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15/10/2013

Ondes magnétiques : pas d'effet mais des effets quand même !

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lepoint.fr/societe/ondes-magnetiques-pas-d-effet-avere-sur-la-sante-15-10-2013-1744070_23.php

Ondes magnétiques : pas d'"effet avéré" sur la santé

Le Point.fr - Publié le 15/10/2013 à 09:38 - Modifié le 15/10/2013 à 09:44

L'exposition aux ondes électromagnétiques peut toutefois provoquer des modifications biologiques sur le corps.

L'exposition aux ondes électromagnétiques peut provoquer des modifications biologiques sur le corps, mais les données scientifiques disponibles ne montrent pas d'"effet avéré" sur la santé, indique l'Agence nationale sanitaire (Anses) dans un avis rendu public mardi.

L'Anses ne juge pas nécessaire de modifier la réglementation qui fixe des seuils limites, mais recommande néanmoins de limiter l'exposition aux ondes, en particulier celles des téléphones mobiles, surtout pour les enfants et les utilisateurs intensifs.

"Changements d'ordres biochimiques"

Cet avis de l'Anses a été formulé par un groupe de 16 experts qui, durant deux ans, a passé en revue des centaines d'études scientifiques. Le dernier avis de l'Anses sur le sujet avait été émis en 2009.

Les effets biologiques sont des "changements d'ordre biochimique, physiologique ou comportemental qui sont induits dans une cellule, un tissu, ou un organisme en réponse à une stimulation extérieure". Un effet sanitaire "n'intervient que lorsque les effets biologiques dépassent les limites d'adaptation du système biologique", explique l'Anses.

Les interrogations sur les effets sanitaires des ondes (cancer, fertilité, etc.) ont émergé alors que les technologies sans fil connaissent un déploiement toujours plus large, notamment avec l'arrivée de la 4G. Ces nouvelles technologies sont susceptibles d'augmenter l'exposition de la population générale, via de nouvelles antennes, ou des utilisateurs, via de nouveaux équipements (smartphones dernière génération, tablettes, etc.), résume l'Anses.

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sur le même sujet lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/15/a-paris-l-arrivee-de-la-4g-multiplie-les-conflits-entre-operateurs-et-riverains_3495844_3244.html

A Paris, l'arrivée de la 4G multiplie les conflits entre opérateurs et riverains

LE MONDE | 15.10.2013 à 11h09 • Mis à jour le 15.10.2013 à 13h35 |Par Martine Valo

Une douzaine de riverains, parents d'élèves pour la plupart, s'attardent sur le trottoir rue Jean-Cottin, à l'entrée d'une résidence du 18e arrondissement de Paris, leur quartier général. Ils font tous partie du collectif Alliance pour l'annulation de trois antennes relais (Apatar). Leur mobilisation est citée en exemple par les associations opposées au déploiement débridé d'installations de téléphonie mobile. Les conflits entre opérateur et habitants se multiplient avec l'arrivée de la téléphonie de quatrième génération, la 4G.

Lire : Ondes : pas d'effets avérés sur la santé, mais un appel à limiter l'exposition

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Au 1er octobre, l'Agence nationale des fréquences avait autorisé l'ouverture en France de 9 572 sites (qui peuvent, chacun, abriter plusieurs antennes) de téléphonie mobile très haut débit, 21 % de plus que le mois précédent. Ces nouvelles installations s'ajoutent à un parc de plus de 76 000 sites destinés à relayer la 2G et la 3G. 

Rue Jean-Cottin, on ne veut pas d'un équipement supplémentaire. En tout cas pas sur l'immeuble qui surplombe d'un côté la cour de récréation du groupe scolaire Maurice-Genevoix et fait face, de l'autre, aux classes de CM2 de l'école du Sacré-Cœur. A eux deux, ces établissements accueillent 700 enfants. 

PANNEAU SIBYLLIN

Le collectif Apatar, adhérent de l'association Robin des toits, s'est vite formé après la découverte, dans le creux de juillet, d'un panneau sibyllin accroché aux grilles de la résidence, portant le nom d'un sous-traitant de Free Mobile. Les opposants ont par deux fois, en septembre, empêché les ouvriers de grimper dans l'immeuble. Main courante, pétition, appel aux élus, les riverains ont obtenu la suspension des travaux, le 5 septembre.

"Nous habitons deux rues plus loin, témoigne Laurent, un des pères mobilisés. Depuis qu'elle est née, ma fille vit sous l'antenne relais posée sur le toit de notre immeuble, sur celui de la crèche, et maintenant on veut en mettre une au-dessus de la maternelle."

"Nous ne sommes pas contre Free, explique un autre membre du collectif, mais OrangeSFR et Bouygues ont évité cet emplacement et ont installé plusieurs antennes de moindre puissance alentour. Pourquoi Free n'en fait-il pas autant ?" L'opérateur est accusé de tous les maux : de ne pas éviter la proximité des établissements sensibles contrairement à ce qu'il prétend, d'utiliser un plan d'urbanisme faux – sur lequel il manque un étage à l'une des écoles –, d'agir à l'insu des habitants.

CHARTE SUR LES NIVEAUX D'ÉMISSION

Free rétorque qu'il dispose des autorisations nécessaires pour déployer ses antennes depuis octobre 2012, soit deux mois avant que la capitale signe avec les industriels des télécoms, à l'issue d'un bras de fer musclé, une charte fixant à la fois des niveaux maximums d'émissions de 5 volts par mètre (v/m) et de 7 v/m pour la 4G, et des procédures d'informations du public. 

Du coup, le dernier venu de la téléphonie mobile n'a pas eu à respecter ces nouvelles exigences de transparence. Jeudi 17 octobre, le cas de la rue Jean-Cottin va être examiné par la commission de concertation de téléphonie mobile à l'Hôtel de ville, comme la soixantaine de cas litigieux du 18e arrondissement, champion en la matière avec le 14e arrondissement. "Nous avons 250 dossiers en attente au total", témoigne Mao Peninou (PS), adjoint au maire de Paris, chargé des antennes-relais.

Même pour une ville qui n'est pas sans moyens, la situation est difficile à tenir entre les administrés qui refusent les ondes électromagnétiques, ceux qui exigent un réseau plus performant et des opérateurs prompts à éluder la concertation publique. "Pour sortir de cette impasse, il faut faire évoluer la législation" insiste l'élu. 

Lire : Ces malades des ondes électromagnétiques, qui "survivent"

05/10/2013

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/04/les-perturbateurs-endocriniens-au-c-ur-d-un-scandale-europeen_3489918_3244.html

Les perturbateurs endocriniens au cœur d'un scandale européen

LE MONDE | 04.10.2013 à 15h45 • Mis à jour le 04.10.2013 à 17h46 |Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Le dossier est si explosif qu'il est désormais entre les mains du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Sa conseillère scientifique, Anne Glover, devrait ainsi réunir dans les prochains jours l'ensemble des scientifiques impliqués dans une violente controverse aux enjeux économiques de taille : quelle position les Etats membres doivent-ils adopter vis-à-vis des perturbateurs endocriniens ?

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Bruxelles doit statuer d'ici à la fin de l'année sur les mesures destinées à protéger les Européens des effets de ces substances – plastifiants, cosmétiques, pesticides, etc. – qui interfèrent avec le système hormonal, à l'instar du bisphénol A qui sera définitivement interdit, en France, dans les conditionnements alimentaires, en 2015 .

La polémique a atteint ces derniers jours une intensité inédite. Certains membres de la communauté scientifique accusent – à mots couverts – plusieurs de leurs pairs de manoeuvrer en faveur des intérêts industriels, au mépris de la santé publique.

"LA SCIENCE EST DEVENUE L'ENJEU D'UNE GUERRE"

La bataille a débuté cet été avec la publication, dans plusieurs revues savantes, d'une tribune dans laquelle dix-huit toxicologues (professeurs ou membres d'organismes publics de recherche) critiquent les mesures en discussion à Bruxelles. Très contraignantes pour de nombreux industriels, celles-ci seraient, selon les auteurs, des "précautions scientifiquement infondées". Les signataires, menés par le toxicologue Daniel Dietrich (université de Konstanz, Allemagne), contestent notamment que ces molécules puissent avoir des conséquences délétères à des doses très faibles.

Ces effets sont pourtant au centre de nombreuses investigations scientifiques depuis une quinzaine d'années et sont reconnus par un rapport publié conjointement en 2012 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). En particulier, chez l'animal, l'exposition in utero à certaines de ces molécules, à doses très faibles, accroît les risques de survenue de certaines pathologies plus tard dans la vie – cancers hormono-dépendants, obésité, troubles neurocomportementaux, etc.

Le texte des dix-huit chercheurs a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Et une suspicion considérable. "Le problème des "intentions dissimulées" s'est accentué en même temps que s'est accrue la capacité de la science à peser sur la régulation des polluants et que la recherche académique dépend de plus en plus du soutien financier de l'industrie, écrivent, dans la revueEnvironmental HealthPhilippe Grandjean (Harvard Public School of Medicine, University of Southern Denmark) et David Ozonoff (Boston University), professeurs de santé environnementale et responsables de la publication. La science est devenue l'enjeu d'une guerre dont la plupart des batailles se jouent derrière la scène."

PAS MOINS DE 18 CONTRATS DE CONSULTANT ENTRE 2007 ET 2012

Dans la même édition d'Environmental Health, une quarantaine de toxicologues et d'endocrinologues publient une autre réponse cinglante, pointant que le texte de Daniel Dietrich et de ses coauteurs relève d'"une volonté d'influer sur des décisions imminentes de la Commission européenne". Une centaine d'autres scientifiques estiment, eux, dans un éditorial du dernier numéro de la revueEndocrinology, que le texte de M. Dietrich et de ses coauteurs "représente la science de manière trompeuse".

Surtout, les répliques adressées aux dix-huit chercheurs s'indignent de ce que ces derniers n'ont pas divulgué – comme d'usage dans les revues scientifiques – leurs liens d'intérêt avec les industriels potentiellement concernés par une nouvelle réglementation. "C'est ce qu'ont fait les vingt-cinq scientifiques, dont je faisais partie, qui ont rédigé en 2012 le rapport de l'OMS et du PNUE, précise Ake Bergman (université de Stockholm). C'est aussi ce qu'ont fait tous les signataires – dont je fais partie – de la réponse envoyée à M. Dietrich et à ses coauteurs."

Les liens de ces derniers avec l'industrie ont finalement été rendus publics. Fin septembre, une enquête de l'agence Environmental Health News (EHN) a révélé que dix-sept des dix-huit auteurs entretenaient des relations financières avec "des industriels de la chimie, de la pharmacie, des cosmétiques, du tabac, des pesticides ou des biotechnologies".

LETTRE OUVERTE À LA CONSEILLÈRE SCIENTIFIQUE DE M. BARROSO

Certains ont vu leur laboratoire financé par des entreprises, d'autres ont bénéficié de rémunérations personnelles au titre de consultant ou de conseiller scientifique. Le toxicologue Wolfgang Dekant (université de Würzburg, Allemagne), par exemple, a enchaîné, selon les informations recueillies par EHN, pas moins de dix-huit contrats de consultant entre 2007 et 2012 avec des sociétés dont il n'a pas divulgué l'identité. Et la liste ne s'arrête pas là. M. Dietrich et ses coauteurs sont aussi à l'initiative d'une lettre ouverte à Anne Glover, signée par une cinquantaine d'autres scientifiques. Selon un premier criblage effectué par EHN, au moins une quarantaine d'entre eux ont aussi des liens avec des industriels.

"Les estimations les plus récentes suggèrent que près d'un millier de molécules pourraient être des perturbateurs endocriniens, explique M. Grandjean. De nombreux secteurs peuvent donc être impliqués." Le chercheur, une des figures de la recherche en santé environnementale, dit ne pas être surpris des collaborations de M. Dietrich et ses coauteurs avec les milieux industriels, mais s'étonne "qu'ils ne collaborent apparemment pas avec des ONG ou des associations de patients".

LES ZONES D'OMBRE S'ÉTENDENT AUSSI AU SEIN DE LA COMMISSION

M. Dietrich n'a pas souhaité répondre au Monde. L'un des coauteurs, Wolfgang Dekant, assure qu'il n'y a eu "aucune implication de l'industrie, formelle ou informelle", dans l'initiative ou la rédaction du texte.

Les zones d'ombre s'étendent aussi au sein de la Commission. La députée européenne Michèle Rivasi (EE-LV), ainsi que d'autres parlementaires, vont adresser dans les jours qui viennent une question écrite à José Manuel Barroso pour demander la publication de la déclaration d'intérêts d'Anne Glover, sa conseillère scientifique. Des éléments pour le moment non communiqués sur le site de la Commission.

A Bruxelles, on indique que seuls les commissaires sont tenus de rédiger et de rendre publique une déclaration d'intérêts. Il a été précisé au Monde que José Manuel Barroso avait choisi Anne Glover à l'issue d'un "processus de recrutement rigoureux".

Débat sur les perturbateurs endocriniens

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04/10/2013

Pesticides : les effets sur la santé

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

LSA consacre un article aux pesticides dont le lien avec certaines pathologies chez l’adulte semble confirmé par une expertise de l’Inserm publié en juin.

Face à cette mauvaise image des pesticides, certains magasins, tels que Botanic et les magasins Leclerc de Bretagne, ont décidé de ne plus les commercialiser.

Christophe Juif, directeur France du fabricant Bayer Cropscience, reconnaît le problème d’image des pesticides : « L’étude de l’Inserm pourrait avoir un impact sur les ventes ».LSA, 03/10

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sur le même sujet :

http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-l-inserm

Pesticides : Effets sur la santé - Une expertise collective de l’Inserm

13 Juin 2013

Une nouvelle expertise collective de l’Inserm vient faire le point sur les connaissances relatives aux effets des pesticides sur la santé. L’ensemble des données concernant les expositions professionnelles et les expositions précoces (fœtus et jeunes enfants) ont été analysées.

 


Dans ce contexte, la Direction générale de la santé a sollicité l’Inserm pour réaliser un bilan de la littérature scientifique disponible, afin de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l’exposition professionnelle aux pesticides, en particulier en secteur agricole, et sur les effets d’une exposition précoce du fœtus et du jeune enfant.Depuis les années 1980, l’implication des expositions professionnelles aux pesticides dans la survenue de plusieurs pathologies (cancers, maladies neurologiques, troubles de la reproduction) est évoquée par des enquêtes épidémiologiques. Ces enquêtes ont également attiré l’attention sur les effets éventuels d’une exposition, même à faible intensité, au cours de périodes sensibles du développement (in utero et pendant l’enfance).

Pour répondre à cette demande, l’Inserm s’est appuyé sur un groupe pluridisciplinaire d’experts constitué d’épidémiologistes spécialistes en santé-environnement ou en santé au travail et de biologistes spécialistes de la toxicologie cellulaire et moléculaire.

D’après les données de la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années et analysées par ces experts, il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples). Par ailleurs, les expositions aux pesticides intervenant au cours des périodes prénatales et périnatale ainsi que lors la petite enfance semblent être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant.

Pour en savoir plus :

05/09/2013

France : les cancers professionnels sont peu reconnus

lu sur :

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/grande-consommation/actu/0202982785773-cancer-les-effets-de-la-pollution-encore-mal-pris-en-compte-600676.php

Cancer : les effets de la pollution encore mal pris en compte

Les Echos, 04/09

Par Joel Cossardeaux | 04/09 | 06

Un rapport prône la réduction des seuils admissibles d'exposition au diesel.
Le nombre reconnu de cancers professionnels est encore très faible.

C'est une anomalie que le troisième plan Cancer pourrait solutionner. Les risques environnementaux, auxquels de multiples études attribuent un nombre important de décès par cancer, sont « encore mal connus et mal estimés », selon le rapport de préfiguration de ce plan prévu sur 2014-2018. Dans le plan Cancer qui s'achève, aucun de ces risques, hormis le radon, cible d'un objectif de la loi santé publique de 2004, n'a fait l'objet d'un dispositif de contrôle de l'exposition des populations. Et encore, si le deuxième plan Cancer a permis d'élargir ce contrôle à l'habitat, c'est-à-dire plus seulement aux hôpitaux, « les mesures de protection n'ont pas été recensées », observe le document.
Les particules fines, « cancérogènes certains »
Les autres risques environnementaux apparaissent largement laissés pour compte : les perturbateurs endocriniens, mais aussi les champs électromagnétiques liés à la téléphonie mobile et classés « cancérogènes possibles » par le Circ (Centre international de recherche sur le cancer) ou encore les particules fines émises par les moteurs Diesel, rangées, elles, dans la catégorie des « cancérogènes certains ». «  L'effet des mesures prises concernant la réduction du rejet de ces particules est encore incertain », juge le rapport.
Ses auteurs proposent, à la faveur du prochain plan Cancer, de « diminuer les seuils tolérés d'exposition » à toutes ces sources environnementales polluantes. Autre objectif : « limiter les sources de pollution atmosphériques urbaines et industrielles, dont les gaz d'échappement des moteurs Diesel » et « limiter les toxiques polluants des eaux (pesticides) ».
Le troisième plan Cancer doit enfin permettre de mieux appréhender les cancers d'origine professionnelle. Car le nombre reconnu «  est encore très faible, particulièrement pour les cancers non liés à l'amiante », relève le rapport. Plus des trois quarts des 1.773 cancers reconnus en 2010 (- 3,1 % par rapport à 2009) à titre professionnel résultent d'expositions anciennes à l'amiante, contre seulement 74 aux poussières de bois et 63 aux huiles et goudrons.

Joël Cossardeaux



Les chiffres
1.773 cancers professionnels indemnisés en 2010
Ce chiffre marque une baisse de 3,1 % par rapport à 2009. Dans 1.473 cas, ces cancers résultent d'expositions anciennes à l'amiante. 
20 % des Français conscients du risque lié au radon
Ce gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration du radium dans le sous-sol, est à l'origine de 5 à 10 % des décès par cancer du poumon. 31 départements sont classés prioritaires face à ce risque. 

26/08/2013

La cigarette électronique, fausse solution à l'addiction au tabac

lu sur :

http://www.laposte.net/thematique/actualites/france/article.jsp?idArticle=20130826074205-cigarettes-electroniques---pas-si-inoffensives-&idAgg=actu_france

Selon 60 millions de consommateurs, «vapoter» peut être cancérigène...

Les cigarettes électroniques «ne sont pas aussi inoffensives» que le disent leurs fabricants et «peuvent émettre des composés potentiellement cancérogènes», assure la revue 60 millions de consommateurs de septembre qui a testé une dizaine de modèles, jetables ou rechargeables. (*)

«Les cigarettes électroniques sont loin d'être les gadgets inoffensifs qu'on nous présente. Ce n'est pas une raison pour les interdire. C'est une raison pour mieux les contrôler», écrit Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine de l'Institut national de la consommation (INC). Constatant un étiquetage non conforme au contenu de certains produits, l'INC a alerté les autorités, précise-t-il à l'AFP.

Il dénonce aussi l'absence de bouchon de sécurité sur certaines recharges alors que la nicotine est particulièrement toxique pour les petits. Ingérées, les doses élevées de certains produits de l'étude peuvent tuer un enfant, souligne Thomas Laurenceau.

Molécule très toxique

La revue affirme avoir décelé, grâce à une méthode inédite, des «molécules cancérogènes en quantité significative» dans les vapeurs d'e-cigarettes qui, selon elle, n'avaient jamais été mises en évidence jusque-là. «Ainsi dans 3 cas sur dix, pour des produits avec ou sans nicotine, les teneurs en formaldéhyde (couramment dénommé formol) relevées flirtent avec celles observées dans certaines cigarettes conventionnelles.»

Également décelée, l'acroléine, une molécule très toxique, émise en quantité très significatives par l'E-Roll, et «à des teneurs qui dépassent même parfois celles que l'on peut mesurer dans la fumée de certaines cigarettes». Ceci vraisemblablement en raison d'un dispositif qui chauffe trop vite.

Quant à l'acétaldéhyde, classé cancérogène possible, les teneurs parfois loin d'être négligeables relevées restent très inférieures à celles observées avec les cigarettes de tabac. Des traces de métaux «potentiellement toxiques» ont été détectées dans Cigartex qui libère autant de nickel et de chrome qu'une vraie cigarette et dans la Cigway jetable qui libère plus d'antimoine.

«Imposer un bouchon de sécurité»

Le magazine relève aussi que la dose de nicotine des recharges liquides ne correspond pas toujours à ce qui est mentionné, avec des teneurs inférieures dans tous les cas. Autre défaut d'étiquetage : des produits annoncés «sans» propylène glycol qui en contienne ou des fabricants qui «oublient» de mentionner sa présence.

«Le code de la consommation pourrait encadrer la véracité de l'étiquetage et imposer un bouchon de sécurité», relève le rédacteur. Mais pour le magazine, qui appelle les autorités de santé à réagir, «désormais, il faudra prendre en compte les risques» liés à l'utilisation de l'e-cigarette, qui aurait plus d'un million d'adeptes en France, soucieux de fumer moins voire de s'arrêter.

Le tabac est responsable de 73.000 morts par an en France.

 Avec AFP
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09/08/2013

Gestation, cerveau du fœtus et caféine

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/08/08/la-cafeine-nuit-au-developpement-du-cerveau-des-souris_3458827_1650684.html

La caféine nuit au développement du cerveau des souris

LE MONDE | 08.08.2013 à 10h11 • Mis à jour le 08.08.2013 à 16h45 |Par Florence Rosier

Une étude menée sur des souris indique que la prise de caféine pendant la gestation peut nuire au développement cérébral du fœtus. Or, s'il ne fait plus aucun doute que l'absorption – même mineure – d'alcool ou de tabac par la mère durant la grossesse ne va pas sans dégâts, la question reste en débat en ce qui concerne la caféine. Elle vaut autant pour le petit noir et le grand crème que pour tout produit contenant cette substance : thé, chocolat, boissons énergisantes et certains sodas.

Jusqu'ici, "la plupart des études sur le sujet ont été peu concluantes", déplorePierre Gressens, chercheur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l'hôpital Robert-Debré de Paris et professeur de néonatalogie et de neurologie foetale au King's College de Londres. Pourtant, la caféine est une des substances "psychoactives" (c'est-à-dire capables de modifier l'activité des neurones, ces cellules excitables du cerveau) les plus consommées au monde, y compris chez la femme enceinte.

Mais une étude publiée le 7 août dans la revue Science Translational Medicinelivre des résultats sans appel : la prise régulière de caféine par des souris gestantes (l'équivalent de deux à trois tasses de café par jour chez l'homme) affecte notablement le développement du cerveau de leur progéniture.

DEUX EFFETS DÉLÉTÈRES

"Au cours du développement normal, les neurones naissent dans des régions cérébrales particulières, puis migrent vers les zones cérébrales où elles sont destinées à fonctionner, explique Christophe Bernard, principal auteur de cette étude menée par l'Inserm à l'université d'Aix-Marseille. Mais lorsque nous ajoutons de la caféine dans l'eau de boisson des souris femelles, tout au long de la gestation, cela retarde la migration d'une sous-population de neurones dans le cerveau des souriceaux." La caféine ralentit de moitié la vitesse de migration de ces neurones.

Ce blocage a deux effets délétères, l'un à court terme et l'autre à long terme. Les souriceaux de moins d'une semaine sont plus sensibles aux crises d'épilepsie. Et une fois adultes, ces animaux présentent des troubles de la mémoire spatiale.

"C'est la première étude à démontrer les effets néfastes de la caféine durant la gestation sur le cerveau en développement, souligne M. Bernard. Cela justifie de futures études chez la femme enceinte." Celles-ci seront délicates à conduire, car de nombreux biais peuvent fausser les résultats. D'autant qu'en février dernier, une étude scandinave menée chez près de 60 000 femmes enceintes montrait qu'une consommation de 125 mg de caféine par jour induisait un poids de naissance plus faible, cette réduction restant au demeurant plutôt faible.

Selon Christophe Bernard, on pourrait néanmoins progresser en interrogeant les familles, lorsqu'un enfant a fait une crise d'épilepsie, sur la consommation de caféine de sa mère durant la grossesse. Autre difficulté : "une même substance psychoactive peut avoir des effets opposés selon le stade du développement cérébral", souligne Pierre Gressens. En témoigne le fait que des dérivés de la caféine sont utilisés comme médicaments chez des nouveau-nés prématurés souffrant d'insuffisance respiratoire. Or ces produits semblent améliorer les troubles cognitifs de ces nourrissons.

RECOMMANDATIONS FLOUES

Les recommandations actuelles en la matière restent floues et variables selon les pays. En France, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé préconise d'"éviter de consommer trop de boissons contenant de la caféine (pas plus de trois tasses de café par jour) pendant la grossesse et la période d'allaitement".

Faudra-t-il revoir ces recommandations ? Et peut-on tout interdire à la femme enceinte ? "Si les dangers de l'alcool durant la grossesse sont généralement bien compris, les fumeuses ont du mal à suivre les recommandations d'abstention totale vis-à-vis du tabac", note Marc Gamerre, chef du service de gynécologie-obstétrique à l'hôpital de la Conception à Marseille. Mais, pour Pierre Gressens,"cette étude vient étayer d'autres données qui poussent à limiter autant que possible la consommation de caféine lors d'une grossesse. Des consommations supérieures ou égales à 8 tasses par jour sont à déconseiller fortement aux femmes enceintes".

Florence Rosier

25/06/2013

Agriculture et écologie : laisser faire la nature peut être efficace

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/06/24/le-bocage-breton-labo-a-ciel-ouvert_3435620_1650684.html

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Le bocage breton, labo à ciel ouvert

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 24.06.2013 à 15h54 |Sophie Landrin

Le Mont-Saint-Michel flotte à l'horizon. Mais le paysage, malgré sa douceur et ses beaux villages en pierre, s'éloigne de la route touristique. En ce début juin, alors que le soleil s'impose enfin, aux alentours de Pleine-Fougères (Ille-et-Vilaine), ce sont des visiteurs familiers qui sillonnent le bocage. Une écologue inspecte les pièges à insectes installés aux abords d'une haie. Juste à côté, à la sortie d'un champ cultivé, une hydrologue procède à des relevés d'analyse d'eau, tandis qu'en contrebas un duo d'agronomes mesurent le taux d'humidité et de chlorophylle des plantes herbeuses.

Depuis vingt ans, le bocage breton est scruté à la loupe. Le CNRS y a ouvert un laboratoire à ciel ouvert, où se relaient des dizaines de chercheurs de disciplines et d'instituts différents. Ecologues, agronomes, historiens, géographes, sociologues, juristes, archéologues, ethnologues ont installé dans les propriétés des agriculteurs leurs matériels pour tenter de comprendre l'évolution des paysages, les effets des pratiques agricoles sur la biodiversité. Créée par Jacques Baudry, écologue du paysage, la Zone atelier Armorique du CNRS comprend trois espaces d'études : une zone bocagère à Pleine-Fougères, une zone humide dans le marais du Bas-Couesnon, et une zone urbaine à Rennes.

Ce paysage de bocage s'est profondément transformé, en particulier au moment de l'abolition du droit d'aînesse par le code Napoléon. Obligés de partager leur patrimoine entre leurs enfants, les propriétaires érigent alors des milliers de haies pour diviser les parcelles. A cette époque, les pommiers sont abondants enBretagne, pour nourrir la production de cidre. Les lopins de terre sont délimités par des rangées de châtaigniers et de chênes. Cet ordonnancement présente une double vertu, écologique et énergétique. Les arbres font office de brise-vent, apportent de l'ombrage et servent d'habitat. Les branches alimentent les paysans en bois de chauffage ou en bois d'oeuvre, piquets ou cercles pour les tonneaux.

BOULEVERSEMENT DU PAYSAGE

Mais à partir des années 1950, l'agriculture entre dans l'ère de la mécanisation et de l'intensification. Le remembrement des terres qui s'ensuit à la fin des années 1980 bouleverse l'équilibre des paysages : les parcelles s'agrandissent, les prairies diminuent au profit de cultures fourragères, 45 000 km de haies disparaissent entre 1975 et 1987. En Bretagne, les pommiers, obstacles au fauchage, sont arrachés. La production laitière devient dominante, la monoculture se développe ainsi que le recours aux pesticides. Avec quelles conséquences ?

Depuis vingt ans, Françoise Burel, écologue au CNRS, étudie le rôle de ces corridors écologiques sur la biodiversité ainsi que la "connectivité" des paysages. La Zone atelier Armorique lui offre un champ d'études idéal, avec des bocages encore denses ou au contraire des bocages ouverts. "Nos observations ont montré par exemple que les paysages ouverts sont synonymes de perte d'espèces, notamment des carabes [des coléoptères]. Or ces carabes sont les prédateurs des pucerons, les principaux insectes ravageurs de culture en milieu tempéré", explique la chercheuse.

Gilles Pinay, directeur de l'Observatoire des sciences de l'Univers de Rennes(OSUR), travaille, lui, sur une des plaies de la Bretagne, la pollution aux nitrates. 50 % des rivières bretonnes dépassent les seuils de contamination autorisés en produits azotés et phytosanitaires.

Au pied d'une haie, il étudie le transfert d'azote depuis les sols jusqu'au bassin versant. Ses recherches ont permis de démontrer le rôle tampon joué par les haies et les zones humides, où les bactéries dénitrifient naturellement, empêchant les nitrates d'atteindre les cours d'eau. Les haies freinent également l'écoulement de l'eau, la végétation pompe l'azote et évite qu'elle rejoigne les rivières. "Nos travaux doivent déboucher sur des préconisations aux pouvoirs publics. Nous avons un problème de qualité d'eau. La loi sur l'eau impose aux agences des contrôles mensuels, mais les mesures sont réalisées au mauvais moment et au mauvais endroit. Les mesures sont faites tous les mois quand il faudrait surtoutpasser pendant les périodes de pluie. Les seuils fixés devraient également être abaissés", explique Gilles Pinay.

FILTRE BIOLOGIQUE

A quelques mètres, Cécile Sulmon, une jeune agronome de l'université de Rennes, a concentré ses travaux sur les bandes enherbées. Depuis 2005, l'Europe a imposé aux paysans de planter ces zones herbeuses, et fleuries, au bord de leurs champs et le long des cours d'eau pour tenter de limiter la contamination des écosystèmes par les pesticides ou les fertilisants. Les études ont mis en lumière leur rôle de filtre biologique. Les plantes ont la faculté d'absorber les polluants présents dans les eaux de ruissellement et de les dégrader. Elles servent aussi d'habitat pour la faune et la flore. En France, premier pays d'Europe pour l'utilisation de pesticides, plus de 600 000 hectares courent désormais au fil de l'eau.

Mais la réglementation européenne n'a donné aucune indication aux paysans sur les plantes à semer"Bien souvent, ce sont des fonds de sacs de semences", explique Cécile Sulmon. Les agriculteurs n'ont pas davantage été renseignés sur l'utilisation finale possible de cette biomasse. Donner les herbes aux animaux, au risque de les contaminer ? Les détruire ? Cécile Sulmon teste donc des semis. Depuis deux ans, la jeune chercheuse scrute l'évolution d'une dizaine d'espèces pour déterminer leur capacité à se développer et se maintenir en présence de ces contaminants agricoles.

Françoise Burel s'est aussi penchée sur ces bandes enherbées en tant qu'habitat."Ces éléments semi-naturels sont extrêmement importants pour le maintien de la biodiversité et peuvent servir d'alternative à la plantation de haies, consommatrices d'espaces agricoles." Depuis la fin des années 1990, la France a décidé de reconstituer un réseau de haies connectées. Mais le manque de suivi ne permet pas d'établir la proportion du réseau restauré par rapport à celui arasé. Des pistes d'observation pour les géographes de la Zone atelier.

19/06/2013

Pollution de l’air et autisme

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon des scientifiques de la faculté de santé publique de l’Université de Harvard (Massachusetts), « les femmes exposées durant leur grossesse à des niveaux de pollution de l’air élevés auraient deux fois plus de risque de donner naissance à un enfant autiste que celles vivant dans un environnement préservé », note Le Monde.Le Monde, 19/06

Les pesticides sont responsables de la perte de la biodiversité

lu sur :

https://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=pesticides-spark-broad-biodiversity-loss

Pesticides Spark Broad Biodiversity Loss: Scientific American

Agricultural chemicals affect invertebrates in streams and soil, even at "safe" levels

 

Agricultural pesticides have been linked to widespread invertebrate biodiversity loss in two new research papers.

Pesticide use has sharply reduced the regional biodiversity of stream invertebrates, such as mayflies and dragonflies, in Europe and Australia, finds a study published today in the Proceedings of the National Academy of Sciences.

Previous research has shown similar decreases in individual streams, but the study by Mikhail Beketov, an aquatic ecologist at the Helmholtz Center for Environmental Research in Leipzig, Germany, and his colleagues analyzed the effects of pesticides over broad regions.

The team examined 23 streams in the central plains of Germany, 16 in the western plains of France and 24 in southern Victoria, Australia. They classified streams according to three different levels of pesticide contamination: uncontaminated, slightly contaminated and highly contaminated.

The researchers found that there were up to 42% fewer species in highly contaminated than in uncontaminated streams in Europe. Highly contaminated streams in Australia showed a decrease in the number of invertebrate families by up to 27% when contrasted with uncontaminated streams.

Moreover, the authors say that diversity decreased at pesticide concentrations that European regulations deem environmentally protective. "It shows our risk assessments don't work," says Beketov. "I think we should care about this because invertebrates are an important part of the food web." 

Emma Rosi-Marshall, an aquatic ecologist at the Cary Institute of Ecosystem Studies in Millbrook, New York, says that she finds the results compelling. "We are at a crisis point, with species loss on a global scale, especially in freshwater ecosystems. Considering pesticides along with other known threats to biodiversity may be crucial for halting species declines," she says.

But toxicologist Keith Solomon of the University of Guelph in Ontario, Canada, says he has concerns about the study's sample size. "It begs the question as to what is happening in all the other streams out there," he says. "If these streams are representative of the worst case, then the effects may only be confined to these types of scenarios and not apply to the entire environment."

Insecticide threat
The second paper, from biologist Dave Goulson of the University of Sussex, UK, reviews the environmental risk posed by neonicotinoid insecticides. Its publication on 14 June in The Journal of Applied Ecology comes soon after the European Commission's April announcement of a two-year ban on three commonly used neonicotinoids over concerns that they are killing bees.

Goulson's work includes data from agrichemical companies and suggests that neonicotinoids accumulate in soil at levels that can kill soil invertebrates such as Eisenia foetida, a type of earthworm. 

"The bulk of these studies suggest the half-life of these chemicals is between one and four years," he says. "If you apply these chemicals once a year on crops, they will accumulate."

Goulson's review also cites earlier studies suggesting that grain-eating birds such as partridges may be dying after eating as few as five seeds treated with neonicotinoids. The insecticide is most often applied as a seed dressing to crops such as maize and soya beans. "The very strong focus on bees has perhaps blinded people to the broader implications," Goulson says.

Both papers demonstrate the importance of conducting ecosystem assessments after pesticide use, says ecotoxicologist Ken Drouillard of the University of Windsor in Ontario, Canada. "We can't think our job is done after the [pre-application] risk assessment," he says. "Unfortunately during a global economic crisis, budget cuts come at the cost of ecosystem health monitoring."

This article is reproduced with permission from the magazine Nature. The article was first published on June 17, 2013.

17/06/2013

Pesticides : le dossier de l'INSERM

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Suite à la vaste expertise collective de l’Inserm établissant un lien entre les pesticides et plusieurs maladies graves comme des cancers (cf synthèse de presse du 13 juin), les ministres en charge de la Santé, de l’Agriculture et de l’Ecologie ont annoncé vendredi dans un communiqué commun avoir saisi l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) ” afin qu’elle évalue l’impact de ces nouvelles données sur les autorisations nationales existantes’’ .

Au niveau européen, ils feront part de « ces nouveaux éléments » en vue de « la réévaluation des substances actives autorisées au niveau communautaire ».

AFP, 14/06

Reprise information presse du 13/06 :

Pesticides : Effets sur la santé, une expertise collective de l’Inserm

Le dossier :

pesticides-santé.pdf

13/06/2013

Pesticides : le pire est déjà là ...

... et les "décideurs politiques" restent inféodés aux lobbies, il faut en être conscient.

Donc, pour changer la donne, pourquoi ne pas envisager des listes "citoyennes" en 2014 ?

(voir la note :

http://uneplacepourtous.midiblogs.com/archive/2012/12/13/comment-presenter-une-liste-aux-prochaines-municipales.html

Comment présenter une liste aux prochaines municipales ? )

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/pesticides-les-preuves-du-danger-s-accumulent_3429549_3244.html

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LE MONDE | 13.06.2013 à 11h27 • Mis à jour le 13.06.2013 à 11h27

Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

En dépit des dénégations des industriels du secteur, les pesticides sont bel et bien impliqués dans un grand nombre de pathologies lourdes – cancers, maladies du sang, troubles neurologiques, malformations, etc. – dont l'incidence tend à augmenter dans le monde. C'est l'idée-force d'une impressionnante expertise collective menée sur l'ensemble des connaissances internationales actuelles, et pilotée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui l'a rendue publique jeudi 13 juin.

Cette synthèse rassemble les données épidémiologiques issues de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Finlande, Danemark, etc.), qui précisent les effets sanitaires des principaux produits phytosanitaires : insecticides, herbicides et fongicides. Une grande part du rapport concerne les expositions professionnelles (agriculteurs, ouvriers du secteur agrochimique, etc.), mais aussi les personnes vivant ou travaillant dans ou à proximité de zones agricoles. En France, terre d'agriculture, 15 % de la population sont ainsi concernés.

"AUGMENTATIONS DE RISQUES SIGNIFICATIVES"

Après avoir passé au crible la littérature scientifique internationale, les experts concluent que l'exposition à des pesticides conduit à "des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies".

C'est ainsi que chez les agriculteurs, les ouvriers de l'industrie qui fabriquent ces produits ou ceux qui les appliquent, il y a une "présomption forte" d'association entre une exposition professionnelle aux pesticides et la survenue de certaines proliférations malignes de cellules lymphoïdes (lymphomes non hodgkiniens) et de cancers de la prostate. Les agriculteurs et les applicateurs de pesticides sont également exposés à un risque accru de myélome multiple, une autre prolifération maligne dans la moelle osseuse. Et ce n'est pas tout. Que ce soit dans le cadre d'expositions professionnelles ou non, les adultes présentent un plus grand risque à développer une maladie de Parkinson.

Un lien avec d'autres pathologies comme les tumeurs du système nerveux central est aussi suspecté. En Gironde, par exemple, région viticole très consommatrice de pesticides, l'incidence de ces maladies est trois fois supérieure au niveau national. Entre 2000 et 2007, elle a augmenté de 17 %.

"ATTENTION AU SYNDROME DU RÉVERBÈRE"

Les travaux internationaux examinés mettent en lumière un autre fait majeur : la période de vulnérabilité que représente la grossesse. "Il y a une présomption forte d'un lien entre une exposition professionnelle de la femme enceinte à certains pesticides et un risque accru pour l'enfant de présenter un hypospadias ou de développer, plus tard, un cancer cérébral ou une leucémie", constate l'épidémiologiste Sylvaine Cordier (Inserm, université Rennes-I) et coauteure du rapport. Selon des données internationales, l'exposition professionnelle du père ou de la mère augmente de 30 % à 53 % le risque de tumeurs cérébrales de l'enfant à naître.

Les agricultrices enceintes ne sont pas les seules concernées. Celles qui habitent dans des zones agricoles d'épandage ou celles qui utilisent les pesticides à des fins domestiques le sont également : "Des études montrent un risque augmenté, pour l'enfant à naître, de leucémies, de troubles de la motricité fine, de déficit cognitif, de troubles du comportement comme l'hyperactivité", ajoute Mme Cordier.

Si les preuves sont suffisantes pour agir vis-à-vis de certains produits – les organochlorés et les organophosphorés –, Jean-Paul Moatti, directeur de l'Institut thématique "Santé publique" commun aux organismes de recherche publics français met en garde : "Attention au syndrome du réverbère où l'on ne regarde que ce qui est éclairé. Notre expertise collective pointe le développement de nombreuses pathologies, mais de futurs travaux pourraient découvrir des effets insoupçonnés des pesticides analysés, ou mettre en évidence la toxicité d'autres substances."

DES DÉCISIONS POLITIQUES ATTENDUES

Les auteurs recommandent donc d'"améliorer les connaissances sur l'exposition des populations" et d'obtenir la composition complète des produits mis sur le marché, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, les formules commerciales restant protégées par le secret industriel. En Europe, ces données ne peuvent être réclamées par un seul pays – comme aux Etats-Unis –, car elles relèvent de la règlementation communautaire.

"Si les auteurs de cette large expertise réclament surtout que l'on fasse plus de recherche, dit de son côté François Veillerette, porte-parole de l'association Générations futures, ils n'en tirent pas moins des conclusions très fortes, qui doivent mener à des décisions politiques : vente des pesticides interdites à des utilisateurs non professionnels ou interdiction pour les collectivités publiques d'y avoir recours..."

Retirer du marché les produits est parfois nécessaire mais pas toujours suffisant. Les scientifiques le savent bien. "De nombreux produits ont été interdits mais les plus persistants demeurent présents dans l'environnement ou s'accumulent dans la chaîne alimentaire, dont l'homme constitue le dernier maillon." Pour le député socialiste Gérard Bapt, qui avait déjà lancé l'alerte sur les dangers sanitaires du bisphénol A, et qui a organisé la présentation des résultats de l'expertise à l'Assemblée nationale, "ce travail montre l'ampleur du problème en matière de santé publique. La question est de savoir si, comme dans le cas du chlordécone aux Antilles, nous n'avons pas dépassé le point de non-retour".

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Pollution

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Le bisphénol A pénètre dans l'organisme par la bouche en contournant la fonction protectrice du foie

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La bouche, porte d’entrée du bisphénol A

Des chercheurs de l’Inra et de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse révèlent que « le bisphénol A (BPA) pénètre directement dans le sang au niveau de la bouche, une nouvelle porte d’entrée dans l’organisme mise en évidence chez l’animal », rapporte l’AFP.

Selon l’étude, menée chez le chien, le BPA traverse la muqueuse sublinguale et accède directement à la circulation sanguine. « Cette porte d’entrée dans l’organisme conduit à des concentrations dans le sang près de 100 fois supérieures à celles attendues lorsque la même quantité de BPA est absorbée au niveau intestinal », explique l’agence de presse.

Selon les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (*) , « si cette perméabilité était confirmée chez l’homme, du BPA pourrait directement pénétrer dans l’organisme par la muqueuse buccale », explique l’AFP. Et d’ajouter : « Elle révèlerait alors une voie originale d’entrée dans le corps humain qui est utilisée comme thérapeutique pour certains médicaments et qui contourne la fonction protectrice du foie ».

AFP, 12/06

(*) High Bioavailability of Bisphenol A from Sublingual Exposure

Véronique Gayrard, Marlène Z. Lacroix, Séverine H. Collet, Catherine Viguié, Alain Bousquet-Melou, Pierre-Louis Toutain, Nicole Picard-Hagen

12/06/2013

De la biologie et du comportement

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/06/03/les-animaux-aussi-n-en-font-qu-a-leur-tete_3423074_1650684.html

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Les animaux aussi n'en font qu'à leur tête - Le Monde

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.06.2013 à 16h34

Marion Spée

On s'attend à ce que l'antilope déguerpisse à la simple vision d'une lionne affamée ou que le phoque nage de manière effrénée pour échapper à l'orque qui le poursuit. Pourtant, certains animaux ne se comportent pas de manière stéréotypée face à une situation stressante ou nouvelle. Certains vont tenter de faire face à leur prédateur alors que d'autres vont filer à vitesse grand V. Certains vont explorer leur environnement alors que d'autres vont se restreindre à des espaces connus.

Ces attitudes variées pourraient s'expliquer par les différences de personnalité au sein d'une même espèce. Pourquoi et comment les animaux se distinguent dans leurs comportements individuels est une question "à la mode" qui suscite, depuis les années 2000, de plus en plus l'interrogation des scientifiques.

 

Une récente étude publiée dans Behavioral Ecology, menée par des chercheurs portugais, montre ainsi que l'émergence de différentes personnalités chez les astrilds ondulés pourrait être liée aux variations climatiques. Ces passereaux originaires d'Afrique subsaharienne mesurant à peine dix centimètres ont établi des colonies dans le monde entier en raison de leur popularité comme animal de compagnie.

Ils ont ainsi élu domicile au Portugal depuis une quarantaine d'années. C'est en utilisant des données sur leur expansion territoriale à travers le pays que les chercheurs ont établi ce lien entre personnalité et écologie des régions colonisées.

TEST DU MIROIR

Pour évaluer la personnalité des oiseaux, les scientifiques ont utilisé des tests reconnus. Celui du miroir consiste, comme son nom l'indique, à placer un miroir dans la cage de l'oiseau et à mesurer sa réaction face à ce qu'il pense être un conspécifique (qui appartient à la même espèce). C'est une appréciation de l'interaction sociale des oiseaux. Le test de l'openfield (champ ouvert) est, lui, utilisé pour évaluer le comportement exploratoire d'un individu dans un nouvel environnement.

Les individus les moins explorateurs sont les plus attentifs aux stimuli sociaux et se retrouvent ainsi en majorité dans les environnements où le climat est variable, tandis que le profil inverse est plus fréquent dans les environnements plus stables.

"Les variations climatiques saisonnières pourraient modifier la personnalité dans un court laps de temps et cette répartition géographique des oiseaux semble adaptative", propose Carlos Carvalho, doctorant au Centre de recherche en biodiversité et biologie évolutive à l'université de Porto et premier auteur de l'étude. "Une forte variation du climat implique une incertitude sur l'emplacement de la nourriture au cours de l'année. Apprendre des autres leur permettrait alors d'avoir une bonne compréhension de la situation", explique Gonçalo Cardoso, postdoctorant dans le même laboratoire et dernier auteur de l'étude. "L'intérêt d'étudier la personnalité des animaux est de comprendre les fondements biologiques des différences de comportements entre les individus, confie-t-il. Chez l'homme, c'est plus compliqué étant donné que l'influence culturelle est très importante."

FACTEURS ÉCOLOGIQUES

"L'étude ne montre qu'une corrélation, commente Denis Réale, titulaire de la chaire de recherche du Canada en écologie comportementale et animale et professeur à l'université du Québec à Montréal. Mais elle ouvre une voie intéressante pour comprendre quels facteurs écologiques influencent la personnalité." "Une preuve supplémentaire de la nécessité de prendre en compte le tempérament dans les études sur le monde animal", reconnaît Jean Clobert, directeur de recherche à la Station d'écologie expérimentale du CNRS à Moulis (Ariège).

Reste à déterminer si le façonnage de ces personnalités est dû à une plasticité au cours du développement des individus ou s'il s'agit d'une origine génétique. "L'étude ne permet pas de le dire", insiste Jean Clobert.

"Les gens sont intrigués par le caractère des animaux parce qu'ils font le lien avec leur propre tempérament", note Denis Réale. Etudiée depuis un siècle chez les humains, la notion de personnalité a été mise en évidence chez les animaux d'élevage il y a quarante-cinquante ans. A l'époque, on pensait que les hommes les avaient façonnés.

"On sait aujourd'hui que la personnalité est un phénomène général", assure Jean Clobert. Du papillon au chimpanzé en passant par le poulpe, tous ont leur tempérament. Celui-ci peut être classifié selon certains axes : audace-timidité, exploration-évitement ou encore agressivité.

"Les personnalités varient le long d'un continuum, explique Denis Réale. Un individu ne pourra pas devenir audacieux s'il est qualifié de timide, mais son degré d'audace pourra varier." De plus en plus d'études mettent en avant des liens entre tempérament et succès reproducteur ou survie. Ces résultats probants justifient aussi l'engouement des scientifiques pour cette thématique en vogue. "Il n'y a pas de personnalité optimale pour affronter toutes les situations", indique Denis Réale.

"Dans les situations de déséquilibre, comme celle relative au réchauffement climatique, l'hétérogénéité de la population devient importante", conclut Jean Clobert. Moralité : agiter les mains pour faire fuir une guêpe, ou vouloir que son chat soit le plus câlin de tous, peut conduire à des déconvenues.

07/06/2013

OGM dans l'alimentation humaine : vers plus de transparence ?

... au moins aux USA . Rien dans l'Europe "à 27" de la "concurrence libre et non faussée" pour l'instant.

lu sur :

http://www.infogm.org/spip.php?article5432

La question de l'étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM agite depuis plusieurs années les États américains. Après une tentative ratée en Californie [1], l'état du Connecticut vient de voter une loi qui rend cet étiquetage obligatoire, sous conditions. D'autres états devraient lui emboîter le pas prochainement. Un effet boule de neige qui inquiète les industries agro-alimentaires et de biotechnologies, contraintes de changer leurs stratégies.

Le 3 juin 2013, dans la foulée du Sénat, les députés du Connecticut ont adopté à une très large majorité (134 contre 3) une loi qui rend obligatoire l'étiquetage des produits alimentaires génétiquement modifiés ou issus d'OGM. Elle doit désormais être signée par le gouverneur de l'état, Dannel P. Malloy, qui s'est engagé à le faire rapidement [2]. Si cette loi est une grande première aux États-Unis, son entrée en vigueur n'est en revanche pas immédiate : elle est conditionnée par l'adoption de lois similaires dans au moins cinq autres états dont deux voisins du Connecticut, et représentant au total 25 millions d'habitants (section 3 de la loi). Pour les députés, l'état du Connecticut est trop petit pour faire cavalier seul.

Seize projets de loi en débat

Interrogé par Inf'OGM, Tim Bergin, juriste au Parlement du Connecticut, se dit optimiste quant à la possibilité que d'autres états adoptent de telles lois sur l'étiquetage des OGM. Et cet optimisme se comprend au regard des nombreux projets de loi similaires déposés auprès des parlements des états. A l'heure actuelle, Inf'OGM a comptabilisé pas moins de 16 projets de loi en débat (Arizona, Colorado, Floride, Illinois, Indiana, Iowa, Maine, Minnesota, New Jersey, New Hampshire, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Tennessee, Virginie et Washington). Et dans trois états, ces lois ont déjà été adoptées par les Députés et sont actuellement examinées par le Sénat... : Alaska (ne concerne que l'étiquetage du saumon GM) ; Hawaï et Vermont (voté le 10 mai, par 99 voix pour et 42 contre). Cependant, dans six autres états (Californie, Maryland, Missouri, Nouveau Mexique et dernièrement New-York), de tels projets de loi ont déjà été déboutés. La bataille pour l'étiqueta ge n'est donc pas gagnée mais n'a jamais été aussi proche de l'être.

La loi prévoit que nul ne peut vendre ou distribuer soit de la nourriture destinée à l'alimentation, soit des semences pour produire des aliments entièrement ou partiellement génétiquement modifiés, à moins d'être étiquetées comme telle. Cette règle est assortie de nombreuses exceptions : l'alcool, les produits préparés pour être consommés immédiatement, la restauration collective, les produits agricoles en vente directe ou semi-directe, et surtout les produits issus d'animaux nourris aux OGM (lait, viande, œuf)... Cette dernière exception réduit considérablement la portée de cette loi, étant donné qu'aux États-Unis, comme dans l'Union européenne, les OGM servent principalement à nourrir le bétail... Cependant, à la différence de l'Union européenne, de nombreux produits destinés à l'alimentation humaine intègrent dans leur recette des OGM, comme les crèmes glacées avec la lécithine de soja ou les huiles issues de colza ou de soja GM. En cas de non respect pa r le producteur, la pénalité a été établie à 100 euros par jour et par produit non correctement étiqueté.
Dans une note élaborée par les services du Parlement du Connecticut, le coût de mise en œuvre de cet étiquetage par l'administration de l'état a été « estimé à 117 632 dollars pour les années à venir » dont 80 000 dollars seraient consacrés aux salaires des inspecteurs et d'un juriste à temps partiel.

Un amendement fédéral pour interdire les velléités locales d'étiquetage ?

Cette situation ne satisfait pas les entreprises agro-alimentaires et de biotechnologies qui ont décidé de répliquer sur un autre front. Plutôt que de mener une bataille coûteuse (et finalement incertaine) dans chaque état, elles essayent en effet de faire interdire directement au niveau fédéral cette compétence des états. C'est dans la loi d'orientation agricole (Farm bill), actuellement en débat au Congrès, que les lobbyistes ont décidé de battre en brèche la transparence vis-à-vis des produits alimentaires. Sous couvert de liberté de commerce et de non discrimination entre les produits, le député républicain de l'Iowa, Steve King, est en passe de voir son amendement intégré à cette loi d'orientation [3]. L'amendement a déjà été adopté par la Commission « agriculture » de l'Assemblée nationale fédérale. La portée de cet amendement est vaste mais concerne directement l'étiquetage des OGM. Il interdit aux états de prendre des lois qui imposeraient des conditions de production des produits agricoles qui sont vendus sur leur territoire mais produits dans d'autres États. Ainsi, l'étiquetage des OGM pourrait être considéré comme une entrave à la liberté de commerce inter-état et jugé discriminatoire pour les produits des autres états qui n'auraient pas adopté une telle obligation. Les multinationales agro-alimentaires et de biotechnologies n'ont pas réussi à faire interdire l'étiquetage des OGM par le Codex alimentarius au niveau mondial. Réussiront-elles a minima pour les États-Unis ? Réponse courant 2013 date à laquelle la Farm Bill devrait être adoptée.

 

 

 

04/06/2013

Les femmes et la grossesse

lu sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

les surlignages sont de moi

Les femmes et la grossesse

Le Figaro publie un sondage OpinionWay, réalisé en amont des assises de la fondation de coopération scientifique Premup, qui auront lieu le 7 juin à Paris, qui révèle qu’« une femme sur quatre ne fait pas de sa grossesse un moment de plénitude ».

Selon une femme sur trois, la grossesse constitue une période à risques. Le quotidien explique que certains risques sont bien identifiés par les femmes interrogées tels que les conduites addictives (tabac, alcool, prise de certains médicaments). « Le rapport Euro-peristat montre que 31% des Françaises fumaient avant la grossesse et 17% continuaient pendant. » Si plus de la moitié des femmes savent qu’une grossesse tardive est à risque, elles sont seulement 10% à savoir que la gestation précoce, en particulier avant 18 ans, en constitue un également, explique le journal.

Les grossesses gémellaires, qui concernent en France 1,74% des femmes et représentent l’un des principaux risques de prématurité, « ne sont perçues comme risquées que par 34% des femmes interrogées », ajoute-t-il.

Enfin, 22% des femmes sondées affirment que si elles étaient enceintes dans un contexte de difficultés financières, elles seraient prêtes à renoncer à certains soins (échographies, rendez-vous de suivi).

Le Figaro, 04/06 - Communiqué de presse : Rapport européen sur la santé périnatale

En Bref

Selon une étude, réalisée par Sylvaine Cordier et son équipe (Inserm, Université de Rennes, Ecole des hautes études en santé publique), « une exposition environnementale à des mélanges complexes de pesticides pourrait conduire à des perturbations métaboliques chez les femmes enceintes habitant près des cultures de céréales fortement traitées », rapporte La Croix.
Les chercheurs ont constaté des « modifications des concentrations urinaires de composés tels que des acides aminés », ajoute le quotidien. La Croix, 04/06

28/05/2013

Pour l'interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics

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LE MONDE | 28.05.2013 à 10h41 • Mis à jour le 28.05.2013 à 11h46

Par Laetitia Clavreul et Pascale Santi

La e-cigarette devrait être interdite dans les lieux publics, interdite de vente aux mineurs, et réglementée : telles sont quelques-unes des 21 recommandations rassemblées dans un rapport piloté par le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue et président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT). Ce rapport d'évaluation (disponible sur ofta-asso.fr) devait être présenté mardi 28 mai à la ministre de la santé Marisol Touraine.

La cigarette électronique connaît un fort engouement. Elle est apparue avec le renforcement de l'interdiction de fumer dans les lieux publics en 2008. Les magasins spécialisés ne cessent de se développer. Le premier est apparu début 2010, on en compte 141 à ce jour. Il devrait y en avoir 300 à la fin de l'année. En France, 500 000 personnes utilisent a cigarette électronique, selon la dernière estimation de l'Eurobaromètre (mai 2012) et environ 3 millions (6 % des Français) déclarent l'avoir essayée. Pour le Pr Dautzenberg, il y aurait un million d'utilisateurs.

VIFS DÉBAT SUR SA DANGEROSITÉ

La e-cigarette se présente avec une diode simulant la combustion et contient une cartouche dont la solution s'échauffe au contact d'une résistance. Des flacons de "e-liquides", composés de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes (tabac, fruits...) et de la nicotine – ou pas –, permettent de recharger la cartouche usagée.

Mais tant son efficacité pour arrêter de fumer que sa dangerosité font l'objet de vifs débats. Le rapport recommande d'interdire la e-cigarette dans les lieux publics, comme pour le tabac. Et de proscrire la mention "pour fumer là où c'est interdit".

Surtout, "la e-cigarette ne doit pas être un produit d'initiation au tabac", lance M. Dautzenberg. Les experts veulent donc l'interdire aux mineurs. Selon l'enquête de l'association Paris sans tabac, 64 % des jeunes de 12 à 14 ans qui avaient essayé la e-cigarette en 2013 sont des non-fumeurs, deux fois plus en un an. Il est donc recommandé "d'éviter toute promotion et toute facilitation de l'accès de l'e-cigarette aux mineurs et aux sujets n'ayant jamais fumé", souligne le rapport. Les experts demandent de réglementer l'e-cigarette, aujourd'hui produit de consommation courante (ni produit du tabac ni médicament). Et qu'elle soit vendue seulement dans des établissements agréés.

EFFETS IRRITANTS ET/OU TOXIQUES MOINDRES

Mais pas question, selon ce rapport, ni d'interdire son utilisation ni d'en freiner son usage. Nombre d'utilisateurs rapportent avec fierté avoir considérablement réduit leur consommation de cigarettes. "Si on ne sait pas aujourd'hui si ce produit aide au sevrage, il est moins dangereux. Le tabac tue la moitié des gens qui fument, la cigarette électronique non", assure M. Dautzenberg.

Selon les données scientifiques disponibles en mai, les effets irritants et/ou toxiques des composants de la e-cigarette sont bien moindres que ceux liés à la fumée du tabac, indique le rapport. Contrairement à la cigarette, la e-cigarette ne libère ni monoxyde de carbone, ni particules solides, ni quantité significative de cancérogènes. Elle contient d'autres produits potentiellement irritants et/ou classés comme toxiques mais en quantité moindre que la fumée du tabac.

Pour autant, le rapport préconise que les fabricants soient obligés d'indiquer sur tous les emballages la composition de ces e-liquides, de limiter la quantité de nicotine, et d'apporter la preuve de l'innocuité des arômes et ingrédients utilisés. Les e-cigarettes ne se valent pas. "C'est hypocrite, car les fabricants de tabac ne sont pas obligés de le faire", rétorque Jean-François Etter, professeur de santé publique à l'université de Genève, l'un des dix experts qui ont rédigé le rapport. Il s'est désolidarisé de celui-ci, contestant "son analyse et son sérieux scientifique". "Je réfute certaines des recommandations", assure-t-il.

200 DÉCÈS PAR JOUR

Environ 13,4 millions de Français fument quotidiennement. Chez les adultes, la prévalence du tabac s'élève à 30 %, un taux en hausse de 2 points depuis 2005, rappelle l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Chez les jeunes, avec 38 % de fumeurs, la France est désormais bien au-delà de la moyenne européenne, où elle se situait en 2007. Le tabac constitue la première cause de décès évitables. 73 000 personnes meurent par an prématurément, 200 par jour, ce qui représente un décès sur sept lié au tabac.

A quelques jours de la journée sans tabac, vendredi 31 mai, reste à ce savoir ce que feront les pouvoirs publics de ce rapport. Vont-ils réglementer la cigarette électronique ? D'ores et déjà, les fabricants crient au loup. La société de e-liquide Fuu a indiqué, que l'encadrement de ces produits reviendrait à "tuer dans l'oeuf l'émergence d'une approche fondée sur le plaisir".

Le ministère de la santé est attendu sur le sujet, et plus globalement sur la lutte contre le tabagisme : mise en place d'un paquet neutre ou pas, prise en charge à 100 % des substituts nicotiniques, comme l'a réclamé un rapport parlementaire en février... Marisol Touraine pourrait faire des annonces vendredi. Mais encore faudrait-il aussi que toute la réglementation soit respectée. En 2009, l'interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs a été votée. Chez les détaillants, il leur est pourtant toujours facile de s'en procurer.

Lire aussi : Drogues de synthèse, alcool, cocaïne, herbe..., les pratiques des Français s'européanisent

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Sur le même sujet

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Atlas scientifique du Mont-Blanc

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/05/27/le-rechauffement-climatique-a-l-assaut-du-mont-blanc_3418018_3244.html

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Le réchauffement climatique à l'assaut du Mont-Blanc - Le Monde

LE MONDE | 27.05.2013 à 12h09

Par Sophie Landrin

Un mont moins blanc, des glaciers érodés, des pentes instables, un écosystème appauvri, des paysages bouleversés... Le toit de l'Europe va se métamorphoser sous l'effet du réchauffement.

C'est ce que fait apparaître l'atlas scientifique du Mont-Blanc, mis en ligne lundi 27 mai (Atlasmontblanc.org). Destiné à la communauté scientifique comme au grand public, il est le fruit de trois années de travail d'une équipe pluridisciplinaire impliquant des chercheurs français, italiens et suisses. A l'initiative du Centre de recherche sur les écosystèmes d'altitude (CRÉA) de Chamonix (Haute-Savoie), ceux-ci ont mis en commun 152 études pour modéliser l'impact du changement climatique sur ce massif emblématique.

pour lire la suite : Le réchauffement climatique à l'assaut du Mont-Blanc.pdf

26/05/2013

Médias : OMERTA sur la manifestation contre MONSANTO d'hier

Rien dans les médias que je consulte habituellement.

J'ai trouvé en cherchant par mots clefs :

http://yasminehinot.blog.lemonde.fr/2013/05/25/la-manif-contre-monsanto-cest-le-25-mai-partout-dans-le-monde-paris-sit-in-de-14h-a-18h-esplanade-du-trocadero-parvis-des-droits-de-lhomme/

La manif contre Monsanto, c’était hier 25 mai partout dans le monde !

Manifestation contre Monsanto à Paris le 25 mai 2013

Plus de quatre mille personnes avaient accepté de participer à l'évènement sur le réseau social Facebook et plus d'un milliers étaient présents aujourd'hui 25 mai sur la parvis du Trocadéro, pour crier leur colère contre la frime Monsanto (géant mondial des pesticides, des OGM et des semences).

Une sérieuse averse n'a pas ébranlé la mobilisation des participants venus pique-niquer, lire un journal, ou tout simplement papoter le temps d'un sitting protestataire, dont les slogans étaient : "A bat Monsanto!", "Oui, oui, oui à l'agro-écologie"ou "Avec Monsanto, nos légumes sont accros".

A première vue, Le Monde n'a pas parlé de cette manifestation internationale contre la firme Monsanto et les dégâts qu'elle assure à la nature, à la biodiversité et à l'agriculture. Aujourd'hui ras-le-bol général au Trocadéro, mais plus spécialement dénonciation du lobbying de la firme auprès du Parlement Européen qui cède à tous ses caprices ; pour une agriculture qui respecte le sol,  qui préserve les agriculteurs de la dépendance aux grandes sociétés de produits phytosanitaires et de semences.

Pour aller plus loin : Solutions locales pour un désordre global et Le monde selon Monsanto

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http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/26/1634777-manif-citoyenne-contre-monsanto.html

Manif citoyenne contre Monsanto

LaDépêche.fr 

Publié le 26/05/2013 à 03:47, Mis à jour le 26/05/2013 à 08:46

«Monsanto empoisonne l'air, la terre, l'eau, les bêtes et les hommes !», se désespère Emma, l'une des manifestantes présentes hier à l'appel d'Europe Écologie Les Verts, place Saint-Étienne, contre la multinationale américaine spécialisée dans les biotechnologies végétales. Une journée internationale organisée afin de dénoncer les atteintes faites par l'entreprise, selon les organisateurs de la journée, à la biodiversité, à l'autonomie des agriculteurs et à la gestion du vivant. Lors de l'événement, une soixantaine de personnes s'est réunie afin de manifester son indignation face à des entreprises comme Monsanto, avec la participation de Catherine Grèze (notre photo-N. Gaillard), députée européenne du Sud-Ouest à l'origine d'un rapport de la commission Développement du Parlement européen sur la biopiraterie, qui estime : «Les populations du Sud mais aussi du Nord sont lésées par la biopiraterie, ce pillage du vivant effectué par le biais de brevets. Monsanto, géant des biotechnologies participe allègrement à ce phénomène inquiétant».

S. HY.

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http://alsace.france3.fr/2013/05/25/manifestation-anti-monsanto-strasbourg-257690.html 

Manifestation anti Monsanto à Strasbourg - France 3 Alsace

A l’initiative du mouvement Occupy américain est organisée la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto, contre ses OGM et ses pesticides. 

  • Par Denis Becker
  • Publié le 25/05/2013 | 16:47, mis à jour le 25/05/2013 | 19:27
monsanto.jpg
 
Monsanto est une entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales. Depuis longtemps déjà, elle est accusée de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à l’écosystème. Dans le même temps, ses méthodes de lobbying sont contestées.

La manifestation à Strasbourg : rendez-vous devant le parlement Européen ce samedi 25 mai à partir de 14h00 pour un cortège à travers les rues de la ville dont un arrêt devant le Conseil de l'Europe.
Selon les responsables de ce mouvement :
"Ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui veulent la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous et réclament une nourriture dépourvue de poison chimique!
Nous, citoyens, appelons tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement.
Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :
•      Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.
•      Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.
•      Réévaluer les molécules de synthèse employées par l’agrochimie. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par ces firmes dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.
•      Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.
•      Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre LA Transition Ecologique.

Au même moment, plusieurs centaines de manifestations se déroulent à travers le monde. Des manifestations organisées par des citoyens mobilisés  contre les OGM.

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http://fr.euronews.com/2013/05/25/premiere-manifestation-internationale-simultanee-contre-le-geant-americain-de-l/

Première manifestation internationale simultanée contre le géant américain de l’agrochimie Monsanto

Cette manifestation a eu lieu ce samedi dans de nombreux pays.
Des centaines de personnes y ont participé. L’entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales, est accusée depuis longtemps de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à
l’écosystème.

Plus d'actualités sur : , ,

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http://www.journaldemontreal.com/2013/05/25/mobilisation-mondiale-contre-monsanto

Manifestation contre Monsanto et les OGM - Le Journal de Montréal

Plusieurs centaines de militants ont bravé la grisaille, samedi à Montréal, pour protester contre les semences contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que contre Monsanto, grand producteur mondial de ce type de semences qui possède 90% des semences génétiquement modifiées sur la planète.

Ils ont ainsi joint leur voix aux manifestants de plus de 300 villes d’un peu partout à travers le monde en cette journée de mobilisation mondiale.

À Montréal, les protestataires se sont d’abord réunis au Square Dorchester avant de commencer à marcher, vers 14 h 30, pour se rendre jusqu’au parc Jeanne-Mance.

Dans la province, il y avait des rassemblements dans les villes de Sherbrooke et de Québec. Plusieurs grandes villes de l’Europe et de l’Asie se sont aussi mobilisées.

Les militants réclament notamment l’étiquetage obligatoire des produits contenants des OGM alors que les plus ardents opposants souhaitent que tous les produits génétiquement modifiés soient complètement bannis au Canada.

«On est très ignorants des conséquences»

Alors qu'il devait y avoir une diminution des pesticides, l'agronome et agricultrice Andrée Deschênes a dénoncé le fait que l'objectif n'a pas été atteint. Elle a rappelé également qu'en créant les modifications génétiques, on affirmait vouloir nourrir davantage l'humanité, mais que le résultat en est tout autre, puisque plus d'agriculteurs sont désormais dépendants de leurs fournisseurs.

«Il y a des recherches qui se font sur les effets des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais il est très difficile d'obtenir des conclusions à court terme et notre expérience avec ces plantes est trop brève», a avoué l'agronome, en entrevue à TVA Nouvelles.

Un lobby puissant

«Du côté des agriculteurs, c'est à la fois un outil qui a été bien adopté, bien diffusé, mais présentement ce serait difficile pour eux de retourner à une autre méthode. Ils sont pris dans une situation où ils n'ont plus d'autonomie quant aux semences et à leur principal approvisionnement pour produire», a rajouté Mme Deschênes, en expliquant que les décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys.

Cette grande manifestation contre la firme Monsanto est en partie le résultat du problème lié au Roundup, cet herbicide né il y a un peu plus de 30 ans et une exclusivité de l'entreprise pendant de nombreuses années.

Dès le départ, des publications affirmaient que des produits cancérigènes se trouvaient sur les plantes après l'utilisation de cet herbicide. «Ce n'était pas un problème à l'époque puisque les plantes étaient toutes détruites, mais avec les OGM maintenant, les plantes résistent au Roundup de sorte qu'il est présentement hébergé dans les plantes alimentaires qui viennent dans nos assiettes», a expliqué Mme Deschênes.

Avec cette manifestation planétaire, les organisateurs ont dit souhaiter une agriculture sans OGM et sans pesticide, qui respecte les écosystèmes et la santé humaine

25/05/2013

Perturbateurs hormonaux : la réglementation communautaire est obsolète et favorise l'industrie au détriment de la santé

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/25/l-europe-trop-laxiste-face-aux-dangers-de-centaines-de-perturbateurs-hormonaux_3417323_3214.html

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LE MONDE | 25.05.2013 à 11h25

Par Stéphane Foucart

La réglementation communautaire est obsolète : elle doit être réformée d'urgence pour protéger la santé et l'environnement des Européens. C'est le sens d'une vigoureuse et alarmante motion adressée, vendredi 24 mai, par une centaine de chercheurs internationaux de haut niveau à la Commission européenne. Issue de communautés scientifiques – toxicologie, endocrinologie, biologie du développement... – peu portées à s'adresser directement aux responsables politiques, l'initiative est sans précédent.

Baptisé "Déclaration de Berlaymont sur les perturbateurs endocriniens", le texte presse Bruxelles de tenir compte des résultats scientifiques qui s'accumulent depuis de nombreuses années sur les effets délétères de plusieurs centaines de substances chimiques (solvants, isolants électriques, bisphénols, retardateurs de flamme bromés, pesticides...), qui perturbent le système hormonal. Certaines, ubiquitaires, sont présentes à des niveaux mesurables dans l'ensemble de la population.

Les signataires – tous professeurs d'université ou chercheurs au sein d'organismes publics de recherche – se disent "inquiets" de voir "la prévalence de maladies liées au système hormonal atteindre des sommets inédits (...) dans l'Union européenne et au niveau mondial". Parmi elles, les auteurs citent plusieurs cancers (sein, prostate, testicule, endomètre [paroi qui tapisse l'utérus], ovaire, thyroïde), les troubles de la fertilité, des maladies neuro-comportementales (troubles de l'attention, hyperactivité...), l'obésité et le diabète de type 2. Des pathologies observées chez les animaux de laboratoire exposés aux molécules en question.

Lire Bisphénol A et cancer : les preuves s'accumulent

L'ensemble de ces maladies connaît une forte augmentation d'incidence chez les humains depuis environ trois décennies – augmentation qui ne peut être attribuée au seul vieillissement de la population. "Les preuves se renforcent pour impliquer des facteurs environnementaux, dont l'exposition à des substances chimiques, dans ces phénomènes", ajoutent les auteurs.

Les effets pointés ne concernent pas uniquement la santé humaine. "La faune européenne est également affectée et certains effets sont généralisés", avertissent les scientifiques. A l'heure actuelle, les tests réglementaires mis en oeuvre au niveau communautaire pour autoriser ou interdire la mise sur le marché de nouvelles substances sont "totalement inadéquats" et incapables de détecter les effets délétères produits par les perturbateurs hormonaux. Des expositions au cours de périodes critiques du développement (période périnatale, adolescence, etc.) "peuvent causer des dommages irréversibles qui ne deviennent apparents que longtemps après l'exposition".

"LACUNES CONSIDÉRABLES"

Autres effets que les tests réglementaires en vigueur en Europe ne sont pas en mesure de détecter : ceux dits à faibles doses. Or, comme le précisent les signataires, "certains perturbateurs endocriniens ont des propriétés toxicologiques qui rendent impossible la définition de seuils au-dessous desquels l'exposition peut être définie comme sans risques".

La motion, notamment adressée à Tonio Borg, le commissaire européen chargé de la santé des consommateurs, tire son nom du bâtiment de la Commission – Berlaymont – dans lequel avait été organisée, en juin 2012, une réunion d'experts sur cette question.

Lire (édition abonnés) Débat sur la définition des perturbateurs endocriniens

L'idée du texte est née au cours de cette rencontre. "Nous avons limité les signataires aux spécialistes qui publient activement des travaux sur le sujet, dit Andreas Kortenkamp, professeur à l'université Brunel de Londres (Royaume-Uni), l'un des premiers signataires. La déclaration représente ainsi un consensus des scientifiques qui sont à l'avant-garde de la production de connaissances sur le sujet."

"Alors que nombre d'entre nous ont reçu des financements européens pour leurs travaux, les connaissances que nous avons accumulées demeurent ignorées par la réglementation européenne, précise le chercheur. Par exemple, le dernier règlement sur les pesticides, qui date de mars, contraint l'industriel qui veut mettre un nouveau produit sur le marché à mener des tests pour savoir, entre autres, s'il est mutagène, mais pas à évaluer son activité hormonale... Les lacunes sont considérables."

Celles-ci ne sont pas l'apanage de la réglementation européenne. Si les signataires adressent aujourd'hui leur déclaration à la Commission, c'est que celle-ci doit adopter, d'ici fin 2013, une définition scientifique des perturbateurs endocriniens. Bon nombre de mesures réglementaires ultérieures dépendront de cette définition.

Sur le même sujet :

 550 sites sont pollués aux PCB en France

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21/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO (suite)

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

19/05/2013

Pourquoi les mots "sexe" et "race" sont-ils politiquement incorrects ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/17/oui-les-races-existent_3296359_3232.html

Sexes et races, deux réalités

LE MONDE | 17.05.2013 à 18h30 • Mis à jour le 18.05.2013 à 19h13

Par Nancy Huston et Michel Raymond

Sciences humaines et sciences naturelles ne font pas bon ménage. Quand les biologistes s'aventurent dans les domaines de l'anthropologie et de la psychologie, ils extrapolent souvent abusivement des causes matérielles aux conséquences sociales. L'homme fait certes partie de la nature, mais les lois biologiques expliquent-elles tous les comportements ? L'hérédité est certes un facteur puissant, mais comment nier que l'histoire des sociétés comme celle des individus a un impact sur notre identité ? Les analyses sociobiologiques des arts et des cultures, à force de se croire capables de tout expliquer à leur aune, laissent souvent sceptique.

Du côté des sciences humaines et sociales, c'est moins la boulimie que l'anorexie qui fait des ravages : penseurs et philosophes contemporains semblent avoir adopté pour devise la célèbre formule "Commençons par écarter tous les faits". D'où vient cette cécité volontaire, obstinée, parfois loufoque, vis-à-vis des sciences naturelles ? En grande partie, bien sûr, de la catastrophe qu'a représentée, au XXe siècle, l'interprétation finaliste de la découverte darwinienne, qui a débouché sur l'idéologie nazie et sur sa traduction dans le réel.

Hitler croyait au déterminisme biologique, Hitler était un salaud, donc le déterminisme biologique n'existe pas : le caractère spécieux du raisonnement saute aux yeux. On aurait pu aussi bien tirer la conclusion inverse à partir des pratiques adoptées en Russie communiste au cours des mêmes années, où l'on envoyait les généticiens dans les camps et idolâtrait l'agronome Trofim Lyssenko (1898-1976), d'après qui l'hérédité était inexistante et la nature des plantes pouvait être modifiée à volonté par les conditions environnementales et les hommes. Malgré ces excès, l'idée que l'intervention volontariste peut être utile n'a pas été pourfendue autant que celle de la pertinence du biologique.

UNE DIFFÉRENCE BIOLOGIQUE

Certains domaines sont tout simplement désossés de toute influence biologique ; la thèse qui en résulte n'est pas bien différente d'une mythologie moderne. Ainsi de l'idée selon laquelle toutes les différences non physiologiques entre hommes et femmes seraient construites ("la théorie du genre", introduite depuis peu dans les manuels scolaires français). Dans le monde vivant, mâles et femelles diffèrent toujours biologiquement, y compris pour une partie de leurs comportements, car chaque sexe a une façon spécifique de se reproduire, ainsi chez les gorilles, chimpanzés et bonobos, dont nous sommes les plus proches cousins.

Quelle force mystérieuse aurait effacé ces différences dans notre espèce à nous ? Les faits, quand on cherche à les connaître, nous montrent que déjà à la naissance – donc avant toute influence sociale – filles et garçons n'ont pas les mêmes comportements. Et comment ne pas reconnaître que le pic d'hormones de la puberté, que partagent les adolescents humains avec les adolescents chimpanzés, a une origine biologique et un effet marqué sur les comportements ? A cela s'ajoute bien évidemment une forte intervention sociale, qui aura le plus souvent tendance à exacerber les différences biologiques.

Autre exemple : celui des différences entre groupes humains. Il existe une multitude de races de chiens, neuf sous-espèces de girafes, quatre de chimpanzés, quelques variétés de mésanges bleues, une liste impressionnante de sous-espèces de ratons laveurs. Quel que soit le mot employé, il s'agit là de différences génétiques. Et chez Homo sapiens ? La fiction actuellement à la mode nous assène que les différences génétiques entre groupes humains sont proches de zéro, que la notion de race est scientifiquement infondée.

"AUSSITÔT TAXÉ D'ESSENTIALISME"

Idée aussi généreuse dans ses intentions politiques que farfelue sur le plan des faits. La diversité de l'espèce humaine est grande : une partie de notre héritage génétique est largement partagée, mais une autre est caractéristique de groupes géographiques. D'ailleurs, il suffit de séquencer le génome d'un inconnu pour savoir d'où proviennent ses ancêtres. Comment nommer ces différences ? Le mot "race" fait peur – il va du reste prochainement disparaître de la Constitution française, on se demande s'il sera suivi par "sexe" –, mais peu importe le terme, il s'agit de ne pas enseigner des inanités.

Ces mythes modernes ont en commun avec les religions de reposer sur la dénégation tranquille de faits physiques et biologiques avérés et irréfutables. Ils ont aussi en commun avec les religions de nous flatter et nous rassurer sur notre statut "unique", "choisi", "élu" parmi les espèces terriennes : loin de faire partie du règne animal et de la nature, nous assurent-ils, les humains jouiraient d'un statut à part. Les races et les sexes, c'est bon pour les plantes et les animaux. Nous, on est supérieurs ! On décide de notre propre sort !

Cet orgueil inné de l'humain est particulièrement coriace en France, où il se combine avec la certitude nationale de disposer d'une intelligence exceptionnelle. Ainsi les faits biologiques ont-ils tendance, ici, à être instantanément traduits en concepts philosophiques.

Si vous affirmez l'existence chez les humains de deux sexes, plutôt que d'un seul ou de toute une kyrielle, vous êtes aussitôt taxé d'"essentialisme". Pourtant, dire que seules les femmes ont un utérus, ou que les hommes ont en moyenne un niveau de testostérone plus élevé qu'elles, ce n'est ni spéculer quant à l'"essence" de l'un ou l'autre sexe, ni promouvoir une idéologie sexiste, ni décréter l'infériorité des femmes par rapport aux hommes, ni recommander que les femmes soient tenues à l'écart de l'armée et les hommes des crèches, c'est énoncer des faits ! Des faits qui, en l'occurrence, ont eu un impact décisif sur l'histoire de l'humanité – son organisation sociale (patriarcat), familiale (mariage, primogéniture), politique (guerre). Nier la différence des sexes, c'est s'interdire toute possibilité de comprendre, donc d'avancer.

L'IDENTITÉ, RÉSULTAT DE NOS INTERACTIONS

De même, affirmer que Homo sapiens, à partir d'une même souche africaine voici soixante-dix mille à cent mille années, a évolué de façon relativement autonome dans différentes parties du globe et s'est peu à peu diversifié en sous-espèces, ou variétés, ou – pardon ! – races différentes, ce n'est pas une opinion, encore moins un décret politique, c'est une simple réalité. Elle n'implique aucun jugement de valeur ; la génétique moderne se contente de décrire.

Le racisme hitlérien, scientifiquement aberrant, s'enracinait – comme toutes les autres formes de racisme – dans des convictions autrement anciennes et tribales.

Notre identité biologique est elle-même le résultat, non seulement de l'hérédité, mais aussi de l'interaction avec le milieu dans lequel nous vivons. Depuis des millénaires, les populations humaines se sont adaptées au terrain, au climat et aux conditions de vie extrêmement variables d'une partie du globe à l'autre. Aujourd'hui, les différentes populations humaines n'ont ni la même pilosité, ni la même couleur de la peau, ni les mêmes maladies et systèmes de défense contre celles-ci.

Les médecins savent qu'il existe une variation dans la réponse aux médicaments – les psychotropes par exemple – selon le groupe auquel appartient le malade. Les Inuits sont adaptés au froid, tout comme les sherpas de l'Himalaya sont adaptés à la vie en altitude. Même si des traits culturels interviennent également, ces adaptations sont génétiques.

DÉPASSER UNE CÉCITÉ RÉCIPROQUE

L'évolution ne s'arrête jamais. Ces différents groupes humains donneront-ils à l'avenir de véritables espèces ne pouvant plus se croiser ? C'est une possibilité, assez banale dans l'histoire des mammifères et plusieurs fois observée dans notre lignée évolutive récente. A l'inverse, si les reproductions entre les groupes actuels deviennent très fréquentes, cela pourrait homogénéiser l'ensemble. On en est bien loin, même aux Etats-Unis. A l'heure actuelle, donc, les groupes humains génétiquement différenciés existent.

Soulignons au passage que la différence des sexes est d'une autre nature que celle-là, car les sexes ne se métissent pas : en croisant un mâle et une femelle, on n'obtient ni un hermaphrodite ni une transsexuelle mais, dans la quasi-totalité des cas, un mâle ou une femelle. La connaissance du vivant n'a pas à se soumettre au choix politique entre droite conservatrice, qui exagère toujours le poids du donné, et gauche révolutionnaire, qui croit tout transformable. Il est temps de passer outre ces réponses simplistes à des questions infiniment difficiles, car si nous continuons à ignorer et à maltraiter le monde, nous risquons de compromettre nos chances de survie. L'antagonisme entre nature et culture est intenable. L'être humain est un animal pas comme les autres : pas facile d'accepter vraiment les deux parties de cette phrase en même temps !

Comme l'on ne disposera jamais d'un discours unique, capable de rendre compte de sa complexité, au lieu de se cantonner dans le sectarisme et le dogmatisme qui conduisent à la cécité réciproque, nous avons tout intérêt à partager nos différents savoirs. Ceux d'entre nous qui gagnent leur vie par la pensée devraient donner l'exemple en matière de modestie et de curiosité.

Nancy Huston et Michel Raymond

Auteurs

 

Née à Calgary au Canada, Nancy Huston vit à Paris depuis 1973. Romancière et essayiste, son dernier ouvrage paru est "Reflets dans un œil d'homme" (Actes Sud). En août paraîtra son nouveau roman, "Danse noire", chez le même éditeur.


Directeur de recherches au CNRS, Michel Raymond est spécialiste de biologie évolutionniste à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier. Dernier livre paru : "Pourquoi je n'ai pas inventé la roue" (Odile Jacob, 2012). Il est aussi connu pour ses travaux sur la génétique de l'adaptation.

17/05/2013

Europe : interdiction de pesticides tueurs d'abeilles, une décision en trompe l'œil

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/abeilles-trois-pesticides-interdits-mais-une-persistance-dans-l-environnement_3168902_3244.html

Interdiction de pesticides tueurs d'abeilles : les questions en suspens

Le Monde.fr | 30.04.2013 à 21h21 • Mis à jour le 01.05.2013 à 16h04

Par Audrey Garric

C'était une première mondiale. La Commission européenne a annoncé, lundi 29 avril, qu'elle allait suspendre pour deux ans, à compter du 1er décembre, l'utilisation de trois insecticides impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc.). La décision, toutefois, n'implique pas une disparition totale de ces substances dans l'environnement.

Lire : Abeilles : trois pesticides interdits dans l'Union européenne

  • Trois insecticides interdits pour certains usages

Les trois molécules interdites, l'imidaclopride, le thiaméthoxame et la clothianidine appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, insecticides parmi les plus utilisés au monde en agriculture et que l'on retrouve dans des dizaines de produits tels le Cruiser, le Gaucho, le Poncho ou le Cheyenne. Depuis de nombreuses années, ces substances sont suspectées d'être un élément déterminant de l'effondrement des populations d'abeilles et de pollinisateurs sauvages.

Lire : Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles

La Commission européenne a donc décidé de suspendre pendant deux ans leur utilisation en enrobage de semences – qui constitue l'usage majoritaire de ces pesticides – dans quatre grandes cultures : maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton. Elle a aussi banni provisoirement l'emploi de ces molécules en traitement de sol (granulés) et en pulvérisation dans une cinquantaine d'autres cultures. Les autorisations de mise sur le marché seront suspendues pour ces usages au sein des Etats membres à partir du 1er décembre.

En France, les agriculteurs ne pourront donc plus utiliser ces trois pesticides pour les semis de maïs et de tournesol du printemps 2014 et ceux de colza de l'automne 2014. Certains produits avaient toutefois déjà été interdits : le Cruiser avait ainsi été banni pour le colza en juin par le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, tandis que le Gaucho était suspendu pour le tournesol et le maïs respectivement depuis 1999 et 2004. Quant au coton, il n'est pas produit dans l'Hexagone.

Des semences enrobées des trois néonicotinoïdes seront toutefois toujours produites en France. "La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Les agriculteurs français ne pourront plus en acheter par contre." Des contrôles devraient être effectués lors de la vente des semences au sein des coopératives agricoles pour s'assurer du respect de la nouvelle législation.

  • D'autres utilisations maintenues

Cette décision de la Commission européenne n'est toutefois pas définitive et peut être, à tout moment, partiellement ou totalement levée. "La date d'entrée en vigueur de la suspension des molécules a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, ce qui laisse du temps aux firmes qui commercialisent les pesticides, notamment Syngenta et Bayer, pour produire des études pour la remettre en cause, regrette Olivier Belval, président de l'Union nationale de l'apiculture française. Nous aurions souhaité une interdiction franche et définitive."

Elle ne concerne par ailleurs pas toutes les cultures. Les trois néonicotinoïdes incriminés restent ainsi autorisés dans des centaines d'autres cultures qui ne sont pas – ou moins – au contact des abeilles, selon la Commission : les céréales d'hiver (blé et orge, soit un million d'hectares en France), les betteraves, les légumes, les cultures sous serre ou encore les vergers après la floraison.

  • Une persistance des molécules dans l'environnement

"Ces cultures constituent un risque pour les abeilles en raison de l'accumulation des pesticides dans le sol qu'elles entraînent", prévient Olivier Belval. Les néonicotinoïdes persistent en effet longtemps dans l'environnement : la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6 900 jours par l'Agence de protection de l'environnement américaine tandis que l'imidaclopride peut être absorbée par des cultures non traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, à des niveaux toxiques pour les abeilles.

"En raison de la rotation des cultures, des céréales d'hiver traitées avec des pesticides peuvent alors contaminer d'autres plantes qui leur succèdent, comme les tournesols, ainsi que les pollinisateurs qui les butinent. Il y a une contamination latente", déplore Olivier Belval.

  • Des insecticides interdits remplacés par d'autres pesticides

Les trois néonicotinoïdes interdits devraient être remplacés par une autre famille d'insecticides : les pyréthrinoïdes. Cette molécule, que l'on retrouve par exemple dans le produit Force, peut être utilisée dans le sol contre les insectes et ravageurs (taupins, blaniules, scutigérelles) qui attaquent les graines, et sur les plantes contre les pucerons. "Elle s'avère toutefois moins efficace que les néonicotinoïdes", regrette Jean-Charles Bocquet, de l'UIPP. 

Conséquence positive, pour Olivier Belval, ces insecticides s'avèrent moins dangereux pour les abeilles. "Ils sont davantage utilisés en traitement aérien et donc sont dégradés plus rapidement par l'air et l'eau, explique-t-il. Ils restent néanmoins toxiques pour les abeilles dans les jours qui suivent leur pulvérisation."

"L'idéal reste de moins utiliser d'insecticides, conclut le porte-parole de l'ONG Générations futures François Veillerette, au profit des possibilités offertes par la nature, comme les auxiliaires de culture, qui mangent les insectes nuisibles."

Audrey Garric

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Abeilles

Édition abonnés Contenu exclusif

10/05/2013

Folie, folies, globalisation anglosaxonne ...

lu sur :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ff32f62c-b8c2-11e2-89b6-638e06aa0196

Psychiatrie vendredi10 mai 2013
 

Tour du monde de la folie

Les troubles mentaux varient d’une culture à l’autre. Avec une bible mondiale de la psychiatrie rédigée aux Etats-Unis, ne risque-t-on pas d’américaniser la folie?

Chez les Wolofs, au Sénégal, il n’y a pas de démence sénile. Juste des réincarnations qui arrivent un peu trop tôt et font qu’un nouveau-né se retrouve dans le corps d’un vieillard. Au Congo, en lingala, l’anxiété se traduit par une étrange sensation de vibration, «comme une branche qu’un oiseau vient de quitter». Quant aux Coréens, ils ne parlent plus de schizophrénie mais de problèmes d’accordage du cerveau, semblables à ceux qu’on peut avoir avec un vieux piano récalcitrant.

Les troubles mentaux, ou du moins les mots pour en parler, varient d’une culture à l’autre. Pourtant, les psychiatres du monde entier utilisent – notamment dans la recherche et l’enseignement – un ouvrage rédigé par des experts américains: le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), dont la cinquième édition sort la semaine prochaine (LT du 06.05.2013 ). Au risque d’américaniser la folie? Le point avec Norman Sartorius, ancien responsable de la division Santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé et consultant externe pour le DSM-V.

Le Temps: Le «DSM-V» définit les contours de la santé mentale. Est-ce que cette frontière bouge beaucoup d’une culture à l’autre?

Norman Sartorius: Les grandes maladies mentales, comme la schizophrénie, la dépression majeure ou la démence, existent partout. Pour la schizophrénie, on a une incidence – soit le nombre de nouveaux cas par année – qui est la même à peu près n’importe où dans le monde. La prévalence – le nombre total de cas à un moment donné – varie, elle, parce que les chances de survie ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Il y a eu quelques doutes sur la démence. Certains experts disent qu’elle est plus rare en Afrique, mais on manque de preuves solides pour étayer cette thèse. Quant à la dépression, du temps des colonies, on croyait que cette maladie n’affectait que les Blancs d’Europe. Mais, avec la décolonisation, on s’est rendu compte que ça n’était simplement pas considéré comme un motif de consultation valable pour les populations locales.
En général, je dirais que les maladies graves en psychiatrie ont une similarité remarquable d’une culture à l’autre, c’est pour des troubles plus légers qu’il y a des variations.

– Par exemple?

– L’arachnophobie, notamment, est beaucoup plus répandue en Angleterre qu’elle ne l’est en Inde. Il y a aussi le koro, ce syndrome où la personne a l’impression que son pénis ou ses seins vont se rétracter. Souvent, elle y accroche des objets pour empêcher qu’ils ne puissent rentrer dans le corps. On observe surtout ce trouble à Singapour ou en Malaisie. Mais il y a aussi de rares cas ailleurs. Je suis convaincu que toutes les maladies existent partout, c’est la fréquence qui varie d’une culture à l’autre.

– Il y a aussi des différences dans ce qui est considéré comme pathologique ou non.

– Effectivement. Jusque dans les années 70, l’homosexualité était inscrite au DSM et il y a encore plusieurs pays, dans le monde arabe notamment, où on estime qu’il s’agit d’une maladie. Il y avait aussi dans la classification officielle indonésienne un diagnostic pour les clochards, qu’il fallait mettre en hôpital psychiatrique pour les soigner.

– N’y a-t-il pas des gens qui passent pour fous ici et pas ailleurs?

– La démence sénile, par exemple, n’est pas considérée comme une maladie chez les Wolofs, au Sénégal. Ils pensent qu’à la fin de leur vie les hommes renaissent. De temps à autre, un individu renaît trop tôt, et un nouveau-né se retrouve dans le corps d’une personne âgée: il est incontinent, ne veut pas écouter, ne comprend pas ce qu’on lui dit et ne sait pas parler… Mais il est beaucoup plus simple de mobiliser les gens pour aider un enfant qu’un vieux atteint d’une maladie mentale. Sa survie est plus importante. Il y a aussi dans beaucoup de populations d’Afrique ou d’ailleurs l’idée que la maladie mentale est une histoire de mauvais œil, de magie noire. Là encore, les gens se mobilisent plus facilement contre une agression qui vient de l’extérieur, de quelque tribu voisine, que pour un cerveau malade, face auquel ils se sentent peut-être plus désarmés. On observe des systèmes similaires dans différentes cultures: ils justifient le fait d’aider les personnes souffrant de troubles mentaux qui autrement seraient considérées comme des poids pour la communauté.

– Vous dites que les grandes catégories de maladies mentales se retrouvent partout, mais n’a-t-on pas pensé un moment que la dépression était moins fréquente en Extrême-Orient?

– Effectivement, une grande étude de l’OMS a montré qu’il y avait moins de gens qui consultaient pour dépression en Chine et au Japon. Surtout si on compare à l’Amérique latine, où il y en a beaucoup. Mais c’est compréhensible: le mot dépression, dans le sens où nous l’entendons, n’existe par exemple pas en chinois. Si on adapte les mots et la manière de poser des questions, d’aborder l’entretien avec un malade, la différence disparaît.

– Donc les troubles sont les mêmes, mais la façon d’en parler varie?

– Absolument. Par exemple, chez nous, le mot anxiété vient d’une racine très ancienne, ang, qui veut dire très étroit. On se sent comprimé, dans un état où on ne peut pas bouger. Ce concept d’étroitesse n’est pas présent chez les Iraniens, qui se réfèrent plutôt à un problème lié à leur cœur. Quant aux Africains qui parlent lingala, ils vont vous décrire quelque chose qui vibre en eux, comme une branche qu’un oiseau vient de quitter. Le phénomène psychologique est le même en Europe, en Iran ou au Congo, c’est la façon de le décrire qui change.

– Le nom que l’on donne à une maladie joue-t-il un rôle important?

– Oui. Les mots que l’on utilise pour un diagnostic sont souvent très stigmatisants. Prenez la schizophrénie, qui a été nommée pour la première fois en Suisse au début du XXe. A l’époque, c’était la mode d’utiliser le latin ou le grec pour donner des noms aux maladies. Ce qui fait qu’il n’y a aujourd’hui plus que les Grecs qui comprennent ce que ces noms signifient. Tous les autres les utilisent sans savoir. Mais au Japon, en Chine ou en Corée, ils doivent être traduits dans la langue locale. Schizo veut dire cassé, fendu, et phrène esprit, cerveau. C’est très difficile de dire à un malade qui demande son diagnostic: vous avez le cerveau cassé, ça n’est pas tellement acceptable. Au Japon, il n’y avait donc qu’une proportion minime de médecins qui communiquaient leur diagnostic aux patients. Les autres s’en sortaient en disant qu’il s’agissait d’une maladie compliquée. Mais un mouvement issu des associations de malades, de leurs proches et de médecins a fait changer le nom de la maladie. Le nouveau terme veut dire quelque chose comme «désordre de la coordination de la pensée», c’est beaucoup plus acceptable parce que ça correspond à ce que les malades ressentent.

– Est-ce que ça a débloqué la situation?

– La communication du diagnostic au patient est passée de 6 à 75% des cas. En s’inspirant de cette idée, les médecins coréens tentent d’aller plus loin. Depuis peu, ils essaient d’introduire pour la schizophrénie un nouveau nom qui signifie «problèmes d’accordage de la pensée», comme pour un piano désaccordé. Là aussi, les patients reconnaissent qu’ils n’arrivent plus à accorder leurs pensées comme avant et acceptent mieux le diagnostic. C’est très important parce que cela sert de base pour avoir un échange entre le malade et le médecin qui permet de se mettre d’accord sur un traitement.

– C’est crucial?

– Lorsque le malade comprend
ce qui se passe, il peut participer au processus de traitement. Sinon, cela revient à lui donner des ordres, qu’il ne va pas bien suivre. Ce contrat entre le
patient et le médecin est aujourd’hui devenu la base du traitement de n’importe quelle maladie.

– Si les mots utilisés pour poser un diagnostic sont si importants, n’est-il pas problématique que des psychiatres du monde entier se basent sur un manuel rédigé aux Etats-Unis?

– C’est le risque général de la globalisation. Vous avez une langue très forte qui s’utilise partout et pour tout. Cela dit, son influence se fait surtout sentir dans le domaine de la recherche. Et, pour surmonter le fait que chaque patient est différent, dans le DSM chaque diagnostic est accompagné d’une description qu’on appelle opérationnelle, une liste de symptômes. Si le malade en réunit un certain nombre, on peut dire
que son trouble correspond au diagnostic. Cela a été introduit dans le DSM-III en 1980.
C’était révolutionnaire, parce que pour la première fois on essayait de donner un aspect quantifiable et comparable à l’état des patients.

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http://www.letemps.ch/Page/Uuid/b9fce74c-b5a3-11e2-abed-bb9758babf60/Etes-vous_devenu_fou

psychiatrie lundi6 mai 2013

Etes-vous devenu fou?


Le nouveau manuel de diagnostic psychiatrique américain sort la semaine prochaine. Il redéfinit les frontières de la santé mentale. La norme est en train de passer du côté du pathologique. Enquête sur les apports et les dangers de cette bible de la médecine mentale

C’est le moment de s’interroger sur sa santé mentale. La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique américain des troubles mentaux (DSM), la bible mondiale de la psychiatrie, sera publiée la semaine prochaine, au terme d’une révision houleuse. C’est le genre de choses qui arrive lorsqu’on déplace les frontières de la folie. Ses nombreux détracteurs reprochent surtout au DSM-5 de médicaliser des émotions normales, comme le deuil ou les colères infantiles (lire ci-dessous ). Mais qui peut dire dorénavant où se situe la norme?

A l’origine, le DSM ne devait être qu’une nomenclature, rappelle Pierre Bovet, médecin-chef au Département de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire vaudois (LT du 19.02.2010 ). C’était d’ailleurs le cas des deux premières éditions. Le DSM-III, publié en 1980, a introduit des critères pour le diagnostic. La plupart des spécialistes s’accordent pour dire que cette révision était nécessaire, pour endiguer une dérive liée à des critères trop lâches. «Le problème, c’est que le DSM est très vite devenu une sorte de manuel de la psychiatrie, poursuit Pierre Bovet. Comme si les troubles tels qu’ils y sont décrits, sous la forme d’une liste de critères diagnostiques, étaient l’image clinique de la maladie.» Pour lui, cette approche a provoqué un appauvrissement dramatique de la psychopathologie, soit la tentative de comprendre la personne qui souffre et son fonctionnement.

Le DSM est élaboré par l’Association américaine de psychiatrie (APA). Mais son influence s’étend bien au-delà des Etats-Unis. Les principales revues scientifiques étant anglo-saxonnes, les chercheurs du monde entier doivent se référer au manuel dans leurs publications. Il est aussi utilisé un peu partout dans la pratique. Il existe bien une alternative, la Classification internationale des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, mais son chapitre sur la santé mentale est à peu près calqué sur le DSM.

Allen Frances, professeur émérite de psychiatrie à la Duke University de Durham, en Caroline du Nord, est un des critiques les plus actifs du DSM-5. De passage en Suisse l’automne dernier (LT du 20.11.2012 ), il prévoyait une pandémie de diagnostics psychiatriques avec la parution du nouveau manuel. Il est assez bien placé pour en parler puisqu’il a participé aux précédentes révisions: «Avec le DSM-IV, en 1994, nous avons créé – ou du moins contribué à créer – plusieurs épidémies.» Aux Etats-Unis, les cas de troubles bipolaires auraient doublé, ceux d’autisme auraient été multipliés par vingt. Pour le psychiatre, un des principaux défauts de l’édition à paraître du manuel est de médicaliser les «soucis de la vie de tous les jours». Selon des études citées par Allen Frances, 50% des Américains et 43% des Européens remplissent déjà au moins une fois au cours de leur vie les critères correspondant à un diagnostic psychiatrique. Le risque est que le DSM-5 fasse basculer une majorité de la population de l’autre côté de la nouvelle frontière de la santé mentale, tracée par les experts de l’APA.

«Peut-être que si de nombreuses personnes reçoivent un diagnostic psychiatrique, la stigmatisation de ces troubles diminuera, fait valoir Pierre Bovet. Je pense que 100% des individus affrontent une fois au cours de leur vie un diagnostic somatique qui va au-delà de la grippe, sans être pour autant pointés du doigt. Du côté de la psychiatrie, être déprimé est aujourd’hui beaucoup mieux accepté qu’il y a une trentaine d’années, parce que tout le monde a une fois traversé une phase de dépression ou connaît quelqu’un qui en a traversé une.» Pour Wulf Rössler, professeur émérite de psychiatrie sociale à Zurich, il est peut-être temps de reconnaître que les problèmes mentaux font partie de la vie et de la nature humaine.

«Peut-être que ça aidera certains à être plus libres par rapport à leur psychisme, relève Bertrand Kiefer, rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Mais j’ai l’impression que cela dévalorise en même temps le diagnostic de ceux qui souffrent vraiment.» Il estime pour sa part que si plus de 50% de la population correspond à un diagnostic, c’est que l’on psychiatrise des problèmes qui n’ont pas lieu de l’être. Ou alors il faut se poser certaines questions: «Est-ce le fonctionnement de notre société qui est inadéquat? Doit-on revoir notre mode de vie pour viser des existences moins pathogènes et plus épanouissantes?»

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08/05/2013

Recherche médicale : les firmes pharmaceutiques peuvent-elles tout se permettre ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/08/en-belgique-le-cas-d-un-enfant-atteint-d-une-maladie-rare-suscite-la-polemique_3173409_3214.html

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En Belgique, le cas d'un enfant atteint d'une maladie rare suscite la polémique

LE MONDE | 08.05.2013 à 10h49 • Mis à jour le 08.05.2013 à 14h29

Par Jean-Pierre Stroobants

Bruxelles, correspondant. Un petit garçon de 7 ans, Viktor Ameys, pourra continuer à vivre grâce à un médicament très coûteux susceptible de soigner la maladie rare dont il souffre. Depuis plusieurs jours, le cas de l'enfant avait suscité beaucoup d'attention en Belgique parce qu'il posait la question éthique des limites éventuelles du remboursement par la Sécurité sociale – son traitement coûte 18 000 euros par mois – et des choix à opérer par le monde politique en période de rigueur. Au fil du temps, l'affaire a aussi illustré l'attitude de certaines firmes pharmaceutiques : celle qui fabrique le médicament de Viktor n'a pas hésité à médiatiser le cas du jeune garçon afin d'exercer une pression maximale sur la ministre de la santé.

Viktor, ainsi qu'une vingtaine d'autres Belges, est atteint du syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa), une maladie auto-immune rare qui affecte surtout des enfants jeunes. Elle entraîne notamment des problèmes sanguins et une grave insuffisance rénale, mais peut finir par toucher d'autres organes. Le traitement possible du SHUa consiste en des injections intraveineuses de plasma, une greffe (rein et foie), mais surtout un traitement jugé révolutionnaire, l'eculizumab, un anticorps mis au point sous le nom de Soliris par la firme américaine Alexion Pharmaceuticals. 

Dans un premier temps, une commission officielle de remboursement, qui regroupe divers acteurs de la santé, a émis des réserves face à l'idée de dépenser un montant annuel pouvant atteindre 500 000 euros par patient. Il y a quelques semaines, les experts de la Sécurité sociale belge ont donc invité Alexion à baisser ses tarifs, d'autant que le laboratoire n'avait pas fourni d'indications claires quant au coût réel de la fabrication du Soliris.

L'entreprise américaine – qui a réalisé un bénéfice net de 194 millions d'euros en 2012 – a d'abord refusé, tablant sans doute sur l'émotion suscitée par les récits des parents de Viktor et d'autres petits malades, catastrophés à l'idée de ne pouvoir assumer le coût du traitement de leurs enfants. Jeudi 2 mai, dans un communiqué, la firme accusait la ministre de la santé, Laurette Onkelinx, de retarder une décision alors que la vie de patients était "mise en jeu". Les parents de Viktor se disaient, quant à eux, "dégoûtés".

Ils ne savaient pas encore que l'importante société bruxelloise de lobbying G + Europe, qui les avait aidés à médiatiser le cas de leur enfant, travaillait, en réalité, pour le compte d'Alexion, comme l'ont révélé plusieurs médias. Une information implicitement confirmée par un responsable de G + Europe qui déclarait, samedi 4 mai, au quotidien De Standaard : "En définitive, les patients et l'entreprise pharmaceutique ont le même but : que la ministre signe un accord avec Alexion."

"LA MÉTHODE N'EST PAS CORRECTE"

"La méthode n'est pas correcte", a estimé le père de Viktor. L'association Pharma.be, qui regroupe les industriels belges du médicament, critique la méthode utilisée ainsi que son manque de transparence. Elle menace, dès lors, d'exclure Alexion de ses rangs.

La ministre de la santé a annoncé, mardi 7 mai, qu'elle avait finalement conclu un accord avec le fabricant américain. Le Soliris sera remboursé pour les malades du SHUa et d'une autre maladie rare, l'hémoglobinurie paroxystique nocturne, une forme grave d'anémie. Les modalités de l'accord conclu entre Mme Onkelinx et Alexion devraient rester secrètes.

Le dossier est toutefois jugé exemplaire pour d'autres raisons. "En laissant la quasi-totalité de la recherche médicale au secteur privé, les gouvernements se sont mis en situation de devoir accepter de payer le prix demandé ou de paraître refuser un soin", déplore par exemple, dans le journal Le Soir, Michel Roland, professeur de médecine générale à l'Université libre de Bruxelles.

L'Europe ne peut intervenir dans les questions d'agrément ou de remboursement des médicaments, qui relèvent des compétences nationales, mais elle tente de remédier à certaines carences en développant les programmes d'aide à la recherche. Les maladies rares ont ainsi fait l'objet d'une centaine de projets financés à hauteur de 500 millions d'euros au cours des six dernières années. En février, 26 nouveaux projets de recherche ont été financés à hauteur de 144 millions. Des programmes plus généraux de recherche médicale, en partenariat avec l'industrie, disposent d'un budget de 2 milliards.

Problème : entre 6 000 et 8 000 maladies dites rares sont recensées, dont une bonne part ne pourra faire l'objet d'un traitement. Environ 30 millions d'Européens souffriraient de l'une de ces pathologies.

06/05/2013

L'évaluation des OGM en Europe sous la coupe des lobbies pro-OGM ?

à lire sur :

Inf'OGM - GRACE : un programme d'évaluation sanitaire des OGM sous influence ?

Le 1er juin 2012 démarrait, dans le plus grand secret, le programme « d’évaluation des risques liés aux OGM et communication des preuves », GRACE (Gmo Risk Assessment and Communication of Evidence). Ce programme est pourtant d’une importance notoire : il pourrait amener à définir l’évaluation sanitaire des OGM à conduire à partir de 2016. Le règlement consacré à cette évaluation, fraîchement adopté le 25 février 2013, fait d’ailleurs directement référence à ce programme et aux conclusions attendues fin 2015. Comprendre ses objectifs, son organisation et ses moyens de travail est donc fondamental pour comprendre ce que pourrait être l’évaluation des OGM dans les années à venir, une évaluation qui se passerait des analyses de toxicologie.

Inf'OGM - GRACE _ un programme d’évaluation sanitaire des OGM sous influence .pdf

 

 

02/05/2013

Les français champions des pesticides

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/30/le-taux-de-pesticides-dans-le-corps-humain-est-plus-eleve-chez-les-francais_3168725_3244.html?xtmc=invs&xtcr=1

Le taux de pesticides dans le corps humain est plus élevé chez les Français

LE MONDE | 30.04.2013 à 11h11 • Mis à jour le 01.05.2013 à 12h15

Par Paul Benkimoun

Les Français présentent un niveau d'imprégnation par les pesticides parmi les plus élevés, par rapport à ceux relevés dans des pays comparables. C'est ce qui ressort des résultats de la première étude du genre, publiée lundi 29 avril, et réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS).

Cette enquête constitue le volet environnemental de l'étude nationale nutrition santé. Menée en 2006 et 2007, elle a porté sur un échantillon d'environ 3 100 personnes âgées de 18 à 74 ans, représentatif de la population résidant en France métropolitaine. Elle comporte deux volets. Le premier porte sur l'exposition aux pyralènes (PCB-BL ou polychlorobiphényles non dioxine-like), substances utilisées comme lubrifiants ou isolants, et aux pesticides. Le second concerne les métaux lourds.

Parmi les pesticides, les investigateurs distinguent l'exposition liée à des produits pour la plupart désormais interdits appartenant à la famille de organochlorés, et l'exposition aux organophosphorés (toujours utilisés) et aux pyréthrinoïdes.

Si "les mesures d'interdiction et de restriction d'usage semblent avoir montré leur efficacité pour les pesticides organochlorés", souligne l'InVS, ces produits ont un caractère persistant. Les niveaux retrouvés dans les urines en France sont intermédiaires entre ceux des Etats-Unis ou de l'Allemagne et ceux des autres pays européens. Mais, pour l'un des organochlorés, le 2,5-DCP (paradichlorobenzène, utilisé comme antimite ou désinfectant) le niveau moyen est dix fois plus élevé qu'en Allemagne. Une "particularité française", qui mérite d'être explorée, selon l'InVS.

CONTRASTE AVEC LES NIVEAUX D'IMPRÉGNATION

Développés comme alternative aux pesticides organochlorés (tels le DDT), les organophosphorés ont été retrouvés à un niveau supérieur à celui constaté dans la population américaine, et similaire à celui présenté par les Allemands.

Dans le cas des pesticides les plus récents, ceux de la famille des pyréthrinoïdes, le contraste avec les niveaux d'imprégnation de la population américaine est encore plus marqué. Les taux français apparaissent trois fois plus élevés que ceux constatés outre-Atlantique et demeurent supérieurs à ceux relevés en Allemagne. Les produits de dégradation des pesticides pyréthrinoïdes "ont été retrouvés dans plus de 80 % des échantillons", à l'exception de deux des produits de cette famille.

Quant aux pyralènes, les niveaux de concentration sanguins sont "un peu supérieurs à ceux rapportés dans la population allemande il y a dix ans" (et qui ont vraisemblablement diminué depuis, précise l'InVS). Surtout, ils sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux de la population américaine ou néo-zélandaise.

RETARDS CHRONIQUES

Pour ce qui est des métaux lourds, l'étude dresse un inventaire plutôt rassurant. Les taux sanguins de plomb ont baissé d'environ 60 % par rapport à ceux observés en 1995. Cette diminution résulte des efforts qui ont porté sur l'élimination du plomb dans les peintures et l'essence.

Les concentrations urinaires de cadmium – un toxique qui a tendance à s'accumuler – sont comparables à celles relevées précédemment en France, en Europe et aux Etats-Unis. Le seuil correspondant à une augmentation du risque d'atteinte rénale est dépassé dans 1,5 cas sur mille.

Les concentrations de mercure dans les cheveux, qui servent d'indicateur, restent à des niveaux "relativement faibles". Mais 19 % des adultes dépassent le seuil de 1 µg/g de cheveux adopté par les Etats-Unis. Quant à l'arsenic inorganique, la forme la plus toxique de ce métal, les taux retrouvés sont "relativement bas."

C'est donc un premier état des lieux que livre l'InVS, mais il reste que la "biosurveillance" en France présente des retards chroniques par rapport à celle de nos voisins.

Paul Benkimoun

21/04/2013

Le théorème de Pythagore

Oh joies de la découverte de la géométrie pythagoricienne pour les enfants qui ont la chance d'avoir encore des enseignants !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/mathematiques-l-eblouissement-pythagoricien_3162101_1650684.html

Mathématiques : l'éblouissement pythagoricien

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h21 • Mis à jour le 18.04.2013 à 18h25

Etienne Ghys

Le théorème de Pythagore est sans conteste le théorème le plus connu des Français : tous les enfants l'apprennent un jour ou l'autre. Bien sûr, les années passant, il n'est pas rare que l'on finisse par en oublier complètement la signification, et il n'en reste plus alors qu'une sorte de rengaine qu'on chantonne sans la comprendre, comme dans le quatrain de Franc-Nohain : "Le carré de l'hypoténuse / est égal si je ne m'abuse / à la somme des carrés / construits sur les autres côtés."

Beaucoup de mathématiciens ont pourtant un rapport affectif avec Pythagore. Il représente peut-être le premier énoncé mathématique qui ne saute pas aux yeux et qu'on a du mal à croire tant il est surprenant. Lorsque le professeur démontre le théorème devant le jeune élève incrédule, c'est (parfois) un éblouissement. Ce qui était incroyable devient lumineux, évident, indiscutable ! L'énoncé et sa démonstration ne font plus qu'un. Combien de vocations de scientifiques sont-elles nées lors de ce genre de moments magiques ?

Tout cela est si clair qu'on en devient persuadé que tout le monde doit le comprendre sans difficulté. Dans son roman De la Terre à la Lune, Jules Verne imagine que des hommes représentent le théorème de Pythagore dans de vastes plaines, avec un triangle rectangle si grand qu'on peut l'observer depuis la Lune. "Tout être intelligent, disait le géomètre, doit comprendre la destination scientifique de cette figure. Les Sélénites, s'ils existent, répondront par une figure semblable, et la communication une fois établie, il sera facile de créer un alphabet qui permettra de s'entretenir avec les habitants de la Lune."

Le théorème serait donc une espèce de test d'intelligence ? Une intelligence universelle ? Il va de soi que Jules Verne a tort et que l'intelligence ne peut pas se réduire à la compréhension du théorème de Pythagore ! Dans un article récent, le footballeur Anelka déclarait que "les anti-footeux pensent que lire des kilomètres de bouquins et posséder une culture générale est synonyme d'intelligence. (...) Les Fourberies de Scapin, le théorème de Pythagore ou Cinquante nuances de Grey, ça me sert à rien dans la vie !"

Les collégiens de la fin du XIXe siècle appelaient ce théorème le pons asinorum, le "pont aux ânes". Peut-être à cause de la figure du triangle rectangle qui fait penser à l'un de ces ponts au-dessus d'un torrent de montagne où il faut commencer par monter avant de redescendre de l'autre côté. Un âne, ne voyant pas l'autre rive, refuse d'avancer. Sans l'aide du muletier, il ne traversera pas. Sans l'aide du professeur qui montre la démonstration, l'élève ne traversera pas le torrent... Rien à voir avec l'intelligence ! Après tout, l'âne a bien raison de ne pas se lancer à l'aveugle sur un pont dont il ne voit pas l'issue.

Je me souviens de mon professeur de mathématiques, en 3e, qui avait remarqué cet éblouissement et m'amenait chaque jour une nouvelle démonstration - il en existe tant - juste pour mon plaisir. Merci à M. Picavet ! Merci à tous les enseignants.

L'enseignement de la géométrie élémentaire est aujourd'hui en péril. Il ne faut pas nécessairement se lamenter sur l'allégement des programmes de mathématiques. Il y a tant d'autres choses que les enfants d'aujourd'hui doivent apprendre qu'il est bien normal que les mathématiques laissent un peu la place à des enseignements qui n'existaient pas jadis. Il est par contre regrettable qu'on présente les mathématiques comme un ensemble de recettes toutes faites, bien mystérieuses, en abandonnant la plupart du temps leurs démonstrations. Comme les mathématiques sont sèches et ennuyeuses si on en retire tout le sel ! Comment s'étonner ensuite qu'une bonne partie de nos concitoyens ne traversent pas le pont ?

Les légendes ne manquent pas autour de la découverte du théorème de Pythagore. Plutarque (au premier siècle après J.-C.) rapporte le vers suivant d'Apollodore : "Pythagore inventant la célèbre figure offrit une victime et rendit grâce aux dieux."

Porphyre, au IIIe siècle, précise cependant la nature du sacrifice en question : "Les auteurs les plus dignes de foi disent que Pythagore offrit un boeuf de pâte de froment après avoir découvert que le carré de l'hypoténuse est égal à ceux des deux autres côtés." En résumé, comme l'écrit Fourrey, cette fameuse hécatombe se réduit à un boeuf... de pain d'épices !

Le théorème de Pythagore n'est pas seulement un déclencheur de vocations... Il a traversé l'histoire des mathématiques en subissant un grand nombre de mutations successives. Pythagore, même s'il n'en est probablement pas l'inventeur, ne reconnaîtrait plus son théorème dans les textes contemporains. Il y a bien longtemps que le théorème a quitté son lieu de naissance, qui est le plan de la feuille de papier, et les mathématiciens l'utilisent quotidiennement dans des "espaces de Hilbert" dont la dimension est... infinie ! Il est devenu l'ami de tous les jours, dont on oublie souvent que c'est un ami d'enfance.

Etienne Ghys

La secte des nombres

 

Il est le seul mathématicien dont le nom résonne familièrement aux oreilles de tous. Depuis des générations, les enfants sur les bancs de l'école récitent son fameux théorème. Mais qui était ce Pythagore dont l'aura a traversé les siècles, nimbée d'un entrelacs de mystères ? Mathématicien, il fut, certes, mais pas seulement. Ce grand voyageur s'installa à Crotone, dans les Pouilles. Philosophe et mystique, il vécut entouré d'une communauté de disciples soumis à un ascétisme rigoureux et qui faisaient voeu de se consacrer à l'étude des nombres. Une "secte", dirait-on aujourd'hui, qui intrigua ses contemporains et continua, bien après lui, à charmer les esprits curieux. Depuis sa mort dont les récits légendaires ont tissé mille versions, l'influence de Pythagore et de son célèbre théorème n'a cessé de s'étendre. Sur les mathématiques évidemment, où ses découvertes ont ouvert des voies inexplorées. Sur la philosophie où, de Platon à Descartes, tous ont puisé aux sources de sa pensée. Sur les arts et les techniques, où son théorème se glisse dans les applications les plus communes et les plus sophistiquées. Deux mille six cents ans après son invention, le théorème de Pythagore n'a rien perdu de sa modernité.

No4, 164 p., 9,99 €, en kiosques.

20/04/2013

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

Maïs OGM : toxique et valeur nutritive moindre que le maïs normal

lu sur :

http://www.enviro2b.com/2013/04/18/une-nouvelle-etude-ame...

Une nouvelle étude américaine juge le maïs OGM toxique

Une nouvelle étude menée sur des plants de maïs OGM, et dont les conclusions ont été reprises par le site russe d'information, Rt.com, révèle que le maïs OGM contiendraient des éléments chimiques toxiques, potentiellement dangereux pour la santé.

Une nouvelle étude menée par la société américaine Profit Pro, pourrait relancer le débat autour du maïs génétiquement modifié. Dans un rapport, "2012 Corn Comparison", dont les conclusions ont été reprises sur le site russe Rt.com, les auteurs ont en effet constaté que ce type de maïs contiendraient des éléments, absents de la plante au naturel, et potentiellement toxiques pour l'homme.
C'est Zen Honeycutt, fondatrice de l'association "Moms Across America March to Label GMOs" qui a dévoilé initialement sur son site les conclusions de ce rapport. Elle l'aurait obtenu par un mandataire de De Dell Seed Company, une ferme basée en Ontario et présentée comme étant la seule société de semences de maïs non-OGM au Canada. Aux vues de ce rapport, cette fervente militante estime alors que "les allégations selon lesquelles il n'y a pas de différence entre le maïs OGM et non OGM de maïs sont fausses".

Trop d'éléments toxiques
Parmi les éléments toxiques recensés, on trouve des chlorures, du formaldéhyde ou encore du glyphosate. S'agissant de ce glyphosate, un désherbant créé par Monsanto (Roundup), les analyses menées ont révélé un taux de 13 parties par million. Or, Zen Honeycutt explique sur son site que les autorités américaines exigent que le niveau de glyphosate dans l'eau potable américain dépasse pas 0,7 ppm et ajoute que des dommages aux organes chez certains animaux a été liée à l'exposition au glyphosate supérieure à 0,1 ppm. Elle rappelle que des études ont démontré les dommages provoqué par ce produit. "Le glyphosate retire les nutriments vitaux des organismes vivants et le maïs OGM en est recouvert", ajoute-t-elle.
Par ailleurs, les analyses ont démontré que les nutriments contenus naturellement dans le maïs disparaissent progressivement des plants génétiquement modifiés. Ainsi, les plants "naturels" contiendraient 437 fois plus de calcium, 56 fois plus de magnésium, et 7 fois plus de manganèse.

19/04/2013

Informations santé/société du 19/4/13 : la conscience précoce des bébés

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

La conscience précoce des bébés

Une étude, menée durant cinq ans par des chercheurs du Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques au CNRS, en collaboration avec des chercheurs de NeuroSpin (Inserm-CEA), révèle que, « dès 5 mois, les nourrissons possèdent une forme de conscience similaire à celle des adultes », rapportent L’Humanité et Libération.

Ils « perçoivent ainsi de façon consciente les objets et les personnes qui les entourent », souligne L’Humanité. Dans le cadre de cette expérience, les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale du cerveau de 80 bébés âgés de 5, 12 et 15 mois afin de déterminer si la région de la conscience perceptive s’activait, explique le quotidien. Le chercheur Sid Kouider (CNRS), qui a coordonné cette étude, publiée dans Science, souligne que « les bébés sont doués d’une prise de conscience peu élaborée, mais ces mécanismes relativement lents subissent une accélération progressive au cours de leur développement ».

L’Humanité, Libération, 19/04 –

Communiqué de presse :Les bébés doués de conscience