas tranchées. L'agence juge ainsi qu'il existe une "absence de consensus international sur l'existence et/ou la pertinence des effets dits 'à faible dose'". C'est l'une des principales pommes de discorde entre l'EFSA et ses critiques.

En septembre 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), son homologue française, avait passé en revue la littérature scientifique et avait conclu que le bisphénol A – l'un des perturbateurs endocriniens les plus répandus – pouvait susciter des effets délétères sur l'homme, après une exposition à des doses "notablement inférieures" au niveau de référence calculé par l'EFSA à 0,05 mg/kg de poids corporel et par jour, ne serait pas réellement protectrice.

Nul doute que ces derniers rapports internationaux seront épluchés ligne à ligne par la communauté scientifique pour y détecter d'éventuelles discordances entre les panels d'experts.

Stéphane Foucart


Les insecticides, une source d'exposition possible

L'association Générations futures a rendu public, mercredi 20 mars, le premier volet de son rapport consacré à évaluer les voies d'exposition aux insecticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens pour l'homme.

L'association a traqué vingt-quatre substances appartenant à deux grandes familles : les pyréthroïdes et les organophosphorés. Environ les trois quarts des produits alimentaires testés contenaient des niveaux détectables de ces substances.

D'autres voies d'exposition que l'alimentation ont été identifiées, par le truchement des traitements acaricides de la literie, de produits vétérinaires, de produits d'entretien du jardin, etc.

19/03/2013

Plus de perturbateurs endocriniens en Europe ?

lu sur :

http://www.francematin.info/Perturbateurs-endocriniens-le-Parlement-europeen-n-en-veut-plus_a27963.html

Mardi 19 Mars 2013
 

Le Parlement européen a voté aujourd’hui 14 mars, et à une très large majorité, en faveur d’un rapport (1) demandant des mesures claires pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Une avancée dont se félicite Michèle Rivasi, Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen et co-rapporteure de ce dossier.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui modifient le fonctionnement du système endocrinien et entraînent des effets irréversibles pour la santé. Ils peuvent contribuer à "la survenue de la cryptorchidie (absence d'un ou des deux testicules dans le scrotum) chez le jeune garçon, du cancer du sein chez la femme, du cancer de la prostate, de troubles du développement du système nerveux et d'un déficit de l'attention/d'une hyperactivité chez l'enfant, ainsi que du cancer de la thyroïde", rappelle l'Organisation mondiale de la santé dans un rapport publié le 19 février dernier (2).

Pour Michèle RIVASI : "On ne peut plus se permettre d'attendre pour agir. Le risque de maladies dues aux perturbateurs endocriniens est largement sous-estimé, et tous les jours, nous continuons à être exposés à ces substances, par le biais de notre alimentation ou par contact direct, à la ville comme à la campagne. Il est donc urgent de donner une définition claire et large de ces substances dangereuses afin de diminuer le risque d’exposition et de protéger les populations les plus à risque comme les femmes enceintes, le fœtus et les enfants ».

« En effet, les femmes enceintes pénalisent sans le savoir la santé de leurs enfants avant même qu’ils naissent. Il faut donc que les pouvoirs publics informent la population par le biais de campagnes d'informations nationales très claires : attention aux revêtements (du sol par exemple) en PVC, aux vernis de certains meubles, des boîtes de conserve qui contiennent du Bisphénol A, ou aux produits cosmétiques qui peuvent également contenir ces perturbateurs endocriniens. Nous nous félicitons que le lobby de l’industrie chimique, puissant et très présent dans les couloirs des institutions européenne, n'ait pas réussi à faire modifier les demandes clés du rapport », souligne l’eurodéputée.

Jean-Jacob BICEP, député européen (Les Verts/ALE), membre de la Commission du développement régional, a par ailleurs rappelé une triste réalité :

"Le chlordécone, ce pesticide qui a été largement utilisé aux Antilles jusqu'en 1993, véritable poison reconnu cancérigène, est un perturbateur endocrinien. Sa forte persistance le rend, encore aujourd'hui, extrêmement néfaste pour la santé humaine et pour l'environnement. A titre d'exemple, une étude de 2011 explicite des éléments en faveur d’une association causale entre exposition au chlordécone et cancer de la prostate. Si le principe de précaution avait été appliqué, ce scandale n'aurait pas eu lieu. Nous avons le devoir d'en tirer les leçons, de rendre ces scandales simplement impossibles à l'avenir".

(1) : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A7-2013-0027&language=FR&mode=XML

(2) http://unep.org/pdf/9789241505031_eng.pdf       
 

18/03/2013

Informations santé/société

lu sur : http://presse-inserm.fr

Les Echos consacrent un article à la multiplication des études scientifiques pointant des corrélations entre les perturbateurs endocriniens et les dérèglements métaboliques constatés chez la faune sauvage, ainsi que l’apparition de nouvelles pathologies animales. « Il y a peu de chances qu’on démontre un jour le lien de causalité chez l’homme, vu la complexité des cocktails auxquels nous sommes exposés quotidiennement. Mais le nombre de corrélations troublantes renforce la suspicion de danger de ces substances pour notre espèce », assure le Pr Vincent Laudet, directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon. 

Les Echos, 18/03

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60 millions de consommateurs propose un dossier sur les allergies, classées par l’OMS au 4ème rang des maladies chroniques. Leur progression semble associée à l’évolution de notre mode de vie. L’asthme est selon, le Dr Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche à l’Inserm, « la première pathologie chronique de l’enfant ». Se développent aussi fortement, les allergies alimentaires et celles relatives aux médicaments.
60 millions de consommateurs, 01/04

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Aujourd’hui en France souligne qu’une étude européenne, réalisée dans 10 pays sur une période de 13 ans auprès de 448 568 personnes, révèle que la consommation de charcuterie ou de viande transformée augmente de manière significative le risque de mort prématurée. En cause la graisse et le sel contenus dans ces aliments qui augmentent le risque de cancer ou de maladie cardio-vasculaire. Aujourd’hui en France, 15/03

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La radiothérapie dans le traitement du cancer du sein augmente le risque coronaire

Une étude cas-témoin dans le cancer du sein, publiée dans le New England Journal of Medicine et réalisée par des chercheurs britanniques et scandinaves, met en évidence que la radiothérapie augmente le risque coronaire de 7,4% par Gray et ce dans les 5 premières années de l’exposition. Et de préciser que pour les femmes présentant un risque cardiaque avéré, l’augmentation absolue du risque est plus importante. Aux vues de la large place occupée par la radiothérapie dans le traitement de ce type de cancer, le Pr Sarah Darby de l’Université d’Oxford au Royaume Uni, qui a dirigé l’étude explique : « Nous avons réalisé cette étude car les médecins ne pouvaient pas estimer de façon fiable le risque de maladie cardiaque chez les femmes traitées par radiothérapie pour le cancer du sein. Ils peuvent maintenant appréhender ce risque et savoir que dans la majorité des cas il sera très faible et rassurer leurs patientes. De plus, il est possible maintenant d’identifier les quelques femmes pour lesquelles la radiothérapie pose un risque indu, afin d’envisager des techniques alternatives ». Le Quotidien du Médecin note que l’étude a porté sur des femmes traitées par radiothérapie pour cancer du sein entre 1958 et 2001 en Suède et au Danemark.

Le Quotidien du Médecin, 14/03

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Dans un avis rendu public ce jour l’Agence de sécurité sanitaire alerte sur la consommation de laits de soja par les bébés de moins d’un anLe Figaro souligne que les conclusions d’un rapport révèlent que « ces boissons ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels très spécifiques des nourrissons. Leur utilisation peut donc entrainer des insuffisances d’apport, des carences, voire des accidents sévères ». Le Figaro, 14/03


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Un sondage réalisé dans cinq pays européens par l’organisme YouGov, à l’initiative de la Fédération mondiale du cœur, révèle que 42% des Françaises ne font pas assez d’exercice et n’atteignent pas les deux heures et demie d’activité modérée par semaine préconisées par l’OMS. Les Françaises sont à la traîne et s’exposent aux maladies cardio-vasculaires, note Le Figaro. Le Figaro, 13/03


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L’Académie de médecine a reconnu hier l’utilité de quatre médecines parallèles : acupuncture, hypnose, médecine manuelle (ostéopathie et chiropraxie) et taï-chi, explique Aujourd’hui en France. Daniel Bontoux, professeur de l’Académie, indique qu’« on les appelle complémentaires car elles ne sont pas à elles seules une médecine. Elles peuvent permettre d’obtenir un petit plus par rapport aux traitements traditionnels ». Aujourd’hui en France, 07/03


Humanité Dimanche souligne que, selon une étude, réalisée par le groupement scientifique GISCOP93, près de 40 000 personnes (dont des écoliers), riveraines d’une usine de broyage d’amiante, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), auraient pu être exposées aux poussières cancérogènes. Selon cette étude, remise à l’Agence Régionale de Santé (ARS) le 7 février, il serait possible de les retrouver, de leur assurer un suivi médical et de mettre en place un dispositif de santé publique sur le territoire. Humanité Dimanche, 07/03


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Le diesel et les problèmes de santé publique

Les constructeurs automobiles affirment que « les nouveaux moteurs diesel sont propres et verts et méritent leur régime fiscal avantageux », souligne Libération. Bruno Guibeaud, président d’Europe Qualité Expertise, un groupement d’experts automobiles, souligne : « Globalement, avec les pots catalytiques et les filtres à particules, les constructeurs ont réussi à diminuer de 80% les émissions de particules fines ». Cependant, ces nouveaux moteurs diesel ne résolvent pas le problème de santé publique, explique le quotidien. En effet, « en vingt ans, le parc automobile a été multiplié par cinq et (…) l’âge moyen des véhicules en France est d’environ huit ans », indique-t-il. Selon Bruno Guibeaud, « toutes les voitures de plus de dix ans sont hyperpolluantes ». Par ailleurs, ce dernier explique qu’avec les filtres à particules de dernière génération, « on a diminué les particules fines mais, depuis deux ans, on a fait exploser les oxydes d’azote, très dangereux pour les bronches ! On crée de nouvelles pollutions dont les effets en termes de santé publique risquent bien d’être pires. Quant au pot catalytique, il ne fonctionne qu’à partir d’une certaine température… Que les voitures n’atteignent quasiment jamais en ville. Du coup, les moteurs diesel s’encrassent et émettent encore davantage de particules fines ».

Libération, 06/03

 

06/03/2013

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Rythmes scolaires : l’Académie de médecine favorable à la semaine de 4,5 jours

L’Académie de médecine a apporté hier son soutien à la semaine de 4,5 jours que souhaite mettre en place le ministre de l’Education, Vincent Peillon, indique Aujourd’hui en France. Elle a expliqué que « la semaine de 4 jours est un contresens biologique qu’il faut abolir en aménageant le temps scolaire sur quatre jours et demi ».

Selon elle, la vie scolaire est « aujourd’hui un facteur déterminant de la fatigue exprimée par l’enfant, source de difficultés de concentration et d’apprentissage, d’irritabilité et d’agressivité, voire d’échec scolaire ».

L’Académie préconise que les enfants aient cours le samedi matin plutôt que le mercredi et demande de limiter « le temps de travail quotidien à l’école de 4h30-5 heures en fonction de l’âge de l’enfant ».

Elle estime par ailleurs que « les devoirs et les leçons actuellement faits à la maison doivent être inclus dans le temps scolaire ».

Aujourd’hui en France, 06/03

28/02/2013

Pollution de l'air en France : conséquences sur les enfants

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-une-etude-montre-un-effet-des-particules-sur-le-poids-des-nouveau-nes_1827695_3244.html

Pollution : une étude montre un effet des particules sur le poids des nouveaux nés

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h27 • Mis à jour le 11.02.2013 à 10h43

Par Stéphane Foucart

Un élément de preuve décisif indique que les femmes enceintes les plus exposées aux particules fines de la pollution atmosphérique présentent un risque plus élevé d'accoucher d'un bébé dont le poids sera inférieur à 2,5 kg après une grossesse menée à terme. Cette insuffisance, qui touche environ 2 % des enfants, est associée à une probabilité plus forte de troubles ultérieurs.

La revue Environmental Health Perspectives (*) (EHP) publie, mercredi 6 février, la plus vaste étude internationale menée à ce jour sur le sujet. Ces travaux, coordonnés par Tracey Woodruf (université de Californie à San Francisco) et Jennifer Parker (National Center for Health Statistics), ont consisté en l'analyse de trois millions de naissances, recensées dans quatorze centres urbains répartis en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Australie et en Asie.

"Le résultat est conforme à de précédentes études qui suggéraient un tel lien", explique Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Institut Albert-Bonniot (INSERM et université Joseph-Fourier de Grenoble) et coauteur de ces travaux. "Une méta-analyse comme celle-ci permet d'éviter les biais, en particulier les biais de publication" – une étude qui met en évidence un lien ayant plus de chances d'être publiée que celles qui n'en trouvent pas...

Les auteurs montrent que l'exposition moyenne à 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) de particules de diamètre inférieur à 10 microns (ou PM10), sur toute la grossesse, accroît le risque d'insuffisance pondérale du bébé de 3 %. L'exposition à 10 µg/m3 des particules les plus fines, dites PM2,5, conduit pour sa part à un risque accru de 10 %.

VÉHICULES DIESEL

Schématiquement, l'exposition d'une femme enceinte à une concentration moyenne de 30 µg/m3 de PM2,5 tout au long de sa grossesse conduirait ainsi à un risque de faible poids à la naissance accru de 10 % par rapport à une femme qui n'aurait été exposée qu'à 20 µg/m3...

Cependant, de telles déductions simples demeurent hasardeuses : les effets varient de manière très complexe, selon les régions, en fonction des proportions relatives de PM10 et de PM2,5. Plus ces dernières sont abondantes, plus le risque est élevé. Ce sont précisément ces particules qui ont atteint, le 12 janvier, à Pékin, un pic de concentration de 993 µg/m3.

Les particules fines proviennent essentiellement de la circulation automobile – en particulier des véhicules diesel – et de la combustion du charbon et de la biomasse. "Le risque individuel demeure faible, mais, en termes de santé publique, l'effet est très important, car de très grandes populations sont exposées à ces pollutions, explique M. Slama. On suspecte en outre que le faible poids à la naissance ne soit que le signe visible d'autres modifications, pouvant être associées à des risques accrus, plus tard dans la vie, de troubles du métabolisme ou de pathologies cardiaques..."

Selon l'Organisation mondiale de la santé, les microparticules favorisent le cancer, l'arthérosclérose, les troubles respiratoires, le diabète, et affectent le développement neurologique des enfants et les fonctions cognitives.

Stéphane Foucart

(*) http://ehp.niehs.nih.gov/2013/02/1205575/

Lire aussi

Une étude établit un lien entre pollution et poids des bébés à la naissance

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/une-etude-etablit-un-lien-entre-pollution-et-poids-des-bebes-a-la-naissance_1827679_3244.html

Le Monde.fr | 06.02.2013 à 11h17 • Mis à jour le 06.02.2013 à 12h26 

Les femmes enceintes les plus exposées aux polluants des gaz d'échappement des automobiles et des centrales à charbon ont un risque plus élevé d'avoir un enfant dont le poids à la naissance sera trop faible, selon une vaste étude internationale, publiée mercredi 6 février dans la revue médicale américaine Environmental Health Perspectives.

Il s'agit de la recherche la plus étendue effectuée portant sur le lien entre la pollution de l'air et le développement du fœtus, précisent les auteurs, dont la Dr Tracey Woodruff, professeure de gynécologie et de science de la reproduction à l'université de Californie, à San Francisco. Cette recherche est basée sur trois millions de naissances dans neuf pays et dans quatorze sites en Amérique du Nord, en Afrique du Sud, en Europe, en Asie et en Australie. La plupart des données ont été collectées entre le milieu des années 1990 et la fin de la décennie 2000.

Les scientifiques ont constaté que dans les différents sites dans le monde où cette recherche a été effectuée, plus le taux de pollution était élevé, plus grand était le taux de naissances d'enfants avec un poids insuffisant. Un faible poids à la naissance – moins de 2,5 kilos – est lié à des risques accrus de maladies et de mortalité postnatales ainsi qu'à des problèmes de santé chroniques plus tard dans la vie, relève le Dr Payam Dadvand, du Centre de recherche en épidémiologie environnementale (CREAL), à Barcelone, en Espagne, un des principaux coauteurs.

"Ce sont en fait des niveaux de pollution de l'air auxquels nous sommes quasiment tous exposés dans le monde", relève la Dr Woodruff. "Ces particules microscopiques, qui sont en taille inférieures au dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, se trouvent dans l'air que nous respirons tous", ajoute-t-elle. La Dr Woodruff note que les pays qui ont des réglementations plus strictes pour limiter la pollution des automobiles et des centrales au charbon ont des niveaux plus faibles de ces polluants. "Aux Etats-Unis, nous avons montré pendant plusieurs décennies que les bienfaits pour la santé et le bien-être publics de la réduction de la pollution de l'air sont beaucoup plus grands que les coûts", insiste-t-elle.

Les particules polluantes en suspension dans l'air sont mesurées en microgrammes par mètre cube d'air. Aux Etats-Unis, les réglementations fédérales limitent la concentration moyenne annuelle à 12 microgrammes/m3 de particules mesurant moins de 2,5 microns. Dans l'Union européenne, cette limite est de 25 microgrammes/m3, et les agences de protection de l'envionnement examinent la possibilité d'abaisser ce niveau. A Pékin, la concentration de ces particules polluantes a été récemment mesurée à plus de 700 microgrammes/m3. "De tels niveaux sont de toute évidence totalement intenables pour la santé publique mondiale", souligne Mark Nieuwenhuijsen, du CREAL, autre coauteur de cette recherche.

Une autre recherche épidémiologique se penche actuellement sur les effets potentiels d'une exposition des femmes enceintes à certains degrés de cette pollution de l'air sur la santé de leur enfant plus tard dans leur vie.

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sur le même sujet :

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) va lancer cette année « une étude sur les particules fines présentes dans l’air, notamment celles émises par les véhicules diesel », rapportent Les Echos.

Les résultats de ces travaux, qui visent à « déterminer le profil et l’origine de ces substances », seront connus courant 2014, ajoute le quotidien.

Les Echos, 19/03/13

Pollution de l'air en France

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/06/pollution-de-l-air-pas-de-peages-urbains-ni-de-prime-a-la-casse_1827694_3244.html

Pollution de l'air : pas de péages urbains ni de prime à la casse 

LE MONDE | 06.02.2013 à 13h14 • Mis à jour le 07.02.2013 à 14h04

Par Sophie Landrin

La France est condamnée à agir, mais elle fait du surplace depuis près de huit ans. Sous la menace d'une nouvelle mise en demeure de l'Europe, le gouvernement devait arrêter, mercredi 6 février, à l'issue d'un conseil interministériel, des mesures pour lutter contre la pollution de l'air, et notamment contre les particules fines en suspension, responsables de la mort prématurée de 42 000 personnes chaque année en France. 60 % des Français sont exposés à la pollution atmosphérique.

Le ministère de l'écologie veut sortir de la logique des zones d'action prioritaires pour l'air (ZAPA) imaginées par la majorité précédente, mais que les collectivités locales ont échoué à mettre en place, pour privilégier des dispositions plus générales. Celles-ci concernent les transports propres, la régulation des flux de véhicules, les installations industrielles et les cheminées chez les particuliers, la fiscalité des véhicules et l'information des citoyens. Ce n'est pas le grand soir. La ministre de l'écologie a travaillé avec les ministères de l'intérieur et des transports. Mais c'est à Bercy que les derniers arbitrages doivent être rendus.

Coincé par des marges économiques et budgétaires réduites, le gouvernement a renoncé à l'annonce des mesures fortes comme la "sortie" du diesel, principal contributeur de particules fines, la création de péages urbains, pour limiter l'accès des centres-ville où la pollution automobile est la plus élevée ou encore la suppression des véhicules les plus anciens et les plus polluants. Ils sont 6 millions et représentent 25 % de la pollution aux particules fines. Bercy ne veut pas entendre parler d'une prime à la casse. Le ministère de l'économie est plus favorable à "une prime à la conversion" ciblée sur les ménages modestes. Pour améliorer le parc automobile, de nouveaux standards de contrôle technique vont être définis.

LIMITER LA VITESSE ET LES FLUX DE VÉHICULES

Pour limiter les flux de véhicules, le gouvernement veut favoriser le covoiturage. Son organisation devrait être confiée aux collectivités territoriales dans le cadre de la loi de décentralisation actuellement en chantier.

Des mesures d'abaissement de la vitesse dans les zones de pollution seront également prises, comme sur le périphérique parisien. La mairie de Paris a annoncé mercredi qu'elle avait l'accord du gouvernement pour y abaisser la vitesse maximale autorisée de 80 à 70 km/h, une mesure que la capitale souhaite mettre en place "avant l'été". Cette annonce "permettra notamment de réduire la pollution et le bruit et de renforcer la sécurité routière sur cet axe", a souligné la ville.

Le gouvernement veut également durcir la réglementation et la définition des "pics" de pollution, et inciter les villes à adapter leur offre de transports en commun lors de ces journées de forte pollution.

LA "FIN" DU DIESEL SERAIT L'UNE DES MESURES LES PLUS EFFICACES

Deux autres contributeurs de la pollution aux particules seront concernés : les industries et les chauffages. Le seuil autorisé des émissions industrielles devrait être abaissé. Et les cheminées des particuliers devront être équipées d'insert. Delphine Batho veut également boucler d'ici à la fin 2013 la révision des 34 plans de protection de l'atmosphère, conduite par les préfets.

La question du diesel a été repoussée au printemps, dans l'attente des travaux de la commission chargée de réfléchir à la fiscalité écologique. La "fin" du diesel, réclamée par les écologistes, serait, selon les spécialistes, l'une des mesures les plus efficaces : les moteurs diesel, contrairement aux moteurs à essence, sont l'un des plus gros émetteurs de particules fines. La France possède l'un des parcs de véhicules diesel les plus importants au monde. Les gouvernements successifs ont largement favorisé son développement – et celui du constructeur PSA – par une fiscalité très avantageuse.

LA FRANCE MENACÉE DE LOURDES SANCTIONS

Ces mesures suffiront-elles à rassurer la Commission européenne ? La France est menacée de sanctions pour ne pas respecter la directive sur la qualité de l'air. Ce texte fixe des valeurs limites d'exposition du public aux particules fines en suspension dans l'air, les PM10, générées notamment par le trafic automobile.

En 2008, la France avait reçu une première lettre d'avertissement de la Commission européenne. Puis, en 2011, Bruxelles a décidé de traduire la France devant la Cour de justice européenne pour n'avoir pas agi ni limité les dépassements. Face à l'inertie française, la Commission devrait, d'ici mars, faire parvenir à Paris une mise en demeure. La procédure est longue, mais la France risque de se voir infliger tôt ou tard de lourdes sanctions financières.

En septembre 2012, Delphine Batho avait acté l'échec du dispositif des ZAPA et s'était donné six mois pour mettre sur pied un nouveau dispositif en partenariat avec les huit collectivités locales candidates. Paris a été reçue par des techniciens du ministère il y a une quinzaine de jours. Les représentants de ville étaient ressortis de leur entretien d'une heure pessimistes, avec l'impression que le gouvernement était "à court d'idées".

Pollution et engrais chimiques

les surlignages sont de moi

Rappelons que la France est le plus gros utilisateurs d'engrais chimiques en Europe, le  cinquième dans le monde (voir ci-dessous *)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/20/la-planete-souffre-d-une-crise-des-engrais_1834972_3244.html

Pollution

La planète souffre d'une crise des engrais

Le Monde.fr | 20.02.2013 à 07h41 • Mis à jour le 20.02.2013 à 10h20

Par Audrey Garric

L'azote et le phosphore, les deux engrais les plus utilisés dans le monde, sont à la fois trop consommés par endroits – engendrant des catastrophes environnementales – et mal répartis dans d'autres – faisant cruellement défaut dans les régions les plus pauvres. Ce sont les conclusions du Programme pour l'environnement des Nations unies (PNUE) dans son dernier rapport Our Nutrient World, publié lundi 18 février. 

L'application d'azote, de phosphore et d'autres éléments nutritifs utilisés pour favoriser la croissance des plantes et des animaux a eu des avantages énormes pour produire de l'énergie et surtout nourrir la population mondiale : le PNUE estime ainsi que ces engrais aident la moitié des 7 milliards d'êtres humains à manger et vont contribuer à assurer la sécurité alimentaire au cours du XXIe siècle.

UTILISATION EXCESSIVE D'ENGRAIS

Mais dans le même temps, l'utilisation excessive ou abusive d'engrais a entraîné une large pollution de l'air et de l'eau, menaçant la santé humaine, provoquant la prolifération d'algues toxiques, tuant les poissons, dégradant les écosystèmes fragiles et contribuant au changement climatique en émettant du protoxyde d'azote (N2O), un puissant gaz à effet de serre possédant un potentiel de réchauffement 300 fois plus important que le dioxyde de carbone (CO2).

Depuis les années 1960, l'usage des engrais azotés a ainsi été multiplié par 9, tandis que ceux au phosphore ont triplé. D'ici à 2050, le recours aux engrais devraient encore augmenter de 40 à 50 %.

Ce recours aux nutriments s'avère toutefois inégalitaire : alors que les pays développés en usent et en abusent, certaines régions du monde, notamment en Afrique et en Amérique latine, pâtissent d'un accès insuffisant qui entrave leur production alimentaire et contribue à la dégradation des sols.

Surtout, l'utilisation de ces éléments nutritifs est des plus inefficaces à travers la planète. En moyenne, 80 % de l'azote et entre 25 et 75 % du phosphore consommés terminent dans l'environnement, rappelle le PNUE. Autant d'énergie gâchée – celle nécessaire à leur production – que de milieux pollués.

"Le débat actuel se concentre sur le CO2, mais ce n'est qu'un aspect de changements plus globaux et complexes qui se produisent dans les cycles biochimiques mondiaux. Il est de plus en plus évident que l'altération des cycles de l'azote et du phosphore représente pour la planète un défi majeur qui n'a pas encore reçu assez d'attention", écrit l'équipe d'une cinquantaine de scientifiques issus de 14 pays.

170 MILLIARDS DE DOLLARS ÉCONOMISÉS PAR AN

Résultat : le coût global des dommages causés par la pollution de l'azote à l'environnement, la santé et la biodiversité est estimé à entre 200 et 2 000 milliards de dollars par an. Une utilisation 20 % plus efficace des engrais azotés permettrait de réduire la consommation annuelle de 20 millions de tonnes et d'économiser 170 milliards de dollars par an d'ici la fin de la décennie, estiment les scientifiques.

Au-delà des gains financiers, plus de nourriture et d'énergie pourraient être produits tout en réduisant la pollution. "Notre analyse montre qu'en améliorant la gestion de la circulation des éléments nutritifs, nous pouvons protéger l'environnement, le climat et la santé humaine, tout en répondant aux préoccupations de sécurité alimentaire et de l'énergie", assure Mark Sutton, auteur principal du rapport et professeur au Centre du Royaume-Uni pour l'écologie et l'hydrologie.

Comment y parvenir ? Le PNUE recommande, sans grande surprise, un meilleur usage des nutriments dans la production agricole et animale, des économies d'énergie dans les transports, la limitation du gaspillage dans l'industrie et le traitement des eaux usées ou encore un meilleur recyclage des engrais.

Mais surtout, les scientifiques appellent à une baisse dans la consommation de protéines animales. Et le rapport d'assurer : "Alors que la consommation de viande et de produits laitiers augmente rapidement, notamment avec l'Asie et l'Amérique latine qui rattrapent les niveaux européens et nord-américains, nos choix alimentaires ont un énorme potentiel pour influencer les futurs niveaux de la pollution mondiale aux engrais."

Audrey Garric

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(*) voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Engrais#Consommation_mondiale

 source : http://faostat.fao.org/site/575/DesktopDefault.aspx?PageI... [archive]

Consommation des engrais

Pays / Millions de tonnes de nutriments

Chine 96,6 États-Unis 29,2 Inde 22,6 Brésil 11,3 Canada 4,7 France 3,8

Importance du microbiote

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Le Quotidien du médecin se penche sur le microbiote qui « a une activité métabolique au moins, sinon plus importante, que celle du foie ».
La revue rend compte notamment de l’étude réalisée par l’équipe de l’Inserm U1048 (Toulouse) ayant permis de montrer qu’en modifiant la flore intestinale de souris diabétiques, en ajoutant des fibres alimentaires à leur régime riche en graisses, le métabolisme de ces animaux est alors devenu proche des souris maigres non diabétiques.
Selon le journal, ces résultats apportent l’espoir « de nouvelles voies de traitement ou de prévention des maladies métaboliques par manipulation de la flore intestinale ».
Le Quotidien du médecin, 28/02

voir aussi :

Microbiote - Wikipédia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Microbiote


http://fr.wikipedia.org/wiki/Microbiote_intestinal

26/02/2013

Bisphénol A et troubles du métabolisme

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Bisphénol A et troubles du métabolisme

Le Monde rend compte des travaux, publiés dans Environmental Health Perspectives et visant à déterminer, grâce à des tests métaboliques, l’exposition, durant la période périnatale, à un perturbateur chimique.

Les chercheurs ont voulu mesurer, sur des souriceaux, les perturbations du métabolisme provoquées par une exposition in utero à de très faibles doses de bisphénol A.

Ils ont prélevé, sur ces animaux, dont les mères avaient été exposées lors de la gestation à différentes doses de bisphénol A, des tissus cérébraux et hépatiques et mesuré dans ces tissus la présence de molécules issues du métabolisme, « qui reflètent la manière dont les cellules utilisent et dégradent les éléments nutritifs apportés par l’organisme », explique le journal.

Nicolas Cabaton, de l’unité de toxicologie alimentaire de l’INRA et premier auteur de ces travaux, souligne : « L’objectif est de préciser les effets du bisphénol A à faible dose, sans en passer par la détection du produit lui-même ».

Les chercheurs ont constaté que « pour toutes les doses d’exposition, le cerveau et le foie des souriceaux mâles présentent un métabolisme altéré ».

Selon Daniel Zalko (INRA), qui a dirigé l’étude, « cela ouvre la voie à ce que l’on puisse, à l’horizon de cinq à dix ans, déterminer [grâce à un examen sanguin] si un jeune enfant a été exposé ou non au cours de son développement, à tel ou tel type de perturbateur endocrinien ».

Le Monde, 26/02

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Les troubles du métabolisme reliés au bisphénol A.pdf